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Perspectives Économiques de l'OCDE mai 2021, Note Pays: Japon

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Japon Après la reprise vigoureuse enregistrée à la fin de 2020, le rétablissement de mesures sanitaires au début de 2021 a assombri les perspectives économiques à court terme. La croissance du PIB, portée par le redressement marqué de l’économie mondiale et les dépenses publiques, devrait malgré tout s’établir à 2.6 % en 2021 et à 2 % en 2022. Les nouvelles mesures sanitaires sont plus ciblées que les précédentes, et pèsent moins sur la consommation. Cette dernière devrait se redresser grâce à la levée des restrictions et au soutien apporté par l’État. Cela étant, la faible progression de l’emploi et des salaires freinera le redémarrage de la consommation, alors que le raffermissement de la demande extérieure stimulera les exportations et favorisera un renforcement de l’investissement. Face à la persistance de la pandémie, une troisième loi de finances rectificative, représentant 3.5 % du PIB annuel, a été adoptée à la fin de 2020. La priorité à court terme est de renforcer le système médical et d’accélérer la vaccination tout en préparant des contre-mesures pour prévenir les chocs futurs. Le choc pandémique a souligné l’importance que revêtent les réformes structurelles pour améliorer les conditions de travail et la flexibilité du marché de l’emploi et pour promouvoir la formation professionnelle. À plus long terme, les mesures propices au développement du numérique et à la croissance verte favoriseront une reprise résiliente et durable. Japon 1 La consommation évolue parallèlement aux mesures de confinement Indice 2015 = 100, c.v.s. 110

L'inflation reste faible²

50 = neutre, c.v.s. 70

Glissement annuel en % 1.5

← Indice synthétique de la consommation¹

Indice de confiance des consommateurs →

105

60

1.0

100

50

0.5

95

40

0.0

90

30

-0.5

85

20

80

2018

2019

2020

10

IPC global Hors produits alimentaires frais et énergie

0

2018

2019

2020

-1.0 -1.5

1. L'indice synthétique de la consommation est calculé par le Bureau du Cabinet (Cabinet Office ou CAO) pour montrer l'évolution mensuelle de la consommation privée dans l'ensemble de l'économie, à partir de statistiques portant à la fois sur la demande et sur l'offre. L'indice de confiance des consommateurs est la moyenne de quatre sous-indicateurs rendant respectivement compte, sur une échelle de 1 à 100, des moyens d'existence dans leur globalité, de la croissance des revenus, de l'emploi et de la volonté d'acquérir des biens durables. Les zones grisées correspondent aux périodes d'état d'urgence. 2. Les indices des prix à la consommation ne tiennent pas compte de l'effet du relèvement de la taxe sur la consommation. Source: Bureau du Cabinet (Cabinet Office ou CAO) ; et ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications. StatLink 2 https://stat.link/ar450g

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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Japon : Demande, production et prix 2017

2018

Prix courants trillions de YEN

Japon PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1

553.1 302.1 107.4 138.3 547.7 1.1 548.9 97.3 93.1 4.2

Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1 Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation2 IPC sous-jacent3 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

0.6 0.3 1.0 0.2 0.4 0.1 0.5 3.8 3.8 0.0

0.0 -0.3 1.9 0.9 0.4 0.0 0.5 -1.5 1.0 -0.4

-4.7 -6.0 2.7 -4.2 -3.8 -0.1 -3.9 -11.8 -7.3 -0.8

2.6 1.6 2.8 1.5 1.9 -0.2 1.7 11.5 5.1 1.0

2.0 2.2 0.1 3.1 2.0 0.0 2.0 4.4 2.9 0.3

_ _

0.0 1.0

0.6 0.5

0.9 0.0

-0.1 0.1

0.7 0.6

_ _

0.2 2.4

0.5 2.3

0.1 2.8

0.6 3.0

0.6 2.9

_

1.7

2.7

10.6

6.8

5.2

_ _ _

-2.5 -2.9 -10.1 -6.7 -4.0 220.8 222.9 238.0 241.2 241.4 3.5 3.4 3.2 3.6 3.7

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Calculés comme la somme des indices trimestriels corrigés des variations saisonnières pour chaque année. 3. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.

StatLink 2 https://stat.link/3ezw7u

Japon 2 Les salaires ont baissé depuis le début de la pandémie¹

Les exportations se sont fortement redressées, alors que les importations restent faibles

Indice 2015 = 100, c.v.s² 104

Indice 2015 = 100, c.v.s.² 120

103

115

102

110

101

105

100

100

99

95

98 97 96

Salaires nominaux

Total des exportations de marchandises

Salaires réels

Total des importations de marchandises

2018

2019

2020

0

0

2018

2019

90 85 2020

80

1. Les indices des salaires nominaux sont calculés à partir des gains en espèces totaux par salarié. Les indices des salaires réels correspondent aux indices des salaires nominaux corrigés des indices des prix à la consommation hors services de location implicites de logements. 2. Moyenne mobile sur trois mois. Source: Ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales ; et Banque du Japon. StatLink 2 https://stat.link/tyxidb PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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La situation sanitaire est hétérogène et la campagne de vaccination est lente Les autorités japonaises ont déclaré l’état d’urgence en janvier et en avril 2021 dans les préfectures où les taux d’infection augmentaient. En avril, elles ont adopté des mesures de « quasi-urgence » permettant aux préfets d’imposer une réduction des heures d’ouverture (assortie d’indemnisations et de sanctions) aux bars et aux restaurants des villes les plus touchées. Néanmoins, ces mesures ne semblent pas avoir permis d’enrayer la propagation des nouveaux variants. Les capacités hospitalières de prise en charge des malades du COVID-19 sont limitées, en particulier à Tokyo et Osaka actuellement, ce qui signifie que des mesures plus strictes devront être appliquées pour juguler les contaminations. La campagne de vaccination n’a débuté qu’à la mi-février et progresse lentement par rapport à l’évolution observée dans d’autres pays de l’OCDE. Le nombre de doses de vaccin disponibles augmentera bientôt, à mesure que de nouveaux vaccins seront autorisés, et la campagne s’accélèrera alors probablement.

Les mesures de confinement ont pesé sur la demande intérieure tandis que la demande extérieure est restée vigoureuse La consommation s’est vivement redressée au second semestre de 2020, mais elle s’est affaiblie sous l’effet des nouvelles mesures de confinement au début de 2021. Contrairement à celui des mesures précédentes, le champ d’application de ces nouvelles restrictions était géographique, et non sectoriel. Elles ont eu un impact limité sur la consommation, dont la croissance a également été freinée par l’atonie de la progression des salaires et le net recul des primes d’hiver. Les primes d’été pourraient elles aussi pâtir du choc sanitaire, si celui-ci devait perdurer. Le redressement vigoureux de la demande liée au secteur automobile s’est modéré récemment, mais les exportations continuent de se renforcer parallèlement à l’amélioration de la situation des partenaires commerciaux du Japon. Par conséquent, la production industrielle a redémarré et l’investissement est reparti à la hausse, sachant que cette tendance devrait se poursuivre d’après des données d’enquêtes.

Les autorités monétaires ont réagi à la dégradation de la situation sanitaire Les autorités ont agi rapidement face aux chocs sanitaires. La troisième loi de finances rectificative au titre de l’exercice 2020 prévoit diverses dépenses à cet égard : dépenses de vaccination et dotations accordées aux collectivités locales pour lutter contre le COVID-19, aide au secteur des services (notamment dans le cadre de la campagne de promotion du tourisme interne baptisée « Go To Travel ») et soutien aux réformes structurelles, notamment à l’investissement dans les infrastructures numériques des collectivités locales et à la modernisation du système de gestion des catastrophes. Elle prévoit également un soutien à l’investissement des petites et moyennes entreprises (PME), en particulier en faveur de la transformation numérique et de la création de nouveaux fonds permettant d’accroître l’investissement et la recherche-développement (R-D) verts dans le secteur privé, conformément à l’engagement des autorités de parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050. Cette rallonge budgétaire pourra être utilisée en 2021 et 2022. En outre, la loi de finances initiale pour 2021 prévoit un fonds de réserve pour imprévus liés au COVID-19 d’un montant de 5 000 milliards JPY (0.9 % du PIB). En cas d’urgence, le gouvernement peut puiser directement dans ce fonds pour soutenir le système médical, les ménages ou les PME. Les dépenses publiques liées à la lutte contre la pandémie ont fait grimper la dette publique à un niveau sans précédent, aujourd’hui supérieur à 240 % du PIB.

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 115 Du fait de l’atonie de la demande intérieure, l’inflation globale est restée très faible, malgré la hausse des prix de l’énergie. Dans ce contexte, la politique monétaire demeure accommodante. La Banque du Japon a maintenu l’orientation de cette politique, en lui apportant toutefois quelques modifications en mars dans l’optique d’un nouvel assouplissement monétaire efficace et durable. Elle a notamment clarifié la question de la marge de fluctuation des taux d’intérêt à long terme, et mis en place des opérations d’achat à taux fixe pour plafonner les taux d’intérêt si nécessaire. En outre, elle a créé un nouveau dispositif de taux d’intérêt en faveur du crédit, qui rémunère les soldes des comptes courants des banques auprès de la banque centrale à hauteur de l’encours des prêts accordés au titre des mesures de financement, y compris les opérations liées au COVID-19, afin de permettre à la Banque du Japon de compenser les effets négatifs des baisses de taux d’intérêt sur l’intermédiation financière.

L’économie devrait connaitre une reprise régulière, mais les incertitudes sont nombreuses Les mesures d’endiguement seront probablement maintenues jusqu’à l’été, mais l’activité économique devrait se redresser parallèlement à la levée des restrictions et à l’accélération de la campagne de vaccination. On pose l’hypothèse que les subventions (accordées au titre des dépenses de voyage et de restauration) destinées à soutenir le secteur des services, qui ont été suspendues en décembre dernier, seront rétablies et stimuleront la consommation au second semestre de cette année. Le taux d’épargne des ménages devrait baisser par rapport à 2020, sans toutefois retrouver son niveau d’avant la pandémie, tandis que l’atonie de la progression des salaires limitera le rebond de la croissance de la consommation. Les exportations devraient se redresser à la faveur de l’amélioration en cours de la situation de grands partenaires commerciaux du Japon, comme les États-Unis, la Chine et d’autres pays d’Asie. De même, l’investissement devrait monter en régime, porté également par les aides publiques en faveur de la transformation numérique et de la décarbonation. L’inflation ne devrait augmenter que graduellement à mesure que la demande intérieure se redressera, et la baisse des tarifs de téléphonie mobile ainsi que le rétablissement des subventions au secteur des services tireront vers le bas l’indice global des prix à la consommation. Les perspectives sont fortement tributaires de l’évolution de la situation sanitaire. Si le Japon parvient à réduire la propagation du virus et à progresser en matière de vaccination, l’économie pourrait connaître une reprise plus forte que prévu. Dans le cas contraire, la poursuite des infections entraverait la reprise et pourrait perturber les Jeux olympiques et paralympiques, ce qui affaiblirait encore davantage l’économie. S’agissant du secteur extérieur, la flambée des prix des produits de base et les perturbations des chaînes d’approvisionnement constituent des risques à la baisse, tandis qu’à l’inverse, les campagnes de vaccination et les programmes de relance budgétaire mis en œuvre dans les autres pays pourraient renforcer encore les exportations.

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Il sera essentiel de réduire la propagation du virus tout en intensifiant les réformes structurelles La politique budgétaire devrait continuer à soutenir l’économie à court terme. Une fois que la reprise sera fermement engagée, il faudrait que les efforts d’assainissement budgétaire reprennent pour assurer la viabilité des finances publiques à long terme. La politique monétaire devrait conserver son orientation accommodante, tandis que la politique prudentielle devrait être axée sur la solidité financière, afin de limiter les risques associés à l’alourdissement de la dette. Les autorités ont commencé à esquisser les contours de ce que devrait être l’économie une fois la pandémie de COVID-19 terminée. D’ici là, il est nécessaire de prévenir les risques sanitaires, afin de limiter la propagation des nouveaux variants et d’éviter une nouvelle alternance de phases de levée et de rétablissement des mesures de confinement. Pour cela, il faudra accroître le soutien apporté au secteur sanitaire et accélérer la vaccination. Il conviendrait de mieux cibler les aides et autres mesures destinées aux personnes affectées, et d’évaluer l’efficacité des dispositifs. La situation du marché du travail s’est globalement améliorée, mais de nombreux travailleurs ont perdu leur emploi et les nouveaux entrants, comme les jeunes diplômés, peinent à en trouver un. Afin de prévenir de stigmates de la crise et de protéger les travailleurs de la pandémie, des efforts sont nécessaires pour faire avancer les « réformes des modes de travail », et accroître l’offre de formation professionnelle ainsi que les possibilités offertes en matière de formation et d’emploi, en vue de faciliter la préservation des liens avec le marché du travail ou le développement des compétences. En outre, les aides prévues en faveur du redéploiement des ressources et les réformes structurelles axées sur la transformation numérique et la croissance verte contribueront à court terme, et au-delà, à soutenir la reprise une fois que la menace sanitaire immédiate s’estompera.

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