107
Italie La croissance devrait s’élever à 4.5 % en 2021, à la faveur de l’accélération de la campagne de vaccination, et rester vigoureuse en 2022, où elle atteindrait 4.4 %. Une relance budgétaire supplémentaire donnera un coup de fouet à la croissance au second semestre de 2021 et préservera les capacités productives, mais il fera également augmenter la dette publique. Une croissance mondiale plus dynamique favorisera le rebond du secteur manufacturier, des exportations et de l’investissement, ce dernier bénéficiant également de l’accroissement de l’investissement public. La consommation redémarrera parallèlement à la levée des restrictions de déplacement et à la reprise de la croissance de l’emploi. Le niveau d’épargne, actuellement élevé, diminuera progressivement. L’Italie ne renouera qu’en 2022 avec les créations d’emplois, en particulier pour les personnes peu qualifiées, les femmes et les jeunes. Le budget élaboré par le gouvernement vise à promouvoir une croissance plus verte, plus inclusive et axée sur le numérique, en s’appuyant sur les fonds accordés dans le cadre du plan de relance « Next Generation EU » et sur des incitations généreuses à la création d’emplois et à l’investissement. Il est prévu que des réformes structurelles favorables à la croissance accompagnent ces efforts. La mise en œuvre efficace du plan national pour la reprise et la résilience passe pr la concrétisation de l’ambition déclarée des autorités d’un secteur public axé sur des objectifs, numérique et faisant preuve de réactivité. Les priorités sont de mettre en œuvre des réformes concernant l’investissement public et la justice civile, de simplifier les formalités administratives et la fiscalité, de renforcer la concurrence, ainsi que d’accroître l’efficience des politiques relatives à la formation et au placement professionnel. Italie 1 Le gouvernement a réagi rapidement à la crise liée au COVID-19
Les campagnes de vaccination progressent Nombre de vaccinations quotidiennes, par million d'habitants
% du PIB 12
Italie
Déficit des ← administrations publiques Dette, au sens de Maastricht →
10 8
M.m. sur 7 jours 12000
% du PIB 160 155
10000
États-Unis Union européenne
150
8000
OCDE
6
145
6000
4
140
4000
2
135
2000
0
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
130
0 janv.-21
févr.-21
mars-21
avr.-21
mai-21
0
Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109 ; et base de données Our World in Data. StatLink 2 https://stat.link/s6mdje
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
108
Italie : Demande, production et prix 2017
2018
Prix courants milliards de EUR
Italie PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
1 738.5 1 046.0 327.0 304.2 1 677.2 11.6 1 688.8 536.2 486.4 49.8
0.8 1.0 0.1 2.9 1.2 0.0 1.1 1.6 2.8 -0.3
0.3 0.3 -0.8 1.1 0.2 -0.7 -0.5 1.9 -0.5 0.7
-8.9 -10.7 1.6 -9.2 -8.1 -0.3 -8.3 -14.5 -13.1 -0.9
4.5 3.1 1.8 10.0 4.1 -0.1 4.0 11.4 10.7 0.6
4.4 5.2 1.1 8.3 4.9 0.1 5.0 7.3 9.7 -0.4
_ _
1.1 1.2
0.8 0.6
1.2 -0.1
0.8 1.3
1.1 1.0
_ _
0.6 10.6
0.5 9.9
0.5 9.1
1.2 9.8
0.8 9.7
_
2.5
2.5
10.3
5.4
0.6
Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
_ _
-2.2 -1.6 -9.5 -11.4 -6.4 148.0 156.1 186.1 189.7 187.4 134.4 134.6 155.9 159.6 157.2
_ _
2.6
3.3
3.7
3.2
3.0
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.
StatLink 2 https://stat.link/fx8n0u
Italie 2 La production industrielle et les exportations sont reparties à la hausse Glissement annuel en % 10
Glissement annuel en % 20
0
-10
La confiance des ménages influe sur les dépenses
0
Solde, c.v.s -8
Glissement annuel en % 30
-10
20
-12
10
-14
0
-16
-10
-20
← Production industrielle¹ Exportations de biens → Exportations de services →
-20
-40
-18 -20
-20
Confiance des ← consommateurs
-30
Commerce de détail → Total des heures travaillées →
-30
2019
2020
-60
-22
2019
2020
-40
1. Hors construction. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109 ; et base de données des Principaux indicateurs économiques de l'OCDE. StatLink 2 https://stat.link/fd9iln
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
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La campagne de vaccination s’accélère, facilitant l’assouplissement des restrictions Le pays est parvenu à maîtriser la pandémie en adoptant des mesures d’endiguement. Le gouvernement a assoupli en conséquence les restrictions, en autorisant la réouverture des restaurants, des musées et des établissements d’enseignement secondaire, et actualisé le calendrier des nouveaux allégements des restrictions en juin et juillet pour les deux niveaux de risque les plus bas du système de classification des alertes. Le système d’alerte dans les régions selon un code couleur reste en place, tandis que le taux d’occupation des hôpitaux est maintenant utilisé avec l’incidence des infections pour déterminer les niveaux d’alerte. Après avoir donné la priorité aux personnes âgées et au personnel médical, le gouvernement s’est fixé pour objectif de vacciner 80 % de la population (soit 41.5 millions de personnes) d’ici à septembre 2021. La campagne de vaccination s’accélère après un démarrage lent, principalement dû à des problèmes d’approvisionnement et de distribution des vaccins à l’échelle de l’Union européenne (UE), ainsi qu’à l’incertitude relative à leurs effets secondaires. La projection de l’OCDE repose sur l’hypothèse que de nombreuses restrictions auront été assouplies à l’été 2021.
La vigueur de la production manufacturière contraste avec l’atonie de l’activité dans les secteurs de services nécessitant de nombreux contacts La contraction de l’activité au premier trimestre de 2021 tenait essentiellement au ralentissement des secteurs de services nécessitant de nombreux contacts. Les ventes au détail ont diminué de 0.3 % au premier trimestre par rapport aux trois mois précédents, tandis que la production industrielle a augmenté de 0.9 %. La croissance du secteur manufacturier a été étayée par la demande d’exportations, qui avait principalement pour origine les partenaires européens de l’Italie et pour objet des biens intermédiaires. La confiance des entreprises dans le secteur manufacturier et la construction est maintenant supérieure à son niveau de 2019. La confiance s’est également renforcée dans le secteur des services aux entreprises, mais dans une moindre proportion, de sorte qu’elle reste en deçà de son niveau de 2019. Le tourisme, qui représentait 6.4 % du PIB en 2019, a continué de se contracter, en particulier en ce qui concerne les voyages aériens et les séjours avec nuitée(s). La confiance et les restrictions d’activité ont considérablement influé sur les dépenses des ménages. Leur épargne demeure volumineuse, même si les chiffres de l’emploi se sont stabilisés. Des enquêtes laissent à penser que le taux d’épargne diminuera parallèlement à l’assouplissement des restrictions et au redressement de l’emploi, mais de façon progressive, en raison du niveau élevé d’incertitude et de la proportion de l’épargne détenue par les ménages les plus aisés.
Le vaste effort de relance budgétaire se poursuivra pendant une bonne partie de l’année 2021 En avril, les mesures de confinement persistantes ont poussé le gouvernement à annoncer des aides budgétaires supplémentaires, qui portent leur montant total pour l’année 2021 à 72 milliards EUR (soit 4.1 % du PIB). Les mesures de soutien du revenu des ménages ont été étoffées, notamment sous la forme d’allocations chômage et d’aides aux primo-acquéreurs d’un logement. Les aides accordées aux entreprises ont pris la forme d’une prorogation de certains crédits d’impôt, d’exonérations fiscales, de reports de paiement et de subventions accordés en fonction de l’ampleur de leur perte de chiffre d’affaires, ainsi que de certaines aides à caractère sectoriel. La politique monétaire expansionniste menée dans la zone euro, le niveau élevé des dépôts, les dispositions anticycliques de la réglementation financière et les garanties de l’État devraient continuer de favoriser la croissance du crédit aux entreprises. Les garanties et les moratoires sur les dettes couvrent respectivement 161 milliards EUR et 157 milliards EUR de crédits en cours ou nouveaux. Le moratoire sur les dettes des PME et la période pendant laquelle elles peuvent solliciter de nouvelles garanties de prêt ont été prolongés jusqu’à la fin de l’année Les contrats à durée déterminée peuvent être renouvelés en dérogation aux règles habituelles jusqu’à la fin de l’année 2021, et un nouveau type de contrat a été mis en place pour inciter à l’embauche.
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
110 Le gouvernement projette de continuer à mener une politique budgétaire expansionniste pendant un certain temps, de sorte que le déficit budgétaire devrait augmenter en 2021 par rapport à 2020, avant de refluer progressivement sous la barre des 3 % du PIB en 2025. Le gouvernement a budgété une augmentation des dépenses d’investissement destinée à compléter les fonds du plan de relance « Next Generation EU ». Le budget inclut également des incitations généreuses en faveur de la création d’emplois et de l’investissement dans le secteur privé. D’après les prévisions de l’OCDE, l’investissement public devrait se hisser à 3.1 % du PIB en 2022, et le ratio dette publique/PIB à près de 160 % en 2021. Pour réduire le niveau de la dette publique à moyen terme, les autorités s’appuieront essentiellement sur une accélération de la croissance, reposant en partie sur le déploiement rapide des fonds accordés dans le cadre de « Next Generation EU ». La mise en œuvre efficace de ces mesures est cruciale pour la réussite du plan de relance du gouvernement.
Faciliter la sortie de crise L’ample effort de relance du gouvernement, l’augmentation du taux de vaccination et l’assouplissement des restrictions seront les moteurs de la reprise économique. Celle-ci sera tirée par le secteur manufacturier et les exportations, à la faveur d’un rebond de la croissance mondiale, stimulant l’investissement du secteur privé. La hausse des investissements publics, notamment grâce aux fonds provenant du plan de relance « Next Generation EU », renforcera l’effet d’entraînement exercé sur l’investissement privé. L’activité dans le secteur des services redémarrera parallèlement à l’allégement des restrictions et à la vaccination des groupes de population les plus à risque. Les faillites se multiplieront en 2022 sur fond d’expiration des moratoires sur les dettes, parallèlement à la normalisation de l’activité. Le soutien apporté par les pouvoirs publics devrait contribuer à atténuer les pertes de capacités productives. Le chômage augmentera modérément, dans la mesure où davantage de personnes chercheront activement du travail. La croissance de l’emploi sera faible, étant donné qu’il a été fortement préservé. La consommation devrait repartir à la hausse lorsque les restrictions de déplacement seront levées, que des emplois seront créés de nouveau et que l’affaiblissement de l’incertitude encouragera les ménages à réduire leur épargne de précaution et à en utiliser une partie pour financer des dépenses courantes. Le PIB devrait atteindre son niveau de 2019 au second semestre de 2022. Le principal risque de divergence à la hausse par rapport à ces prévisions tient à la vitesse à laquelle les fonds accordés dans le cadre de « Next Generation EU » seront utilisés, en particulier en 2022. La mise en œuvre plus rapide de réformes structurelles plus poussées constitue un autre risque à la hausse. Les risques d’inflation sont faibles. Les tensions sur les marchés de capitaux auraient pu faire nettement augmenter les coûts d’emprunt, mais cet effet a été atténué par l’orientation expansionniste de la politique monétaire de la BCE et des politiques budgétaires dans l’Union européenne jusqu’à présent. Enfin, une envolée des prêts non performants pourrait accentuer la lenteur des procédures et accroître les pertes d’efficience liées aux faillites.
Des réformes de l’administration publique sont nécessaires pour étayer une croissance plus forte Le soutien apporté à l’économie devrait être progressivement réduit à mesure que la reprise s’ancrera. À court terme, il faudra affecter des ressources supplémentaires au système d’alerte précoce relatif aux faillites et aux tribunaux civils, et automatiser certaines procédures pour faire face à l’augmentation du nombre de dossiers consécutive au retrait des mesures de soutien. Mettre en œuvre des réformes pour renforcer l’efficacité des services publics et de la justice civile et les faire passer au numérique permettra de renforcer la croissance, et de réduire les disparités entre régions. Améliorer la planification des investissements ainsi que la gestion et l’utilisation des fonds permettrait d’amplifier l’impact des financements accordés dans le cadre de « Next Generation EU ». Une réglementation plus simple et PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
111 moins lourde, favorisant le jeu de la concurrence, notamment dans les secteurs des services, tirerait l’emploi et l’investissement vers le haut. À moyen terme, il sera nécessaire d’augmenter les dépenses publiques favorables à la croissance et de simplifier la fiscalité. En outre, une approche plus coordonnée de la fiscalité et de l’emploi des fonds de l’UE pourrait contribuer à accélérer la transition vers une économie bas carbone. L’amélioration du contenu et de la qualité des formations proposées aux actifs occupés et aux personnes sans emploi permettrait de faire reculer le chômage, et de favoriser une transition progressive vers des emplois mieux rémunérés, en particulier pour les catégories vulnérables, comme les femmes et les jeunes.
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