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Chine La reprise économique a été rapide et la croissance atteindra 8.5 % cette année puis 5.8 % en 2022, si la situation sanitaire reste sous contrôle. L’investissement demeurera un moteur essentiel de la croissance, tandis que la consommation ne se redressera que progressivement. Du fait du dynamisme de la demande d’exportations, le taux d’utilisation des capacités industrielles restera élevé. En raison de la faiblesse du contenu en importations de la consommation, l’envolée des cours des matières premières importées n’aura qu’un impact limité sur l’inflation mesurée par les prix à la consommation. Après avoir fortement stimulé l’octroi de crédits en 2020, la politique monétaire devrait prendre un tour plus neutre à mesure que la reprise s’affermira. Le soutien apporté à l’activité par la politique budgétaire sera moins important qu’en 2020, la reprise s’avérant solide dans la plupart des secteurs. Néanmoins, certaines mesures d’aide resteront en place. Le désendettement des entreprises et, surtout, le traitement du problème de la dette publique locale et des éléments de passif éventuel pour ces collectivités constituent des priorités. Il faudrait renforcer la protection sociale afin de soutenir durablement la consommation, et de relancer le processus de rééquilibrage de l’économie de l’investissement vers la consommation. L’investissement dans les infrastructures devrait être axé en priorité sur des projets contribuant à la décarbonation de l’économie, tels que des investissements dans les énergies renouvelables. La campagne de vaccination est relativement lente La Chine a adopté des mesures strictes pour maintenir l’épidémie sous contrôle, mais une reprise complète passe par une vaccination généralisée. La campagne vaccinale n’a pas été rapide, le très faible risque d’être infecté dissuadant la population de se faire vacciner, malgré le fait que certaines collectivités locales proposent des services gratuits de ramassage et d’autres incitations. Même si l’objectif de vaccination de 40 % de la population d’ici au début de l’été devrait être atteint, la Chine reste très éloignée de la masse critique de 70 % environ qui permettrait d’éviter l’apparition sporadique de foyers de contamination, comme ceux qui ont affecté les provinces du Hebei et du Yunnan en début d’année ou celles du Liaoning et de l’Anhui plus récemment, ainsi que d’autoriser une réouverture des frontières et une reprise du transport de passagers.
Chine 1 L'activité économique s'est affermie Glissement annuel en % 20
La croissance des échanges s'accélère
PIB réel Exportations des biens¹
Glissement annuel en %, c.v.s 35 Importations des biens¹
16
30 25
12
20 15
8
10 4
5 0
0
-5 -4 -8
-10 2017
2018
2019
2020
0
0
2017
2018
2019
2020
-15
1. Mesurées en termes nominaux. Source: CEIC. StatLink 2 https://stat.link/ywhvnl
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Chine : demande, production et prix
2017
2018
Prix courants trillions de CNY
Chine PIB aux prix du marché Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
83.2 81.7 16.4 15.0 1.5
6.7 7.3 3.7 6.3 -0.4
6.0 5.9 1.5 0.5 0.2
2.3 1.9 1.6 -0.9 0.5
8.5 7.0 11.3 3.1 1.7
5.8 5.6 6.2 4.9 0.5
_ _ _ _ _
3.5 1.9 -3.0 -2.6 0.2
1.2 2.9 -3.7 -2.8 0.7
0.7 2.5 -6.9 -3.7 1.9
3.2 1.5 -6.5 -3.1 2.6
2.1 2.4 -6.0 -2.9 2.7
Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation Solde financier des administrations publiques 2 (% du PIB) Balance budgétaire principale3 (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Prend en considération les soldes de l’ensemble des quatre comptes budgétaires (compte général, compte de fonds, caisses de sécurité sociale et comptes des entreprises publiques). 3. Le solde budgétaire global est le solde officiel défini comme la différence entre les recettes et les dépenses. Les recettes comprennent : les recettes du budget général, les recettes du fonds central de stabilisation et l’ajustement budgétaire infranational. Les dépenses comprennent : les dépenses du budget général, le renflouement du fonds central de stabilisation et le remboursement du principal de la dette infranationale. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.
StatLink 2 https://stat.link/ruz928
Chine 2 Le système bancaire parallèle reste sous contrôle sur fond de hausse robuste du crédit dans le système officiel
L'investissement privé rebondit Données cumulées depuis le début de l'année Glissement annuel en % 40
Glissement annuel en % 20 15
30
10
20
5
10
0
0
-5
-10
-10 -15
-20
Concours bancaires Principales composantes du secteur bancaire parallèle¹
2017
2018
2019
2020
0
0
2017
2018
2019
2020
-30
1. Les principales composantes des activités bancaires parallèles correspondent aux prêts pour compte de tiers, aux prêts de sociétés fiduciaires et aux acceptations bancaires non décotées. Source: CEIC. StatLink 2 https://stat.link/hmx7z5
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La reprise s'accélère Au premier trimestre, la croissance économique a reflué à 2.4 % (en glissement trimestriel annualisé corrigé des variations saisonnières), après avoir enregistré des taux à deux chiffres au cours des trois précédents trimestres. Les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire, comme l’hébergement, la restauration et les transports, ont connu un rebond rapide. La province du Hubei, épicentre de la pandémie, a enregistré la croissance la plus forte, mais les provinces moins affectées ont elles aussi affiché des taux de croissance à deux chiffres (en glissement annuel). La reprise demeure tirée par l’investissement : les investissements en infrastructures stimulent la production de différents secteurs manufacturiers intermédiaires ainsi que les importations de matières premières comme le fer et le cuivre. L’activité de construction, qui est vigoureuse depuis environ un an, s’accélère encore avec l’arrivée de la haute saison et le début de certains projets d’infrastructures. La consommation s’est redressée de manière plus progressive, mais la forte croissance des ventes en ligne observée dernièrement montre qu’elle monte peu à peu en régime. La répercussion de l’envolée des cours de l’énergie et des matières premières importées sur les prix à la consommation est limitée par la structure de la consommation, qui se caractérise par une forte proportion de produits alimentaires et un contenu en importations limité.
La politique monétaire prendra un tour plus neutre et le soutien budgétaire va s’atténuer La politique monétaire devrait prendre un tour plus neutre à mesure que la reprise s’affermira. Le taux d’intérêt de référence est resté inchangé depuis environ un an et les autres taux demeurent relativement stables également. Des mesures de resserrement ont été prises sur le marché immobilier pour éviter la formation de bulles qui apparaissaient déjà. Les défauts sur obligations augmentent et la proportion de défaillances d’entreprises détenues par des collectivités locales s’accroît fortement, ce qui contribuera à affiner la tarification des risques et à éliminer progressivement les garanties implicites. Les lacunes du marché de la notation financière, qui se traduisent notamment par des notes de crédit trop élevées et des systèmes d’alerte déficients, nuisent au bon développement du marché obligataire. Le 28 mars 2021, la Banque populaire de Chine a publié un projet de décision en faveur de l’élaboration de notes de crédit solides et de haute qualité sur le marché obligataire, et proposé que les agences de notation soient tenues de rendre des comptes en tant que tiers indépendants. L’endettement des entreprises s’est stabilisé, à un niveau cependant très élevé. Le désendettement devrait donc se poursuivre. À la fin du mois d’avril, les bourses de valeurs ont publié des règles visant à limiter l’accès des émetteurs à haut risque au marché des obligations d’entreprises. Les structures de financement des collectivités locales, en particulier celles qui font l’objet de notes de crédit médiocres, auront des difficultés à émettre des obligations d’entreprises à d’autres fins que le financement du service de leur dette existante. Le soutien apporté à l’activité par la politique budgétaire sera moins important qu’en 2020, la reprise s’avérant solide dans la plupart des secteurs. Certaines mesures d’aide resteront toutefois en place. Ainsi, les moratoires sur la dette sont prolongés au cas par cas, et les entreprises affectées par la crise peuvent continuer de reporter leurs pertes pendant huit ans au total. Des taux de cotisation de sécurité sociale inférieurs au taux légal (en matière de chômage et de couverture des accidents du travail) peuvent être appliqués jusqu’à la fin d’avril 2022, compte tenu du fait que certaines entreprises se redressent plus lentement dans les secteurs et les régions durement touchés. Comme dans le cas des moratoires sur la dette, la prorogation de ces taux de cotisation réduits n’est pas automatique et doit faire l’objet d’une demande. Du fait du prochain report de l’âge de la retraite, davantage de fonds devront être affectés aux structures d’accueil des jeunes enfants et à la formation continue.
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La croissance devrait retrouver la trajectoire de ralentissement progressif sur laquelle elle s’inscrivait avant la pandémie La croissance chinoise sera forte en 2021, avant de retrouver la trajectoire de ralentissement progressif sur laquelle elle s’inscrivait avant la pandémie. L’investissement et les exportations resteront dynamiques, les projets d’infrastructures redémarrant et la demande étrangère se redressant. En conséquence, et dans la mesure où la reprise des importations touristiques est retardée, l’excédent des paiements courants devrait continuer d’augmenter. Une nouvelle accélération des défaillances d’entreprises améliorera la tarification des risques, mais elle pourrait avoir un impact négatif sur les banques et les sociétés fiduciaires, ainsi que sur d’autres investisseurs privés et institutionnels. L’accès plus restreint des structures de financement des collectivités locales au marché des obligations d’entreprises réduira les éléments de passif éventuel au niveau des collectivités locales et contribuera à limiter l’endettement des entreprises (les dettes des structures de financement des collectivités locales étant classées dans la catégorie des dettes d’entreprises). Cela pourrait toutefois entraîner l’abandon de certains projets d’infrastructures nécessaires, principalement à l’échelle des districts et des arrondissements (routes à péage, chemins de fer et réseaux d’assainissement, par exemple). L’amélioration de la réglementation des agences de notation se traduira par une plus grande dispersion des notes et permettra de mieux orienter les investisseurs. Raffermie par l’augmentation des taux de vaccination, la confiance des consommateurs soutiendra la consommation, dont le redressement durable nécessiterait néanmoins un renforcement du filet de protection sociale. La situation sanitaire représente toujours un risque à la baisse en l’absence de vaccination massive, puisqu’elle empêche la réouverture des frontières ainsi que la reconnaissance mutuelle des certificats de vaccination. Une souche résistante aux vaccins pourrait aussi compromettre la reprise. D’un autre côté, la confiance des consommateurs pourrait rebondir plus vivement que prévu si la Chine parvenait à mener à bien un plan de vaccination visant l’immunité collective dans un délai plus court que prévu actuellement, ce qui conduirait à une croissance plus vigoureuse de la consommation. Les tensions commerciales continuent de peser sur les exportations, mais une demande étrangère plus dynamique qu’on ne s’y attend compenserait cet effet.
Mettre la crise à profit pour lancer des réformes essentielles Il faudrait saisir l’occasion offerte par la crise liée au COVID-19 pour engager des réformes essentielles, notamment pour renforcer la protection sociale et, partant, réduire l’épargne de précaution et favoriser les dépenses de consommation, qui se redressent peu à peu. Une accélération de la réforme du système d’enregistrement des ménages, visant à garantir l’accès de tous aux services publics, irait dans le même sens et pourrait inverser la baisse du nombre de travailleurs migrants. La proportion de personnes ayant l’intention d’accroître leur épargne diminue, mais elle reste proche de moitié des ménages urbains. Une fois la reprise bien ancrée, de nouvelles dépenses sociales pourraient être financées au moyen d’un impôt sur le revenu plus progressif et d’un impôt périodique sur la propriété immobilière. En outre, une part plus élevée des bénéfices des entreprises d’État pourrait être affectée au budget de l’État. L’objectif de croissance actuel tient compte du fait que les réformes pourraient avoir un effet négatif à court terme sur la croissance, ce qui offre la possibilité de mettre en œuvre rapidement des mesures nécessaires ; il faudrait notamment saisir cette occasion pour relever l’âge de la retraite. Simultanément, il conviendrait de garantir à tous ceux qui en ont besoin l’accès à des services abordables d’accueil des jeunes enfants. Le rééquilibrage de l’économie de l’investissement vers la consommation ne pourra se poursuivre sans ces réformes structurelles.
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