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Canada L’économie canadienne va vigoureusement rebondir et devrait croître de 6.1 % en 2021 et 3.8 % en 2022, à la faveur de l’allègement des mesures de restriction liées au COVID-19 au second semestre de cette année et de la vigueur de la demande extérieure. En écho à ces évolutions, le marché du travail se ressaisira. Néanmoins, les niveaux de production resteront inférieurs aux niveaux tendanciels et les tensions inflationnistes sous-jacentes seront contenues. Après une nouvelle progression en 2021, la dette publique se stabilisera en 2022. Les dispositifs publics d’aide aux entreprises et aux ménages confrontés à une baisse de leur chiffre d’affaires et de leurs revenus devront rester en place jusqu’à ce que la reprise économique soit bien engagée. La politique monétaire devrait rester accommodante et s’accompagner d’une surveillance attentive des prêts au logement et de la dette des entreprises, tout nouveau repli de l’assouplissement quantitatif étant subordonné à des signes de renforcement de l’activité économique. Les réformes proposées dans le Budget fédéral 2021 laissent entrevoir des avancées positives en matière de politique sociale et environnementale, ainsi que pour l’environnement des entreprises. La réduction du déficit budgétaire en 2022 est un objectif approprié. Toutefois, lorsque l’économie repartira sur de bons rails, il y aura lieu d’envisager une stratégie budgétaire à moyen terme pour réduire la dette publique. Canada 1 La reprise économique se poursuit
L’épargne des ménages est considérable, signe que les dépenses de consommation pourraient progresser fortement
Indice jan 2020 = 100, c.v.s. 110
% du revenu disponible 30
100
25
90
20
80
15
70
10 PIB réel mensuel¹ Nouvelles commandes dans le secteur manufacturier Emploi
60 50 janv.-20
avr.-20
juil.-20
oct.-20
janv.-21
0 avr.-21
5 0
2019
2020
0
1. Première estimation pour mars 2021. Source: Statistique Canada ; et base de données des Perspectives économiques de l'OCDE n° 109. StatLink 2 https://stat.link/7dh2yr
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Canada : Demande, production et prix
2017
2018
Prix courants milliards de CAD
Canada PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1
2019
2020
2021
2022
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2012)
2 140.6 1 241.1 443.2 485.8 2 170.1 17.5 2 187.6 673.3 720.3 - 46.9
2.4 2.5 2.9 1.8 2.5 -0.2 2.3 3.7 3.4 0.0
1.9 1.7 2.0 0.3 1.4 0.2 1.6 1.3 0.4 0.3
-5.4 -6.1 -1.1 -3.6 -4.5 -1.6 -6.1 -9.8 -11.3 0.6
6.1 5.0 2.8 6.1 4.7 0.8 5.5 11.7 9.9 0.3
3.8 4.6 1.3 3.2 3.6 0.0 3.6 4.2 3.6 0.2
_ _
1.8 2.2
1.7 2.0
0.8 0.7
3.6 2.0
1.5 1.4
_ _
1.9 5.9
2.1 5.7
1.1 9.5
1.1 7.9
1.3 6.8
_
0.8
1.4
14.7
11.4
6.5
_ _ _
0.3 92.8 -2.3
Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
0.5 -10.7 -6.0 -1.5 92.7 127.4 130.5 130.3 -2.1 -1.9 0.4 0.6
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.
StatLink 2 https://stat.link/r3xq65
Canada 2 La production devrait renouer bientôt avec sa tendance d'avant la pandémie Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 110
Le taux de chômage va continuer de fléchir % de la population active 14
PIB réel
Trajectoire de croissance antérieure à la crise¹
12
Trajectoire de croissance actuelle
105
10
100
8
95
6
90
85
2019
2020
2021
2022
0
0
2019
2020
2021
2022
4
1. La trajectoire de croissance antérieure à la crise repose sur les prévisions des Perspectives économiques de l'OCDE publiées en novembre 2019, et elle est prolongée par extrapolation linéaire pour 2022 sur la base de la croissance tendancielle de 2021. Source: Bases de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 106 et n° 109. .StatLink 2 https://stat.link/axcutz
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Une troisième vague épidémique a frappé le Canada, mais la vaccination s’accélère Une troisième vague de COVID-19 s’est déclarée en mars dernier et le nombre de cas a atteint un pic à la mi-avril. Parmi les mesures de freinage prises alors, on peut citer une obligation de confinement à domicile en Ontario, des confinements localisés au Québec et des restrictions plus sévères en Colombie-Britannique et en Alberta. En dépit de cette dernière vague, le Canada a été moins durement touché par la pandémie que les pays les plus atteints. En outre, après un démarrage lent, le rythme des vaccinations s’est considérablement amplifié ; ainsi, à la mi-mai, quelque 45 % de la population s’étaient vu administrer au moins une dose d’un vaccin contre le COVID-19.
L’activité économique a mieux résisté que prévu La croissance de la production a bien résisté compte tenu de la résurgence du virus. Le PIB réel a progressé de respectivement 0.4 % et 0.9 % (en glissement mensuel) en février et mars. L’accélération du rythme de vaccination, l’ampleur de la relance budgétaire, l’augmentation des prix du pétrole et d’autres produits de base exportés et la perspective d’une embellie de la demande du fait des mesures budgétaires prises aux États-Unis en mars sont autant de facteurs qui dopent la reprise. Le taux d’épargne des ménages décline après avoir atteint des niveaux élevés aux premiers mois de la crise, lorsque les ménages des tranches de revenu moyen et supérieur, en particulier, avaient accumulé un volume d’épargne dépassant largement les niveaux que laissaient supposer les comportements avant la crise. Ce repli du taux d’épargne est cohérent avec la confiance qui regagne du terrain et avec l’adaptation aux restrictions. De même, les entreprises renouent désormais avec la confiance, selon l’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada. Le redressement des prix de l’énergie a entraîné une hausse de l’inflation globale (mesurée par les prix à la consommation) au cours des derniers mois. L’inflation globale a ainsi augmenté de 3.4 % en avril (en glissement annuel), alors qu’une fois l’énergie exclue de l’indice, les prix à la consommation ont augmenté de 1.6 %. Les prix des logements continuent de monter rapidement. En mars, l’indice composite national de prix de maison Teranet – Banque Nationale affichait une hausse de 10.8 % par rapport à l’année précédente.
Le gouvernement fédéral s’est engagé à continuer de soutenir les ménages et les entreprises Le soutien apporté par le biais des politiques monétaire et budgétaire demeure d’une ampleur considérable. La politique monétaire conserve une orientation accommodante malgré la réduction de voilure annoncée en avril pour le programme d’assouplissement quantitatif. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 0.25 %. Au Canada comme ailleurs, les rendements des obligations à long terme du gouvernement ont augmenté au cours des derniers mois. Dans le Budget fédéral canadien pour 2021, publié en avril, le gouvernement s’engage à continuer de soutenir les ménages et les entreprises. Plusieurs dispositifs d’aide vont être prolongés, notamment la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) et la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE). Un dispositif supplémentaire de subvention des salaires, le Programme d’embauche pour la relance économique du Canada, figure parmi les nouvelles aides mises en place. Le Budget estime le déficit des finances publiques fédérales à 6.4 % du PIB pour l’exercice 2021-22, un niveau compatible avec le maintien à disposition des aides accordées au titre de la pandémie. Étant donné que selon les prévisions, la dette publique ne devrait être allégée que modestement durant les quatre années de 2022-23 à 2025-26, une stratégie budgétaire à moyen terme devrait viser à restaurer une certaine marge de manœuvre après que la pandémie aura cédé du terrain.
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La croissance économique va s’accélérer au second semestre de cette année Les projections tablent sur un ralentissement de la croissance durant le deuxième trimestre de cette année. La croissance rebondira ensuite, à mesure que la vaccination progressera et que les mesures d’endiguement seront levées, une fois jugulée la dernière vague épidémique. Les dépenses de consommation augmenteront encore, au fur et à mesure que les restrictions seront levées et que la situation continuera de se redresser sur le marché du travail. La demande supplémentaire engendrée par le plan de relance des États-Unis donnera un coup de pouce aux exportations. L’inflation globale mesurée par l’indice des prix à la consommation devrait reculer à court terme, à mesure que les effets de la hausse des prix de l’énergie s’estomperont. Elle augmentera ensuite progressivement, sous l’effet de la croissance économique et de la diminution des capacités excédentaires. Conformément au Budget fédéral, le déficit budgétaire diminuera fortement en 2021 et 2022, à mesure que les recettes fiscales se redresseront et qu’il sera moins nécessaire de fournir un soutien exceptionnel aux ménages et aux entreprises. Un relèvement du taux directeur au dernier trimestre de 2022 est retenu comme hypothèse. Même si l’horizon économique s’éclaircit, les risques demeurent élevés. Comme dans d’autres pays, l’apparition de variants très contagieux du virus, obligeant à prendre de nouvelles restrictions, constitue un facteur de risque pour le rythme de la reprise économique. En revanche, une diminution plus rapide du nombre de cas et une embellie sur le marché du travail pourraient induire une croissance de la consommation des ménages supérieure aux prévisions et une diminution plus rapide du taux d’épargne. S’il ne fait aucun doute que le plan de relance des États-Unis stimulera la demande d’exportations canadiennes, l’ampleur de cet effet est incertaine. Les facteurs de vulnérabilité sur le marché des obligations d’entreprise demeurent préoccupants. L’accroissement récent des prix des logements fera de l’accession à la propriété un objectif encore plus hors d’atteinte pour de nombreux ménages, tandis que l’expansion des prêts hypothécaires pourrait aggraver les facteurs de vulnérabilité financière dans l’éventualité de chocs futurs.
L'action publique doit soutenir la reprise économique et améliorer le bien-être Le Budget fédéral témoigne de l’engagement positif des autorités de maintenir certaines mesures d’aide aux ménages et aux entreprises pour toute la durée de la crise liée à la pandémie. Ce budget vise également à progresser sur un certain nombre de questions socioéconomiques prioritaires signalées dans les Études économiques de l’OCDE. Au nombre des réformes souhaitables, on citera l’accès à des services de garde des jeunes enfants, les programmes en faveur des peuples autochtones et l’accès aux médicaments délivrés sur ordonnance. Concernant la politique environnementale, il demeure important que les autorités mènent à bien leur projet de revoir plus rapidement à la hausse la tarification et la taxation du carbone d’ici 2030. Le Budget énonce des engagements qu’il convient de saluer, visant à améliorer l’environnement des entreprises, notamment au travers d’une nouvelle levée des obstacles au commerce intérieur. Il serait également possible d’améliorer les procédures d’insolvabilité ; des efforts dans ce sens pourraient faciliter le redressement du secteur des entreprises.
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