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Perspectives Économiques de l'OCDE mai 2021: Note Pays: Allemagne

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Allemagne La croissance économique devrait atteindre 3.3 % en 2021 puis grimper à 4.4% en 2022. Les vagues de contaminations et les mesures de freinage prises en conséquence ont retardé la reprise dans les services, tandis que le secteur manufacturier, tourné vers l’exportation, enregistre une croissance solide en dépit de quelques perturbations dans les chaînes d’approvisionnement. La vaccination ouvrira la voie à un redémarrage progressif de l’activité intérieure. Les politiques budgétaire et monétaire expansionnistes soutiennent la croissance en 2021, mais les plans d’investissement des autorités devront être mis en œuvre plus rapidement pour porter pleinement leurs fruits. Il conviendrait de continuer d’accélérer le déploiement de la vaccination, notamment par la coordination entre les autorités fédérales et les Länder. L’extension du chômage partiel a permis de modérer la hausse du chômage pendant la crise, mais le retour au travail des chômeurs partiels ralentira la décrue du chômage. La formation se révélera de plus en plus essentielle à mesure que l’économie se redressera et que les défis structurels associés à la transition énergétique, à la transformation numérique et au vieillissement démographique se feront plus pressants. Les vagues de la pandémie ont retardé le redémarrage de l’activité économique Les mesures de freinage de la pandémie ont été reconduites durant l’hiver en raison de l’apparition de variants plus contagieux. Les restrictions ont commencé à être assouplies à la mi-février dans certaines régions, avec la réouverture de certains établissements scolaires et commerces de détail non essentiels, la situation étant néanmoins très variable d’un Land à l’autre. Le processus de réouverture a toutefois été mis en pause suite à l’augmentation du nombre de nouveaux cas en mars et avril. En avril, le

Allemagne 1 L'apparition de nouveaux foyers pandémiques a retardé la reprise Indice T4 2019 = 100, c.v.s 105

La situation est robuste dans le secteur manufacturier, mais moins bonne dans les services et la construction Climat des affaires

%, m.m. sur 7 jours¹ 0

Solde, c.v.s 40 30

100

20

10

10 95

20

90

30

0 -10

Part de tests COVID-19 positifs →

2020

-20

Secteur manufacturier

-30

Construction

← PIB réel

85

Secteur des services

2021

2022

40

0

2018

2019

-40 2020

-50 2021

1. Échelle inversée. Source: OCDE, base de données des Perspectives Économiques, n° 109 ; enquête de conjoncture de l'Institut de recherche économique (ifo, Institut für Wirtschaftsforschung) ; et Refinitiv. StatLink 2 https://stat.link/jh4nos

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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Allemagne : Demande, production et prix

2017

2018

Prix courants milliards de EUR

Allemagne PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks1 Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes1

2019

2020

2021

2022

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

3 263.3 1 705.5 648.2 667.5 3 021.2 13.1 3 034.2 1 541.6 1 312.5 229.1

1.3 1.5 1.2 3.6 1.9 -0.1 1.8 2.5 3.8 -0.4

0.6 1.6 2.7 2.6 2.1 -0.7 1.3 1.0 2.6 -0.6

-5.1 -6.3 3.3 -3.9 -3.7 -0.7 -4.4 -10.2 -9.0 -1.0

3.3 -0.3 2.6 3.5 1.3 0.1 1.5 11.9 9.2 1.7

4.4 6.9 0.9 4.8 5.0 0.0 5.0 5.2 6.8 -0.3

3 260.0 _ _

1.3 1.7 1.9

0.6 2.2 1.4

-4.8 1.6 0.4

3.3 1.3 2.6

4.3 1.5 1.6

_ _

1.3 3.4

1.3 3.1

0.7 4.2

1.9 4.2

1.5 3.6

_

10.9

10.9

16.2

16.6

12.0

_ _

1.8 69.5

1.5 68.1

-4.2 79.8

-4.5 83.8

-1.6 82.7

_

61.7

59.6

69.9

73.8

72.7

_

7.5

7.2

7.0

7.5

6.9

Pour mémoire PIB sans ajustements jours travaillés Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent2 Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 109.

StatLink 2 https://stat.link/4ela02

Allemagne 2 Le soutien budgétaire à l'économie est massif

De nombreuses personnes bénéficient toujours de dispositifs de chômage partiel financés par l'État

Administrations publiques % du PIB 6

% du PIB 90

% de la population active, c.v.s 10

% des salariés 25

← Taux de chômage

4

75

2

60

0

45

-2

30 Dette, au sens de Maastricht →

-4 -6

15

← Solde financier

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

0

Travailleurs en chômage partiel¹ →

8

20

6

15

4

10

2

5

0

2018

2019

2020

2021

2022

0

1. Part des salariés qui effectuent un temps de travail réduit dans le cadre du dispositif public de chômage partiel (Kurzarbeit). Source: OCDE, base de données des Perspectives Économiques, n° 109 ; et Agence fédérale pour l'emploi. .StatLink 2 https://stat.link/un8syv

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76  gouvernement fédéral s’est vu investi d’une compétence renforcée pour faire appliquer les mesures d’endiguement dans les régions où le taux d’incidence des nouvelles contaminations est supérieur à un seuil déterminé au niveau national. La campagne de vaccination en Allemagne a été plus lente que dans l’Union européenne, mais son rythme s’est accéléré en avril. Les stratégies de vaccination ciblée – sur les enseignants et personnels des écoles primaires et des garderies – faciliteront la reprise d’activité dans certains secteurs clés.

Le secteur manufacturier a le vent en poupe, tandis que les services et la construction sont à la traîne Le secteur manufacturier, tourné vers l’exportation, a bénéficié de la bonne tenue de la demande mondiale, les commandes à l’exportation dépassant leurs niveaux d’avant crise et les anticipations dans l’industrie atteignant leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie. Il ressort des enquêtes de conjoncture auprès des entreprises que la production manufacturière a fortement augmenté durant le premier semestre de 2021, malgré quelques perturbations dans les chaînes d’approvisionnement – notamment des pénuries de semi-conducteurs, qui ont affecté l’industrie automobile, et de conteneurs de transport maritime. Le secteur des services est freiné par la résurgence du virus et les mesures prises pour endiguer sa propagation ; la mobilité moyenne trimestrielle a ainsi atteint un nouveau point bas au cours du premier trimestre de 2021 et ne s’est redressée que lentement ensuite. Les ventes de détail en janvier et février 2021 sont même tombées sous les niveaux enregistrés en mars et avril 2020, mais ont progressé de 7.7 % en mars. L’activité dans le secteur de la construction a pâti de conditions météorologiques défavorables et du fait que l’application temporaire de taux de TVA réduits a expiré au début de 2021, mais la demande sous-jacente et l’utilisation des capacités demeurent solides. Le marché du travail a bien résisté, le taux de chômage étant resté à peu près stationnaire tout l’hiver. Le nombre de personnes participant au dispositif public de chômage partiel a atteint 3.27 millions en février 2021 – ce qui reste considérablement inférieur au pic de 6 millions observé au printemps 2020. Un peu plus de la moitié des notifications de recours au chômage partiel pendant l’hiver ont concerné les services durement touchés par les mesures d’endiguement : commerce de gros et de détail, hébergement et restauration, culture, spectacles, loisirs et autres services à la personne. Les tensions sur les salaires sont minimes dans l’ensemble de l’économie, le taux moyen de revalorisation salariale négociée ayant été ramené à 1.5 % au début de 2021, alors qu’il s’échelonnait entre 2 % et 3 % au cours de la décennie précédente. Les prix à la consommation ont fortement augmenté au premier trimestre de 2021 sous l’effet de plusieurs facteurs temporaires : perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, hausse des prix des produits de base, effet statistique lié à de nouvelles pondérations des composantes de la consommation avec les changements intervenus pendant la crise, et fin de l’abaissement temporaire des taux de TVA.

L’orientation expansionniste de la politique budgétaire soutient la croissance Le soutien budgétaire en 2020 a été beaucoup plus limité que prévu, du fait de dépenses moins élevées et de recettes ayant bien résisté. De nouvelles mesures de relance sont prévues en 2021 : aides aux entreprises touchées par les mesures de freinage de la pandémie, versement de primes aux familles, prolongement du dispositif de chômage partiel jusqu’à la fin de 2021, plafonnement des cotisations de sécurité sociale et investissements dans la transformation numérique, l’éducation, la santé et les infrastructures vertes. Le financement de ces mesures est assuré grâce à l’approbation de nouveaux emprunts fédéraux pour 2021, pour un montant de 240 milliards EUR (6.9 % du PIB), et à une nouvelle suspension de la règle du frein à l’endettement en 2022, 80 milliards EUR (2.3 % du PIB) de nouveaux emprunts ayant été approuvés pour cette année-là. Une grande partie des nouveaux emprunts prévus

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 77 pour 2021 est non affectée et les recettes fiscales commencent à se redresser, de sorte qu’une fois encore, le déficit budgétaire devrait être inférieur aux prévisions. Les aides accordées au titre de la Facilité de l’UE pour la reprise et la résilience serviront à lutter contre le changement climatique, accélérer la transformation numérique, renforcer les services de santé et réduire les obstacles aux investissements. La politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne soutient également la demande agrégée. Les autorités ont pris des mesures pour soutenir le crédit et éviter que les banques ne réduisent la taille de leur bilan, en abaissant le volant de fonds propres contracyclique et en introduisant d’autres mesures de surveillance. Certaines données d’enquête indiquent que les banques ont néanmoins quelque peu durci leur politique de prêt aux PME. L’augmentation attendue des faillites d’entreprises, une fois que les aides publiques auront diminué, va sans doute produire un regain de tensions sur les banques allemandes, dont la rentabilité est relativement faible et qui affichent un niveau de levier de moyen à élevé, même si la banque centrale juge la situation gérable grâce, en partie, aux volants de fonds propres qui se sont étoffés après la crise financière mondiale. Le gouvernement allemand est en train d’élaborer un plan d’action visant à renforcer la réglementation financière, dans le sillage de deux faillites qui ont fait grand bruit.

Une reprise vigoureuse est en route Au second semestre de 2021, la demande intérieure se substituera à la demande extérieure comme principal moteur de la croissance économique, à mesure que la vaccination se généralisera et que l’économie redémarrera. Sous l’effet conjugué de la vigueur de l’activité manufacturière et du redressement des services et de la construction, la croissance du PIB devrait fortement rebondir aux troisième et quatrième trimestres. La consommation sera soutenue par la réduction d’une épargne actuellement abondante, même si le retour à la normale devrait être graduel puisque cette épargne supplémentaire s’est concentrée parmi les hauts revenus à faible propension marginale à consommer. La hausse trimestrielle des prix à la consommation devrait se modérer à mesure que les facteurs temporaires se dissiperont, avant de repartir graduellement et durablement en 2022 du fait de la résorption de l’excès des capacités. Le retour au travail des salariés en activité partielle ralentira la décrue du chômage, en particulier au début de 2022 lorsque le dispositif public étendu de chômage partiel prendra fin. Les principaux risques pesant sur ces perspectives tiennent à l’apparition de nouveaux variants du virus ou à la lenteur de la vaccination, qui retarderaient le redémarrage des activités à l’arrêt, en particulier des services nécessitant une présence physique. La persistance de tensions sur les approvisionnements dans l’industrie manufacturière pourrait compromettre le redressement économique synchronisé prévu pour le second semestre de 2021. En cas de forte hausse des faillites d’entreprises et de tensions sur les marchés immobiliers et financiers, les banques pourraient réduire leur activité de prêt, ce qui retarderait la reprise économique. En revanche, une normalisation plus rapide de l’épargne ou l’utilisation intégrale des emprunts publics approuvés se traduiraient par une croissance plus rapide.

Une plus grande efficacité dans la mise en œuvre de la vaccination et du plan de relance budgétaire serait bénéfique au bien-être Continuer d’accélérer le déploiement de la vaccination est crucial pour protéger la population contre le virus et permettre le retour à la normale. Les autorités fédérales et les Länder devront se coordonner de manière étroite pour organiser efficacement la vaccination à mesure que les doses seront disponibles en plus grande quantité. Il est important que les plans de relance budgétaire soient menés à bien pour appuyer une reprise durable, en particulier les investissements nécessaires à la transformation numérique et à la transition énergétique. Des mesures doivent être prises pour assurer la bonne exécution des dépenses, afin que les aides budgétaires soient versées aux destinataires au moment où ils en ont besoin. PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L’OCDE, VOLUME 2021 NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


78  S’agissant des investissements en infrastructures, cela signifie qu'il faut redoubler d’efforts pour résoudre les contraintes qui pèsent sur l’aménagement local et le secteur de la construction en octroyant davantage de financements aux municipalités, en rationalisant les procédures d’urbanisme et en améliorant la coopération entre les agences de l’administration. Des avantages fiscaux plus généreux pour la recherche-développement et le développement du financement par le capital-risque permettraient de soutenir la croissance des entreprises innovantes. Pour améliorer l’inclusion et corriger les déséquilibres hommes-femmes dans les environnements numériques, il conviendrait d’enseigner plus tôt le raisonnement computationnel et de développer la formation des enseignants pour garantir une utilisation efficace des technologies numériques à l’école.

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