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Luxembourg La croissance économique devrait marquer le pas en 2023, à 1.5 %, avant de se redresser en 2024. L’activité a ralenti sous l’effet de la généralisation des tensions inflationnistes, du recul de l’activité manufacturière et de l’incertitude entourant les perspectives du fait de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. La progression de l’activité des services financiers ralentira en 2023, et les taux d’intérêt élevés retarderont les investissements des entreprises et les achats de logements. Les aides publiques aux ménages soutiendront les revenus et les dépenses. L’investissement public se poursuivra au rythme annuel de 4 % du PIB jusqu’en 2024. Le marché du travail restera tendu, malgré le ralentissement de la croissance. La hausse des prix des services alimentera l’inflation sous-jacente. Le soutien aux revenus des ménages devrait cibler les plus vulnérables, être limité dans le temps afin d’éviter une augmentation des tensions sur la demande intérieure et être conçu de manière à préserver les incitations à économiser l’énergie. Les réformes du système d’indexation des salaires devraient être menées en concertation avec les partenaires sociaux pour prendre en compte les effets du dispositif sur la productivité, l’emploi et l’investissement. Pour accroître la résilience, la diversification économique doit passer par une augmentation des investissements dans la recherche-développement, dans les technologies de l’information et de la communication, ainsi que dans la transition vers une économie bas carbone. Luxembourg
Source : Base de données d’Eurostat sur les prix à la consommation ; STATEC, enquête de conjoncture menée auprès des entreprises de services (Business survey in services) ; Commission européenne, indicateur de confiance des consommateurs ; et Refinitiv. StatLink 2 https://stat.link/gfziw0
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Luxembourg : Demande, production et prix 2019
Luxembourg PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
Prix courants milliards de EUR
62.3 21.0 10.7 10.8 42.5 0.6 43.1 127.4 108.2 19.2
2020
2021
2022
2023
2024
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
-0.8 -7.2 7.3 -3.2 -2.5 -0.3 -2.9 0.2 -0.5 1.1
5.1 9.4 5.5 6.1 7.5 0.5 8.4 9.7 11.9 -0.2
1.7 2.8 2.9 -2.8 1.4 -0.2 1.0 0.8 0.3 1.2
1.5 2.0 3.4 -2.5 1.3 0.0 1.3 1.1 0.9 0.8
2.1 3.6 3.1 4.1 3.6 0.0 3.6 1.6 2.1 -0.2
_ _ _ _
4.6 0.0 1.2 6.4
6.1 3.5 1.5 5.7
6.0 8.2 4.5 4.8
1.1 4.0 4.1 5.0
1.6 3.2 2.9 5.2
_
19.0
12.4
12.9
14.9
13.0
_ _
-3.4 32.1
0.8 31.0
-0.2 33.5
-2.2 36.9
-0.7 39.2
_
24.5
24.6
27.0
30.5
32.7
_
4.6
4.7
6.4
5.6
5.2
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors produits alimentaires, énergie, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112.
StatLink 2 https://stat.link/d8rogf
L’économie ralentit Après un début d’année dynamique, soutenu par la levée des restrictions sanitaires, l’économie a ralenti sous l’effet de la montée des incertitudes et de l’inflation, qui ont été accentuées par la guerre en Ukraine. Le volume d’activité du commerce de détail a enregistré une hausse de 2.1 % en glissement annuel au cours des huit premiers mois de 2022, et l’emploi demeure solide. Le taux de chômage s’établissait à 4.8 % en septembre 2022. Cependant, la confiance des consommateurs est tombée à son niveau le plus bas depuis 2002, minée par le niveau élevé de l’inflation et des taux d’intérêt. Après avoir atteint un point haut au début de 2022, la confiance des entreprises s’est dégradée, et l’activité manufacturière et la construction à usage résidentiel ont ralenti. L’inflation mesurée par la hausse des prix à la consommation a reflué à 8.8 % en octobre, après avoir culminé à 10.6 % en juin. D’abord alimentées par les prix de l’énergie, les tensions inflationnistes se généralisent et l’inflation sous-jacente est montée à 5.2 %. Les prix des logements sont restés en forte hausse. Au deuxième trimestre, les salaires ont augmenté de 7.8 % en glissement annuel, le dispositif d’indexation automatique ayant entraîné une revalorisation de 2.5 % de l’ensemble des salaires et prestations sociales le 1er avril.
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126 L’exposition globale à la Russie en matière d’échanges commerciaux est très faible. Le Luxembourg importe la quasi-totalité de son énergie, le pétrole représentant 60 % de l’ensemble de sa consommation énergétique et le gaz naturel, environ 15 %. Le gaz naturel couvre par ailleurs à peu près 46 % des besoins de chauffage. L’essentiel du gaz naturel consommé par le pays provient d’installations de GNL situées en Belgique, elles-mêmes approvisionnées principalement auprès de la Norvège et du Royaume-Uni, et aucune pénurie n’est attendue à court terme. Le Luxembourg a accès à un site de stockage de gaz en Allemagne, ainsi qu’à d’autres installations de stockage par le biais d’un accord multilatéral conclu avec des pays voisins. L’impact de la guerre est perceptible au travers du niveau élevé des prix du gaz, qui affecte non seulement les entreprises fortement consommatrices d’énergie dans les industries de l’acier, du verre et du ciment, mais aussi les consommateurs. Le Luxembourg a accueilli quelque 4 500 réfugiés ukrainiens, pour l’essentiel des femmes et des mineurs, et ses structures d’accueil temporaires sont pleines.
La politique budgétaire restera expansionniste Face au choc sur les prix de l’énergie, le gouvernement a mis en place un train de mesures de soutien d’un montant total d’environ 2.5 milliards EUR (3.3 % du PIB) pour 2022-23, dont 500 millions EUR sous forme de garanties de prêts aux entreprises. Parmi ces mesures, on peut citer le plafonnement des prix du gaz pour les ménages aux niveaux de septembre 2022 et des prix de l’électricité aux niveaux de 2022 à compter de janvier 2023 ; une baisse d’un point de pourcentage de la plupart des taux de TVA ; des subventions au fioul domestique et des aides aux entreprises très consommatrices d’énergie ; enfin, des prestations en espèces à destination des ménages défavorisés. Le plafonnement des prix de l’énergie et la baisse des taux de TVA visent à réduire le rythme d’évolution des futures tranches d’indexation des salaires, comme convenu avec les partenaires sociaux, et à limiter la perte potentielle de compétitivité qui pourrait en résulter. L’investissement public, correspondant à plus de 4 % du PIB par an entre 2022 et 2024, continuera de soutenir les infrastructures, la transition écologique et l’innovation. L’ampleur du soutien public se traduira par de légers déficits budgétaires en 2022-24. Même si le gouvernement va amorcer un assainissement budgétaire en 2024, les prix de l’énergie devraient rester élevés jusque-là, et les pouvoirs publics devraient donc en toute hypothèse maintenir leurs mesures de soutien.
La croissance économique ralentira nettement avant de se redresser peu à peu La croissance du PIB ralentira, se repliant à 1.7 % en 2022 puis à 1.5 % en 2023, avant de se redresser à 2.1 % en 2024. L’inflation élevée érode la confiance aussi bien que les revenus disponibles, mais les mesures prises par le gouvernement soutiendront la consommation en 2022-23. Les investissements du secteur public tireront la croissance. L’investissement privé sera freiné par les pénuries de main-d’œuvre et la hausse des taux d’intérêt, et ne se redressera que lentement. La croissance des exportations s’atténuera en 2023, la situation restant délicate sur les marchés financiers mondiaux et des difficultés subsistant dans certaines chaînes d’approvisionnement. Les mesures mises en place pour contenir l’inflation auront un impact, mais la situation tendue du marché du travail entretiendra les tensions à la hausse sur les salaires et une inflation sous-jacente élevée en 2023. Les risques qui entourent les perspectives vont essentiellement dans le sens d’une révision à la baisse. Une inflation supérieure aux prévisions pourrait entraîner de nouvelles hausses des salaires, alimentant les tensions sur les prix et nuisant à la compétitivité. Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, la surchauffe du marché du logement crée des risques pour certains emprunteurs ayant contracté des prêts à taux variable, en particulier ceux dont les revenus sont modestes. Un fort affaiblissement des marchés financiers pourrait peser sur l’activité et les exportations.
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Pour ancrer la résilience, les pouvoirs publics devraient donner priorité à la productivité et à l’investissement Les mesures destinées à amortir le choc de l’inflation sur les ménages devraient être mieux ciblées, limitées dans le temps et conçues de manière à préserver les incitations à réaliser des économies d’énergie. Le système d’indexation des salaires risque d’accélérer encore l’inflation en période de chocs de grande ampleur, et pourrait nuire à la compétitivité à long terme. À plus longue échéance, ce système devrait être réformé en concertation avec les partenaires sociaux pour mieux prendre en compte ses effets sur la productivité, l’emploi et l’investissement. Des efforts pour réformer les retraites et mettre en œuvre des examens des dépenses contribueraient à préserver une marge de manœuvre budgétaire dans la durée. Inciter les entreprises à investir davantage dans la recherche-développement et dans l’innovation renforcerait les capacités de production et la croissance de la productivité, ce qui concourrait également à réduire les tensions inflationnistes. Le projet de loi sur les faillites actuellement examiné au parlement devrait permettre la restructuration des entreprises défaillantes et l’arrêt d’activité des entreprises non viables.
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