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Luxembourg L’économie du Luxembourg devrait encore se renforcer et croître de 6.5 % en 2021, de 3.7 % en 2022 et de 3.1 % en 2023. L’investissement devrait augmenter parallèlement à la consommation, favorisant la croissance même à mesure que l’activité des services financiers et aux entreprises se normalisera. La croissance de l’emploi et des salaires reste robuste. D’après les projections, l’inflation sous-jacente devrait augmenter régulièrement sous l’effet de la vigueur de la croissance et de la résorption des capacités excédentaires. Les risques pesant sur la croissance sont équilibrés. Les effets d’entraînement des financements à l’échelle de l’UE via le plan « Next Generation EU » pourraient être plus importants ou les tensions sur les prix plus fortes que prévu. La reprise économique a été inégale et les dispositifs de soutien public devraient rester souples pour les entreprises exposées aux perturbations du secteur du tourisme et des chaînes d’approvisionnement mondiales. La réforme du régime de faillite devrait faciliter les restructurations rapides. La hausse des prix des logements reste forte et des mesures supplémentaires devraient être envisagées. Pour parvenir à une économie plus étendue et plus diversifiée, le Luxembourg devra poursuivre la réforme de sa politique environnementale et ses investissements dans les infrastructures. La vigueur actuelle de la croissance offre une chance de poursuivre la réforme des retraites. Un ralentissement à court terme de l’économie La confiance des entreprises a reculé, mais reste largement supérieure au niveau de 2019. Le redressement du marché du travail est vigoureux, à la fois pour les travailleurs sous contrat permanent et pour les jeunes travailleurs. Le nombre d’emplois vacants continue d’augmenter. Le taux de chômage est passé de 6.3 % en décembre 2020 à 5.5 % en septembre 2021. La plupart des restrictions liées à la
Luxembourg Le secteur financier est un moteur de la reprise
La hausse de l'investissement public joue un rôle essentiel dans la reprise
Glissement annuel en % 25
% du PIB 6
Industrie manufacturière Commerce, transport, hébergement et restauration
20 15
← Solde financier des administrations publiques
4
Services financiers et assurance Administration publique, défense, éducation, santé et action sociale
% du PIB 6
Investissement public →
5
2
4
10
0
3
5
-2
2
0
-4
1
VAB
-5
2017
2018
2019
2020
0
-6
2015
2017
2019
2021
2023
0
Source : Eurostat ; et base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110. StatLink 2 https://stat.link/4g0i6y
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Luxembourg : Demande, production et prix 2018
Luxembourg PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
Prix courants milliards de EUR
2019
2020
2021
2022
2023
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
60.3 20.2 10.1 9.8
3.3 2.5 3.8 9.9
-1.8 -6.9 6.7 -4.3
6.5 3.2 3.5 11.5
3.7 6.0 2.9 5.2
3.1 3.0 3.3 2.9
40.1 0.5 40.6 118.5 98.8 19.7
4.6 0.0 4.7 5.8 6.9 0.1
-2.7 0.2 -2.8 1.2 1.6 -0.3
5.4 -0.3 4.7 10.8 10.2 4.6
5.0 0.2 5.4 3.4 4.1 0.2
3.0 0.1 3.3 3.0 3.1 1.0
_ _ _ _
0.6 1.6 1.8 5.4
4.3 0.0 1.2 6.4
4.6 3.2 1.3 5.8
2.2 2.9 1.8 5.3
2.0 2.0 2.0 5.2
_
7.9
18.1
19.9
17.3
14.0
_ _
2.3 30.3
-3.5 32.6
-0.1 33.7
0.3 36.5
0.6 38.3
_
22.3
24.8
25.8
26.1
25.9
_
4.6
4.3
4.4
4.2
4.3
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.
StatLink 2 https://stat.link/cx8rzs
pandémie de COVID-19 ont été levées en juillet et la fréquentation des commerces s’est modestement redressée au troisième trimestre après les vacances. Le nombre de faillites a commencé à augmenter tout en restant contenu. L’inflation est élevée : mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé, elle s’établissait à 5.3 % en octobre, principalement en raison de la montée des prix de l’énergie. Les prix du logement continuent de croître à des taux supérieurs ou égaux à 10 % en dépit de l’entrée en vigueur d’un plafonnement des quotités de financement, sachant que des facteurs structurels qui limitent l’offre interagissent avec un niveau d’épargne élevé et des taux d’intérêt exceptionnellement bas.
La politique budgétaire vise à encourager davantage d’investissements et une croissance plus verte Parmi les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise figurait le dispositif d’aides au revenu en faveur des ménages, complété par des mécanismes d’apport de liquidités et de financement du régime de chômage partiel, ainsi que des congés parentaux et maladie plus généreux. Des subventions salariales de court terme plus généreuses ont été octroyées aux entreprises victimes des graves inondations de juillet dernier et pâtissant de la pénurie de matériaux de construction. Le gouvernement prévoit que le déficit budgétaire se résorbera presque entièrement d’ici 2023 à mesure que la reprise économique entraînera une diminution des transferts et des mécanismes d’incitation et que les recettes se redresseront. Les projections de l’OCDE laissent entrevoir une amélioration plus rapide à la faveur PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
123 d’une croissance plus vigoureuse. Une hausse de l’investissement public de plus de 4 % du PIB entre 2022 et 2023 est destinée à soutenir les infrastructures et l’innovation. La majeure partie des fonds reçus dans le cadre du plan pour la reprise et la résilience (183 millions EUR, soit 0.3 % du PIB) aura été dépensée d’ici 2024. Le gouvernement a instauré une taxe carbone en janvier 2021 afin de porter le prix du carbone à 20 EUR/tonne ; ce prix sera relevé à 30 EUR/tonne en 2023. Pour atténuer les effets de cette taxe, les transports collectifs sont gratuits depuis le début de 2021. Dans le cadre sa politique verte, le gouvernement prévoit en outre de déployer des efforts pour améliorer l’efficacité énergétique du secteur privé, encourager l’adoption des véhicules électriques et accroître les capacités de recyclage.
L’expansion économique devrait se poursuivre à mesure que l’activité des secteurs touchés par la pandémie de COVID-19 se normalisera La croissance du PIB devrait être de 6.5 % en 2021, avant de refluer pour s’établir à 3.7 % en 2022 et à 3.1 % en 2023. La consommation des ménages augmentera en 2022 à la faveur de la réduction des restrictions, des retours plus fréquents sur le lieu de travail et du redressement vigoureux de l’emploi. Les investissements du secteur public seront positifs pendant toute la période de projections. Les mesures incitatives liées à la pandémie de COVID-19 visant à favoriser une trajectoire d’investissement plus verte accroîtront l’investissement privé, en particulier en 2021, et la vigueur de la demande soutiendra la croissance à partir de 2022. La croissance des exportations ralentira en 2022 et 2023 après une activité exceptionnellement forte du secteur des services financiers en 2021, mais elle devrait rester positive grâce à la levée des restrictions affectant les chaînes d’approvisionnement. L’inflation sous-jacente devrait augmenter dès lors que la situation tendue du marché du travail accentuera les tensions sur les coûts sur fond de forte demande. L’indexation automatique des salaires a entraîné une augmentation de 2.5 % des salaires bruts en octobre 2021. Les risques pesant sur les perspectives de croissance sont équilibrés. Les retombées des financements « Next Generation EU » ou une performance meilleure que prévu des marchés financiers pourraient porter la croissance des exportations au-delà des prévisions. La volatilité accrue des marchés financiers internationaux pourrait avoir une incidence négative sur l’activité, sur les exportations et sur les revenus du secteur financier. Une accélération des contaminations par le COVID-19 pourrait ralentir le rythme de la reprise.
Une reprise plus vigoureuse nécessite de porter une attention soutenue à la productivité et à l’investissement En dépit de la vigueur de la reprise, le gouvernement doit rester prêt à agir. Les entreprises viables exposées aux perturbations du secteur du tourisme et des chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient encore avoir besoin d’un soutien ciblé. La conclusion d’accords internationaux relatifs à la taxation du travail pourrait encore s’avérer nécessaire selon l’évolution de la pandémie dans le monde. L’accroissement des capacités productives de l’économie avec une hausse de l’investissement et une croissance plus rapide des entreprises contribuerait à compenser la montée des tensions inflationnistes. La réforme du régime de faillite devrait permettre les restructurations rapides et donner plus facilement une seconde chance aux entrepreneurs concernés. Il faudrait envisager également de nouvelles mesures macroprudentielles visant à réguler le rythme de l’augmentation des prix des logements et son effet inflationniste. L’investissement public dans les infrastructures du marché du logement et les réseaux ferroviaires transfrontaliers peut être complété par la mise en place de péages de décongestion, par des réseaux électriques intelligents et par une meilleure interconnexion des marchés de l’électricité et du gaz afin de favoriser encore davantage une évolution des comportements. De telles mesures renforceraient la tarification du carbone. La rapidité de la reprise après la crise offre une chance d’améliorer l’équilibre budgétaire à long terme en accroissant le taux de retour à l’emploi des seniors au moyen d’une réforme des retraites.
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