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Perspectives économiques de l'OCDE : Japon - décembre 2021

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Japon L’instauration puis l’extension d’un quatrième état d’urgence en juillet ont freiné la reprise économique. Les progrès importants accomplis en matière de vaccination et la baisse des taux de contamination soutiennent maintenant le retour d’une croissance plus vigoureuse de la consommation et stimulent l’investissement, les perturbations des chaînes d’approvisionnement étant en voie de résolution. Un nouveau train de mesures économiques va relancer l’activité. La production devrait croître en conséquence de 1.8 % en 2021, de 3.4 % en 2022 et de 1.1 % en 2023. La reprise n’étant pas encore installée, le soutien des pouvoirs publics demeure important, en particulier pour les ménages et les entreprises les plus durement touchés. Les aides budgétaires peuvent également améliorer le bien-être et les perspectives à long terme, par exemple en renforçant le système médical et en étayant l’investissement dans les ressources humaines, la technologie et les infrastructures. À cet égard, le nouveau train de mesures économiques va à la fois stimuler l’activité à court terme et soutenir la croissance à long terme. Une fois la reprise bien engagée, le gouvernement devrait reprendre ses efforts d’assainissement des finances publiques pour assurer leur viabilité à long terme. Japon 1 La consommation évolue parallèlement aux mesures de confinement Indice 2015 = 100, c.v.s. 110

L'inflation reste faible²

50 = neutre, c.v.s. 60

Glissement annuel en % 2

← Indice synthétique de la consommation¹

Indice de confiance des consommateurs →

100

50

1

90

40

0 IPC global

80

70

Inflation sous-jacente

30

2018

2019

2020

2021

20

-1

Moyenne tronquée

0

2018

2019

2020

2021

-2

1. L’indice synthétique de la consommation est calculé par le Bureau du Cabinet (CAO, Cabinet Office) pour montrer l’évolution mensuelle de la consommation privée dans l’ensemble de l’économie, à partir de statistiques portant à la fois sur la demande et sur l’offre. L’indice de confiance des consommateurs est la moyenne de quatre sous-indicateurs relatifs aux moyens d’existence dans leur globalité, à la croissance des revenus, à l’emploi et à la volonté d’acquérir des biens durables, variant sur une échelle de 1 à 100. Les zones grisées correspondent aux périodes pendant lesquelles l’état d’urgence était en vigueur. 2. Les indices des prix à la consommation ne tiennent pas compte de l’impact du relèvement de la taxe sur la consommation intervenu en octobre 2019. L’indice des prix sous-jacent correspond à l’IPC global hors énergie et produits alimentaires frais. La moyenne tronquée est calculée par exclusion des déciles supérieur et inférieur de la distribution des variations de prix (mesurées en tenant compte de la pondération de chaque composante de l’IPC). Source : Bureau du Cabinet (CAO, Cabinet Office) ; ministère japonais des Affaires intérieures et des Communications ; et Banque du Japon. StatLink 2 https://stat.link/136r92

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Japon : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants trillions de YEN

Japon

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe

556.2 305.0 108.9 140.1

0.0 -0.3 1.9 0.9

-4.6 -5.8 2.8 -4.2

1.8 1.3 2.7 -0.6

3.4 4.2 1.1 4.4

1.1 1.7 -1.7 1.9

Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation² IPC sous-jacent³ Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

554.0 2.0 556.1 101.9 101.8 0.1

0.4 0.0 0.5 -1.5 1.0 -0.4

-3.7 -0.1 -3.8 -11.7 -7.3 -0.7

1.1 -0.2 1.0 11.3 6.0 0.8

3.5 0.1 3.6 4.3 4.9 -0.1

1.0 0.0 1.0 3.4 2.6 0.1

_ _ _ _

0.6 0.5 0.4 2.3

0.8 0.0 0.1 2.8

-0.6 -0.2 -0.5 2.8

0.6 0.8 0.5 2.6

0.7 0.8 0.8 2.4

_

2.7

10.7

7.1

5.8

3.3

_ _ _

-2.9 -9.5 -6.4 -6.9 -3.1 223.0 237.3 242.0 243.4 244.0 3.4 2.9 3.2 2.5 2.5

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Calculés comme la somme des indices trimestriels corrigés des variations saisonnières pour chaque année. 3. Indice des prix à la consommation hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

Japon 2 Les salaires ont eu du mal à se redresser¹

Les échanges ont redémarré

Indice 2015 = 100, c.v.s.² 104

Indice 2015 = 100, c.v.s.² 120

102

110

100

100

Salaires nominaux

98

90

Salaires réels

Total des exportations de marchandises Total des importations de marchandises

96

2018

2019

2020

2021

0

0

2018

2019

2020

2021

80

1. Les salaires nominaux correspondent aux gains en espèces totaux par salarié. Les salaires réels sont les salaires nominaux corrigés par l’indice des prix à la consommation hors loyers imputés. 2. Moyenne mobile sur trois mois. Source : Ministère japonais de la Santé, du Travail et de la Protection sociale ; et Banque du Japon.

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Les mesures de confinement ont ralenti la croissance, mais elle devrait rebondir parallèlement à leur levée L’instauration puis l’extension d’un quatrième état d’urgence, compte tenu de l’envolée des contaminations par le variant Delta, a freiné la reprise de la consommation en milieu d’année, provoquant un recul du PIB au troisième trimestre. Néanmoins, la situation sanitaire s’est ensuite améliorée grâce au progrès rapide de la vaccination, ce qui a permis de lever progressivement les mesures de confinement à partir d’octobre. De fait, le Japon affiche maintenant des taux de vaccination supérieurs à ceux d’un grand nombre des pays qui ont commencé leur campagne plus tôt. Les perturbations qui touchent actuellement les chaînes d’approvisionnement, en particulier celles des principaux partenaires commerciaux du Japon, ont pesé sur la production et les échanges et entraîné une hausse des prix à la production. Néanmoins, les tensions sur les coûts n’ont pas été répercutées sur les consommateurs, ce qui a eu des effets négatifs sur la rentabilité des entreprises et la croissance des salaires, qui demeure faible en raison notamment de la réduction du nombre d’heures travaillées ainsi que de la diminution des primes d’été généralement versées par les employeurs. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation est restée modérée, en particulier du fait de la baisse des tarifs de téléphonie mobile intervenue au début de 2021 (à l’origine d’une diminution de l’inflation de 1.1 point de pourcentage). Abstraction faite de cet effet ponctuel, l’inflation est devenue positive dernièrement, tout en restant inférieure à l’objectif de 2 %.

Les politiques budgétaire et monétaire conservent une orientation expansionniste Bien que le Japon ait démarré sa campagne de vaccination plus tard que de nombreux autres pays, les autorités centrales et locales sont parvenues à accélérer le rythme des vaccinations, de sorte qu’à la mi-novembre 2021, plus de 75 % de l’ensemble de la population étaient complètement vaccinés. Grâce en partie au déploiement rapide des vaccins et à l’adoption de mesures de confinement ciblées, le nombre de contaminations par le COVID-19 et de décès qui lui sont imputables a diminué de manière spectaculaire et reste faible au regard de ceux observés dans de nombreux autres pays. Le gouvernement a adapté ses orientations en matière de gestion du COVID-19, pour éviter une alternance de mesures de confinement et de déconfinement. Ainsi, des collectivités locales ont commencé à subventionner l’accès à certains services des détenteurs de certificats de vaccination ou de résultats de tests négatifs. En outre, le nouveau gouvernement japonais a présenté un train de mesures économiques destiné notamment à renforcer les capacités d’hospitalisation du système de soins de santé, à continuer de soutenir les ménages touchés par la pandémie, et à aider les secteurs pouvant contribuer à améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement. Ce train de mesures comprend également des dispositions destinées à favoriser la croissance à long terme et des mesures redistributives. Cela représentera un surcroît de dépenses publiques de l’ordre de 50 000 milliards JPY au total (9.2 % du PIB de 2020), qui stimulera l’activité économique essentiellement en 2022 et 2023. La politique monétaire est restée accommodante, le dispositif de contrôle de la courbe des rendements contribuant également à maintenir les taux d’intérêt à long terme aux alentours de zéro. La Banque du Japon a par ailleurs soutenu le crédit aux entreprises touchées par le coronavirus et a récemment prolongé ce soutien pour une durée de six mois, jusqu’à la fin de mars 2022, des entreprises étant toujours en difficulté. En outre, la banque centrale a décidé d’aider les établissements financiers qui accordent des prêts ou qui investissent à l’appui de projets verts, au moyen d’un mécanisme incitatif fondé sur des différentiels de taux d’intérêt. Ce dispositif entrera en vigueur en décembre 2021 et continuera à soutenir sur le long terme la réalisation des objectifs climatiques jusqu’au début de 2031.

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La croissance économique va se poursuivre, mais certains risques subsistent La consommation privée devrait continuer à se redresser grâce à la levée des mesures de confinement encore en place, et au soutien apporté par le nouveau train de mesures économiques, notamment par les prestations destinées aux ménages et la reprise de la campagne de promotion du tourisme interne baptisée « Go To Travel ». Les exportations pâtissent actuellement des perturbations des chaînes d’approvisionnement, mais elles devraient augmenter régulièrement, parallèlement au redressement des partenaires commerciaux du Japon. Les importations vont également reprendre de la vigueur sous l’effet du rebond de la consommation intérieure et de l’investissement des entreprises. Il ressort d’enquêtes récentes que les entreprises projettent d’investir massivement, notamment dans les logiciels et la recherche-développement (R-D). L’investissement sera stimulé par le redressement des exportations et de la production, ainsi que par les subventions aux petites et moyennes entreprises et à la R-D, en particulier dans le numérique et les activités vertes. Le marché du travail continuera de s’améliorer, mais il est possible que la croissance des salaires demeure atone à court terme – notamment à cause d’effets de composition dus à la réembauche de travailleurs faiblement rémunérés et de la compression des marges bénéficiaires des entreprises. L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation augmentera peu à peu parallèlement à la croissance de la demande intérieure, mais restera inférieure à l’objectif visé. La politique monétaire conservera donc une orientation expansionniste. Les risques sanitaires demeurent importants. En dépit du taux élevé de vaccination, des infections perthérapeutiques dues à un nouveau variant pourraient se produire. De nouveaux chocs sanitaires dans d’autres pays seraient lourds de conséquences sur les échanges et les prix, et affaibliraient la production et l’investissement. Inversement, une amélioration plus rapide que prévu de la situation sanitaire à l’échelle mondiale et le déploiement rapide de traitements médicamenteux efficaces ou la résorption à brève échéance des blocages des chaînes d’approvisionnement renforceraient la confiance, la consommation et l’investissement.

De nouvelles réformes sont nécessaires pour favoriser une croissance durable Pour assurer une reprise résiliente, le gouvernement devrait continuer de soutenir les ménages et les entreprises touchés par la pandémie. Néanmoins, ce soutien devrait devenir plus ciblé. Les dépenses destinées à renforcer le système médical, notamment celles consacrées à la mise au point de vaccins et de médicaments contre le COVID-19, amélioreront la résilience du pays en cas de nouvelle urgence de santé publique. Pour éviter des séquelles et compenser les effets du vieillissement démographique, il sera important de poursuivre la réforme des modes de travail, de manière à favoriser une augmentation du taux d’activité, et de renforcer l’enseignement et la formation professionnels, afin d’améliorer les perspectives d’insertion sur le marché de l’emploi. La transformation numérique pourrait également contribuer à améliorer la résilience aux chocs sanitaires et à rehausser la productivité. En outre, une transformation numérique plus poussée pourrait aider l’économie à mieux résister aux chocs affectant l’offre. Dans ce contexte, l’Agence du numérique, mise sur pied en septembre 2021, devrait encourager l’intensification de la transformation numérique, tant dans le secteur public que privé. Comme le souligne également le nouveau train de mesures adopté, le renforcement de la R-D ainsi que l’augmentation des investissements dans la transformation numérique et la réalisation des objectifs climatiques pourraient améliorer la croissance et la viabilité de l’économie à long terme, tout en soutenant l’activité à mesure que la reprise montera en régime. La mise en œuvre réussie dans les délais voulus de ce train de mesures, accompagnée d’évaluations régulières, contribuera à la réalisation de ces objectifs. Néanmoins, cette relance de grande ampleur va alourdir encore la dette publique. Une fois la reprise économique bien engagée, les autorités devraient reprendre leurs efforts d’assainissement budgétaire, tant sur le plan des dépenses que des recettes, notamment en réformant la sécurité sociale et le système fiscal, afin d’assurer la viabilité des finances publiques à long terme malgré une situation démographique défavorable.

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