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Perspectives Économiques de l'OCDE - Italie, novembre 2022

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Italie La croissance du PIB réel devrait être de 3.7 % en 2022 et ralentir ensuite pour s’établir à 0.2 % en 2023, avant un redressement modeste, à 1 %, en 2024. L’augmentation des prix de l’énergie freinera la production dans les secteurs fortement consommateurs, tandis que le recul des revenus réels lié à l’inflation élevée, la hausse des taux d’intérêt et l'atonie des marchés à l’exportation pèseront sur la progression de la demande. Le chômage augmentera et le taux d’activité fléchira, une contraction de l’emploi étant attendue en 2023. L’inflation des prix à la consommation, qui devrait s’élever à 10 % environ fin 2022, ne devrait diminuer que progressivement, le plafonnement des prix de l’énergie étant peu à peu supprimé en 2023 et la récente hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires provoquant des tensions plus générales sur les prix. Le resserrement de la politique monétaire sera en partie contrebalancé par une augmentation de l’investissement public liée au Plan national de relance et de résilience. La réalisation en temps opportun de nouveaux investissements, la réforme du droit de la concurrence et le ciblage efficace des mesures de soutien face à la crise de l’énergie seront essentiels pour soutenir l’activité à court terme et jeter les bases d’une croissance durable à moyen terme. Italie 1

1. Dette publique brute, au sens de Maastricht. Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 112 ; base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110 ; base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 111 ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/0z692s

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022


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Italie : Demande, production et prix 2019

2020

Prix courants milliards de EUR

Italie PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

2021

2022

2023

2024

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

1 796.5 1 074.8 334.5 323.2 1 732.6 3.5 1 736.1 569.3 508.8 60.5

-9.1 -10.4 0.0 -8.2 -8.0 -0.5 -8.5 -14.2 -12.7 -0.9

6.7 5.1 1.5 16.5 6.5 0.3 6.8 13.5 14.8 0.1

3.7 3.4 0.0 8.7 3.8 0.6 4.4 10.4 12.9 -0.5

0.2 0.2 -0.7 0.9 0.2 0.0 0.2 1.8 1.7 0.0

1.0 0.5 -0.4 3.3 0.9 0.0 0.9 3.2 2.9 0.1

_ _ _ _

1.6 -0.1 0.5 9.3

0.5 1.9 0.8 9.5

3.2 8.1 3.2 8.1

4.9 6.5 4.3 8.3

2.7 3.0 3.1 8.5

_

10.3

7.6

4.0

3.0

2.4

_ _ _ _

-9.5 -7.2 -5.6 -4.7 -3.8 185.1 174.3 170.5 168.3 167.2 155.0 150.4 146.5 144.4 143.3 3.9

3.1

-0.3

-0.8

-0.7

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors produits alimentaires, énergie, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112.

StatLink 2 https://stat.link/1soa0k

Italie 2

1. Taux d’intérêt à 10 ans. Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 112 ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/h52f1l

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L’activité ralentit Après une croissance solide aux trois premiers trimestres de 2022, les indicateurs à haute fréquence parus dernièrement signalent un recul de l’activité. La production industrielle a bien résisté, mais les indicateurs de ventes au détail et de confiance ont reculé. L’emploi s’est inscrit sur une trajectoire descendante ces derniers temps, malgré la poursuite de la baisse du chômage. Globalement, la faiblesse récente des indicateurs d’activité, la hausse des coûts d’emprunt et l’érosion des revenus réels des ménages liée à l’inflation marquent un tournant pour l’activité. La forte augmentation des prix de l’énergie et des matières premières agricoles sur les marchés internationaux se répercute sur l’inflation intérieure, qui a avoisiné 13 % en octobre. Le remplacement du gaz naturel russe a été rapide, mais la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires a entraîné des tensions plus générales sur les prix, l’inflation sous-jacente s’établissant à quelque 5 ½ pour cent en octobre.

La politique monétaire se resserre, mais la politique budgétaire demeure expansionniste Le resserrement de la politique monétaire de la zone euro produit des effets sensibles sur les conditions financières en Italie. De ce fait, les coûts d’emprunt augmentent pour les administrations publiques, les ménages et les entreprises, même si la prime de risque des obligations d’État italiennes à long terme par rapport aux obligations d’État allemandes devrait rester inchangée. Pour amortir l’impact de l’inflation sur les ménages et les entreprises, le gouvernement a pris des mesures budgétaires correspondant à environ 3 ½ pour cent du PIB en 2022. Ces aides comprennent des crédits d’impôt pour les entreprises confrontées à une forte augmentation de leurs factures de gaz et d’électricité, des réductions des frais fixes liés au gaz et à l’électricité, ainsi qu’un soutien ciblé aux revenus pour les ménages modestes. Ces mesures devraient être maintenues, même si le budget de 2023 a été retardé par les élections. En 2023, le budget est supposé assurer un équilibre entre le soutien à l’économie et la prudence budgétaire, les mesures actuelles étant prolongées durant les mois d’hiver puis levées progressivement d’ici à la seconde moitié de l’année, ce qui permettra des économies budgétaires d’environ 2 % du PIB sur l’ensemble de l’année par rapport à 2022. Dans le même temps, l’accroissement attendu, à hauteur de 1 ½ pour cent du PIB, des dépenses liées au plan « Next Generation EU » par rapport à 2022 soutiendra l’investissement public. Au total, l’association de conditions financières moins favorables et d’une politique budgétaire légèrement expansionniste début 2023 devrait limiter les risques d’effets de second tour sur l’inflation liés à l’augmentation plus rapide des salaires, et contribuer à empêcher une contraction persistante de l’activité durant l’année 2023. L’augmentation des salaires dans le secteur public, qui sera déterminante pour l’inflation et la situation budgétaire, devrait rester contenue en 2023 et 2024.

La croissance ne se redressera que lentement, et les risques de révision à la baisse prédominent Le PIB réel devrait se contracter dans le dernier trimestre de 2022, avant se redresser légèrement durant 2023 et 2024. Du côté de l’offre, les hausses des prix des intrants devraient peser sur la production, notamment dans les secteurs très consommateurs d’énergie. Du côté de la demande, le niveau élevé de l’inflation et le recul de l’emploi érodent les revenus réels, malgré l’ampleur du soutien apporté en réponse à la crise de l’énergie, tandis que le ralentissement marqué de la croissance des marchés à l’exportation et la hausse des taux d’intérêt freinent l’investissement privé. La forte croissance de l’investissement public

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118  en 2023 et l’atténuation progressive de l’inflation à la faveur de la stabilisation des prix des matières premières devraient permettre un redressement progressif de la croissance des revenus réels et de l’activité au cours des années 2023 et 2024. Cette amélioration pourrait toutefois rester modeste, car les mesures de soutien liées à la crise énergétique seront progressivement supprimées bien que les prix de l’énergie demeurent exceptionnellement élevés, et l’activité commencera à subir les pleins effets de la hausse des taux d’intérêt. Les risques et les incertitudes entourant les projections sont plus importants qu’à l’accoutumée, et vont dans le sens d’une révision à la baisse. Si un rationnement de l’énergie est peu probable, y compris dans l’hypothèse d’un arrêt total des livraisons de gaz naturel russe, des retards de mise en œuvre du Plan national de relance et de résilience pourraient peser sur l’investissement public, et un resserrement de la politique monétaire plus prononcé que prévu dans la zone euro pourrait entraîner une nouvelle hausse de la prime de risque des titres d’État italiens à long terme. Cela aurait pour conséquence non seulement de durcir encore les conditions financières dans le secteur privé, mais aussi d’accroître les coûts de remboursement de la dette publique, qui est élevée. De ce fait, bien que la dynamique à court terme de la dette publique ait connu une évolution favorable durant l’année écoulée (reflétant principalement une croissance du PIB nominal supérieure aux prévisions) et que l’échéance moyenne de la dette publique soit longue, sa dynamique à long terme pourrait se dégrader. Dans un scénario favorable en revanche, la mise en œuvre effective des réformes structurelles liées au Plan national de relance et de résilience pourrait avoir un impact positif plus important que prévu sur la productivité à court terme.

Une utilisation efficace des fonds du plan « Next Generation EU » sera essentielle pour soutenir la croissance Améliorer l’efficacité de l’administration publique constituera une priorité majeure pour soutenir la demande à court terme et stimuler la productivité à long terme. Cela s’applique particulièrement aux fonds du plan « Next Generation EU », l’exécution en temps opportun de projets de qualité dépendant de l’efficacité de la mise en œuvre, de la gestion et de la hiérarchisation des priorités d’investissement public. Pour récolter pleinement les fruits de ce plan, l’investissement public devra s’accompagner d’une mise en application effective des réformes structurelles, notamment de la récente réforme du droit de la concurrence. Si la diversification des sources d’approvisionnement en gaz naturel au-delà de la Russie a été une initiative bienvenue cette année, une accélération de la transition vers les énergies renouvelables permettrait en outre à l’Italie de réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles en provenance de l’étranger et de s’assurer une croissance plus durable. Cibler de manière efficace les mesures de soutien en réponse à la crise énergétique et réduire le recours à des plafonnements généralisés des prix encourageraient les économies d’énergie tout en préservant les revenus des ménages les plus vulnérables.

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