Indicateurs de croissance 7 verte 201 L’ESSENTIEL
« La croissance verte consiste à favoriser la croissance et le développement, tout en veillant à ce que les richesses naturelles continuent de fournir les ressources et les services environnementaux sur lesquels repose notre bien-être. Les gouvernements qui engagent des politiques de croissance verte doivent catalyser des investissements et des innovations qui soutiennent la croissance et créent de nouvelles opportunités économiques. Ils ont également besoin d’indicateurs pour sensibiliser, mesurer les progrès et mettre en évidence les opportunités et les risques. » Rintaro Tamaki, Secrétaire général adjoint de l’OCDE
Indicateurs de croissance verte
7 01
2 http://oe.cd/ggi
En bref Nous ne pourrons maintenir le progrès économique et social dans la durée que si nous arrivons à réduire notre dépendance vis-à-vis du capital naturel comme source de croissance, à maîtriser la pollution, à améliorer la qualité du capital physique et humain et à renforcer nos institutions. Pour assurer la croissance de qualité à laquelle les citoyens aspirent, les gouvernements et les institutions impliquées dans la croissance verte (finances, économie, industrie, commerce et agriculture...) doivent mener une action concertée. Ce rapport présente les résultats des pays de l’OCDE et du G20 depuis 1990. Les indicateurs permettent de répondre aux quatre questions qui se trouvent au cœur de la croissance verte : zz
Utilisons-nous les ressources naturelles et les services environnementaux de façon plus efficace ? PAGE 6
zz
Quelles opportunités de croissance et de développement offre une économie plus verte ? PAGE 9
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Les richesses naturelles sur lesquelles reposent nos économies sont-elles préservées ? PAGE 12
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La croissance verte a-t-elle des retombées bénéfiques pour la population ? PAGE 14
L’édition 2017 du rapport Green Growth Indicators met à jour et élargit les indicateurs de croissance verte présentés dans les éditions 2014 et 2011. Elle fait apparaître les progrès réalisés par les pays de l’OCDE et les économies du G20 depuis 1990. Le rapport 2017 insiste plus particulièrement sur les gains de productivité et le rôle des politiques publiques et consacre une analyse plus poussée aux taxes et subventions liées à l’environnement, à la technologie et l’innovation, et aux flux financiers internationaux. Cette édition a été préparée par la Direction de l’environnement de l’OCDE, en coopération avec la Direction des statistiques et le Département des affaires économiques ; elle a bénéficié des conseils d’experts d’autres directions de l’OCDE ainsi que des ministères et des offices statistiques des pays membres et partenaires. L’Essentiel récapitule les messages clés du rapport et présente une sélection d’indicateurs. L’intégralité du rapport (en anglais) et des données sont en accès libre sur le site : http://oe.cd/ggi
L’ESSENTIEL
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INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017 . 3
4 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
Progrès vers la croissance verte Plusieurs pays sont bien placés dans la transition vers une croissance verte, mais aucun n’arrive en première ligne sur tous les fronts. Il est en effet fréquent qu’un pays affiche de bons résultats pour une composante de la Estonie croissance verte mais piétine pour d’autres. Trop souvent, les progrès n’ont pas été suffisants pour protéger les richesses naturelles. Certains pays montrent des signes de progrès vers une croissance verte. La plupart des pays utilisent les ressources et les services environnementaux de façon plus productive. Ils ont réduit la pollution atmosphérique et une partie des risques qu’elle fait peser sur la population. Nombre d’entre eux ont stabilisé les niveaux d’extraction des ressources naturelles renouvelables (bois, poisson, eau douce) et s’acheminent vers des pratiques de gestion plus durables.
Italie
Le Luxembourg, l’Islande, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas arrivent systématiquement dans le peloton de tête pour la plupart des composantes de la croissance verte considérées. Parmi les économies non membres étudiées, la Colombie et le Costa Rica sont en tête. Le Danemark, l’Estonie, le Royaume-Uni, l’Italie et la République slovaque ont connu la plus forte amélioration depuis 2000 (graphique 1). La liste des mieux classés varie sensiblement selon l’indicateur. Cette diversité montre qu’il faut examiner un ensemble d’indicateurs pour évaluer les progrès vers une croissance verte et que le classement doit s’inscrire dans une vision plus large de la croissance (PIB par habitant et inégalités de revenus, notamment).
Comment lire ce graphique Pour chaque indicateur, la performance de chaque pays est évaluée par rapport au mieux classé des 46 pays étudiés. Les améliorations/détériorations correspondent à la modification de l’écart avec le mieux classé entre 2000 et 2015. Notons que tous les pays ne sont pas partis du même point en 2000. Le choix de 2000 comme année de référence doit être pris en compte. Pour chaque axe, plus la distance au centre est importante, plus l’amélioration est significative. La ligne verte matérialise l’absence de changement. Les valeurs à l’intérieur de ce périmètre indiquent une détérioration. Données et sources : http://doi.org/b8rw
Productivité multifactorielle corrigée pour l’environnement Faible occupation des sols Faible exposition à la pollution atmosphérique Innovation environnementale Fiscalité environnementale
Espagne
PIB par habitant Faible inégalité de revenus
P
Productivité CO2 (induite par la production)
D
Productivité CO2 (induite par la demande) Productivité des matières
Fastestgénérale progress Graphique 1. Meilleure progression vers une croissance verte, 2000-2015 Estonie
Danemark
D
DD
P
PP
Royaume-Uni
Italie
D
D
P
P
Espagne
République slovaque
D
D
P
P
Turquie
Suède
D
P
D
P
L’ESSENTIEL
INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017 . 5
6 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
1
Productivité
Utilisons-nous les ressources naturelles et les services environnementaux de façon plus efficace ?
La productivité environnementale des pays de l’OCDE en termes de carbone, d’énergie et de matières s’est améliorée, mais de façon très variable selon les pays et les secteurs.
Productivité multifactorielle L’augmentation de la productivité joue un rôle déterminant pour la croissance économique et l’amélioration du niveau de vie. Dans certains cas, la croissance économique peut être surestimée si elle se fait au prix de l’appauvrissement du capital naturel ou du recours à des technologies très polluantes. La productivité multifactorielle tient compte du rôle de multiples intrants (travail, capital produit, capital naturel) et extrants (PIB et pollution). Dans certains pays de l’OCDE, la croissance a exclusivement résulté de gains de productivité. Dans les BRIICS, la croissance a davantage reposé sur l’accroissement du travail, du capital produit et du capital naturel. Le capital naturel contribue à la croissance de la production. En Russie, environ 23 % de la croissance enregistrée depuis 1994 est à mettre au compte de l’exploitation du sous-sol. Cette situation démontre la dépendance du pays visà-vis de l’extraction de ressources naturelles et la nécessité de trouver de nouvelles sources de croissance à plus longue échéance. Réduire la pollution peut aussi affecter les chiffres de croissance. Dans certains pays, la croissance économique a été assurée au détriment de l’environnement. C’est ce qui s’est produit notamment en Inde, en Arabie Saoudite et en Chine, et dans certains pays de l’OCDE comme la Turquie, la Corée et le Mexique.
Comment lire ce graphique À gauche, la croissance du PIB corrigée de la pollution est représentée par des barres comprenant quatre éléments: le travail, le capital produit, le capital naturel, et ce qu’on ne peut imputer à aucun de ces quatre éléments, la PMFIE (productivité multifactorielle corrigée des incidences environnementales). La PMFIE complète la productivité multifactorielle classique couramment utilisée par les décideurs. Elle permet une meilleure prise en compte des considérations environnementales dans les décisions économiques. La partie de droite représente la contribution de la PMFIE (en vert à gauche) à la croissance du PIB (la barre complète à gauche). Elle s’élève en moyenne à 60 % dans les pays de l’OCDE, et à 20 % dans les BRIICS. Les dix premiers pays apparaissent en vert foncé. La PMFIE est un projet en cours. La couverture des services environnementaux se limite actuellement aux émissions atmosphériques et aux ressources minières. À mesure de l’obtention de données plus complètes, les travaux élargiront la gamme des services environnementaux pris en compte. Pour plus d’information: http://oe.cd/eamfp Données et sources: http://doi.org/b8rx
Graphique 2. Le rôle clé des gains de productivité pour la croissance économique
Sources de croissance Chine Inde Chili Israël Lettonie Lituanie Indonésie Irlande Estonie Corée Rép. slovaque Costa Rica Argentine Luxembourg Pologne Arabie saoudite Colombie Rép. tchèque Australie Turquie Russie Brésil Islande Norvège Slovénie États-Unis Nouvelle-Zélande Afrique du Sud Royaume-Uni Pays-Bas Canada Suède Hongrie Autriche Mexique Allemagne Belgique Finlande Espagne France Suisse Danemark Portugal Japon Grèce Italie
Rôle des gains de productivité 26% 38% 31% 35% 41% 63% 47% 66% 70% 65% 54% 36% 41% 37% 69% 53% 42% 52% 57% 14% 74% 48% 93% 57% 74% 67% 39% 46% 75%
Travail
57% 57% 61% 68% 68%
Capital produit 46%
84% 61% 85%
Capital naturel
51% 74% 52% 67%
Productivité multifactorielle corrigée
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Croissance du PIB corrigée de la pollution, % points
54% 84% 30% 67%
Productivité (multifactorielle) corrigée en % de la croissance du PIB corrigée
Moyennes à long terme (circa 1991-2013)
L’ESSENTIEL
INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017 . 7
8 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
La consommation de matières reste élevée, souvent tirée par le bâtiment. Pour générer 1000 USD de PIB en 2015, les pays de l’OCDE ont consommé en moyenne 416 kg de matières non énergétiques et 111 kg de produits énergétiques (en équivalent pétrole, contre 143 kg en 2000).
Productivité carbone: En dépit d’un ralentissement dans les pays de
l’OCDE, les émissions mondiales de CO2 ont continué de progresser, de 58 % depuis 1990. Certains pays ont réussi à réduire leurs niveaux d’émissions en valeur absolue. Mais la plupart ne les ont réduits que par rapport à la croissance du PIB. Graphique 3. La productivité carbone s’est améliorée dans la plupart des pays, mais l’image est plus nuancée du point de vue de la demande finale. Base production
Base demande
(PIB pour chaque kg de CO2 émis sur le territoire national)
(PIB pour chaque kg de CO2 émis pour satisfaire la demande finale)
2011
2014
2011
Suisse
$10.5
$11.4
$4.3
Suède
$9.5
$11.1
$5.2
Colombie
$8.0
$8.2
$6.0
Brésil
$7.5
$6.4
$6.2
OCDE
$3.6
$3.9
$3.2
États-Unis
$2.9
$3.1
$2.6
Corée
$2.7
$3.0
$3.0
Australie
$2.5
$2.8
$2.2
Chine
$1.6
$1.9
$1.9
Afrique du Sud
$1.6
$1.5
$2.0
Comment lire ce graphique La productivité carbone basée sur la production correspond aux émissions de CO2 générées sur le territoire national, et ne tient pas compte du commerce extérieur. Or nous consommons tous des produits qui ont été, au moins partiellement, importés d’autres pays. La structure des échanges évolue et des industries polluantes sont délocalisées vers des destinations moins chères, où les normes environnementales sont souvent moins strictes. C’est pourquoi un autre indicateur est nécessaire: la productivité carbone basée sur la demande indique la valeur économique générée par unité de CO2 émise pour satisfaire la demande intérieure finale, indépendamment du lieu de production. Les émissions totales produites pour répondre à la demande intérieure (base demande) finale des pays de l’OCDE ont augmenté plus vite que les émissions produites dans le pays (base production). En conséquence, la plupart des pays de l’OCDE sont des « importateurs nets » d’émissions de CO2. Données et sources: http://doi.org/b8rz et http://doi.org/4f5
2
Politiques
Quelles opportunités pour une économie plus verte ?
Les taxes et subventions envoient des signaux de marché importants qui
influencent les producteurs et les consommateurs. La réorientation de la fiscalité du travail et du capital vers les nuisances environnementales, ainsi que l’élimination des subventions dommageables, sont essentielles pour la transition vers une économie verte. Les subventions aux combustibles fossiles coûtent près de 60 milliards USD par an aux pays de l’OCDE. Graphique 4. La fiscalité environnementale reste limitée, surtout comparée à celle du travail. Produit des taxes liées à l’environnement en 1995, en 2014 (7 premiers pays), et produit de la fiscalité du travail, % du PIB
Danemark 4.3%
4.1%
26.7%
1995 2014
2014
Environnement
Travail
3.9%
3.2%
19.5%
1995 2014 2014
Environnement
Travail
Israël
Pays-Bas 3.2%
4.3% 0.3%
3.4%
21.9%
2.8%
1995 2014
2014
Environnement
Travail
Turquie
Italie
Slovénie
3.9%
3.8%
24.2%
1.2%
1995 2014 2014
Environnement
1995 2014 2014
Travail
Environnement
Autriche 3.0%
12.0%
1995 2014 2014 Environnement
Travail
2.6%
12.4% Travail
OCDE
2.9%
27.7%
1.8% 1.6%
1995 2014 2014 Environnement
Travail
16.8%
1995 2014
2014
Environnement
Travail
Graphique 5. Les pays de l’OCDE soutiennent encore des activités potentiellement dommageables pour l’environnement Total OCDE, indice 2000=100. 200
150
Aides aux combustibles fossiles PIB
2000=100 Subventions agricoles potentiellement dommageables pour l’environnement
50
0
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
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INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017 . 9
10 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
Sur le front de l’innovation, les progrès sont mitigés : les dépenses
publiques de recherche & développement sont en hausse, mais la part consacrée à l’environnement et à l’énergie n’a pas bougé. Des incitations à long terme sont nécessaires pour mieux orienter l’innovation vers les objectifs environnementaux. 1000%
Graphique 6. Dans la plupart des pays, les technologies environnementales ont progressé plus vite que les autres.
Arabie saoudite
500% Turquie BRIICS
Chine
Inde
Orienter le progrès technologique...
0%
Évolution de toutes les technologies, 2000-02 à 2011-13
300%
Chili
Lituanie
... au détriment de l’environment
250%
Corée
500%
1000%
Pologne
200% Portugal
Indonésie
150%
Colombie
République tchèque Lettonie
100%
République slovaque
Brésil
Slovénie
50%
Russie Costa Rica
0%
-50% -100%
Afrique du Sud
Mexico
Grèce Israël Espagne Canada OCDE Irlande France Hongrie Belgique Danemark Suède Luxembourg Nouvelle-Zélande Allemagne USA Finlande Italie Australie Argentine UK Islande
... vers l’environment
-50% 0% 50% 100% 150% 200% 250% Évolution des technologies environnementales, 2000-02 à 2011-13
300%
400%
Comment lire ces graphiques Le graphique 6 montre, sur l’axe vertical, l’évolution des demandes de brevets toutes technologies confondues et sur l’axe horizontal, celle des technologies environnementales. Dans les pays de la zone verte, les technologies environnementales ont progressé plus rapidement que l’ensemble des technologies; dans la zone orange, elles ont progressé moins vite. La taille des cercles indique la part des technologies environnementales dans l’ensemble des innovations en 2011-2013: par exemple, le Danemark, grand pays d’innovation, contribue deux fois plus à la production mondiale de technologies environnementales qu’à celle de technologies en général. Le graphique 7 représente le nombre de demandes sous priorité dans le monde pour des inventions de haute valeur (deux brevets ou plus). Les demandes de brevets relatifs à l’atténuation du changement climatique montent en flèche entre 2000 et 2010, puis ralentissent. En 2013, les demandes de brevets relatifs à l’atténuation du changement climatique dans le bâtiment avaient augmenté de 289 %. Données et sources: http://doi.org/b8r2 et http://doi.org/b8r3
Graphique 7. Après une montée en flèche, les technologies vertes marquent le pas. Total mondial, 2000=100. ACC = Atténuation du changement climatique 350 300
ACC bâtiment ACC transport
250
ACC énergie Adaptation liée à l’eau
200
ACC gaz à effet de serre
150
Ensemble des technologies ACC biens Gestion environnementale
2000=100
ACC eaux usées ou déchets 50 2000 ‘01
‘02
‘03
‘04
‘05
‘06
‘07
Les pays redoublent d’efforts pour encourager l’innovation et faire évoluer le comportement des consommateurs. À l’échelle mondiale, le nombre d’inventions relatives aux technologies d’atténuation du changement climatique (en particulier pour le bâtiment, les transports et la production d’énergie) a triplé depuis 2000, tandis que l’activité inventive en général (toutes technologies confondues) n’a augmenté que de 30 % environ. Cependant, depuis 2011, l’activité inventive a généralement ralenti dans la plupart des grands domaines technologiques liés à l’environnement. Environ 90 % des technologies vertes proviennent toujours des pays de l’OCDE, notamment des États-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la Corée et de la France. La contribution de la Chine et de l’Inde augmente.
‘08
‘09
‘10
‘11
‘12 2013
Les pouvoirs publics peuvent encourager l’innovation, notamment en protégeant mieux la propriété intellectuelle et en soutenant la recherche fondamentale, les pôles d’innovation ou la formation de la main-d’œuvre. Il faut également orienter l’innovation vers des solutions plus respectueuses de l’environnement et plus rentables, en permettant aux acteurs d’anticiper l’évolution de la tarification des émissions ou des limites d’émission. Les budgets publics pour la recherche et développement dans le domaine de l’énergie privilégient le renouvelable. Cependant, dans un petit nombre de pays, les aides aux technologies fossiles continuent d’augmenter. Dans beaucoup de pays, les politiques en faveur de l’innovation ne sont pas en phase avec les politiques environnementales et d’économie de ressources.
Industrie: Dans l’Union européenne, dix secteurs sont responsables de 83 % des émissions de CO2 alors qu’ils ne représentent que
28 % des emplois et 21 % de la valeur ajoutée : électricité et gaz, caoutchouc et plastique, transport terrestre, métaux, produits chimiques, coke et pétrole raffiné, transport aérien, transport maritime et fluvial, agriculture, commerce. Faute de généraliser la tarification du carbone à l’ensemble de l’économie, la lutte contre les émissions de CO2 pourrait se concentrer sur ces secteurs.
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INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017 . 11
12 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
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Ressources naturelles Les richesses naturelles sur lesquelles reposent nos économies sont-elles préservées ?
Les ressources naturelles continuent de subir de fortes pressions. Plus d’un tiers des pays de l’OCDE sont soumis à un stress hydrique moyen à élevé. De nombreuses forêts sont menacées de dégradation, de fragmentation et de conversion à d’autres types d’occupation des sols ; de nombreux écosystèmes ont été détériorés.
L’urbanisation et le développement des infrastructures menacent gravement la biodiversité. Même des pays déjà très urbanisés connaissent une urbanisation galopante et, dans l’ensemble de l’OCDE, les espaces urbanisés croissent plus rapidement que la population. L’étalement urbain s’explique par la multiplication des ménages composés d’une seule personne, l’évolution des modes de vie (lotissements pavillonnaires), la construction de bâtiments commerciaux et industriels et l’évolution du paysage urbain, qui fait la part belle aux constructions à faible densité. L’aménagement foncier modifie la couverture des sols, amenuise les ressources naturelles et les terres agricoles, imperméabilise les sols et altère le cycle de l’eau. La mise en place de zones protégées et une gestion durable des ressources peuvent être utiles. Ces mesures ne sont toutefois pas suffisantes et doivent s’accompagner de politiques plus générales pour que les décisions en matière d’investissement et de fiscalité, par exemple, tiennent compte de la protection de la biodiversité.
Dans le monde, une superficie égale à celle du Royaume-Uni a été bâtie depuis 1990.
Comment lire ces graphiques Chaque carré du graphique 8 représente la superficie, en milliers de km², des espaces bâtis dans l’OCDE et les BRIICS. Les carrés plus sombres représentent les zones construites depuis 1990. La notion d’« espace bâti » ne désigne que les bâtiments et ne comprend pas les autres aménagements tels que les surfaces asphaltées (routes, parkings), les sites commerciaux et industriels (ports, décharges) et les espaces verts urbains (parcs, jardins). Le graphique 9 met en rapport l’évolution des espaces urbanisés avec celle de la population. La taille du cercle représente l’espace urbanisé en pourcentage du territoire: plus le cercle est large, plus le pays est urbanisé. Données et sources : http://doi.org/b8r4 et http://doi.org/b8r5.
Graphique 8. Les bâtiments couvrent 30 % de territoire de plus qu’en 1990. Espace bâti en milliers de km² en 2014 et nouvelles constructions depuis 1990.
OCDE
États-Unis 150
Allemagne
France 23
27
Reste de l’OCDE 123 31
5
depuis 1990
6
depuis
1990
38
Japon 27
Italie 16 4
depuis 1990
depuis 1990
1990
Reste du monde 193 69
BRIICS Russie 24
Afrique du Sud 16 7
depuis 1990
Brésil
21
5
4
depuis 1990
Inde 32 16
Indonésie
depuis 1990
depuis 1990
21 9
depuis 1990
4
depuis
Chine 105 46
depuis 1990
depuis 1990
depuis 1990
Graphique 9. L’espace bâti par habitant augmente, y compris dans des pays déjà très urbanisés, 1990-2014. 100
Évolution de l’espace urbanisé, en %
Inde
90 80 70
Indonésie
BRIICS
60
Portugal
50 Finlande 40 Poland 30 Hongrie Estonie
Afrique du Sud
Islande
Chine
Pays-Bas
Irlande
Espagne Monde Corée
Turquie Israël Mexique Colombie
Norvège USA Brésil
France Autriche
Arabie saoudite
Luxembourg
Italie Chili OECD Canada Costa Rica Slovaquie Belgique Argentine Australie Danemark Grèce Slovénie Suisse Russie 20 Allemagne Suède Nouvelle-Zélande Rép. tchèque
Japon
Lettonie Lituanie
Royaume-Uni
10 Évolution démographique, en %
-30
-20
-10
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
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14 . INDICATEURS DE CROISSANCE VERTE 2017
4
Qualité de vie
Quelles retombées bénéfiques d’une croissance plus verte pour la population ?
La pollution atmosphérique est le principal risque sanitaire d’origine environnementale dans le monde. L’exposition humaine à la pollution de l’air par les particules fines atmosphériques reste dangereusement élevée dans la plupart des pays de l’OCDE, malgré les progrès observés depuis 1990.
Moins d’un pays de l’OCDE sur trois respecte les directives de l’OMS sur la qualité de l’air. L’exposition aux particules fines atteint des niveaux extrêmes en Chine et en Inde. L’exposition à l’ozone au niveau du sol n’a guère baissé. Ces deux polluants atmosphériques ont de graves répercussions sur la santé humaine. Dans les pays de l’OCDE, près d’un demi-million de décès prématurés seraient dus chaque année à l’exposition à l’ozone et aux particules fines en suspension dans l’air extérieur. En termes de bien-être, cela représente un coût annuel équivalent à 3.8 % du PIB. Il est possible de réduire les émissions en passant à des combustibles, des industries, des produits et des technologies plus propres. Les taxes sur les émissions ou la consommation d’énergie sont généralement plus efficaces que les mesures portant sur un produit, un combustible ou une technologie en particulier (comme les subventions aux véhicules électriques, par exemple). Cela étant, des mesures plus strictes seront nécessaires dans les zones densément peuplées ou situées sous le vent par rapport aux sources d’émissions.
Comment lire ces graphiques L’exposition chronique aux particules augmente le risque de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Les particules fines, de moins de 2.5 microns de diamètre (PM2.5), sont les plus néfastes pour la santé. Le graphique 11 illustre l’exposition de la population selon les seuils de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS préconise de ne pas dépasser une exposition annuelle moyenne aux PM2.5 de 10 microgrammes par mètre cube. Les concentrations de PM2.5 sont calculées à l’aide d’observations satellite, de modèles de transport chimique et des données de stations de surveillance terrestres. Ces estimations tiennent compte des polluants d’origine humaine et naturelle. L’exposition de la population à la pollution atmosphérique est calculée en pondérant les concentrations en fonction de la population. Les concentrations observées dans les villes auront donc davantage de poids que dans des zones rurales faiblement peuplées. Cet ajustement est important pour aider les pouvoirs publics à agir là où les impacts sanitaires sont les plus marqués. Données et sources: http://doi.org/b8r6 et http://doi.org/b8r7.
Graphique 10. Évolution de la population exposée aux PM2.5, 1998-2015 Diminution 60
45
30
15
0%
Augmentation
Graphique 11. La population de la plupart des pays de l’OCDE reste chroniquement exposée à des concentrations de particules fines nocives. % de la population exposée aux PM2.5
Islande Norvège Nouvelle-Zélande Australie Finlande Canada Etats-Unis Brésil France Mexique OCDE Belgique Russie Chili Indonésie Rép. tchèque Hongrie Israël Rép. slovaque Pologne Afrique du Sud Corée Chine Inde
0-10 μg/m³
10-15 μg/m³
15-25 μg/m³
25-35 μg/m³
>35 μg/m³ 0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Indicateurs de croissance verte RAPPORT COMPLET (EN ANGLAIS)
http://oe.cd/ggi2017 DONNÉES ET CONTEXTE
http://oe.cd/ggi CONTACT Chef de division: Nathalie Girouard Équipe: Ivan Haščič, Miguel Cárdenas Rodríguez, Myriam Linster, Alexander Mackie, Mauro Migotto et Sarah Sentier Communication: Clara Tomasini clara.tomasini@oecd.org Crédits image. Couverture:iStock/Nikada. Toutes les icônes TheNounProject.com, sous licence Creative Commons, par Gan Khoon Lay, Korawan.M, Joe Pictos, OCHA, Berkay Sargin, Edward Boatman, RockIcon, David Chapman, Oksana Latysheva. Ce document et toute carte qu’il peut comprendre sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région. 1 - Août 2017. © OCDE, 2017.
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