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Perspectives économiques de l'OCDE : Inde - décembre 2021

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Inde Après la deuxième vague d’infections, qui a culminé en mai, la reprise s’accélère et la croissance du PIB devrait atteindre 9.4 % au cours de l’exercice budgétaire 2021-22, avant de refluer à 8.1 % en 2022-23 puis à 5 ½ pour cent en 2023-24. L’inflation est restée proche de la limite supérieure de la fourchette retenue comme objectif par la Banque de Réserve de l’Inde (RBI, Reserve Bank of India), mais elle devrait baisser à mesure que les perturbations des chaînes d’approvisionnement seront résolues. Les marchés financiers restent dynamiques et les entrées de capitaux soutiennent l’accumulation de réserves. Le principal risque à la baisse pesant sur les projections tient à l’apparition d’un nouveau variant du virus, en particulier s’il devait s’accompagner d’un relâchement des comportements, ainsi qu’à un environnement économique et financier mondial moins favorable. L’articulation des politiques macroéconomiques est bien équilibrée. La RBI se tient prête à intervenir de manière résolue si l’appréciation des cours mondiaux des matières premières devait entraîner une hausse des salaires, puis de l’inflation sous-jacente. Le gouvernement est par ailleurs déterminé à investir davantage dans les infrastructures sociales et matérielles, même s’il conviendrait également d’accroître le soutien budgétaire direct et ciblé en faveur des entreprises et des ménages vulnérables. Réduire les réglementations inutiles sur les marchés du travail et de produits, accélérer la vente des entreprises publiques dans des secteurs non stratégiques après la cession réussie d’Air India et restructurer les banques publiques stimuleraient l’investissement et la création d’emplois. Après une deuxième vague de très grande ampleur, la pandémie reflue progressivement Le variant Delta a mis un coup d’arrêt au processus de retour à la normale à l’hiver et au printemps 2021, causant une forte augmentation du nombre de contaminations et de décès. Cette deuxième vague a exercé des pressions considérables sur les services de soins intensifs, et des mesures de confinement

Inde 1 Après un démarrage lent, la campagne de vaccination a permis d'atteindre plus de la moitié de la population % 60

La confiance revient lentement

Proportion de personnes ayant reçu au moins une dose

Indice des directeurs d'achat, secteur manufacturier

Proportion de la population totalement vaccinée

Indice de confiance des consommateurs¹

Indice 100

48

80

36

60

24

40

12

20

0 janv. 21

avr. 21

juil. 21

oct. 21

0

0 janv. 20

mai 20

sept. 20

janv. 21

mai 21

sept. 21

0

1. Calculé à partir de l’indice bimestriel de la situation conjoncturelle (CSI, Current Situation Index). En l’absence de données sur un mois, la valeur utilisée est la moyenne des données mensuelles précédentes et suivantes. Source : CEIC ; outil de suivi de l’action publique face au COVID-19 de l’Université d’Oxford (Oxford COVID-19 Government Response Tracker, Blavatnik School of Government ; Markit ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/s1r2ka

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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Inde : Demande, production et prix 2018 Prix courants trillions de INR

Inde

2019

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2011/2012)

PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe

188.9 112.2 20.4 55.1

4.0 5.5 7.9 5.4

-7.3 -9.1 2.9 -10.8

9.4 19.9 9.4 16.1

8.1 9.5 11.5 10.9

5.5 9.8 2.7 2.8

Demande intérieure finale Variation des stocks¹,² Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation Indice des prix de gros³ Solde financier des administrations publiques⁴ (% du PIB)

187.7 8.2 195.9 37.7 44.7 - 7.0

5.8 -0.7 4.4 -3.3 -0.8 -0.5

-8.3 0.0 -9.1 -4.7 -13.6 2.2

17.4 0.0 11.1 13.7 21.4 -1.8

10.1 0.0 10.1 5.9 15.2 -2.4

7.1 0.0 6.8 6.3 11.5 -1.6

_ _ _ _

3.6 4.8 1.7 -6.9

4.6 6.2 1.3 -7.1

10.1 6.4 7.2 -6.9

4.4 4.8 6.0 -6.6

5.1 4.2 4.4 -5.5

_

-0.8

0.9

-0.6

-1.6

-2.1

Balance des opérations courantes (% du PIB)

Note: Les données se réfèrent à l'exercice comptable commençant en avril. 1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Le montant effectif dans la première colonne inclut la divergence statistique et les opérations sur objets de valeur. 3. Tous biens. 4. Solde budgétaire brut du gouvernement central et des états. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/csu4tp

Inde 2 L'activité économique reste fluctuante

L'inflation a reculé, mais reste proche du plafond de tolérance

Glissement annuel en % 140

120

Glissement annuel en % 10 PIB réel

Inflation globale¹

Investissement

Inflation sous-jacente¹

8

Consommation privée

100

6

80

4

60

2

40

2013

2015

2017

2019

2021

2023

0

0

2019

2020

2021

0

1. L’inflation globale concerne l’évolution des prix de tous les biens du panier, tandis que l’inflation sous-jacente exclut les prix des produits alimentaires et de l’énergie. Corrigée des variations saisonnières et calculée à partir de l’indice mensuel des prix à la consommation et de l’IPC sous-jacent (indice 2012 = 100) de l’Office central de statistique (CSO, Central Statistics Office). Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110 ; et CEIC. StatLink 2 https://stat.link/nsjovk

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 109 vaccination a débuté en janvier et a d’abord concerné le personnel soignant et les travailleurs de première ligne (soit 30 millions de personnes), avant d’être peu à peu élargie à de plus vastes catégories de la population adulte. À la fin du mois de septembre, plus de la moitié de la population remplissant les conditions requises pour être vaccinée avait reçu au moins une dose de vaccin, et à la mi-novembre, plus d’un Indien sur quatre présentait un schéma vaccinal complet. L’impact économique a été moins prononcé lors de la deuxième vague que durant celle de 2020. Depuis l’été 2021, la croissance a rebondi, tirée par les exportations, la demande des consommateurs et, surtout, un effet de base très marqué. La plupart des indicateurs à haute fréquence de premier plan, dont les ventes de deux-roues et de tracteurs, progressent peu à peu et les indices de mobilité se sont nettement améliorés durant la saison des fêtes de Diwali et restent favorablement orientés. L’inflation mesurée par les prix à la consommation, qui avait atteint 7.6 % en octobre 2020, a sensiblement reculé pour s’établir à 4.5 % en octobre 2021. Cette décélération récente s’explique par des effets de base, une saison des moussons très porteuse, une reprise des chaînes d’approvisionnement agricoles qui s’est traduite par une baisse des prix des denrées alimentaires (lesquels représentent 39 % du panier de l’IPC), et des mesures administratives (dont la diminution des droits sur les importations d’huiles alimentaires). Portées par le commerce pétrolier, les exportations comme les importations de marchandises ont fortement augmenté. L’assouplissement des conditions sur les marchés financiers a profité aux grandes ainsi qu’aux jeunes entreprises, et un nombre record d’introductions en bourse (51) sur les deux principales places boursières a été enregistré entre les mois de janvier et de novembre 2021. Les réserves de change se sont accrues à la faveur du dynamisme des flux d’investissement direct étranger et d’investissement de portefeuille. En 2021, la roupie indienne a connu une moindre dépréciation face au dollar des États-Unis que les monnaies de la plupart des autres pays asiatiques émergents.

L’articulation des politiques publiques est adéquate et des réformes structurelles renforceraient la reprise Malgré la reprise économique, le PIB reste encore loin des niveaux observés avant la crise. La plupart des mesures budgétaires prises en réponse à la pandémie, dont le soutien accru aux travailleurs informels, aux migrants et aux catégories défavorisées, restent en place. Les recettes fiscales ont bondi, soutenues par la reprise de l’activité et les reports de paiement d’impôts qui étaient exigibles en 2020. La privatisation de la compagnie aérienne nationale en octobre 2021 pourrait ouvrir la voie à d’autres opérations de changement de propriété permettant d’améliorer l’efficacité des entreprises publiques et d’augmenter la marge de manœuvre budgétaire. La politique monétaire a elle aussi soutenu l’activité au travers de l’abaissement des taux d’intérêt et de l’apport de liquidité, même si la croissance du crédit bancaire est restée atone. Compte tenu des tensions exercées par les prix mondiaux des matières premières et des difficultés d’approvisionnement, il sera nécessaire pour la RBI, dans la période à venir de normalisation de la politique monétaire, de maintenir une communication transparente sur ses engagements concernant l’objectif d’inflation et la flexibilité du taux de change. Une hausse des taux directeurs étant attendue en 2022, il conviendrait de faciliter la sortie des entreprises non viables (dites « zombies ») et la résolution efficace des prêts non performants. Deux nouvelles entités ont été mises en place : la Société nationale pour le recouvrement des actifs (National Asset Reconstruction Company), qui achètera des actifs compromis auprès des banques commerciales, et la Société indienne pour la résolution de la dette (India Debt Resolution Company), qui les vendra sur le marché. Malgré la pandémie, des progrès ont été réalisés en 2020-2021 dans des réformes structurelles importantes, dont la libéralisation des marchés du travail, des assurances et des ports. La priorité devrait être à présent accordée à une mise en application régulière de la nouvelle législation. D’autres mesures actuellement à l’étude concernent le projet de loi sur les mines et les minéraux, la réforme du système judiciaire et l’Ordonnance (de modification) du code des faillites et de l’insolvabilité. La nouvelle Banque nationale pour le financement des infrastructures et du développement (National Bank for Financing

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110  Infrastructure and Development) vise à remédier au manque considérable d’infrastructures matérielles, en particulier dans les zones rurales. Il sera essentiel de mettre en place une stratégie budgétaire à moyen terme crédible afin de réduire le ratio dette/PIB et de dégager la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour répondre aux besoins de développement de multiples natures. Lors de la COP26, qui s’est tenue récemment, l’Inde s’est engagée à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2070 et à produire la moitié de son énergie à partir de sources renouvelables d’ici 2030. À cet égard, le niveau d’investissements indispensables pour moderniser le réseau électrique et amplifier la part des énergies renouvelables dans les capacités installées est considérable et nécessitera un cadre institutionnel coordonné et une réglementation permettant d’attirer des capitaux.

La croissance restera vigoureuse, même si elle ralentira en 2023 Les perspectives d’un rebond économique en Inde s’affermissent : la croissance du PIB devrait atteindre 9.4 % au cours de l’exercice budgétaire 2021-22 et 8.1 % en 2022-23, avant de refluer à 5 ½ pour cent en 2023-24. L’activité bénéficie de l’accélération de la campagne de vaccination, qui soutient la confiance des consommateurs, et de l’atténuation de l’inflation, qui protège le pouvoir d’achat. À moyen terme cependant, les incertitudes au sujet de l’emploi et des perspectives de revenu freineront le redressement de la consommation des ménages. Par ailleurs, la croissance sera inégale : les zones rurales peinent à absorber les flux considérables de travailleurs revenant dans leurs villages, tandis que sur le front de l’offre, le dynamisme du secteur manufacturier, porté par le dispositif d’incitation à la production (Production-Linked Incentive scheme), tranche sur le lent retour à la normale des services nécessitant de nombreux contacts. Le solde des paiements courants redeviendra négatif, après un excédent exceptionnel en 2020. Les perspectives économiques devraient se dégrader sur l’exercice budgétaire 2023-24 du fait des conséquences négatives persistantes de la crise du COVID-19 sur des moteurs de croissance essentiels comme l’investissement des entreprises dans le matériel neuf. L’inflation devrait rester inférieure à la limite supérieure fixée dans le cadre de l’approche flexible de ciblage de l’inflation, après avoir dépassé ce niveau sur l’exercice budgétaire 2021 en raison de la hausse des cours des matières premières et des perturbations de l’offre, qui se sont notamment traduites par des pénuries de charbon et de puces électroniques. Ces perturbations constituent le principal risque pour les projections : leur installation dans la durée pourrait peser sur la croissance et entraîner un désancrage des anticipations d’inflation. Une accélération de la hausse des prix à la consommation affecterait la croissance des revenus réels, au détriment notamment des ménages pauvres. Une augmentation des prix des importations de pétrole pourrait aussi entraîner une dégradation du solde budgétaire comme de celui des paiements courants.

Lutter contre la pauvreté et investir dans l’avenir devraient rester les priorités de l’action publique L’Inde a accompli de remarquables progrès au cours des deux dernières décennies en termes d’accélération de la croissance économique et de lutte contre la pauvreté. L’amélioration de la mise en œuvre et du fléchage des politiques sociales constituera à présent le défi fondamental à relever pour effacer les cicatrices de la pandémie. Les taux de pauvreté ont baissé par rapport au sommet atteint durant le confinement de 2020, mais ils restent bien supérieurs à leurs niveaux de 2019, le marché du travail ne s’étant pas encore pleinement rétabli. Les migrants de l’intérieur et les travailleurs urbains peu qualifiés en particulier, qui ont subi de plein fouet les chocs sur l’emploi des deux vagues de la pandémie, doivent encore retrouver le niveau de revenu qu’ils connaissaient avant le COVID-19. En outre, bien que l’Inde continue de bénéficier du dividende démographique, sa jeunesse fait face à des perspectives difficiles. La plupart des écoles sont restées fermées depuis mars 2020, ce qui a creusé le fossé éducatif entre les différentes composantes de la société, et le déblocage de ressources supplémentaires pourrait être nécessaire pour éviter des répercussions durables en termes de niveau d’instruction et de bien-être. Par PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


 111 ailleurs, les inégalités augmentent et, dans de nombreux secteurs, le pouvoir de marché est de plus en plus concentré. La crise n’a pas dissuadé les autorités de lancer des réformes structurelles susceptibles de stimuler la croissance potentielle, de créer des emplois de meilleure qualité et de favoriser la réalisation des objectifs de développement durable. Cette dynamique doit être étendue à d’autres domaines de l’action publique, comme les énergies durables et la concurrence, et poursuivie dans un esprit de dialogue ouvert avec l’ensemble des parties prenantes, y compris les organisations indépendantes représentant la société civile.

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