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Perspectives économiques de l'OCDE : France - décembre 2021

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France Le PIB devrait rebondir de 6.8 % en 2021, avant que la croissance modère son rythme à 4.2 % en 2022 et 2.1 % en 2023. La reprise sera portée par la demande intérieure. L’amélioration de la situation sur le marché du travail stimulera la consommation privée, tandis que les plans de relance et d’investissement soutiendront l’investissement. Les exportations rattraperont progressivement leur retard à la faveur de perspectives positives dans les secteurs de l’aéronautique et du tourisme. L'inflation globale a atteint un niveau élevé, mais le gel temporaire des prix réglementés de l’énergie atténuera l'impact à court terme de la hausse des prix de gros dans ce secteur, tandis que la persistance de ressources inutilisées sur le marché du travail devrait provisoirement limiter les tensions à la hausse sur les salaires. Le soutien budgétaire est désormais plus ciblé et devrait encore être revu à la baisse à mesure que la reprise s'accélère. Une mise en œuvre rapide et efficace des plans de relance et d’investissement, ambitieux, soutiendrait une reprise plus durable, au travers notamment d’investissements verts. Pour assurer une reprise inclusive et la croissance à long terme, il sera essentiel de renforcer les programmes de montée en compétences et de reconversion de la main-d'œuvre et de promouvoir la diffusion des compétences numériques dans les petites entreprises. Une réforme du cadre budgétaire devrait garantir la viabilité budgétaire et une plus grande efficacité de la dépense publique, grâce à des examens de dépenses et à une meilleure affectation de celles-ci. L’activité a fortement rebondi L'accélération de la campagne de vaccination et la baisse des cas de COVID-19 ont conduit les autorités à alléger les restrictions sanitaires durant l’été, ce qui a permis un vif rebond de l’activité. Le niveau de la demande intérieure a augmenté de 3.8 % aux deuxième et troisième trimestres de 2021, et les indicateurs de confiance du mois de novembre témoignent d’une reprise soutenue, à un rythme toutefois plus lent. En

France 1 La demande intérieure tire la reprise

Certains secteurs restent lourdement touchés par la crise Indices de production

Indice T4 2019 = 100 115 110

Indice T4 2019 = 100 140

PIB réel

Construction et fabrication de matériels de transport

Demande intérieure totale réelle

Hôtellerie-restauration et arts, spectacles et activités récréatives

Dépenses réelles des administrations publiques¹

Transports aériens

120

105

100

100

80

95

60

90

40

85

20

80

2020

2021

2022

2023

0

0 oct. 19

avr. 20

oct. 20

avr. 21

0

1. Dépenses corrigées du déflateur du PIB. Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110 ; et Insee (2021), Indice de la production industrielle (IPI) et Indice de la production dans les services (IPS). StatLink 2 https://stat.link/vzckuq

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


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France : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de EUR

France PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2014)

2 364.6 1 272.9 550.0 541.7

1.8 1.9 1.0 4.1

-8.0 -7.2 -3.2 -8.9

6.8 4.8 6.4 12.0

4.2 6.8 1.9 3.7

2.1 2.3 0.3 1.6

2 364.6 23.1 2 387.7 751.1 774.2 - 23.1

2.2 0.0 2.1 1.5 2.4 -0.3

-6.7 -0.2 -6.8 -16.1 -12.2 -1.1

6.8 -0.2 6.6 8.2 7.3 0.1

4.9 -0.3 4.5 7.5 8.4 -0.4

1.6 0.0 1.6 5.9 4.2 0.4

_ _

1.3 1.3

2.5 0.5

0.8 2.1

1.0 2.3

1.5 1.4

_ _

0.6 8.5

0.6 8.1

1.3 7.8

1.6 7.6

1.4 7.5

Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage³ (% de la population active) Taux d'épargne brute des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht⁴ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

_ _ _

14.7 21.0 19.0 14.7 13.9 -3.1 -9.1 -8.0 -4.9 -3.8 123.5 146.5 146.4 146.4 146.9 97.4 115.1 115.1 115.1 115.6

_ _

-0.3

-1.9

-1.0

-2.0

-1.6

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Taux de chômage national, incluant les départements d'outre-mer. 4. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/dk3saf

France 2 La situation s'améliore rapidement sur le marché du travail Indice T4 2019 = 100 105

Les prix de l'énergie font grimper l'inflation Glissement annuel en % 3.5 3.0

← Inflation sous-jacente²

18

Prix de l'énergie →

15

2.0

12

1.5

9

1.0

6

Nombre d'heures travaillées par salarié

0.5

3

Emploi

0.0

0

-0.5

-3

-1.0

-6

-1.5

-9

95

90

Taux de salaire brut réel¹

85

80

← Inflation globale

2.5

100

2020

Glissement annuel en % 21

2021

2022

2023

0

-2.0

2019

2020

2021

2022

2023

-12

1. Taux corrigé du déflateur du PIB. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), hors énergie, alimentation, alcool et tabac. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n°110 ; et Eurostat (2021), base de données des indices des prix à la consommation harmonisés (IPCH). StatLink 2 https://stat.link/34crkb

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


 105 dépit de lourdes baisses d'activité dans certains secteurs (l'automobile, le tourisme et les services de transport), les nouvelles embauches se sont rapidement redressées. En conséquence, l’emploi et la population active dépassent aujourd’hui les niveaux observés avant la crise. Le nombre de salariés bénéficiant du dispositif de maintien dans l’emploi a encore diminué en septembre pour s’établir à moins de 3 % des effectifs du secteur privé, et les emplois non pourvus n'ont jamais été aussi nombreux. L'inflation a accéléré à 3.2 % en octobre en glissement annuel, tirée principalement par les prix de l’énergie, ainsi que par la hausse des prix des produits manufacturés en raison des perturbations dans certaines chaînes de valeur mondiales. Les salaires réels dans le secteur privé sont restés globalement constants jusqu’à présent. En dépit de taux d'emplois non pourvus en hausse et d'un taux d'emploi d'un niveau élevé inédit, le chômage était encore supérieur à 8 % au troisième trimestre de 2021, et 18 % des actifs se heurtaient toujours à des limites en termes d'emploi ou d'heures de travail.

Les aides publiques sont de plus en plus ciblées Les autorités réduisent progressivement les mesures budgétaires d’urgence, et deux grands plans de relance et d’investissement apportent un large soutien à l’économie. La mise en œuvre du plan de relance à moyen terme de 100 milliards EUR (France Relance) et du plan d’investissement France 2030 (30 milliards EUR à déployer jusqu'en 2027) devrait donner lieu à des dépenses budgétaires discrétionnaires représentant 1.5 % du PIB en 2021 et autour de 1.3 % du PIB par an sur la période 202223. La réduction des mesures d’urgence, passant de 2.6 % du PIB en 2021 à environ 0.3 % en 2022, et le renforcement du financement de la formation, encourageront le redéploiement des ressources. L’augmentation de l’investissement public dans les infrastructures et la transformation numérique, de même que les financements supplémentaires affectés à la formation, devraient aussi favoriser les gains de productivité et permettre d’atteindre une croissance plus durable. La baisse de 10.5 milliards EUR de la fiscalité des entreprises et les aides à l’embauche soutiennent les entreprises et l’emploi. Les subventions en faveur des ménages pour l’acquisition de véhicules et l’investissement dans l'efficacité énergétique ciblent des solutions écologiques et auront pour effet d'accroître la consommation de biens durables et l’investissement résidentiel. Les baisses déjà programmées de la taxe d’habitation et de l’impôt sur le revenu des sociétés, ainsi que l’augmentation des budgets de la santé et de l’éducation, soutiendront les revenus des ménages et les marges des entreprises. La politique monétaire de la Banque centrale européenne continue de soutenir la demande globale. La mise en œuvre du programme « Next Generation EU » viendra étayer les mesures de relance en France (le pays devrait recevoir 40 milliards EUR de subventions européennes) et chez ses principaux partenaires commerciaux, ce qui devrait dynamiser la demande intérieure et extérieure. Les autorités françaises ont également prolongé jusqu’en 2022 les mesures d’urgence ciblées en faveur des secteurs et entreprises durement touchés pour soutenir le financement des entreprises et alléger leurs charges, notamment au moyen d’exonérations fiscales temporaires et de subventions salariales généreuses au titre des accords d’activité partielle. Face à l’envolée actuelle des prix de l'énergie, les tarifs du gaz et de l’électricité ont été plafonnés temporairement, le montant du chèque énergie destiné aux foyers les plus modestes a été augmenté et une aide exceptionnelle supplémentaire, attribuée sous conditions de ressources, a été mise en place et sera versée à 38 millions de personnes.

La demande intérieure restera le principal moteur de la croissance La croissance devrait atteindre 6.8 % en 2021, avant de ralentir progressivement à 4.2 % en 2022 puis à 2.1 % en 2023. Une stabilisation de la situation sanitaire, à la faveur du déploiement rapide de la campagne de vaccination, soutiendra la confiance. La demande intérieure constituera le principal moteur de la croissance, mais elle devrait se développer à un taux allant décroissant à mesure que s’atténuera l’effet de rattrapage de la demande. L’emploi se renforcera, et entraînera une hausse progressive des

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106  salaires et de l’inflation sous-jacente. Le rebond rapide de la demande chez les partenaires commerciaux et la résorption des goulets d’étranglement dans le secteur du matériel de transport stimuleront les exportations. L’investissement des entreprises, qui a bien résisté, s’intensifiera encore, l’amélioration des perspectives économiques, les conditions de financement accommodantes et l'appui des plans de relance et d'investissement compensant la diminution de leurs marges bénéficiaires et le niveau élevé de leur dette brute. Le déficit budgétaire et la dette publique devraient rester à des niveaux élevés en proportion du PIB, la dette publique (au sens de Maastricht) restant proche de 116 % du PIB en 2023. La persistance de perturbations dans les chaînes d'approvisionnement et des pénuries de main-d'œuvre pourrait se traduire par une inflation plus tenace et supérieure aux attentes, et susciter une plus grande incertitude concernant la croissance mondiale, affaiblissant ainsi la demande intérieure. L'activité dans certains secteurs comme le matériel de transport, les voyages et les services touristiques, devrait également conserver pendant longtemps des séquelles de la crise. La demande pour ces biens et services a non seulement diminué, mais son redressement futur restera aussi fortement tributaire de l’évolution de la situation sanitaire et des mesures prises en conséquence. De surcroît, les entreprises ont accumulé un endettement considérable, notamment par le biais des prêts couverts par la garantie de l’État. Par conséquent, certaines d’entre elles pourraient être confrontées à des problèmes de trésorerie et de solvabilité susceptibles de dégrader les perspectives économiques. Le redémarrage de l’activité en France pourrait également être retardé par une reprise plus lente chez ses principaux partenaires commerciaux de la zone euro. À l’inverse, un rattrapage plus vigoureux de la demande intérieure non satisfaite, une utilisation plus massive des montants importants d'épargne accumulés, un recours rapide aux fonds du plan de relance européen et un redémarrage plus rapide que prévu du tourisme international tireraient la croissance vers le haut.

Les plans de relance et les réformes structurelles soutiendront la croissance à long terme Le plan de relance national et le plan d’investissement à l’horizon 2030 devraient assurer un soutien budgétaire bien équilibré. Les autorités réduisent les mesures de soutien budgétaire inconditionnelles, mais certains dispositifs restent en place pour aider les entreprises viables affectées par le maintien des restrictions sanitaires ou par une baisse temporaire de la demande. La souplesse d'approche, consistant à adapter les politiques à l'évolution de la pandémie, devrait être conservée. Un autre défi de taille sera d’assurer un redéploiement efficace de la main-d'œuvre au lendemain de la crise, dans un contexte de pénuries de main-d'œuvre qui apparaissent et de dette brute des entreprises qui s’accroît. La sélectivité accrue du dispositif d’activité partielle est à saluer au vu de la vigueur de la reprise sur le marché du travail. Pour soutenir la reprise et aider à des carrières plus longues, il faudra assurer un large accès des personnes peu qualifiées et des chômeurs de longue durée à la formation continue, et veiller à une application efficace de normes de qualité dans ces programmes de formation. Le renforcement de l’innovation et des initiatives de formation à la gestion destinées aux petites entreprises permettrait de renforcer l’activité économique en facilitant l’adoption des nouvelles technologies et en levant les obstacles au développement des petites entreprises. Avec une reprise qui s’installe un peu plus, il conviendrait de déployer activement une stratégie budgétaire à moyen terme, visant à réduire progressivement les dépenses publiques et à en accroître l'efficacité, afin d'augmenter la croissance et d'améliorer la viabilité à moyen terme des finances publiques. Cette stratégie s'appuierait sur un cadre budgétaire renforcé, améliorant l’efficience et la transparence dans l'affectation des ressources publiques au moyen d’examens des dépenses.

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