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France La croissance du PIB devrait refluer, et passer de 0.9 % en 2023 à 0.8 % en 2024, avant de remonter à 1.2 % en 2025. Après un ralentissement en 2024, les exportations se redresseront en 2025 à la faveur d’une amélioration modeste de la demande extérieure. La situation restera tendue sur le marché du travail, entretenant les pressions à la hausse sur les salaires et ouvrant la voie à une légère progression du pouvoir d’achat et à une amélioration progressive de la consommation privée, d’autant que l’inflation fléchira pour revenir de 5.7 % en 2023 à 2.7 % en 2024 et 2.2 % en 2025. Cependant, la dégradation des conditions de financement due au resserrement de la politique monétaire continuera de peser sur l’investissement et la consommation. Les mesures de soutien budgétaire adoptées pour protéger les ménages et les entreprises de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires devraient être progressivement supprimées, ce qui permettrait d’accélérer le nécessaire assainissement budgétaire. Malgré les réductions de dépenses annoncées, le déficit budgétaire devrait rester important, à 4.6 % du PIB en 2025. Il faudrait intensifier les efforts visant à promouvoir des solutions alternatives aux combustibles fossiles ainsi qu’à encourager la rénovation des logements et les économies d’énergie. Renforcer l’accès à un enseignement de qualité sera indispensable pour garantir une plus grande équité et continuer à réduire les déséquilibres entre les genres. France 1
Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 114. StatLink 2 https://stat.link/gm4qp7
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France : Demande, production et prix 2020 Prix courants milliards de EUR
France PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage³ (% de la population active) Taux d'épargne brute des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht⁴ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
2021
2022
2023
2024
2025
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2014)
2 316.9 1 232.7 575.7 539.0 2 347.4 18.2 2 365.6 633.3 682.1 - 48.7
6.4 5.1 6.5 10.2 6.6 -0.6 6.0 10.7 9.1 0.2
2.5 2.3 2.6 2.3 2.4 0.7 3.1 7.4 8.8 -0.6
0.9 0.8 0.6 2.0 1.1 -0.5 0.6 1.1 0.3 0.3
0.8 1.4 1.0 0.3 1.0 0.0 1.0 0.9 1.5 -0.2
1.2 1.7 0.6 0.5 1.2 0.0 1.2 1.9 1.7 0.0
_ _ _ _
1.4 2.1 1.3 7.9
2.9 5.9 3.4 7.3
5.3 5.7 4.1 7.2
2.5 2.7 2.5 7.4
2.0 2.2 2.2 7.5
_ _ _ _ _
18.6 17.2 17.3 17.4 16.9 -6.5 -4.8 -4.9 -4.9 -4.6 138.7 117.9 118.2 120.9 123.2 113.0 111.8 112.1 114.8 117.1 0.4
-2.0
-0.7
-0.9
-1.0
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors produits alimentaires, énergie, alcool et tabac. 3. Taux de chômage national, incluant les départements d'outre-mer. 4. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 114.
StatLink 2 https://stat.link/ifkgp4
L’activité économique ralentit au second semestre de 2023 La croissance du PIB a reflué à 0.1 % au troisième trimestre de 2023 et les indicateurs tirés des enquêtes de conjoncture signalent une croissance toujours faible au dernier trimestre de l’année. L’indice composite des directeurs d’achat est resté bien inférieur au seuil d’expansion en octobre et l’indicateur du climat des affaires de l’Insee est tombé en dessous de sa moyenne sur longue période. L’emploi a continué de progresser au premier semestre de 2023 et le taux de chômage est resté globalement stable, s’établissant à 7.3 % en septembre 2023 contre 7.2 % en décembre 2022. L’inflation, à 4.5 % en octobre 2023 (indice harmonisé), reste forte. L’inflation sous-jacente est redescendue de 4.7 %, son pic d’avril, à 3.5 %, mais les prix de l’énergie sont repartis à la hausse depuis peu et, en rythme annuel, la progression des prix des produits alimentaires (8.0 %) demeure élevée. Sur fond de tensions sur le marché du travail et de persistance de l’inflation, le salaire nominal moyen par salarié continue d’augmenter fortement, de 5.7 % en glissement annuel. La croissance de la demande extérieure a ralenti en 2022 et 2023, dans un contexte d’inflation élevée et de durcissement des conditions financières dans les pays partenaires. À mesure que les tensions inflationnistes s’atténueront chez les principaux partenaires commerciaux, la demande extérieure devrait accélérer progressivement en 2024 et 2025. En 2022, le déficit commercial s’est creusé, atteignant 3.9 % du PIB, dans un contexte de hausse des prix des matières premières. Avec la baisse des prix de l’énergie et des produits de base alimentaires, il est revenu cette année à 2.5 % du PIB au troisième trimestre.
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France 2
1. Définition de Maastricht. Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 114. StatLink 2 https://stat.link/xnrl93
Les conditions financières sont moins accommodantes et le soutien budgétaire se réduit La hausse des taux d’intérêt a entraîné un ralentissement du crédit et de l’investissement privé. La progression des prêts au logement a fléchi, revenant de 6.3 % en glissement annuel en septembre 2022 à 1.8 % en septembre 2023, et les prêts à la consommation et concours aux entreprises ont eux aussi nettement ralenti. Dans le même temps, la mise en œuvre du plan de relance « Next Generation EU »soutient l’investissement public, avec 40.3 milliards de subventions prévues entre 2021 et 2026, soit l’équivalent de 1.6 % du PIB. Les mesures de soutien budgétaire devraient être peu à peu réduites et le déficit budgétaire devrait retomber de 4.9 % en 2023 à 4.6 % en 2025. En septembre, le gouvernement a présenté au parlement son projet de loi de finances pour 2024, qui est largement conforme au Programme de stabilité 2023-2027 publié en avril. Une partie des mesures de soutien destinées à protéger les ménages de la forte inflation resteront en place l’année prochaine, notamment avec une prolongation du bouclier tarifaire sur l’électricité qui sera supprimé d’ici à la fin de 2024. Un mécanisme similaire pour le gaz naturel a pris fin en juin 2023. Les ménages à faible revenu percevront au début de 2024 une somme forfaitaire de 100 EUR par véhicule à titre de compensation de la hausse des prix des carburants, et cette mesure aura un coût budgétaire de 500 millions EUR. Globalement, avec le retrait progressif des mesures de soutien, le durcissement de l’orientation budgétaire devrait être de l’ordre de 0.5 % du PIB en 2023 et 2024 et 0.4 % en 2025. La réforme récente des retraites, entrée en vigueur en septembre, prévoit un relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite, qui devrait permettre d’accroître la population active et de favoriser l’emploi.
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Le raffermissement de la demande extérieure permettra une reprise modérée en 2025 La croissance du PIB devrait refluer légèrement en 2024, puis se redresser en 2025. En 2024, l’atonie de l’environnement international limitera les exportations tandis que la hausse des coûts de financement pèsera sur l’investissement et la consommation privés. En 2025, le fléchissement de l’inflation et une amélioration modeste de la demande extérieure permettront à la croissance du PIB de repartir à la hausse. L’investissement ne se redressera que lentement en raison de la persistance des tensions au niveau des conditions financières, tandis que le soutien à l’investissement induit par les fonds provenant de « Next Generation EU » devrait rester constant jusqu’à la fin de 2025. En dépit d’une légère remontée du taux de chômage, le marché du travail restera relativement tendu, ce qui continuera d’alimenter la croissance des salaires. Cette évolution générera des pressions à la hausse sur les prix, même si l’inflation s’atténue, et soutiendra également les revenus disponibles réels. L’indexation de certaines prestations de sécurité sociale sur l’inflation passée renforcera encore le pouvoir d’achat des ménages. En conséquence, la croissance de la consommation privée devrait progressivement s’affermir. Le ralentissement en cours sur le marché du logement pourrait devenir plus prononcé que prévu, provoquant potentiellement un recul plus marqué de l’investissement dans le logement. À ce jour, les prix n’ont baissé que de 0.8 % par rapport à leur pic de la fin 2022. Une chute plus prononcée des prix des logements réduirait encore le patrimoine des ménages. La rétention de main-d’œuvre, forte depuis le début de la pandémie, devrait s’atténuer, mais cette évolution pourrait être plus rapide que prévu. Les pertes d’emplois pèseraient alors sur les revenus et la consommation. À l’inverse, des ponctions plus larges que prévu dans l’épargne accumulée pendant la pandémie pourraient stimuler plus fortement la consommation privée, même si cela accentuerait aussi les tensions inflationnistes.
Une politique efficace d’assainissement budgétaire devra s’accompagner de mesures propres à stimuler la croissance La France devrait adopter un plan budgétaire à moyen terme pour accélérer le rythme de l’assainissement des finances publiques. Un examen des dépenses réalisé en 2023 a mis en évidence plusieurs domaines dans lesquels l’efficacité des dépenses devrait être renforcée en priorité, ce qui permettrait de générer environ 10 milliards EUR (0.4 % du PIB) d’économies par an d’ici 2027. Cette initiative est bienvenue, mais des efforts supplémentaires seront nécessaires pour réduire encore plus nettement la dette publique. La dette, qui représentait 111.8 % du PIB à la fin de 2022, devrait continuer d’augmenter. Les dépenses de retraite, de santé et de soins de longue durée liées au vieillissement devraient faire gonfler les dépenses publiques d’environ 4 % du PIB d’ici 2040. La réforme des retraites, entrée en vigueur en septembre, contribuera à réduire les dépenses futures, mais ne devrait pas équilibrer les comptes du système de retraites. Des mesures efficaces destinées à stimuler la croissance potentielle pourraient accélérer l’assainissement budgétaire. Une mise en œuvre rapide et complète du Plan national de relance et de résilience serait utile à cet égard, notamment parce que ce plan prévoit de nombreuses réformes qui aideraient à verdir l’économie, à faciliter la transformation numérique, à réduire les lourdeurs administratives, à améliorer la coordination des services publics de l’emploi et à refondre la stratégie en matière de santé au niveau national comme au niveau local. La croissance potentielle pourrait bénéficier de la mise en œuvre de mesures visant à rendre le système éducatif plus efficace et plus inclusif dès le plus jeune âge, par exemple en réduisant les effectifs par classe dans les quartiers défavorisés ou en favorisant l’adoption de méthodes innovantes de formation des enseignants pour répondre aux besoins différenciés des élèves.
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