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États-Unis La croissance du PIB réel devrait selon les projections s’établir à 1.8 % en 2022, 0.5 % en 2023 et 1.0 % en 2024. Le niveau élevé de l’inflation et le durcissement des conditions financières freineront encore davantage les projets de dépenses dans l’ensemble de l’économie. Sous l’effet du ralentissement marqué de la production intérieure, la demande de main-d’œuvre et la hausse des salaires faibliront. Les tensions sur les prix diminueront à mesure que les prix de l’énergie se stabiliseront et que la demande décélèrera, mais l’inflation sous-jacente ne devrait pas se rapprocher de la cible visée par la Réserve fédérale avant la fin 2024. La poursuite du resserrement de la politique monétaire constituera un obstacle à la croissance à court terme. Les dépenses publiques sont revenues à des niveaux plus habituels avec la fin des aides liées à la pandémie, même si certains États ont mis en place de nouvelles mesures face à la hausse des prix de l’énergie. Continuer de réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles demeure une priorité compte tenu des pénuries d’énergie à l’échelle mondiale, et dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Cependant, les politiques de lutte contre le changement climatique produiront des effets différents selon les régions, les secteurs et les ménages, ce qui devrait être explicitement reflété dans la stratégie nationale pour le climat. États-Unis 1
1. L’indice PCE (Personal Consumption Expenditures) est le déflateur de la consommation des ménages. 2. Le taux d’emplois vacants renvoie au nombre d’emplois vacants le dernier jour ouvrable du mois en pourcentage de la somme de l’emploi total et des emplois vacants. Source : États-Unis, Bureau d’analyse économique (U.S. Bureau of Economic Analysis) et Bureau de statistiques sur l’emploi (U.S. Bureau of Labor Statistics). StatLink 2 https://stat.link/tjbi5w
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États-Unis : Demande, production et prix 2019
États-Unis PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation Déflateur sous-jacent de la consommation privée² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
2020
Prix courants milliards de USD
2021
2022
2023
2024
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2012)
21 381.0 14 392.7 3 008.8 4 485.5 21 887.0 72.8 21 959.8 2 538.5 3 117.2 - 578.8
-2.8 -3.0 2.2 -1.2 -1.9 -0.6 -2.4 -13.2 -9.0 -0.3
5.9 8.3 1.3 5.7 6.7 0.2 7.0 6.1 14.1 -1.2
1.8 2.6 -0.4 -0.5 1.5 0.7 2.2 7.4 8.7 -0.5
0.5 0.6 0.6 0.0 0.5 -0.2 0.3 4.2 1.1 0.3
1.0 1.0 0.5 1.7 1.1 0.0 1.1 3.3 2.7 0.0
_ _ _ _
1.3 1.1 1.3 8.1
4.5 4.0 3.5 5.4
6.9 6.2 5.0 3.7
3.5 3.5 3.6 4.2
2.5 2.6 2.6 4.7
_
17.5
12.4
4.1
4.2
4.4
_ _ _
-14.9 -12.1 -4.1 -3.7 -3.7 133.3 126.2 121.9 121.9 122.3 -2.9 -3.6 -3.8 -3.5 -3.6
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix liés aux dépenses de consommation des ménages hors alimentation et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112.
StatLink 2 https://stat.link/dztsew
États-Unis 2
1. Un niveau plus élevé indique une appréciation du dollar des États-Unis. Source : Système de Réserve fédérale des États-Unis. StatLink 2 https://stat.link/hs8d1t
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L’activité économique ralentit mais les tensions inflationnistes persistent La croissance économique marque le pas. Les dépenses de consommation des ménages ont continué d’augmenter, mais à un rythme plus faible depuis le début de 2022. L’investissement a fléchi, notamment sur le marché du logement. Dans ce contexte, la croissance de la demande de main-d’œuvre s’est atténuée, même si certains secteurs restent confrontés à des pénuries de personnel. Les salaires nominaux ont progressé, entraînant une hausse plus soutenue des coûts unitaires de main-d’œuvre. Les tensions inflationnistes se sont ainsi généralisées. La hausse des prix des biens reste vive, mais l’inflation s’est aussi progressivement accélérée dans les services. Les salaires réels ont baissé. L’impact économique direct de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a été plus limité que dans beaucoup d’autres pays de l’OCDE. Les États-Unis sont exportateurs nets d’énergie et de certaines autres matières premières dont les échanges ont été perturbés par la guerre. Les exportations américaines de gaz naturel et de blé ont augmenté en réaction aux pénuries de ces produits sur les marchés mondiaux. Néanmoins, et principalement du fait de la guerre, les prix locaux des denrées alimentaires et de l’essence restent élevés par rapport à leurs niveaux d’avant la pandémie.
Les politiques macroéconomiques deviennent plus restrictives Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale procède actuellement à un resserrement monétaire rapide en réaction à la flambée de l’inflation. Le taux des fonds fédéraux a été relevé de 3¾ points de pourcentage depuis mars 2022, et la banque centrale est en train de réduire ses avoirs en titres du Trésor et en titres de dette et titres adossés à des créances hypothécaires émis par des organismes fédéraux. Les taux d’intérêt de marché ont fortement augmenté, toutes échéances confondues, tant en raison des décisions concrètes prises par les autorités que des anticipations d’une poursuite du resserrement de la politique monétaire à l’avenir. Le durcissement rapide de la politique monétaire a contribué à une nette appréciation du taux de change, ce qui constitue un frein à l’exportation. L’impact désinflationniste de cette appréciation est plus limité, l’essentiel des importations américaines étant facturées en dollars des États-Unis. Une grande partie des aides publiques mises en place durant la pandémie ont à présent été levées, mais certains transferts de l’administration fédérale vers les États et les collectivités locales n’ont pas encore été totalement dépensés, et certains ménages disposent encore de l’épargne accumulée à la faveur des programmes de soutien budgétaire. Certains États ont par ailleurs suspendu les taxes locales sur l’essence en réaction à la hausse des prix. La mise en œuvre en cours de la Loi sur l’investissement dans les infrastructures et l’emploi entraînera une légère augmentation de l’investissement public au cours des prochaines années. L’impact sur la demande agrégée des différentes dispositions de la Loi sur la réduction de l’inflation sera limité jusqu’en 2024, car les dépenses consacrées à un certain nombre d’initiatives concernant le climat et l’énergie et à la prolongation des subventions de santé devraient, selon les estimations, être largement compensées par l’instauration d’un impôt minimum sur les bénéfices des sociétés. Globalement, la politique budgétaire est supposée se durcir en 2023 et 2024, en raison de l’expiration des dernières mesures de soutien budgétaire liées à la pandémie et à l’énergie.
La croissance économique va encore ralentir La croissance du PIB réel devrait, selon les projections, s’établir à 1.8 % en 2022, 0.5 % en 2023 et 1.0 % en 2024. L’accélération de l’inflation a entamé le pouvoir d’achat des ménages et les projections reposent sur l’hypothèse que le taux des fonds fédéraux continuera d’augmenter pour culminer à 5-5¼ % début 2023. L’investissement privé, notamment dans le logement, devrait décélérer encore face à la baisse de la demande et à la hausse des taux d’intérêt. Du fait du ralentissement de la production PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022
105 intérieure, les tensions sur le marché du travail commenceront à se dissiper : le nombre de postes vacants devrait continuer de diminuer et le taux de chômage devrait passer à 4.7 % en 2024. Dans ce contexte, la hausse des salaires sera moins soutenue. La poursuite de la réorientation de la demande intérieure vers le secteur des services devrait contribuer à atténuer les pénuries du côté de l’offre. Les tensions sur les prix devraient régresser, mais l’inflation sous-jacente ne devrait pas se rapprocher du niveau cible de 2 % visé par la Réserve fédérale avant la fin 2024. Les risques de divergence par rapport aux projections de croissance sont orientés à la baisse. Les tensions inflationnistes pourraient s’avérer plus durables que prévu, entraînant un resserrement plus énergique de la politique monétaire. L’impact serait particulièrement sensible sur les entreprises très endettées. De nouvelles perturbations des marchés mondiaux liées à la guerre menée par la Russie en Ukraine pourraient aussi avoir d’importants effets négatifs. À l’inverse, la récente détente sur le front des chaînes d’approvisionnement et des cours des matières premières pourrait contribuer à une atténuation plus rapide que prévu des tensions inflationnistes.
La transition climatique demeure une priorité absolue Les réformes visant à réduire encore la dépendance à l’égard des combustibles fossiles seront essentielles compte tenu des pénuries mondiales d’énergie et de l’engagement de l’administration actuelle à atteindre la neutralité en gaz à effet de serre d’ici à 2050. Les mesures annoncées il y a peu dans le cadre de la Loi sur la réduction de l’inflation constituent un pas important sur cette voie. Toutefois, une poursuite des efforts en matière d’évolutions réglementaires, d’investissements verts, de réformes structurelles et de tarification du carbone seront nécessaires au cours des années à venir. Les politiques climatiques auront un impact différent selon les régions, les secteurs d’activités et les ménages. La stratégie climatique nationale devrait prendre explicitement en compte les conséquences distributives des différentes politiques en la matière. Les régions les plus dépendantes de la production de combustibles fossiles en termes d’emploi et d’activité auront besoin d’un ensemble de mesures associant des politiques localement ciblées et une baisse des obstacles à la mobilité géographique et professionnelle des personnes touchées par les pertes d’emploi. Les travailleurs licenciés bénéficieraient aussi d’une poursuite de la modernisation des systèmes d’assurance-chômage relevant des États. De fait, un grand nombre d’États accusent encore d’importants retards dans le traitement des demandes d’allocations chômage et utilisent des logiciels obsolètes limitant l’élaboration de mesures de soutien. Dans le cadre du processus de modernisation, ces systèmes devraient être correctement intégrés aux programmes d’aide à la recherche d’emploi et de formation.
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