Danemark
La croissance du PIB devrait ralentir pour sâĂ©tablir Ă 0.1 % en 2023, avant de rebondir Ă 1.1 % en 2024. Le niveau Ă©levĂ© de lâinflation et la baisse des prix des logements Ă©roderont le pouvoir dâachat des mĂ©nages.
En outre, la faiblesse de lâactivitĂ© chez les principaux partenaires commerciaux du pays et la hausse des coĂ»ts pĂšseront sur lâinvestissement et les exportations des entreprises. Lâinflation devrait refluer, passant d'une moyenne annuelle dâenviron 8 % en 2022 Ă moins de 3 % en 2024. Parmi les risques majeurs entourant ces perspectives figurent une aggravation des perturbations des approvisionnements et la persistance des pĂ©nuries de main-dâĆuvre, lesquelles alimenteraient la montĂ©e des prix et pĂ©naliseraient lâactivitĂ©.
Par rapport Ă d'autres pays europĂ©ens, les mesures de soutien en rĂ©ponse Ă la hausse des prix de lâĂ©nergie ont Ă©tĂ© limitĂ©es jusquâĂ prĂ©sent. Elles devraient rester ciblĂ©es sur les mĂ©nages vulnĂ©rables Ă©tant donnĂ© que lâĂ©conomie est proche du plein emploi et que des mesures de relance supplĂ©mentaires pourraient accentuer les tensions inflationnistes. La politique budgĂ©taire devrait ĂȘtre lĂ©gĂšrement restrictive en 2023 et 2024, mais un resserrement devra ĂȘtre envisagĂ© si de plus fortes tensions sur les prix apparaissent. Des signaux de prix clairs et des aides Ă la promotion des investissements en faveur de lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique devraient permettre dâaccĂ©lĂ©rer la transition Ă©cologique et de rĂ©duire un peu plus la dĂ©pendance du pays aux combustibles fossiles.
1. Moyenne mobile sur 12 mois
Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112.
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PERSPECTIVES ĂCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMĂRO 2 © OCDE 2022
Danemark : Demande, production et prix
PIB aux prix du marché
2019
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2010)
2 311.0 -2.0 4.9 3.1 0.1 1.1
Consommation privée 1 084.9 -1.3 4.1 -1.4 0.0 1.2
Consommation publique 557.6 -1.4 4.2 0.7 -0.7 0.7
Formation brute de capital fixe 490.9 5.1 6.2 4.9 -2.1 0.6
Demande intérieure finale 2 133.4 0.1 4.6 0.7 -0.7 0.9
Variation des stocksÂč 14.2 -0.2 0.0 1.7 0.4 0.0
Demande intérieure totale 2 147.6 -0.2 4.5 2.6 -0.3 0.9
Exportations de biens et services 1 355.3 -6.3 8.0 5.5 2.3 2.9
Importations de biens et services 1 191.9 -3.5 8.0 3.7 1.3 2.8
Exportations nettesÂč 163.4 -1.9 0.5 1.4 0.8 0.3
Pour mémoire
DĂ©flateur du PIB _ 2.6 2.8 8.4 3.9 2.2 Indice des prix Ă la consommation _ 0.4 1.9 7.8 5.5 2.8 IPC sous-jacentÂČ _ 1.0 1.2 4.2 5.5 3.1 Taux de chĂŽmage (% de la population active) _ 5.8 5.2 4.5 5.7 5.6 _ 6.1 5.5 5.3 5.1 5.7
Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible)
Solde financier des administrations publiques (% du PIB) _ 0.2 3.6 2.3 1.5 1.5
Dette brute des administrations publiques (% du PIB) _ 58.9 50.6 49.6 48.6 47.6 42.2 36.6 35.7 34.6 33.6
Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB)
Balance des opérations courantes (% du PIB)
_ 7.9 9.0 11.4 10.5 10.0
1 Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la premiĂšre colonne
2 Indice des prix à la consommation hors produits alimentaires et énergie
3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépÎts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché
Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112
LâĂ©conomie a ralenti
StatLink2 https://stat.link/od42mw
Au deuxiĂšme semestre de 2022, lâĂ©conomie montre des signes de ralentissement, en raison de la hausse des coĂ»ts, du repli des Ă©changes commerciaux internationaux et dâune forte incertitude. La production industrielle a fait preuve de dynamisme, le Danemark se dĂ©marquant en cela de ses pays voisins, mais lâutilisation des capacitĂ©s a diminuĂ©. Les prĂ©visions des entreprises se sont nettement dĂ©gradĂ©es, en particulier dans les secteurs de la construction et du commerce de dĂ©tail. Bien qu'il soit encore bien infĂ©rieur Ă son niveau d'avant la crise, le taux de chĂŽmage a commencĂ© Ă augmenter et le rythme de publication des offres dâemploi a dĂ©cĂ©lĂ©rĂ©. La confiance des consommateurs a chutĂ© Ă un niveau historiquement bas, Ă la suite de la rapide envolĂ©e des prix. Lâinflation des prix Ă la consommation sâest gĂ©nĂ©ralisĂ©e et a atteint 10 % en octobre, son taux le plus Ă©levĂ© depuis les annĂ©es 1980. Cela Ă©tant, tant la rĂ©percussion de lâinflation sur les salaires et que la hausse des anticipations dâinflation sont restĂ©es contenues jusquâici. AprĂšs deux annĂ©es de forte croissance du nombre de transactions et des prix, le marchĂ© du logement a flĂ©chi, sous lâeffet du durcissement des conditions de financement.
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La production de pĂ©trole et de gaz nationale et la consommation relativement faible de combustibles fossiles limitent le risque de perturbation des approvisionnements en Ă©nergie. La poursuite du dĂ©veloppement de la production nationale dâĂ©nergie, notamment grĂące Ă la rĂ©ouverture du champ gazier de Tyra en 2024, permettra de rĂ©duire un peu plus les importations en Ă©nergie. Cependant, les prix de lâĂ©nergie ont augmentĂ© de façon spectaculaire au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, enregistrant une hausse dâenviron 130 % pour le gaz et de 85 % pour lâĂ©lectricitĂ© en octobre. Les personnes Ă©loignĂ©es du marchĂ© du travail ont Ă©tĂ© plus durement touchĂ©es que les autres par lâaugmentation des prix, notamment parce que les prestations sociales qui sont indexĂ©es sur les salaires passĂ©s sâajustent avec retard Ă l'inflation.
Les politiques budgétaire et monétaire demeureront prudentes
Un nouveau resserrement monĂ©taire contribuera Ă ralentir lâinflation. En septembre 2022, la banque centrale a mis un terme Ă plus de dix annĂ©es de taux dâintĂ©rĂȘt nĂ©gatifs. Elle devrait aligner sa politique sur les dĂ©cisions de la Banque centrale europĂ©enne (BCE) de façon Ă maintenir lâancrage de la couronne danoise vis-Ă -vis de lâeuro, et relever ainsi progressivement son taux directeur pour le porter Ă environ 3.5 % en 2023. Lâorientation budgĂ©taire devrait ĂȘtre lĂ©gĂšrement restrictive au cours des deux prochaines annĂ©es, malgrĂ© la hausse des dĂ©penses militaires. Les mesures de soutien aux consommateurs dâĂ©nergie devraient rester limitĂ©es, comparĂ©es Ă celles adoptĂ©es par dâautres pays de lâUnion europĂ©enne (UE), et ne reprĂ©senter quâenviron 0,3 % du PIB en 2022 et 2023. Ciblant essentiellement les plus vulnĂ©rables, elles prennent, entre autres, la forme de chĂšques chauffage accordĂ©s aux mĂ©nages dĂ©favorisĂ©s, de chĂšques versĂ©s aux retraitĂ©s Ă faible revenu et dâune rĂ©duction temporaire de la taxe sur lâĂ©lectricitĂ©. De plus, un dispositif volontaire de prĂȘt permet aux consommateurs de diffĂ©rer le paiement dâune partie de leurs factures dâĂ©nergie et de rembourser leur dette envers les fournisseurs dâĂ©nergie sur une pĂ©riode de quatre ans. Les mesures de soutien aux consommateurs dâĂ©nergie sont intĂ©gralement financĂ©es, notamment par une baisse de lâinvestissement public. LâexcĂ©dent des administrations publiques devrait avoisiner 1.5 % du PIB en 2023 comme en 2024, et la dette devrait rester faible.
La forte inflation freinera la croissance économique
La croissance du PIB devrait tomber Ă 0.1 % en 2023 avant de se redresser pour atteindre 1.1 % en 2024. Lâinflation Ă©rodera le revenu disponible des mĂ©nages et le taux dâĂ©pargne diminuera quelque peu en raison des pressions sur le pouvoir dâachat et des incertitudes. La hausse des taux dâintĂ©rĂȘt et des coĂ»ts du service de la dette freinera lâinvestissement privĂ©. MalgrĂ© lâattĂ©nuation des tensions sur les chaĂźnes dâapprovisionnement et la vigueur de la demande des principaux biens et services exportĂ©s (comme le transport de marchandises, les produits pharmaceutiques et les biens environnementaux), le ralentissement de la croissance des partenaires commerciaux pĂšsera sur la demande extĂ©rieure. Lâinflation devrait progressivement refluer pour atteindre 5.5 % en 2023 et 2.8 % en 2024, Ă la faveur de lâaccumulation des capacitĂ©s inutilisĂ©es et de la diminution des goulets dâĂ©tranglement au niveau de lâoffre. Les salaires nâaugmenteront que modĂ©rĂ©ment dans un contexte de montĂ©e du chĂŽmage. Parmi les principaux risques entourant les perspectives, on peut citer une aggravation de la crise Ă©nergĂ©tique qui provoquerait un accroissement des perturbations et des interruptions de production dans les pays voisins du Danemark, et un repli plus marquĂ© de lâactivitĂ© Ă©conomique. Par ailleurs, un dĂ©crochage des anticipations dâinflation et la persistance de tensions sur le marchĂ© du travail pourraient renforcer davantage que prĂ©vu les hausses de salaire et les effets de second tour sur l'inflation. De plus, un recul des prix des logements et des actions Ă des niveaux bien infĂ©rieurs Ă ceux observĂ©s avant la crise pourrait affaiblir la demande intĂ©rieure
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La priorité est de contenir les tensions inflationnistes
Tout en continuant Ă protĂ©ger les plus vulnĂ©rables, le Danemark devrait conserver une politique budgĂ©taire prudente de façon Ă contenir les tensions inflationnistes. Il devrait Ă©galement poursuivre ses objectifs environnementaux ambitieux afin de diminuer sa dĂ©pendance aux combustibles fossiles. De forts signauxprix sont essentiels pour parvenir Ă la dĂ©carbonation de lâĂ©conomie et gĂ©nĂ©rer des gains dâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique. Les mesures de soutien devraient rester ciblĂ©es sur ceux qui sont les plus durement touchĂ©s par lâinflation, et les autoritĂ©s devraient se garder de procĂ©der Ă des rĂ©ductions de prix ou Ă des baisses dâimpĂŽt de portĂ©e gĂ©nĂ©rale. Lâaccord rĂ©cent sur la rĂ©forme fiscale Ă©cologique et la crĂ©ation dâun fonds vert en juin 2022 sont autant dâavancĂ©es dans la bonne direction, mais il est possible dâaller plus loin en clarifiant encore la stratĂ©gie climatique, en dissipant lâincertitude entourant lâaction publique et en uniformisant davantage la tarification des Ă©missions.