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Canada La croissance du PIB réel devrait ralentir, passant de 3.2 % cette année à 1 % en 2023, avant de se raffermir pour atteindre 1.3 % en 2024. La hausse des coûts d’emprunt pèsera sur les dépenses de consommation, alors que la croissance des exportations sera modérée à court terme sur fond de détérioration de la situation à l’étranger. Le recul de la demande agrégée atténuera les pressions sur les capacités, tout comme la poursuite du redressement des investissements hors logements. Les marchés du travail ont été tendus jusqu’à récemment, mais le nombre d’embauches va diminuer en raison du ralentissement de la croissance de la production. La progression des salaires va se modérer étant donné un taux de chômage qui s’établira à un niveau légèrement supérieur à son niveau pré-pandémie. L’inflation convergera vers l’objectif avec l’atténuation des facteurs sous-jacents qui tirent les coûts vers le haut et la disparition des perturbations de l’offre qui subsistaient encore. D’amples relèvements des taux d’intérêt cette année aideront à contenir la demande excédentaire et à juguler les tensions inflationnistes. Le durcissement de la politique monétaire devrait se faire plus lent si le marché du travail montre des signes de détérioration. Les dispositions relatives à l’allègement du coût de la vie pèsent sur les soldes budgétaires de 2022. Le gouvernement fédéral et les provinces devraient revoir ces aides à la baisse à mesure que les tensions sur les prix s’atténueront, ce qui entraînera une réduction des déficits budgétaires l’an prochain et contribuera à contenir la demande globale. Le Canada a pris diverses mesures pour assurer la viabilité de la croissance à long terme de son économie. Les mesures à bas coût visant à réduire les émissions sont tributaires de l’amélioration des instruments d’action utilisés, comme la tarification du carbone, conjuguée au soutien aux investissements verts. Canada 1
1. Le taux directeur est le taux cible moyen de la Banque du Canada pour le financement à un jour sur le marché monétaire. Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112. StatLink 2 https://stat.link/6nwye8
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Canada : Demande, production et prix 2019 Prix courants milliards de CAD
Canada PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation IPC sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
2 311.3 1 334.9 479.4 517.9 2 332.2 15.5 2 347.7 745.2 781.6 - 36.4
2020
2021
2022
2023
2024
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2012)
-5.2 -6.1 0.0 -2.8 -4.2 -1.7 -5.8 -9.7 -10.8 0.5
4.5 4.9 5.8 7.1 5.6 0.9 6.5 1.4 7.7 -2.0
3.2 5.4 1.6 0.0 3.3 1.9 5.2 2.3 8.7 -1.9
1.0 2.0 0.7 0.3 1.3 0.2 1.5 2.4 3.8 -0.5
1.3 1.2 0.7 1.5 1.2 0.0 1.2 1.9 1.4 0.2
_ _ _ _
0.7 0.7 1.1 9.5
8.1 3.4 2.3 7.4
8.3 6.8 4.9 5.4
2.7 4.1 4.0 5.7
2.2 2.4 2.4 6.0
_
14.4
10.8
5.8
3.2
2.7
_ _ _
-11.4 -5.0 -1.7 -0.7 -0.5 126.9 118.7 111.6 111.4 111.1 -1.8 0.0 -0.6 -2.3 -2.3
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation hors produits alimentaires et énergie. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 112.
StatLink 2 https://stat.link/bkefvw
Canada 2
1. Estimation flash pour septembre 2022. Source : Statistique Canada via Refinitiv. StatLink 2 https://stat.link/r4f20m
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L’activité économique ralentit La vigueur des secteurs des ressources naturelles du Canada a contribué à compenser le ralentissement de la croissance dans les services. Les données sur le PIB par secteur montrent une décélération de l’activité après le rebond post-pandémie enregistré auparavant par certains secteurs durement touchés, comme les voyages et l’hôtellerie. La confiance des chefs d’entreprise, anticipant un ralentissement des ventes, a baissé au troisième trimestre. Les intentions d’investissement et de recrutement se sont modérées et les entreprises commencent à faire état d’une réduction des pressions sur les capacités. Si le taux d’emplois non pourvus et l’emploi restent proches des points hauts observés plus tôt cette année, la croissance de l’emploi a ralenti par rapport à la hausse de la population. L’ampleur inhabituelle des flux d’immigration internationaux permettra de pourvoir des postes dans certains secteurs. Le Canada a amplifié ses programmes d’immigration permanente après la réouverture des frontières. Il a par ailleurs accueilli un grand nombre de réfugiés ukrainiens, approuvant plus de 375 000 demandes, équivalant à 1 % de sa population. La dernière enquête en date sur les attentes des consommateurs réalisée par la Banque du Canada montre que le resserrement des conditions de crédit et l’assombrissement des perspectives économiques fragilisent la confiance des consommateurs. Le commerce de détail s’est récemment tassé sous l’effet de la diminution des salaires réels. L’investissement dans le logement continue de décrocher après son envolée pendant la crise du COVID-19. La hausse des coûts d’emprunt pèse sur l’activité du marché du logement, et les ventes y sont en net recul par rapport à il y a un an. Les prix des logements se sont particulièrement repliés sur des marchés comme Toronto, qui s’étaient emballés ces dernières années, beaucoup d’autres villes accusant elles aussi une chute de l’immobilier au cours des derniers mois. Étant donné son éloignement des marchés européens, durement touchés, et vu ses capacités intérieures de production de pétrole et de gaz, le Canada reste à l’abri des tensions économiques aigües dues à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. La hausse des prix de l’énergie, en particulier, y a été inférieure à ce qu’elle est en Europe. Le repli des prix du pétrole a contribué à réduire la hausse des prix à la consommation par rapport au pic enregistré plus tôt dans l'année. L'indice de l'inflation globale des prix à la consommation a ralenti, revenant de 8.1 % en juin à 6.9 % en octobre (en glissement annuel). L’augmentation des prix des produits alimentaires et des services reste forte, même si les anticipations d’inflation des entreprises se sont légèrement infléchies au troisième trimestre.
Les objectifs politiques à court terme visent à juguler l’inflation et à alléger le coût de la vie Un nouveau durcissement à court terme de la politique monétaire est indispensable pour amener l’inflation des prix à la consommation vers son objectif. La banque centrale devra toutefois rester attentive à l’évolution de la situation du marché du travail dans l’optique d’éviter des corrections excessives. Elle devrait relever encore son taux directeur de 50 points de base d’ici la fin de l’année. Le resserrement quantitatif va continuer de tirer vers le haut les taux d’intérêt à long terme. Tout en restant restrictive pendant la plus grande partie des deux prochaines années, la politique monétaire devrait commencer à s’assouplir en 2024 à la faveur de la diminution des tensions sur les prix. Après avoir atteint un point haut de 4.25 %, le taux d’intérêt directeur devrait diminuer de 50 points de base en 2024. Les allègements d’impôt généralisés sur les carburants et les mesures de réduction des factures d’énergie mis en place dans certaines provinces ont été prolongés. Afin de compenser en partie les effets de la forte inflation, le gouvernement fédéral a augmenté le crédit d’impôt sur les biens et services en faveur des ménages à faible revenu, mesure représentant quelque 0.1 % du PIB. Le poids des mesures d’allègement du coût de la vie sur les finances publiques provinciales et fédérales est modeste par rapport à celui observé dans d’autres pays de l’OCDE.
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L’inflation va se modérer à mesure que la croissance ralentira La croissance du PIB réel devrait refluer à 1 % en 2023. La croissance des exportations va pâtir de la dégradation de la situation aux États-Unis et dans d’autres grandes économies. La hausse des taux d’intérêt devrait peser sur la croissance de l’investissement dans le logement et sur la consommation privée l’an prochain, malgré l’impulsion donnée par la hausse de la population. Après les faibles niveaux atteints pendant la crise du COVID-19, l’investissement des entreprises va poursuivre son redressement, dopé par les dépenses consacrées aux systèmes de santé et de transport public ainsi qu’à d’importants projets dans le secteur de l’énergie. La demande de main-d’œuvre s’infléchira par suite d’une hausse plus lente de la production, provoquant un ralentissement de la croissance de l’emploi. Selon les projections, le PIB devrait augmenter de 1.3 % en 2024. L’atonie de la demande intérieure sera compensée par une croissance plus forte des exportations due à l’amélioration de la situation des principaux partenaires commerciaux. La montée du chômage jugulera la croissance des salaires au cours des deux prochaines années, contribuant à alléger les tensions sur les prix à la consommation faisant suite au recul du coût de l’énergie, de l’alimentation et du logement. Les risques de divergence par rapport aux projections à court terme sont orientés à la baisse. Les tensions salariales pourraient ne pas se dissiper aussi vite que prévu. S’attaquer à la montée de l’inflation pourrait nécessiter de plus amples relèvements des taux d’intérêts, ce qui risque d’accentuer les pressions sur les secteurs sensibles aux coûts d’emprunt, en particulier ceux liés à l’activité sur le marché du logement. Les prix des logements risquent de s’avérer plus sensibles à une hausse des taux d’intérêt que présumé dans les projections. Une chute massive de l’immobilier pourrait causer une instabilité plus large sur les marchés financiers, entraînant des effets de richesse négatifs bridant les dépenses de consommation.
Maintenir le cap d’une croissance durable à long terme Le gouvernement fédéral et les provinces du Canada devraient revoir les aides au coût de la vie à la baisse, et les recibler à mesure que les tensions sur les prix s’atténueront. La suppression des mesures d’aide contribuera à améliorer les soldes budgétaires et permettra à la politique budgétaire de ne pas jouer contre le durcissement de la politique monétaire. Dans le contexte actuel d’incertitude de l’environnement macroéconomique, le gouvernement fédéral et les provinces du Canada ne devraient pas perdre de vue les priorités de réforme structurelle visant à renforcer la croissance à long terme. La réussite de l’initiative de premier plan mise en œuvre par le gouvernement fédéral en vue d’améliorer l’accès à des services abordables de garde d’enfants est susceptible de soutenir le taux d’activité. L’impulsion donnée à l’investissement et à la productivité dépendra en partie des efforts visant à lever les obstacles aux échanges inter-provinciaux qui limitent la circulation des biens et services et entravent le redéploiement de la main-d’œuvre. Pour se donner les moyens d’atteindre ses objectifs climatiques ambitieux, le gouvernement fédéral est en train d’élaborer une série de politiques d’atténuation. Aux côtés de l’objectif principal de réduction des émissions, l’action publique devrait par ailleurs être pensée en vue de minimiser les coûts. Améliorer les mesures existantes fondées sur le marché, telle la tarification du carbone, devrait être une priorité. En favorisant l’investissement dans les technologies vertes, le Canada pourra s’appuyer sur l’avantage comparatif que lui confère sa situation de producteur d’électricité et de biens décarbonés.
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