82
Belgique La consommation privée et l’investissement des entreprises devraient continuer d'alimenter le solide rebond de l'économie. La croissance du PIB devrait s’établir à 3.2 % en 2022, avant de revenir vers son potentiel de 1.4 % en 2023. Le marché du travail s’est redressé et le taux de chômage devrait culminer à 6.6 % en 2022, pour se replier ensuite. Les pénuries de main-d'œuvre et de compétences dans certains secteurs clés pourraient peser sur la croissance. L'inflation s'accélère et la hausse rapide des prix de l'énergie pourrait alimenter l’inflation salariale via le mécanisme d’indexation. La politique budgétaire devrait se resserrer en 2022. Renforcer la formation continue et les politiques actives du marché du travail sera nécessaire pour assurer les redéploiements de main-d'œuvre et la réalisation des objectifs d’emploi ambitieux du gouvernement, notamment en ce qui concerne les populations vulnérables. Une mise en œuvre rapide des projets de réforme des marchés de produits est essentielle pour relancer la croissance de la productivité. Compte tenu du niveau élevé du ratio dette publique/PIB, il sera indispensable de reconstituer des marges budgétaires pour pouvoir faire face à des chocs futurs et financer davantage d’investissements dans l'économie verte et le numérique. La levée des restrictions a fait place à une reprise dynamique La croissance s'avère plus vigoureuse qu'attendu, grâce à la résilience de l’investissement des entreprises et à la montée en flèche de la consommation privée, à la faveur du déploiement efficace de la vaccination (74 % de la population présentait un schéma vaccinal complet à la mi-novembre). La confiance des
Belgique L'investissement et la consommation tirent la croissance
Le marché du travail s'est redressé % de travailleurs de chaque catégorie
Indice T4 2019 = 100, c.v.s. 120 PIB réel
60 Chômage partiel 2019 (% des salariés)¹
Consommation privée réelle
110
Investissement réel des entreprises
Chômage partiel (% des salariés) Revenu de remplacement (% des travailleurs indépendants)²
100
50 40 30 20
90
10 0 70
2020
2021
2022
2023
0
mars 20 avr. 20 mai 20 juin 20 juil. 20 août 20 sept. 20 oct. 20 nov. 20 déc. 20 janv. 21 févr. 21 mars 21 avr. 21 mai 21 juin 21 juil. 21 août 21 sept. 21
80 0
1. Correspond à la moyenne mensuelle sur 2019. 2. Prestation sociale accordée en cas d'interruption d'activité (droit passerelle/overbruggingsrecht). Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110 ; Banque nationale de Belgique ; Office national de l'emploi ; et Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI). StatLink 2 https://stat.link/0fwtaq
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
83
Belgique : Demande, production et prix 2018
Belgique
Prix courants milliards de EUR
2019
2020
2021
2022
2023
Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)
PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe
460.0 238.2 106.2 108.5
2.1 1.8 1.7 4.5
-5.7 -8.2 0.2 -6.2
6.1 5.7 2.0 10.8
3.2 6.6 -0.5 3.4
1.4 2.2 -0.3 2.9
Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)
453.0 8.2 461.1 382.0 383.1 - 1.1
2.4 -0.5 1.9 2.0 1.6 0.3
-5.8 -0.3 -6.1 -5.5 -5.9 0.4
6.0 -0.3 5.6 10.5 10.0 0.5
4.1 0.0 4.0 5.1 6.0 -0.7
1.8 0.0 1.8 3.2 3.5 -0.4
_ _ _ _
1.8 1.2 1.5 5.4
1.3 0.4 1.4 5.6
3.3 2.9 1.1 6.3
2.3 3.3 1.8 6.6
1.8 2.1 2.1 6.4
_
6.1
15.5
11.2
5.6
4.3
_ _
-1.9 -9.1 -8.1 -4.8 -5.0 120.4 141.5 140.5 140.0 141.9
_
97.7 112.8 111.7 111.3 113.1
_
0.2
0.8
0.4
-0.6
0.1
1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.
StatLink 2 https://stat.link/fulndh
entreprises et des consommateurs a atteint un sommet durant l’été, mais reste au-dessus de ses tendances historiques. Les indicateurs de Google mesurant la fréquentation des commerces de détail et des lieux de loisirs montrent une normalisation de la mobilité des consommateurs depuis juin. Des mesures renforcées de confinement ont été prises en novembre, en réponse à la remontée rapide des cas d'infection au COVID-19, notamment le télétravail obligatoire, des règles plus strictes concernant les grands rassemblements privés et des limitations des horaires d’ouverture des bars et des restaurants. Des tensions se développent sur le marché du travail, celui-ci affichant des taux croissants et relativement élevés d'emplois non pourvus. Le chômage partiel a diminué tandis que l’emploi augmente, dépassant depuis le printemps les niveaux observés avant la pandémie. L’inflation augmente en raison des tensions sur l’offre, de la volonté des entreprises de services de restaurer leurs marges bénéficiaires et de la hausse rapide des prix du gaz naturel, du fioul domestique et de l’électricité. L'inflation sous-jacente s’est raffermie et l’énergie a contribué à hauteur de 3.8 points de pourcentage au taux d’inflation globale annuel de 5.4 % atteint en octobre.
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
84
Les mesures de soutien prennent fin Les dispositifs de chômage partiel pour les salariés et de revenu de remplacement pour les travailleurs indépendants, dont la durée a été prolongée, doivent expirer à la fin de 2021. Les moratoires sur les remboursements de prêts, ainsi que sur le versement des cotisations de sécurité sociale et de la taxe sur la valeur ajoutée, ont pris fin en juin, tandis que la suspension des procédures de faillite avait été levée en janvier. L'ampleur des dépenses liées à la pandémie a entraîné une augmentation du ratio de la dette publique (selon la définition de Maastricht) qui est passé de 97.7 % du PIB en 2019 à 112.8 % du PIB en 2020 , les mesures de soutien s'étant établies autour de 14 milliards EUR en 2021 (soit 2.8% du PIB) et 2 milliards EUR étant inscrits au budget pour 2022, soit une baisse par rapport aux 21 milliards EUR de 2020. La dette subordonnée et les garanties s'élèvent à environ 2.5% du PIB en 2021. Le Plan national pour la reprise et la résilience mobilise 5.9 milliards EUR (1.2 % du PIB) de subventions au titre du programme Next Generation EU, lesquelles sont essentiellement destinées à financer des investissements verts (rénovation des bâtiments et infrastructures de transport) et numériques, les deux tiers du total devant être absorbés sur la période 2021-23. Il est par ailleurs prévu que la prime supplémentaire à l’investissement soit limitée aux actifs verts et numériques après 2022.
La demande intérieure devrait stimuler la croissance Le PIB a dépassé ses niveaux d’avant la pandémie au troisième trimestre de 2021 et devrait croître de 3.2 % en 2022, avant de voir sa hausse se stabiliser à 1.4 % en 2023. La consommation privée devrait stimuler la croissance en 2022, sous l’effet de la normalisation du ratio d'épargne des ménages et de la réouverture totale de l’économie, avant de décélérer en 2023. L’investissement des entreprises devrait lui aussi enregistrer une solide progression étant donné les perspectives positives de la demande, l’augmentation de l'utilisation des capacités et la faiblesse des taux d’intérêt. Si l'on s'attend à ce que la consommation publique régresse du fait de la diminution des dépenses consacrées aux mesures de soutien et à la santé dans le contexte de la crise du COVID-19, l’investissement public devrait de son côté augmenter dans le cadre du déploiement du plan national pour la reprise. Les exportations nettes devraient tempérer la croissance du PIB. Le chômage devrait grimper jusqu'à 6.6 % en 2022 sous l’effet de l'augmentation du nombre d'heures ouvrées et de l’expiration des mesures de maintien dans l’emploi, avant de refluer en 2023. Le taux élevé de l’inflation à la fin de 2021 devrait, selon les projections, se maintenir tout au long de 2022 avant de reculer en 2023, l’impact des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement et des prix de l’énergie allant s'estompant. Des exportations plus importantes du fait d'une croissance supérieure à celle prévue chez les principaux partenaires commerciaux de la Belgique permettrait de dépasser les projections de croissance, mais les risques sont plutôt orientés à la baisse. Une dégradation de la situation sanitaire nécessiterait d'appliquer des restrictions partielles sur les activités économiques non essentielles. La limitation des migrations transfrontalières, ainsi que l'augmentation des besoins de main-d'œuvre du fait des plans de relance et de la reconstruction des zones affectées par les inondations, pourraient aggraver les pénuries de main-d'œuvre et de compétences dans certains secteurs clés comme la construction et les services informatiques. Les tensions sur les prix liées aux cours de l'énergie s'exacerbent et devraient déclencher une nouvelle indexation automatique des salaires de 2 % au début de 2022, s'ajoutant à celle de 2 % opérée au dernier trimestre de 2021, ce qui risque d'alimenter la hausse des coûts de main-d'œuvre au cours de la période considérée.
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021
85
Faciliter le redéploiement des ressources sera essentiel Des dispositifs plus efficaces de formation continue, à l'image du projet d'individualisation des droits à formation, seront nécessaires pour soutenir les actifs lorsque les mesures de maintien dans l’emploi prendront fin. Les projets de réforme visant à stimuler les transitions professionnelles et faciliter l'activation par-delà les frontières régionales sont une bonne chose, même si d'autres mesures et un renforcement des politiques actives du marché du travail ciblant les catégories vulnérables seront indispensables pour réaliser les objectifs d’emploi ambitieux fixés par les autorités à l’horizon 2030. La mise en œuvre des réformes de simplification réglementaire et de soutien à la transformation numérique, telles qu’annoncées dans le plan national pour la reprise, jouera un rôle essentiel pour réaliser des gains de productivité et de croissance potentielle. Les ajustements de dépenses, précisés dans une stratégie d’ajustement budgétaire à moyen terme à chaque niveau d'administration, devront être opérés une fois la reprise bien installée afin de reconstituer une marge de manœuvre budgétaire permettant de faire face à des chocs futurs et de soutenir la transition vers une économie bas carbone. Une coordination efficace des efforts de lutte contre le changement climatique entre les différents échelons administratifs, de même qu’un cadre à long terme crédible de tarification du carbone, seront nécessaires pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021