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Perspectives économiques de l’OCDE, juin 2022 – Allemagne

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Allemagne L’économie devrait croître au rythme de 1.9 % en 2022 et de 1.7 % en 2023, la guerre en Ukraine et l’embargo sur le pétrole russe mettant un frein à la reprise. L’inflation en hausse érode le pouvoir d’achat des ménages et modère le rebond de la consommation privée. La confiance des investisseurs et des consommateurs a chuté et les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement se sont aggravés, reportant à la fin de 2022 le redressement de la production industrielle et des exportations, malgré des carnets de commandes bien remplis. Un arrêt brutal des importations de gaz depuis la Russie ou la prolongation des mesures de confinement en Chine pourraient enrayer à nouveau la reprise. Il convient de bien cibler les programmes d’aides budgétaires destinées à atténuer les effets des hausses de prix de l’énergie et de l’alimentation sur les ménages et les entreprises vulnérables. Dynamiser les investissements dans les infrastructures et renforcer les procédures et les capacités de planification et d’approbation, en particulier au niveau des communes, permettraient d’accélérer la transformation numérique et la transition énergétique, cruciale pour réduire la dépendance à l’égard des importations d’énergie. Il faudra remédier aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée en augmentant l’offre de main-d’œuvre parmi les femmes, les seniors et les individus peu qualifiés, en améliorant la formation professionnelle et la formation des adultes et allégeant les obligations d’autorisations professionnelles pour favoriser les transitions vers les emplois en forte tension. Ces initiatives devront être complétées par des mesures visant à faciliter la reconnaissance des qualifications des migrants et des réfugiés. Le climat d’incertitude, les difficultés d’approvisionnement et une forte inflation pèsent sur l’économie Le PIB réel a progressé de 0.2 % au premier trimestre de 2022 (en glissement trimestriel corrigé des variations saisonnières). En janvier et février, la suppression de certains goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et des conditions météorologiques clémentes ont induit un rebond du secteur manufacturier et de la construction, de l’investissement privé et des exportations. Les dépenses

Allemagne 1 Le secteur manufacturier pâtit des difficultés dans les chaînes d’approvisionnement

La confiance des entreprises et des consommateurs s’est érodée

Indice 2015 = 100, c.v.s. 140

Indice 2015 = 100 130

Solde 30

← Indice IFO du climat des affaires

Production industrielle (hors construction) Nouvelles commandes à l’exportation, secteur manufacturier

120

← Indice IFO des anticipations économiques Indice GfK de la confiance des consommateurs →

20

120

100

110

10

100

0

90

-10

80

-20

80

60

2019

2020

2021

0 2022

70

2019

2020

2021

-30 2022

Source : Refinitiv. StatLink 2 https://stat.link/6xir09

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022


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Allemagne : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de EUR

Allemagne PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

3 372.3 1 753.2 670.4 711.6

1.1 1.6 3.0 1.9

-4.9 -6.1 3.5 -3.0

2.9 0.3 2.9 1.0

1.9 3.4 -0.1 3.4

1.7 1.9 -0.7 4.5

3 135.2 27.6 3 162.8 1 598.9 1 389.3 209.6

2.0 -0.1 1.8 1.1 2.9 -0.7

-3.3 -0.9 -4.2 -10.1 -9.2 -1.0

1.1 1.1 2.3 9.5 9.0 0.7

2.6 1.2 3.9 1.4 5.4 -1.6

1.9 0.0 1.9 4.9 4.7 0.2

3 367.9 _ _ _ _

1.1 2.1 1.4 1.3 3.2

-4.6 1.6 0.4 0.7 3.9

2.9 3.0 3.2 2.2 3.6

1.8 6.1 7.2 4.0 3.1

1.6 4.4 4.7 4.4 3.4

_

11.1

16.3

15.9

12.2

10.5

Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB)

_ _

1.5 67.5

-4.3 79.1

-3.8 78.0

-3.4 79.0

-1.8 78.1

_

58.8

68.9

69.5

70.5

69.6

Balance des opérations courantes (% du PIB)

_

7.7

6.9

7.6

6.2

6.2

Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire PIB sans ajustements jours travaillés Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible)

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors alimentation, énergie, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 111.

StatLink 2 https://stat.link/wthnmr

Allemagne 2 L’inflation s’est accélérée et généralisée

Le marché du travail s'est tendu

% de variation des prix en glissement annuel 35 30 25 20

Milliers 950

Prix à l’importation, ensemble des biens Prix à la production, produits industriels

% de la population active 4.9 ← Emplois vacants déclarés

900

Inflation globale¹ Inflation sous-jacente²

15

4.6

Taux de chômage (définition du BIT) →

Prix à la production, biens intermédiaires

850

4.3

800

4.0

750

3.7

700

3.4

650

3.1

600

2.8

10 5 0 -5 -10

2019

2020

2021

0 2022

550

2019

2020

2021

2.5 2022

1. Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). 2. IPCH hors produits alimentaires, énergie, alcool et tabac. Source : Refinitiv ; et Destatis (Office fédéral de statistique). StatLink 2 https://stat.link/4i1hkx

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90  dans le commerce de détail et l’hôtellerie et la restauration ont commencé à se redresser du fait de l’important surplus d’épargne accumulé et de la levée des restrictions sanitaires à compter de mars. Malheureusement, la guerre est venue assombrir ces perspectives favorables. Le niveau élevé de l’inflation et la chute de l’indice de confiance des consommateurs affectent la consommation privée. La recrudescence des incertitudes, la flambée des prix de l’énergie et de nouvelles pénuries de matériaux frappent le secteur manufacturier et la construction, l’investissement privé et les exportations. L’indice IFO du climat des affaires a plongé en mars de plus de 13 %, mais s’est stabilisé en avril et mai. La production industrielle et les exportations de biens ont diminué de respectivement 3.9 % et 3.3 % en mars, en glissement mensuel. En outre, le taux annuel d’inflation globale est passé en mai à 8.7 %, la hausse des prix résultant pour plus de 40 % des composantes hors énergie de l’indice et s’expliquant par la répercussion du niveau élevé des prix à la production, qui ont progressé en avril de 33.5 % en glissement annuel. Les prix dans la distribution de gros ont augmenté en avril de 23.8 % en glissement annuel, et de 2.1 % par rapport à mars de cette année. Avec un taux de croissance de l’emploi de 0.2 %, le marché du travail est resté solide en mars, sur fond d’accentuation des pénuries de main-d’œuvre. Enfin, après une croissance modérée des salaires durant la pandémie, les salaires négociés ont clairement augmenté au premier trimestre de 2022, de 4 % en glissement annuel. Avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Allemagne était fortement tributaire du gaz, du pétrole et du charbon russes, un tiers environ de ses approvisionnements en énergie primaire provenant de Russie. Une diversification rapide de ses fournisseurs d’énergie a abouti à une réduction sensible de la proportion de ses importations énergétiques de Russie, la part du pétrole russe étant passée de 35 % à 12 % et celle du charbon, de 50 % à 8 % à la fin du mois d’avril. Les importations de gaz de Russie n’ont baissé que de 55 % à 35 % des approvisionnements totaux en gaz, plaçant l’Allemagne dans une position de grande vulnérabilité dans l’éventualité d’un arrêt des importations de gaz. Afin de se préparer à un tel scénario, le gouvernement allemand a pris plusieurs mesures, notamment en faisant remplir les réservoirs de stockage, en accélérant la construction de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) et en négociant des accords commerciaux avec des exportateurs de GNL. Les mesures visant à accroître les économies d’énergie pourraient encore être améliorées. La part globale de la Russie dans le commerce extérieur de l’Allemagne n’était que de 2.3 % en 2021. Si les importations en provenance de Russie n’ont reculé que de 2.4 % en mars, les exportations vers la Russie ont fortement chuté, de 62 %. Enfin, l’Allemagne a accueilli jusqu’à présent 610 000 réfugiés d’Ukraine (0.7 % de sa population), soit le nombre de réfugiés le plus important de tous les pays non voisins.

La politique budgétaire face à de nouveaux défis Le déficit budgétaire sous-jacent restera supérieur à son niveau d’avant la pandémie. Les dispositifs de soutien adoptés dans le cadre de la pandémie, notamment le chômage partiel et les aides aux entreprises, doivent être levés d’ici la fin juin, mais de nouvelles mesures visant à atténuer la flambée des prix de l’énergie figurent dans le budget rectificatif pour 2022 (qui prévoit un montant de dépenses supplémentaires de 39 milliards EUR, soit 1.1 % du PIB). Au nombre des mesures programmées, on peut citer la suppression, définitive, de la surtaxe prélevée au titre du soutien aux énergies renouvelables à partir de juillet, la baisse, pendant trois mois, des taxes sur les carburants, l’augmentation de la subvention aux trajets domicile-travail, les subventions aux transports publics ainsi que plusieurs transferts monétaires ponctuels et allégements de l’impôt sur le revenu au profit des ménages. Si certaines de ces mesures sont bien ciblées sur les ménages vulnérables, d’autres entraînent, au bénéfice de l’ensemble des ménages, des décaissements considérables de ressources publiques limitées, réduisant ainsi les incitations à économiser l’énergie et à diminuer les émissions de carbone. L’État fournit également des aides de trésorerie aux entreprises durement touchées par la guerre en Ukraine, sous forme de garanties de prêts, de lignes de crédit, de subventions énergétiques et de fonds propres. Il est primordial que ces programmes soient bien ciblés et continuent d’inciter fortement à des redéploiements de capital et de main-d’œuvre vers les secteurs en pleine expansion et en proie à des pénuries croissantes de main-d’œuvre. Enfin, une PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022


 91 enveloppe de dépenses sociales supplémentaires, de 4 milliards EUR (0.1 % du PIB), est prévue pour gérer l’arrivée des réfugiés d’Ukraine. Afin de tenir ses objectifs climatiques ambitieux, le gouvernement compte investir quelque 200 milliards EUR d’ici 2026, les incitations fiscales destinées à attirer les investissements privés occupant une place prépondérante à cet égard. Il envisage par ailleurs d’augmenter sensiblement ses dépenses militaires de 100 milliards EUR au cours des prochaines années en vue de moderniser l’équipement militaire. La majorité de ces investissements financés par l’emprunt seront menés sur la base de budgets fictifs, ce qui signifie que les dépenses correspondantes ne seront pas soumises à la règle du frein à l’endettement, laquelle sera réinstaurée à partir de 2023. Pour l’heure, on ne dispose pas de plans de dépenses précis au titre de ces budgets fictifs, mais il est probable que les contraintes de capacité dans le secteur de la construction et la longueur et la complexité des procédures de planification et d’approbation ralentiront le décaissement des fonds cette année.

La guerre en Ukraine entrave la reprise La recrudescence des incertitudes, la flambée des prix de l’énergie et de nouvelles pénuries de matériaux liées aux mesures de confinement en Chine vont affecter le secteur manufacturier et freiner l’investissement privé et les exportations malgré des carnets de commandes bien remplis, repoussant de ce fait l’accélération de la reprise au second semestre de cette année. L’assouplissement des mesures d’endiguement et l’existence d’un surplus d’épargne accumulé aboutiront à une reprise plus soutenue de l’activité dans les services. Cela étant, la perte de confiance des consommateurs du fait de la guerre, et la hausse des taux d’inflation vont modérer le redressement de la consommation privée. La politique budgétaire continuera à soutenir l’activité. L’inflation restera élevée à cause des difficultés d’approvisionnement et de prix à la production en hausse, qui seront répercutés sur les consommateurs au cours des prochains mois. Les prix de l’énergie continueront de grimper en 2023 en raison de l’embargo sur le pétrole russe. La dépréciation de l’euro et l’accentuation des pénuries de main-d’œuvre ajouteront aux tensions inflationnistes. Les salaires vont nettement progresser du fait de la revalorisation du salaire minimum, qui passera en octobre prochain de 48 % à 60 % du salaire médian, et des pressions exercées par les syndicats pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs. Un risque sérieux de divergence à la baisse par rapport aux projections tient à l’arrêt possible des importations de gaz depuis la Russie, qui affecterait l’économie au travers du renchérissement des importations, d’un climat de plus grande incertitude et du rationnement direct du gaz. Une aggravation de la pandémie en Chine pourrait exacerber les difficultés d’approvisionnement. En revanche, les investisseurs et les consommateurs pourraient renouer avec la confiance si la guerre s’achevait plus tôt que prévu ou si la substitution aux importations d’énergie depuis la Russie s’opérait plus rapidement. Une accélération des rentrées fiscales, sous l’effet de la forte inflation et des remboursements des aides aux entreprises accordés pendant la pandémie, pourrait permettre de dégager des marges de manœuvre budgétaires supplémentaires pour des investissements publics.

Développer les énergies renouvelables pour renforcer la sécurité énergétique Pour développer l’offre d’énergies renouvelables, il est fondamental de continuer à accélérer les procédures de planification et d’approbation, par ailleurs complexes, au niveau des communes et des Länder. La montée en régime de la transformation numérique de l’économie requiert d’investir davantage dans l’infrastructure numérique, de moderniser plus rapidement l’État et de mieux coordonner l’action publique et les procédures administratives entre les différents niveaux d’administration. Augmenter l’efficience de la dépense publique par un recours efficace aux examens de dépenses, réduire les subventions et exonérations fiscales régressives et dommageables pour l’environnement et améliorer le respect des obligations fiscales sont autant de mesures qui permettraient de dégager des ressources

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92  supplémentaires pour les investissements publics qui s’imposent. Afin de remédier aux pénuries de maind’œuvre qui s’accentuent et risquent, en outre, de faire échouer l’investissement privé et public dans les énergies renouvelables, il faudra relever le taux d’activité des femmes, des personnes peu qualifiées et des seniors en proposant des incitations fiscales appropriées et en renforçant les politiques de formation professionnelle et de formation des adultes. Enfin, il sera également essentiel de dynamiser l’immigration qualifiée et de faciliter l’insertion des réfugiés ukrainiens sur le marché du travail, notamment en améliorant l’offre de services de garde d’enfants.

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Brésil Après un redressement vigoureux qui l’a portée à 5 % en 2021, la croissance du PIB devrait sensiblement ralentir en 2022 pour s’établir à 0.6 %, avant d’accélérer à nouveau pour atteindre 1.2 % en 2023. La hausse de l’inflation, la guerre en Ukraine et le durcissement des conditions financières ont détérioré le climat économique et le pouvoir d’achat, ce qui devrait fortement entamer la demande intérieure au premier semestre de 2022. L’élection présidentielle de 2022 ajoute un facteur d’incertitude, si bien que l’investissement restera en demi-teinte jusqu’en 2023. Le marché du travail se rétablit lentement, le taux d’activité et les revenus réels du travail demeurant en deçà des niveaux d’avant la pandémie. Comme la guerre en Ukraine a entraîné une nouvelle hausse abrupte des prix de l’alimentation et de l’énergie, il est essentiel de monter en puissance les mesures de soutien grâce à des programmes de protection sociale bien ciblés sur les plus vulnérables. Il sera nécessaire de redoubler d’efforts pour mieux cibler les dépenses publiques et en accroître l’efficience, afin de rester en accord avec les principes d’une gestion saine des finances publiques. Il faudra également renforcer les politiques d’activation du marché du travail pour faciliter la réinsertion des chômeurs de longue durée. La banque centrale devra poursuivre le durcissement de sa politique monétaire si les facteurs inflationnistes persistent. Il conviendrait d’exploiter les énergies de source éolienne et solaire pour compléter l’hydroélectricité. Le climat économique s’est dégradé Après une campagne de vaccination réussie, l’activité économique s’est redressée vigoureusement au second semestre de 2021, principalement sous l’impulsion des services. Toutefois, l’accélération de l’inflation, le durcissement des conditions financières et la propagation du variant Omicron ont pesé sur la confiance des consommateurs et des entreprises au début de 2022. En avril, le taux d’inflation annuel a atteint près de 12 %, soit son niveau le plus haut depuis dix-huit ans. La hausse des prix de l’alimentation, des carburants et de l’énergie a fortement érodé le pouvoir d’achat des ménages. Des conditions météorologiques particulièrement défavorables jusqu’à récemment ont affecté l’agriculture et la production hydroélectrique, tandis que des pénuries et un renchérissement des coûts de production pesaient sur la

Brésil 1 La confiance s'est dégradée

Le marché du travail se redresse lentement

Indice janvier 2016 = 100 200

Confiance des consommateurs Confiance des entreprises

180 160 140 120

% 16

% 64

15

63

14

62

13

61

12

60

11

59

10 100 80

58 ← Taux de chômage

9 2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

0

8

57

Taux d'activité →

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

56

Source : CEIC ; Institut brésilien de géographie et de statistique (Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística, IBGE) ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/7dnqzv PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022


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Brésil : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de BRL

Brésil PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2000)

7 004.1 4 525.8 1 393.5 1 057.4

1.2 2.6 -0.5 4.0

-4.2 -5.7 -4.5 -0.5

5.0 3.9 2.0 17.3

0.6 0.8 2.2 -0.8

1.2 0.8 1.5 1.4

6 976.7 - 0.1 6 976.6 1 025.1 997.5 27.6

2.2 -0.5 1.6 -2.5 1.4 -0.6

-4.7 -0.6 -5.4 -2.2 -10.2 1.2

5.7 0.5 6.1 6.3 12.9 -1.0

0.8 0.0 0.7 -1.9 -1.6 -0.1

1.1 0.0 1.1 2.6 1.7 0.2

Pour mémoire Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation Déflateur de la consommation privée Solde financier des administrations publiques (% du PIB)

_ _ _ _

4.2 3.7 3.7 -5.8

5.5 3.2 3.5 -13.6

10.7 8.3 8.4 -4.0

7.2 9.7 9.4 -6.4

5.0 5.3 5.3 -5.9

Balance des opérations courantes (% du PIB)

_

-3.5

-1.6

-1.8

-1.0

-0.9

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 111.

StatLink 2 https://stat.link/wpc3zb

Brésil 2 L'inflation na pas encore atteint un pic, malgré le resserrement de la politique monétaire % 14

% 21

← Inflation (IPCA) ← Inflation sous-jacente¹

12

% du PIB 2

18

Taux directeur (SELIC) → ← Cible

10

Le renchérissement des matières premières a amélioré le solde primaire, mais le coût du service de la dette continue d'augmenter

0 -2

15

-4

8

12

6

9

-8

4

6

-10

2

3

0

0

-6

Solde budgétaire primaire

-12

Solde des intérêts

-14

Solde budgétaire global

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

0

2016

2017

2018

2019

2020

2021

-16

1. L’inflation sous-jacente exclut du calcul l’énergie et l’alimentation. La zone grisée correspond à la marge de fluctuation de l’inflation. Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, no 111 ; Banque centrale du Brésil ; et calculs de l’OCDE. StatLink 2 https://stat.link/khxsaz

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98  production industrielle. L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier a encore reculé en avril 2022. Bien que l’emploi se soit pleinement redressé et que le chômage soit en repli, le taux d’activité, la part des travailleurs dans le secteur formel et les salaires réels restent inférieurs à ce qu’ils étaient avant la pandémie. Les salaires nominaux n’ont pas progressé suffisamment pour compenser la hausse de l’inflation, d’où une baisse des salaires réels au début de 2022. En février, le salaire réel moyen des nouveaux embauchés a ainsi diminué de 1.1 % en glissement annuel. La guerre en Ukraine a fait monter les cours mondiaux des matières premières et entraîné de nouvelles hausses de l’inflation. Afin d’amortir l’impact de l’augmentation des prix mondiaux de l’énergie sur les ménages et les entreprises, le tarif exceptionnel sur l’électricité, mis en place en septembre 2021 lors de la crise hydrique, a été supprimé plus tôt que prévu. Le Brésil est particulièrement dépendant de ses importations d’engrais depuis la Russie. Les perturbations des échanges internationaux et les sanctions économiques poussent à la hausse les prix des intrants et des produits agricoles, et attisent ainsi l’inflation dans le secteur des produits alimentaires. Pour y faire face, le gouvernement brésilien a ramené à zéro le taux de la taxe d’importation de plusieurs produits alimentaires et de produits chimiques utilisés dans la fabrication d’engrais.

La politique monétaire continue de se resserrer, tandis que la politique budgétaire se renforce Au début du mois de mai, la banque centrale du Brésil a une nouvelle fois relevé son taux directeur de 100 points de base, donnant à sa politique monétaire un tour encore plus restrictif. Le taux Selic a ainsi atteint 12.75 % et devrait être porté à 13.25 % lors de la prochaine réunion de la banque centrale, étant donné que les anticipations d’inflation continuent de monter. Il devrait ensuite demeurer à 13.25% jusqu’à début de 2023 puis diminuer progressivement durant l’année, à mesure que les effets décalés des dernières hausses se feront sentir. Le niveau élevé des prix des matières premières permet de conforter la situation budgétaire à court terme. Les revenus pétroliers, issus des redevances et des dividendes, sont une manne à la fois pour l’État fédéral et pour les gouvernements des États fédérés, qui ont affiché de solides résultats budgétaires en 2021 et au début de 2022. L’inflation dope, elle aussi, les recettes fiscales au niveau fédéral comme régional, mais les dépenses publiques devraient s’accroître en 2022, en raison de l’intensification des transferts sociaux découlant du nouveau programme Auxílio Brasil, de l’ajustement des rémunérations des fonctionnaires et de la hausse des dépenses discrétionnaires, ce qui se traduira par une orientation expansionniste de la politique budgétaire en 2022. L’augmentation pérenne des dépenses publiques met à mal les perspectives budgétaires à plus long terme, notamment du fait d’une règle moins contraignante du plafonnement des dépenses, sans compter que le coût du service de la dette continue de grimper sous l’effet du durcissement de la politique monétaire.

La croissance ralentit sur fond de risques notables de révision à la baisse des projections Au vu d’un climat économique qui se dégrade et d’un environnement national et international difficile, les perspectives de croissance sont limitées en 2022 et en 2023. La croissance du PIB devrait ralentir très fortement cette année et s’établir à 0.6 %, avant de remonter à 1.2 % en 2023. L’inflation, les conditions financières restrictives et le degré élevé d’incertitude pèsent sur la demande intérieure et extérieure. En outre, les revenus du travail ne progressent pas suffisamment rapidement pour compenser la suppression des aides d’urgence liées à la pandémie et la hausse de l’inflation. Cette dernière devrait amorcer un recul au deuxième trimestre de 2022, sous l’effet du durcissement de la politique monétaire et de la levée des incertitudes après les élections présidentielles, mais elle devrait accélérer de nouveau début 2023 lorsque

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2022, NUMÉRO 1 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2022


 99 se mettra en place l’embargo européen sur le pétrole russe. L’inflation restera élevée en 2023 et ne devrait pas atteindre sa cible durant la période considérée. Le scrutin présidentiel de 2022 ajoute considérablement à l’incertitude et pourrait brider encore plus la consommation et l’investissement du secteur privé. S’il devait se prolonger, le conflit en Europe pourrait continuer de faire augmenter le coût des intrants agricoles, notamment des engrais, et pénaliserait sérieusement sur la production et les exportations agricoles. Un durcissement brutal des politiques monétaires dans les économies avancées pourrait provoquer des sorties de capitaux et une dépréciation de la monnaie, ce qui pèserait encore plus sur l’inflation importée. De nouvelles limitations dans l’application de la règle de plafonnement des dépenses au cours des années à venir mettraient en péril la stabilité budgétaire et financière. En revanche, si les prix des matières premières se maintenaient à des niveaux élevés plus longtemps que prévu, les tensions sur les finances publiques se relâcheraient à court terme et les termes de l’échange s’amélioreraient.

Des réformes ambitieuses s’imposent pour améliorer la croissance et protéger les finances publiques Le Brésil devrait poursuivre ses réformes ambitieuses, porteuses à la fois de gains de productivité et d’emploi, de façon à protéger la fiabilité de ses finances publiques et à empêcher une hausse des taux de pauvreté. Une meilleure efficience de la dépense publique et un renforcement du cadre budgétaire à moyen terme permettraient de dégager une marge de manœuvre budgétaire pour des investissements publics productifs et des aides sociales bien ciblées, et conforteraient la confiance des investisseurs. Des transferts monétaires conditionnels, qui ne prennent fin qu’au moment de la réinsertion dans l’emploi, constitueraient des incitations à la recherche d’emploi dans le secteur formel. Des possibilités de formation professionnelle plus nombreuses faciliteraient la réinsertion sur le marché du travail des chômeurs de longue durée et des travailleurs découragés. Par ailleurs, la législation visant à empêcher la destruction illégale des forêts doit être correctement appliquée pour protéger des ressources naturelles comme la forêt amazonienne, qui peuvent fournir des moyens d’existence durables à des segments vulnérables de la population et vont de pair avec une pluviométrie plus élevée. La forte dépendance vis-à-vis de l’énergie hydroélectrique a montré ses limites et il conviendra de mobiliser d’autres sources d’énergie renouvelable à mesure que la demande d’électricité continuera d’augmenter. L’éolien et le solaire offrent à cet égard un potentiel important encore inexploité au Brésil. Enfin, l’accélération des investissements dans les transports publics urbains bénéficierait aux travailleurs modestes, tout en réduisant la dépendance à la voiture et la pollution de l’air.

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Perspectives économiques de l’OCDE, juin 2022 – Allemagne by OECD - Issuu