Skip to main content

Perspectives économiques de l'OCDE : Allemagne - décembre 2021

Page 1

78 

Allemagne L'économie devrait croître de 2.9 % en 2021, de 4.1 % en 2022 et de 2.4 % en 2023. La reprise est bridée par des pénuries d’intrants essentiels, même si l’ampleur des stocks de commandes non exécutées laisse augurer la possibilité d'un rebond vigoureux avec le relâchement des contraintes pesant sur l’offre. La consommation privée va s’accélérer en 2022 du fait d'un regain de confiance. La faiblesse des taux d’intérêt et l’accroissement des tensions sur les capacités favoriseront un investissement solide. L'inflation va probablement diminuer en 2022, mais restera élevée. L’incertitude et la progression des cas de COVID-19 et la persistance des pénuries d'approvisionnements dans des secteurs critiques pourraient cependant ralentir la reprise. La politique budgétaire soutiendra de moins en moins la croissance, même si l’investissement public est appelé à augmenter et pourrait jouer un rôle plus important pour peu que les contraintes de livraisons puissent être surmontées. Stimuler les investissements dans les infrastructures et renforcer la capacité de planification permettraient d'accélérer la transition énergétique et la transformation numérique. Le renforcement des politiques actives du marché du travail, en particulier la formation, faciliterait les transitions professionnelles vers des emplois très demandés. La reprise est bridée par la persistance des contraintes affectant l’offre La pandémie continue de peser sur l'activité économique, compte tenu d'une recrudescence des nouvelles contaminations depuis la mi-octobre, notamment dans les régions où la vaccination est à la traîne. À la mi-novembre, 67 % environ de la population avait été complètement vaccinée, mais le taux de

Allemagne 1 Le taux de vaccination est moins élevé que dans certains autres pays européens

Les carnets de commandes annoncent un rebond vigoureux

Proportion de la population totalement vaccinée

Secteur manufacturier, en volume, moyenne mobile sur trois mois Indice janvier 2020 = 100 120

% de la population totale 110 100 90

Au 31 mai 2021

Indice de la production

Au 15 novembre 2021

Nouvelles commandes à l'exportation

80

110 100

70 60

90

50 40

80

30 20

70

10 0

OCDE

DEU

UE¹

ITA

DNK

ESP

PRT

0

0 60 janv. 20 avr. 20 juil. 20 oct. 20 janv. 21 avr. 21 juil. 21 oct. 21

1. Pays de l’OCDE seulement. Source : Calculs de l'OCDE à partir de Our World in Data ; et Refinitiv. StatLink 2 https://stat.link/kzgmjh

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


 79

Allemagne : Demande, production et prix 2018

2019

Prix courants milliards de EUR

Allemagne

2020

2021

2022

2023

Pourcentage de variation, en volume (prix de 2015)

PIB aux prix du marché Consommation privée Consommation publique Formation brute de capital fixe

3 372.3 1 753.2 670.4 711.6

1.1 1.6 3.0 1.9

-4.9 -6.1 3.5 -3.0

2.9 0.8 3.0 1.8

4.1 6.8 0.7 3.6

2.4 2.3 0.8 3.4

Demande intérieure finale Variation des stocks¹ Demande intérieure totale Exportations de biens et services Importations de biens et services Exportations nettes¹ Pour mémoire PIB sans ajustements jours travaillés Déflateur du PIB Indice des prix à la consommation harmonisé IPCH sous-jacent² Taux de chômage (% de la population active) Taux d'épargne nette des ménages (% du revenu disponible) Solde financier des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques (% du PIB) Dette brute des administrations publiques, définition Maastricht³ (% du PIB) Balance des opérations courantes (% du PIB)

3 135.2 27.6 3 162.8 1 598.9 1 389.3 209.6

2.0 -0.1 1.8 1.1 2.9 -0.7

-3.3 -0.9 -4.2 -10.1 -9.2 -1.0

1.6 1.1 2.8 7.4 7.7 0.3

4.6 -0.2 4.4 4.1 4.9 -0.1

2.2 0.0 2.2 4.0 3.8 0.3

3 367.9 _ _ _ _

1.1 2.1 1.4 1.3 3.2

-4.6 1.6 0.4 0.7 3.9

2.8 3.0 3.1 2.1 3.6

3.9 3.2 2.8 2.4 3.2

2.2 2.1 2.2 2.2 3.1

_

11.1

16.3

15.0

10.0

9.3

_ _

1.5 67.4

-4.3 78.8

-4.9 82.8

-2.3 82.0

-1.3 81.7

_

58.8

68.9

72.8

72.0

71.8

_

7.6

6.8

6.8

6.1

6.2

1. Contributions aux variations du PIB en volume, montant effectif pour la première colonne. 2. Indice des prix à la consommation harmonisé, hors énergie, alimentation, alcool et tabac. 3. Selon la définition de Maastricht, la dette des administrations publiques comprend uniquement les crédits, les titres de créance et les numéraires et dépôts, la dette étant exprimée en valeur nominale et non à sa valeur de marché. Source: Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 110.

StatLink 2 https://stat.link/jvkyhr

Allemagne 2 Une reprise vigoureuse est en route

L'inflation va fléchir

Indice T4 2019 = 100 115

Glissement annuel en % 6

PIB réel

Inflation¹

Investissement réel

Taux de salaire²

110

4

105 2 100 0 95 -2

90 85

2020

2021

2022

2023

0

0

2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

-4

1. Indice des prix à la consommation harmonisé. 2. Salaire nominal moyen par salarié. Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 110. StatLink 2 https://stat.link/0o96gy

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


80  vaccination a marqué le pas et l'Allemagne accuse un retard sur ses partenaires européens. Au troisième trimestre de 2021, le PIB avait augmenté de 1.7 % par rapport au trimestre précédent, sous l'impulsion d'une plus forte consommation des ménages. En raison des contraintes affectant l’offre, la production accuse un retard considérable par rapport à la vigueur de la demande. Si les carnets de commandes à l’exportation dans le secteur manufacturier ont atteint des niveaux record – bénéficiant en cela de la solidité de la demande mondiale – la production industrielle a reculé du fait de la pénurie de matières premières et de produits intermédiaires. La pénurie de semi-conducteurs pèse en particulier sur la construction automobile. En conséquence, l’indice de l'Institut IFO du climat des affaires s’inscrit en repli depuis cinq mois consécutifs, les chefs d'entreprise étant moins satisfaits de leur activité actuelle, plus sceptiques quant aux prochains mois et, en moyenne, n'escomptant pas la résolution des problèmes d'approvisionnement avant le troisième trimestre de 2022. Pour autant, les anticipations se sont améliorées dans le secteur des services. La progression de l'emploi est vigoureuse depuis juin, à raison de 0.4 % au troisième trimestre de 2021. Parrallèlement, le taux d’emplois vacants est revenu à son niveau élevé d’avant la crise et le taux de chômage est tombé à 3.4 % en septembre. En octobre 2021, les prix à la consommation avaient augmenté sur un an de 4.5 %, en raison d’un certain nombre de facteurs comme la hausse des prix de l’énergie (de pas moins de 44 % pour le fioul et les combustibles), la répercussion sur les consommateurs des hausses des prix à la production due aux contraintes affectant l’offre, et la fin de la baisse temporaire de la TVA au second semestre 2020. Les anticipations d'inflation à un an des particuliers ont atteint 4.2 % en moyenne en octobre. Les principaux syndicats ont demandé des revalorisations salariales pour faire face aux augmentations de prix, mais des accords salariaux conclus récemment dans les secteurs de la construction et du commerce de gros et de détail ont permis de contenir ces revalorisations à un taux de quelque 2 ½ pour cent en moyenne pour les deux prochaines années.

La politique budgétaire se normalise progressivement La politique budgétaire a soutenu l’économie en 2021, au moyen du versement d'aides aux entreprises touchées par les mesures de confinement, d'allocations versées aux familles, du prolongement du dispositif de chômage partiel et de l'augmentation de l'investissement public. Comme en 2020, la dépense publique devrait rester considérablement en deçà des prévisions budgétaires, avec un déficit fédéral de 133 milliards EUR de janvier à septembre 2021, à rapprocher du montant d'emprunt de 240 milliards EUR (6.9 % du PIB) approuvé pour cette année. Les principales mesures budgétaires de soutien face à la pandémie de COVID-19, notamment le prolongement du dispositif de chômage partiel, prendront fin à la fin de 2021, lorsque la priorité de la politique économique sera alors surtout d’influer sur la reprise. La remise en vigueur de la règle du frein à l'endettement est attendue pour 2023. Selon les projections, le déficit primaire sous-jacent devrait diminuer de 1.4 points de pourcentage du PIB entre 2021 et 2023. La politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne continue de soutenir la demande agrégée. Les aides accordées au titre du programme Next Generation EU pour la reprise et la résilience serviront à lutter contre les effets du changement climatique, accélérer la transformation numérique, renforcer les services de santé et réduire les obstacles aux investissements. La moitié de ces aides environ devrait être dépensée d’ici 2023. Un prix de 25 EUR la tonne de CO2 est entré en vigueur en 2021 pour les secteurs du transport et du chauffage des bâtiments, contribuant à hauteur d'environ 0.3 point à l’inflation de cette année, sachant que ce prix sera par la suite relevé progressivement en 2022 et 2023.

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


 81

Une reprise vigoureuse est en cours La consommation privée devrait ralentir à court terme du fait de la recrudescence des cas de contamination par le COVID-19, mais bénéficiera en 2022 du rattrapage de la demande, de la solidité du marché du travail et du retour graduel à la normale de l'activité dans les services. Les exportations progresseront au même rythme que la demande extérieure à mesure que les contraintes affectant l’offre s’allégeront peu à peu. L’investissement des entreprises va augmenter sous l’effet de conditions de financement favorables et d’une utilisation accrue des capacités, mais sera bridé à court terme par l’impact des difficultés d'approvisionnements au niveau mondial sur la production de biens d’équipement. L'inflation fléchira probablement en 2022, à mesure que s'estompera l'effet de base des réductions de TVA de 2020, mais la lente répercussion des hausses des prix du gaz sur les consommateurs maintiendra l'inflation à un niveau élevé. La croissance des salaires nominaux s’accélérera en réponse à la hausse des prix et à la revalorisation attendue du salaire minimum. Après avoir augmenté de 14 points pendant la crise, la dette publique en pourcentage du PIB diminuera à partir de 2022 sous l’effet du recul des déficits et d’une plus forte croissance nominale du PIB. La recrudescence des cas de COVID-19 pourrait freiner considérablement la consommation privée, en particulier si des mesures très restrictives étaient imposées. Les demandes généralisées de revalorisation salariale et l’aggravation des pénuries sur le marché du travail (alors que l’offre de main-d’œuvre est limitée par la baisse de l'immigration) risquent d’enclencher une spirale inflationniste. En outre, une vague de faillites pourrait se produire une fois que les programmes publics de soutien au crédit auront pris fin. En revanche, si les contraintes affectant l’offre s’allègent plus tôt que prévu, les exportations pourraient augmenter plus rapidement pour répondre à la vigueur de la demande.

Stimuler l’investissement dans les infrastructures et favoriser les transitions professionnelles Stimuler l’investissement dans les infrastructures contribuerait à accélérer la transition énergétique et la transformation numérique tout en encourageant l’investissement privé. À cet effet, il est nécessaire de simplifier les procédures de planification des infrastructures, de renforcer les procédures de passation de marchés publics grâce à une meilleure collecte des données, d'accroître le soutien financier apporté aux projets d’investissement locaux de qualité et de recourir à l'analyse coûts-avantages via un organe consultatif indépendant spécialisé. Le prolongement du dispositif de chômage partiel durant la crise a considérablement réduit les pertes d’emplois. Néanmoins, certains salariés ont perdu leur emploi, en particulier ceux avec des bas salaires qui occupent souvent des postes non éligibles à ce dispositif. La fin du chômage partiel favorisera les nécessaires redéploiements de main-d’œuvre et de capital, mais risque de fragiliser un plus grand nombre de ménages. L’amélioration des politiques actives du marché du travail, en particulier la formation, pourrait faciliter les transitions professionnelles vers des emplois plus rémunérateurs. La transition écologique est la clé du programme de relance, mais l'Allemagne dispose encore d'une large marge de manœuvre pour optimiser le coût et l'efficacité de ses mesures d’atténuation du changement climatique. Elle pourrait, par exemple, uniformiser davantage la tarification des émissions tout en favorisant la consommation d’électricité d'origine renouvelable dans les transports et les bâtiments, en abaissant les taxes sur l’électricité et en développant des infrastructures respectueuses de l’environnement.

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES DE L'OCDE, VOLUME 2021, NUMÉRO 2 : VERSION PRÉLIMINAIRE © OCDE 2021


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Perspectives économiques de l'OCDE : Allemagne - décembre 2021 by OECD - Issuu