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Réduire les coûts des transferts d'argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement

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Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement Outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone franc

Tools and Financial products for the Maghreb Region and the CFA Franc Zone

Reducing the Cost of Migrant Remittances to Optimize their Impact on Development:


Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : Outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone franc


RéduiRe les coûts des tRansfeRts d’aRgent des migRants et optimiseR leuR impact suR le développement outils et pRoduits financieRs pouR le maghReb et la Zone fRanc

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Résumé exécutif Les envois d’argent des migrants constituent

Le volume des envois d’argent, leur stabilité et leur

une

des

résilience en font une source capitale du

source

importante

de

financement

économies de nombreux pays en développement.

financement d’une croissance inclusive des pays

Dans ces pays, de larges couches de la population

africains destinataires, et la base potentielle d’un

bénéficient

partenariat et d’un développement solidaire entre

de

ces

transferts

de

fonds

et,

certaines seraient dans la précarité si elles en étaient

pays d‘origine et pays de résidence

privées. D’autres voient dans ces flux financiers de

véritables

une

solidarité

opportunités organique

se

d’affaires.

Aussi

Fait notable, les envois d’argent des migrants tendent

crée-t-elle

entre

à rester stables, même en situation de forte crise

envoyeurs et récipiendaires, qui va au-delà de la

économique et financière des pays de résidence – à

simple relation parentale directe, les premiers ayant

l’instar de celle née en 2008 –, et s’avèrent moins liés à

une sorte d’obligation morale durable vis-à-vis des

la conjoncture que l’aide publique au développement

seconds.

(APD) et les investissements directs étrangers (IDE). Flux financiers vers l’Afrique (en milliards $)

Sources : Département des statistiques de la BAD ; Base de données en ligne de la CNUCED ; OCDE.


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Cette solidarité et ce sentiment de devoir moral

Réduire les coûts des envois d’argent permettrait

semblent devenir trans-générationnels : les générations

de faire en sorte que ces transferts contribuent

nées dans les pays d’accueil, y compris les enfants qui

davantage à l’amélioration des conditions de vie

y ont acquis la citoyenneté pleine et entière, continuent

des populations récipiendaires et au dévelop-

de contribuer de différentes manières au maintien des

pement des pays destinataires

liens hérités de leurs parents et à envoyer de l’argent. Cela se vérifie en particulier dans les pays du Maghreb

L’analyse des marchés, pris dans leur diversité, tend

central et de la Zone franc, qui font l’objet de cette

à démontrer que les coûts des envois d’argent

étude1.

demeurent élevés, outre le fait que l’offre de produits et de services financiers ne répond que partiellement

L’étude a porté sur cinq pays récipiendaires :

aux

Cameroun, Comores, Maroc, Sénégal et Tunisie

récipiendaires. Or les ressources mobilisées au titre

attentes

tant

des

envoyeurs

que

des

– tous en lien avec un pays source de flux, la France.

des envois d’argent pourraient être autrement plus

Le choix de ces pays s’est fondé sur le niveau

importantes, si les frais d’envois étaient moins élevés

fortement différencié des marchés des envois

et si l’offre de produits et de services étaient

d’argent. L’étude traite d’un pays où les envois

davantage adaptés aux besoins et aux attentes des

continuent

voies

concernés. Ainsi accrues, ces ressources pourraient,

d’emprunter

largement

les

informelles (les Comores) et d’un autre où l’essentiel

tout à la fois, davantage contribuer à améliorer les

des transferts suivent le canal bancaire (le Maroc),

conditions de vie des bénéficiaires directs et à

aborde des pays en position intermédiaire, où

renforcer les économies des pays destinataires.

dominent les envois en cash transitant par des sociétés de transfert d’argent (Cameroun et Sénégal2)

Ce rapport examine les moyens de réduire les coûts

– avec, toutefois, des différences quant au rôle des

des envois d’argent des migrants et d’optimiser leur

intermédiaires locaux, le poids des institutions de

contribution à un développement solidaire, fondé sur

microfinance s’avérant plus important au Sénégal, et

un véritable partenariat entre les opérateurs des

celui des commerçants moindre.

systèmes financiers dans les pays d’origine et de

1 Cette étude s’inscrit dans la continuité d’autres activités et travaux initiés par la Banque africaine de développement (BAD), avec l’appui de la France : l’étude Migrations et développement, un enjeu de développement (2007) ; le lancement de l’initiative de la BAD « Migration et développement » (2008) ; la création d’un fonds fiduciaire multilatéral dédié, le “Fonds Migration et Développement”, dont la France est le premier contributeur (2009) ; l’organisation d’un programme de renforcement des capacités des opérateurs du secteur financier dans les pays du Maghreb central et de la Zone franc (2009). 2 Bien que tous deux puissent être considérés comme étant représentatifs de nombreux autres pays africains, la réalité du continent est bien plus complexe. Ainsi, les résultats de l’étude, ses conclusions et ses recommandations, ne sauraient être utilisés tels quels dans des pays où persiste un conflit (comme la Somalie) ou dans des Etats fragiles (comme la Guinée-Bissau).


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résidence. Il recommande la promotion d’innovations

• des propositions de produits et services financiers

financières, assorties d’une adaptation des cadres

innovants, qui tiennent compte du recours

réglementaires, dans l’esprit des objectifs arrêtés par

croissant aux technologies de l’information et de la

le G20 et le CICID3.

communication (TIC) ; • des recommandations susceptibles d’aider à

Bien connaître les marchés des transferts et le

réduire les envois informels, à baisser les coûts des

contexte local est un prérequis pour opérer des

transferts, à

accroître la transparence dans le

changements vertueux, qui aillent dans le sens d’une

fonctionnement des marchés et leur dynamisme,

baisse des coûts des envois d’argent et d’une

notamment en introduisant de nouveaux produits

meilleure prise en charge des attentes des envoyeurs

et services bancaires et financiers.

et des récipiendaires. Pour l’heure, la structuration et les caractéristiques Bien connaître les marchés des transferts et le

des marchés d’envois d’argent militent en faveur

contexte local est un prérequis pour opérer des

d’une stabilisation des coûts des transferts à un

changements vertueux, qui aillent dans le sens

niveau relativement élevé.

d’une baisse des coûts des envois d’argent et d’une meilleure prise en charge des attentes des

Les marchés d’envois d’argent dans ces pays ont

envoyeurs et des récipiendaires

pour principales caractéristiques : • le poids relativement important des transferts en

Cette étude expose le contexte général des transferts

espèces dans tous les pays analysés ; les banques

d’argent vers les cinq pays ciblés. Elle comprend :

sont souvent un passage obligé pour achever de

• l’analyse des marchés formels ;

dénouer ces opérations ;

• l’inventaire des dispositions réglementaires et juridiques qui les régissent ; • l’évaluation des produits et services bancaires et non bancaires offerts ;

• le recours croissant, mais encore timide, à d’autres produits de transferts, notamment le transfert de compte à compte4, avec paiement d’une partie en espèces aux récipiendaires ;

3 Comité interministériel de la Coopération internationale et du Développement (France). 4 L’envoyeur étant le titulaire des deux comptes.


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• l’augmentation sensible de l’offre de produits de bibancarisation classique ; • l’intérêt porté aux envoyeurs

instances les

d’argent5

est le fait

quasi-exclusif des intermédiaires financiers6.

internationales

pratiques

actuelles

telles

6

que

répondent

à

le

G20,

d’autres

logiques. Or celles-ci poussent à une stabilisation des coûts des transferts à un niveau élevé, bien supérieur à ceux que le G20 avait arrêtés pour

Tout cela influe directement sur l’inclusion financière et

l’horizon 2014.

la bancarisation des populations bénéficiaires des transferts - d’où une préférence marquée pour les

Le contexte actuel exige une coopération, tant

envois d’espèces, notamment. Cette logique rencontre

internationale que régionale, renforcée et élargie,

celle des intermédiaires opérant sur le marché, banques

et un dialogue suivi avec les opérateurs de

comprises : pour eux, ces opérations demeurent

marchés des transferts

simples, peu coûteuses, sans risque et fortement

Objectif : faire baisser davantage les coûts et

rémunératrices. De ce point de vue, la baisse des coûts

promouvoir l’inclusion financière et la bancarisation

initiée par les différents intermédiaires (sociétés de

des populations bénéficiaires

transfert

d’argent,

banques

et

institutions

de

microfinance) procède davantage d’une stratégie de

A l’heure actuelle, la tendance est donc à la

captation, de maintien, voire d’augmentation des

stabilisation et non à la baisse des coûts des

marges (dans une logique de fidélisation de la clientèle),

transferts. Voilà pourquoi une action des Etats à

que d’une réelle volonté d’inclusion financière et de

l’échelle nationale, régionale et multilatérale, se justifie,

bancarisation des récipiendaires. Leurs marges

si l’on veut parvenir à réduire ces coûts et promouvoir

bénéficiaires restent largement appréciables, et

l’inclusion financière, en se basant sur les conclusions

pourraient encore baisser sans pour autant affecter la

et les recommandations des Sommets du G8 de

rentabilité de leurs opérations.

l’Aquila et du G20 de Nice. Sans doute faut-il mettre l’accent aux plans régional et sous-régional, car les

Ainsi, tout en s’inscrivant dans la problématique

coûts des transferts se révèlent encore plus élevés

de la baisse des coûts, dont sont convenues les

entre pays africains – entre pays voisins y compris.

5 A l’exception des banques marocaines, qui s’intéressent également aux logiques qui animent les récipiendaires dans les pays d’origine. 6 Voir, notamment, « G20 Leaders Commit to Further Efforts to Promote Financial Inclusion Through the GPFI » (http://bit.ly/1kalWBT); GPFI Report to the Leaders, Sommet du G20, Cannes, 5 novembre 2011 (http://bit.ly/1nApYF5) ; G20 Financial Inclusion Experts Group - ATISG Report, Innovative Financial Inclusion – Principles and Report on Innovative Financial Inclusion from the Access through Innovation Sub-Group of the G20 Financial Inclusion Experts Group, 25 mai 2010, (http://bit.ly/1fQ3Fut).


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Etats du Maghreb et de la Zone franc et, au-delà,

Cette évolution doit s’accompagner d’une action

l’ensemble des pays du continent africain, profiteront

concertée entre les autorités concernées dans les

certainement des travaux du Partenariat global pour

pays d’origine et de résidence, afin d’assurer une

l’inclusion financière (GPFI) du G20. La mise en œuvre

baisse significative des coûts et renforcer

des principes généraux d’inclusion financière énoncés

l’inclusion financière, faire reculer les transferts

par le GPFI contribuera au renforcement de leurs

informels et réduire les risques de blanchiment

systèmes financiers respectifs et à leur élargissement.

d’argent et de financement du terrorisme7

7

Aussi gagneraient-ils à participer encore plus activement aux travaux du GPFI, notamment pour ce qui concerne

L’étude a identifié cinq types d’opérateurs actifs sur

les aspects réglementaires et de standardisation. Au

les marchés des transferts, ou susceptibles de le

même moment, vu le rôle potentiellement structurant et

devenir :

inclusif des envois d’argent dans les pays récipiendaires

• les sociétés de transfert d’argent (STA) ;

et l’importance que lui confère le groupe de

• les banques et La Poste ;

développement du G20 (sous le pilier 6), les travaux du

• les institutions de microfinance (IMF) ;

GPFI gagneront à y accorder plus de poids, notamment

• les opérateurs de téléphonie mobile (OTM) et les

dans le cadre de la promotion de l’inclusion financière

autres sociétés maîtrisant les technologies de la

dans les pays concernés.

monétique ; • les acteurs des marchés financiers et boursiers.

Les

marchés

d’envois

d’argent

sont

très

dynamiques. Ils affichent une hausse continue des

Sur certains marchés comme le Sénégal et le

flux en jeu et une diversification des profils des

Cameroun, des STA locales se sont développées ces

intervenants, entraînant plus de compétitivité et de

dernières années et tendent à tirer les coûts d’envois

transparence et, partant, une baisse relative des

vers le bas. Cependant, elles n’ont pas encore

coûts et une plus grande offre de produits et

l’envergure pour entamer la quasi-hégémonie des

services dédiés

majors, qui continuent de bénéficier d’une position

7 Bien que l’étude ne considère que les pays cités, ces caractéristiques se retrouvent dans d’autres régions du continent, y compris dans les pays en conflit et les Etats fragiles (comme la Côte d’Ivoire).


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privilégiée, notamment auprès des banques et des

transferts sur téléphone mobile et le recours au

postes. Parmi les STA, le comportement des majors

“m-paiement” (paiement mobile)8.

diffère de celui des sociétés locales, beaucoup plus jeunes et d’implantation plus limitée. Les banques et

Prêter plus d’attention à ces jeunes acteurs, à leur

La Poste ont pris conscience de l’importance des

encadrement et leur accompagnement contribueront

envois d’argent et des commissions que ceux-ci

à renforcer les systèmes financiers des pays

peuvent générer : en s’appuyant notamment sur les

récipiendaires. Ils auront également un impact positif

nouvelles technologies, elles tentent de diversifier leur

sur les transferts formels et en matière de lutte contre

offre, mais, globalement, celle-ci reste limitée et peu

le blanchiment d’argent et le terrorisme..

compétitive. Les grandes institutions de microfinance s’intéressent, elles-aussi, de plus en plus à ce marché:

La mise à niveau des cadres réglementaires et de

pareillement, elles essayent de diversifier leur offre et

supervision favorisera la diversification de l’offre de

de capter une partie de ces ressources, en portant

services et de produits financiers. Cela aidera à

leur attention sur les primo-arrivants en particulier.

renforcer la concurrence, à réduire les coûts de

Certaines se sont alliées à des STA locales opérant au

transfert et à stimuler l’innovation financière

plan régional ou international. D’autres tentent d’obtenir le statut d’établissement de paiement

La clause d’exclusivité est en net recul dans

européen, en cherchant à acquérir des petites

l’ensemble des marchés observés, pas seulement du

structures existantes qui éprouvent des difficultés à se

fait de l’apparition de nouveaux acteurs et de

maintenir. En même temps, elles cherchent à nouer

l’évolution desdits marchés, mais aussi et, pour

des partenariats avec des institutions financières et

grande partie, du fait d’une action énergique des

des établissements bancaires européens. Pour faire

autorités monétaires et de la publicité que font des

face à cette concurrence et conserver leur pole

sites Internet comme celui de l’AFD, “envoidargent.fr”.

position, les majors s’associent avec des banques, les

Cependant, la mise en œuvre de levée de la clause

postes et des compagnies de téléphonie mobile, afin

d’exclusivité demeure partielle, et souvent empreinte

d’offrir des produits complémentaires, à l’instar des

de formalisme ; d’une part, parce qu’elle ne fait pas,

8 On entend par “paiement mobile” ou “Mobile Payment“ (m-paiements) toutes les transactions effectuées depuis un téléphone

mobile et débitées soit sur la carte bancaire, soit sur la facture opérateur, voire sur un porte-monnaie électronique.


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partout, l’objet d’un suivi et d’une supervision

se soucient, légitimement, de s’assurer de la conformité

régulière ; d’autre part, parce qu’elle n’exclut pas la

des

transactions

avec

les

recom-mandations

préférence donnée à un opérateur en particulier, à

internationales, notamment celles du Groupe d’action

l’instar de la Banque postale en France ou de La Poste

financière (GAFI) et du Comité de Bâle. Pourtant,

en Tunisie ; enfin, parce qu’elle ne s’accompagne pas

certaines dispositions devraient faire l’objet d’une

toujours de la publicité et de la sensibilisation

attention

nécessaires dans les pays africains

étudiés9.

particulière,

face

aux

risques

de

développement du marché informel ou de stagnation des marchés, du fait de la contrainte réglementaire. La

Des mesures susceptibles d’encourager le marché à

sécurisation juridique des opérations de bibancarisation

diversifier l’offre de produits et de services alternatifs

ne semble donc pas optimale. Malgré des évolutions

et/ou complémentaires doivent être aussi envisagées,

positives, notamment dans l’UEMOA en matière de

notamment en ce qui concerne les produits d’épargne

microfinance, et dans certains pays, comme le Sénégal

et d’investissement. Considérés dans leur ensemble

et le Cameroun, pour l’utilisation des TIC et, plus

(pour répondre aux attentes tant individuelles que

largement,

le

développement

du

commerce

communautaires), ceux-ci peuvent en effet constituer

électronique, les cadres réglementaires exigent une

un vecteur de changement, entraîner une baisse plus

attention particulière. Les réviser et les mettre à jour

importante des coûts des envois d’argent et contribuer

conditionnent le renforcement et la diversification de

à une meilleure affectation des ressources transférées.

l’offre de services et de produits financiers, à même de permettre une baisse des coûts de transferts et une

L’étude montre que les cadres réglementaires

meilleure mobilisation de l’épargne au service du

demeurent relativement rigoureux dans la valorisation

développement. Certaines autorités de régulation et de

de l’épargne des envoyeurs d’argent, notamment sous

supervision (telle que celles de l’UMOA et, par certains

la forme d’investissements productifs. Les pays

aspects, de la CEMAC) inscrivent leurs actions en ce

accordent la primauté à la stabilité des économies et

sens. Il convient, pour les autres, d’en tirer avantage.

des systèmes financiers nationaux ainsi qu’à la

Pareillement, le dialogue et la concertation entre

protection des bénéficiaires des services financiers. Ils

régulateurs et superviseurs des pays de résidence et

9 Les informations partielles recueillies semblent indiquer que cela prévaut également dans bon nombre d’autres pays africains.


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des pays récipiendaires s’imposent pour progresser

• les produits d’accompagnement de l’investis-

dans cette dynamique. Cela ne s’applique pas

sement collectif des associations de diasporas ;

uniquement aux seuls pays de l’OCDE, mais également

• les produits d’investissement institutionnels à long

au sein même du continent africain10.

terme (boursiers, bancaires et financiers) ; • les services et produits faisant appel aux TIC pour

La diversification des services et produits financiers

le transfert d’argent Nord / Sud via le “mobile

et

banking”, le développement de la monétique et de

le recours plus intensif aux nouvelles

technologies sont à même de contribuer à faire

“l’e-banking“.

baisser les coûts d’envoi d’argent et à renforcer l’inclusion financière

Ces produits et services aident à accroître la bibancarisation13 des migrants, à renforcer les sys-

L’étude montre que la baisse des coûts ne peut

tèmes bancaires des pays d’origine, à réduire l’usage

s’obtenir par la seule levée de la clause d’exclusivité.

d’espèces (et partant, les opérations de transfert en

Elle s’avère conditionnée à la diversification des services

espèces) et de l’informel, et à mobiliser davantage

et des produits d’appel financiers et technologiques,

d’envois d’argent par les pays d’origine.

susceptibles de mieux répondre aux attentes des acteurs aux deux bouts de la chaîne des transferts, envoyeurs et bénéficiaires des transferts.

Pour l’heure, l’offre en la matière est inégale d’un marché à un autre. Tous les pays tendent à offrir à leurs nationaux résidant à l’étranger des produits disponibles

Quatre types de services et de produits financiers sont

sur leurs marchés respectifs, dans les mêmes

envisagés :

conditions offertes à la population locale. Malgré leur

• les services et produits d’amélioration des transferts

“classiques”11 ;

• les produits et services de bibancarisation12 ;

intérêt, ces produits n’offrent pas, pour l’essentiel, la possibilité de contracter des prêts dans les pays de résidence en faveur d’opérations dans les pays

10 L’existence de l’Association africaine des banques centrales devrait faciliter un tel exercice. 11 Transfert en espèces vers un compte avec possibilité d’une mise à disposition d’une partie en espèces, à partir du prélèvement effectué sur ce compte. 12 Les services et produits de bibancarisation : ouverture d’un compte à distance, à partir du pays de résidence dans le pays d’origine, octroi de crédits immobiliers dans le pays de résidence du migrant pour une acquisition dans son pays d’origine, mise en place de produits d’épargne dans le pays de résidence en vue d’investissement dans le pays d’origine et mise en place de produits d’épargne (notamment d’épargne logement) dans les pays d’origine pour les non-résidents. 13 Possibilité d’ouverture d’un compte non-résident dans le pays d’origine, gestion de ces comptes à distance, accès aux services de crédit et autres services financiers à partir de ce compte.


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d’origine14. Ceci limite encore les possibilités d’épargne

réglementation et de la supervision bancaires et non

et d’investissement des résidents à l’étranger. Le

bancaires.

succès limité de la bibancarisation classique et ses perspectives de développement conduisent à proposer

L’étude conclut sur cinq pistes à explorer, en vue

autre chose, en partie dans le cadre du développement

d’étoffer et renforcer l’offre en produits bancaires et

solidaire, et impliquent des adaptations réglementaires

non bancaires en direction des envoyeurs d’argent et

et législatives ainsi que de l’ingénierie financière. Il s’agit

de leurs communautés d’origine :

là d’un complément et non d’un substitut à la

• accroître le rôle des STA15 dans la prise en charge des envois d’urgence, dans une optique de

bibancarisation classique.

réduction des transferts informels et d’un Acteurs, nouvelles technologies, services et produits en faveur de la baisse des coûts d’envois d’argent,

de

l’inclusion

financière

et

du

développement solidaire : des pistes à explorer

renforcement de la concurrence sur ce marché ; • le renforcement de la bibancarisation traditionnelle, comme outil de bancarisation et d’inclusion financière dans les pays d’origine et de mobilisation de l’épargne transférée ;

A voir la diversité des situations observées aux

• la promotion de la bibancarisation solidaire comme

plans technique et réglementaire, il est indispensable

instrument de renforcement de l’intégration dans

de renforcer les échanges d’expérience et les

les pays de résidence, d’une plus grande

partenariats entre pays. Cela concerne, dans le

mobilisation de l’épargne des nationaux résidant à

cas présent, les pays couverts par l’étude – mais il y

l’étranger et des binationaux, au service du

aurait tout à gagner à englober d’autres pays

développement local et de la réalisation de leurs

s’inscrivant dans la même problématique, pays africains

projets individuels ;

et autres Etats membres de l’OCDE. Ces partenariats

• le renforcement des TIC au service de la

devraient notamment porter sur le volet de la

bibancarisation : le “mobile-banking”, “l’e-banking”

14 A l’exception du Maroc, où l’introduction est fort récente. 15 En portant une attention particulière aux STA ayant encore une envergure régionale et internationale limitée, et qui présentent un fort potentiel de croissance.


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et, plus largement, la banque à distance, comme

Le rapport esquisse les modalités pratiques de

outils de facilitation des envois d’argent et de la

mise

bancarisation ; • la promotion des produits financiers et boursiers,

en

œuvre

desdites

recommandations,

notamment à travers sa large diffusion, l’organisation de rencontres thématiques entre les partenaires

comme instruments de mobilisation de l’épargne

concernés, et la mise en place de groupes de

et du savoir-faire des nationaux résidant à

travail spécialisés – ce, avec l’appui des pays du

l’étranger et des binationaux, au service d’un

G20, la France en particulier, et des institutions

développement solidaire, du renforcement des

bilatérales et multilatérales de financement du

systèmes financiers et des économies des pays

développement, notamment la Banque africaine de

d’origine, et de leur meilleure intégration dans

développement

l’économie mondiale.

développement.

et

l’Agence

française

de


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