Universaliser et accélérer l’accès aux services de l’électricité durant la décennie grâce à la délégation de service public (DSP)
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Juillet 2023 N° 13
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 775 millions de personnes n’avaient toujours toujours pas accès à l’électricité en 2022. L’électrification progresse en Asie du Sud Est, insuffisamment en Afrique subsaharienne. L’électrification globale dans les économies en développement s’inscrit dans une double logique de distribution d’un service public marchand et d’un bien d’équipement d’intérêt public capitalistique. Le déploiement dans les années 2010 des technologies pay-as-you-go et la chute des prix du photovoltaïque (PV) ont relancé l’intérêt du secteur privé pour l’accès à l’électricité. Les initiatives privées, rarement menées en concertation avec les pouvoirs publics et dans un contexte institutionnel stable, montrent leurs limites, notamment en Afrique subsaharienne. Largement utilisée dans le secteur de l’eau, lui aussi non rentable dans des contextes similaires à ceux des régions non encore électrifiées, la délégation de service public (DSP) offre un cadre réglementaire et financier solide permettant de concilier les exigences des États et le besoin de visibilité nécessaire pour l’engagement du secteur privé. Déclinable pour les trois modes d’électrification (extension du réseau national, mini-réseaux et systèmes PV autonomes), elle est conçue pour s’inscrire dans la durée.
Depuis les années 1980, plusieurs réformes ont été menées pour déployer l’électrification. Les plus marquantes ont abouti au dégroupement des monopoles nationaux et à la création d’agences d’électrification rurale. Les objectifs de ces réformes étaient la diversification des sources de financement, le recours à de nouvelles formes de distribution et la mobilisation du secteur privé sur l’électrification des zones rurales. Les résultats n’ont cependant pas été ceux escomptés, et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, le dégroupement des sociétés nationales et la création des agences dédiées ont conduit à segmenter l’électrification en deux marchés : un premier, urbain, a priori rentable, et un second, rural, loin de l’être. En outre les acteurs publics sont rarement dotés des moyens humains et financiers nécessaires pour remplir leur mission d’électrification. Plus récemment, les attentes se sont tournées vers le secteur privé. Grâce aux avancées technologiques et à la baisse des coûts des systèmes PV, il était espéré que l’effet d’échelle suffirait à attirer les capitaux privés. Le secteur
Auteurs Gabriel CLAUTIAUX, Grégoire LENA, Christian De GROMMARD, Baptiste COMPAGNON