AU LOUVRE À PARIS Découvrez les coulisses du plus grand musée du monde avec ses ateliers des métiers d’art et son page 19 équipe qui travaille sans relâche Supplément gratuit
Spécial Louvre-Lens
CentrePompidou Les élus lensois ont tiré les enseignements du musée pages 22, 23,24 à Metz
Lareconquête Louvre-Lens
AMÉNAGEMENT Le point sur le chantier et les futurs accès au musée pages 2 et 3
ACCUEIL Quatre hôtels s’implanteront à Lens page 9
PORTRAIT Xavier Dectot, directeur du Louvre-Lens, se dévoile pour nous page 15
EMPLOI Les entreprises locales sont au rendez-vous de l’événement pages 11 et 12
TOURISME Comment le département se prépare à l’arrivée du Louvre-Lens pages 30 et 31
Gros plan Photo: Philippe Frutier
ENJEU La locomotive Louvre-Lens arrive dans un peu plus d’un an sur l’ancien carreau de mine, la fosse 9, à deux pas du stade Félix-Bollaert. Plus que sur le seul périmètre du Bassin minier, cet équipement est censé rayonner sur toute la région. Un défi d’envergure qui touche à l’aménagement, l’emploi et la culture. Dans ce supplément, les différents acteurs du projet vous donnent leur vision du LouvreLens, un géant qui ouvrira ses bras au grand public le 4 décembre 2012, jour de la sainte Barbe.
Retrouvez sur deux pages la vue aérienne du chantier avec toutes les explications sur les bâtiments, à quatorze mois de l’ouverture pages 16 et 17
02 LE LOUVRE-LENS EN DATES Mai 2003 : Début de la politique de décentralisationculturelle.
Novembre 2003 : CandidaturedeLenspour accueillir une antenne du Louvre.
29 novembre 2004 : Attribution par Jean-Pierre Raffarin du muséeàLens.
26 septembre 2005 : Sanaa est lauréat du concours d’architecture. Juin 2008 : Échec du 1er appel d’offres, le 2e appel d’offres est relancé enavril 2009.
4 décembre 2009 : Pose de la première pierre. Ouverture prévue pour le 4 décembre2012.Budget:150millionsd’euros.
Supplément réalisé avec le soutien des différents partenaires
Directeur de publication Pascal Dejean
Directrice commerciale Evelyne Dubaele
Rédaction Virginie Augeraud Aurélie Delforge Dorothée Caratini Christine Cerdeiro Camille Janik Gwenaëlle Défossez Adrien Justine Mélanie Louf Florence Pécriaux Claire Hohweyer Maxime Pruvost Mauricette Fay Mylène Réveille Marc Vasseur Nelly Dupré
Prépresse PAO du Groupe Nord Littoral
Imprimerie La Presse Flamande à Hazebrouck
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CHANTIER
Le musée visible de tous côtés Initialement prévu pour 30 minutes, le rendezvous avec Jean-Paul Batheux, chef de chantier, s’est prolongé d’une heure. Le temps nécessaire pour faire le point sur les travaux. ’abord des nouvelles du mur végétalisé entourant le site du muséeparc. La première mouture de l’équipement en terre armée n’avait pas donné toutes les satisfactions à la région, maître d’ouvrage. JeanPaul Batheux résume : « Nous avions trois priorités concernant le mur, sa sûreté, son esthétique et sa fermeture. » Le risque d’érosion suite à de fortes pluies et un problème de rendu n’ont pas rempli les deux premières conditions. Le constat date de septembre 2010. « Pendant des mois, on n’a plus touché au mur pour faire des études et retravailler le projet pour être vraiment sûrs sur différents points. » La destruction du pont PaulBert qui longe la clôture côté nord a constitué l’un de ces points tout comme la rigueur financière de ne pas dépasser le budget de 150 millions d’euros.
UN CHIFFRE
270
C’est le nombre de compagnons sur le chantier, hors maîtres. Un chiffre qui pourrait encore grimper.
D
Le murvégétalisé devrait être fini pour mars 2012 L’autre élément à prendre en compte dans la réflexion sur le mur végétalisé, c’est l’intégration depuis peu du bois pionnier, côté Liévin. « On a déplacé le surplus de
Jean-Paul Batheux est le chef de chantier du Louvre-Lens.
la terre du mur initial vers le sud et l’ouest du site. Actuellement, il y a une reprise du travail sur les clôtures sud et ouest. Pour l’heure, c’est le côté nord qui est en attente. Normalement, la totalité du mur devrait être terminée pour mars 2012, » détaille le chef de chantier.
À l’entrée principale du site, rue Paul-Bert, tous les bâtiments sont érigés, hormis le restaurant, la seule partie du musée à être encore invisible et dont les premières manœuvres sont attendues courant octobre. Les autres bâtiments s’af-
Maxime PRUVOST
Mobilier : veiller à la cohérence esthétique
Un musée, mais aussi un parc L’espace de verdure du site qui est un ancien carreau de fosse a constitué un atout majeur dans l’obtention du musée en novembre 2004. C’est Catherine Mosbach, architecte paysagiste, qui a la tâche d’aménager la partie parc qui englobera le musée.
« Il y a une relation forte entre le bâtiment et le paysage. L’un n’est pas la contrainte de l’autre. » Cette ambition, c’est Catherine Mosbach qui la formule et qui travaille en étroite collaboration avec les architectes japonais Ryue Nishizawa et Kazuyo Sejima de l’agence Sanaa. Le plus bel exemple de ce travail “main dans la main” est le choix de l’aluminium pour les façades, de façon à réfléchir le parc. D’où la notion de « musée parc » sur 22 hectares qui est
firment de jour en jour. Le bâtiment administratif de l’EPCC sera prêt à accueillir les employés le 2 novembre. Au pavillon de verre, la couverture est entièrement faite, les caniveaux posés et le ravoirage a été réalisé. Au niveau de la façade, toutes
les parois à double facettes vitrées ont été posées. La Galerie du temps a son enveloppe terminée. À l’intérieur, les caniveaux pour le soufflage d’air, le plancher chauffant et la chape en béton sont terminés. Sur ses fameuses parois courbées, les pattes d’accrochage pour la couverture d’aluminium sont posées à l’extérieur au nord et au sud. Ce n’est qu’en janvier que l’aluminium sera intégré. Au hall d’accueil, la structure de métal est terminée, les six bacs de couverture en forme de pente sont posés sur la toiture. Les parois vitrées sont posées au nord et à l’est. Ne reste que le sud et l’ouest. À l’intérieur, on voit les futures structures d’accueil (groupes, mécènes etc.). Le bâtiment des expositions temporaires a sa toiture posée. Il reste à mettre les caillebotis, de manière à casser les rayons de soleil sur les œuvres. À côté, la Scène est étanche. « D’ici mi-octobre, l’ensemble des bâtiments sera tel qu’il n’y aura plus de fuite et plus d’entrée d’air ou bien à la marge » conclut JeanPaul Batheux.
Quand on parle du chantier du Louvre-Lens, on pense à la construction des bâtiments, à la pose des vitres, à l’électricité…
Sur 22 hectares, superficie du site du Louvre-Lens, il y a du travail à faire. Même si le bâtiment du musée va constituer le cœur de la curiosité, la partie parc nécessite les plus grands soins. © D. R. inscrit dans le projet : « Le parc est étiré sur la longueur et issu de la destination du rail avec les wagons qui entraient et sortaient par le puits », souligne la Parisienne. Si le musée en tant que tel aura trois entrées majeures, le parc, lui, sera constitué de dix entrées. Les-
quelles se feront en douceur : « Ce ne seront pas des entrées royales. On entrera dans le bâtiment par la lisière. Tout est fait pour effacer les limites. » Sur le site, la technicienne veut profiter de l’existant : les arbres malades ont été abattus après études phytosanitaires mais à
côté des bouleaux ou des chênes “valides”, d’autres arbustes vont pousser. Un trésor à voir et à fouler à l’intérieur de la clôture végétalisée qui entoure le site. « Elle est en train d’être reprise en main, il y a eu des problèmes techniques », précise Catherine Mosbach (voir ci-dessus). M. P.
Mais ce musée aura également besoin de mobilier pour recevoir naturellement les œuvres, mais également le public. Et cette étape, Katia Lamy, chargée de mission aux Grands projets architecturaux au Louvre, travaille déjà dessus. « Actuellement, on s’occupe du mobilier mais aussi de la signalétique d’information et d’orientation dans le musée mais aussi du parc. Notre rôle est d’être attentif à une bonne adéquation par rapport au projet de départ et de le réaliser. Il faut veiller à une cohérence esthétique d’ensemble, à une cohérence avec l’architecture », explique Ka-
Katia Lamy, chargée de mission aux Grands projets architecturaux.
tia Lamy. Et ce mobilier comprend les chaises, les tables, les bureaux, les assises publiques des agents desurveillance… Et même les réfrigérateurs de la cafétéria. « Nous couvrons l’intégralité des espaces du musée : espace muséographie, réserves, cafétéria, le parc… » Un musée qui sera ainsi vêtu de son plus bel habit. V. A.
LE LOUVRE-LENS 03
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ACCÈS
Des cheminements dignes du Louvre Derrière les 22 hectares du Louvre-Lens, un autre chantier s’inscrit dans la longueur et en douceur. Le cabinet Desvigne associé aux ateliers de Portzamparc ont remporté l’appel d’offres lancé par Euralens. Le duo est chargé d’aménager les 1000 hectares autour du musée.
Une esplanade à la place de Garin-Zins
M
ichel Desvigne a le regard rivé sur Lenset son agglomération avec deux tâches simultanées à exécuter à court et à long terme : le cheminement de l’espace public vers le Louvre-Lens et le schéma directeur d’Euralens. Ce dernier volet sera examiné par l’ensemble des membres d’Euralens en commission le 21 octobre prochain. L’ampleur du périmètre (1 000 hectares) suppose des années de chantiers à venir.
Premiers aménagements sur la rue Jean-Létienne Aujourd’hui, la priorité estaux accès proches du Louvre-Lens qui sera doté de trois entrées (voir encadrés). « Aujourd’hui, le premier axe fort est la rue JeanLétienne en aménageant une voie de jardin par exemple. Cette rue est l’itinéraire vers le pont Césarine pour récupérer l’ancien cavalier et rejoindre le Louvre-Lens. » “Cavalier”, le mot est lâché, c’était des anciens rails qui
Sans aucune activité liée au cyclisme depuis des années, le vélodrome Garin va être détruit dans les mois qui viennent pour faire une entrée au Louvre.
Le duo Desvigne - de Portzamparc travaille sur les accès proches du Louvre. Que ce soit après le pont Césarine, la rue Létienne ou le parking Bollaert.© D. R.
« L’intérêt est que le paysage anticipe et accompagne les mutations d’une ville. » Michel Desvigne servaient à relier les puits entre eux. C’est le credo de Michel Desvigne : se servir de l’existant est l’un des choix opéréspar l’architecte paysagiste dans ce projet. Lors de la présentation du projet au concours, il n’avait d’ailleurs pas hésité à comparer le territoire minier décomposé comme un archi-
pel composé d’îles. Qu’il va mettre en couleurs. Même s’il reste des détails à corriger, le projet des accès proches a donc été validé par les instances concernées (Lens, Liévin et Loos-enGohelle et la CALL). « Nous venons de rendre les appels d’offres aux entreprises. Elles sont prêtes, nous sommes dans une situation d’organiser les travaux dans les prochains mois qui arrivent, » affirme même Michel Desvigne. Le coût de l’opération est estimé à plusieurs millions d’euros. Le plus grand périmètre à aménager se localise sur le terrain de Lens où douze millions d’euros vont être investis avec le concours de la région.
La date de livraison est connue : les aménagements des accès proches seront réalisés avant le 4 décembre 2012. Mais de manière générale, les dates et les échéances échappent à l’esprit de l’architecte-paysagiste. Question de philosophie : « Ce n’est jamais terminé. Transformer une ville, c’est très long, c’est une transformation permanente. L’intérêt, ce n’est pas d’attendre 30 ans et de regarder le No Man’s Land. L’intérêt, c’est justement que le paysage anticipe et accompagne les mutations d’une ville. » Comme le lierre qui s’enlace autour de la pierre. Maxime PRUVOST
Le vélodrome a vécu, les grandes compétitions de deux roues sont loin derrière, rangées au rayon souvenirs. Sans activités depuis des années, le vélodrome Garin va être détruit d’ici la fin d’année. Tout comme sa voisine l’ancienne entreprise Zins.
Des trois entrées, celle qui est prévue à la place du secteur Garin-Zins (allant de l’avenue Maës à la rue Bernanos) sera la dernière à être achevée. « On ne sera pas prêt pour le 4 décembre mais on va calmement réfléchir pour définir le paysage de ce secteur » estime Guy Delcourt. C’est un secret de polichinelle : une esplanade piétonnière est prévue. Mais comment l’aménager ?
Le Lensois imagine de l’hôtellerie quatre étoiles mais aussi des commerces de bouche avec terrasses ou encore des rendez-vous culturels du type Maisons Folies. Les desseins de chacun sur cette esplanade « sont également liés au passage du tramway » explique Michel Desvigne. Oui, mais voilà, suite à des désaccords entre le SMT et la CALL, le projet repart de zéro. Aujourd’hui, les différents programmes de mixité concernant le secteur Garin-Zins sont donc encore à l’état d’esquisse. Si les premiers coups de pioche sont prévus avant la fin d’année, le chantier ne débutera que courant 2012. « Comme au centre Pompidou à Metz, il y aura des grues lors de l’ouverture du Louvre. Ce n’est pas un drame » termine le maire. M. P.
L’indispensable qualité de la rue Paul-Bert Côté Liévin, bientôt un parking de 300 places
L’entrée principale du Louvre-Lens se fera rue PaulBert. Deux défis d’envergure se présentent à l’horizon 2012 : la destruction du pont Paul-Bert et la rénovation des façades des corons de la rue.
Le bailleur social Maisons et Cités réhabilite environ 2000 habitats de son parc par an. D’ici la fin de l’année, 48 de ses logements, rue PaulBert, vont subir des opérations de ravalement de façade : sablage et rejointoyage des briques pour un montant de 163 000 euros. « Des travaux légers de deux mois environ » soupèse Dominique Soyer, directeur du bailleur social, mais qui se révèlent indispensables. Ces logements avoisinent en effet le site du Louvre-Lens. De ce fait, une “norme” esthéti-
Les anciens cavaliers pourraient revenir à la mode en étant prolongés par des ponts qui enjamberaient la rue Paul-Bert. © D. R. que s’impose. Dans le même ordre d’idée, d’autres logements Maisons et Cités de la rue Parmentier vont avoir un bon coup de peinture. Au niveau du calendrier, Dominique Soyer attend l’autre volet des travaux concernant la rue Paul-Bert : la destruction de son pont. « On at-
tend le calendrier précis de la démolition du pont pour engager les travaux de façade, » expliquait-il. Un ordre qui paraît logique puisque la destruction aura deux conséquences sur le périmètre : beaucoup de gravats à déplacer (donc peu de place) et beaucoup de pous-
sière sur l’environnement immédiat (les maisons). Les appels d’offres ont été lancés début septembre et la destruction du pont devrait intervenir avant la fin de l’année. Une intervention lourde de trois mois. Le futur visage de la rue PaulBert sera ainsi métamorphosé avec un travail sur le parking Dumortier, non loin. En juillet dernier, JeanPierre Kucheida et Guy Delcourt imaginaient des petits jardins devant les logements Maisons et Cités concernés. La prochaine étape sera les liaisons entre le pont Césarine et le Louvre. Ainsi Michel Desvigne et Christian de Portzamparc ont imaginé une prolongation des cavaliers et la réalisation de ponts enjambant les rues Paul-Bert et Georges-Bernanos... M. P.
Le projet a été voté lors du dernier conseil municipal de Liévin. La zone d’aménagement concertée JeanJaurès va entrer dans la danse des mutations.
Au sud-ouest du chantier, l’intégration du bois pionnier est désormais une réalité. Dans le même périmètre, un grand parking de 300 places va voir le jour sur la ZAC. « C’est un beau projet » s’enthousiasme Michel Desvigne. « Il va desservir à la fois le Louvre-Lens mais aussi la Grande Cuisine où mangent des élèves scolaires de la ville de Liévin. C’est une solution équilibrée qui vapermettre à la fois une promenade vers le Louvre et un quai agréable pour les bus des enfants. C’est un pro-
M. Desvigne : « Ce parking va desservir les enfants et les visiteurs. »
gramme mixte qui sert à tout le monde. » Là encore, l’inspiration a été puisée des cavaliers au travers d’un cheminement piétonnier de l’est vers l’ouest. Au niveau du parking, un travail de paysagiste sera fait. Michel Desvigne dévoile quelques pistes : « On peut déjà imaginer des lignes plantées pour organiser le sationnement puis le cheminement... » M. P.
04 LE LOUVRE-LENS
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L'INTERVIEW I Daniel Percheron, président du conseil régional
« Réenchanter tout un territoire » « Nous aurons les deux grands ambassadeurs de l’art français »
Comment vous sentez-vous à unpeuplusd’unande l’inaugurationdumusée ?
C’est un projet magnifique, que j’ai souhaité d’une certaine manière. J’ai bien entendu hâte de le découvrir, de voir le chantier se conclure lors d’une belle inauguration. Avez-vous le sentiment que les habitants de la région se sont appropriéceprojet ? Iln’yapasbeaucoupd’équipements de ce type ailleurs. Nous avons voulu faire comme le Guggenheim à Bilbao, mais différemment. Làbas, la population est restée trèsméfiantejusqu’àl’inauguration. Ici, les sondages nous disent qu’une très large partie de la population est très fière de ce projet, surtout à Lens. Notreobjectifestderéenchanter tout un territoire. Ce n’est pas une usine de 3 000 emplois C’est un musée ! Nous
Daniel Percheron, président du conseil régional, est à l’origine du projet.
voulons accueillir des millions devisiteursetirriguerl’ensemble de la région avec le tourisme. Est-ce un pari difficile dans le Nord/Pas-de-Calais ? Est-ce que Botticelli au Louvre-Lens annonce la fin de l’époque minière ? “La Liberté guidant le peuple”, d’Eugène Delacroix, installée pendant un an à Lens, an-
nonce-t-elle la prospérité aux fils de mineurs et aux Lensois ? A priori, non, mais Delacroix ou Botticelli, c’est une chance, le prétexte pour mettre en mouvement toutes les bonnes volontés. C’est ce qu’il s’est passé à Bilbao ! Et puis il y a eu des priorités, la recherche, le développement. Il y a eu un déclic avec le Guggenheim. Comme lorsque Pierre Mauroy a fait Euralille et la
gareTGV.Ilafalluquinzeans pour qu’il réussisse son pari. Nous, c’est Euralens qui doit accompagner le développement. C’est l’occasion de refonder le Bassinminier ? L’arrivée du premier musée du monde nous le permet. Nous avons fait appel au plus grand architecte paysagiste du monde, Michel Desvigne.
AVEC LA RÉGION NORD-PAS DE CALAIS
LE LOUVRE SE CONSTRUIT À LENS
Ila résumé tous nosespoirs en une phrase. Il a dit, en étudiant la centralité lensoise : “Toutestlà,d’unarchipelnoir nous allons vers un archipel vert”. Faire la ville durable, c’est notre objectif, en se référant à la Ruhr allemande, où lesimmensesusinesontétéreconverties. En période de crise, la population a-t-elle besoin de plus deculture ? Avec le Louvre, nous avons pour la première fois la possibilité de nous reconvertir à l’économie résidentielle. Avec l’arrivée d’agents de l’État,la stabilitédes retraités, la curiosité des touristes qui apportent de la richesse à tous les habitants. Nous avons là une possibilité de développement économique important ! Avec Vimy, les chemins de mémoire… Avec Le Louvre à Lens et Versailles à Arras,nousavonslesdeuxmonu-
ments les plus visités du monde ! On réussit ce qui était inimaginable il y a dix ans ! Le Louvre et Versailles, lesdeuxambassadeursdel’art français… Intellectuellement, c’est un projet qui entraîne et sollicite l’ensemble du territoire, cela va créer une centralité formidable. Et à quelques kilomètres seulement d’un nouveau monument : nous allons lancer un appel d’offres pour créer au sommet de Notre Dame de Lorette un monument avec les noms de tous les morts d’Artois, toute nationalité confondue, de tous les continents. Entre Arras et Lens, nous aurons un territoire où seront réunis tous les chefs-d’œuvre universels, il fallait aussi un lieu de mémoire de la tragédie universelle. Et le projet “Mineurs du monde”,dequoi s’agit-il ? Nous allons rassembler sur tous les sites du Bassin minier lestémoignagesdela mine,de ceux qui y ont travaillé, pour les numériser. On va réaliser des fiches de chaque mineur. lesfilsetpetits-filspourrontretrouver leurs aïeux… Proposrecueillis parDorothéeCARATINI
© SANAA/Imrey Culbert/Catherine Mosbach - Crédit photos : francis.bocquet@photos-aeriennes.net
Daniel Percheron, président du conseil régional, sénateur du Pas-de-Calais, attend avec impatience l’ouverture du Louvre-Lens.
Ouverture du Louvre-Lens en décembre 2012 !
LE LOUVRE-LENS 05
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MAINTENANCE
Vincent Fourmestraux veille au grain Un musée ouvert six jours sur sept suppose une organisation sans faille. Cette tâche, prise en amont, Vincent Fourmestraux l’a acceptée. Il est en charge de la maintenance du site
La sécurité, un enjeu de taille Courant 2012, un glissement va s’opérer. Le statut de Vincent Fourmestraux va ainsi évoluer passant du poste de chef de projet maintenance et exploitation à la Région au poste de directeur de sécurité dans l’EPCC Louvre-Lens.
À
quatorze mois de l’ouverture officielle, aucun détail ne lui échappe. Sur le chantier, Vincent Fourmestraux se projette dans le temps. « Mon boulot, c’est de faire en sorte que le 4 décembre 2012, le LouvreLens soit exploitable sous trois domaines : économique, qualitatif et sécuritaire. » Le technicien qui a notamment été directeur technique de Lille Grand Palais connaît les exigences des bâtiments accueillant le grand public. Un credo : améliorer à coût moindre « Moi, ma difficulté, c’est que le musée ouvre à 8h30 et qu’il soit prêt. Il doit être nettoyé, chauffé et la restauration doit fonctionner », argumente-t-il. Alors depuis un an sur le chantier, il regarde, teste les produits qui seront utilisés par la suite à l’intérieur du musée avant de faire valider par la direction générale des équipements. « L’objectif est d’améliorer le quotidien du musée avec un coût moindre », tranche-t-il. Ce ne sont pas ses seules
Vincent Fourmestraux était auparavant directeur technique de Lille Grand Palais. Il connaît les exigences liées à l’accueil du grand public.
« Avec 700 000 visiteurs chaque année, on ne peut pas se louper, » Vincent Fourmestraux. tâches : il réfléchit également à l’agencement. Sur place, dans le hall d’accueil, il montre par des gestes précis les futurs emplacements promis aux billetteries (entre six et dix) et aux différents espaces collectifs. « On réfléchit également au flux du public à l’intérieur
du musée, le fait qu’il n’y ait pas trop d’attente etc. Avec une prévision de 700 000 visiteurs à l’année, on peut pas se louper. » Ainsi, Vincent Fourmestraux sait que la partie brasserie à l’intérieur du musée est loin d’être un détail dans la note finale qu’adjugera le public au musée après la visite. Il veut accorder le qualitatif et le quantitatif. Le relatif échec du centre Pompidou dans ce domaine lui a fait mesurer son importance : « Nous, on part du type d’assiette que l’on veut pour remonter vers la cuisine et l’équiper en conséquence. C’est toute une méthodologie de travail »
Hors du musée, c’est également lui qui aura un œil sur la partie entretien par des sous-traitants des espaces verts et la sécurité (voir ci-contre). Enfin, et c’est finalement ce que verra en premier le public. Les œuvres et par conséquent leur sécurité. « C’est en cours. Il faut d’abord définir le type d’œuvres qu’il y aura et où elles se situent. Le fait que ce soit sur un mur, un socle ou derrière une vitre change les efforts sur la sûreté. En fin d’année, on saura. » Le 4 décembre 2012, on verra. Maxime PRUVOST
Le boss de la sécurité, ce sera donc lui. Côté sud du chantier, vers la rue Bernanos, la voie dédiée aux pompiers est déjà visible mais n’a pas encore été goudronnée. « Ce sera fait courant mars/mai 2012, en fonction de l’hiver que l’on aura eu, » estime Vincent Fourmestraux, casque de sécurité vissé sur la tête et chasuble fluo sur les épaules. Deux personnes en permanencedanslelocalsécurité Accessible et visible, il n’y aura aucune barrière entre la voie et le reste du site du Louvre-Lens. Mais elle ne sera réservée uniquement qu’aux pompiers, policiers ou le Samu pour des cas d’urgence ou d’accident. L’organisation est déjà calculée : « On va avoir un PCS. C’est une pièce où tout ce qui est relatif à la sécurité est présent. » En permanence,
Vincent Fourmestraux devant la future voie dédiée aux secours.
la salle sera occupée par deux hommes. 365 jours sur 365, 24 heures sur 24. À leur disposition, une sorte de téléphone rouge en réseau avec une panoplie de secours. « En cas d’accident, la personne dans le PCS sera informée de tous les détails, nature de l’événement, de la blessure, du sexe de la personnes touchée, etc. pour mesurer l’importance de l’événement et téléphoner à qui de droit. » Forcément, la géographie sous-entendrait que les secours des pompiers seraient plutôt ceux de Liévin. Pas forcément, cela sera décidé au cas par cas. Espérons juste que cette allée ne soit pas utilisée tous les jours… M. P.
TECHNIQUE
ÉCONOMIQUE
Un magasin de près de 80 m² pour accueillir les stocks du futur musée
Gouverner, c’est prévoir
I Sous-sol
du Louvre-Lens, on arrive bientôt au magasin de stocks de 80 m². Pour l’heure, il est évidemment vide mais il va être par la suite rempli « des produits de première maintenance » explique Vincent Fourmestraux. Il poursuit : « On réfléchit à définir les objets prioritaires car stocker, ça coûte cher. C’est un jeu de balance à faire. » Par cela, le chef de projet maintenance et exploitation du Louvre-Lens entend : « Si je peux remplacer une poignée de porte dans la journée, ça ne sert à rien de le stocker. En revanche, les cartes électroniques que l’on trouve dans les systèmes de chauffage ou de climatisation sont à stocker. Ne serait-ce que pour le public ou la sécurité des œuvres. » M. P.
Le choix des équipements est fait avec soin.
Pour l’heure vide, le magasin sera vite rempli par du stock nécessaire.
I « Repositionner les économies autre part. Pas les éliminer. » C’est ainsi que Vincent Fourmestraux voit la chose quant au choix ultime des équipements à l’intérieur du Louvre-Lens. Il donne un exemple concret : « Prenez un sèchemains. Nous allons prendre des appareils qui sèchent les mains de façon très rapide en dix secondes. Premièrement, il y aura moins d’attente au niveau du public que pour un matériel qui sè-
che les mains en trente seconde. Deuxièmement, au fond de ces appareils, il y a un petit récipient pour que les mains n’égouttent pas le sol. Car si celui-ci est sale trop fréquemment, les agents de nettoyage devront passer plus souvent. Or, s’il y a moins de passages, je peux envoyer l’agent pour une autre tâche à faire comme nettoyer les vitres. On va peut-être acheter du matériel plus cher, mais qui, à terme, va nous faire faire des économies. » CQFD.
06 LE LOUVRE-LENS
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STATUT
L’option EPCC choisie pour le musée Un sigle, une fonction, un objectif. L’EPCC, l’établissement public de coopération culturelle, est la structure qui a été choisie et qui aura pour mission de gérer le Louvre-Lens.
TROIS QUESTIONS À Louvre. Cette convention de fonctionnement est en cours. Elle est faite de manière collégiale et sera conclue pour la fin d’année. Les grands principes seront actés.
I
l existe le même procédé au centre Pompidou à Metz. À Lens, le choix a été validé au niveau du conseil communautaire de l’agglomération de LensLiévin.
Dialogues entre Lens et Paris Plusieurs personnalités le composent dont Xavier Dectot qui en a été nommé directeur à l’unanimité le 28 mars 2011 au terme du conseil d’administration à la Maison du projet. Le LouvreLens faisant partie de la politique de décentralisation culturelle, on retrouve donc parmi les membres de l’EPCC d’autres acteurs du territoire comme Daniel Percheron (président de Région), Dominique Dupilet (président du Département), Jean-Pierre Kucheida (président de la CALL) ou encore Guy Delcourt (maire de Lens). Sans oublier Henri Loyrette, président-directeur du Louvre, car l’EPCC reste tout de même en étroite relation avec le Louvre à Paris, « no-
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VALÉRIE FOREY DirectriceduprojetLouvre-Lens. Direction de la maîtrise d’ouvrage.
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Parmi tous les membres de l’établissement public de coopération culturelle (EPCC), on retrouve de nombreux acteurs du territoire .
« L’EPCC, c’est le Louvre-Lens. » Xavier Dectot, directeur du musée lensois tammentpour le choix des tableaux parisiens qui seront exposés au Louvre-Lens. L’EPCC y participe et fait des propositions mais c’est bien Paris qui décide en dernier ressort », complète Xa-
vier Dectot. Un dialogue entre Paris et Lens devrait donc toujours être entretenu. Toutefois, l’EPCC est bien une structure autonome, qui a une mission définie dans le cadre du projet scientifique et culturel élaboré par le Louvre Paris. Ainsi, c’est bien l’EPCC qui décidera de bien des choses de la vie du musée. « Notre mission au sein de l’EPCC se décline sous différents angles », note Xavier Dectot. Renouvellement de la Ga-
lerie du temps tous les cinq ans, organisation des expositions temporaires, programmation de la Scène, appropriation du musée par la population via la communication et la médiation, etc, seront du ressort de l’EPCC. « C’est nous qui avons les clés », affirme Xavier Dectot, n’hésitant pas à simplifier la chose : « L’EPCC, c’est le Louvre-Lens. C’est le nom de la structure administrative du LouvreLens. » Vu sous cet angle, l’EPCC est alors essentiel. Maxime PRUVOST
Comment vont se dérouler les relations entre l’EPPC et Paris ? C’est un grand sujet. Le Louvre Paris définira le programme scientifique et culturel et Lens (l’EPPC) sera chargé de la mise en œuvre de ce programme. L’un des chantiers sera de définir une convention de fonctionnement entre Paris et Lens, qui reprendra les missions et qui éclaircira le rôle de chacun. Le Louvre-Lens devra prendre en compte le contexte régional, car 50 % du public sera de la région. Des politiques des publics, de communication, de marketing… seront concrètement mises en œuvre, en adéquation avec la politique du
Rappelez-nous quelle seralapolitiquetarifairelapremière année ? Le pavillon de verre et la Galerie du temps seront gratuits un an. C’est l’un des moyens mis en place, afin de faire en sorte que le public régional puisse s’approprier le musée. Le parc, aussi gratuit, sera également un levier d’appropriation.
3 Quels sont vos prochaines étapes de travail ? Il y a la finalisation de tous les appels d’offres ; poursuivre le suivi des différents chantiers comme le chantier des collections avec le déplacement des œuvres ; organiser le marché pour le transport. Certaines œuvres devront, avant, subir une opération de restauration. Il y aura ensuite le transfert des œuvres. Puis il y aura aussi l’accompagnement pour une montée en puissance du LouvreLens. Il faudra également constituer une équipe etc. Propos recueillis par Virginie AUGERAUD
I
ENVIRONNEMENT
Un poumon vert financé par la Région La construction du LouvreLens est dévoreuse d’espaces, vingt-deux hectares au total. Pour compenser cette perte d’espaces verts, la Région a décidé de financer deux nouveaux espaces boisés dans la région Nord/Pas-de-Calais. Une région qui est déjà en déficit d’espaces verts. « Alors il était important de compenser cette perte », explique-t-on du côté des services de la Région. Deux projets ont été retenus, dont celui de la création du Bois du Monchet à Beuvry. Emmanuelle Leveugle, adjointe à l’environnement de cette commune du Béthunois, explique : « Au début, nous souhaitions intégrer l’espace du Monchet dans le projet de trame verte, mais on a eu écho d’une possibilité de reboisement offerte par la Région. On savait que le conseil régional cherchait des terrains pour du reboisement, sans pour autant empiéter sur les terres agricoles. On a donc postulé. »
Un bois aux essences régionales Sur l’ancien terrain abandonné - qui était autrefois une carrière - plus de 4 500 plants vont être mis en terre. « On a choisi uniquement des essences régionales », précise l’adjointe. Cette contrainte fait partie du cahier des charges imposé par la Région. Autre contrainte imposée, il fallait un terrain de quatre hectares. Or le futur bois du Monchet ne dispose que de 3,20 hectares. « On a donc décidé de créer un petit bois derrière les actuels services techniques pour arriver aux 38 000 m² demandés. » Le boisement a été mûrement réfléchi. « On a décidé d’y planter des jeunes pousses qui vont permettre une meilleure reprise - des arbrisseaux de 60 à 90 cm -, avec un total de plus de 4 500 plants », souligne-telle. Des espèces régionales y seront plantées comme des
Le “Bois du Monchet” prendra forme ici dans le quartier du Monchet.
troènes, des fusains, des prunelliers, des chênes, des églantiers, etc. « On va installer en lisière des arbres de façon assez dense afin de protéger les espèces. » Côté budget, le bois qui ne coûtera rien à la commune, car l’intégralité du reboisement est prise en charge par le conseil régional. Un bois qui profitera aux Beuvrygeois : « Ce côté de Beuvry manquait d’espaces verts et on souhaitait y remédier. Mais, on veut que ce bois puisse servir aux habitants, c’est pourquoi on va installer un chemin piétonnier pour que l’on puisse y faire des balades », indique-t-elle. Un bon moyen de faire cohabiter la nature et les hommes. « Le travail de plantation ne devrait pas tarder, car c’est la bonne période pour planter les arbres. Sinon, il faudra attendre le mois de mars », indique Emmanuelle Leveugle. Marc VASSEUR
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TOURISME
Un nouvel office pour l’été 2012 D’abord, l’espoir pour tout office du tourisme de voir s’ériger le LouvreLens sur son territoire. Ensuite, la professionnalisation avec entre autres l’acquisition du Label pays d’art et d’histoire en 2008 au titre communautaire. Enfin, la cerise sur le gâteau et un nouveau bâtiment promis rue de la Gare à Lens.
C
ôte à côte, Élisabeth Watine et SophieMaurand, présidente et directrice de l’office du tourisme et du patrimoine de LensLiévin dressent le calendrier événementiel assez dense pour les années à venir. Les perspectives qui s’annoncent sont alléchantes : l’attribution du label Unesco au site du 11/19 prévue normalement pour juin 2012, les Jeux Olympiques de 2012, le centenaire de la Grande Guerre en 2014, l’Euro 2016… Et comme un halo de lumière autour de cela : le Louvre-Lens.
tourisme et du patrimoine de Lens-Liévin s’attelle donc à compléter un vaste échiquier de sorties touristiques. « Aujourd’hui, nous sommes à 50 visites par an sur dix thématiques différentes », avance Sophie Maurand.
Sophie Maurand et Élisabeth Watine ont bien sûr en ligne de mire l’arrivée du Louvre-Lens. Un rendez-vous parmi beaucoup d’autres sur le territoire.
Du 29 novembre 2004 au 4 décembre 2012 - entre l’annonce et l’ouverture du musée - c’est huit années qui se seront écoulées. Un avantage pour Élisabeth Watine. La Lensoise revendique « des partenariats solidement ancrés depuis des années. Depuis 2004, on a eu le temps ». Mission Bassin minier
Unesco, la Chaîne des terrils, Culture Commune, l’association Louvre-Lens, le comité départemental du tourisme sans oublier “le groupe des six” formé avec les autres offices du tourisme (d’Arras jusqu’à Lille en passant par Béthune, Douai et Nœux-les-Mines), c’est une véritable synergie qui se met en place depuis
des années. Au-delà du Nord/Pas-de-Calais, une équipe de l’office du tourisme est allée voir comment cela se passait ailleurs. « Nous sommes allés à Metz mais aussi à Liverpool afin de voir comment ils ont travaillé sur le centre Pompidou et la Tate Gallery », se souvient Élisabeth Watine. Depuis 2005, l’office du
Entre 3 000 et 4 000 visiteurspour 2010 La plus emblématique est celle « de la mine au LouvreLens. » Aujourd’hui, le panel des visites pèse entre 3 000 et 4 000 visiteurs en 2010. Demain, on estime à 700 000 visiteurs pour le Louvre-Lens, pour sa première année d’exploitation. L’office du tourisme et du patrimoine Lens-Liévin aura sa carte à jouer. Cela passera par un effort redoublé dans les nouvelles technologies. Cela passera aussi par un nouvel office du tourisme. Situé depuis 1998 rue de la Paix à Lens, il déménagera dans quelques mois rue de la Gare, à la place du magasin Alper. « Outre le fait que l’on pourra regrouper tous
« Avec le nouvel office du tourisme et du patrimoine, on passe de 50 m² actuels à 300 m² »
Élisabeth Watine, présidente del’office du tourisme.
nos services en un même lieu, on va passer de 50 m² à 300 m², » avance Élisabeth Watine qui mise beaucoup sur « le développement des espaces boutiques ou des tables interactives ». L’ancien magasin, vide depuis des années, avait été remis par la Ville de Lens à la CALL qui a désormais la compétence touristique. Le 29 septembre, un maître d’œuvrea été désigné, les travaux vont commencer. Si tout va bien, l’équipe sera installée pour l’été 2012. À six mois de l’inauguration du Louvre-Lens. Maxime PRUVOST I
Adresse : 26, rue de la Paix, Lens. Tél. : 03 21 67 66 66
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LA POPULATION I Leurs attentes, leurs espoirs…
HERVÉ, 40 ANS, DOUAI « À la base, je suis passionné d’histoire et d’archéologie. Quand je vais au Louvre à Paris, je m’y retrouve. C’est vraiment une passion et je souhaite que le Louvre-Lens m’apporte autant de plaisir qu’à Paris. Hormis le musée de la mine à Lewarde près de Douai, il n’y a pas de musée. C’est l’apport culturel sur le territoire qui m’intéresse avant tout et je pense qu’avec le Louvre-Lens, cela va permettre aux gens d’avoirici un accès à la culture. Cela fera aussi venir les provinciaux et les étrangers. »
MONIQUE, 73 ANS , LENS
JEAN-PIERRE, 66 ANS, LENS
« Au début, je n’étais pas chaude pour l’arrivée du Louvre-Lens. Mais au fil du temps,en venant aucafé des voisins ou à des visites de chantiers, on se dit que ça va donner une autre image au secteur. Au départ, il ne devait s’agir que d’un coup de pouce culturel mais il y aura égalementde l’économie en plus. On croise les doigts pour que cela réussisse. »
« J’espère que les gens vont se l’approprier car certains encore n’y croient toujours pas. Sur dix personnes que je côtoie, ils ne sont pas tous optimistes. Moi j’en faisais partie, mais avec le temps et les films que j’ai faits sur les abords du chantier… Et puis je suis allé à Metz voir le centrePompidou et quand on voit autour du musée les retombées qu’il y a eues... »
CLAUDE, 63 ANS , LENS « Je suis le projet depuis qu’il a été lancé, d’autant que je suis un riverain direct au site du musée. Ma seule attente est l’évolution rapide des accès immédiats au Louvre-Lens : ce qui est prévu dans le parc, lestade Garin qui va être détruit pour en faire une esplanade piétonnière, etc. Pour moi, cela fait partie du gage de réussite du musée dès son ouverture. J’ai hâte de voir son ouverture. »
PASCAL, 40 ANS, BRUAY MOUSTAPHA, 35 ANS, LENS BASTIEN, 28 ANS, LILLE PIERRE, 83 ANS, LENS « L’arrivée du Louvre-Lens, c’est le renouveau du bassin minier, le libérateur qui va nous permettre de passer de l’ère de la mine et qui va donner un coup de fouet culturel. Ce projet me tient à cœur. »
« Je suis originaire de Dourges et cela me plaît le fait de réutiliser le site d’une fosse pour créer un musée. Et puis ce musée -le Louvre- en soi, c’est fort. Ce que j’attends surtout,c’est la reconnaissance des sites miniers. »
« Ce que j’attends du Louvre-Lens, c’est queles Lensois s’ouvrent à la culture. Certaines personnes attendent qu’on vienne taper à leur porte. Là, cela leur fera peut-être un “tilt” dans leur tête, car le musée est devant leur porte. Avec cet accès à la culture, ils s’intéresseront peut-être à d’autres cultures. En tout cas, je l’espère de tout cœur. »
« Je suis ravi de l’arrivée du Louvre à Lens. J’ai travaillé au musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq, et c’était le seul à proximité du Bruaysis. Quand le Louvre-Lens sera ouvert, au moins les gens du secteur auront accès à de la culture enrichissante à deux pas de chez eux, il ne faudrapas aller jusque Lille ou Paris. Et, en plus, c’est un symbole fort pour notre région,qui en a besoin. »
JULIETTE, 21 ANS, CALAIS
NATHALIE ET CHRISTIAN, 38 ET 48 ANS, LILLERS « On ne va jamais sur le secteur de Lens, cela ne nous apportera pasd’avantages. Nous ne sommes même jamais allés au musée : on est une famille de quatre, c’est un budget ! On privilégie peut-être le sport…Et puis, si on était plus informés, on se déplaceraitsans doute plus. Est-ce que les visites seront adaptées aux familles ? »
« Je suis étudiante en master d’art à Lille. J’espère trouver au Louvre-Lens une exposition pédagogique qui retracerait l’histoire de l’art en une seule salle. Une exposition qui nous ferait traverser les époques et les courants en nous expliquant ce qu’il se cache derrière chaque mouvement. Je sais aussi qu’ils vont montrer les coulisses du musée au public, ce sera très intéressant. Il faut que ça bouge et que les œuvres soient souvent renouvelées pour découvrir de nouvelles chosesà chaque fois. »
MÉLANIE, 18 ANS, BÉTHUNE
ADEL, 30 ANS, BEUVRY « Je viens juste d’apprendre que le Louvre va arriver à Lens. Culturellement, cela peut être un plus pour la région, mais à titre personnel,je ne pense pas que je m’y rendrai.J’ai longtemps habité à Paris et je passais à côtédu Louvre et je n’y suis jamais allé. La culture, ce n’est pas trop mon truc. »
« Je ne pense pas y aller. Je n’aime pas trop les musées et je n’ai pas forcément le temps de m’y rendre. Ce n’est pas ma préoccupation principale. Mais cela peut être bien de faire découvrir la culture aux enfants,car ce n’est pas évident. J’espère qu’ils créeront des ateliers pour les enfants et les personnes âgées. De plus, le musée se trouvera dans le Bassin minier, ce qui permettraà la population qui n’a pas l’habitude de se rendre dans ce genre de musée de pouvoir y accéder. »
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AMÉNAGEMENT
Quatre hôtels arrivent à Lens UN CHIFFRE
Avec l’arrivée du LouvreLens, il est devenu indispensable que l’offre hôtelière s’étoffe sur le territoire. C’est pour cette raison que quatre établissements vont voir le jour sur Lens, afin de permettre aux futurs visiteurs du musée de se loger sur place. e premier projet se situera à la place de l’ancien cinéma, l’Apollo, situé en face de la gare. « Le promoteur investisseur sera Nacarat et ils ont pour partenaire hôtelier le groupe Accor », explique Sylvain Robert, adjoint au maire chargé du développement économique et commercial, à Lens. Cet hôtel sera un deux ou trois étoiles « en fonction des normes », complète l’adjoint. Composé d’une centaine de chambres, les travaux devraient commencer en milieu d’année 2014, pour être achevé à la fin de la même année. Ce gros projet comprend également la construction d’une soixantaine d’habitations derrière. Lors de la construction, le promoteur devra tenir compte de la fa-
400
C’est le nombre de chambres qui serontproposées aux touristesau total avec ces quatre hôtels.
L
L’ancien cinéma Apollo sera reconverti en un hôtel deux ou trois étoiles (visuel non contractuel).
çade de l’ancien cinéma, qui a été classé par l’architecte des Bâtiments de France, Catherine Madoni. Le projet en cours sera d’une superficie environ de 10 000 m². Non loin de l’Apollo, le quartier des gares va également subir une grande métamorphose. Ce secteur est découpé en cinq lots. Les deux premiers, les plus près de la
gare routière, vont alors être utilisés pour la construction d’une résidence hôtelière, d’une capacité de 100 chambres. « Pour le moment, nous ne connaissons pas l’opérateur, souligne l’adjoint au maire. Quatre groupes sont positionnés sur le projet ». La décision devrait se faire en fin d’année. Le troisième projet d’hô-
tel se situera au cœur du quartier Montgré. « Cela sera un hôtel d’entrée de gamme ». Autrement dit à petit prix. Une centaine de chambres seront ainsi disponibles pour les touristes. « Ce n’est pas encore finalisé mais le projet s’intègre très bien au quartier avec notamment une structure en bois ». Un quartier Montgré
qui est en train d’être totalement restructuré avec des habitations en Haute qualité environnementale. « C’est un hôtel qui sera proche d’un lieu d’échange avec d’un côté la gare à 500 mètres et l’A21 », rappelle Sylvain Robert. Cet hôtel devrait être prêt pour l’ouverture du Louvre-Lens, fin 2012.
Et le quatrième hôtel, actuellement en discussion, se situera près du LouvreLens. « Cela serait un hôtel quatre étoiles. Leur critère sera de vendre l’image “Hôtel du Louvre”, ce qui justifiera le haut de gamme », note l’adjoint au maire. Cet hôtel, d’environ une centaine de chambres, se situera entre la Maison du projet et le stade Garin, autrement dit au sud du musée. Cet établissement devrait être opérationnel en milieu d’année 2013. Des hôtels de différentes gammes, à différents prix qui permettront d’avancer l’argument « de maintenir la clientèle sur le Louvre-Lens, assure Sylvain Robert. L’intérêt c’est que les touristes restent dans le secteur et qu’ils consomment. » Virginie AUGERAUD
L'INTERVIEW I Bruno Rosik, président du club des commerçants à Lens
« Le Louvre-Lens est une opportunité » Avec l’arrivée du LouvreLens, les commerçants lensois ont une opportunité à saisir. Pour cela, le club des commerçants, composé de 99 adhérents, compte mettre en place diverses actions. C’est ceque Bruno Rosik, le président de Shop’in Lens et propriétaire de l’Arcadie II, nous explique. Comment percevez-vous l’arrivéeduLouvre-Lens ?
L’arrivée du Louvre-Lens est une chance exceptionnelle pour les commerçants. Depuis trois ans, nous subissons lescriseséconomiquessuccessives. Le Louvre est une réelle opportunité. Quelles sont vos réflexions actuelles pour accueillir les visiteurs ? Nous sommes actuellement en réflexion sur la modification des ouvertures des commerces notamment entre 12h et 14h. L’ouverture le dimanche s’avère être beaucoup plus difficile, déjà au niveau de la législation. Il faudrait
Shop’in Lens avec Bruno Rosik, pense activement à l’arrivée du musée.
êtredéclaréecommevilletouristique. Cela pose également un problème de gestion du personnel, de coût pour un résultat pas forcément probant. Nous réfléchissons aussi sur une importante modification au niveau de la fermeture au moment de la période annuelle. Traditionnellement, ellesefaitenaoûtmaisonima-
gine mal fermer en été, alors que cela sera la période où on accueillerale plus devisiteurs. Nous serions de mauvais gestionnaires si nous fermions en périodeestivale.Ilfaudratrouver une solution au niveau du personneldes commerces. Vous pensez également à des formations ? Il y a également une prépara-
tion au niveau du club. Nous avons réuni nos adhérents et nous évoquons les problèmes, notamment de langues. Je pense que l’anglais sera primordialpouraccueillirlesvisiteurs mais aussi le néerlandais.Pourcelanousavonsl’appui important de la CCI qui met en place des formations de 32h en langue. Mais pour
l’instant peu de commerçants profitent de cette opportunité pour envoyer leur personnel. Certains commerçants pensent peut-être que le LouvreLensestencoreloin ? Peut-être que l’ouverture du musée leur semble encore un peu trop loin mais une langue ne s’apprend pas en 32h. Il fautensuitelapratiquer. C’est le bon tempo pour commercer les formations aujourd’hui. Il faut être prêt. Ceux qui ne seront pas prêts en décembre 2012, cela leur sera difficile après. On a l’avantage d’être déjà implanté sur place, il ne faut pas louper cela. Il faudra également faire des efforts au niveau des commerces afin de lesrendreplusattrayants,plus modernes. Il ne faudra pas non plus négliger l’accueil. Le musée sera un juste retour des choses afin que les commerces lensois profitent de cette opportunité. Est-ce que vous souhaitez que lecentrevillesedéveloppe ? Oui. Il faut étoffer l’offre lensoise en matière de commerces, d’hôtelleries et de restauration.Enmatièrederestaura-
tion, on dit qu’un type “Les 3 Brasseurs”chercheàs’implanter à Lens, ainsi qu’un “Pizza hut”. Au niveau des enseignes commerciales, il y aurait un H&M et d’autres enseignes encore. De mon côté, j’ai acquis une propriété dans Lens, rue de l’Écluse, pour y construire un deuxième restaurant gastronomique avec une salle qui pourra accueillir 300personnespourdesévénementiels. Le permis de construire est déposé. Cela s’appellera “Les Jardins de l’Arcadie”. Si tout va bien, l’ouverture sera prévue pour l’été prochain, de manière à pouvoir figurer dans les guides de 2013. Avez-vousdesinquiétudes ? Aujourd’hui ce qui manque crucialement, ce sont des surfacesde300 m².C’estcequiinquiète les commerçants. On attend avec impatience les annonces faites,lesprojets auniveau des aménagements urbains : quartier des gares, l’Apollo, le coin Lallain. Le Louvre-Lens est une réalité mais autour on estinquiet. On est impatient de voir arriver le reste. PROPOSRECUEILLISPAR VirginieAUGERAUD
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CCI
Une antenne dédiée au Louvre-Lens Depuis juillet 2011, une antenne Louvre-Lens de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a été créée. Son directeur, Sylvain Kleczewski, nous présente ses objectifs.
Le président de la CCI d’Artois Édouard Magnaval est président de la CCI d’Artois depuis la fin mars 2011.
Présentez-nous en quoi consiste cette antenne Louvre-Lens de la CCI ?
Concrètement, c’est une volonté de la Chambre de commerce et d’industrie de la région de définir les projets prioritaires. Et parmi eux figure le Louvre-Lens. Édouard Magnaval, président de le CCI Artois, a été mandaté pour constituer une commission régionale Louvre-Lens. Elle est composée d’élus de l’Artois, du Littoral, du Hainaut du Grand Lille et de la CCI région. Présidée par Édouard Magnaval, la mission de cette commission est de définir, d’afficher à la fois les implications consulaires fortes et apporter tout l’accompagnement et l’appui nécessaire pour les commerçants, les chefs d’entreprises… du territoire mais aussi de l’ensemble de la région pour qu’ils puissent bénéficier des retombées du LouvreLens. Et cela se traduit donc sur le terrain par cette antenne du Louvre-Lens. Où se trouve cette antenne et qui y travaille ? Cette antenne est installée
Sylvain Kleczewski est à la tête de l’antenne Louvre-Lens de la CCI. Elle a été créée dernièrement, en juillet 2011.
« Ce territoire a tout pour être un territoire très performant. Il suffit d’y croire. » dans l’agence de Lens de la CCI d’Artois. Je suis pour l’instant seul mais je m’appuie sur une équipe projet qui rassemble des collaborateurs de la CCI Artois pour qui l’arrivée du Louvre a un impact sur l’activité. Nous menons un travail avec toutes ces personnes. Sans elles, nous ne pourrions rien faire. C’est un travail d’équipe. Quels sont vos actions ? Nous sommes actuellement dans une phase de démar-
rage. Les propositions doivent être validées par les élus. Mais nous avons quand même des axes de travail sur lesquels l’antenne va s’appuyer. Nous participons à faire monter en qualité l’aspect commercial avec notamment des aides, des opérations de qualités proposées aux commerçants, aux hôtels, cafés, restaurants. Il n’y a pas de volonté d’imposer mais de proposer à ceux qui veulent bien, des outils pour être plus performants, comme par exemple des formations d’anglais. Pour lesPME et PMI, leLouvre-Lens est en train de construire des mécénats de fonctionnement. Des mécénats qui permettront, à des entreprises, d’être partie prenante de l’ouverture du Louvre-Lens.
Et nous poursuivons notre gros travail de sensibilisation et d’informations auprès des entreprises. Elles ont besoin d’avoir des informations concrètes, pour savoir comment se positionner. On s’adresse à toutes les entreprises de la région. N’y a t-il pas un retard dans l’aménagement du territoire ? En terme d’aménagement du territoire, cela ne se fait pas du jour au lendemain. Ce territoire n’a pas fini de bouger et il bougera encore après l’ouverture du musée (…). J’ai la conviction vraiment que ce territoire a tout pour être un territoire très performant. Il suffit d’y croire et ne pas avoir de complexe. PROPOSRECUEILLIS PAR Virginie AUGERAUD
Mais avant ce regroupement, au sein des Chambres de commerce et d’industrie, il était le président de la CCI de l’arrondissement de Lens. Sa nomination s’est faite au même moment que l’annonce de l’arrivée du Louvre-Lens, fin 2004. « Quand la venue du musée a été faite, nous avons pris conscience de la chance considérable que nous avions sur le territoire du point de vue économique et pour le développement de la région, se souvient Édouard Magnaval. Dans cet esprit, nous avons rapidement réfléchi aux retombées économiques. Nous avons donc travaillé beaucoup sur le thème. Quand Euralens a été créé, nous avons transféré les données, les pistes et les travaux, au groupe de travail du développement économique, présidé par Isabelle Pétonnet, sous-préfet de l’arrondissement de Lens. » La CCI a poursuivi son travail et a donc concrétisé tout cela en créant la commission régionale
Édouard Magnaval est convaincu et emballé de l’arrivée du Louvre-Lens.
qu’Édouard Magnaval préside. « Et pour être opérationnel, il y a donc l’antenne de la CCI Louvre-Lens ». Tout un travail pour le développement économique du territoire qui entraînera la création d’emplois. « Le corollaire économique, c’est l’emploi. Il faut y croire pour que tout le monde se mette en ordre de marche pour réussir. (…) Je suis convaincu et emballé de l’arrivée du Louvre-Lens. C’est une chance inouïe d’avoir un tel musée de cette réputation. Il ne faut surtout pas gâcher notre plaisir et la chance économique pour notre territoire. » V. A.
CITÉ DE LA DENTELLE
Un partenaire précieux pour Calais ?
I Dans la cité des six bourgeois, l’ouverture du LouvreLens n’est pas encore sur toutes les lèvres mais elle est bien présente dans les esprits, notamment à la Cité internationale de la dentelle et de la mode. Ce petit bijou calaisien a été inauguré dans son écrin de dentelle en juin 2009. À la fois musée, centre d’études, de recherches et de pédagogie, on peine à trouver une structure qui lui ressemble. L’arrivée du Louvre-Lens pourrait lui permettre de ne plus être la seule sur le territoire. « Il est vrai qu’entre le Louvre-Lens et la Cité de la dentelle, on peut faire le rapprochement, admet Bernard Barron, chargé de communication. Grâce aux volets culturels, universitaires… énumère-t-il. La seule différence est, qu’ici, on parle du
patrimoine d’une ville. Donc oui, pourquoi ne pas les comparer, mais à des échelles différentes. Le Louvre-Lens est une grosse machine. » Depuis l’inauguration, l’appellation “Cité” s’est confirmée. « Nous avons une partie musée avec 2 500 m² d’exposition permanente et 500 m² d’exposition temporaire, également une salle de conférence dans laquelle nous accueillons des rencontres, des concerts de musique classique… Caroline Carlson (danseuse et chorégraphe américaine) est venue ici. Nous proposons des ateliers, nous travaillons avec les établissements scolaires, le lycée du Détroit par exemple, qui proposait des formations aux métiers de la dentelle. Nous sommes un véritable lieu de vie », qui alimente le quotidien culturel des Calaisiens.
UN CHIFFRE On attendait 100 000 entrées pour la première année à la Cité de la dentelle. L’objectif a été atteint.
À la Cité de la dentelle, on suit avec attention l’évolution du Louvre-Lens.
Au-delà d’une simple comparaison, c’est un véritable échange qui pourrait naître entre les deux structures. « On peut penser que des amateurs d’arts, qui auront fait le voyage depuis l’étranger, ne seront plus à quelques kilomètres près et viendront jusqu’à nous. »
Pour ce qui est d’éventuels partenariats, les décisions reviendront aux élus mais aussi aux conservateurs. À la Cité de la dentelle, Martine Fosse a désormais pris sa retraite. Le nom de son successeur devrait bientôt être connu. C’est à lui que reviendra d’établir la politique de l’établissement
et de proposer des échanges tels que la Cité en propose déjà. Situés au carrefour de l’Europe, Le Louvre-Lens et la Cité de la dentelle ont un potentiel indéniable en matière de dynamique culturelle. Seul bémol, il faudra sans doute plus de temps au Lou-
vre-Lens pour connaître la même appropriation locale que la Cité de la dentelle auprès du public. Bernard Barron le reconnaît, « Les Calaisiens ont été les premiers curieux à l’inauguration et les premiers nostalgiques. » Il se souvient avoir vu des personnes très émues face aux machines. « Je pense, autant que des mineurs au musée Lewarde. » Le Louvre-Lens n’a pas pour but de conserver et de redonner vie au patrimoine local. Il lui faudra utiliser d’autres atouts pour gagner la curiosité et peut-être le cœur des Artésiens. Mélanie LOUF
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EMPLOI
Sébastien et Grégory en insertion UN CHIFFRE
Sur le chantier du Louvre-Lens, des centaines d’ouvriers, appelés également compagnons, travaillent sur le site.
54
C’est le nombre,au total, de personnes sur le site du Louvre-Lens en chantier insertion.
P
armi eux, Sébastien Lotodé, 35 ans, agent de sécurité et Grégory Dlugi, 27 ans, gestionnaire des stocks. Leur particularité ou plus exactement leur point commun c’est qu’ils sont tous les deux actuellement en chantier insertion sur le Louvre-Lens. Cette clause a été mise dès le départ en place, par le conseil régional, lors de l’élaboration du marché. « Presque toutes les entreprises qui interviennent sur le chantier devaient mettre en place une action d’insertion, en réservant un nombre d’heures pour un public en difficulté d’emploi, explique Candy Costiau, directrice adjointe du plan local d’insertion à l’emploi (PLIE) de la Communauté d’agglomération Lens-Liévin, missionné par la région pour mettre en place cette action. C’est un effet levier pour des personnes qui sont généralement éloignées de l’emploi. » De l’expérience Une opération qui en plus de les « reconnecter au monde du travail, leur per-
Sébastien travaille sur le chantier depuis plus d’un an. Quant à Grégory, cela fait tout juste deux mois.
met d’avoir une expérience, une reprise de confiance en soi, une reconnaissance ainsi qu’une ligne sur le CV ». Et travailler sur le chantier du Louvre-Lens sera une expériencetrès appréciable à mettre sur le CV. « On contribue à un beau projet », souligne Sébastien qui comme il le dit « à travailler dans beaucoup de domaine », avant de trouver sa voie. « Professionnel-
lement, je me suis longtemps cherché, précise l’agent de sécurité arrivé dans le Pas-de-Calais depuis presque deux ans. J’ai démarché les agences d’intérim et j’ai recherché une formation à Pôle emploi. Au départ, je recherchais dans la cynophilie mais il fallait bien payer les factures donc je me suis engagé dans une formation en sécurité. » Après le passage
de ses examens, Sébastien a été embauché par une entreprise où il a tenu plusieurs postes de sécurité sur divers sites. Et depuis un an, il est « responsable du trafic général sur le chantier du LouvreLens. C’est un poste qui me convient bien. C’est une bonne expérience », souligne Sébastien en CDI. Quant à Grégory, le début de sa carrière profession-
nelle est un peu similaire. « J’ai passé mon enfance à Paris. Quand je suis arrivé ici, je me cherchais. » « Reprendre goût au travail » Puis à 24 ans, il intègre le lycée de Sallaumines pour une formation de magasinier, cariste. « Suite à cela, j’ai travaillé dans plusieurs entreprises où je faisais de l’intérim. »
Puis un jour l’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI), le contacte. L’entreprise Permasteelisa, spécialisée dans la charpente, l’enveloppe de parois vitrées, travaillant sur le chantier du Louvre-Lens, fait appel à des intérimaires. Grégory est aussitôt embauché et est depuis deux mois sur le site du futur musée. « Je suis super content, cela se passe très bien. » Une expérience professionnelle, qu’ils reconnaissent, leur a permis « une stabilité et donner envie de se lever le matin pour quelque chose », affirme Sébastien. « Cela m’a permis de reprendre goût au travail. Je suis vraiment satisfait », complète Grégory. Comme Sébastien et Grégory, 54 personnes sont en chantier insertion sur le Louvre-Lens, soit 47 dans la construction et 7 dans la sécurité. Au total, ce sont au minimum 23 000 heures de travail qui ont été réservées par les entreprises sur le chantier pour de l’insertion. Virginie AUGERAUD
TRAVAUX
Le savoir-faire local de l’entreprise Sterec I Le Louvre-Lens fait partie de ces chantiers où avant de commencer les travaux, il est obligatoire de lancer un appel d’offres pour désigner les entreprises, qui interviendront sur le site, dans les différentes étapes de construction et d’aménagement du bâtiment. L’entreprise Sterec, basée il y a encore quelques mois à Lens et aujourd’hui à Courrières, a ainsi répondu au marché public concernant le musée. « Nous avons répondu à l’appel d’offresourant 2009, explique Daniel Juestz D’Ynglemare, gérant de Sterec Nord Picardie. Nous travaillonsà 80 % en marché public, sur appel d’offres et le reste concerne le domaine industriel, les centres commerciaux… ». Spécialisée dans l’enveloppe du bâtiment en général, plus exactement pour la couverture, l’étanchéité et le bardage, l’entreprise Sterec intervient sur les bâtiments 3 et 5 du LouvreLens, à savoir sur le hall et le
Pavillon de verre, ainsi que sur le restaurant. « Nous intervenons au niveau de la couverture métallique (le toit), une fois que la charpente est mise en place, précise le gérant de l’entreprise. Nous avons commencé les travaux du Pavillon de verre en mai dernier et nous les avons achevés en juin. Pour le hall, nous avons commencé en juillet et les travaux sont prévus pour être terminés en octobre. Au total nous intervenons sur 900 m² pour le Pavillon de verre et 3000m² pour le hall. » Quant au restaurant, qui n’est pas pour l’instant sorti de terre, l’entreprise devrait attaquer les travaux en début d’année 2012.
L’entreprise Sterec Nord Picardie est aujourd’hui implantée à Courrières.
Fière de travailler pour ce chantier Participer à ce chantier d’envergure tenait à cœur l’entreprise Sterec. « Nous avons l’habitude de ce type de couverture. Nous sommes un peu les leaders dans
le Nord de la France pour ce genre de couverture. C’est pour nous un chantier de prestige. C’est également une reconnaissance de notre savoir-faire. Nous avons une certaine fierté de travailler pour ce chantier. Puis il était
important qu’on soit là. Nous étions anciennement à Lens, zone d’activités du Gard », rappelle Daniel Juestz D’Ynglemare. Car depuis décembre 2010, l’entreprise Sterec Nord Picardie est installéedans la zone d’ac-
tivités des Chauffours, à Courrières. « Nous avons déménagé pour avoir plus de place et pour être dans nos propres locaux car avant nous étions locataires » Un agrandissement nécessaire lié à l’augmentation d’activi-
tés de l’entreprise. « Le Louvre-Lens fait partie de la progression de notre chiffre d’affaires. » Et comme toute entreprise, la Sterec a dûfaire face à la crise. « 2010 a été un peu difficile. Cette année se présente mieux. Nous avons notre carnet de commandes déjà rempli à 60 % pour 2012. » La société a même pu embaucher puisque le bureau d’étude vient d’être renforcé ainsi qu’au niveau des compagnons (ouvriers). Actuellement, dix personnes travaillent sur le chantier du Louvre-Lens. Mais l’entreprise Sterec a aussi d’autres chantiers en cours et d’envergure également. « Nous allons démarrer en novembre les annexes du stade de Lille. Nous réaliserons les façades des hôtels. C’est un gros chantier de 9000 m² de façade et de bardage. » Des chantiers que la Sterec multiplie dans toute la France. Un bon moyen de montrer le savoir-faire made in Nord/Pas-de-Calais. Virginie AUGERAUD
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L'INTERVIEW I Philippe Coëne, directeur général de La Française de Mécanique devenue mécène
« On ne pouvait pas passer à côté » Le musée du LouvreLens possède plusieurs mécènes et partenaires répartis en différentes catégories. Parmi les mécènes bâtisseurs, on trouve depuis le début de l’année La Française de Mécanique, située à Douvrin. Une convention a été signée le 11 février 2011. PhilippeCoëne, directeur général de l’entreprise, nous explique leur engagement. Pourquoiavez-vouseucettevolonté de vous engager en tant quemécène ? Quand j’ai pris la direction de l’usine,endécembre 2009,j’ai prisconnaissanceduprojetdu musée du Louvre-Lens et je m’y suis très vite intéressé. J’ai alorsfaitleparallèle quandLa Française de Mécanique, il y a 20,30ans,aconcluunpartenariat avec l’Orchestre National de Lille (ONL). À l’époque je travaillais dans l’usine. Ils ont alors réalisé un concert dans un des ateliers de production. Ce n’était pas naturel de rapprocherlemondeindustrielet l’ONL.Onnepouvaitpaspas-
La Française de Mécanique avec son directeur général Philippe Coëne, fait partie des mécènes du Louvre-Lens.
ser à côté de l’événement qui était l’arrivée du LouvreLens. On s’est posé la question comment rapprocher le musée et nos salariés ? L’idée de mécénat est alors ressortie. On s’est associé tôt et sur un partenariat fort que l’on joue sur la durée. Nous travaillons donc avec le Louvre en tant que mécène bâtisseurs asso-
Arena Stade Coouverrt de L év Ar éévin viinn vi
ciés. C’est important. On pourra se dire qu’on était là pour les accompagner. Un mécénat fait avant tout pour vossalariés ? En apportant une contribution financière, nous allons avoir des contreparties, des avantages pour nos salariés afin qu’ils puissent visiter les collections. Mais pour l’ins-
tant nous n’avons pas vu les modalités. Nous voulons offrir au personnel la possibilité d’être les tous premiers à découvrir le musée, à l’apprécier et être capable d’en parler à leur entourage. Mais aussi d’avoir un accès privilégié aux collections. C’est un partenariat d’une durée de trois ans à partir de l’ouverture du mu-
sée, plus deux ans avant, quand on a signé la convention. Au total, cinq ans, où nous allons bien déployer ce partenariat. Vossalariésontdéjàpuprofiter d’unevisiteduchantier… Les membres du comité d’entreprise (CE) ont fait une visite du chantier. Ils ont alors découvert quelque chose qu’ils n’imaginaient pas. Certaines personnes étaient un peu sceptiques sur le partenariat et maintenant ils ont pris conscience de l’ampleur du projet. La Française de Mécaniquedoits’intégrerdanssarégion, dans son environnement. Il est donc naturel de s’associer à la vie culturelle, sportivedelarégion.Jen’imagine pas une entreprise referméesur elle-mêmeet quis’occupe que de sa performance. Est-ce une fierté en tant que directeur général, d’être mécène duLouvre-Lens ? La fierté, c’est de pouvoir offrir à un maximum de salariés des conditions permettant de voir rapidement le musée, de découvrir les collections et d’avoir des échanges avec les personnes de leur entourage.
Nécr Né crropol o e Na onalee No Notree-Da D me Da me de Lo Lore re tee à A re Ab bla n-S -S Sa nt-Naza zai aiirire air iree
PROPOSRECUEILLISPAR VirginieAUGERAUD
LES MÉCÈNES - Les mécènes bâtisseurs exceptionnels : Crédit Agricole Nord de France et Veolia Environnement.
-Lesgrandsmécènes bâtisseurs : Auchan, Nexans,Caissed’Épargne Nord France Europe.
-Lesgrandspartenaires : Caisse desdépôtsetOrange.
- Les mécènes bâtisseurs : Française de Mécanique, CCI Grand Lille Nord Pas-de-Calais, Crédit du Nord et Maisons & Cités.
- Le cercle Louvre-Lens entreprises : Crédit Mutuel Nord Europe, GroupeSIA.
Aéér Aérodrome A de Lens-Bénifontaine : Meeting Me Mee eet ee etitin ing g Aérien Aér Aéér érrie ien ie en
La CALL, une Agglomération porteuse de Projets Stad adee Fé F l x Bool aert r à Len
Mémo Mé émo mori or a Ca adie i n de de Vim imy my
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MISSION
Des circuits touristiques à dessiner UN CHIFFRE
Depuis le début d’année, l’équipe de Mission Louvre-Lens tourisme est à pied d’œuvre avec à sa tête Norbert Crozier. Sa mission, étalée sur trois ans, sera de développer l’accueil, l’hébergement et les circuits touristiques autour du Louvre-Lens.
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C’est le nombre d’années imparties à Norbert Crozier et son équipe.La date butoir est donc 2014, un an après l’ouverture.
remier étage du Colisée, rue piétonne. l’appartement, une propriété de la Ville, a été réquisitionné pour la bonne cause depuis janvier dernier. À l’intérieur, les trois personnes de l’équipe de Norbert Crozier, chef du projet Mission Louvre-Lens planchent pour que le tourisme culturel soit à la hauteur du rendez-vous du 4 décembre 2012, date d’ouverture du musée.
P
Écrire un scénario pour développerle tourisme C’est le conseil général « et son bras droit », l’agence départementale de réservation et de développement touristique (lire à ce sujet page 30) qui ont eu l’initiative de lui confier cette mission sous l’égide du volet économique d’Euralens. L’homme, Stéphanois d’origine aux faux airs de Bernard Giraudeau, n’hésite pas à utiliser la métaphore du 7e Art : « Notre travail est d’écrire un scénario pour développer le tourisme. Nous sommes les metteurs en scène,les acteurs sont les tou-
Norbert Crozier a notamment travaillé sur le dossier du Corbusier, classé à l’Unesco.
ristes et les décors sont les lieux ». Fosse du 11/19, Notre-Dame-de-Lorette, Métaphone, les équipements à la hauteur d’un événementiel sportif (stade Bollaert, stade couvert régional) : le professionnel en ingiénérie touristique connaît déjà l’environnement. Première chose à construire, la coordination, qu’il appelle de ses vœux : « Derrière cette mission, je
m’appuie sur des groupes de travail, déjà constitués par la CALL, les offices du tourisme de Lens-Liévin, Béthune, Arras, Douai, Lille, l’EPCC Louvre-Lens, le BMU, Mission Bassin minier etc. » Mais pour réussir à changer l’image du territoire, Norbert Crozier propose clairement trois défis à surmonter. « Il faudra écrire le concept d’un circuit touristi-
que avec les secteurs proches mais aussi disposer d’un accueil de haut niveau pour les services, les points d’informations touristiques sans oublier l’hébergement. On table sur une journée et une nuitée sur le secteur ». Sur ce dernier point, il a plusieurs pistes dans sa besace : au-delà de l’hôtel basique, il envisage - pourquoi pas - des aires de campingcar ou de l’hébergement en
plein-air (écolodge, roulotte etc.). De l’optimisme Avec un credo répété à l’envi : « On parle du Louvre autrement. Eh bien moi, je parle du tourisme autrement. À nous d’être originaux. Il faut donner envie aux touristes de rester mais aussi de revenir. » Une tâche ardue mais accessible. Au fil de la discussion, il flotte
d’ailleurs un certain optimisme dans les propos du Stéphanois : « Il y a le Louvre, mais n’oublions pas le BMU. Si les terrils du 11/19 sont classés, il y aura plus de valeur sur le territoire… » Des mots qui ont leur poids chez celui qui a travaillé sur le site du Corbusier à Firminy, à quelques kilomètres de Saint-Étienne et classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Comme pour signifier que les enjeux sont les mêmes entre ces deux villes : « Quand je suis arrivé ici avec tous ces terrils, je n’étais pas en terrain inconnu. À Saint-Étienne, on ne les appelle pas les terrils mais les “crassiers”. Ici, il faudra travailler en gardant les valeurs locales comme làbas. » Même si sa mission ne durera que trois ans et que les premiers effets seront ressentis d’ici là, Norbert Crozier sait que la route ne s’arrêtera pas là pour Lens et son musée : « Le LouvreLens vivra sur la durée. Arrêtons de croire que tout s’est fait d’un coup à Bilbao avec Guggenheim. Cela s’est fait bloc après bloc. Il faut voir d’ici 10 à 15 ans. » Maxime PRUVOST
PROJECTION
Les attraits du territoire, aujourd’hui et demain
Une ville ne cesse de vivre. Alors, on a demandé à Norbert Crozier de se projeter dans le futur avec un avant et un après LouvreLens sur l’intérêt pour les touristes de venir dans le Bassin minier. Et le Stéphanois a des réponses… Aujourd’hui. « L’intérêt de venir sur le territoire repose sur trois éléments. Il y a d’abord les paysages, cet aspect est unique. Lorsque vous montez sur un terril, vous ressentez une véritable émotion, on a l’impression d’être dans un espace différent des autres, on sent une ambiance particulière… Et puis il y a l’architecture des cités minières et des façades Art déco. Deuxièmement, il y a le tourisme de mémoire avec le mémorial canadien, NotreDame-de-Lorette, la quesI
tion de la Première Guerre mondiale n’est pas neutre dans ce périmètre. Enfin, l’événementiel sportif : le stade Bollaert et le stade couvert régional. » La suite, dans 5 à 15 ans... « Évidemment, le Louvre Lens sera un point fort culturel international. Il va y avoir une montée en puissance des hébergements : on travaille dans l’implantation d’hébergements dans le jus à partir de l’habitat minier pour que les gens vivent une expérience… Les activités en plein-air du côtés des terrils de Fouquières ou de Loos-en-Gohelle vont se développer. Enfin, la programmation culturelle qui va être un vrai atout de Béthune à Arras. L’ensemble du Bassin minier va monter en puissance. » M. P.
Norbert Crozier : « Lorsque vous montez en haut d’un terril, vous ressentez de l’émotion . »
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L'INTERVIEW I Michel Dagbert, président d’Adévia
« C’est un chantier emblématique » Président de la société d’aménagement d’Adévia, maire de Barlin, Michel Dagbert suit avec beaucoup de soins le chantier emblématique pour l’entreprise du Louvre-Lens.
EN CHIFFRES
Comment Adévia a-t-elle été amenéeàparticiperauprojet ? Celaafaitsuiteàuneconsultation de la maîtrise d’ouvrage, qui est la Région, très classiquement. Le service Grands travaux du conseil régional gèrelestravaux,maislaspécificité du Louvre-Lens c’est qu’il fallait un mandataire. L’offre d’Adévia a été retenue, nous avons donc le mandat pour ce chantier. Pourquoi votre offre a-t-elle été retenue ? Il n’y a pas de structure qui vaille sans les hommes et les femmes qui la composent. NosprofilsprofessionnelspermettentàAdévia d’êtreparmi les cinq premières entreprises société d’économie mixte de développementetd’aménagement de France avec une force de frappe incomparable
450
28000 C’estlasurfacetotale enm²desbâtiments encoursdeconstruction. Touslesmurssontérigés.
à500000personnessont attendueschaqueannée surlesiteduLouvre-Lens.
De gauche à droite : Michel Dagbert, Christophe Desauney et Jean-Luc Deprez.
dans la région. Nous comptons122collaborateurs,desarchitectes, des ingénieurs, des urbanistes,descadres dans les métiers de l’aménagement du territoire. C’est un chantier spécial pour vous ? Lapremièrechoseàcompren-
dre c’est qu’en interne nous avons créé une équipe dédiée au Louvre-Lens. Six personnesentoutytravaillent :JeanLucDeprez,Directeurdeprojet ; Christophe Desauney, chef de projet ; Jean Bernier, responsable de projet ; Alice Haesart, responsable de pro-
jet ;SandrineOwczarczak,assistante,etCindyCanon,assistanteégalement. C’est votre chantier le plus lourd ? Sans doute le plus emblématique, en tout cas. Et le plus médiatique ! Il suscite beaucoup de curiosité et d’intérêt. Mais
8<,:;065: ± +640508<, +<703,; Président du Département du Pas-de-Calais Quelle est l’implication du Conseil général dans l’aventure du Louvre-Lens ? « L’ouverture du Louvre-Lens ponctuera de manière remarquable le formidable effort culturel réalisé par le Département du Pas-de-Calais ces dernières années. La culture pour tous, voilà un vaste chantier lancé et réussi par le Conseil général ! démocratiser la culture ne manquent Les initiatives pour d pas. Parmi elles, il y a l’opération Permis de Musée/er qui a un lien direct avec le Louvre-Lens justement. Elle permet aux collégiens de s’initier à l’art, dans leur établissement scolaire. Grâce aux musées du Pas-de-Calais, des œuvres majeures sont transportées, hébergées et accrochées dans les collèges : un support de choix pour un cours d’histoire de l’art ou d’arts plastiques… Associé dès le début aux autres collectivités dans le projet du Louvre-Lens, le Conseil général, financeur à hauteur de 9 500 000 euros pour l’investissement, sera aussi un acteur essentiel de l’ouverture du musée en assurant 10% de son fonctionnement. »
Quelles retombées le Département attend-il après l’ouverture du musée ? « Dans le domaine touristique, c’est l’Agence de Réservation et de Développement Touristiques du Pas-de-Calais missionnée par le Conseil général qui prépare activement l’échéance, à travers notamment la mission Louvre-Lens tourisme. Son rôle ? Soutenir les acteurs locaux pour favoriser le développement touristique du territoire, réfléchir et faire des propositions pour permettre au secteur et au département tout entier de profiter
de l’arrivée du Louvre afin de valoriser son image et de favoriser les échanges culturels entre les visiteurs et les habitants. Dans le même temps, le Département développe un plan de soutien et de mise aux normes des hébergements touristiques. Depuis le début de cette année, l’A.R.D.T. communique sur des produits pour les professionnels du tourisme afin d’être tout à fait prêt pour une année 2012 capitale dans le Pas-de-Calais. Chacun l’aura compris, le Conseil général du Pas-de-Calais mise beaucoup sur l’arrivée du Louvre à Lens. En termes de retombées touristiques et économiques bien sûr, en termes d’image aussi… Et il est fier d’accompagner les élus du territoire lensois dans cette formidable aventure collective ! »
2012, une année capitale, avec le Louvre Lens mais aussi avec les Jeux Olympiques de Londres, non ? « Oui, 2012 sera une année extraordinaire pour la région de Lens et le département tout entier … Une année qui, si j’ose dire, symbolise toutes les forces que nous déployons pour construire le Pas-de-Calais de demain. Ce Pas-de-Calais, nous le souhaitons audacieux, solidaire, moderne et plus que jamais ouvert sur les autres. Avec les prochains jeux d’été qui vont se dérouler à notre porte, nous allons justement accueillir le monde ! Bon nombre de délégations étrangères ont déjà fait savoir qu’elles se prépareraient chez nous, dans les équipements que nous avons rénovés ou construits pour l’occasion. Ces délégations seront accompagnées de supporters, de touristes que nous nous devons de recevoir au mieux afin qu’ils aient une image positive du Pas-de-Calais et deviennent à leur tour ambassadeurs de valeurs qui nous sont chères : générosité, enthousiasme, sens de l’accueil, courage… Voilà, 2012, c’est tout cela mais c’est aussi un projet incroyable qui va se concrétiser dans les mois qui viennent. Le début d’un chantier pharaonique qui symbolise ce Pas-de-Calais en constante mutation : le canal Seine-Nord Europe.
nos 150 projets “vivants” demandent tous une attention très forte de nos collaborateurs. On a le même soin et le même soin pour nos autres projetsàCalais,Saint-Martinles-Boulogne, etc. Quelles sont les plus grandes difficultés que vous ayez rencontrées ? Surunchantierdecetteenvergure, les problèmes, c’est tous les jours, mais avec des degrés d’importance qui peuvent varier ! Nous ne faisons pas le
Louvre pour Adévia, mais pour la Région. En cas de souci, nous faisons remonter le problème à la Région. Le système est fluide et rapide. Lesgrossesdifficultéssontdécouvertes très vite. Quand cela arrive, Sanaa se penche dessus, puis la Région, et nous apportons notre expertise. Dès qu’un problème se pose il est expertisé, évalué, les équipesproposentplusieursscénarios, c’est budgétisé, et le maître d’ouvrage tranche. Nous avons un PC permanent sur le site. Et maintenant, les équipes se connaissent bien. C’est souvent très pointu. Cesproblèmesdoiventêtreàla fois très techniques mais passionnants ! Oui, les contraintes sont techniques mais c’est très intéressant !Nous mettons enœuvre de nouvelles choses. Il faut penser que quatre millénaires d’œuvres seront réunis en un seul bâtiment, c’est une première mondiale. On est sur de l’expérimental… Proposrecueillis parDorothéeCARATINI
le contact avec l'actualité locale grâce à @ Gardez notre site internet www.lavenirdelartois.fr
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LE PORTRAIT I Le directeur du Louvre-Lens
Xavier Dectot, l’homme qui a désormais les clés du musée À 38 ans, l’ancien conservateur du musée de Cluny est officiellement devenu le directeur du Louvre-Lens le 27 juin dernier. Il est déjà sur le terrain en attendant l’ouverture du musée le 4 décembre 2012.
Lens n’avait pas comme les autres villes un musée. » Et le conservateur de formation, les yeux mi-clos après réflexion, de s’accorder avec la formule de Katia Lamy, responsable des grands projets architecturaux du Louvre, sur le choix de Lens : « Le coup de cœur raisonné. » Cette dialectique entre la passion et la raison, Xavier Dectot l’a aussi ressentie en novembre 2010 à la lecture du poste proposé pour devenir directeur du musée lensois : « J’ai immédiatement postulé. » Comme une envie qui a sa part de légitimité et logique aussi. « Je trouvais le projet du Louvre-Lens enthousiasmant depuis le début en 2003-2004. J’étais depuis dix ans au musée de Cluny, il était temps de bouger. Lorsque j’ai vu ce poste vacant, je m’y suis jeté à pieds joints. » Près de quatre mois de divers entretiens avec Henri Loyrette et Daniel Percheron finiront par
L
es cartons remplis de livres d’arts jonchent le bureau provisoire de Xavier Dectot à la Maison du projet. Emménagement prévu dans le bâtiment administratif dévolu à l’équipe du Louvre-Lens en novembre prochain. Mais il n’a pas attendu la date butoir pour se frotter au territoire. Au minimum deux fois sur le chantier du Louvre par semaine, et parfois beaucoup plus. Le natif de Pithiviers, dans le Loiret, envisage d’ici peu de temps à se trouver un toit à Lens, Liévin ou Loos-enGohelle. Pour raison contractuelle liée à son nouveau poste mais aussi pour plus de commodités : « Si je crois au projet du LouvreLens, c’est une évidence d’habiter ici. Et puis, pour raison professionnelle, ce n’est pas évident de vivre ailleurs. Étant directeur du Louvre-Lens, j’en suis l’incarnation. » Le train de 7h22 de Paris pour Lens ne sera bientôt qu’une fatigue oubliée. Premier souvenir artistique au Louvre à Paris Justement, de Lens, le trentenaire ne connaissait « vaguement l’existence du RC Lens » avant le début de l’aventure de la décentralisation du musée parisien entamée il y a huit ans, en 2003, date du dépôt de candidature de Lens sur le bureau d’Henri Loyrette président directeur du Louvre. Ce Louvre qui fut le théâtre du premier émoi artistique de Xavier Dectot. Il y a près de 25 ans de cela, il était alors adolescent : « C’était pour Les Noces de Cana de Véronèse avec toutes ses subtilités dans les couleurs. » Fils d’un père médecin et
Il est le capitaine du navire Louvre-Lens. À lui d’arriver à bon port.
Jusqu’au mois de novembre prochain, Xavier Dectot aura son bureau provisoire à la Maison du projet. Il déménagera ensuite dans le bâtiment administratif sur le site prévu pour l’équipe du Louvre-Lens. d’une mère professeur de français puis chef d’entreprise, Xavier Dectot avoue n’avoir pas été « poussé » dans les musées, mais plutôt « emmené ». Signe du destin, la première fois qu’il a poussé les portes d’un musée, ce fut celui du musée de chemin de fer à Pi-
thiviers. Une fierté locale. Aujourd’hui, il est le directeur du Louvre-Lens dont le premier pari sera d’être approprié par la population locale du Bassin minier. La gratuité, pour la première année, de la Galerie du Temps et du Pavillon de verre répond à cet objec-
tif affirmé : « Cette gratuité, c’est une excellente opération. C’est une démarche pour permettre aux gens d’ici de s’approprier cet outil. » Il y aussi le caractère inouï, au sens étymologique du terme, de l’implantation du Louvre-Lens sur le
secteur. L’agglomération totale de Lens-Liévin, Hénin-Carvin est la seule de 400 000 habitants en France à ne pas être dotée de musée sur son territoire. « C’est pour cela que le choix qui s’est porté sur Lens était le choix idéal. En plus d’être un beau projet,
dessiner son rêve. Xavier Dectot met des premières couleurs sur les ébauches de son nouveau poste de directeur du Louvre-Lens : « Il consiste à beaucoup de choses. Il va falloir mettre en œuvre, conduire et développer la politique du musée en termes culturel, économique et social. » Un travail de collaboration avec les autres musées de la région (qui est - en nombre - la deuxième de France derrière l’Île-de-France) est aussi à prévoir sur le long terme (par exemple par des partenariats en billetteries). La grande certitude que Xavier Dectot, c’est celle d’avoir les clés du Louvre-Lens. Avec les objectifs que cela sous-entend : « Si le Louvre-Lens est un grand navire, ce sera à moi d’arriver à bon port. » Embarquement le 4 décembre 2012. Maxime PRUVOST
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L'INTERVIEW I Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre
« C’est la renaissance d’un territoire » HenriLoyretteestleprésident -directeurdumusée du Louvre depuis avril 2001. À quinze mois de l’ouverture du LouvreLens,ilnousconfiesesimpressions.
Quel est votre état d’esprit à quatorze mois de l’ouverture dumuséeduLouvre-Lens ? Ilyaencorebeaucoupd’attentes,parcequ’onaenviedevoir quelseralerésultatfinal.Mais par rapport à la période antérieure, où rien n’était sorti de terre, je suis très rassuré et émerveillé en quelque sorte dece que je vois. Rien ne vient démentir l’enthousiasme initial. La vision que je pouvais en avoir, après le choix de l’équipe Sanaa, mais aussi après le choix du concept même du musée et celui de Lens, tout cela est conforté, de jour en jour. Je ressens à la fois une très grande sérénité sur le résultat attendu et espéré, mais aussi une grande impatience. Quatorze mois c’est à la fois près et loin. Il y a encore beaucoup de choses à faire, au niveaudelalogistique ? Tout cela est mis progressivement en place. Le gros travail, évidemment, c’est l’achèvement du chantier, puis c’est surtout l’installation des œuvres. Et cette partie est la plus passionnante de notre métier. C’estunmusée,doncvoircomment les œuvres investissent ce bâtiment, c’est toujours une gageure et quelque chose de magnifique. Justement,avez-vousuncalendrier pour l’installation de ces œuvresdansleLouvre-Lens ? Il faut que le bâtiment soit prêt. Ensuite, il faut qu’il soit stabilisé parce qu’il faut voir comment il réagit en terme d’hydrométrie, de climatisation… Ensuite seulement, on installelesœuvres :d’abordle mobilier qui permettra de les recevoir,etenfinlesœuvreselles-mêmes. Encore une fois, c’est la partie la plus excitante. Parallèlement, il y a aussi la mise en place des coulisses du musée, c’est-à-dire les réserves visibles et visitables. Car le principe de ce musée, c’est qu’on va ouvrir et montrer à l’ensemble des publics ce qui est d’ordinaire caché et réservé aux professionnels. C’est donc une très lourde tâche qui attend les équipes du Louvre et du Louvre-Lens, d’ici la fin 2012. Tout sera balisé en fonction de la réception du bâtiment, lorsque nousrentreronsenpossession de ce magnifique musée. Y a-t-il une stratégie particulièrepourfaireadhérerlapopulationàcemusée ? La première des stratégies,
Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre est impatient de voir le Louvre-Lens en fonction.
c’était d’abord la volonté que nous avons eue de l’implanter à Lens. Dès le départ, on a associé le Louvre et Lens. C’est le Louvre, grand symbole national,grandeinstitutionpatrimoniale, institution bicentenaire avec une reconnaissance universelle, qui s’implante très volontairement dans une ville qui a souffert de touteslescrisesetdetoutesles guerres. Dans ce geste même, il y avait quelque chose de très fort que je pense - j’espère- la population a saisi d’emblée. Et ce qui y a de plus frappant, c’est qu’on parle en quelque sorteparlesactes,aveccebâtiment qui surgit de terre. Si on a choisi Lens, c’était une volonté de s’inscrire sur ce territoire à la fois magnifique et très particulier qui est celui du Bassin minier. La gageure principale, c’est l’adhésion de la population à ce projet qui est vraiment fait pour elle. Quel message feriez-vous passer à la population encore réticenteàcemusée ? Le musée, les œuvres d’art quenousyprésenteronsnereprésentent pas quelque chose de superflu mais vraiment quelque chose de nécessaire. Une des forces du Louvre, c’est qu’on peut expliquer le présent et envisager le futur à la lumière du passé, et à la lumière des œuvres que nous montrons. Ce n’est pas uni-
« La première exposition temporaire sera sur la Renaissance et la seconde sur Rubens et l’Europe » quement de l’histoire de l’art. Cesœuvresnousdisentvéritablement quelque chose sur l’homme, sur la nature humaine,surlafaçondontilsesitue dans ce grand fleuve du temps. Ce n’est pas pour rien que l’axe principal de Lens sera cette Galerie du temps qui répond à des questions que tout homme se pose sur ses origines, sur sa destination. J’espère que, très vite, ceuxquiviventdans l’environnement de Lens pourront fréquenter ce musée. Ce sera un lieu de ressources constantes. Ressourcé par le musée en luimême, mais aussi par le parc autour… Effectivement, par le musée et par le parc. Cet environnement a été négligé, souvent méprisé. On est sur un terrain industriel qui a souffert. Et là, onl’exalte.Ila sabeauté, ilasa grandeur. Il faut le lire, il faut le comprendre et le Louvre est un instrument de compréhension, une façon de magnifier ce territoire.
Selon vous, qu’apportera ce muséeàlapopulation ? Les enjeux sont multiples. Le musée a un rôle très profond en matière d’éducation, mais il a aussi un rôle social. Finalement,iln’yapasdegrandéquipementculturelàLenset c’est une façon de combler une lacune au cœur du Bassin minier. Cela répond, du côté du Louvre,àunenjeufondamental.DepuislafinduXVIIIe siècle,leLouvreestunmuséenational, dont les compétences, les savoir-faire, les collections sont au service de l’ensemble de la Nation. Et de ce point de vue-là, c’est un geste très fort. Quela populationsoitfière, je l’espère, mais il faut dépasser cette fierté. L’enjeu est véritablementd’en faireune institution, un lieu qui accompagne une vie et qui donne un sens, en quelque sorte, à votre vie, quirépondàdesgrandesquestions que vous vous posez. C’est aussi un instrument de développement pour ce territoire. On compte bien là-dessus. Au fond, c’est le signe d’une renaissance. Ce n’est pas pour rien que la première exposition sera consacrée, de façontrèssymbolique,àlaRenaissance. Rappelez-nous les thématiquesd’expositionquel’ontrouveradanslemusée ? Il y aura les expositions semipermanentes avec la Galerie
du temps, où les œuvres sont renouvelées tous les cinq ans. Lapremièredecesgrandessériesdemanifestationsedéroulerasouslesignedutemps,depuis les origines jusqu’au milieu du XIXe siècle, en profitant de l’ampleur des collections du musée du Louvre. Il y aura aussi de grandes expositions temporaires, qui durerontentretroisetquatremois, telles que nous les organisons au Louvre, en partenariat avec des grandes institutions étrangères.Lapremière,réalisée à partir des collections du Louvre, est donc consacrée à la Renaissance et la seconde portera sur Rubens et l’Europe. Certaines personnes pensent que les collections, qui arriverontàLens, serontlesréserves deParis… Non, justement. Le principe, que j’ai voulu dès le départ, c’est que Lens n’est pas fait pour désengorger les réserves de Paris. Lens est fait pour montrer le Louvre et tout le Louvre, mais autrement qu’on ne peut le faire à Paris. Ce n’est pas un mini Louvre, ce n’est pas un Louvre de second rang. C’est le Louvre danstoutesonamplitudeavec ses chefs-d’œuvre. Évidemment,surunnombreréduitde piècesmaisdespiècesadmirables, qui permettent d’avoir un autre regard sur les collec-
tions présentées par le musée parisien. C’est un lieu qui est fait bien évidemment pour les gens de la région mais aussi pour les fidèles du musée du Louvre qui verront différemment les collections qu’ils connaissent bien dans le palais parisien. Je peux vous garantir que les chefs-d’œuvre qui seront présentés à Lens, pourl’ouverture,commeceux quiserontexposés parlasuite, seront des œuvres admirables.Cettesélectionseraabsolument exceptionnelle. Le Louvre-Lens se situera en province, avez-vous une crainte que les visiteurs ne soientpasaurendez-vous ? Lens n’est pas loin de Paris. Il yaune proximitéquiestextrêmement intéressante pour nous. Mais nous avons aussi la chance de pouvoir profiter d’une région euro-centrée. Je crois que c’est quelque chose de très important. Je n’ai pas de crainte. Je dirais que la beauté du bâtiment, la beauté des collections, le principe même de présentation de ces œuvres, les grandes expositions internationales, nous donnent tous les atouts pour que le Louvre-Lens soit un grandsuccès.Unsuccèspopulaire, qui rassemble à la fois le public de proximité mais aussi lepublicnationaletinternational. PROPOSRECUEILLISPAR VirginieAUGERAUD
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LOUVRE À PARIS
Dans l’atelier encadrement dorure, les cadres sont fabriqués de A à Z à partir de bois et sont ensuite dorés à l’aide de feuilles d’or. Remerciements au musée du Louvre.
À l’atelier montage d’objets d’art, les manipulations des œuvres se font en douceur.
À la fois peintre décorateur et peintre en bâtiment, à l’atelier peinture décoration.
Au cœur des ateliers des métiers d’art Des centaines de mètres de galeries, des milliers d’œuvres, des millions de visiteurs par an. Le Louvre à Paris est l’une des destinations phares des touristes. Mais pour que le public puisse en prendre plein les yeux, aux quatre coins du musée, les équipes du Louvre sont à pied d’œuvre. Comme celles des ateliers des métiers d’art.
S
itués en dessous du Louvre, ces ateliers sont composés d’une centaine de personnes. « Notre objectif est de mettre en valeur les collections présentées au public, explique Hervé Jarousseau, chef de service. Cela va de l’aménagement des espaces du musée à la présentation des œuvres sur des supports, dans des vitrines. Nous travaillons pour les collections permanentes et les expositions temporaires. » Des ateliers de métiers d’art où Hervé Jarousseau tient à
préciser qu’ils « ne sont pas des restaurateurs ». Un travail en lien avec les conservateurs Au niveau moins 1, du plus grand musée du monde, au fil d’un long couloir, onze spécialités de ces métiers d’art disposent ainsi de leurs ateliers (lire encadré). Au cœur de l’atelier montage d’objets d’art, l’équipe travaille sur la conception de supports pour présenter, au public, des œuvres de petits gabarits. « Cela peut être
des objets en bronze, en terre cuite…, détaille Pascal Goujet, responsable de l’atelier montage d’objets d’art. Actuellement, nous travaillons beaucoup pour l’exposition Homère, projet en parallèle au nouveau département de l’Islam », qui ouvriront tous les deux au cours de l’année 2012. « Nous présentons ces objets en fonction des demandes des conservateurs », complète Pascal Goujet. Une manipulation des œuvres qui se fait toujours avec
délicatesse, certaines œuvres datant de plusieurs siècles. « Elles sont fragiles et petites. Depuis le début de l’année, nous avons au moins manipulé 300 œuvres », réfléchissent les techniciens d’art. Un peu plus loin, entourée de cadres en bois, de pinceaux et de pots de peintures, l’équipe de l’atelier de peinture-décoration est en plein travail. « Nous réalisons notamment la mise en peinture des salles qui accueillent le public. Mais
Les différents ateliers
Au total, une centaine de personnes travaillent au sein de ces ateliers.
Les ateliers des métiers d’art à Paris sont au nombre de onze au total. On trouve le montage d’objets d’art ; la métallerie ; la marbrerie ; le montage dessins ; l’encadrement dorure ; la tapisserie ; la peinture-décoration ; l’installation ; la menuiserie-ébenisterie, la muséographique et le transport. On dénombre une centaine de personnes, toutes catégories confondues, qui travaillent au sein des ateliers des métiers d’art.
« Notre objectif est de mettre en valeur les collections présentées au public » nous sommes également des peintres décorateurs », explique Éric Journée, responsable de l’atelier peinture-décoration. Leur métier consiste également à imiter des effets de matière comme le marbre, la pierre, le bois, le textile… Rien n’est impossible pour ces techniciens d’art. Un travail qui se fait toujours selon les consignes des conservateurs, comme dans l’ensemble des ateliers. Des ateliers au Louvre-Lens Au fond du long couloir, l’atelier encadrement dorure est à pied d’œuvre. Cet atelier se décompose en deux parties : le bois avec la conception des cadres et puis la phase dorure. Côté
bois, Hervé Chadaillac est derrière ses importantes machines. « Je pars du bois brut. Je fabrique le cadre en entier, de A à Z », explique-t-il. Et l’un des travaux actuels d’Hervé Chadaillac est la réalisation de plusieurs cadres Peduzzi. « Ils sont très durs à faire. En 2012, nous devrons en faire 80, ce qui représente quatre mois de travail pour une personne seule. » Si les cadres Peduzzi ne seront pas dorés, d’autres le seront et passeront juste à côté, à la dorure. Après plusieurs étapes pour préparer le cadre et les ornementations, des feuilles d’or seront posées sur l’encadrement. Une patine sera ensuite passée pour obtenir un côté ancien. Des ateliers passionnants, qui, pour certains, trouveront place au Louvre-Lens. « Le musée aura un atelier montage-soclage et il y aura une petite équipe de monteurs-installateurs », assure Valérie Forey-Jauregui, directrice du projet LouvreLens. Virginie AUGERAUD
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L'INTERVIEW I Adrien Gardère, muséographe et scénographe du Louvre-Lens
« C’est avant tout un travail d’écoute » L’équipe Sanaa a confié au Studio Adrien Gardère la conception de la muséographieetdelascénographie de tous les espaces d’exposition du musée du Louvre-Lens : la Galerie du temps, la Pavillon de verre, l’aile des expositions temporaires, ainsiquelesréservesvisibles et visitables et l’espace découverte. Adrien Gardère nous présente ainsi son travail.
Expliquez-nousenquoiconsistent la muséographie et la scénographie ? La scénographie est en lien aveclascène,l’universduthéâtre.Elleestutiliséepourlesexpositions temporaires. Quant à la muséographie, cela consiste à l’aménagement plus pérenne, plus fixe des expositionsquidurentpluslongtemps. La vie d’un musée, de l’aménagement d’une œuvre, l’adaptation sont des enjeux de plus en plus importants afin d’offrir un regard plus varié, moins statique. Comment travaillez-vous en tant que muséographe et scénographe ? C’est avant tout beaucoup de travail d’écoute et d’attention avec les différents acteurs tels que les architectes du bâtiment, comme ici pour le Louvre-Lens le cabinet Sanaa. On prend un compte le contexte deleurarchitectureaveclevolume, l’esprit qui a guidé leur travail.Onessaiedecomprendre leur philosophie. C’est un travail pour lequel il faut être en harmonie, en dialogue avec l’architecture. Tout cela estuntravaild’écoutequicommence avec le bâtiment et qui se prolonge avec les conservateurs,lescommissairesd’exposition… Tous les acteurs du projet scientifique qui ont des visionstrèsprécises.Ilfauttraduire tout cela dans l’espace.
Pour mettre tout cela en place, quels sont vos outils de travail ? L’enjeu du projet est de faire en sorte que le public comprenne, saisisse naturellement l’ensemble. Mais aussi quelesvisiteursaientintuitivement une compréhension de ce qu’est l’œuvre. Pour cela, j’aicommeoutilledesign,lalumière, la circulation dans l’espace,l’agencementd’uneœuvre par rapport à une autre… Nousjouons entrelesœuvres, l’étroitesse, la largeur. Nous racontons l’histoire que les scientifiquesessaientdetransmettre sur les œuvres, telles quel’histoiredel’art,descivilisations… Nous essayons de mettretoutcelaenplace.L’objectif est que les gens, les visiteurs se sentent concernés, intéressés et qu’ils aient les ressources pour pénétrer dans cet univers. Je suis designer à la base, et non architecte. Je
dans le projet du LouvreLens ? Cesontlesarchitectesducabinet Sanaa (Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, ndlr) qui sont venus me demander de collaborer avec eux pour la muséographie et la scénographie du musée. De notre côté, nous avons fait appel à la société française On-Situ pour lapartiemultimédiaetnouvelles technologies et à l’agence suisse Norm pour la signalétiqueet le graphisme dumusée. La mission, le travail de toute cette équipe est qu’ensemble nous puissions participer à la découverte des œuvres, à la transmission des savoirs. Depuis quand travaillez-vous sur la muséographie et la scénographieduLouvre-Lens ? Nous travaillons dessus depuis pas mal de temps. Nous avons commencé il y a presque trois ans, bien avant la pose de la première pierre (le 4 décembre 2009, ndlr). Aujourd’huileprojetestpratiquement bouclé. Le bâtiment est très exceptionnel par le volume qu’il offre. C’est un gros travaildetirerpartidecettearchitecture. Il faudra une mise en dialogue des œuvres qui viendront de tous les départements du Louvre à Paris et qui, certaines appartiendront àunepériodeidentique.Nous confronterons des civilisations, des cultures d’époques similaires. La grande force sera d’avoir une évolution à travers des chefs-d'œuvre exceptionnels. L’idée du temps, avec cette Galerie du temps, vapermettrepourlapremière fois d’avoir un jeu de perspective, une mise en regard des œuvresetdesentircetteévolution. La muséographie tend à rendrecelacompréhensifetvisible,toutenlaissantaupublic la découverte des œuvres. Adrien Gardère est le muséographe et scénographe du musée.
« J’ai comme outil le design, la lumière, la circulation des espaces, l’agencement… » travaille donc à cette échelle-là. C’est ma culture. Jefaisensortequelesnéophytes saisissent les clés et approfondissent les œuvres. Pour les experts, qu’ils puissent lire les œuvres de différentes manières. Quand vous parlez de votre travail, on sent que vous êtes passionnéparvotremétier… C’est effectivement un métier passionnant avec des enjeux intellectuels, de la perception des espaces… Il faut tenir compte du travail, des dialogues,desécoutes.Ilfautréelle-
mentécouterleschosesetsentir le rythme des espaces. Il faut que tout le monde puisse lire les œuvres, que cela soit une évidence et cela est très dur. Un travail à mettre en applicationauLouvre-Lens… Et le Louvre-Lens est d’autant plus un défi qu’on a une salle, qui est la Galerie du temps, de 125 mètres de long et de 25 mètres de large. Cette galerie est d’un seul tenant. Il faut ainsi travailler sur le rythme, dans un même espace. Nous avons une profondeur de champ exceptionnel. Il nous faut donc créer des scansions, des rythmes. Il faut trouver une intimité pour une œuvre, sans la cloisonner dansuneboîte.Ilfautainsidialoguer dans cet immense espace où les œuvres seront exposées et trouver en même temps, le repos dont certaines d’entreelles auront besoin. Comment êtes-vous arrivés
© Photo Éric Flogny/Aleph
Proposrecueillis parVirginieAUGERAUD
Biographie I Diplômé de l’École Boulle et de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, Adrien Gardère débute son activité en 2000, en installant son studio à Paris. Son travail s’articule autour de trois axes : le design de mobilier et de luminaires ; la muséographie et la scénographie d’expositions ; l’architecture d’intérieur. Ses réalisations démontrent une grande capacité à établir de véritables coopérations et à créer un dialogue entre innovation et confort, savoir-faire traditionnels et nouvelles technologies, compréhension et émotions, expertises scientifiques et enjeux pédagogiques. Avec son studio, il a fait la démonstration de sa grande faculté d’adaptation à des cultures et des pays très différents, et de son habilité à communiquer efficacement aussi bien avec des artisans, des entrepreneurs et industriels, que des conservateurs de musée ou des experts scientifiques.
En muséographie et scénographie d’expositions, ses derniers projets sont la rénovation du musée d’Art Islamique du Caire (terminée en 2010) et sa collaboration avec le Kennedy Center for the Performing Arts de Washington (depuis 2004) pour leurs festivals internationaux, en tant que directeur artistique en charge des espaces d’exposition. Du côté du design, ses créations sont toujours le fruit de l’analyse des pratiques contemporaines et des contextes culturels ; de la pertinence de l’usage des outils de production, de matériaux nouveaux ou de mécanismes ingénieux, qui séduisent également de grands éditeurs tels qu’Artemide, Ligne Roset, Perimeter Editions, Krios Italia, Saazs. Son objectif est clair : créer des produits, des installations et des espaces pertinents, légitimes, évidents. Pour Adrien Gardère, le design et l’architecture sont avant tout un regard sur l’homme, ses pratiques et son ingéniosité.
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EN PHOTOS I Visite du musée à Paris
Les enfants à la conquête du Louvre Visiter le Louvre à Paris et découvrir des tableaux comme Le Sacre de Napoléon, La Liberté guidantle peuple oubien encore La Joconde. C’est la chance qu’ont les élèves lensois en classe de CM2, depuis maintenant quatre ans.
A
u milieu des milliers de visiteurs qu’accueille chaque jour le Louvre à Paris, chaque année, les élèves lensois, en classe de CM2, se fondent parmi eux, afin de découvrir les merveilles du plus grand musée du monde. Car depuis quatre ans dans le cadre de l’arrivée du LouvreLens,l’ensemble de ces élèves effectue une sortie scolaire à Paris, comprenant naturellement une visite au musée du Louvre. Pour cette nouvelle année scolaire, ce ne sont pas moins de 600 élèves qui auront le privilège de profiter de cette opération. Ces journées ont ainsi pour but de « donner envie aux enfants de fréquenter les musées et de s’ouvrir sur le Louvre afin qu’ils deviennent des ambassadeurs du Louvre-Lens », expliquait une professeur des écoles. Et pour cela, quoi de mieux que de s’aventurer dans les couloirs du musée de Paris avec un guide conférencier. Des plus grands tableaux, en passant par les sculptures ou encore par le département des antiquités égyptiennes avec les momies, les élèves en prennent à chaque fois plein les yeux. Une bonne façon de les initier à la culture. Virginie AUGERAUD
Ci-dessus : Les élèves en pleine observation d’une momie d’un homme, au sein du département des antiquités égyptiennes. Ci-contre : Les enfants ont pu à la fin de la visite accéder à une galerie tactile où il est possible de toucher des sculptures. À chaque visite des élèves lensois, en classe de CM2, un (ou une) conférencier guide les élèves et leurs enseignants au sein du musée parisien. Ci-dessous à gauche : Les élèves ont posé avec joie devant La Liberté guidant le peuple. Ce tableau fera partie des œuvres qui seront accueillies au sein du Louvre-Lens plus exactement dans la Galerie du temps. Ci-dessous à droite : La Vénus de Milo a été, comme les autres œuvres du musée, immortalisée par les élèves, avec leurs appareils photo.
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METZ
Un écrin de beauté accessible à tous Après un premier voyage à Bilbao en 2006 afin de mesurer l’effet Guggenheim, les élus lensois ont fait de même au centre Pompidou où ils sont allés en juin échanger avec leurs interlocuteurs messins
L
a comparaison est flatteuse mais elle ne prendra son importance que si le musée lensois est une réussite : « Au centre PompidouMetz, nous sommes des nains de jardin par rapport au Louvre-Lens, » lance Laurent Le Bon, directeur de l’établissement messin. En plein cœur du quartier de l’amphithéâtre, une large esplanade piétonnière donne accès au musée inauguré en mai 2010. Les yeux levés, c’est une charpente extraordinaire qui s’ouvre aux yeux de chacun. Tarif unique : sept euros, gratuit pour les moins de 26 ans et les demandeurs d’emploi. Une volonté affichée de rendre l’endroit populaire : « Grâce au centre Pompi-
UN CHIFFRE
200
C’est le nombre de personnes travaillant au sein de l’EPCCPompidou.
Des vagues sur le toit, des vagues dans l’espace vert et un musée qui fait des vagues tout court. Le centre Pompidou en attire plus d’un, les chiffres ont dépassé toutes les espérances avec plus de 800 000 touristes.
dou, pour la première fois, des gens voient un Matisse ou un Picasso » souligne Laurent Le Bon, face à la toile La Tristesse d’un Roi d’Henri Matisse. Le directeur confirme la qualité des œuvres abritées derrière les murs du centre : « On n’est ni une annexe, ni une filiale, ni une antenne. On partage
ce qui se fait au centre Pompidou à Paris. » De salle en salle de conférence, de cinéma ou encore la scène aux gradins rétractables, le public va peu à peu vers la lumière de la ville. « C’est une succession d’ambiances » note Laurent Le Bon. Jusqu’à l’épreuve du miroir que le public voit accroché au plafond.
Vues sur la ville Les quatre galeries offrent plusieurs vues sur la ville, exactement comme au musée de Paris. Tout un symbole : « Il y a la vue sur la cathédrale et la ville du temps du Moyen Âge, sur le quartier impérial de la ville d’hier occupée par les Allemands, sur le quartier de l’amphi-
théâtre et la ville de demain avec tous les travaux », notait Déborah, guide conférencière. À la sortie, un espace terrasse jardin est disponible au public : « Je n’ai qu’un regret, c’est qu’il n’est pas assez grand », reconnaissait Laurent Le Bon. Lors de la visite ; l’exposition proposée était Chefs-d’œuvres ? ou
comment ce qui était considéré comme œuvre mineure a trouvé une part de lumière au fil des décennies et des évolutions des goûts. Si l’on devait transposer cette idée au centre Pompidou, ce qui était peut-être incongru d’implanter ce musée à Metz est aujourd’hui reconnu de tous. Maxime PRUVOST
CADRE DE VIE
Des esplanades piétonnières partout à Metz
I La Moselle borde la ville de Metz et offre de nombreuses activités fluviales de plaisance. Les péniches sont les premiers visages de Metz lorsqu’on arrive de l’autoroute. À l’intérieur, sur la terre ferme, près de 3 000 ans d’histoire ont laissé leurs empreintes sur les bâtiments historiques que les piétons peuvent voir et revoir au gré de leurs balades. Les voies et les places piétonnes occupent une bonne partie du centre-ville. Une animation quotidienne existe : terrasses, marché couvert, cinémas, restauration à floraison, galeries marchandes ou tout simplement les berges, il y a de bonnes raisons d’aller traîner ses guêtres dans le centre à la sortie des bureaux. En ce jour de la Fête de la musique qui a noirci les rues jusque tard dans la nuit, les premières notes de musique se font entendre dès 18h. « Même en temps normal, le coin
bouge » assurait un badaud. On veut bien le croire ; d’ailleurs le campus universitaire du Saulcy se trouve à peine à quelques encablures du centre-ville. La ville n’a pas eu besoin du centre Pompidou pour exister, ce fut un bonus royal. Les commerçants informés du projet Dans la cour intérieure du centre Saint-Jacques, des mères de familles taillent la bavette près du petit parc pour enfants. À l’évocation du musée, Danielle avoue qu’elle ne croyait pas à son succès il y a encore quelques mois de cela : « Je me disais que les gens allaient passer et ne pas s’arrêter. Metz est une petite ville. En fait, non, ce musée s’ajoute à la cathédrale et aux autres bâtiments touristiques. On entend plus de langues étrangères dans les rues. » Son père Jean-Claude habite
la commune depuis 45 ans. Il connaît bien le Nord pour avoir été responsable d’une entreprise de montres. Aujourd’hui, il est à la retraite. « On voit les touristes arriver. Les restaurateurs ont fait des + 40 %, + 50 % dans leur chiffre d’affaires. Les autres grands bénéficiaires sont les hôteliers. Tout cela existait auparavant mais il est indéniable que le musée a apporté quelque chose. » Pour ce commerçant dans l’âme, le coup de génie de la Ville et de l’office du tourisme a été de faire venir le premier adjoint de Bilbao en mairie pour échanger avec les commerçants : « C’était en février 2010, il est venu expliquer l’avant et l’après Guggenheim. Ce qu’il avait apporté en esthétique et en économie à la ville, les gens étaient surpris. À l’époque, je dois dire que les commerçants étaient un peu indifférents au projet. » Ils ont changé d’avis. Vers 18h, les rues sont loin d’être désertes.
M. P.
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DOMINIQUE GROS, MAIRE DE METZ
« Un vrai changement d’image » Q uel était le contexte lorsque ce projet est arrivé, et avez-vous été surpris par l’attribution du centre Pompidou à Metz ? En 2001, lorsque Metz a été choisie pour accueillir le musée, j’étais dans l’opposition. Le maire de l’époque était Jean-Marie Rausch, du centre droit. Mais j’ai toujours soutenu le projet lors des conseils municipaux. Seul un différend nous opposait concernant le manque de médiathèque dans le musée. Je n’étais pas surpris, pas plus que mon prédécesseur d’ailleurs, sur l’attribution. La ville de Metz avait un terrain qui était bien placé. Quand on est arrivé, en 2008, le centre n’était pas encore construit, il y avait eu des retards des entreprises. Quel impact a eu l’arrivée du centre Pompidou sur Metz ? Le changement de notre image a été prodigieux. Nous avions une image générale de ville triste marquée par son passé militaire et ses annexions. La ville a toujours été belle, mais pas sa réputation. L’arrivée de Pompidou a bousculé notre image. Le jour de l’inauguration, en mai 2010, il y avait plus de 800 journalistes. Sur le fait que le centre Pompidou de Metz allait accueillir de vraies expositions et que ce ne serait pas juste des photocopies d’œuvres, une journaliste japonaise pensait que si c’était si bien, eh bien pourquoi on n’avait pas fait ça à Paris ? ! Moi je pense que lorsque c’est ailleurs qu’à Paris, cela interpelle plus. Résultat : la première année, nous avons fait 800 000 entrées. On imaginait 250 000 visiteurs. Une affluence de 300 000 personnes, c’était déjà une très grosse performance.
Les Lensois sous le charme
Jean-Pierre Hanon, adjoint aux travaux de Lens
De cette visite, je me suis rendu compte des différences des implantations. Nous, nous sommes dans une implantation dans un cœur de verdure à proximité de la ville. Pas eux. Là-bas, tout s'est déclenché un mois et demi avant, cela a un côté rassurant pour nous. Même s'il y a encore beaucoup de travail et qu'il faut encore s'organiser sur les destinations touristiques par exemple.
Guy Delcourt, maire de Lens Alors qu’il était dans l’opposition en 2001, le Messin a toujours soutenu le projet du musée.
« Le tourisme oui. L’activité commerciale aussi. On n’a pas fini le boulot. » Cela a permis de changer du statut de ville industrielle triste et terne ? La ville de Metz n’a jamais été industrielle. C’était une administration de garnison, la seule usine était PSA. C’est surtout les environs qui étaient concernés par les industries. Metz était la ville où les ouvriers et les mineurs venaient dépenser leur argent. L’université est implantée depuis 40 ans seulement. La jeunesse, c’est la force d’une ville. Les Messins ont retrouvé de la fierté pour leur ville avec le centre Pompidou. Est-ce que le centre Pompidou a engendré un boom dans les visites des autres sites touristiques de la
ville ? Nous avons une cathédrale gothique mais tout le monde ne la connaissait pas. Chaque année, il y avait 500 000 visiteurs. Dernièrement, lors de l’assemblée générale de l’office du tourisme, on a appris que 100 000 visiteurs en plus l’avaient visitée. Et je ne pense pas que ce sont des gens qui sont tombés en odeur de sainteté tout à coup : en allant au centre Pompidou, ils sont allés à la cathédrale. On vend l’image de la ville de façon différente, il y a eu des choses qui se sont mises en place, on a fait bouger la ville avec des événements comme la nuit blanche ou encore un festival de théâtre. Tout cela donne une image nouvelle de ville culturelle. Comment fairedurerce succès ? Oui, on a plus de tourisme, mais il faut aussi plus d’activités commerciales. On est allés à Bilbao, là-bas, sur dix ans, on a vu qu’entre l’année précédent l’ouverture du
musée et aujourd’hui, la ville est passée de 90 à 900 congrès/an. Ici, il y a déjà un palais des congrès mais un autre va être construit derrière le centre Pompidou, cela fait partie de son développement : à côté de son image, il faut une activité économique du congrès à la gare qui est à deux pas. La ville de Metz est calme économiquement et stagne démographiquement. L’espace messin peut trouver de l’attractivité avec ça. On n’a pas fini le boulot, la ville de Metz doit trouver un rythme permanent : on souhaite profiter de l’effet Bilbao fois 10. Si j’avais un conseil à donner à Lens qui a une chance géniale d’accueillir le Louvre, c’est que la ville ne se concentre pas uniquement sur la culture. Une ville doit être un lieu de rencontres, mais aussi d’affaires.
Après cette visite, j'ai ressenti à la fois de l'enthousiasme mais aussi des inquiétudes. De l'enthousiasme d'entendre de la bouche des élus messins et des commerçants le nouveau souffle qu'a apporté le centre Pompidou sur Metz. Mais aussi de l'inquiétude ; on ne sera pas prêts au niveau de l'hôtellerie en décembre 2012 par exemple. Les élus messins vont venir sur Lens en avril prochain à l'occasion du match de foot de Lens contre Metz. Dominique Gros trouvait que c'était là l'occasion de faire d'une pierre deux coups. Pendant deux jours, ils vont visiter le secteur ; le chantier du Louvre mais aussi la base du 11/19. Il y aura également une grosse réunion soit en mairie soit en salle Jean-Nohain avec tous les élus de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et les élus messins, les membres actifs du tourisme là-bas.
Carole Bogaert, directrice générale des services de Lens J'avais déjà visité Metz avant le chantier. Finalement en termes de travaux, je suis rassurée, on est à la même étape qu'eux. Ils avaient peutêtre des difficultés avec l'accrochage de la ville. On a des similitudes.
Propos recueillis parMaxime PRUVOST
Deux villes et deux musées... très différents l’un de l’autre La politique de décentralisation des musées nationaux est évidemment le grand trait d’union entre le Louvre-Lens et le centre Pompidou-Metz. Pourtant, lorsqu’on regarde dans les détails, il apparaît que les deux projets ne sont pas dans la même catégorie. Le style des musées
Même si l’architecture des deux projets a une touche japonaise (Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa pour Lens et
Le Louvre-Lens ouvrira ses portes le 4 décembre 2012. © D. R.
Shigeru Ban associé au Français Jean de Gastines pour Metz), il apparaît que l’enceinte lensoise joue sur l’horizontalité quand le joyau messin « est un bâtiment en hauteur », explique Laurent Le Bon directeur du musée messin. Un chiffre interpelle : celui de la hauteur des murs. Le Louvre-Lens ne dépassera pas les six mètres de haut quand il en faut parfois vingt pour placer les œuvres en Lorraine. Justement, la nature des œuvres est également différente : de l’art moderne et contemporain à Metz (expositions temporai-
res) et de l’art plus classique à Lens (expositions semi permanentes). Géographiquement, le Louvre-Lens se définit comme un musée-parc (22 hectares) au cœur de la ville. « À Metz, on côtoie la gare sur 11 000 m²» expliquait M. Le Bon. Enfin les coûts sont éloignés : 70 millions pour construire Pompidou et plus du double pour le Louvre (150 millions d’euros). Les villes Les deux villes « ne boxent pas dans la même catégorie »
avouait Guy Delcourt. Intramuros Metz, qui abrite le conseil régional, est estimée à 127 000 habitants quand Lens dépasse à peine les 36 000 habitants. Un public différent Les études ont démontré qu’en un an, ce sont surtout les Lorrains qui ont franchi la porte du musée. À Lens, avec le Louvre qui est une marque mondialement connue,on devrait connaître un public plus international. M. P.
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PARI
Les raisons du succès Pompidou A ujourd’hui, un an à peine après l’inauguration du centre Pompidou-Metz, les voix sont unanimes pour dire que le pari de décentraliser le musée parisien en Lorraine a été un choix judicieux. Plus qu’un miracle, il faut bien dire que cette réussite est avant tout le résultat d’un travail de longue haleine réalisé par la ville, l’office du tourisme et l’équipe du centre Pompidou. Et pourtant, le projet a connu bien des retards. Le paradoxe d’image Comme au centre Pompidou à Paris, qui a bâti sa réputation sur un paradoxe d’image avec un design extérieur ressemblant fort aux usines, l’antenne lorraine d’art contemporain n’a pas dérogé à la philosophie. À savoir, une volonté de rendre populaire ce musée pour que la population locale se l’approprie. Même si visuellement, le centre Pompidou, avec sa toiture en forme de vagues, ressemble à un ovni qui s’est posé non loin de la gare, il en est en réalité tout autre. L’année précédant son ouverture, l’art s’était déjà invité dans les rues de Metz. À l’occasion de la manifestation Constellations, l’artiste Da-
Avec près de 800 000 visiteurs qui ont déambulé dans les galeries, c’est un véritable succès. niel Buren avait été invité à réaliser des créations. Une manière d’habituer le grand public à l’arrivée d’un tel musée sur son territoire. Aujourd’hui, les Lorrains sont majoritaires dans le nombre de visiteurs. Et Lens ? Le Louvre est né de la Révolution. Par définition, il y avait donc la volonté d’ouvrir la culture à d’autres couches de la population que la couche royale. Cette philosophie se poursuit au niveau des territoires avec les décentralisations des grands mu-
sées nationaux en provinces. Dans ce contexte, le lieu géographique du Louvre-Lens de la fosse 9 en pleine cité minière, derrière le stade Bollaert répond à une possible appropriation du musée par les habitants. Un projet pas si long que cela et fédérateur chez les élus Selon Jean-Pierre Jager, rédacteur en chef de La Semaine de Metz, le laps de temps entre l’annonce de l’implantation et l’inauguration - soit neuf ans entre 2001 et 2010 - « n’est pas
si énorme que cela pour quelque chose de ce type. » Pas faux au regard de l’ampleur du budget nécessaire pour la réalisation de l’opération (70 millions d’euros). Pour Anthony Villeneuve, journaliste au Républicain lorrain, « le projet architectural avait insufflé de la confiance dans les esprits de chacun. Puis il y a eu un doute avec le retard des constructions. La confiance est revenue avec l’arrivée des œuvres. Et après, c’est parti ! » L’autre avantage - et qui ne peut qu’être utile pour un
projet d’aménagement urbain - c’est le caractère fédérateur véhiculé par le centre Pompidou-Metz. « Ici, les élus des différents partis ont toujours voté en faveur du centre Pompidou, » se souvient Jean-Pierre Jager. Le meilleur exemple vient de Dominique Gros, l’actuel maire qui était… dans l’opposition à l’époque. Un bon sens du socialiste qui est aujourd’hui récompensé par une certaine légitimité. Et Lens ? Le Louvre-Lens a connu des retards avec le rejet des appels d’offres en juin 2008. Finalement, le Louvre ouvrira ses portes le 4 décembre 2012, soit 8 ans après l’annonce de son implantation. Mais, on le voit, les retards dans un projet ne sont pas pour autant le signe d’une mort dans l’œuf. Quant à l’unisson des élus lensois autour d’un projet, les pensées sont plus sceptiques. Plusieurs forces (PS, UMP, PCF, PRCF, Verts et Modem) composent le conseil municipal. Paradoxalement, c’est à gauche que l’éclatement est le plus violent. Au niveau communautaire, le PCF est également dans une opposition claire et nette. Les communistes n’ont toujours pas digéré que l’État se retire du financement dans le fonctionnement du futur musée (Il subventionne six millions sur les 150 millions du projet) ainsi que la création d’un EPCC. On se souvient aussi d’une manifes-
tation du PCF le 4 décembre 2009 lors de la pose de la première pierre du musée. Pour Guy Delcourt, c’est un mauvais procès : « J’en ai assez que les élus pensent toujours que le Louvre-Lens ne concerne que Lens. Arrêtons avec cette idée. » Ce n’est pas gagné. Le tir groupé Pompidou/TGV Cela peut paraître assez étonnant, mais une ville comme Metz était dépourvue d’accès TGV il y a encore cinq ans. « Avant l’objet qu’est le musée et l’accessibilité n’existaient pas », relève Jean-Pierre Jager. Prochain aménagement de taille à Metz, l’arrivée du Bus Way en 2013. Et Lens ? La ville a déjà un réseau existant ferroviaire et autoroutier assez important. Placée au cœur de l’eurorégion, à proximité de Londres, Bruxelles, Lille et Paris, sa situation géographique est donc loin d’être désespérante. Le tramway ? Il n’était de toute manière pas prévu en 2004 et ne devait arriver qu’après l’ouverture du Louvre-Lens, en 2014. Un premier retard a remis le projet de transport commun en site propre vers 2016. Depuis 15 jours, les élus de la CALL et de la CAHC ont voté une remise à zéro du projet. Il faudra tabler à l’horizon 2018-2020 pour voir la mise en place effective de la ligne Liévin/Hénin-Beaumont Maxime PRUVOST
RÉPERCUSSIONS
L’office du tourisme de Metz était prêt C’était un véritable challenge qui se présentait pour les salariés de l’office du tourisme. Pour le réussir,c’est tout un travail en amont qui a été réalisé. Aujourd’hui, les retombées sont énormes I On n’accueille pas un ovni sans lui préparer une piste d’atterrissage. La direction de l’office du tourisme avait enregistré cette donne et les potentiels 250 000 visiteurs attendus pour la première année. Ils ont été en réalité 800 000.
« Pompidou, c’est la cerise sur le gâteau » Néanmoins, la ville ne partait pas dans des chemins tortueux et inconnus comme l’explique Sabine Brousse, directrice de l’office du tourisme : « La ville de Metz avait déjà une richesse archi-
L’office du tourisme est au cœur du quartier historique de la ville. Chez les salariés de l’institution, un travail a été fait en amont.
tecturale et historique avec près de 3 000 ans d’histoire derrière elle. » La cathédrale Saint-Étienne, les musées de la Cour d’Or ou encore l’opéra-théâtre suffisent déjà à remplir l’agenda de bon nombre de villes. D’autant que l’offre hôtelière est au rendez-vous :
« À Metz, nous comptons 1 650 chambres et 2 400 chambres au niveau de l’agglomération », note Sabine Brousse. Profitant de l’arrivée du TGV en juin 2007, l’office de tourisme avait lancé dans la foulée le label des tables de Rabelais proposant ainsi des séjours touristi-
ques et gourmands. Puis voyant poindre le bout de nez du centre Pompidou 18 mois avant son inauguration, les Messins décident de passer la vitesse supérieure en faisant un grand tour de table avec la ville, le centre Pompidou et le comité départemental du tourisme.
« Sans oublier les hôteliers avec qui nous avons aussi travaillé pour préparer l’ouverture du musée et l’engouement qu’il allait susciter, prévoir l’accueil d’une clientèle peut-être plus atypique. Cela nous a permis de tout décloisonner. » Un an après, les résultats sont là : l’office du tourisme est passé de 385 000 contacts clients à… 622 000. Soit un bond de 62 % en avant. L’activité supplémentaire a généré à l’occasion le recrutement de deux personnes en plus dans un service communal qui compte 20 salariés en tout : « En été, on recevait parfois autant de monde en un jour que sur un week-end avant. » La Messine ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « On savait qu’on avait un potentiel touristique mais le centre Pompidou a été la cerise sur le gâteau. » M. P.
UN CHIFFRE
80%
Après un an de visites et de statistiques, Antoine Fonte, adjoint à la culture, dresse en moyenne la répartition des différents types de publics. Un public populaire qui est d'abord français à hauteur de 80%. « On compte environ à 50-56%de Lorrains et 18 à 20% de Franciliens, » explique-t-il. Le reste du public est étranger : Allemands, Belges, Luxembourgeois, Hollandais et Anglais composent cette palette hors des frontières. Et ce mercredi, jour de la visite, lalangue de Goethe résonnait souvent dans les allées !
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MAISON DU PROJET
SPORT
La zone tampon du Louvre-Lens Une bonne marche pour le musée I Le 4 décembre 2009 c’était le début de deux aventures. À quelques encablures du chantier dont la première pierre était posée ce jour-là, la Maison du projet ouvrait de son côté ses portes au public. En l’espace de deux ans, l’ancien centre Camus est devenu un véritable lieu de vie et de prises d’infos sur le Louvre-Lens. Café des voisins, visites du chantier depuis le belvédère, conférences d’arts, ateliers des petits artistes, le forum du jeudi, la Maison du projet mange et boit Louvre-Lens, cinq jours sur sept. À l’intérieur du bâti- Élise et Élodie, deux des agents d’accueil de la Maison ment dirigé par Sylvie Ferey, du projet ouverte depuis le 4 décembre 2009. quatre agents d’accueil et quatre médiateurs sont là Élodie, l’une des agents d’ac- 4 décembre 2012 et l’ouverpour répondre aux quescueil. À ses côtés, ce ma- ture du musée ? « Pour le tions du public. Qui est de tin-là, Élise constate l’évolu- moment, on ne sait pas enplus en plus nombreux puistion des mentalités des rive- core, c’est flou. Mais un lieu que les derniers chiffres déqui a un tel succès au pied du passent la barre des 35 000 vi- rains. « Au début, les gens ve- musée devraitavoir une foncsiteurs depuis décem- naient à la Maison du projet tion d’accueil sous une autre bre 2009. Pour répondre au pour faire des réclamations appellation que Maison du plus grand nombre, des visi- liées au chantier, ils avaient projet, » espère Élise. Et ce tes en langage des signes peur pour leur jardin, etc. n’est pas les riverains qui sont même organisées de- Aujourd’hui, ils ont adhéré s’en plaindraient… au projet, le café des voisins puis la rentrée. Maxime PRUVOST est devenu un rendez-vous I La Maison du projet, rue convivial. Cela fait plaisir de Georges-Bernanos, Le publicde plus en plus revoir des personnes qui re- 62 300 Lens. Téléphone : concerné « Lorsqu’une conférence viennent avec des amis. » 03 21 69 82 00. Ouverture du Et demain ? Quid de la mercredi au dimanche de 11h à est organisée, on est entre 45 et 70 personnes » se félicite Maison du projet après le 18h. Gratuit.
I Parcourir 400 kilomètres à pied entre le Louvre à Paris et le Louvre-Lens. C’est le pari un peu fou que l’association Louvre-Lens (A2L) est en train de mettre en place, dans le cadre de l’ouverture du musée le 4 décembre 2012. Cette “Odyssée de la culture”, c’est Jean-Jacques Labaëre, animateur du groupe de travail de cette marche, qui en est l’instigateur. « Depuis 2006, je pense à organiser cette marche Jean-Jacques Labaëre est à l’initiative de cette marche inaugurale. En 2008, j’ai inaugurale pour le Louvre-Lens. commencé à prendre les premiers contacts avec la Fédé- niale… ». Car l’objectif de avons prévu d’ouvrir les étaration française pédestre, cette marche est d’allier le pes du 1er, 2 et 3 décembre au avec le Louvre…, explique sport à la culture mais aussi à public et les week-ends. » ce passionné de marche, qui la santé, à la jeunesse et à Mais pour que l’association puisse ouvrir plus d’étapes, il a à son actif Hénin-Beau- l’environnement. lui faut plus de ressources. mont - Paris à pied, en qua« Nous sommes reconnus tre jours. Cette marche sera L’association à la d’utilité publique, cela nous en 14 étapes, de 20, 25 kilo- recherche de finances mètres chacune. Nous traverAvec les 15 marcheurs, permet donc de recevoir des dons des entreprises qui sont serons trois régions, sept dé- l’association A2L souhaite défiscalisés et aussi des partipartements, 125 communes que le public prenne égale- culiers où ils pourront déet deux pays… puisque nous ment place dans cette mar- duire 66 % aux impôts. » passerons par le Canada che inaugurale. « Nous aime- L’association espère trouver avec Vimy. » Avec un départ rions ouvrir les 14 étapes au également de nombreux parprévu le 21 novembre 2012, public mais pour cela il nous tenaires régionaux qui la pour une arrivée le 4 décem- faut des moyens aussi bien contactent pour prendre bre 2012, jour de l’inaugura- pour l’acheminement des part à cette aventure. tion du Louvre-Lens, les personnes sur les étapes Virginie AUGERAUD 15 marcheurs, ainsi que mais aussi au niveau sécu- I contact@ leurs 10 accompagnateurs lo- rité, souligne Jean-Jacques association-louvre-lens.com gistiques, approcheront Labaëre. Une étape repré- Les inscriptions pour participer 170 lieux de culture « histori- sente plusieurs milliers d’eu- à la marche se feront à partir du que, architecturale, patrimo- ros. Pour l’instant nous printemps 2012.
PUBLI-REPORTAGE
Hénin-Carvin, une agglomération créative et innovante L’ouverture en décembre 2012 du musée du Louvre à Lens constituera un évènement majeur pour l’ensemble des communes du Bassin Minier. Au-delà de cet équipement culturel de renommée internationale, c’est à l’échelle d’EURALENS que le territoire engage progressivement sa transformation par un changement d’image lié au développement des initiatives et des projets d’excellence. Consciente de ces enjeux et de ses nombreux atouts, la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin a mis en œuvre un projet de territoire visant à développer son attractivité pour les hommes et les entreprises. C’est pourquoi la stratégie de la CAHC est principalement axée sur la qualité de vie et des services en valorisant les éléments identitaires du territoire, et en trouvant comme points d’appui les grands sites communautaires. Sainte Henriette : Le lieu d’articulation entre la métropole Lilloise et Euralens. Situé sur les communes d’Hénin-Beaumont, Dourges et Noyelles-Godault, à la croisée d’infrastructures routières (autoroutes A1 et A21) et ferroviaires (TER lignes Lens-Lille et Valenciennes-Lens et LGV Paris-Lille), ce site remarquable est un repère à l’échelle du grand territoire métropolitain. Sainte Henriette constitue le lieu d’articulation entre la métropole lilloise et la zone de projet « Euralens centralité ». Grâce à cette position géographique et la proximité des grandes infrastructures de transport, le potentiel de développement du site s’inscrit en cohérence avec les projets initiés dans le cadre de la démarche Euralens. Véritable point d’interface entre les différentes infrastructures de transports en projet cette ancien site minier est à la croisée de la ligne de tramway traversant le Bassin Minier (engagée par le SMT Artois-Gohelle), du « RER » entre la métropole lilloise et le Bassin Minier (engagé par la Région Nord Pas-de-Calais et du possible nouvel arrêt TGV. L’ancien site minier de Sainte Henriette constituera un pôle d’échanges, générateur en lui-même d’une centralité. Cette centralité sera renforcée par un ambitieux programme immobilier de 140 000m², regroupant à la fois du logement, du tertiaire et des activités de commerces et de loisirs. Le Parc des Iles : le poumon vert. La transformation de cette ancienne cokerie en parc urbain de 50 hectares est un véritable pari gagnant pour le territoire. Ce moteur vert a entrainé la redéfinition d’un projet de développement d’envergure associant à la fois qualité urbaine, développement durable, développement économique, renouvellement urbain et réalisation de logements. Au travers des 70 hectares des parcs d’activités de la Chênaie et de Picasso, de la création de la Maison de l’Environnement et du Développement Durable, de la réalisation des projets « EUROPAN »
regroupant 200 logements HQE, ce site est aujourd’hui un exemple parfait du « Vivre, Travailler, Créer dans le Parc ». Le 9/9bis de Oignies : Un patrimoine humain support d’un développement culturel et économique ambitieux. Situé à proximité de l’autoroute A1 et de Delta3, le 9-9 bis offre l’opportunité d’un site exceptionnel, héritage de l’épopée minière à reconquérir et s’inscrivant dans une logique de rayonnement et de foisonnement. Porteur de l’image d’un nouveau dynamisme du territoire, il contribue à ancrer la politique patrimoniale et culturelle de l’agglomération, comme un nouveau facteur d’attractivité du territoire. Les bâtiments réhabilités de l’ancienne fosse classés au titre des « Monuments Historiques », vont entamer une nouvelle vie. Le projet crée de nouveaux usages mais intervient au minimum sur les édifices monumentaux du carreau de fosse, laissant les façades en l’état et mettant en valeur la beauté des espaces extérieurs totalement réaménagés. Dans le bâtiment des machines, le public découvrira des salles d’exposition, une galerie sonore et un restaurant installés autour des machines de la salle des compresseurs ainsi qu’une salle de bal qui trouve place autour de l’enrouleur des câbles de l’ascenseur. Le développement du site s’appuiera sur le patrimoine mais aussi sur la construction de bâtiments neufs qui accueilleront de l’activité économique et culturelle. L’ensemble de ces nouvelles fonctions seront concentrées dans le Bois du Métaphone, nouvel îlot qui conforte l’identité du site dans sa composition urbaine et dégage des emprises foncières destinées à l’accueil d’un programme tertiaire de 5000 à 7000 m², et d’un complexe hôtelier.
Dans ce projet, Le METAPHONE, sera le symbole de ce changement radical. Unique dans sa fonction comme dans sa forme, il exprime la nouvelle vocation musicale et sonore du site. Le Métaphone est à la fois une salle de concert, dédiée en priorité aux musiques actuelles et électroniques, et un «instrument de musique urbain» inédit. L’édifice est habillé de plaques de matières variées (bronze, bois, verre, fer), qui émettent du son produits à partir d’instruments variés. Le Métaphone va donner aux compositeurs du monde entier la possibilité d’inventer des formes musicales, de créer des œuvres inspirées par l’architecture. L’Eco Pôle Gare de Libercourt : Faciliter l’accés aux transports en commun. Projet intégré d’urbanisme durable remarqué par la Région et par le Département, l’Eco Pôle Gare de Libercourt constitue une opération d’aménagement et de requalification urbaine exemplaire. Au delà de la mise en place d’un pôle d’échange intermodal fonctionnel et valorisant, qui favorisera l’utilisation des transports en commun et permettra une meilleure organisation du stationnement aux abords d’une gare plus accessible pour les voyageurs et les habitants, le projet va conférer à la ville de Libercourt un centre urbain de qualité. Le programme prévoit la création de 200 places de stationnement, l’aménagement des espaces publics et un programme mixte logement/tertiaire de 14 500m² à 12 minutes de centre ville de Lille. Projet communautaire ambitieux, l’Eco Pôle Gare de Libercourt témoigne d’une politique exemplaire de développement durable du territoire. La recherche de la qualité architecturale et de performance énergétique des constructions, le choix des matériaux au regard de leur impact sur l’environnement, la valorisation de la ressource en eau (gestion alternative des eaux pluviales) assureront une plus value qualitative de cet écoquartier de
gare, «porte d’entrée» de l’agglomération Hénin Carvin. L’Eco Pôle Gare de Libercourt s’inscrit d’ores et déjà comme un pôle d’intérêt régional exemplaire en matière de développement urbain durable et de transports alternatifs, et offrira ainsi une image urbaine de qualité à la ville de Libercourt mais également au territoire de la Communauté d’Agglomération Hénin Carvin.
Jean-Pierre Corbisez, Président de la Communauté d’Agglomération Hénin-Carvin, Maire de Oignies.
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ARRAS
MUSÉE
Versailles arrive en 2012dans l’Artois
En attendant Versailles
Le carosse de Charles X sera visible à Arras.
Q uestions à François Xavier Muylaert, adjoint délégué à la culture et au tourisme. Le sénateur et maire d’Arras, Jean-Marie Vanlerenberghe, devant une œuvre qui sera présenté à Arras.
Établissement public du château de Versailles, Région Nord/Pas-de-Calais, et la ville d’Arras, trois parties pour un même projet, d’envergure incomparable. En décembre 2010, l’annonce de ce partenariat avait des allures de cadeau de Noël. Le mardi 5 juillet 2011, les signatures ont été apposées sur une convention cadre. La première exposition est prête, et les œuvres vont rejoindre le musée des Beaux arts d’Arras. près le Louvre à Lens, voici Versailles à Arras. A Les deux musées vont se retrouver à moins de 20 km dans la région, apportant une réponse culturelle complète aux Artésiens, et aux touristes. “Versailles hors les murs”, c’est une opération de décentralisation des œuvres du musée, chère à Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public de Versailles à l’époque. « J’ai un attachement très personnel à la décentralisation culturelle. Je veux que la culture puisse être présente sur l’ensemble du territoire », souligne-t-il. La convention prévoit des « expositions qui se dérouleront sur une période de 12 à 24 mois au musée arrageois. Des ensembles cohérents et thématiques de biens culturels conservés dans les collections historiques des châteaux de Versailles et du Trianon. » Des actions éducatives et culturelles seront, à chaque exposition, développées, notamment en direction des scolaires. L’enjeu du partenariat est également de faire connaître le territoire et la région sur le plan national ou euro-régional. La convention fixe les engagements des différentes parties : l’établissement public de Versailles devra mettre à la disposition du musée arrageois des œuvres et des objets faisant partie des col-
« C’est une collaboration et un engagement dans un esprit de service public » Jean-Jacques Aillagon lections des châteaux de Versailles et du Trianon. Versailles devra concevoir toute une série d’expositions thématiques, en choisissant les sujets et les œuvres pouvant y être associés, ainsi que la présentation muséographique, en lien avec le musée d’Arras. Le pôle culturel Saint Vaast proposera des animations virtuelles présentant le château et son domaine. Spectaculaire et populaire De son côté, la ville d’Arras, en tant que maître d’ouvrage de l’opération Versailles hors les murs, devra mettre à disposition les services, les moyens et les espaces du musée. À ce même titre, la ville prend en charge le coût de fonctionnement du projet, étant évalué à 220 000 euros. En plus, des travaux doivent être réalisés au musée pour accueillirles carrosses. Au total Arras va investir près de 1,5 million d’euros. La région prend à son compte
50 % du fonctionnement et 60 % des études et travaux. Dès le 17 mars 2012, le public pourra découvrir “Roulez carrosses”, la toute première exposition. « C’est une collaboration et un engagement dans un esprit de service public, une mise à disposition de collection qui appartiennent à la Nation tout entière », a souligné, heureux, Jean-Jacques Aillagon. La commissaire de l’exposition, Béatrix Saule, ne cache pas non plus son enthousiasme sur ce projet, qui prend forme. « Nous avons voulu frapper un grand coup, faire quelque chose de spectaculaire et de populaire, en proposant un des trésors de Versailles assez méconnu, avec une collection de véhicules historiques et hippomobiles ». Il s’agira de la première exposition de France sur les carrosses, avec des pièces inédites et à l’histoire rocambolesque. Et, pour certaines, aux dimensions hors normes. De quoi rassurer Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateurmaire d’Arras. « Arras n’a pas été oublié après le Louvre-Lens, comme je le craignais un peu. Arras sera une ville privilégiée, c’est vrai. » En visitant les écuries royales, on se prenait à rêver de voir débouler Bartabas et sa troupe, pourquoi pas un jour au pied du Beffroi. Ce serait royal… AurélieDELFORGE
Quelles nouveautés au musée d’Arras pour la rentrée ? Le musée est en attente. D’abord de l’arrivée prochaine d’Anne Esnault, nouvelle conservatrice, qui devrait prendre ses fonctions en septembre et de la future exposition “Roulez carrosses” qui nécessite des travaux importants pour consolider par exemple la dalle supportant les lourds carrosses. Afin de bien etde mieuxassocier les Arrageois à cette entreprise artistique prestigieuse, une présentation exceptionnelle de la future exposition a eu lieu le jeudi 29 septembre, au musée, en partenariat avec le château de Versailles et la Région. Arras et ses habitants ont une chance extraordinaire. Ils vont accueillir durant 18 mois les plus belles pièces versaillaises du musée des carrosses, quasiment jamais ouvert au public. Autre certitude, durant ces 18 mois et à l’inverse de l’exposition Bonaparte et l’Égypte, l’ensemble des collections du musée d’Arras continuera à être accessible au public. Face cachée mais primordiale dans tout musée, la poursuite du recollement qui devrait être achevé en
2014. Également en chantier, la réflexion bien avancée du futur grand pôle culturel, dans les locaux de l’abbaye Saint Vaast. Parmi toutes les idées avancées est envisagé d’adjoindre au musée, un nouveau département d’histoire locale et régionale qui devrait être d’accès gratuit. Un comité de pilotage va bientôt se mettre au travail pour sa conception. Pas d’exposition avant celle de Versailles ? Si et heureusement. La Société des Amis du musée et ses deux co-présidents Françoise Spas et Pierre Ducrocq ont réalisé une inédite et belle opération. Des particuliers, collectionneurs arrageois possédant dans leur famille depuis des générations des tableaux de peintres de l’école d’Arras ont accepté de les prêter pour une exposition qui se tiendra du 5 novembre au 15 décembre. La ville apporte une conséquente contribution à cette heureuse initiative. Près de
30 tableaux privés de Dutilleux, Dourlens, Dubois…, véritables trésors méconnus et inédits de l’école d’Arras seront dévoilés et compléteront la connaissance de cette école de paysagistes du XIXe siècle que l’on peut admirer déjà dans les collections permanentes au deuxième étage du musée. Comment rendre le musée plus attrayant, plus attractif pour le grand public ? Accueillir l’exposition versaillaise rentre déjà dans cette démarche. De nouveaux cartels expliquant les œuvres ont remplacé les anciens usés et démodés. Ce sera une des missions de la nouvelle conservatrice que de repenser le musée. Moins d’œuvres devraient être présentées. Bien expliquées et en trilingue (français, anglais et néerlandais) bien mises en valeur, elles devraient être emblématiques de la richesse des collections arrageoises. Propos recueillis parNelly DUPRÉ
Roulez carrosses ! Béatrix Saule est la commissaire de l’exposition qui débutera à Arras le samedi 17 mars 2012. « La première exposition, “Roulez carrosses”, concerne les voyages de la cour, présente Béatrix Saule. Elle regroupe 80 œuvres, avec un parcours chronologique de Louis XIV aux véhicules de la présidence. » L’exposition arrageoise débutera par un triptyque « monumental ». Le premier tableau présentera l’entrée de Louis XIV à Arras. Il y aura deux autres œuvres, avec une entrée dans Douai et le passage à Lille. On trouvera ensuite les pièces maîtresses de cette première exposition : les carrosses. « C’est l’exemple même de ce qui a fait la célé-
brité des carrosses français, par leur luxe, leur élégance, leur modernité. » Le carrosse, sous la Monarchie, est l’un des trois objets représentant le règne et la personne royale. On découvrira le carrosse du sacre de Louis XVI, celui-là même qui croisa la route d’un certain Robespierre, le dernier carrosse construit pour un roi. Détruit à la Révolution, on pensait qu’il ne restait rien de ce carrosse. Pourtant, une portière gauche a été retrouvée il y a 20 ans à Munich. Des chaises à porteurs trouveront aussi leur place à Arras, tout comme des traîneaux, qui se détacheront par leur fantaisie.
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CAPITALE DE LA CULTURE
Béthune, écrin de choix avant Lens Avant de se poser à Lens, le Louvre fait escale à Béthune, du 8 octobre au 31 décembre, dans le cadre de la capitale régionale de la culture.
est à la chapelle Saint-Pry et au Lab-Labanque que ces œuvres, venues tout droit de Paris, seront hébergées pendant de longues semaines. Les Trois grâces, tableau de Lucas Cranach, sont les stars incontestées de ce voyage. D’autant que c’est la première fois qu’elles quitteront le Louvre ! « Mais il n’y aura pas que ce tableau », précisait le conservateur Jean-Luc Martinez, lors de sa venue à Béthune à la mi-septembre. Le Louvre prête également à Béthune une vingtaine d’autres œuvres, qui seront toutes exposées à la chapelle Saint-Pry. Des œuvres issues des collections du Louvre et des musées de la région, témoignant du « retour à l’Antique dans les arts, de la Renaissance au XIXe siècle », mentionnent les organisa-
INITIATIVE L’association lilloise Signe de sens va travailler surl’accessibilitéàl’exposition. Elle va ainsi faire en sorte que les personnes atteintesdesurditépuissentprofiteraumaximumdes œuvres.
C’
Desvisitesguidéesenlangage des signes sont ainsi au programme, les 6 et20 novembre,etle4 décembreà15h. Renseignements 03 20 06 00 45.
au
I
Le tableau de Lucien Cranach, qui sort pour la première fois du Louvre, est la star incontestée de cette exposition, à Béthune du 8 octobre au 31 décembre.
teurs de Béthune 2011. Le Louvre sera également « revisité » au sein du LabLabanque, l’ancienne banque de France transformée en centre d’art.
Une sélection d’œuvres contemporaines, spécialement produites pour le musée du Louvre, donnera un aperçu de la politique du musée en matière d’art contem-
porain. « Ces deux actions, classiques et modernes, se répondront, cela fonctionnera comme un miroir », soulignait l’adjoint à la culture de Béthune, Joël Caron, il y a
quelques mois. Une belle entrée en matière, donc, pour rêver à ce que sera, en 2012, le LouvreLens. T. M.
Chapelle Saint-Pry, rue Saint-Pry à Béthune. Téléphone : 03 21 64 07 11. Lab-Labanque, 44 place Clémenceau à Béthune. Téléphone : 03 21 63 04 70 www.lab-labanque.fr Exposition du lundi au vendredi de 12h à 19h. Samedi, dimanche, vacances scolaires et jours fériés de 10h à 19h. Fermée le 25 décembre. Réservations uniquement pour les groupes. Entrée libre.
JEUNESSE
« Et si La Joconde s’ennuyait à Paris ? » I Forcément,
quand un musée digne du Louvre vient s’installer à quelques mètres de sa cour d’école, on s’y intéresse. Que ce soit les instituteurs, les parents ou les enfants… Mais quoi de mieux qu’un travail collectif pour réellement concerner les élèves ? Pas grand-chose. C’est en tout cas l’idée de Christophe Carin, directeur de l’école Jean-Jaurès de Liévin qui se situe à quelques dizaines de mètres du futur Louvre-Lens.
Un album illustré des élèves sur La Joconde Le projet ? Tout simplement d’écrire une histoire illustrée sur La Joconde. « La Joconde, tout le monde connaît, précise justement Christophe Carin. C’est le tableau le plus connu et le plus visité du musée parisien. Alors on s’est dit : pourquoi La Joconde ne s’ennuieraitelle pas à Paris ? Toujours les mêmes personnes, les photos… » Et c’est ainsi qu’est née l’histoire. Mais pour le projet, Christophe Carin a fait ni plus ni moins appel à Jean-
Christophe Carin, directeur de l’école Jean-Jaurès à Liévin.
Michel Delambre. Ce dessinateur de presse et auteur d’albums pour enfant vient prêter son coup de crayon au projet des élèves. Deux à trois fois par an, il vient jusque l’avenue Alfred-Maës pour rencontrer les élèves. Au total, ils sont plus d’une
cinquantaine d’enfants, de CE2-CM1 et CM2, à participer au projet. Travail d’écriture, d’arts visuels, d’illustration… Le projet a le don de créer une émulation dans l’école. « Chaque classe écrit une partie ce qui permet de concerner tous les élèves, se
félicite le directeur. Et puis, c’est un projet pluridisciplinaire qui nous permet de travailler l’histoire ou encore le français. » Pour mieux se rendre compte de l’impact du musée et de ce qu’il représente, les enfants sont tout simple-
ment allés à Paris, l’an passé, pour une visite guidée du musée parisien. « Là-bas, ils se sont imprégnés des lieux et se sont sentis concernés, reconnaît le directeur d’école qui est accompagné par quatre enseignants. On a pu s’apercevoir réellement ce que représentait le musée, ce qui nous a donné un sacré coup de main pour écrire l’histoire du livre. » L’histoire du livre justement, parlons-en. La Joconde s’ennuie au musée parisien. Et tout le monde le sait. Aussi bien les employés que les autres personnages des tableaux de Léonard de Vinci. Mais c’est le docteur Gachet, un ami de Van Gogh, qui lui suggère de se rendre dans le nord de la France : « Un musée va s’ouvrir à Lens, lui dit-il. Vas-y, ça va te changer d’air. » Dans son périple, La Joconde croisera ses amis de toujours comme La Vénus de Milo ou encore Le Cri de Munch. « C’est une manière de refaire l’histoire à travers des personnages qui ont marqué la peinture selon les âges, souligne Christophe
« Un musée va s’ouvrir à Lens ! Vas-y, ça va te changer d’air. » Docteur Gachet Carin. Et puis, c’est interactif pour les enfants de travailler aussi bien l’illustration que les textes. On a même fait quelques saynètes pour du théâtre. » Deux heures par semaine donc, les enfants consacrent une partie de leur temps à ce livre. Quant au dessinateur de presse, il rendra visite aux enfants le 21 octobre. Certainement pour une nouvelle aventure. AdrienJUSTINE
Une partie du travail.
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EN PHOTOS I Le Louvre à Paris
Les merveilles du plus grand musée Créé en 1793, au lendemain de la Révolution, le Louvre est considéré comme le plus grand musée de monde.
A
vec ses pavillons Richelieu, Denon et Sully, ce musée accueille chaque année des millions de visiteurs qui viennent contempler les œuvres des divers départements tels que les antiquités orientales, égyptiennes, les peintures, les objets d’art ou encore les sculptures… À la fin des années 80, ce magnifique bâtiment historique a fait l’objet de grands aménagements. Commandé par le président de la République de l’époque, François Mitterrand,la grande pyramide de verre fait alors son apparition et est inaugurée en 1989. D’une hauteur de plus de 21 mètres et pour une base de plus de 35 mètres, cette architecture en verre est devenue l’entrée du musée pour les visiteurs. Des touristes qui n’hésitent pas à faire une longue file d’attente pour rentrer dans ce musée. Et naturellement, les couloirs les plus prisés par les visiteurs sont naturellement la Grande Galerie permettant d’accéder à la salle où se trouve La Joconde. Mais le Louvre regorge de bien d’autres chefs-d’œuvre tout aussi populaires comme Les Noces de Cana, Le Sacre de Napoléon, Le Radeau de la Méduse, La Vénus de Milo… Mais aussi des œuvres moins connues du public comme Le Tricheur de George de La Tour. Mais le Louvre à Paris, c’est également une architecture à contempler. De quoi ressortir émerveillé. Virginie AUGERAUD
Ci-dessus :Vue surleparvis dumuséedu Louvreavec sapyramide de verre, d’une hauteur de plus de 21 mètres et pour une base de plus de 35 mètres. Elle a été inaugurée en 1989. Ci-contre : Les grands couloirs du musée empruntés chaque année par des millions de visiteurs. Le Louvre à Paris c’est également une architecture à contempler comme ces magnifiques plafonds peints. Ci-dessousà gauche : La Grande Galerie du Louvreaccueillant des peintures Italiennes comme celles Léonard de Vinci,Mantegna ou encore Pérugin. Cette Galerie permet également d’accéder à l’un des tableaux emblématiques du musée, La Joconde. Ci-dessous à droite : Des milliers de tableaux sont contemplés au musée comme ici ces touristes devant Le Tricheur, de George de La Tour. Remerciements au musée du Louvre.
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ROMAN
L’autre énigme de La Joconde Dans une lettre adressée à André Gide, Paul Valery constatait que le mystère du fameux sourire de Monna Lisa avait été supplanté par le mystère réel du vol du tableau. Cent ans plus tard, la légende continue. Entretien avec l’auteur d’un roman qui traite d’une sombre affaire, Jérôme Coignard. érôme Coignard, racontez-nous l’intrigue de votre roman ? Le lundi 21 août 1911, très tôt le matin, un ouvrier italien de 30 ans entre dans le Louvre. ll monte au 1er étage, décroche La Joconde et sa boîte vitrée. Il se cache dans les escaliers pour tout défaire et ressort quelques minutes plus tard par la porte avec le tableau. En tout, cela a pris 30 minutes. La chose curieuse, c’est que même si le musée est fermé le lundi, il s’y passe toujours des choses : transports d’œuvres, nettoyage etc. Et personne ne s’aperçoit que La Joconde n’est pas à sa place. Mardi 22 août, un peintre qui avait besoin d’avoir La Joconde sous les yeux remarque enfin le vol. On s’alerte, on prend en considération ce manque. On retrouve le cadre de la vitre dans les escaliers. Le préfet de police arrive avec 60 inspecteurs de la police judiciaire sur les lieux fermés au public. On relève l’empreinte laissée sur la vitre mais on ne l’exploite pas. Si l’on avait pris cet indice majeur, on aurait retrouvé l’identité du suspect potentiel. Notre ouvrier italien Vicenzo Peruggia avait déjà été fiché pour deux délits mineurs. Le deuxième
J
couac dans l’affaire, c’est lorsqu’on convoque les 250 personnes ayant travaillé au Louvre au cours des dernières années. Or Vicenzo Peruggia, qui avait travaillé au Louvre en posant d’ailleurs la vitre de La Joconde, ne répond pas à la convocation. Un inspecteur viendra toutefois chez lui pour un interrogatoire léger et ne vérifiant pas l’emploi du temps de l’ouvrier lors du jour du vol. C’est une enquête coûteuse qui va s’enliser à travers 2 000 pistes. Ce n’est qu’en décembre 1913 que La Joconde va être retrou-
« Ce n’est qu’en 1913 que La Joconde a été retrouvée à Florence » véeà Florence. Vicenzo Peruggia avait contacté un antiquaire de Florence en lui proposant La Joconde. Lorsque celui-ci se rend au rendez-vous, accompagné du directeur du musée de Florence, et qu’il se rend compte qu’il s’agit bien de La Joconde, il le dénonce aux forces de l’ordre. Comment avez-vous conçu votre roman ? Mon enquête repose sur les archives - lacunaires de police et a été complétée par les archives de la presse de l’époque qui était une véritable mine d’or d’informations. Ça m’a permis de reconstruire certains épisodes. J’ai mis près de deux ans pour écrire ce livre. Pourquoi avoir choisi cet épisode de La Joconde ?
Aux prémices de l’enquête, les suppositions portaient sur la participation de deux voleurs.
Il y a 20 ans, un éditeur m’avait demandé d’écrire un livre sur une histoire vraie touchant à la fois au roman policier et au domaine de l’art. J’avais donc fait un premier récit. Et puis avec le centenaire du vol qui approchait, j’avais envie d’étoffer le livre. Ce n’est pas n’importe quel tableau. Ce vol a déclenché les passions les plus noires parfois. Il y a eu une campagne antisémite qui disait qu’en perdant La Joconde, c’était la faute des juifs. Quand on a su que c’était un ouvrier italien, il y a eu une vague de protestation xénophobe des ouvriers français qui disaient que les étrangers volaient leur travail. Il y a eu également le tragique épisode d’Apollinaire, jeté huit jours en prison en septembre 1911
car il avait à l’époque un secrétaire belge qui avait volé des pièces au Louvre. On l’avait accusé de recel de malfaiteur. On fantasmait sur un gang d’un niveau international qui était à l’origine de ce vol et dont Apollinaire aurait été le maillon. Il a été traumatisé par cet événement même si ce séjour en prison a eu d’heureuses conséquences littéraires puisqu’il y a écrit de magnifiques poèmes publiés dans son recueil Alcools. Aujourd’hui, 100 ans après, un vol similaire est-il encore possible ? Non, La Joconde est tellement protégée que si on voulait retirer la vitre, on détruirait l’œuvre. Elle ne bougera plus jamais du Louvre. Propos recueillis parMaxime PRUVOST
Un livre mené tambour battant « Voler La Joconde ? Et pourquoi pas la Tour Eiffel ! » I La
quatrième de couverture du roman du journaliste Jérôme Coignard “Une femme disparaît, Le vol de La Joconde au Louvre en 1911” annonce la couleur. Il traite de l’un des plus incroyables rapts de l’histoire. ”Une femme disparaît, Le vol de La Joconde au Louvre en 1911”, éditions Le Passage, 356 pages, 18 euros.
Groupe Maisons & Cités Opérateur du renouvellement urbain du bassin minier Nord-Pas de Calais Maisons & Cités est l’héritier du patrimoine de logements miniers du Nord-Pas de Calais, encore habité aujourd’hui par près de 22 000 ayants droit du statut du mineur. Avec 62 500 logements, il gère le premier parc régional de logements sociaux. A travers ses opérations d’habitat social menées dans une démarche d’aménagement et de développement durables, il contribue au renouvellement urbain du territoire. Maisons & Cités est propriétaire de 2 000 logements situés dans l’environnement immédiat du site du futur musée. Ceux-ci constitueront les éco-cités du Louvre… Maisons & Cités est Mécène Bâtisseur du musée du Louvre-Lens.
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AMBITION
Autour du Louvre, valoriser le territoire et le département Diana Hounslow dirige l’agence de développement et de réservation touristique du Pas-deCalais. L’agence joue un rôle très actif dans la réflexion en matière de développement touristique autour du LouvreLens Quand avez-vous commencé à réfléchir à l’arrivée du Louvre-Lens ? Diana Hounslow : Dès l’annonce ! Très vite, des groupes de travail ont été mis en place avec l’équipe de l’accueil des publics du Louvre, le comité régional du tourisme et les différents offices du tourisme concernés. L’enjeu est d’être prêt à accueillir l’ensemble du public. Et si Lens n’est pas prêt pour l’ouverture, les territoires environnants auront un rôle à jouer pour palier, pour ne pas perdre le public. Comment cela s’est organisé ? Isabelle Petonnet, sous-préfet de l’arrondissement de Lens a initié, dans le cadre d’Euralens des groupes de travail à thème pour mettre tous les acteurs capables de mettre en valeur le territoire. Elle a nous a demandé d’animer la partie tourisme. Ce groupe a fait émerger l’intérêt de la création d’un organisme pilote. Le Président Dupilet a alors sollicité Pas-de-Calais Tourisme pour développer la mission Louvre-Lens tourisme. La mission Louvre-Lens a été confiée à trois personnes, avec à sa tête Norbert Crozier. Quelles sont les pistes, la philosophie ? L’objectif est de faire du territoire plus que la destination d’une excursion d’une journée. Il s’agit d’en faire un pivot touristique, assumant pleinement son histoire, offrant des prestations touristiques de qualité. L’idée est d’en faire une destination touristique atypique, originale. L’esprit, c’est assumer ce territoire, avec ses différences, la fierté de son histoire, de son héritage, avec un regard très positif. Comment procéder ? En premier lieu, les offices du tourisme ont vite exprimé le souhait de travailler ensemble pour agir en cohérence, mais aussi échanger de bonnes pratiques.
Diane Hounslow, du Comité départemental du tourisme, est très engagée dans la réflexion sur le développement touristique autour de l’arrivée du Louvre-Lens.
« Le premier objectif, c’est de faire venir les habitants de la région » Diana Hounslow Ensuite, il s’agit de prendre du recul, de la hauteur sur le territoire. Bien sûr, Lens a une identité industrielle forte, liée à son histoire minière. Mais il faut aussi considérer l’image sportive, avec l’équipe de football de Lens, le stade couvert de Liévin. Il ne faut pas oublier les acteurs économiques, etc. Des experts du développement culturel et de la reconversion de territoires ont été invités afin de s’imprégner du territoire. Leur mission : donner leur regard extérieur sur les forces et les faiblesses, ce qui manque, quoi faire… Les premiers retours sont positifs soulignant le poten-
tiel immense en matière de développement touristique à réaliser. Ils évoquent aussi l’identité très forte de la population, notamment. En parallèle, une autre étude a été lancée avec le cabinet Nicaya : en interrogeant des élus, des personnalités et des habitants du territoire sur la perception qu’ils en ont, ils définiront les caractéristiques fortes de l’identité régionale. Cela a été fait à l’échelle du Pas-deCalais, et il en ressort des éléments très intéressants, cela donne des pistes pour la suite. Par exemple, sur l’hébergement, on imagine plutôt des bâtis respectueux de l’environnement, en harmonie avec l’ensemble du territoire. Une démarche de “benchmarking” est aussi en cours : ce sont des échanges de bonnes pratiques avec des territoires et des enjeux comparables au nôtre. Nous travaillons donc avec Liverpool et sa Tate Galery, avec la Rhur en Allemagne ou en-
core le Guggenheim de Bilbao. Plus concrètement, quelles sont les premières initiatives ? Est prévue la création d’un hub tourisme et culture. À proximité du Louvre, un site réunissant les informations sur le Louvre-Lens bien sûr, mais aussi sur l’ensemble du territoire. Il s’agit de donner
un rayonnement régional au lieu. Autre sujet d’envergure : l’hébergement. Il en manque, bien sûr. La réflexion engagée s’oriente davantage vers des formes originales d’hébergements comme le plein air/camping-car. Des projets de meublés et chambre d’hôte sont à l’étude. Des investisseurs se
sont également fait connaître pour créer différentes gammes de produits. Se préparent aussi des packages touristiques. On les souhaite aussi innovants, différents. Il ne s’agit pas de proposer une série de visites de musées par exemple, mais plutôt d’associer des sites complémentaires sur d’autres territoires. Par exemple, on peut associer le Louvre-Lens et Le Touquet, mais aussi Culture Commune, la scène nationale du Bassin minier, la Piscine de Roubaix, la piscine art-déco de Bruay… Des offres à proposer aux tours operateurs par exemple. Quelpublic souhaite-t-onviser ? Le tout premier objectif, c’est de faire venir les habitants de la région. Ensuite, nous fonctionnons par cercles concentriques et l’on s’éloigne de plus en plus. Évidemment, les Belges, Anglais, Hollandais et Allemands qui viennent déjà dans la région sont les premiers ciblés, d’autant qu’ils ont un esprit de découverte culturel et d’échange. Mais on peut aussi penser aux Italiens qui sont une grande sensibilité culturelle. La question se pose aussi aux touristes des sites de mémoire : comment les “détourner” de leur destination ? C’est sûr, le Louvre en luimême suffira à faire déplacer des foules. On sait déjà que les premières expositions seront tout simplement extraordinaires. Et que cela va attirer du monde. Mais il n’est pas question de se cantonner à cela ! Propos recueillis par Florence PÉCRIAUX
Tourisme en région Pour découvrir votre département, de la côte aux terres, l’office de tourisme du département possède un site internet très pratique et complet : www.pas-de-calais.com/ Restauration, hébergement, évenemnts culturels, rendez-vous, loisirs, sports, il y a tout pour parfaire votre
connaissance du département. Si vous souhaitez dépasser les frontières du Pas-de-Calais et pousser la curiosité jusqu’à découvrir la région, ce site : www.tourisme-nordpasdecalais.fr/ livre toutes les informations nécessaires pour un séjour bref, ou plus long... Une bonne source d’informations !
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DUNKERQUE
BÉTHUNE
« Être la façade maritime et art Un travail sur tout le territoire contemporain du Louvre-Lens » Florence Girard, responsable de l’Office du tourisme Béthune-Bruay, suit de près l’arrivée du Louvre-Lens. « On s’y prépare depuis quatre ans, explique-t-elle, à travers plusieurs groupes de travail, à des échelles différentes, régionale, départementale, locale ».
Sabine Lhermet, directrice de l’office de tourisme de Dunkerque, donne son point de vue sur le projet LouvreLens.
Quels bénéfices peut tirer le Dunkerquois de l’installation du Louvre-Lens ? Nous avons rencontré le chef de projet de la mission Louvre-Lens tourisme, Norbert Crozier. Il reconnaît les actionsde Dunkerque en matière d’art, en particulier d’art contemporain. Il trouve intéressant la façon dont Dunkerque a réussi à développer ce domaine, notamment à travers le Frac (Fonds régional d’art contemporain), ainsi que la façon dont la ville évolue. L’idée est que le LouvreLens ne soit pas seulement qu’un musée, donc les échanges, avec notre territoire, sont importants. Dunkerque s’y retrouve aussi en termes d’image. À nous d’être la façade maritime et “art contemporain” du projet Louvre-Lens. Quels sont les axes de travail,leséchanges prévusentre l’équipe du Louvre-Lens et vous ? Le Louvre-Lens ouvre en dé-
I Elle
L’art contemporain, la force de Dunkerque.
cembre 2012, mais notre spécificité c’est que le nouveau Frac ouvre en mai 2013. Le bâtiment ressemblera à une cathédrale de verre, très intéressante d’un point de vue architectural. De plus, le Frac possède la plus importante collection design de France. L’art contemporain sera donc notre lien avec le Louvre-Lens. J’ai contacté le directeur du Comité départemental touristique du Nord, et sollicité celui du Pas-deCalais, afin de mettre en place les outils pour concrétiser cet échange. Le Frac sera donc lié au Louvre-Lens, mais des liaisons pourront aussi être établies avec le Lieu d’art et d’action contemporaine (LAAC), l’architec-
ture dunkerquoise, l’ancrage du Frac dans le quartier du Grand large, sur les friches des chantiers navals. Quelle clientèle ciblezvous ? C’est justement tout un travail à mener, mais Dunkerque est le carrefour de l’Europe du Nord et une entrée de France. Nous sommes un point de passage de l’Allemagne, l’Angleterre et des PaysBas. La clientèle étrangère est très importante et nous devons pouvoir utiliser ces flux. Il nous faut être une étape incontournable dans le circuit de ces touristes. À nous de proposer des produits qui combinent des visites de musée… Propos recueillis par Claire HOHWEYER
a participé à de nombreuses réunions. Par exemple, une étude a été menée concernant l’offre de logements. « On a compris que l’hébergement était suffisant mais qu’il fallait travailler sur la qualité », souligne-t-elle. D’autres actions ont été menées ou sont en cours. L’agglomération de Béthune-Bruay, a compris, par exemple, la nécessité d’améliorer l’accueil des camping-cars, et une aire ouvre à Richebourg ce mois-ci.
« Un territoire en émergence » L’officedu tourisme de Béthune-Bruaya également travaillé avec la sous-préfète jusqu’en février dernier. « Une mission Louvre-Lens tourisme a été mise en place avec le comité départemental du tourisme ». Plusieurs axes de réflexion ont été déterminés : créativité et inno-
Florence Girard, de l’office de tourisme de BéthuneBruay.
vation, accueil et territoires touristiques, patrimoine mondial Unesco, produits touristiques… BéthuneBruay travaille avec les offices de tourisme de Douai, Arras, Lens et Hénin-Carvin et les instances régionales pour comprendre les attentes des visiteurs. Les ambitions sont fortes. « Aujourd’hui, c’est un territoire en émergence, on ne peut pas compter sur
des retombées immédiates pour Béthune-Bruay. On n’est pas un lieu de séjour, mais de passage ». À Béthune-Bruay, on veut développer des offres sports et loisirs, l’accueil, et on mène un travail sur le tourisme fluvial (à long terme !) et le tourisme d’affaires. Un grand projet autour de l’histoire du territoire est en gestation.
ARRAS
MONTREUIL
À la fois « un danger et une opportunité »
Luc Persyn : « Penser au développement économique »
I Ce n’est un secret pour per-
sonne : les Arrageois l’ont mauvaise ! Le Louvre, ils l’auraient bien vu à Arras et nulle part ailleurs. « Même si je comprends le choix de Daniel Percheron, en terme d’aménagement du territoire et de re-dynamisation d’un bassin qui a beaucoup souffert de la fin de l’industrie des mines, je regrette beaucoup le choix d’implanter le Louvre dans une ville qui n’est absolument pas culturelle. À 15 km de là, il y avait les terrains, le savoirfaire, la volonté et les dessertes pour l’accueillir. Là-bas, il n’y a pas de train, pas d’hôtellerie restauration, la desserte du lieu est compliquée. Par exemple, il n’y a pas d’aire de camping-cars. C’est quand même triste de s’en rendre compte maintenant ! », raille Christophe Serieys, le directeur de l’office de tourisme d’Arras. Selon lui, l’ouverture du Louvre à Lens constitue à la fois « un danger et une opportunité » pour Arras. « La fréquentation de l’office de tourisme de Nancy a chuté depuis l’ouverture du Centre Pom-
Christophe Serieys de l’office du tourisme d’Arras.
pidou à Metz. Si l’année de l’ouverture du Louvre à Lens nous maintenons notre fréquentation, je sabre le champagne ! » Arras attire chaque année 300 000 visiteurs. Arras défend ses atouts Le directeur de l’office de tourisme d’Arras craint que tout ne se focalise autour du Louvre à Lens. C’est pourquoi, il « occupe le terrain », se bagarre au sein de groupes de travail pour mettre en cohérence les actions de chacun. Christophe Serieys voit aussi du positif dans ce projet. Quand même ! « Cela va
ramener toute une population qui ne venait pas avant dans la région, des étrangers, notamment des Allemands. Il faut saisir cette opportunité. Il faut que le territoire mette des moyens sur la table pour mener des actions concrètes auprès de ces nouvelles clientèles. » Il veut aussi développer l’offre hôtelière à Arras, pour pouvoir accueillir les groupes en particulier. Très actif sur ce dossier, Christophe Serieys reste persuadé que la richesse du patrimoine arrageois et toutes les animations sauront séduire la clientèle du Louvre-Lens. Mylène RÉVEILLE
Luc Persyn, président de l’union commerciale d’Hesdin, mise sur un rayonnement régional.
Luc Persyn, président des Vitrines des 7 Vallées, union commerciale d’Hesdin, est persuadé que ce grand musée sera une image forte du Nord de la France et qu’il apportera un plus à toute l’activité économique, commerciale et culturelle. Que peut apporter l’arrivée du Louvre Lens à Hesdin ? Cela ne peut être qu’une bonne chose à l’exemple de
l’est avec le centre Pompidou implanté à Metz qui draine de nombreux visiteurs. C’est une manne de personnes qui va débarquer et la région doit se prendre en main pour créer des structures afin de les accueillir. Même l’arrière pays doit en profiter et les élus doivent penser à ce développement économique. Actuellement, les 7 Vallées ne possèdent pas de structures d’hébergement pour recevoir des bus. C’est une réelle piste à creuser pour tirer profit de l’en-
gouement qui sera généré par ce musée. Que fera l’Union commerciale pour attirer ces clients ? Les chambres de commerce et d’industrie vont lancer des actions, il faudra s’impliquer avec elles tant pour les jeux olympiques de Londres 2012 que pour l’ouverture du Louvre-Lens. Les deux événements sont d’envergure et il ne faut surtout pas laisser passer ces opportunités sans réagir, ce sont des événements moteurs. Il faut se servir du Louvre-Lens pour faire redécouvrir l’arrière pays et ses richesses, sinon cette masse de chalands se tournera vers la métropole. Une mobilisation globale de tous les acteurs locaux et régionaux est indispensable et il faut réagir vite. Seule, l’union commerciale ne pourra tirer son épingle du jeu, c’est l’affaire de toute la région. Bien sûr, nous sommes prêts à faire des choses, à susciter l’animation pour inciter ces clients potentiels à faire escale dans notre ville. Propos recueillis par Mauricette FAY
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VILLENEUVE D’ASCQ
Espace rafraîchissant !
Un musée-écrin à découvrir il y a ÀVilleneuve-d’Ascq, les travaux du Grand
Prenez le temps de découvrir la Piscine pendant une bonne journée. I C’est
une bonne année pour découvrir la Piscine qui fête ses dix ans cette année ! Il y a plein de bonnes raisons pour découvrir le Musée d’art et d’industrie André-Digilent. Le bâtiment inauguré en 1932 est bien une ancienne piscine : le visiteur peut entendre les bruits des derniers baigneurs enregistrés en fond sonore. Aujourd’hui, il n’y a plus d’eau et la piscine a été fermée au public en 1985. L’ancien solarium est
aujourd’hui un jardin botanique textile destinée à l’exploitation des plantes utilisées pour leurs fibres ou leur teinte. Peinture, sculpture, mode, design, céramique, mais aussi les lieux en euxmêmes : la Piscine donne beaucoup à découvrir. Du 22 octobre au 8 janvier, une exposition permet de redécouvrir le site. I 23, rue de l’Espérance
59 100 Roubaix Tél. : 03 20 69 23 60 www.roubaix-lapiscine.com
Stade, certes, le forum départemental des sciences et l’université. Le sport. Le savoir. Et pour le loisir, un cinéma, une médiathèque, de nombreuses animations pendant l’année. Et pour la culture ? Le LaM, musée d’art moderne de Lille métropole, pardi ! Un espace qui a rouvert ses portes en 2010. Admirable par sa collection d’art brut (on y retrouve d’ailleurs de grandes figures de l’Artois comme Augustin Lesage), le site est en plus d’être un lieu de découverte de l’art moderne un beau site pour la balade. Quand il fait beau, il faut profiter du parc du Héron tout près, et même des pelouses du musée, où sont installées de grandes sculptures (Calder, Picasso…). En acceptant la donation Masurel en 1979, Arthur Notebart, qui était alors Président de la Communauté urbaine de Lille, engageait la collectivité territoriale dans une aventure qui n’était pas
LE GUIDE Horaires Le LaM est ouvert du mardi au dimanche de 10 hà18h,saufles1er janvier, 1er mai et 25 décembre (fermeturesexceptionnelles).LabibliothèqueDominique-Bozo est ouverte du mardi au vendredi de 13hà17h,lematinsurrendez-vous.
TARIFS Au LaM, à Villeneuve d’Ascq, découvrez une collection très riche d’art brut. jusque-là dans ses attributions. Une association loi 1901 fut donc créée pour la gestion du musée d’art moderne et ses statuts permirent de structurer et d’organiser le fonctionnement du Musée. Jusqu’en 2007, de nombreuses acquisitions et donations furent réalisées, d’où les nécessaires travaux. Inauguré en 1983 et inscrit depuis 2000 à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le bâtiment d’origine du Musée a été conçu par Roland Simounet.
Il faut considérer ce lieu comme un édifice “écrin”, qui permet multiples promenades avec coins et recoins, ruptures d’échelle et lieux de transition, dans un perpétuel dialogue entre intérieur et extérieur, offrant au visiteur une liberté de parcours empreinte d’une douce intimité. Le public répond présent et le lieu ne désemplit pas. prévoyez une journée et profitez du petit restaurant pas cher (mais bon) des lieux !
Collections permanentes :Tarifplein :7euros,tarifréduit :5euros. Exposition temporaire et collections permanentes :10euroset7euros. Visio-guide dans les salles :1,50 euro. L’accèsauLaM estgratuit le premier dimanche du mois. Exceptionnellement, dans le cadre de la réouverture, l’accès au musée estgratuitdumardiauvendredi de 16 h à 18 h pour les individuels jusqu’au 31 décembre.
BÉTHUNE
LILLE
Un Ovni dans le ciel culturel
Un lieu où voyager dans le temps I Quine connaît pas le majes-
Le Lab-Labanque est un laboratoire d’idées situé dans une ancienne Banque de France !
I Un lieu où le visiteur doit apprendre à se laisser surprendre. Ici, l’art n’est pas conventionnel. Il est contemporain. Cela pourrait faire peur mais grâce au travail de la communauté d’agglomération Artois Comm et des médiateurs culturels de l’association La Pomme à tout faire, les Béthunois et les habitants des alentours apprennent petit à petit à découvrir ce lieu bizarre dans le paysage culturel. Anciennement Banque de France, le bâtiment accueille aujourd’hui un centre d’art visuel. De grands noms sont déjà venus en résidence pour essayer de s’approprier les murs, dont Claude Lévêque, plasticien français qui a représenté la France lors de la biennale de
Venise en 2009. Bientôt en travaux, le Lab-Labanque va fermer ses portes mais continuera de présenter des œuvres au Garage, boulevard Poincaré, pas très loin ! Une friche d’un autre genre : c’est un ancien concessionnaire automobile. Actuellement, le Garage est un lieu d’exposition utilisé pendant la Capitale régionale culturelle par le Lab-Labanque. À découvrir en ce moment, Enrique Ramirez, avec “Jusque-là…”, jusqu’au 30 octobre. Un hommage aux Charitables et un questionnement sur la mort… I Exposition d’Enrique Ramirez au Garage, 169, rue Raymond-Poincaré à Béthune. Du mardi au dimanche de 14h à 19h, nocturne le vendredi jusqu’à 22h. Entrée libre.
tueux bâtiment situé en plein cœur de la ville de Lille, en face de la préfecture de Région ? Le Palais des Beaux-Arts vaut autant pour sa collection que pour ses murs. Un lieu empreint de dignité, de grandeur, où l’on peut faire d’étonnantes découvertes des étages jusqu’aux caves ! Un palais inauguré en 1892 et qui abrite les nombreuses dotations et collections de mécènes qui se sont succédé. Les collections du Palais des Beaux-Arts de Lille trouvent leur origine dans les prodigieuses richesses des églises et des couvents de la ville, au XVI e et XVIIe siècle ; ainsi la série des vingt-trois tableaux provenant du Couvent des Récollets, parmi laquelle figure l’une des pièces majeures du musée, La Descente de Croix de Pierre Paul Rubens. Né en 1792 Le musée des Beaux-Arts de Lille est né en 1792, sous l’impulsion du peintre Louis Watteau. Les collections étaient, au départ, constituées des œuvres auparavant présentées à l’Académie des Arts. Poursuivie au
Situé en plein cœur de Lille, le Palais des Beaux-Arts est un magnifique bâtiment qui accueille une collection très riche. XXe siècle, la politique d’acquisition continue de bénéficier du mécénat, notamment par le biais de la société des Amis des Musées, née aprèsguerre (1946), et aussi par l’important legs Masson, qui fait entrer de manière magistrale, la peinture impressionniste au musée (Port-Marly, gelée blanche, de Sisley, Le Parlement de Londres, de Monet). Récemment, le groupe Carrefour a permis l’acquisition par l’État d’un ensemble exceptionnel de 130 dessins italiens datant de la Renaissance et du pre-
mier âge baroque, qui les a ensuite répartis dans plusieurs musées de province dont Lille, qui hérite d’une collection de 26 dessins de l’École romaine (Taddeo Zuccaro, Federico Barocci…). On adore particulièrement les impressionnants plans-reliefs, des maquettes au 1/600e des villes fortifiées par Vauban, situées aux frontières de l’ancien royaume de France. À découvrir jusqu’au 9 mars, le peintre Roger Lambert-Loubère. D.C.
LE GUIDE Horaires Lundi : 14h - 18h, du mercredi au dimanche : 10 h - 18h. Fermeture le mardi. Tél : 03 20 06 78 00 www.palaisdesbeauxarts.fr/ Tarifs Plein tarif : 5,50 euros, tarif réduit : 3,80 euros.