RÉSUMÉ DU RAPPORT
DERRIÈRE LES BARREAUX : la surincarcération des Autochtones dans le système de justice pénale canadien, ses conséquences sur la santé et les possibilités de décarcération Le taux élevé d’incarcération des Autochtones dans le système de justice pénale canadien constitue une véritable crise de santé publique. L’institutionnalisation de masse des Autochtones dans les prisons est un problème qui trouve sa source dans le racisme et la discrimination. Ce phénomène est le reflet des pratiques colonialistes du passé, telles que les réinstallations forcées et les pensionnats autochtones. Et cet enjeu a des répercussions sur la santé des populations aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons. Ce document présente un résumé d’un rapport qui se penche sur la question sous l’angle de la santé publique, intitulé Derrière les barreaux : la surincarcération des Autochtones dans le système de justice pénale canadien, ses conséquences sur la santé et les possibilités de décarcération.
Contexte Au total, 5 % de la population totale du Canada est autochtone, mais les Autochtones forment le tiers de toute la population correctionnelle au pays (27 % ou 5 809 personnes dans les établissements fédéraux en 2021; 31 % ou 44 491 personnes dans les établissements provinciaux ou territoriaux). La moitié des femmes détenues dans des établissements fédéraux sont autochtones. De plus, les femmes et les hommes autochtones sont plus susceptibles que les non-Autochtones de purger leur peine en détention plutôt que dans la communauté, sous supervision. Service correctionnel Canada (SCC) a longtemps axé ses efforts sur la création de « prisons culturellement sûres » afin d’améliorer le bien-être des Autochtones détenus. Or, la conséquence inattendue de ces efforts a été une « autochtonisation » du système correctionnel, qui a fait en sorte que l’on trouve normal qu’il y ait aujourd’hui un grand nombre d’Autochtones en détention.
Environnement correctionnel et état de santé Les prisons sont un lieu où les maladies transmissibles se propagent et les maladies chroniques (particulièrement en santé mentale) s’aggravent. Les personnes arrivent souvent dans le milieu correctionnel avec des problèmes de santé physique ou mentale existants, puis font face à un accès inadéquat aux services de santé et sont exposées à des pratiques à haut risque impliquant l’usage non sécuritaire de drogues, les rapports sexuels non protégés et le tatouage sans précautions sanitaires adéquates. Les taux de virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’hépatite C (VHC), de tuberculose (TB) et d’infections transmissibles sexuellement sont également élevés dans le système correctionnel canadien. Les taux de VHC et de TB sont particulièrement élevés chez les détenus autochtones.
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