
MALADIES INFECTIEUSES ET CHRONIQUES
HANTAVIRUS
L’hantavirus est une famille de virus rares et potentiellement mortels qui se propagent principalement par les rongeurs sauvages, comme les souris et les rats. L’hantavirus peut se transmettre aux humains par une exposition à l’urine, aux excréments ou à la salive de rongeurs (WHO, 2026)* ou, dans des cas plus rares, par des morsures ou des égratignures de rongeurs ou un contact de personne à personne (CDC, 2024). Chaque espèce d’hantavirus est associée à un rongeur hôte précis (NCCID, 2026; WHO, 2026).
Les infections par hantavirus peuvent causer deux types d’affections chez l’humain : le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH) et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR). Le SCPH est plus répandu dans les Amériques du Nord, centrale et du Sud, mais la maladie est dans l’ensemble plutôt rare (WHO, 2026). La FHSR se retrouve plus fréquemment en Europe et en Asie (WHO, 2026).
Au Canada, le SCPH se transmet principalement par les souris sylvestres, mais peut aussi se transmettre par un contact avec des rats cotons, des rats des rizières, des souris à pattes blanches et des campagnols à dos roux de Gapper (NCCID, 2026). La transmission entre humains de l’hantavirus est cependant peu courante – surtout au Canada –, puisqu’elle nécessite un contact étroit et prolongé, habituellement entre les membres d’un foyer ou les partenaires intimes (PHAC, 2026; WHO, 2026).
Prévalence des infections par l’hantavirus
Le Canada a mis en place une surveillance active de l’hantavirus en 1994 (PHAC, 2026). Entre 1994 et le 1er mai 2026, on a confirmé 168 cas de SCPH au Canada, ce qui correspond à environ quatre ou cinq nouveaux cas par année (PHAC, 2026; NCCID, 2026). La majorité des cas ont été signalés dans les zones rurales du sud du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique (NCCID, 2026).
Signes et symptômes
Le SCPH peut entraîner des problèmes pulmonaires et cardiaques qui mettent la vie en danger (CDC, 2024). Les symptômes apparaissent habituellement de une à huit semaines après l’infection. Les premiers symptômes de la maladie comprennent, entre autres, la fatigue, la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête, des étourdissements, des frissons, des maux d’estomac (p. ex. nausées, vomissements, diarrhée) et des douleurs abdominales. De 4 à 10 jours après ces premiers signes d’infection, les symptômes pourraient progresser rapidement, avec des affections plus graves, comme la toux, l’essoufflement et des serrements dans la poitrine alors que les poumons se remplissent de liquide (CDC, 2024). De 30 à 50 % des personnes qui présentent des symptômes plus graves de SCPH décèdent de la maladie (CDC, 2024; NCCID, 2026; WHO, 2026).
* Toutes les références bibliographiques citées dans ce rapport sont en anglais seulement.
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© Crédit : iStockPhoto.com, réf. 1449879099

La FHSR, pour sa part, touche les reins. Les symptômes débutent de une à deux semaines après l’exposition, et prennent jusqu’à huit semaines à se manifester (CDC, 2024). Les personnes infectées par la maladie pourraient ressentir d’abord de violents maux de tête, des douleurs au dos et à l’abdomen, de la fièvre, des frissons, des nausées, une vision trouble, une rougeur du visage, une inflammation ou une rougeur des yeux ou une éruption cutanée. Une faible tension artérielle, un manque de flux sanguin, un saignement internet et une défaillance rénale aiguë pourraient également survenir avec l’évolution de la maladie. Les taux de mortalité liés à la FHSR varient d’environ 1 % à 15 %, selon la souche d’hantavirus à l’origine de la maladie (CDC, 2024).
Les personnes dont le système immunitaire est affaibli, les enfants de 5 ans et moins et les femmes enceintes présentent le risque le plus élevé de maladie grave causée par l’hantavirus (CDC, 2024). Les rongeurs domestiques de compagnie, comme les hamsters, les cobayes et les gerbilles qui proviennent d’animaleries de bonne réputation sont généralement considérés comme étant sans danger. Cependant, les rongeurs sauvages capturés, comme les souris et les rats, surtout s’ils sont gardés comme animaux de compagnie, ne sont pas recommandés dans ces ménages. Les exterminateurs de vermine et les personnes qui manipulent et nettoient les rongeurs doivent également prendre des précautions supplémentaires pour éviter une exposition à l’hantavirus.
Diagnostic et traitement
Un rétablissement complet après des infections par l’hantavirus peut prendre de plusieurs semaines à des mois (CDC, 2024). Diagnostiquer une infection par l’hantavirus peut se révéler difficile dans les premiers stades, puisque les symptômes se confondent facilement avec ceux d’une grippe et d’autres affections respiratoires. Il est parfois nécessaire de reprendre les analyses de laboratoire pour établir un diagnostic si l’analyse initiale est faite avant qu’il soit possible de détecter le virus dans l’organisme (CDC, 2024; NCCID, 2026).
Consultez immédiatement votre médecin ou un fournisseur de soins de santé local si vous pensez avoir été exposé à des rongeurs et pourriez présenter un risque d’infection par l’hantavirus. Il n’existe aucun traitement précis pour une infection par l’hantavirus, et les options thérapeutiques sont limitées. Des soins de soutien (c.-à-d. repos, hydratation, traitement des symptômes), une surveillance étroite des signes cliniques et la prise en charge des complications constituent les éléments clés de la survie à une infection par l’hantavirus (CDC, 2024; WHO, 2026).
Que faire pour vous protéger?
Il n’existe aucun vaccin qui protège contre l’hantavirus (PHAC, 2026). Éviter ou réduire au minimum les contacts avec des rongeurs et leurs déjections peut atténuer le risque d’infection par l’hantavirus (CDC, 2024). Pour réduire votre risque d’exposition à l’hantavirus, vous pouvez :
colmater les trous et les espaces vides de votre maison ou des annexes, poser des pièges à l’intérieur et autour de votre maison pour diminuer les infestations de rongeurs, et nettoyer toute source possible de nourriture susceptible d’attirer des rongeurs;
inspecter régulièrement votre maison et les annexes à la recherche d’urine, d’excréments ou de matériaux de nidification, puis nettoyer et désinfecter immédiatement toute déjection de rongeurs à l’aide d’un produit de nettoyage désinfectant ou de solution chlorée (c.-à-d. 1 part d’eau de Javel diluée dans 9 parts d’eau);
porter des gants et un masque lorsque vous nettoyez des aires infestées et éviter de soulever la poussière et de libérer ainsi des gouttelettes de virus dans l’air;
placer les rongeurs morts, les matériaux de nidification, les déjections de rongeurs et toute matière potentiellement contaminée dans un sac de plastique fermé hermétiquement et les jeter dans une poubelle couverte qui est vidée régulièrement;
communiquer avec un exterminateur professionnel pour qu’il vienne retirer les rongeurs qui ont pénétré dans les systèmes de chauffage et de refroidissement (CDC, 2024; Interior Health, 2026).
Pour des renseignements détaillés sur l’inspection, la détection et le nettoyage d’infestations de rongeurs, consultez :
How to clean up after rodents (Comment nettoyer après la présence de rongeurs) cdc. gov/healthy-pets/rodent-control/ clean-up.html (en anglais)
Cleaning a shed, attic, cabin or barn? Protect against hantavirus (Nettoyage d’une remise, d’un grenier, d’une cabine ou d’une grange?
Protégez-vous contre l’hantavirus)
interiorhealth.ca/stories/cleaningshed-attic-cabin-or-barn-protect-againsthantavirus (en anglais)
Bibliographie (en anglais seulement)
Centers for Disease Control (CDC). (2024). Hantavirus prevention. https://www.cdc.gov/hantavirus/about/index.html
Interior Health. (2026). Cleaning a shed, attic, cabin or barn? Protect against hantavirus. https://www.interiorhealth.ca/ stories/cleaning-shed-attic-cabin-or-barn-protect-againsthantavirus
National Collaborating Centre for Infectious Diseases (NCCID). (2026). Hantavirus. https://nccid.ca/debrief/ hantavirus/
Public Health Agency of Canada (PHAC). (2026). Risk of hantavirus infection. Government of Canada. https://www. canada.ca/en/public-health/services/diseases/hantaviruses/ risks-hantavirus-infection.html
World Health Organization (WHO). (2026). Hantavirus https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hantavirus









