de l’expérience
Les 83 % de personnes répondantes qui travaillent dans les Centres d’amitié ont apporté une expérience de première ligne inestimable.
Se sont joints à elles des Aînés porteurs de savoirs traditionnels, des membres de conseils d’administration s’étant exprimés du point de vue de la gouvernance, ainsi que des membres de la communauté ayant du vécu. Cette diversité a enrichi notre compréhension.
Les groupes d’âge allaient d’une jeunesse engagée (34 % des personnes répondantes étaient âgées de 19 à 35 ans) à des Aînées et Aînés chevronnés (16 % des personnes répondantes étaient âgées de plus de 65 ans), ce qui a permis d’obtenir un dialogue intergénérationnel. La diversité de genre des personnes interrogées (89 % étaient des femmes, 10 % étaient des personnes aux deux esprits ou autochtones queers, en plus de personnes non binaires, transgenres et masculines) a permis de multiplier les points de vue sur la violence fondée sur le genre.
De nombreuses personnes répondantes ont consacré des dizaines d’années à ce travail. Elles ont suivi des études pertinentes, une formation spécialisée et, surtout, elles ont appris par l’expérience. Plusieurs s’identifient comme des personnes survivantes, qui transforment leur sou rance dans le but d’aider les autres. Certaines personnes ont témoigné dans le cadre de l’Enquête nationale, démontrant ainsi leur engagement à l’égard d’un changement systémique. Cet investissement personnel confère à leurs recommandations un caractère d’authenticité et d’urgence.
COMPRENDRE
le paysage
Interrogées sur les facteurs de vulnérabilité à la violence, les personnes répondantes ont brossé un portrait de défis interreliés.
Les traumatismes intergénérationnels (nommés par 63,75 % des personnes répondantes) témoignent des e ets persistants des pensionnats, de la rafle des années 1960 et des séparations familiales continues. Cependant, les personnes interrogées ont souligné que les traumatismes ne définissent pas les Autochtones, mais que leur compréhension permet d’expliquer pourquoi des mesures de soutien supplémentaires sont nécessaires.
Le racisme (42,5 %) envers les Autochtones et le sexisme (38,75 %) entraînent des contextes dans lesquels les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones sont dévalorisées. Cependant, les personnes interrogées ont également expliqué comment les Centres d’amitié luttent quotidiennement contre ces attitudes discriminatoires en célébrant la force, la sagesse et les contributions des femmes, des filles et des personnes aux deux esprits autochtones.
Des problèmes, tels que des logements inadéquats, la consommation de substances comme mécanisme d’adaptation et la traite de personnes (chacun de ces problèmes ayant été évoqué par plus de 30 % des personnes interrogées) montrent comment les di érents systèmes ne parviennent pas à protéger les femmes, les jeunes filles et les personnes aux deux esprits autochtones. Toutefois, pour chaque problème relevé, les personnes interrogées ont également mentionné des exemples de Centres d’amitié qui ont développé des solutions innovantes avec des ressources limitées.
CÉLÉBRER
les succès actuels
LES PARTENARIATS COMMUNAUTAIRES
L’analyse des « roses » du comité directeur a révélé cinq domaines dans lesquels les Centres d’amitié excellent déjà : exprimé une Aînée : « Ce ne sont pas des clients ou des cas que nous voyons. Ce sont des proches. » Cette approche reconnaît que la guérison passe par le contact humain, la continuité culturelle et les soins communautaires.
démontrent comment les Centres d’amitié s’intègrent dans le tissu de leurs villes. L’un d’entre eux s’est associé à la bibliothèque municipale pour créer des espaces d’étude pour les jeunes autochtones. Un autre collabore avec des entreprises locales pour o rir des formations professionnelles. Ces partenariats étendent la portée des Centres d’amitié tout en éduquant les communautés non autochtones.
LES RÉSEAUX DE FEMMES AUTOCHTONES ET DE PERSONNES ISSUES DE LA DIVERSITÉ DES GENRES
fournissent un soutien par les pairs que les services professionnels ne peuvent pas reproduire. Ces réseaux comprennent les joies et les défis propres aux Autochtones vivant en milieu urbain. Ils célèbrent les réussites des uns et des autres, apportent une aide pratique en cas de crise et maintiennent les liens culturels dans les villes.
LES APPROCHES CENTRÉES SUR LES RELATIONS
distinguent les Centres d’amitié des services institutionnels. Comme l’a magnifiquement
LES PROGRAMMES FONDÉS SUR LA CULTURE
produisent des résultats remarquables lorsqu’ils sont adéquatement soutenus. Les Centres d’amitié signalent que les participants et participantes aux programmes culturels ont une meilleure estime de soi, une identité culturelle plus forte et une plus grande résilience. Un Centre a constaté une réduction de 60 % des situations de crise après l’ajout d’une séance quotidienne de purification et de cercles hebdomadaires de femmes.
LES RESPONSABILITÉS SACRÉES
demeurent au cœur du travail des Centres d’amitié. Nombre d’entre eux entretiennent des feux sacrés pendant les périodes importantes, organisent des cérémonies et veillent à ce que les protocoles culturels soient respectés. Ces pratiques relient les Autochtones vivant en milieu urbain à des millénaires de sagesse et de force.
«Nous semons des plantes annuelles dans nos potagers alors que nous avons besoin de faire pousser des forêts. »
– PERSONNE AYANT PARTICIPÉ AU PROCESSUS
RÉFLEXIONS
honnêtes sur les di cultés
L’analyse des « épines » du comité directeur a permis de mettre en lumière les di cultés qui entravent l’influence des Centres d’amitié :
LES RELATIONS AVEC
LES FORCES DE L’ORDRE
sont souvent dépourvues de la confiance nécessaire à une collaboration e cace. En raison d’expériences négatives passées et actuelles, de nombreuses femmes, filles et personnes aux deux esprits autochtones hésitent à demander l’aide de la police. Les Centres d’amitié s’e orcent de combler ce fossé, mais ils ont besoin de soutien pour créer des changements concrets.
LES LIMITES DE CAPACITÉ
empêchent les Centres de répondre à tous les besoins communautaires. Les modèles de financement actuels demandent aux Centres de fonctionner avec de petites équipes au service de larges populations. Le dévouement du personnel est extraordinaire, mais ce dernier a besoin de ressources pour appuyer et élargir ses e orts.
LES
RÉPONSES INCOHÉRENTES DU SYSTÈME
laissent les femmes vulnérables même lorsqu’elles cherchent de l’aide. Les Centres d’amitié comblent souvent des lacunes laissées par d’autres systèmes, mais ils ne devraient pas avoir à travailler seuls.
LA MOBILISATION DES JEUNES
nécessite des ressources spécifiques que de nombreux Centres d’amitié n’ont pas. Les jeunes sont confrontés à des di cultés uniques en milieu urbain et ont besoin de programmes spécialisés.
L’ENGAGEMENT DES GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX
varie considérablement d’une province à l’autre. Étant donné que les provinces gèrent de nombreux systèmes pertinents (santé, éducation, protection de l’enfance), leur participation est essentielle à la mise en place de solutions globales.
LES ATTITUDES SOCIÉTALES
créent des environnements où la violence semble permise. Les Centres d’amitié s’e orcent d’apporter des changements, mais ils ont besoin d’un soutien sociétal plus large.
LES GRAINES
DES SOLUTIONS guidées par la communauté
Un soutien durable pour une réussite avérée
Toutes les personnes interrogées ont souligné que les méthodes de financement actuelles minent le bon travail. Comme l’a expliqué une personne occupant un poste de direction :
« Nous semons des plantes annuelles dans des potagers alors que nous avons besoin de faire pousser des forêts. » Les Centres d’amitié ont besoin d’un financement stable et pluriannuel qui reconnaisse leur rôle essentiel dans les communautés autochtones urbaines.
Il ne s’agit pas de faire la charité, mais d’investir dans des solutions qui ont fait leurs preuves. Les Centres d’amitié obtiennent déjà des résultats remarquables avec des ressources limitées. Un financement adéquat leur permettrait de conserver un personnel
Créer
Le logement est considéré comme plus qu’un simple abri. Comme l’a dit une personne survivante : « J’avais besoin d’un endroit où mon esprit pouvait guérir, pas seulement mon corps. »
Les Centres d’amitié veulent créer des milieux sûrs axés sur la culture, qui ressemblent à un foyer plutôt qu’à un établissement institutionnel.
Ces espaces accueilleraient des familles entières, car le fait de séparer les mères de leurs enfants aggrave les traumatismes. Ils accueilleraient également les personnes aux deux esprits et LGBTQ+, qui sont souvent
qualifié, de prolonger leurs heures d’ouverture aux soirées et aux fins de semaine, lorsque l’isolement est maximal, et de rejoindre les membres de la communauté qui n’ont pas accès aux services de jour. Les Centres d’amitié convertissent chaque dollar reçu en huit dollars.
Une suggestion innovante consiste à reconnaître les Centres d’amitié comme des services essentiels, à l’instar des hôpitaux ou des services d’incendie. Tout comme nous ne remettons pas en question le financement des salles d’urgence parce que les urgences sont imprévisibles, nous ne devrions pas attendre des Centres d’amitié qu’ils justifient constamment leur existence tout en répondant continuellement à des situations de crise.
de véritables sanctuaires Puiser dans les forces, avancer avec sagesse
victimes de discrimination ailleurs. Plus important encore, ils proposeraient des cérémonies, des plats traditionnels et du soutien par des Aînées et Aînés, en plus de services pratiques.
Une suggestion particulièrement créative consistait à établir des réseaux de familles autochtones formées qui pourraient o rir de l’hébergement à court terme. Ces réseaux permettraient d’accroître les capacités tout en gardant les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones au sein de communautés autochtones bienveillantes.
J’avais besoin d’un endroit où mon esprit pouvait guérir, pas seulement mon corps. »
Marcher aux côtés des personnes qui ont besoin de soutien
La recommandation relative aux travailleuses et travailleurs de soutien spécialisés reconnaît qu’il peut être di cile de s’orienter dans des systèmes conçus sans tenir compte des peuples autochtones. Ces personnes seraient en mesure de comprendre à la fois les systèmes occidentaux et les approches autochtones de la guérison, servant ainsi de passerelles entre les deux univers.
Plutôt que d’obliger les personnes survivantes à répéter leur histoire à plusieurs organismes, elles leur apporteraient un soutien cohérent
tout au long de leur parcours. Elles assureraient la sécurité culturelle dans des environnements hostiles et aideraient à traduire les di érentes manières de comprendre la violence et d’y répondre.
Des équipes de proximité à l’œuvre jour et nuit rencontreraient les gens là où ils se trouvent, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Ces équipes instaureraient la confiance au fil du temps, en o rant un soutien lorsque les personnes sont prêtes à le recevoir plutôt qu’en imposant des délais rigides.
Guérir grâce à la culture
L’accent mis sur les programmes culturels reflète la compréhension par les Autochtones du fait que la violence déconnecte les gens de leur identité. La reconnexion à la culture constitue la base de toute autre guérison. Les personnes interrogées ont raconté des histoires émouvantes de transformation grâce à l’engagement culturel.
L’accès à la culture est apparu comme l’un des besoins les plus pressants pour l’ensemble des personnes interrogées, ce qui témoigne des défis particuliers que pose le maintien des pratiques culturelles autochtones en milieu urbain, où les gens peuvent être éloignés de leurs territoires traditionnels et de leurs cérémonies. L’accès quotidien aux cérémonies, les cercles de guérison hebdomadaires, les rassemblements saisonniers et les expériences axées sur le territoire devraient être des activités fondamentales, et non des événements spéciaux. Le partage des connaissances par les Aînées et Aînés doit être honoré comme il se doit, afin de reconnaître que leurs enseignements constituent une médecine inestimable.
Les jeunes sont des leaders, pas seulement des bénéficiaires
Les jeunes sont apparus comme des partenaires clés pour susciter un changement. Ils relèvent des défis inconnus des générations précédentes tout en étant porteurs d’espoirs pour l’avenir. Les programmes conçus par les jeunes garantissent la pertinence et l’engagement.
Parmi les exemples fructueux chez les jeunes, on peut citer la création de campagnes sur les médias sociaux concernant les relations saines, le développement d’applications qui présentent des enseignements culturels et le mentorat de leurs pairs plus jeunes. Ces initiatives montrent qu’avec du soutien, les jeunes deviennent de puissants acteurs et actrices de changement.
Transformer la masculinité (toxique) grâce à la culture
La participation des hommes et des garçons représente un travail de prévention crucial. Comme l’a dit une Aînée : « Nos hommes sont blessés, et les personnes blessées blessent les autres. Nous devons guérir nos hommes pour protéger nos femmes, nos filles et nos proches aux deux esprits. »
Les programmes qui ramènent les hommes dans leurs rôles traditionnels de protecteurs et de pourvoyeurs (dans le vrai sens de soutien et d’éducation, et non de contrôle) donnent des résultats prometteurs. Enseigner l’intelligence émotionnelle aux garçons par le biais d’activités culturelles telles que la fabrication de tambours leur permet de tirer des leçons profondes.
Honorer la diversité sacrée
Les personnes aux deux esprits ont fait part de leur expérience de marginalisation multiple et de discrimination dans les communautés traditionnelles et parfois autochtones, influencées par la pensée binaire coloniale. La création de programmes destinés aux personnes aux deux esprits, dirigés par des personnes aux deux esprits, permet de s’assurer que ces membres de la communauté reçoivent un soutien adapté à leur culture.
Ce travail consiste à sensibiliser tous les membres de la communauté à la diversité des genres traditionnels et aux rôles sacrés des personnes aux deux esprits. La réappropriation de ces enseignements permet de guérir les individus et de renforcer des communautés entières.
«Nos hommes sont blessés, et les personnes blessées blessent les autres. Nous devons guérir nos hommes pour protéger nos femmes, nos filles et nos proches aux deux esprits. »
UNE VOIE PRATIQUE
pour aller de l’avant
Construire les fondations (six premiers mois)
Le succès commence par l’obtention de ressources correspondant à l’ampleur des besoins. Les Centres d’amitié ne devraient pas être en concurrence les uns avec les autres pour obtenir des miettes, mais devraient s’unir pour démontrer leurs retombées collectives et leurs besoins. Cette approche unifiée témoigne d’une force et d’un objectif commun.
La mise en place de structures de coordination permet de s’assurer qu’aucune communauté n’est laissée pour compte. Les coordonnatrices et coordonnateurs régionaux di useraient les pratiques prometteuses, évitant ainsi à chaque Centre de réinventer des solutions. Plus important encore, des conseils consultatifs de personnes survivantes guideraient l’ensemble des travaux, garantissant que les personnes les plus touchées déterminent les réponses.
Renforcer la portée (6-18 mois)
Avec un financement stable et des structures en place, les Centres peuvent développer leurs services de manière réfléchie, c’est-àdire sélectionner avec soin un personnel qui allie des compétences professionnelles à des connaissances culturelles et à une compréhension du vécu. Les établissements autochtones d’enseignement postsecondaire pourraient mettre en place des formations spécialisées par rapport à ces fonctions.
L’expansion de la programmation culturelle doit s’appuyer sur les atouts propres à chaque Centre. Certains peuvent exceller dans les cérémonies, d’autres dans la mobilisation des jeunes, d’autres encore dans les programmes pour les Aînés. La beauté de cette diversité réside dans le fait que les Centres apprennent les uns des autres tout en conservant leurs liens communautaires distincts.
Transformation durable (après 18 mois)
Un véritable changement nécessite de modifier le mode de fonctionnement de systèmes entiers. En ce sens, les approches tenant compte des traumatismes et culturellement sûres deviendraient la norme partout où les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones interagissent avec les services. Ainsi, les communautés contrôleraient leurs propres données et histoires. Il s’agit de créer des conditions dans lesquelles la violence devient moins probable grâce à un logement stable, à des possibilités économiques et à une identité culturelle forte.
AVANCER
ensemble
Ce rapport contient plus que des recommandations; il renferme également les rêves et la détermination de personnes qui refusent d’accepter la violence comme une fatalité.
Chaque suggestion émane d’une personne qui croit que le changement est possible parce qu’elle l’a déjà vu se produire dans les Centres d’amitié.
La vision d’espaces urbains autochtones sûrs nous guide vers l’avenir. Dans ces espaces, les femmes marchent avec confiance. Les enfants sont témoins de relations saines. Les Aînés partagent leur sagesse en toute liberté. Les personnes aux deux esprits incarnent leurs dons sacrés. Les hommes comprennent la force par la douceur. Les communautés s’occupent les unes des autres comme de proches parents.
Pour y parvenir, il faut que chaque personne agisse. Les gouvernements doivent fournir des ressources à la hauteur des résultats obtenus par les Centres d’amitié. D’autres prestataires de services doivent s’inspirer des approches des Centres d’amitié. Les médias doivent faire davantage connaître les histoires de force plutôt que les stéréotypes. Les allochtones doivent devenir des alliés grâce à l’éducation et à l’action.
POURSUIVRE
la route
Les femmes, les jeunes filles et les personnes aux deux esprits autochtones continuent d’être victimes d’une violence disproportionnée.
Les familles continuent de rechercher leurs proches disparus. Toutefois, dans les Centres d’amitié du Canada, des changements se produisent quotidiennement. Les femmes redécouvrent leur valeur. Les familles interrompent les cycles de violence. Les communautés se réapproprient les pratiques qui protégeaient leurs membres depuis des temps immémoriaux.
Les paroles d’une Aînée lors du Sommet inspirent une action continue : « Nos grands-mères ont survécu pour que nous puissions être ici aujourd’hui. Nous faisons ce travail pour que nos petites-filles puissent s’épanouir. Sept générations avant nous nous observent. Les sept générations à venir comptent sur nous. »
La voie à suivre s’appuie sur des dizaines d’années de dévouement des Centres d’amitié. Ce rapport met en valeur leur expertise et met en avant ce qui est
nécessaire pour soutenir l’expansion de leurs services vitaux. Les Centres d’amitié ont montré ce qu’il est possible d’accomplir avec des ressources limitées; avec un soutien adéquat, ils peuvent atteindre encore plus de membres de la communauté dans le besoin.
Comme l’a écrit une personne ayant répondu au sondage : « J’ai raconté mon histoire parce que je crois au pouvoir des Centres d’amitié pour créer le changement.
Ils m’ont sauvé la vie. Avec un soutien adéquat, ils peuvent sauver beaucoup d’autres personnes. »
Nos proches méritent la sécurité, la dignité et la joie. Les Centres d’amitié sont prêts à étendre leur aide vitale. Ce rapport montre comment faire. Nous devons maintenant agir, ensemble, en puisant dans les forces et la sagesse de ceux et celles qui n’ont jamais cessé de croire en un avenir meilleur.
«J’ai raconté mon histoire parce que je crois au pouvoir des Centres d’amitié pour créer le changement. Ils m’ont sauvé la vie. Avec un soutien adéquat, ils peuvent sauver beaucoup d’autres personnes. »
PLAN D’ACTION
consolidé
Basé sur la sagesse de la communauté recueillie par le comité directeur, le Sommet et les sondages, ce plan d’action fournit des étapes claires pour la mise en œuvre. Chaque action s’appuie sur les forces actuelles des Centres d’amitié tout en s’attaquant aux obstacles mis en lumière.
Actions immédiates (0-6 mois)
1. ÉTABLIR UN CADRE DE FINANCEMENT DURABLE
• Unir les 107 Centres d’amitié dans une proposition de financement coordonnée au gouvernement fédéral.
• Préconiser des accords de financement de base pluriannuels (minimum 5 ans) plutôt qu’un financement par projet.
• Inclure des dispositions concernant : les heures d’ouverture le soir et la fin de semaine, la réponse aux situations d’urgence en tout temps, le transport, la garde d’enfants, les honoraires des Aînés.
• Créer une formule de financement qui tienne compte des besoins des communautés nordiques et éloignées.
• Responsables : ANCA et associations provinciales/territoriales
2. CRÉER UNE STRUCTURE DE COORDINATION RELATIVE AUX FFADA2E+
• Nommer des coordonnateurs régionaux relativement aux FFADA2E+ (un ou une par province/territoire).
• Mettre en place un réseau national de coordonnateurs se réunissant mensuellement.
• Former des conseils consultatifs de personnes survivantes dans chaque région, avec une indemnisation adéquate.
• Élaborer un mandat garantissant la participation des personnes survivantes à toutes les décisions.
• Responsables : Coordonnatrices et coordonnateurs régionaux, et personnes survivantes conseillères
3. COMBLER LES LACUNES URGENTES EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ
• Cartographier la capacité actuelle des refuges et des maisons d’accueil dans chaque communauté.
• Déterminer les possibilités d’expansion immédiate (par exemple, partenariats avec des hôtels, familles d’accueil).
• Créer une ligne d’écoute téléphonique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dont le personnel est formé aux spécificités culturelles.
• Élaborer des outils de planification de la sécurité dans plusieurs langues autochtones.
• Responsables : Centres d’amitié et partenaires en matière de logement
Mise en œuvre à court terme (6-18 mois)
4. CRÉER DES POSTES DE SOUTIEN SPÉCIALISÉ
• Élaborer des descriptions de poste pour les intervenantes et intervenants spécialisés en violence sexuelle fondée sur le genre en tenant compte de l’avis de la communauté.
• Établir des partenariats avec des établissements autochtones d’enseignement postsecondaire pour créer des programmes de formation.
• Embaucher des intervenants et intervenantes en donnant la priorité aux personnes ayant de l’expérience et des connaissances culturelles.
• Mettre en place des programmes d’orientation vers la justice dans les communautés qui en ont le plus besoin.
• Créer des services d’aide aux victimes dans les plus grands Centres d’amitié.
• Responsables : Centres d’amitié et partenaires en matière d’éducation
5. ÉLARGIR L’OFFRE DE PROGRAMMES CULTURELS
• Assurer un accès quotidien à la purification et aux cérémonies dans tous les Centres.
• Mettre en place des cercles de guérison hebdomadaires pour les femmes, les jeunes filles et les personnes aux deux esprits.
• Créer des programmes de guérison axés sur le territoire (au moins une fois par trimestre).
• Concevoir des cérémonies de passage à l’âge adulte adaptées aux contextes urbains.
• Rémunérer correctement les Aînés et les gardiens du savoir.
• Responsables : Coordonnatrices et coordonnateurs culturels des Centres d’amitié, et Aînées et Aînés
«Une personne interrogée a souligné la nécessité d’aller au-delà des gestes symboliques — comme suspendre des robes rouges — et d’encourager les gens à apprendre les noms et les histoires de ceux et celles qui ont perdu la vie.
– RÉSULTATS DU SONDAGE
6. RENFORCER LES PARTENARIATS SYSTÉMIQUES
• Négocier des protocoles formels avec les services de police, notamment :
• Une formation obligatoire à la sécurité culturelle pour tous les corps policiers.
• Des postes de liaison avec les Autochtones.
• Des dialogues réguliers entre la communauté et la police.
• Des mécanismes d’imputabilité en cas d’interventions inadéquates.
• L’établissement de partenariats avec les hôpitaux pour la mise en place de services de navigation pour les patients autochtones.
• La création d’accords d’orientation avec les services de protection de l’enfance afin d’assurer une continuité culturelle.
• Responsables : ANCA avec l’aide des relations gouvernementales
7. LANCER UNE INITIATIVE SUR LE LEADERSHIP DES JEUNES
• Créer un conseil consultatif des jeunes dans chaque Centre.
• Concevoir des programmes de mentorat entre jeunes et Aînés personnes survivantes.
• Concevoir des ateliers sur les relations saines, qui seront animés par des jeunes.
• Mettre en place des programmes d’autodéfense et d’autonomisation.
• Soutenir les campagnes de sensibilisation créées par les jeunes.
• Responsables : Coordonnateurs et coordonnatrices jeunesse et conseillers et conseillères jeunesse
Transformation à moyen terme (18 mois - 3 ans)
8. DÉVELOPPER LE LOGEMENT AUTOCHTONE
• Créer des refuges dirigés par des Autochtones (au moins un par grand centre urbain).
• Mettre en place des logements de transition avec des services d’accompagnement.
• Établir des réseaux de « familles marraines » autochtones formées.
• Veiller à ce que tous les logements soient inclusifs pour les personnes 2ELGBTQIA+.
• Prévoir un espace pour les enfants et la famille élargie.
• Responsables : Centres d’amitié et organisations de logement autochtones
9. METTRE EN ŒUVRE DES PROGRAMMES DE GUÉRISON
POUR LES HOMMES
• Étendre le programme « Je suis un homme bon » à tous les Centres.
• Créer des groupes de garçons pour enseigner l’intelligence émotionnelle par le biais de la culture.
• Mettre en place des cercles de guérison pour les hommes qui traitent des traumatismes et de la masculinité.
• Élaborer des programmes de soutien à la paternité.
• Créer des processus de responsabilisation pour les hommes qui ont causé du tort.
• Responsables : Aînés et animateurs de programmes masculins
10. CRÉER DES SERVICES
DESTINÉS AUX PERSONNES
AUX DEUX ESPRITS
• Embaucher des coordonnateurs et coordonnatrices de programmes aux deux esprits.
• Organiser des cercles de guérison et des cérémonies pour les personnes aux deux esprits.
• Créer du matériel pédagogique sur la diversité traditionnelle des genres.
• Mettre en place du mentorat pour les jeunes aux deux esprits.
• S’assurer que toutes les politiques et tous les espaces du Centre sont inclusifs.
• Responsables : Gardiens et gardiennes du savoir et coordonnateurs et coordonnatrices aux deux esprits
11. CRÉER UN CADRE POUR LA SOUVERAINETÉ DES DONNÉES
• Élaborer un système unifié de collecte de données appartenant aux Centres d’amitié.
• Former le personnel à des méthodes de recherche culturellement sûres.
• Créer des processus d’évaluation communautaires.
• Produire des fiches d’évaluation annuelles relativement aux FFADA2E+.
• Faire connaître les pratiques prometteuses par le biais d’échanges de connaissances.
• Responsables : Équipe de recherche de l’ANCA et partenaires universitaires
Changement des systèmes à long terme (3-5 ans)
12. MODÈLES FLEXIBLES DE PRESTATION DE SERVICES
• Faire évoluer les Centres d’amitié vers des pôles complets relatifs aux FFADA2E+.
• Intégrer les services sanitaires, juridiques, culturels et sociaux.
• O rir des services 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans les régions où les besoins sont importants.
• Concevoir des services mobiles de proximité pour les communautés isolées.
• Créer des services de soutien virtuel tout en maintenant les services en personne.
• Responsables : Directrices et directeurs généraux des Centres d’amitié
13. S’ATTAQUER AUX CAUSES PROFONDES
• Mettre en œuvre des programmes d’autonomisation économique réduisant la vulnérabilité financière.
• Construire des logements abordables dirigés par des Autochtones afin de réduire le nombre de personnes itinérantes.
• Mettre en place des mesures globales de soutien en matière de santé mentale et de toxicomanie.
• Mettre en place une éducation à la prévention de la maternelle jusqu’aux études postsecondaires.
• Soutenir la recherche communautaire sur les interventions e caces.
• Responsables : Partenariats multisectoriels
14. CHANGER LES ATTITUDES SOCIÉTALES
• Lancer une campagne nationale de sensibilisation célébrant les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones.
• Élaborer des lignes directrices pour les médias afin de lutter contre les stéréotypes nuisibles.
• Créer des ressources éducatives pour les prestataires de services non autochtones.
• Renforcer l’esprit d’alliance par l’éducation du public.
• Consigner et faire connaître les réussites.
• Responsables : Équipes de communication composées de professionnels et professionnelles de la création
Responsabilité et suivi
REVUES TRIMESTRIELLES
• Les coordonnatrices et coordonnateurs régionaux rendent compte aux conseils consultatifs de personnes survivantes.
• Consigner l’état d’avancement de chaque mesure.
• Déterminer les obstacles et élaborer des solutions.
• Transmettre les mises à jour à tous les Centres d’amitié.
RASSEMBLEMENT ANNUEL
• Réunir toutes les parties prenantes pour évaluer les progrès accomplis.
• Célébrer les succès et honorer ceux et celles qui font le travail.
• Ajuster les stratégies en fonction de l’apprentissage.
• Maintenir l’élan grâce au soutien des pairs.
INDICATEURS COMMUNAUTAIRES
• Suivre l’augmentation de l’utilisation des services.
• Vérifier les améliorations de la perception de la sécurité.
• Noter le renforcement des liens culturels.
• Mesurer les améliorations de la réponse du système.
• Célébrer les vies sauvées et transformées.
Ressources nécessaires
RESSOURCES HUMAINES
• 13 coordonnatrices et coordonnateurs régionaux des questions relatives aux FFADA2E+.
• 107 intervenants et intervenantes spécialistes de la violence sexuelle fondée sur le genre (1 par Centre).
• Plus de 200 travailleurs et travailleuses de proximité o rant des services 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
• Plus de 50 coordonnateurs et coordonnatrices de programmes aux deux esprits.
• Indemnisation adéquate de centaines d’Aînés et d’Aînées.
INFRASTRUCTURES
• Plus de 50 refuges dirigés par des Autochtones.
• Plus de 100 logements de transition.
• Agrandissement/rénovation des Centres d’amitié.
• Technologies pour les services virtuels.
• Véhicules pour le travail de proximité.
Appel
aux partenaires
GOUVERNEMENT FÉDÉRAL
• Fournir un financement durable et flexible.
• Réformer les politiques qui entraînent des vulnérabilités.
• Soutenir les solutions proposées par les Autochtones.
GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX/TERRITORIAUX
• S’engager de manière concrète dans la mise en œuvre.
• Réformer les systèmes relevant de leur compétence.
• Fournir un financement égal à celui du fédéral.
MUNICIPALITÉS
• Soutenir les refuges et les services.
• Inclure les Centres d’amitié dans la planification.
• Remédier aux règlements discriminatoires.
SECTEUR PRIVÉ
• O rir des emplois.
• Soutenir les entreprises à vocation sociale.
• Contribuer à répondre aux besoins en infrastructures.
TOUTE LA POPULATION CANADIENNE
• S’informer sur les FFADA2E+.
• Combattre les stéréotypes et le racisme.
• Soutenir les Centres d’amitié locaux.
Ce plan d’action transforme la sagesse de la communauté en mesures concrètes. Chaque mesure a été demandée par ceux et celles qui e ectuent le travail. Sa réussite exige l’engagement de tous les partenaires, mais surtout de la confiance ainsi que le financement des solutions proposées par les Autochtones. Les Centres d’amitié ont prouvé leur e cacité. Avec un soutien adéquat, ils continueront à sauver et à transformer des vies.
«J’ai raconté mon histoire parce que je crois au pouvoir des Centres d’amitié pour créer le changement. Ils m’ont sauvé la vie. Avec un soutien adéquat, ils peuvent sauver beaucoup d’autres personnes. »
– PERSONNE AYANT PARTICIPÉ AU PROCESSUS