M261 / N° 227 / Septembre 2026 / 2€ ISSN 1146-2930
MSF2336-J
Attaques sur les hôpitaux : la banalisation de l'inacceptable
© MSF / Hôpital de Kunduz, Afghanistan - 2015
GRAND ANGLE
ÉDITO SOMMAIRE FOCUS Amérique centrale : une politique migratoire américaine aux effets dévastateurs 3 4 GRAND ANGLE Attaques sur les hôpitaux : la banalisation de l'inacceptable 8 REGARD Nyabhan, 7 ans, est née et a grandi dans le camp de Kule en Éthiopie Dr Isabelle Defourny Présidente de Médecins Sans Frontières
Dans l’Est du Tchad, la réduction de l’aide internationale a des conséquences dramatiques sur les femmes et les enfants réfugiés. « Depuis le début du conflit au Soudan, plus de 930 000 réfugiés, dont plus de 80 % de femmes et d'enfants, ont traversé la frontière tchadienne pour fuir les combats, arrivant dans des zones où les communautés hôtes vivent déjà dans une précarité chronique. Les coupes budgétaires drastiques opérées par les bailleurs internationaux ont contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) à réduire de moitié les rations alimentaires distribuées à ces populations depuis le début de l’année. Les conséquences sur la santé des plus vulnérables ont été immédiates. Entre janvier et juin 2026, parmi près de 6 000 femmes enceintes et allaitantes reçues en consultation par nos équipes à Adré, 21 % souffraient de malnutrition modérée ou sévère, dépassant largement le seuil d'urgence humanitaire fixé à 15 %. À ce jour, aucune prise en charge de la malnutrition chez les femmes n’existe en dehors des distributions ponctuelles de farines enrichies en nutriments. Par ailleurs, au centre de santé d'Adré, les admissions d'enfants atteints de malnutrition ont bondi de 30 % entre janvier et avril par rapport à 2025. Les contraintes financières ont également un impact sur les chaînes d'approvisionnement en aliments thérapeutiques, utilisés pour le traitement de la malnutrition sévère chez les enfants. Seuls deux tiers des besoins annuels étant couverts, l'UNICEF et ses partenaires se voient obligés de rationner les traitements à 10 sachets par enfant et par semaine au lieu de 14. Administrer des doses complètes aurait entraîné une rupture totale des stocks dès novembre 2026. Les livraisons effectuées par le PAM fin juin seront rapidement épuisées, sans aucune visibilité sur de futurs financements. Dans ce contexte d’afflux continu, il est urgent que les bailleurs de fonds rétablissent intégralement et sans délai leur soutien financier à la réponse humanitaire dans la région, avant que la situation ne se dégrade encore davantage. »
EN LUMIÈRE République démocratique du Congo : ils sont sortis du centre de traitement Ebola
EN APARTÉ Découvrez la sélection automnale de la boutique MSF ! EN QUESTION Garantir un environnement sûr et respectueux pour les patients et les
11
équipes MSF, une priorité absolue
8
3
4 9 11
Directeur de la publication : Dr Isabelle Defourny • Directeurs de la rédaction : Aurélie Dumont, Andrea Bussotti • Rédaction : Margaux Dugoujon • Création : Anne-Sophie et Caroline Bérard • Graphisme et fabrication : AB+ Consulting • Imprimeur : ROTO FRANCE, 25 rue de la Maison Rouge 77185 Lognes • Photos : P1 : MSF (2015) – P2 : MSF (2022) - MSF (2025) - Metasebia Teshome/MSF (2026) - Stefan Pejovic/MSF (2026) - Alexis Huguet/MSF (2026) - Frederic Seguin/MSF (2025) – P10 : MSF - 14-34, avenue Jean-Jaurès - 75 019 Paris – Tél. : 01 40 21 27 27 • Dépôt légal : troisième trimestre 2024 • N° de commission paritaire : 0828H83241.
2
MSF INFOS Septembre 2026
9 10
Amérique centrale : une politique migratoire américaine aux effets dévastateurs Depuis des décennies, l’Amérique centrale est un territoire de transit pour des centaines de milliers de personnes exilées qui cherchent à rejoindre les ÉtatsUnis. En janvier 2025, la fermeture des voies d’asile américaines a interrompu leur parcours et poussé les pays de la région à durcir leurs propres dispositifs. Nos équipes interviennent auprès de ces personnes exilées désormais bloquées, dont la santé physique et mentale ne cesse de se dégrader. ESTADOS UNIDOS
© Yotibel Moreno/MSF (2025)
ÉTATS-UNIS
CD. JUÁREZ
CUBA
MEXIQUE
MEXICO CITY
BELICE
PROJETS 2026
GUERRERO TAPACHULA
MIGRATION CENTRE DE SOINS INTÉGRÉS
Des besoins en santé mentale accrus
SAN PEDRO SULA TEGUCIGALPA
GUATEMALA
HONDURAS SALVADOR
NICARAGUA
PRÉVENTION DES ARBOVIRUS SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE
COSTA RICA
PANAMA
PRINCIPAUX FLUX MIGRATOIRES VERS LES ÉTATS-UNIS
Les voies d’accès à l’asile fermées Le 20 janvier 2025, l’application CBP One, seul moyen d’obtenir un rendez-vous pour demander l’asile aux États-Unis, a été suspendue. Près de 300 000 personnes se sont retrouvées bloquées au Mexique sans recours légal, certaines à quelques jours de leur rendez-vous. En mars, une nouvelle application a été lancée pour inciter au départ volontaire, sans fondement juridique. Les gouvernements de la région ont durci leurs propres dispositifs dans la foulée : contrôles d’identité systématiques, démantèlement de campements, retours forcés vers le sud.
Bloqués au Mexique Des dizaines de milliers de demandeurs d’asile et de migrants se retrouvent bloqués au Mexique. Les demandes d’asile ont explosé, mais les procédures administratives sont devenues de plus en plus longues et complexes. Les personnes sont contraintes de chercher un logement à long terme, ce que ne permettent pas les centres d’accueil temporaires, et finissent donc par vivre dans des conditions précaires, dans des quartiers défavorisés et dangereux. Pour la plupart d’entre elles, retourner dans leur pays d’origine n’est pas une option, non seulement en raison du risque de retrouver la situation qu’elles ont fui, mais aussi à cause de l’absence d’itinéraires de voyage sûrs, du
manque de ressources financières et du poids psychologique de la peur et de l’incertitude.
Des violences qui s’intensifient Malgré la diminution des flux de transit, les exilés continuent d’être exposés à des risques élevés de violences. Ces dernières prennent diverses formes : torture, extorsion, enlèvements, violences sexuelles et exploitation par le travail. Les discours stigmatisants contribuent à instaurer un climat de peur qui dissuade certains d’entre eux de s’adresser aux institutions ou aux services publics, les poussant à se cacher davantage et limitant leur accès à la protection. Cela rend également de plus en plus difficile pour les organisations humanitaires de les atteindre. « Nous avons été retenus captifs pendant 60 jours. [Des criminels] m’ont frappé à la tête, arraché une dent, et ont mis un pistolet dans ma bouche pour prendre des photos et appeler un de mes fils aux États-Unis. Mon fils et mon gendre ont payé la rançon, et nous avons été libérés. Le plan était d’aller aux États-Unis. Le reste de ma famille nous y attend. Mais avec ce gouvernement américain, nous ne savons plus quoi faire. » Témoignage d’un homme vénézuélien bloqué à Ciudad Juárez, dans le nord du Mexique
Nos équipes présentes dans la région, en particulier au Mexique, constatent d’importants besoins en soutien psychologique, avec une forte proportion de personnes souffrant de troubles mentaux graves. Cette situation résulte des violences répétées et des conditions de vie précaires endurées tout au long du parcours migratoire. À cela s’ajoute désormais une incertitude provoquée par les nombreux changements de politique. Dans la ville de Mexico, MSF offre une prise en charge complète aux survivants de violences extrêmes et de torture, notamment des soins médicaux, psychologiques, de kinésithérapie et d’autres services. Entre 30 et 50 patients y sont suivis pour une durée moyenne de trois à six mois. « Derrière chaque politique, il y a un impact bien réel sur des survivants de torture, des familles qui cherchent à fuir un danger ou des enfants traversant seuls les frontières. Leur santé, leur sécurité et leur dignité sont des obligations légales et morales. Tous les gouvernements de la région doivent agir dès maintenant pour protéger, et non punir, les personnes en quête de sécurité, et créer des voies d'immigration sûres. » Franking Frías, directeur adjoint des opérations de MSF au Mexique et en Amérique centrale
© MSF (2024)
Océan Pacifique
Retrouvez toute l’actualité de nos missions sur www.msf.fr 3
GRAND ANGLE
Attaques sur les hôpitaux : la banalisation de l'inacceptable Le 3 mai 2016, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies adoptaient à l’unanimité la Résolution 2286 et s’engageaient, avec 80 autres États, à protéger les structures médicales en temps de guerre. Mais ces dix dernières années, en Ukraine, au Yémen, à Gaza ou encore au Soudan du Sud, les attaques contre les infrastructures, les transports et le personnel médical et humanitaire se sont multipliées de façon alarmante, dans une indifférence choquante.
© Kristen Poels/MSF (2026)
Vue d’une salle endommagée par la frappe israélienne qui a touché l’hôpital de Jabal Amel au Liban, le 1er juin 2026.
D
ans la nuit du 2 au 3 octobre 2015, l’hôpital MSF de Kunduz en Afghanistan est frappé par une série de bombardements aériens de l’armée américaine, à qui nos équipes ont pourtant communiqué les coordonnées GPS de l’hôpital afin qu’il soit identifié comme un lieu neutre lors des opérations militaires. 42 patients et soignants sont tués. « À Kunduz, nos patients sont morts brûlés vifs dans leur lit. Des médecins, des infirmiers et d’autres employés ont été tués alors qu’ils travaillaient. Nos collègues ont dû s’opérer mutuellement. L’un de nos médecins est mort sur une table d’opération
4
MSF INFOS Septembre 2026
improvisée, un bureau, alors que ses collègues tentaient de lui sauver la vie », déclare Joanne Liu, alors présidente internationale, juste après l’attaque.
« À Kunduz, nos patients sont morts brûlés vifs dans leur lit ». Quelques mois plus tard, le 3 mai 2016, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies adoptent à l’unanimité la Résolution 2286 qui réaffirme la protection des structures, du personnel médical et des patients en tant qu’impératif absolu pendant les conflits armés.
DIX ANS APRÈS SON VOTE, UNE RÉSOLUTION PIÉTINÉE Les données recueillies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres organisations spécialisées montrent une progression continue des attaques depuis 2016. Et si des groupes armés continuent de commettre une partie de ces attaques, l’augmentation est le fait des États eux-mêmes. Les attaques prennent des formes multiples : bombardement s, frappes aériennes, frappes de drones ou tirs visant des ambulances pourtant clairement iden-
tifiées. D’après Insecurity Insight*, le secteur de la santé a fait l’objet de 917 attaques en moyenne par an entre 2016 et 2021. Ce chiffre est passé à 3 015 attaques par an entre 2022 et fin 2025. De notre côté, nous observons la même tendance à la hausse sur nos propres terrains d’intervention. En une décennie, l’organisation a recensé 255 incidents majeurs touchant ses structures médicales, ses ambulances ou ses équipes. Plus d’un tiers de ces attaques se sont produites au cours des deux dernières années, signe d’une accélération préoccupante. *Organisation indépendante qui collecte des données sur les violences visant les travailleurs humanitaires et les structures de santé dans le monde.
L'un de nos convois attaqué par les forces israéliennes dans la ville de Gaza le 20 novembre 2023.
LA RÉSOLUTION 2286 EN QUELQUES POINTS : · Condamne les attaques contre les patients, le personnel et les structures médicales. · Appelle toutes les parties au conflit à respecter le droit international, y compris humanitaire, et à faciliter le passage sécurisé des soignants. · Demande aux États d’adopter des mesures concrètes pour prévenir ces attaques.
© MSF (2023)
· Condamne le climat d’impunité et enjoint les États à y mettre fin en rendant des comptes devant la justice.
« Ce qui était autrefois considéré comme exceptionnel est désormais devenu courant ».
En dix ans, 21 membres de notre personnel ont été tués lors de 15 attaques. En février 2016, l’hôpital de Maarat Al Numan en Syrie était bombardé par la coalition russo-syrienne, faisant 25 morts, dont un de nos membres. Les survivants et les équipes de secours avaient été à nouveau pris pour cible par une deuxième frappe lors de l’évacuation des blessés. Au Yémen, entre 2015 et 2018, plusieurs hôpitaux que nous soutenions ont été frappés à répétition par la coalition internationale menée par l’Arabie saoudite, faisant 20 morts. En Ukraine, des structures médicales ont également été ciblées, notamment à Kherson et à Selydove en 2023. À Gaza, aucun hôpital n’a été épargné par la guerre totale menée par l’armée israélienne. Ainsi par exemple, l’hôpital Nasser a été encerclé,
bombardé puis pris d’assaut en novembre 2024, alors que des centaines de patients y étaient encore pris en charge.
UNE BANALISATION CROISSANTE DES ATTAQUES « Ce qui était autrefois considéré comme exceptionnel est désormais devenu courant », explique le Dr Javid Abdelmoneim, notre président international. Aujourd’hui, des structures de santé sont présentées comme des cibles légitimes au motif qu’elles abriteraient des combattants ou des armes, souvent sans éléments probants, les privant ainsi de leur statut de protection au regard du droit international humanitaire. À Gaza, par exemple, les autorités israéliennes ont à plusieurs reprises affirmé que des hôpitaux étaient utilisés à des fins militaires pour justifier leur destruction. Il y a dix ans, bombarder un hôpital provoquait une condamnation quasi unanime. Aujourd’hui, les réac tions sont souvent
plus timides, tardives, voire inexistantes. « Des États qui se réclamaient du droit international humanitaire il y a 10 ans font aujourd’hui le choix de continuer de fournir des armes, de couvrir diplomatiquement d’autres États, ou de continuer à opposer leur veto à des résolutions sanctionnant les coupables au sein des institutions internationales. C’est une décision p o l i t i q u e », ex p l i q u e L e ï l a Bourguiba, conseillère juridique en droit international humanitaire et droit international pénal auprès de MSF. « Ce changement de
Il y a dix ans, bombarder un hôpital provoquait une condamnation quasi unanime. Aujourd’hui, les réactions sont souvent plus timides, plus tardives, parfois inexistantes.
· Enjoint les États à enquêter sur chaque attaque et à en identifier les responsables. · Enjoint le secrétaire général de l’ONU à dresser un bilan annuel de la mise en œuvre de la résolution et à formuler des recommandations.
En 2025 seulement, le système de surveillance des attaques contre les soins de santé de l’OMS a recensé 1 348 attaques contre des structures médicales, ayant causé la mort de
1 981 personnes.
5
GRAND ANGLE
RAMI ABU JASER, INFIRMIER MSF, TRAVAILLAIT À L’HÔPITAL AL-AWDA DANS LE NORD DE GAZA LORSQU’IL A ÉTÉ TOUCHÉ PAR UNE FRAPPE ISRAÉLIENNE EN NOVEMBRE 2023. TROIS MÉDECINS ONT ÉTÉ TUÉS.
contexte s’accompagne d’une évolution des pratiques militaires : la destruction des infrastructures de santé n’est plus un “dommage collatéral regrettable”, mais un outil délibéré pour mettre des barrières à l’accès aux soins aux populations civiles afin de briser leur résilience et leurs capacités de survie. »
DES COMMUNAUTÉS ENTIÈRES PRIVÉES DE SOINS « Au-delà des morts, des blessés et des destructions des infrastructures au moment de l’attaque, un hôpital bombardé et pillé, c’est toute une population qui perd du jour au lendemain l’accès aux soins. Ce sont des enfants qui ne peuvent plus être traités, des femmes qui ne peuvent plus accoucher dans un environne-
« Dans les zones contrôlées par l’opposition, le système de santé est méthodiquement démantelé. Des centaines de milliers de personnes se retrouvent sans soins, sans protection. Elles sont contraintes de fuir encore et encore, alors que des inondations submergent la région. » 6
MSF INFOS Septembre 2026
Les équipes évaluent les dégâts subis par un établissement de santé soutenu par MSF au Soudan, à la suite d’un incident au cours duquel les lieux ont été pillés et pris d’assaut.
© MSF (2024)
« J’étais dans le service de chirurgie où l’on soignait des blessés. Tout à coup, il y a eu une énorme explosion dans l’hôpital. Il y avait eu une frappe directe sur les services d’hospitalisation et de chirurgie. Tout le monde était blessé. Trois de nos collègues médecins ont été tués dans l’attaque. Il n’y a rien de plus dur que d’enterrer son collègue avec ses propres mains et de retourner au travail quelques minutes plus tard, parce qu’il n’y a pas d’autre choix. Cette image ne me quitte pas. Mes collègues qui étaient avec moi quelques secondes auparavant, tués, enterrés sous les décombres. »
ment médicalisé, des blessés qui ne peuvent plus être opérés », explique Hakim Chkam, conseiller aux Opérations de MSF. En mai 2025, l’hôpital de MSF à Old Fangak, au Soudan du Sud, a été délibérément bombardé malgré les coordonnées GPS transmises aux autorités. Depuis, les activités n’ont jamais repris. Dans les mois qui ont suivi, l’hôpital de MSF à Lankien a aussi été détruit. « Dans les zones contrôlées par l’opposition, le système de santé est méthodiquement démantelé. Des centaines de milliers de personnes se retrouvent sans soins, sans protection. Elles sont contraintes de fuir encore et encore, alors que des inondations submergent la région, précise Isabelle Defourny, présidente de MSF. MSF assure une part vitale des soins de santé au Soudan du Sud. Mais ces attaques répétées nous privent de la capacité de soigner les populations dans la durée. »
NOMMER, DÉNONCER ET TÉMOIGNER MSF fait le choix de documenter chaque attaque, et d’en dénoncer publiquement les responsables chaque fois que cela est possible, afin, entre autres, d’alimenter le travail de la justice et les démarches initiées par les familles des victimes, le cas échéant. Mais cela ne suffit pas. Sur les 17 565 attaques contre les structures de santé recensées dans le monde depuis 2016, seules deux ont donné lieu à une condamnation
devant une juridiction internationale. Le droit protège en théorie les hôpitaux, mais autorise des exceptions dès lors qu’un site est accusé d’usage militaire. Cette exception est aujourd’hui invoquée de plus en plus souvent par les États pour justifier leurs frappes, au point d’inverser la charge de la preuve : c’est au personnel soignant de démontrer son innocence, plutôt qu’à l’attaquant de prouver la légalité de son geste. « C'est pourquoi MSF appelle les États à mettre fin au climat d'impunité, à ouvrir des enquêtes indépendantes après chaque attaque, et à rendre des comptes devant la justice. MSF participe aujourd’hui aussi à un débat plus large sur l'avenir du droit international humanitaire et plus particulièrement sur l’idée d’une interdiction absolue des attaques contre les structures médicales, sans aucune exception possible », conclut Hakim Chkam.
« Un hôpital bombardé et pillé, c’est toute une population qui perd du jour au lendemain l’accès aux soins. Ce sont des enfants qui ne peuvent plus être traités, des femmes qui ne peuvent plus accoucher dans un environnement médicalisé [...]. »
PANORAMA Afrique du Sud En juillet dernier, une violente recrudescence d’actes xénophobes contre les migrants en Afrique du Sud a fait au moins quatre morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes. Face à l’urgence, nos équipes ont déployé des cliniques mobiles pour assurer des consultations de santé primaire, le suivi des maladies chroniques, un soutien psychologique et des distributions de kits d’hygiène dans les provinces du Gauteng, du KwaZuluNatal, du Cap-Occidental et à la frontière avec le Zimbabwe.
République centrafricaine À l’hôpital de Batangafo, nos équipes utilisent un dispositif numérique innovant pour accélérer le diagnostic de la tuberculose pulmonaire, un problème de santé publique majeur dans le pays. Cet outil, appelé CAD4TB, s’appuie sur l’intelligence artificielle pour détecter la maladie chez les individus de plus de 15 ans. Grâce à un diagnostic précoce, les patients sont traités rapidement et la propagation de l’épidémie est freinée. En 2025, le CAD4TB a permis de détecter 90 cas sur les 203 dépistés au total dans la zone à Batangafo.
86 000
Venezuela Le 24 juin dernier, un double séisme d’une violence rare a frappé le pays. En coordination étroite avec le ministère de la Santé, nos équipes ont fait des dons continus de matériel médical, notamment à l’hôpital José María Vargas de La Guaira et à l’hôpital Pérez de León. Elles ont également fourni du matériel de désinfection, des équipements de protection pour le personnel médical ainsi que des housses mortuaires à la morgue centrale. En parallèle, une clinique mobile a été installée à Naiguatá, une zone particulièrement touchée, dans l’État de la Guaira pour fournir des soins aux sinistrés.
© Mariana Zupo/MSF (2026)
c’est le nombre de consultations médicales assurées par nos équipes auprès d’enfants de moins de 15 ans dans leurs structures médicales à Gaza entre janvier et avril 2026 seulement, soit 25 % de l’ensemble des patients.
© Nazia Kamal/MSF (2026)
LIBAN
Afghanistan Dans le sud du pays, nos équipes font face à une augmentation alarmante du nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Entre janvier et avril 2026, les admissions pour malnutrition ont bondi de plus de 30 % par rapport aux trois années précédentes, touchant en majorité des nourrissons de moins d’un an. Cette crise nutritionnelle est aggravée par l’effet combiné de sécheresses récurrentes et du tarissement de l’aide internationale, qui asphyxie le système de santé local. Nos équipes fournissent un soutien nutritionnel aux enfants souffrant de malnutrition dans les provinces du Helmand, de Hérat et de Kandahar.
DES CENTAINES DE MILLIERS DE DÉPLACÉS PAR L’OFFENSIVE ISRAÉLIENNE RETOURNENT PROGRESSIVEMENT DANS LE SUD DU LIBAN, LA BEKAA ET LA BANLIEUE DE BEYROUTH. ILS Y DÉCOUVRENT DES HABITATIONS EN RUINES ET UN SYSTÈME DE SANTÉ DÉVASTÉ. FACE À UNE CRISE HUMANITAIRE QUI SE POURSUIT, NOS ÉQUIPES ADAPTENT LEUR RÉPONSE MÉDICALE POUR GARANTIR AUX POPULATIONS UN ACCÈS AUX SOINS ESSENTIELS LÀ OÙ ELLES SE TROUVENT. LES CLINIQUES MOBILES DÉPLOYÉES FOURNISSENT DES CONSULTATIONS DE SANTÉ PRIMAIRE, ASSURENT LE TRAITEMENT DES MALADIES CHRONIQUES ET PROPOSENT DES SOINS DE SANTÉ MENTALE ET DE SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE.
Retrouvez toute l’actualité de nos missions sur www.msf.fr 7
REGARD
© Metasebia Teshome/MSF (2026)
Nyabhan, sept ans, est née et a grandi dans le camp de Kule en Éthiopie. Elle incarne une génération d’enfants qui n’ont connu que la vie de réfugiés. Elle s’occupe de ses jeunes frères et sœurs, moud le grain, parcourt de longues distances à pied pour ramasser le peu de bois de chauffage disponible, va chercher de l’eau et cuisine. Tout cela tout en allant à l’école, quand les cours ont lieu.
8
La mère de Nyabhan a fui les violences au Soudan du Sud en 2014. Elle peine à subvenir aux besoins de ses enfants car les coupes dans l’aide humanitaire ont réduit de 60 % les rations alimentaires distribuées par rapport à 2025. Les distributions sont fréquemment interrompues pendant des mois en raison de pénuries de financement et de problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement.
MSF INFOS Septembre 2026
Suivez-nous sur
République démocratique du Congo : ils sont sortis du centre de traitement Ebola Face à l'expansion rapide de l'épidémie d'Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), nos équipes se mobilisent aux côtés du ministère de la Santé local pour tenter de contenir la propagation du virus et renforcer la prise en charge des patients. Dans les centres de traitement, la peur précède souvent le diagnostic. Trois personnes suspectées d'être atteintes, et leurs proches, racontent.
Daniella Jeune cadette d’une famille de quatre enfants, Daniella (au centre de la photo), 10 ans, a été identifiée comme cas suspect d’Ebola en mai 2026. Elle a été prise en charge dans le centre de traitement d'Ebola (CTE) de Munigi, dans la ville de Goma, pendant 9 jours. « Quand les premiers symptômes sont apparus, nous l'avons emmenée à l’hôpital pour la faire diagnostiquer. Fièvre, diarrhée, douleurs musculaires, elle avait tout ce qui présageait la maladie d'Ebola. Les médecins ont décidé de l’emmener dans le centre de traitement pour la tester », raconte son père. Chaque annonce de personne suspectée d’avoir la maladie plonge souvent les familles dans une peur exacerbée par les tensions et les rumeurs au sein de la communauté. « J’étais terrorisée, confie sa mère. Je pensais ne jamais la revoir. C’était dur d’entendre les voisins dire que nous étions fous de laisser notre enfant là-bas, que les agents de santé allaient la tuer ou lui administrer la maladie. Cela me faisait mal aussi de la voir dans cette petite salle et de devoir rentrer seule chez nous la nuit, sans elle. J’étais toutefois contente de voir que son état s'améliorait. Quand les résultats sont finalement sortis négatifs, mon mari et moi, nous nous sommes sentis soulagés. Notre joie était indescriptible. J’ai finalement pu prendre Daniella dans mes bras et souffler. » Face à la propagation de la maladie, la famille de Daniella a choisi de s'engager depuis sa sortie du centre de traitement dans la sensibilisation de leur communauté afin de briser les rumeurs autour de la maladie et appuyer les efforts des équipes médicales.
« Avant cette expérience, je doutais énormément des centres de traitement Ebola. Je pensais que cette maladie était montée de toute pièce et que le centre renfermait forcément autre chose. J’avais tort. Si vous hésitiez encore à venir au centre de santé alors que vous présentez des signes, il faut y aller. C’est seulement comme cela que vous allez sauver votre famille et vous-même », conclut la mère de Daniella.
Trésor, 30 ans, a été interpellé et placé en observation pour une période de quarantaine après un contrôle sanitaire alors qu’il rentrait d’un tournoi de football avec des amis. Après plusieurs jours, il a développé une forte fièvre. Il a donc été transféré au CTE de MSF à Munigi.
« La plupart de mes amis se sont éloignés de moi parce qu’ils avaient peur de la maladie. Ils ne veulent tout simplement pas être infectés. Et je comprends tout à fait leur réaction. [...] J’ai eu de la chance, je m’en sors bien. Mais j’ai tellement eu peur. Cette maladie est plus grave que toute autre. » Finalement, les analyses de laboratoire tombent et confirment qu'il n'est pas porteur du virus : son diagnostic est infirmé et il est autorisé à quitter le centre. Si sa famille proche et ses voisins directs l'ont accueilli à bras ouverts, soulagés de le revoir en vie et en bonne santé, le retour à la vie sociale s'avère être une seconde épreuve. Même lorsque les résultats biomédicaux sont négatifs et que les patients sont reconnus non malades, la simple suspicion d'avoir franchi les portes du CTE déclenche une stigmatisation immédiate.
Benjamin
© Ley Uwera/MSF (2026)
© Miora Rabearisoa/MSF (2026)
© Ley Uwera/MSF (2026)
Trésor
Benjamin, 30 ans, est père de famille et professeur dans une école secondaire de Goma. En plein cours, face à ses élèves, il a présenté des symptômes compatibles avec Ebola. Il s’est rendu au centre de santé avant d’arriver au centre de traitement d'Ebola (CTE) de Munigi.
« J’avais des maux de tête, une fatigue chronique, des vomissements de sang. Tous les signes qui présageaient la maladie […]. Avec le peu de force qu’il me restait, je suis allé moi-même au centre de santé, sans aucune pression quelconque et influence de qui que ce soit. » Après une semaine de prise en charge et des analyses finalement négatives, Benjamin est retourné auprès des siens. Aujourd'hui, il utilise sa profession pour mener un autre combat : celui de la sensibilisation.
« En tant qu’enseignant, je suis responsable de la sensibilisation de mes élèves. Aujourd’hui, je joue le rôle de sensibilisateur pour qu’ils adoptent les mesures barrières et aillent consulter dès l’apparition des signes. Si on se présente à temps, on a de la chance de guérir. »
Retrouvez toute l’actualité de nos missions sur www.msf.fr 9
EN APARTÉ Témoignage
Boutique MSF
Vincent Chriqui, donateur depuis plus de 30 ans
Cet automne, faites rimer achats responsables et solidarité avec la Boutique Sans Frontières !
« Mon lien avec MSF a d’abord été celui d’un observateur admiratif. Lors des grandes crises humanitaires, elle était présente là où les besoins étaient les plus urgents. À mes yeux, c’était déjà l’une des organisations les plus engagées sur le terrain. Au fil des années, j’ai pu échanger avec sa direction et participer à des conférences réunissant des personnels de terrain. J’ai toujours été impressionné par leurs compétences, mais aussi par leur simplicité et leur humilité. Les situations rencontrées, souvent d’une violence inouïe, sont rapportées de manière factuelle et pragmatique.
" Cette culture d'engagement total combinée à une grande modestie inspire confiance, force le respect et rend MSF profondément attachante. " Ce qui me frappe également, c’est la capacité de MSF à s’adapter en permanence aux contextes humanitaires. Les équipes développent une analyse stratégique, une logistique complexe et une expertise technique au service de solutions toujours plus efficaces. La Fondation MSF en est un bon exemple. J’ai notamment été impressionné par Antibiogo, un outil innovant d’aide au diagnostic qui contribue à une meilleure utilisation des antibiotiques. Ces innovations répondent à des besoins concrets sur le terrain et sont déployées à grande échelle.
Laissez-vous inspirer par une sélection solidaire et éco-responsable : accessoires du quotidien, produits gourmands, bougies parfumées, jeux pour enfants et bien d'autres idées pour faire plaisir à vos proches tout en soutenant les actions de MSF. Retrouvez toutes nos idées cadeaux sur : boutique.msf.fr
Alors que les financements publics se raréfient, MSF apparaît parfois comme un dernier rempart pour les populations éprouvées. C’est le cas dans des crises dramatiques bien que peu médiatisées, comme au Soudan ou en Somalie. Je pense aussi à la réponse à l’épidémie d’Ebola en RDC, qui exige beaucoup de courage et de professionnalisme. Enfin, la transparence financière me paraît essentielle. L’indépendance que lui confère le soutien de centaines de milliers de donateurs permet à MSF d’agir librement et efficacement. »
Parole de testatrice Mme Geneviève B. soutient MSF depuis 1994. Elle témoigne « Propriétaire d’une résidence secondaire qui devenait de plus en plus difficile à entretenir, j’ai fait le choix d’une donation en faveur de MSF. Donatrice fidèle, je recevais régulièrement le journal MSF Infos qui revient sur l’activité des équipes MSF et propose aux donateurs d’autres modes de soutien. Cela a été l’élément déclencheur de mon projet de donation. J’ai contacté l’équipe relations testateurs en juillet 2018. Elle m’a accompagnée avec beaucoup de professionnalisme et m’a tenue informée à toutes les étapes de mon projet. Elle m’a appris que je pouvais bénéficier d’une réduction fiscale de mon impôt sur le revenu comme pour un don. En mars 2019, la donation a été signée devant notaire pour un montant de 200 000 €. Je suis heureuse de penser que l’argent de la vente de ma maison servira à soutenir des personnes qui ne seraient pas soignées sans l’intervention de l'association. » Vous réfléchissez à un projet de donation ? Nos équipes relations testateurs et juridique sont à votre disposition pour vous accompagner dans la réalisation de votre projet de transmission.
Contact : Sara Collado Tel : 01 40 21 29 09 Email : relations.testateurs@paris.msf.org
10 MSF INFOS Septembre 2026
À VENIR… Votez pour la photo de l’année ! Dans quelques semaines, nous vous contacterons par e-mail pour vous proposer de voter pour la photo de l’année 2026. Vous découvrirez celle qui a recueilli le plus de suffrages dans votre MSF Infos du mois de décembre. Alors restez attentifs !
EN QUESTION Garantir un environnement sûr et respectueux pour les patients et les équipes MSF, une priorité absolue La prévention et la prise en charge des abus et des comportements inappropriés à l’égard des patients et des équipes de MSF constituent une priorité pour l’organisation. Claire Magone, directrice générale, revient sur les principaux enjeux, les progrès et les difficultés auxquelles MSF continue de faire face.
MSF a récemment publié des éléments relatifs à la gestion des comportements abusifs en 2025. Quelles sont les principales conclusions ? Claire Magone : Il est d’abord utile de préciser de quoi nous parlons. Ces données concernent des atteintes aux personnes de nature diverse : abus de pouvoir, harcèlement, discrimination, violences physiques ou psychologiques, exploitation et abus sexuels notamment. Elles recouvrent des situations de gravité variable. Ces comportements peuvent survenir entre membres du personnel ou être commis par des membres du personnel à l’encontre des personnes que nous accompagnons. Tous sont aux antipodes de nos principes et de nos valeurs. Ils n’ont pas leur place dans notre organisation, et nous déployons des efforts depuis des années déjà pour les prévenir, les identifier, et en sanctionner les personnes responsables. Comment de tels agissements peuvent-ils se produire au sein d’une organisation humanitaire? C.M. : Ces comportements traversent toutes les couches de la société et tous les milieux professionnels, y compris donc le secteur humanitaire. De plus, dans les contextes où nous intervenons, il existe des vulnérabilités inhérentes aux personnes à qui nous apportons notre aide. Les conflits, les épidémies, les déplacements de population créent une dépendance à l’égard de l’aide humanitaire, accentuant le déséquilibre de pouvoir entre les bénéficiaires de l’aide et ceux qui la fournissent. Le risque d’exploitation et d’abus est ainsi accru, rendant d’autant plus essentiels des systèmes de protection des personnes les plus vulnérables, et des mécanismes de remontée des alertes de la part des victimes ou de témoins. En 2025, parmi les près de 50 000 personnes employées par le mouvement MSF à travers le monde, 1 122 plaintes ont ainsi été enregistrées, dont 1 021 concernant nos projets terrain, en hausse de 18 % par rapport à 2024. Après examen et enquête par des équipes d’investigation internes, 299 situations ont été confirmées comme relevant d'abus ou de comportements inappropriés.
Au total, 96 personnes ont été licenciées au sein des projets de MSF.
Quelles mesures avez-vous prises depuis ?
Cette augmentation des signalements n'est pas nécessairement le reflet d'une hausse équivalente des comportements abusifs avérés. Elle est aussi le signe que nos mécanismes d'alerte sont davantage connus et utilisés, et que les victimes ou témoins ont davantage confiance pour se manifester. C'est un enjeu majeur pour prévenir et agir sur les abus : la confiance. Les victimes et les témoins doivent savoir qu’ils peuvent signaler des faits en toute sécurité, que leur parole sera entendue, traitée de manière confidentielle et donnera lieu à un examen rigoureux.
C.M. : Ces enseignements ont entraîné des changements concrets, au Tchad comme dans d’autres projets MSF. Nous avons renforcé nos procédures de recrutement, d'intégration et de formation, pour que chacun connaisse les règles de comportement attendues et les conséquences en cas de manquement. Nous avons systématisé les évaluations des risques, pour identifier les personnes et les lieux les plus exposés et réduire les possibilités d’abus sur nos projets. Les mécanismes de signalement ont été revus en intégrant les retours des patients, des représentants des femmes et des communautés.
Vous avez également partagé les résultats d’investigations qui ont été menées au Tchad l’année dernière. Quelles en ont été les conclusions ? C.M. : Fin 2024, nous avons été alertés par des allégations d'exploitation, d'abus et de harcèlement sexuels impliquant des personnes travaillant pour MSF dans l'Est du Tchad. Nos activités y avaient connu une expansion très rapide face à l’afflux de centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre au Soudan à partir d’avril 2023. Nous avons donc mené des enquêtes sur l’ensemble de nos projets dans l’Est du Tchad. Pendant huit mois, 16 enquêteurs issus de MSF et d’autres externes à l’organisation ont examiné 59 allégations. Si certaines ont été corroborées, d'autres n'ont pas pu être entièrement vérifiées, notamment lorsque les victimes ou les auteurs présumés n'ont pas pu être localisés. Là où les faits ont été établis, des sanctions ont été prises : 18 personnes ont été licenciées et ne pourront plus jamais travailler pour MSF. Les investigations ont aussi mis en évidence des défaillances dans nos pratiques sur place. Les procédures de recrutement de nouveaux employés, leur intégration et leur supervision ont pâti des rythmes de travail très intenses liés à l'urgence. Les évaluations des risques d’abus auxquels étaient exposés le personnel ou les patients n'étaient pas systématiques. De nombreux patients et collègues n’avaient pas été informés des dispositifs de signalement existants.
Ces mesures se traduisent par des actions concrètes sur le terrain. Sur certains points de distribution d'eau par exemple, nous mettons en place des files dédiées aux personnes les plus vulnérables et affichons nos numéros d'écoute sur les camions de distribution. Au Bangladesh, nous avons ouvert un guichet de recrutement dans un espace dédié aux femmes, pour lever les freins qui les empêchaient de candidater aux postes de santé maternelle et infantile ou les exposaient à un risque d’exploitation. La prévention des abus est l'affaire de toutes les fonctions : nos logisticiens adaptent la conception des structures de santé pour réduire les risques pendant les soins, notre personnel médical propose aux personnes les plus exposées d'être accompagnées par une personne de confiance, et nos équipes RH renforcent le recrutement et la gestion du personnel. La protection de notre personnel et de nos bénéficiaires est une priorité absolue pour MSF. Malgré nos efforts, nous sommes conscients qu’il reste encore beaucoup à faire pour assurer un environnement sain, sûr et respectueux de tous au sein de tous nos projets. Et nous pensons que sensibiliser nos soutiens et nos partenaires sur ces questions, rendre des comptes, partager nos progrès et nos inquiétudes, permettra d’accélérer ce travail au sein de MSF, et au-delà.
Retrouvez toute l’actualité de nos missions sur www.msf.fr 11
Legs & assurances-vie
Prix Nobel de la paix 1999
/ Saidu Bah/MSF
Quel que soit le montant de votre héritage,
©
Les équipes de Médecins Sans Frontières fournissent des soins essentiels aux populations confrontées aux pires crises sanitaires, à des conflits armés ou des catastrophes naturelles. Transmettre une part de vous grâce au legs ou à l’assurance-vie, c’est leur donner les moyens d’agir et faire de vos convictions l’engagement d’une vie.
VOUS SOUHAITEZ VOUS INFORMER ? Retournez ce coupon sous enveloppe sans affranchir à Médecins Sans Frontières, libre réponse - Autorisation 10617 - Paris Cedex 18 Prénom :
M. Nom :
Adresse : Code postal : E-mail :
Téléphone :
Scannez ce code ou rendez-vous sur leguez.msf.fr
Mme
Ou demandez conseil à notre équipe
relations testateurs
Ville :
TÉL : 01 40 21 29 09 E-MAIL : relations.testateurs@paris.msf.org 14-34, avenue Jean-Jaurès - 75019 PARIS
Vos données personnelles sont collectées via ce formulaire par Médecins Sans Frontières, en tant que responsable de traitement, afin de mieux identifier vos attentes et de vous accompagner dans votre projet de legs, sur la base de son intérêt légitime à collecter des fonds et accroître la faisabilité des projets de MSF. Vos données sont destinées au service collecte de MSF et à ses prestataires. Elles ne sont conservées que pendant la durée strictement nécessaire à la réalisation de ces finalités. Vous disposez des droits d’accès, de rectification, de suppression, de portabilité, d’opposition et de limitation. Vous pouvez les exercer en envoyant un courrier ou un email à l’adresse suivante : relations.testateurs@paris.msf.org. Enfin, vous disposez du droit d’introduire une réclamation auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Plus d’information sur la politique de confidentialité du site www.msf.fr.
D26PIP14
MES COORDONNÉES
Demandez notre brochure en toute conf identialité