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Mayotte Hebdo n°961

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LE MOT DE LA RÉDACTION

TOUS EN SCÈNE ! Depuis des semaines, des mois, tout le monde s’affaire pour le jour J, à la façon d’une répétition générale. Sous le son des m’biwi, dans les effluves des fleurs de jasmin, les meeting prennent parfois des airs de pièce de théâtre. Alors, chacun se plaît à jouer le jeu de la séduction, ou plutôt, de l’élection. Mais loin des billets et des cartons de mabawa que l’on passe de main en main dans l’espoir de grappiller quelques voix, demeurent d’autres acteurs. Non ceux qui s’animent sur les planches, mais bel et bien ceux qui planchent. Ceux pour qui on ne vote pas, et qui, pourtant, dépendent cruellement du scrutin. Car la vie politique n’est pas que politique : elle est aussi sociale, culturelle, sportive, éducative et bien plus encore. Dimanche, nous ne voteront pas que pour désigner un nouveau panel de personnalités au programme discret. Dimanche, nous voteront aussi pour ceux qui défendront l’intérêt collectif, pour ceux qui épauleront les associations et les institutions, ou au contraire, les empêcheront. Alors... Action ! Bonne lecture à toutes et à tous.

S.P

TOUTE L’ACTUALITÉ DE MAYOTTE AU QUOTIDIEN

Lu par près de 20.000 personnes chaque semaine (enquête Ipsos juillet 2009), ce quotidien vous permet de suivre l’actualité mahoraise (politique, société, culture, sport, économie, etc.) et vous offre également un aperçu de l’actualité de l’Océan Indien et des Outremers.

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FI n°3839 Lundi 7 mars 2016 St Félicie

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BP 263 - ZI Kawéni - 97600 Mamoudzou - email : hd.mayotte@wanadoo.fr

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FI n°3822 Jeudi 11 février 2016 Ste Héloïse

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RENSEIGNEMENTS Tél : 0639 67 04 07 | Mail : contact@mayotte-e-velos.yt

FI n°3818 Vendredi 5 février 2016 Ste Agathe

marine le Pen

environnement

Port de Longoni

ConSeil départeMental

Quel accueil se prépare pour la présiDente Du Fn ?

Le Lagon au patrimoine mondiaL de L'unesCo ?

la dsP sur la sEllEttE

pas de changement sUr l’octroi de mer

© Jonny CHADULI

Grève à Panima

TéléThon 2016

Des propositions mais toujours pas D'issue

DemanDez le programme

première parution : juillet 1999 - siret 02406197000018 - édition somapresse - n° Cppap : 0921 y 93207 - dir. publication : Laurent Canavate - red. chef : Gauthier dupraz - http://flash-infos.somapresse.com

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FI n°3997 mercredi 30 novembre 2016 St André

© CR: Gauthier Bouchet

Diffusé du lundi au vendredi, Flash Infos a été créé en 1999 et s’est depuis hissé au rang de 1er quotidien de l’île.

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Économie

SÉcuritÉ

Les appeLs à projets de L'europe

Couvre-feu pour Les mineurs

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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Musique

Faits divers

Edmond BéBé nous a quitté

ViolEncE En cascadE

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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MCG VS SMart

ViCe-reCtorat

UltimatUm oU véritable main tendUe ?

l’institUtion répond aUx critiqUes

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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TCHAKS LE CHIFFRE 700

C’est le nombre de kilos de vanille verte récoltés cette année par Saveurs et Senteurs de Mayotte, contre 65 en 2018. Une augmentation record, permise grâce aux efforts de l’association qui vise, depuis trois ans, à relancer la filière locale. Un projet qui prend de l’ampleur puisque Saveurs et Senteurs inaugure son nouveau séchoir en bois précieux aménagé dans un conteneur par la SARL Agrikagna au sein du pôle d’excellence rurale de Coconi. Un outil inédit qui permettra de sécher plusieurs centaines de kilos chaque année, tout en garantissant aux producteurs des 26 exploitations partenaires un prix minimum et rémunérateur. Une initiative bienfaisante pour le savoirfaire local, alors que la huitième édition de l’exposition Made in Mayotte mettra cette année l’ylang ylang à l’honneur, du 5 au 17 juillet sous le toit du comité du tourisme de Mamoudzou.

LA PHRASE

"Nous n'accepterons plus que l'on touche à nos enfants, ni aux établissements scolaires” Ce mardi, le directeur de l'union départementale des confédérations syndicales des familles de Mayotte (UDCSFM) a publié une photo sur laquelle il maîtrise un individu au sol. L’homme en question venait de commettre une agression devant le lycée de Sada, avant d’être pris en chasse, à l’instar d’une dizaine d’autres individus, par les membres de l’association. “Mahorais, ne restez pas attentistes et rejoignez l'UDCSFM dans ce combat contre la criminalité. La peur doit changer de camp ! Nous devons agir si nous voulons endiguer cette violence qui pourrit notre île“, a déclaré Mansour Ramia, directeur de l’organisation, dont la sécurisation aux abords et dans les établissements scolaires est l’une des priorités. Ses autres champs d’action vont de l'accompagnement à la parentalité jusqu’à la formation d’animateurs socioéducatifs, en étroite collaboration avec les forces de l’ordre et le Département.

ELLE FAIT L’ACTU

L'ACTION

Un auteur mahorais traduit en anglais pour la première fois “My husband is worse than a madman : he’s a man”. C’est sous ce titre que vient de sortir sur le marché international le romain culte “Mon mari est plus qu’un fou : c’est un homme”, de l’auteur mahorais Nassur Attoumani. Une traduction inédite pour un écrivain du 101ème département, qui permettra à l'œuvre d’être distribuée au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Japon ainsi que dans plusieurs pays d’Europe et en Afrique anglophone. De quoi faire rayonner Mayotte et ses talents par-delà les frontières. "Mon mari est plus qu’un fou : c’est un homme" est à la fois une charge contre le pouvoir des hommes dans la société musulmane des Comores et un appel à la prise de conscience des femmes. Mais c’est surtout un texte provocateur, la satire corrosive d’un auteur iconoclaste. L’édition traduite en anglais est déjà disponible sur Amazon. Le texte original est, lui, à retrouver dans les librairies du 101ème département et sur le site de la Fnac notamment.

Thierry Suquet nommé nouveau préfet de Mayotte Jean-François Colombet est sur le départ ! Le conseil des ministres de ce 23 juin vient de nommer Thierry Suquet comme successeur à l'actuel préfet de Mayotte, en poste depuis juillet 2019 et fraîchement nommé préfet du Doubs. Le nouveau délégué du gouvernement, qui devrait prendre ses fonctions d’ici trois semaines, sera chargé de poursuivre la mise en place de la "Loi Mayotte" ainsi que la lutte contre l'immigration clandestine. Fort d'une expérience en NouvelleCalédonie en tant que secrétaire général du Haut-Commissariat de la République, Thierry Suquet a également officié en Gironde, dans le Puy-de-Dôme, dans l'Eure et dans l'Aveyron, cette fois comme secrétaire général des différentes préfectures. Il a par ailleurs été chef de bureau de la fiscalité locale à la Direction générale des collectivités locales, avant d’être nommé sous-préfet de Lannion.

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LU DANS LA PRESSE

Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale

RÉGIONALES 2021 : EN OUTRE-MER, UNE FORTE ABSTENTION ET LA PRIME AUX SORTANTS Le 21 juin, par France 24 (avec l'AFP) Les citoyens ultramarins étaient appelés aux urnes, dimanche, pour renouveler les élus des départements, régions ou collectivités territoriales. Un scrutin marqué, en outre-mer comme en France hexagonale, par une très forte abstention, à l'exception de Mayotte. Les élections pour renouveler les élus des départements, régions ou collectivités territoriales de la Réunion, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique ont été marquées, dimanche 20 juin, par une abstention record, seule Mayotte s'étant démarqué avec un taux de participation de 64 %. Les présidents sortants des conseils régionaux de Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), et de La Réunion, Didier Robert (divers droite), sont arrivés en tête des scrutins, tout comme le président sortant de la Collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG). En Guadeloupe, une réélection au premier tour manquée de peu Le président sortant de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (LREM), a raté de peu une réélection dès le premier tour, en remportant 49,31 % des votes. La liste conduite par la présidente sortante du département, Josette Borel Lincertin (FGPS, Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste), arrive loin derrière en deuxième position, avec 17,38 % des suffrages, suivie par Ronald Selbonne, la surprise de ce scrutin. Le porteparole de l'Alyans Nasyonal Gwadloup représente la mouvance nationaliste. Cette campagne électorale a été marquée par des enquêtes politico-financières. Ainsi, Ary Chalus a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour "abus de confiance, détournement de fonds publics et financement illégal" de la campagne électorale de 2015. En Guyane, le président sortant largement en tête Le président sortant de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre (DVG), est arrivé largement en tête du premier tour des élections avec 43,72 % des suffrages exprimés, mais sans obtenir la victoire qu'il espérait dès cette première échéance. Le député candidat Gabriel Serville (DVG) est en deuxième position avec 27,67 % des voix.

Jean Philippe Nilor, député du sud, dissident du mouvement indépendantiste, termine à la troisième place avec 12,01 % des suffrages. La sénatrice divers gauche Catherine Conconne totalise 10,63 % des suffrages. À la Réunion, Didier Robert en tête malgré les affaires Le divers droite Didier Robert, président sortant de la région Réunion, a terminé en tête du premier tour des régionales avec 31,10 % des suffrages. Condamné le 21 mai dernier à 15 mois de prison avec sursis et à trois ans d'inéligibilité dans une affaire de prise illégale d'intérêt, il a fait appel, ce qui lui a permis de mener cette campagne. Derrière lui, Huguette Bello, la maire divers gauche de Saint-Paul (ouest de l'île) et Ericka Bareigts, la maire PS de Saint-Denis, se placent respectivement en deuxième et troisième position avec 20,74 % et 18,48 %. Les autres candidats de gauche ne sont pas qualifiés pour le second tour, mais le total des voix de gauche, qui n'avait pas réussi son union, dépasse celui de Didier Robert. Près de 64 % de participation à Mayotte Les Républicains (LR) ont tiré leur épingle du jeu à Mayotte, où les élections départementales ont connu, malgré le contexte sanitaire, une forte participation à près de 64 %. La droite, qui présentait des binômes dans neuf cantons sur 13, est parvenue à se qualifier pour le second tour dans sept cantons, notamment à Sada où le député Mansour Kamardine, qui vise la présidence du département, est arrivé en tête du 1er tour. Il fera face, dimanche prochain, à un binôme proche du sénateur LREM, Thani Mohamed Soilihi. Un seul binôme a été élu au premier tour à Mayotte. Il s'agit de Maymounati Moussa Ahamadi et Ali Omar (Nouvel élan pour Mayotte), élus dans le canton de Dzaoudzi-Labattoir.

Jean-Paul Ferreira (DVG), maire amérindien de la petite commune d'Awala Yalimapo (Nord-Ouest), arrive en troisième position avec 23,34 % des suffrages exprimés, malgré le soutien de l'ex-Garde des sceaux, la Guyanaise Christiane Taubira. Serge Letchimy supplante le président sortant en Martinique La liste conduite par le député Serge Letchimy (DVG) est arrivée en tête au premier tour du scrutin territorial en Martinique avec 31,66 % des suffrages devant celle du président sortant, l'indépendantiste Alfred Marie Jeanne, qui a obtenu 25,80 %.

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DOSSIER

L.S - S.P

ENVIRONNEMENT

M SOCIAL SPORT

DÉPARTEMENTALES 2021

LE GRAND ORAL DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL

D’un côté, les électeurs. De l’autre, les élus. Entre les deux, des associations, des institutions, dont le budget et les missions sont étroitement liés au conseil départemental. Alors outre les programmes, les partis, les alliances, les promesses et le rabattement électoral, que retiennent-elles de la mandature sortante ? Qu’attendent-elles du président qui sera élu ce dimanche 27 juin ? Ils travaillent dans la santé, le social, l’éducation, la culture, le sport, l’environnement, l’économie et les transports, et à la veille de l’élection la plus importante du territoire, ils en dévoilent les enjeux. À travers leur regard.

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MÉDICAL CULTURE

TRANSPORT

ECONOMIE ÉDUCATION

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DOSSIER

MÉDICAL

MALAISE CHEZ LES SOIGNANTS Une semaine avant le premier tour des élections départementales, une quarantaine de professionnels de santé mahorais ont cosigné une lettre ouverte à destination des candidats. Le but ? Interpeller élus et autorités quant au contexte sanitaire de l’île. En période de crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus, les soignants s’interrogent quant à la prise en charge et au traitement des autres pathologies sur l’île aux parfums. “Alors que tous les efforts sont exclusivement concentrés sur la vaccination anti-covid, (…) qui s’occupe de la Santé, avec un grand S ?”, écrivent les auteurs de la missive, qui pointent du doigt de nombreuses problématiques. Parmi elles, la situation de désert médical du 101ème département, qui ne fait que se creuser. Si plusieurs spécialistes n’ont pas été remplacés depuis leur départ de l’île, les travailleurs libéraux ne peuvent

absorber à eux seuls le manque de moyens hospitaliers et constatent une dégradation de certains patients souffrants de pathologies chroniques, faute de suivi. Par ailleurs, l’accès aux soins en dehors du territoire mahorais pose également problème car “entravé par les motifs impérieux et l’obligation vaccinale anti-covid, mesures profondément discriminatoires imposées à la population de Mayotte”. Pire encore, la psychiatrie est au bord du gouffre. “Les candidats évoquent souvent la santé de manière générale mais quid de la santé mentale des Mahorais ?”, interpelle Ismaël El Habib, infirmier libéral et viceprésident de l’Urps (union régionale des professionnels de santé) océan Indien. Or, avec le départ des psychiatres du centre médico-psychologique, des milliers de patients, dont certains très instables, risquent de se retrouver, là encore, sans suivi.

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ENVIRONNEMENT

UNE GRAINE QUI COMMENCE À GERMER Au premier coup d'œil, l’environnement pourrait sembler être le grand oublié de la campagne. Pourtant, pour la première fois, l’un des candidats - en l'occurrence, Mansour Kamardine (LR) - a demandé l’organisation des états généraux de l’environnement à Mayotte. Parmi ses propositions phares : la reconquête des espaces ruraux perdus, la mise en place d’un groupement d’intérêt public d’urbanisme pour formaliser les constructions et aménager le territoire de façon plus responsable, la réduction de la production énergétique carbonée par le développement de la production solaire, le passage des centrales thermiques d’EDM au biocarburant notamment, ou encore la reconstruction des forêts détruites via un programme de reboisement avec 10 000 arbres minimum plantés chaque année pendant six ans. Un dernier point qui semble également crucial pour l’association des Naturalistes, qui considèrent, eux, qu’il faudrait reboiser 2 000 hectares de forêt dans les dix ans à venir. “Le reboisement est une priorité pour préserver la ressource en eau”, martèle le président de l’organisation environnementale, Michel Charpentier. “Une étude de

l’ONF de 2017 a établi que la plantation de 100 hectares de forêt augmenterait de 400.000m3 la disponibilité d’eau dans les rivières en saison sèche”, une aubaine pour le département, régulièrement exposé aux pénuries de la ressource. Pourtant, la piste du reboisement ne semble avoir jamais été réellement prise au sérieux par la collectivité. Alors, pour orienter les candidats dans l’élaboration de leur politique environnementale, plusieurs acteurs associatifs (Nayma, Oulanga Na Nyamba, Yes We Can Nette, Les Naturalistes, Mayotte Nature Environnement, Régie de territoire de Tsingoni ou encore Tifaki Hazi) ont décidé de proposer une charte d’engagement dédiée à la question. La stratégie élaborée repose sur quatre axes : conduire des politiques écologiquement responsables, préserver la biodiversité, lutter contre la prolifération des déchets et améliorer la gestion des milieux naturels et lutter contre le réchauffement climatique. Un vaste programme décliné en une série d’engagements qui n’a encore été signé par aucun candidat depuis sa publication, à la veille du premier tour.

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DOSSIER

CULTURE

LE SECTEUR DANS LE FLOU ARTISTIQUE Encore un domaine qui se fait discret à l’heure où bat la campagne. Car en dehors des constructions de MJC et centres dédiés, aucune politique culturelle ne semble vraiment émerger. Aucune vision d’ensemble, aucune ligne directrice qui permettrait, enfin, de structurer le secteur. “On n’attend pas seulement un coup de pouce financier, mais aussi et surtout la prise en compte réelle de la culture et de ceux qui la font vivre, via l'accompagnement de la pratique amateur et de la professionnalisation des artistes et de tous les métiers qui gravitent autour”, insiste Sophie Huvet, directrice de l’association Hip-Hop Évolution et porteparole du collectif les Arts Confondus. “On ne veut pas que de l’argent, mais un regard transversal, avec des partenariats, des échanges, etc. Il y a forcément des besoins financiers, mais le problème aujourd’hui c’est l’absence d’une réelle intention de valoriser ce secteur.” Preuve en est, la semaine dernière, le Département, à travers la délégation de Mayotte à Paris, lançait un réseau d’artistes mahorais. “Il y a eu une réunion avec de nombreux acteurs”, retrace Sophie Huvet. “Mais le sentiment que ça nous donne c’est qu’au lieu de s’appuyer sur notre collectif qui a été créé spécialement pour défendre

les intérêts du secteur, ils créent leur propre réseau…” Un retour à la case départ, en somme. “C’est toujours pareil : plutôt que de s’appuyer sur des gens qui connaissent déjà le sujet, ils invitent des gens de métropole pour faire des résidences. Ça ne répond pas aux problèmes des acteurs à Mayotte…” Autre problème, dans les esquisses de programme des uns et des autres, la culture est systématiquement associée à la jeunesse. “Alors oui, c’est une grosse partie de la population, mais que fait-on pour les adultes qui veulent se professionnaliser ?”, interroge le collectif des Arts Confondus. “Et puis souvent, lorsqu’on évoque la culture, on l’associe à la tradition et au patrimoine mahorais, mais même là-dessus, personne ne nous dit ce qu’on attend de nous. Car il n’y a même pas de vraie scène traditionnelle organisée et structurée. Il y a une époque où plusieurs artistes traditionnels mahorais tournaient dans le monde entier, aujourd’hui ça n’existe plus. Le Département ne les accompagne plus !” Alors, de sa propre initiative, le collectif lançait il y a quelques mois un grand recensement de tous celles et ceux qui font vivre la culture à Mayotte, amateurs et professionnels confondus. De quoi mieux estimer les besoins des uns et des autres, et enfin, essayer de faire bouger les lignes.

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ÉDUCATION

AVEC LES

FÉLICITATIONS DU CONSEIL ? “Des relations très constructives”. Voilà comment résumer, selon le recteur, les liens entre l’académie et la collectivité territoriale. Toutefois, Gilles Halbout reconnaît que le travail est encore en cours, notamment à propos de l’organisation des transports scolaires et de l’accompagnement numérique. Si plus personne n’ignore les enjeux qui plane autour du premier sujet, il s’agit, pour le second, de revoir l’équipement dans certains établissements, et même au-delà. “Nous envisageons de doter certaines familles de tablette par exemple, comme cela se fait déjà dans d’autres départements", souligne le recteur arrivé en cours de mandature.

Autre priorité : poursuivre le développement de la formation professionnelle, déjà en cours de diversification. Et puisque la formation ne se joue pas que sur les bancs du lycée, l’accent est aussi mis sur l’accompagnement post-bac, une compétence dans laquelle intervient évidemment le Département, chargé de la gestion des bourses dédiées à la mobilité. “Nous avons d’ailleurs réalisé un guide à destination des étudiants pour mieux les aiguiller sur le sujet”, se réjouit Gilles Halbout, pour qui l’orientation est aussi une priorité. En juin dernier, deux établissements signaient une convention d’éducation prioritaire avec Sciences Po afin de favoriser les parcours d’excellence, après que deux jeunes mahorais aient été

acceptés au sein de l’institut d’études politiques. Autre fierté, et pas des moindres, une meilleure inclusion des élèves en situation de handicap, à travers la multiplication des activités qui leur sont proposées. Et, pour le chef de l’académie, nombreuses sont les victoires qui témoignent de l’efficacité du binôme rectoratDépartement. La dernière en date, concerne l’apprentissage des langues régionales que sont le shimaoré et le kibushi à l’école pour les élèves du premier degré. Un pas historique pour Mayotte, entériné il y a deux semaines avec la signature d’une convention liant l’académie, le conseil départemental, l’association Shimé et le centre universitaire de formation et de recherches de Dembéni. Et ce dernier acteur est lui aussi amené à devenir un partenaire de plus en plus important, puisque le rectorat entend développer le volet de la recherche scientifique. S’agissant d’ailleurs de Dembéni, son lycée a récemment rejoint la liste des 253 établissements français retenus lors de la campagne de labellisation “internat d’excellence”. Une première à Mayotte qui témoigne de la qualité de l’établissement en termes d’éducation et de pédagogie. D’autant plus que cet internat permet aux jeunes filles en classe sport de conjuguer parcours d’excellence sportif et scolaire.

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DOSSIER

TRANSPORTS

AU POINT

MORT...

POUR L’INSTANT Les transporteurs, et notamment les transporteurs scolaires, ont souvent été à la une ces dernières semaines sur l’île. Pour cause ? Nombre d’entre eux ont été victimes de caillassage alors qu’ils assuraient l’acheminement des élèves. Certains ont même été agressés alors qu’ils étaient en service. Ils sont pour le moment, et jusqu’à nouvel ordre en droit de retrait. Ces élections pourraient donc être déterminantes pour l’avenir de la filière. “Le Conseil Départemental avait pris des engagements, notamment en termes d’embauche de médiateurs, des contrats jeunes mais on les a jamais vu” se désole Yasmina, chargé des transports pour la CFDT. Selon elle, les chauffeurs ont une demande prioritaire aux futurs élus : une réorganisation du service de transport. “Il faut qu’ils puissent recruter plus de personnel”, insiste Yasmina. En restant dans le cadre de la sécurité, les chauffeurs réclament aussi plus d’éclairages sur la route, notamment aux abords des arrêts de bus où ils sont

plus susceptibles d’être victimes d’actes malveillants, eux et les élèves. Une autre demande brûle les lèvres de Yasmina. Elle est plus compliquée à mettre en place, mais pas impossible. “On pourrait essayer de construire des voies de bus”, finit-elle par souffler. L’idée semble réalisable car au-delà des transports scolaires, ces voies pourraient être utilisées par les futurs transports en commun, dont le Caribus. Ce serait un projet de grande ampleur, mais sûrement nécessaire. “Les usagers de la route seraient aussi contents, car les bus créent encore plus d’embouteillages”, conclut la syndicaliste, abattant toutes ses cartes. Des projets en profondeur sont donc réclamés par les transporteurs, aussi bien directement dans leur secteur que dans le secteur de l’éducation et de la formation. Car plus de jeunes à l’école veut dire moins de jeunes dehors, inoccupés et susceptibles d’être agressifs. Ils espèrent donc une réelle prise en charge de la jeunesse “qui est en contact direct avec les transporteurs”.

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ÉCONOMIE

DES EFFORTS À POURSUIVRE Pour les acteurs économiques de l’île, la réponse est unanime, les futurs conseillers doivent continuer le travail entamé lors de la dernière mandature. Tous soulignent un investissement fort du Conseil départemental sur le développement économique de la collectivité et notamment la création d’entreprises chez les jeunes. Une énergie qu'ils veulent voir se pérenniser. Du côté de la CRESS ou de la CCI, le constat est sans appel, les élus en place ont fait leur travail du côté des institutions économiques en affichant un soutien et un accompagnement concrets. Pour Ben Zeghadi, délégué général de la CRESS, il faut continuer à développer l’économie sociale et solidaire sur l’île car elle marche, selon lui, de pair avec la façon de raisonner des Mahorais. “L’argent généré à Mayotte est réinjecté dans la société, on l’utilise pour son village, sa famille“. La loi de décembre 2014, qui régit les CRESS, est donc le “suivi logique du fait social”. La grande volonté de la CRESS à l'avenir est de développer une gestion collective des infrastructures mahoraises. “Il faut aider les acteurs à s’organiser de façon collective pour ne plus voir d'artisans se battre pour des miettes”, souligne encore Ben Zeghadi. Pour Nadine Hafidou, secrétaire du bureau à la CCI, le constat est similaire. Il faut continuer le travail de partenariat mis en place lors de la dernière mandature.

Chacune des institutions s’est sentie soutenue, d'abord financièrement, mais aussi sur le fond. Les discours de la CRESS, de la CCI et du Conseil départemental suivaient la même direction et répondaient à une volonté commune : développer la création d’entreprise et l’ESS sur le territoire. Nadine Hafidou met juste en lumière une volonté d’aller plus loin, notamment dans la structuration des filières. “Un territoire avec une très petite économie a besoin d’être financé pour pouvoir mettre en place les dispositifs nécessaires à son bon fonctionnement.” Et pour la CCI, ce financement doit provenir directement de la collectivité. La secrétaire de bureau semble inquiète sur un point. Un grand nombre des CCI de France auraient vu les budgets leur étant alloués baisser, une baisse qui mettrait la CCI de Mayotte en difficulté et ne lui permettrait plus de conserver son équilibre tout en réalisant un accompagnement des entreprises et un accompagnement à l’innovation efficace. La dernière volonté, commune aux différentes institutions, est que les élus départementaux s’encadrent de techniciens, qui sont chaque jour sur le terrain et peuvent transmettre la réalité de l’économie sur l’île. Les différentes institutions attendent donc du CD un partenariat plus en profondeur à tous les niveaux, afin de continuer à développer l’économie sur l’île, tout en bénéficiant au plus grand nombre.

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DOSSIER

SOCIAL

GARDER LE CAP ET PASSER LA SECONDE “Il y a plusieurs réalisations à souligner”, introduit d’emblée Dahalani M’Houmadi, directeur de l’association Mlezi Maore. Car si vaste est encore la tâche du conseil départemental en matière sociale à Mayotte, la mandature sortante a en effet permis de concrétiser des projets profondément nécessaires. Parmi eux, le déploiement de l’hébergement collectif pour les enfants en danger. “Sous la mandature précédente, la seule option était le placement en famille d’accueil, mais celui-ci n’est pas adapté à tous les profils, car certains nécessitent un suivi plus poussé ou ne sont tout simplement pas adaptés au placement”. Mais désormais, Mayotte dispose de différents centres d’accueil afin de répondre à un plus large éventail de besoins. Pour autant, “les mineurs non accompagnés doivent faire l’objet d’un regard spécifique”, souligne encore Dahalani M’Houmadi. “On a souvent entendu par le passé que les enfants isolés n’étaient pas ceux du Département, or on voit bien aujourd’hui que si nous ne nous en occupons pas, nous assistons à une situation de violences comme celle que nous connaissons aujourd’hui.” Autre axe sur lequel poursuivre le travail au niveau du département, l’accompagnement des mères mineures. “Aujourd’hui, une jeune fille enceinte n’a aucune structure spécialement dédiée vers laquelle se tourner”, déplore Mlezi, qui rappelle également que le statut d’assistante maternelle n’est pas à ce jour reconnu sur le territoire, qui compte pourtant la population la plus jeune de France.

de handicap. “Il y a un peu d'accompagnement pour les mineurs”, précise Dahalani M’Houmadi, dont l’association travaille en partenariat avec la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). “Mais rien pour les adultes.” Autrement dit, la prise en charge locale s’arrête à la majorité. “Je dirais qu’on rencontre de moins en moins de situation d’isolement extrême, comme on le voyait par le passé”. Les efforts sont donc à poursuivre, et à accélérer. Reste les personnes âgées, qui à Mayotte, ne bénéficient encore d’aucune maison de retraite. “Le bon côté c’est qu’ici, l’aspect communautaire est encore très fort et souvent, les coco et bacoco sont pris en charge par la famille qui s’occupe d’eux quotidiennement”. De quoi, souvent, pallier l’isolement dont pâtissent largement les aînés à l’échelle nationale. “Dans l’ensemble, notre travail avec le Département, par ailleurs chef de file du volet social, est déjà bien engagé, mais il ne faut pas s’arrêter là et même monter en puissance. Notamment en misant sur une meilleure coordination pour une meilleure continuité”, conclut Dahalani M’Houmadi. Un constat partagé par Yassine Boinali, président départemental de la Croix-Rouge, qui précise : “La continuité de l’accompagnement, notamment des jeunes et des parents, est la priorité. On entend beaucoup parler d’insécurité dans les discours de campagne, et pour moi, on ne règlera pas les violences sans passer par le social et sans s’attaquer ensemble au problème.”

Le manque d’équipements et lieux adaptés prêche aussi du côté des personnes en situation

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SPORT

UNE MISE À NIVEAU POUR LES JEUX DES ÎLES Mis à mal par le Covid ces deux dernières années, le sport aimerait reprendre sa place de choix au sein de la société mahoraise et notamment chez les jeunes. Il est vrai qu' à Mayotte, peutêtre encore plus qu’ailleurs, le sport est l’une des seules activités qui s'offrent à la jeunesse. Ils s’y impliquent donc corps et âme, tentant de trouver une porte de sortie. Mais ils doivent être accompagnés jusqu’à cette porte, et c’est là que le département entre en jeu. Ils sont des milliers à pratiquer le football, le basket ou encore l’athlétisme, et pourtant, malgré le bon niveau, surtout chez les jeunes, seuls une poignée d’entre eux peut rejoindre La Réunion ou la métropole pour tenter de s’affirmer chez les pros. Pour les présidents des différents comités départementaux, c’est le manque d’infrastructures qui met le plus les jeunes athlètes en difficulté. C’est dans cette optique de développement du sport à haut niveau que la ville de Mamoudzou a entamé des chantiers sur les plateaux de la ville, ouvrant celui de M’tsapéré et de Kawéni et construisant même un gymnase à M’gombani. Mais ces projets doivent aller plus loin selon un proche du CROSS. Il s’agirait de transformer le stade de Cavani en un centre Sport-Études, en fournissant aux jeunes une formation adaptée à l’intensité de leurs entraînements. Sur place, des logements sont déjà disponibles et le stade est en phase d’être réhabilité. Et si les premiers sports concernés seront sûrement le football, l’athlétisme ou encore la boxe, le basket, le volley et bien d’autres disciplines ne sont pas à oublier.

Au-delà d’un développement du sport sur l’île, notamment à haut niveau, qui sera bénéfique à la jeunesse, le département espère pouvoir accueillir les Jeux des Îles en 2027 mais pour cela, les équipements nécessaires doivent suivre. Les terrains pour les sports collectifs seront prêts. Entre les gymnases de Petite-Terre et celui, presque terminé, de Mamoudzou. Certains terrains de foot sont eux aussi aux normes. Ce qui manque sur l'île, principalement, est une piscine olympique. En effet, si la pratique du paddle ou encore du kayak se développe petit à petit, l’île compte très peu de clubs de natation, la filière est très peu structurée, elle ne compte même pas de comité au sein du CROSS. Toutefois, le chantier d’une piscine olympique n’est pas une mince affaire, le lieu est encore questionné, mais beaucoup parlent de Kawéni. Et avant même d’arriver au lieu, certains questionnent l’utilité d’un chantier d’une telle ampleur. La piscine sera-t-elle utilisée ensuite ? Logiquement oui, comme lieu d’apprentissage de la natation par les élèves de Mamoudzou. Mais l’investissement en vaut-il la chandelle ? Pour les sportifs, ces nouvelles infrastructures sont le symbole d’une considération réelle au niveau du département, ils espèrent que la future mandature suivra la lancée de la dernière, en leur prouvant que non, le sport n’est pas seulement un loisir, mais peut aussi être un moyen de s’en sortir, voire de briller.

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Propos recueillis par R.G

POLITIQUE : SOIBAHADINE IBRAHIM RAMADANI

"NOUS N'AVONS PAS À ROUGIR DE CE QUI A ÉTÉ FAIT POUR MAYOTTE " À TROIS JOURS DU SECOND TOUR DES ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES, SYNONYME DE LA FIN DE SON MANDAT, LE PRÉSIDENT DU DÉPARTEMENT, SOIBAHADINE IBRAHIM RAMADANI, A ACCEPTÉ DE REVENIR EN EXCLUSIVITÉ POUR MAYOTTE HEBDO SUR LE SCRUTIN ACTUEL, SUR SON BILAN ET PLUS LARGEMENT SUR SA CARRIÈRE POLITIQUE. ET D'ADRESSER UN MESSAGE FORT À LA JEUNESSE MAHORAISE. ENTRETIEN. Mayotte Hebdo : Vous entamez votre dernière semaine comme président du conseil départemental. Comment l'appréhendez-vous ? Allez-vous garder votre rythme de croisière quotidien ? Ou bien allez-vous plutôt profiter de vos derniers instants en faisant le tour des services pour remercier individuellement les agents ? Soibahadine Ibrahim Ramadani : J'ai dit lors de mes vœux que je comptais bien exercer mes fonctions jusqu'au dernier jour de la mandature, ainsi que le prévoient les textes et comme j'en ai pris l'engagement. J'ai adressé des remerciements particuliers aux élus, de tous horizons, lors de la dernière commission permanente du 25 mai dernier. Et j'ai organisé une petite réception,

simple et émouvante, pour remercier les agents du conseil départemental de leur investissement le 27 juin dernier. Je réponds aux sollicitations des uns et des autres et j'exerce mes prérogatives liées à mes fonctions jusqu'au dernier jour, le 1er juillet, où sera installé(e) celui ou celle qui me succédera. Je m'entretiendrai bien entendu avec le futur président une fois celui-ci connu, soucieux d'une passation républicaine et sereine à l'image de ce mandat. MH : Vos collègues de la majorité actuelle qui se sont représentés ont connu des résultats divers : Issa Issa Abdou et Ben Issa Ousseni sont en ballotage favorable tandis que Fatima Souffou et Mariame Said ont pris la porte. Quel regard portez-

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vous sur ce premier tour ? Est-ce selon vous un désaveu de votre mandature ou l'émergence de candidats plus en phase avec la réalité du terrain ? S. I. R. : Le scrutin départemental n'est pas un scrutin de liste. Chaque binôme porte une réalité et une identité bien spécifiques sur des territoires distincts. Il n'y a pas, comme aux municipales, un chef de file commun et cela rend difficile une analyse globale. Il

faut regarder canton par canton. Ben Issa Ousseni, Issa Issa Abdou et Ali Debré Combo sont qualifiés et dans des ballottages favorables. Je pense que les candidats de la majorité ont plutôt bien défendu leurs candidatures et je n'ai entendu, de la part d'aucun candidat, de désaveu du bilan de cette mandature, même s'il est logique qu'il y ait des propositions différentes, des critiques et des impatiences. Au terme d'un mandat de six ans, marqué, qui plus est, par

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deux ans de crise sanitaire, il n'est pas forcément si simple de faire face à des candidats qui n'ont pas nécessairement « gouverné ». MH : Sur le canton de Dzaoudzi-Labattoir, on a vu l'émergence et la victoire d'un duo jeune et novice en politique. Comment expliquer ce choix ? S. I. R. : Il s'agissait d'un duel qui annonçait forcément (ou presque) des vainqueurs au premier tour. J'observe que Fatima Souffou, qui fut ma 1ère vice-présidente, et son colistier ont mieux que résisté. Je félicite le binôme Ali Omar et Maymounati Moussa Ahamadi pour leur succès et leur entrée au sein de la future assemblée départementale. L'aspiration au renouvellement est une chose tout à fait légitime dans notre processus démocratique. MH : En parlant de jeunesse justement, celle-ci semble s'être complètement désintéressée de la politique et des urnes. Comment analysez-vous ce boycott sachant que le département est le jeune de France ? S. I. R. : La participation électorale est déjà bien supérieure à Mayotte de ce qu'elle est en France métropolitaine, pour des élections locales et nous devons nous en féliciter. S'agissant des jeunes, ce phénomène de fossé qui s'établit entre la jeune génération et le monde politique n'est, pour le coup, pas spécifique à notre territoire. Et nous voyons que la présence de jeunes candidats ne suffit pas nécessairement à dynamiser la participation de ces mêmes jeunes. C'est un phénomène qui nécessite un travail dans la durée pour construire une offre de réponses plus fortes encore aux questions qui préoccupent les jeunes comme l'emploi, l'habitat, l'insertion, la culture, le sport... Mais je vois aussi tous les jours de jeunes mahorais qui s'investissent autrement, et souvent brillamment, dans de multiples disciplines et c'est aussi quelque chose d'important. Cessons de voir la jeunesse comme un problème alors que c'est une richesse....

MH : Au cours de votre mandat, nous retiendrons deux points positifs : le dégagement de bénéfices et la réduction des effectifs. Des choix politiques qui ne sont peut-être pas assez spectaculaires aux yeux des administrés. Quel bilan tirez-vous de ces six années ? Et si vous pouviez revenir en arrière, que changeriez-vous ? Regrettez-vous par exemple le fait de ne pas vous être déplacé plus régulièrement et d'être plus visible aux yeux de la population, laissant ce champ d'action à vos viceprésidents ? S. I. R. : C'est une question qui nécessiterait une réponse longue ! Vous parlez du redressement des finances, de la réduction des effectifs, mais on pourrait ajouter aisément le déploiement de la coopération régionale, la normalisation des relations avec l'État, la montée en compétence des services et des directions départementales... La réorganisation des services, la gestion des prestations sociales avec le régime indemnitaire, les tickets restaurants (3.000 bénéficiaires), l'indexation salariale passée de 20 à 40%, les mutuelles pour tous, sont à souligner. Le conseil départemental s'est aussi tenu aux côtés des communes, des intercommunalités et de leurs élus, pour la réalisation de leurs projets : l’effort financier exceptionnel consenti de 2015 à 2020 s’est élevé à près de 106 millions d’euros ! C'est aussi un mandat dont chacun doit mesurer qu’il jette les bases de l’avenir, qu’il s’agisse des grands projets (Jeux des Îles 2027, réseau ferré, piste longue, coopération internationale, schéma d'aménagement régional...) mais aussi de la vie quotidienne - les PMI, la MDPH, les routes en sont un bon exemple. Un chiffre : 95% des routes, soit 140 km, sont en bon état. Les transports scolaires ont été juridiquement sécurisés. La collectivité a débloqué une enveloppe de 80 millions d'investissement pour la piste longue et les travaux du quai n°1 du port de Longoni sont engagés. Alors, oui, nous avons un bilan, oui, je ne suis pas un homme d'esbroufe,

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mais je crois que nous n'avons pas à rougir de ce qui a été fait pour Mayotte et sa population. Et si c'était à refaire, peut-être que nous renforcerions davantage la pédagogie et l'explication ! MH : Vous mettez un terme à une carrière politique de plus de 20 ans. Que retiendrez-vous de toutes ces années ? Et surtout qu'aimeriez-vous que la population retienne de votre engagement pour Mayotte ? S. I. R. : Je ne suis pas fasciné par la trace ou l'empreinte que je laisse, je n'ai pas cette prétention. Nous sommes de passage ! Ce qui a guidé tout mon engagement, c'est d'agir pour le développement dont Mayotte a besoin, d'essayer de trouver des réponses aux attentes des Mahorais. Il me semble que c'est le sens de tout engagement politique ou citoyen. Comme président du SMIAM (syndicat mixte d'investissement pour l'aménagement de Mayotte), j'ai ainsi contribué à la construction de 400 salles de classes, à la réhabilitation d'écoles, ou à la création d'équipements sportifs (plateaux polyvalents). Et en tant que sénateur, j'ai notamment œuvré pour le déplafonnement des allocations familiales, l'extension à Mayotte de l'allocation de rentrée scolaire et pour l'intervention de l'ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine) au bénéfice de la restructuration du quartier de M'Gombani à Mamoudzou. Mais, plus largement, défendre les valeurs qui nous sont chères, comme la solidarité et l'équité, agir pour la convergence des droits, porter les enjeux liés au positionnement de Mayotte... Voilà rapidement ce qui m'a mobilisé tout au long de mes différents mandats.

régional (SAR) de Mayotte et deux sujets « focus » de préoccupation, à savoir la jeunesse et la protection civile. Au titre du renforcement des capacités institutionnelles et financières du Département, il conviendrait d'achever et de parfaire le processus institutionnel engagé depuis (les lois de 2009, 2010 et le référendum de 2009) pour aboutir au statut de collectivité unique siégeant en configuration régionale et départementale et de donner ainsi à cette institution tous les leviers nécessaires à son développement. Dans le schéma d'aménagement régional, nous dessinons les grandes lignes d'un développement à 30 ans et c'est important, car demain se joue vraiment aujourd'hui ! Un point me semble important pour ne pas dire essentiel : aucun véritable développement ne pourra se faire sans une sécurité retrouvée. Nos efforts doivent converger en ce sens. MH : Dernière question : comment allez-vous occuper vos journées une fois cette page de votre vie tournée ? S. I. R. : La vie ne s'arrête pas avec l'engagement politique, fort heureusement. D'autres manières de rester actifs existent, dans les associations par exemple. Pour l'heure, j'aspire à retrouver le chemin d'une vie familiale bien méritée. •

MH : Avec votre expérience, comment imaginezvous Mayotte dans 10, 20, 30 ans ? Que faudraitil faire pour que Mayotte puisse définitivement prendre son envol et soit respectée à sa juste valeur par Paris ? S. I. R. : Des progrès se sont faits tous les jours. La voix de Mayotte est désormais mieux entendue, même s'il reste beaucoup à faire pour tendre vers l'égalité réelle. La future loi Mayotte marquera, je l'espère, de nouvelles avancées. Dans la contribution du conseil départemental à ce texte, la vision que je propose s’articule en trois volets : le traitement des sujets nécessitant rattrapage sur une période de 10 ans, la projection du territoire à l’échelle de 30 ans, soit la période du prochain schéma d’aménagement

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MAGAZINE D’INFORMATION NUMÉRIQUE HEBDOMADAIRE Edité par la SARL Somapresse au capital de 20 000 euros 7, rue Salamani Cavani M’tsapéré BP 60 - 97600 Mamoudzou Tél. : 0269 61 20 04 contact@mayottehebdo.com Directeur de la publication Laurent Canavate canavate.laurent@mayottehebdo.com Directeur de la rédaction Mohamed El Mounir dit “Soldat” 0639 69 13 38 soldat@mayottehebdo.com Rédactrice en chef Solène Peillard

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Couverture :

départementales 2021 le grand oral

Journalistes Romain Guille Raïnat Aliloiffa Constance Daire Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Thomas Lévy Comptabilité Catherine Chiggiato compta@mayottehebdo.com Secretariat Annabelle Mohamadi Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com

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