Appel à projets
Les Ambassadeurs du lagon dans les villages Du village ou du lagon, lequel dépend de l’autre ? L’appel à projets est en ligne sur le site du Parc naturel marin de Mayotte: www.parc-marin-mayotte.fr
Les associations et les collectivités ainsi que leur groupement sont invités à lire les modalités et à télécharger le formulaire. Les dossiers devront être retournés avant le 24 mai 2021
Contact : 0639 20 93 08 / parcmarin.mayotte@ofb.gouv.fr
LE MOT DE LA RÉDACTION MAIS OÙ SONT LES JEUNES, LES ASSOS, LES ENTREPRENEURS ? “ Ce n’est pas un rendez-vous parisien en chambre, c’est Mayotte qui va se saisir et écrire ce projet de loi ”. Voilà pour la promesse. Encore une, bougonnent les plus sceptiques. Ou plutôt, pour reprendre les formules du préfet Jean-François Colombet : “ceux qui disent que ce projet de loi est de la poudre de perlimpinpin” et qui “ne connaissent pas la vie publique française, qui manquent de culture générale”. Une pique (un peu pompée il faut le dire) aux Mahorais “réfractaires” ? Autant filer la référence ! En pleine campagne pour les élections départementales, où La République En Marche, le parti présidentiel qui souffre encore de sa faible implantation locale, craint la déroute, difficile d’ignorer la main du chef de l’État en train de tirer les ficelles derrière cette “consultation des forces vives” aux airs de “Grand débat national”... Mais d’ailleurs qui sontelles, ces “forces vives” ? Depuis le top départ lundi, nous avons noté les interventions du député-candidat LR Mansour Kamardine, son concurrent du MDM progressiste Issa Issa Abdou, un notable de Tsararano président des agriculteurs de Dembéni, beaucoup de fonctionnaires des collectivités – envoyés par elles ? – et oui, une éducatrice spécialisée. Ah, et les collectifs, qui penchent d’ailleurs plus pour un boycott de cette ”mascarade”. Lors de l’ouverture du premier forum citoyen, un bonhomme lambda s’est d’ailleurs étonné de voir les officiels devant, les “gens qui ne sont rien” derrière… Mais à part eux, où sont les jeunes ? Si, vous savez, ceux qui manifestaient il y a une semaine, et qui en ont ras la casquette de se faire assassiner à la sortie des cours ? Où sont les assos et les ONG, qui œuvrent sur un terrain miné par la pauvreté ? Et les entrepreneurs, les actifs, bref, ceux qui bossent ? L’un d’entre eux l’a bien résumé sur Facebook : “Quand on travaille en semaine on fait comment pour participer ? On pose des congés payés pour aller discuter avec le préfet ?!”. Peut-être, avec un peu moins de précipitation, des réunions ciblées en direction de ces publics auraient pu faire émerger des idées nouvelles. Autres que celles déjà couchées sur le papier depuis 1977 ! Bonne lecture à toutes et à tous. C.D
TOUTE L’ACTUALITÉ DE MAYOTTE AU QUOTIDIEN
Lu par près de 20.000 personnes chaque semaine (enquête Ipsos juillet 2009), ce quotidien vous permet de suivre l’actualité mahoraise (politique, société, culture, sport, économie, etc.) et vous offre également un aperçu de l’actualité de l’Océan Indien et des Outremers.
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FI n°3839 Lundi 7 mars 2016 St Félicie
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VERRES À VIN, COCKTAIL, COUPE À GLACE...
BP 263 - ZI Kawéni - 97600 Mamoudzou - email : hd.mayotte@wanadoo.fr
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FI n°3822 Jeudi 11 février 2016 Ste Héloïse
à partir de
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RENSEIGNEMENTS Tél : 0639 67 04 07 | Mail : contact@mayotte-e-velos.yt
FI n°3818 Vendredi 5 février 2016 Ste Agathe
marine le Pen
environnement
Port de Longoni
ConSeil départeMental
Quel accueil se prépare pour la présiDente Du Fn ?
Le Lagon au patrimoine mondiaL de L'unesCo ?
la dsP sur la sEllEttE
pas de changement sUr l’octroi de mer
© Jonny CHADULI
Grève à Panima
TéléThon 2016
Des propositions mais toujours pas D'issue
DemanDez le programme
première parution : juillet 1999 - siret 02406197000018 - édition somapresse - n° Cppap : 0921 y 93207 - dir. publication : Laurent Canavate - red. chef : Gauthier dupraz - http://flash-infos.somapresse.com
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FI n°3997 mercredi 30 novembre 2016 St André
© CR: Gauthier Bouchet
Diffusé du lundi au vendredi, Flash Infos a été créé en 1999 et s’est depuis hissé au rang de 1er quotidien de l’île.
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Économie
SÉcuritÉ
Les appeLs à projets de L'europe
Couvre-feu pour Les mineurs
Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com
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Musique
Faits divers
Edmond BéBé nous a quitté
ViolEncE En cascadE
Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com
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MCG VS SMart
ViCe-reCtorat
UltimatUm oU véritable main tendUe ?
l’institUtion répond aUx critiqUes
Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com
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TCHAKS LE CHIFFRE 800
C’est le nombre de naissances enregistrées sur le seul mois d'avril par le CHM. Un chiffre martelé plusieurs fois mercredi 5 mai, lors de la grève des sages-femmes, qui ont initié un mouvement près de l’embarcadère de Mamoudzou. Le but : mettre en lumière le déclin de leur profession et plus particulièrement le manque de moyens au sein du département qui représente la première maternité de France. Mais faute d’effectif, elles ne peuvent pas s’occuper des naissances du début à la fin. D’où leur demande d’une extension de la maternité et d’une augmentation des effectifs. “ Il y a une grande partie des futures mamans qui ne peuvent avoir qu’une échographie au lieu des trois normalement préconisées parce qu’il n’y a pas de créneau ”, a ainsi détaillé une manifestante.
L'ACTION
LA PHRASE
Sa création a été publiée au Journal officiel mardi dernier. Étalée sur quelque 2 800 hectares, la réserve naturelle nationale des forêts à Mayotte permettra de protéger six massifs forestiers, leur faune et leur flore, répartis sur 11 communes. De quoi accentuer la lutte contre la déforestation et les pratiques agricoles illégales, première menace de ces écosystèmes à l’échelle locale. Ainsi, seuls les apiculteurs seront autorisés à exercer une activité dans le périmètre de la réserve. Reste à définir à quel organisme confier sa gestion et l’enveloppe consacrée de 450 000 euros. Parmi les potentiels candidats, les associations environnementales, les collectivités ou les services de l’État, du département, des usagers ou des professionnels.
C’est ce qu’a annoncé lundi dernier le député Mansour Kamardine. Moins d’une semaine plus tôt, nos confrères des Nouvelles de Mayotte assuraient pourtant que la compagnie nationale desservirait l’île depuis et à destination de Paris dès le 5 juillet et à raison de quatre vols par semaine. Problème : l’information n’avait pas été confirmée par le ministère des Transports, alors que l’État est revenu au capital d’Air France, qui, durement impacté par la crise sanitaire, envisageait son déploiement en Outre-mer pour renflouer ses caisses. “Le gouvernement n’a donné à Air France qu’un seul créneau par semaine, la compagnie a répondu qu’elle ne viendrait pas", a encore précisé le parlementaire, alors que l’association des maires et les acteurs économiques avaient tenté d’appuyer la demande de l’arrivée d’Air France à Mayotte.
“Air France ne La réserve naturelle desservira pas nationale des forêts à Mayotte voit le jour Mayotte”
ILS FONT L’ACTU Un ancien employé de la mairie de Tsingoni fait un recours en justice pour licenciement abusif Depuis son refus de soutenir le maire de Tsingoni, Mohamed Bacar, à l’occasion des élections municipales de 2020, Daoud Haoussidine, adjoint administratif en poste dans la commune depuis 2005, se dit victime d'intimidation et de harcèlement, ayant conduit à la suspension de son salaire puis à sa radiation pure et dure. Selon lui, les mauvais traitements auraient commencé l’année dernière, lorsqu’il décide de soutenir un projet politique autre que celui du maire sortant, dont il avait été un fervent soutien six ans plus tôt. En cause : un déficit abyssal et le recours à des “emplois fictifs” notamment. “ Cette mentalité est inadmissible. Il faut changer cela, nous ne vivons pas dans une République bananière. Si nous n’allons pas dans leur sens, nous sommes pénalisés ! ”, s’insurge l’homme qui a décidé, il y a quelques jours, de saisir le tribunal administratif pour licenciement abusif.
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LU DANS LA PRESSE
Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale
COMMÉMORATION DE LA DÉPARTEMENTALISATION DES OUTRE-MER : RETROUVER L'ESPRIT D'AUDACE DE 1946 ! Le 06 mai 2021, par François Hermet et Philippe Jean-Pierre pour Outremer 360 Les commémorations sont souvent l'occasion d'établir des bilans et des constats. Dans cette expertise, François Hermet et Philippe Jean-Pierre s'interrogent sur les avancées réelles induites par la départementalisation des Outre-mer sur le développement économique de ces territoires. Une expertise des économistes et chercheurs à l'Université de La Réunion qu'Outremers 360 vous propose de découvrir ci-dessous. Ces dernières semaines ont été fructueuses en commémorations pour nos outre-mer consacrant le 75ème et 10ème anniversaire de l’accès à la départementalisation respectivement pour les 4 départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion) et pour Mayotte. Nombreux ont été les commentaires tirant globalement un bilan le plus souvent positif de ce changement de statut. L’INSEE, pour sa part, a attiré notre attention sur le fait que les progrès sur bon nombre d’indicateurs ne devaient pas masquer les écarts importants demeurant vis-à-vis des moyennes nationales. Car, c’est bien aussi de cela qu’il s’agit : constater tous les cinq ans l’évolution des tableaux de bord ne peut suffire. Après, certes une décade pour Mayotte, mais plusieurs décennies pour les autres DOM, la question légitime de l’efficacité de la politique de développement, ayant eu pour véhicule le changement de statut, doit être posée. Ce logiciel, appelé départementalisation, adapté à n’en pas douter pour les rattrapages sanitaires, sociaux et au décollage des économies ultramarines, reste-t-il le meilleur outil pour sécuriser la trajectoire de développement de ces territoires ultra-marins dans ce siècle ? Les défis sont encore immenses comme on a pris l’habitude de le dire : sur le plan humain, au niveau des infrastructures, sur les questions d’autonomies (énergétiques, alimentaires, gestion des déchets), sur le déploiement des nouveaux moteurs de croissance, etc. Les vulnérabilités persistent et semblent même, à la lumière des crises récentes (sociales et sanitaires), prendre de l’ampleur. Il s’agit donc bel et bien d’adresser la problématique de la résilience de ces économies ultra-périphériques. Dans cette perspective, cinq enjeux nous semblent mériter une attention particulière. "La convergence y est loin d’être réelle ! Il faut donc utiliser cette notion avec précaution" Le premier concerne celui de la convergence, souvent appelée pour évaluer les progrès réalisés par les territoires. Certes, il est manifeste que plusieurs indicateurs voient leurs écarts par rapport aux moyennes nationales ou européennes se réduire. Cela est vrai par exemple sur
les dotations en équipements structurants, sur l’accès à l’éducation, etc. En revanche, sur de nombreux autres champs les disparités persistent. La convergence y est loin d’être réelle ! Il faut donc utiliser cette notion avec précaution. Car le “ rattrapage ” constaté dans certains cas, traduisant uniquement une réduction des écarts ou un rapprochement, ne signifie pas forcément “ convergence ” qui renvoie, elle, à la similitude des fonctionnements des économies analysées. Ainsi, deux économies ont convergé lorsque leurs réactions à un choc sont identiques. Et cela est loin d’être le cas pour les économies concernées et celle de l’hexagone. En outre, convoquer la notion de rattrapage pour tester l’efficacité d’une politique, n’est pertinent que si celui-ci se produit sur une période de court-moyen terme (quelques années). Or, dans le cas présent, peut-on encore parler de rattrapage lorsque 75 ans après un changement de modèle économique, les différences demeurent de façon significative ? Cela n’est pas qu’une question de sémantique. Il s’avère important de distinguer les processus en cours afin de pouvoir adapter les moyens aux objectifs. Selon le type de rapprochement en vigueur, les politiques économiques pourront viser soit les dotations en facteurs économiques de croissance, soit les mécanismes régissant les fonctionnements des marchés, soit des mesures de soutien à la demande dans des contextes particuliers. L’absence de réduction significative sur les dimensions de pauvreté et d’inégalités peuvent illustrer cette analyse et constituent de facto le deuxième enjeu pour nos économies ultra-marines. Les habitants des DOM continuent, en effet, en 2021 à avoir un niveau de vie significativement plus faible qu’en France continentale. Les inégalités sont également plus marquées (en particulier en Guyane et à Mayotte). Comparé à la France métropolitaine, le taux de pauvreté monétaire est ainsi deux à quatre fois plus élevé dans les quatre DOM historiques et jusqu’à cinq fois plus à Mayotte. Les chômeurs, les personnes non diplômées, les jeunes, les mères isolées et les immigrés sont les plus touchés par la pauvreté. Les inégalités de niveaux de vie sont en même temps plus prononcées dans les “ 4 vieilles ” en particulier en Guyane (la situation aux Antilles et La Réunion étant un peu moins marquée). Sur ce point il est important de dissocier le cas de Mayotte où la situation apparaît “ hors-normes ” : les inégalités sont en augmentation et atteignent des niveaux inimaginables ! Ainsi, si en 2011 le revenu minimum des 10 % des plus “ riches ” (1200€) était déjà 4 fois plus élevé que le revenu maximum des 50 % les plus pauvres (300€), ce rapport est passé à 6,85 en 2018 (avec respectivement 1780€ et 260€)
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LU DANS LA PRESSE ! En comparaison avec la métropole, ce rapport qui est stable depuis des années s’établit aux alentours de 1,8. En cause, une partie significative de la population mahoraise en situation irrégulière qui ne peut donc prétendre aux “ amortisseurs ” sociaux. Si dans les DOM historiques, les prestations sociales représentent plus de la moitié du revenu disponible des 20 % des ménages les plus modestes (cette part atteint même 70 % en Guyane), à Mayotte les prestations sociales ne pèsent pas dans le revenu des plus pauvres malgré des niveaux extrêmement faibles ! Les allocations familiales et le RSA mahorais (dont le niveau est inférieur de 50 % au RSA national) ne sont pas accessibles aux étrangers en situation irrégulière. Ainsi, en 2018, seules 6 % de la population bénéficient du RSA à Mayotte contre 24 % dans l’ensemble des autres DOM. Dans ces conditions, les prestations sociales et les impôts ne font baisser le taux de pauvreté que de 1 point à Mayotte, contre 7 points en métropole et environ 10 points dans les autres DOM. Rappelons par ailleurs, et c’est loin d’être un détail, que le niveau de pauvreté des DOM mesuré par l’Insee ne prend pas en compte les différences du coût de la vie avec la métropole. Le prix d’un panier alimentaire est ainsi 37 % plus élevé à La Réunion qu’en métropole. "La question du développement des DOM se jugera à l’aune de leur capacité à insérer leur population de façon durable dans l’emploi" Cette dimension explosive de la combinaison pauvretéinégalité, appuie avec acuité la nécessité d’y apporter des réponses durables et non pas seulement tissée autour d’une succession de “ sparadraps ”. Sur ce plan, le levier principal nous semble davantage situé sur un meilleur fonctionnement du marché du travail. Le diagnostic de ce dernier est donc primordial car au niveau économique c’est le marché du travail qui constitue la principale source de revenu des ménages. Il existe même un consensus chez les économistes pour considérer que c’est fondamentalement le fonctionnement de ce marché qui détermine à terme la capacité d’une économie à produire de la richesse et du bien-être pour la population. Dans ces conditions, la question du développement des DOM se jugera à l’aune de leur capacité à insérer leur population de façon durable dans l’emploi. La politique du “ tout transfert ” est donc bien insuffisante pour le développement de nos territoires. Pour le comprendre, il faut revenir à la notion de développement humain tel qu’il est défini par le prix Nobel d’économie Amartya Sen, un spécialiste des problématiques de la pauvreté, et dont l’influence s’est traduite par la création de l’IDH (Indicateur de Développement Humain) par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Cet indice combine les niveaux atteints par un pays dans trois composantes considérées comme essentielles en matière de développement : la santé, l’éducation et les ressources monétaires. Or dans ce triptyque du développement, les transferts publics vont agir essentiellement sur les 2 premières composantes (santé & éducation). S’agissant de la 3ème (ressources monétaires), il est important de
répéter que c’est uniquement le “ bon ” fonctionnement du marché du travail (et du marché des biens) qui constitue la principale source de revenus pour la population. En toute logique, le quatrième enjeu a trait aux moteurs de la croissance et donc du rattrapage et de la réduction de la pauvreté. Le principal carburant des économies ultramarines a été et reste encore le niveau important des transferts publics. Il peut être chiffré à plus de 6 milliards d’euros à La Réunion par exemple, pour un PIB avoisinant les 18 milliards d’euros. Il n’y a pas lieu, ici, d’établir ni une causalité, ni une corrélation. Mais sans doute les deux variables ne sont pas si indépendantes l’une de l’autre. La question n’est pas de jeter l’opprobre sur la notion de transferts. Après tout, ils constituent une des dimensions de la solidarité nationale. Cette situation n’est, d’ailleurs, pas propre aux DOM. La majorité des régions reçoivent davantage de la solidarité nationale qu’elles y contribuent. Le véritable enjeu se situe au niveau du caractère pérenne de cette arrivée des transferts. Vont-ils continuer à croître aussi vite que par le passé ? Rien n’est moins sûr compte tenu du contexte actuel de sortie de crise qui augure des mesures de rigueurs. Il s’agit donc, pour ces économies des DOM d’accélérer la diversification de leurs moteurs de croissance. Dans cette perspective se pose le défi de catalyser le déploiement des nouveaux leviers (articulés autour de l’environnement, de la transition énergétique, du numérique, du “ vivre ensemble ”, de l’ouverture au Monde, etc.) tout en accompagnant la transition des moteurs traditionnels dans leur adaptation aux nouveaux paradigmes (société digitale, évolution des marchés internationaux et de la répartition des chaînes de valeurs, etc.). L’investissement dans l’innovation tient alors une place prépondérante car elle permet de créer des avantages compétitifs créateurs de différenciation. Là encore, tant au niveau public que privé, les performances des DOM restent en deçà de leurs homologues espagnols ou portugais. Tout se passe comme si les RUP françaises restaient ensevelies sous le poids de l’inertie des rentes qui freinent les efforts d’innovations considérés comme risqués et aussi susceptibles de remettre en cause celles-ci. Réduire la dépendance aux seuls carburants des transferts et décupler les efforts d’innovations pour y parvenir est, bel et bien, l’une des pierres angulaires de cette mutation des économies des DOM. Parmi ces innovations, celle concernant l’organisation des économies ultramarines n’est pas à négliger et constitue notre cinquième enjeu. "L’innovation touchant la gouvernance publique est peutêtre l’une des plus fondamentales pour répondre aux différents défis présentés" L’innovation organisationnelle est sans doute la mère de toutes les batailles puisqu’elle concerne le cœur du logiciel, autrement dit la gouvernance et l’organisation territoriale. Comment peut-on, en effet, vouloir se projeter dans le milieu du 21e siècle, pavé de risques et de menaces parfois
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inédits, avec les mêmes outils utilisés au milieu du siècle dernier ? L’innovation touchant la gouvernance publique est peut-être l’une des plus fondamentales pour répondre aux différents défis présentés précédemment. Penser l’insertion des DOM dans le siècle requiert effectivement de retrouver de l’appétence, pour le long terme, de faire évoluer le fonctionnement des marchés, de faciliter l’insertion des DOM dans leurs zones géographiques respectives et, audelà pourquoi pas, de stimuler la construction de nouvelles rentes stratégiques plutôt que de s'appesantir sur les traditionnelles de plus en plus menacées et artificielles. Conduire ces changements n’est pas une sinécure, encore plus lorsque les cadres institutionnels peuvent freiner certaines initiatives dans ce sens. Le débat ne se situe pas ici sur le terrain de l’appartenance à la République mais sur les leviers mis au service du fonctionnement de l’économie. A l’instar du fameux “ triangle d’incompatibilité de Mundell ” utilisé en économie pour déterminer les conditions d’émergence d’une zone monétaire optimale, tout se passe comme si, pour les DOM, le triptyque (réponses aux défis, mécanismes actuels de fonctionnement, cadres institutionnels en vigueur) formait également une forme de triangle d’incompatibilité paralysant les véritables avancées en la matière. Une stratégie proactive doit être conduite
dans ce domaine afin d’une part, d’adapter nos cadres aux situations singulières et nouvelles de chacune des économies des DOM et, d’autre part, de consolider l’action de La France, dans les océans respectifs traversés par des enjeux géostratégiques majeurs touchant notamment les ressources énergétiques, la défense des intérêts liées aux ZEE, les voies maritimes et les menaces terroristes. Au final, ces quelques enjeux visent à élargir le regard sur ces commémorations de l’accès à la départementalisation, en ne se limitant pas uniquement aux constats statistiques ou descriptifs traditionnels. Dans un Monde, traversé par des lignes de forces bouleversantes et des mutations accélérées, les économies des DOM sont invitées à mobiliser des réponses innovantes et volontaristes si elles veulent pouvoir, avec agilité, saisir les opportunités se présentant à elles, et relever les défis environnementaux, démographiques, sociétaux et économiques. C’est pourquoi, l’esprit d’audace, qui avait prévalu au moment de l’accès à la départementalisation en 1946, doit être recouvré pour permettre aux DOM, à travers ce changement d’état d’esprit, de renforcer les différentes dimensions de leur résilience et de sécuriser leur trajectoire de développement les guidant vers le milieu du 21e siècle.
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PROJET DE LOI MAYOTTE
VITE FAIT, BIEN FAIT ?
Le coup d'envoi est donné. Depuis plusieurs jours, les rendez-vous se multiplient afin de recueillir un maximum de propositions citoyennes dans le cadre du projet de loi Mayotte. Immigration, sécurité, développement économique et social, jeunesse, compétences du conseil départemental... Nombreux sont les sujets qui seront présentés courant juillet à Paris, en conseil des ministres. Si certains y voient une occasion inespérée de rattraper les multiples retards du territoire, d'autres craignent qu'il ne s'agisse là que d'une énième consultation sans effet...
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L.G
REPORTAGE
PROJET DE LOI MAYOTTE : “NOUS NE POUVONS PLUS ÊTRE LA SOUS-RÉGION DE LA RÉUNION” CE LUNDI 3 MAI AU LYCÉE DES LUMIÈRES DE KAWÉNI AVAIT LIEU LE SÉMINAIRE DE LANCEMENT DU PROJET DE LOI “MAYOTTE”. LES REPRÉSENTANTS INSTITUTIONNELS PRÉSENTS CE JOUR SONT REVENUS TOUR À TOUR SUR LES PROBLÉMATIQUES INHÉRENTES AU TERRITOIRE MAHORAIS. LE DÉPUTÉ MANSOUR KAMARDINE N’A QUANT À LUI PAS CACHÉ SA LASSITUDE CONCERNANT LA DÉPENDANCE DE L’ÎLE AUX PARFUMS VIS-À-VIS DE SA VOISINE RÉUNIONNAISE.
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“Mayotte est aujourd’hui dos au mur, l’État n’a pas à choisir ce qui est bon pour nous. Il faut que les Mahorais saisissent cette opportunité d’être entendus et que les choses avancent.” À l’occasion du lancement de la consultation pour le projet de loi Mayotte, le parlementaire Mansour Kamardine a rappelé que “l’égalité sociale” demeure pour lui un enjeu central à Mayotte. Afin de travailler sur cette thématique deux délégués choisis par la préfecture seront chargés de recenser les propositions traitant de “ l’égalité des droits sociaux”. Leur objectif ? Le rattrapage général des cotisations sociales avec un alignement de celles-ci avec la métropole à l’horizon 2036. Une promesse qui ne date pas d’hier. En effet, dix ans après la départementalisation du territoire, de
nombreuses divergences subsistent encore entre les prestations sociales en métropole et celles à Mayotte.
TRADUIRE CE PROJET EN ARTICLE DE LOI “Nous sommes le ministère qui connaît le mieux les spécificités des territoires ultramarins. Nous sommes ici pour jouer un rôle d’avocat et convaincre les autres ministères. À terme, notre mission sera de traduire ce projet en article de loi.” Par ces mots, la directrice générale des Outre-mer, Sophie Brocas, affiche sa volonté d’agir pour l’avenir de Mayotte et de défendre les intérêts des citoyens de l’île. Pour rappel, le projet de loi “Mayotte” s’articulera autour de quatre autres thématiques : la sécurité et
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l’immigration, le développement accéléré du territoire, la jeunesse et l’insertion et le renforcement du conseil départemental. “Tout remontera à Paris, il y aura un énorme travail de synthèse.” Jean-François Colombet, préfet de Mayotte, s’engage avec ses collaborateurs à prendre en compte chaque idée, chaque projet, chaque proposition formulée par les citoyens du 101ème département… À la suite de la proposition minimaliste du gouvernement d’ouvrir un seul créneau
par semaine à la compagnie aérienne Air France à destination de Mayotte, celleci rebrousse finalement chemin. Selon le député Mansour Kamardine, encore une fois, l’État se plie aux désidératas de La Réunion et condamne Mayotte à devenir le seul département français à ne pas être desservi par la compagnie nationale. “Il y en a marre. Nous ne pouvons plus être la sous-région de La Réunion.” Reste à savoir si les habitants s’exprimeront en masse au cours de la concertation qui doit s’étaler jusqu’au 21 mai. •
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CINQ AXES PRIORITAIRES ET UN ÉCHÉANCIER SERRÉ
Si au départ, quatre thématiques avaient été évoquées pour ce projet de loi, le gouvernement a décidé d’en rajouter une cinquième. La consultation portera sur l’égalité des droits sociaux, le renforcement de l’état régalien, l’accélération du développement de Mayotte, le renforcement du conseil départemental, et la jeunesse et l’insertion. “ Le ministre a parlé de projet sans tabou, inspiré, pensé et nourri par les forces vives de Mayotte ”, insiste Jean-François Colombet. Et pour trouver cette force vive, le calendrier du préfet s’adapte à la réalité mahoraise. Pendant le mois de ramadan, toutes les réunions se dérouleront dans la matinée pour rassembler plus de monde.
• Du 3 au 21 mai : Consultations de la population, des institutions et des élus à travers trois forums citoyens et cinq audiences libres en présence du préfet. • 1er juin : Rendu des propositions récoltées au ministère des Outre-mer. • 14 juillet : Première mouture du projet pour une présentation en conseil des ministres, avant présentation au parlement en cas d'adoption.
DOSSIER
R.G
REPORTAGE
LOI MAYOTTE : LES DÉSIDÉRATAS DES CITOYENS PASSÉS AU CRIBLE CE MERCREDI 5 MAI S’EST DÉROULÉ LE PREMIER FORUM CITOYEN À DEMBÉNI DANS LE CADRE DE LA CONCERTATION PRÉPARATOIRE AU PROJET DE LOI “ MAYOTTE ”. LES HABITANTS ONT RÉPONDU EN MASSE À L’APPEL DE LA PRÉFECTURE ET ONT PU PARTAGER, SANS FILTRE, LEURS IDÉES. TOUS Y SONT ALLÉS DE LEURS REVENDICATIONS PLUS OU MOINS LOUFOQUES. PÊLE-MÊLE. Papier entre les mains, Hamadi Mroudjae parcourt une dernière fois ses quelques mots avant de se lancer dans le grand bain. Le passage en revue des cinq grands thèmes (l’égalité en matière de droits sociaux, le renforcement de l’État régalien, l’accélération du développement, le renforcement du conseil départemental, la jeunesse et l’insertion) annonce l’ouverture ce mercredi 5 mai de la première concertation à la Maison pour tous de Dembéni en vue de la préparation du projet loi “ Mayotte ”. “ C’est maintenant à vous de vous exprimer, c’est votre moment. Tout ce que vous direz sera noté et synthétisé et remontera au ministre des Outre-mer ”, précise le préfet, Jean-François Colombet, en guise
de coup d’envoi. Kofia sur la tête et veston trop large sur les épaules, le président des agriculteurs de la commune se lance dans un one man show endiablé. Son aura et sa gesticulation détonnent et réveillent même une assemblée, tantôt piquante, tantôt somnolente. “ Il manque des centres de formation professionnelle pour les déscolarisés. Il en faut rapidement, nous sommes pris à la gorge. C’est une catastrophe, nous sommes dépassés par les événements ”, pointe du doigt le notable de Tsararano, qui milite pour juger les délinquants dans leur pays d’origine et construire un centre éducatif fermé sur l’île aux parfums. Tout naturellement, l’immigration clandestine est au cœur
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de toutes les interventions. “ Il faut demander l’aide de l’Europe pour surveiller les frontières ”, insiste Hamadi Mroudjae. Un souhait partagé par Issa Issa Abdou, le 4ème vice-président du Département, toujours à l’affût pour réclamer publiquement la venue de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.
RECONDUIRE LES MÈRES ET LEURS ENFANTS Casquette vissée sur le caillou, un habitant – qui n’a pas souhaité décliner son identité – propose pour sa part des mesures drastiques dans l’espoir de lutter contre l’explosion des naissances issues de mères étrangères. “ Pour décourager ces arrivées massives, il faudrait que les femmes en situation irrégulière qui accouchent au CHM fassent l’objet d’une reconduite systématique avec leur bébé ”, préconise-t-il, sans sourciller. Autre nécessité à ses yeux : les deux parents doivent justifier dix ans de séjour sur le territoire. Dans le cas contraire, “ aucun développement ne sera possible, nous passerons notre temps à construire des salles de classe ”. Une hypothèse acclamée par une grande partie des 150 convives du jour. D’autres sujets animent particulièrement le débat. À l’instar de la convergence rapide des droits sociaux, prônée par Zouhoura Attoumani, éducatrice spécialisée. Une manière selon elle d’enterrer la hache de guerre avec La Réunion. D’ailleurs, Taendhum Anassa, DGA ressource au sein de la mairie hôte, veut voir le délai
de ce rattrapage, initialement prévu pour 2036, divisé “ par trois au minimum ”. Et en profite pour exiger “ une cotisation retraite pour tous ”. Sur ce volet-là, le député LR Mansour Kamardine ne cache pas non plus son exaspération. “ Nous ne voulons pas une énième ordonnance, mais une extension des codes du travail, de la santé et de la sécurité sociale dès le 1er janvier ”, résume le parlementaire. Selon lui, il s’agit ni plus ni moins d’un gage de respect à l’égard de la population du 101ème département. “ Si nous ne convergeons pas, les Mahorais vont continuer à fuir le territoire… Et ça, c’est triste ! ”, déplore-t-il au terme de son allocution. Si la concertation permet de donner successivement la parole aux élus et aux citoyens, Bacar Kassime ne l’entend pas de cette oreille. “ Il y a deux débats : celui des officiels à l’avant et le nôtre à l’arrière ”, se désole-t-il, déçu par la même occasion de l’absence de représentants de l’institution judiciaire. Car à ses yeux, il faut “ durcir les sanctions à l’encontre des mineurs ”. Au point de remonter dans le temps pour exposer l’état de la violence sur l’île. “ Il y a 15 ans, nous nous faisions agresser à coup de marteaux, de machettes, de pierres et de tournevis. Aujourd’hui, nous parlons de ciseaux, de matériel pédagogique scolaire… Si nous laissons faire, il sera banni du milieu éducatif ”, avance-t-il, avec une pointe d’humour. Avant de lancer un coup d’œil vigilant vers les assesseurs, pour s’assurer qu’ils prennent scrupuleusement ses idées en note, comme on lui avait promis une heure plus tôt. Croix de bois, croix de fer ! •
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C.D
POLITIQUE
ENCORE UNE CONSULTATION ? LES COLLECTIFS DISENT LEUR RAS-LE-BOL ILS CONNAISSENT LE RAPPORT DU SÉNAT SUR LA DÉPARTEMENTALISATION SUR LE BOUT DES DOIGTS, ET PEUVENT (PRESQUE) RÉCITER PAR CŒUR LES 324 MESURES DU PLAN MAYOTTE 2025. DÉSABUSÉS, LES COLLECTIFS QUI ENTENDENT DÉFENDRE LES INTÉRÊTS DE MAYOTTE VOIENT DANS CETTE NOUVELLE CONCERTATION POUR LA LOI PROGRAMME UNE MANŒUVRE POLITIQUE, À QUELQUES SEMAINES DES ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES. ET ILS COMPTENT BIEN LE FAIRE SAVOIR. 11h00, 11h05, mairie de Mamoudzou. À un zébu près. C’est la fin de la première “audience libre du Préfet”, sorte de réplicat du forum citoyen de la veille, mais en nombre réduit. Un format qui doit favoriser “la proximité, voire l’intimité”, selon la formule du principal animateur des débats, quelques minutes plus tôt. Pendant qu’on range le kakemono “Loi Mayotte”, aux armoiries de la préfecture, un petit groupe débriefe la
teneur des échanges qu’ils viennent d’avoir avec Jean-François Colombet. “Bon, il nous a dit qu’il n’y avait pas de complot, mais on ne sait pas trop si l’on doit le croire”, soupire Safina Soula, la représentante du collectif de défense des intérêts de Mayotte (Codim), en arrangeant dans son tote-bag les épais rapports sur le 101ème département, ramenés spécialement pour l’occasion. “Le complot est en tête d’affiche !”, grince pour sa
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part Saïd Mouhoudhoiri, porte-parole de ce mouvement né en 2018. Le militant, lui, a choisi de porter son t-shirt noir “Je suis Bao”, pour venir à cette nouvelle consultation, censée aboutir à un projet de loi spécifique pour le territoire. Une référence au personnage qui a bercé les petits écoliers de Mayotte ? Oui, mais aussi, et surtout “à celui qui s’était suicidé là, vous savez ?” Le souvenir de cet employé de Bourbon Distribution Mayotte, qui
avait mis fin à ces jours en octobre 2020 après des semaines de conflit social pour l’égalité salariale, est encore frais. Et d’un coup, ce choix vestimentaire prend tout son sens : “l’égalité en matière de droits sociaux” est en effet le premier thème de cette grande concertation, annoncée par le ministre Sébastien Lecornu et qui doit être conduite du 3 au 21 mai. Ce qui n’empêche pas Saïd Mouhoudhoiri de voir d’un mauvais oeil cet énième projet qui “arrive encore en fin de mandat”, alors que le Plan d’action de l’État pour l’avenir de
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Mayotte issu des événements de 2018 ou encore les 324 mesures de Mayotte 2025, patientent toujours sur une étagère d’être mis en application... “Maintenant, ce dont nous avons besoin, c’est que le président décide par ordonnance”, s’agace-t-il.
LA LOI NE POURRA PAS ÊTRE VOTÉE AVANT 2022 En réalité, si le Codim a fait le déplacement en nombre ce jeudi, ce n’est pas pour faire des propositions, martèlent ses membres tour à tour. “Nous ne voulons pas être responsables de ce qui va se passer début juin. Je ne pense pas qu’il y aura tous les éléments nécessaires pour une loi programme”, déverse Safina Soula, pendant que certains de ses camarades appellent même au boycott de cette “mascarade”. Dans leur viseur ? Le calendrier, soudain et rapproché pour aboutir à ce nouveau projet de loi. Annoncée à l’occasion des 10 ans de la départementalisation, la consultation doit
en effet permettre de récolter toutes les propositions des Mahoraises et des Mahorais, avant d’être synthétisée et d’atterrir sur le bureau du ministre des Outre-mer. Pour une première mouture du projet de loi attendue le 14 juillet, et une présentation en Conseil des ministres avant la fin du quinquennat, selon l’annonce initiale du locataire de la rue Oudinot. Mais de l’aveu même du préfet de Mayotte, la loi ne pourra pas être votée avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron en 2022... Ouch !
“UNE MAGNIFIQUE OPÉRATION D’ENFUMAGE POLITIQUE !” Il n’en fallait pas plus pour voir dans la manip’ une opération de communication politique… La présidente du collectif des citoyens de Mayotte, Estelle Youssouffa, n’y va d’ailleurs pas par quatre chemins. “Nous considérons que c’est quand même une magnifique opération d’enfumage politique !”, balance-t-elle sans chercher à arrondir
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les angles. Parmi le flot de critiques qui émanent des deux collectifs, le calendrier, en pleine campagne des élections départementales, et à un an des élections présidentielles. “Macron applique la même stratégie qu’il met en œuvre en PACA ou ailleurs, en cherchant à cannibaliser Les Républicains. Donc pour éviter que le débat soit ouvert pour la campagne, ils imposent cette consultation”, poursuit la journaliste. “Implicitement, si vous soutenez l’idée, il faudra réélire Macron, car il faudra qu’il soit au pouvoir pour la mettre en oeuvre.” Même son de cloche pour ses concurrents du Codim, pour qui “la volonté de discuter, ce sera après les élections départementales”.
UNE OPPORTUNITÉ À SAISIR ? Sans compter que le diagnostic est connu de tous. “Les États généraux avec Nicolas Sarkozy, le pacte de développement de Mayotte, le rapport du Sénat sur la réforme mal préparée de la départementalisation, Mayotte 2025 avec François Hollande, le Livre bleu des Assises des Outre-mer, le contrat de convergence…”, égrène ainsi Safina Soula, en posant chaque rapport sur la table, sous les yeux du délégué du gouvernement. “Vous nous dites que vous avez été tellement consultés, que vous n’y croyez plus. Mais soit nous n’y croyons plus et nous acceptons le statu quo,
soit nous nous saisissons de l’opportunité de ce projet de loi”, rétorque Jean-François Colombet, bien forcé de défendre son bout de gras. À ce sujet, Daroussi Ahamadi, qui se présente comme un militant associatif, propose d’effectuer une synthèse de ces documents… dont le premier remonte selon lui à 1977 ! “Votre prédécesseur Coussirou a dessiné le schéma de développement de Mayotte, et jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de réalisations n’ont pas vu le jour, c’est un scandale !”, s’enflamme ce participant à l’audience. En réponse, la directrice générale des Outre-mer Sophie Brocas, venue spécialement pour cette consultation, veut apporter un début de garantie. “Vous avez raison, ce travail de synthèse est déjà lancé dans mon administration à Paris”, assure-telle. Mais mises à part cette intervention, et celle de Rivo pour demander, une fois encore, l’alignement des minima sociaux, et la reprise d’ancienneté pour les retraités, l’audience du jour ne sera pas très faste en nouvelles idées. Rien à voir, tout du moins, avec les “trente propositions concrètes” notées lors du premier forum citoyen, la veille à Dembéni, fait valoir le préfet. Qui ne risque en tout cas pas d’en recevoir beaucoup plus de la part des collectifs. “On n’a que 24h dans une journée !”, raille Estelle Youssouffa. À bon entendeur. •
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ENTRETIEN AVEC MANSOUR KAMARDINE
“IL FAUT VOIR LA CONCERTATION AU-DELÀ DES CONSULTATIONS” LORS DU SÉMINAIRE DE LANCEMENT DU PROJET DE LOI PROGRAMME POUR MAYOTTE, IL ÉTAIT LÀ. IL ÉTAIT LÀ, AUSSI, DEUX JOURS PLUS TARD, POUR ASSISTER À LA PREMIÈRE CONSULTATION CITOYENNE SUR LE SUJET. IL FAUT DIRE QUE NOMBRE DES AXES DÉFINIS REJOIGNENT LES PROPOSITIONS FORMULÉES DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES PAR LE DÉPUTÉ MANSOUR KAMARDINE (LR). D’OÙ LES ESPOIRS QU’IL PLACE EN CETTE OPPORTUNITÉ DE FAIRE ENTENDRE “LA DÉTRESSE DES MAHORAIS”. À CONDITION QUE L’ÉTAT PRENNE SES RESPONSABILITÉS, ET QUE L’AGENDA POLITIQUE N’IMPACTE PAS LES DÉBATS, ENTRE LA CAMPAGNE À LA PRÉSIDENCE DU PAYS ET CELLE DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL, À LAQUELLE LE PARLEMENTAIRE EST LUI-MÊME CANDIDAT.
Mayotte Hebdo : Que retenez-vous à l'issue du séminaire et de la première consultation citoyenne qui se sont tenus cette semaine ? Mansour Kamardine : Je pense que ce n’est pas une mauvaise idée, la démarche part d’une bonne intention. C’est pourquoi j’ai personnellement décidé d’y prendre part et je compte m’investir beaucoup
dans ces débats, dans les propositions, j’en ai d’ailleurs déjà fait pas mal. Néanmoins, l'exercice peut être une bonne opportunité, comme il peut être dangereux pour le pouvoir. Les Mahorais sont assez échaudés, car souvent lorsqu’on leur propose de participer à des débats où ils ont leur mot à dire, les choses sont écrites à l’avance. Mais là, la population mahoraise a la parole et la possibilité de
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Photo : Franco di Sangro
faire ressortir des propositions et cette semaine, j’ai passé un agréable moment à deux reprises puisque ces propositions, faites par les anonymes qui étaient là, rejoignaient celles que je peux moi-même faire en tant que député. J’ai senti une totale adéquation avec l’opinion mahoraise. Je souhaite donc que cet exercice n’en soit pas un énième que l’on fait uniquement pour le plaisir de l’exercice. Il faut que les Mahorais soient écoutés pour que leurs désidératas mènent à de véritables réponses qui nous permettront de sortir de la situation dans laquelle nous nous trouvons. M.H : Différentes thématiques autour de la sécurité, de l’immigration, du développement de l’île, de la jeunesse et des compétences du conseil départemental ont été définies. Que pensez-vous de ces axes prioritaires ? M.K : La première priorité définie est l’égalité sociale, pour lutter contre la misère. Deuxièmement, il y a la question du régalien afin d’obtenir des outils adaptés à notre configuration, aux besoins de la population, etc. Et ces deux points me paraissent fondamentaux. Le troisième thème, c’est le renforcement du conseil
départemental, et là il faut être vigilant sur ce qu’on entend par là. Le renforcement doit passer par l’adoption du mode de scrutin régional à Mayotte. L’urgence n’est pas de créer des postes mais d’utiliser le peu de moyens que nous avons pour aider les Mahorais à trouver à manger ou augmenter le nombre de lits d’hôpitaux. Pour cela, il y a possibilité pour Mayotte de solliciter des fonds régionaux, d’où la nécessité d’étendre nos compétences. La quatrième direction concerne la jeunesse. Quand on a 50% de la population qui a moins de 20 ans, on ne peut pas passer à côté dans le cadre d’une telle réflexion, qu’il s’agisse des infrastructures sportives et culturelles ou de l’organisation des Jeux des îles, c’est une ambition qui doit être collective ! Il y a aussi la question du développement économique, et à mon sens, cela passe par des services comme l’accès à l’eau, à l’assainissement, qui sont fondamentaux. Ce volet est un peu passé sous silence et il va falloir réveiller le gouvernement à ce sujet pour connaître ses intentions. On ne peut pas parler du développement de Mayotte sans parler de la piste longue, des routes, du port, de l’université, de l’assainissement, de l’environnement, etc.
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M.H : Ne faut-il pas craindre un remake de la consultation populaire organisée en 2018, lors des Assises des Outre-mer, et dont les effets ont été plutôt timides à Mayotte ? M.K : En effet, cela ressemble à ce qui a été fait dans le cadre du Livre bleu des Outre-mer (une synthèse desdites assises, proposant des pistes de développement pour chaque territoire ultramarin, ndlr), mais je note quand même plusieurs différences importantes. Je n’ai pas souvenir qu’à l’époque, le préfet était aussi impliqué que maintenant, ni qu’on se soit beaucoup déplacé sur le terrain et souvent, les réunions se faisaient à la préfecture. Là, on va sur le terrain et je vois une forte mobilisation de la population. Ce qui peut aussi me laisser penser que les choses iront mieux cette fois, c’est qu’il appartient désormais aux participants de ne pas décevoir. Je pense qu’aujourd’hui, les choses seront mieux prises en compte. Dans le cadre du Livre bleu, les rapports et les orientations étaient déjà écrits avant même les consultations. Et puis il
s’agissait d’une synthèse qui concerne l’ensemble des Outre-mer alors que là, il s’agit d’un projet de loi qui concerne exclusivement Mayotte. Et à quelques mois d’une échéance nationale (la présidentielle 2022, ndlr), je crois que le gouvernement n’a pas intérêt à décevoir les Mahorais. Donc cette fois, je pense qu’on tiendra compte des revendications locales.. M.H : Justement, n’est-ce pas aussi une occasion pour La République En Marche de séduire électeurs et élus locaux un an avant la présidentielle ? M.K : Je ne pense pas, d’autant plus qu’en France, il y a tout le temps des élections. L’année dernière, nous avons eu les municipales, cette année les départementales, en 2022, la présidentielle et l’année d’après les sénatoriales. Donc finalement, on est tout le temps en période électorale. Alors si on doit attendre qu’il n’y ait plus d’élections, on ne ferait jamais rien ! Au niveau parlementaire, il nous a été demandé de ne pas agir en pensant au
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scrutin. Il y a eu un consensus de départ pour que la campagne n’intervienne pas sur les réflexions et les débats en cours et je considère personnellement que Mayotte est beaucoup plus importante que n’importe quelle échéance électorale. Il faut avancer quoi qu’il en soit, et oui, il risque d’y avoir des confusions mais l’important est la matière première que tout cela permettra de récolter. Pour ma part, je demande que tout ce qui concerne le rattrapage social, comme l’alignement des cotisations ou du RSA, les allocations familiales, l’amélioration des conditions des retraités, soit publié à temps pour permettre une entrée en vigueur dès le 1er janvier prochain, pour obtenir une égalité entre les Mahorais et la métropole, au plus tard, au 31 décembre 2026, de façon à ce qu’on ne soit plus considéré comme des Français de seconde zone. M.H : Un changement de législature ne risque-til pas de menacer ce projet de loi, le préfet ayant annoncé d’emblée qu’il ne pourrait être adopté avant la fin du quinquennat ?
juillet, le gouvernement agisse par voie d’ordonnance, comme il est autorisé à le faire.Il doit montrer sa bonne volonté de répondre sincèrement à la détresse des Mahorais et cela serait un bon moyen en ce sens. Je veux croire que ce n’est pas simplement un exercice de style, mais que le gouvernement a enfin compris nos préoccupations. Nous verrons en juillet, lors de la présentation du contenu du projet de loi, ce que retiendra le gouvernement : soit la confiance sera au rendez-vous, soit il fera comme il a toujours fait, c’est-à-dire faire des synthèse qui l’intéressent lui, sans tenir compte des Mahorais. Et là je serai naturellement déçu, mais j'ose espérer que le gouvernement comprenne que la situation que nous connaissons aujourd’hui est le fruit de 40 années d’action exclusive de l’État qui nous met en position d’échec. Il faut que l’État considère que les Mahorais sont des êtres humains, dotés d’intelligence,
M.K : Il y a effectivement une certaine défiance de l’opinion quant à la sincérité de l’opération, d’autant plus lorsque l’on sait que cette loi ne sera pas adoptée avant la fin de la législature. Mais pour parer ce risque, il me paraît important que dès le mois de
de maturité et de volonté. Cette fois, le gouvernement a l’occasion de constater ce que nous voulons, et de nous dire comment l’obtenir, sans trahison, sans malice. C’est avant tout un exercice de confiance. •
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MAGAZINE D’INFORMATION NUMÉRIQUE HEBDOMADAIRE Edité par la SARL Somapresse au capital de 20 000 euros 7, rue Salamani Cavani M’tsapéré BP 60 - 97600 Mamoudzou Tél. : 0269 61 20 04 contact@mayottehebdo.com Directeur de la publication Laurent Canavate canavate.laurent@mayottehebdo.com Directeur de la rédaction Mohamed El Mounir dit “Soldat” 0639 69 13 38 soldat@mayottehebdo.com Rédactrice en chef Solène Peillard
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Couverture :
Projet de loi, Vite fait, bien fait ?
Journalistes Romain Guille Raïnat Aliloiffa Constance Daire Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Thomas Lévy Comptabilité Catherine Chiggiato compta@mayottehebdo.com Secretariat Annabelle Mohamadi Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com
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