LE MOT DE LA RÉDACTION ARRÊTONS DE SOIGNER LES MAUX QUE NOUS La rétrospective s'imposait. Comment faire l'impasse sur l'un des mouvements sociaux les plus massifs de l'histoire de l'île à l'heure où ses revendications demeurent d'actualité ? À voir les chiffres et les témoignages en matière d'insécurité, d'aucuns jugeraient le bilan amer. À s'y plonger de plus près, la réalité est plus paradoxale. Oui, la violence est toujours présente. Non, le gouvernement n'a pas abandonné Mayotte. Au contraire, les mesures annoncées trois ans plus tôt tendent à être appliquées et les fonds publics existent pour développer l'île. Alors d'où vient le problème ? Le département le plus pauvre de France est situé dans une zone bien plus pauvre que lui. Une inégalité indiscutable qui se constate également à l'intérieur même de l'île. Quel autre département français voit la moitié de sa population (voire plus) sans accès aux droits élémentaires (travail, logement, circulation) ? Qui peut imaginer une paix sociale quand une partie de la population n'a rien, et l'autre si peu ? Voilà des décennies que les gouvernements se succèdent tout en partageant le même remède face à ce mal : l'exclusion. De l'espace public d'abord, puis du territoire national. Problème : la croissance des moyens déployés pour chasser les pauvres n'a de comparable que la détermination de ces derniers à revenir. Mayotte répète ainsi chaque année le même refrain : la machine à expulser tourne dans le vide, les inégalités s'accentuent, la violence gagne du terrain. L'utopie d'un mur de Berlin aquatique n'est pas réalisable. Penser le développement de Mayotte en dehors de sa réalité régionale l'est tout autant. Chaque mesure prise en ce sens provoque un mal qu'il s'agit de résoudre par la suite. Le problème est structurel, et nous l'analysons uniquement en surface. Si les inégalités sont le cancer généralisé du département, les renforts policiers ne sont que des boîtes de Doliprane. Ils peuvent temporairement faire baisser la température, mais pas soigner. Pour éviter le surdosage, il faudra inexorablement changer de traitement. Bonne lecture à toutes et à tous.
Maurice Cenec
TOUTE L’ACTUALITÉ DE MAYOTTE AU QUOTIDIEN
Lu par près de 20.000 personnes chaque semaine (enquête Ipsos juillet 2009), ce quotidien vous permet de suivre l’actualité mahoraise (politique, société, culture, sport, économie, etc.) et vous offre également un aperçu de l’actualité de l’Océan Indien et des Outremers.
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FI n°3822 Jeudi 11 février 2016 Ste Héloïse
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Quel accueil se prépare pour la présiDente Du Fn ?
Le Lagon au patrimoine mondiaL de L'unesCo ?
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Des propositions mais toujours pas D'issue
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première parution : juillet 1999 - siret 02406197000018 - édition somapresse - n° Cppap : 0921 y 93207 - dir. publication : Laurent Canavate - red. chef : Gauthier dupraz - http://flash-infos.somapresse.com
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Diffusé du lundi au vendredi, Flash Infos a été créé en 1999 et s’est depuis hissé au rang de 1er quotidien de l’île.
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ViCe-reCtorat
UltimatUm oU véritable main tendUe ?
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TCHAKS LE CHIFFRE 40 C’est le nombre d’emplois menacés chez SFR à Mayotte et à La Réunion. Il y a quelques jours, l’opérateur téléphonique annonçait vouloir supprimer quelque 1 700 postes sur le territoire national, soit 20% de ses effectifs totaux. Une décision qui a fait grincer des dents les syndicats, le groupe Altice-SFR ayant salué, au deuxième trimestre de l’année passée, une “forte performance et une meilleure trajectoire”, qui se sont traduites, les mois suivants, par une hausse de 3,6% du chiffre d’affaires. Ainsi, les organisations syndicales craignent que ces 1 700 salariés soient remplacés par des jeunes, ce qui permettrait à SFR de profiter du plan de relance “1 jeune, 1 solution”, et surtout, des subventions qui lui sont alloué.
LA PHRASE
L'ACTION
Fin du confinement, (nouveau) début du couvre-feu Alors que des milliers d’élèves reprennent le chemin de l’école cette semaine, plusieurs restrictions restent de mise pour éviter une nouvelle flambée épidémique. Objectif : débarrasser définitivement Mayotte du coronavirus. ¨Pour cela, un couvrefeu est mis en place dès ce lundi de 18h à 4h du matin tous les jours, y compris le week-end. Si la situation sanitaire le permet, ce couvre-feu sera reculé à 20h dès lundi prochain, puis à 22h30 la semaine suivante. Pour l’heure, bars, restaurants et lieux de culte demeurent fermés pendant les deux prochaines semaines, au moins. Quant à l’aérien, les motifs impérieux ne seront pas levés, et les frontières resteront fermées.
“Nous sollicitons le soutien de l’État pour afin que Mayotte puisse accueillir les Jeux des jeunes et les Jeux des îles” Dans une lettre adressée aux ministres de l’Éducation nationale, des Affaires étrangères et à la déléguée en charge des Sports, le sénateur Thani Mohamed Soilihi sollicite le soutien de l’État quant à “la candidature de Mayotte pour l’organisation des Jeux des jeunes de 2025 et des Jeux des îles en 2027 (...) qu’il convient d’accompagner par un programme financier spécifique afin de permettre de développer pour Mayotte une politique d’aménagement inclusive en matière d’équipements structurants”. Pour appuyer sa demande, le parlementaire rappelle que “le Conseil départemental s’apprête à mettre en chantier les équipements exigés dans les disciplines olympiques obligatoires comme la natation et l’athlétisme”, bien que le territoire affiche encore un taux d’équipement sportif quatre fois inférieur à la moyenne nationale.
ELLE FAIT L’ACTU La directrice de la CRESS Mayotte reconnue parmi 100 femmes en Europe Directrice de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire de Mayotte depuis un an, Maymounati Moussa Ahamadi voit son travail déjà salué par tous, y compris à l’échelle européenne. Elle vient d’être classée dans le top 100 des femmes d’Europe qui se sont engagées dans l’entrepreneuriat social. Un classement réalisé par Euclid Network, une organisation européenne qui soutient les entreprises du genre. Dans cette liste se trouvent 4 Françaises, dont Maymounati, la seule ultramarine du lot. Bravo à elle !
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LU DANS LA PRESSE
Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale
QUINZE JOURS À L'HÔPITAL DE MAYOTTE AVEC LA RÉSERVE SANITAIRE Par Pascal Landre, pour La Nouvelle République
Alain Dayan est biologiste médical, Morgane Archambault, infirmière de bloc. Tous deux sont partis avec la Réserve sanitaire pour soutenir les équipes Covid de l’hôpital principal de Mayotte. Ils se sont isolés huit jours depuis leur retour, avant de pouvoir retrouver leur vie d’avant, septaine oblige. Alain Dayan et Morgane Archambault reviennent de Mayotte, où ils ont servi dix-huit jours dans les rangs de la Réserve sanitaire, dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, particulièrement agressive dans cet archipel français de l’océan Indien.
Une première mission sous haute tension Ancien élu tourangeau, docteur en biologie, Alain Dayan dirige un laboratoire d’analyses à Tours. Morgane Archambault est infirmière de bloc opératoire, en intérim. Sous l’égide de Santé publique France, les deux praticiens volontaires ont effectué une mission de soutien aux équipes de l’hôpital de Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Leur première mission au sein de cette Réserve sanitaire qui intervient en renfort dans des situations sanitaires exceptionnelles, en France ou à l’étranger. Affecté au labo de l’hôpital, Alain Dayan a découvert une situation de crise. « La population infectée est très jeune dans cette ville qui compte la plus grosse maternité d’Europe. Les Mahorais ont un mode de vie très communautaire, les gens se réunissent
beaucoup. Tout le monde n’a pas l’eau ni l’électricité et le taux d’humidité de l’air très élevé doit aussi favoriser la diffusion du virus », observe le biologiste. Qui ajoute : « Même si les journées étaient très longues, une fois sur place, nous n’avions qu’un objectif, apporter notre aide, au maximum, en nous intégrant aux équipes en place. Humainement c’était très intéressant, ça permet de voir une autre réalité professionnelle. » À Mayotte, le taux d’incidence de l’épidémie était de 900 cas pour 100.000 habitants, en février. Si Alain et Morgane étaient les deux seuls Tourangeaux sur place, 80 cadres de santé et praticiens (médecins, pharmaciens, anesthésistes, infirmières, aides-soignants) venus de métropole, sont intervenus en soutien pendant plusieurs semaines.
Morgane repart dans une semaine avec la Réserve sanitaire Dans un hôpital sous tension, compte tenu d’un taux d’occupation de 180 %, Morgane Archambault a effectué sa mission dans le service de chirurgie. La jeune femme est revenue convaincue, elle aussi, de cette mission d’appui et de soutien au sein de la Réserve sanitaire. Elle souligne « l’état d’esprit de solidarité et de cohésion au sein des équipes, dans ces temps très difficiles. Les soignants sur place appréciaient de se sentir épaulés et soutenus. » À peine était-elle revenue à Tours que Morgane postulait pour une seconde mission. Candidature retenue. Dans une semaine, elle s’envolera de nouveau pour Mayotte.
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DOSSIER
GRÉVE GÉNÉRALE
TROIS ANS DÉJÀ
L'anniversaire est (presque) passé inaperçu. En cette même période il y a trois ans, le plus jeune département français traversait une période inoubliable. Barrages, restrictions, manifestations... 2018 démarrait sous le sceau d'une contestation sociale massive. Objectif : obtenir des solutions concrètes de la part de l'État pour combattre l'insécurité. Au terme d'un long bras de fer entre manifestants et gouvernement, ce dernier avancera alors des propositions non négligeables. Pourtant trois ans plus tard, le fléau et les incertitudes demeurent. Retour sur une mobilisation historique, au bilan nettement plus discutable.
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DOSSIER
Maurice Cenec
ÉTAPE 1
LA COLÈRES DES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES Officiellement débutée fin février 2018, la mobilisation sociale prend ses racines quelques mois plus tôt. Dès novembre 2017, les intrusions dans plusieurs établissements - Mamoudzou, Kahani, Chiconi, Sada notamment - conduisent le personnel éducatif à exercer son droit de retrait. Un mois plus tard, le député Mansour Kamardine interpelle le ministre de l’Éducation nationale sur le sujet. Jean-Michel Blanquer admet alors que "Mayotte connaît effectivement un contexte social violent, dans lequel l'école, ses élèves et ses personnels subissent l'importation de violences extérieures". Le 19 janvier, soit un mois plus tard, les enseignants du lycée de Kahani exercent leur droit de retrait suite à un énième épisode de caillassage. Ils sont rejoints par 200 chauffeurs de bus,
régulièrement pris pour cible dans ces violences. Des premières manifestations sont organisées dans le chef-lieu à l'initiative des syndicats de l’Éducation nationale. Un acteur se fait remarquer : Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental du SNUIPP. Il deviendra progressivement l'un des rouages majeurs de la contestation en matière de communication et d'organisation. Au terme d'une association entre syndicats et associations (Collectif des citoyens de Mayotte en tête), une date est finalement fixée, le 20 février, pour organiser une première grande marche contre l'insécurité.n
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ÉTAPE 2
UNE MANIFESTATION D'ENVERGURE Lorsque l'intersyndicale organise sa première manifestation d'envergure, trois établissements ont déjà été fermés en quatre semaines suite à des droits de retrait. Pour autant, la foule qui compose la place de la République ce jour-là ne se résume pas au personnel éducatif. La police, dont le syndicat Alliance Police Nationale est présent aux côtés des manifestants, compte un millier de participants. Bien plus selon les organisateurs. Des premières dissensions se profilent entre la FSU qui n'apprécie guère les arrêts marquées devant les structures accueillant des étrangers. Un signe avant-coureur de la place prépondérante de l'immigration clandestine dans les futurs débats liés à l'insécurité. Subitement, les médias nationaux tournent leurs projecteurs vers le département qui devient un enjeu politique. Annick Girardin, alors ministre des Outre-mer, a beau annoncé des renforts côté forces de l'ordre ainsi qu'un "plan de sécurisation des établissements et des transports scolaires", elle ne peut empêcher l'opération "île morte" qui se profile.n
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ÉTAPE 3
LES ÉLUS ENTRENT DANS LA PARTIE Six jours après une première mobilisation remarquée, l'opération "île morte" est décrétée au terme d'une nouvelle manifestation. Le député Mansour Kamardine, et le maire de Sada de l'époque, Anchya Bamana sont présents dans les cortèges. Ils sont rapidement rejoints dans leur cause par un panel d'élus. Dès le 5 mars, les mairies ferment leurs portes et créent un comité de coordination. Une motion de défense est remise au préfet. Après concertation, les élus présentent un plan de convergence de 1,8 milliard d'euros jugés "nécessaires" par le président de l'Association des maires de Mayotte Saïd Omar Oili.n
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ÉTAPE 4
LES BARRAGES DE LA DISCORDE Si les premiers barrages ne sont pas unanimement critiqués, ce moyen de contestation sera jugé de plus en plus polémique. Un mois après la première opération "île morte", la somme des demandes de chômage partiel estimée par la Direction du travail de Mayotte s’élève à 2,6 millions d'euros. À Longoni, près d'un millier de conteneurs sont bloqués par les grévistes. Quinze tonnes de courriers s'entassent à La Poste et le fret aérien est gravement perturbé. Seuls les véhicules jugés prioritaires (pompiers, police, ambulance, etc.) sont autorisés à circuler par les barragistes. Leur attitude est de plus en plus remise en cause, notamment après la circulation de vidéos où l'on peut les voir prélever des "taxes" aux véhicules des particuliers qui souhaitent se déplacer. Le 28 mars 2018, le vice-président de la commission médicale du CHM livre un témoignage glaçant dans nos colonnes : en 24 heures, les perturbations liées aux barrages auraient indirectement provoqué la mort de deux individus, dont un nourrisson de quatre mois. Autant d'éléments qui provoquent la défiance d'une partie de la population.n
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ÉTAPE 5
LA MINISTRE MONTE AU CRÉNEAU Actrice incontournable de cette période, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, aura mouillé la chemise. Dès le 12 mars, elle entame une première visite agitée sur le territoire. Pas de collier de fleur au programme, mais un comité d'accueil composé de manifestants particulièrement remontés. Malgré quelques tentatives d'approche, le dialogue peine à être constructif. Un avant-goût des négociations qu'elle entamera le lendemain avec l'intersyndicale. Outre l'annonce d'une délégation "d'experts" prochainement déployée pour mettre en place un plan de développement, les propositions de la « MOM » ne sont pas négligeables. Pendant un temps, un accord semble même être trouvé avec les organisations syndicales. Mais l'ambiance change radicalement de ton lorsque Ibrahim Fatihou, employé à la mairie de Chirongui devenu l'un des porte-parole du mouvement, annonce la levée des barrages. Manifestants et syndicats estiment ne pas avoir été consultés et proposent au contraire de durcir la grève. Le divorce est annoncé entre les élus qui souhaitent la fin des blocages en vue des élections législatives prévues à la fin du mois. Pour les manifestants, l'objectif est désormais d'obtenir la nomination d'un délégué spécial du gouvernement pour gérer la question mahoraise. n
Les propositions du gouvernement : • Envoie de forces de l'ordre supplémentaires et maintien de 60 gendarmes jusqu'à la fin de l'année scolaire ; • Création d'une brigade de gendarmerie à Koungou ; • Augmentation de 50% des effectifs de la réserve territoriale ; • Augmentation des effectifs de la police nationale ; • Mise en place d'une brigade de prévention de la délinquance juvénile ; • Création d'un état-major de lutte contre l'immigration clandestine ; • Augmentation des moyens logistiques pour endiguer l'immigration clandestine
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ÉTAPE 6
FIN DE LA CRISE SOCIALE…
Il faudra attendre l'arrivée du nouveau préfet et délégué du gouvernement Dominique Sorain le 3 avril pour que les barrages soient progressivement levés. "Il est acté que la plateforme d'union des revendications qui a été remise au délégué sera prise en compte pour l'élaboration du futur plan de développement de Mayotte", se félicitent les syndicats et collectifs. Il faudra néanmoins attendre encore une semaine pour que toutes les routes soient dégagées et que les transporteurs scolaires reprennent leur activité. Le 19 avril, le Premier ministre Édouard Philippe rencontre les élus de Mayotte à Paris pour présenter les axes du plan de développement. Au programme : création d'une Agence régionale de santé pour Mayotte, augmentation des moyens alloués à l'hôpital de Mamoudzou, construction de nouvelles classes, la création d'un hub de transports en commun à Grande-Terre et des efforts pour diminuer le prix des billets d'avion en facilitant la concurrence. De retour à Mayotte à partir du 13 mai, Annick Girardin retrouve une ambiance nettement moins tendue. Elle annonce deux jours plus tard les contours du plan attendu : 53 engagements et 125 actions, pour un coût estimé à 1,3 milliard d'euros, plus 500 millions d'euros pour le système scolaire. n
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ÉTAPE 7
DÉBUT DE LA CRISE DIPLOMATIQUE Côté comorien, ce début d'année 2018 est également marqué par un contexte social agité. En cause : la volonté du président Azali Assoumani de réformer la constitution comorienne. De quoi modifier le système de présidence tournante entre les îles afin de se représenter en 2019. Afin de détourner les critiques auxquels il est dès lors vivement exposé, il instrumentalise la question mahoraise à des fins populistes, lorsque le 21 mars, son gouvernement annonce qu'il n'acceptera plus les expulsés de Mayotte. Face à une agitation populaire marquée par des dérapages xénophobes dans le 101ème département (harcèlement des populations désignées comme étrangères, notamment à M’tsamboro et plus tard à Sada), Azali envoie un message fort. Après la visite d'une délégation comorienne au ministère français des Affaires Étrangères le 30 avril, Jean-Yves Le Drian, locataire du Quai d’Orsay, annonce la suspension des visas. Son objectif : "Réactiver le projet de "communauté de l’archipel des Comores", développe t-il pour le journal Le Monde. Autrement dit : "Une association entre Mayotte et les Comores dans le cadre d’un accord de coopération régionale", affirme le journaliste Patrick Roger le 27 mars 2018. Une semaine après la parution de cet article, Estelle Youssouffa, porte-parole du Collectif, publie une tribune au vitriol sur ce projet et appelle à la mobilisation. Loin des revendications sociales des premiers jours portées par les syndicats, le Codim polarise les enjeux autour de l'immigration clandestine et réussit un tour de force médiatique. Début avril, plus d'un millier de manifestants défilent contre un projet démenti par Annick Girardin et Jean-Yves Le Drian. Pas de quoi impressionner le gouvernement comorien qui attendra finalement 8 mois avant d'accepter les reconduites à sa frontière. Une éternité pour ceux qui n'ont pas pu régulariser leur situation durant cette période en raison du blocage du bureau des étrangers de la préfecture par une groupe de "Mamans". Mansour Kamardine leur apportera son soutien en dormant à leur côté devant ce service public. n
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ÉTAPE 8
ET AUJOURD'HUI ?
Sur le site du gouvernement (transparenceoutremer-mayotte.gouv), l’État se félicite du recrutement de nouveaux agents de sécurité, du doublement du nombre des réservistes de la gendarmerie, de la livraison de deux nouveaux intercepteurs ou encore de la suspension des délivrances des visas pour les ressortissants comoriens. Preuve que l’argent a bel et bien été mis sur la table. Pourtant, l’année dernière, les faits de délinquance générale à Mayotte affichait une hausse de 5,6% par rapport à 2019, année post-grève. Les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont elles augmenté de 10,7%, avec un accent particulièrement marqué sur les caillassages contre les forces de l’ordre. Si les violences physiques non crapuleuses sont stables, celles liées au vol ont explosé de pratiquement 50% d’une année à l’autre. « La suspension par l’Union des Comores des réadmissions de ses ressortissants entre le 17 mars et le 2 août 2020 peut être de nature à expliquer cette très forte augmentation », évoque-t-on pour justifier cette évolution. Alors qu’en 2019, la préfecture se targuait d’avoir réalisé quelque 27 421 reconduites, contre les 25 000 fixées par le ministère de l’Intérieur, les épisodes de violences urbaines ne semblent pas s’être apaisés pour autant, bien au contraire. Et si la solution était ailleurs ? n
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MAGAZINE D’INFORMATION NUMÉRIQUE HEBDOMADAIRE Edité par la SARL Somapresse au capital de 20 000 euros 7, rue Salamani Cavani M’tsapéré BP 60 - 97600 Mamoudzou Tél. : 0269 61 20 04 contact@mayottehebdo.com Directeur de la publication Laurent Canavate canavate.laurent@mayottehebdo.com Directeur de la rédaction Mohamed El Mounir dit “Soldat” 0639 69 13 38 soldat@mayottehebdo.com Rédactrice en chef Solène Peillard
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Couverture :
Grève générale Trois ans déjà !
Journalistes Romain Guille Raïnat Aliloiffa Constance Daire Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Thomas Lévy Comptabilité Catherine Chiggiato compta@mayottehebdo.com Secretariat Annabelle Mohamadi Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com