HIVER 2018, vol. 14 n o 1
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Z RE NE S UV Z I D O C O G A ’E N DÉ MA E À L LEOURC
Le magazine des matières résiduelles au Québec
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Convention de la poste-publications no 41122591
Voghel ouvre la machine
La collaboration et l’innovation : au cœur de changements fondamentaux pour le Québec
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L’économie circulaire : un virage à l’échelle mondiale
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Il faut bannir le mot « crise » !
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Recycler intelligemment Une initiative de
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reportage « J’ai eu l’idée de transmettre mon entreprise à quelqu’un d’autre, qui respecterait mes valeurs entrepreneuriales. Je cherchais quelqu’un de plus fort que moi encore, quelqu’un qui aurait l’énergie de la jeunesse. Car selon moi, le secret en affaires, c’est de s’entourer de collaborateurs meilleurs que soi. Des gens qui ont de la fougue et envie d’aller plus loin. » — Jean-Yves Voghel
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SOMMAIRE
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EN LIEN AVEC LA MINISTRE
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LES AMIS DE 3RVE
ONSS LES B TACT CON
chroniques 16
RECYC-QUÉBEC
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ÉCO ENTREPRISES QUÉBEC
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CETEQ
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APRÈS RÉFLEXION
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GESTION HUMAINE DES RESSOURCES
LA COLLABORATION ET L’INNOVATION : AU CŒUR DE CHANGEMENTS FONDAMENTAUX POUR LE QUÉBEC
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE : UN VIRAGE À L’ÉCHELLE MONDIALE
LA CROISSANCE DES TECHNOLOGIES PROPRES : UN DÉFI!
IL FAUT BANNIR LE MOT « CRISE » !
L’ENQUÊTE DE RÉMUNÉRATION 2017 DU SECTEUR DE L’ENVIRONNEMENT : UNE PREMIÈRE AU QUÉBEC
Éditeur et rédacteur en chef André Dumouchel adumouchel@maya.cc
Collaboration spéciale Guy Des Rochers
Coordonnatrice à la direction de l'édition Noémie Vallet Téléphone : 450 508-1515 nvallet@maya.cc
Chroniqueurs Dominique Dodier Louise Fecteau Sonia Gagné Richard Mimeau Maryse Vermette
Direction artistique MAYA.cc
Photos de la page couverture et de l’entrevue LS Web Solutions
Designer graphique Sylvain Malbeuf (SymaPub) Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.
Révision linguistique Émilie Pelletier
Espace publicitaire André Dumouchel Téléphone : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Québec) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc Impression Carpe diem
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Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1er trimestre 2005. ISSN 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié trois fois l’an.
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Le magazine des matières résiduelles au Québec
ÉDITORIAL
L’HÉRITAGE
Dans le monde de l’environnement, les colonnes du temple ont été fortement ébranlées, fin 2017, quand le PDG de la société d’État RECYC-QUÉBEC, Dany Michaud, a quitté ses fonctions pour immédiatement relever un nouveau défi dans le secteur privé à titre de directeur général de l’entreprise Voghel. La nouvelle avait de quoi surprendre et plusieurs sont restés pantois.
oghel, une entreprise spécialisée dans le secteur des équipements lourds destinés aux domaines de l’environnement et de la construction, a une importante renommée dans le milieu environnemental. Et comme vous pourrez le découvrir dans ce numéro, les principes et les valeurs humaines de son président, Jean-Yves Voghel, sont intimement liés à la réputation enviable dont jouit l’entreprise.
V
Jean-Yves Voghel a légitimement cru qu’il avait bâti une entreprise familiale et que son fils JeanSébastien en deviendrait, un jour, le parfait releveur. Cependant, bien qu’ils se soient croisés dans le cadre de leurs tâches respectives, peu de gens auraient pu concevoir que c’est à Dany Michaud
que M. Voghel confierait un jour le poste de directeur général pour qu’au bout de cinq ou six ans de transition, il en devienne l’actionnaire majoritaire. Que s’est-il donc passé ? Ne comptez pas sur moi pour vendre la mèche… Tous les détails figurent dans la présente édition de 3Rve.
« Au Québec, seulement 9,3 % des jeunes souhaitent prendre la relève de l’entreprise où ils travaillent, qu’il s’agisse ou non d’une entreprise familiale. »
Toutefois, le cas Voghel met en lumière une problématique qui apparaît de plus en plus quand vient le temps de trouver un releveur pour l’entreprise que l’on a souvent passé une vie à bâtir. Dans une population vieillissante comme celle du Québec, alors que bon nombre d’entrepreneurs de la génération du baby-boom sont sur le point de prendre leur retraite, le problème de la transmission d’entreprise se pose.
Par ailleurs, plusieurs études — dont celles menées par la Fondation de l’entrepreneurship — ont prédit l’ampleur de la pénurie des repreneurs d’entreprises dans les années à venir :
Déjà, des constats inquiétants sont faits : « Dans une étude publiée en 2014, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) estimait que 30 % des propriétaires de PME fermeront leur entreprise d’ici 2024, sans essayer de la vendre. Selon la CCMM, entre 5 700 et 10 000 entreprises québécoises pourraient fermer durant cette période, entraînant la disparition de 79 000 à 139 000 emplois 1. » André Dumouchel adumouchel@maya.cc
Les candidats se font rares même au sein des entreprises familiales. Par conséquent, plusieurs entreprises devront fermer à cause du manque de relève […]. Selon les chiffres de l’IEQ 2013, 63 % des propriétaires d’entreprises désirant prendre leur retraite n’accepteraient sous aucune condition de vendre leur entreprise. En contrepartie, il semble incertain que les membres des nouvelles générations soient attirés par l’idée de reprendre ou d’acheter une entreprise existante. En effet, l’intérêt chez les jeunes de créer dépasse largement celui de reprendre une entreprise. Au Québec, seulement 9,3 % des jeunes souhaitent prendre la relève de l’entreprise où ils travaillent, qu’il s’agisse ou non d’une entreprise familiale, selon la plus récente édition de l’Indice entrepreneurial québécois 2. L’avenir n’est peut-être pas rassurant quant à la relève des entrepreneurs attirés par les sirènes de la retraite. Pour sa part, Jean-Yves Voghel a dû adapter son plan et ne pourra céder les rênes de son entreprise à son garçon, comme il en rêvait assurément depuis des années. Mais son héritage va bien au-delà des chiffres, car même en vendant son entreprise, il laissera derrière lui une manière de traiter avec les humains qui non seulement a fait la force de son entreprise, mais établit des principes à imiter. n
1
Jean-François Venne. (22 avril 2017). Le manque de relève menace 10 000 entreprises. Les Affaires. Consulté en ligne : http://www.lesaffaires.com/dossier/l-enjeu-vital-destransferts-d-entreprise/10-000-entreprises-menacees-de-disparition/594439
2
Maripier Tremblay et Yvon Gasse. (2014). Étude sur les entrepreneurs et les repreneurs québécois de générations X et Y. Consulté en ligne : http://www4.fsa.ulaval.ca/wpcontent/uploads/2015/03/tude-complète.pdf
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EN LIEN AVEC LA MINISTRE
LES DÉFIS DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE Isabelle Melançon Ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
n cette ère de réchauffement climatique, où il est de plus en plus urgent d’agir, le Québec s’investit dans la lutte contre les changements climatiques et effectue avec détermination sa transition vers une économie plus verte. Nous sommes pleinement engagés dans cette voie. Ainsi, depuis 2014, le Québec participe avec la Californie au plus grand marché du carbone en Amérique du Nord. L'Ontario a d’ailleurs rejoint ce marché le 1er janvier dernier. Le gouvernement du Québec a choisi de réinvestir la totalité des revenus du marché du carbone dans la mise en œuvre de son plan d’action sur les changements climatiques. À ce jour, le marché du carbone a généré des revenus de plus de 2 milliards de dollars, qui sont versés au Fonds vert pour soutenir les citoyens, les entreprises et les municipalités dans leur transition vers un monde plus sobre en carbone et plus résilient face aux impacts des changements climatiques.
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Les technologies vertes sont au cœur de cette démarche et nous démontrent bien que développement durable et développement économique vont de pair. En repoussant les limites du savoir, de la créativité et de l’innovation, nous pouvons faire des technologies vertes un fleuron québécois. Le gouvernement du Québec travaille à stimuler l’investissement, l’innovation et la création d’emplois dans les technologies propres, notamment dans les domaines de la gestion des matières résiduelles, des énergies renouvelables, de l’électrification des transports et de la gestion de
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l’eau. Nous sommes fiers de travailler en partenariat avec les organisations qui, entre autres, font la promotion des technologies vertes, par l’entremise d’événements tels que le Salon des technologies environnementales du Québec. Bien entendu, la transition que nous vivons comporte de nombreux défis, dont certains touchent spécifiquement l’industrie des matières résiduelles. Il n’y a qu’à penser à la fermeture des marchés chinois, qui a déstabilisé le marché mondial des matières recyclées. De telles situations représentent des problèmes à résoudre, mais aussi des occasions d’innover. Au Québec, par exemple, plusieurs centres de tri ont réussi à s’adapter et parviennent à produire des extrants de qualité, ce qui favorise leur recyclage de façon locale. Nous devons poursuivre les efforts en ce sens. L’industrie des matières résiduelles au Québec peut compter sur notre appui pour y arriver. Un autre enjeu important est celui du recyclage de la matière organique, qui représente environ 60 % des matières éliminées annuellement au Québec. C’est aussi la principale source d’émissions de gaz à effet de serre associée au secteur de la gestion des matières résiduelles. Dans le cadre de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, le gouvernement du Québec a indiqué son intention de bannir la matière organique de l’élimination. Pour y parvenir, plusieurs mesures ont été mises de l’avant, notamment la création d’infrastructures de traitement qui
permettent de retourner ces matières à la terre tout en offrant une source d’énergie verte grâce à la biométhanisation. Pour répondre à ces défis, une stratégie de valorisation de la matière organique fera bientôt l’objet d’une consultation ciblée. Elle a pour objectif de responsabiliser les acteurs de la chaîne de valeur en utilisant une approche progressive. Votre contribution est primordiale pour la réussite de cette démarche ! Plus que jamais, nous devons travailler de concert à repenser nos façons de faire. Dans la gestion des matières résiduelles, notre objectif est de bâtir un nouveau Québec sans gaspillage, où la seule matière éliminée soit le résidu ultime. L’industrie des matières résiduelles joue un rôle de premier plan dans cette entreprise. Nous avons besoin de votre expertise et de votre audace. Tous les gestes, qu’ils soient petits ou grands, contribuent à bâtir le Québec de demain. Si chacun fait sa part, nous pourrons être fiers de l’héritage que nous léguerons à nos enfants. Continuez d’être des acteurs de changement !
Enerkem est née au Québec d’une idée ingénieuse : fabriquer des biocarburants et des produits chimiques renouvelables à partir de matières résiduelles non recyclables. Une solution de rechange innovante et durable qui permet de valoriser les déchets et accroître la diversification énergétique. Ce succès, nous le devons aux efforts de nos employés, à l’excellence de nos fournisseurs et à l’appui des collectivités.
REPORTAGE
Voghel: des machines et des hommes
Un reportage de Guy Des Rochers Collaboration spéciale
Située à Mont-Saint-Hilaire, la société Voghel est l’expression même d’un étonnant contraste : d’une part, des machines immenses et puissantes — presque des Transformers ! – dédiées aux domaines de l’environnement et de la construction, d’autre part, les valeurs humaines et familiales qu’encourage Jean-Yves Voghel depuis toujours. « J’ai toujours cru que je devais accorder la priorité aux humains dans mon entreprise et c’est comme ça que je fonctionne dans ma vie aussi, explique Jean-Yves Voghel. Quand on fait en sorte qu’une entreprise est un moyen pour ses travailleurs de se réaliser et d’être bien dans ce qu’ils font, leur satisfaction ne peut que se répercuter positivement sur la clientèle. C’est sans doute la voie la plus simple pour créer une entreprise rentable. »
Pas de relève familiale Pour Jean-Yves Voghel, dont l’ancrage familial est solide, léguer les rênes d’une entreprise florissante à son fils Jean-Sébastien, avec qui il partage la croissance de l’entreprise depuis 13 ans, afin de profiter d’une retraite bien méritée, allait
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de soi. Jean-Sébastien a donc été directeur général de Voghel pendant huit ans avant de constater que cette carrière n'était pas faite pour lui. « Pourquoi quitter une situation idéale comme la mienne ? En fait, je n’étais pas bien dans mon rôle de directeur général. Je n’utilisais pas mes talents de la bonne façon et je ralentissais l’entreprise dans sa croissance. En plus, je ne respectais plus les valeurs et la vision de notre entreprise, valeurs que nous répétons régulièrement aux collaborateurs de Voghel : avoir du plaisir à être les meilleurs dans ce que l’on fait, travailler avec passion. Comment pouvaisje demander à mon équipe de vivre avec ces notions si je ne le faisais pas moi-même ? », expliquait courageusement le fils Voghel, il y a
environ un an, dans une missive envoyée à ses collaborateurs et clients. Cette situation aurait pu se transformer en un drame d’allure shakespearienne, mais cela ne s’est heureusement pas produit. Jean-Yves Voghel a mis de côté ses projets de retraite et a conforté son fils quant à ses choix de vie et de carrière. Celui-ci est demeuré au sein de l’entreprise, dans un emploi mieux adapté à ses aspirations.
Dénicher le releveur idéal « Quand il est devenu clair que JeanSébastien allait quitter son poste, ajoute Jean-Yves, j’ai utilisé les services d’une firme de recrutement, des chasseurs de têtes, comme on dit.
REPORTAGE « C’était difficile, puisqu’il n’y avait que deux possibilités : dans la première, je vendais l’entité au complet. Voghel aurait pu être alléchante pour d’autres entreprises. Ça faisait plus de vingt ans que je développais une entreprise basée sur mes valeurs et je ne voulais pas voir cela disparaître. Je ne voulais surtout pas que des emplois se perdent dans une quelconque rationalisation. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée de transmettre mon entreprise à quelqu’un d’autre, qui respecterait mes valeurs entrepreneuriales. Je cherchais quelqu’un de plus fort que moi encore, quelqu’un qui aurait l’énergie de la jeunesse. Car selon moi, le secret en affaires, c’est de s’entourer de collaborateurs meilleurs que soi. Des gens qui ont de la fougue et envie d’aller plus loin.
« Dans le concours de recrutement, j’avais déterminé, dès le départ, que ce candidat aurait la possibilité d’acheter l’entreprise. J’étais même prêt à faire des compromis sur le plan financier pour en arriver là ! Cette approche m’a permis d’avoir une brochette de candidats de premier choix. » Parmi ces personnes de haut calibre, M. Voghel a su faire un choix dont il est fier. En Dany Michaud, ex-PDG de RECYC-QUÉBEC, Jean-Yves a recruté, selon ses dires, un « candidat-vedette possédant des compétences élevées ».
je m’éclipserai et il deviendra propriétaire majoritaire de Voghel. » Voilà une histoire qui a toutes les apparences d’un succès potentiel, comme on sait le faire chez Voghel depuis 21 ans. Toutefois, en filigrane, ces circonstances mettent en lumière une réalité plutôt actuelle chez les entrepreneurs de la génération du baby-boom qui désirent prendre leur retraite, mais dont la relève familiale est absente : que fait-on quand cela se produit ?
« À court terme, ce n’est pas avantageux pour Dany, affirme Jean-Yves. La transition pourrait durer de cinq à six ans. Toutefois, quand il se sentira prêt,
Un modèle de succès Entrepreneur de premier plan, Jean-Yves Voghel est pourtant un homme effacé, dont la modestie est mise à rude épreuve par le flot de reconnaissance professionnelle qui déferle de plus en plus sur lui. « Ce qui me rend le plus fier actuellement, dit-il, c’est que même si elle n’est pas la plus grande entreprise du genre, j’ai la prétention de croire que Voghel figure parmi les meilleures. Ma plus grande réussite, c’est de constater que les gens sont heureux et bien dans l’entreprise. J’ai toujours trouvé important non seulement de me préoccuper du bien-être de nos collaborateurs, mais aussi de faire preuve de considération envers leur famille. Nos gens me le rendent bien, c’est agréable de travailler avec eux. »
La nécessité de s'adapter Par-delà les stratégies d’affaires et la philosophie d’entreprise, s’il est une vérité avec laquelle Jean-Yves Voghel est parfaitement d’accord, c’est que le succès d’une entreprise est tributaire d’un engagement de tous les instants. « Les entrepreneurs issus de la génération du baby-boom, comme je le suis, ont souvent eu comme attitude en affaires de servir les actionnaires d’abord, ensuite les clients et, en
dernier lieu, de penser au mieux-être des employés. Moi, j’ai reviré de bord l’équation classique… Je dis : “les employés d’abord”. Les clients seront automatiquement satisfaits si les employés sont heureux et, par le fait même, les actionnaires feront plus d’argent. « De nos jours, la rareté de la main-d’œuvre fait en sorte que l’on applique de plus en plus ces principes et on le voit beaucoup dans les jeunes entreprises en informatique, lesquelles empruntent cette philosophie pour plaire à des travailleurs toujours plus rares et plutôt exigeants quant à
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REPORTAGE Un modèle de succès (suite)
La retraite, son nouveau travail…
Voghel, donc orienté surtout vers l’environnement. Je suis très motivé par les jeunes, dont mon fils, qui est toujours associé dans Voghel Immobilier. Je me dis que ça pourrait être intéressant d’avoir de jeunes entreprises en environnement dans ce parc. Des entreprises en démarrage ou déjà existantes. Et de créer une grappe industrielle qui serait enthousiasmante.
« Retraite ? J’ai encore beaucoup de choses à réaliser. Par exemple, je possède encore des terrains adjacents à mes locaux et j’ai envie d’y développer un parc industriel relié à ce que fait
« J’ai passé ma vie à travailler. J’ai le goût de ralentir, de développer d’autres champs d’intérêt dans des activités moins prenantes. Actuellement,
leur qualité de vie. Tout ce que je souhaite, c’est que l’on agisse de la sorte non pas par obligation, mais par conviction. Et je suis convaincu qu’avec un repreneur d’entreprise de la trempe de Dany Michaud, Voghel ne pourra que progresser dans ce sens. »
je m’implique dans un projet de bénévolat. Je me suis engagé depuis longtemps envers la mission extraordinaire de la Maison Victor-Gadbois, un superbe endroit offrant des soins palliatifs. À la suite de démonstrations techniques faites l’an passé, nous avons amassé beaucoup de compost dans la cour; pourquoi ne pas le vendre aux citoyens et offrir le fruit de cette vente, entre autres, à la Maison Victor-Gadbois ? « En fin de compte, je crois qu’à ma retraite, je vais encore travailler, mais de façon différente. »
Avec Dany Michaud, Voghel accentue son virage environnemental Quand RECYC-QUÉBEC a annoncé le départ soudain de son président-directeur général, Dany Michaud, le 1er décembre 2017, la nouvelle a eu l’effet d’un coup de tonnerre dans les bureaux de cette société d’État. « Et c’est ni plus ni moins qu’un coup de foudre qui m’a fait quitter mes fonctions », avance le nouveau directeur général de Voghel. Une rencontre déterminante Dany Michaud croit qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. « Je me souviens que lors de ma première semaine de travail chez RECYCQUÉBEC, j’ai assisté à une présentation faite par M. Voghel au Salon des TEQ. Par la suite, nous nous sommes croisés dans un corridor et nous avons échangé pendant quelques minutes. Dès cet instant, j’ai apprécié sa personnalité. Déjà, le courant passait entre nous. « Quelque temps plus tard, j’ai participé à une réunion du 3R MCDQ [Regroupement des
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récupérateurs et des recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec], laquelle avait lieu dans les locaux de l’entreprise Voghel. Cette association est importante puisque 95 % de ses membres sont clients de Voghel. Et c’est là que j’y ai découvert toute l’attention, particulière, portée aux employés et aux collaborateurs ; entre autres, la superficie des installations dédiées à leur bien-être m’avait favorablement marqué. Personnellement, j’ai toujours recherché cet équilibre entre les affaires et l’humain, et cet homme-là, il y était parvenu dans le secteur privé.
Une situation délicate Pour l’ancien PDG de RECYC-QUÉBEC, il aurait pu être compliqué, voire délicat, d’assurer la relève d’une entreprise que M. Voghel avait bâtie et qu’il destinait à l’un de ses enfants. « Je suis en réelle admiration devant la résilience de M. Voghel. Avec sa manière d’agir dans ce transfert, il a fait preuve d’une grande humilité. Je ne cacherai pas que la rencontre qui a scellé notre pacte a été émotive. Tous les deux, on a mis cartes sur table. Je lui ai fait part de mes méfiances, d’autant plus que son fils JeanSébastien, qui est un chic type, est et restera dans
REPORTAGE Avec Dany Michaud, Voghel accentue son virage environnemental (suite)
l’organisation. Quant à Jean-Yves, transférer à un inconnu son “bébé”, comme il le dit lui-même, ce n’était certes pas facile. Mais quand je parle de coup de foudre, c’est à cette confiance mutuelle, surtout, que je fais allusion. Et à notre volonté réciproque de travailler ensemble pour perpétuer les valeurs de Voghel et poursuivre la croissance de cette entreprise. »
Un nouveau marché à créer Maintenant qu’il est bien en selle dans son poste de directeur général, Dany Michaud brûle d’envie d’ouvrir grand la machine, et l’environnement sera sa priorité. « Même si le secteur de la construction, avec le concassage, est l’une de nos forces, nous accentuerons, en définitive, notre virage environnemental, énonce-t-il. À l’époque, le concassage, ce n’était pas tellement sexy, mais grâce à sa vision, M. Voghel a été l’un des premiers dans ce domaine. » Ayant été au plus près des grands dossiers actuels en environnement, Dany Michaud constate que le Québec est de plus en plus dynamique dans ce secteur. « Plein de choses se passent actuellement, ajoute-t-il. On a qu’à penser au bannissement des matières organiques de l’élimination, à l’économie circulaire, à la réutilisation ; il n’y a pas vraiment d’outils et d’équipements qui accompagnent l’industrie dans ces domaines et nous comptons nous emparer rapidement de ces niches avec des produits à haute valeur ajoutée. « Mon séjour à RECYC-QUÉBEC m’a certes ouvert des portes, mais il m’a surtout ouvert les yeux ; étant maintenant assis du côté de l’industrie privée, moi qui ai beaucoup travaillé avec les villes et les ministères, je me rends compte que si le politique a des objectifs, il ne sait pas toujours comment les atteindre. C’est ici que nous comptons intervenir avec des outils, des équipements et de l’expertise qui permettront d’aller plus loin. »
PRIX
PRIX RECYC-QUÉBEC Vision Innovation
Gino Mastro Les 13 et 14 février derniers avait lieu notre 21e congrès
MERCI à tous les congressistes, exposants et partenaires pour le succès de cette 21e édition
M. Jean-Louis-Chamard, conseiller principal chez Chamard stratégies environnementales, et M. Gilles Bernardin, PDG du 3R MCDQ.
Le Centre de Valorisation Mario Charette, Mme Christine Michaud, animatrice du congrès / M. Marc Landry, directeur des ventes du Centre de Valorisation Mario Charette / Mme Sonia Gagné PDG par intérim de RECYC-QUÉBEC / et M. Gilles Bernardin, PDG du 3R MCDQ.
www.3rmcdq.qc.ca Tél.: (450) 464-6886 | info@3rmcdq.qc.ca Suivez-nous sur les réseaux sociaux
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Félicitations aux gagnants !
REPORTAGE
Pas de relève ? Des solutions existent ! Que faire si la relève entrepreneuriale est manquante ? Pour Vincent Lecorne, président-directeur général du Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ), il existe des solutions. En premier lieu, M. Lecorne croit essentiel d’admettre et de reconnaître sa situation. « La plupart des entrepreneurs ont à cœur la pérennité de leur entreprise et ne souhaitent surtout pas vendre leurs actifs et mettre la clé sous la porte, précise-t-il. Face à cette problématique, il faut élaborer une véritable stratégie, au même titre que pour le développement d’un marché. En faire une priorité au quotidien, même s’il n’est pas facile d’admettre qu’à un moment donné, il y aura une fin. » Ensuite, M. Lecorne souligne l’importance de la communication. « On doit en parler dans son entourage immédiat ; peut-être qu’un fournisseur ou un client souhaiterait reprendre l’entreprise. Il existe aussi des courtiers, spécialisés en ce domaine, que l’on paie pour trouver un ou des repreneurs potentiels. Par ailleurs, on oublie trop
souvent la solution coopérative. Nos employés ne sont peut-être pas capables de nous acheter individuellement, mais ensemble, oui. Il s’agit d’une belle solution si l’on ne s’y prend pas trop tard. » Finalement, il existe évidemment le CTEQ, qui propose son Index, une sorte de répertoire provincial couvrant les repreneurs potentiels et qualifiés dans tous les secteurs d’activité. « Vous n’avez peut-être personne autour de vous, ajoute Vincent Lecorne, mais la solution existe sans doute ailleurs dans une autre région. L’Index compte sur des conseillers partout sur le territoire québécois. » Soulignons qu’en 2015, le CTEQ a été mandaté par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation pour traiter de l’enjeu de la relève des dirigeants, de la valorisation et du transfert d’entreprise.
« Il y aura de plus en plus de problèmes de relève entrepreneuriale, constate Vincent Lecorne. Le départ à la retraite des baby-boomers et l’absence de jeune relève nous donnent la tempête parfaite. Le CETQ, un OBNL, a été mis en place précisément pour cette raison ; il offre un service gratuit et subventionné par le gouvernement du Québec. » n
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LA COLLABORATION ET L’INNOVATION : AU CŒUR DE CHANGEMENTS FONDAMENTAUX POUR LE QUÉBEC
RECYC-QUÉBEC
Sonia Gagné Présidente-directrice générale intérimaire RECYC-QUÉBEC s.gagne@recyc-quebec.gouv.qc.ca
u cours des dernières années, et surtout depuis mon entrée en poste à titre de PDG intérimaire de RECYC-QUÉBEC en début d’année, j’ai eu l’occasion de rencontrer un grand nombre d’acteurs incontournables de l’écosystème de la gestion des matières résiduelles (GMR) du Québec. Ces derniers se sont exprimés sur des sujets prioritaires, partageant la volonté de notre gouvernement d’atteindre l’objectif phare d’un Québec sans gaspillage. Ces rencontres ont confirmé mon avis à savoir que, doté de partenaires d’innovation de grande qualité, le Québec peut aspirer à devenir une vraie référence en GMR, non seulement à l’échelle canadienne, mais également parmi les pays les plus développés.
A
L’ampleur des défis et des ambitions que nous nous fixerons dans le prochain Plan québécois de la gestion des matières résiduelles 20182022 (PQGMR) nécessitera d’avoir recours à un fort esprit d’innovation et de créativité. RECYC-QUÉBEC assumera la responsabilité du PQGMR en vertu de la refonte récente de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE) et d’un nouveau partage des rôles et des responsabilités entre le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et RECYC-QUÉBEC. Forte de ses nouvelles responsabilités et du mandat élargi qui reconnaît et met en valeur son expertise, notre organisation dispose de leviers supplémentaires pour assurer le succès d’initiatives innovantes concrètes. Si les mots innovation et créativité sont parfois galvaudés, nous entendons nous assurer de les placer au cœur de l’avenir de la GMR québécoise. UNE ÈRE DE CHANGEMENT Nous vivons dans une ère de changement. Les modèles économiques en transformation ou émergents et la transition énergétique nous poussent à concevoir de nouveaux procédés et technologies. Que ce soit dans le domaine des transports, de l’alimentation, du commerce électronique, de l’intelligence artificielle ou de l’énergie, des changements structurants importants s’opèrent actuellement dans l’économie québécoise, entraînant des effets positifs, mais présentant également leur lot de défis, pour le secteur de la GMR au Québec.
Nous nous engageons à faire en sorte que soient considérées les solutions qui nous poussent à aller plus loin, à innover et à soutenir les groupes qui proposent des solutions aux enjeux de GMR auxquels nous sommes confrontés.
que soient considérées les solutions qui nous poussent à aller plus loin, à innover et à soutenir les groupes qui proposent des solutions aux enjeux de GMR auxquels nous sommes confrontés. Ce message se veut très fort, particulièrement pour le secteur des technologies québécoises en environnement. TRAVAILLER ENSEMBLE Au cours des derniers mois, nous avons été confrontés à des défis importants avec l’annonce de la fermeture des marchés à l’exportation de matières vers la Chine. Nous avons rapidement annoncé notre soutien à des projets ayant un effet de levier dans les centres de tri. À elles seules, ces mesures ne seront pas suffisantes pour nous permettre de répondre à tous les défis que cette annonce entraîne, mais nos équipes sont à pied d’œuvre pour travailler avec tous les acteurs de la chaîne de valeur afin de déterminer des solutions à plus long terme qui entraîneront des changements structurants pour ce secteur, dont l’identification de nouveaux débouchés locaux. Il nous appartient de déterminer ensemble de quelle manière nous travaillerons à atteindre les objectifs de notre Plan pour le Québec. Pour que nous soyons tous fiers de l’atteinte de ces objectifs, il importera plus que jamais de travailler de concert et de chercher à mieux comprendre les impératifs, les contraintes et les objectifs de tous les acteurs du milieu. Après tout, nous parviendrons à de plus grandes réalisations si nous arrivons à collaborer, à dialoguer et à agir ensemble. C’est d’ailleurs dans ce même esprit que nous organiserons les toutes premières assises sur l’économie circulaire en novembre prochain. Ce thème, qui est au cœur de notre mission, nous donnera l’occasion de créer une réelle discussion autour des maillages nécessaires de nos industries, et de mettre les intelligences autour de la table pour trouver des solutions concrètes, à forte valeur ajoutée. Nous espérons y rassembler les acteurs incontournables de cette nouvelle économie. Réunir tous les acteurs liés aux différents enjeux afin de considérer leur perspective, c’est là la philosophie qui nous anime et qui témoigne de la proximité qu’a l’équipe de RECYC-QUÉBEC avec la réalité concrète des acteurs du milieu. SUR LE TERRAIN Si nos études nous indiquent que les citoyens ont de plus en plus intégré la récupération dans leurs pratiques quotidiennes, nous devons continuer à valoriser ces comportements et à élaborer les outils nécessaires. Les citoyens jouent un rôle central dans le cycle de la GMR et l’amélioration de leurs connaissances ressort aussi comme la clé de voûte d’une bonne participation au geste de tri basé sur de bonnes connaissances. C’est pourquoi nous avons développé Ça va où ?, une application mobile à leur attention. Nous espérons qu’elle profitera également à l’ensemble des acteurs impliqués dans le cycle de la GMR.
app
En terminant, je souhaite des travaux très productifs à tous ceux et celles qui participeront au Salon des technologies environnementales du Québec, et j’espère avoir le plaisir de vous y rencontrer ! n
Dans ce contexte, les technologies sont au cœur même de la solution et les projets en valorisation des matières seront plus que jamais au centre des priorités de RECYC-QUÉBEC. Nous nous engageons à faire en sorte
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Nous sommes fiers de vous présenter les lauréats des prix EnviroLys 2017, acteurs importants de la scène environnementale québécoise, qui ont été dévoilés le 20 novembre dernier. me
Quatre cents invités, dont M Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, l’honorable Diane Lebouthillier, ministre du Revenu national et M. Dany Michaud, alors président-directeur général de RECYC-QUÉBEC, se sont joints aux festivités du Gala EnviroLys pour célébrer les réussites des entreprises du domaine de l’environnement.
Prix Personnalité EnviroLys M. Jean Lemire, émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques Prix Hommage PierreLachance M. Rolland Sylvestre, fondateur d’EBI Prix Rayonnement à l’extérieur du Québec Lauréat : Enerkem
Prix Engagement communautaire Lauréat : Englobe
Prix Support au développement commercial Lauréat : WSP Canada
Prix Création d’emplois et investissement Lauréat : Les Productions horticoles Demers Prix Cœur Vert Lauréat : Stablex Canada
Prix Innovation et protection de l’environnement Lauréat : Sanimax et le Centre de recherche industrielle du Québec
Prix Santé et sécurité au travail Lauréat : Compo Recycle
Prix Projet vert ICI+ Lauréat : Le Centre Bell Prix Mention du jury Lauréat : Kruger
Félicitations à tous les lauréats des prix EnviroLys 2017
Gala EnviroLys, une initiative du
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Partenaire majeur :
Devenez membre du CETEQ Soyez de la fête ! 19 novembre 2018 Le Gala EnviroLys est une célébration qui vise à reconnaître l’expertise privée du domaine environnemental et à promouvoir les meilleures pratiques et l’innovation dans une perspective de développement durable. https://www.youtube.com/watch?v=2-Abm6wG4WI
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ÉCO ENTREPRISES QUÉBEC
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE : UN VIRAGE À L’ÉCHELLE MONDIALE
Maryse Vermette B. Sc., MBA Présidente-directrice générale Éco Entreprises Québec mvermette@ecoentreprises.qc.ca
L’
annonce de la fermeture des marchés chinois nous incite à continuer d’innover dans notre gestion des matières recyclables au Québec. Déjà, les acteurs de l’industrie se mobilisent pour s’adapter à cette réalité. En novembre dernier, Éco Entreprises Québec (ÉEQ) et RECYC-QUÉBEC ont mis en œuvre des actions visant à appuyer les intervenants de la chaîne de valeur de la collecte sélective relativement à la qualité de la matière triée et aux besoins des recycleurs locaux. Depuis, des rencontres de maillage ont eu lieu ; certains centres de tri ont également accéléré les investissements pour moderniser leurs équipements, et ceux qui ont mis au point des solutions n’hésitent pas à les partager avec leurs pairs. Récemment, la société d’État a annoncé un programme de trois millions de dollars visant à soutenir les initiatives qui permettront d’améliorer la qualité et la quantité des matières récupérées, tout en favorisant un arrimage avec les recycleurs.
LES MATIÈRES RECYCLABLES : UN MOTEUR DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE Ainsi, pour transformer le défi de la fermeture des marchés chinois en véritable occasion d’affaires, il importe de mettre en place des mesures favorisant l’essor de l’économie circulaire au Québec. Mais qu’est-ce que l’économie circulaire ? Plus qu’une mode passagère, ce courant qui nous vient principalement d’Europe est en voie de faire ses racines au Québec et ailleurs. La décision de la Chine de fermer ses portes aux matières résiduelles des autres pays n’est également pas étrangère à ces objectifs d’économie circulaire. Chez nous, des joueurs-clés, dont ÉEQ, se sont rassemblés sous le leadership de l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (Institut EDDEC) pour former un regroupement appelé le Pôle d’action québécois sur l’économie circulaire, afin de convenir d’une définition et d’orientations communes qui collent à la réalité du Québec. Ainsi, nous définissons l’économie circulaire comme « un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités1». Cette approche dite circulaire s’oppose au modèle linéaire qui consiste à extraire, à fabriquer, à utiliser et à jeter. Divers mécanismes, stratégies et outils peuvent être adoptés pour constituer une économie plus circulaire. Ils s’insèrent à toutes les étapes du processus de production et reposent essentiellement sur la hiérarchie des 3R que nous connaissons bien : la réduction, la réutilisation et le recyclage. L’économie circulaire les intègre en amont des systèmes de production, par exemple en produisant des biens pouvant plus facilement être réparés, remis à neuf et recyclés. On parle de plus en plus d’économie de partage, d’économie de fonctionnalité, de symbioses industrielles, de remise à neuf, de réusinage et, bien sûr, de recyclage. Ces stratégies, si elles étaient appliquées et encadrées par des mesures incitatives, auraient le potentiel de réduire de façon considérable l’utilisation de matières vierges et ainsi de réduire notre empreinte environnementale. C’est sans oublier l’innovation qui émergera
nécessairement de telles démarches et de leur potentiel d’exportation ! À titre d’organisme qui finance la collecte sélective et dans le cadre de notre rôle de facilitateur dans l’optimisation de ce système, ÉEQ est aux premières loges des défis auxquels sont confrontées les entreprises innovantes engagées dans cette voie. Ces défis sont liés aux besoins d’investissements en recherche et développement, mais aussi à l’acquisition de compétences-clés telles que les stratégies de commercialisation ou l’accès à une veille stratégique rigoureuse. On peut également penser que pour favoriser l’émergence d’une économie circulaire, notamment pour mettre à profit le plein potentiel de l’industrie du recyclage, il importe de lever certaines barrières et de créer les incitatifs qui induiront les changements souhaités. DE MATIÈRES RÉSIDUELLES À RESSOURCES SECONDAIRES Par exemple, dans une logique d’économie circulaire, le prix des matières recyclées serait compétitif par rapport à celui des matières vierges. Or, pour qu’elles se livrent à une vraie concurrence, le prix des différentes matières devrait refléter le véritable coût de l’extraction des ressources, de la consommation d’énergie et de l’impact environnemental. Les donneurs d’ordres jouent également un rôle-clé dans l’établissement de politiques d’approvisionnement favorisant l’essor de l’économie circulaire. Il est possible de créer les bons incitatifs permettant d’orienter les décisions des organisations tout en laissant les forces du marché trouver leur point d’équilibre. Dans les derniers mois, de nombreux reportages ont souligné l’intérêt d’encadrer les matières triées de critères de qualité, en plus de favoriser leur recyclage local. Avec l’assurance d’un approvisionnement de qualité, les entreprises d’ici n’hésiteraient pas à conclure des alliances à long terme. Dans les coulisses de la communauté environnementale, plusieurs parlent déjà de changer notre vocabulaire afin que nous ne parlions plus de matières résiduelles, mais bien de « ressources secondaires ». L’encadrement légal de ces matières devrait refléter leur usage, au lieu d’être le même que celui des « déchets ». Ces « ressources secondaires » seraient alors encadrées comme les intrants de nouveaux systèmes de production, avec une valeur ajoutée qualitative et financière. Cela constitue un exemple de changement de paradigme sur le plan économique. Depuis quelques mois, les autorités gouvernementales démontrent leur volonté d’agir. En effet, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Mme Isabelle Melançon, a récemment annoncé son intention de moderniser le régime de compensation. De son côté, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation a entamé une consultation sur l’économie circulaire mobilisant l’industrie et la communauté environnementale. RECYC-QUÉBEC organisera, avec plusieurs partenaires, un événement phare sur l’économie circulaire à l’automne 2018. Plusieurs études et initiatives sont actuellement en élaboration. N’oublions pas qu’en janvier 2018, la Communauté européenne a rendu publiques ses orientations en matière d’économie circulaire sous l’appellation Circular Economy Package, tandis que notre voisin, l’Ontario, a récemment adopté une loi-cadre à ce sujet. La table est donc mise, et l’industrie du recyclage est un levier incontournable. Afin que cette importante tendance prenne davantage forme au Québec, le dialogue doit se poursuivre et nous sommes tous appelés à y prendre part. n 1
Institut EDDEC. Consulté en ligne : http://instituteddec.org/themes/economie-circulaire/
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LA CROISSANCE DES TECHNOLOGIES PROPRES : UN DÉFI !
CETEQ
Richard Mimeau Directeur général Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) rmimeau@ceteq.quebec
E
n décembre dernier, le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec (MESI) organisait une consultation auprès d’organismes et d’associations œuvrant dans la filière environnementale afin d’évaluer les obstacles liés à la croissance et à l’adoption de technologies propres, l’efficacité des outils gouvernementaux ainsi que les solutions à apporter. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre de l’élaboration du Plan d’action pour la croissance et les technologies propres. C’est avec enthousiasme que le CETEQ a accepté de répondre à l’invitation du Ministère et d’y participer. Lors de cette consultation, plusieurs constats, opinions et réflexions ont été émis et nous les partageons avec vous dans cet article. Voici donc, en rafale, certains sujets évoqués lors de cette rencontre. L’AIDE À LA COMMERCIALISATION Les entreprises ont besoin d’aide quant à la commercialisation des technologies propres. Les petites et moyennes entreprises, poumon économique du Québec, se retrouvent souvent devant une impasse lors de leur premier déploiement commercial, puisqu’elles ne peuvent pas démontrer suffisamment d’années d’activité. Elles ont besoin de plus de
soutien dans le déploiement de technologies prometteuses. Il faut donc publiciser davantage, faire connaître et donner une plus grande vitrine à ces technologies innovantes qui permettent au Québec de maintenir sa position de chef de file du développement durable. L’ACCÈS AU CAPITAL Un des principaux obstacles à la croissance et à l’adoption de technologies propres est l’accès au capital. Les nouvelles technologies se voient souvent refuser l’accès au capital puisqu’elles ne peuvent démontrer d’exemples concrets et de résultats. En comparaison avec les technologies plus conventionnelles, le déploiement de nouvelles technologies propres peut donc être retardé puisque l’accès au capital est plus complexe. La simplification de l’accès au capital pour ces entreprises leur permettrait donc de déployer leurs technologies plus rapidement et plus facilement. LE MANQUE DE COORDINATION Un autre obstacle important est le manque de coordination entre les différents ministères. En effet, on nous rapporte souvent qu’après avoir obtenu le feu vert du MESI, certaines entreprises se voient refuser leur certification par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), trop rigide. Bien qu’une rigueur soit impérative en matière de protection de l’environnement, certaines technologies ont besoin d’un coup de pouce afin de permettre leur implantation. Une meilleure adéquation entre les principes de ces deux ministères permettrait un plus grand essor des technologies propres. À cet effet, il pourrait être intéressant de créer un comité conjoint réunissant ces deux ministères afin de faciliter le travail de nos entreprises et d’assurer une cohérence dans le système. Il est important que tous les acteurs
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LA CROISSANCE DES TECHNOLOGIES PROPRES : UN DÉFI ! puissent collaborer, tant les ministères que les entreprises du secteur. Ce sont en grande partie ces sociétés qui favorisent l’innovation, mais elles se butent à une double bureaucratie. Un tel comité améliorerait donc l’efficacité du gouvernement.
Une meilleure adéquation entre les principes du MDDELCC et du MESI permettrait un plus grand essor des technologies propres. LE FONDS VERT Le gouvernement du Québec a mis sur pied le Fonds vert. Ce programme est prometteur, mais il ne prend en considération que les émissions de gaz à effet de serre. Certaines technologies améliorent la qualité de l’environnement au Québec, mais les entreprises qui les conçoivent ne peuvent recevoir de sommes issues du programme puisqu’elles ne s’attaquent pas directement aux émissions de GES. Il en est de même avec plusieurs entreprises qui assainissent l’environnement et qui sont des chefs de file en développement durable. Le gouvernement devrait offrir un soutien financier aux entreprises qui tentent d’obtenir une croissance propre, et non seulement à celles qui tentent de réduire les émissions de GES, bien que l’objectif en soit fort louable. TRACES QUÉBEC En plus de notre entretien avec le MESI, nous avons eu le plaisir de recevoir son sous-ministre, M. Jocelin Dumas, lors d’un événement. Nous avons profité de cette occasion pour lui répéter nos messages, mais
également pour lui faire part de solutions innovantes en environnement, notamment le programme Traces Québec. Ce système, élaboré par Réseau Environnement, permettra d’assurer un suivi de tous les chargements de sols contaminés excavés, du chantier jusqu’au lieu de traitement ou d’élimination qui doit être autorisé par le MDDELCC. Le CETEQ réclame ce projet depuis longtemps, puisqu’il permettra également d’éradiquer les manières illégales de se débarrasser des sols contaminés en contrôlant leurs déplacements, d’éviter des préjudices environnementaux et d’assurer une saine concurrence dans l’industrie du traitement des sols. L’innovation technologique derrière la traçabilité permet une croissance économique propre et peut s’étendre à l’ensemble de l’industrie. On peut espérer, dans un avenir rapproché, une traçabilité de nombreux produits, notamment les matières dangereuses et les résidus provenant des matériaux de construction, de rénovation et de démolition. n
Revoyez les capsules vidéos avec Richard Mimeau www.YouTube.com/MAYAProductionvideo
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21 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc
3RVE VOL. 14 N O 1 HIVER 2018
APRÈS RÉFLEXION
IL FAUT BANNIR LE MOT « CRISE » ! Louise Fecteau ASC, M. Sc. Présidente Gaïa environnement inc. louise.fecteau@gaia-environnement.com
APRÈS RÉFLEXION présente les idées d’une personnalité experte dans son domaine sur un sujet proposé par l’éditeur.
A
u fil de mon parcours professionnel, je me suis spécialisée tant en gestion des matières résiduelles qu’en évaluation d’impacts. Et il y a de ces jours où je me demande si on évalue adéquatement l’impact des mots. L’automne dernier, lorsque le gouvernement chinois a annoncé un resserrement important des critères de qualité des matières recyclables importées, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : le recyclage est en crise ! Au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe, les fils de nouvelles regorgeaient de scénarios catastrophes. « Le prix des matières chute », « Les ballots s’accumulent dans les centres de tri et devront éventuellement être enfouis », « La collecte sélective est en péril ». Les reportages des médias nationaux, les images, les journalistes en émoi, tout était là pour effrayer monsieur-madame Tout-le-monde, qui se demande ponctuellement : « Pourquoi est-ce que je me donne tant de mal ? » Puis, les manchettes ont évolué : « Rimouski-Neigette est épargné », « La région de la Mauricie s’en tire bien », « Portneuf échappe à la crise », « La fermeture de la Chine n’affecte pas le centre de tri de Québec », « Notre organisme [Tricentris] demeure solide et s’adapte aux aléas de la situation »… D’accord, donc… crise ou pas crise ? Telle est la question, mais surtout tel est le début de la solution.
UNE SOLUTION À APPLIQUER EN UN TOUT ET NON EN PARTIES La situation présente quatre caractéristiques intéressantes : = elle était prévisible ; = elle ne requiert pas de recherche approfondie, car nous savons comment y remédier ; = elle a déjà été vécue et est susceptible de se reproduire ; = elle présente de belles possibilités. Voici un ensemble de propositions structurantes qui tiennent compte de ces caractéristiques et de mes expériences. Ces recommandations devraient être déployées non pas l’une après l’autre, mais parallèlement, pour que la chaîne de valeur des matières recyclées soit optimale dans un contexte d’économie circulaire. Se mobiliser… pas seulement maintenant, mais à temps plein Au mot « crise » est souvent associé le mot « comité » : comité conjoint, comité des partenaires, comité ad hoc, comité permanent… Cela représente beaucoup d’énergie déployée et beaucoup de temps consacré aux discussions sur une multitude d’enjeux. La chaîne de valeur liée aux matières recyclables est un secteur d’activité économique à part entière, qui mériterait d’être organisé et structuré en bonne et due forme. Le groupe ainsi formé (qu’il s’agisse d’un OBNL ou d’une structure informelle) devrait convenir d’objectifs, de défis à relever et d’un plan d’affaires. Il se réunirait à intervalles réguliers et ajusterait son plan selon les situations. Une coordination externe, concentrée sur les résultats, assurerait l’efficacité des travaux.
L’organisation de la documentation, la mise à jour fréquente des données de base et l’évaluation des besoins en information sont indispensables à la prise de décisions éclairées, à l’élaboration de projets structurants et à l’efficacité que tout un chacun est en droit de réclamer. Anticiper… sans relâche Le journal La Presse en format papier, qui remplissait notre bac de 360 litres il n’y a pas si longtemps, a graduellement fait place à une version exclusivement électronique. C’était annoncé. Et très à l’avance. Le commerce en ligne génère des quantités plus importantes qu’auparavant d’emballages, de boîtes et de sacs de livraison. Les données de progression du commerce électronique sont connues. Des phénomènes de cette nature surviennent continuellement et ont des répercussions sur l’approvisionnement des centres de tri et des recycleurs, ainsi que sur les marchés. Nous avons à notre disposition des masses d’informations nous permettant de dresser des scénarios, d’analyser des tendances, bref, de nous préparer plutôt que de réagir aux nouvelles situations. Elles nous permettent d’être en avance, pour saisir les occasions lorsque nos voisins vivent des crises. Il faut dédier des ressources à la collecte et au traitement des informations, puis organiser des discussions entre les acteurs qui sont directement concernés. Nous devons trouver des solutions, favoriser des partenariats, tester des idées... bref, être proactifs. Occuper l’espace public… tout le temps ! L’information est mise à mal, les citoyens sont inquiets, les trolls1 font des ravages. Les médias aiment publier des titres à scandales, exposer des problèmes et annoncer en primeur… des crises ! Et ils se tournent vers ceux qui, au fil des ans, ont commenté le sujet avec la constance d’une horloge et à grand renfort de qualificatifs négatifs. C’est de l’entretien mutuel. Pourtant, par sa nature même, l’ensemble de ce secteur d’activité économique est en péril chaque fois que les citoyens le remettent en question. L’impact des messages, surtout dans les médias nationaux, est potentiellement dévastateur. Il n’y aura de matière à trier, à recycler et à valoriser que si le citoyen ne se décourage pas, que s’il fait ce qu’on attend de lui. Il faut donc absolument créer un rapport de force beaucoup plus équilibré dans les relations médias : désigner un ou des porte-parole, préparer les messages-clés, ne rien laisser passer. Rectifier. Relayer. Répéter, encore et encore. Rectifier à nouveau. Partout, tout le temps. Bien sûr, ces propositions ont un coût. Il serait souhaitable qu’une part des trois millions de dollars annoncés par la ministre Melançon y soit notamment consacrée. Les acteurs qui ont un intérêt direct dans les performances du système pourraient également y contribuer. Alors… Doit-on évoquer la résolution d’une crise ou la dynamisation d’un secteur ? Quels mots ont les répercussions les plus positives ? Je nous souhaite la mise en œuvre de ce chantier dans les meilleurs délais. n
Visionnez les capsules vidéo exclusives sur notre chaîne YouTube
Se documenter avec soin, partager et vulgariser Veille médiatique et technique, publication d’études, évaluation des gisements actuels et futurs, besoin de vérifier des hypothèses et des projets potentiels… Voilà des sujets importants, qui méritent un traitement adéquat, une présentation claire incluant au besoin des résumés préparés pour des destinataires précis, avides d’information et très occupés.
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VISIONNEZ CETTE VIDÉO IL FAUT BANNIR LE MOT « CRISE » ! 1
Voir l’éditorial de Frédéric Potvin dans le Tricentris-Express de février 2018 : http://www.tricentris.com/wp-content/uploads/2018/02/Tricentris-Express_2018-02.pdf
LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 14 N O 1 HIVER 2018
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GESTION HUMAINE DES RESSOURCES
L’ENQUÊTE DE RÉMUNÉRATION 2017 DU SECTEUR DE L’ENVIRONNEMENT : UNE PREMIÈRE AU QUÉBEC = = = = = = = = = =
Dominique Dodier Directrice générale EnviroCompétences dominique.dodier@envirocompetences.org
epuis vingt ans, l’industrie de l’environnement a beaucoup évolué : ces changements touchent tant son ADN que ses sous-secteurs et ses emplois. C’est une industrie en croissance et un milieu d’affaires en pleine ébullition, qui possède des atouts indéniables. Pourtant, aucune enquête de rémunération n’avait été réalisée à ce jour pour définir l’univers des salaires des entreprises qui composent notre industrie. EnviroCompétences a donc effectué la toute première enquête du genre au Québec afin de donner un outil supplémentaire aux entreprises de ce secteur.
D
= = = = =
QU’EST-CE QU’UNE ENQUÊTE DE RÉMUNÉRATION ? Une enquête de rémunération est « une méthode standard permettant de découvrir ce que paient d’autres organisations pour des emplois spécifiques ou des catégories d’emplois. [...] Ces études déterminent non seulement les niveaux de salaire offerts pour un emploi donné (bas, moyen, élevé), mais permettent également de savoir ce que paient les autres organisations1. » L’amélioration des pratiques de rémunération des entreprises du domaine environnemental est au cœur de nos préoccupations stratégiques. Selon notre dernier diagnostic industriel et de main-d’œuvre (2016), le taux de syndicalisation du secteur n’est que de 8,8 %. Ce faible pourcentage indique qu’aucune donnée salariale n’existe, à part celles qui sont inscrites dans les conventions collectives.
conseiller en efficacité énergétique ; conseiller en environnement et changements climatiques ; hygiéniste industriel ; ingénieur en environnement ; ingénieur en traitement des eaux ; superviseur de centre de tri ; technicien en environnement ; technicien en assainissement des eaux ; technicien de laboratoire en environnement ; technicien en assainissement de systèmes de ventilation et de climatisation ; technicien en équilibrage de systèmes de ventilation et de climatisation ; technicien en réhabilitation des sols ; technicien en restauration après sinistre ; opérateur en nettoyage industriel ; trieur de matières résiduelles.
Les objectifs de cette enquête étaient les suivants : = élaborer un outil d’aide à la décision en matière de gestion de la
rémunération pour nos partenaires ; = comparer les emplois en environnement à ceux d’autres secteurs
d’activité économique ; = augmenter l’attractivité des entreprises et leur donner les éléments
statistiques pour ce faire ; = rendre accessibles des données salariales aux entreprises de
notre industrie ; = rendre accessibles des indicateurs en vue de l’amélioration des
entreprises en matière salariale. Une enquête de rémunération sectorielle « consiste à interroger[,] sur une période donnée, plusieurs entreprises ou organisations (appartenant généralement à un même secteur d’activité ou à une même zone géographique), afin de connaître avec [précision] leurs pratiques en matière de [rémunération] 2 ». Pour les entreprises, une enquête de rémunération a plusieurs utilités. Elle permet de : = mettre en place et faire évoluer la grille des salaires ; = mesurer l’attractivité du système de rémunération de l’entreprise ; = évaluer la cohérence de la structure de rémunération proposée
aux collaborateurs ; = définir les taux d’augmentation individuelle à l’occasion du
processus de révision salariale ; = piloter la masse salariale en cohérence avec les marges de
manœuvre économiques et sociales de l’entreprise. LE SECTEUR DE L’ENVIRONNEMENT Pour la première édition de l’enquête de rémunération en environnement, nous avons proposé d’axer l’enquête sur les 17 postes les plus demandés dans nos sous-secteurs, soit air et changements climatiques, eau, énergies renouvelables et efficacité énergétique, matières résiduelles et dangereuses, restauration après sinistre, services-conseils et laboratoires et sols. Le nom et le nombre de postes ont été déterminés lors d’une session de travail composée de membres de ces sous-secteurs. Les postes3 nommés sont les suivants : = chargé de projet en environnement ; = conseiller en développement durable ;
Toutes les entreprises du secteur de l’environnement ayant plus de quatre employés étaient admissibles à l’enquête. Nous avons sélectionné des entreprises qui correspondaient à des critères de représentativité comme la taille, la région et les sous-secteurs afin d’avoir un bon échantillon. Nous avons ensuite fait appel à une firme spécialisée dans le domaine de la rémunération et qui fait régulièrement de telles enquêtes. L’enquête offre une quantité considérable d’information sur le marché du travail dans notre secteur, complète le diagnostic industriel et de main-d’œuvre, devient un outil de référence pour le secteur de l’environnement et positionne encore mieux l’offre et la demande du secteur. Après une période de sondage intense, nous avons obtenu un taux de réponse très satisfaisant. Les résultats contenus dans l’enquête offrent une revue globale de la rémunération des entreprises et des données relatives aux salaires, aux bonis et aux structures salariales. Pour les gestionnaires d’entreprises du domaine de l’environnement, cette enquête représente donc une aide précieuse à la prise de décisions. n
1
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Conseil sectoriel des ressources humaines des services de garde à l’enfance. (n.d.) Enquêtes salariales. Consulté en ligne : http://hrcouncil.ca/info-rh/remunerationsalariales.cfm PEOPLE BASE CBM. (n.d.) Les enquêtes de rémunérations. Consulté en ligne : https://www.people-base-cbm.com/fr/p-enquete-remuneration-salaires-secteuragroalimentaire.html Notez que le titre du métier ou de la profession peut différer puisqu’il existe plusieurs appellations et descriptions pour un métier ou une profession.
Pour en savoir davantage, consultez le site Internet d’EnviroCompétences : www.envirocompetences.org
24 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 14 N O 1 HIVER 2018
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NS O B S LE TACTS N
LES AMIS DE 3RVE
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I NC. NC.
Nicolina Nicolina D'Agosto, D'Agosto, ing.
Directrice Génie de l'environnement Cell. : 819-692-7005 819-692-7005 Tél. : 819-693-5555 Téléc. : 819-693-5556 nicolina.dagosto@groupevld.com www.groupevld.com www.groupevld.com
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Le génie au service de l'environnement et du développement durable
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26 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 14 N O 1 HIVER 2018
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