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HIVER 2017, vol. 13 n o 1

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Le magazine des matières résiduelles au Québec

NU CONCTLUE S I F E XDIFFUSÉ SUR

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MAY

Entrevue avec

Nathalie Drapeau

Convention de la poste-publications no 41122591

La Gaspésie en tête

Modernisation de la Loi sur la qualité de l’environnement : 14 place à l’optimisme Le 20 e congrès du 3R MCDQ : mission accomplie Récupérer la matière organique 20 grâce à une technologie novatrice

www.magazine3rve.cc


UN RECYCLAGE DE QUALITß,

de la Baie-James jusqu'æ Saint-Pierre-et-Miquelon

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Grâce au travail de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG), le taux de valorisation des matières est passé de 18 % en 2009 à 51 % en 2015. Au-delà de son équipe énergique et de la conscience environnementale des citoyens, un autre facteur explique la multiplication des projets novateurs : les coûts de transport font bondir les coûts de revient d’enfouissement de la matière au lieu d’enfouissement technique (LET) de Gaspé. À lui seul, cet élément convainc de modifier les pratiques et d’augmenter le compostage et la récupération, dont le coût de revient est bien moindre.

8

SOMMAIRE

chroniques 14 18 20 22

GESTION HUMAINE DES RESSOURCES

23

LES AMIS DE 3RVE

ONSS LES B TACT CON

CETEQ MODERNISATION DE LA LOI SUR LA QUALITÉ DE L’ENVIRONNEMENT : PLACE À L’OPTIMISME

3R MCDQ LE 20 E CONGRÈS DU 3R MCDQ : MISSION ACCOMPLIE

MATIÈRES ORGANIQUES RÉCUPÉRER LA MATIÈRE ORGANIQUE GRÂCE À UNE TECHNOLOGIE NOVATRICE

Éditeur et rédacteur en chef André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs Gilles Bernardin Dominique Dodier Benoît Lamarche Richard Mimeau

Direction artistique MAYA.cc Designer graphique Sylvain Malbeuf (SymaPub) Photos de la page couverture et de l’entrevue Ariane Aubert Bonn Révision linguistique Émilie Pelletier

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.

4 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017

Espace publicitaire André Dumouchel Téléphone : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Québec) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc

Impression Carpe diem © Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1er trimestre 2005. ISSN 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié trois fois l’an.

HIVER 2017, vol. 13 n o 1

Le magazine des matières résiduelles au Québec


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Le plan Verre l’innovation de Éco Entreprises Québec vise à offrir une deuxième vie à tout le verre de la collecte sélective en stimulant le développement de matériaux et de procédés novateurs. Informez-vous dès aujourd’hui au sujet des écomatériaux à base de verre recyclé et sur les nombreux avantages liés à leur utilisation. * Veuillez noter que l’entrée au Salon est payante.

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LA PETITE GÉANTE

ÉDITORIAL

e magazine 3Rve vous présente dans ce numéro le portrait d’une femme d’action, qui démontre qu’il est possible de faire bouger les choses dans le domaine de l’environnement : Nathalie Drapeau, directrice générale de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG).

L

André Dumouchel adumouchel@maya.cc

La Gaspésie en tête, le titre qui coiffe l’entrevue, peut être interprété de différentes façons. On peut le lier à la personne elle-même, puisqu’elle est totalement intégrée à sa région d’adoption après y avoir suivi son conjoint il y a près de vingt ans. D’autres y verront plutôt une référence à l’excellente performance de la Gaspésie en ce qui concerne la gestion des matières résiduelles. La région multiplie en effet les projets et les initiatives afin de réduire le volume des matières envoyées à l’enfouissement. Comment la Gaspésie peut-elle se targuer d’aussi bons résultats, notamment la hausse de 18 % à 51 % du taux de valorisation des matières de 2009 à 2015, une période de seulement six ans ? Bien sûr, un des facteurs incitatifs majeurs est financier. Les coûts de revient d’enfouissement sont de 178 $ la tonne dans la MRC du Rocher-Percé, notamment en raison des coûts du transport. Cet élément convainc facilement de l’importance de trouver des solutions de rechange... Mais il ne peut être la seule raison du changement. La situation ne devait pas être bien différente avant 2009. C’est là que Nathalie Drapeau entre en jeu. Ce prodigieux bond de 33 % s’explique aussi par sa grande détermination. Elle a fait bouger les choses dans sa région en mettant sur pied des initiatives qui marchent. Pour que les choses changent, il faut des gestionnaires décidés et engagés.

Pour que les choses changent, il faut des gestionnaires décidés et engagés. Elle dit modestement que rien de tout cela ne serait possible sans le soutien de son CA. Certes, pour que de telles transformations surviennent, il faut également des administrateurs prêts à oser. Mais Mme Drapeau n’est sûrement pas étrangère au dynamisme de son conseil. Car quand vient le temps de faire avancer les dossiers, elle est une véritable géante. BONNE FÊTE ! Le magazine 3Rve tient à souligner le 20e anniversaire du 3R MCDQ. Félicitations à tous ceux et celles qui ont contribué à ses réalisations au fil des ans, et plus particulièrement à la nouvelle équipe en place, qui devait préparer un congrès dans un contexte aussi important. Vous pouvez dire mission accomplie ! Ils ne sont pas les seuls à fêter ce chiffre magique : c’est aussi le cas d’EnviroCompétences, à qui nous levons également notre chapeau. Nous vous invitons d’ailleurs à lire notre reportage sur cet organisme qui a su créer une multitude de guides et de formations qui répondent aux besoins réels de notre industrie. Vous le trouverez à l’intérieur du magazine SOURCE, jumelé en format tête-bêche à la présente édition de votre magazine 3Rve. Les deux numéros étant distribués à l’occasion du salon Américana 2017, nous souhaitons profiter de l’occasion pour vous permettre de découvrir cette autre source d’information environnementale. Bonne lecture ! n

6 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017

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ENTREVUE

Nathalie Drapeau

La Gaspésie en tête

Entrevue réalisée par Sarah Drolet-Laflamme

E LLE

EST RECONNUE POUR SON EXPÉRIENCE ET SON IMPLICATION, TANT DANS LE DOMAINE DU TRAITEMENT DES EAUX USÉES QUE

DANS CELUI DE LA GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES.

SON TRAVAIL EST SALUÉ À MONTRÉAL COMME À GASPÉ. NATHALIE DRAPEAU, VICTORIAVILLE, EST MAINTENANT DE TRAITEMENT DES MATIÈRES RÉSIDUELLES DE LA GASPÉSIE (RITMRG).

QUI A COMMENCÉ SA CARRIÈRE EN TANT QUE TECHNICIENNE EN ASSAINISSEMENT DES EAUX À DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA

RÉGIE

INTERMUNICIPALE

CETTE FEMME QUI DÉGAGE UNE IMPRESSIONNANTE FOUGUE A EN EFFET TOUT QUITTÉ EN 1998 POUR S’ÉTABLIR EN GASPÉSIE AVEC SON AMOUREUX. VINGT ANS PLUS TARD, ELLE Y EST TOUJOURS ET CONTINUE DE S’IMPLIQUER À TEMPS PARTIEL DANS LE DOMAINE DES EAUX USÉES TOUT EN MULTIPLIANT LES PROJETS NOVATEURS DE GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES POUR LE TERRITOIRE DESSERVI PAR LA

RÉGIE. SA

RÉGION D’ACCUEIL A D’AILLEURS PROFITÉ DE SA DÉTERMINATION ET DE CELLE DE SON ÉQUIPE

:

DES

PUCES ÉLECTRONIQUES ONT ÉTÉ INSTALLÉES SUR LES TROIS TYPES DE BACS DE COLLECTE, UNE APPLICATION MOBILE RAPPELLE AUX CITOYENS QU’IL EST TEMPS DE SORTIR L’UN OU L’AUTRE DES BACS, LE VERRE SERA BIENTÔT TRANSFORMÉ EN DRAINERONT LES EAUX DE COMPOSTAGE.

DE

GASPÉSIE ET DES SAULES

QUOI FAIRE ROUGIR D’ENVIE BIEN DES RÉGIONS !

COMMENT NATHALIE DRAPEAU, L’UNE DES RARES FEMMES DE SA COHORTE DE LA TECHNIQUE EN ASSAINISSEMENT DES EAUX, ESTDG DE LA RITMRG ? COMMENT LA RÉGIE CONSCIENTISE-T-ELLE LES CITOYENS AUX BONNES PRATIQUES EN MATIÈRE DE GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES ? Q UELS AUTRES PROJETS CETTE FEMME D’ACTION PRÉPARE-T-ELLE ? LE MAGAZINE 3RVE L’A RENCONTRÉE POUR VOUS. ELLE DEVENUE

8 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017


ENTREVUE Grande-Vallée

Une gestionnaire engagée C’est munie d’un bagage professionnel d’une dizaine d’années, d’abord à la Station d’épuration des eaux usées de Victoriaville puis à la Société québécoise d’assainissement des eaux, que Nathalie Drapeau est arrivée en Gaspésie en 1998. Cette année-là, Nordikeau (anciennement Axeau) remportait un appel d’offres lancé par la Ville de Gaspé pour la gestion de sa station d’épuration. Mme Drapeau y a été engagée en tant que surintendante, un emploi exigeant sur le plan technique, dont le principal mandat était la gestion du démarrage de l’usine. À peine un an plus tard, elle a commencé à s’impliquer plus activement chez Réseau Environnement, d’abord comme vice-présidente du secteur Eau, puis comme présidente du comité exécutif, et finalement comme présidente du conseil d’administration. Elle en conserve des souvenirs d’une équipe forte et fonceuse, qui réussit à rassembler tous les acteurs du milieu autour d’enjeux communs. Ce fut entre autres le cas en 2000, lors du dépôt par Réseau Environnement d’un mémoire dans le cadre de la Commission Beauchamp, qui portait sur la gestion de l’eau au Québec. Mme Drapeau collabore encore aujourd’hui à l’organisation au sein de comités sectoriels spécifiques. Peu après son arrivée en Gaspésie, les MRC du Rocher-Percé et La Côtede-Gaspé rédigeaient leur premier Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) et l’invitaient à y siéger en tant que représentante du secteur de l’environnement. De spécialiste, elle est passée à employée à temps plein puis à directrice générale de la Régie, dix ans plus tard. Loin d’être une réorientation de carrière, cette voie lui a paru plutôt naturelle : son implication au sein de Réseau Environnement lui avait permis de connaître la quasi-

Cloridorme

MRC LA CÔTE-DE-GASPÉ

Murdochville

Rivière-au-Renard

Gaspé

MRC DU ROCHER-PERCÉ

Percé

Grande-Rivière Chandler

Gascons

LET Écocentre Centre de tri Site de compostage

Paspébiac

totalité des acteurs du milieu, en plus de la rendre au fait des actualités de ce secteur depuis bon nombre d’années. À travers ses défis professionnels, elle a traversé une épreuve personnelle : un cancer qu’elle a combattu avec vigueur. Nathalie Drapeau est une battante de haut niveau.

Une Régie active ! Grâce à ses initiatives nombreuses, la RITMRG est un chef de file. Son taux de valorisation des matières est passé de 18 % en 2009 à 51 % en 2015. Audelà de son équipe énergique et de la conscience environnementale des citoyens, un autre facteur explique la multiplication des projets novateurs : pour la MRC du Rocher-Percé, les coûts de transport

20

%

DE MOINS

PAR HABITANT

font bondir les coûts de revient d’enfouissement (incluant la collecte, le transport et le traitement) de la matière au lieu d’enfouissement technique (LET) de Gaspé, qui sont de 178 $ la tonne. À lui seul, cet élément convainc de modifier les pratiques et d’augmenter le compostage et la récupération, dont le coût de revient est bien moindre (85 $ la tonne). Pour mieux servir cette MRC, la Régie a donc eu tout intérêt à développer ces filières. En plus des économies réalisées sur les coûts de transport et de traitement, elle a innové en utilisant des camions de collecte équipés d’un système multibox. Celuici permet de transporter trois boîtes à la fois et ainsi d’améliorer l’efficacité du transport, de réduire ses coûts de 200 000 $ annuellement et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

La M R C du Rocher-Percé génère 20 % de matières à l’enfouissement de moins par habitant que la moyenne québécoise.

La nouvelle vie du verre Le verre est accumulé puis transporté vers les grands centres à grands frais. La facture du dernier camion qui y a amené la matière a été de près de 4 000 $ pour trente tonnes de verre. Considérant ces chiffres élevés, la Régie se réjouit du plan Verre l’innovation d’Éco Entreprises Québec, qui lui a permis d’obtenir un des fameux imploseurs conçus par Krysteline Technologies1. Les équipements sont en place et la mise en route est commencée. Les résultats sont prometteurs. D’ailleurs, Nathalie Drapeau prévoit que les sousproduits générés par l’équipement ne suffiront pas à la demande, ce qui constitue une excellente nouvelle. 1. Consultez le numéro d’hiver 2016 (vol. 12, no 1) du magazine 3RVe pour plus de détails !

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ENTREVUE

Un marché de moins en moins emballant ! La multiplication des emballages en plastiques semi-rigides, tels que ceux qui enveloppent les laitues à l’épicerie, modifie le portrait de la gestion des matières résiduelles. Comment un simple emballage de légumes peut-il avoir un impact aussi important ? La légèreté de ces plastiques et leur forme semi-rigide augmentent leur volume : lorsque le marché est inondé de ce type d’emballage, les bacs de recyclage le sont aussi. Le volume de matières récupérées augmente de façon importante alors que le tonnage est stable. Or, les centres de tri sont rémunérés pour chaque tonne traitée. Ils doivent donc gérer plus de matières

La Régie intermunicipale de traitement de matières résiduelles de la Gaspésie gère notamment trois écocentres, un site de compostage, un centre de tri, un LET ainsi que la collecte et le transport des matières vers ses installations pour la MRC du Rocher-Percé et la MRC La Côte-de-Gaspé. LE SAVIEZ-

VOUS?

sans être rémunérés pour le faire. Actuellement, seul le tonnage est représenté dans les indicateurs du Régime de compensation pour la collecte sélective et dans les données recueillies par RECYC-QUÉBEC et par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELC). S’appuyant sur ce qu’elle observe au centre de tri de la Régie, Nathalie Drapeau considère que cet élément constitue un sujet auquel le Québec devra sans doute réfléchir, dans un avenir pas trop lointain, pour la santé des centres de tri et l’intégrité des données recueillies.

Des saules pour drainer les eaux usées La RITMRG s’est basée sur le modèle de la Ville de Rimouski pour une autre innovation : les eaux de compostage seront transportées à partir de l’automne 2017 vers un ancien lieu d’enfouissement où sera aménagée une culture de saules. Ces arbres poussent rapidement en plus de capter les nutriments du sol et des eaux de compostage. Les saules sont ensuite déchiquetés en copeaux de bois et intégrés à la matière organique de la plate-forme de compostage. Comme le site de la culture est l’ancien dépotoir de Chandler, les saules améliorent le paysage visuel. En 2017, près de 8 000 m3 d’eaux y seront traités.

LA COLLECTE

pour les institutions, commerces et industries (ICI) Depuis 2012, tous les ICI du territoire de la MRC du Rocher-Percé sont desservis par les trois collectes. Cela demande une surveillance de la part de la Régie ainsi que de la sensibilisation afin de s’assurer que les entreprises soient constantes dans leur effort de réduction des matières enfouies. COMPOSTAGE

ENFOUISSEMENT

RÉCUPÉRATION $

Coût de revient : 85 la tonne

Coût de revient : 85 la tonne

Coût de revient : 178 $ la tonne

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Depuis 2012 Plate-forme de compostage de Chandler Taux de participation : 50 % 33 collectes par année Le compost est ensaché et vendu aux entreprises et aux citoyens dans les centres horticoles, les quincailleries et les municipalités. Les boues de fosses septiques sont pompées dans des géotubes qui laissent filtrer l’eau et conservent les matières solides. Ces dernières sont ensuite valorisées sur des terres agricoles.

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Depuis 1999 Centre de tri de Grande-Rivière Traitement de 4 000 tonnes par année

VALORISATION

Coût de revient : 145 $ la tonne l l l

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3 écocentres sur le territoire Une douzaine de types de matières valorisées La Régie œuvre actuellement à valoriser le styromousse, les matelas et le parement de vinyle 2 800 tonnes par année.

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LET de Gaspé 22 000 tonnes enfouies en 2016, dont un peu plus de 9 000 proviennent du territoire de la MRC du Rocher-Percé


ENTREVUE

Des puces électroniques pour conscientiser la population Dans le but d’augmenter la participation citoyenne aux collectes, une puce a été installée sur chaque bac bleu, bac brun et bac à poubelle de la région. Concrètement, la puce est un collant sur lequel est inscrit un code-barre. Lors de la levée, le type de collecte ainsi que l’adresse sont prélevés et envoyés dans la base de données par une antenne sur le camion. L’implantation de ce système est encore une fois justifiée par le coût élevé d’enfouissement

des matières. Chaque tonne non enfouie est une victoire environnementale et économique. Les puces représentent un coût d’environ 2 à 3 $ par porte. Selon Nathalie Drapeau, ce montant est faible en comparaison des précieuses informations que recueillent les puces électroniques. Il est par exemple possible de savoir si les citoyens d’un quartier ou même d’une rue en particulier ne participent pas à la collecte de matières organiques.

LE SAVIEZ-

VOUS? Bien que la plate-forme de compostage soit à proximité de la ville de Chandler, les épisodes d’odeurs sont bien contrôlés et peu fréquents. Seuls les dépôts printaniers de résidus marins tels que les crevettes causent encore quelques maux occasionnels et de courte durée.

12 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017

On peut même connaître quelle maison n’a jamais utilisé la collecte du bac brun et du bac bleu. Les efforts de sensibilisation sont ensuite ciblés vers ce secteur. Certains citoyens avaient des doutes quant à la nature et à la protection des données recueillies. Mais puisque ces données ne concernent ni le contenu ni le poids des bacs, la forte majorité de la population du territoire a été convaincue. Seule une dizaine de citoyens a refusé.

Mémento est une application créée par un jeune entrepreneur, Samuel Dubé-Roussy, qui effectue un rappel aux citoyens la veille de la collecte. Plus de raison d’oublier de sortir le bac bleu, brun ou vert!

monmemento.ca


MODERNISATION DE LA LOI SUR LA QUALITÉ DE L’ENVIRONNEMENT : PLACE À L’OPTIMISME

CETEQ

Richard Mimeau Directeur général Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) rmimeau@ceteq.quebec

industrie de l’environnement attend depuis longtemps que des modifications soient apportées au régime d’autorisation environnementale de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE). La raison en est simple : les entreprises souhaitent que soit accéléré le processus afin de mettre leur projet sur pied et que les nouvelles technologies puissent voir le jour plus rapidement.

L’

Annoncée en 2015, la modernisation de la LQE est aujourd’hui à l’aube de changer plusieurs aspects du régime d’autorisation. En janvier dernier, lors d’un cocktail-conférence McCarthy Tétrault-CETEQ, nous avons eu l’occasion de discuter avec David Heurtel, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Il a ainsi pu présenter à l’assemblée les différents éléments contenus dans le projet de loi modifiant la LQE. CLAIR, MODERNE ET PRÉVISIBLE Tout au long de sa présentation, le ministre a martelé les mots « clair », « moderne » et « prévisible » pour décrire la démarche de modernisation du régime d’autorisation environnementale et la modification d’autres dispositions législatives, notamment pour réformer la gouvernance du Fonds vert. Ces trois qualificatifs résument bien ce que nous attendons des modifications annoncées dans le projet de loi.

La modernisation répond entre autres aux besoins et aux demandes des entreprises d’accentuer la modulation du régime en fonction du risque environnemental, tout en gardant des normes environnementales élevées. Cette façon de procéder devrait permettre une réduction de certains délais et améliorer l’efficacité du régime d’autorisation, favorisant ainsi l’émergence de nouvelles technologies, ce que nous ne pouvons que saluer. En effet, en plus de se faire entendre à la Commission des transports et de l’environnement, notre association a déposé deux mémoires concernant la modernisation de la LQE, faisant état des divers éléments à améliorer pour une meilleure adéquation entre la Loi et la réalité sur le terrain.

La modernisation répond entre autres aux besoins et aux demandes des entreprises d’accentuer la modulation du régime en fonction du risque environnemental Autre point important de la présentation du ministre : la simplification du processus d’autorisation et l’accroissement de la prévisibilité des processus d’analyse. Un des problèmes récurrents vécus par les entreprises est l’interprétation inégale des guides et règlements entre les différents bureaux régionaux. Un de nos membres a d’ailleurs demandé au ministre comment les modifications à la loi auraient un impact sur cette réalité et sur le fait que les entreprises doivent parfois soumettre des projets sans pouvoir consulter les guides sur lesquels sont basées les analyses du Ministère. M. Heurtel a soutenu que la modernisation de la LQE amènera une plus grande transparence pour toutes les parties et une meilleure compréhension des guides et règlements, afin que les promoteurs de projets puissent profiter d’un processus plus clair et prévisible.

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14 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017

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M O D E R N I S A T I O N D E L A L O I S U R L A Q U A L I T É D E L’ E N V I R O N N E M E N T : P L A C E À L’ O P T I M I S M E

UNE PRESTATION DE SERVICES AMÉLIORÉE Nous avons évidemment été heureux d’entendre le ministre parler de l’intention du Ministère de mettre sur pied un processus de reddition de comptes incluant des indicateurs de performance concernant les délais de délivrance d’autorisations afin d’améliorer la prestation de services. Des rencontres de démarrage serviront à clarifier ce qui est attendu des demandeurs afin d’éviter les nombreux allers-retours actuels entre l’analyste et l’initiateur de projet, et elles aideront à réduire les délais d’obtention d’autorisations. La simplification du processus pour les projets pilotes a également été bien reçue, car beaucoup de projets n’ont pas vu le jour faute de pouvoir mettre sur pied un projet pilote. Le développement de nouvelles technologies vertes passe par leur commercialisation, qui est pratiquement impossible sans qu’une vitrine à pleine échelle et opérationnelle soit disponible pour démontrer les résultats atteints et les frais d’exploitation de la technologie. DES PRINCIPES NOUVELLEMENT INTÉGRÉS Les principes du développement durable et de la lutte contre les changements climatiques seront également intégrés dans la Loi. Les mesures proposées devraient aider le Québec à atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), qui est de 37,5 % sous le niveau de 1990 d’ici 2030. Ainsi, tout demandeur d’autorisation d’un projet dont l’analyse montrerait un potentiel d’émission de GES important, selon un seuil établi par le Ministère, devrait démontrer les mesures prises afin d’optimiser les émissions de GES. Un « test climat » servirait à l’analyse des projets. Nous espérons à ce titre que le MDDELCC offrira un service d’accompagnement pour bonifier les projets, car les entreprises non assujetties au Système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE) sont rarement organisées, informées ou structurées pour répondre à une telle requête. Il faut également rappeler que certains travaux environnementaux apportent d’importants bénéfices pour l’environnement, mais pas nécessairement

sur le plan des émissions de GES. Nous espérons donc que le Ministère étudiera dans leur ensemble les impacts environnementaux d’un projet. Pour les entreprises, il est important que l’accent soit mis sur l’atteinte d’objectifs clairement définis plutôt que sur les moyens. L’innovation est ainsi encouragée et permet de chercher de nouvelles solutions pour protéger l’environnement. UNE COLLABORATION NÉCESSAIRE Les modifications de la LQE auront d’importants impacts sur les règlements qui en découlent et nous serons très certainement amenés à être consultés de nouveau. Les défis actuels et futurs demandent à ce que nous travaillions tous ensemble, surtout considérant le rôle et les nouvelles responsabilités de RECYC-QUÉBEC, qui deviendra un partenaire clé. Le projet de loi 102 a amené les associations en environnement à se concerter davantage, à unir leurs voix pour que leurs messages communs aient plus de force. Nous faisons partie de la solution, et la reconnaissance des compétences des entrepreneurs qui œuvrent en environnement est essentielle au partenariat entre ceux-ci et le Ministère. n Visionnez les capsules vidéo exclusives sur notre chaîne YouTube

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GALA e

La 7 édition du Gala EnviroLys organisé par le CETEQ s’est tenue le lundi 21 novembre 2016 en présence de madame Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, de monsieur Dany Michaud, président-directeur général de RECYC-QUÉBEC, partenaire majeur du Gala EnviroLys, et de plusieurs invités de marque. Plus de 360 personnes étaient présentes au centre Le Madison pour souligner l’apport des entreprises à l’économie verte du Québec.

Félicitations à tous les lauréats des prix EnviroLys 2016 ! Prix Personnalité EnviroLys

Prix Engagement communautaire

Prix Innovation et protection

L’Honorable Stéphane Dion,

Lauréat : Complexe Enviro Progressive

de l’environnement

Ambassadeur du Canada en Allemagne et auprès de l'Union européenne

Prix Création d’emplois et investissement

Prix Projet vert ICI+

Prix Hommage Pierre-Lachance

Lauréat : Englobe

Lauréat : Metro inc.

Prix Cœur Vert

Prix Mention du jury

Lauréat : Chamard stratégies

Mention décernée à Prorec

Lauréat : Englobe

Monsieur Jean-Denis Gagné, président de Sani-Éco Prix Rayonnement à l’extérieur

environnementales

du Québec

Partenaire majeur :

Prix Support au

Lauréat : GEEP

développement commercial Prix Santé et sécurité au travail

Lauréat : We Grab It

Lauréat : Waste Management

Devenez membre du CETEQ Prochain Gala EnviroLys Lundi 20 novembre 2017 Une occasion unique de reconnaitre l’expertise privée de l’économie verte, l’entrepreneuriat et l’innovation des bâtisseurs de l’industrie des services environnementaux. https://www.youtube.com/watch?v=4UUVAcoPqw4

L’association qui promeut les intérêts des entreprises privées en environnement www.ceteq.quebec


LE 20e CONGRÈS DU 3R MCDQ : MISSION ACCOMPLIE

3R MCDQ

Gilles Bernardin Ing., MBA Président du Regroupement des récupérateurs et des recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec (3R MCDQ) info@3rmcdq.qc.ca

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es 15 et 16 février derniers, le Regroupement des récupérateurs et des recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec (3R MCDQ) tenait au Centrexpo Cogego Drummondville le 20e congrès Construction ReCycle, sous le thème : « Ensemble pour partager, influencer, décider ».

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Plus de 310 personnes étaient présentes. Dans la tradition de cet événement phare de notre Regroupement, différents prix et bourses ont été remis, dont : l

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le prix RECYC-QUÉBEC Vision-Innovation à la firme Conteneur Recycle inc. de Chertsey ; la bourse d’études à quatre étudiants (le collectif Mat&Rio) de l’Université Sherbrooke ; le prix Gino Mastro, à titre posthume, à M. Alain Grenier de Broyage mobile Estrie.

Des plaques commémoratives ont aussi été remises à six entreprises qui sont membres du 3R MCDQ depuis sa fondation il y a vingt ans : Bauval, Bellemare Environnement, Construction GFL, Matrec, Pavages Vaudreuil et Solvteq. Lors du lancement de ce congrès, MM. Marc H. Plante, adjoint parlementaire du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), et Dany Michaud, président-directeur général de RECYC-QUÉBEC, ont fait une annonce stimulante : ils ont confirmé l’octroi d’un montant d’un million de dollars destiné à des projets émanant du secteur des résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD). Une douzaine de conférences liées à la gestion des matériaux usagés provenant des CRD ont aussi été présentées : l

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un panel de quatre avocats spécialisés en environnement a débattu des enjeux, des impacts et de la conformité qui résulteront des changements proposés à la Loi sur la qualité de l’environnement (projet de loi 102) ; RECYC-QUÉBEC a présenté un portrait de la récupération du secteur des CRD au Québec et des projets en écogestion de chantiers ; le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports a parlé des matériaux recyclés et des techniques vertes qu’il utilise ; deux membres du comité bois du 3R MCDQ ont présenté les enjeux actuels du bois recyclé ; Chamard Stratégies environnementales et le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) ont mis de l’avant les conclusions de l’étude sur la valorisation des résidus de criblage fin des centres de tri ; le MDDELCC a traité des impacts des résidus de criblage fin utilisés dans les lieux d’enfouissement technique ;

le consortium KPH Turcot a décrit la réutilisation des matériaux de démolition sur le chantier de l’échangeur Turcot ; le Recycling Certification Institute des États-Unis a présenté un programme de certification des centres de tri de CRD ; l’Ontario Waste Management Association a parlé de la nécessité d’une plus grande collaboration à travers le Canada sur les enjeux liés à la gestion des déchets ; le professeur T. Townsend de l’Université de la Floride a abordé l’identification de marchés pour les CRD aux États-Unis.

Pour terminer ce congrès, un panel constitué de six personnalités membres de longue date du Regroupement a présenté une rétrospective des vingt ans de l’organisation et un aperçu des défis à venir. Parmi les modifications proposées pour moderniser la Loi sur la qualité de l’environnement (projet de loi 102), il faudrait aussi songer à moderniser la notion de « matière résiduelle ». Pour alimenter une réflexion sur cette modernisation, il y aurait lieu de s’inspirer de la société Cascades, cette entreprise d’ici pionnière dans le recyclage du papier, du carton et de plusieurs autres matières souvent mal aimées. En effet, la division Cascades Récupération s’est dotée d’un slogan qui incite à remettre en question le moment où une matière bascule dans le bac à déchets : « Qui vous dit qu’il s’agit de déchets ? » (en anglais : « It is not waste until we say it is »). Au fil des ans, l’idée de « matière résiduelle » devra en effet s’ajuster et s’adapter aux avancées réalisées pour réintroduire dans le circuit économique ces matières dont la valorisation est la raison d’être de nos entreprises. Une nouveauté au vingtième congrès Construction Recycle : le Kiosque de l’expert, qui se veut un lieu de partage et d’échange de connaissances sur la gestion des matériaux usagés tels que le béton, les enrobés bitumineux, le gypse, le bardeau d’asphalte, le bois, le verre, ainsi que sur les pratiques de santé et de sécurité du travail et la réglementation applicable. Les conférenciers et les responsables des groupes de travail du 3R MCDQ se sont rendus disponibles à ce kiosque afin de répondre aux questions des congressistes. Tous connaissent le Cube Rubik, ce casse-tête géométrique tridimensionnel dont le principe est d’obtenir une couleur homogène sur chacune de ses six faces. La rotation indépendante de chaque face provoque un mélange des petits cubes et l’homogénéité de couleur est perdue. Le 3R MCDQ a adopté ce cube comme une analogie du recyclage des résidus de CRD. En effet, il incarne le casse-tête des entreprises engagées dans la valorisation des résidus de CRD : six couleurs à unifier, six éléments à gérer et à harmoniser, soit les matières constituant les intrants dans les centres de tri, les matières recyclables triées constituant les extrants, la réglementation applicable, le choix des équipements appropriés, la maind’œuvre et finalement l’espoir de rentabiliser les investissements. Si on modifie un de ces six éléments, on rompt l’équilibre de l’ensemble. En terminant, le 3R MCDQ a remercié Mme Ginette Pellerin pour son travail, sa disponibilité et ses efforts durant ces 19 dernières années. Sa contribution jumelée au soutien déployé par les membres du 3R MCDQ ont amené notre Regroupement à être reconnu comme l’organisme incontournable qu’il faut consulter pour son expertise dans la valorisation des matières résiduelles issues du secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition. n

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MATIÈRES ORGANIQUES

RÉCUPÉRER LA MATIÈRE ORGANIQUE GRÂCE À UNE TECHNOLOGIE NOVATRICE

Benoît Lamarche Ing., Directeur performance opérationnelle, Englobe benoit.lamarche@englobecorp.com

e compost est un produit de qualité obtenu par un procédé naturel de dégradation aérobie qui permet de rendre à la terre une partie des nutriments qui lui ont été retirés. Ces dernières années, le Québec a valorisé des millions de tonnes de matières organiques, entre autres grâce au compostage. Cela s’inscrit dans une volonté claire du gouvernement québécois de détourner 100 % des matières organiques de l’élimination d’ici 2020.

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Cette volonté de promouvoir le recyclage de la matière organique amènera une augmentation importante des volumes de matières organiques générées par les collectes de troisième voie (bacs bruns, résidus alimentaires). Ainsi, tout un flot de matières hétéroclites se retrouve sur nos sites. La qualité du compost de jadis est de plus en plus difficile à obtenir. Comme il est si bien dit en anglais : « Garbage in, garbage out » !

Les nouvelles matières que nous recevons sont de moins bonne qualité qu’auparavant et nécessitent un haut niveau de prétraitement.

Jusqu’à maintenant, Englobe produit un compost de qualité supérieure, certifié BNQ et destiné à des usages horticoles, à être incorporé sous forme de terreau ou à être valorisé lors de travaux d’aménagement de recouvrement et de stabilisation de sites dégradés. Or, les nouvelles matières que nous recevons sont de moins bonne qualité qu’auparavant et nécessitent un haut niveau de prétraitement, ce qui entraîne des coûts plus élevés. Comme démontré ailleurs dans le monde, l’éducation et la sensibilisation du public ainsi que le tri à la source ne réussissent pas, à eux seuls, à régler les problèmes liés à la présence de contaminants et à la faible participation du public, particulièrement dans les immeubles multilogements et les industries-commerces-institution (ICI). Il a été prouvé que l’augmentation de la participation des citoyens se fait trop souvent au détriment de la qualité des matières. Le résultat désiré est donc d’assurer une capture maximale des matières organiques et une qualité irréprochable du produit final, afin que celui-ci puisse être pleinement valorisé, dans l’esprit d’une véritable économie circulaire. Pour ce faire, des solutions techniques doivent être mises en place pour que ce que l’on extrait de la matière organique soit suffisamment exempt de contaminants. RÉCUPÉRATION DE LA FRACTION ORGANIQUE DES ORDURES MÉNAGÈRES Une technologie européenne de séparation de la fraction organique des bacs bruns permet de réaliser cela en une seule opération. Elle peut également s’appliquer à une collecte combinée à deux voies, c’est-à-dire que la fraction organique demeure mélangée dans les ordures ménagères. Cette technologie consiste en une extrusion de la fraction organique par pressage à haute pression. Il en résulte deux composantes : la fraction humide, riche en composés organiques compostables, et une fraction plus sèche, qui contient les matériaux d’emballage, les plastiques, les métaux, bref, tout le reste des ordures destinées à l’élimination.

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RÉC U PÉR E R L A M ATIÈR E O R G A N I Q U E G RÂC E À U N E TE C H N O L O G I E N O V ATR I C E

La capture des matières organiques passe par des méthodes de collecte faciles à adopter pour les citoyens. Le choix de cette méthode de collecte pour un territoire donné dicte principalement le taux de détournement qui sera obtenu. À ce chapitre, la méthode de co-collecte des matières organiques incluses dans les ordures ménagères est des plus prometteuses. La matière organique ainsi obtenue peut être compostée facilement et valorisée en divers usages, en toute conformité avec les guides de pratique en vigueur dans l’industrie. n

Nous tenons à remercier l’équipe d’Anaergia, leur représentant au Québec, Mabarex, ainsi que nos clients pour leur soutien à l’exécution de ces essais.

En mai 2016, 26 essais ont été réalisés au site de compostage d’Englobe à Saint-Henri de Lévis avec diverses matières organiques récupérées de bacs bruns, de poubelles et de clients ICI. Les prélèvements aléatoires ont été faits par Englobe alors que le fonctionnement de la presse extrudeuse était assuré par un technicien du fabricant. Les analyses de la matière organique récupérée ont été confiées à des laboratoires externes reconnus. PRINCIPAUX RÉSULTATS OBTENUS l Les poubelles brutes des systèmes de collecte à deux voies contenaient en moyenne 50,4 % de matières organiques. l Le système d’extrusion à haute pression a récupéré une moyenne de 94,3 % de la matière organique disponible dans les bacs bruns et les poubelles. l La matière organique récupérée ne contenait que de 0,04 à 0,63 % de corps étrangers (en poids), et ce, avant le compostage et l’affinage de la matière organique. l Les concentrations en métaux sont de 5 à 55 fois inférieures aux normes.

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En somme, essayer de trier la matière organique d’une poubelle revient à tenter de réorganiser le chaos ! Le tamisage en post-traitement demande des équipements performants, du temps et de l’espace, en plus de générer des coûts importants en manipulation du compost. Le système de séparation par extrusion est une solution adaptée qui permet de séparer le bon grain de l’ivraie, dès la réception des matières. L’Europe a réalisé une première installation il y a dix ans. La Californie l’a fait en 2016, tandis que l’usine rénovée de Dufferin Road à Toronto sera exploitée dès le début de 2018. CONCLUSION l La matière organique récupérée respecte les normes de qualité en ce qui a trait aux corps étrangers et aux métaux. l Les rejets ne contiennent que très peu de matière organique. l Le système traite autant les bacs bruns que la poubelle. Dans les deux cas, le taux de récupération est de plus de 94 %.

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GESTION HUMAINE DES RESSOURCES

LE TÉLÉTRAVAIL : MODE D’EMPLOI ! sécurité de l’information ne sont que quelques exemples d’éléments dont il faut tenir compte avant de permettre une telle pratique dans son organisation.

Dominique Dodier Directrice générale EnviroCompétences dominique.dodier@envirocompetences.org

es milieux de travail sont constamment en évolution. Les besoins des organisations et des employés changent, et il faut trouver des solutions pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Quelques raisons souvent incontrôlables, telles que les problèmes de transport, les besoins familiaux et bien d’autres situations, peuvent justifier l’adoption d’une formule de travail différente. Ces obstacles pèsent de plus en plus sur la gestion des horaires des employés. Parfois, l’objectif d’offrir aux employés des avantages plus concurrentiels peut nous pousser à penser autrement. Cela peut nous mener, comme gestionnaires, à sortir de notre zone de confort à des fins d’attraction et de rétention d’employés compétents.

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Le télétravail est aujourd’hui un incontournable pour certaines entreprises, et il se répand de plus en plus comme un moyen de rendre service aux organisations et aux individus. En effet, certains employeurs proposent le télétravail à leurs employés afin de répondre à un besoin de favoriser la conciliation travail-famille ou simplement pour offrir plus de flexibilité. L’accès Internet à haute vitesse et l’évolution des moyens technologiques de collaboration ont permis d’atténuer la distance géographique et de donner aux individus un accès plus direct et rapide entre eux. Cependant, les enjeux concernant l’implantation et l’utilisation efficace du télétravail demeurent nombreux. L’organisation doit prendre en considération plusieurs facteurs qui pourraient avoir un impact important sur sa performance : la gestion des ressources humaines (santé et sécurité, gestion du rendement, supervision, etc.), les aspects légaux liés au télétravail, et la

Bien que le télétravail soit le plus souvent défini comme désignant le travail effectué à domicile1, la réalité d’une entreprise pourrait l’amener à inclure le travail effectué dans des bureaux satellites de l’organisation ou dans des centres de travail de proximité (regroupant les salariés de plusieurs entreprises). Le télétravail peut s’appliquer aux salariés seulement, mais il peut être plus difficile, voire impensable, de l’implanter pour certaines fonctions — ou alors cela demande des investissements plus importants (comme pour les postes de réceptionniste, de commis-comptable, ou le travail d’usine). Le télétravail peut être effectué à temps complet ou en partie. Dans ce dernier cas, on parle alors de télétravail pendulaire, en alternance, mixte ou à temps partiel (p. ex., un ou deux jours par semaine). Les nouvelles technologies facilitent le travail à distance tout en permettant les échanges en temps réel (Internet, messagerie, vidéoconférence, plateforme de travail et d’échanges). Pour entreprendre une démarche d’implantation du télétravail, il faut comprendre ce qu’il est, connaître ses avantages et ses risques, et être informé du cadre juridique qui le régit. Le tableau ci-dessous qui résume bien le concept. Il est aussi très important de vérifier que les assurances de l’entreprise couvrent le télétravail. Si ce n’est pas le cas, vous pourriez avoir de mauvaises surprises. Si vous désirez aller plus loin dans la démarche d’implantation du télétravail dans votre organisation, plusieurs étapes doivent être franchies et il faut regarder celles-ci de près. Sauter des étapes pourrait ralentir votre démarche ou faire apparaître des contraintes ou des problèmes. Un guide complet et des outils pour l’implantation d’une politique de télétravail vous sont offerts sur notre site (www.envirocompetences.org). Bonne route! n 1. Tremblay, Diane-Gabrielle. (2001). Le télétravail : articuler qualité de vie et performance. Québec : CEFRIO, collection Recherches et études de cas.

AVANTAGES POUR L’EMPLOYÉ • Meilleur équilibre travail/vie personnelle; • Diminution du temps de déplacement; • Possibilité de trouver un emploi plus éloigné de la maison (si 100 % en télétravail);

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POUR LA COLLECTIVITÉ

POUR L’EMPLOYEUR

Possibilité de travailler à domicile en cas de maladie ou de handicap; Flexibilité des horaires; Accroissement de la motivation, de la concentration et de la productivité; Plus grande autonomie au travail; Diminution du stress; Réduction des dépenses (p. ex., essence, usure de la voiture, transport, repas et vêtements).

• Optimisation de l’espace de travail; • Meilleure image de marque, facilitation du recrutement (attraction des nouvelles générations) et de la fidélisation des employés;

• Plus grande productivité et meilleure qualité du travail; • Réduction de l’absentéisme et des retards; • Plus grande flexibilité et meilleure efficacité des activités et des

• Réduction de la pollution et de l’empreinte carbone;

• Continuité des services en cas de situation de crise ou d’urgence (p. ex., verglas, fermeture de pont);

• Meilleur accès à l’emploi.

services offerts par l’entreprise;

• Infrastructure déjà en place pour poursuivre les activités en cas de situation de crise ou d’urgence (p. ex., incendie ou sinistre sur les lieux de l’entreprise).

RISQUES POTENTIELS POUR L’EMPLOYÉ • • • •

Isolement social; Diminution de l’information et de la communication formelle et informelle; Risque de perdre des chances d’avancement ; Conflit possible entre le rôle professionnel et le rôle privé, c’est-à-dire difficulté à instaurer des limites entre les deux sur les lieux de travail, risque d’épuisement professionnel; • Besoin de grandes capacités d’automotivation et de gestion du temps; • Risque de trop travailler.

POUR L’EMPLOYEUR • • • • • •

Contrôle plus délicat, notamment en ce qui concerne les heures travaillées; Nécessité de développer de nouvelles formes de gestion; Augmentation des coûts de soutien, de sélection, etc.; Diminution possible de l’engagement et de la loyauté des employés; Socialisation et intégration plus difficiles des nouveaux employés; Fragilisation de l’esprit d’équipe.

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LES AMIS DE 3RVE

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34, rue de Chenonceau, Blainville, Qc J7B 1P6

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LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 1 HIVER 2017


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