Skip to main content

3rve ete 2017

Page 1

ÉTÉ 2017, vol. 13 n o 2

SO

Z RE NE S UV Z I D O CO GA ’EN DÉ MA E À L LE URC

Le magazine des matières résiduelles au Québec

Qu’est-ce qui freine encore certains citoyens à participer systématiquement à la collecte sélective ? TAG E R E PO RU S I F E XCPLAGE 8

Convention de la poste-publications no 41122591

Vers une économie circulaire du verre recyclé

14

Un souffle nouveau pour l’industrie du traitement des sols L’économie collaborative et l’obsolescence programmée

19

www.magazine3rve.cc


N’hésitez pas à nous contacter pour plus de renseignements ou pour visiter nos installations

www.EnviroConnexions.com

Enviro Connexions 3779 chemin des 40 Arpents Terrebonne (Qc.) J6V 9T6 tél.450 474-2423 ou 450 474-4947 télec.450 474-1871


Tout en dressant un portrait plutôt positif de la « forte adhésion des Québécois à la collecte sélective des matières recyclables », RECYC-QUÉBEC ne parvient toujours pas à convaincre l’ensemble de la population. À vrai dire, l’organisme gouvernemental semble avoir du mal à vendre le concept du bac bleu à un certain pourcentage de citoyens récalcitrants qu’elle appelle les « Désengagés ».

SOMMAIRE

ÉTÉ 2017, vol. 13 n o 2

Le magazine des matières résiduelles au Québec

chroniques 14

COLLECTE SÉLECTIVE VERS UNE ÉCONOMIE CIRCULAIRE DU VERRE RECYCLÉ

16

CETEQ UN SOUFFLE NOUVEAU POUR L’INDUSTRIE DU TRAITEMENT DES SOLS

18

CPEQ

19

TENDANCE

COMMENTAIRES SUR LA NOUVELLE POLITIQUE DE PROTECTION DES SOLS ET DE RÉHABILITATION DES TERRAINS CONTAMINÉS ET SUR LE NOUVEAU PROGRAMME CLIMATSOL-PLUS

L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE ET L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE

20

21

LES AMIS DE 3RVE

ONSS LES B TACT CON

3R MCDQ SUIVI DE LA PROBLÉMATIQUE DE GESTION DES FRACTIONS FINES ISSUES DU CRIBLAGE DES CENTRES DE TRI DE CRD

Éditeur et rédacteur en chef André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs Gilles Bernardin Jean-Louis Chamard Louis-Philippe Lefebvre Richard Mimeau Maryse Vermette Collaboration spéciale Yvon Laprade

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.

4 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Direction artistique MAYA.cc Designer graphique Sylvain Malbeuf (SymaPub) Photos de la page couverture et de l’entrevue Sebastien Arbour de Arbour photo Révision linguistique Émilie Pelletier

Espace publicitaire André Dumouchel Téléphone : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc Abonnement et administration MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Québec) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc

Impression Carpe diem

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent la responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1er trimestre 2005. ISSN 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié trois fois l’an.


REDÉCOUVREZ LE VERRE DE LA COLLECTE SÉLECTIVE Venez visiter notre kiosque sur le verre : Emplacement 10 Colloque sur la gestion des matières résiduelles* 19 et 20 septembre 2017 Delta Trois-Rivières

Sablage au jet

Verre cellulaire

Laine minérale

Refonte de contenants

Mobilier urbain

Dalles écologiques

Filtration d’eau

Toit vert

Le plan Verre l’innovation de Éco Entreprises Québec vise à offrir une deuxième vie à tout le verre de la collecte sélective en stimulant le développement de matériaux et de procédés novateurs. Informez-vous dès aujourd’hui au sujet des écomatériaux à base de verre recyclé et sur les nombreux avantages liés à leur utilisation. * Veuillez noter que l’entrée au Salon est payante.

verre@ecoentreprises.qc.ca ecoentreprises.qc.ca/verre


« PASSE-MOI LA PUCK PIS J’VAS EN COMPTER DES BUTS ! »

ÉDITORIAL

ire qu’Yvon Laprade est un journaliste d’expérience serait un euphémisme. Celuici exerce en effet ce métier depuis plus de 30 ans et a notamment œuvré au sein des deux plus importants quotidiens québécois. Mais en plus d’avoir la plume agile, il excelle sur deux lames. Habile hockeyeur, il est surtout un homme avec qui il est aussi plaisant de André Dumouchel jouer que de converser après la partie. Comme adumouchel@maya.cc nous jouons dans la même ligue, nous avons rapidement pris plaisir à échanger sur son métier et ses multiples facettes, pour enfin parler de l’industrie de la GMR, de ses acteurs et de leurs défis. Était-ce en raison de la petite froide traditionnelle ou encore parce que le sujet a titillé sa curiosité ? Il a ouvert la porte à une possibilité de collaboration, et je me suis empressé d’y mettre le pied. Je vous invite à lire le fruit de son travail en page 8.

D

Ce que vous y trouverez ? Les propos et les opinions d’experts chevronnés de l’industrie, paroles très représentatives de ce qu’on entend dans les couloirs des congrès, des colloques, des salons et des autres événements de ce genre. L’ambiance et la passion que l’on trouve dans les discussions tenues dans les coulisses de ces événements me font d’ailleurs penser à celles de bien des vestiaires de hockey. Alors c’est quoi, le problème ? Des problèmes, il y en a bien plus qu’un ! Notre réponse est aussi bonne que la vôtre. Toutefois, dans notre préparation du reportage, nous avons pris le temps de regarder attentivement l’étude commandée et publiée par RECYC-QUÉBEC en octobre 2015. Celle-ci a prêté le flanc à la critique à sa sortie, et certains l’ont jugée incomplète. Mais

combien l’ont lue, combien ont essayé de l’apprécier pour ce qu’elle pouvait offrir ? Ah, cette tendance à vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain… Notre point de départ se trouvait dans la préface, dès la première ligne : « Qu’est-ce qui freine encore les citoyens à participer systématiquement à la collecte sélective ? » Rien de mieux qu’une question ouverte pour stimuler les discussions. Et notre collaborateur en a eu de passionnantes, selon ses dires. En cours de route, après avoir analysé et soupesé chacun des mots en place, nous avons décidé de nuancer le titre en y ajoutant le mot « certains ». Il était important de le faire, puisque le consensus est qu’une majorité de citoyens participe déjà systématiquement à la collecte sélective, ce qui est une réussite en soi, dont nous pouvons être collectivement fiers. Parallèlement, tous les intervenants apportent l’une des 50 nuances comprises entre « ça régresse légèrement », « ça stagne » ou, pour les optimistes, « il y a tout de même de l’amélioration ». Alors pourquoi certains citoyens ne participent-ils pas, comme la majorité, à l’action collective qui consiste à séparer ses déchets ? La question mérite d’être posée, comme bien d’autres qui seront discutées au Colloque sur la gestion des matières résiduelles organisé par Réseau Environnement et présenté par RECYC-QUÉBEC et ÉEQ les 19 et 20 septembre prochains. Je vous invite à aller y alimenter les discussions de corridors, comme celles plus officielles en salles — sans apporter vos patins ! Bien que les idées exprimées dans le reportage ne feront pas toutes consensus, j’espère que l’industrie commencera à se passer la rondelle, car c’est le temps d’aller compter des buts ! n

6 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc


REPORTAGE

Qu’est-ce qui freine encore certains citoyens à participer systématiquement à la collecte sélective ?

Un reportage d’Yvon Laprade Collaboration spéciale

MAINTENANT QUE PRESQUE TOUS LES QUÉBÉCOIS ONT UN BAC BLEU DANS LEUR COUR, QU’EST-CE QUI LES EMPÊCHE DE PARTICIPER PLUS ACTIVEMENT À LA COLLECTE SÉLECTIVE ? ET

SI ON POSAIT LA QUESTION AUTREMENT

:

COMMENT EXPLIQUER QUE DES CITOYENS

REFUSENT ENCORE DE FAIRE LE TRI DES MATIÈRES RECYCLABLES ?

Le bac bleu fait du sur-place Des actions énergiques réclamées « Moi, je l’ai, la réponse ! Il faut cesser de parler pour ne rien dire et passer à l’action », résume Mario Laquerre, coordonnateur de la gestion des matières résiduelles à la MRC de Joliette. Il ajoute : « Le problème, c’est qu’on est paresseux. Le gouvernement ne bouge pas assez vite à mon goût, les villes attendent je ne sais quoi, et pendant ce temps-là, on plafonne. » Mais encore ? « Si on veut arriver à des résultats concrets, précise celui qui enseigne la gestion des matières

8 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBECEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

résiduelles à l’Université de Sherbrooke, il faut intervenir. À la limite, pénaliser les citoyens qui refusent d’embarquer. » L’EXEMPLE DE JOLIETTE Ce passionné, qui se consacre au recyclage depuis 28 ans, est conscient que cette façon de faire demande des ajustements. « Il y a dix ans à peine, les automobilistes qui ne portaient pas la ceinture de sécurité recevaient une contravention, fait-il valoir. Demandez aujourd’hui à n’importe quel policier s’il donne des tickets à ceux qui ne la portent pas. Il risque de vous répondre que la majorité des automobilistes se sont habitués à porter la ceinture. » UNE APPROCHE PLUS SOUPLE De son côté, sans rejeter du revers de la main l’option de pénaliser les gens , le PDG de Réseau Environnement Jean Lacroix préfère, et de beaucoup, mieux outiller et mieux informer pour en arriver à des résultats concluants.


REPORTAGE

Campagne de sensibilisation citoyenne réalisée en 2014 sur la rive nord (région de Montréal)

« Il ne faut surtout pas culpabiliser le citoyen, soumet-il. Il faut plutôt lui permettre de modifier son comportement, et ne pas lui faire la morale. » Il insiste : « Je ne crois pas qu’on va faire avancer la cause du recyclage et de l’élimination des matières résiduelles en tapant sur le citoyen. À mon avis, pénaliser, c’est une solution de dernier recours. » Jean Lacroix parle plutôt d’incitatifs qui peuvent prendre la forme de crédits d’impôt foncier pour valoriser les efforts de ceux qui sortent leurs bacs et savent faire la distinction entre les bacs bleu, brun et noir. Là encore, la partie est loin d’être gagnée, convient-il. Mais des municipalités — il donne en exemple Beaconsfield — ont réussi à « vendre » à leurs contribuables le concept de la collecte intelligente. « Dans cette ville, dit-il, il y avait quatre collectes par mois. Il n’y en a qu’une seule, à présent. Résultat : la quantité de déchets ramassés a diminué de 40 % en trois ans. » Un autre exemple ? Dans le quartier Limoilou, le taux de récupération est passé de 50 à 80 % après que l’on ait distribué des sacs biodégradables aux citoyens. « La solution était toute simple, note-t-il. À cet endroit, c’était plus facile de recycler avec des sacs beaucoup plus légers et surtout moins encombrants que les gros bacs. » DES VILLES QUI OSENT À vrai dire, il est peut-être là, le véritable enjeu. Pour amener les citoyens à « faire leur bac », il faudra permettre aux villes et aux municipalités de faire preuve d’initiative et de trouver des solutions imaginatives. « C’est ce qu’on veut faire, convient Jean Lacroix. On veut identifier des champions, des villes qui se démarquent. Nous savons que les villes sont prêtes à bouger, que ce soit Montréal, Québec ou d’autres endroits en province. » Combien de villes sont véritablement engagées dans le processus ? « Je ne peux me prononcer avec précision sur cette question », répond le PDG, dont l’organisme représente les municipalités et l’industrie. Et que pense-t-il des actions que pose — ou devrait poser — RECYCQUÉBEC pour rassembler tout ce beau monde ?

« Je sais qu’ils sont à redéfinir leur plan d’action, observe-t-il. Ils sont plus agressifs. Je sens une audace, une volonté d’agir, avec leur nouveau PDG. » LA MAUVAISE APPROCHE Manifestement, ce n’est pas la lecture que fait Mario Laquerre. « C’est désolant de voir à quel point ils [RECYC-QUÉBEC] ne font pas leurs devoirs, martèle l’ex-haut dirigeant de l’organisme gouvernemental. Ils ne font tout simplement pas leur travail. Ils n’ont pas de vision, et c’est ça, le problème. C’est ça qui nous paralyse. » Il n’est guère plus tendre à l’endroit du gouvernement, et il aimerait voir les élus municipaux « agir sans avoir peur de la réaction de leurs électeurs ». « Ça demande tout simplement du courage », avance-t-il. L’APPROCHE MARKETING Mais parfois, le courage seul ne suffit pas à faire changer les mentalités. C’est ce que soutient un expert en publicité et communication de marque qui a requis l’anonymat. « Il est clair que le gouvernement n’a pas la bonne approche, la bonne stratégie, avance-t-il. On n’a pas la bonne approche pour cibler les clientèles visées, surtout les citoyens qui ne veulent pas faire un effort supplémentaire pour soulager la planète. » « Il faudrait être plus créatif, ajoute-t-il. Pourquoi ne pas offrir des récompenses à ceux qui ont un comportement exemplaire ? » Ce spécialiste n’a pas la prétention d’avoir la solution. Mais il est persuadé que le citoyen ordinaire est prêt à en faire plus. Quant aux autres, les réfractaires au changement, il faudra redoubler d’efforts pour les convaincre. « On aura beau répéter le même message à la télé, ou dans les campagnes publicitaires axées sur les bons comportements, il faut dépasser cela. Il faut valoriser les petits gestes, aller au-delà des belles paroles. » Il voit d’un bon œil les campagnes de mobilisation faisant appel à l’initiative de groupes de commerçants, dans les quartiers montréalais, par exemple. Il est aussi d’avis qu’il faut mettre les citoyens dans le coup. « Ce sont eux qui sont sur le terrain et qui peuvent amener des solutions », fait-il valoir.

9 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


REPORTAGE

RECYC-QUÉBEC a identifiÊ les  DÊsengagÊs 

Portrait des comportements et attitudes des citoyens quĂŠbĂŠcois

Par contre, quatre personnes sur dix qui ont rÊpondu aux questions des sondeurs affirment  qu’elles arriveraient à produire moins de dÊchets si leur municipalitÊ leur donnait une ristourne sur la quantitÊ de matières qu’elles mettent à la collecte des matières recyclables ou compostables .

Embarquer dans le bac ! OCTOBRE 2015

Étude rÊalisÊe par Recherches et sondages SOM

Tout en dressant un portrait plutôt positif de la  forte adhÊsion des QuÊbÊcois à la collecte sÊlective des matières recyclables , RECYC-QUÉBEC ne parvient toujours pas à convaincre l’ensemble de la population. À vrai dire, l’organisme gouvernemental semble avoir du mal à vendre le concept du bac bleu à un certain pourcentage de citoyens rÊcalcitrants qu’elle appelle les  DÊsengagÊs . Revoyez ces capsules vidÊos sur notre chaÎne YouTube

C’est ce qu’on apprend à la lecture d’une Êtude dÊvoilÊe en octobre 2015, rÊalisÊe de concert avec la firme de sondages SOM, qui a interrogÊ 2 068 adultes quÊbÊcois.  Ces personnes ne partagent pas les valeurs pro-environnementales de la majoritÊ , prÊcisent les auteurs de l’Êtude. On fait allusion, notamment, à  un groupe de citoyens qu’il sera difficile d’amener à faire une contribution plus importante dans la collecte des matières recyclables si l’on considère leurs opinions, attitudes et comportements à l’Êgard de l’environnement et du recyclage . PAPIER, CARTON, PLASTIQUE, VERRE, MÉTAL RECYC-QUÉBEC constate nÊanmoins qu’une vaste majoritÊ de QuÊbÊcois rÊcupèrent le papier, le carton, le plastique, le verre et le mÊtal en vue du recyclage.  Dans une large mesure, prÊcise-t-on dans l’Êtude, ils le font systÊmatiquement ou la plupart du temps.  Dans l’industrie, on s’entend pour situer à environ 80 % la proportion de citoyens  vendus  au bac bleu. Il reste un noyau mou de 20 %.  Il faut arrêter de piocher sur le 20 %, on perd notre temps ! , exprime pour sa part Louise Fecteau, associÊe et prÊsidente chez Gaïa environnement. Il n’en demeure pas moins, toujours selon l’Êtude de RECYC-QUÉBEC, qu’un tiers des rÊpondants doutent que les matières premières mises au bac seront recyclÊes, tandis que 16 % d’entre eux ont le sentiment que le recyclage gÊnère‌ de la pollution. Autre ÊlÊment qui ressort dans ce portrait des comportements et attitudes des citoyens : les QuÊbÊcois ne veulent pas être taxÊs pour la collecte des dÊchets en fonction du volume.

10 LE MAGAZINE DES MATIĂˆRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

www.YouTube.com/MAYAProductionvideo

Capsules vidĂŠo ÂŤ Dans mon bac Âť l l l

LOUER OU ACHETER LA COULEUR DES BACS LES APPELS D’OFFRES

l l l

LA FRÉQUENCE DES COLLECTES LE COMPTE DE TAXES SENSIBILISATION

Il faut que les villes  mettent un budget  ! C’est le message qu’a toujours martelÊ Daniel Gingras, fils de vidangeur et gestionnaire de matières rÊsiduelles. Ce  gourou sympathique  a maintes et maintes fois soutenu qu’il est essentiel que les municipalitÊs investissent dans l’environnement afin de permettre aux citoyens de participer à l’effort collectif de la cueillette sÊlective. Il le clamait haut et fort dans une sÊrie vidÊo humoristique — et troublante de vÊritÊ sur la gestion des matières rÊsiduelles — produite il y a quelques annÊes.  Faut qu’on en fasse moins, de ces dÊchets-là ! , disait-il à propos des dÊchets qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement. Il insistait Êgalement sur l’importance de sensibiliser la population, d’abord et avant tout : rÊduire à la source, et non pas uniquement envoyer moins de dÊchets dans les sites d’enfouissement. On peut prÊsumer qu’il dresserait le même portrait d’ensemble si on l’interrogeait aujourd’hui. Les villes en font-elles assez ? PrÊvoient-elles les budgets nÊcessaires pour inciter leurs citoyens à changer leurs comportements ?


REPORTAGE citoyens mettent du bon stock dans leur bac », fait-il valoir.

Idem pour les commerces et les industries. « Nous devons nous adapter en fonction de leurs besoins et de leur réalité, dit-il. Un commerce peut avoir besoin d’un bac roulant ou d’un conteneur. Chacun a des besoins particuliers et si veut les rejoindre, il faut en tenir compte. » SUR LE TERRAIN À la MRC de la Vallée-du-Richelieu, une patrouille verte voit à ce que les citoyens évitent de mettre dans le bac bleu des chaises de plastique ou encore de la céramique, en pensant que c’est du verre.

Le bac ou l’impôt foncier Faudra-t-il que les municipalités fassent des cadeaux ou, à l’inverse, taxent davantage les « Désengagés » pour faire avancer la cause du recyclage au Québec ? Nous avons posé la question à Léo Fradette, coordonnateur de la gestion des matières résiduelles à la MRC de la Vallée-du-Richelieu.

« On ne fait pas les 6 000 portes de la MRC, relativise Léo Fradette. Mais nos patrouilleurs font une inspection visuelle des bacs avant la collecte. À l’occasion, on remet des billets de courtoisie aux citoyens pour qu’ils comprennent qu’il ne faut pas tout mettre dans le bac. » « C’est une approche dynamique, ajoute-t-il. Les citoyens apprécient, règle générale. » Par ailleurs, dix ans après avoir implanté le bac bleu, la MRC s’apprête à distribuer 45 000 bacs bruns pour les matières organiques. « On commence cet automne, dit le coordonnateur. On s’attend à ce que ça demande un temps d’adaptation, comme ce fut le cas avec le bac bleu. »

« Ça peut se faire à travers un règlement sur la nuisance, soumet-il. On pourrait faire payer le citoyen [récalcitrant] en augmentant ses taxes. » Mais ce n’est pas l’approche qu’il préconise. Il voit l’implantation d’une taxe punitive comme un moyen « drastique ». « Il est préférable de mettre les efforts auprès de ceux — et ils sont une grande majorité, selon lui — qui participent à la collecte sélective », ajoute-t-il. Il convient que le taux de participation au recyclage a atteint « un plafond », « mais ce n’est pas une catastrophe », précise-t-il. Léo Fradette croit néanmoins qu’il est de plus en plus important — et opportun — de « bien transmettre l’information aux citoyens » afin qu’ils recyclent mieux. « Il faut les aider à savoir quoi mettre dans le bac et quand le mettre, et leur rappeler qu’il est facile de le faire. Il est important que les

12 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Mettre fin à la confusion Le tri des matières recyclables ne doit pas se faire uniquement dans le bac bleu, mais aussi dans la façon d’analyser les données « pour avoir une lecture précise sur la nature de nos interventions », résume Louise Fecteau, associée et présidente chez Gaïa environnement. « Si on veut avancer, dit la consultante en environnement, il faut avoir en main des données claires, nettes et précises. Il faut que les villes publient leurs résultats selon des critères admis et reconnus. Il faut expliquer aux citoyens pourquoi on avance, ou pourquoi on régresse. »

Or, déplore-t-elle, il règne une grande confusion dans ce secteur d’activité, même si les producteurs et les citoyens ont « fait des efforts inouïs pour que ça marche ». Et qu’est-ce qui explique cette confusion ? « On n’a pas en main toutes les données statistiques nous permettant de voir et de savoir où on s’en va, explique-t-elle. L’information précise, les données à jour, c’est pourtant le nerf de la guerre ! » Elle cible plus particulièrement R ECYC QUÉBEC, qui ne réussit pas, déplore-t-elle, à publier des statistiques sur une base annuelle « alors qu’à peu près partout dans le monde, ça se fait tout naturellement ». « Les dernières données [publiées en juillet 2017] remontent à 2015, évoque-t-elle, perplexe. C’est incompréhensible ! On est deux ans en retard. » Louise Fecteau ne voudrait toutefois pas donner l’impression que tout va mal dans ce secteur d’activité vieux de 20 ans, avec l’arrivée des premiers bacs de recyclage. « Il se passe de belles choses », tient-elle à préciser. Mais elle croit qu’il faudra envoyer des messages plus clairs aux citoyens pour qu’ils mettent dans leur bac d’autres types de contenants afin d’améliorer les performances en matière de recyclage. « Ça fait quinze ans qu’on radote qu’il faut mettre les bouteilles d’eau et de jus dans le bac, ditelle. Là, il faudrait leur dire que les bouteilles d’assouplisseur et de produits pour la lessive peuvent aussi y aller. Mais on ne retrouve pas ça dans les campagnes de RECYC-QUÉBEC, où on parle de rouleaux de papier de toilette et de canettes d’aluminium… » CONSCIENTISER, EXPLIQUER Patrice Clerc, directeur de l’optimisation chez Cascades récupération, croit lui aussi qu’il faut davantage conscientiser les citoyens et leur expliquer la mécanique du recyclage. « Au Québec, constate-t-il, on a comme déconnecté l’acte. On demande au citoyen de mettre son bac bleu au chemin, et ça s’arrête là. » Il ne dit pas qu’il faut imiter la ville de Bordeaux, en France, où les citoyens reçoivent une facture en fonction du poids de leur bac


REPORTAGE déterminé au moyen d’une puce intelligente, mais il croit qu’il faudrait améliorer le message « si on veut convaincre le gars qui s’en fout de recycler parce qu’il croit faussement que le camion envoie les produits à l’enfouissement ».

Et depuis deux mois, constate Patrice Clerc, le plastique s’accumule dans les centres de tri, « parce que la Chine et l’Inde ont cessé d’acheter ».

« Chose certaine, insiste-t-il, on a chez nous un problème de conscientisation en matière de recyclage. Il y a aussi une absence de transparence dans certaines villes, où le recyclage, c’est un énorme foutoir, où il n’y a pas de critères de standardisation pour mesurer les taux de récupération et ce qui mérite d’être récupéré. »

(N.D.L.R. En raison des vacances estivales, il a été impossible d’obtenir les commentaires du PDG de RECYC-QUÉBEC, Dany Michaud, et de la PDG de Éco Entreprises Québec, Maryse Vermette.)

« Ça commence à devenir inquiétant », conclut-il.

Il ajoute : « Hélas, chacun tire la couverture de son bord et ça nous empêche d’avancer. » Avec une pointe de cynisme, il rappelle que certaines villes ne sont « même pas capables » de fournir la même couleur de bac à leurs citoyens. « On a du bleu et du vert dans la même ville, parfois. Ça en dit long sur la confusion ! », décoche-t-il. Patrice Clerc, qui ne cache pas, avec humour, avoir « une grande gueule ! », souhaiterait que la population sache pourquoi on lui demande de recycler, et où aboutissent les produits qui se retrouvent dans le bac une fois par semaine. « On ne dit pas assez que le taux de rejet dans les centres de tri n’est que de 12,8 %, note-t-il. Mais que fait-on avec les 87,2 % recyclables ? On n’en parle pas. »

Séparateur MACH Ballistic

Unité de tri optique MACH Hyspec®

CHOISISSEZ LE BON PARTENAIRE

Où vont ces 87,2 %, alors ? « Au Québec, tout est fait en fonction de ce qu’on va envoyer à l’exportation, répond-il. Les entreprises ne sont pas tenues de faire de la recherche pour intégrer ces produits-là dans le processus de fabrication. » Résultat : la moitié des produits récupérés, calculet-il, se retrouvent dans des conteneurs et trouvent une nouvelle vocation à l’étranger, en Chine, en Inde, là où il y a des marchés, là où il y a des preneurs. « Ça n’a pas de sens, c’est faire preuve d’une certaine hypocrisie, dénonce-t-il. Il faudrait parler des vraies affaires. Pourtant, c’est possible de faire beaucoup mieux. Prenez l’Ontario. Là-bas, ils ont l’obligation de trouver des solutions pour récupérer, pour faire tourner la roue. » En attendant, l’industrie du recyclage reste tributaire des marchés d’exportation, dans une large proportion

Expert en technologies de tri Systèmes de tri performants Équipements de qualité supérieure Équipe dédiée aux besoins du client

Obtenez la meilleure solution ! Chez Machinex, nous écoutons vos besoins et respectons votre budget. Nous livrons les projets selon les exigences actuelles tout en offrant une flexibilité pour le futur.

1 877 362 3281 | machinextechnologies.com

13 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


COLLLECTE SÉLECTIVE

VERS UNE ÉCONOMIE CIRCULAIRE DU VERRE RECYCLÉ

Maryse Vermette B. Sc., MBA Présidente-directrice générale Éco Entreprises Québec mvermette@ecoentreprises.qc.ca

ans le cadre du plan Verre l’innovation de Éco Entreprises Québec (ÉEQ), nous avons eu le plaisir d’inaugurer en juin la mise en place d’équipements novateurs de tri et de nettoyage du verre dans trois des cinq centres de tri participant aux projets-pilotes d’expérimentation, soit à Québec, à Saint-Paul-de-Joliette et à Grande-Rivière. Deux autres centres de tri, soit ceux de Thetford Mines et de Terrebonne, seront inaugurés d’ici la fin de l’année. Ces cinq projets traiteront l’équivalent de 25 % du verre récupéré au Québec et seront l’objet de tests et de mesures de performance tout au long de la période d’expérimentation de 15 mois.

D

Des représentants municipaux et plusieurs parties prenantes de l’industrie ont participé à ces événements. La communauté d’intérêts a bien répondu et est venue découvrir avec enthousiasme les nouvelles technologies permettant de produire un verre issu de la collecte sélective de grande qualité et à valeur ajoutée. Rappelons que le plan Verre l’innovation vise à moderniser les centres de tri québécois en testant des équipements novateurs de tri et de nettoyage du verre afin de produire du verre de qualité et de multiplier les applications et les écomatériaux intégrant ce verre pour lui donner une deuxième vie.

« Nous devons avancer tous ensemble pour soutenir le développement d’une réelle économie verte et circulaire. C’est en continuant d’innover un peu plus chaque jour que le Québec deviendra un exemple à suivre en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques », a déclaré le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel, lors de l’inauguration du 20 juin dernier à Saint-Paul-de-Joliette. Les 3 400 entreprises et organisations contributrices, mettant sur le marché des contenants, des emballages et des imprimés, financent la collecte sélective au Québec à la hauteur de 150 millions de dollars chaque année. Or, depuis 18 mois, elles investissent, en sus de leur obligation légale, plusieurs millions dans l’innovation et l’essor d’une économie circulaire québécoise performante entourant le recyclage du verre de la collecte sélective. VERS UN NOUVEAU MODÈLE ÉCONOMIQUE BASÉ SUR LE RECYCLAGE D’UN VERRE DE QUALITÉ À VALEUR AJOUTÉE Pour la chaîne de valeur du recyclage du verre, il s’agit d’un changement de paradigme. Traditionnellement, le verre sortant des centres de tri contenait environ 20 % de contaminants. Ce verre était acheminé chez un conditionneur, qui devait assumer le transport de 20 % de contaminants, nettoyer davantage le verre et gérer les coûts liés à l’enfouissement des contaminants. Dans le nouveau modèle en cours d’expérimentation, les centres de tri des projets-pilotes sont en mesure de produire un verre pur jusqu’à 99 %. Ce verre devient ainsi plus intéressant pour un conditionneur, car celui-ci peut dès lors concentrer ses ressources à transformer le verre pour des applications à valeur ajoutée telles que la poudre de verre pour ajout cimentaire, les abrasifs, la filtration d’eau, la refonte de contenants de verre et de nombreuses autres applications novatrices.

14 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

AVANT : UNE FAIBLE QUALITÉ ET DES COÛTS ÉLEVÉS 20 % CONTAMINANTS

80 % VERRE

AUJOURD’HUI : DU VERRE DE GRANDE QUALITÉ POUR UNE MULTITUDE D’APPLICATIONS VERRE JUSQU’À

99 % PUR

Les gains environnementaux générés par ce nouveau modèle s’allient ainsi aux gains économiques pour favoriser une économie circulaire à partir des matières recyclables de notre bac de récupération. PASSER DES PLANCHES D’ESSAI À LA COMMERCIALISATION Plusieurs organisations étaient déjà en mode innovation. Le plan Verre l’innovation de ÉEQ vient canaliser ces efforts dans une vision commune : développer des écomatériaux intégrant du verre issu de la collecte sélective. Au cours des dernières années, plusieurs planches d’essai ont été réalisées, notamment avec la poudre de verre en ajout cimentaire. L’existence d’une plus grande quantité de verre de qualité constitue donc une bonne nouvelle pour ces entreprises innovantes et inspire de plus en plus d’entreprises à emboîter le pas, sur la base d’études de marché prometteuses réalisées conjointement avec nous. Mais développer de nouveaux marchés exige des efforts, des investissements et un coffre à outils bien garni. En effet, la route de l’innovation à la commercialisation est parsemée d’embûches : effectuer des tests et des contrôles de qualité, concevoir de nouvelles normes et obtenir des certifications qui viendront rassurer les donneurs d’ordres, réaliser des projets à succès et les faire rayonner, et convaincre les ingénieurs, les architectes et les donneurs d’ordres de les utiliser ne sont que quelques exemples des étapes à franchir avant qu’un écomatériau ou une nouvelle application industrielle ne devienne économiquement viable. Dans un contexte où l’on commence à voir poindre des exemples concrets d’économie circulaire, les possibilités sont bien réelles, mais la tâche reste colossale, particulièrement pour ceux qui ouvrent la voie. C’est pourquoi une partie des investissements du plan Verre l’innovation de ÉEQ sera consacrée, dans les mois et les années à venir, à soutenir ces entreprises pionnières selon leurs besoins bien précis et à provoquer des occasions de maillages fructueux. À terme, notre souhait est que l’offre de verre recyclé de qualité augmente et que tous les contenants de verre mis dans le bac de récupération puissent trouver une deuxième vie dans des applications diversifiées. Cette vision est déjà en cours de réalisation. En parallèle, ÉEQ accompagnera les entreprises innovantes dans leurs démarches de précommercialisation et de commercialisation avec une approche rigoureuse et collaborative afin de les aider à franchir chacun de ces jalons avec succès. Il s’agit d’une approche itérative propre à l’innovation, qui s’ajustera au fil des apprentissages, des essais et des erreurs, des rétroactions et des contributions des nombreux partenaires qui sont au cœur de ces démarches. Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc


Un exemple d’utilisation des écomatériaux avec verre recyclé Toit vert avec a vec verre verre cellulaire en sous-couche au terreau

Passerelle a avec vec béton UHP

Paillis ornemental ornemental à base de gr anulat granulat de v erre recy clé verre recyclé

Filtratio Filtration n de piscine avec sable a vec sa ble verre recyclé de v erre recy clé

Iso Isolation lation avec avec laine laine minérale minérale

Mo Mobilier bilier urbain a vec poudre de verre verre avec en ajout cimentaire

Aménagement Aménagements s paysagers avec a vec dalles écologiques intégrant intégr ant du verre verre recyclé recyclé

Tro Trottoir ttoir a avec vec poudre de verre verre en ajout cimentaire

Pist Piste e cyclable avec avec dalles écologiques intégrant intégrant du verre verre recyclé recyclé

QUELLES SONT LES PROCHAINES ÉTAPES POUR ÉEQ ET LE PLAN ? En plus de l’inauguration des deux derniers centres de tri participant aux projets-pilotes, dont celui de Récupération Frontenac à Thetford Mines à l’automne, les démarches d’accompagnement des entreprises innovantes et de développement des marchés pour les écomatériaux intégrant du verre recyclé issu de la collecte sélective se poursuivront, étape par étape. Avec un projet aussi porteur et audacieux que celui du plan Verre l’innovation, nous maintenons notre approche rigoureuse et concertée, et ce, dans l’objectif de contribuer à l’essor d’une économie circulaire au Québec et — qui sait — d’innovations exportables pour les entreprises d’ici. n

Dans un esprit de concertation, des comités sont mis en place, dont le comité de suivi des projets-pilotes d’expérimentation, copiloté par RECYC-QUÉBEC et Éco Entreprises Québec, et regroupant des représentants de tous les maillons de la chaîne de valeur du recyclage du verre. Ces derniers suivront l’évolution des indicateurs de performance des projets-pilotes d’expérimentation sur une période de 15 mois.

EXEMPLES D’INDICATEURS DE PERFORMANCE POUR LES PROJETS-PILOTES Taux de pureté du verre de granulométrie fine Taux de pureté du verre de grande granulométrie Tonnage de verre produit mensuellement Taux de recyclage du verre (en % de verre vendu par rapport au verre produit)

L’appui des autorités gouvernementales, tel que celui reçu du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel, lors de l’inauguration du 20 juin dernier, est important afin de créer un véritable mouvement de fond, tout comme la précieuse implication d’autres ministères et du monde municipal.

De gauche à droite : Marc H. Plante, adjoint parlementaire du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques René Sylvestre, vice-président, EBI David Heurtel, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Maryse Vermette, présidente-directrice générale, Éco Entreprises Québec Pierre Renaud, administrateur, Éco Entreprises Québec Denis Brisebois, président du conseil, Éco Entreprises Québec

15 Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc

LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


UN SOUFFLE NOUVEAU POUR L’INDUSTRIE DU TRAITEMENT DES SOLS

CETEQ

Richard Mimeau Directeur général Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) rmimeau@ceteq.quebec

UNE POLITIQUE LONGTEMPS ATTENDUE u début de l’ère industrielle, on se préoccupait bien peu de contaminer ou non les sols, et on se souciait encore moins de les décontaminer. On n’a qu’à penser aux nombreux terrains contaminés qui se trouvent dans l’est de Montréal et qui sont laissés vacants, faute d’avoir été décontaminés. En effet, on sait aujourd’hui que le sol est essentiellement une ressource non renouvelable, en plus d’être un système très dynamique qui remplit de nombreuses fonctions et joue un rôle crucial pour les activités humaines et la survie des écosystèmes. Il existe maintenant un consensus quant à la nécessité d’assurer aux sols le même niveau de protection qu’aux autres milieux naturels comme l’air ou l’eau.

A

La nouvelle Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés 2017-2021, dévoilée récemment, répond à plusieurs réalités importantes. En effet, depuis la publication de la dernière politique, en 1998, le marché, les besoins, les technologies et l’acceptabilité sociale ont considérablement évolué. La nouvelle Politique reflète bien ces changements et l’orientation proposée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) est favorable à l’industrie du traitement des sols contaminés. Nos entreprises qui œuvrent aujourd’hui en traitement des sols offrent des technologies toujours plus performantes qui permettent une revitalisation

durable du territoire. La nouvelle Politique favorisera les investissements en développement technologique pour les besoins internes et internationaux des entreprises, tout en permettant une meilleure protection de l’environnement et de ses ressources en sols et en eaux. En favorisant le traitement des sols, la Politique permettra de rendre les terrains propices à de nouveaux usages et donnera le souffle et le temps nécessaires au développement de nouveaux procédés et marchés pour les entreprises de traitement. Avec cette nouvelle Politique, nous pouvons une fois de plus constater la volonté du ministre Heurtel de réaliser des transformations majeures de plusieurs lois, politiques et règlements qui n’avaient pas été revus depuis des années, voire des décennies. POUR UNE REDEVANCE MODULÉE Le MDDELCC prévoit 21 actions pour répondre aux différents enjeux qu’aborde la Politique. Parmi celles-ci, la vingt et unième recommande l’instauration d’une redevance sur l’enfouissement des sols. Un régime de redevance à l’enfouissement peut être un outil efficace pour favoriser le développement des filières de traitement et de marché de disposition. Toutefois, l’application d’une redevance sur l’enfouissement des sols implique de nombreuses variables qu’il est nécessaire de prendre en considération : la notion de traitement, le recouvrement journalier, la valorisation des sols ou encore la réduction de la teneur en contaminants d’un sol pour mieux en disposer de façon sécuritaire dans un site spécialisé, par exemple. C’est la raison pour laquelle nous suggérons fortement une modulation de la redevance en fonction du niveau de contamination et de la capacité technique de décontamination selon les principes du développement durable. Il est essentiel qu’une redevance arrime la protection de l’environnement à la faisabilité économique et technologique.

16 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc


U N S O U F F L E N O U V E A U P O U R L’ I N D U S T R I E D U T R A I T E M E N T D E S S O L S Certains sols contaminés ne sont ni traités ni éliminés conformément aux lois et réglementations en vigueur et il est à craindre que l’application d’une redevance amplifie ce phénomène. Il faut donc s’assurer que la redevance n’a pas comme conséquence de créer un marché parallèle et il faut éviter que de la terre de bonne qualité, destinée à d’autres usages, soit désormais utilisée comme matériel de recouvrement dans les lieux d’enfouissement. En effet, les sols faiblement contaminés sont actuellement réutilisés dans les LET et sont ainsi revalorisés. La redevance devrait donc être modulée en fonction du niveau de contamination et de la destination finale des sols.

Nous croyons d’autre part qu’un système de traçabilité devrait être compatible avec un éventuel manifeste de circulation pour les matières dangereuses, puisque ce secteur d’activité connaît lui aussi un problème similaire depuis plusieurs années. En tant que représentants des entreprises sur le terrain, nous faisons partie de la solution et nous continuerons à être des partenaires actifs du MDDELCC. La reconnaissance des compétences des entrepreneurs qui œuvrent en traitement et en réhabilitation des sols contaminés est essentielle à la concrétisation du plan d’action du Ministère. n

Ainsi, un système de traçabilité efficace sera de première importance afin d’éviter le détournement de sols contaminés vers des lieux non autorisés, ce qui irait à l’encontre de l’objectif, qui est de protéger l’environnement. UN SYSTÈME DE TRAÇABILITÉ INDISPENSABLE L’instauration d’une redevance appelle la mise en place d’un système efficace de traçabilité des sols. L’industrie demande depuis de nombreuses années un tel système afin d’assurer une plus grande rigueur quant à la gestion des sols contaminés. L’État doit jouer son rôle de gardien et mettre en place un encadrement législatif pour qu’un système de traçabilité puisse être opérant. En tant qu’association, nous collaborons à cette mise en place, car nous souhaitons que tous les acteurs œuvrent sur un pied d’égalité, sans compter qu’il y va de la protection de notre environnement.

Visionnez les capsules vidéo exclusives sur notre chaîne YouTube

www.YouTube.com/MAYAProductionvideo

VISIONNEZ CETTE VIDÉO Nous souhaitons en effet que le MDDELCC précise les responsabilités juridiques de la traçabilité afin d’éviter des interprétations inconséquentes avec l’esprit de la Politique. Nous encourageons également le Ministère à ce que des audits soient réalisés afin de nous assurer que les sols contaminés seront bien acheminés dans des sites approuvés et dans les volumes convenus, ce qui garantirait une meilleure traçabilité des sols.

UN SOUFFLE NOUVEAU POUR L’INDUSTRIE DU TRAITEMENT DES SOLS

Centre de traitement et lieu d’enfouissement

de sols contaminés

Contactez-nous : 844-212-8484 acarange@signaterre.com

175, chemin de la Cabane-Ronde, Mascouche (Québec) J7K 0P1

17 Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc

LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


COMMENTAIRES SUR LA NOUVELLE POLITIQUE DE PROTECTION DES SOLS ET DE RÉHABILITATION DES TERRAINS CONTAMINÉS ET SUR LE NOUVEAU PROGRAMME CLIMATSOL-PLUS

CPEQ

Louis-Philippe Lefebvre Directeur des affaires publiques et législatives Conseil patronal de l’environnement du Québec (CPEQ) lplefebvre@cpeq.org

e ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a amorcé, à l’été 2016, une révision importante de son régime de gestion des terrains contaminés. La première étape de cette révision consistait en la publication, au mois de juin 2016, du Guide d’intervention sur la protection des sols et sur la réhabilitation des terrains contaminés, un document rassemblant les éléments techniques qui, jusqu’alors, se retrouvaient dans la Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés.

L

La seconde étape de cette révision consistait en la publication d’une nouvelle Politique afin de remplacer celle édictée en 1998. Cette Politique et son plan d’action ont finalement été dévoilés, en même temps que le nouveau programme ClimatSol-Plus, le 9 avril 2017. LA POLITIQUE DE PROTECTION DES SOLS ET DE RÉHABILITATION DES TERRAINS CONTAMINÉS La nouvelle Politique prévoit une enveloppe totale de 175 millions de dollars, dont 120 millions seraient réservés pour la réalisation de travaux de réhabilitation de terrains contaminés appartenant à l’État, alors que 55 millions de dollars seraient réservés pour la mise en œuvre du nouveau programme ClimatSol-Plus au cours des cinq prochaines années. En publiant cette nouvelle Politique, le MDDELCC vise l’atteinte de cinq objectifs distincts, lesquels se résument ainsi : l

investissement de 120 millions de dollars dans des travaux de réhabilitation de terrains contaminés appartenant à l’État ;

l

traitement de 80 % des sols contaminés excavés pour qu’ils puissent être valorisés par la suite ;

l

traitement d’au moins 75 sites à l’aide d’une technologie in situ ;

l

décontamination de 100 terrains de stations-service appartenant à de petits propriétaires ;

l

décontamination de 200 terrains résidentiels contaminés par du mazout.

L’atteinte de ces cibles serait possible, selon le gouvernement, en mettant en œuvre 21 actions s’articulant autour de quatre axes stratégiques, soit : l

la prévention de la contamination des sols et des eaux souterraines ;

l

la lutte visant à contrer la propagation de la contamination des sols et des eaux souterraines ;

l

la réhabilitation des terrains contaminés ;

l

la valorisation des sols excavés et le développement des technologies vertes.

Nous ne ferons pas ici la nomenclature des 21 actions proposées par le plan d’action. Nous invitons le lecteur à consulter le document disponible sur le site Internet du MDDLECC.

Parmi les aspects positifs pour le secteur industriel, nous notons l’actualisation des procédures d’impraticabilité technique dans le cadre de la réhabilitation de certains terrains contaminés. Ainsi, le Ministère tiendra compte, en plus des dimensions environnementale et sociale, de la dimension économique dans le contexte spécifique où un effort d’enlèvement optimal de la contamination a déjà été réalisé. Nous ne pouvons pas encore nous prononcer avec certitude sur l’application de ces nouvelles procédures, puisque le cadre réglementaire visant à mettre en œuvre la Politique n’a pas encore été élaboré. Toutefois, cette modification nous apparaît a priori particulièrement utile dans le cas des sites pour lesquels la réhabilitation environnementale comporte des difficultés techniques pouvant notamment mettre en péril la sécurité d’usagers ou la stabilité d’ouvrages. À titre d’exemple, nous notons l’impossibilité de poursuivre la réhabilitation d’un terrain par excavation en raison du risque d’endommager ou de mettre en danger la structure d’un bâtiment qui s’y trouve, ou par traitement in situ lorsque les conditions nécessaires pour un tel traitement ne sont pas présentes. Dans de tels cas, il pourrait alors être permis de laisser en place des contaminants lorsque leur concentration ne présente aucun risque pour la santé humaine, la faune ou la flore, ou l’environnement. Cela permettrait le redéveloppement d’un terrain possédant un fort potentiel économique. En plus des bénéfices économiques qui découlent de l’application du principe de l’impraticabilité technique, ce modèle s’inscrit dans un contexte de développement durable. En effet, dans plusieurs cas, le coût de réhabilitation des terrains contaminés selon des méthodes traditionnelles demeure trop élevé en l’absence d’aide gouvernementale, ce qui limite ainsi le redéveloppement de sites à fort potentiel. Le secteur industriel a longuement milité pour l’inclusion du facteur économique dans les procédures d’impraticabilité technique. C’est ainsi que nous avions proposé un mécanisme qui permettrait le recours à une telle procédure dans les cas où une évaluation économique révélerait que le coût de la décontamination serait supérieur à la valeur marchande d’un terrain. LE PROGRAMME CLIMATSOL-PLUS Parallèlement à la publication de la nouvelle Politique de protection des sols et de réhabilitation des terrains contaminés, le MDDELCC a également procédé au lancement du programme ClimatSol-Plus. Ce programme se compose de deux volets : Le premier volet sera financé à hauteur de 30 millions de dollars pour une période de trois ans par le Fonds vert, par l’intermédiaire du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. L’objectif de ce volet consiste à favoriser l’intégration de mesures contribuant à augmenter la résilience du milieu urbain aux changements climatiques dans des projets de développement et de mise en valeur de terrains contaminés. Le second volet bénéficie d’une enveloppe de 25 millions pour une période de cinq ans. Son objectif consiste à favoriser la réhabilitation des terrains qui présentent un fort potentiel de développement économique. Le lancement du programme ClimatSol-Plus se veut une excellente nouvelle pour le secteur industriel, qui avait profité de la première mouture du programme ClimatSol pour réaliser des projets d’envergure. Les sommes provenant du programme ClimatSol-Plus permettront la décontamination de plusieurs terrains qui autrement auraient été laissés à l’abandon, ce qui ouvrira la voie à de nouvelles occasions de développement économique. Les municipalités, qui peuvent également avoir accès aux sommes prévues par le programme ClimatSol-Plus, en récolteront par ailleurs des bénéfices économiques importants. n

18 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc


L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE ET L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE

TENDANCE

Jean-Louis Chamard M. Sc. Env. Conseiller principal Chamard, stratégies environnementales jl.chamard@chamard-env.com

u’ont en commun l’économie collaborative et la lutte contre l’obsolescence programmée? Une chose : la réduction à la source des matières résiduelles. Le développement de l’économie de partage et le rejet de l’obsolescence programmée permettent en effet de réduire les quantités de matières résiduelles que nous générons.

Q

L’économie collaborative, une activité humaine basée sur une approche de pair à pair, vise à produire de la valeur en commun et repose sur de nouvelles formes d’échange. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale de l’économie, la mutualisation des biens et des produits, l’organisation des citoyens en réseaux ou en communautés et, généralement, la communication par des plateformes électroniques. On peut penser à beaucoup d’exemples : les friperies, les réseaux de vente de biens et de produits usagés, les magasins de seconde main, les réseaux de partage d’outils ou de biens, et des entreprises comme Uber, Airbnb, Kijiji ou LesPAC. Cette économie du partage est en plein développement et commence toujours par une économie parallèle, quelquefois souterraine, qui finit par émerger et prendre une plus grande place dans la vie économique et sociale. Lorsqu’on y pense bien, cette nouvelle économie réduit à la source les matières résiduelles. On réutilise des biens et des produits qui, autrement, seraient devenus obsolètes et auraient été destinés au recyclage, à la valorisation ou, pire encore, à l’élimination. De plus en plus de personnes utilisent les sites de vente de biens et de produits pour meubler leur habitation. Dans certains milieux, c’est même devenu une mode. Des organisations sont aussi de la partie : la Ville de Montréal réutilise le mobilier en surplus avant d’acheter de nouveaux morceaux. À titre d’exemple, le défunt Centre d’excellence des matières résiduelles avait rempli ses bureaux et sa vitrine uniquement avec de l’ameublement de seconde main.

Une partie de la nouvelle génération remet ainsi graduellement en question la société de surconsommation. Elle développe ses propres modes de production et de consommation et, dans bien des cas, ceux-ci visent une réduction à la source des matières résiduelles. Bien sûr, ce n’est pas la motivation première, mais c’est une conséquence secondaire qu’il faudrait encourager et développer. Cette nouvelle réalité, bien qu’encore marginale, devrait prendre de l’expansion et devenir, dans un avenir plus ou moins rapproché, la nouvelle tendance économique. Les modes de production se modifieront, et le mode de consommation ralentira set deviendra plus raisonné. De nouvelles formes de biens et de produits apparaîtront sur le marché. On en perçoit déjà les contours avec la croissance des achats en ligne, de l’économie collaborative, du partage et de la mutualisation. Certes, la réduction des matières résiduelles que cela engendre est minime pour l’instant, mais au fur et à mesure que l’économie collaborative se développera et que de nouveaux produits et biens seront conçus de manière à être facilement réparables ou modulables, les quantités non générées de matières résiduelles augmenteront également. La difficulté sera de les évaluer. En effet, comment mesurer des matières résiduelles qui n’ont jamais existé ? On ne pourra que constater une diminution dans les quantités générées. On peut tracer un parallèle entre le développement de l’économie collaborative et celui de la récupération des matières recyclables à la fin des années 1970. À l’époque, la récupération du papier et du verre s’effectuait par de petits organismes à but non lucratif dans une économie presque souterraine. Il fallait à la fois convaincre le recycleur de réintroduire cette matière secondaire dans le circuit de production et persuader le citoyen de trier à la source ces matières et de les envoyer dans des dépôts de récupération. Au fur et à mesure que les activités de récupération se sont développées, celles-ci sont sorties de cette économie souterraine pour être reprises par des acteurs qui en ont fait une véritable activité économique. Aujourd’hui, où que l’on soit sur la planète, on récupère plusieurs matières et on les recycle, ce qui contribue à réduire substantiellement les déchets éliminés. On peut croire que l’économie du partage connaîtra le même genre d’évolution. n

De son côté, la lutte à l’obsolescence programmée vise à allonger la vie utile des biens et des produits et, ainsi, à réduire à la source la production de matières résiduelles. Il faut comprendre que l’obsolescence programmée n’est pas uniquement le fait de produire un bien ou un produit ayant une durée de vie limitée, mais elle concerne également la rapidité du changement de modèle, la difficulté de faire des réparations, l’arrêt de fabrication des pièces de rechange et bien d’autres façons de limiter la vie utile des biens et des produits. Un peu partout dans le monde, on assiste actuellement à l’émergence de nouveaux producteurs qui allongent la vie utile de leurs produits, qui facilitent les réparations et le changement de pièces et qui fabriquent selon de nouveaux procédés, en modules interchangeables, selon la configuration souhaitée par le client. Par exemple, les téléphones cellulaires modulaires Phonebloks et Ara de Google sont en développement. Une jeune entreprise finlandaise, Circular Devices, a également proposé le PuzzlePhone, un téléphone modulaire en trois parties. Dernièrement, une nouvelle entreprise européenne concevant des appareils ménagers modulaires, réparables et ayant une durée de vie prolongée voyait le jour. On constate donc là aussi un nouvel engouement pour les biens et les produits dont la durée de vie est augmentée ou dont la construction permet de les réparer ou de les revendre facilement.

19 Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc

LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


SUIVI DE LA PROBLÉMATIQUE DE GESTION DES FRACTIONS FINES ISSUES DU CRIBLAGE DES CENTRES DE TRI DE CRD

3R MCDQ

Gilles Bernardin Ing., MBA Président du Regroupement des récupérateurs et des recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec (3R MCDQ) info@3rmcdq.qc.ca

E

n 2015, on reconnaissait qu’il fallait proposer, pour les fractions fines issues du criblage des centres de tri (FCCT), des applications différentes que leur seule utilisation comme matériel de recouvrement journalier des sites d’enfouissement. RECYC-QUÉBEC et des entreprises membres du 3R MCDQ ont alors commandé une étude à la firme Chamard Stratégies environnementales pour qu’elle propose d’autres usages de valorisation des FCCT. Cette étude a récemment été terminée et mentionne que deux matériaux présents dans les FCCT, le gypse et le bardeau d’asphalte, posent des obstacles à la diversification de l’utilisation des FCCT.

Déjà, en octobre dernier, le 3R MCDQ avait invité des représentants du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) et de RECYC-QUÉBEC afin de faire le point sur les problèmes entourant l’usage des FCCT dans les sites d’enfouissement et sur la réduction anticipée des quantités de FCCT utilisées à cette fin dans un proche avenir. En effet, le gypse est désormais considéré comme nuisible puisqu’il se dégrade et génère de l’hydrogène sulfuré, un gaz nocif et très malodorant.

Laissez-nous vous aider à briller faites affaire avec des pros Notre équipe est spécialisée dans la production de vidéos d'entreprise, municipale et environnementale.

20 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017

Vers la fin avril, un des importants exploitants de sites d’enfouissement de la région de Montréal a d’ailleurs avisé les exploitants des centres de tri qui y acheminent leurs FCCT que l’utilisation de ces matières était jusqu’à nouvel ordre arrêtée, laissant peu d’options de gestion de ces matières aux exploitants de ces centres de tri. Le 3R MCDQ a informé le MDDELCC et RECYC-QUÉBEC de cette situation et des répercussions anticipées. Le 3R MCDQ et ses membres reconnaissent l’urgence créée par cette situation et travaillent à proposer des solutions à court et à moyen terme, y compris des manières de minimiser la présence de gypse et de bardeau d’asphalte dans ces matières. UN NOUVEL ÉLAN POUR LES MATÉRIAUX ISSUS DU SECTEUR DE LA CONSTRUCTION, DE LA RÉNOVATION ET DE LA DÉMOLITION Lors du dernier congrès du 3R MCDQ, le président de RECYCQUÉBEC Dany Michaud annonçait une enveloppe d’un million de dollars destinée au secteur des résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD). Récemment, RECYC-QUÉBEC a convié le 3R MCDQ à une rencontre afin de discuter des éléments à inclure et à considérer à l’intérieur du plan d’action en cours de préparation, afin d’optimiser l’utilisation de cette enveloppe. NOUVEAU BUREAU Par ailleurs, depuis le 1er juin, le siège social du 3R MCDQ a été aménagé dans les locaux de la firme Voghel inc. n

Pour la réalisation de votre vidéo corpo info@maya.cc

450 508-1515 Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc


NS O B S LE TACTS N

LES AMIS DE 3RVE

CO

Abonnez-vous dès maintenant

au magazine 3Rve,

c'est gratuit ! magazine3rve.cc info@magazine3rve.cc

21 Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@maya.cc

LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 13 N O 2 ÉTÉ 2017


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
3rve ete 2017 by MAYA.cc - Issuu