HIVER 2012, vol. 7 no 3
Le magazine des matières résiduelles au Québec
ENTREVUE avec
Alain
Rayes
Maire du berceau de la
Convention de la poste-publications no 41122591
récupération et du recyclage
Taux de rejets normal dans un centre de tri : 9,9 %
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La responsabilité élargie des 24 producteurs : un mal nécessaire ! Le transfert du savoir : passage obligé pour la survie de l’entreprise
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www.magazine3rve.cc
HIVER 2012, vol. 7 no 3
Le magazine des matières résiduelles au Québec
tête-à-tête 8
« Certains avancent qu’à Montréal, il est difficile d’utiliser plusieurs bacs en raison de la densité de la population et de la taille relative des logements. Personnellement, je n’y crois pas. Je pense qu’on est tous en mesure de mettre trois bacs sur son balcon ou dans sa cour. Comme politicien, nous avons une obligation de leadership. Lorsqu’on croit à un principe essentiel comme l’est la protection de l’environnement, on doit tout mettre en œuvre pour concrétiser des actions porteuses. Le contraire équivaut à baisser les bras. Et puis, d’autres grandes villes autrement plus denses et peuplées ont instauré la gestion des matières résiduelles à trois voies sans problème. » — Alain Rayes
SOMMAIRE
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LE JURIDIQUE
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GESTION HUMAINE DES RESSOURCES
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ONSS LES B TACT
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LES AMIS DE 3RVE
CON
L’ E N V E R S D U D É C O R
Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé grâce à la participation financière de Tricentris.
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Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012
chroniques 18
CENTRES DE TRI
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HORIZON 2015
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RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT
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INFRASTRUCTURES URBAINES
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DÉCHETS DANGEREUX
TAUX DE REJETS NORMAL DANS UN CENTRE DE TRI : 9,9 %
QUI EXERCE QUELLE COMPÉTENCE ?
BIORECOUVREMENTS D’OXYDATION PASSIVE DU MÉTHANE POUR LES SITES D’ENFOUISSEMENT LA RESPONSABILITÉ ÉLARGIE DES PRODUCTEURS : UN MAL NÉCESSAIRE !
L’INNOVATION EN GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES DANGEREUSES D’ORIGINE INDUSTRIELLE
Éditeur et rédacteur en chef : André Dumouchel adumouchel@maya.cc Chroniqueurs : Guy Adam Alexandre R. Cabral Jean-Louis Chamard Dominique Dodier Christine Duchaine Léo Fradette Frédéric Potvin
Direction artistique : MAYA communication et marketing Photos de la page couverture et de l’Entrevue : exposeimage.com Designer graphique : Sylvain Malbeuf (SymaPub) Révision linguistique : Annie Talbot
Coordination des ventes : Grégory Pratte Tél. : 450 508-6959 gpratte@maya.cc Abonnement et administration : MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Qc) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc
Impression : Carpe diem © Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing a u x c o o r d o n n é e s fi g u r a n t c i - d e s s u s . L e s o p i n i o n s e t l e s i d é e s c o n t e n u e s d a n s l e s a r t i c l e s n ’ e n g a g e n t l a responsabilité que de leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la poste-publications no 41122591. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1 er trimestre 2005. I S S N 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié 3 fois l’an.
adumouchel@maya.cc
éditorial
Vieille télé, nouvelle TV…
André Dumouchel
Vieille télé Il y a quelques semaines, j’ai été victime d’un dégât d’eau dans le sous-sol de ma résidence. « Victime » est le bon mot, car lorsqu’on porte attention aux coûts et aux désagréments multiples que cela engendre, on s’aperçoit qu’ils sont multiples et bien difficiles à éviter.
Comme la plupart des familles, nous avons eu envie de rafraîchir notre décor au moment des réparations. Je ne sombrerai pas ici dans les propos misogynes puisque certains changements me sont attribuables. Du moins, c’est le cas pour l’achat de nouvelles causeuses. Jusque-là, rien de bien spécial si ce n’est que, justement, Meubles Léon avait tout un spécial à me proposer ! Ainsi, à l’achat de mon mobilier, M. Léon m’offrait un téléviseur de 50 pouces au prix ridicule de 150 $ alors qu’il en coûte habituellement bien plus de 500 $. J’ai d’abord refusé en expliquant au gentil vendeur – pardon, conseiller – que nous n’avions pas besoin d’un nouveau téléviseur puisque nous en possédions déjà un. Une vieille télé, pesant une tonne et demie et aux proportions gigantesques compte tenu de sa surface de visionnement, mais en parfait état de marche. Et puis, les enfants s’en accommodaient parfaitement pour regarder Vrak TV ou bouger frénétiquement avec la Wii. Mais c’est là qu’entre en jeu le fameux « tant qu’à y être », ennemi du développement durable, mais leitmotiv des vendeurs de tout acabit. « Et si notre télé nous lâchait le mois prochain ? » « On la ferait simplement réparer, mon amour. » « D’accord, mais tu sais bien que ça coûterait plus cher de la faire réparer que d’en acheter une neuve ! » Résultat ? Le conseiller m’a dit que je faisais une bonne affaire et que j’aurais été stupide de ne pas profiter de cette offre. Il est là, le problème : nous devenons stupides lorsque nous ne consommons pas. Et non seulement tout est mis en œuvre pour
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nous le faire croire, mais en plus, dans bien des cas, c’est défendable. C’est dans un tel contexte que la responsabilité élargie des producteurs prend tout son sens. Nouvelle TV Parlant de télé et de sous-sol… Pour être en lien avec la nouvelle tendance en communication, nous avons décidé de lancer un tout nouveau site Internet de webtélé dédié au développement durable. Sans prétention et de façon très créative, le site Dans mon sous-sol proposera une panoplie de clips regroupés par thématique touchant l’industrie de l’environnement. La gestion des matières résiduelles ne sera pas en reste avec la série Dans mon bac mettant en vedette le coloré Daniel Gingras. Sous forme éditoriale, Daniel parcourt des thèmes aussi variés qu’intéressants comme la fréquence des collectes, la gestion des appels d’offres et la nécessité de détailler le compte de taxes. Certains réagiront à ses propos directs, francs et lucides, alors que d’autres se régaleront de la folie de notre mise en scène. Une chose est certaine, cette série ne laissera personne indifférent ! Mais il ne sera pas le seul expert à participer à ce beau projet pour partager son savoir et son expérience. Bien des gens ont déjà manifesté leur enthousiasme à grossir les rangs de cette webtélé où le rire, le plaisir et l’information se côtoieront de façon quelquefois irrévérencieuse, mais jamais méchante ! Du nouveau contenu vidéo s’ajoutera de semaine en semaine afin de stimuler notre industrie. Le lancement officiel du site www.dansmonsoussol.tv se fera à l’occasion du Salon des technologies environnementales du Québec les 13 et 14 mars prochains. Nous y aurons d’ailleurs un stand. Venez nous y saluer ! Oh, et puis en passant, vous pourrez admirer quelquesuns de nos clips sur ma nouvelle télé… ■
Alain
Rayes Maire du berceau de la récupération et du recyclage Entrevue réalisée par André Dumouchel
À
VICTORIAVILLE NOUS ACCUEILLE DANS SON BUREAU EN NOUS À PEINE DEUX MINUTES SE SONT-ELLES ÉCOULÉES QU’IL NOUS TUTOIE ET NOUS RACONTE UNE ANECDOTE AVEC BEAUCOUP D’HUMOUR. L’HOMME A UN CHARISME INDÉNIABLE ET SES QUALITÉS DE COMMUNICATEUR TRANSPIRENT AU FUR ET À MESURE QU’IL RÉPOND AUX QUESTIONS. MAÎTRISANT BIEN SES DOSSIERS, IL PARCOURT AVEC NOUS LES ÉLÉMENTS QUI FONT DE SA VILLE UN MODÈLE EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE AU Q UÉBEC. PEINE
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ANS, LE REGARD FRANC, LE SOURIRE AUX LÈVRES, LE MAIRE DE
DONNANT UNE CHALEUREUSE POIGNÉE DE MAIN PAR UN MATIN GLACIAL.
C OMMENT CETTE VILLE A-T-ELLE ACQUIS CETTE RÉPUTATION ? Q UE FAIT-ELLE DE DIFFÉRENT ? Q UELS SONT SES DÉFIS ? LE MAGAZINE 3R VE A RENCONTRÉ SON MAIRE POUR VOUS.
Quand avez-vous été élu maire ? J’ai été élu en novembre 2009, au terme d’une élection à quatre candidats qui tentaient pour la première fois de devenir le maire de Victoriaville. Étiez-vous du même parti que le maire sortant ? Non, je n’étais pas représentant d’un parti ni conseiller municipal; j’étais auparavant directeur de la polyvalente Le Boisé, à Victoriaville. Quel a été votre parcours scolaire ? J’ai un baccalauréat en enseignement des mathématiques et informatique. J’ai commencé ma carrière dans l’enseignement. Ensuite, je suis devenu directeur, tant au primaire qu’au secondaire. J’ai aussi travaillé sur le plan de la gestion d’école, ce qui m’a amené à faire une maîtrise en administration scolaire. Où avez-vous fait vos études ? À l’UQAM et à l’Université de Sherbrooke.
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Êtes-vous originaire de la région ? Oui, je suis né à Victoriaville, mais mes parents sont égyptiens d’origine. Ils étaient parmi les premiers immigrants et la ville les a littéralement adoptés. Mon père, qui avait fait des études, a commencé à travailler comme enseignant au cégep, et aujourd’hui son aîné de quatre garçons est devenu maire de la ville. Il en est très fier ! Vous êtes donc revenu vivre à Victoriaville après vos études ? Oui, c’était évident pour moi que je reviendrais y faire ma vie. Quel âge avez-vous ? Je viens tout juste d’avoir 40 ans. Quel était votre rêve de jeunesse ? Au début, je voulais devenir joueur de soccer professionnel, mais la vie m’a vite démontré que je n’avais pas le talent requis. Puis, assez naturellement, je me suis tourné vers l’enseignement.
Et la politique, comment y êtes-vous venu ? Je me suis mis à suivre la politique de plus près à la fin de mes études. J’ai eu une première expérience en 2003 où je me suis présenté pour l’ADQ, une élection que j’ai perdue par environ 500 voix. Avec le recul, j’estime aujourd’hui que c’est peut-être ce qui m’est arrivé de mieux ! L’ADQ était en chute libre à ce momentlà, mais c’était tout de même une très belle expérience. Et quand avez-vous décidé de vous présenter à la mairie ? En 2009, un groupe de personnes m’a approché pour me suggérer de me présenter, et c’est alors que j’ai entamé une réflexion. Assez rapidement, j’ai décidé de me lancer. De fil en aiguille, je suis arrivé à ce résultat ; j’ai été élu maire de la ville de mon enfance.
Avez-vous des exemples ? Eh bien, je suis toujours surpris d’apprendre que les villes font faire des études de marché pour savoir si c’est rentable de mettre des bacs à compostage à la disposition des citoyens. Ici, à Victoriaville, ça fait 15 ans qu’on le fait. Non seulement c’est rentable, mais c’est bon pour l’environnement et les citoyens y participent avec enthousiasme. Votre vision des divers enjeux a-t-elle beaucoup changé en passant de citoyen à maire de votre ville ? Ma vision n’a pas vraiment changé; elle s’est plutôt peaufinée. J’ai la chance d’avoir dans mon entourage des gens qui s’y connaissent très bien. Ce qui est intéressant, à Victoriaville, c’est qu’une véritable culture environnementale s’est développée au fil des années, notamment
Est-ce un travail à temps plein ? Pour moi, oui, mais ça n’a pas toujours été le cas pour mes prédécesseurs. Depuis mon élection, on a vraiment consolidé ce poste. Aujourd’hui, je crois qu’il serait difficile de revenir en arrière étant donné toutes les responsabilités et tâches qu’implique le rôle de maire. Après votre défaite en 2003, aviez-vous déjà l’intention de vous présenter à nouveau comme candidat ? Oui. J’ai toujours pensé que ce serait en politique provinciale. Mais à 38 ans, une opportunité m’a été offerte en politique municipale. Aujourd’hui, je ne regrette rien. Je pense qu’en ce moment, c’est le palier politique où il y a le plus de possibilités d’apporter de réels changements. Voici un exemple concret. Auparavant, dans la gestion des villes, on utilisait environ 80 % des ressources pour l’enlèvement des déchets. Maintenant, on parle de 50 %, l’autre partie étant investie dans les sports, la culture, la santé, etc. Il y a une variété de domaines dans lesquels nous pouvons agir. Il n’y a pas de lobbies syndicaux et corporatifs comme au provincial. Sur le plan environnemental, la ville est devenue le premier interlocuteur des groupes de citoyens et des associations ainsi que le premier instigateur de nouvelles mesures. Avez-vous des relations directes avec les citoyens ? Bien sûr. Au dernier conseil de ville, par exemple, les citoyens ont posé des questions sur les compteurs intelligents, le gaz de schiste et la position de la ville sur la centrale nucléaire Gentilly. Ce n’est pas au provincial qu’on fait face à ces questions, c’est au municipal. Je dois toutefois avouer qu’il m’est parfois difficile d’y répondre spontanément en tant que maire, car je ne suis pas un spécialiste de ces dossiers. Les questions les plus pressantes ne portent pas sur notre implication dans le domaine sportif, les pistes cyclables ou l’état des trottoirs. Ce sont plutôt les grands enjeux environnementaux qui intéressent les citoyens. Comment donc arrivez-vous à répondre à ces questions comme politicien ? Je pense qu’il n’y a pas vraiment de formation pour devenir politicien. Il s’agit de s’intéresser aux préoccupations des citoyens. À mon avis, il faut prendre en considération les opinions pour maintenir une bonne relation avec eux. Par exemple, je crois qu’un politicien qui aujourd’hui ne tient pas compte de l’environnement dans ses décisions et ses projets fait fausse route. L’environnement est devenu un enjeu essentiel pour les personnes et dans le développement des communautés. Le magazine des matières résiduelles au Québec 3RVE VOL. 7 NO 3 HIVER 2012
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Le fait que les maires soient de plus en plus jeunes entraînera-t-il des changements plus audacieux ? Je ne crois pas que les changements seront plus audacieux ou plus nombreux. En revanche, c’est la manière d’opérer ces changements qui est en profonde mutation. La génération montante est beaucoup plus portée sur l’échange, la gratuité, la transparence, comme en témoignent notamment la popularité des logiciels gratuits et des applications avec code source ouvert. Il y a une mise en commun, un partage d’information, une collaboration. Avant, on préférait la culture du secret, car on croyait qu’on pouvait profiter d’une information qu’on était seul à détenir. Aujourd’hui, quand on est sur un bon coup, on le dit aux autres tout de suite. À mon sens, il sera plus facile dans un tel contexte de mettre en œuvre des projets s’ils tiennent compte des intérêts de la collectivité.
grâce à Normand Maurice, considéré comme le « père du recyclage », qui a largement influencé la population. Aujourd’hui, quand on pose des gestes visant la protection de l’environnement, nous n’avons pas de levées de boucliers de la part des citoyens; les gens collaborent aux projets. Est-ce plus facile pour Victoriaville que pour les villes qui commencent à peine à se questionner sur le recyclage ? Pas nécessairement. Les villes qui entament leurs démarches ont quand même l’avantage de marcher dans un chemin déjà débroussaillé. Quand Stéphane Dion, du Parti libéral, est venu nous rendre visite, il a affirmé que selon lui, toutes les villes devraient être développées d’après ce modèle. Cela dit, le modèle n’est pas unique à Victoriaville ; il y a bien d’autres villes au Québec qui sont proactives en matière de recyclage et qui multiplient les démarches environnementales.
Que faites-vous de particulier à Victoriaville en matière d’environnement ? Pourquoi Victoriaville constitue-t-elle un modèle ? À mon avis, nous nous démarquons par cette fameuse culture environnementale qu’ont développée les citoyens. Ajoutons que notre manière de fonctionner est particulière. Nous n’avons pas de plan d’action à proprement parler, mais chaque année on décide de mettre en œuvre un nouveau projet, une idée originale pour améliorer encore notre façon d’interagir avec l’environnement. Je pense aussi qu’une chose très importante ici à Victoriaville pour l’avancée des mesures environnementales, c’est l’entente et la collaboration qui prévaut dans les milieux de l’entreprise, de l’éducation et aussi du côté politique. Toutes nos décisions sont concertées et c’est d’une efficacité redoutable. Mais comment cette fameuse culture du recyclage a-t-elle été adoptée ? L’histoire commence avec Normand Maurice qui voulait aider les jeunes en difficulté. Il a donc mis sur pied un projet de ramassage du papier avec les jeunes dans le but de le recycler. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet. Il y a quatre ans, alors que j’étais directeur de polyvalente, un jeune s’est fait envoyer à mon bureau parce qu’il voulait jeter sa bouteille de plastique dans le bac à recyclage qui servait au papier. Le professeur a rappelé la règle au jeune et lui a dit de jeter sa bouteille à la poubelle. Mais le jeune a refusé, disant que c’était récupérable et qu’il ne voulait pas la jeter. Cette situation a été un déclencheur. Nous avons donc fait installer des bacs pour les autres matières recyclables. L’école possède maintenant des bacs à trois voies et a changé ses compacteurs. En seulement un an, nous avions rentabilisé l’ensemble des investissements. C’est un exemple pour les autres écoles et commissions scolaires. Il n’y a plus d’excuses si c’est rentable ! Cette situation démontre que la sensibilisation et l’éducation environnementales ont eu un tel effet qu’il est maintenant devenu invraisemblable, voire impossible pour un jeune de jeter une bouteille de plastique à la poubelle. Normand Maurice a donc mis en place un projet socioéconomique à Victoriaville, qui a été en quelque sorte le fer de lance du recyclage. Mais qu’est-ce qui explique un tel succès ? Normand Maurice avait une mission sociale. À mon avis, la grande entreprise de ce visionnaire, c’est d’avoir créé les CFER (centres de formation en entreprise et récupération) ; il y en a maintenant une vingtaine au Québec. Ce sont à la fois des lieux de formation pour les jeunes en difficulté et des entreprises créées à partir du principe de récupération. Son initiative était à la fois sociale, économique et écologique. C’est l’intégration efficace de ces trois aspects qui a assuré la viabilité du projet et suscité l’adhésion de la population. Ce sont d’ailleurs les piliers du développement durable. Quel a été le rôle de la classe politique dans cette aventure ? Je pense qu’il a été essentiel. Dans un milieu où la classe politique évite de prendre position et ne donne pas son appui à de tels projets, les instigateurs de telles initiatives peuvent arriver à un résultat semblable, mais y ils mettront beaucoup plus de temps et d’énergie. Aujourd’hui, la
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volonté politique est nécessaire pour concrétiser des projets et faire avancer la cause du développement durable. Je dirais même que la classe politique doit être proactive en la matière. Par exemple, l’an passé, nous avons voulu toucher à d’autres aspects du développement durable que la récupération. La municipalité a ciblé la construction résidentielle, que ce soit les maisons neuves ou les maisons rénovées. Nous ne sommes pas des experts en construction ni en rénovation,
Aujourd’hui, la volonté politique est nécessaire pour concrétiser des projets et faire avancer la cause du développement durable. Je dirais même que la classe politique doit être proactive en la matière. mais nous avons réalisé qu’il s’agissait là d’un élément-clé et que la ville pouvait profiter de sa position de législateur pour inciter les manufacturiers, les entrepreneurs et les fournisseurs à changer leurs façons de faire. Nous avons donc émis de nouvelles normes de construction qui respectent l’environnement et créé un label vert. Nous sommes à l’heure des coupes budgétaires. Or, ces activités dont vous parlez ne rapportent pas d’argent à la ville… Directement et à court terme, non, c’est vrai. Mais on peut penser que des maisons plus vertes vont, avec le temps, prendre de la valeur, ce qui aura une incidence certaine sur les taxes municipales, et donc sur le budget de la ville. Dans une perspective plus large, je dirais que nos démarches pour améliorer le bilan vert de la ville contribuent à améliorer son image et ainsi à attirer de nouveaux citoyens. Et qui dit plus de
citoyens dit aussi plus d’infrastructures, donc plus de taxes perçues. Nous sommes convaincus qu’à long terme, cette stratégie sera payante, même si le profit n’est pas la raison d’être de ce genre de projets. Et pour mettre en œuvre des projets qui n’ont pas de réel impact à court terme, il faut effectivement une certaine volonté politique. Le fait que Victoriaville soit située en région et non pas à proximité de la métropole est-il un avantage ou un inconvénient ? Je pense que ça ne change rien. Certains avancent qu’à Montréal, il est difficile d’utiliser plusieurs bacs en raison de la densité de la population et de la taille relative des logements. Personnellement, je n’y crois pas. Je pense qu’on est tous en mesure de mettre trois bacs sur son balcon ou dans sa cour. Comme politicien, nous avons une obligation de leadership. Lorsqu’on croit à un principe essentiel comme l’est la protection de l’environnement, on doit tout mettre en œuvre pour concrétiser des actions porteuses. Le contraire équivaut à baisser les bras. Et puis, d’autres grandes villes autrement plus denses et peuplées ont instauré la gestion des matières résiduelles à trois voies sans problème. C’est donc évident pour moi que ce n’est pas une excuse valable. Quel est le rôle des citoyens dans la gestion des matières résiduelles ? Les citoyens sont à la base de toute initiative écologique. S’ils ne font pas le tri à la source, ça ne sert à rien de construire des infrastructures de recyclage. Je me souviens qu’au début, quand j’allais encore à l’université, il y avait des systèmes compliqués avec plusieurs compartiments dans le bac ; il fallait enlever les étiquettes, faire le tri soimême. Grâce à la technologie, la tâche a été simplifiée pour les citoyens. Maintenant, on fonctionne avec trois bacs : un pour les déchets, un pour les matières recyclables et un autre pour les matières
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hôtes de l’événement. Notre exemple a influencé la direction. C’est donc dire que les pratiques changent à partir du moment où on accepte d’allier le rayonnement touristique et économique aux mesures écologiques.
organiques. Plutôt que de mettre en jeu la collaboration du public, la stratégie choisie a été de simplifier sa tâche. Toutes ces initiatives sont-elles importantes pour la réputation de la ville ? Oui, tout à fait. La ville s’est positionnée comme un leader du développement durable ; elle veut maintenir cette position et continuer à innover. C’est ce qu’on met de l’avant. On lance le message suivant : si vous voulez participer à l’amélioration de l’environnement et poser des gestes plus verts, vous allez pouvoir le faire ici. Tous nos projets tiennent compte de cette orientation. Par exemple, l’an dernier, on nous a contactés pour accueillir un événement de dérapage contrôlé automobile appelé Driftmania. Notre premier réflexe a été de penser au développement durable, au fait que ces activités ne s’inscrivaient pas nécessairement dans cette perspective. Mais nous devions aussi considérer les bénéfices financiers pour la ville et l’aspect touristique. Nous avons ouvert un dialogue qui a duré deux mois avec les organisateurs pour négocier les conditions d’accueil de cet événement. Nous voulions que le projet respecte certaines conditions. Nous avons créé un système de calcul pour évaluer les dommages que produirait la course en termes d’émission de gaz à effet de serre et demandé que la compagnie plante 500 arbres dans la ville. Nous avons également obtenu qu’elle change ses ustensiles jetables pour du matériel compostable. De plus, nous avons exigé que soient installés sur le site des bacs à trois voies. Aujourd’hui, les organisateurs de Driftmania évaluent la possibilité d’harmoniser ces mesures à toutes les villes
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La MRC d’Arthabaska a décidé de créer une entreprise, Gesterra, dans le cadre d’un partenariat public/privé avec le Groupe Gaudreau. Quelles ont été les motivations ? C’est sous la gouverne de Roger Richard, ancien maire de Victoriaville, que ce projet a été lancé. Or, plus j’en apprends sur cette entente, mieux je mesure toute son importance. Je dirais même qu’il s’agit de la plus importante décision de l’ancien conseil municipal. De fait, elle nous assure de garder un bon contrôle sur la gestion de nos matières résiduelles. Cette entente assure également la pérennité du Groupe Gaudreau. Donc, l’entreprise a accepté de générer des profits moindres ; en contrepartie, la MRC finance une partie du projet et fait sa part pour gérer le site d’enfouissement. Cette entente est particulière, car les compagnies d’enfouissement de déchets ont généralement plutôt intérêt à ce qu’il y ait moins de recyclage pour ainsi enfouir plus de déchets. Cependant, Gesterra a un mandat social, et comme de toute façon le site sera un jour rempli, l’entreprise développe une vision à très long terme, quitte à ce que le site ne soit rempli que dans 100 ans. Il faut aussi tenir compte du fait que la collecte de matières organiques nous permet d’économiser et que nous produisons ainsi un compost utile aux citoyens. En outre, nous recevons des ristournes du gouvernement grâce à la mise en place de ces mesures qui font en sorte qu’il est pour nous plus cher d’enfouir nos déchets que de les récupérer et de les composter. Le modèle pourrait-il être transposé dans d’autres municipalités ? Gesterra serait-elle prête à partager son expérience ? Oui, je pense que le modèle est exportable et qu’il pourrait être implanté
LEMYSTÈRE MYSTÈRE LE DELA LAPAGE PAGE13 13 DE Vous êtes curieux ? Scannez le code QR à l’aide de votre téléphone intelligent ou rendez-vous sur www.3rvemystere.com
Vous êtes curieux ? Scannez le code QR à l’aide de votre téléphone intelligent ou rendez-vous au www.sourcemystere.com Pour enchérir sur la page mystère du prochain numéro, scannez ce code
partout au Québec, surtout s’il y a la même volonté politique et le même engagement à rechercher le consensus parmi les diverses parties. Nous sommes bien sûr prêts à partager des informations sur ce que je considère comme une réelle réussite de partenariat public/privé, mais ce serait davantage par le biais des municipalités que l’échange d’informations se ferait, Gesterra étant quand même une entreprise qui doit au même titre qu’une autre se protéger par rapport à la concurrence. Est-ce que Gesterra est un OSBL ou une entreprise ? C’est géré comme une entreprise, mais l’organisation fonctionne aussi avec des fonds publics selon la structure d’un partenariat public/privé (PPP). La Ville de Victoriaville est représentée à 60 % au sein de la gestion. Étant le maire de la plus importante ville de la MRC, je suis le président d’office de cette compagnie. Cela nous permet de garder le contrôle de la gestion de nos déchets. C’est un modèle qui fonctionne bien dans la mesure où les deux parties se font confiance et où il y a une volonté commune. Par exemple, si le Groupe Gaudreau, qui s’occupe de l’enfouissement, ne faisait pas confiance à la classe politique en raison de l’alternance rapide des maires et des changements à l’entente que cela pourrait supposer, un tel partenariat serait impossible. Pareillement, le milieu politique doit faire confiance à l’entreprise impliquée. La marque de commerce de Gaudreau s’appuie sur la protection de l’environnement ; c’est aussi l’orientation de Victoriaville. Nous partageons donc cette valeur. Gesterra a généré plus de 1 million de dollars l’an dernier. Cet argent, nous l’utilisons pour réinvestir dans la compagnie en espérant qu’un jour, pourquoi pas, nous pourrons remettre une forme de dividendes aux citoyens. Monsieur Rayes, merci beaucoup ■
CHOISIR TRIA, C’EST FAIRE LES BONS CHOIX.
TRIA est un leader en valorisation de débris de chantier et un citoyen responsable dans sa collectivité. ÉCOSERVICES TRIA INC. 1985 Jean-Marie Langlois La Prairie (Québec) J5R 5Z8 T 450 659 . 9333 F 450 659 . 2454 ÉCOSERVICES TRIA est la nouvelle identité de Récupération JM Langlois
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Le jeudi 1er septembre dernier se tenait au Club de golf Glendale de Mirabel la 7e édition du tournoi annuel de votre magazine 3Rve. Les prévisions météorologiques annonçaient une journée ensoleillée et c’est heureusement ce à quoi ont eu droit les participants de cette classique ayant foulé le magnifique parcours Élite du Glendale. Les traditionnels chapelets sur la corde à linge ont assurément fait le travail ! C’est donc avec un soupir de soulagement que les organisateurs ont accueilli les nombreux participants de ce tournoi qui comportait une multitude de concours, dont celui du plus long coup de départ, proposé par un remarquable Oralien ! Par la suite, bières importées et trio jazz attendaient les golfeurs. Ils ont également eu la chance de trouver chaussure à leurs pieds, puisque le cabinet juridique Sodavex commanditait la distribution de superbes chaussures de golf Callaway. La soirée s’est poursuivie avec un succulent repas arrosé de vin et ponctué de nombreux prix de présence de valeur. Les participants ont de plus eu droit à un spectacle décapant du magicien Vincent C.
photos studio Oncle J.
Il est à noter qu’encore une fois, le tournoi s’est déroulé à guichet fermé. La prochaine édition de votre tournoi se tiendra le jeudi 6 septembre 2012. Serez-vous des nôtres ?
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Les sourires étaient au rendez-vous pour accueillir les invités.
Avant de commencer le tournoi, rien de mieux qu’une conversation décontractée.
Les participants ont pu se régaler avec le succulent brunch à volonté… surtout ceux qui en ont plus long à remplir !
L’entreprise Inpak nous présentait son tout nouveau camion sous l’œil avisé de nombreux experts de l’industrie.
Après la visite des Télétubbies l’an dernier, c’était au tour des Oraliens de venir saluer les golfeurs de l’environnement.
Depuis le temps que Louis-Charles Lefebvre rêvait de serrer la main d’un Oralien. Il n’allait pas manquer sa chance !
Après avoir croqué le portrait de l’Oralien, notre photographe n’a pu résister à l’envie de se faire prendre en photo à son tour avec le casque.
Les golfeurs prenaient beaucoup de temps avant de quitter le trou no 1. Avec un tel accueil, il est facile de comprendre pourquoi.
Il n’y avait pas que des jolis minois au trou MAYA; il y avait aussi du porto, des cigares et de délicieuses truffes au chocolat.
Pour la traditionnelle photo de quatuor, l’équipe de Sodavex a troqué les bâtons pour un sandwich. Une décision savoureuse.
Elle est loin, très loin… circuit !
Les trois mousquetaires étaient présents. On reconnaît Athos, Porthos, Aramis et… André Nadeau.
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Aucun golfeur n’a osé plonger dans la piscine, ce qui n’a pas empêché le cocktail d’être une grande réussite.
Les participants ont eu la chance de faire du réseautage et de belles rencontres.
… tout ça au son de notre talentueux trio jazz.
Gregory Pratte, au développement des affaires du magazine, avait une grande surprise à offrir aux gens lors de la soirée.
Un GRAND MERCI à nos précieux commanditaires Après avoir réussi à mettre ses jambes derrière la tête, il a mis au défi l’assemblée de l’imiter.
Mais quelles étaient les chances qu’il y ait quelqu’un d’autre capable de le faire… Sachez que l’homme élastique se cache chez Newalta.
Une nouvelle équipe a été sacrée championne du tournoi. Son secret ? Une petite tape sur les fesses pour s’encourager !
L’équipe composée de Philippe Côté, Sébastien Lafontaine, Gary Gagné et Éric Paquin avait fière allure.
Rien de mieux que de chanter Câline de blues d’Offenbach pour casser la voix… ou les oreilles !
… ce qui n’a pas empêché les gens de sourire. Il faut dire que gagner un beau prix offert par IPL, ça aide toujours !
Pour faire réagir la foule, le très talentueux magicien Vincent C. n’a pas hésité à sortir un lapin de son chapeau.
… ni même à se percer la langue avec une broche sous l’œil à la fois amusé et dégoûté de Karine Gaudreau. Magie !
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CENTRES DE TRI
TAUX DE REJETS NORMAL DANS UN CENTRE DE TRI :
9 9, %
Frédéric Potvin, ing. directeur général Tricentris fpotvin@tricentris.com
es centres de tri sont depuis longtemps jugés en fonction de leur taux de rejets. À tort, la croyance populaire maintient que plus le taux affiché est bas, meilleur est le centre de tri. Il est faux de croire qu’un centre de tri ne génère pas de déchets et il est temps que la lumière soit faite sur ce sujet tabou. Est-ce si tragique d’envoyer à l’enfouissement quelque chose qui y était destiné de toute façon ? N’est-il pas plus grave de dissimuler des déchets dans des ballots, et ainsi produire une qualité moindre, voire douteuse, dans le seul but de diminuer le taux de rejets et ainsi atteindre des standards qui s’appuient sur de fausses perceptions ?
L
Éco Entreprise Québec (ÉEQ) a réalisé une vaste étude de caractérisation des bacs de recyclage. Ce travail a porté sur l’étude de 3000 familles pendant une période de 9 mois. Résultat : il y a dans le bac de recyclage un taux de déchets de l’ordre de 9,9 %. Ainsi, en croyant bien faire ou par manque de connaissances, les citoyens envoient plus ou moins 10 % de déchets dans les centres de tri. C’est fait, c’est dit. Nous affirmerons désormais qu’un centre de tri est en lien avec la réalité lorsqu’il affiche ce taux de rejets. Récemment, j’ai vu un appel d’offres municipal qui prévoyait une redistribution des surplus avec une formule utilisant 1 % de rejets. C’est bien loin d’être réaliste ! Il est temps que l’on accepte qu’un centre de tri génère des rejets, tout simplement parce que les bacs de recyclage contiennent des matières non recyclables. Les retirer, et ainsi voir son taux augmenter, est un mal nécessaire pour produire une qualité de matières qui respecte les standards. Je sollicite la compétence des directeurs des services techniques, des directeurs des travaux publics et des ingénieurs municipaux afin d’actualiser les documents aux fins de devis. J’en conviens, ces derniers sont on ne peut plus ennuyeux à pondre et j’imagine que c’est pour cette raison que le « copier-coller » fait tant fureur en la matière. C’est sans doute pour cette raison que l’on retrouve dans les appels d’offres la sempiternelle demande de produire un certificat d’autorisation pour l’exploitation d’un centre de tri, laquelle n’est pas requise depuis au moins 14 ans, des assurances qui n’existent pas, des rejets sous les 4 %, faute de quoi le contrat serait résilié, ou encore une demande pour un taux distinct de rejets pour une ville précise. Il y a aussi des appels d'offres qui demandent la liste des acheteurs des matières. Une fois le contrat donné, vérifie-t-on vraiment chaque mois que les matières sont vendues aux mêmes acheteurs que ceux inscrits sur la liste ? À quoi cette surdose d’information peut-elle bien servir, surtout considérant que le recyclage est une activité relativement jeune dans l’histoire économique et que plusieurs nouveaux acheteurs s’ajoutent chaque mois ?
Soulevons la question du partage des bénéfices que les municipalités exigent dans leurs appels d’offres. Cette mesure consiste à leur retourner une portion des fruits de la vente des matières recyclables lorsque la valeur marchande excède un certain niveau. Y a-t-il un autre service ou produit acheté par les municipalités qui se voit imposer de telles conditions ? Ces dernières bénéficient-elles d’une ristourne à l’enfouissement si le site vend son biogaz et réduit ses dépenses ? Cette façon de faire est injuste parce qu’elle fonctionne à sens unique; les municipalités ne paient jamais de ristourne si le prix moyen vendu est en deçà de celui soumis. À mon avis, il s’agit d’un frein au développement puisque c’est seulement après une bonne année de surplus qu’un entrepreneur investira davantage, que ce soit en recherche et développement, en santé et sécurité ou dans tout autre domaine lié au développement des affaires. En lui retirant ces surplus occasionnels, on lui enlève le goût du risque, on brime l’évolution de l’entreprise et sa modernisation. Couper les moyens financiers, c’est condamner les centres de tri à ne plus être concurrentiels et donc augmenter le coût de traitement futur. Après tout, l’évolution découle des risques que tout un chacun a pu prendre dans l’histoire. Comment voulez-vous qu’un entrepreneur se crée un fonds de stabilisation des marchés, qu’il investisse dans le développement de son entreprise ou qu’il agisse en bon citoyen en commanditant des organismes caritatifs locaux si vous lui enlevez une partie de ses profits ? Voilà pourquoi la ristourne exigée a un effet pernicieux.
Écoconsigne Sur une note un peu plus environnementale, vous avez sûrement remarqué les publicités qui vous encouragent à retourner vos canettes et vos bouteilles consignées. Cette publicité a pour but fort louable de renforcer la consignation. Toutefois, l’autre solution reste le bac de récupération qui permet à moindre coût et de façon plus écologique de faire un bon geste pour l’environnement. L’important demeure toutefois… de recycler ! ■
Afin de soutenir la volonté des représentants municipaux, de réduire les erreurs possibles et d’éliminer les demandes irréalistes, les centres de tri devraient proposer un devis type. C’est notre responsabilité de le faire et je m’engage à y travailler cette année.
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HORIZON 2015
Q U I EXE R C E Q U E LLE C O M PÉTE N C E ?
Léo Fradette M. A. conseiller, gestion des matières résiduelles Écoservice l e o . f ra d e t t e @ e c o s e r v i c e . c a Article écrit en collaboration avec André Dumouchel
l n’y a pas que sur les routes que des voies de contournement sont ajoutées pour éviter les travaux. Nos élus utilisent des formules semblables en politique lorsqu’il s’agit d’arrimer les « champs de compétence » des différents paliers décisionnels.
I
La mise en œuvre des politiques à l’égard de la gestion des matières résiduelles est un bel exemple de pièces « juridiques » boudinées les unes aux autres. Précisons tout de suite que le champ de taxation est du ressort exclusif du palier local, même si des services aux citoyens sont planifiés, mis en œuvre et exécutés à d’autres niveaux. Pourquoi faire simple ? Voyons voir ! Le palier local s’occupe de la collecte et du transport, tandis que le supralocal (l’agglomération, la municipalité régionale de comté – MRC) planifie et adopte le plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) et « veille » à sa mise en œuvre. Dans plusieurs régions toutefois, la MRC exerce la compétence complète. Pour mélanger le tout, Québec en a rajouté en créant les conférences régionales des élus (CRÉ). Les CRÉ favorisent la concertation, mais aussi la planification régionale. Soulignons qu’à
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tous les paliers dits municipaux, ce sont toujours les mêmes élus qui brassent les mêmes cartes. Sur papier, les PGMR contiennent, pour la grande majorité, les meilleures intentions du monde jusqu’au moment où il est décidé de passer à l’action et de procéder à la mise en œuvre des mesures adoptées. Sur le terrain, comment s’articule la mise en œuvre d’un plan de gestion ? Elle peut varier d’une région à l’autre, mais imaginons une situation saugrenue. Une MRC, qui exerce la compétence en matière de gestion des matières résiduelles sur son territoire, a adopté un PGMR qui prévoit des mesures visant la mise en valeur des matières résiduelles putrescibles, mais décide quand même d’octroyer un contrat, disons de cinq ans, qui l’exclut expressément. La loi actuelle prévoit que c’est le ministre qui adopte, après analyse et recommandations, les PGMR. Or, sauf une fois tous les cinq ans, la loi ne prévoit aucun mécanisme de vérification ou de pénalités quant à leur mise en œuvre, et encore moins s’il s’agit de contraindre une MRC qui va à l’encontre de son PGMR. De la même manière, une MRC n’a aucun pouvoir de contraindre une municipalité locale de son territoire qui refuse ou restreint sa participation à l’amélioration ou à l’implantation de nouveaux programmes. Au mieux, cette municipalité locale sera sermonnée sur la place publique. Mais qui s’en soucie ? La situation se complique un peu plus quand il s’agit d’évaluer l’utilisation des sommes d’argent redistribuées selon certaines conditions, par Québec, par l’intermédiaire du programme des redevances à l’élimination et du régime de compensation pour les services municipaux de la collecte sélective. D’abord, quel palier
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QUI EXERCE QUELLE COMPÉTENCE ?
doit recevoir les fonds ? Puis, est-ce que ces sommes peuvent être utilisées à d’autres fins que l’atteinte des objectifs de la politique québécoise et de la mise en œuvre des mesures adoptées dans les PGMR ?
[…] est-ce que ces sommes peuvent être utilisées à d’autres fins que l’atteinte des objectifs de la politique québécoise et de la mise en œuvre des mesures adoptées dans les PGMR ? Redevances à l’élimination : Régime de compensation :
plus de 300 M$ depuis 2006 plus de 493 M$ d’ici 2012
Programme d’aide financière pour la valorisation des matières organiques :
650 M$
Qui décide quoi ? Dans tout cet exercice de compétences, est-ce le palier régional ou le palier local qui décide des actions ? Le maire d’une municipalité siège à la table de sa MRC. C’est la même personne ! Réunis, ce sont des « conseillers régionaux », selon la loi. Toutefois, lorsqu’arrive le temps de prendre des décisions à caractère régional, est-ce que ces personnes agissent d’abord pour leur municipalité où ils ont été élus et, ensuite, pour la région ? Ou l’inverse, comme il se devrait ?
Rappelons que le PGMR est adopté par la MRC. Si elle exerce une compétence complète, c’est la MRC qui est également responsable de la mise en œuvre du plan. C’est elle qui propose les mesures, évalue les coûts des projets, les réalise et, ultimement, rend compte des résultats à la population. Toutefois, parmi les voies de contournement, Québec a choisi de ne pas retourner automatiquement et nécessairement les sommes d’argent provenant des programmes cités plus haut à la MRC, et ce, même si la municipalité n’exerce plus aucune compétence à l’égard de la gestion des matières résiduelles. Si des sommes d’argent sont dues aux MRC, plusieurs, à la demande des élus, les réacheminent aux paliers locaux, quitte à refaire un autre chèque, un peu plus tard, sous la forme d’une quote-part. En somme, Québec dispose de bien peu de moyens pour s’assurer du suivi et de la mise en œuvre des PGMR qui sont pourtant à la base de la politique québécoise et de l’atteinte des objectifs. Il a une belle occasion devant lui pour corriger le tir puisque la majorité des PGMR sont échus et doivent être remis à jour. De plus, comme il s’agit de fonds publics, le gouvernement aurait tout avantage à définir les conditions d’utilisation de toute somme d’argent redistribuée à une administration municipale pour qu’elle le soit en fonction de critères visant l’amélioration des services et de la performance des programmes, ainsi que l’acquisition d’équipements/infrastructures. Enfin, il faudrait résoudre rapidement l’ambiguïté persistante des rôles entre le palier local et le palier suprarégional. S’il est question de déterminer à qui doivent être retournées les sommes d’argent et qui doit rendre des comptes, il serait temps de reconnaître l’organisme qui exerce, dans les faits, la compétence. ■
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R E C H E R C H E ET DÉV E LO P P E M E NT
BIORECOUVREMENTS D’OXYDATION PASSIVE DU MÉTHANE POUR LES SITES D’ENFOUISSEMENT
Alexandre R. Cabral Ing., Ph.D. Professeur titulaire Département de génie civil, Faculté de génie, Université de Sherbrooke a l e x a n d re . c a b ra l @ u s h e r b ro o k e . c a
U
n site d’enfouissement moderne et d’une certaine dimension doit être muni d’installations de captage actif des biogaz. Ces installations doivent demeurer en fonction plusieurs années, voire des décennies (phase de postfermeture active; voir figure 1). Lorsque le pompage actif des biogaz n’est plus viable, on peut l’interrompre si on respecte les conditions imposées par règlement. Mais qu’arrive-t-il aux biogaz après cette interruption du pompage ? C’est simple : ils s’échappent d’une façon ou d’une autre dans l’atmosphère sous forme d’émissions fugitives (ou émissions non captées). Ainsi, même si la quantité d’émissions fugitives diminue au fil du temps, la quantité totale de biogaz émis sur une très longue période peut être considérable. Il est important de mentionner aussi qu’aucun système de captage actif n’est efficace à 100 %. Autrement dit, il y aura aussi des émissions fugitives durant la période de captage actif. Que peut-on faire pour pallier ce problème ? Un des moyens les plus efficaces de réduire les émissions de biogaz est d’installer un biorecouvrement dans le recouvrement final. Le biorecouvrement est constitué d’une séquence de sols couramment retrouvés partout (on peut même employer des sols contaminés !). Le secret est dans
le choix de la bonne séquence de matériaux qui sont installés en substitution aux couches de protection et de support à la végétation, en tout respect pour le règlement sur l’enfouissement (REIMR). Le biorecouvrement doit surtout favoriser le développement des bactéries méthanotrophes, qui sont capables d’oxyder le méthane (CH4) en CO2. Comme le CH4 est un gaz à effet de serre puissant et beaucoup plus dommageable que le CO2, on a avantage à favoriser le développement de ces bactéries qui existent partout et qui peuvent se développer sans qu’on ait à procéder à un ensemencement artificiel. Et elles n’ont besoin que de CH4, d’oxygène et de quelques nutriments normalement disponibles dans les sols. En d’autres mots, elles ne coûtent rien en manutention. Il suffit de créer un milieu favorable à leur développement. Les recherches récentes menées à travers le monde, y compris celles en cours à l’Université de Sherbrooke en collaboration avec Waste Management, ont démontré que l’efficacité de l’oxydation peut frôler les 100 % de façon soutenue dans des conditions de terrain. Il faut cependant reconnaître que dans des régions où le climat ressemble à celui du Québec, les bactéries méthanotrophes sont peu ou pas actives pendant de longs mois à cause du froid. Dans le cas fictif présenté à la figure 1, on observe les résultats d’une simulation simplifiée (mais quand même assez réaliste) de la production de CH4 par un site moyen qui reçoit 100 000 tonnes métriques par année durant 20 ans. Les principales considérations sont explicitées dans cette figure. Considérant une efficacité d’oxydation de 35 % durant la phase de postfermeture (valeur assez réaliste selon la littérature technique), la quantité totale d’émissions évitées pour ce seul site moyen serait égale à 0,3 millions de tonnes métriques de CO2. C’est au moins ça de gagné ! Pourquoi se passer de cette réduction des émissions ? Surtout considérant le fait que le coût de construction d’un biofiltre est marginalement plus élevé que celui d’un recouvrement régulier…
Modèle d’estimation : Landgem v3.2 Année d’ouverture : 1986 Année de fermeture : 2006 Année install. recouvr. final 2008 Année d’arrêt captage biogaz 2046 K (1/année) 0,04 Lo (m3/t) 130 % CH4 % vol dans biogaz 57 % Enfouiss. (t/an) 100 000 50 % % efficacité du captage 90 % 0% 0% % oxydation du CH4 35 %
1) Recouvr. temp. installé suite au rempliss. de chacune des cellules. 2) Recouv. final 2 ans après 4e cell. 3) Aucune oxyd. CH4 durant phase d’opération : conservateur. 4) Efficacité de captage durant phase d’opér. = 50 % 5) Capt. = % efficacité x production (simplification) (phase d’opération - conservateur) (post-ferm. - phase active - 40 ans) (post-ferm. - phase passive - 60 ans) (opération et recouvr. temporaire) (post-fermeture)
Mais il y a plus au sujet des biorecouvrements. Selon nos r é s u l t a t s d e r e ch e r ch e , i l s seraient capables de réduire de beaucoup les émissions malodorantes et, potentiellement (nous avons peu de données pour le moment), de certains composés organiques. Nos recherches se poursuivent… ■
Figure 1 – Production dans le temps de méthane pour un site fictif
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INFRASTRUCTURES URBAINES
LA RESPONSABILITÉ ÉLARGIE DES PRODUCTEURS : UN MAL NÉCESSAIRE !
Jean-Louis Chamard M.Sc. Env. président Chamard et Associés inc. j l . c h a m a rd @ c h a m a rd e t a s s o c i e s . c o m
La gouvernance des organismes accrédités
près s’être lancé sur le chemin visant à responsabiliser les producteurs de biens avec les règlements sur la récupération des peintures, des huiles et de leurs contenants, le gouvernement du Québec adoptait un règlement-cadre sur la responsabilité des producteurs. Outre les produits déjà visés, les premiers produits ciblés sont les produits électroniques, les lampes au mercure ainsi que les piles et batteries. D’autres produits viendront s’y greffer au rythme de deux autres par année. À terme, ce sont plus d’une trentaine de produits qui sont visés. L’objectif, c’est de responsabiliser le producteur afin de l’amener à concevoir des produits ayant un moindre impact sur l’environnement, avec une vie utile plus longue, ce qui au bout du compte permet de minimiser l’utilisation de ressources non renouvelables.
A
L’objectif est fort louable, mais quelquefois le diable se cache dans les détails. Dans le cas des nouveaux produits visés par le règlement, les taux de récupération sont pour le moins facilement atteignables. On indique 25 % dans la plupart des cas. On vise à atteindre 65 % dans un horizon de 8 ans. Bien que les plans d’action doivent être opérationnels d’ici la mi-juillet 2012 pour les trois groupes de produits visés, il reste encore beaucoup de questions et de problèmes à résoudre, notamment en ce qui concerne la gouvernance, les points de dépôt, l’information et le contrôle.
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Dans le cas de la peinture, des huiles et de leurs contenants, les organismes accrédités sont exclusivement dédiés au territoire québécois. Pour les produits électroniques, les piles et batteries de même que les lampes au mercure, les organismes de gestion accrédités seront, selon toute vraisemblance, d’envergure canadienne, c’est-à-dire que la gestion des programmes de récupération et de valorisation devrait être identique ou similaire d’une province à l’autre. Le tableau ci-après présente la situation canadienne de la responsabilité élargie du producteur (REP). On comprend facilement que l’industrie désire que les programmes de récupération et de valorisation soient identiques d’un océan à l’autre. Dans ces cas, il est avantageux et plus efficace qu’un seul organisme de gestion soit accrédité pour l’ensemble des provinces. Cependant, les programmes de REP sont de responsabilité provinciale, ce qui engendre des particularismes locaux qui minent l’efficacité du système. Chaque province a des objectifs de récupération et des moyens différents. À titre d’exemple, dans la réglementation québécoise, on insiste sur le réemploi, comme en témoigne la hiérarchisation des 3RV-E, ce qui n’est pas le cas dans les autres provinces. Dans ces conditions, il est fort probable que les organismes de gestion accrédités soient basés dans les autres provinces et qu’un comité provincial soit désigné pour agir au Québec sous l’autorité du conseil d’administration canadien. Au fil du temps, certaines particularités québécoises pourraient être mises au rancart. Des différences d’interprétation, attribuables entre autres à la langue, compliqueront le contrôle des moyens mis en œuvre.
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9E ÉDITION | 13 ET 14 MARS 2012 | CENTRE DES CONGRÈS DE QUÉBEC
DES VISITEURS DE TOUS HORIZONS
> Gestionnaires municipaux, opérateurs de stations de traitement > Chefs d’entreprises et responsables de l’environnement en industrie > Ingénieurs, technologues, consultants
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LA RESPONSABILITÉ ÉLARGIE DES PRODUCTEURS : UN MAL NÉCESSAIRE !
dépôt ? C’est donc le citoyen/consommateur qui écope encore, car il devra parcourir de plus grandes distances pour se rendre dans des points de dépôt différents pour chaque produit visé. En définitive, à moins d’être hautement sensibilisé à la protection des ressources, la poubelle est bien plus facile d’accès que le point de dépôt du marchand, de l’industriel ou de l’écocentre municipal.
L’information au citoyen
1 : Seulement les piles non rechargeables. Source : MDDEP, 2011
Les points de dépôt La mise en place de la REP devrait s’accompagner d’un programme québécois d’implantation d’un réseau municipal d’écocentres, géré par des organisations privées. Ces écocentres devraient être financés par les organismes de gestion accrédités afin de faciliter la tâche aux citoyens/consommateurs. Ce réseau d’écocentres devrait être suffisamment dense pour que les citoyens puissent s’y rendre rapidement sans trop d’effort. Cette densité devrait être mesurée en fonction, entre autres, des gaz à effet de serre générés par les automobilistes. Actuellement, dans la réglementation québécoise, des points de dépôt permanents et saisonniers ont été prévus pour chacun des produits visés par la REP. Cela n’exclut pas que des points de dépôt communs puissent être implantés, mais le doute est permis étant donné que l’interfinancement des produits a été exclu. Il sera donc très compliqué de mettre en commun les efforts financiers pour implanter un tel réseau d’écocentres. Dans quelle mesure l’industrie d’un produit visé est-elle prête à financer ces points de
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Comme on dit en publicité, le nerf de la guerre, c’est l’information. Si le citoyen/consommateur ne connaît pas les points de dépôt ou les modalités de récupération des produits visés, il ne participera pas à l’effort collectif et il ne modifiera pas ses pratiques. Avez-vous demandé à vos amis ou vos voisins s’ils connaissaient le programme de récupération des peintures ? Ceux qui sont sensibilisés le connaissent probablement. La majorité en ignore tout. La communication, ça coûte cher, et le message doit être répété souvent pour qu’il s’imprime dans l’esprit du citoyen. Les exigences du règlement à cet égard ne semblent pas être à la hauteur des attentes. On mise plutôt sur l’atteinte des résultats de mise en valeur pour juger de l’impact de la mesure au lieu d’aller au-delà des objectifs de récupération et de maximiser la récupération et la valorisation des produits visés. Avec l’internalisation des coûts, qui consiste à inclure le tarif de la REP dans le prix d’achat, on n’informe pas le consommateur de l’impact de ses choix de consommation. Il ne peut donc pas faire la différence entre deux produits, en apparence similaires, mais qui pourraient avoir un impact important sur l’environnement ou la protection des ressources. En conclusion, la responsabilité des producteurs est un pas dans la bonne direction, mais il n’est pas suffisant en regard de l’effort que le citoyen/consommateur devra déployer pour modifier ses habitudes de consommation. Le plus dur reste à faire ! ■
DÉCHETS DANGEREUX
L’INNOVATION EN GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES DANGEREUSES D’ORIGINE INDUSTRIELLE
Guy Adam B. Sc. Génie chimique directeur principal, développement des affaires, Québec Newalta inc. gadam@newalta.com
L
a réduction. La réutilisation. Le recyclage. Trois habitudes que l’on doit apprendre à mieux intégrer dans la gestion des matières résiduelles industrielles, dans la préservation et la sauvegarde de l’environnement et dans le respect des exigences environnementales. Voilà pourquoi l’innovation doit être au cœur de la gestion des matières résiduelles industrielles : une innovation qui s’organise en un réseau intégré d’installations pour le ramassage, le groupage et le traitement des matières résiduelles dans tout le pays.
VALORISER les matières résiduelles De nos jours, il est possible de faire appel à des techniques avancées pour traiter les flux de matières résiduelles. En effet, des méthodes d’avant-garde telles que la centrifugation, la distillation et les traitements physico-chimiques permettent d’y parvenir. Par ailleurs, des efforts peuvent aussi être déployés pour récupérer le plus de matières réutilisables possible, ce qui réduit d’autant le volume de matières résiduelles à éliminer. L’enfouissement et l’incinération – les méthodes traditionnelles d’élimination des matières résiduelles – présentent de graves inconvénients. À titre d’exemple, pour l’incinération, le besoin en
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énergie requis pour éliminer les matières résiduelles est énorme. De plus, elle génère des émissions atmosphériques. Quant à l’enfouissement, il y a un rapport évident d’actif et de passif avec l’environnement de même qu’un risque potentiel de contamination des nappes phréatiques. Toutefois, la perte de valorisation des matières résiduelles et l’incapacité de les réutiliser pour générer des produits à valeur ajoutée représentent les plus grands désavantages de ces méthodes du passé. Par conséquent, au lieu de favoriser l’incinération ou l’enfouissement, on doit donc considérer les matières résiduelles dangereuses d’origine industrielle comme des ressources pouvant être valorisées. Pour ce faire, il est primordial d’accorder de l’importance à l’innovation et de soutenir les méthodes modernes de recyclage et de valorisation des matières résiduelles. On doit s’entendre sur des principes et des processus normalisés afin de favoriser toutes les options de recyclage tout en appuyant les options novatrices et les nouvelles technologies environnementales.
PAVER la voie de l’avenir L’implantation de meilleures pratiques de gestion des matières résiduelles dans les établissements industriels doit se faire en parallèle avec des actions visant à développer des filières (valorisation des matières, création de produits à valeur ajoutée) et une plus grande accessibilité des services de collecte des matières résiduelles d’origine industrielle. De surcroît, la diversité du secteur industriel représente un grand défi sur le plan de l’intervention. En effet, le degré d’avancement dans la gestion des matières résiduelles dépend de nombreux facteurs : type, taille, localisation géographique, composition et quantité des matières résiduelles
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L’ I N N O V A T I O N E N G E S T I O N D E S M A T I È R E S R É S I D U E L L E S D A N G E R E U S E S D ’ O R I G I N E I N D U S T R I E L L E
générées, coûts de gestion des matières résiduelles, espace, ressources, temps disponible, accessibilité des services, existence ou non d’une réglementation, etc. Lorsque nous trouvons des moyens de valoriser les flux de matières résiduelles, nous permettons aussi l’élaboration de nouveaux produits commercialisables. La pensée innovante permet de gagner de nouveaux marchés pour les produits recyclés et raffinés. Un exemple connu est celui du pétrole brut, récupéré par la centrifugation de résidus de forage, qui est remis sur le marché. Aussi, nous sommes dorénavant en mesure de régénérer les huiles moteurs usées et d’offrir de nouveaux produits qui respectent les normes industrielles. Or, l’industrie a encore du chemin à faire, notamment en ce qui concerne les procédés de signalisation, de traçage et de transport des matières résiduelles. On doit se doter d’un système de traçabilité efficace pour s’assurer que les produits sont traités par des entreprises ayant les moyens techniques, les compétences, les installations et l’équipement nécessaires. Surtout, les matières résiduelles industrielles doivent être dirigées vers les bonnes ressources, aux bons endroits.
On doit se doter d’un système de traçabilité efficace pour s’assurer que les produits sont traités par des entreprises ayant les moyens techniques, les compétences, les installations et l’équipement nécessaires. MAINTENIR le cap de l’innovation L’une de ces innovations est la valorisation de la biomasse résiduelle. En effet, de nouvelles technologies innovatrices permettent aujourd’hui de transformer de façon économique ces résidus en biocarburants et en produits chimiques de synthèse en remplacement du pétrole. Ainsi, on recycle le CO2 en boucle fermée au lieu d’en ajouter dans le bilan global de la planète. En outre, les méthodes de valorisation innovantes s’attaquent aussi au recyclage du plomb, surtout celui contenu dans les batteries automobiles, pour le redistribuer aux fabricants. De cette façon, le recycleur ferme la boucle de l’utilisation du plomb, qui est réutilisé par celui-là même qui en fait usage à la base. Il en va de même avec le plastique, également contenu dans les piles, qui est lui aussi revendu au fabricant. Enfin, certaines techniques surpassent les procédés traditionnels en effectuant le même travail, sans répercussions, et en créant des produits et des énergies renouvelées. C’est le cas de l’oxydation chimique, qui agit comme l’incinération, mais qui ne produit aucune émission atmosphérique, est très peu énergivore, permet de capter la chaleur et l’énergie en vue de les réutiliser, et revalorise la matière pour en tirer une valeur ajoutée. Autre innovation notable : la revalorisation par l’assainissement d’eaux usées industrielles et d’autres matières résiduelles. Le traitement des eaux industrielles et leur réhabilitation appropriée en permettent le recyclage intégré aux opérations des usines, le rejet dans les réseaux d’égouts municipaux et dans les puits d’évacuation des eaux. Bref, inutile de rappeler que la société industrielle et l’exploitation des ressources naturelles sont parmi les premières causes de la dégradation de l’environnement. Mais la cause peut aussi faire partie de la solution, et la technique et l’innovation y sont au cœur. Le secteur industriel présente des expertises et des besoins différents et l’intervention dans ce secteur pose un grand défi pour l’implantation d’une saine gestion des matières résiduelles. ■
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LE JURIDIQUE
LE SYSTÈME JUDICIAIRE CRIMINEL A SES LIMITES
Me Christine Duchaine avocate associée chez Sodavex, cabinet juridique spécialisé en environnement cduchaine@sodavex.com
es sœurs Shafia, Ronald Malo, Jérémy Gabriel, Anne-Sophie et Olivier Turcotte, Jamie Hubley, Marjorie Raymond… Autant de noms qui nous interpellent et remettent en question nos valeurs les plus fondamentales que sont le droit à la vie et le droit à la sécurité de sa personne.
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J’ai le privilège de représenter la famille Malo dans ses nombreux démêlés avec Roland Belzil. À titre d’avocate spécialisée en droit de l’environnement, mon implication dans un recours en vices cachés alléguant la présence de matières résiduelles dans un terrain allait de soi. Au fil des années, toutefois, ce dossier a évolué pour devenir un cas grave de harcèlement à l’égard des Malo. Cette triste histoire a connu un dénouement tragique, le 13 janvier dernier, lorsque M. Malo a été assassiné dans d’horribles circonstances et que deux employés municipaux qui avaient refusé de délivrer des permis se sont fait sauvagement attaquer par Belzil. Je n’aurais jamais cru être un jour mêlée à pareille histoire. Mon implication auprès de ce couple uni qui n’aspirait qu’à vivre une retraite tranquille et qui est devenu malgré lui la victime de l’obsession d’un homme déterminé à leur pourrir l’existence m’a inspiré une réflexion
sur ce que la société offre aux victimes de harcèlement… J’aimerais vous convier à cette réflexion, car les prochaines victimes pourraient être vous ou quelqu’un qui vous est cher. Confrontés aux insultes, aux gestes malfaisants, aux poursuites et mises en demeure incessants ainsi qu’aux menaces de mort, les Malo ont utilisé tous les moyens légaux à leur disposition pour se protéger et faire cesser le harcèlement. Les policiers, les procureurs de la couronne, les associations de victimes d’actes criminels et les tribunaux ont été interpellés. De sévères ordonnances, tant civiles que criminelles, ont été émises contre Belzil par les tribunaux à plusieurs reprises, des cures de désintoxication lui ont été imposées et il a même été condamné sous plusieurs chefs d’accusation. Il n’avait toutefois jamais été incarcéré ou interné, essentiellement parce que le système judiciaire criminel n’intervient pas de cette manière dans de tels cas, ceux-ci n’étant pas jugés suffisamment graves.
[…] pendant toutes ces années, les membres de la famille Malo ont vécu dans la crainte constante que Belzil mette ses menaces à exécution. Pourtant, pendant toutes ces années, les membres de la famille Malo ont vécu dans la crainte constante que Belzil mette ses menaces à exécution. Ils ne se sentaient jamais en sécurité et leur qualité de vie en a été grandement affectée. Ils ont cherché de l’aide, en vain. Ils se sont sentis et se sentent encore aujourd’hui complètement démunis et désemparés. Cet immense sentiment d’impuissance, je l’ai partagé avec eux et je le ressens de manière encore plus cuisante aujourd’hui.
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LE SYSTÈME JUDICIAIRE CRIMINEL A SES LIMITES
Mes années de pratique en environnement, domaine où l’on applique le principe de précaution, ainsi que l’actualité récente ne font qu’exacerber ce sentiment d’impuissance et d’injustice. En effet, comment expliquer que, malgré le consensus voulant que l’intimidation et le harcèlement soient inacceptables dans notre société, il n’existe aucun outil efficace pour le prévenir et y mettre un terme ? Nos journaux pullulent de tristes histoires de harcèlement et d’abus qui se terminent dans le drame : femmes victimes de leur conjoint, jeunes intimidés ou taxés à l’école ou sur Internet, enfants abusés par leurs proches ou aînés harcelés par un voisin. Pour chacune de ces histoires, combien d’autres demeurent inconnues du grand public ? Toutes ont un
lien, toutefois : des personnes innocentes vivent l’enfer sous le joug d’un bourreau, soit-il mentalement perturbé ou simplement mal intentionné. L’aspect le plus horrible est le fait que dans la plupart de ces cas, les abus sont dénoncés aux autorités avant le drame. Malgré tout, la plupart du temps, le harcèlement se poursuit sans que le bourreau ne soit incommodé autrement que par un avertissement de ne plus recommencer. Et il continuera, impuni, jusqu’au jour ou l’irréparable sera commis. Il sera alors malheureusement trop tard pour les victimes. Une prise de conscience collective sur les effets néfastes de ces agissements sur les victimes et leurs proches et sur l’importance de les prévenir ou de les atténuer s’avère impérative. Sans vouloir diaboliser le système, force est de constater qu’il est inefficace pour assurer la sécurité et la qualité de vie des victimes de harcèlement. Dans une société comme la nôtre, qui s’est dotée d’une charte des droits et qui prône la précaution et la prudence en toute occasion, des changements s’imposent. Comment justifier que l’on se dote de moyens d’intervenir rapidement pour prévenir l’émission de contaminants et l’atteinte à la santé des gens et à l’environnement et que l’on ne fasse pas la même chose lorsque la sécurité et la qualité de la vie de personnes – quand ce n’est pas leur vie elle-même – sont menacées et même souvent atteintes par les agissements d’une autre personne ? Comment justifier que l’on ferme des entreprises ou qu’on interdise des produits s’il existe un risque pour la population, que l’on impose des amendes aux personnes qui ne respectent pas les règles de sécurité de la société, mais que l’on ne punisse pas ceux qui profèrent des menaces d’atteinte physique ou de mort envers une autre personne ? Une telle dichotomie est inexplicable et injustifiable. Nous ne pouvons déléguer au système judiciaire criminel, avec les limites et le manque de ressources qu’on lui connaît, l’entière responsabilité d’intervenir. Il est devenu impératif de fournir aux organismes et aux individus impliqués les moyens d’interpeller euxmêmes les systèmes de santé ou judiciaire afin d’intervenir auprès des coupables de harcèlement pour y mettre un terme rapidement et prévenir des drames. Il est temps d’adopter une loi « musclée » qui nous permette de faire respecter les valeurs fondamentales de notre société : le droit à la vie et à la sécurité de sa personne. Pour notre plus grand bien à tous. ■
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Le magazine des matières résiduelles au Québec
G E STI O N H U M A I N E D E S R E S S O U R C E S
LE TR A N S F E RT D U S AV O I R : PAS S A G E O B LI GÉ P O U R LA S U RVI E D E L’E NTR E PR I S E
Dominique Dodier directrice générale EnviroCompétence d o m i n i q u e . d o d i e r @ e n v i ro c o m p e t e n c e s . o rg
Les organisations ne peuvent pas compter sur un nombre limité d’employés pour préserver leurs connaissances institutionnelles vitales. Par conséquent, elles doivent trouver des moyens de préserver les connaissances tacites et de les rendre accessibles aux futurs travailleurs […]. – Hewitt & associés (2006) e marché du travail a beaucoup changé au cours des dernières années. Aujourd’hui, les entreprises doivent rester concurrentielles à tous les points de vue : rentabilité, ressources humaines, processus, technologies, etc. Concrètement, il s’agit de faire plus avec moins. Dans un contexte de mondialisation, les entreprises procèdent à divers aménagements, allant des nouvelles solutions technologiques aux changements de gouvernance afin de demeurer dans la course. Considérant ce besoin, le travail se métamorphose. Auparavant, le travail était surtout mécanique et opératoire, avec des instructions précises. Les travailleurs exécutaient leurs tâches selon des directives bien définies. Aujourd’hui, les emplois requièrent des compétences dites intellectuelles, c’est-à-dire des compétences qui allient savoir-faire et savoir-être.
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Mais la métamorphose ne s’arrête pas là. La pénurie de maind’œuvre dans diverses industries et les départs à la retraite de plusieurs milliers de travailleurs ne font que compliquer les choses. Car ces personnes possèdent une connaissance, un savoir et des compétences inestimables, voire stratégiques, qui finissent par se perdre sans une stratégie de transfert des savoirs. Comment conserver ces connaissances ainsi que toute l’expertise – noyau de la réussite de l’entreprise – qu’un travailleur a acquises au fil des années ? Plusieurs solutions sont à la disposition des employeurs déterminés à assurer le transfert des connaissances à la relève : la retraite progressive ainsi que la réembauche des retraités comme contractuels ou consultants, à temps partiel ou sur une base saisonnière, peuvent être envisagées comme des moyens de faciliter le transfert des connaissances. Ces moyens visent deux objectifs : maintenir le nombre de ressources et les forces de main-d’oeuvre aussi longtemps que possible et ainsi préserver les connaissances et compétences clés pour assurer le succès futur de l’organisation. Les employeurs qui comptent un grand nombre d’employés à la veille de la retraite doivent trouver des moyens de préserver leurs connaissances organisationnelles avant le départ de ceux-ci. La majorité des organisations ne pourront récupérer toutes les connaissances perdues lors des départs à la retraite. Les raisons évoquées : manque de temps ou de budget, de sorte que l’on néglige la formation. Le transfert des connaissances est une solution qui aide à maintenir et à améliorer l’efficacité et la rentabilité à long terme des organisations. C’est un processus qui demande à être planifié.
L E T R A N S F E R T D U S A V O I R : P A S S A G E O B L I G É P O U R L A S U R V I E D E L’ E N T R E P R I S E
Or, aujourd’hui encore, peu d’entreprises ont mis en place un tel processus et les outils facilitant le transfert des connaissances entre employés. Les nouveaux employés ou les nouveaux travailleurs fraîchement diplômés devront faire une série d’essais, erreurs et expérimentations au lieu de bénéficier directement des connaissances et du savoir de ceux qui sont passés par ce processus il y a déjà plusieurs années. Nombre de solutions s’offrent à vous pour améliorer le transfert des connaissances au sein de votre organisation. Il faut au moins entreprendre une réflexion rapide sur le transfert des connaissances et se poser les bonnes questions afin que la démarche soit fructueuse. Voici les questions que vous devriez vous poser comme gestionnaire : • Est-ce que l’entreprise comprend bien les enjeux du transfert des connaissances ? • La direction voit-elle l’utilité du transfert des connaissances ? • Le transfert des connaissances fait-il partie des priorités de l’organisation ? • L’organisation a-t-elle les bons outils de transfert des connaissances à sa disposition ? • Y a-t-il quelqu’un dans l’organisation qui prendra le dossier sous sa responsabilité ? • Est-ce que cette personne connaît et maîtrise le concept du transfert des connaissances ? • Qui sont à court et à moyen termes les employés qui partiront à la retraite ?
Préparer la relève grâce à : • l’amélioration du travail coopératif et des échanges entre les employés; • la conservation de la culture, de l’expérience et de l’expertise dans l’entreprise. Entreprendre une démarche de transfert des connaissances devient nécessaire pour la pérennité de nos organisations. Celles qui emboîteront le pas seront devant la parade et sûrement plus concurrentielles. ■ Pour de plus amples renseignements sur le sujet et des formations offertes, visitez www.envirocompetences.org . 1. Étude menée par Lysanne Raymond, en collaboration avec Robert Parent, Lise Desmarais et Louise Leclerc, Laboratoire de recherche sur la dynamique du transfert de connaissances, Faculté d’administration, Université de Sherbrooke.
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Dans une étude menée auprès de 348 entreprises de 5 secteurs (foresterie et exploitation forestière ; fabrication de produits chimiques ; fabrication de matériel de transport ; grossistes-distributeurs de machines, de matériel et de fournitures ; services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques), on constate que des pratiques de gestion des connaissances ont été adoptées afin d’améliorer l’avantage concurrentiel. La perte d’employés clés de même que la perte de parts de marché ont motivé les entreprises à mettre en place des solutions.
Bénéfices du transfert dans les organisations1 Améliorer la performance grâce à : • un meilleur apprentissage et une meilleure intégration des nouvelles ressources ; • une réduction des coûts ou des risques lorsqu’il y a échange de découvertes relatives à des solutions externes ; • une meilleure prise de décision en matière de production ; • une amélioration de l’efficacité organisationnelle ; • une amélioration de la satisfaction au travail. Favoriser l’innovation grâce à : • l’amélioration de la qualité et de la rentabilité des projets et des interventions ; • l’accroissement de la capacité d’innovation par l’entremise de l’amélioration et la découverte de solutions ; • l’amélioration des relations avec l’environnement.
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NS O B S LE TACTS
LES AMIS DE 3RVE
CON
STÉPHEN DAVIDSON, ing. Directeur de projets Environnement 1205, rue Ampère, bureau 310 Boucherville (Québec) J4B 7M6 Tél. : 450 655-9640, poste 237 Téléc. : 450 655-7121 stephen.davidson@bpr.ca www.bpr.ca
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L’ E N V E R S D U D É C O R
PRIX GINO-MASTRO – ET LE GAGNANT EST… Le 3RMCDQ tenait récemment son 15e rendezvous annuel. L’événement aura permis à près de 400 intervenants de l’industrie de se réunir sous le thème « 15 ans à bâtir une industrie pour notre avenir ». Le président de l’association, Sébastien Richer, a également profité de l’occasion pour remettre le prix Gino-Mastro à Michel Savard, du Groupe Gaudeau, pour ses réalisations exceptionnelles. Nous vous invitons à visiter le site www.3rmcdq.qc.ca afin de connaître les détails du prochain rendez-vous.
z des Vous ave s, des nouvelle s ou des sujets anecdote t à nous faire d’intérê aites parvenir part ? F à .c c le tout a z in e 3 r v e g a m @ o f in
Sources : L’équipe de 3Rve
BON ET MAUVAIS COUPS L’entreprise Brother incite ses clients à retourner les cartouches d’encre vides. Une étiquette affranchie est fournie dans la boîte d’achat. Lorsqu’on parle de responsabilité élargie des producteurs...
La chaîne de restauration rapide Wendy’s a changé l’emballage de ses burgers. Auparavant simplement emballés dans un papier, ils sont maintenant placés dans un carton à la verticale en plus d’être toujours emballés dans un papier. Était-ce vraiment nécessaire ? Lorsqu’on parle de suremballage… Recyc-Québec et Éco Entreprises Québec ont récemment lancé un tout nouveau site Internet ludique et informatif visant à promouvoir les bonnes habitudes de récupération. Très bien fait, le site recreer.ca permet aux petits comme aux grands de s’amuser tout en se questionnant sur leurs habitudes de consommation. Belle initiative !
ENTREZ DANS LE JEU !
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UN SITE
QUI A DU PANACHE ! Un vent de folie soufflera bientôt sur l’industrie de l’environnement. L’équipe de MAYA.cc lancera un tout nouveau site Internet qui ne laissera personne indifférent à l’occasion du Salon des technologies environnementales du Québec. Nommé Dans mon sous-sol, le site proposera des clips vidéo informatifs très originaux qui vous feront assurément sourire. Tournées sans prétention, les capsules ont pour but de vous renseigner sur ce qui se passe dans l’industrie. Venez faire un tour dans notre sous-sol au www.dansmonsoussol.tv !
ASTIQUEZ VOS BÂTONS DE GOLF ! Le printemps est à nos portes. Avezvous commencé à frotter vos bâtons ? N’oubliez pas de mettre votre tournoi de golf annuel à l’agenda. Cette année, le tournoi se tiendra le jeudi 6 septembre, toujours au prestigieux Club de golf Glendale, à Mirabel. Serez-vous des nôtres ?
POUR LES AMATEURS DE POKER Le 19 avril prochain, au Club de golf Métropolitain, le CESE vous propose l’événement Mise ICI, un tournoi de poker au profit de la promotion du recyclage auprès des travailleurs en ICI. Inscrivez-vous au www.miseici.ca.