RÉ
CE MAGAZINE NE SE PARTAGE PAS !
N°207 – Mai 2020
AVIRUS
ON DOSSIER COR
L’ALBUM PHOTOS DES LYONNAIS CONFINÉS 2ème partie
INTERVIEWS EXCLUSIVES
Christophe Guilloteau Jean-Claude Lavorel Marie Rigaud Thierry Fontaine
LA BELLE ENDORMIE
L’album de Saby Maviel
LE MEILLEUR DU WEB VIRAL
LE RÉVEIL
MERCI
FLEXES •
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SOMMAIRE
Mai 2020
NEWS
6 Édito 10 La vie lyonnaise
14 La vie économique
20 La vie culturelle
22 La vie politique
26 La vie gastronomique
Les sportifs lyonnais aux enchères P.18 TOP 500 des Lyonnais MDA en sauvegarde Biennale de la Danse À livres ouverts P.22 Interview de Christophe Guilloteau Interview de Jean Burdy
P.34
Magazine d’avril
DOSSIER CORONAVIRUS
30 Interview de Jean-Claude Lavorel 34 Le meilleur du web viral 40 La disparition de Pierre Souvignet 42 Interview de Thierry Fontaine 46 LA BELLE ENDORMIE
66 Interview de Marie Rigaud
P.46
L’album de Saby Maviel
70 L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS P.66
P.74
Lyonpeople.com n°207 - Mai 2020
NUMÉROS COLLECTOR EN VERSION PAPIER 9,19 euros l’exemplaire ou 15,19 euros les 2 (port compris)
EVENTS
Magazine de mai
82 Mois par Moi 84 People Event 86 Carnet mondain
Adressez vos commandes à : marie@lyonpeople.com Tél. 04 72 82 97 78 Paiements en CB, chèques ou espèces
Sur une idée originale de Marc Engelhard et Nicolas Winckler Diffusion Agence Coyote Diffusion
Plus de 80% de nos collaborateurs Directeur de la publication Nicolas Winckler - nw@lyonpeople.com Rédacteur en chef Marco Polisson - marco@lyonpeople.com sont au chômage partiel pour Conseillère éditoriale Françoise Petit - francoise.petit@lyonpeople.com cause de crise de coronavirus. Journaliste Morgan Couturier - morgan@lyonpeople.com Direction artistique Ghislain Laîné - ghislain@lyonpeople.com Nous avons une pensée pour eux Webdesigner Marine Coëz - marine@lyonpeople.com Photographe maison Fabrice Schiff - fab@lyonpeople.com et avons hâte de retrouver Photographes Saby Maviel (reportage avant confinement) Ont collaboré à ce numéro Lucas Mollars (stagiaire), Jacques Bruyas et Laurette Directrice de clientèle Charlotte Borel - charlotte@lyonpeople.com notre belle équipe au complet. Attachée commerciale Sophia Jeannot - sophia@lyonpeople.com Couverture : © Alexi Tauzin
Coordinatrice TOP 500 Natalia - natalia@lyonpeople.com Assistante commerciale Marie Bugnet - marie@lyonpeople.com
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Nico et Marco
Ce magazine est distribué chez vos 1000 diffuseurs hors CHR Il est disponible gracieusement en version numérique Supplément gratuit du www.lyonpeople.com. Impression Chirat. Ne peut être vendu. Ne pas jeter sur la voie publique. La reproduction des textes, dessins et photographies publiés dans ce numéro sont la propriété exclusive de Lyonpeople, une marque de Jetpeople.com SARL au capital de 178 030 €. RCS Lyon 493 132 252. Elle se réserve tous droits de reproduction dans le monde entier. Dépôt légal à parution. ISSN : 1952-7772.
100 000 lecteurs tous les mois Etude Médiamétrie 05/2005
Lyon People est certifié par l’OJD BP 6171 - 69469 Lyon Cedex 06 Service commercial : (Tél.) 04.72.82.97.78
clinique du parc lyon
juin 2020
TOURISME
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EDITO
CORONAVIRUS
À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU Photo montage © reporterre
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u début, c’est l’incrédulité. On se refuse à le croire. Mais non ! C’est impossible ! Ils vont trouver quelque chose ! D’habitude, les épidémies, c’est pour les autres. On regarde ça de loin, avec une certaine commisération pour ces peuplades qui décidément n’atteindront jamais notre niveau de civilisation.
Et puis voilà qu’on nous confine pour 15 jours. On ne nous dit pas tout de suite les conséquences de cet oukase mais on commence à se douter que les conséquences économiques et sociales vont être catastrophiques et surtout, que ce confinement va durer bien plus longtemps qu’annoncé.
Et puis voilà que l’Italie se retrouve touchée à son tour. Ça, c’est bien les Italiens, pagaille et compagnie, corruption et compagnie, impréparation et bricolage, décidément depuis la chute de l’empire romain, Rome n’est plus Rome.
Et puis, on apprend que certains de nos amis et membres de notre famille sont touchés à leur tour. Alors on s’inquiète vraiment. On arrête de s’envoyer des vidéos rigolotes. On dort moins bien. Cette fois ci, on ne se contente pas d’être spectateurs d’une actualité dévastatrice. On se retrouve acteurs.
Et puis voilà que le premier cas arrive en France. Chez nous. C’est impossible. On va régler ça en cinq minutes, surtout qu’on nous dit partout qu’il ne faut pas s’affoler. C’est juste une petite grippette saisonnière. Même le gourou Raoult, gonflé d’orgueil et de certitudes, le proclame. Et puis, voilà qu’on apprend qu’un rassemblement évangéliste organisé en Alsace par un télévangéliste, style business religieux américain, infecte 2000 personnes qui repartent ruiner la santé de milliers de Français à défaut de les évangéliser. Et là, on commence à sentir la colère monter. Surtout que dans le même temps, on voit bien qu’il y a panique à bord chez nos élites de tous ordres qui s’avèrent aussi calamiteuses que celles de nos amis italiens.
Et puis, on voit bien qu’ils ne savent pas comment se sortir d’un confinement dû avant tout à une inconséquence tragique de notre bureaucratie soi-disant exemplaire. Et on se met à avoir peur pour les nôtres bien sûr et aussi pour nousmêmes. Pourquoi lui et pas moi ? Alors on redouble d’attention. On ne sort plus. On attend… On attend. Le troupeau de moutons est au bercail. Le 11 mai, il sortira… Dans quel état ? Je me refuse de l’envisager. Je préfère penser qu’il s’agit d’un cauchemar et que nous allons bientôt nous réveiller. Enfin !
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Justin Calixte
COVID-19
POUR UN DÉCONFINEMENT RÉUSSI PAS DE RELÂCHEMENT ! Respectons strictement les gestes barrières En nous protégeant Nous protégeons aussi les autres
Saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades
Se laver les mains très régulièrement
Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir
La distance entre deux personnes doit être de 1m50 minimum
Utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter
Le port d’un masque est vivement recommandé
© Département du Rhône - Direction de la communication et du protocole - Crédits photos : Shutterstock - Avril 2020
www.rhone.fr
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LA VIE LYONNAISE
LYON PEOPLE
Le désert du Coronavirus 15 avril 2020
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abituellement, cet open space qui accueille la dizaine de salariés de Lyon People ressemble à une ruche. Outre nos collaborateurs, on y croise des photographes free-lance, nos contributeurs journalistes, historiens et critiques d’art venus rencontrer notre directeur de la rédaction Marc Engelhard (Marco, à droite) et nos fournisseurs lessivés après
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leur rendez-vous avec Nicolas Winckler, le cost-killer directeur de la publication (Nico, à gauche). Le 17 mars, après la déflagration du confinement a répondu le silence du plateau. Et une chute sans précédent de notre activité évènementielle. Nous avons malgré tout édité le magazine d’avril avec une poignée de collaborateurs – sous forme digitale et papier, pour les abonnés et annonceurs de Lyon People. Une édition que nous avons réceptionnée en mode hibernatus dans nos bureaux vides mi-avril.
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9 • mai 2020 • lyon people
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LA VIE LYONNAISE
ECHOS DE LYON L’enseigne de restauration rapide Burger & Wells installée 18, rue du Bât d’Argent (Lyon 1) a été placée en redressement judiciaire le 1 avril 2020. L’ancien secrétaire d’Etat aux Sports Thierry Braillard a été élu président de la Fondation du Sport Français Henri Sérandour. Première mission : mettre à jour le site internet de la Fondation, non actualisé depuis 2018 !
Lutte contre le coronavirus
LES SPORTIFS LYONNAIS AUX ENCHÈRES À l’initiative de Yann Cucherat, de nombreux sportifs lyonnais et internationaux, ont décidé de mettre en vente leurs équipements. L’ensemble des fonds récoltés ont été reversés aux Hospices Civils de Lyon.
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’est désormais une certitude, le sport a donc bel et bien quelque chose de magique, comme un pouvoir surnaturel de créer chaque fois la frénésie partout où il s’aventure. Ainsi, alors que certains le mettent à profit pour s’aérer l’esprit, d’autres, à l’instar de Yann Cucherat, l’utilisent pour soutenir la lutte contre le Covid-19 et le personnel soignant. Une belle initiative de la part de l’adjoint aux sports de Gérard Collomb qui, fort de son réseau, a su convaincre de nombreux athlètes de renom de mettre en vente de nombreux équipements.
DE LA RAQUETTE DE RAFAEL NADAL AU MAILLOT DE TONY PARKER « Face à la situation inédite que nous traversons, il me tenait à cœur de soutenir ma ville et les personnes se trouvant en première ligne de cette crise, notamment le personnel soignant des Hospices Civils de Lyon. Une cinquantaine de sportifs lyonnais, français et internationaux m’ont répondu spontanément en offrant un objet lié à leur carrière. Un geste,
certes symbolique, mais synonyme de grande solidarité », raconte l’ancien gymnaste, qui vend lui-même son survêtement de l’équipe de France. Un lot collector, qui vient garnir une panoplie de trésors pour amateurs d’exploits sportifs.
LA MEILLEURE OFFRE A REMPORTÉ LA MISE LE 4 MAI Dans ces conditions, difficile de ne pas flancher devant la raquette de Rafael Nadal, la tunique de Caroline Garcia, les maillots de Tony Parker, Sylvain Wiltord et Sidney Govou, les crampons de Memphis Depay ou encore la veste de champion du monde du cycliste Florian Rousseau et la tenue du perchiste Renaud Lavillenie. Conscient de l’attractivité de ces lots, Yann Cucherat a pris soin de ne négliger aucune discipline, de façon à renforcer l’attrait de cette vente aux enchères, en témoignent les nombreuses offres formulées sur la plateforme en ligne Agorastore. Les enchères clôturées le 4 mai ont permis de récolter la somme de 39 975 euros.
Textes : Marco Polisson et Morgan Couturier - Photo Fabrice Schiff et DR
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Mathieu Bastareaud de retour au LOU Rugby pour les deux prochaines saisons. Joker Coupe du Monde dans les rangs des Rouge et Noir en début de saison, l’international français avait ensuite rejoint la franchise américaine Rugby United New York. Pour compenser la perte de chiffre d’affaires de l’Olympique Lyonnais liée au coronavirus, Jean-Michel Aulas a sollicité un prêt de 77 millions d’euros auprès de ses banques, soit un quart du chiffre d’affaires du club. Philippe Cochet a commandé 50 000 masques pour les habitants de Caluire qui les recevront par courrier à compter de début mai.
LA VIDÉO DU MOIS
REVIVEZ LES 20 ANS DE LYON PEOPLE à la Brasserie de l’Ouest avec LYON TUBE
www.lyontube.com
AGENDA SIRHA GREEN Le salon dédié à l’alimentation & au Food Service responsables initialement prévu du 14 au 16 juin à Eurexpo, se réinvente et se tiendra du 6 au 8 septembre 2020 à La Sucrière à Lyon.
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LA VIE POLITIQUE
RÉGION AUVERGNE RHÔNE-ALPES un masque par habitant
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a Région a annoncé avoir procédé à la commande de neuf millions de masques, un stock suffisant pour protéger l’ensemble de ses administrés. « Notre mission est de préparer le plus efficacement possible notre population au déconfinement à venir » a déclaré son président Laurent Wauquiez lors de sa conférence de presse du jeudi 16 avril 2020. « Il est inimaginable de ne pas protéger décemment nos habitants, nos salariés, nos élèves et leurs parents avant d’envisager un redémarrage économique », a-t-il souligné.
La Région s’appuie sur 7 entreprises régionales. Pour atteindre cet objectif, Laurent Wauquiez a pu s’appuyer sur de nombreuses entreprises régionales pour produire ces masques, à l’instar de Porcher, Chamatex, AJ Biais, Faurecia ou encore Boldoduc, Tissage Carret ou Ouvry. « Aujourd’hui, notre mobilisation aux côtés des entreprises du territoire régional, dont je salue la capacité de résilience, est unique en France. Elle permet ainsi de fournir un masque de protection à tous nos habitants, la condition sine qua non d’un déconfinement efficace », a-t-il ajouté, alors qu’Emmanuel Macron commande ses masques… en Chine !
Un investissement de 30 millions d’euros. Mais ce nouvel effort de guerre n’est pas sans conséquence pour les finances de la Région, cette dernière ayant investi 30 millions d’euros dans cette opération, ce qui porte à 50 millions d’euros l’engagement régional pour l’achat de matériels de protection. L’initiative n’en demeure pas moins profitable aux habitants. Reste désormais aux mairies de procéder à la distribution des masques, car après tout, « il n’est point de bonheur sans liberté ». Ce sera fait au cours du mois de mai par le biais des mairies de la région qui recevront chacune 1 masque par habitant.
Textes : Morgan Couturier - Photos © CD-69 – Julien Bourreau et Charles Pietri – Région Aura
OL FONDATION & DÉPARTEMENT DU RHÔNE Un duo de choc au profit du handicap
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Christophe Guilloteau et Maëlle Trarieux, la déléguée générale d’OL Fondation ont uni leurs forces au profit des personnes en situation de handicap. lyon people • mai 2020 • 12 •
articulièrement mobilisée ces derniers temps pour subvenir aux besoins d’urgence liés à la crise actuelle, OL Fondation a décidé de s’allier au Département du Rhône. Telle est la loi du foot et du sport en général, les meilleures actions sont souvent collectives. Une vérité toujours valable, même en ces temps de confinement où la pandémie invite à la distanciation sociale, preuve en est avec la remise de tablettes numériques, orchestrée par Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône, et OL Fondation, à 49 structures dédiées aux personnes handicapées que compte le département.
70 tablettes livrées aux 49 structures concernées. Alertés par le président du
Département, Jean-Michel Aulas et Maëlle Trarieux, déléguée générale de la fondation OL, ont en effet, décidé de joindre leurs forces dans la bataille, de manière à financer cette opération solidaire, dans le but d’offrir 70 tablettes numériques aux établissements d’accueil pour adultes en situation de handicap. Foyer des 3 vallées à Eveux ou encore Vauxrenard à Villefranche-sur-Saône, toutes les structures ont ainsi bénéficié de cet outil numérique destiné faciliter le maintien de relations entre les résidents et leurs familles en cette difficile période de confinement. Car même si rien ne remplace la réalité d’une visite, une telle action devrait procurer de nombreux instants de bonheur.
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LA VIE ÉCONOMIQUE
Sylvie Tellier, un des nouveaux visages du TOP 500 des Lyonnais 2020
TOP 500 DES LYONNAIS
Le tome 2 de l’année 2020 est en kiosque Le Top 500 des Lyonnais version 2020 célèbre ses deux ans. Un support de 352 pages qui a délaissé son costume noir, pour embrasser une couleur orange du plus bel effet. Texte : Christophe Magnette - Photo portrait : Studio Cabrelli
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n changement de costume — plus chaud, plus optimiste, symbole de l’épicurisme — comme pour matérialiser la naissance, à venir, d’une véritable collection, avec pour dessein d’ici quelques années de constituer un florilège des plus belles histoires lyonnaises. Cette année, une cinquantaine de rencontres supplémentaires enrichissent cette édition : des hommes et des femmes, de tous secteurs d’activité et de toutes générations. Près de deux cents portraits-photos donc (signés Didier Michalet et Karen) immortalisent ce nouveau-né sans oublier les évolutions inhérentes à ce type de projet avec 10 % de sortants et par essence, 10 % de nouveaux entrants. Autour de deux cents noms auxquels s’ajoutent un peu plus de trois cents patronymes (en formule présence) pour constituer un abécédaire de 500 noms : le compte est bon.
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500 NOMS, OU PLUTÔT 500 FILLEULS QUI, CETTE ANNÉE, PEUVENT SE TARGUER D’UN PARRAIN PRESTIGIEUX : JÉRÔME BOCUSE. Le nom, la promesse, la signature, l’ancrage historique et patrimonial, l’histoire… l’avenir, tout concourait à faire de Jérôme Bocuse un parrain idéal pour la promotion 2020. Un parrainage qui nous a offert l’opportunité de mettre en exergue, ou plutôt en lumière, l’univers Bocuse, à travers des images de l’Abbaye du Pont de
Collonges, réalisées par Matthieu Cellard : une trentaine de clichés, symbolisant des lettres de l’abécédaire rythme ainsi cette édition 2020 et lui confère une ambiance très bocusienne. N’oublions pas non plus, un clin d’œil visuel amical à deux chefs étoilés, amis de la maison Lyon People : Mathieu Viannay pour la Mère Brazier et Guy Lassausaie pour son restaurant éponyme de Chasselay. Un univers qui donne finalement raison à Paul Bocuse et autorise une conclusion de circonstance, lorsqu’il affirmait que “Lyon est une ville qui donne faim”. Prochaine dégustation ? Dans deux ans. Top 500 des Lyonnais Éditions Lyon People 19€ chez votre marchand de journaux Vous souhaitez le recevoir par courrier : contactez Marie au 04 72 82 97 78
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Gamme Taycan (25/03/2020) – Valeurs WLTP : Conso. électrique combinée : de 21,1 à 26,7 kWh/100km - Émissions de CO2 : 0 g/km. Plus d’informations sur le site www.porsche.fr (1) Exemple de Location Longue Durée (LLD) (2) de 36 mois et 45 000 km pour le financement d’un Porsche Taycan. Premier loyer majoré de 16 900 € TTC, suivi de 35 loyers mensuels de 1 399 € TTC. Exemple hors assurances et prestations facultatives. Modèle présenté : exemple de Location Longue Durée (LLD) (2) de 36 mois et 45 000 km pour le financement d’un Porsche Taycan Turbo, Bleu Gentiane métallisé, Jantes Taycan Turbo Aero 20 pouces, Enjoliveurs de roue avec écusson Porsche en couleur, Toit panoramique fixe, Assistance parking av/ar avec caméra 360°, Régulateur de vitesse adaptatif, Volant chauffant (en combinaison avec l’intérieur cuir), Night Vision Assist, Premier loyer majoré de 29 500 € TTC, suivi de 35 loyers mensuels de 1 969 € TTC. Exemple hors assurances et prestations facultatives. (2) Offre valable pour un Porsche Taycan neuf commandé entre le 01/04/2020 et le 30/06/2020 chez tous les concessionnaires Porsche participants (voir conditions de l’offre en Centre Porsche). Sous réserve d’acceptation par Porsche Finance, département de CGL, Compagnie Générale de Location d’Équipements, SA au capital de 58 606 156 € - 69, avenue de Flandre 59708 Marcq-en-Barœul Cedex - SIREN 303 236 186 - RCS Lille Métropole.
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LA VIE ÉCONOMIQUE
BOCUSE RESTAURANT GASTRONOMIQUE ET BRASSERIES dans les starting-blocks
“Bocuse ? Ce nom doit faire rêver : c’était le cas hier, ce sera toujours le cas demain.” Dans les brasseries, comme à l’Auberge du Pont de Collonges, la galaxie Bocuse est évidemment à l’arrêt. Mais pas à cours d’idées. Car demain se prépare aujourd’hui. Texte : Christophe Magnette - Photos DR
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uid de demain dans les “Maisons” Bocuse ? Une incertitude que PaulMaurice Morel, (directeur général des Restaurants & Brasseries de Lyon® Bocuse) entend combattre à sa manière, “en s’inscrivant dans un optimisme volontaire”. Car les équipes (comme l’équipage de Collonges) sont dans les Starting-block. Paul-Maurice Morel de renchérir : “Nous attendons une date de réouverture (début juillet ?), sans nier que cette impossibilité de se projeter n’est pas simple à vivre. En attendant, nous sommes très actifs : nous avons rénové les terrasses des brasseries (celles de L’Ouest et de L’Est notamment ; L’Est a également subi un petit lifting confié à la décoratrice d’intérieur, Cécile Siméone), en les nettoyant, décapant, ponçant et repeignant avec des produits plus lessivables. Nos vestiaires ont été adaptés aux nouvelles obligations sanitaires découlant de cette pandémie. Quant à nos équipes et au travail en service comme en cuisine, nous plaidons pour un retour aux fondamentaux. Que nous incarnons déjà au quotidien à travers nos établissements et la Fondation Paul Bocuse, en rappelant qu’un cuisinier ce sont une toque, une tenue, des chaussures adéquates… et du bon sens, comme se laver les mains.”
Dans les brasseries, terrasses rénovées, vestiaires refaits. Les équipes phosphorent sur un zoning et des cartes à usage unique. “Nous nous plierons à la législation qui sera mise en place, masques, gants etc., souligne l’associé de Jérôme Bocuse, “si nous devons faire trois services dès 11h30, nous les ferons”, refusant, au passage, l’idée d’apposer du plexiglass de protection sur les tables, “si cela doit se faire alors il faudra créer une bulle imperméable, c’est irréalisable.” Au contraire de l’ouverture du dernier-né des Brasseries Bocuse, au bord du lac d’Annecy, censé ouvrir début mai, mais dont le démarrage est pour l’instant simplement “repoussé”. À l’avenir, en matière d’expérience traiteur, les brasseries pourront également s’appuyer (plus facilement) sur lyon people • mai 2020 • 16 •
l’expertise de C-Gastronomie « Artisan du goût » (dont Paul-Maurice Morel est cofondateur) et bénéficier d’un laboratoire aux normes européennes d’exception pour effectuer des livraisons au bureau ou à domicile. Et Jérôme Bocuse comme PaulMaurice Morel d’annoncer leur volonté de voir se dérouler le désormais traditionnel gala de la Fondation Paul-Bocuse (automne 2020), “mâtiné d’une certaine pudeur au vu des évènements”, avec pour dessein lors de cette soirée “d’attribuer des bourses à de jeunes chefs installés depuis moins de deux ans, travaillant dans le respect des valeurs d’hygiène et sélectionnant des produits locaux identifiables.”
À Collonges, tous les évènements annulés jusqu’à fin août. Ensuite ? Wait and see… Une bienveillance toute bocusienne, que le vaisseau amiral de Collonges se fait un devoir de partager, nonobstant sa traversée en eaux troubles : “Le plus difficile est de ne pas savoir, d’être en incapacité de se projeter, malgré la volonté — ce qui nous fait très plaisir ! — affichée par beaucoup de clients de vouloir d’ores et déjà réserver leurs tables ! — se réjouit Vincent Le Roux, directeur général de
l’Auberge du Pont de Collonges. À l’Abbaye, tous les événements sont annulés jusqu’à fin août, avec un grand point d’interrogation pour septembre et l’automne qui suit. Nous devions y entreprendre d’importants travaux de rénovation en janvier 2021 : la question de leur maintien se pose. Pour l’heure, nous ne sommes pas dans l’idée de les repousser. D’où la volonté, encore, d’organiser notre traditionnel trophée de golf Paul-Bocuse (la quatrième édition), en septembre.” Sinon ? “Sinon nous attendons de pouvoir ouvrir dans les meilleures conditions possibles et retrouver nos clients et les équipes ! Le meilleur scénario pour nous ? Ouvrir mijuin ; sinon plus tard. La réouverture constituera pour tous une équation très complexe. À Collonges, la clientèle étrangère représente environ 40 % de notre chiffre d’affaires ; les Lyonnais (re)viendront-ils rapidement : au mieux, nous tablons sur un niveau d’activité de 50%”, anticipe Vincent Le Roux. Mais ni dans les brasseries, ni à Collonges, l’idée même de licenciements effleure les esprits. Ainsi vont les “héritiers” Bocuse, debout dans la tempête. Et fourmillant d’idées pour franchir le Rubicon. Vincent Le Roux : “Nous réfléchissons sur une prestation de “chef à domicile” à l’adresse d’entreprises ou de particuliers désireux d’organiser, chez eux, un repas étoilé préparé et servi par les équipes de Collonges” : pouvoir d’adaptation et bonheur du client, Paul Bocuse aurait aimé !
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LA VIE ÉCONOMIQUE
MICHEL VIEIRA
accélère la digitalisation de MDA Alimentée, dénaturée et amplifiée par la période de confinement, la nouvelle de la mise en sauvegarde s’est répandue comme une trainée de poudre au sein du microcosme économique lyonnais. Pour Lyon People, le patron de MDA revient sur son actualité brûlante. Texte : Marco Polisson - Photo DR
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ombreux sont nos confrères de le presse écrite et audiovisuelle qui vivent depuis le début de la crise sanitaire avec un compteur branché en intraveineuse qu’ils alimentent en permanence pour faire grimper leur audience : celui des humains morts du Covid 19 auquel ils ont ajouté une option : les entreprises. Avec MDA, ils pensaient pouvoir ouvrir ce compteur-là... Chez Lyon People, on a préféré laisser passer l’orage, puis attendu l’accalmie survenue la veille du week-end pascal. Au téléphone, Michel Vieira — pourtant très inquiet au sujet de l’état de santé de son papa — est comme à son habitude : volubile et hyper actif. Aucun signe d’abattement ou de tension extrême n’est perceptible dans la voix du patron de MDA Company. Mais l’envie de convaincre sur la légitimité de sa décision : « la sauvegarde pour mettre ma boîte en sécurité et mes salariés à l’abri ». Le 2 avril 2020, en plein confinement, alors que toutes ses boutiques ont été contraintes de baisser le rideau, Michel Vieira a demandé au tribunal de commerce de Lyon de placer MDA sous sa protection. Cette procédure collective
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« réservée aux entreprises saines ayant de la trésorerie » a pour effet de suspendre le paiement des dettes bancaires et sociales. « C’était ça ou le recours à l’emprunt, par le biais des prêts garantis par l’Etat avec la BPI ». Une option délibérément rejetée par Michel Vieira :
JE NE M’ENDETTE PAS POUR BOUCHER UN TROU, MAIS POUR UNE ACQUISITION OU UN INVESTISSEMENT ». Comme à son habitude, « Mich » qui entend diriger son entreprise comme bon lui semble, a décidé de faire fi des rumeurs et des commentaires. « Ma décision choque tout le monde mais c’est un acte de gestion, alors que le chiffre d’affaires du groupe va être en berne pendant 1 an ! Je ne rajoute pas une couche d’endettement pour rattraper ce manque à gagner ! » D’autant que son groupe a subi de plein fouet la concurrence déloyale de la grande distribution pendant le confinement : « Les surfaces alimentaires continuent de vendre de l’électroménager, des fleurs, des vêtements... alors que ce ne sont pas des produits de première nécessité ! C’est un vrai scandale visà-vis des commerçants indépendants contraints de fermer leurs magasins ! Ce chiffre d’affaires ne sera pas rattrapé » déplore-t-il.
CAP SUR LE NUMÉRIQUE ! Avec le rachat de GPdis en 2017, le groupe lyonnais — sponsor de l’OL — a triplé son chiffre d’affaires (600 millions d’euros) en intégrant les réseaux Pulsat et Phox, et une myriade d’enseignes réparties entre 1200 magasins, ce qui en fait le plus gros distributeur français d’électroménager par le nombre de ses implantations. Chaque automne, son salon InnovTech rassemble ses franchisés autour des plus belles marques dans les salons et loges du Groupama Stadium entièrement privatisé pour l’occasion. Pulsant un concept à la seconde, Michel Vieira ne laisse aucun répit à ses plus proches collaborateurs et à ses partenaires dont Lyon People fait partie. Parfois, il nous arrive d’être emporté dans son tourbillon créatif. Rien de tel qu’un petit détour par son célèbre bar de glace pour faire baisser la température et repartir avec des idées fraîches… Et des idées, MDA n’en manque pas ! Partisan du verre à moitié plein, Michel Viera et son état-major ont décidé de mettre à profit la période de somnolence actuelle pour accélérer la digitalisation de l’entreprise avec l’ouverture du site marchand mda-electromenager.com. Il est possible de commander tous les produits (télé, électroménager, literie, photo, trottinettes électriques…) en ligne et d’aller ensuite soit récupérer sa commande auprès d’un magasin du groupe qui fonctionnera en mode drive (leroy merlin fonctionne déjà ainsi), soit d’être livré at home. « Prendre la bonne direction, choisir le bon cap » telle est l’ambition de ce patron autodidacte qui pilote son entreprise, comme son hélico : plein gaz !
L’énergie sous toutes ses formes. Audi A3 e-tron Sportback. L’hybride rechargeable selon Audi. Découvrez les modèles électriques et hybrides rechargeables de la gamme Audi sur Audi.fr.
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LA VIE CULTURELLE
BIENNALE DE LA DANSE Un ballet en deux temps
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Initialement prévue du 10 au 27 septembre 2020, la 19e édition de la Biennale doit revoir sa chorégraphie, du fait de la situation sanitaire actuelle. Textes : Morgan Couturier - Photos © M Chaulet
a chorégraphie avait beau être parfaitement orchestrée et répétée par Dominique Hervieu, la directrice de la Maison de la Danse a dû revoir sa copie, à cinq mois de la programmation initiale de sa 19e édition. Le coronavirus jouant un vilain tour à tous les événements, la Biennale de la Danse a préféré miser sur la sagesse et la sécurité, en reportant son édition 2020 à 2021.
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Tenir compte des délais de création.
Le ballet devrait se dérouler exceptionnellement en deux temps. Après concertation avec ses différents partenaires, Dominique Hervieu a en effet, décidé de reporter la programmation des spectacles en salle au mois de septembre 2021, la majotité des artistes n’ayant pu mener leurs répétitions correctement.
Un défilé sur le thème de l’Afrique.
Quant au très attendu défilé, ces amateurs devront s’armer de patience, ce dernier ayant été repoussé à mai/juin 2021. Il se parera des couleurs de l’Afrique dans le cadre de la saison Africa 2020, thématique choisie par la Biennale de la Danse pour ce millésime 20202021.
À LIVRES OUVERTS
////////////////////////////////////// Jacques Bruyas - Photo DR
“Lili au tableau”
“Chronique d’un médecin de campagne”
Comment l’éditeur présente-t-il cet ouvrage ? Par ce petit texte introductif quelque peu péremptoire en apparence... « Avec Lili ! Au tableau !, Bernard Jadot signe son dixième roman. Cette fois le sujet est sérieux, ce qui ne l’empêche pas de glisser malice et humour entre les lignes… On aimerait bien la rencontrer cette Lili et lui prendre un peu de son énergie, de son optimisme, de sa réussite. Vous avez dit feel good novel ? » Mais l’argumentaire n’est pas trompeur. Il est vrai que ce roman relève du sentiment du bel ouvrage et Bernard Jadot n’a pas failli à la tâche et cette quête de re-découverte de ses racines par cette Lili à travers une introspection généalogique et un travail de restitution de biens spoliés par les nazis tient le lecteur en haleine. Les plantureuses grâces du tableau de Rubens, prétexte du roman et en couverture pourraient être trompeuses car ce récit est tout en délicatesse et légèreté malgré la rigueur du sujet. Du grand Jadot !
Quel dommage que le docteur Bellaton n’ait pas gardé le style concis de ses ordonnances et prescriptions médicales... car voulant développer le quotidien, les bobos voire les maux comme les bonheurs du docteur Déchamps, un toubib généraliste en milieu rural, Jean-Louis Bellaton s’est laissé emporter par sa fougue et sa générosité naturelle et a brossé un roman en plus de 600 pages, là où 300 auraient suffi... Heureusement pour le lecteur, l’auteur a du style et du savoir-faire même si le médicament conserve quelques contre-indications malheureuses...et que monsieur Bovary a perdu en route son Emma...»
de Bernard Jadot
« Lili au tableau » de Bernard Jadot / 140 pages / Prix Max André Dazergues 2020 - Editions du Poutan 14,50 E lyon people • mai 2020 • 20 •
de Jean-Louis Bellaton
« Chronique d’un médecin de campagne » de Jean-Louis Bellaton / 606 pages - Editions du Poutan - 18 E
“La révolution du cactus”
de Camille Coustier
Deuxième roman d’une délicate romancière qui a une petite musique bien personnelle. Son ouvrage qui nous promène dans le nord du département du Rhône avec quelques incursions en Mâconnais devrait connaître un succès fou car Gavalda, Nothomb et autre Pancol ont trouvé là une bien talentueuse consœur... « La révolution du cactus » de Camille Coustier / 348 pages - Editions Héraclite - 18 E
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LA VIE POLITIQUE
CHRISTOPHE GUILLOTEAU
« Ouvrir les collèges le 11 mai, c’est prendre un risque ! » Inquiet sur la réouverture des collèges, dont 33 sont sous sa coupe, le président du Département du Rhône demeure néanmoins perplexe sur la date du 11 mai. Alors que de nombreuses questions restent en suspens, Christophe Guilloteau souhaite prendre le temps de la réflexion. Propos recueillis le 20 avril par Marco Polisson et Morgan Couturier - Photos MP
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ù êtes-vous confiné à titre personnel ? Je suis confiné quasiment depuis le premier jour, dans mon bureau, à l’Hôtel du Département, où je passe le plus clair de mon temps, de 8h à 21h30/22h tous les jours, samedi, dimanche et fêtes,
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pour la réorganisation et le maintien des services au public. Contrairement à d’autres collectivités, on a des obligations de santé et de gestion de l’humain. On sert plus de 30 000 foyers en prestations notamment pour les personnes âgées et handicapées. Il a fallu mettre des agents en télétravail, et
leur mettre à disposition des ordinateurs portables. Le Département du Rhône n’est donc pas à l’arrêt ? Au contraire, nous nous sommes redéployés sur les territoires pour tout ce qui est des
visites à domicile, pour l’enfance, avec la question des vaccinations et la PMI. Sur la santé, on va du carnet de naissance à la fin de vie en passant par le monde du handicap. On suit et on sert les prestations, de la même manière grâce au télétravail. Quelles sont vos autres attributions ? Il y a aussi tout ce que l’on fait pour le compte du ministère de la Justice, avec la protection de l’enfance qui nous est confiée avec les assistantes familiales qui gardent ces enfants. Avec cette crise, nous gérons l’urgence notamment dans la fourniture d’équipements de protection à nos partenaires sociaux.
La réouverture des écoles et des collèges, selon vous, est-elle une bonne idée ? Le problème, c’est de savoir si la date du 11 mai est tenable. Le recteur nous a expliqué que l’on va commencer par les petites écoles, les maternelles, les écoles qui « sont à la main », des maires. Les collèges et les lycées par la suite. C’est un problème d’organisation, il va falloir que l’on désinfecte les classes, qu’on les réorganise. On a interdit au petit restaurant de 20 couverts d’ouvrir mais si on ouvre les classes, va se poser le problème des cantines et des transports. Des sujets extrêmement délicats.
Quel est le rôle d’un président de Département en cette période totalement inédite ? C’est un travail quotidien d’échanges et de partenariat avec les organismes partenaires, les collectivités locales, les services de l’Etat. J’ai pris le soin d’appeler les 208 maires du Rhône pour qu’ils me fassent part de leurs inquiétudes et ou de leurs bonnes pratiques. De quels moyens humains disposez-vous ? 650 agents étaient présents la semaine passée. Aujourd’hui, on monte à 900 mais il faut organiser cette montée en puissance. Sur les routes par exemple, il faut maintenir nos services de permanence. Il a aussi fallu que le service des usages numériques mette en lien les agents qui sont à domicile, ouvre de nouveaux canaux internet et reprogramme les ordinateurs, sans oublier les services supports (Ressources humaines, santé au travail…)
« Ce qui nous préoccupe le plus en ce moment, c’est le volet scolaire » Le Président de la République a annoncé le déconfinement… (Il coupe). Sur la question du déconfinement, si j’ai entendu le Président, il a dit à partir du 11 mai, mais sous quelle forme ? Estce que ça sera sous une forme unique ou en mode dégradé selon les classes, selon les âges… Personne ne le sait à ce jour. Je sors à l’instant d’une réunion organisée par le préfet à qui j’ai fait part de mes interrogations. Ce qui nous préoccupe le plus en ce moment, c’est bien sûr le volet scolaire, périscolaire, transports et restauration.
La rentrée vue par l’illustrateur Dadou (twitter.com/davidbuonomo)
Comment va s’organiser la réouverture des collèges qui sont sous votre responsabilité ? Sera-t-elle totale ou progressive ? J’ai fait une proposition totalement différente lors de cette réunion avec le Préfet. Si l’on doit rouvrir les écoles, il faut le faire de manière très mesurée et peutêtre commencer par rescolariser ceux qui, pendant cette période du confinement, ont eu des difficultés d’accès au réseau, ceux qui à la maison, n’ont pas forcément les parents en capacité de suivre leur éducation. Quel enseignement pour les élèves concernés ? Cette période doit être plutôt une période de rattrapage, sachant que beaucoup de professeurs ne voudront pas être acteurs à partir du 11 mai. La principale difficulté proviendra des parents qui sont réticents à juste titre. Certains me disant qu’ils préfèrent que leur enfant perde une année scolaire plutôt que la vie.
« Cette période doit plutôt être une période de rattrapage pour les élèves qui pendant cette période de confinement, ont eu des difficultés » Au début de la pandémie, les enfants étaient considérés comme les principaux vecteurs du virus. N’est-ce pas prendre le risque de relancer un pic de contamination ? Bien-sûr que c’est prendre un risque ! Comment va se passer le transport de ces enfants ? Dans mon département, j’ai des collégiens qui font 30 à 45 minutes de car. Est-ce qu’on va limiter le nombre de places dans les cars ? Qui va les surveiller ? Dans les classes, va se poser la question du nombre d’élèves. Je pense que c’est un pari très audacieux. Il faut que fin avril maximum il y ait un modus operandi de la part du gouvernement pour répondre à ces questions. C’est absolument nécessaire. Dans le Rhône, comment allezvous procéder pour que les élèves retrouvent leurs camarades tout en respectant les mesures barrières ? Le respect des mesures barrières par les enfants est complexe et les professeurs auront cette lourde tâche à mettre en œuvre. Après les directives, je prendrai les mesures nécessaires de protection pour la restauration scolaire et pour les agents. Concernant la désinfection des bâtiments, j’ai demandé à l’État des précisions rapides sur les mesures à prendre. Depuis plusieurs semaines, le Département du Rhône accueille les enfants du personnel soignant dans certains collèges. Cette expérience peutelle avoir valeur d’exemple ? Oui, ça peut servir d’exemple. Il y a cinq collèges que j’ai mobilisés, sur lequel, selon les jours, on a plus ou moins de gardes. On a fait une répartition géographique en fonction des bassins hospitaliers et ça marche. Après, l’Education nationale veut qu’on ferme pendant les vacances, ce qui me paraît logique. Mais de la même manière, si ces cinq collèges je dois les désinfecter, ça veut dire que ces collèges, je vais devoir les fermer. Mais qui le fait ? Nous, avec un cahier des charges établi par l’ARS, ou des entreprises labellisées ? Tout cela fait partie des réponses qu’il faut qu’on nous donne. •
23 • mai 2020 • lyon people
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LA VIE POLITIQUE
Avec 1247 personnes contaminées et 336 décès relevés (chiffres arrêtés le mardi 14 avril), le Rhône fait partie des départements les moins impactés… (Il coupe) Il est touché, mais on a la chance d’avoir un département avec des professionnels de grande qualité, des hospices civils et des services privés qui sont très importants aussi. Dans le Rhône, on a encore 500 places de réserve et on commence à avoir une petite décrue, avec plus de sortants que d’entrants. C’est une très bonne chose. Le Rhône n’a jamais été dans le rouge comme a pu l’être l’Est de la France ou la région parisienne. On est un pôle universitaire, donc à partir de ce moment-là, on a des soignants en nombre.
« Le Département du Rhône va mettre 10 millions d’euros dans l’aide aux communes pour leurs travaux. » Quelles mesures souhaitez-vous prendre en matière de déconfinement ? La principale mesure à prendre, c’est que l’économie reparte. Aujourd’hui, une grande partie de l’économie est figée. L’un des secteurs les plus touchés est le BTP. Le Département du Rhône va mettre 10 millions d’euros dans l’aide aux communes pour leurs travaux. Quel est l’effet attendu ? Relancer nos entrepreneurs de travaux publics, nos maçons, nos charpentiers, les métiers du bâtiment et artisans ! Le Département est le premier soutien des 208 communes du Rhône. Quand on met 10 millions, la Région vient en complément, l’Etat peut nous rejoindre et c’est donc près de 70 millions d’euros de projets qui aboutissent. Sur 208 communes, c’est déjà pas mal !
handicapées, nos soignants. C’est déployé. Le Département s’est concentré sur les personnes qui relèvent de sa compétence. Pour les habitants ne relevant pas de nos attributions, cela relève de la compétence des maires. Quelle sont leurs attributions en la matière ? Ils ont dans leurs attributions la sécurité des personnes et des biens. Je note d’ailleurs, que beaucoup d’entre eux ont mis en place des distributions efficaces. Après, ce n’est pas tout de donner des masques, mais il faut aussi voir sous quelles conditions ils sont donnés et dans quel ordre. Les seuls à avoir des données fiables sur les habitants, ce sont les mairies, ce ne sont pas les conseils départementaux.
« Alors que l’on n’ouvre pas les facultés, ni les cafés et restaurants, on va organiser des élections... » Un mot sur les élections municipales. Combien de communes du Rhône ontelles élu leur maire dès le premier tour ? Dans le Rhône, il y a 208 communes et il n’y a que quatorze deuxièmes tours. Seuls quatre ou cinq maires ont été battus contre toute attente. Quand souhaitez-vous que les nouvelles élections soient organisées ? Je n’ai aucune compétence administrative sur l’organisation des élections, mais objectivement, je pense que ce n’est pas tenable d’organiser un deuxième tour au moins de juin comme certains l’avaient imaginé. Il faut prendre le recul nécessaire.
Il me paraît plus adapté de le faire à l’automne, si et seulement si la crise est derrière nous. Alors que l’on n’ouvre pas les facultés, ni les cafés et restaurants et certains commerces, on va organiser des élections… Le 21 juin, beaucoup de personnes auront d’autres choses à faire ! Il y a tellement eu un regard sombre sur le premier tour, qu’il ne faut pas en rajouter. Dans la métropole de Lyon, vous avez pu assister à la montée en puissance des écologistes. Avez-vous des craintes liées aux résultats du premier tour ? Sur la montée des écologistes, on voit que c’est un électorat plutôt jeune qui s’est mobilisé. Eux sont sortis voter, alors que l’électorat ancien est peu sorti. Tous les maires me le disent. Si les élections ont lieu à l’automne, ça sera de nouvelles échéances et là beaucoup de choses peuvent changer, j’en suis intimement convaincu. Dans l’hypothèse du succès des Verts, comment concilier leurs actions avec les vôtres ? Il y a des choses qui sont figées dans la loi et des choses que l’on élabore en commun, comme la question du handicap. Je ne crois pas que sur la politique du handicap, il y ait des politiques vertes et des politiques de droite ou de gauche. Travaillerez-vous main dans la main avec eux ? Pour moi, les élus sont l’émanation du suffrage universel… Avec David Kimelfeld qui n’est pas de ma famille politique, nous avons toujours travaillé dans l’intérêt général. Si les verts étaient en situation de gagner la Métropole, nous aurons des discussions complexes sur l’agriculture et l’eau mais j’espère bien qu’ils ne seront pas « en vert et contre tout. »
Vous travaillez avec la Région pendant la crise. Ce constat sera-t-il valable sur le sujet du déconfinement ? Pour la Région, j’ai à peu près une à deux séances vidéo par semaine avec Laurent Wauquiez. C’est un partenariat quotidien. On n’est pas du tout dans une dualité. Dans cette période, la moindre once de politique n’est jamais apparue entre aucune collectivité. La livraison de masques semble complexe. Selon vous, les Rhodaniens pourront-ils tous avoir le leur, le 11 mai prochain ? Notre politique a d’abord été de livrer les masques à nos anciens, nos personnes lyon people • mai 2020 • 24 •
PC Jupiter départemental. Christophe Guilloteau au milieu de ses directeurs de service et des membres de son cabinet dans la salle Bonnevay transformée en quartier général avec visio-conférence.
Rouler en ville avec une smart, c’est la grande vie. On se faufile partout, on se gare quand on veut. Alors maintenant que toutes les smart deviennent 100 % électriques, vous vous demandez ce que ça change ? Rien, c’est pareil. On se faufile partout, on se gare quand on veut. Alors pas de panique les citadins, on respire. >> Rejoignez le mouvement 100 % électrique.
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LA VIE GASTRONOMIQUE
JEAN BURDY
« Pernod, c’était ma vie ! » C’est endeuillé par le décès de nombreux proches, dont l’ancien rugbyman Christophe Pras, que Jean Burdy a vécu cette complexe période de confinement, partagé par l’idée de ressasser ses innombrables souvenirs vécus au sein du groupe Pernod et la nécessité de se plonger dans une nouvelle ère, dessinée au gré de conseils en communication. Pour Lyon People, il accepte de revenir en détail sur ce nouveau chapitre de sa vie. Propos recueillis par Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff et DR
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omment vivez-vous cette crise à titre personnel ? Je suis à Lyon ! J’ai la chance d’avoir une maison de famille dans le Forez, mais j’ai pris la décision de ne pas me confiner làhaut. C’est un vieux village et je n’ai voulu prendre le risque de peut-être amener le virus sur place. Je ne saurais jamais si j’ai sauvé des vies mais j’ai préféré rester à Lyon. Dans quelles conditions êtiez-vous confiné ? Mon appartement est génial, c’est un ancien couvent du XVIIe, sauf que je n’ai ni balcon, ni terrasse. Ça commençait à devenir très angoissant. Heureusement, un jour, une amie journaliste m’a appelé pour prendre de mes nouvelles et m’a proposé d’emménager dans un de ses appartements, à Confluence, avec une terrasse, dans un immeuble ultra moderne. Avant de vous cloîtrer, vous avez cédé au chant du départ chez Pernod. Quel a été le déclic ? J’ai mis quatre mois à prendre cette décision ! La fusion et le plan de départ volontaire qui a été mis en place par Pernod et Ricard nous a été annoncé début octobre. On a eu les tenants et les aboutissants des conditions à Noël. Et moi, j’ai pris la décision le matin de mes 50 ans, le 17 janvier. Je faisais le yo-yo en permanence entre les avantages à rester dans ce groupe extraordinaire et les inconvénients de rentrer dans une autre ère qui pouvait peut-être me décevoir. lyon people • mai 2020 • 26 •
« SANS CE PLAN DE RAPPROCHEMENT, JE SERAIS RESTÉ CHEZ PERNOD JUSQU’À MA RETRAITE ! » Peut-on parler d’une crise de la cinquantaine ? (Rires) Non, c’est un hasard de vie de la cinquantaine ! S’il n’y avait pas eu ce plan de rapprochement et ce besoin de départs volontaires, je ne me serais jamais posé la question et je pense que je serais resté chez Pernod jusqu’à ma retraite. J’ai échangé avec des amis qui ont vécu ça. Ceux qui sont restés m’ont dit que ce n’était plus pareil. J’ai souvent entendu qu’ils regrettaient, alors que chez ceux qui ont pris le petit chèque de départ, aucun n’a exprimé de regret, même ceux qui avaient un affectif pour leur entreprise aussi fort que le mien, parce que j’étais très attaché. Pernod, c’était ma vie ! Avec la solitude du confinement, vous est-il arrivé de remettre en question votre décision ? J’ai pris ma décision, je l’ai annoncée, ça a été accepté. J’ai donné ma lettre recommandée le soir du lancement du
Ceder’s aux assistantes du bureau pour qu’elles l’envoient à la DRH. C’était le jeudi, et le vendredi, on a appris que l’on rentrait en confinement. Du coup, le recommandé n’est pas parti.
Officiellement, votre demande de départ n’est donc pas actée ? Oui et non (rires). J’ai fait un petit mail au DHR pour dire que mon courrier était censé être parti le vendredi et que les assistantes n’étant plus au bureau, peut-être que ça n’avait pas été fait.
Avez-vous eu le temps de boucler vos cartons ? Non, non ! J’avais prévu de rester jusqu’au 17 avril et la dernière semaine, de faire mes cartons, parce que dans mon bureau, j’ai accumulé des tonnes de souvenirs. Vider mon bureau, ça va bien m’occuper. Puis, moi, je suis quelqu’un qui aimais jouer avec l’histoire des marques, donc dans ma
réserve, j’ai accumulé plein de trucs. Sauf que là, avec le rapprochement avec Ricard, ils vont avoir besoin de place pour faire rentrer de nouvelles marques. J’avais donc promis à Alain Potiron, mon directeur, que j’allais le débarrasser de toutes mes breliques qui ne sont plus d’actualité. Je ferais ça pendant mes vacances (rires) !
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27 • mai 2020 • lyon people
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LA VIE GASTRONOMIQUE
« PENDANT LES DIX JOURS DE RÉTRACTATION, J’AI BEAUCOUP RÉFLÉCHI » Après 25 ans de carrière au sein de la même société, peut-on tourner la page facilement ? Ce fut très compliqué de prendre la décision, mais à partir du moment où je l’ai prise, bizarrement ce ne fut pas très compliqué de tourner la page. J’essaye, malgré ce contexte, de ne garder que les bons souvenirs. Je suis assez surpris là-dessus, même si pendant les dix jours de rétractation, bien-sûr que j’ai beaucoup réfléchi. Mais non ! Quel est votre plus beau souvenir ? J’ai bossé sur la question, mais je n’y arrive pas ! En fait, mon meilleur souvenir chez Pernod, c’est que quasiment tous les jours, je me levais avec la banane, parce que je savais que j’allais passer une journée qui allait me plaire. J’ai appliqué la devise de mon papy, « fais un travail qui te plaît, et tu n’auras pas l’impression de travailler ». C’est ça mon meilleur souvenir. Chaque semaine, j’avais la chance de rencontrer des personnes extraordinaires, connues ou pas connues !
« MA PREMIÈRE IDÉE FUT DE RÉALISER UN RÊVE DE GAMIN, MONTER UN BARRESTAURANT » Vous avez pris la décision de vous tourner vers le conseil en communication. Est-ce le fruit d’une profonde réflexion ou d’un choix par défaut ? (Il réfléchit). En fait, quand je me suis posé la question de partir ou non, ma première idée fut de réaliser un vieux rêve de gamin, qui aurait été de monter un bar restaurant, puis très vite, je me suis souvenu de toutes les difficultés que rencontrent mes amis qui font ce métier là, qui sont des experts et qui pourtant galèrent. Ça vous a fait reculer ? J’ai pris peur et j’ai assez vite refermé cette idée. Pourtant, j’avais noté plein d’idées dans un carnet. J’avais trouvé le nom, deux associés, mais d’un coup je les ai rappelés et je leur ai dit : « vous vous rendez compte de la complexité de ce métier ? » Alors j’ai abandonné, je n’ai pas eu le courage (rires).
lyon people • mai 2020 • 28 •
Ce projet de restaurant oublié, vous vous êtes tourné vers la communication ? J’ai fait un bilan personnel et je me suis dit qu’après avoir travaillé dans un groupe, j’ai envie de trouver quelque chose que je puisse faire tout seul. À force de réfléchir, je me suis dit, ce que je peux faire de mieux, c’est ce que je faisais pour Pernod. C’est ça que j’aime faire en fait ! J’aimais les marques que je défendais, donc j’ai décidé de continuer dans un univers que j’aime, qui est l’art de vivre. Votre image demeure associée à la vente d’alcools, souhaitez-vous conserver un lien avec ce milieu ? Oui, avec tout ce qui est vins, spiritueux, produits du terroir, tout ce que j’aime. Mais je ne m’interdis rien, il faudrait être fou pour s’interdire quelque chose par les temps qui courent. En tout cas, j’ai envie de m’orienter dans cette direction.
« LA COMMUNICATION, C’EST SAVOIR S’ADAPTER » Quels services comptez-vous proposer ? C’est tellement vaste ! Depuis 15 ans, lorsque l’on me demandait quel était mon métier, moi l’homme de communication, je n’arrivais jamais à expliquer ce que je faisais, parce que la communication, c’est tellement varié. J’ai essayé de le résumer dans un mail. J’ai résumé ce que je pense pouvoir faire et mettre à la disposition des entrepreneurs de la région. Ça peut notamment être du conseil digital. On voit bien l’importance du digital en ces temps confinés. On est dans une société où on a l’impression de le maîtriser, alors que très rapidement, on peut être perdu.
La politique nécessite également des conseils en communication. À l’avenir, êtes-vous ouvert à cette idée ? J’ai des amis qui sont en politique, et à chaque fois, je leur tire mon chapeau. Etre en politique, c’est accepter que plus de la moitié des gens te détestent. Et moi, je ne suis pas fait pour ça ! La communication de crise, ce n’est pas ma spécialité. Mais ce que j’ai appris, c’est que la communication, c’est savoir s’adapter. Elle doit être très personnalisée. Il n’y a pas une communication. Votre réseau est important. Malgré la crise, le téléphone commence-t-il à sonner ? Ça ne fait que quelques jours que les gens savent ce que je souhaite faire, et je reçois déjà pas mal de coups de téléphone. Je suis en retard. Je n’arrive pas à répondre à tout le monde. Ces journées confinées sont passées à une vitesse folle (rires). Quels seraient vos conseils com pour les entreprises qui sont dans l’obligation d’affronter cette crise totalement inédite ? C’est simple, mais c’est d’en parler ! Les bonnes idées de communication, elles viennent de l’échange. J’ai du temps libre, et je mets ce temps libre à la disposition de mes amis et de mon réseau, de ces entrepreneurs qui ont juste envie d’en parler. Mon honoraire spécial Covid-19, est de zéro euro. Ces personnes-là sont inquiètes, il y a toujours des démarches administratives, des reports de charges, ils se posent plein de questions. Mais il n’y a pas vraiment de clé, parce que selon le domaine dans lequel tu travailles, tu ne vas pas faire la même chose.
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DOSSIER CORONAVIRUS
JEAN-CLAUDE LAVOREL
« Notre groupe envisage de perdre pas loin de sept
à huit millions d’euros ». lyon people • mai 2020 • 30 •
Confiné chez lui à Lyon, Jean-Claude Lavorel peine à supporter l’arrêt de toutes ses activités. Une situation complexe à gérer pour le PDG de Lavorel Hôtels, dont les motifs d’espoir l’invitent à se tourner vers la prochaine saison estivale. En attendant, le fondateur de LVL Médical porte un œil d’expert sur la gestion de cette crise inédite, tout en regrettant certaines actions des principaux belligérants. Propos recueillis le 9 avril 2020 par Morgan Couturier - Photos © DR
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ous avez longtemps travaillé dans le médical, quel est votre sentiment sur cette crise totalement inédite ? Mon sentiment est partagé avec tout le monde. On vit un événement, une crise sanitaire, quelque chose de mondial et de jamais vu de mémoire d’homme. À ce niveau-là, c’est quand même très impressionnant ! Comment vivez-vous cette crise à titre personnel ? Où êtes-vous confiné ? Je suis confiné, chez moi à Lyon, dans le sixième arrondissement. C’est la règle et la raison. On n’a pas de travail. Nos dix établissements sont fermés depuis le 16 mars. On ne va pas les laisser ouverts sans client, ça ne sert à rien. Ça veut dire qu’on a zéro euro de chiffre d’affaires et qu’en dehors de quelques personnes à la comptabilité et aux ressources humaines, toutes les autres sont en chômage partiel.
« POUR L’INSTANT, ON ESSAYE DE VIVRE SUR NOS PETITES RÉSERVES » Comment vous-occupez-vous ? Comme un dirigeant d’entreprise hyperactif, en tournant pas mal en rond. On a de temps en temps un appel téléphonique, comme hier, puisqu’on organise un événement avec le centre Léon Bérard, mais le reste de la journée, on fait une petite balade d’une heure comme on en a le droit, de la lecture et des choses tout à fait banales et anodines. Malgré tout, on trouve le temps quand même très long. Tous vos hôtels sont à l’arrêt. Comment gère-t-on l’absence de revenus ? Pour l’instant, on essaye de vivre sur nos petites réserves. L’énorme avantage, même si c’est un choix qu’on a fait, c’est que nous sommes propriétaires des murs, ce qui nous permet d’être allégé en termes de loyer, de ne pas être obligé de payer un propriétaire. C’est une excellente chose. Ce n’est pas de la gestion, mais on compte tout ce qui sort, pour voir où on en est en termes de trésorerie. On a également été contacté par
nos banquiers pour nous dire qu’ils étaient là pour nous aider et qu’il n’y avait pas de problème. On reste en stand-by. Pour l’instant, on n’a pas fait appel à eux. À combien estimez-vous la perte de chiffres d’affaires à cause du coronavirus ? Nous allons en être dans peu de temps à 3,5 voire 4 millions d’euros de pertes. On l’évalue difficilement, parce qu’on ne sait pas encore ce qui a été fait en mars puisque la comptabilité n’est pas encore totalement terminée. Mais la crise s’étant poursuivie en avril, ça va être encore au moins 3 millions, donc ça fera 6, et on verra par la suite, mais on envisage de perdre pas loin de sept à huit millions d’euros.
« POUR CEUX QUI N’AVAIENT PAS LES REINS SUFFISAMMENT SOLIDES, CELA RISQUE D’ÊTRE TRÈS COMPLIQUÉ » L’Etat et la région Auvergne-RhôneAlpes ont prévu des aides pour les entrepreneurs et indépendants. Y avezvous le droit ? J’ai l’impression que l’on ne va pas y avoir droit. Ces aides sont plutôt destinées aux TPE et aux PME, et nous, on est entre les deux en termes de chiffre d’affaires et de nombre de salariés. Pour les hôtels, on ne peut pas raisonner de manière individuelle mais en groupe. En revanche, on espère, outre le fait de ne pas payer une taxe de séjour, ce qui est très minime, ne pas payer la taxe sur les contrats courts, et Dieu sait si dans la restauration, des contrats courts, il y en a ! Serez-vous exempté de charges sociales ? On va voir s’ils nous font cadeau des cotisations sociales pendant un certain nombre de mois ou s’il va y avoir des aides spécifiques pour les professionnels du tourisme et de la restauration. On est dans un flou artistique ! De toute manière, la profession va être sinistrée. Pour ceux qui n’avaient pas les reins suffisamment solides, cela risque d’être très très compliqué.
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31 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
Ce manque à gagner va-t-il vous forcer à revoir certains projets de rénovation et/ou d’acquisition ? Je ne peux pas vous le dire aujourd’hui, mais on y réfléchit. Pour ce qui est des constructions, nous avons un projet qui est lancé donc on ne va pas l’arrêter, ça c’est une évidence. Après évidemment, on ne va pas se jeter comme ça, dès le déconfinement, sur des acquisitions. On va d’abord attendre et regarder ce qui se passe pendant trois, quatre mois. Puis à la rentrée, en septembre, octobre, on fera les comptes ! Pourrez-vous garder tout votre personnel à l’issue du confinement ? Sur ce sujet, je ne suis pas trop inquiet. Je leur fais des petits messages régulièrement pour leur dire qu’on pense bien à eux, qu’il faut être patient. Qu’ils soient chez nous ou ailleurs, ils n’auraient pas plus de travail, alors ils sont un peu comme tout le monde, ils attendent avec impatience le redémarrage, mais j’ose espérer que l’on ne va pas perdre trop de monde. Je n’en vois pas les raisons.
« CET ÉTÉ, J’ESPÈRE QUE LES GENS VONT PLUS RESTER EN FRANCE ET DONC FAIRE FONCTIONNER L’HÔTELLERIE » À quelle date prévoyez-vous la réouverture de vos hôtels ? La réouverture des établissements aura lieu dès que le déconfinement sera prononcé ! Et je ne connais pas plus la date que vous ! (Interview réalisée le 9 avril 2020, ndlr) Comment se présente la saison estivale pour vos établissements situés au bord du lac d’Annecy et du lac Leman ? Pour l’heure, ce n’est que de l’espoir. On espère que les gens vont moins partir à l’étranger, par peur d’aller dans d’autres pays où l’épidémie ne serait pas terminée. J’ai lu que les assurances ne seraient peutêtre pas présentes pour ceux qui souhaitent partir à l’étranger. Il y a aussi la crainte que les vols soient annulés, tout ça fait qu’on espère que les gens vont plus rester en France et donc faire fonctionner l’hôtellerie, ce qui serait une bonne chose pour toute la profession.
Surplombant le lac d’Annecy, le palace de Menthon est l’un des fleurons du groupe Lavorel Hôtels lyon people • mai 2020 • 32 •
De nombreux Français et étrangers vont être impactés financièrement par la crise. Avez-vous peur que l’activité ne tarde à reprendre ou au contraire, misez-vous sur la nécessité de prendre l’air, qui pourrait habiter de nombreux concitoyens ? Pendant les vacances d’été, les Français vont quand même prendre des congés et partir. Ils ont été confinés pendant un mois et demi, peut-être deux mois, ils ne vont pas se confiner à nouveau tout l’été. Ils vont avoir besoin de souffler, de partir, de voir autre chose pour se changer les idées.
« IL Y A EU UNE TELLE PRESSION SUR LES PRIX D’ACHAT, QU’AUCUNE ENTREPRISE NE POUVAIT FABRIQUER DES MASQUES OU DES BLOUSES À USAGE UNIQUE » En attendant, la France peine à gérer la pandémie. En tant que fondateur de LVL Médical, comment jugez-vous la gestion du matériel médical ? Je pense que le gouvernement actuel et les précédents n’ont pas été suffisamment prudents et n’ont pas suffisamment anticipé. Il n’y a quasi plus aucun débat en termes d’allocation de masques, de stocks de
masques. Je pense aussi que les tests massifs, comme a pu le faire l’Allemagne, sont une bonne chose, parce qu’on sait si les gens ont été contaminés ou pas, s’ils sont porteurs ou non. Sur le reste, je pense que le maximum a été fait par tout le corps médical. La commande faite par l’Etat d’1 milliard de masques vous parait-elle suffisante ? (Il soupire) C’est difficile à estimer. J’ai entendu des chiffres où ils consommaient des dizaines de milliers de masques par jour. C’est assez hallucinant. J’ose espérer qu’on est déjà bien avancé dans cette crise sanitaire et que l’on va plutôt diminuer petit à petit la consommation de tout ce qui manque aujourd’hui. Cependant, il y a eu une telle pression sur les prix d’achat, qu’aucune entreprise française ne pouvait fabriquer des masques ou des blouses à usage unique, parce qu’ils étaient sûrs de ne pas les vendre à cause du prix de revient. Que pensez-vous de l’hypothèse d’un traitement efficace proposé par le très controversé professeur Raoult à base de chloroquine ? J’ai juste mon petit avis, mais quand je suis allé en Afrique, on vous conseillait de prendre de la nivaquine, donc de la chloroquine, avant, pendant et après, et tous les gens que je connais, ont pris le même traitement, il n’y a jamais eu de problème. Les seules problématiques concernaient des gens qui avaient des pathologies cardiaques. Mais on connaît la mentalité française, en dehors de Paris, rien ne se passe. Dans la santé, c’est eux qui savent et les autres, ne savent rien.
Le château de Bagnols, la perle hôtelière du Beaujolais
Cette affaire ne cache-t-elle pas un conflit d’intérêts ? J’avais cru comprendre que pour la chloroquine, il n’y avait pas trop de problèmes pour s’en procurer, y compris en France. Je ne sais pas si c’est la vraie raison, même s’il y a souvent des guerres d’égo. J’ai vécu ça en tant que fournisseur de matériel médical à des hôpitaux. Ces guerres ont toujours existé. C’est dommage que ce soient les patients qui en fassent les frais. Je trouve ça d’ailleurs très bizarre que l’on n’ait pas encore les résultats des analyses. Pour vous, le gouvernement doit-il renforcer ses mesures de confinement, comme ce fut le cas en Chine où la crise semble terminée ? Renforcer, non ! Il doit continuer à être vigilant parce que l’on voit qu’il y a un petit relâchement de la part de beaucoup de personnes. Ce n’est pas un hasard. Le gouvernement peut renforcer les contrôles, mais intensifier et contraindre encore plus, en mettant des mesures coercitives, je n’y suis pas favorable. Il y a quand même des personnes qui vivent dans 20 ou 30 m2, qui n’ont pas de balcon, pas de lumière, et il faut aussi les comprendre. Sinon, il y en a beaucoup qui vont péter les plombs !
« JE NE SERAIS PAS TRÈS FAN D’ÊTRE SOUS LA COUPE DES ÉCOLOGISTES » Enfin, un mot sur les dernières élections municipales. Avez-vous des craintes liées à la vague écologiste que le premier tour laisse suggérer ? Pour ce premier tour, il y a quand même eu une abstention colossale. Il n’aurait pas fallu organiser ces élections. Il fallait de la sérénité, du calme. Là, les gens étaient quand même inquiets et beaucoup n’y sont pas allés. Ce n’est donc pas très représentatif. Tout le monde est sensible à l’écologie, à faire attention, à rouler à l’électrique, mais il ne faut pas non plus que l’écologie soit punitive. Et quand on voit les villes dirigées par un maire écologiste, on voit que ça n’a pas toujours favorisé l’économie. C’est un peu ça qui me fait peur. Cela peut-il poser problème concernant la réalisation de futures constructions ? Non, on peut les accuser mais je ne les vois pas non plus ne pas favoriser les bars et les hôtels. Après, oui, j’ai un peu peur, car Lyon est une grande ville, elle est très bien classée en termes de tourisme et je ne serais pas très fan, d’être demain, sous la coupe des écologistes.
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33 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
LE MEILLEUR DU WEB VIRAL L
oin d’avoir atrophié leur cerveau, la crise sanitaire a décuplé l’imagination des créatifs et des internautes qui rivalisent d’impertinence sur les réseaux sociaux. Voici un petit florilège des meilleures créations devenues virales sur la toile.
lyon people • mai 2020 • 34 •
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35 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
Après le Coronavirus il y aura le Corona anus. Inflation, taxes, impôts. Mais pas de soucis, il y aura du gel pour tout le monde.
lyon people • mai 2020 • 36 •
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PEOPLE STORY
Né le 5 décembre 1931 à Firminy, Pierre effectue son service militaire au 68ème régiment d’artillerie de la Valbonne (69)
Le dernier service de
PIERRE SOUVIGNET Personnalité attachante de la restauration lyonnaise, l’ancien patron de l’Helvétie a été emporté par le coronavirus. Il avait 80 ans. Textes : Marco Polisson - Photos Archives Lyon People et famille Souvignet
A
près trois semaines d’hospitalisation, Pierre Souvignet a rendu son dernier souffle vendredi 3 avril 2020 à 15h30 à l’hôpital de la Croix-Rousse. « Il a lutté comme un lion, mais ses poumons étaient trop abimés. Ils n’ont pu se remettre en marche après son intubation » nous raconte, dévasté par le chagrin, le traiteur Jean-Paul Pignol. Les deux hommes sont unis par un lien d’amitié très fort depuis 1962. Cette année-là, Pierre Souvignet, en rupture de ban avec ses parents boulangers pâtissiers à Firminy décide de quitter le 42. Il s’installe à Lyon avec sa jeune épouse Halina Namysl et trouve rapidement un job de serveur en extra chez le traiteur Vital Pignol, rue Emile Zola, dont il devient le chouchou attitré : « C’était le deuxième fils de mon père ! » relate Jean-Paul qui, par la même occasion, découvre en lui le frère qu’il n’a jamais eu. lyon people • mai 2020 • 38 •
Pierre Souvignet et Jean-Paul Pignol en Dombes, en 2011 Jean-Paul Pignol soumis à l’interrogatoire à KGB par Marco et son défenseur Pierre Souvignet en 2007
Premiers pas en solo. Quand Pierre
Souvignet décide de se mettre à son compte en prenant en gérance un petit bar, rue Renant (Lyon 3), il s’adresse évidement à la « banque » Pignol. Rebelotte quelque temps plus tard avec le Comédie installé dans les anciens immeubles de la rue Puits Gaillot (démolis lors de la construction de l’annexe de l’hôtel de ville, place louis Pradel) puis en 1975 quand il passe la vitesse supérieure en faisant l’acquisition de la brasserie L’Helvétie. Sise 4, boulevard des Brotteaux, L’Helvétie est alors avec la Brasserie du Parc le lieu de rendez-vous de la clientèle dorée du 6ème. En 1995, Pierre en confie la direction à Béatrice Denis avant de céder l’affaire au duo Billard (un maître d’hôtel) et Ducret un pharmacien qui… n’a pas vraiment l’ordonnance pour tenir une telle affaire.
De L’Helvétie au Barabaar. Placée
en redressement puis en liquidation judiciaire, elle est reprise en 2000 à la barre du tribunal de commerce par Thierry et Christine di Litta. Après avoir racheté le commerce voisin — le salon de thé Péché mignon — ces derniers la transforment en un nouveau repaire branché au décor newyorkais : Le Ness. Ce même Ness qui devient le Barabaar en 2018. Pierre Souvignet avait conservé l’immeuble récemment vendu à Alliade. De son union avec Halina, il a deux enfants : Christophe (1965) qui vit aujourd’hui à Paris, et Eric (1970), directeur d’exploitation de Pibolo, la filiale de Pignol en charge des bars et restaurants installés à Eurexpo. Les familles Souvignet et Pignol qui sont inséparables, passent leurs vacances ensemble. Jean-Paul et Pierre (qui gère les restaurants d’Eurexpo de 2000 à 2006) partagent également la passion de la chasse et se rendent chaque année en Afrique chasser la gazelle…
Pierre Souvignet souffle ses 80 bougies, entouré de son épouse et ses petit-enfants
Plus qu’un frère, un ami. « Dans la
vie, les amis tu les comptes sur les doigts d’une main… bah j’en ai un et c’est lui. » nous déclarait Jean-Paul Pignol à son propos dans l’interrogatoire à KGB auquel nous l’avions soumis en 2007. Autorisé à venir accompagné d’un « avocat », il avait choisi Pierre Souvignet pour le soutenir. Quelle partie de rigolade pour Nico, Thierry Lahon et moi-même à les entendre nous raconter leurs 400 coups... au Cameroun et ailleurs. De Pierre Souvignet, tout le monde souligne son caractère affable et sa fidélité. « Un sacré personnage ! » assure tristement Thierry Di Litta qui aura été son locataire durant 20 ans. Même retraité, il était toujours présent pour donner un coup de main à son ami de toujours. Quand JeanPaul et Françoise Pignol s’accordent quelques jours de vacances, il est évident que Pierre – qui réside à Francheville le Haut – va passer jeter un œil au laboratoire de Brignais et encourager les marmitons. C’est depuis le balcon du ciel qu’il veille désormais sur eux. L’équipe de Lyon People présente ses sincères condoléances à son épouse, ses enfants et ses 10 petits-enfants. Pierre Souvignet a effectué son dernier voyage jeudi 9 avril 2020 dans la plus stricte intimité compte tenu des circonstances.
Aline Souvignet, Marcelle Pignol, Sophie Demay et Pierre Souvignet (Pignol) lors de l’inauguration de la boutique Pignol des Gratte-Ciel, le 5 mars 2007
Le Comédie Bar en 1974. L’immeuble qui l’abritait est démoli en 1975 pour construire l’annexe de l’Hôtel de ville.
Pierre (à gauche) au GPTL 1989 en compagnie de Jean-Paul Pignol, Jean-Claude Caro et Jean-Paul Lacombe (Bistrot de Lyon), Pierre Maton, Bernard Constantin (La Rivoire), Claude Audi (Bar du Bistrot) et Vital Pignol
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39 • mai 2020 • lyon people
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PEOPLE STORY
PIERRE ET HALINA SOUVIGNET
25 ans derrière le bar de L’Helvétie
D
ifficile pour moi de vous décrire l’ambiance si particulière de cette brasserie « hantée naguère par les amateurs de trot à l’époque du Grand Camp » écrit André Mure dans le guide Lyon Gourmand. Votre chroniqueur galopait encore dans les jupons de sa maman quand Pierre Souvignet a racheté cette vénérable maison du boulevard des Brotteaux en 1974-75. C’est en glanant vos souvenirs et en compulsant la presse de
l’époque que l’on peut se faire une idée de cette machine de course qui levait ses rideaux à 5h du matin pour ne les refermer qu’à 1h du mat « dans un cadre agréable et une ambiance chaleureuse » peut-on lire dans Lyon Matin. Et c’est sans nul doute dû à la personnalité de son patron. « Pour Pierre Souvignet, un client c’est sacré ! » renchérit Le Journal Rhône-Alpes. La brasserie ne désemplit pas du matin au soir, et il n’est pas rare d’y croiser « des artistes
de passage venus manger un morceau après leur concert. Même les sportifs (en l’occurrence les joueurs de l’ASVEL, ndlr) savent oublier leur régime pour fêter leur victoire ». L’ancien repaire des carabins de la Clinique du Parc et des musiciens de l’opéra est devenu l’an dernier l’un des spots préférés de la jeunesse du 6ème depuis la transformation du Ness en Barabaar par Thierry et Christine Di Litta. MP
L’Helvétie après rénovation en 1993
Pierre et Halina Souvignet avec leur équipe lyon people • mai 2020 • 40 •
À peine créé, il y a un peu plus de trois semaines, le CAFAL (Club des Amis Fidèles À Lyon) réalise déjà sa première opération d’envergure tournée vers les autres à savoir « Les masques solidaires du CAFAL ».
C
ette association Loi 1901, imaginée par Pierre Nallet, Président du groupe AnaHome Immobilier, regroupe plus d’une centaine de chefs d’entreprises, cuisiniers, restaurateurs, professions libérales, cadres dirigeants de sociétés, artistes, … Vouée à l’anticonformisme patenté, cette association avait initialement pour but de réunir les amis « de Pierre Nallet » lors d’un repas mensuel qui se tenait exclusivement dans des restaurants membres des Toques Blanches Lyonnaises.
Cette association, qui jusque début avril 2020 n’existait pas sous une forme juridique, vient de prendre le parti d’une association Loi 1901 avec pour but, outre la convivialité et perpétuer ses repas mensuels, aider les autres. Cette première opération a consisté en l’achat de 100.000 masques de protection destinés à être distribués gracieusement, via la structure HAD (Hospitalisation À Domicile) dirigée par le Docteur Marc Magnet et sa Directrice Générale Stéphanie Garreta, prioritairement aux EHPAD de la Métropole, ainsi qu’aux établissements médicaux sociaux en ayant le besoin.
Merci donc à : Raffi, Laurent, Nathalie, Margaux, Sébastien, Benjamin,
Dominique, Marc, Yves, Thierry, Laurent, Benoit, Jean-Philippe, Jean-Philippe, Mohamed, Francis, Lautrec, Ange, Hervé , Yann, Maxime, Laurent, Jean-Michel, Francis, Jean-Claude, Nicolas, Thibault, Richard, Philippe, Luc, Sébastien, Richard, Loïc, Vladimir, Denis, Gaspard, Alban, Patrick, Hervé, Jérôme, Eric, Alexandre, Arnaud, Jérémie, Anthony, Olivier, Marc, Christian, Pierre-Antoine, Sylvain, Michel, Philippe, Thierry, Sébastien, Jérôme, Philippe, Pierre, Jean-Marc, Didier, François, Marc, Serge, Jean-Jacques, Nicolas, Régis, Jean-Paul, François, Joel, Serge, Nicolas, Christophe, Emmanuel, Fabrice, Sébastien, Davia, Stéphanie, Yves, Nicolas, Jean-Pierre, David, Frédéric, Tanguy, Jean-Christophe, ...
Et pardon à ceux qui ont, éventuellement, été oubliés...
Pierre Nallet Président d’AnaHome Immobilier Président du CAFAL
Faites un don au CAFAL Contact : Léa MUNOZ Mail : cafal.contact@gmail.com Tél : 06 10 08 84 86 C/O AnaHome Immobilier, 41 rue Garibaldi, 69006 LYON
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DOSSIER CORONAVIRUS
lyon people • mai 2020 • 42 •
Thierry Fontaine a fêté ses 50 ans… sur son tracteur ! Il milite pour la réouverture des bars-restaurants le 15 juin afin de sauver les établissements saisonniers
THIERRY FONTAINE
« Les 200 millions d’euros que les assureurs ont injectés, c’est de la rigolade ! » Vice-président bars-restaurants et président de la branche Nuit du syndicat professionnel UMIH, Thierry Fontaine possède deux établissements à Lyon… Dans un secteur sinistré par la crise du coronavirus, le patron du Loft et du restaurant The Maze planche déjà sur le déconfinement et ses impératifs. Entretien exclusif. Propos recueillis par Morgan Couturier et Marco Polisson - Photos DR
C
omment le patron de la nuit lyonnaise vit-il cette crise à titre personnel ? Vous ne vous êtes jamais couché aussi tôt ? (Rires) (Rires). Non, non, on a habituellement un rythme en semaine qui est du même ordre. C’est le week-end que l’on se couche plus tard (rires). En revanche, maintenant c’est toute la semaine, alors c’est l’occasion de faire chez soi tout ce qu’on n’a pas le temps de faire le reste de l’année. Ceux pour qui ça va être difficile, à la reprise, sont les paysagistes. Je pense qu’ils n’auront plus beaucoup de travail, tous les jardins sont tondus (sourire). Comment vous-occupez-vous ? Je fais un peu de jardinage, comme je l’ai dit. Mais pas que, il y a plein de petits boulots, de documents à préparer. Il faut monter les prêts, s’occuper des salariés. L’administratif ne s’arrête pas. Il faut que les salariés soient payés, que le chômage partiel soit activé et que les finances suivent. En ce moment, on est souvent au téléphone avec les banquiers et les comptables. Quant aux assureurs, c’est comme le reste de l’année, on ne les a pas...
Le 17 mars dernier, vous avez dû fermer du jour au lendemain les portes de votre discothèque Le Loft (Lyon 7) et de votre bar-restaurant The Maze (Limonest). Vous attendiez-vous à une mesure aussi brutale ? Personne ne s’y attendait ! J’entends beaucoup de gens juger le gouvernement, alors oui, on dit souvent que gouverner, c’est prévoir, mais tout le monde a été surpris. On a tous entendu la même chose, qu’il s’agissait d’une grosse grippe. À partir de là, tout le monde y allait de son petit commentaire, y compris nos amis, nos proches, notre entourage. On a jeté des pierres sur le gouvernement, mais sincèrement, je n’aimerais pas être à la place de Macron depuis qu’il est arrivé au pouvoir.
Vous tenez le choc avec l’alcool ? (Rires) Je ne bois pas tant que ça, rassurez-vous ! J’avais déjà fait un mois sans alcool juste avant le confinement, donc je viens de finir mon deuxième mois. On verra le temps que ça dure, mais si la situation se poursuit jusqu’en juin, je pense que j’en serais à quatre mois sans alcool (rires). C’est plutôt bien, ça remet les compteurs à zéro. Où êtes-vous confiné ? En famille ou en solo ? À mon domicile, non loin du Maze, en couple avec ma femme.
« JE N’AIMERAIS PAS ÊTRE À LA PLACE DE MACRON DEPUIS QU’IL EST ARRIVÉ AU POUVOIR »
En contact avec les boss de l’UMIH pour préparer le déconfinement des CHR
Combien de personnes avez-vous mises au chômage partiel ? Une cinquantaine de personnes. Sur quelle base les employés des CHR seront-ils indemnisés ? Quand le décret est sorti, c’était 35 heures même si leurs contrats sont de 39 heures. On s’est battu et on a obtenu que ce soit sur une base de 39 heures, donc c’est plutôt une bonne nouvelle.
Les salariés des CHR seront donc moins impactés ? Quand on leur a dit qu’ils allaient toucher 84%, ils s’attendent à toucher 84%, mais quand on leur dit que leurs contrats sont sur une base de 39h, et qu’ils vont toucher moins, ce n’est pas juste ! On a déjà une pénurie de main d’œuvre dans nos métiers, si en plus on les maltraite… Donc on leur a dit qu’on avait gagné ! Ils auront ça pour le mois d’avril. Nos employés perdront obligatoirement du pouvoir d’achat, mais moins que prévu… Comment gère-t-on l’absence de revenus sur 2 grosses structures comme les vôtres ? On ne gère rien du tout, on fait avec nos trésoreries existantes et on se débrouille avec nos banquiers pour que ça passe. Mais en effet, du jour au lendemain, il n’y a plus rien qui rentre. D’un point de vue professionnel, il faut que tout le monde prenne conscience qu’il va falloir payer l’EDF et ainsi de suite. Il faudra le payer un jour, donc quoi qu’il en soit, ça va coûter. Alors oui, aujourd’hui, on ne sort pas les charges, mais on ne rentre rien en face. À combien estimez-vous la perte de CA à cause du coronavirus ? On a fermé quinze jours mais nos entreprises ont perdu les 2/3 de chiffre d’affaires sur le mois de mars, parce que la psychose s’installait. Le week-end du 14, on nous disait déjà qu’on restreignait à 100 personnes, puis qu’on fermait le samedi soir, puis c’était le confinement le mardi, donc on avait déjà perdu avant. 2/3 du CA qui s’envole, c’est 190 000€ ! On va mettre 1 an, un an et demi à refabriquer tout ça. En tant que responsable de l’UMIH, quelles mesures avez-vous mises en place pour vos adhérents ? Tout le monde est sur le pied de guerre. On a des réunions toutes les semaines entre nos présidents confédéraux et Bruno Le Maire pour tout ce qui concerne les mesures financières et économiques. Le gouvernement, aujourd’hui, fait avec ce qu’il a. On lui demande tous une tonne d’argent, alors que de nombreuses recettes •
43 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
Quand reverrons-nous la terrasse du Maze aussi bondée ?
ne rentrent plus. À nous de demander des efforts réalistes afin qu’à la catastrophe sanitaire, ne se rajoute pas une catastrophe économique puis sociale.
« POUR CEUX QUI PRENAIENT DÉJÀ L’EAU, ÇA VA ÊTRE LE COUP DE GRÂCE » Dans nos colonnes, le président des Toques Blanches Lyonnaises déplore que ce soit aux restaurateurs de faire l’avance des salaires. Etes-vous sur la même ligne ? Complètement ! Les premiers salaires à verser sont arrivés au bout de 15 jours de fermeture, alors que nos trésoreries en avaient déjà pris un coup. Nous faire avancer l’argent, tout en ne sachant pas quand on sera remboursé… Pour ceux qui ont une bonne relation avec leurs banquiers, ces derniers feront l’avance, parce qu’ils savent qu’une partie sera remboursée. Mais pour ceux qui n’ont pas de bonnes relations avec leurs banquiers, ça va déjà être plus compliqué ! Quant à ceux qui prenaient déjà un peu l’eau, ça va être le coup de grâce.
lyon people • mai 2020 • 44 •
En effet, la première inquiétude des restaurateurs porte sur les salaires à verser fin avril alors qu’aucun chiffre d’affaires n’est rentré depuis le 16 mars. Comment les plus fragiles ou sans trésorerie vont-ils s’en sortir ? Tout dépend de l’état de l’entreprise avant la crise du Covid. Si l’entreprise prenait déjà l’eau, qu’elle était difficilement solvable, est-ce que ça vaut le coup de réinjecter des sommes folles pour ces entreprises ? Je ne sais pas ! Les tribunaux de commerce sont plus à même que moi d’y répondre. Les banquiers, la BPI, l’Etat, tout le monde fera des choix. Deuxième écueil : la perte d’exploitation non prise en charge à ce jour. Où en êtesvous avec les assureurs sur ce sujet ? On lutte ! On se mobilise ! On aimerait bien que plus de professionnels soient mobilisés, avoir plus de retour du terrain de l’état des refus par leurs assurances, et qu’ils n’hésitent pas, même s’ils ne sont pas membres de l’UMIH, à nous transmettre ces refus. Cela nous permet de les compiler, de les transmettre au gouvernement. Biensûr, c’est confidentiel et ça nous permet de faire pression pour arriver à activer tout ça. Les assureurs doivent participer ! Les 200 millions d’euros qu’ils ont injectés, c’est de la rigolade. Alors oui, c’est de l’argent,
mais c’est quedal ! Vous m’auriez dit, les assurances ont mis 10 milliards d’euros, j’aurais dit, là, elles ont joué le jeu !
« LA SUPPRESSION DES CHARGES SOCIALES N’EST PAS RÉALISTE » Des pétitions circulent en ligne pour demander, non pas le report, mais la suppression des charges sociales pour les CHR pendant 6 mois. Quelle est la position de l’UMIH sur ce sujet ? La suppression c’est bien, mais moi, je me servirais plutôt de cette période pour faire un test plus réaliste, en divisant les charges sociales par deux pendant un an à compter de la reprise d’activité, cette division pourrait même se prolonger en fonction de l’état de nos finances. La suppression, ce n’est pas réaliste sauf pour la période allant de mars à nos réouvertures et l’Etat veut des mesures réalisables. Les charges sociales payent quand même les frais de santé, la retraite, etc… et il vaut mieux que les salariés soient payés par les entreprises, même avec des charges sociales allégées que payés entièrement par Pôle Emploi…
Pour vous, cette mesure doit s’étendre sur l’avenir ? Oui, nous en avons beaucoup débattu avec Aurélien Liveneau qui est le président du Rhône des Cafés, Bars, Brasseries à l’UMIH et nous sommes plus d’avis de diviser par deux ces charges sur un an au minimum, et qu’on s’en serve comme d’un test : Est-ce que cela a servi à sauvegarder de l’emploi ? Cela a-t-il favorisé la relance économique et évité d’envoyer tout le monde au chômage ? Leur suppression totale est-elle envisageable ? Supprimer les charges pendant six mois, oui, tout le monde en rêve, mais ça ne servirait pas de test ! Alors que si tout le monde est bon élève et qu’on a une division par deux de ces charges, je pense que sur le long terme, ça peut être salutaire. Sur la première année, ça permettrait une relance économique certaine et par la suite, d’augmenter les salaires et le pouvoir d’achat de nos collaborateurs ainsi que nos marges insuffisantes et qui ont fait que nos trésoreries n’ont pas survécu à 15 jours de fermeture… Comment préparez-vous avec les services de l’Etat la réouverture des bars et restaurants à l’issue du déconfinement ? Les services de l’Etat nous mettent à contribution. On est force de propositions. Dans nos métiers, nous avons quatre cas de figure : les gens couchés dans les hôtels, les gens assis dans les restaurants, les gens debout dans les discothèques et des établissements hybrides, les bars et restaurants festifs, où les gens commencent assis et finissent debout. L’assis, on sait le gérer. La distanciation sociale entre les tables, ça va se faire. Dans les hôtels, ça ne devrait pas être un problème non plus. Aujourd’hui, il faut seulement être force de propositions pour tout ce qui est hybride et discothèque.
soirées Casa de Papel en France, un peu partout, c’est plutôt pas mal ! Les Lyonnais vont-ils aller au restaurant – même avec terrasse – en portant un masque ? Vos employés au service seront-ils obligés d’en porter ? Dans les services de restauration, c’est sûr qu’à la réouverture, on va imposer le port de masque à tous nos employés. C’est une certitude aussi bien en cuisine qu’en salle. Même si les cuisiniers ne sont pas en lien avec la clientèle, ça la rassurera de savoir que les cuisiniers portent un masque. Dans nos métiers, quand quelqu’un est malade, on ne le laisse pas au contact. C’est aussi pour ne pas décimer nos employés. Au niveau des discothèques, lieux confinés et de promiscuité par excellence, comment rouvrir dans des conditions sanitaires satisfaisantes pour les clients et le personnel ? Dans les discothèques, avec une population jeune qui est dans l’âge où l’on se sent un peu invincibles, c’est plus compliqué. Je ne suis pas médecin. Nous, on va proposer. C’est aux services de l’Etat, une fois qu’ils se sont rapprochés des sociétés savantes, de valider. Après, si on nous dit, vous n’ouvrez pas avant septembre, ce ne sera pas 32 ou 33% de casse comme annoncé, mais 50 à 60% ! Les établissements hybrides ne pourront pas survivre en ne faisant que de la restauration. Pour eux, ça doit représenter un quart de leur CA. Pour les discothèques, c’est 100%. Il faudra que l’Etat mette en place des mesures d’accompagnement.
« LA PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE, CE SERAIT FORMIDABLE, MAIS ON NE PEUT PAS » Enfin, un mot sur les dernières élections municipales. Avez-vous des craintes liées à la vague écologiste ressentie au premier tour à Lyon ? Ils sont bien placés en effet, après, il faut se poser les bonnes questions. Pourquoi sontils bien placés ? La crise du coronavirus avait déjà commencé. Personne ne voulait maintenir ces élections. Elles ont été maintenues quand même. Là, on vote pour un mouvement. On en a besoin, évidemment. La petite maison dans la prairie, ce serait formidable. Mais on ne peut pas. Il y a plein de moments où on a besoin de la voiture. Des mesures, il y en a plein à trouver mais de là à punir… L’écologie punitive est dangereuse ! Leur arrivée au pouvoir peut-elle poser des problèmes dans l’exploitation quotidienne de vos établissements ? En tant que syndicat, quoi qu’il advienne, on travaillera avec eux, comme on est obligé de travailler avec tout le monde. Nos métiers prévalent. On espère être entendu et que nos métiers ne soient pas massacrés ou foutus en l’air par de l’écologie punitive. On a subi les gilets jaunes, les retraites, le coronavirus, les attentats. Nos métiers ont été fortement impactés depuis 5 ans ! Il ne va pas en falloir énormément pour nous flinguer encore plus. Les entreprises n’auront pas les moyens de résister à une mandature qui ne les accompagne pas comme il faut. Tout ne se fait pas à vélo !
« SI ON N’OUVRE PAS AVANT SEPTEMBRE, CE NE SERA PAS 32 OU 33% DE CASSE MAIS 50 À 60% ! » À titre personnel, comment envisagezvous cette réouverture qui va se faire en pleine défiance collective ? Au Loft, la distanciation sociale, entre groupes, va être compliquée. Je pense qu’il va être raisonnable d’équiper nos clients de masque. Après, à nous de le tourner en événement un peu drôle. On est en pleine période de la Casa de Papel, le masque est à la mode (rires). On va peut-être voir des La jeunesse lyonnaise sur le dancefloor du Loft. Avec des masques à la rentrée ? •
45 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
SABY MAVIEL
Lyon confinée en 20
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Après Yves Neyrolles, pour notre magazine d’avril, c’est au tour du photographe Saby Maviel (Mandrak Studio) de nous emmener à la (re)découverte de notre cité écrasée sous le silence du coronavirus. Il a arpenté la ville les 10, 11, 13, 14 avril 2020. Texte et Photos © Saby Maviel - Légendes photos : Marco (plus Polisson que jamais)
« O TOI, MA BELLE ENDORMIE, QUAND CESSERAS-TU D’ÊTRE ASSOUPIE ? VIDE IMMENSE, MON OMBRE DORT, O TOI MON LYON QUI N’A PLUS RUGI, SONGERAIS-TU À GOUVERNER AVEC COURTOISIE ? DORT, DORT, DORT, LA CITÉ DORT… » lyon people • mai 2020 • 46 •
LE PONT AUTOROUTIER DE LA MULATIERE ET LE MUSEE DES CONFLUENCES 115 000 véhicules empruntent chaque jour l’axe A6 - A7 en temps normal
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47 • mai 2020 • lyon people
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lyon people • mai 2020 • 48 •
< LE PONT FERROVIAIRE DE LA MULATIERE Mis en service en 1916, il a été construit par Maurice Koechlin, concepteur de la structure de la tour Eiffel
LE PONT DE LATTRE DE TASSIGNY Au loin l’enfilement de la rue Duquesne photographiée depuis les hauteurs du tunnel de la Croix-Rousse •
49 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
lyon people • mai 2020 • 50 •
LES BERGES DU RHÔNE Rendues aux piétons en 2005, elles sont interdites à la promenade depuis le 18 mars 2020 •
51 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
LE QUAI ROMAIN ROLLAND Haut lieu de la vie festive lyonnaise, ses nuits sont aussi calmes que ses jours
lyon people • mai 2020 • 52 •
LA PASSERELLE DU PALAIS DE JUSTICE Reliant le Vieux-Lyon à la Presqu’île, elle sera bientôt rebaptisée André Soulier
LA RUE DU BŒUF L’artère la plus étoilée de Lyon est portée pâle •
53 • mai 2020 • lyon people
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LA PLACE BELLECOUR, L’ex-place Louis Le Grand ne voit plus passer grand monde…
LA RUE DE LA RÉPUBLIQUE A retrouvé sa froideur haussmannienne, à défaut de son lustre impérial lyon people • mai 2020 • 54 •
RUE DU PRÉSIDENT ÉDOUARD HERRIOT La plus commerçante des artères lyonnaises va être transformée en piste cyclable après la suppression des bacs à fleurs
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55 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
RUE MERCIÈRE La voir ainsi inanimée nous provoque un souffle au cœur
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LES BERGES DE SAÔNE Les écologistes ont eu gain de cause… la ville respire mais son économie est asphyxiée
LE QUAI JULES COURMONT En pleine pandémie, l’Hôtel-Dieu et sa majestueuse façade imaginée par Soufflot sont vides… de sens
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57 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
LE QUAI SAINT ANTOINE Le plus beau marché extérieur de Lyon et ses petits producteurs ont finalement eu gain de cause
lyon people • mai 2020 • 58 •
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59 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
LA PLACE DES TERREAUX L’œuvre de Buren, baptisé « casse burnes » par les Lyonnais
LA PLACE ANTONIN PONCET Le clocher de la Charité, vigie esseulée d’une chapelle et d’un hôpital démolis en 1933. D’où l’expression « c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! »
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LE PONT MARECHAL JUIN Construit en 1973, pour remplacer le Pont du Change, il enjambe la Saône pour relier le Vieux Lyon à la Presqu’ile.
LA RUE GARIBALDI Entièrement réaménagée et végétalisée sous le mandat de Gérard Collomb, c’est l’une des colonnes vertébrales de la Rive Gauche.
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61 • mai 2020 • lyon people
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LA TREMIE DU QUAI GAILLETON C’est Dominique Perben qui, le premier, a émis l’idée de la transformer en tunnel et de la recouvrir d’une esplanade. C’était en 2008… lyon people • mai 2020 • 62 •
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63 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
A
près un confinement d’un mois, je décide d’arpenter la ville, de faire un mini inventaire des lieux identifiables, afin d’illustrer cette sensation désertique : pas une voiture, pas un vélo, les passages piétons restent inlassablement sans jamais être traversés, plus aucun son, plus aucun mot, les enfants ont disparu eux aussi, à peine 10% me semble-t-il, de la population m’apparait, la ville appartient aux livreurs, quelques queues fébriles aux abords des pharmacies et supérettes de quartiers. Les façades de nos commerces, restaurants, bars et hôtels sont bel et bien fermées, je n’ose imaginer le drame qui se joue derrière chaque porte close... «
L’émotion est grande, c’est une larme à l’œil que j’arpente la ville, une immense peine. Néanmoins, j’ai l’intime conviction que derrière ce drame sanitaire, on doit y trouver du sens. Lequel ? c’est à chacun, de se retrouver avec soi-même, de se reconnecter, avec « la planète bleue », notre terre, mère nourricière, de participer à la hauteur de ses moyens à contribuer à des jours meilleurs... » Saby Maviel Mandrak Studio
Les masques à gaz sur le 3ème jour, c’est pour répondre au vocabulaire de l’Etat, celui du mot « guerre », alors que ce n’est en fait, qu’une crise sanitaire, une façon de marquer les esprits. Certes j’aurais préféré avoir des modèles à qui les faire porter, faute de mieux, je décide tout de même de faire cette image. Un remake du jardin d’Eden… lyon people • mai 2020 • 64 •
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« Le
MARIE RIGAUD
Printemps de Pérouges n’aura pas lieu ! »
Marie et ses filles Ashley et Quitterie en confinement coloré lyon people • mai 2020 • 66 •
Supposée accueillir Sting et 35 000 festivaliers en juin prochain au Printemps de Pérouges, la plus importante manifestation culturelle du département de l’Ain, Marie Rigaud encaisse le coup de l’annulation des festivals de l’été et se concentre déjà sur l’avenir. Frustrée mais lucide, elle préfère y voir « une leçon de sagesse » et d’humilité collective. Propos recueillis par Morgan Couturier - Photos © Sandrine Thesillat - Blain Claussen - Fabrice Schiff et DR
C
omment vivez-vous le confinement à titre personnel ? Je suis confinée chez moi, à la campagne avec mes deux filles et ça se passe plutôt dans la bonne humeur. On vit la situation avec respect strict et humilité. Ce moment est grave et il ne faut pas le prendre à la légère. Ça swingue parfois à la maison, et il faut se réadapter à une vie familiale totale, en immersion, du matin au soir, avec un certain instinct grégaire. Pas toujours simple, mais dans le fond, on se recentre sur l’essentiel et on développe notre créativité. Rester à la maison, ça a du bon aussi. Etes-vous accro à l’info en ce moment ? Je suis beaucoup l’actualité et notamment internationale. Ce qui se passe est autant effrayant que passionnant. La planète à l’arrêt par la faute d’un minuscule virus dévastateur, il y a de quoi disserter, philosopher, réfléchir. Et puis cette solidarité et fraternité que l’on peut sentir dans chacun de ces petits actes qui s’organisent depuis des semaines, comme les applaudissements de 20h, les entreprises qui redistribuent et aident à la logistique de ceux qui œuvrent encore sur le terrain. Et bien sûr cette compassion totale que nous avons pour les soignants, les pompiers, et tous ceux qui sont en première ligne. Quel sentiment cette crise vous inspiret-elle ? Nous vivons là une page majeure de notre histoire contemporaine, à l’échelle du monde, qui laissera des traces et influera sur de nouveaux comportements et notamment lors des prochains rassemblements que nous pourrons faire… mais qui sont encore lointain… je pense.
petit peu de temps, c’est l’occasion de mettre des playlists en famille. Mes filles, Ashley et Quitterie, écoutent aussi beaucoup de musique, donc c’est une bonne occasion pour chanter et faire pas mal de vidéos où je mets en scène mes filles sur les sujets du confinement. C’est assez rigolo. On revient à une vie familiale basique et on y prend plaisir. L’annulation des festivals d’été est désormais officielle. Quelle est votre réaction ? Pour suivre l’actualité de près depuis plusieurs semaines, il était illusoire et irresponsable d’imaginer que l’on puisse se rassembler aussi vite. C’est une immense frustration bien sûr pour l’ensemble de l’équipe de ne pas accueillir de public et d’artistes. La finalité de notre métier, c’est l’idée du rassemblement, un sujet qui, aujourd’hui, nous manque déjà cruellement. Mais c’est une nécessité et nous le pressentions bien. Tout votre environnement artistique est impacté… Cette crise sanitaire, sans précédent, nous touche tous et nous effraie aussi. Ça nous ramène à notre vulnérabilité et à la case départ, en quelque sorte. Je pense aussi surtout à l’ensemble des acteurs avec lesquels nous collaborons, nos partenaires qui sont aussi dans cette tourmente économique, nos prestataires et fournisseurs très impactés également, nos bénévoles, les intermittents du spectacle. C’est un « petit monde » qui se met en sommeil avec son lot
de frustration, mais au-delà de ce sentiment naturel de déception, nous devons prendre soin avant tout de notre public. La santé publique est maître et fixe le timing, c’est bien normal. L’évènement était prévu du 11 au 28 juin. Aviez-vous l’espoir quant à son maintien ? Depuis plusieurs semaines, ça n’était vraiment pas réaliste de remixer les populations alors que l’épidémie est encore en pleine expansion, et qu’aucun outil de protection ou presque n’est mis en place à l’heure où l’on se parle. Ne soyons pas égoïstes, nous les organisateurs d’événements, même si on est évidemment contrariés avec tout ce que cela va induire. Ne soyons pas uniquement centrés sur nos business et soyons réalistes, on ne va pas pouvoir se réunir demain pour faire une fête qui ne serait pas responsable. Et on ne va pas pouvoir se réunir massivement et avant longtemps. Pas tant que covid 19 met la Terre à l’envers, la planète à l’arrêt ou quasi. Un report plus tard dans l’année serait-il envisageable ? Le report de certaines dates est une option possible. Mais c’est une histoire de jeux de mots. On ne souhaite pas pour l’heure parler d’annulation totale mais plutôt d’un report de festival. Ça voudrait dire qu’on reste en sommeil jusqu’en 2021. Pour 2020, on voulait également mettre en place notre cabaret prévu avant la fin de l’année et dès que les rassemblements seront à nouveau autorisés.
Vous êtes une grande amatrice de musique. Vous permet-elle de mieux vivre la contrainte du confinement ? Je n’ai pas le temps de trouver le temps long. J’ai deux jeunes enfants à la maison donc ça occupe bien la journée du matin au soir, sans véritable temps-morts. Il n’y a pas de place pour l’ennui. C’est aussi une histoire de tempérament. Lorsque j’ai un
Le festival a d’ores et déjà obtenu un report pour le concert de Sting (initialement prévu le 25/06) : le rendez-vous est pris le 30 juin 2021 au Polo Club de la Plaine de l’Ain, à l’occasion du 25e anniversaire du festival. •
67 • mai 2020 • lyon people
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DOSSIER CORONAVIRUS
Marie et ses sœurs, chevilles ouvrières du festival
Quel est le concept de ce cabaret ? « The Blonde Circus » nous met en scène mes sœurs et moi, en mesdames loyales, entourées de circassiens, et de musiciens live. Une revue sur mesure entre cabaret, cirque, et sous forme d’un dîner-spectacle. Pendant le confinement, ça peut presque se travailler, donc si on peut se réunir dans l’année, on a toujours cette option de monter notre chapiteau de cirque et de présenter ce diner-spectacle. Cela aura le mérite de ne pas se perdre de vue, réunir public et partenaires avant la fin de l’année et peut-être même se faire un big hug ! Depuis 24 ans, le festival participe à la dynamique de Pérouges et de la plaine de l’Ain. Quelles sont les conséquences de cette annulation ? Sur la ville, aucune, parce que nous sommes complètement indépendants, mais ça aura évidemment des conséquences sur notre association. On fait partie des festivals quasiment pas subventionnés, donc à 95% indépendants. C’est donc lourd de conséquence pour nous. Comment allonsnous tenir jusqu’en 2021 ?
lyon people • mai 2020 • 68 •
DES MASQUES AUX COULEURS DU PRINTEMPS DE PÉROUGES, EN VENTE EN LIGNE. Quel est le manque à gagner pour votre structure ? C’est une année blanche qui s’annonce et ça va être compliqué économiquement, c’est certain. Je ne peux pas vraiment parler de chiffres, mais ce que je sais, c’est que l’on va essayer de monter un fond de soutien complètement local, et de cibler notre réseau. Il y a un hashtag qui s’est créé en Italie,
#jenemefaispasremboursermonbillet, et à l’image de ce projet, il va falloir que l’on imagine des solutions de soutien. On va peut-être monter un merchandising sur notre site par exemple, avec le lancement d’une ligne de masques, plus nos sweets, nos t-shirts qui n’auront pas été vendus. L’heure est à la solidarité plus qu’à la division. Le public aurait-il droit à une double dose de concerts en 2021 ? C’est possible. 2021 est une année fléchée pour nous. L’année prochaine, nous fêtons nos 25 ans. C’est important. On était déjà en train de préparer une année un peu symbole et un peu forte. On risque d’avoir du temps d’avance, alors on pourra déjà se mobiliser sur un 25e anniversaire qui sera d’autant plus retentissant. 2021 sera vraiment l’année « libérées, délivrées (rires) ! » On y est déjà à vrai dire et l’on va avoir le temps d’y penser et d’y travailler...
URGENCE Covid-19 Collecte d’urgence AGIR CONTRE LE CORONAVIRUS Depuis l’appari�on du Covid-19, les équipes des Hospices Civils de Lyon sont en première ligne dans la ges�on d’une crise sanitaire sans précédent. Dans ce�e course contre la montre, soignants et chercheurs ont besoin de vous.
Devenez acteur d’une chaîne de solidarité sur votre territoire : agissez, faites un don.
La Fonda�on HCL est reconnue d’u�lité publique Tél. 07 89 83 03 91 I fonda�on.hcl@chu-lyon.fr
fonda�onhcl.fr
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DOSSIER CORONAVIRUS
L’ALBUM DES LYONNAIS en mode confinement
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epuis le mardi 17 mars à midi, les Lyonnais sont contraints de rester chez eux pour respecter les mesures de confinement imposées par le gouvernement. Nous leur avons demandé de nous envoyer leur photo « confinée ». Merci à toutes et tous pour votre participation. L’opération se prolonge jusqu’à fin avril. Début mai, vous pourrez voter en ligne sur lyonpeople.com pour désigner votre photo préférée. Les auteurs des 3 photos ayant récolé le plus de votes seront récompensés. MP - Photos DR
> VOTEZ <
POUR VOTRE PHOTO PRÉFÉRÉE sur lyonpeople.com
Damien B nous donne rdv au 6ème rallye des gones Lyon, du 10 au 12 juillet pour le calendrier des plus belles photos en scooter
lyon people • mai 2020 • 70 •
PARTIE
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« Aujourd’hui, pour nous aider à la régulation, dans la lutte contre la #COVID19, nous recevons l’aide précieuse du docteur Georges Képénékian. Bravo et Merci. » Samu 69 sur twitter
Gigot confiné pour Pascal
Cot
Léane, Sacha et André Perez
Le Choochoo et le F&K en livraison de sushis chez les pompiers de la caserne Corneille
Pour Michel Janin Bailly, la pêche, toujours le pêche, en Dombes, bien sûr ! •
71 • mai 2020 • lyon people
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L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS Menphis Depay poursuit sa rééducation Anniversaire confiné pour Olivier Lardin
Gaétan Muller, chocolatier maison
lyon people • mai 2020 • 72 •
Julien Smati en ligne avec les séniors de Rillieux
Même en sabot, Françoise Pupier Sibilia travaille sur la reprise du travail aux restaurants de la rue Mercière et de Limonest
RENDEZ-VOUS EN SEPTEMBRE ! REPORT 16 et 17 septembre à 20h30
RENAUD CAPUÇON VIOLON
& KIT ARMSTRONG PIANO
Intégrale des Sonates pour violon et piano de Beethoven Nous espérons vous retrouver nombreuses et nombreux dès le mois septembre salle Molière pour la reprise de belles aventures musicales et pianistiques avec : ANNE QUEFFÉLEC, GAUTIER CAPUÇON, KHATIA BUNIATISHVILI, MARTHA ARGERICH, RENAUD CAPUÇON, MICHEL DALBERTO, NIKOLAÏ LUGANSKI, SÉLIM MAZARI, LE QUATUOR MODIGLIANI, NELSON GOERNER, NICHOLAS ANGELICH, DAVID FRAY, SEONG-JIN CHO… Plus d’informations sur notre vite internet www.pianoalyon.com.
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L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS
De retour de Tenerife, le gendarme Gamel poursuit son confinement a Neuville. « Tout n’est pas mauvais dans Le Corona ! »
L’aquabiking, Christian Jamond n’a rien trouvé de mieux en période d’aquafinement...
Laurent Pardo, assistant manager pour les brasseries Bocuse, campe au Groupama Stadium
Pour Sandra, c’est le pied à Lyon 5 lyon people • mai 2020 • 74 •
> VOTEZ POUR VOTRE PHOTO PRÉFÉRÉE sur lyonpeople.com
Les clowns hospitaliers lyonnais de l’association VIVRE AUX ECLATS, confinés en famille et en carton en attendant de pouvoir retrouver les patients et soignants dans les établissements de soins de Lyon et de la région lyonnaise.
Sollicitée par le Médipôle Lyon Villeurbanne, la Maison Cellerier a immédiatement accepté d’apporter sa contribution au personnel soignant. « Nous nous sommes mobilisés pour produire et offrir à l’équipe des soins intensifs et service réanimation quelques spécialités. Pâtés en croûte, fromages, madeleines, pâtes de fruits, confitures, assortiments de chocolats ont été livrés. Un peu de réconfort avant ce week-end de Pâques pour les équipes médicales qui se relaient et travaillent sans relâche pour assurer la santé de tous ». Bravo à Joel et Louis, nos charcutiers qui ont fabriqué plus de 10kgs de pâtés en croûte et aux équipes Cellerier, qui ont pu rendre cette action solidaire possible.
Apéro balcon chez Sandra Buteau Besle
Léon en stage de skate à la Datcha avec son coach Marco. S’il gagne le concours, son panier garni sera offert aux employés de la SPA •
75 • mai 2020 • lyon people
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L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS
Le groupe DCB International est fier d’avoir mis son avion Cirrus SR22 basé à LyonBron, à la disposition de l’association « Aviation sans Frontières » pour des missions sur le territoire au profit du monde médical qui se bat courageusement contre le Covid19. Novembre 609 Sierra quitte son confinement douillet du H8 pour monter au front...
EN MODE SELFIE Stéphane Pelletier (Le Broc Bar)
Delphine Rea à la Croix-Rousse Arlette Hugon (Bouchon Chez Hugon) lyon people • mai 2020 • 76 •
dossier spécial
GOLF & GASTRONOMIE
en Dombes Au sommaire :
SORTIE JUILLET 2020
LES DOMAINES ET LEUR RESTAURANT Golf de la Bresse Golf du Clou Golf du Gouverneur Golf de Mionnay Golf de la Sorelle
PATRIMOINE
Actualité patrimoniale de la Dombes (Châteaux, domaines...)
CULTURE
Les temps forts de la saison d’été 2020 en Dombes
NATURE
Les Promenades autour des étangs
EN PARTENARIAT AVEC DOMBES TOURISME ET AIN TOURISME Vous souhaitez communiquer dans cette édition spéciale
RÉSERVEZ VOS EMPLACEMENTS DÈS MAINTENANT contact@lyonpeople.com
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L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS Le MOF fromager Christian Janier et le chef Alain Alexanian au coude à coude chez Bahadourian pour préparer des repas pour le personnel soignant de l’hôpital Saint Joseph - Saint Luc.
Le journaliste Philippe Lecoq en mode poussette
Monsieur Bidule est un super touriste, mais, en temps normal, il vit à Caluire et Cuire. Monsieur Bidule est un projet artistique de Romuald & Pj. Le postulat est : une photo par jour postée sur les réseaux sociaux, cela depuis 5 ans.
L’animateur radio Christian d’Aubarède, peintre en bâtiment à Feyzin ! C’est aussi cela l’effet Covid
Les skylanders sur la colline (Noé & Nans) - Lyon 5 lyon people • mai 2020 • 78 •
> VOTEZ <
POUR VOTRE PHOTO PRÉFÉRÉE sur lyonpeople.com
Le fleuriste Franck Hernandez ne chôme pas. Il s’est attelé à la peinture du mobilier de la boutique et à la préparation du nouveau décor.
Marilia en train de repêcher le doudou que sa fille de 20 mois a jeté depuis le balcon sur la casquette du rdc... « J’ai dû fabriquer la canne à pêche avec des écharpes et balai... Une amie du bâtiment en face a pris la photo pour moi... »
Depuis le début du confinement, les équipes de l’Epicerie Comptoir Mère Brazier apportent leur soutien au personnel soignant des hôpitaux en leur livrant des plats. Merci à eux pour leur courage quotidien !
Notre directrice de clientèle a pu avancer son roman… avant de reprendre contact avec les annonceurs de Lyon People. Elle est à votre écoute !
Annie S en mode apéro paillotte •
79 • mai 2020 • lyon people
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L’ALBUM DES LYONNAIS CONFINÉS
Pénurie de masques, heureusement pour Gamel, il lui reste ses droits d’auteur de 2007...
Lyon déserte vue du ciel grâce au drone du photographe Guillaume Perret piloté par Guillaume
Joanna Novak, place des Jacobins, Lyon 2 : « Prenez soin de vous et restons confinés et solidaire »
Claude Barbet (Café de la Gare) assailli de questions existentielles. Il ne fallait pas que le confinement dure plus longtemps...
lyon people • mai 2020 • 80 •
Ses bus sont à l’arrêt, Benoit Licour a du se mettre au jogging. Ici sur le pont Maréchal Juin
Serge Tonioni, très confi...pote !
Fabrice Bonnot cuisine pour sa famille ! Le top !
Guy Bardel : « En tant qu’ancien cuisinier, malgré le handicap de mon bras droit, je me débrouille pour faire un peu de cuisine classique ; en suite je suis l’actualité du jour à la télé, puis lecture des magazines Lyon people retraçant les soirées et surtout l’annuaire des 500 personnalités lyonnaises ».
Isabelle Bernard (OL Féminin) en plein nettoyage des tuiles sur le mur de sa propriété de l’Ain. « Seule et en plein vent, j’ai opté pour un masque pour les yeux car la poussière vole ».
VOTEZ !
Aux dernières nouvelles, tout va bien pour Marco, parti enquêter sur la piste du Coronavirus.
Merci pour vos envois. Vous pouvez voter pour votre photo préférée sur notre site lyonpeople.com Les résultats seront publiés dans notre magazine de juin. < De très beaux paniers garnis à gagner... •
81 • mai 2020 • lyon people
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PEOPLE EVENTS
LES JOLIES SORTIES & BELLES RENCONTRES
de
Françoise Petit
MOIS par moi
francoise.petit@lyonpeople.com
Photos © FP CULTURE
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l y avait une légitimité à piloter une exposition sur Antoine de Saint-Exupéry en PACA. Les racines provençales de sa mère, Marie Boyer de Fonscolombe, le château de la Môle, la Méditerranée sa dernière demeure et autres événements marquants ont donné des ailes à la municipalité de Roquebrune-surArgens. Grâce à la pugnacité de Stéphanie Dahan (service patrimoine), de Martine Vieu de Girard (Association PHACI), ce rendezvous avec l’histoire rassemblait archives, objets et témoignages rares. C’est au Val d’Esquières, quartier littoral des Issambres qu’un lieu dessiné comme une piste aux étoiles accueillait temporairement (confinement oblige) le destin inoubliable de l’aviateur légendaire. Construit en 1933 par Pierre Barbe, ce fameux lieu fut de longues années un dancing ancré dans le sable avec vue exceptionnelle sur le golfe de Saint-Tropez. À l’époque ce petit paradis azuréen attirait la jet set parisienne (artistes, intellectuels, politiques, sportifs) constituant un vivier de célébrités. Devenue patrimoniale, la Batterie s’ouvre désormais aux saisons culturelles liées à l’ADN de son lyon people • mai 2020 • 82 •
environnement. « St Ex », programmé pour deux mois s’est retrouvé — COVID oblige — sans public pendant quinze jours. L’œuvre humaine et littéraire de ce merveilleux fou volant avait de quoi séduire ceux qui ont pu voir, malgré tout, cette exposition grâce notamment au prêt du musée archéologique de Saint Raphaël et à la collection privée de Michèle de Castro. Cette Lyonnaise qui avait obtenu la licence pour éditer les foulards « Petit Prince » continue à tisser des liens avec l’univers d’un héros porté par la famille d’Agay. C’est officiel, « Le Petit Prince du Sud » vient de quitter la Batterie et le rivage des Issambres. On imagine qu’il pourrait remonter la vallée du Rhône avec Franck Béjat qui l’installerait dans sa De Soto pour une destination nostalgie : le château de Saint-Maurice-deRémens racheté par la Région Auvergne Rhône-Alpes ! L’histoire continue. 120 ans après sa naissance, Antoine de Saint-Exupéry ne cesse de susciter l’admiration. Ce n’est pas François d’Agay, son neveu toujours vivant qui s’opposera à cet hommage permanent.
s é g a g n e Restons S !
© HEURE D’ÉTÉ
E L L E R POU
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DIMANCHE 17 MAI courirpourelles.com
EN PARTENARIAT AVEC
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PEOPLE EVENTS
OULLINS
Inauguration
LOVELY MINCEUR
Nelly Deschamps (Lovely Minceur) et Annie Meunier
Repris en décembre 2019 par Corinne Machefert, l’ex-Centre Minceur Oullins s’est offert une cure de jouvence, avec une nouvelle dénomination et une décoration revisitée. Un changement d’ores et déjà validé par les clients.
A
ndré Maurois ne s’était pas trompé, « tout compliment est une caresse », une manière de se rassurer, à plus forte raison lorsque l’on entreprend de lourds changements. Corinne Machefert appréciera donc sûrement ces caresses verbales, nombreuses à avoir été formulées à l’occasion de l’inauguration de son institut Lovely Minceur, nouvelle appellation de l’exCentre Minceur Oullins acquis l’hiver dernier. « C’est beau, dynamique et très agréable », ainsi furent les nombreuses réactions des clientes et clients présents, admiratifs devant la nouvelle décoration du lieu, de son nouvel emblème et de son mobilier, propice à mettre en valeur les différents
soins prodigués (Cryolipolyse, pressothérapie, enveloppement, balnéothéraphie, ndlr) et les dernières acquisitions de la directrice, avec, en premier lieu, le très envié Accent Prime. Exclusivité lyonnaise, cette machine développée par Alma utilise la technologie la plus puissante au monde pour remodeler la silhouette, le tout au prix d’une « synergie entre les meilleurs procédés d’ultrasons et de radiofréquences ». L’essayer, c’est l’adopter. Avec cela, Lovely Minceur porte bien son nom. 8, rue Etienne Dolet - 69600 Oullins Tél. 04 78 50 44 12
Margaux Darai (Izi Event) et Corinne Machefert (Lovely Minceur)
Michele Lagrange, Corinne Machefert et Mélanie Rousselet (Lovely Minceur)
Texte : Morgan Couturier - Photos © Fabrice Schiff
CE REPORTAGE A ÉTÉ RÉALISÉ AVANT LES MESURES DE CONFINEMENT
Karine Dussud et Adeline Zanatta (Lovely Minceur) Christiane, Mélanie Rousselet (Lovely Minceur) et Michèle
Corinne Machefert et ses collaboratrices (Lovely Minceur)
Eliane Naville et Nelly Deschamps (Lovely Minceur) Pascal Machefert et son épouse Corinne (Lovely Minceur)
Corinne Machefert (Lovely Minceur) et Bernard Goret (Newtree Café)
La mairie 100% Lovely
Sophie Gennati, Sandrine Achour (Lovely Minceur) et Ghislaine Alzina
lyon people • mai 2020 • 84 •
Valerie Michelin (Alma France), Corinne Machefert (Lovely Minceur) et Elric Mallet (Alma France)
É T I R A CH
Conception : alteriade • Photo DR : fotolia / emptyglass
É É N N O D R O N E I B E C N E M COM E M Ê M I PAR SO
S E R T U A LES Déductions fiscales IFI, IR, IS
Basée à Lyon, la Fondation Saint-Irénée s’engage chaque jour en finançant et en accompagnant des initiatives dans les domaines de la solidarité, de l’éducation, de la communication et de la culture. Transformez votre impôt en un don puissant au service de projets qui mettent l’homme au cœur de la société.
www.fondationsaintirenee.org • 04 78 81 48 61 Donnons l’essentiel
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RUBRIQUE CARNET MONDAIN
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DISPARITIONS Dans nos intentions de prière Madame Lyliane Reine Anaf, maman du commissaire-priseur Jean-Claude Anaf ; Madame Jacqueline Frachon ; le colonel Jacques Homar ; Monsieur Claude Rey Coquais ; Monsieur Bernard Dalmas, délégué VMF de Haute Savoie de 1991 à 2003 ; Madame Florence de Mourgues (1) ; Madame Martine Fouque ; le docteur Charles Neyron de Saint Julien ; Monsieur Pierre Souvignet (lire page 38) ; Madame Marie-Claude Balas ; Monsieur Marcel Daronnat, papa du pharmacien Bruno Daronnat ; Monsieur Matthieu Roiret (2) ; Monsieur Henri Sarlin et Monsieur Claude Abitbol (ci-contre). Nous assurons leur famille et leurs proches de toute notre affection.
ADIEU AU PEINTRE MICHEL BIOT Né le 11ème d’une famille de médecin qui a eu 13 enfants, Michel Biot voit le jour le 10 mai 1936 à Lyon. Peintre de la nature (sable du désert, océans des abysses, souffle des nuages), il exposait Galerie Malaval à Lyon et est présent dans la collection Grandville au Musée de Dijon. Michel Biot est décédé le 24 avril 2020 d’une trop longue maladie. À Anne Tiddis-Biot, sa compagne, nos condoléances attristées. BG
DISPARITION DE CLAUDE ABITBOL
NOMINATIONS
Fondateur des Voyages Marietton
CRÉDIT MUTUEL
Texte : Christophe Magnette - Photo © DR
Philippe Maisonneuve qui assumait jusqu’à présent la direction de la Caisse Maréchal Lyautey (Lyon 6) — présidée par Jacques Leval — prend de nouvelles fonctions au sein du Groupe. Denis Duchesne lui succède.
MANIFESATIONS CARITATIVES COURIR POUR ELLES… À LA MAISON La course contre les cancers féminins devait avoir lieu dimanche 17 mai au parc de Parilly. En raison du contexte actuel, le rassemblement de près de 20 000 coureuses est maintenu dans des conditions très originales... à travers un live. « Notre solution a été de créer un événement connecté, où chacun peut nous rejoindre de chez soi, pour partager un moment sportif dans la bonne humeur et la convivialité », assure son organisatrice Sophie Moreau. Mais avant d’être une course, Courir pour elles est avant tout une association, soutenant depuis 2009 les femmes en soin, tout en prévenant le cancer par la promotion du sport. « Il était impossible pour moi d’annuler cet événement d’amour malgré les nombreuses incertitudes qui persistent. Il faut que les femmes continuent à se mobiliser et les hommes aussi ! ». Car oui, cette nouvelle édition pourra accueillir en exclusivité des participants masculins du fait de sa virtualité. Plus d’excuses, donc, pour se rallier à cette action au grand cœur ! Inscriptions en ligne : www.courirpourelles.com
BROCANTE AJD Pour faire suite aux nouvelles directives communiquées dans le but d’enrayer l’épidémie de coronavirus en France, la Fondation AJD a jugé plus prudent de reporter sa 53ème brocante solidaire, initialement prévue les 5 et 6 avril, aux 6 et 7 juin. lyon people • mai 2020 • 86 •
C
’est une figure du monde économique lyonnais (et bien au-delà) qui disparaît : malheureusement atteint par le coronavirus depuis plusieurs semaines, Claude Abitbol, 81 ans, a rendu son dernier soupir, dimanche 3 mai 2020 en toute fin de soirée, entouré de son épouse Maguy et ses trois enfants, Laurent, Stéphane et Arnaud. Un moment douloureux sur lequel Laurent Abitbol appose des mots simples : “Notre père est parti dans nos bras, entouré de sa famille.” Un père, un mari mais aussi un professionnel du tourisme, un visionnaire qui laissera une trace indélébile. “Il y a encore un mois, il œuvrait, rue Moncey, dans son agence Marietton de la Part-Dieu”, précise Laurent. Marietton Développement ? Aujourd’hui premier groupe indépendant de tourisme en France avec son milliard et demi de prestations annuelles vendues (avant la pandémie), le groupe a été créé le 27 novembre 1967, rue Marietton (dans le neuvième arrondissement de Lyon), par Claude Abitbol et son frère, Gilbert (disparu en février 2015). En assurant la suite de son père et de son oncle, Laurent Abitbol et ses frères ont — depuis — fait de l’officine familiale un mastodonte incontournable en matière de tourisme. Président de Marietton Développement donc, mais aussi d’Havas Voyages et Selectour (coopérative de 1 200 agences), Laurent Abitbol est aussi à la tête d’Helliade, de la moitié de Solea, de cinq cents agences (plus une centaine de corners Auchan Voyages), trois tours opérateurs (dont Voyamar et Ailleurs), sans compter les séjours distribués à travers différentes marques (Havas Voyages, Selectour, Carrefour et Auchan Voyages). Encore directeur de l’entité familiale il y a quelques semaines, Claude Abitbol aura vogué toute sa vie sur les flots d’une vie entrepreneuriale et familiale réussie. L’équipe de Lyon People adresse ses sincères condoléances à l’ensemble de la famille ainsi qu’à leurs nombreux amis.
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