Cuisine
Ouverte ou fermée ?
WeB Architecture
Jeux d’angles
Hollerich
Au carrefour des changements
Schläifmillen Sauvée par les artistes
Serrures et sécurité
4 Zone Industrielle L-9166 Mertzig • T 88 80 84 • besenius.lu
Planification et mise en œuvre de systèmes de contrôle d’accès de toute taille Pour les constructions neuves comme pour les rénovations Systèmes online et offline (partenaire dormakaba) • De nombreuses années d’expérience Conversion de systèmes mécaniques en systèmes électroniques Support et maintenance du système • Expertises et conseils professionnels Photo : dormakaba c-lever pro
Atelier de ferronnerie
1 Zone Industrielle L-9166 Mertzig • T 88 81 10 1
wunnen 71 EN COUVERTURE La cuisine ouverte est un lieu de vie et d’échanges, comme le prouvent le jeune Malik et sa mère Ruth, nos modèles sur la couverture. ›› Photo : P. Lobo DIRECTEUR DE PUBLICATION Jean-François Zimmer RÉDACTEUR EN CHEF Paulo Lobo
L’ARBRE, PUIS LE CAFÉ Je commence par dessiner un arbre. Il est là tout seul, sur la
ONT COLLABORÉ À LA RÉDACTION Davide Galluccio, Maître Amanda Thiry PUBLICITÉ Tél. (+352) 661 899 998 - pub@luxedit.lu PHOTOS Paulo Lobo
feuille de papier, sans ciel, sans terre, il s’ennuie ferme, même pas un petit souffle de vent pour faire frémir ses
DIRECTEUR ARTISTIQUE Philippe de Gruiter
branches.
MISE EN PAGE Almathea Consulting sàrl, Luxembourg www.almathea.lu
Autour de lui, je trace une rue. Deux traits, de part et d’autre. Et puis aussi deux rangées de maisons, c’est facile à faire. Pour convoquer la
PRINT MANAGEMENT Luxedit Sàrl, Luxembourg
nuit, je rajoute un lampadaire.
TIRAGE 11.000 exemplaires ÉDITEUR Luxedit sàrl 275, rue de Luxembourg L-8077 Bertrange
Éditorial
Photo : Joel Lobo Zhingri
février / mars 2021
Tél : (+352) 26 38 93 12 Fax : (+352) 26 38 93 13 Mail : info@luxedit.lu www.luxedit.lu
Luxedit sàrl, société éditrice du magazine Wunnen, est détenue à 100% par Jean-François Zimmer, éditeur indépendant domicilié au Luxembourg. La direction générale et la gestion journalière relèvent de la responsabilité de Jean-François Zimmer. © Luxedit 2021, tous droits de reproduction réservés INTERNET
L’arbre sourit, il est content, il fait partie d’un cadre désormais. Dans cette même rue, j’imagine un café, je vois sa belle devanture chatoyante, je vois ses lumières allumées à l’intérieur, j’ai envie d’entrer. Je pose mon crayon et poursuis mon songe dans ma tête. Je franchis la porte d’entrée. Le café grouille de monde. Il y a un bruit de vie, de conversations, de rires et d’exclamations. Les gens sont assis aux tables et debout devant le comptoir, en train de boire et de parler.
www.wunnen-mag.lu www.facebook.com/wunnen.magazine
J’avance de quelques mètres et je m’arrête près du juke-box. Je me
@wunnenmag
sens bien, comme dans un rêve. Ah oui, je suis dans un rêve. Quelqu’un
@WunnenMag
m’attend-il à une table, pourquoi est-ce que je suis ici, d’où est-ce que je viens, je ne me souviens de rien. Est-ce vraiment important ?
ABONNEMENTS & ANCIENS NUMÉROS Abonnez-vous à Wunnen pour un an (5 numéros pour 30 €) et commandez les anciens numéros sur www.wunnen-mag.lu ou en nous renvoyant le formulaire suivant ainsi qu’une preuve du paiement sur le compte IBAN BIL LU24 0024 1861 5910 3900 au nom de Luxedit sàrl. Les sommaires de chaque numéro peuvent être consultés sur notre site Internet www.wunnen-mag.lu Nom :...................................................................................................... Prénom :................................................................................................ Adresse :................................................................................................
Dans l’air, il y a l’odeur de café et de croissants chauds. Une musique faite de quelques notes lancinantes enveloppe l’espace. La vision est éphémère mais savoureuse. Je la prends pour ce qu’elle est, l’instantané d’une sensation passée. ›› Paulo Lobo Rédacteur en chef p.lobo@wunnen-mag.lu
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OMMAIRE S
16 Tram de nuit
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ACTUALITÉS
6 · Spotlight : le tram sur le pont
8 · Actualités
16 · Tram de nuit 20 · Portraits de jeunes gens dans l’espace public
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22 · Résultat de l’appel à projets - Source Bel-Val 24 · Fortific(a)tions : une bande dessinée au service de l’histoire
Julie, instagrameuse - @les_duchesses
26 · Une déclaration d’amour à un quartier 28 · Un manuel pratique sur l’évaluation immobilière 31 · Livres 32 · Exposition Ready. Set. Design.
MAGAZINE
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Cuisine ouverte contre cuisine fermée
34 · La Wiggle Chair de Frank Gehry : un clin d’œil à l’anti design 36 · Julie, instagrameuse - @les_duchesses
PRATIQUE 40 · Déco 48 · Cuisine ouverte contre cuisine fermée 56 · Fenêtres 58 · Ce printemps, libérez l’outdoor qui est chez vous !
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62 · L’escalier en colimaçon 64 · Chauffage au bois 68 · Étanchéifier la salle de bains
Une maison étonnante à Ehnen
70 · L’assurance tous risques chantier 72 · Questions juridiques
REPORTAGES 74 · Hollerich
94 Schläifmillen, l’art à la rescousse du patrimoine
84 · WeB Architecture : une maison étonnante à Ehnen 94 · Schläifmillen, l’art à la rescousse du patrimoine 106 · A retenir dans ce numéro
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Actualités
Spotlight Le tram sur le pont
Après son inauguration le 13 décembre, la liaison du tram depuis la place de l’Etoile jusqu’à la gare centrale a immédiatement été couronnée d’un grand succès. Grâce à cette nouvelle ligne qui traverse le centreville, les voyageurs disposent, non seulement d’un nouveau moyen de déplacement, mais aussi d’une nouvelle façon d’expérimenter la ville, de la regarder et de la ressentir. Eminemment photogénique, le tram est l’élément qui manquait pour parfaire l’image de Luxembourg-ville en tant qu’agglomération cool et en phase avec son époque. ›› Photo : Tom Christophory
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Spotlight : le tram sur le pont Le tram sur le pont
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Actualités
Betic Ingénieurs-Conseils ouvre un deuxième bureau à Wiltz Le bureau d’Ingénieurs-Conseils Betic a ouvert de nouveaux locaux dans le nord du pays, à Wiltz. Cette seconde localisation, complémentaire aux bureaux actuels de Dippach, accueille huit collaborateurs depuis le 1er décembre. Avec cette ouverture, l’entreprise franchit un nouveau cap stratégique, avec pour objectifs de renforcer la proximité avec ses clients, en assurant une plus grande réactivité sur les projets situés dans le nord du pays, et aussi de répondre à de nouvelles ambitions en termes de ressources humaines et de développement commercial. Pour conserver le lien entre l’équipe, les locaux sont aménagés en Flexdesk. Chaque collaborateur peut effectuer ses missions dans chacun des bureaux. Les collaborateurs sont pleinement équipés en matériel informatique nomade (laptop, tablette, GSM) et ils peuvent retrouver leur environnement de travail dans une configuration optimale dans n’importe quel lieu : bureaux à Wiltz ou à Dippach, chantiers, locaux des clients ou domicile. L’aménagement mobilier contribue à créer une ambiance calme et détendue, propice aux échanges et favorisant la cohésion d’équipe. En créant des espaces cosy et des lieux intimistes et conviviaux, sans remettre en question l’open-space, Betic Ingénieurs-Conseils propose notamment dans ses bureaux de Wiltz une nouvelle dynamique de travail à ses collaborateurs. Les locaux ont été aménagés sans extravagance pour proposer une ambiance chaleureuse, afin que chacun se sente « comme à la maison ». ›› Photos : Marie De Decker
Prolongation des aides « PRIMe House » jusque fin 2021 En date du 22 janvier 2021, le Conseil de gouvernement a adopté un projet de règlement grand-ducal prolongeant le régime d’aides financières « PRIMe House » jusqu’au 31 décembre 2021, sous les conditions et modalités actuellement en place. Un régime d’aides financières réformé prendra la relève pour les projets initiés audelà du 1er janvier 2022. Sont visées par cette prolongation également les aides pour la rénovation énergétique durable ainsi que les aides pour la promotion des systèmes de chauffage basés sur les énergies renouvelables, substantiellement revues à la hausse dans le cadre du programme « Neistart Lëtzebuerg ». Ce programme a été lancé par le gouvernement à la sortie du confinement du printemps 2020, avec comme double objectif de contribuer à la relance économique et de renforcer les efforts du Luxembourg en matière de lutte contre le changement climatique. Sous réserve de la finalisation de la procédure réglementaire, le régime 8
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d’aides financières s’appliquera aux investissements et services suivants : Nouveaux logements durables Sont visées les nouvelles constructions pour lesquelles l’autorisation de bâtir est demandée au plus tard le 31 décembre 2021. Les travaux devront être réalisés au plus tard le 31 décembre 2024 (date de la facture). Assainissement énergétique durable Sont visés les projets de rénovation pour lesquels la demande d’accord de principe est introduite au plus tard le 31 décembre 2021. La majoration de 50% du programme « Neistart Lëtzebuerg » s’appliquera aux travaux et services réalisés au plus tard le 31 décembre 2023 (date de la facture) : l’assainissement des différents éléments de construction de l’enveloppe thermique du bâtiment, la mise en place de la ventilation mécanique contrôlée et le conseil en énergie.
Installations solaires thermiques, pompes à chaleur, chaudières à bois et raccordements à un réseau de chaleur Sont visées les installations commandées au plus tard le 31 décembre 2021. La majoration de 25% du programme « Neistart Lëtzebuerg » s’appliquera aux investissements réalisés au plus tard le 31 décembre 2023 (date de la facture). Installations solaires photovoltaïques Sont visées les installations pour lesquelles la facture est établie au plus tard le 31 décembre 2021. Un régime d’aides financières réformé prendra la relève pour les projets initiés au-delà du 1er janvier 2022. ›› www.myenergy.lu
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Actualités
Un cadre riche en sensations Ouverte depuis l’automne dernier à Esch-Belval, la nouvelle agence commune d’Inowai et de Lalux a été conçue par le bureau Belvedere Architecture. Le design des ambiances a été élaboré par Nathalie de Smedt, interior design consultant. Le projet a été réalisé en étroite collaboration avec Geoffrey Castagna, technical & project manager chez Inowai. L’objectif était de créer un espace unique et stylé, un lieu de travail et d’accueil tout autant qu’un lieu de bien-être. La structure a une double fonction : il s’agit d’accueillir les collaborateurs des deux agences et leurs clients dans un cadre feutré et chaleureux, tout en préservant le caractère confidentiel qui entoure naturellement les services proposés. La plus grande partie de l’espace est occupée par l’agence Inowai. A l’étage, l’agence Ali & Meris de Lalux a pris place dans un espace délimité par de grandes cloisons vitrées. En prise directe avec
Le Stater Maart est déplacé à la place Hamilius En raison des travaux de réaménagement de la place Guillaume II, qui ont débuté le 11 janvier 2021, le Stater Maart a été déplacé vers la place Emile Hamilius et ses alentours pour une durée de deux à trois ans. Le marché, avec ses quelque 40 stands, y accueille le public les mercredis et samedis de 7h30 à 14h00, et propose aux visiteurs un vaste choix de produits : produits régionaux et saisonniers, produits labellisés bio, fruits et légumes, produits de boulangerie et de pâtisserie, poissons, viandes, poulets rôtis, pâtes, fromages, fleurs et plantes…
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l’avenue grâce à une immense façade vitrée, le rezde-chaussée est dédié principalement à l’accueil des clients, tandis que les postes de travail se déploient dans la partie supérieure, un étage qui est agencé en forme de mezzanine surplombant l’entrée et les grands murs latéraux. Les deux niveaux sont reliés par un grand escalier orienté vers la façade avant afin de ne pas perturber le grand volume ouvert. Les concepteurs ont modulé les intérieurs de façon astucieuse, en équilibrant parfaitement fonctionnalité, bien-être et communication. Le tout enveloppé dans des couleurs denses et cosy, évitant à la fois des notes agressives et toute fadeur dans les revêtements. L’ambiance est douce et cajoleuse à souhait, déclinant une diversité de matières et de teintes naturelles.
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SEIT 1963
Actualités
Jusqu’au 5 septembre 2021, la Ville de Diekirch présente la double exposition « Ons zerschloen Dierfer - Der Wiederaufbau Luxemburgs (1944 - 1960) », consacrée à la reconstruction du Luxembourg après la Deuxième Guerre mondiale. L’exposition se décline en deux volets dans les deux musées de la ville, le Musée national d’histoire militaire et le Musée d'histoire[s] Diekirch (dans la Vieille Eglise Saint-Laurent). Villages dévastés, infrastructures détruites, membres de familles disparus, carcasses d'animaux en décomposition, peur des épidémies et des balles réelles… A bien des égards, même après la libération définitive du Luxembourg en février 1945, l'horreur de la guerre perdure dans les esprits. L’immédiat après-guerre a entraîné de graves problèmes, en particulier dans le nord et l’est du pays, des villages entiers et leurs infrastructures publiques ayant été réduits en ruines. La situation générale de l'approvisionnement était précaire, tout manquait. Le gouvernement et les résidents étaient confrontés à la tâche colossale de reconstruire la moitié du Grand-Duché. Cette double exposition propose une plongée dans une partie oubliée de l'histoire contemporaine du Luxembourg, dont les traces façonnent le Grand-Duché jusqu’à nos jours. « Ons zerschloen Dierfer », jusqu’au 5 septembre 2021 Curateurs : Carine Welter, directrice du Musée
SOURCE- Tony Krier (c), Photothèque de la Ville de Luxembourg
Une exposition sur la reconstruction après la guerre
d’histoire[s] Diekirch, et Benoît Niederkorn, directeur du Musée national d’histoire militaire. ›› Musée national d’histoire militaire, 10, Bamertal L-9209 Diekirch www.mnhm.net Musée d'histoire[s] Diekirch, Al Kierch, 13, rue du Curé L-9217 Diekirch
Un nouveau regard photographique sur le Kirchberg
Le Fonds Kirchberg a présenté récemment le résultat de sa dernière mission photographique : le livre « (In)Progress » contenant 100 photographies d’architecture et de quartiers. Cette publication sera suivie d’une exposition à la Bibliothèque nationale du Luxembourg en juillet 2021. Cettefois-ci, le Fonds a collaboré avec Marc Theis, photographe d’origine
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luxembourgeoise, vivant à Hanovre. Le Kirchberg change constamment, c’est une évidence. Mais comment ces mutations se manifestentelles alors que rien n’est encore fini et que le quartier est en plein essor ? Les chantiers, les grues et les clôtures sont ce qui frappe le plus au premier coup d’œil. Mais celui qui, tel le photographe de par sa profession, regarde les choses de près, constatera des ruptures, des transitions et des lacunes passionnantes qui montrent déjà l’avenir, tout en révélant les traces résiduelles d’un urbanisme passé. Le photographe Marc Theis a exploré le plateau de Kirchberg en 2019 avec le regard neuf du voyageur qui vient d’arriver, prenant des clichés qui ne s’inscriront dans un tableau d’ensemble (alors peut-être fini) que dans quelques décennies. En complément, des auteurs de différentes disciplines ont apporté leurs réflexions sur la métamorphose du Kirchberg. Marc Theis est né en 1953. De nationalité luxembourgeoise, il vit à
Hanovre depuis 1976. Photographe éclectique, il peut se prévaloir d’une longue carrière émaillée de succès. Il a publié plus de 20 livres photographiques en son nom. Il a collaboré avec la chef étoilée Léa Linster et avec le groupe hard rock Scorpions, dont il est devenu le photographe attitré. Marc Theis est lauréat de nombreux prix internationaux et nationaux, notamment la médaille d’or du « Nikon Contest » en 1985 au Japon pour la meilleure photo couleur et la distinction « Best in the World » aux « Gourmand World Cookbook Awards 2009 » à Paris. ›› Titre : (In)Progress Photographe : Marc Theis Avec une préface de Félicie Weycker, des textes de Bernd Künne, Anabel Witry, Heiner Monheim, Philip Birget et Luc Marteling Editeur : Fonds Kirchberg Textes en allemand, anglais et luxembourgeois avec traduction française 172 pages – 30 € A commander auprès du Fonds Kirchberg : info@fondskirchberg.lu ou tél. (+352) 26 43 45 10
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Actualités
En janvier, Landimmo Real Estate a donné le coup d’envoi à son projet Ettelbruck One, un bâtiment à usage mixte construit à l’entrée sud d’Ettelbruck, sur le site de l’ancienne usine de cigarettes Heintz van Landewyck. La livraison est prévue pour fin 2023. La propriété offrira entre autres un espace de travail à plus de 600 employés de bureau. Le projet intégrera aussi des commerces de détail, des lieux de gastronomie et d’autres services. Le bureau Beiler François Fritsch a été commissionné pour la conception architecturale du nouveau complexe. Ettelbruck One est présenté par le promoteur comme un pilier durable de la Nordstad. Jürgen Primm, directeur général de Landimmo Real Estate : « Ettelbruck One combine toutes les exigences d'un environnement de travail moderne avec l'attractivité de sa
Visuel : bureau Beiler François Fritsch
Lancement du projet Ettelbruck One
région environnante, ce qui est important pour les entreprises. Nous considérons donc également Ettelbruck One comme une manière concrète de contribuer
activement à la Nordstad, avec ses plus de 35 000 habitants à moyen terme, comme le prévoit la "Vision 2035" ».
« Eng Nei Stad » : la reconversion du site de Belval racontée aux enfants
Voici un livre bien sympathique qui raconte sous forme de bande dessinée comment l’ancien site sidérurgique de Belval a été reconverti en une ville nouvelle, active et multifonctionnelle. A l’origine du projet éditorial, l’architecte Anne Stauder, qui en a
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également signé la conception et les textes. « L’idée d’écrire une histoire pour enfants sur le site de Belval m’est venue lors mes visites guidées pour le jeune public, organisées par le Fonds Belval. L’ascension du haut fourneau était l’attraction principale, mais en tant qu’architecte et urbaniste, il était important pour moi d’expliquer aux enfants le patrimoine industriel, l’urbanisme et l’architecture, principaux marqueurs du site transformé. Ainsi, j’ai commencé à raconter des histoires sur le site. » A partir de cette idée originale, Anne Stauder a développé le projet d’un livre, en collaboration avec Claudine Furlano de Zoom éditions, et les illustratrices Alice Coune, Deborah Velazquez et Aurélie Wilmet. Ensemble, les autrices se sont attelées à la création d’un récit et de plusieurs personnages de fiction. Le tout est articulé sous forme de petites
scénettes composées d’éléments de maquette découpés en 3D, de collages, de surfaces colorées à la peinture à l’acrylique sur cartons, de dessins aux feutres et au Bic, de photographies ou encore de retouches digitales. Visuellement, le résultat est très plaisant, à la fois ludique, stylisé et parfaitement lisible par les publics de tout âge. L’histoire est limpide et épurée, elle en appelle aux bons sentiments et au désir inné chez les jeunes d’agir de façon bienveillante. Tout en leur donnant un objectif clair pour que leur engagement soit utile et réellement bénéfique. ›› Titre : Eng Nei Stad Auteure : Anne Stauder Illustrations : Alice Coune, Deborah Velazquez, Aurélie Wilmet Editeur : Le Fonds Belval Disponible en trois langues : français, anglais et luxembourgeois Prix de vente : 18 € Disponible à la Massenoire ou sur commande : fb@fonds-belval.lu
Actualités
L'Université du Luxembourg et la Ville d'Esch-sur-Alzette ont nommé le professeur Markus Miessen, architecte et chercheur en urbanisme, comme titulaire de la nouvelle « Chair in Urban Regeneration », dédiée à l'urbanisme et à la régénération urbaine d'Esch-sur-Alzette. Il s’agit là d'une réorientation de la « Chair in Social Management and Social Business » existante, créée en 2013 par l'université et la municipalité. Dans le cadre de cette chaire, des activités de recherche et d'enseignement seront mises en place dans les domaines de l'urbanisme et de l'architecture, en mettant le focus sur les questions d'intérêt régional et transfrontalier sur l'espace public, la mobilité ou les dynamiques socio-économiques de l'habitat. Miessen propose une compréhension de la régénération urbaine qui s'articule autour de divers formats de la « participation » en tant que pratique indépendante qui appelle à des prises de parti polyvalentes. Pour Miessen, la régénération urbaine est profondément ancrée dans la sphère sociale. Aucun architecte, urbaniste ou autorité municipale ne peut induire un équilibre urbain par un changement purement physique. Surtout dans les espaces passant par un changement structurel, la régénération spatiale devrait être un processus de tentatives soigneusement réfléchies pour repenser conjointement les variables sociales, économiques et culturelles d'une zone. La région de la Minette, avec son histoire riche, est la candidate idéale pour accueillir des activités de recherche et de sensibilisation sur la régénération urbaine. La Minette est en pleine reconversion postindustrielle, avec des projets tels que « Lentilles rouges », le quartier « Esch-Schifflange » et le développement de Belval. Ces projets nécessitent des scénarios à long terme et une stratégie pour assurer une mise en œuvre
Photo : Christian Werner
Une approche inclusive contre une logique purement économique
Markus Miessen, architecte et chercheur en urbanisme
adéquate dans leur contexte local et celui de la Grande Région. Avec les chercheurs qualifiés en géographie, urbanisme et architecture, le professeur Miessen complète la boucle en apportant une expertise en planification urbaine inclusive. La chaire soutiendra des projets de recherche qui interrogent des modèles de croissance purement économique pour aller vers une culture plus inclusive de la société civile, de la qualité de vie et d’un futur durable. Les recherches de Miessen suggèrent qu’en termes de planification, travailler dans une situation neutre ou « vide » est un mythe, et il revient aux chercheurs et urbanistes de décoloniser ce mythe. Il y a toujours un récit qui est déjà en place, et qui doit être reconnu pour que les urbanistes puissent y contribuer.
Nouveau livre « Bauhärepräis OAI 2020 » L’Ordre des architectes et des ingénieurs-conseils (OAI) vient de publier l’ouvrage « Bauhärepräis OAI 2020 », consacré à la sixième édition de ce concours prestigieux, dont les prix ont été remis le 21 septembre dernier. Lancé en l’an 2000 par l’OAI, le Bauhärepräis ou prix du maître d’ouvrage est décerné tous les quatre ans à des maîtres d’ouvrage privés ou publics qui, au travers d’un projet abouti, parviennent à faire valoir une architecture, une ingénierie et un urbanisme de qualité. La nouvelle publication documente les 257 réalisations des maîtres d’ouvrage ayant participé à ce concours en 2020. Le lecteur pourra notamment découvrir ou redécouvrir les ouvrages qui ont été récompensés par le jury, dix lauréats, seize mentionnés, sept prix spéciaux, une mention spéciale et quatre prix du « Public Voting ». La richesse des informations fournies par les maîtres d’ouvrage à travers leurs témoignages écrits constitue une source d’inspiration et de discussion. Les films sur les lauréats et les prix spéciaux, avec des interviews des maîtres d’ouvrage, sont visibles sur les réseaux sociaux de l’OAI, ainsi que sur la page Youtube de l’OAI et sur www.bhp.lu. ›› Le livre est disponible auprès du secrétariat de l’OAI et dans de nombreuses librairies. Prix 20 € Infos et commandes : www.oai.lu
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Tram de nuit
TRAM DE NUIT Le 13 décembre 2020 a été inauguré le nouveau tronçon du tram reliant la place de l’Etoile à la gare centrale en passant par Hamilius. Un prolongement du réseau de deux kilomètres qui a rapidement été adopté par les usagers. Il faut dire qu’avec une fréquence d’un tram toutes les cinq minutes, il ne faut jamais attendre longtemps pour se déplacer très vite d’un quartier à l’autre. Outre son côté pratique, ce moyen de transport amène aussi une nouvelle respiration à la ville, offrant une toute nouvelle perception des espaces urbains et des bâtiments emblématiques. Prochaine étape : prolongement du réseau jusqu’à la Cloche d’or, en desservant Bonnevoie, Howald et Gasperich. Fin prévue de cette nouvelle phase : 2023. ›› Photos : P. Lobo
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Tram de nuit
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PORTRAITS DE JEUNES GENS DANS L’ESPACE PUBLIC
L
’artiste Séverine Peiffer présente l’exposition « Transitions » dans le parc de Merl, une série photographique dont nous avons apprécié la grande intensité expressive. Des portraits de jeunes grand format en noir et blanc qui vous agrippent et ne vous lâchent plus, qui continuent d’infuser en vous longtemps après que vous les avez regardés. Ces images ont été réalisées par Séverine Peiffer avec les élèves de l’option photographie du Lycée Aline Mayrisch et leur professeur Séverine Bauer. C’est la troisième fois que Séverine Peiffer décline le thème « Transitions » avec l’aide de jeunes étudiants : un premier volet a été réalisé en 2018, avec le Lycée des garçons de Luxembourg, suivi en 2019 d’un deuxième corpus d’images, avec l’Ecole nationale pour adultes. « LES PORTRAITS AU COLLODION HUMIDE JOUENT AVEC LE FACTEUR TEMPS »
L’objectif des trois séries est d’explorer les transformations intimes que les jeunes expérimentent au cours de leur parcours de lycéens. Les portraits sont réalisés avec la technique du collodion humide, l’un des premiers procédés photographiques inventés au 19e siècle. C’est une technique qui convient particulièrement à cet exercice qui s’articule autour de la représentation de soi. En effet, la prise de vue avec la chambre photographique requiert des temps de pose qui dépassent les dix secondes. Ce temps long imposé par l’appareil imprègne également la relation de l’artiste avec les jeunes. Séverine Peiffer : « Chaque fois que je fais un portrait, je m’efforce de découvrir la personne que j’ai en face de moi, et pour cela il faut qu’il y ait un échange avant la prise de vue. J’étais étonnée par la profondeur et la sincérité de ce que me confiaient les jeunes pendant nos conversations. Ce n’est qu’en apprenant un peu du parcours de chacun, de ses rêves, de ses espoirs déçus ou de ses déchirures, qu’il est possible de réaliser une photographie qui va au-delà des apparences et qui reflète l’être individuel et profond. La technique du collodion amène ce don de soi, cette 20
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révélation de soi, on est loin de la philosophie des selfies instantanés, vite faits, vite publiés, ici on est dans un processus de prise de vue en studio et de développement de l’image où il faut prendre le temps. » Il ne s’agissait pas pour Séverine Peiffer de faire une étude psychosociologique, mais plutôt d’inviter les jeunes à participer à une expression artistique. Pas de légendes, pas de textes explicitant les récits. Au final, l’artiste a aidé à produire des portraits d’une force presque hypnotique, dans lesquels les jeunes ont laissé poindre, avec une grande pudeur, les émotions et frustrations qui les hantent. LE MAL-ÊTRE ACCENTUÉ PAR LA PANDÉMIE
Séverine Peiffer : « Les pressions que la société place sur les jeunes sont immenses, ils sont constamment poussés à la performance, à la réussite et à la popularité. Ils sont constamment soumis au jugement des autres. Les jeunes ont parfois du mal à parvenir à la hauteur de ces exigences. Ce mal-être s’est trouvé accentué depuis l’irruption de la pandémie, il y a bientôt un an. On est trop enclins à oublier que les jeunes se trouvent, eux aussi, mis à mal par les bouleversements dus à la crise sanitaire. Il est essentiel que l’on prenne le temps de se préoccuper d’eux, de leurs peurs et souffrances. » La mise en place des portraits grandeur nature dans un espace public participe de ce cri d’alarme. Saisis dans l’intimité de leur peau, les jeunes se présentent aux yeux du public et lui demandent de les regarder, dans toute leur splendide vulnérabilité. De les regarder et de les écouter, tant ces portraits sont porteurs d’émotions et d’humanité. Avec ces images, la Ville de Luxembourg inaugure un nouvel espace d’exposition dédié à la photographie. Chaque année, trois expositions temporaires prendront place dans le parc, sous forme d’installations à ciel ouvert dans l’espace public. ›› « Transitions » : jusqu’au 30 avril 2021 - parc Merl - Belair
Portraits de jeunes gens dans l’espace public
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Visuels : bebunch - Laura Mannelli
Actualités
Résultat d’un appel à projets Esch2022
UN PAVILLON RÉCRÉATIF POUR CÉLÉBRER L’HISTOIRE DE LA SOURCE BEL-VAL La source Bel-Val constitue l’une des « success stories » les plus méconnues de l’histoire du Luxembourg. Située sur le territoire de la commune de Sanem, la source a été l’objet d’une exploitation entre 1893 et 1935, avec une résonance de dimension mondiale.
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a source a été redécouverte entre 1999 et 2000, lors des travaux de sondage sur les friches industrielles de Belval. Pendant plusieurs années, elle n’était perceptible qu’à travers un grillage qui permettait d’observer l’écoulement de ses eaux. A l’approche d’Esch2022, les responsables communaux ont élaboré plusieurs projets pouvant participer à cette Capitale européenne de 22
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la culture, axée sur la redécouverte du patrimoine du Luxembourg sous toutes ses formes et facettes. Dans cette optique, l’idée a surgi de redonner ses lettres de noblesse à l’histoire de la source Bel-Val à travers la création d’un pavillon récréatif - le pavillon de la Source Bel-Val. La construction de ce pavillon se fera au cœur du parc « Um Belval », à 200 mètres de l’endroit où la source continue de jaillir, à l’intersection du
boulevard de la Recherche et du boulevard du Jazz. En juillet 2020, la Commune de Sanem en collaboration avec Services for Creatives lançait un appel à projets sous forme d’une consultation rémunérée, invitant plusieurs jeunes bureaux d’architectes à travailler sur une conception de pavillon, avec un cahier des charges déterminé. Afin d’assurer le volet « scénographique » du pavillon, il a été demandé à
Résultat de l’appel à projets - Source Bel-Val
chaque architecte de s’associer avec un scénographe, designer, artiste ou autre créatif. Sur les cinq bureaux invités au départ, quatre ont remis un projet au jury. Celui-ci s’est réuni le 11 novembre pour les délibérations finales. Les quatre binômes participants étaient : 2001 avec NJoy bebunch avec Laura Mannelli Formsociety avec Serge Ecker Etienne Duval- Pauline Lacord avec Julie Marthe Hoffmann. Vendredi 27 novembre, la Commune de Sanem a dévoilé les résultats de ce concours. A l’unanimité, les membres du jury ont attribué le 3e prix au binôme 2001 – NJoy, pour la proposition « ReSource Bel-Val ». Le 2e prix a été décerné au trio Pauline Lacord – Etienne Duval et Julie Marthe Hoffmann, pour le pavillon « Bel Val Splash ». Le premier prix est allé au projet présenté par le collectif bebunch, associé à Ney & Partners pour l’ingénierie, et à Laura Mannelli pour la scénographie en réalité virtuelle. Le jury a souligné l’intégration réussie dans le paysage et la poésie émanant de la conception. Avec ses formes circulaires et ses grandes Umbrellas, le projet rend immédiatement perceptible le rapport à l’eau, tout en respectant les principes fondamentaux de l’économie circulaire. La relation avec l’eau est intégrée dans la scénographie et le lien à la source est rendu possible par la réalité augmentée.
L’HISTOIRE DE L’EXPLOITATION DE LA SOURCE Au 19 siècle, le site entre Belvaux et Esch est une zone récréative particulièrement appréciée. La forêt « Escher Bësch », également appelée bois du « ClairChêne », qui relie les deux cités, est associée à de nombreuses légendes. En 1885, Joseph Steichen, conseiller à la Cour supérieure de justice à Luxembourg, hérite de la ferme « Ernshof » sur le site et y découvre une source d’eau minérale d’une qualité exceptionnelle. Cette eau, riche en sels minéraux, calcium et fer et dotée de vertus curatives, est mise en bouteille et commercialisée à partir de 1893. Au début du 20e siècle, la source Bel-Val atteint une renommée internationale, l’eau en est exportée dans le monde entier, de la Chine jusqu’en Argentine, des ÉtatsUnis jusqu’en Afrique du Sud. L’eau minérale se vend également en Europe, en Espagne, en Angleterre ou en Tchécoslovaquie. Avec 38 médailles d’or et des diplômes d’honneur internationaux, l’eau minérale de Bel-Val est alors l’égale des plus grandes marques comme Vittel, Contrex ou Évian. Son slogan est internationalement connu : « La plus hygiénique des eaux de table, la plus agréable des eaux médicinales ». La production atteint deux millions de bouteilles par an en 1925. A partir de 1929, la Grande Dépression sonne le début de la fin des activités de la Compagnie des eaux minérales de Bel-Val. La faible demande et la concurrence internationale croissante engendrent la cessation de la production en 1935. e
L’EAU COMME THÈME CENTRAL
Situé à proximité du quartier général d’Esch2022, Capitale européenne de la culture, le public sera invité à revivre l’histoire de la source. Le pavillon sera placé sur le tracé du « grand parcours », projet historique et artistique s’étendant sur les quatre localités de la commune (Sanem, Belvaux, Soleuvre et Ehlerange), mis en place spécifiquement pour Esch2022 sous la thématique « Remix Nature ».
Les projets développés sur le parcours constitueront un fil rouge à travers les quatre localités. Ainsi, le Pavillon de la source Bel-Val s’adressera aussi bien aux visiteurs de « courte durée » qu’à ceux qui effectueront le circuit complet. Il constituera également un point de repos pour tous les âges au cœur du parc
« Um Belval ». L’eau constituera l’élément d’interaction par excellence du pavillon, et l’histoire de la source sera l’élément-clé de la programmation. Le volet historique de l’exploitation sera développé en collaboration avec la maison de la culture « A Gadder » qui en possède les archives les plus significatives. wunnen
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FORTIFIC(A)TIONS : UNE BANDE DESSINÉE AU SERVICE DE L’HISTOIRE Fin novembre 2020 a paru l’album de bande dessinée Fortific(a)tions, premier projet éditorial de l’asbl D’Frënn vun der 9. Konscht, créée en 2019. Neuf membres du collectif – six dessinateurs, trois scénaristes – ont pondu six histoires qui prennent comme cadre l’histoire des vieux quartiers de Luxembourg.
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ous avons été agréablement surpris par cette bande dessinée qui allie culture populaire et faits historiques. Les récits sont concis, efficaces, intéressants, et chacun s’inscrit dans un genre particulier de la B.D. : manga, comic, franco-belge, roman graphique, noir et blanc et couleur. La première page nous ramène au début du 20e siècle, voici Jacko, un pauvre diable du Grund qui, accompagné de son chien, exerce le métier peu honorable de ramasseur 24
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de crottes. Lors de ses pauses, il s’endort et fait d’étranges rêves qui le projettent dans le passé ou dans le futur, où il devient témoin de crimes, d’intrigues, d’aventures sentimentales… L’histoire de Jacko a été scénarisée par JeanLouis Schlesser et dessinée par Antoine Grimée. Quant à ses rêves, ils sont chacun l’œuvre d’auteurs différents. Ainsi, le duo Lucien Czuga/Pascale Velleine fait enquêter deux policiers sur la mystérieuse disparition des monuments principaux de la ville, tandis que Marc Angel
Fortific(a)tions : une bande dessinée au service de l’histoire
PASCALE VELLEINE, DESSINATRICE, MEMBRE DES « D’FRËNN VUN DER 9. KONSCHT »
Wunnen : Comment a surgi l’idée de faire un album B.D. sur l’histoire de la ville de Luxembourg ? Pascale Velleine : C’est Marc Angel qui a d’abord repéré un appel à projets pour les 25 ans du classement de la forteresse de la ville de Luxembourg et de ses vieux quartiers dans le patrimoine mondial de l’Unesco. Il a ensuite sondé les membres de l’asbl D’Frënn vun der 9. Konscht pour savoir qui serait partant pour un projet éditorial collectif. Nous avons été neuf à accepter ce défi. Trois scénaristes et six dessinateurs, trois hommes et trois femmes, une parité pour les dessinateurs qui s’est faite naturellement et qui est très réjouissante dans l’univers de la bande dessinée. Nous avons commencé à discuter et à travailler sur le projet dès septembre 2019, et tout doucement le montage éditorial et financier a commencé à prendre forme, grâce aux expériences et connaissances de chacun. L’idée était à la fois d’élargir le public amateur de bande dessinée et de donner vie à l’histoire de la ville à travers des histoires simples et humaines. Pourquoi ce mélange de petites histoires aux styles spécifiques ? C’est une question que nous avons discutée de long en large lors de nos nombreuses réunions. Comment assembler et coordonner cette diversité de personnalités dans un seul ouvrage, en respectant le style de chacun ? Nous avons décidé de mettre en place une histoire-cadre, celle de Jacko de Knollereefer, et d’y insérer les autres contributions sous forme de récits rêvés par le personnage. Chaque récit reste ainsi la création totale de ses propres auteurs (dessinateur+scénariste), tout en étant relié à l’ensemble de l’ouvrage.
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présente sa version personnelle d’un fait divers survenu au milieu du 17e siècle aux alentours du Marché-auxPoissons. Sur un scénario du même auteur, mais avec Andy Genen au dessin, un personnage inquiétant hante les remparts du Bock sous le règne de l’impopulaire Guillaume Ier. John Rech et Sabrina Kaufmann prennent le Palais grand-ducal comme décor pour une histoire d’amour qui traverse les siècles. Enfin, Marion Dengler joue sur la corde du romantisme en revisitant l’opérette « d’Mumm Séis » à l’ère de la garnison prussienne. Ces six récits sont des fictions, tout en restant ancrés dans une réalité historique. Dans un souci d’authenticité, les auteurs ont fait appel à Marie-Paule Jungblut, spécialiste de l'histoire publique, pour la documentation et le suivi de cette entreprise ambitieuse et originale. Créée en 2019, l’asbl « D’Frënn vun der 9. Konscht » a pour objectif de promouvoir le 9e art et de défendre les intérêts de ceux qui l’exercent. L’album « Fortific(a)tions » fait partie du programme officiel de « 25 ans – Lëtzebuerg, patrimoine mondial ». Il est disponible en langues luxembourgeoise, française et anglaise. Auto-portrait dessiné de Pascale Velleine
spécialiste de l’histoire publique. Elle nous a proposé plusieurs épisodes historiques, et nous avons choisi ceux qui nous interpellaient le plus. Comment a été abordée la mise en image des lieux et de la ville ? Avez-vous fait des repérages, des dessins in situ, dans quelle mesure était-il important de rester fidèles à la réalité urbaine et historique ? Malheureusement, à cause du confinement au printemps dernier, nous n’avons pas pu faire beaucoup de repérages sur les lieux qui nous intéressaient. Alors, nous nous sommes rabattus sur les très nombreuses images qui sont disponibles sur Internet. Par ailleurs, Marie-Paule Jungblut nous a aussi fourni des images historiques. Ces références et ce que nous pouvions puiser dans notre propre imaginaire, cela nous a permis d’élaborer des dessins et des décors proches de la réalité. Quelle sera la suite à donner à cette première B.D. collective ? Il est encore un peu tôt pour décider cela, nous sommes encore en pleine période de promotion de l’album. Ce qui est certain, c’est que cette aventure collective nous a tous enchantés ! Même si nous nous connaissions avant le projet, notamment parce que nous sommes tous des habitués du festival de B.D. de Contern, cette expérience nous a permis de nous rapprocher et de profiter pleinement de la sensibilité et du talent de chacun. Nous devons également remercier très fortement Eglantine Denis qui a signé le design graphique de l’album, y compris la couverture qui montre bien que l’ouvrage est issu d’un travail d’équipe.
Comment s’est faite la sélection des morceaux d’histoire pour la mise en fiction ? Nous avons bénéficié de l’aide de Marie-Paule Jungblut, wunnen
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Photo : CLAUDINE BOSSELER
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Une déclaration d’amour à un quartier
KANNER O KANNER : RACONTEZ-NOUS LE PFAFFENTHAL Voici un livre qui témoigne d’un grand amour pour un quartier, le Pfaffenthal-Siechenhof, et ses habitants. Il s’agit là de l’un des quartiers les plus anciens de la ville de Luxembourg, et il méritait bien un ouvrage aussi imposant et documenté que celui-ci.
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’ouvrage Kanner o Kanner a été édité par le syndicat d’intérêts locaux P f a f f e n t h a l - S i e ch e n h o f . Il constitue une somme d’informations sur le Pfaffenthal (Pafendall, « am Dällchen » ou « am Pays » en luxembourgeois), un quartier traversé par l’Alzette qui, déjà au temps des Romains, était un point de passage sur le tracé de la voie menant de Reims à Trèves (Réimerwee). 26
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Le Pfaffenthal a connu une grande activité économique pendant des siècles – s’y était établie une population de marchands, d’artisans et de paysans qui cultivaient les terres fertiles de la vallée. Au début du 20e siècle, la côte d’Eich devint la nouvelle voie d’accès à la Ville Haute, et le Pfaffenthal perdit de son attractivité. Progressivement les activités artisanales et commerciales disparurent, et le quartier se renferma sur
lui-même, telle une enclave encaissée au fond du vallon, habitée par une population socialement défavorisée. A partir du début des années 2000, la Ville de Luxembourg entama un plan de réaménagement visant à redonner du lustre et de la qualité de vie à ce quartier historique. La construction de deux importantes structures de liaison verticale – l’ascenseur panoramique et la gare
Une déclaration d’amour à un quartier
Pfaffenthal-Kirchberg – ont fortement contribué à renforcer l’attractivité du lieu. Le livre Kanner o Kanner développe en détail l’histoire millénaire du quartier, avec un grand souci d’exactitude historique. Il est le résultat d’un important travail de recherche, de compilation et de rédaction, bénéficiant de l’apport de nombreux contributeurs, historiens et habitants. En feuilletant les 272 pages, le lecteur effectue un véritable voyage dans le passé, grâce à une profusion d’illustrations de grande qualité – croquis et dessins anciens, aquarelles, photographies d’hier et d’aujourd’hui. Outre son contenu remarquable, le livre se présente aussi comme un très bel objet : la conception graphique est très plaisante, les textes et les photos sont bien mis en valeur, le papier est très bien choisi,
ou disons plutôt les papiers, puisque le livre comporte trois types de papier, sélectionnés en fonction de la thématique. Agréable à tenir en mains, agréable à regarder et agréable à lire, Kanner o Kanner présente encore un aspect très intéressant. Il est associé à un dispositif d’« Enriched Reality (ER) », c’est -à-dire qu’en scannant (moyennant l’App gratuite SnapPress) certaines pages, le lecteur peut accéder sur son smartphone à des contenus additionnels exclusifs : photos, films, fichiers, visuels en 3D, chansons et autres enregistrements. Pour l’éditeur, cette fonctionnalité est une façon d’accrocher et d’intéresser un lectorat plus jeune, de lui faire découvrir l’esprit du quartier avec une approche à la fois ludique et instructive. Ce contenu ER pouvant être mis à jour ou enrichi à tout moment, c’est aussi une façon de
dire que l’histoire n’est pas finie, que le quartier est vivant et qu’il continue d’évoluer. Le livre Kanner o Kanner est disponible chez les librairies Alinéa, Diderich et Ernster. Il peut également être commandé online via www.pfaffenthal.info ou via la page Facebook « Interesseveräin Pafendall-Sichenhaff ». ›› Prix de vente : 65 €
Jean-André Stammet Secrétaire f.f. du Syndicat d'intérêts locaux Pfaffenthal-Siechenhof Wunnen : Pourquoi ce livre sur le quartier Pfaffenthal-Siechenhof ? J-A Stammet : Le dernier aperçu global sur le quartier date de 1947, lorsque MM. J. Reuter et J.P. Ries ont édité le livre « Pfaffenthal im Wandel der Zeit ». Depuis lors, maintes brochures anniversaire intéressantes et bien faites avaient été publiées par différentes associations de la Ville Basse, sans toutefois brosser un tableau global. Avec le développement que le quartier a pris ces dernières années, il était temps de lui consacrer un ouvrage de choix afin de lui rendre ses lettres de noblesse. Quel regard propose-t-il sur le site ? Il s’agit d’un hommage à tous ceux qui y ont œuvré à l’époque et qui y œuvrent actuellement. Le « Dällchen » regorge de pépites naturelles, historiques, militaires, folkloriques, etc., et c’est avec un regard nouveau et ouvert que les différents sujets sont abordés. Chaque époque a connu ses caractéristiques, et le livre en documente quelques-unes, en les passant en revue au travers de trois grands chapitres, imprimés sur des papiers différents. Pourquoi l'avoir enrichi d'une extension dans le monde virtuel au moyen de « l’Enriched Reality » ? La population très mixte des différentes époques a fait du quartier un vivier très créateur et innovateur et de nombreuses « premières » ont trouvé leur origine au « Dällchen ». Le livre en dénombre des dizaines. Ainsi, il était normal que cet esprit se traduise dans un ouvrage qui sort des chemins battus. Avec le premier livre historique doté « d’Enriched Reality », nous avons voulu jeter un pont entre le verbe écrit et le monde digital et essayé de sensibiliser aussi bien les digital natives que ceux qui sont moins adeptes des technologies modernes. Les premiers vont ainsi peut-être commencer à lire des textes imprimés sur du papier, et les seconds vont peut-être s’aventurer dans le monde digital – avec l’aide des petits-enfants. Il s’agit donc d’un outil nouveau, combinant les deux mondes de façon très aisée et ludique. Le mode d’utilisation est expliqué à la dernière page de l’ouvrage.
« Nous avons voulu jeter un pont entre le verbe écrit et le monde digital. » Jean-André Stammet, Pfaffenthal-Siechenhof, asbl wunnen
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UN MANUEL PRATIQUE SUR L’ÉVALUATION IMMOBILIÈRE Sorti au printemps dernier, ce « Petit manuel de l’évaluation au Grand-Duché de Luxembourg » porte sur un sujet extrêmement pertinent dans le contexte actuel de progression ininterrompue des prix du marché immobilier.
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es auteurs savent de quoi ils parlent : Patrick Zeches est expert assermenté en bâtiment en matière d’évaluations immobilières, et Frank Erpelding est architecte membre de l’OAI et expert assermenté en bâtiment. Le manuel a été réalisé avec l’assistance juridique de l’étude Molitor Avocats à la Cour, en la 28
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personne de Maître Stéphanie Juan, associée responsable du département immobilier, environnement et urbanisme. L’ouvrage aborde la question de l’évaluation immobilière, démontrant combien celle-ci ne peut être faite de façon hâtive et non-experte. Au Luxembourg, les offres d’estimation immobilière abondent,
provenant de la part des organismes et agents les plus divers. Les offres d’estimation gratuite « en quelques clics » sont légion et tendent à faire croire que la valeur d’un bien est égale à son prix du marché. Face à cette logique qui alimente la hausse, voire le gonflage des prix, Patrick Zeches et Frank Erpelding apportent des réflexions factuelles et des
Un manuel pratique sur l’évaluation immobilière
méthodes permettant de déterminer la juste valeur d’un bien, en tenant compte de sa nature, sa situation, sa constructibilité et sa disponibilité, tout ceci à la lumière du cadre légal en vigueur. On comprend ainsi que, pour évaluer correctement un terrain ou un bâtiment, il faut un travail d’analyse et de pondération sérieux qui ne peut pas se limiter à un banal outil d’évaluation en ligne. Cet ouvrage est riche d’enseignements et de conseils pratiques qui aideront aussi bien les particuliers que les professionnels à opérer en connaissance de cause et avec circonspection dans le domaine du marché immobilier. Les deux auteurs de l’ouvrage ont bien voulu répondre à nos questions. Wunnen : Comment a surgi l’idée de cet ouvrage ? Les auteurs : Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait au Luxembourg aucune publication officielle portant sur l’évaluation immobilière dans son ensemble. L’objectif était donc de publier un ouvrage de référence pour le Grand-Duché traitant cette thématique de façon globale. Nous avons pris comme base la seule publication existante, à savoir celle de Messieurs Leer-Leurs-Steffen, intitulée « Gebäudeschätzung » et datant des années 1970. Cet ouvrage, qui n’a malheureusement jamais été mis à jour, était constitué de tableaux traitant les divers types d’immeubles sans réellement aborder les problématiques du foncier, des promotions, des investissements immobiliers ou encore de la location d’immeubles. Avec l’accord de Monsieur Steffen, seul survivant des trois auteurs, nous avons intégré dans notre manuel quelques-uns des tableaux principaux. Ces tableaux ne servent toutefois que de base à une étude approfondie de chaque objet à évaluer. A quel(s) public(s) ce « petit manuel » s’adresse-t-il ? Le manuel que nous avons rédigé s'adresse tant aux professionnels de l'immobilier (promoteurs, avocats, notaires, bureaux d'architectes et d'ingénieurs, etc.) qu'aux personnes privées désirant vendre ou acquérir un bien immobilier.
« L’expertise immobilière est un métier à part entière. » Patrick Zeches et Frank Erpelding
En quoi consistent les compétences de l’expert appelé à faire une évaluation immobilière ? L’expertise immobilière est un métier à part entière. Pour les transactions officielles, ainsi que pour les dossiers traités par le tribunal, l’expert à qui l’on confie le dossier doit être assermenté. Neutre, il ne doit pas poursuivre un but commercial lors de ses expertises. L’expert immobilier assermenté a une expérience d’au moins dix ans dans l’un des métiers principaux du bâtiment, tel par exemple celui d’architecte ou d’ingénieur (technicien du bâtiment, industriel, génie civil ou maîtrise dans un métier artisanal). Il est capable d’identifier les différentes époques architecturales et connaît l’ensemble des matériaux de construction utilisés à chaque époque. Il possède également de profondes connaissances techniques sur la structure des bâtiments et les différentes qualités de terrains.
Il sait enfin établir des bilans promotionnels en toute impartialité. L’expert assermenté en immobilier se prononce sur la valeur vénale ou locative d’un bien immobilier, en se basant sur une multitude de critères, tels notamment l’état de la structure du bien, son état d’entretien, la qualité des matériaux utilisés pour sa construction ou encore son âge. Les estimations immobilières sont aujourd’hui proposées par de nombreux agents et spécialistes ; en quoi l’estimation d’expert que vous détaillez est-elle différente de cette offre qui parfois est promise « en quelques clics » ? A côté de cette évaluation faite par l’expert assermenté, on trouve en effet celles qui sont réalisées dans un but commercial par les agences immobilières. Pour ce faire, les agences se basent souvent sur les prix auxquels des biens immobiliers de taille identique se sont vendus, mais ➔ wunnen
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sans prendre en considération les critères cités ci-avant quant à la qualité et la valeur réelle du bien à vendre. En ce qui concerne les évaluations immobilières gratuites qu’on peut réaliser « en quelques clics » sur Internet ou via d’autres supports commerciaux, celles-ci ne peuvent aucunement remplacer une expertise professionnelle, fondée sur un diagnostic poussé de l’immeuble et du foncier. Ces évaluations se basent en effet sur des informations minimales du bien et ne servent bien souvent qu’à collecter des adresses mail pour un démarchage ultérieur. A quoi peut conduire ce type d’estimations faites de façon moins rigoureuse ? Le problème principal, que nous constatons malheureusement régulièrement en tant qu’experts assermentés en bâtiment, est que les acheteurs déboursent des prix exagérés pour acquérir un bien immobilier par rapport à sa valeur vénale effective et à l’état du bâtiment. En tant qu’experts du bâtiment, assermentés et membres de la Chambre des experts du GrandDuché de Luxembourg, nous sommes tenus à des règles déontologiques et avons dû passer par une commission d’admission qui examine les compétences avant d’admettre les candidats comme experts stagiaires. A l’inverse, la seule profession d’« expert » n’est réglementée par aucune loi au Luxembourg, tout un chacun pouvant ainsi s’autoproclamer « expert » en immobilier sans avoir fait d’études adéquates. Nous sommes d’avis que toute personne qui se lance dans le métier d’expert en bâtiment, notamment dans le domaine de l’évaluation immobilière, devrait posséder de solides connaissances en la matière, acquises lors d’études en tant qu’ingénieur technique du bâtiment, et une expérience d’au moins dix ans dans ce domaine. Il nous semble dès lors dangereux et incompréhensible que des personnes totalement étrangères aux bâtiments et au domaine immobilier puissent devenir agents ou promoteurs immobiliers. 30
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« Ce qui est le plus à déplorer dans cette évolution, ce sont les acquisitions faites par des financiers/fonds d’investissements nationaux ou étrangers, qui ne cherchent bien souvent qu’à placer leurs fortunes à des conditions de rendement défiant toute concurrence et ceci au détriment des besoins de la population. »
Face à un marché immobilier qui n’arrête pas de voir les prix augmenter, vous prônez une approche méthodique pour établir la juste valeur d’un bien. Pourtant, devant la pression de l’offre et la demande, les biens sont souvent proposés à des prix qui vont bien au-delà de l’évaluation que pourrait en faire un expert. Quels risques voyez-vous dans cet écart entre la valeur réelle du bien et le prix négocié sur le marché ? L’augmentation des prix de vente pratiqués et payés par les acheteurs, parfois dans des proportions plus qu’exagérées, détruit petit à petit le marché. Notre pays n’a qu’une petite surface bien définie, de sorte que les emplacements pour des habitations/constructions ne peuvent pas se multiplier à l’infini. Ce qui est le plus à déplorer dans cette évolution, ce sont les acquisitions faites par des financiers/fonds d’investissements nationaux ou étrangers, qui ne cherchent bien souvent qu’à placer leurs fortunes à des conditions de rendement défiant toute concurrence, et ceci au détriment des besoins de la population. Le déséquilibre entre le montant payé et la valeur réelle du bien vendu s’accentue lors de la revente. L’acquisition se fait déjà en effet à un prix fort, incluant des investissements de remise en état ou au goût de l’acheteur, et dépassant de loin la valeur « normale » du bien. Mais la revente, après plusieurs années d’utilisation, se réalise à un prix encore supérieur, en ignorant les moins-values/dévaluations, et
ce dans le but unique d’augmenter le rendement. Le résultat est que les nouveaux acquéreurs doivent s’endetter encore plus qu’avant ou chercher ailleurs, voire éventuellement devenir frontaliers. Il est également incompréhensible que les nouvelles constructions soient proposées à des prix exorbitants, sachant que les prix de réalisation des biens n’ont pas augmenté proportionnellement. L’avidité de certains propriétaires de terrains ou de biens et le vampirisme de certains promoteurs sont à l’origine des travers du marché immobilier luxembourgeois. Voyez-vous des possibilités pour mieux encadrer, au niveau de la législation ou des pouvoirs publics, l’évaluation des biens immobiliers proposés sur le marché et qui sont soumis à des fortes pressions vers le haut ? Une régulation politique du marché immobilier luxembourgeois s’annonce comme un immense chantier dans un système démocratique capitaliste. Plusieurs possibilités sont toutefois envisageables. Parmi les options à développer, nous pouvons citer par exemple le bail emphytéotique avec ou sans option d’achat, la location-achat, le leasing financier avec ou sans option d’achat ou encore le Bauherrenmodell. ›› Editeur : Edition ZE-ER. – 2019 © 138 pages Commande par email : editionZEER@gmail.com Prix de vente : 35 € plus frais d’envoi
Livres
LIVRES
Une flopée d’inspirations pour vos intérieurs
Les aéroports vus d’en haut
Créer un chez soi, une pièce après l’autre : c’est ce que ce livre prétend vous aider à faire. Ute Laatz, spécialiste en aménagement d’intérieur, nous conduit de la cuisine à la chambre, et même jusqu'aux locaux de stockage, pour nous montrer comment un concept global peut être développé dans différents styles. Comment puis-je me déplacer dans ma cuisine, et qu'est-ce qui est important pour moi ? Quel plateau de table convient le mieux pour une grande famille ? Comment utiliser correctement les couleurs et l'éclairage ? En plus de répondre à ces questions et à bien d'autres, Ute Laatz développe un exposé clair et instructif sur différents styles, tendances et perspectives autour du thème de l’habitat. A travers les quinze chapitres du livre, des photos exclusives et des explications pratiques montrent toute la gamme des possibilités pour obtenir de véritables effets « wow » de manière subtile ou expressive. Ute Laatz travaille en tant qu'auteure indépendante et est connue pour son travail dans les domaines de l’aménagement d’intérieur et du lifestyle.
« Au-dessus des nuages, la liberté doit être illimitée. » Le photographe Tom Hegen s'est fait connaître internationalement avec ses photographies aériennes, qui traitent principalement du paysage humain. A travers son travail, il nous fait prendre conscience de ce que les humains font avec la terre, comment ils la façonnent et la traitent, et comment ils la détruisent. Que se passe-t-il depuis bientôt un an, alors que les aéroports sont en état d'urgence à cause de la crise sanitaire ? Tom Hegen a profité de ce moment historique pour son travail. En s’embarquant dans des hélicoptères, il a photographié une multitude de pistes d’aéroport à l’arrêt. Ses compositions montrent les plus grands aéroports allemands avec une clarté géométrique. Ce n'est pas l'humanité qui intervient ici dans la nature, mais plutôt la nature qui impacte notre mode de vie avec violence. Tom Hegen (* 1991) est un photographe et designer basé à Munich. Il a reçu plusieurs prix, les plus récents étant le Red Dot Design Award (2018) et le German Design Award (2019). Ses photos sont présentes dans les institutions allemandes et européennes et sont régulièrement publiées dans des magazines tels que GEO, Die Zeit et FAZ.
›› Titre : Das groβe Callwey Wohnbuch Auteur : Ute Laatz Editeur : Callwey En allemand. 208 pages. 39,95 €
›› Titre : Aerial Observations on Airports Photographe : Tom Hegen Textes : Nadine Barth, Alain de Botton, Editeur : Hatje Cantz Anglais, 176 pages, 54 €
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Veronique Kolber, Hannah Arendt, Amour Fou
Actualités
Exposition Ready. Set. Design.
LE DÉCOR DE CINÉMA AU LUXEMBOURG Si le cinéma est « l’art suprême de l’illusion », comme le disent certains, alors l’utilisation des décors en est une illustration parfaite.
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e décor – ou la « scénographie (set design) » d’un film situe la narration et l’action dans un espace précis et contribue ainsi à la création d’un univers cinématographique homogène qui permet aux cinéastes de raconter leur histoire. Plus qu’un simple environnement, le décor est un protagoniste à part entière. Tandis que les frères Lumière, pionniers du septième art, tournaient dans des décors naturels, l’illusionniste 32
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George Méliès filmait devant une toile ou dans un décor de studio. Le décor peut être discret et déterminant à la fois : la scénographie contribue à l’illusion et elle est souvent d’autant plus importante qu’elle passe inaperçue aux yeux du grand public. Outre le fait d’ancrer l’action dans un endroit déterminé, une autre fonction principale du décor de cinéma est de traduire de manière symbolique le monde intérieur d’un ou de plusieurs personnages. Il contribue ainsi à la création d’une réalité filmique par
Romain Girtgen, Acheron, CNA-SNJ
Véronique Kolber Amour Fou
Exposition Ready. Set. Design.
une interaction entre extérieurs et intérieurs, lieux réels et coulisses construites en studio, accessoires et effets spéciaux. L’exposition « Ready. Set. Design. Le décor de cinéma au Luxembourg » rend hommage à la scénographie et aux décors dans les productions et coproductions luxembourgeoises réalisées entre 1980 et 2020. Cette exposition tente d'analyser la signification du décor à travers des perspectives différentes. Elle donne la parole aux représentants des différents métiers du cinéma luxembourgeois et met en avant leur travail créatif et artistique. A travers l’analyse du décor, l’exposition se propose également de raconter une « autre » histoire du cinéma luxembourgeois depuis les années 1980. Le régime fiscal spécial pour les investissements dans l’audiovisuel, instauré en 1988 par le gouvernement luxembourgeois dans le cadre d’un effort de diversification économique, a commencé à attirer, par un système d’allègements financiers, de nombreuses productions étrangères au Luxembourg. Des sociétés luxembourgeoises comme Carousel Pictures, Delux Productions, Samsa Film, Iris Productions, Red Lion ou Tarantula Luxembourg ont donc participé à des coproductions dont l’action se situait en très grande partie hors de nos frontières et qui étaient néanmoins tournées – au moins partiellement – au Luxembourg. Il est fascinant de découvrir comment des lieux emblématiques et « typiquement luxembourgeois » ont été intégrés dans des histoires se déroulant dans les régions et villes les plus diverses (p.ex. Paris, Londres, Tel Aviv ou New York), aux caractéristiques urbanistiques et architecturales particulières et souvent très éloignées de celles du Luxembourg. Le plateau immense de Venise, localisé à Esch-sur-Alzette, est resté dans les annales du cinéma luxembourgeois. En 2001, en quelques mois, plus de 300 artisans et ouvriers ont transformé les friches industrielles « Terres rouges » à Esch en Venise du 14e siècle, toute une plateforme qui
a ensuite servi de décor à un film se passant à… Delft. L’exposition se veut enfin une analyse du regard que posent les cinéastes luxembourgeois sur leur propre pays. Quelles histoires sont situées dans quelle région, milieu, paysage du Grand-Duché ? Quelles images et représentations cinématographiques sont liées à quels lieux et aux gens qui les habitent ? L’exposition « Ready. Set. Design. Le décor de cinéma au Luxembourg » est ponctuée de nombreuses illustrations – croquis, plans, « mood books », scénarios, photos de tournages, affiches, extraits de films et témoignages filmés – pour permettre aux visiteurs de s’immerger dans les décors et l’illusion cinématographique « made in Luxembourg ». L’exposition a été réalisée par les commissaires Paul Lesch, directeur du Centre national de l’audiovisuel (CNA), Yves Steichen (CNA) et Chiara Lentz (CNA), en partenariat avec le Cercle Cité, et avec le soutien du Luxembourg City Film Festival. Dans le cadre de cette exposition, deux conférences seront proposées : 17 mars : « Du Royal Albert Hall au Mount Rushmore en passant par la Statue de la Liberté : une plongée dans les décors des films d’Alfred Hitchcock ». Conférencier : Paul Lesch, directeur du CNA. 24 mars : « Paysages virtuels : le décor de cinéma « truqué ». Conférencier : Yves Steichen (CNA) ›› Exposition « Ready. Set. Design. Le décor de cinéma au Luxembourg » Lieu : Auditorium Cité – Gratuit, inscriptions obligatoires via cerclecite.lu Du 12 février au 11 avril 2021 - Cercle Cité Luxembourg, entrée rue du Curé L-1368 Luxembourg Tous les jours de 11h00 à 19h00. Entrée libre, dans le respect des consignes sanitaires liées à la pandémie du Covid-19.
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LA WIGGLE CHAIR DE FRANK GEHRY Un clin d’œil à l’anti-design
L’architecte Frank Gehry, né en 1929, est surtout connu pour ses réalisations architecturales, comme le Guggenheim à Bilbao, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles ou, plus récemment, la Fondation Louis Vuitton à Paris. Son style est aisément reconnaissable, fait de courbes et de lignes spectaculaires, d’éléments défiant les lois de la statique et de la construction. Il étudie ses formes d’abord avec des papiers qu’il froisse et tord pour trouver la géométrie qui lui convient, avant de la traduire sur l’ordinateur.
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rank Gehry a aussi eu une activité de designer, en particulier dans les années 70 et 80, mais qui n’a pas été très longue, suite au choix personnel de l’architecte. En fait, dès les années 1960, Gehry avait expérimenté de nouvelles techniques de production, en s’intéressant particulièrement aux matériaux courants et peu chers. Ces recherches aboutiront à la série des « Easy Edges », dont la Wiggle Chair est la pièce la plus connue. 34
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Conçue en 1972, elle est un hommage à la chaise Zig-Zag de Rietveld (1934). Gehry utilise d’épaisses plaques de carton laminées, disposées à angles droits et collées entre elles. Cette technique, proche de l’aggloméré, donne à la chaise une apparence de solidité. Cette impression contraste avec la nature malléable du matériau et les formes ondulées de la chaise, qui la rendent légère à l’œil. L’utilisation du carton ne partait pas seulement d’une recherche esthétique, elle avait aussi un but social
et politique. Intéressé par le mouvement anti-design, Gehry s’est emparé de certaines de ses thématiques. La Wiggle Chair était prévue pour la grande distribution, où elle était vendue à 15 dollars, avant d’être retirée par Gehry lui-même. Dans les années 70, alors que le coût de la vie ne cessait d’augmenter, Gehry proposait un nouveau regard sur les meubles en papier, avec un design visuellement excitant, frais et très abordable. Il voyait des possibilités infinies pour le carton ondulé,
La Wiggle Chair de Frank Gehry : un clin d’œil à l’anti-design
un matériau flexible par excellence, il imaginait des cloisons intérieures, voire des maisons entières et pourquoi pas des meubles démontables, avec des coûts nettement moins élevés. Dans une interview au New York Times, il affirma que des nouvelles idées ne cessaient de se développer autour de l’utilisation de ce matériau.
Source : Wikimedia Commons
Gehry voyait des possibilités infinies pour le carton ondulé, un matériau flexible par excellence, il imaginait des cloisons intérieures, voire des maisons entières et, pourquoi pas, des meubles démontables, avec des coûts nettement moins élevés.
UN SUCCÈS DANGEREUX
Toute la série « Easy Edges » devint rapidement très populaire, le mobilier était durable, ne nécessitait aucune finition et avait aussi des qualités acoustiques très performantes. La presse et le public se déchainèrent pour ce que le New York Times qualifia comme « des meubles en papier pour des personnes parcimonieuses » (paper furniture for penny pinchers). A un certain moment, Gehry craigna que la popularité de son travail de designer n’éclipse son architecture. Malgré le succès médiatique et commercial de ses meubles, il décida d’arrêter la production de la série « Easy Edges » en 1973 et il abandonna ses recherches sur les meubles en carton en 1982. Quelque temps après, en 1986, il céda les droits de la collection à Vitra qui a repris la production de toute la série jusqu’à nos jours. ›› Texte : Davide Galluccio Visuels : Vitra – www.vitra.com
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La Wiggle Chair de Frank Gehry : un clin d’œil à l’anti-design
Julie, instagrameuse - compte @les_duchesses
« SI JE MONTRE QUELQUE CHOSE, C’EST PARCE QUE ÇA ME PLAÎT » Nous entamons une série dans laquelle nous vous présentons des comptes Instagram du Luxembourg intéressés par ce qui intéresse Wunnen, c’est-à-dire l’architecture, le patrimoine bâti, le design, la déco, l’art de vivre et d’habiter…
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remière invitée, Julie, qui anime depuis 2017 le compte Instagram les_duchesses et que nous avons rencontrée dans le magnifique Hôtel Graace, une sorte d’hôtel-boutique ouvert depuis juin 2020 en plein cœur de Bonnevoie. L’hôtel propose un concept architectural original : tout en se greffant dans la
structure métallique de l’ancienne serrurerie Graas, il décline le bois et le métal dans un esprit récup et écologique. Wunnen : Pouvez-vous vous présenter ? Julie : Je suis française d’origine, je vis à Luxembourg depuis une dizaine d’années. J’ai 33 ans, je suis mariée et
j’ai deux petites filles qui ronronnent - Paulette et Cosette - qu’on peut souvent apercevoir sur mon compte. Je travaille dans le secteur financier et je suis passionnée par l’architecture, la déco, les voyages. Quand et dans quel but avez-vous créé le compte ig les_duchesses ? La première photo remonte à juin ➔ wunnen
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« Je suis sensible sensible aux jolis détails du quotidien, au charme de l’ancien, aux bâtiments qui ont une âme, une histoire, une patine… » Julie @les_duchesses
2017, mais c’est vraiment vers la fin 2018 que j’ai commencé à publier de façon régulière et à apporter plus de soin à la qualité des posts. L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps de créer un blog sur le Luxembourg, afin de partir à la recherche de lieux intéressants – restos, cafés, boutiques, rues et bâtiments typiques…et de partager mes coups de cœur. J’ai opté pour le format Instagram plutôt que pour un blog, parce que c’est une plateforme qui est devenue très populaire et qui est très facile à utiliser. Quels sont les sujets que vous abordez ? J’aborde principalement mon quotidien au Luxembourg, mes escapades dans la Grande Région et au-delà. L’idée est de partager des découvertes que je fais lors de mes déambulations et voyages, des lieux que j’ai trouvés jolis, des architectures typiques, des vielles façades, des devantures de caractère… J’aime bien aussi mettre en avant des bonnes adresses, des petits cafés cosy, des boutiques sympa, des hôtels qui ont du charme… C’est une façon pour moi de mettre en avant des lieux et de soutenir les belles initiatives et les personnes qui misent sur la qualité et l’authenticité. J’aimerais bien aussi partir à la rencontre des artisans ou des designers créatifs du Luxembourg. Pourquoi le nom Les Duchesses ? Au départ, je me disais que mon blog serait plus destiné à un public féminin, et donc, en pensant au Grand-Duché, j’ai choisi le terme de duchesses. Mais il s’avère qu’il y a également beaucoup d’hommes qui suivent le fil de mes publications, car je ne m’intéresse pas qu’à la déco, 38
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La Wiggle Chair de Frank Gehry : un clin d’œil à l’anti-design
mais aussi à l’architecture, à l’histoire, à l’esprit urbain… Vous prenez les photos vous-même ? Oui, sauf celles où on me voit – pour lesquelles je fais appel à mon mari. Qu’est-ce qui vous interpelle quand vous mettez en avant un lieu, une rue, un bâtiment ? Il faut que ça me plaise esthétiquement. Je suis sensible aux jolis détails du quotidien, au charme de l’ancien, aux bâtiments qui ont une âme, une histoire. J’aime bien les ambiances assez douces, on ne trouvera pas des choses criardes dans mes photos. Je peux aussi être interpellée par une initiative que je trouve chouette… Jusqu’ici quel a été le feedback ? La résonance ? Je dirais que les gens qui suivent mon compte sont plutôt francophones, ils vivent principalement au Grand-Duché et en France. Le feedback est positif, les commentaires
sont toujours encourageants et j’aime beaucoup les échanges quotidiens permis par cette plateforme. Je n’ai pas de démarche marketing, je suis assez mal à l’aise avec l’idée de monnayer mes coups de cœur - si je montre quelque chose, c’est parce que ça me plaît. A quel rythme publiez-vous ? En général, une fois par jour, plus quand je suis en vacances. Quel regard portez-vous sur l’architecture, la déco et le design au Luxembourg ? Il y a un beau patrimoine mais qui est trop souvent ravagé par les nouvelles constructions. Je ne suis pas trop fan du moderne. Je suis gênée par le fait qu’on sacrifie trop facilement une richesse patrimoniale pour faire place à des constructions assez anonymes et éphémères. Il y a de belles choses qui se font, bien sûr, et cela ne me pose pas de problème si ça se passe dans un quartier créé ex-nihilo comme le Kirchberg, dans lequel on
ne détruit pas pour construire. Mais quand je vois des beaux bâtiments historiques qui sont menacés de démolition ou des architectures nouvelles qui viennent écraser l’existant, ça me fait bondir. Pourquoi le choix du Graace Hôtel pour notre rencontre ? Parce que justement, cet endroit illustre exactement, à mon sens, ce qu’il faut faire à Luxembourg, c’està-dire ne pas passer les bulldozers à tout-va pour tout raser, conserver la substance historique, le patrimoine, pour en faire quelque chose de fonctionnel et d’agréable. En plus, ce projet comporte un volet écologique très réussi, tout a été pensé d’un point de vue écoresponsable. Cela aurait été vraiment dommage de détruire l’ancien atelier de métallurgie pour construire à la place un bloc résidentiel sans charme. Je pense que ce type de démarche mérite d’être saluée et c’est pourquoi j’aime mettre en avant le travail de Steve Krack, le créateur de cet hôtel. wunnen
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Pratique
DÉCO Suspension Flowerpot - &tradition Vu chez Sichel Home Howald
Dessin Combine de la collection Oculaire d'Arte. Source : Casa Decor.
Laissez-vous inspirer pour vos projets d’aménagement et de décoration. Voici 20 objets qui ont capté l’attention de la rédaction en ce début d’année.
Chair_One - Magis Chair one est une chaise design, dessinée par Konstantin Grcic pour Magis. L’assise est constituée par une coque en fonte d’aluminium avec un treillage géométrique audacieux. La base conique en béton verni transparent contraste fortement avec la légèreté de l’assise. L'assise est proposée dans quatre coloris : blanc, gris anthracite métallisé, noir et rouge. ›› www.magisdesign.com
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Revêtements muraux Arte Cette année, Arte explose de créativité et explore de nouvelles manières de parer votre intérieur. Le revêtement mural sort de ses frontières et vous permet d'ajouter votre touche personnelle à chaque recoin de votre intérieur. Combiner un revêtement mural de caractère avec un motif ou une couleur complètement différente est un moyen de donner du tonus à vos intérieurs. ›› www.arte-international.com
Pratique
Collaboration créative Eijffinger et Karlijn van de Wier La marque néerlandaise de papier peint et de tissu Eijffinger lance un wallpower et deux cercles autocollants avec des dessins de l'illustratrice Karlijn van de Wier. Les lignes dessinées à la main ajoutent immédiatement une touche de style à votre intérieur. ›› www.eijffinger.com Photo : @barthoningh
INFORMEL OUTDOOR canapé & fauteuil Roche Bobois - design Hans Hopfer Habillé de tissu outdoor extensible Sunrise. Assise, dossier et accoudoirs capitonnés mousses Dryfeel tri-densité. Structure sapin massif et multiplis de pin verni à l’eau. ›› www.roche-bobois.com
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Déco
Toní Armchair - Fatboy Un clin d'œil à la chaise de bistrot classique. Fabriqué en aluminium de haute qualité et doté d’un revêtement extérieur du plus haut niveau, le fauteuil Toní est en acier inoxydable, et il résiste à tous les climats. ›› www.fatboy.com
Les créations textiles de Mira Sohlén D’origine suédoise et basée à Anvers, la jeune artiste et designer Mira Sohlén a présenté récemment Opus, une collection de tapisseries étonnantes, à la fois ludiques, graphiques et méditatives. Une série de tapisseries murales inspirées de la musique, de la sculpture primitive, de la poésie et de toutes sortes d'éléments dans la nature et la vie. Les compositions sont fabriquées à la main grâce à la technique du tuftage dans les laines les plus fines. ›› www.mirasohlen.com @mira_sohlen_tapestry Photo : Thibault de Schepper
Collection Flat - Vibia Créée pour Vibia par le célèbre designer japonais Ichiro Iwasaki, la collection Flat se distingue par des diffuseurs en forme de disque qui composent des plans de lumière horizontaux. Les plaques de métal plates réfléchissent la lumière sur leur surface, créant une lumière enveloppante qui semble venir de l’intérieur. ›› www.vibia.com
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Pratique
Studioroof Studio Roof est un fabricant d'attaches murales en 3D, idéales pour les chambres d'enfants, prenant comme thèmes des masques, des oiseaux exotiques, des papillons ou des fleurs. Fabriqués en carton recyclé et imprimés avec des encres végétales, ces objets apporteront peps et couleur dans la chambre de vos enfants.
Vases bleu Bitossi Ceramiche Vu chez Casanova Contemporain Luxembourg
›› www.studioroof.com
Verpan Barboy Conteneur sur roulettes Vu chez Sichel Home Howald
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Mito sfera – les nouveaux éclairages pour miroirs d'Occhio Avec les nouveaux éclairages pour miroirs Mito sfera, Mito sfera su et Mito corda, Occhio enrichit sa série de luminaires à succès de trois nouveaux modèles pour salle de bains, couloir ou espace de vie. Un design élégant, des matériaux de haute qualité et une excellente finition permettent désormais de conférer à des espaces comme la salle de bains une atmosphère raffinée. ›› www.occhio.de
Fauteuil Domna – Faina Faina Design est une marque de design minimaliste, fondée par l'architecte ukrainienne Victoria Yakusha en 2014. Parmi ses créations, le fauteuil Domna est un objet ludique qui se veut également manifeste artistique, une célébration du design féminin ukrainien moderne avec une forte connexion aux racines culturelles. ›› www.faina.design
TRILOGIE poufs - Roche Bobois - design Sacha Lakic Habillés de tissus Missoni Home et Sunrise. Assise monobloc en mousse HR avec toile de couverture hydrofuge. Structure sapin massif et multiplis de pin et panneaux de particules. ›› www.roche-bobois.com
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Pratique
Puffy Lounge Chair – Hem Cette assise enveloppante marque le début de la collaboration de la marque suédoise Hem avec la designer britannique Faye Toogood. Une base moderniste constituée d’un piètement tubulaire en acier inoxydable sablé et une assise hyperconfortable en duvet recouvert de toile ou de cuir. Disponible en trois couleurs et trois finitions de cadre. ›› www.hem.com
Les vases en porcelaine de Malene Knudsen Malene Knudsen est une artiste céramiste danoise basée à Copenhague. Elle utilise l'argile pour sculpter des objets singuliers, des créations brutes et organiques qui ont leur propre expression et histoire. Les vases de Malene sont traversés d’une fulgurance poétique des plus rafraîchissantes. ›› www.maleneknudsen.com @_maleneknudsen_
Canapés Ansel - Flexform Les canapés Ansel se démarquent par une combinaison inhabituelle de matériaux : la structure des accoudoirs et des dossiers en lattes d'iroko s'insère dans le piétement rigoureux en acier inox. Le résultat est surprenant et révèle un équilibre parfait entre la puissance expressive du bois et la légèreté du piétement en acier inox, peint à la poudre époxy dans une gamme de couleurs raffinées, et muni de sangles élastiques déperlantes. Le canapé Ansel a reçu le prestigieux prix « 2021 Wallpaper » dans la catégorie « meilleur ouvrage en bois ». ›› www.flexform.it
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Déco
Cuisine GP Kitchen by Ron Gilad Un projet personnalisé spécial pour lequel le robinet mitigeur Levo de Quadrodesign a été choisi dans une finition PVD doré rose. ›› www.quadrodesign.it
Collection Forma – KennethCobonpue Design Federica Capitani Forma, conçue en 2017, est une collection élargie au fil des ans, fruit de deux années de recherche pour comprendre comment les formes asymétriques peuvent s'adapter au corps de manière confortable. ›› www.kennethcobonpue.com
Ombres de chats – Opinion Ciatti Les cinq sculptures de table Ombre de Chats d'Opinion Ciatti convainquent par leur design expressif et en même temps minimaliste. La base métallique ronde garantit un support stable et permet d'utiliser la sculpture comme serre-livres pratique. Vu chez Casanova Contemporain Luxembourg
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Modèle : Ruth
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Cuisine ouverte contre cuisine fermée
CUISINE OUVERTE CONTRE CUISINE FERMÉE Alors que la cuisine ouverte s’est imposée depuis plusieurs années dans l’architecture, certains préfèrent toujours préparer les plats et presser les jus dans une pièce confinée. Quels sont les arguments pour et contre les deux modèles d’aménagement ?
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l est un fait que la plupart des constructions modernes misent sur un décloisonnement de l’espace commun : aucune barrière entre la cuisine, la salle à manger et le salon. C’est un modèle qui s’est imposé de plus en plus ces dernières dix années, suivant l’évolution des modes de vie des familles et les structures développées par le marché. Les magazines le mettent en avant, les marques y trouvent leur compte également, l’espace cuisine ouvert sur le séjour étant idéal pour mettre en valeur les produits et appareils les plus sophistiqués. L’argument phare en faveur des cuisines ouvertes est celui de la convivialité. L’idée est que les membres de la famille partagent un même espace cuisine-salon-salle à manger et y effectuent plusieurs activités simultanées : cuisiner, manger, jouer, faire
les devoirs, regarder la télé, écouter de la musique…
y compris pour cuisiner en toute tranquillité.
MAIS CETTE VISION IDYLLIQUE DU COCON FAMILIAL EST-ELLE RESSENTIE PAR TOUT LE MONDE ?
QUELQUES NOTATIONS HISTORIQUES
Les confinements successifs en 2020 liés à la crise sanitaire ont eu ceci de bon qu’ils ont mis à l’épreuve nos choix d’habitat comme jamais auparavant. Pendant des semaines et des mois, nous avons passé des journées entières à vivre véritablement ensemble dans nos maisons et appartements. Les leçons de ce vivre et habiter ensemble ont été diverses et parfois contradictoires. Alors que les uns ont goûté pleinement aux joies de la vie commune, certains autres ont moins bien vécu cette superposition des activités, ressentant le besoin de se réapproprier des espaces d’intimité dans le logement,
Les différentes configurations de l’espace cuisine au fil du temps sont le reflet des évolutions sociologiques et technologiques de chaque époque. Pendant longtemps, la cuisine a été une pièce recluse au fond du logement, une pièce technique, fonctionnelle, que ne devaient pas voir les invités extérieurs et qui était le domaine exclusif de la femme. Dans la première moitié du 20e siècle, en phase avec le mouvement d’émancipation des femmes, des concepteurs visionnaires décidaient d’effacer la frontière entre la cuisine et le séjour. Ainsi, dès le début des années 1930, l’architecte et designer Charlotte Perriand intégrait dans ses projets ➔ wunnen
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Pratique
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La cuisine peut prendre la forme d’un cocon semi-ouvert, doté d’ouvertures vitrées renforçant le lien avec le reste de l’habitation.
La cuisine de Francfort, conçue en 1926, était un prototype de cuisine rationnelle et tayloriste. wunnen
la cuisine ouverte, afin de permettre aux ménagères de participer à la vie sociale de la maison. Perriand prenait le contrepied d’un autre modèle considéré comme très innovant à l’époque : la cuisine de Francfort, un prototype de cuisine rationnelle et tayloriste, qui préfigurait la cuisine équipée moderne. La Frankfurter Küche fut conçue en 1926 par l'architecte autrichienne Margarete Schütte-Lihotzky pour le projet d'habitat social Römerstadt à Francfort-sur-le-Main, édifié par l'architecte Ernst May. La superficie réduite de 6,27 m2 permettait de rassembler et exécuter toutes les tâches en évitant au maximum les déplacements. La conception de la cuisine comme un atelier de fabrication hyperfonctionnel fut critiquée par certains qui y voyaient la consécration de l’assignation de la femme à ses tâches cuisinières. De
là l’apparition de propositions cherchant de nouvelles directions telles que celle de Charlotte Perriand, qui associait quête de l’efficacité et volonté de plus d’égalité entre homme et femme. Dans cette même optique, en 1949, Le Corbusier adopta le modèle de la cuisine ouverte ou semi-ouverte pour les appartements en duplex de la Cité radieuse de Marseille. L’architecte défendait son choix avec une formulation qui aujourd’hui ferait sourire : « La femme sera heureuse si son mari est heureux. Le sourire des femmes est un don des dieux. Et une cuisine bien faite vaut la paix au foyer. Alors, faites donc de la cuisine le lieu du sourire féminin, et que ce sourire rayonne sur l’homme et les enfants présents autour de ce sourire. » L’expérience de Le Corbusier inspira de nombreux architectes à l’étranger,
Photographer: Alexandre Zveiger
Cuisine ouverte contre cuisine fermée
› La cuisine ouverte permet aux membres de famille d’être ensemble dans l’espace commun cuisine-séjour, de communiquer les uns avec les autres, tout en s’adonnant à des activités parallèles.
notamment aux Etats-Unis, non seulement à cause de sa vision supposément égalitaire des sexes, mais aussi pour ses avantages pratiques : une cuisine ouverte dans un appartement, cela signifie gain d’espace et réduction des coûts en portes et cloisons. Cette tendance fut facilitée par les progrès technologiques, notamment par l’avènement de hottes aspirantes performantes qui permettaient de limiter odeurs et fumées. Toujours dans l’objectif d’alléger le travail de la ménagère et son temps passé devant les fourneaux, la deuxième moitié du 20e siècle vit l’essor des produits surgelés et des appareils électroménagers ultrasophistiqués qui permettaient un traitement express des recettes de l’industrie agroalimentaire. La cuisine devenait de moins en moins une corvée et l’espace cuisine de plus en plus un atelier de confection présentable,
propre, design et confortable. La voie était grande ouverte vers la cuisine moderne, totalement libérée de ses quatre murs. LA CUISINE OUVERTE
Les avantages de la cuisine ouverte sont nombreux, c’est bien pour ça qu’elle est devenue un must de l’aménagement d’intérieur actuel. Le premier avantage est la convivialité : on a déjà évoqué le fait qu’elle permet à tous les membres de famille d’être ensemble dans l’espace commun cuisine-séjour, de communiquer les uns avec les autres tout en s’adonnant à des activités parallèles – faire la cuisine, regarder la télé, jouer, faire les devoirs… En deuxième lieu, la cuisine ouverte sur le salon renforce l’impression d’espace. Sans les cloisons traditionnelles, le regard et la circulation se font plus librement du salon à la
Beaucoup de personnes aiment sentir l’odeur de la bonne cuisine dans la maison, cela renforce le côté chaleureux et réconfortant du foyer. cuisine, et les fonctions entre les différentes zones ont tendance à s’estomper, de sorte que l’espace cuisine cesse d’être un lieu exclusivement dédié à la préparation des plats pour offrir une extension de la pièce à vivre, avec une décoration et un aménagement affranchis des codes de la gastronomie. ➔ wunnen
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Pratique
La cuisine ouverte est aussi un reflet des choix de vie des maîtres de maison, fonctionnant presque comme une vitrine étalant la réussite sociale de la famille et son bon goût dans le choix des équipements.
Troisièmement, la configuration ouverte cuisine-séjour est souvent associée à une architecture faisant la part belle aux grandes ouvertures vitrées. Il en résulte une luminosité naturelle accrue, ce qui est synonyme de bien-être. Par ailleurs, le décloisonnement offre beaucoup plus de possibilités d’aménagement de la cuisine, qui peut prendre la forme qu'on veut, au niveau de l’îlot, de la disposition des meubles et des électroménagers, du raccord avec le reste de l’habitation et des perspectives vers l’extérieur. Un autre aspect qu’il ne faut pas négliger, c’est la valeur représentative de la cuisine ouverte, qui est un reflet des choix de vie des maîtres de maison. Une cuisine ouverte fonctionne presque comme une vitrine étalant la réussite sociale de la famille, le bon goût s’affichant dans un choix de produits, d’équipements et d’électroménagers qui sont bien en vue dans la cuisine ouverte. Enfin, n’oublions pas l’essentiel : 52
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une cuisine ouverte, c’est aussi une autoroute sans barrière entre les fourneaux et la table à manger où se trouvent les convives. C’est pratique et sympa, à la fois. LA CUISINE FERMÉE
Certains s’interrogent sur l’association de travail et loisirs dans une même pièce, se demandant si une telle juxtaposition des tâches est réellement agréable et pratique. Ce questionnement est fait en particulier au sein de familles avec plusieurs enfants. Le décloisonnement de la cuisine a pour conséquence de devoir ranger et nettoyer l’espace commun tout le temps. Tandis que dans le cas d’une cuisine fermée, cachée de la vue de tous, on peut très bien différer dans le temps sa remise en beauté. Une cuisine qu’on utilise pour les besoins d’une famille avec enfants, cela salit beaucoup, cela fait des odeurs, cela entraîne des aliments renversés sur le sol, des casseroles
qui s’accumulent dans l’évier. Cela fait du bruit aussi, imaginez l’activation simultanée de la hotte aspirante, du presseur de jus et du mixeur. Certains usagers de la cuisine préfèrent accomplir toutes ces tâches loin du regard des autres, sereinement et efficacement. Quand on dit enfants, on pense aussi dérangements incessants. Imaginez : vous êtes en train de préparer le repas, vous essayez de vous concentrer sur les ingrédients, mais vous êtes constamment sollicité par les membres de la famille, les jeunes enfants qui crient, se chamaillent, exigent votre arbitrage, demandent votre aide pour les devoirs, recouvrent le sol de mille pièces Lego éparpillées ; à l’autre bout de la pièce, votre conjoint a monté très haut le volume de la télé, pour son cours de zumba. Toutes ces interférences ne sont pas toujours de nature à pacifier votre travail de cuisinier. Un argument qui revient souvent contre la cuisine ouverte, c’est ➔
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Pratique
la question des odeurs – de poisson, de fritures, de grillades, qui finissent par envahir toute la maison. Malgré les services rendus par une hotte aspirante dans ce domaine, certains préfèrent « couper le mal par la racine », en optant pour une cuisine fermée. Cela dit, il y a bien d’autres personnes qui, au contraire, adorent sentir l’odeur de la bonne cuisine dans la maison, cela renforce le côté chaleureux et réconfortant du foyer. Il faut également tenir compte de la question de la sécurité. Quand la famille a des enfants en bas âge, les parents se sentent rassurés de pouvoir fermer la pièce cuisine, remplie de dangers potentiels (le feu, le gaz, les produits nocifs…). Alors une cuisine fermée, pourquoi pas ? Certes, elle est moins photogénique, et elle correspond moins aux canons contemporains d’habitation stylée, mais elle compose une pièce à part, fonctionnelle et pratique sans sacrifier le confort. Certains aiment y 54
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Si vous hésitez entre cuisine fermée et cuisine ouverte, vous trouverez peut-être votre bonheur dans la solution intermédiaire, celle de la cuisine semi-ouverte. retrouver une sorte de bulle protectrice, déconnectée des autres préoccupations de la maisonnée. LA CUISINE SEMI-OUVERTE
Si vous hésitez entre cuisine fermée et cuisine ouverte, vous trouverez peut-être votre bonheur dans la solution intermédiaire, celle de la cuisine semi-ouverte. Vous pouvez
créer, par exemple, une séparation avec l’ajout d’une verrière ou d’un paravent en bois, ce qui préservera l’espace cuisine tout en gardant un œil sur le séjour ou la salle à manger. Plus radicalement, vous pouvez faire installer une séparation amovible entre les espaces, par exemple une double porte coulissante à galandage, qui s'insère dans l'épaisseur de la cloison, pour une cuisine ouverte, mais que vous pourrez refermer à tout moment. Pratique pour être paré à tout type d’invités : pour les amis vraiment copains, vous ouvrez tout grand la cuisine, et pour des hôtes plus officiels, vous refermez la cloison et cachez ces ustensiles qu’ils ne sauraient voir ! La verrière éventuellement assortie de volets constitue bien sûr une solution optimale, empêchant le bruit et les odeurs de passer et permettant d’isoler la personne qui est dans la cuisine.
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Anna Andersson
Cuisine ouverte contre cuisine fermée
Cosy, chaleureuse, pratique, la cuisine fermée peut également être conviviale : il suffit d’y disposer une table pour les petits repas quotidiens de la famille.
CUISINE FERMÉE NE VEUT PAS DIRE CUISINE NON CONVIVIALE
Même si vous optez pour séparer la cuisine du séjour, pour les raisons que nous venons d’invoquer, vous pouvez en faire une pièce conviviale en travaillant sur son confort d’utilisation, sa décoration et son aménagement. Rien qu’en l’équipant d’une table ronde, par exemple, vous créez un coin repas idéal pour des petits moments quotidiens en famille.
BACKSTAGE OU ILLUSION, LES DEUX FONT LA PAIRE
Rentrer chez quelqu’un quand on est invité pour un repas, c’est un peu comme entrer dans une salle de théâtre. Il y a des spectateurs et des acteurs de tous les types. Certains spectateurs préféreront ne voir que la pièce qui est jouée sur scène, d’autres seront fascinés par tout ce qui se trame dans les coulisses. On retrouve la même duplicité du côté
des acteurs : certains voudront préserver intégralement l’illusion de la représentation, tandis que d’autres ne seront pas gênés de dévoiler l’envers du décor. Les cuisines ouvertes ont beau être esthétiques et à la mode (on les voit partout, dans les magazines, les blogs, les émissions de déco), elles ne s’accordent pas toujours avec le quotidien de chacun. ›› Photos : P. Lobo
Cuisine ouverte
Cuisine fermée
Avantages
Convivialité. Effet grande pièce. Facilité de circulation. Luminosité plus importante. Pratique pour servir.
Bruits et odeurs contenus dans une pièce. Intimité. Préparation des repas à l’abri des regards. La fonction est plus importante que le look.
Inconvénients
Propagation des odeurs de cuisine. Vue sur la cuisine (et sur les secrets de fabrication). Bruits des appareils électroménagers. Pas d'intimité. Bruits des autres pièces.
Effet petite pièce. Moins de lumière. Isolement lorsque l’on prépare les aliments. Eloignement de la table à manger. Moins esthétique, moins tendance.
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Pratique
Fenêtres
CONSERVER OU REMPLACER Si votre habitation connaît de fortes déperditions thermiques ou si le bruit extérieur (école, voisinage, trafic automobile…) commence sérieusement à vous importuner, alors il est temps de réfléchir au changement de fenêtres.
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ue ce soit pour l’isolation, le confort acoustique ou la facilité d’utilisation, changer ses fenêtres est toujours un investissement qui valorise votre habitation. Les anciens châssis ne sont en général plus adaptés aux normes énergétiques actuelles. Ils peuvent également être en mauvais état, usés ou abîmés. Dans la plupart des cas de rénovation énergétique, on procédera à un remplacement total de la fenêtre – châssis et vitrage – et on mettra en place un élément en double ou triple vitrage correspondant aux normes actuelles. CHOIX DE MATÉRIAUX
On veillera à ce que les nouvelles fenêtres soient en harmonie avec le style de la maison. Dans certains cas, notamment si vous vous trouvez dans un quartier historique, le changement des fenêtres peut nécessiter une autorisation, car il va induire une modification de l’aspect extérieur de l’existant. Lorsque vous choisissez un nouveau modèle de fenêtre, considérez la qualité isolante du 56
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châssis. Ainsi, le bois, le matériau le plus noble, a le grand avantage d’être un excellent isolant, à la fois thermique et phonique. Il séduit aussi par son esthétique authentique et naturelle. Enfin, il s’adapte à tous les styles d’architectures, des plus traditionnels au plus modernes. Très répandu pour son rapport qualité/prix et sa longévité, le PVC est un matériau imputrescible, résistant aux rayons de soleil et recyclable : il protège du froid, du bruit, de la chaleur, du vent et de l’humidité. Il est par ailleurs très facile d’entretien. L’aluminium, quant à lui, se caractérise par une rigidité exemplaire, un vaste choix de coloris et une belle apparence. Anodisé, sablé ou laqué, l’aluminium sait jouer sur une vaste gamme de couleurs pour se marier avec tous les types d’architectures, classiques, contemporaines ou futuristes. De plus, l’aluminium est extrêmement durable dans le temps : pas de phénomène de corrosion, peu de dilatation. Les progrès technologiques ont réglé le problème de la condensation dont souffraient les fenêtres d’aluminium autrefois. Aujourd’hui, les menuiseries à « rupture de pont thermique » permettent
d’isoler l’intérieur de l’extérieur, et empêchent le phénomène de la condensation. REMPLACER LE SEUL VITRAGE
Il est parfois envisageable de conserver le châssis existant et de se limiter à remplacer le vitrage peu performant par un double vitrage ou un simple survitrage. Cette solution permet de conserver l’aspect extérieur du bâtiment. Cependant, pour que ce choix soit utile, le châssis à conserver doit être raisonnablement isolant sur le plan thermique et acoustique, étanche à l’humidité, en bon état et adaptable. D’autre part, le double vitrage est plus lourd que le simple vitrage, et, par conséquent, il faut s’assurer que la partie mobile du châssis (l’ouvrant) et les charnières existantes pourront supporter la surcharge vitrée. Une autre possibilité consiste à remplacer uniquement l’ouvrant du châssis, ce qui est envisageable si le cadre fixe (le dormant) est en bon état, mais que les ouvrants existants ne peuvent recevoir un vitrage plus performant. Cette solution permet de préserver la baie de fenêtre et sa garniture, mais peut s’avérer aussi coûteuse que de remplacer intégralement le châssis. Pour déterminer si le remplacement doit se faire avec du double ou triple vitrage, il faut connaître les caractéristiques du bâtiment et notamment les murs qui entourent les fenêtres. Une règle générale à respecter est que les murs entourant les fenêtres doivent être mieux isolés que les fenêtres. La raison est que la condensation se produit d’abord aux endroits les plus froids. En isolant mieux les murs autour de la fenêtre que la fenêtre elle-même, le point le plus froid se situera au niveau de cette dernière, et, si condensation il y a, elle viendra se former sur le vitrage et non pas sur les murs. On empêchera ainsi la formation de moisissures sur les murs. Il est absolument conseillé d’avoir recours à un expert avant tout remplacement de fenêtres. D’autre part, tout remplacement de fenêtres dans une ancienne maison augmente l’étanchéité à l’air, ce qui est une bonne chose. Dans ce cas, il sera nécessaire d’aérer les intérieurs, soit en ouvrant les fenêtres à intervalles réguliers, soit par le biais d’une ventilation mécanique contrôlée.
PROFITEZ DES AIDES ÉTATIQUES Dans le cadre du programme de relance Neistart Lëtzebuerg, du 20 avril 2020 au 31 mars 2021, prolongé jusqu’au 31 décembre 2021, le gouvernement a majoré de 50% les aides PRIMe House pour la rénovation énergétique, y compris les subventions pour le remplacement des fenêtres. Ce bonus s’appliquera aux travaux et services réalisés au plus tard le 31 décembre 2023 (date de la facture). Aide financière spécifique pour portes-fenêtres (€/m2 rénové)
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Pratique
CE PRINTEMPS, LIBÉREZ L’OUTDOOR QUI EST EN VOUS ! L’année dernière, le confinement dû à la pandémie a eu comme effet collatéral de nous permettre de porter plus d’attention à la qualité de notre habitation, et notamment de revaloriser le temps passé dans notre propre jardin. Rebelote en 2021 ? Quel que soit le développement de la situation sanitaire, il faut commencer dès maintenant à préparer notre espace outdoor en vue d’un printemps qui s’annonce lumineux. 58
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Photo : Photographee.eu
Ce printemps, libérez l’outdoor qui est chez vous !
L
e petit coin de jardin et la terrasse sont un moyen efficace de se remettre en contact avec les éléments naturels, le soleil, l’air frais, la senteur de la terre… On cherche à transposer en plein air une idée de salon lounge, comportant des meubles et équipements qui sont esthétiques tout autant que fonctionnels, lampes, tables, chaises, canapés, poufs, lits de repos, tapis, etc. La terrasse est notoirement une variante du salon, libéré de ses quatre murs. Une véritable pièce à vivre, à l’esprit lounge et convivial. C’est pourquoi on n’achète pas n’importe quoi, on prend le temps de choisir les meubles d’extérieur, en considérant à la fois les aspects pratiques et des facteurs tels que l’originalité ou la résistance aux intempéries. Les produits proposés sur le marché s’inscrivent de plus en plus dans une
tendance qui est qualifiée de « outdoor-indoor », c’est-à-dire que ce sont des meubles que l’on peut aussi bien laisser à l’extérieur que les disposer dans une pièce couverte, telle une véranda ou un living. On constate ainsi qu’une partie du mobilier de jardin vendu passe en réalité sa vie dans des espaces intérieurs. INNOVATION ET FANTAISIE
L’offre en mobilier outdoor s’étoffe chaque année davantage et connaît un engouement sans précédent. Les meubles outdoor jouent la carte de l’innovation et de la fantaisie. Les fabricants développent de nouveaux matériaux capables de résister au temps, avec traitement anti-UV, anti-moisissures, etc. Les matériaux high-tech ont la cote, le simili cuir, la matière batyline, la fibre synthétique, l'aluminium, l'acier inoxydable, ➔
On transpose en plein air une idée de salon lounge, comportant des meubles et des équipements qui sont esthétiques, fonctionnels et extrêmement plaisants.
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Photo : Dario Lo Presti
Pratique
Si le soleil tape trop fort certains jours, il existe différents équipements qui peuvent apporter une zone d’ombre rafraîchissante et protéger de l’éblouissement.
l’acier galvanisé ou encore l’acier corten. Les meubles peuvent ainsi rester dehors pendant toute la saison, dans certains cas même toute l’année, et on peut en profiter dès qu’un rayon de soleil se présente. Et ceux qui malgré tout craignent la pluie, peuvent recouvrir les meubles avec des housses de protection spécialement adaptées. Les nouveaux meubles outdoor se caractérisent aussi par leur côté ludique et détonnant. Dans le jardin, on se permet parfois des fantaisies et des éclats de couleur qu’on trouverait déplacés dans le living. Sous la lumière solaire, les images se veulent plus flamboyantes, surtout quand les eaux d’une piscine ou d’un étang de baignade sont tout près. Une chaiselongue, un hamac, et « on dirait le Sud… ». Mais la terrasse peut aussi prendre des airs magiques et envoûtants à la tombée du soir. Pour cet effet, une belle mise en atmosphère peut être réalisée par l’emploi de luminaires design. On note également depuis quelques 60
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saisons l’avènement d’une nuée de meubles cocons, aux formes courbes et enveloppantes, dans lequel le corps se love confortablement, afin de profiter du beau temps dans un confort total. LE PARASOL, UN ALLIÉ DE CHOIX
Si le soleil tape trop fort certains jours d’été, il existe différents équipements qui peuvent vous apporter une zone d’ombre rafraîchissante et vous protègent de l’éblouissement. Ainsi, le parasol est un rempart anti-soleil véritablement efficace. Il existe en différentes versions et formes. Il peut être rond, carré, et même ovale pour s'adapter à une table. Pour ce qui est de la toile, les matières les plus courantes sont le tissu acrylique, ce qui lui permet un séchage plus rapide, ou le coton, ce dernier offrant les coloris les plus variés. La structure du parasol peut être en bois, en métal ou en plastique. Plus le parasol sera grand, plus sa structure et son pied devront être
Les meubles peuvent rester dehors pendant toute la saison, dans certains cas même toute l’année, et on peut en profiter dès qu’un rayon de soleil se présente.
Ce printemps, libérez l’outdoor qui est chez vous !
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suffisamment robustes pour garantir sa stabilité. LA PERGOLA, ÉLÉGANTE ET PRATIQUE
La pergola est une structure anti-soleil constituée d’un support avec un système de toiture et de murs. C’est une installation qui, non seulement permet de se protéger contre la chaleur, mais qui peut aussi se révéler utile en cas de petite pluie ou pour éviter les regards indiscrets. La toiture peut être composée de végétaux tressés ou de plantes grimpantes, ce qui peut donner de jolis effets décoratifs aux pas de portes et terrasses. Mais on peut aussi préférer un toit de pergola en verre ou en plexiglas pour un effet plus sophistiqué. Le choix du verre assure aussi une plus grande solidité du toit et surtout une meilleure protection. Enfin, la toiture
peut aussi être composée de tuiles ou de lattes, ce qui confère à la pergola un look original et unique. Dans le jardin, la pergola permet de créer un petit coin protégé, comme un paravent naturel, offrant fraîcheur et ombrage. A l’origine, la pergola était faite uniquement de poutres horizontales largement espacées, supportées par des montants en bois. Constituée de feuillages, la toiture créait un espace ombragé et rafraîchi particulièrement apprécié dans les pays méditerranéens. Actuellement, le terme de pergola recouvre une plus large gamme de constructions pour jardin. La pergola peut aussi bien s’apparenter aux tonnelles qu’aux abris de jardin. Elle peut même parfois constituer un prolongement de la terrasse ou de la maison.
On note également depuis quelques saisons l’avènement d’une nuée de meubles cocons, aux formes courbes et enveloppantes, dans lequel le corps se love confortablement, afin de profiter du beau temps dans un confort total.
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Pratique
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L’escalier en colimaçon
L’ESCALIER EN COLIMAÇON L’escalier en colimaçon fait partie des éléments de base de l’architecture depuis des lustres. A la fois esthétique et pratique, il a plus que jamais sa place dans les constructions actuelles.
L
’escalier en colimaçon, également appelé escalier hélicoïdal, escalier à vis ou escalier en spirale, est une construction en pierre ou en bois apparue au Moyen Âge. À cette époque, il était nommé escalier colimaçon en référence aux escargots. On le retrouvait surtout dans les châteaux-forts ou dans les imposantes constructions nobles. L’escalier hélicoïdal a traversé les siècles et les architectures pour être décliné actuellement dans une diversité de styles et de matériaux. Le principe de ce type d’escalier est simple : il est constitué d’un support central vertical autour duquel s’organisent les marches, réalisées en porte-à-faux ou en appui sur un autre support. Le bloc central est généralement en métal ou en bois, parfois en béton armé dans le cas d’escaliers extérieurs. Les marches peuvent être réalisées dans plusieurs matériaux. Ce type d’escalier peut être aménagé à différents endroits de l’habitation et demande une prise au sol moindre qu’un escalier droit classique. IL Y A PLUSIEURS AVANTAGES À ADOPTER UN ESCALIER EN COLIMAÇON.
Tout d’abord, il permet d’optimiser
l'espace. Grâce à sa faible emprise au sol, et contrairement à un escalier droit qui a besoin de plus d’espace de recul, il peut s'implanter là où vous le souhaitez, que ce soit dans un angle ou dans des zones réduites. Avec son diamètre ne dépassant pas le 1,60 m, il est parfait pour les lofts et les appartements. Par ailleurs, l’escalier en colimaçon est généralement modèle autoporteur, ce qui signifie qu’il est indépendant et qu’il n’a pas besoin de mur d’appui dans l’habitation. Un troisième aspect qui explique son succès, c’est sa forme tout en courbes, extrêmement graphique et sensuelle. Installé aussi bien en intérieur qu’en extérieur, cet escalier apporte une touche de raffinement aux constructions les plus variées. Au rang des inconvénients, il faut noter que l’escalier hélicoïdal présente une faible largeur, ce qui rend difficile d’y faire passer des objets lourds ou de grandes dimensions. D’autre part, il ne faut pas négliger le danger qu'il peut représenter pour les enfants et les personnes âgées. Les marches sont irrégulières et peuvent donner le tournis. L’escalier hélicoïdal est construit dans différents métaux, en bois, en verre ou même en béton, afin de s’adapter à tous les types d’architectures et de styles.
EN KIT OU SUR MESURE
L’escalier en colimaçon se décline en deux variétés : les modèles en kit et les modèles sur mesure. Réalisés en bois, en métal ou dans un mélange des deux, les escaliers en kit affichent un diamètre de 100 cm à 160 cm pour une hauteur qui peut aller jusqu’à cinq mètres, selon les besoins. Les modèles en kit sont en général faciles à installer, mais il est toujours plus prudent de faire appel à un professionnel pour éviter tout désagrément. L’escalier en colimaçon sur mesure est réalisé en tenant compte des spécificités de votre intérieur. Il s’adapte également à toutes vos envies et peut être construit dans des styles et des matériaux (bois, métal ou verre) variés. Son diamètre va jusqu’à 200 cm. Cependant, ce type d’escalier en colimaçon nécessite une bonne mise en place. Étant donné qu’elle est réalisée sur mesure, cette structure ne peut plus être modifiée. Assurezvous donc de prendre les mesures exactes avant de la faire construire. Il faut impérativement que l’installation soit effectuée par un professionnel.
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Photo : Anbrey Bezuglov
Pratique
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Chauffage au bois
Chauffage au bois
LA DANSE DES FLAMMES A la fois éléments de décoration et appareils de chauffage, les poêles et les cheminées ont une place centrale dans les intérieurs contemporains de tous les styles. Le feu qui brûle et crépite dans le foyer est source de quiétude et de réconfort. La chaleur qui s’en dégage est empreinte d’un sentiment bien différent de celle produite par les installations au gaz ou au mazout.
O
n distingue plusieurs types de foyers : le foyer fermé, la cheminée à foyer ouvert et le poêle. Chaque équipement a ses caractéristiques propres, et il convient de choisir en fonction de ses envies et besoins spécifiques. Outre les critères liés à l’esthétique et la qualité de rayonnement, il faut également prendre en compte l'inertie de l'installation, c’est-à-dire la capacité de l’appareil et de ses revêtements à stocker la chaleur grâce à des matériaux tels que la faïence ou les briques réfractaires. Il ne faut pas négliger non plus la question de la sécurité. Si des enfants peuvent se trouver à proximité de l'appareil, il conviendra de privilégier des appareils à double enveloppe permettant d'obtenir des températures de surface moins élevées, ceci afin de minimiser les risques de brûlures. LA CHEMINÉE À FOYER OUVERT
La cheminée à foyer ouvert est une niche aménagée dans le mur de l’habitation, reliée à l’extérieur par un
conduit maçonné permettant l’évacuation des fumées. Elle comprend un foyer ouvert, également appelé âtre. Le feu est visible et peut être protégé avec un pare-feu. C’est la cheminée traditionnelle par excellence, authentique et romantique, mais de plus en plus décriée pour son faible rendement énergétique (entre 10% et 15%) et pour son émission de polluants nocifs pour la santé et l’environnement - particules fines, monoxyde de carbone, benzène, oxydes d’azote, composés organiques volatils et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). LA CHEMINÉE À FOYER FERMÉ
La cheminée à foyer fermé est dotée d’une porte ou d’une vitre, ce qui la différencie de la cheminée à foyer ouvert traditionnelle. Son rendement oscille entre 70% et 85% et elle émet dix fois moins de polluants qu’un foyer ouvert. La durée de chauffe est également plus longue (environ une dizaine d’heures) et la consommation de bois est réduite. Le foyer fermé offre
davantage de sécurité, car il empêche des projections de braises ou de morceaux de bois incandescents dans la pièce. Le dispositif fait en sorte que les cendres et les poussières sont maintenues à l’intérieur. Certes, il est possible de relever les parois vitrées du foyer pour profiter du spectacle des flammes, mais dans ce cas la performance du dispositif est amoindrie. En cas d’installation d’un foyer fermé, il est obligatoire d’effectuer un tubage du conduit d’évacuation. Cette opération consiste à doubler l’intérieur du conduit d’une gaine en inox, afin de garantir son étanchéité lors de l’évacuation des fumées. Un conduit étanche permet un meilleur tirage, et donc un meilleur rendement de l’appareil de chauffage. La puissance d’une cheminée à foyer fermé peut atteindre 10 à 20 kW selon les modèles. La montée en température se fait de manière progressive. L’INSERT
Il s’agit d’une chambre de combustion métallique qui s’encastre ➔ wunnen
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Photo : XXLPHOTO
Pratique
Le poêle est un appareil de chauffage indépendant de la maçonnerie du bâtiment. Un autre signe distinctif est le fait que le raccordement au conduit d’évacuation est visible, ce qui constitue un élément esthétique additionnel. dans l’âtre d’une cheminée à foyer ouvert. Le foyer ouvert devient un foyer fermé, ce qui permet d’augmenter le rendement de manière significative : de 15 à 70%, voire 80% pour les modèles les plus performants ! L’insert est compatible avec tous les combustibles, bûches comme granulés, et émet jusqu’à 10 fois moins de polluants que le foyer ouvert. L’installation d’un insert requiert la vérification de la cheminée et du conduit existant par un spécialiste du chauffage au bois. Le plus souvent, un tubage du conduit est indispensable, à faire réaliser par un professionnel, dans le respect de la réglementation en vigueur. LE POÊLE
Contrairement à une cheminée ou un insert, le poêle est un appareil de chauffage indépendant de la maçonnerie du bâtiment. Un autre signe distinctif est le fait que le raccordement au conduit d’évacuation est visible, ce qui constitue un élément esthétique additionnel. Le poêle à bois fonctionne, soit avec des bûches, soit avec des granulés. Selon les modèles, le rendement se situe entre 75% 66
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et 85%. Le rendement d’un poêle à granulés à double combustion peut même se rapprocher des 100%. Les fabricants ont développé des poêles dans une grande variété de formes, de couleurs et de styles. Les formats et volumes des poêles à bois sont variés mais, en général, ils prennent moins de place qu’un foyer. Des poêles de petite dimension peuvent tout à fait convenir en tant que chauffage d’appoint. Beaucoup plus volumineux, les poêles de masse constituent une solution de chauffage à part entière. Ils permettent de prolonger la combustion, en jouant sur les spécificités des matériaux qui les composent. La pierre d’accumulation d’un tel poêle, qui induit plus d’inertie, ralentit la combustion, générant une chaleur à diffusion plus lente. LE PRINCIPE DE LA DOUBLE COMBUSTION
La grande majorité des foyers fonctionnent selon le principe de la double combustion. De l’air secondaire, injecté au-dessus des flammes, permet de brûler les gaz et les particules contenus dans les fumées avant
leur rejet dans le conduit de fumée. Outre une diminution sensible des émissions polluantes, cette double combustion permet d’atteindre des rendements de 70 à 80%. La récupération d’un maximum de chaleur par des systèmes qui allongent le circuit parcouru par les gaz de combustion ou par un habillage intérieur du foyer en matériau réfractaire prolonge la durée de fonctionnement pour atteindre dix heures, voire plus. LE RENDEMENT
Le rendement est le niveau de performance de l’appareil. Chaque type de foyer induit une certaine quantité de pertes de chaleur. Plus le taux de rendement est élevé, moins il y a de déperditions. Si vous souhaitez installer une cheminée pour vous chauffer quotidiennement, il faut donc préférer un appareil à haut rendement, car la consommation de combustible est moindre. Le rendement ne dépend pas que de l’appareil lui-même, il est également lié à des paramètres tels que le tirage, le conduit de fumée et la qualité du combustible (bois sec).
Photo : Elena Elisseeva
Chauffage au bois
RENDEMENT APPROXIMATIF DES DIFFÉRENTS TYPES DE CHEMINÉES :
Feu ouvert : entre 10% et 15%, ce qui signifie que beaucoup d’énergie est perdue. En outre, la cheminée à foyer ouvert n’a que quelques heures d’autonomie. Elle consomme donc énormément. Poêle à bois, insert ou foyer fermé : rendement compris entre 30% (appareils anciens) et 90% (appareils modernes), souvent avec une autonomie de chauffe d’au moins dix heures en feu continu. EVITEZ UNE PUISSANCE SURDIMENSIONNÉE
Il convient de choisir l’appareil adapté à la dimension de l’espace à chauffer, surtout si le poêle ou l’insert viennent en appoint d’un système principal (pompe à chaleur, chaudière à gaz ou au bois, radiateurs électriques, etc.). On considère en général que, dans une habitation, il faut compter une base de 1 kW pour 10 m² de surface. Ainsi, si vous souhaitez chauffer un séjour de 100 m2 dans la maison, 10 kW seront amplement suffisants. Si vous vous équipez d’un appareil dont les capacités
ATTENTION AUX PARTICULES FINES Lors de son usage, le chauffage au bois émet des particules fines et représente une source émettrice importante de contaminants, nocifs à la fois pour la santé et pour l’environnement. Pour éviter cette pollution, il est recommandé de prendre les mesures suivantes : utilisez des appareils modernes performants ; utilisez du bois homogène, non-traité, avec le moins d'écorce possible, coupé et stocké au sec depuis au moins deux ans ; utilisez des bûches de la longueur préconisée par le fabricant ; ne jetez pas de détritus dans la chaudière (carton, emballages, plastique, restes d’aliments…) ; utilisez la bonne quantité de bois et évitez d'étouffer les flammes ; évitez d'utiliser le poêle à bois lors des épisodes de pollution ; faites entretenir la chaudière au moins une fois par an par un professionnel qualifié. En 2019, le ministère de l’Environnement, du climat et du développement durable a élaboré, en collaboration avec myenergy et la Fédération du génie technique - Section ramoneurs-fumistes -, un guide pratique sur la bonne utilisation d'un poêle à bois. Ce guide « Se chauffer au bois » peut être commandé auprès des trois institutions qui ont élaboré le document. www.emwelt.lu / www.myenergy.lu / www.fgt.lu
excèdent vos besoins, le risque est de le faire fonctionner en sous-régime de manière continuelle. Les conséquences d’un tel usage peuvent être une combustion de moindre qualité (quel que soit le choix du bois de chauffage réalisé), un encrassement
plus rapide de l’appareil et une usure précoce du corps de chauffe, notamment à cause du phénomène de corrosion.
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Étanchéifier la salle de bains
DE L’EAU, D’ACCORD MAIS PAS TROP NON PLUS ! La salle de bains est une pièce humide par définition. C’est un espace intime où l’on se lave, l’on se rase, l’on prend un bain ou une douche. De là l’importance d’avoir des parois et des installations parfaitement imperméables.
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Étanchéifier la salle de bains
L
a salle de bains est exposée à un taux d’humidité élevé : vapeur d’eau qui se dépose sur les murs et le sol, projections d’eau au niveau de la douche et de la baignoire. Un défaut d’étanchéité ou un débordement d’eau peut vite causer des dégâts importants sur la structure du bâtiment. Ce qui rajoute au problème, c’est que, quand on se rend compte d’une fuite d’eau, le mal est souvent déjà avancé. La plupart des dommages liés à l’humidité résultent d’une mauvaise installation des membranes d’étanchéité, de transferts mur-sol et des systèmes d’évacuation. Outre le dégât des eaux, il faut penser également aux problèmes de moisissures, se traduisant par des taches blanches ou sombres qui viennent pourrir le revêtement (peinture, lambris, carrelage…). SOLUTIONS D’ÉTANCHÉITÉ
Etant donné ces risques, il est important de concevoir la salle de bain avec des matériaux de revêtement qui résistent à l’humidité. Par ailleurs, avant la mise en place du revêtement mural ou de sol, il faut préparer le support pour le rendre étanche. Pour cela, il existe plusieurs solutions. Nattes et bandes d’étanchéité : la natte ressemble à une toile de verre qui est appliquée sur les murs. Elle est complétée par des bandes armées au niveau des liaisons et des angles, ce qui permet aussi d’éviter des déformations. Pour renforcer ce dispositif de protection, vous pouvez combler les éventuelles fissures ou trous avec un produit hydrofuge tel que le mastic. Peinture élastomère en caoutchouc synthétique : à appliquer en deux couches croisées sur une surface parfaitement propre et dépoussiérée. Plaques hydrofuges (pour les murs) : une solution facile à mettre en place et idéale pour servir de protection sous un carrelage. LES REVÊTEMENTS
Il existe sur le marché une vaste
gamme de solutions pour les revêtements muraux et de sols. Certains revêtements présentent une moins bonne résistance à l’eau et à la chaleur, tandis que d’autres sont bien adaptés aux pièces humides. Le carrelage, matériau traditionnellement associé à la pièce d’eau, offre une excellente protection, mais à condition de bien préparer la surface avec un enduit étanche et de soigner les joints. Un revêtement carrelé n’est pas de par lui-même étanche à l’eau - les joints finissent toujours par se fissurer et l’eau par s’infiltrer, en particulier si le carrelage est collé sur un support souple, telles des plaques de plâtre, par exemple. Si vous préférez repeindre les murs de votre salle de bains, choisissez une peinture spéciale pièce humide, plus résistante et étanche. Le béton ciré est un matériau tendance très prisé pour ses qualités esthétiques. Il requiert cependant une parfaite maîtrise lors de son application. En effet, une pose mal réalisée aura pour conséquence un défaut d’étanchéité du revêtement et une durabilité réduite. Le bois est également très apprécié pour son rendu naturel. Utilisé dans la salle de bains, il faut qu’il soit imputrescible et traité à l’huile ou au vernis. Il faut veiller aussi à ce que le plancher en bois soit placé sur un support en béton ou en panneaux de particules hydrofugées. LES ZONES LES PLUS SENSIBLES
Dans une pièce d’eau, le risque d’infiltration se situe essentiellement au niveau de la douche et/ou de la baignoire, du fait des grandes quantités d’eau utilisées et des projections. Qui plus est, c’est là que se concentrent la plupart des malfaçons et des dégâts des eaux. Plus ces équipements sont utilisés, plus les risques d’infiltrations d’eau sont élevés. Car l’eau peut s’insinuer partout : à travers les joints du carrelage, par les fissures dans les cloisons ou à leur liaison, par le perçage réalisé pour fixer la barre d’appui s’il n’est pas siliconé… Parce que les dégâts sont souvent importants et les remises en état toujours
compliquées, mieux vaut prévenir que guérir. Il faut être particulièrement vigilant aux liaisons mur/sol et mur/mur (angles), surtout s’ils sont de nature différente (plâtre/brique ou béton/plâtre…), car cela favorise l’apparition de fissures qui sont synonymes d’infiltrations d’eau. Pour renforcer l’étanchéité de vos installations, surtout si elles ont déjà un certain âge, n'hésitez pas à combler les fissures et les petits trous avec des matériaux hydrofuges (mastic, matériaux imperméables, mortier). La douche à l’italienne en particulier implique une fiabilité irréprochable en matière d’étanchéité. Si la mise en œuvre n’est pas suffisamment soignée, les conséquences pourraient être très fâcheuses : infiltration d'eau, décollement du carrelage, cloquage de la peinture, odeurs nauséabondes de moisi… Afin d’éviter ce genre de dégradations, l’installateur doit créer un réceptacle totalement imperméable aux infiltrations. Dans ce but, il va réaliser un cuvelage, opération qui consiste à disposer une chape de zinc ou de plomb sous le revêtement du sol pour ensuite la recouvrir de béton hydrofuge. Au lieu de la chape de plomb ou de zinc, il est également possible d'utiliser des kits composés de résines et de poches ou de plaques hydrophobes. Ces procédés nécessitent également l’application de produits hydrofuges pour le jointoiement sol/mur. Il existe aussi des formules moins contraignantes, telles que le bac prêt à poser avec siphon intégré, comprenant une plaque étanche de polystyrène extrudé armé sans raccord. LA BAIGNOIRE
Le sol sous la baignoire doit être parfaitement imperméable, en ayant recours aux mêmes solutions d’étanchéité que pour la douche. Pensez également à étanchéifier les joints, en appliquant du silicone par exemple.
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Pratique
L’ASSURANCE TOUS RISQUES CHANTIER Tout chantier, qu’il s’agisse d’une nouvelle construction ou d’une rénovation, comporte toujours sa part d’imprévus, qui, dans certains cas, peuvent engendrer d’importants surcoûts. L’assurance tous risques chantier permet de se prémunir contre cette éventualité et de poursuivre le chantier en toute sérénité.
L
es imprévus peuvent être de différente nature et donner lieu à différents désagréments : interruption des travaux, pertes de matériel,
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interventions additionnelles… L’objectif de l’assurance tous risques chantier (TRC), proposée par toutes les grandes compagnies sous différentes dénominations, a pour objet
de couvrir l'ensemble des dommages matériels occasionnés sur le chantier et tout ce qui est destiné à faire partie intégrante de l’ouvrage définitif. Il ne faut pas confondre assurance TRC
L’assurance tous risques chantier
et garantie décennale. Cette dernière se destine à garantir la qualité des travaux après leur livraison, et ce pendant dix ans. QUI SOUSCRIT ?
L’assurance TRC n’est pas obligatoire, mais elle est fortement recommandée pour tous les intervenants sur un chantier de construction. Selon l’article 1788 du Code civil, le constructeur est responsable des dommages subis par l’ouvrage en cours de construction. Cependant, en fonction de l’envergure et de la complexité du chantier, il peut y avoir une multiplicité d’intervenants, ce qui se traduit par un enchevêtrement des responsabilités en cas de sinistre. Dans la pratique, lorsque survient un incident pendant les travaux, il est parfois difficile d’en déterminer les causes et le ou les responsables. Cela requiert souvent un travail d’expertise qui peut nécessiter des mois, voire parfois des années, pour aboutir à une conclusion. Pendant cette phase d’expertise, le maître d’ouvrage ou l’entreprise de construction ne peut pas se permettre d’interrompre le chantier et de s’exposer à un important retard de livraison. Si l’assurance TRC a été souscrite par le maître d’ouvrage, un financement est tout de suite disponible pour la poursuite des travaux, sans que l’assureur effectue au préalable une recherche pour déterminer les responsabilités, ce qui permet d’éviter des disputes ou désaccords en cours de réalisation du projet. De plus, en fonction de la garantie souscrite, les dommages causés à des immeubles voisins peuvent aussi être pris en charge par l’assurance, ce qui peut être une excellente chose notamment dans le cas de la propagation d'un incendie. De leur côté, les corps de métier intervenant sur le chantier peuvent eux aussi décider de souscrire une assurance de ce type afin de se protéger contre tout recours de l’assureur du maître d’ouvrage.
QUELS SONT LES RISQUES COUVERTS ?
Les risques encourus pendant un chantier sont multiples et divers. Ils peuvent être liés à des causes naturelles ou provoqués par une erreur humaine. Catastrophes naturelles : tempête et vents, orage et grêle, dégâts des eaux, glissement de dalle ou de terrain, incendie, explosion ou effondrement, erreurs de calculs et défauts de construction, négligences et imprudences, vols et actes de vandalisme, chocs et attentats. Les dégâts peuvent toucher l’ouvrage lui-même ainsi que les matériaux de construction, les équipements, les biens existants, les intervenants et les tiers. Sont également garantis les échafaudages nécessaires à la réalisation des travaux de construction, le matériel et l'outillage, les baraques de chantiers, les plans, devis, documents techniques, administratifs et comptables. Une assurance TRC est un contrat sur-mesure, qui doit
Si l’assurance tous risques chantier a été souscrite par le maître d’ouvrage, un financement est tout de suite disponible pour la poursuite des travaux, indépendamment de l’enquête pour déterminer les responsabilités.
être adapté à chaque chantier et qui prend en compte ses spécificités, son envergure, son coût, les entreprises qui interviendront… Il faut donc élaborer, avec l’aide de l’assureur, un contrat couvrant explicitement les risques possibles et probables du chantier à mettre en œuvre. La période de garantie prend effet à partir de la date d’ouverture de chantier jusqu’à la date de réception des travaux. wunnen
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Pratique
QUESTIONS JURIDIQUES
VICES APPARENTS ET VICES CACHÉS
Nous avons vendu notre appartement. Depuis la signature de l’acte, l’acquéreur ne cesse de nous faire part de réclamations sur des dysfonctionnements divers, alors que tout était en ordre avant la remise des clés. Cela fait déjà des mois que ça dure, avec à chaque fois des demandes infondées, qui passent maintenant également par l’ancien syndic et l’agence immobilière. Dans quelle mesure ce nouveau propriétaire peut-il continuer à nous harceler ? Que pouvons-nous faire pour être enfin tranquilles ? Lorsqu’une vente a lieu, des garanties sont octroyées à l’acheteur. L’article 1642 du Code civil prévoit que le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même. Les vices apparents sont ceux qui sont visibles lors de l’achat de l’immeuble. Cependant, le caractère apparent du vice ne signifie pas qu’il doit être visible d’un simple 72
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coup d’œil. Ainsi, le vice qui peut être découvert par l’acquéreur par un examen des lieux sera considéré comme un vice apparent. Par exemple, s’il y a une tache d’humidité derrière un meuble que l’acquéreur peut découvrir en bougeant celui-ci, celle-ci est considérée comme un vice apparent. A contrario, le vice sera considéré comme caché si la découverte de celui-ci n’est possible que par un technicien. Plus précisément, le vice caché est un défaut qui n’est pas visible lors de l’achat du bien et qui le rend impropre à l’usage auquel il est destiné ou qui en diminue son utilisation à tel point que l’acquéreur l’aurait acheté à moindre prix s’il en avait eu connaissance. La garantie de ce vice caché est prévue à l’article 1643 du Code civil puisqu’il prévoit que le vendeur est tenu des vices cachés, même non connus, sauf si le contrat stipule qu’il n’est obligé à aucune garantie. En pratique, il est donc possible de prévoir dans le contrat que le vendeur ne sera pas responsable
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Maître Amanda Thiry, avocat à la Cour, répond à des questions de lecteurs sur le thème de l’immobilier et du logement.
Maître Amanda Thiry Avocat à la Cour
Questions juridiques
des vices cachés, mais cette clause n’est valable que si le vendeur est un non-professionnel et de bonne foi. Un vendeur est considéré de bonne foi s’il ignorait l’existence de vices cachés au moment de la vente. Si votre contrat contient une telle clause, l’acquéreur devra prouver que le vendeur avait connaissance des vices lors de la vente pour obtenir une garantie. Or, cette preuve est généralement difficile à rapporter. Par contre, si votre contrat ne prévoit pas une telle clause, le vendeur sera tenu des vices cachés, même ceux dont il n’a pas connaissance. Cette garantie existe pendant trente ans à la condition que l’acquéreur dénonce le vice caché au vendeur dans un bref délai à partir du moment où l’acquéreur l’a découvert ou aurait dû le découvrir. Le terme « bref délai » n’est pas défini par la loi et est donc soumis à l’appréciation du tribunal au cas par cas. L’acquéreur devra ensuite introduire une action en justice dans un délai d’un an à compter de la dénonciation. Passé ce délai, l’acquéreur ne pourra plus faire appel à sa garantie. Ainsi, il est normal qu’en cas de problème, l’acquéreur prenne contact avec le vendeur pour dénoncer les vices cachés qu’il découvre. Par contre, il n’a pas à revenir vers le vendeur pour réparer des vices apparents, même s’il ne les a découverts qu’après la vente. C’était à l’acheteur de réaliser les vérifications nécessaires avant la vente pour connaître tous les vices apparents qui touchent le bien. Dans certains cas, vous pouvez anticiper pour éviter que l’acquéreur de mauvaise foi ne revienne vers vous lorsqu’il n’en a pas le droit. Par exemple, vous établissez un écrit signé par toutes les parties qui atteste que le vendeur a donné les clés de la maison et du garage à l’acquéreur. Ainsi, l’acquéreur qui perdrait les clés ne pourrait pas revenir vers le vendeur en faisant croire qu’il n’a jamais reçu les clés dans le but de lui faire supporter les frais de changement de serrure. Si l’acquéreur importune le vendeur
au point que cela devient du harcèlement et qu’il refuse de le laisser en paix, la seule solution sera de porter plainte contre l’acquéreur pour harcèlement. L’article 442-2 du Code pénal prévoit que « Quiconque aura harcelé de façon répétée une personne alors qu’il savait ou aurait dû savoir qu’il affecterait gravement par ce comportement la tranquillité de la personne visée… Le délit prévu par le présent article ne pourra être poursuivi que sur plainte de la victime, de son représentant légal ou de ses ayants droit. » Cette définition du harcèlement est très large et permet au juge d’avoir une très grande marge d’appréciation au cas par cas. TERRAIN DE DISCORDE
A qui appartient le terrain situé derrière un immeuble de deux appartements achetés en copropriété ? Les plans cadastraux indiquent que l’immeuble acheté contient le terrain. L’acte de copropriété ne mentionne aucune utilisation pour ce terrain. Cependant, l’autre copropriétaire prétend avoir le droit d’utilisation exclusif du terrain. Lorsqu’une personne achète un appartement, le contrat de vente précise toujours de quel appartement il s’agit dans l’immeuble, mais également si la vente comprend autre chose tel qu’un jardin, une place de parking ou encore une cave. S’il n’y a pas d’indication à ce sujet, la personne n’est propriétaire que de l’appartement. L’article 3 de la loi du 16 mai 1975 portant statut de la copropriété des immeubles bâtis prévoit ceci : « Sont privatives les parties des bâtiments et des terrains réservés à l'usage exclusif d'un copropriétaire déterminé. Elles sont la propriété exclusive du copropriétaire. » Si la personne propriétaire du second appartement prétend avoir le droit exclusif du terrain situé derrière l’immeuble, il doit ramener la preuve qu’il est propriétaire de cette parcelle de terrain.
Pour cela, il doit avoir un contrat de vente pour cette parcelle de terrain. S’il parvient à rapporter cette preuve, il est effectivement le propriétaire de cette parcelle de terrain. Il en a donc l’usage exclusif, car c’est une partie privative au même titre que l’appartement. Par contre, s’il ne rapporte pas la preuve qu’il est propriétaire et que le règlement de copropriété ne prévoit rien concernant cette parcelle de terrain, il faut appliquer ce que la loi prévoit. L’article 3 de la loi du 16 mai 1975 portant statut de la copropriété des immeubles bâtis prévoit que « Sont communes les parties des bâtiments et des terrains affectées à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d'entre eux. Dans le silence ou la contradiction des titres, sont réputés parties communes : - le sol, les cours, les parcs et jardins, les voies d’accès… » Dans le cas d’espèce, le terrain derrière le bâtiment est à considérer comme une partie commune. Les deux copropriétaires ont donc accès à ce terrain et aucun n’a l’usage exclusif de celui-ci. En conséquent, chaque copropriétaire pourra utiliser le terrain derrière le bâtiment et devra aussi prendre à sa charge une partie des frais engagés pour l’entretien de celui-ci. ENVOYEZ-NOUS VOS QUESTIONS Pour nous communiquer vos questions juridiques en relation avec l’immobilier, la construction ou le logement : E-mail : redaction@wunnen-mag.lu Adresse postale : Wunnen, 275, rue de Luxembourg, L-8077 Bertrange Fax : (+352) 26 38 93 13 Toute question envoyée sera prise en compte pour une éventuelle publication dans le magazine.
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AU CARREFOUR DES CHANGEMENTS Situé au sud-ouest de Luxembourg, le quartier de Hollerich est appelé à connaître de grands changements dans les années à venir. Avant que les chantiers n’en prennent possession et que sa physionomie ne soit irrémédiablement métamorphosée, nous avons voulu capter les vibrations visuelles de ce territoire hétéroclite qui mélange bouillonnement routier, activités économiques et espaces résidentiels.
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C
e qui nous a semblé particulièrement intéressant lors de notre déambulation, c’est la présence de nombreux interstices qui apparaissent comme des bulles en suspension au milieu du tumulte urbain. Des bulles qui peuvent être imprégnées de nature – le parc de l’Indépendance ou les petits chemins vers la Petrusse -, de culture – la salle de concerts de l’Atelier – ou de sports et loisirs – le Skatepark. Hollerich, et en particulier tout le noyau qui entoure la N56, depuis le tunnel de Merl jusqu’à la rue de Hollerich, est l’un des espaces de la capitale les plus fascinants à étudier, de par son caractère disparate et pluridimensionnel, sa superposition de 76
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structures architecturales de toutes les échelles spatio-temporelles, ses usagers de différentes fonctions sociales et origines culturelles. Dans certaines artères, on voit se succéder un chapelet de bâtiments de tous les âges, acabits et vocations. Hollerich ressemble à un patchwork de métal et de béton. Depuis près de 20 ans, responsables communaux, propriétaires privés et promoteurs discutent et réfléchissent autour du réaménagement de larges pans du quartier, notamment au niveau de l’entrée de ville, ce vaste couloir routier aux mille panneaux signalétiques, à partir duquel les automobilistes sont aiguillés vers les différents secteurs de la capitale. Pour revaloriser cette zone de
C’est le propre d’une ville dynamique de toujours se remettre en question et de se réinventer sur le plan urbanistique. 35 hectares, les responsables communaux planchent depuis de nombreuses années sur le développement du projet « Porte de Hollerich ». L’objectif est de reconfigurer l’entière physionomie de l’entrée de ville :
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transformation de la bretelle d’accès en boulevard urbain, renaturation des ruisseaux de Merl et de Cessange, ouverture de la vallée de la Petrusse, aménagement de promenades cyclables et pédestres. Un programme ambitieux qui demande encore beaucoup de consultations et planifications, et dont la concrétisation ne devait pas être entamée avant 2030. En attendant, dans le cadre du nouveau plan d’aménagement du quartier, plusieurs lotissements nouveaux sont prévus ou ont déjà été réalisés. Avec comme mot d’ordre la densification et la création de logements, ces projets transforment de façon accélérée et spectaculaire le visage des rues et artères, en remplaçant d’anciens bâtiments
(maisons ou ateliers) par des blocs résidentiels au look minimaliste. En arpentant ces espaces urbains qui sont au centre de tellement d’enjeux, nous nous demandons comment ils vont être impactés par les grands projets urbanistiques qui se profilent à l’horizon. Quels bâtiments survivront et lesquels sont appelés à être anéantis par les pelleteuses, quelles activités seront maintenues et lesquelles vont s’évanouir dans les brumes ou se réinventer, quels espaces vont être dissolus et lesquels vont renaître à la vie ? C’est le propre d’une ville dynamique de toujours se remettre en question et se réinventer. Les grues au-dessus des toits et les trous de chantier sont le signe d’une bonne santé économique.
Pourtant, ils reflètent aussi des changements profonds au niveau des habitants : des populations plus aisées emménagent, d’autres plus défavorisées partent, de nouvelles économies se développent, de nouveaux comportements aussi. On ne sait pas encore clairement quand ni comment les grands projets d’envergure se matérialiseront, mais il est sûr qu’à terme Hollerich deviendra autre chose, plus dense mais aussi plus écologique, mieux relié aux autres quartiers par des voies de mobilité douce. C’est donc empreint de cette nostalgie du futur que nous avons pointé l’objectif de notre caméra sur ces façades, rues et places. Pour que le futur n’oublie pas son passé. ›› Photos : P. Lobo
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TRICKS ET BATTLES À GOGO Véritable landmark à la lisière de la bretelle d’accès à l’autoroute, le site des anciens abattoirs de Hollerich est un haut-lieu de la culture urbaine : les murs y sont depuis longtemps dédiés à la pratique autorisée du graffiti, et plusieurs générations d’artistes locaux y ont laissé leur empreinte, forcément éphémère. Le site héberge également, entre autres entités, un skatepark couvert de 500 m2, très fréquenté par les jeunes de tous les âges. Depuis quelques années, la Ville de Luxembourg réfléchit à un projet de rénovation et reconversion du site, mais la nouvelle affectation n’a pas encore été déterminée. En attendant, skateurs et grapheurs peuvent encore trouver leur bonheur dans cet espace éminemment coloré, en multipliant tricks et battles !
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Une maison étonnante à Ehnen
Une maison étonnante à Ehnen
REGARDER LE PAYSAGE DROIT DANS LES YEUX Une maison dans laquelle l’architecture est axée sur la relation au paysage. Une maison qui n’a pas peur d’afficher sa différence. Une maison qui offre un sacré pied de nez à l’architecture standardisée. C’est tout cela que cristallise l’ouvrage conçu par WeB Architecture dans le village viticole de Ehnen.
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l faut d’abord dire le paysage exceptionnel. Imaginez la scène : juchée sur une colline, la maison offre une vue panoramique sur le village et sa forêt de toitures, les vignes sur les coteaux et la rivière qui serpente dans la vallée de la Moselle. Un paysage comme un tableau que le maître d’ouvrage avait envie d’embrasser à toute heure de la journée et en toutes saisons. Il a fait alors appel au bureau WeB architecture, réputé pour son style à nul autre semblable, avec l’objectif de réaliser une maison personnalisée qui soit au diapason du panorama exceptionnel qui se déploie sous ses yeux. Afin de comprendre la genèse et le déroulement de ce projet, nous nous sommes entretenus avec le maître d’ouvrage (MO) et les architectes de WeB Architecture et urbanisme, Jean-Claude Welter, associé-gérant, et Alice Giesen, qui a supervisé le 86
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chantier. Comment une maison aux formes et matériaux si étonnants a-t-elle pu se faire dans cet environnement idyllique ? Wunnen : Cette maison, qui était parmi les candidats au dernier Bauhärepräis, nous a interpellés par son audace formelle et son atmosphère spéciale. Quand le projet a-t-il été réalisé ? Alice Giesen : Le premier avant-projet sommaire (APS) a été fait en juillet 2014, la demande d’autorisation a été déposée en octobre 2014 et l’autorisation sur base des plans définitifs a été accordée en mars 2017. La construction s’est terminée fin 2018, les dernières finitions ont été faites courant 2019. Question au MO : Pourquoi ce choix d’une maison atypique, différente ? MO : J’habite ici depuis 25 ans. Avant la transformation, c’était
« Avant la transformation, c’était un bungalow de style traditionnel, avec des petites fenêtres. Je regrettais d’avoir une vue imprenable et de ne pas pouvoir en profiter. » Le maître d’ouvrage.
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un bungalow de style traditionnel, avec des petites fenêtres. Je regrettais d’avoir une vue imprenable et de ne pas pouvoir en profiter, mais pendant longtemps, je n’ai pas eu le budget pour construire. Finalement, après une vingtaine d’années, j’ai pu mettre en œuvre le projet qui me tenait à cœur, celui d’une nouvelle habitation, radicalement différente, mais se trouvant exactement au même endroit. AG : Notre mission consistait à réaliser une transformation de la maison existante. Dans le projet abouti, la seule chose qui reste de la construction originale, c’est la partie cave. Le pourtour de la terrasse délimite l’emprise du bungalow antérieur. Jean-Claude Welter : La cave est restée comme une sorte de mémoire du bâtiment antérieur, qui se déployait sur le terrain en forme de L. Nous avons démoli toute la structure qui se trouvait au-dessus de la cave, et, à la place, nous avons érigé une construction en ossature de bois sur deux étages.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce que vous avez vu ? MO : Le fait justement que ce bureau ne faisait pas de maisons typiques. J’avais déjà une maison typique et j’aurais tout aussi bien pu me dire « je vais faire une simple rénovation », mais je voulais un changement plus important, je voulais changer de décor, gagner de nouveaux points de vue sur le paysage, me projeter dans un cadre différent, tout en restant au même endroit. Pas question d’abandonner cette vue-là. Le projet se démarque de tout ce qui l’entoure… On peut imaginer que ça n’a pas été facile de le faire accepter par la commune… JCW : En effet, nous avons dû défendre et expliquer le projet à différentes reprises devant la commission des bâtisses. Un règlement des bâtisses, ça compte pour les deux
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Comment votre choix s’est-il porté sur Web Architecture ? MO : J’ai fait des recherches sur Internet, j’ai parcouru les sites de plusieurs bureaux, et je suis tombé sur celui de Web Architecture : en découvrant le portfolio, je me suis dit que c’était l’architecte qu’il me fallait.
Les architectes de WeB Architecture et urbanisme, Alice Giesen, qui a supervisé le chantier, et Jean-Claude Welter, associé-gérant.
parties impliquées, l’important, c’est d’être conforme au règlement. Dans le cas présent, il s’agit d’une maison dotée d’une toiture avec une pente unique. Il fallait qu’on soit d’accord sur la définition de la corniche et de la faîtière, et comment mesurer la hauteur de la faîtière par rapport au terrain naturel. C’était sur des questions d’interprétation de ce genre qu’il fallait s’accorder – et on a su trouver les bonnes solutions. Les voisins ont certainement réagi… MO : La maison ne laisse personne
indifférent. Certains aiment, d’autres non. Certains craignent d’être observés, à cause de ses grandes baies vitrées à l’arrière. Certains promeneurs s’assoient d’abord sur la petite plateforme et viennent sonner ensuite à la porte pour demander des informations. JCW : C’est une maison qui a une forme résolument moderne, certes, mais qui s’intègre bien dans l’environnement : de par sa couleur anthracite neutre, elle se fait presque oublier dans le paysage. ➔
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Vous avez cette position privilégiée de regarder le village depuis la colline, mais aussi d’être regardé à tout moment – cette transparence ne vous importune pas ? MO : Ah non, pas du tout ! En face de nous, il y a d’abord le ciel, le paysage et la vallée ; à aucun moment nous n’avons le sentiment d’être exposés au regard des autres… Si de notre côté nous contemplons le tableau extérieur, il est naturel que nous soyons visibles depuis l’extérieur. Quels étaient les principes directeurs du projet ? MO : Je voulais de très grandes ouvertures vitrées, afin de profiter pleinement de la vue. Je voulais des intérieurs épurés, clairs et minimalistes. Je ne voulais plus des radiateurs visibles, mais plutôt un chauffage au sol. Dès nos premières entrevues avec les architectes, dès les premières esquisses, j’ai senti qu’on était sur la bonne voie. JCW : Les premiers plans donnaient déjà la direction. La topographie
déterminait fortement la conception. Nous avons exploité au maximum la surface disponible, en tenant compte de la déclivité du terrain, dans le respect des reculs réglementaires. L’idée de départ, déjà visible sur l’avant-projet, a été maintenue, même si des petites modifications formelles ont dû être faites, au fur et à mesure des discussions avec la commission qui se sont étalées sur deux ans. AG : Le projet se définit comme une transformation de l’existant. On a démoli une partie du bungalow, on a gardé le socle comme soubassement pour la nouvelle maison, et on a rajouté deux parties en gros œuvre comme fondations. Tout ce qui est au-dessus du rez-de-chaussée est une construction bois, avec une couverture de zinc « Rheinzink » de couleur anthracite. Quels sont les avantages du zinc en tant que matériau de couverture ? JCW : Il y a une raison esthétique : le zinc offre une belle texture, il varie
Le maître d’ouvrage ne voulait pas de stores ni de jalousies au niveau des baies vitrées. La vue sur le paysage devait rester immaculée.
en brillance et teinte selon la lumière. Il y a l’avantage structurel : le zinc permet d’épouser toutes les géométries, de réaliser un volume monolithe, par exemple la toiture et la façade d’un seul tenant, sans avoir besoin de raccord avec un autre matériau. Il y a l’aspect de la durabilité : le zinc demande peu d’entretien et est très stable dans le temps, c’est une matière qui reste vive même si elle se patine. ➔ wunnen
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Les immenses baies vitrées n’engendrent-t-elles pas une surchauffe due à l’ensoleillement ? JCW : Pour des raisons esthétiques, le MO ne voulait pas installer de stores ni de jalousies aux fenêtres, on a donc renoncé à ce type d’équipements. La seule protection est offerte par un film spécial intégré au vitrage qui arrête 20% du rayonnement solaire. La ventilation se fait de façon mécanique, par simple ouverture des fenêtres. D’après le MO, ce simple moyen permet un climat agréable, même lorsqu’il fait très chaud en été. En utilisant la ventilation naturelle, il est possible de réguler correctement la température intérieure. Pourquoi avoir renoncé à installer des stores au niveau des baies vitrées ? MO : Je voulais profiter d’une relation ininterrompue avec le paysage. Expérimenter pleinement les quatre saisons. A chaque fois, on a une autre lumière, une autre vision. En 90
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L’optimisation énergétique n’était pas le but primordial ; l’objectif était de profiter du terrain et de regarder le paysage en face.
automne, le matin avec un peu de brouillard, et le soleil qui commence à percer ; en hiver, avec un peu de neige, la vue devient féérique ; au printemps, c’est l’explosion de la nature et des couleurs, et en été, c’est la plénitude des lumières et des vignes… Si, du côté de la vallée, vous avez opté pour de très grandes ouvertures
vitrées, côté rue, vous avez décidé de faire le contraire… MO : Toute la raison d’être de cette maison, c’est d’être tournée vers le paysage, il n’y avait pas besoin de s’ouvrir du côté de la rue. JCW : De plus, vu que la maison n’est pas très profonde à cause de la configuration du terrain en pente, et vu le choix de la toiture-façade d’un seul tenant, il était clair que les ouvertures se trouveraient côté paysage. La mise en œuvre de ces énormes pans de vitrage a certainement constitué un défi… AG : En effet, d’autant plus que ce sont des formes spéciales, faites sur mesure. Les éléments vitrés ont dû être acheminés au moyen d’une grue de chantier, avec plusieurs contraintes logistiques. Le plus grand des vitrages – pesant plus d’une tonne - s’est même brisé à deux reprises lors de l’installation. La troisième tentative a été la bonne. ➔
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Le zinc permet d’épouser toutes les géométries, de réaliser un volume monolithe, par exemple la toiture et la façade d’un seul tenant, sans avoir besoin de raccord avec un autre matériau.
Pour mener à bien un projet de ce type, il vous a fallu compter sur des entreprises aptes à travailler sur des ouvrages hors-normes… JCW : Il faut toujours cultiver un dialogue amical et constructif avec les artisans. En cours de chantier, il faut leur expliquer les choix, les accompagner, les diriger. Quand ils contemplent l’ouvrage achevé, ils doivent pouvoir se déclarer fiers et heureux d’y avoir participé. AG : Dans le cas présent, il était particulièrement important de coordonner les différentes tolérances entre les corps de métiers, par exemple entre le gros œuvre et la construction bois ou le menuisier. Il a fallu qu’ils aillent jusqu’au bout de leur savoir-faire pour que tout soit construit comme cela a été dessiné, et que tous les éléments se raccordent harmonieusement. Comment avez-vous abordé le volet de l’optimisation énergétique ? AG : Dans le cas de cet ouvrage, 92
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l’optimisation énergétique n’était pas le but primordial ; l’objectif était de profiter du terrain et de regarder le paysage en face. Comme il s’agissait d’une transformation et non d’une nouvelle construction, les obligations étaient moins contraignantes, mais nous avons quand même atteint la classe C – grâce à la bonne isolation de l’ossature bois, le triple vitrage, la pompe à chaleur géothermique… Comment avez-vous géré la question de l’acoustique ? AG : Nous n’avons pas mis en place d’installations spécifiques. La bonne qualité de l’acoustique résulte du travail sur la volumétrie. JCW : C’est la forme qui conditionne l’acoustique. La conjugaison de hauteurs irrégulières et de formes brisées permet de tapisser les sons, d’atténuer la réverbération. De plus, le confort d’habitation est renforcé par les choix d’aménagement intérieur : un parquet en chêne fumé
au sol, des meubles en tissu, des plantes… La maison associe de grands espaces ouverts et des pièces plus intimes, séparées du reste de l’habitation… MO : L’idée était d’avoir toutes les pièces importantes de vie sur un seul niveau, de sorte que, si un jour j’ai du mal à marcher, je garderai ma facilité de circulation. Sur ce niveau, le salon et la salle à manger forment une vaste plateforme ouverte, tandis que la cuisine et la chambre avec sa salle de bains se trouvent plus en retrait. A l’étage, on a aménagé une chambre d’amis ainsi qu’un espace de travail et une bibliothèque. Dans cette configuration, la cuisine est donc une pièce fermée… MO : En effet. Je déteste me lever le matin et sentir les odeurs de ce que j’ai cuisiné la veille au soir !
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Dans les intérieurs, vous privilégiez la simplicité et l’épure… MO : Je voulais éviter toute surcharge dans l’ameublement et dans la déco, et toute agressivité dans les couleurs, qui restent très sereines… Il y a un équilibre à maintenir entre les éléments utiles, pratiques, et ceux qui sont de nature plus décorative. La plupart des pièces de menuiserie ont été faites sur mesure afin de s’intégrer aux volumes sans les encombrer. Il manque encore des aménagements, le poêle suspendu dans le salon, des tableaux à certains murs… J’ai le temps, je ne voulais pas rentrer dans la maison en me disant que tout était fini pour toujours. Je préfère penser que cette habitation est en évolution permanente. Question à WeB Architecture : Estce que vous assumez ce style qui est le facteur qui a déterminé le MO à solliciter votre aide ? JCW : Depuis toujours, nous pratiquons l’architecture que nous
aimons. Nous préférons des défis de ce type à des commandes plus standard. C’est une chance que des maîtres d’ouvrage nous contactent dans cette optique. Notre bureau existe depuis 16 ans, et nous sommes heureux de pouvoir cueillir les fruits de notre travail. On fait de l’architecture non conventionnelle pour notre plaisir, et aussi bien sûr parce que la demande existe : il y a des clients qui veulent autre chose que le standard, même si cela implique toujours du temps et des énergies supplémentaires sur le plan administratif. MO : L’expérience avec le bureau d’architectes a été formidable, je n’aurais pas pu mieux tomber. Dès la première entrevue, je savais que j’allais obtenir quelque chose de spécial. A partir de là, même si l’autorisation a tardé un peu à arriver, le projet s’est déroulé parfaitement, et j’ai pu voir se réaliser la maison de mes rêves, avec la vue de mes rêves.
« Depuis toujours, nous pratiquons l’architecture que nous aimons – une architecture non conventionnelle pour notre plaisir, et aussi bien sûr parce que la demande existe : il y a des clients qui veulent autre chose que le standard, même si cela implique toujours du temps et des énergies supplémentaires. » Les architectes
›› www.archi-web.lu Photos : P. Lobo
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Schläifmillen, l’art à la rescousse du patrimoine
Schläifmillen, l’art à la rescousse du patrimoine
PAR ICI LES ARTISTES ! La Schläifmillen est une ancienne manufacture de tissus qui, depuis plus de trente ans, est investie par un collectif d’artistes. Ambiances, vibrations et couleurs.
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ul ne peut nier le caractère enchanteur de la Schläifmillen, située dans le quartier de Hamm. Cette impression de dépaysement féérique, nous l’avons ressentie un matin du mois de novembre, alors que nous longions la rue Godchaux qui conduit jusqu’au centre d’artistes. Imaginez le tableau, nous sommes au fond de la vallée, entre les falaises de Pulvermühl et les méandres de la rivière Alzette, la brume doucement se dissipe, sur le plan d’eau, on aperçoit un héron qui prend son envol, le bâtiment
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s’éveille, se drape petit à petit des chauds rayons de l’astre solaire. Dans le vaste jardin qui englobe l’édifice, des objets artistiques sont posés comme des étendards, des souvenirs ou des esquisses d’un élan créatif, autant de points d’exclamation qui entrent en dialogue avec le cadre naturel, la rivière, la forêt et les falaises. Après ce préambule où l’on se croirait dans un conte fantastique, nous voici dans la bonne disposition d’esprit pour aller à la rencontre de quelques-uns des artistes résidant sur le site.
Au mitan des années 80, quelques artistes reçoivent l’aval de la Ville de Luxembourg pour transformer un ancien bâtiment industriel en résidence d’artistes indépendants. Sans contrepartie de loyer, à la seule condition qu’ils prennent soin du bâtiment.
Schläifmillen, l’art à la rescousse du patrimoine
RAFAEL SPRINGER
« Mon atelier, c’est le désordre organisé, le chaos maîtrisé, un amoncellement d’idées devenues matière et de matières qui veulent devenir idées… » Rafael Springer
Nous pénétrons dans le bâtiment et montons au deuxième étage pour retrouver Rafael Springer. Cet artiste à l’œuvre protéiforme et au regard à la fois désabusé et gouailleur fait partie de la bande du Schläifmillen depuis une bonne vingtaine d’années. Dans son atelier, qui ressemble à une foisonnante caverne d’Ali Baba, il met les dernières touches à sa nouvelle création « le bateau ivre », un clin d’œil à Rimbaud. « Mon atelier, c’est le désordre organisé, le chaos maîtrisé, un amoncellement d’idées devenues matière et de matières qui
veulent devenir idées… Ce qui compte, c’est la liberté de chaque moment, je prends un chemin et puis un autre et puis encore un autre, c’est comme ça que j’avance, comme dans un labyrinthe. Je m’ennuie très vite des découvertes que j’ai faites, alors très vite, comme dans un bateau ivre, je hisse les voiles et je repars à l’aventure. Porté par le vent. Comme un papillon. Je me sens enfermé au Luxembourg et, grâce à l’art, je m’évade, je voyage, chaque nouvelle expression est un vent nouveau dans les voiles de ma vie… » ➔
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FLORA MAR
A l’autre extrémité de ce même deuxième étage, nous visitons l’atelier de Flora Mar, un vaste espace qu’elle partage avec la restauratrice Linda Kinsch. Flora Mar est plasticienne et explore les multiples méandres de l’âme humaine, en associant méthode scientifique, réflexion psychanalytique et humour, le tout donnant lieu à une recherche sur les formes et les matières. Ce travail tout en finesse de l’artiste contraste avec le cadre âpre et rugueux de l’atelier. « Ce que j’aime ici, c’est que le bâtiment convoque une esthétique de travail, issue de la rencontre de l’histoire industrielle et de l’expression artistique. Tous ces éléments interagissent et ont un terrible pouvoir évocateur. J’aime travailler. A travers mon travail, j’aime découvrir des choses. Le site de la Schläifmillen est l’un des plus beaux qu’on puisse s’imaginer, romantique, industriel, naturel. Par contre, l’atelier est à l’opposé de ce que je fais, il y a les grosses pierres, les murs bruts, pas arrangés, pas décorés… C’est à la fois étrange et stimulant, ce contraste entre cet espace brachial et les formes en filigrane que j’élabore. Probablement influencée par le lieu, je me retrouve parfois à essayer des procédés plus abrupts, des huiles qui dégoulinent, des collages plus rudes… » ➔
« J’aime le fait que le bâtiment convoque une esthétique de travail, issue de la rencontre de l’histoire industrielle et de l’expression artistique. » Flora Mar 98
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« Pour un artiste, il peut s’avérer très utile et agréable de se retrouver dans un collectif de personnes qui ont la même passion de créer, tout en gardant chacune sa personnalité. » Dani Neumann
DANI NEUMANN
Nous rencontrons Dani Neumann dans son atelier également au deuxième étage, un lieu ample et lumineux, on remarque les murs blancs immaculés et un minimum d’éléments fonctionnels. Sur cet écrin à la fois épuré et apaisé, l’artiste a posé ses toiles imposantes représentant des figures mêlant le réel et le fantastique. Dani travaille pour l’instant sur une série de « portraits covidiens » inspirée par les temps troubles que nous traversons. Dani Neumann est installée à la Schläifmillen depuis 1998. Son travail alterne entre peinture à l’huile et gravure sur bois,
créant des œuvres de différents formats qu’elle imprime à la main. « Je suis très contente d’être là parce que c’est difficile pour un artiste de trouver un atelier. Le site est très beau. La nature est toujours une source de plaisir. La Schläifmillen nous a donné l’occasion d’une expérience collégiale très gratifiante. Pour un artiste, un être habituellement individualiste et isolé, il peut être très utile et agréable de se retrouver dans un collectif de personnes qui ont cette même passion de créer, tout en gardant chacune sa personnalité et son autonomie. On peut échanger
des points de vue, des avis sur notre travail, sur nos recherches respectives… Pendant longtemps, cette camaraderie se traduisait par des grands moments de convivialité, notamment des grillades mémorables sur le bord de la rivière… C’est devenu moins fréquent, nous avons tous beaucoup à faire, entre le travail et la vie de famille, mais c’est une tradition qu’on entend bien raviver, on a besoin de se retrouver de nouveau bien ensemble, surtout depuis que nous sommes plongés dans cette épreuve de la Covid ! » ➔
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« Cette architecture imprégnée d’histoire industrielle est une aubaine, on peut profiter directement des propriétés physiques du bâtiment. » Álvaro Marzàn
ÁLVARO MARZÀN
Dans un atelier situé au premier étage, nous nous entretenons avec Álvaro Marzàn, un peintre madrilène qui profite d’une résidence d’artiste de deux ans à la Schläifmillen. Álvaro travaille sur la mise en abstraction de figures et objets du quotidien, dans le but de produire une expression à la fois symbolique et émotionnelle. « C’est un endroit spécial, doublement privilégié, car on est à deux pas de Luxembourg-ville et en même temps en pleine nature. Cette situation exceptionnelle est très inspirante pour la création artistique. De plus, pour nous en tant qu’artistes, cette architecture imprégnée d’histoire industrielle est une aubaine, on peut profiter directement des propriétés physiques du bâtiment : de grands volumes, de grandes fenêtres, une lumière toujours très belle. C’est vraiment un bonheur d’être accueilli pendant deux ans par ce collectif ! »
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MENNY OLINGER
Nous terminons notre visite par l’atelier du céramiste Menny Olinger, situé au rez-de-chaussée, avec des fenêtres donnant directement sur l’écluse et le plan d’eau. Un peu moins lumineux que les autres, mais bénéficiant d’une surface très vaste, l’atelier se compose de plusieurs compartiments, et en particulier, dans sa partie arrière, d’une pièce insonorisée aménagée en studio de musique. En effet, Menny, tout en étant céramiste, est également musicien batteur ! « L’espace est génial pour travailler en toute tranquillité. Surtout en
matière de céramique, j’aime réaliser des objets joyeux, ludiques, surprenants, qui jamais ne reproduisent la même recette, et pour cela il me faut jongler avec les chimies et les matières, il me faut du temps pour réfléchir et essayer les mélanges les plus improbables, encore et toujours, comme dans un laboratoire expérimental. Et pour mon autre casquette de batteur musicien, il est évident que c’est un avantage de disposer d’une pièce insonorisée. Par ailleurs, les voisins artistes ne sont pas du genre à se plaindre, ils sont très bienveillants ! » ➔
« L’espace est génial pour travailler en toute tranquillité. Surtout en matière de céramique, j’aime réaliser des objets joyeux, ludiques, surprenants, qui jamais ne reproduisent la même recette. » Menny Olinger wunnen
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L’HISTOIRE
La Schläifmillen est l’un des vestiges de l’industrie de la draperie et de la ganterie qui a connu un grand essor aux 19e et 20e siècles. A cette époque, plusieurs manufactures étaient actives dans les faubourgs de la ville, le long de la vallée de l’Alzette, l’eau de la rivière fournissant l’énergie nécessaire aux machines et permettant l’évacuation des déchets. La Schläifmillen fait partie du circuit Godchaux, ainsi nommé en mémoire de la famille qui fut à l’origine de ce développement industriel autour de la production de tissus. Au mitan des années 80, quelques artistes - Robert Mancini, Patricia Lippert et Schorsch Mayer - découvrent ce bâtiment industriel qui est à l’abandon depuis des lustres. Ils ont l’idée de le transformer en résidence d’artistes indépendants, créent une asbl et présentent leur projet à la bourgmestre de l’époque, Lydie Polfer déjà. Cette dernière accorde tout de suite son aval et convainc la commune de mettre le bâtiment à disposition du collectif, sans contrepartie de loyer, à la simple condition que les artistes remettent 104
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en état le bâtiment et assurent son entretien. Stimulés par la perspective de disposer de leurs ateliers propres, les artistes se lancent dans l’aventure et décident de mettre la main à la pâte - la Schläifmillen a beau être classée monument historique, elle n’en est pas moins à l’état de ruine, sans chauffage et presque sans électricité. Avec leurs moyens et énergies, les artistes refont les murs, réparent les vitrages, se débrouillent pour aménager le bâtiment de façon élémentaire. En mai 1986, la résidence d’artistes est officiellement lancée, avec l’ouverture de plusieurs ateliers. Les années passent, la Schläifmillen rencontre un grand succès, à la fois pour le vivier créatif qu’elle constitue et pour sa localisation idyllique. Les artistes travaillent et évoluent dans des conditions assez rustiques – les ateliers sont chauffés par des poêles à bois individuels -, mais ils s’en accommodent, tant ils sont contents de profiter de précieux espaces pour développer leur art. Dans les années 2002 et 2003, la Ville de Luxembourg, consciente de la valeur et de la
Ancienne manufacture devenue vivier d’artistes, la Schläifmillen bénéficie d’un cadre exceptionnel, entre la rivière, la forêt et les falaises. Elle est la preuve que l’ancien peut continuer à vivre en servant le nouveau.
renommée de la Schläifmillen, procède à une rénovation plus importante des ateliers, notamment en assainissant les murs et le système d’électricité. Loin de s’enfermer dans leur tour d’ivoire, les artistes se révèlent ouverts d’esprit et généreux, toujours prêts à accueillir le public dans leurs ateliers, que ce soit lors de la grande fête annuelle de portes ouvertes ou lors d’une visite ponctuelle le reste de l’année. ›› Photos : P. Lobo
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A RETENIR DANS CE NUMÉRO Les petites notations de fin de magazine
Artistes et patrimoine bâti En mai 1986, un collectif d’artistes s’installe dans l’ancienne manufacture de tissus de la Schläifmillen, avec l'accord de l’administration communale. Ils peuvent y déployer leurs ateliers, à condition qu’ils prennent en charge l’entretien du bâtiment. ›› Par ici les artistes ! – p.96
Un territoire en sursis C’est empreint de cette nostalgie du futur que nous avons pointé l’objectif de notre caméra sur Hollerich, ses façades, ses rues et ses places. Pour que le futur n’oublie pas son passé.
Famille, je vous aime La cuisine ouverte permet aux membres de famille d’être ensemble dans l’espace commun cuisine-séjour, de communiquer les uns avec les autres, tout en s’adonnant à des activités parallèles. ›› Cuisine ouverte contre cuisine fermée p. 50
Une histoire industrielle méconnue Située sur le territoire de la commune de Sanem, la source Bel-Val a fait l’objet d’une exploitation entre 1893 et 1935, avec une résonance de dimension mondiale. ›› Un pavillon pour célébrer l’histoire de la source Bel-Val p. 34
›› Au carrefour des changements p.76
Que vaut un bien immobilier ? L’expert assermenté en immobilier se prononce sur la valeur vénale ou locative d’un bien immobilier, en se basant sur une multitude de critères, tels notamment l’état de la structure du bien, son état d’entretien, la qualité des matériaux utilisés pour sa construction ou encore son âge. ›› Un manuel pratique sur l’évaluation immobilière p.28
Une mémoire préservée et réinventée « L’hôtel Graace illustre exactement, à mon sens, ce qu’il faut faire à Luxembourg, c’està-dire ne pas passer les bulldozers à toutva pour tout raser, conserver la substance historique, le patrimoine, pour en faire quelque chose de fonctionnel et d’agréable. » ›› Julie, instagrameuse – p. 38
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