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Mot du Président et du Secrétaire général
L’OCG en quelques chiffres
La musique pour toutes et tous
1. Action culturelle
2. Concerts de soirée
3. Compositrices en résidence
4. Concert de Noël
5. Concerts pour les familles
6. Projets exceptionnels
7. Music Pass
8. Orchestre de tout le canton
9. Prix de l’OCG
10. Collaborations
11. Concerts Ville de Genève
Une institution pour toutes et tous
12. Communication
13. Le Personnel
14. La Fondation
15. Situation financière
Remerciements p.8 p.10 p.14 p.16 p.18 p.26 p.30 p.32 p.34 p.40 p.42 p.44 p.46 p.50 p.52 p.54 p.56 p.60 p.62 p.64

Être au monde, c’est y être sensible.
C’est accepter que, dans un monde complexe, riche, diversifié, il s’agit tout d’abord d’être à l’écoute, à l’affut, être capable en premier lieu d’entendre. Accepter sa vulnérabilité, pour que celle-ci ne soit pas raison d’inaction mais plutôt moteur d’une manière d’agir où l’autre est tout aussi humain.e que soi-même.
Toute musicienne, tout musicien qui monte sur scène, joue dans la rue, dans une salle de concert ou salle de classe, se met à nu : le partage d’une émotion ne peut se faire que si la sincérité la plus totale est de mise. Point de vibration qui puisse être transmise, si sa source ne vibre pas non plus.
Dans cette nouvelle naissance de l’orchestre, cette nouvelle mise au monde, il y a tout d’abord une envie : avec force, fragilité, générosité, ambition, doute, humilité, exubérance, aller à la rencontre du monde, pour pouvoir en résonance avec lui s’y incarner.
L’année 2023 symbolise, plus que toute chose, le début d’une nouvelle ère pour l’Orchestre de Chambre de Genève.
Tout d’abord, parce que fort de ses 30 bougies soufflées l’année passée, l’orchestre entre dans sa quatrième décennie avec une fougue et une passion renouvelées, et une envie intacte de s’engager toujours plus pour la ville dont il porte le nom. Ce renouveau, il est aussi artistique : 2023 marque l’arrivée à la Direction musicale de Raphaël Merlin. Son concert inaugural, le 26 septembre passé, permettait de prendre la mesure de sa personnalité hors-pair. Ce météore d’à peine quarante ans est non seulement chef d’orchestre mais aussi violoncelliste, compositeur, pianiste, arrangeur... et possède fougue, charisme, intensité autant qu’intelligence musicales. Son arrivée à la tête de l’orchestre fait figure d’électrochoc jubilatoire. Nouvelle ère également, car l’institution elle-même se voit avec bonheur réjuvénée, avec l’arrivée à la Présidence du soussigné le 10 octobre 2023, entouré de nouvelles Vice-présidente et Trésorière, portant une stratégie et une vision affirmées pour le futur de l’orchestre. Nouvelle ère enfin, dans le désir de l’OCG d’ouvrir tout grand les portes de la musique, afin que celle-ci puisse, au travers de la myriade de propositions de l’orchestre, pour toutes et tous s’incarner. Les pages suivantes s’en font l’écho.
Bonne lecture !

Frédéric Steinbrüchel
Secrétaire général
Alain Petitpierre
Président du Conseil de fondation

Activités
57 représentations
7 concerts de soirée
7 concerts famille, 8 scolaires
9 productions propres
3 concerts hors GE (Montreux, Aix-en-Provence, Neuchâtel)
4 concerts pour les chorales
12 ventes de concerts
4 concours postes musiciens fixes
39’100 spectateur-rice-s
18 collaborations
Amstramgram
Athénéennes
Canton de Genève (écoles primaires)
Cantus
Ecole Int
Espace 2
EVL
Festival Bellerive
HEM
Journées Patrimoines
Léman Bouquet Festival
Motet
Opéra de chambre
Paléo
Pontverre
Psallette
Usine
Ville GE (Concerts du Dimanche, Fête de la Musique, Musiques en été, Banquet Urbain)
213 employés/RH
1 Directeur artistique
35 musiciens (fixes)
153 musicienns temporaires
12 personnes admin/techniques (fixes)
12 temporaire admin
Recettes
Billetterie 300 172
Recettes de collaborations 421 339
Partenaires, dons, autres recettes 1 272 046
Subventions Etat + Ville de Genève 2 191 461
Produits financiers / exceptionnels 3 255
Total 4 188 273
Autofinancement - 48%
Billetterie 7%
Recettes de Collaboration 10%
Partenaires, dons, autres recettes 31%
Subventions
Etat & Ville de Genève 52%
Charges
Charges de concerts (y.c. salaires musiciens) 3 317 970
Frais de fonctionnement (y.c. salaires admin) 869 937
Total 4 187 907
Frais de fonctionnement
Frais de fonctionnement (y.c. salaires admin) 21%
Charges de concerts (y.c. salaires musiciens) 79%
Les deltas négatifs (charges comme revenus) sont essentiellement liés à l’exceptionnalité de l’année 2022 et ses activités en lien avec le 30e.

1. Action culturelle
2. Concerts de soirée
3. Compositrices en résidence
4. Concert de Noël
5. Concerts pour les familles
6. Projets exceptionnels
7. Music Pass
8. Orchestre de tout le canton
9. Prix de l’OCG
10. Collaborations
11. Concerts Ville de Genève
L’action culturelle ne constitue pas un des pans d’activité de l’orchestre : c’est plutôt, en deux courts mots, sa raison d’être. Les concerts de soirée, les projets exceptionnels, etc. détaillés dans les pages suivantes ne constituent pas des champs d’action séparés d’autres mesures ou projets plus facilement identifiable sous le titre d’« action culturelle » : toute activité de l’orchestre participe à cette notion globale.
Si, dans une perspective historique, l’action culturelle s’est traditionnellement développée en marge puis en parallèle à l’activité sur scène, elle infuse maintenant en tant que notion, tout au moins à l’OCG, la totalité du travail de l’orchestre. La raison en est simple : pour que la musique, en particulier patrimoniale, puisse se targuer d’être un langage universel - alors elle doit l’être. Charge à nous de le rendre possible. C’est un credo d’une ambition foudroyante que de tendre vers l’universalité, d’une singulière beauté aussi. Pourtant derrière cette ambition se cache une une envie simple : celle d’un amour pour l’émotion que la musique procure, et l’envie tout aussi simple de la partager. Tout frein, toute barrière qui entrave ce partage, loin de sacraliser la musique l’isole, et dans cet isolement la flétrit.
L’orchestre a depuis plusieurs années développé nombre de projets et mesures, dans le cadre des concerts et en dehors : outres celle décrites dans les chapitres suivants, celles n’y figurant pas sont détaillées ci-après. L’ouverture d’un poste de Responsable de l’action culturelle, finalement rendue possible en 2023 grâce à un apport financier accru de la Ville de Genève (cf. Chapitre 13), va considérablement accélérer ce processus dans les années à venir.
Musique pour 150’000 oreilles
Particulièrement engagé auprès de la nouvelle génération, l’OCG a développé un programme intitulé « Musique pour 150’000 oreilles ». La démarche est la suivante : accompagner les élèves des écoles genevoises dans la découverte de la musique en les invitant, avec leurs parents, à l’un des concerts de soirée de la saison. Un accueil est proposé spécialement pour les enfants avant le concert, afin de les familiariser avec l’univers de la musique symphonique, les préparer à l’écoute du concert et les faire rencontrer des membres de l’orchestre. Afin que l’expérience soit adaptée à leur jeune âge et qu’ils puissent rentrer dormir à des heures convenables, il leur est possible de quitter les lieux en toute simplicité dès la fin de la première pièce.

(1) Action culturelle

Avant-concert par les élèves du Conservatoire populaire
Dans une volonté commune de favoriser la créativité et le développement artistique des jeunes musicien.ne.s, le Conservatoire populaire et l’OCG continuent leur partenariat sous la forme d’un avant-concert au Bâtiment des Forces Motrices. Afin d’enrichir leur expérience du concert, les élèves du conservatoire bénéficient d’un espace d’expression dans le foyer du bâtiment avant le concert de l’OCG.
Partenariat AVIVO
Soucieux de proposer aux seniors à revenu modeste un accès au concert à petit prix, l’OCG met à disposition des membres de l’AVIVO des billets à CHF 10.- pour la plupart de ses concerts au Bâtiment des Forces Motrices et au Victoria Hall.
Université Populaire
Grâce à un partenariat avec l’Université Populaire du Canton de Genève, les membres adhérents et les professeurs peuvent souscrire à un abonnement pour les 7 concerts de soirée pour CHF 49.- seulement.
Des invitations par concert sont proposées aux étudiant·e·s de l’Université de Genève via les activités culturelles de l’Université.
Gratuité pour les élèves de la CEGM et HEM
Les élèves des écoles de musique genevoises et les étudiant·e·s des hautes écoles de musique bénéficient de la gratuité sur la plupart des concerts de l’OCG.
L’OCG est partenaire de la carte 20 ans / 20 francs qui propose aux jeunes de moins de 20 ans des billets à partir de CHF 5.-
L’OCG est partenaire du Chéquier culture qui permet aux personnes à revenu modeste de bénéficier chaque année d’un carnet de chèques d’une valeur de CHF 10.- à faire valoir sur l’achat de billets de concerts ou de spectacles.
Les concerts de soirée constituent l’un des temps forts de l’activité de l’orchestre. Ils offrent au public la possibilité de découvrir un large répertoire et des artistes d’envergure dans un format qui a été remanié depuis 2022. L’année 2023 a vu sept concerts de soirée produit : cinq pour la saison 2022-23 et deux en automne, pour la saison 202223. Le premier de ces derniers était, évidemment, celui dont la portée tant symbolique que réelle était la plus forte : l’arrivée de Raphaël Merlin à la tête de l’orchestre pour son concert inaugural.
Ceci étant, le premier concert de l’année représentait, d’une manière différente, ce qui est l’une force de l’OCG : la capacité de proposer, sans coup férir, un véritable événement musical. Les amatrices.eurs d’opéra le savent, Benjamin Bernheim, ténor adulé des scènes les plus courues de ce monde, ne se produit presque jamais dans sa ville natale. Pourtant, il a répondu avec enthousiasme à l’idée de venir donner non pas simplement un concert avec l’orchestre, mais bien plutôt la première mondiale de sa prise de rôle dans le Roméo & Juliette de Gounod. Donné en version de concert, d’abord à Montreux à l’auditorium Stravinsky le 7 janvier puis le 10 janvier au BFM, la production bénéficiait d’un plateau de rêve, avec une qualité et une profondeur dans la distribution vocale rarement proposées. Donné à guichets fermés, le concert a été encensé par la critique. Et pour cause : la version de concert recentre, focalise l’attention du public sur la musique, sur la dramaturgie vocale. Avec des interprètes d’un tel acabit, et sous la direction souple, réactive et féline de Marc Leroy Calatayud, l’ampleur de l’oeuvre de Gounod s’est pleinement déployée lors de ce concert mémorable.
Le deuxième concert de soirée, le 28 février, proposait une expérience d’un tout autre genre : l’occasion d’entendre l’orchestre sans chef, sans soliste pourrait-on presque dire, quand bien même était inscrit au programme le redoutable Concerto pour violon de Brahms. Non pas que celui qui l’interpréta n’y brilla pas, au contraire, mais plutôt que Gordan Nikolić - c’est son nom - conçoit la musique d’une manière tellement organique dans sa collectivité orchestrale, qu’il en ressortait l’impression d’un seul corps, un seul être musical. Cela fut tout autant frappant dans la Symphonie no 40 de Mozart, qu’il ne dirigea pas mais plutôt, comme c’était d’ailleurs le cas à l’époque de Mozart, mena depuis le pupitre du premier violon.


dont la
une présence lumineuse pour cette
a conquis le
et le public lors du concert le 28 mars 2023.



De l’expérience intérieure à celle d’une exubérance jubilatoire, il y avait exactement un mois. Le 28 mars, la soprano sud-africaine Pretty Yende rejoignait l’orchestre et prenait possession du BFM avec tout l’éclatant naturel qui la caractérise. Il n’est pas exagéré de dire que même la royauté s’arrache cette artiste lyrique hors-norme : elle a chanté pour le couronnement du Roi Charles III d’Angleterre. C’est dans un programme ciselé, de Händel au Bel Canto, qu’elle a séduit le public genevois, avec le timbre de voix si éclatant qui est le sien.
Le sixième concert de la saison, le 25 avril 2024, annonçait, lui, un événement qui ne devrait pas en être un : le partage de la scène, en tant que soliste et sur le podium, par deux femmes. L’engagement pour la parité de l’orchestre s’incarne maintenant depuis de nombreuses années; hors programmation de l’OCG, il est pourtant rare, dans le monde de la musique classique, de rencontrer un duo soliste-cheffe entièrement féminin, alors que son pendant entièrement masculin est encore bien souvent la norme... La pianiste britannique d’origine antiguaise Isata Kanneh-Mason proposait une version dynamique, fraîche et virtuose du 3e Concerto de Prokofiev, tandis qu’Anna Sułkowska-Migoń à la baguette lui répondait par une Symphonie écossaise de Mendelssohn ample et généreuse.
(2) Concerts de soirée

C’est une autre cheffe, Chloé van Soeterstède, qui concluait la saison 22/23 de l’orchestre, avec, en ouverture, la Symphonie no 2 de Schumann. Elle fut rejointe sur scène par l’un des artistes dont l’intensité musicale est sans pareil: le violoniste Sergey Khachatryan, dans le Concerto de Beethoven. Nul concerto pour violon, nulle oeuvre peut-être n’offre tant la possibilité d’une écoute aussi pure, qui va au-delà de la matière symphonique, mais se suspend à chaque ligne musicale, chaque inflexion, chaque souffle. Sergey Khachatryan en proposa la quintessence, sculptant la musique à même le silence. Un rare moment d’émotion.
Le premier concert de la nouvelle saison, le 26 septembre, était très attendu pour une autre raison : enfin, de nombreux mois après l’annonce, Raphaël Merlin inaugurait « sa » saison, avec « son » orchestre. Le programme avait été imaginé par le magicien en chef comme une boîte de chocolats ou de bonbons, riche de mille saveurs : de Fauré à Ligeti, de Schumann à Bruch (Kol Nidrei, car il joue du violoncelle bien sûr), de Charlotte Bray (cf. Chapitre 3) à... Merlin (car il compose aussi), de Lalo à Duke Ellington (car il arrange également). Une présentation au public genevois en forme de feu d’artifices : l’enthousiasme soulevé était à la hauteur de la joie présente sur scène. C’était aussi l’occasion de mettre en exergue cette nouvelle ère d’une autre façon : dans le rapport naturel au public, les prises de paroles entre les morceaux, tantôt éclairant le détail d’une oeuvre, la raison du choix d’une pièce... Ou simplement dire merci, en même temps que bonjour : des mots simples, sincères, porteurs de sens. Le dernier concert de soirée de l’année était quant à lui aussi annonciateur, d’une autre façon : il permettait de découvrir sur le podium le chef Leonardo García Alarcón dans une configuration enrichie, avec les forces de son ensemble Cappella Mediterranea et celles de l’Orchestre de Chambre réunies. Cette formation hors-norme anticipait l’Idoménée de Mozart donné au printemps 2024 au Grand Théâtre de Genève par un Acis et Galatée de Händel dans la version orchestrée par... Mozart. L’OCG porte le gène collaboratif dans son ADN, persuadé que le tout multiple est forcément toujours plus que la somme de ses parts; et qu’il y a une joie naturelle, immédiate, à partager, tisser, faire ensemble. Ce concert en aura été la preuve éclatante : bien impossible de dire qui de la Cappella ou qui de l’OCG, sur scène était. Comme un métal rendu plus fort encore par l’alliage dont il est issu, c’est à une production artistiquement à la fois augmentée et pleinement cohérente qu’a pu goûté, ravi, le public.
« Ouvrir tout grand les portes de la musique classique, pour que de l’émotion naisse le partage ».

Nul besoin d’être statisticien·ne pour constater que la musique classique n’a pas, à travers les siècles, accordé une considération aux femmes qui soit meilleure que celles que d’autres formes d’art leur ont réservé. Non pas que les compositrices n’aient pas existé, n’aient pas créé : mais leurs oeuvres ont été ignorées, leur parcours barré, leur statut d’artiste minimisé, décrié ou interdit.
Aussi il semble particulièrement pertinent, pour l’orchestre, que cette violence ne soit non seulement pas reconduite à l’heure actuelle mais bien plutôt radicalement transformée : le domaine actuel de la composition bénéficie - on s’en doute bien - d’un nombre phénoménal de compositrices de grand talent, et il semble plus que justifié de mettre en exergue cette réalité. Cette volonté a été l’une des premières mesures proposées par Raphaël Merlin à son arrivée, et c’est ainsi que Charlotte Bray, lauréate du Royal Philharmonic Society Composition Prize en 2010 déjà, a accepté d’être compositrice en résidence à l’orchestre pour trois saisons, dès 23/24. Le concert inaugural de Raphaël proposait d’ailleurs une de ses oeuvres, Where Icebergs Dance Away, dont la sensibilité à l’eau et à sa dégradation est constitutive du matériau musical - tout comme, de manière générale, de l’esthétique de la compositrice.




Il est un Conseiller fédéral qui, fameusement, décréta que le rire, c’est bon pour la santé. Mais le rire est bien plus : un vecteur puissant d’émotion partagée, une force rassembleuse, jubilatoire. Impossible d’être pompeux, sérieux, grandiloquent, quand le rire s’empare de nous : dans un domaine - la musique classique - où les grands airs sont autant de barrières à l’ouverture et au partage, le rire fait office de panacée. Rire et rire de soi : dans notre capacité à se remettre en question s’exprime une humanité qui permet, par ricochet, à l’autre d’exister.
Aussi l’idée d’inviter le duo loufoque et déjanté d’Igudesman & Joo le 13 décembre semblait non pas irresponsable mais bien plutôt nécessaire. Le traditionnel Concert de Noël de l’orchestre au Victoria Hall est dans tous les cas l’occasion de sortir des sentiers battus; en 2023, le joyeux train musical est parti tout droit et à toute vitesse hors des ornières, dans les herbes folles et, renonçant à toute forme de pilotage, dans la forêt vierge féconde du délire assumé. C’est un public conquis, heureux et presque fatigué d’avoir trop ri, qui est sorti, deux heures plus tard, de cette therapy-session collective, jouissive et libératoire.


La programmation à destination des enfants et des familles n’est pas seulement l’occasion de s’adresser à une génération en devenir : elle constitue l’un des axes principaux de l’orchestre, dans ce qu’elle incarne une des manières de mettre en oeuvre sa volonté d’ouvrir au maximum - aux grands comme aux petits - les portes de la musique.
Ces programmes sont choisis avec un soin particulier, où la notion d’émerveillement prend tout son sens : la musique a cette capacité à réveiller, faire renaître, l’enfant en chacun·e de nous. Trois programmes ont été proposés durant l’année 2023 : deux sur la saison 22/23, l’autre sur la saison 23/24. Le premier réunissait l’orchestre le 11 février avec Gaëtan, chanteur bien connu des petites oreilles, dont la poésie et l’humour des textes s’incarne sur une musique savamment ciselée. Etre un orchestre, c’est aussi mettre à l’honneur les nombreux talents qui le constitue : aussi ce concert fut l’occasion de découvrir le travail expert d’arrangeur du bassoniste Ludovic Thirvaudey, ami du chanteur de longue date, qui réalisa l’entièreté de l’orchestration des chansons. Pas moins de deux concerts en une journée, dans des salles combles, furent nécessaire pour venir à bout de l’enthousiasme des genevois·es.

(5) Concerts pour les familles

Et quand les talents sont aussi inhabituels que singuliers, il faut carrément en faire un spectacle. Cirque par tous les tempos, comme son nom le suggère, mêlait musique et arts circassiens, grâce aux aptitudes sans pareilles de la famille Jacot. Entre jonglage d’archets, pitrerie de clown tout en jouant de manière virtuose (car Sebastian Jacot, ami de l’orchestre, est rien de moins que flûtiste solo au Philharmonique de Berlin) et numéro de bascule, c’est un spectacle déjanté qui s’est donné les 26, 27 et 28 mai au Théâtre Am Stram Gram, coproducteur de l’événement. Celui-ci a d’ailleurs pu bénéficier de la mise en scène sensible de son directeur Joan Mompart, qui a su avec justesse garder l’innocence éclatante de la proposition. Cette production a également été donnée en concert scolaire le matin du 26 mai, dans le cadre de l’engagement de l’orchestre en faveur des élèves du canton.
Le dernier programme pour les familles de l’année était aussi le premier proposé par Raphaël Merlin. Ernest et Célestine est bien sûr une fable naïve, aussi belle et simple qu’elle est touchante. C’est pourtant aussi bien plus : une ode à la différence, à l’amitié, à la tolérance, à l’acceptation de l’autre. Sous la plume de Daniel Pennac se tisse une histoire où les niveaux de lecture, avec un doigté extraordinaire, sans lourdeur se superposent. Donnée lors de deux concerts publics le 18 octobre - et autant de concerts scolaires le jour précédent - elle aura ému les centaines de personnes présentes, indépendamment de leur âge.
Les concerts et projets exceptionnels expriment une qualité essentielle de l’orchestre : celle de sortir des sentiers battus, pour emprunter des chemins de traverses féconds ou partir à l’aventure. Ces chemins, l’orchestre s’y engouffre volontiers de manière collaborative : la volonté de faire tomber les barrières, déconstruire les murs, s’applique tout autant aux processus de création. La première de ces aventures, en 2023, illustre bien cette réalité : menée en collaboration avec le Grand Théâtre de Genève et Post Tenteras Rock, elle s’intitulait « Electrofaunes » et a eu lieu les 27 et 28 janvier au Rez de L’Usine. Mêlant danse contemporaine des ballets du Grand Théâtre, musique du XXe siècle joué par l’orchestre et musiques actuelles et DJing grâce au concours du batteur Arthur Hnatek et son comparse DJ Ripperton, ces deux soirs donnés à guichets fermés ont montré que l’imagination, le pas de côté, la créativité insufflés dans une forme inattendue trouvaient là pertinence, non seulement pour un public connaisseur mais, de manière cruciale, pour tout un nouveau public qui découvrait l’orchestre pour la première fois. Une autre dimension de cette dynamique est de l’ordre du mouvement : il ne suffit pas, pour toucher un nouveau public, d’attendre dans sa salle de concert que celui-ci vienne à nous. Au contraire, charge à l’orchestre de se déplacer, de se produire dans des lieux qui permettront la rencontre, la découverte. C’était vrai d’Electrofaunes, ce l’est également d’autres concerts exceptionnels donnés dans les mois suivants, que ce soit par exemple au Paléo Festival ou lors d’un banquet urbain à la Jonction.
Le concert au Paléo, donné le 23 juillet devant une foule de près de 10’000 personnes, faisait voler en éclat l’idée que la musique classique ne peut être être goûtée que dans un type de lieu, par un type de public. Le concert, donné avec le concours de la violoncelliste genevoise d’envergue internationale Nadège Rochat et dirigé par le jeune chef Kevin Griffiths, a conquis un public enthousiaste, curieux, attentif. Pour l’orchestre, ce voyage musical était aussi un retour aux sources, puisque c’est l’OCG qui avait inauguré, 30 ans auparavant, l’idée d’un concert classique au sein du festival de Nyon.

(6) Projets



Le 20 septembre, c’était à un autre concert en plein air que s’adonnait l’orchestre - cette fois à même la rue. Participant aux banquets urbains organisés par la Mairie de Genève, l’OCG est le seul orchestre classique à avoir pris part à ces festivités, dont les principes résonnent naturellement avec l’engagement de l’orchestre : proximité, convivialité, ouverture. Plus de barrières, plus même de scène pour le séparer du public : dans une rue piétionnisée pour l’occasion, à l’ombre de quelques arbres, l’orchestre a offert aux habitant.e.s de son quartier un moment musical - et les a même convié à chanter avec lui. La notion de participation culturelle s’incarnait à nouveau de manière à la fois naturelle et évidente.
C’est d’autres valeurs, connectées aux précédentes et tout aussi chères à l’orchestre, que celui-ci a défendu les 4 et 5 septembre : celles de l’humanisme, des droits des femmes et droits humains, de l’universalité culturelle. En invitant l’Orchestre des Jeunes l’Afghanistan (AYO), en collaboration avec l’Ecole Internationale de Genève, le Conservatoire populaire de musique, UNHCR et l’Office des Nations unies à Genève, l’OCG voulait d’une part mettre l’éclairage sur l’intolérabilité de la situation humaine en Afghanistan, d’autre part valoriser un héritage musical millénaire, menacé de destruction. Deux concerts, des représentations scolaires, une table ronde et des prises de paroles des autorités genevoises à l’Ecolint - avant un grand concert caritatif au Victoria Hall - ont ponctué cette semaine riche en émotion. Pour conclure cette visite, le 11 septembre, jour symbolique entre tous, le AYO se produisait à l’ONU, devant la Salle des Assemblées, lors de la journée d’ouverture de la 54e session du Conseil des droits humains, durant laquelle la situation en Afghanistan devait justement être débattue. Rarement la musique aura été, à Genève, un symbole aussi fort de l’aspiration tout comme de l’oppression de tout un peuple. D’autres prestations, d’autres voyages ont finalement enrichi le parcours musical de l’orchestre durant cette année : par exemple au Festival de Pâques d’Aix-en-Provence où, avec l’Ensemble Vocal de Lausanne, l’orchestre a donné le 1er avril la Messe en do de Mozart ainsi que sa 40e Symphonie. Enfin, c’est à Genève que l’orchestre a retrouvé l’un.e de ses artistes associé.e.s, Gábor Takács-Nagy, à deux reprises en 2023 : d’une part un programme 100% Ludwig van, avec comme soliste le pianiste français Jean-Efflam Bavouzet, le 16 février au Victoria Hall; d’autre part, le 11 juillet au Festival de Bellerive, où l’orchestre a la joie de se produire régulièrement depuis de nombreuses années.


« Aller vers le public, imaginer d’autres formats, investir d’autres lieux ».
Le music pass est un dispositif d’accès unifié aux concerts d’une dizaine d’institutions musicales genevoises, tout style confondu - soit, très littéralement, du baroque au rock. Pour la somme modique de CHF 99, chaque détentrice.eur peut accéder, durant 12 mois, à 20 concerts de son choix tels que proposés par les structures musicales participatrices. Le but est aussi évident qu’avoué : faire tomber les barrières entre styles de musique, favoriser la curiosité et, de là, la participation culturelle. Ce dispositif a été lancé conjointement par l’orchestre est 6 autres structures (Gli Angeli Genève, PTR, Contrechamps, AMR, cave12) en 2021. Bénéficiant initialement d’un soutien du Canton de Genève, il est depuis 2023 entièrement autofinancé. Le succès de la mesure et ses valeurs d’ouverture ont convaincu d’autres structures à rejoindre le dispositif. Ainsi, au 31 décembre 2023, c’est 11 structures qui sont parties prenantes : les sept fondatrices ainsi que le Point Favre, l’Ensemble Variante, Lied & Mélodie et la Cité Bleue. Celles-ci ont proposé, dans leur ensemble, 215 concerts pour les usagères.ers du music pass durant l’année 2023 : un véritable écosystème musical, accessible grâce à un seul sésame. L’organisation du dispositif est confiée à une association, où chaque structure participe à pied d’égalité. La gestion de l’association et du dispositif est la responsabilité d’une administratrice, qui assume l’entièreté des fonctions et des responsabilités y relatives. Elle a été nommée dans le cadre du partenariat que l’orchestre mène avec l’association Yojoa, qui oeuvre pour l’inclusion professionnelle de personnes issues de la migration.

Sortir de la salle de concert, mais pas seulement : sortir de son périmètre d’action usuel pour aller à la rencontre de celles et ceux plus éloigné.e.s du centre-ville, dans une démarche proactive de proximité. C’est le principe du dispositif « l’Orchestre de tout le Canton », inauguré en 2023 grâce au soutien de cinq communes et de l’ACG. Il ne s’agissait pas simplement de donner des concerts, mais aussi, dans un souci de transmission, d’aller directement dans les salles de classes pour présenter les instruments, la musique, l’orchestre : c’est dans ce contact privilégié avec les enfants que peut naître l’étincelle, la sensibilité à la musique. Plan-les-Ouate, Carouge, Veyrier, Collonge-Bellerive, Bardonnex : l’orchestre a eu le bonheur de coconstruire, dans chacun des cas, un dispositif pédagogique et de concert spécifique avec chaque commune - et le même bonheur à voir celui-ci se réaliser. L’engouement du public lors de ces concerts, celui des enfants lors des interventions dans les écoles, ont immédiatement validé la pertinence du dispositif, et amène l’orchestre a le reconduire sur 2024.

(8) Orchestre de tout le canton

Favoriser la créativité: collages musicaux lors d’atelier dans les écoles primaires, pour le dispositif «Orchestre de tout le canton»
Favoriser la diversité sur scène, c’est favoriser celle dans la salle : impossible d’avoir un public diversifié si, en miroir, le plateau ne l’est pas non plus.
Diversité artistique bien sûr, mais aussi d’âge, de genre, d’origine, parce que la beauté d’un art patrimonial - la musique classique en est un - est justement qu’il appartient à toutes et tous.
Les concerts de l’orchestre tels que décrits dans le présent rapport font état de sa volonté d’oeuvrer dans ce sens : effort perfectible, à développer, à amplifier encore, à raffiner également. Mais un constat était trop flagrant pour être ignoré : le nombre de cheffes d’orchestre dans le monde reste une portion infime de leurs collègues masculins. 6% n’est pas une proportion acceptable. Agir semblait donc nécessaire. L’OCG s’engage bien sûr pour favoriser la présence de cheffes sur son podium. Il s’agit cependant aussi d’accélérer l’accès d’étudiantes en direction d’orchestre à la profession, et créer un éclairage soutenu et pérenne sur cette thématique. Pour ce faire, l’orchestre a mis sur pied depuis 2023, dans le cadre de son partenariat fécond avec la Haute école de musique de Genève - Neuchâtel, un « Prix de l’Orchestre de Chambre de Genève », décernable à une étudiante en Master de direction d’orchestre de la HEM lors des examens pratiques de fin de cursus.
Outre son attribution formelle qui met en exergue le talent d’une cheffe en devenir, ce Prix consiste en un engagement pour diriger l’OCG en plein effectif dans un des concerts de l’orchestre.
C’est ainsi que le 18 juin 2023, l’orchestre a pu avec joie remettre son premier Prix à Judith Baubérot. Judith Baubérot participera à la saison 24/25 de l’orchestre où elle dirigeracela semble une évidence - lors du concert d’ouverture.


Collaborer, s’est s’enrichir à la mesure de ce qu’on donne; c’est mettre en commun pour pouvoir mieux faire fructifier. Autant dire que l’orchestre voit dans la collaboration non pas un appauvrissement de son identité, mais bien plutôt une opportunité de rendre plus beau, plus pertinent, plus riche. Nombre des projets exceptionnels de l’orchestre (cf. Chapitre 6) possèdent d’ailleurs une dimension collaborative marquée ; de même, l’OCG goûte à l’idée de s’intégrer dans un dispositif plus large, à jouer le rôle de partie prenante ou de soutien. La dynamique des 6 toits, lieu actuel de répétition de l’orchestre, relève évidemment de cette nature, puisqu’il est conjointement porté et géré par Contrechamps, le Conservatoire populaire, Eklekto et l’OCG. Sis au sein de la Zone industrielle des Charmilles (ZIC), ce laboratoire des arts vivants existe d’ailleurs au sein d’un écosystème lui aussi collaboratif, fait d’artisan·e·s, d’associations, de différents corps de métier. Aussi la proposition d’un événement réunissant des acteurs de la ZIC dans le cadre des Journées européennes du patrimoine semblait une évidence. Celles-ci se sont déclinées, pour Les 6 toits, sous la forme de Portes Ouvertes conjointes avec la MACO (Manufacture Collaborative) les 9 et 10 septembre, avec nombres de prestations musicales auxquelles toutes les institutions des 6 toits, dont bien sûr l’orchestre, ont participé. Collaboration encore, avec un acteur culturel cher à l’orchestre comme aux genevois·e·s : les Athénéennes. C’est à deux reprises que l’orchestre a participé au festival, les 4 et 10 juin, dans des propositions particulièrement audacieuses : un ciné-concert Tex Avery, où, véritable tour de force, le chef d’orchestre Dimitri Soudoplatoff a récrit d’oreille toutes les partitions, celles-ci ayant disparu; et un événement marquant, la présence à Genève de nul autre que John Malkovich comme récitant dans « Report on the Blind » adapté de l’œuvre de l’écrivain argentin Ernesto Sabato.

Un autre aspect du travail collaboratif ancré dans l’ADN de l’orchestre est celui mené avec les différents choeurs de Genève. La tradition chorale genevoise, particulièrement dans sa dimension amateure, est un élément important du dispositif de participation culturelle : chanter peut, et d’ailleurs devrait, être ouvert à toutes et tous. C’est une pratique particulièrement inclusive, rassembleuse, généreuse - autant qu’intergénérationnelle. Nul besoin d’années de pratique instrumentale pour pouvoir chanter : le seul prérequis est l’enthousiasme. Bien loin de constituer une pratique secondaire, de deuxième plan, la collaboration avec les chœurs genevois permet donc à l’orchestre d’affirmer haut et fort son engagement pour une vision de la musique où tout un·e chacun·e, quelle que soit son identité, quel que soit son parcours, est bienvenu·e.
L’orchestre a ainsi eu le bonheur de participer à des concerts avec les choeurs genevois à trois reprises en 2023 : avec le Motet le 28 avril, (Schubert), le 16 novembre avec La Psalette (Mendelssohn) et le 21 novembre avec le Choeur de Pontverre (Brahms).



La Ville de Genève n’est pas seulement le subventionneur principal de l’orchestre : c’est aussi un acteur culturel à part entière, avec sa propre programmation, ses propres manifestations d’envergure. L’OCG participe à trois de ses dispositifs : la Fête de la Musique, Musiques en été et les Concerts du Dimanche. Il s’agit, dans chacun des cas, de s’intégrer dans un dispositif où les notions d’ouverture et d’accès sont particulièrement marquées : autant dire des vecteurs de démocratisation culturelle auxquels l’orchestre s’associe avec bonheur.
C’est d’ailleurs dans le cadre du concert de la Fête de la Musique, le 24 juin 2023, que l’orchestre invita celle qui fut l’une de ses rencontres les plus marquantes des dernières années : la cheffe d’orchestre Glass Marcano. D’origine vénézuélienne, révélée lors de la première édition du concours pour cheffes d’orchestre La Mastra en 2020, Glass Marcano possède une personnalité électrisante, galvanisante, hors-norme. Public comme musicien.ne.s lui ont réservé un juste triomphe à l’issue d’un concert d’anthologie. Elle a d’ailleurs été immédiatement réinvitée dans la saison 23/24 et 24/25 de l’orchestre. C’est une autre cheffe, Catherine Larsen-Maguire, qui a dirigé l’orchestre dans le Concert du dimanche du 5 mars, en collaboration avec l’organiste titulaire du Victoria Hall, Diego Innocenzi. Le Concerto de Poulenc pour orgue, cordes et timbales trouvait un écrin naturel entre deux oeuvres de Haydn, l’ouverture L’isola disabitata et la Symphonie no 90. Si ce programme explorait avec bonheur la collaboration exclusivement sous l’angle musical, c’est un autre alliage, résolument contemporain, que proposait le Concert du dimanche de la saison suivante : danse hip-hop et musique classique. Grâce au concours du célèbre chorégraphe Mourad Merzouki et sa compagnie Käfig, l’orchestre a revisité des oeuvres classiques, de Beethoven à Stravinski, radicalement transformées par les danseuses.eurs intervenant au milieu de l’orchestre. Cette production fera l’objet d’une reprise le 27 janvier 2024 à Bonlieu Scène nationale (Annecy).

(11) Concerts Ville de Genève

Enfin, le concert de Musiques en été le 2 août 2023 a été témoin d’une occurrence rare : la conjonction parfaite entre météo et programme musical. Difficile de dire qui de l’un a influé l’autre, mais la tempête de la Pastorale de Beethoven a été dupliquée par un déluge météorologique qui a forcé l’interruption du concert. Aucunement pour abandonner celui-ci, bien au contraire : le dispositif scénique reculé quelque peu pour que les musicien.ne.s soient protégé.e.s, le concert a repris, et dans ce dialogue entre ciel déchaîné et intensité musicale, une alchimie âpre, d’une énergie irrépressible, s’est formée. Le public, rincé mais conquis, aura à cette occasion assisté à un concert en tous points extraordinaire.

La force de travail de l’OCG dédiée à la communication et à la billetterie est d’1.4 équivalents temps plein, correspondant de manière pérenne à un poste à 90% (Responsable de la communication et de la billetterie) et un poste à 50% (Responsable des communautés numériques).
Ce dernier poste a pu être ouvert récemment, en juin 2023 (cf. Chapitre suivant) : il a permis à l’orchestre de renforcer, respectivement développer, sa présence sur Facebook, Instagram, LinkedIn et TikTok. Cet aspect de la communication paraissait essentiel, dans un contexte où les nouvelles générations, en particulier celles plus éloignées de la musique classique, sont peu sensibles aux supports traditionnel (affiches, flyers, etc.) : favoriser la participation culturelle, c’est aussi réfléchir à comment toucher des publics d’une manière qui soit pertinente pour ceux-ci.
Les prestations de l’OCG continuent d’autres part à être diffusées sur Léman Bleu : sur l’année 2023, c’est ainsi XXX téléspectateur.trice.s ont ainsi profité de XX concerts de l’orchestre. Le ligne graphique et l’iconographie contemporaines de l’orchestre, fortes et affirmées, se retrouvent tant de la communication digitale que sur les supports print. Elles font volontiers appel, de manière décalée, à l’imaginaire et l’humour. A nouveau, la stratégie vise à non seulement informer mais surtout à transmettre une image de la musique classique déchargée de ses stéréotypes habituels : une autre manière de faire tomber des barrières, changer les idées préconçues, et interpeller celles et ceux qui ne se sentiraient pas légitimes - non pas relativement à la musique classique mais, bien plutôt, à cause de ses bien trop encombrants codes - et leur proposer un autre message.


L’OCG se positionne comme l’une des structures culturelles genevoises les plus importantes en termes d’emplois fixes. Ainsi, ce sont quarante-sept collaborateur·ice·s permanent·e·s qui en forment le noyau, au bénéfice de contrats à durée indéterminée. Les conditions d’emploi des musicien·ne·s (trente-sept employé·e·s) sont réglés par une CCT (convention collective de travail) spécifique à l’OCG, signée en 2015 entre l’USDAM (Union Suisse des Artistes Musiciens), la Fondation de l’Orchestre de Chambre de Genève et les représentant·e·s des musicien·ne·s.
Les conditions d’emploi du personnel administratif et technique (dix collaborateur·ice·s totalisant un équivalent de 6.1 équivalents temps plein) sont fixées par un règlement spécifique, dont la renégociation et l’actualisation ont été finalisées au 1er trimestre 2019.
Les musicien.ne.s
Fin 2023, l’orchestre dénombre 34 musicien·ne·s permanent·e·s, soit trois postes à repourvoir pour l’effectif complet et statutaire de 37 musicien·ne·s. Des concours d’orchestre sont prévus à ce titre en 2024. L’année 2023 a vu le renouvellement de 5 postes de musicien.ne.s titulaires.En surcroît d’activité (renforcement de l’effectif ou emplois non fournis par l’effectif statutaire), comblement de postes vacants ou remplacements pour accident ou maladie, l’orchestre a employé 153 musicien·ne·s temporaires sur l’année.
L’orchestre dénombre 55% d’hommes et 44% de femmes dans son effectif permanent, soit une proportion de femmes en hausse par rapport aux deux dernières années précédentes. On rappellera de manière liminaire que les modalités de recrutement sur concours (1er et 2ème tour derrière paravent) anonymisent le/la candidat·e au moment du recrutement. De plus, le turnover est particulièrement faible, caractéristique propre à l’ensemble des orchestres permanents. La moyenne d’âge de l’orchestre est de XX ans.
La rémunération orchestrale est un problème latent, qui s’est aggravé en 2023 au vu de l’augmentation générale des coûts de la vie : le salaire base se situe à CHF 2’800 / mois, largement en-dessous d’une rémunération permettant de vivre de son activité. Le personnel FOCG dans son entièreté ne touche par ailleurs ni annuité, ni indexation, ni prime d’ancienneté.


L’administration
L’administration, regroupe au 31 décembre 2023 6.1 équivalents temps-plein pour 10 postes. La diversité des tâches et la complexité des productions requiert une polyvalence très poussée de la part des collaborateur·rice·s, dans une équipe où chacun·e, à lui ou elle tout·e seul·e, regroupe plusieurs domaines de compétences. Le travail en orchestre requiert une capacité d’anticipation, de réactivité et de disponibilité particulièrement élevée, à plus forte raison dans une équipe de taille réduite par rapport à l’activité déployée.
L’obtention d’un soutien plus conséquent de la part de la Ville de Genève (cf. ci-dessous) a permis de finalement ouvrir de manière pérenne un poste à 50% de responsable de l’action culturelle, ce qui n’avait jamais été jusque là possible. Etant donné l’orientation majeure de l’institution sur cette thématique, respectivement la présence d’une telle fonction dans toutes les institutions du domaine, le manque était particulièrement criant.
D’autre part, les tâches dévolues à la fonction de vidéaste que le soutien dans le cadre des projets de transformation avait rendu possible, ont été reconfigurées, et confiées de manière pérenne à une personne responsable des communautés numériques, également à 50%. Le poste de responsable de communication et billetterie a été augmenté de 0.1 EPT, suite au changement de la personne en poste. Enfin, également dans le cadre d’un renouvellement, le poste de bibliothécaire a été transformé en bibliothécaire et assistant.e de production.
Ainsi, pour la première fois depuis XXX, l’orchestre a vu son équipe administrative augmenter de 1.1 EPT. Malgré cette augmentation, on notera que le ratio administration/musicien·ne·s est de 0,16, ce qui est particulièrement bas pour un orchestre professionnel permanent. Cet état de fait nécessite une recherche permanente de l’efficience, ce qui caractérise bien l’état d’esprit de l’équipe en place, l’enjeu de la surcharge de travail restant un point d’attention.


Le Conseil de fondation
Au 31 décembre 2023, le Conseil de fondation de l’OCG compte 14 membres et un président d’honneur.
Ces membres sont :
Romain Jordan président
Nancy Rieben - Vice présidente
Micheline Calmy-Rey trésorière
Katia Baltera-Clerc
Myriam Fehr-Alaoui
Antoine Khairallah
Christine Maitre
Blaise Matthey
Sidonie Morvan
Isabelle Müller
Frédéric Naville
Bertrand Reich
Ina Stumpe-Douffiagues
Béatrice Zawodnik (Représentante de la Ville de Genève)
Georges Schürch président d’honneur
Conseil de Fondation
Bureau du Conseil
Artistique
Secrétaire général
Le Conseil de fondation
Au 31 décembre 2023, le Conseil de fondation de l’OCG compte 14 membres et un président d’honneur.
Ces membres sont :
Romain Jordan président
Nancy Rieben - Vice présidente
Micheline Calmy-Rey trésorière
Katia Baltera-Clerc
Myriam Fehr-Alaoui
Antoine Khairallah
Christine Maitre
Blaise Matthey
Sidonie Morvan
Isabelle Müller
Frédéric Naville
Bertrand Reich
Ina Stumpe-Douffiagues
Béatrice Zawodnik (Représentante de la Ville de Genève)
Georges Schürch président d’honneur
& artistique
Comptes financiers 2023
Le compte de résultat fait apparaître, de prime abord, un résultat 2023 à l’équilibre. Le total des charges s’établit à CHF 4’315’894. Les recettes de concerts se montent à CHF 787’662. Les revenus billetterie ont augmenté de +7,4% pour les billets individuels et de +17,4 % pour les abonnements.
Au-delà d’un exercice comptable maîtrisé, l’orchestre continue à être la moins subventionnée des structures genevoises du domaine classique (52% en 2023, dont 4% sont des subventions ponctuelles, contre une moyenne du domaine de 73%). Pour pallier cette réalité, il a engrangé en 2023, grâce au soutien de ses partenaires, CHF 1,27 million en mécénat et sponsoring, soit presque un tiers de ses revenus, proportion élevée pour le domaine (moyenne suisse : 14%).
Tout comme la rémunération très basse des musicien.ne.s (cf. Chapitre 12), la sous-capitalisation de l’institution reste, finalement, un problème récurrent. Les fonds propres de l’orchestre se situent à CHF 1’702, soit 0,05% de son chiffre d’affaires. Il s’agit là d’une source de risque systémique.
Apports des collectivités publiques
En 2022, la subvention de la Ville de Genève envers la Fondation de l’OCG se monte à CHF 2’011’000.
De plus, la subvention en nature de la Ville de Genève pour le soutien envers les locaux de répétition, qui existait jusqu’en 2020 en regard à l’activité de l’orchestre à la salle Ernest Ansermet, a été versée en subvention monétaire pour l’année 2023 à hauteur de CHF 34’000. Enfin, XXX
Apports des activités propres et des soutiens privés
Les produits propres regroupent la vente de concerts, la billetterie, la participation financière de nos partenaires, les annonceurs et les enregistrements. Le total s’élève à CHF 787’662 + CHF 1’171’050 = CHF 2’239’535 (2021 : CHF 1’701’705). Le tableau ci-contre en donne le détail.
Fondation de L’Orchestre de Chambre de Genève (FOCG), Genève
Compte d’exploitation de l’exercice 2023 2023 (CHF)
CHARGES
Charges des concerts
Charges directes des concerts (1 185 141)
Salaires des musiciens (2 132 829) (3 317 970)
Charges de fonctionnement
Charges de personnel administratif (567 397)
Charges administratives d’exploitation (248 741)
Amortissements (53 799) (869 937)
Total des charges (4 187 907)
PRODUITS
Revenus propres et produits divers
Billetterie 300 172
Ventes de concerts 421 339
Enregistrement radio 2 800
Autres produits 63 351 787 662
Mécénats et partenaires
Dons - partenaires 1 094 050
Dons affectés aux concerts/évènements spécifiques 77 000
Total des mécénats et partenaires 1 171 050
Subventions et aides financières
Subvention Ville de Genève pour :
- Réalisation activités 2 011 000
- Salles répétition 34 000
- Soutien évènements/concerts spécifiques 129 000
Aides Etat de Genève pour :
- Contribution aux projets de tranformation 7 461
- Soutien concerts/évènements spécifiques 10 000 2 191 461
TOTAL DES PRODUITS 4 150 173
RESULTAT D’EXPLOITATION (37 734)
Produits financiers
308
Charges financières (2 355)
Résultat financier (2 047)
Produits exceptionnels et hors période 8 624
Charges exceptionnelles et hors période (3 322)
Résultat exceptionnel 5 302
Attribution (produits des fonds) (107 261)
Utilisation (charges des fonds) 142 106
Résultat des fonds affectés 34 845
RESULTAT DE L’EXERCICE avant répartition 366
C’est chaleureusement que nous souhaitons de remercier toutes les institutions qui ont soutenu l’OCG pendant l’année 2022, soit :
Les institutions publiques
La Ville de Genève ; la République et Canton de Genève, et en particulier l’Office Cantonal de la Culture et des Sports, le Service Écoles, Sport, Art et Citoyenneté (SESAC), le Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse.
Nos donateurs et sponsors
la Loterie Romande, la Fondation genevoise Valeria Rossi di Montelera, la Banque Gonet, Lenz & Staehelin, LITASCO SA, la Dr. Silvain Brunschwig-Stiftung, François et Caroline Reyl, la Fondation Henri Moser, Mme et M. Françoise et Guy Demole, la Fondation Hélène et Victor Barbour, l’Association des Amis de l’OCG, ainsi que d’autres fondations souhaitant garder l’anonymat dont l’apport a été particulièrement déterminant.
Nos partenaires
le Bureau des Activités culturelles de l’Université de Genève, Manotel, Unireso, Victoria Hall, Bâtiment des Forces Motrices, Alumni UNIGE, AVIVO, Université Populaire, la Haute école de musique de GenèveNeuchâtel, la Confédération genevoise des écoles de musique, l’Ecole internationale de Genève, Office des Nations unies à Genève, UNHCR, Yojoa, le Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre, Contrechamps, Eklekto.
Nos partenaires médias
La Tribune de Genève, la RTS, Léman Bleu, Radio Lac, leprogramme.ch, Entracte magazine, Sphère magazine, Affichage vert.
Nos remerciements s’adressent également aux musicien·ne·s de l’OCG, au personnel administratif et technique, aux membres du Conseil de fondation, entièrement bénévoles, et, bien sûr, au public.
Crédit photo :
Raphaëlle Müller
Yomira Studio
Grégory Maillot
Dario Acosta
David Beecroft
François de Maleissye
Anne Colliard
Alexandre Favez
YAL
l’OCG
Graphisme
Yomira Studio

