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IA-MAG N°03 - 21-03-2026

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MAG MAG

FTOUR FTOURAEI2026:AEI2026:MASTERCLASS MASTERCLASS IINTELLIGENCEAGENCIELLE NTELLIGENCEAGENCIELLE

Etsi Etsiononcomprenaitenfin comprenaitenfin ll'informatiquequantique 'informatiquequantique ensemble? ensemble?

IIA:A:l’El’Europerégule, uroperégule, llaFrancedébat, aFrancedébat, lleMarochésite… eMarochésite… etlesplateformes etlesplateformes avancent avancent

IAetemploi:simêmeCofaces’enmêle,c’estquelebasculementa déjàcommencé

IA:l’Europerégule,laFrancedébat,leMarochésiteetlesplateformes avancent

Etsioncomprenaitenfinl’informatiquequantiqueensemble?

DarkWeb:Commentunsimpleachatdestéroïdesarévéléunempire criminelmondial

ClaudeDispatch:quandvotretéléphoneenvoiel’IAtravailleràvotre place

IAetdroitd’auteur:lajusticeaméricainefermelaporteetouvreun immensedébatmondial

L’IAnelicenciepasencoremassivementauMaroc…maiselleadéjà commencéailleurs

Woow,onyestdéjà:desrobotshumanoïdesarmésarriventsurun champdebatailleréelenUkraine

Robotshumanoïdes:bientôtàcommandercommesuruncatalogue Robotsaugmentésparl’IA:lanouvellerévolutionindustrielle Intelligenceartificielle:lamédecinepersonnaliséeentredansune nouvelleère

Laproductivitéàl’épreuveduréel:WaldMaalamfaceaucapitalLLM ManifesteWaldMaalam:Pourunobservatoiremarocainde l’intelligenceartificielle

QuandlesIAfinissentparpenserpareil

WaldMaalam:etsileMarocinstallaitl’intelligenceartificielle médicaledanssesrues?

IA,spiritualitéetresponsabilité

CAN2025etdarkweb:leMarocfaceàunealertecyberquidérange

2026

R212 Laweb

Radio des marocains dumonde

E D I T

OCette master class explore le passage crucial de l'IA conversationnelle à l'intelligenceagencielle,oùlessystèmesne se contentent plus de répondre, mais agissent de manière autonome pour accomplir des missions. L'auteur souligne quecettemutationtransformelanaturedu travail, déplaçant l'humain d'un rôle d'exécutant vers une fonction de superviseur stratégique et responsable. Le texte détaille l'architecture technique des agents, reposant sur une boucle continue entre perception, raisonnement, action et mémoire.Unaccentparticulierestmissur lagouvernance,affirmantquelesuccèsde cesoutilsdépenddelaclartédesmissions confiées et du maintien d'un contrôle humain rigoureux. En examinant le panorama des solutions actuelles, l'ouvrage met en garde contre l'illusion du miracle technologique au profit d'une intégration réfléchie. En somme, l'intelligence agencielle est présentée comme un enjeu politique et organisationnel majeur qui exige de redéfinir notre manière de déléguer et de décider.

LeschroniqueursdelaWebRadioR212quiontsuiviscette masterclassendébattent

Quelle est la différence fondamentale entre une IA classiqueetl'IAagencielle?

Le passage d'une IA qui se contente de répondre à une sollicitation (comme un chatbot) à une IA opérante qui agit, surveille et décide de sa propre initiative selon une missiondonnée.

Quellessontlesquatrebriquesconstitutivesd'unagentIA?

L'architecture d'un agent repose sur une boucle continue : percevoirl'information,raisonnerselondesrègles,agirdans son environnement, et mémoriser pour adapter son comportementfutur

Pourquoi dit-on que l'intelligence agencielle menace les tâchesetnonlesmétiers?

Cequiestautomatiséenpremiern'estpasl'expertise,mais lesgestesmaldéfinis,répétitifsetchronophages(comme lacompilationdedonnéesoulaveille),obligeantletravail humainàsedéplacerversl'interprétationetl'arbitrage Quelle est la différence entre un assistant IA, un workflow automatiséetunagentautonome?

Un assistant attend une question pour réagir, un workflow exécute un scénario rigide et prédéfini, tandis qu ' un agent autonome combine adaptabilité et capacité d'arbitrage dansuncadreencadré

Quelssontlesnouveauxrôleshumainsquiémergentaveccettetechnologie?

Le débat identifie des fonctions indispensables comme l'architecte d'agents (qui conçoit les missions), le superviseurIA(quisurveillelesdécisions)etledesignerdebouclesdécisionnelles.

Enquoi"l'illusiondelarationalité"est-ellealedangerprincipaldel'IAagencielle?

Les agents produisent des résultats très bien structurés qui peuvent masquer des biais, des hypothèses discutablesoudeserreurs,rendantladécision"faussementraisonnable"trèsdifficileàcontesterparl'humain

Pourquoiest-ilcrucialdedéfinirdesgarde-fousetunesupervisiondèslaconception?

Unagentsanslimitesclaires,sansseuilsd'alerte,etsurtoutsansmécanismed'arrêtconçuàl'avance,devient une"boîtenoire"quidiluelaresponsabilitécollective

Quelssontles"fauxmiracles"àéviterlorsduchoixdesoutils?

Ilfautseméfierdessolutions"cléenmain"quipromettentdetoutfaireàvotreplacesanscomprendrelaculture de l'organisation, ou encore de la multiplication des agents qui crée souvent plus de complexité que d'intelligence

Quelleestlaméthodepourconcevoirunagentvéritablementutile?

Ilnefautjamaispartirdel'outil,maisd'unproblèmehumainréel Ilfautensuitedéfinirunemissiontrèslimitée, écriredes"instructionsagencielles"strictes(différentesd'unpromptclassique)ettesterlesystèmeenconditions réelles

Quelles"lignesrouges"lesorganisationsdoivent-ellestracerfaceàl'automatisation?Certainesdimensions doiventresterirréductiblementhumaines,tellesqueladécisionéthique,l'arbitragepolitiqueoularesponsabilité publique,souspeinededégraderlesensdutravailetlaconfiancecollective

VIDEO PÉDAGOGIQUE DE LA MASTER CLASS SUR L'INTELLIGENCE AGENCIELLE

PRÉAMBULE

Depuis plus d’une décennie, l’intelligence artificielle progresse à un rythme soutenu D’abord cantonnée à des usagesspécialisés,puispopulariséeparlesassistantsconversationnelsetlesoutilsgénératifs,elleestdésormais entréedanslequotidiendesorganisations,desdécideursetdescitoyens Pourtant,unemutationplusprofonde, plusdiscrèteetplusstructuranteestentraindes’opérer:lepassagedel’IAquirépondàl’IAquiagit

Cette master class part d’un constat simple : ce basculement est déjà là Sans bruit, sans mise en scène spectaculaire,l’intelligenceagencielles’installeaucœurdessystèmesdetravail,dedécisionetdegouvernance Desagentssurveillent,analysent,priorisent,déclenchentdesactions,parfoissansinterventionhumainedirecte Ce quichangen’estpasseulementlatechnologie,maislaplacedel’humaindanslachaînederesponsabilité

L’objectifdecedocumentn’estnidecélébrerl’IA,nideladiaboliser.Ilestdecomprendre.Comprendrecomment fonctionneunagentIA,cequ’ilfaitréellement,cequ’ilneferajamais,etsurtoutcequenousluidéléguonsparfois sansenmesurerlesconséquences.Carl’intelligenceagenciellen’estpasd’abordunsujettechnique.C’estunsujet organisationnel,stratégiqueet,aufond,politique.

Àtraversuneapprochevolontairementpédag grille de lecture accessible à tous : dirigeant curieux.Elleviseàredonnerdelaclartédans formulées.

Parlerd’intelligenceagencielleaujourd’hui,cen l’œuvre, et poser une question centrale : com

Retrouvailleentresmembresengagésdel’AlliancedesÉconomistesIstiqlaliensàl’occasiond’unesoirée Ramadanesque

Unerencontrericheenéchangesautourdesactivitésdel’Alliance,desperspectivespourl’année2026,mais aussidesgrandsenjeuxéconomiquesettechnologiques,notammentl’impactdestensionsgéopolitiqueset lestransformationsliéesàl’intelligenceagentielle ProrammedelaMasterClassparAdnaneBenchakroun: 1-Google,IAgénérative,IAagenciellecomprendreenfinladifférence 2-Comprendrel'intelligenceagencielle 3-PerplexityMaxVSClaude:larévolutionsilencieusedutravailintellectuel 4-Leministreetson“shadowcabinet”quandl’IAentreaucœurdupouvoir 5-L'ODJMédiapenseàl'intelligenceagentielle

Google, IA générative, IA agencielle comprendre enfin la différence

Comprendre l'intelligence agencielle

Perplexity Max VS Claude : la révolution silencieuse du travail intellectuel

Le ministre et son “shadow cabinet” quand l’IA entre au cœur du pouvoir

L'ODJ Média pense à l'intelligence agentielle

LEKIOSQUE2.0 LEKIOSQUE2.0 DEL’ODJMÉDIA DEL’ODJMÉDIA

Pressplusestlekiosque100%digital&augmenté deL’ODJMédia,groupedepresseArrissalaSA magazines,hebdomadaires&quotidiens…

IA et emploi : si même Coface s’en

mêle, c’est que le basculement a déjà commencé

Ilyadesalertesqu’onpeutignorer.Etd’autresqu’onne peutpasbalayerd’unreversdemain.LorsquelaCoface évoque une exposition potentielle de près de 5 millions d’emplois en France à l’intelligence artificielle, le débat changedenature.

On ne parle plus d’une projection futuriste ou d’un fantasme technologique. On parle d’un signal économique,froid,mesuré,issuduterrain.

Car Coface n’est pas un think tank C’est un observateur desfragilitésréellesdesentreprises Sonmétierconsisteà anticiperlesrisques,àdétecterleslignesdefractureavant qu’elles ne deviennent visibles Autrement dit, si elle parle aujourd’hui de l’impact de l’IA sur l’emploi, c’est que la transformationestdéjààl’œuvre

Le premier enseignement de cette analyse est contreintuitif:cenesontplusseulementlesemploispeuqualifiés qui sont concernés L’intelligence artificielle s’attaque désormais au cœur du travail intellectuel Les métiers administratifs,lesfonctionssupport,maisaussiunepartie desprofessionsintermédiairesetsupérieures rédaction, analyse, conseil se retrouvent directement exposés Là où l’automatisation industrielle remplaçait des gestes, l’IA s’attaquedésormaisàdesfonctionscognitives

Cette mutation change tout. Elle brouille les repères traditionnelsdumarchédutravail.Pendantdesdécennies, lediplômeetlaqualificationconstituaientdesprotections implicites contre les vagues technologiques. Aujourd’hui, ce bouclier s’effrite. Les jeunes diplômés eux-mêmes, souvent positionnés sur des métiers tertiaires, deviennent vulnérables. De même, certaines catégories comme les femmes,trèsprésentesdanslesfonctionsadministratives, apparaissentplusexposées.

Faut-il pour autant parler de destruction massive d’emplois?Onestinvitéàlanuance L’IAnesupprimepas mécaniquementlespostes,elleentransformelecontenu Unepartiedestâchesdisparaît,uneautresereconfigure Lesalariédevientmoinsexécutant,plussuperviseur Moins producteurdirect,pluscoordinateur Enthéorie,celaouvre la voie à une montée en compétence En pratique, cela pose une question brutale : tout le monde pourra-t-il suivre?

C’est là que se joue le véritable enjeu L’intelligence artificielle agit comme un accélérateur d’inégalités Ceux quimaîtrisentcesoutilsverrontleurvaleuraugmenter Les autres risquent un déclassement silencieux Non pas par manque de travail, mais par inadéquation progressive entre leurs compétences et les nouvelles exigences du marché

A I M A G

Parallèlement, les entreprises, elles, n’attendent pas. Les accords internes liés à l’introduction de l’IA se multiplient, preuve que le mouvement est déjà engagé. Loin des discours théoriques, les organisations testent, adaptent, restructurent.Etsouvent,celasefaitsansbruit,sansdébat public majeur, à un rythme bien plus rapide que celui des politiquespubliques

Car c’est peut-être là le point le plus préoccupant : le décalage entre la vitesse technologique et la lenteur des réponses collectives Formation, reconversion, régulation tous ces leviers existent, mais peinent à suivre Or, une transformation de cette ampleur ne peut pas être laissée auxseuleslogiquesdemarché

Faut-il alors écouter Coface ? Oui, mais pas aveuglément Son rôle est d’alerter, parfois d’inquiéter Elle regarde le monde à travers le prisme du risque Mais c’est précisémentceregardquimériteattention Carilrévèlece que beaucoup préfèrent encore minimiser : l’IA n’est plus une promesse, ni une menace abstraite C’est une réalité déjàentrainderedessinerletravail

Et peut-être que la vraie question n’est pas de savoir si 5 millions d’emplois sont menacés Mais de comprendre combien d’entre eux sont déjà en train de changer sans quenousenayonspleinementconscience.

Peut-être faut-il attendre ce type d’alerte venue d’ailleurs pour que le sujet s’impose enfin au Maroc aveclagravitéqu’ilmérite

Au Maroc, le débat sur l’intelligence artificielle reste encore trop souvent cantonné à des effets d’annonce,àdespanels,àdesdiscoursconvenus Pendantcetemps,ailleurs,lesentreprisesavancent, testent,transforment,parfoissansretourenarrièrepossible Etnous,regardons-nousvraimentcequi estentraindesejouer?

L’enjeun’estplustechnologique Ilestsocial,économique,presquecivilisationnel Derrièrechaquetâche automatisée,chaquefonctionredéfinie,c’estunetrajectoiredeviequibascule,unmodèled’insertion professionnelle qui se fissure Former, anticiper, protéger sans freiner : voilà le triptyque qui devrait désormaisguiderl’actionpublique

Peut-être que le moment est venu pour certains responsables marocains de sortir du commentaire pourentrerdanslastratégie.Cardemainneprévientpas.Etl’intelligenceartificielle,elle,n’attendrani les échéances politiques, ni les lenteurs administratives. Elle avance déjà. Reste à savoir si nous choisironsdel’accompagner…oudelasubir.

IA : l’Europe régule, la France débat, le Maroc hésite… et les plateformes avancent

Pendant que des artistes français réclament une loi pour encadrer l’intelligence artificielle, un autre mouvement, plus discret mais infiniment plus structurant, est déjà en marche L’AI Act européen entre progressivement en application, redessinantlecadrejuridiquedel’intelligenceartificiellesurlecontinent Danslemêmetemps,lesgrandesplateformes mondialesdecollaborationetdegestionont,elles,tranchédepuislongtemps:l’IAgénérativen’estplusunsujetdedébat, mais un moteur central de compétitivité Entre régulation, prudence et accélération technologique, un monde à deux vitessesestentraindes’installer

EnEurope,etparticulièrementenFrance,ledébatsurl’IArestetrèslargementdominéparlesenjeuxculturels,éthiqueset symboliques Les revendications des artistes, auteurs et créateurs, inquiets de la reproduction de leurs œuvres et de la dilution de leurs droits, occupent l’espace médiatique Ces inquiétudes sont légitimes Elles traduisent une angoisse profondefaceàunetechnologiequibrouillelesfrontièresentrecréationhumaineetproductionautomatisée Maisellesne disentqu’unepartiedel’histoire Carpendantqueledébatpublicseconcentresurlaprotection,l’économienumérique, elle,avancesansattendre

L’AI Act, présenté comme le texte le plus ambitieux au monde en matière de régulation de l’IA, impose désormais une nouvelle grammaire aux organisations européennes Classification des systèmes selon leur niveau de risque, exigences accrues de transparence, obligations de gouvernance, traçabilité des données, documentation des modèles La conformitédevientunchantierlourd,technique,coûteux,quimobilisejuristes,ingénieursetdirectionsgénérales

Pourbeaucoupd’entreprisesfrançaises,laquestionn’estplus«faut-ilutiliserl’IA?»,mais«commentlefairesanssemettre en infraction ? » . Cette approche, prudente et normative, façonne un climat où l’innovation est souvent précédée par l’angoisseréglementaire.

À l’autre bout du spectre, les grandes plateformes mondiales de gestion et de collaboration ont adopté une logique radicalement différente. ERP, CRM, outils de gestion de projets ou de travail collaboratif – Oracle NetSuite, Microsoft Dynamics 365, Odoo, Sage, Divalto, Cegid, Acumatica, Infor, Notion, monday.com, ClickUp – ont intégré l’IA générative à marche forcée. Non par idéologie, mais par nécessité concurrentielle. Les utilisateurs l’exigeaient, les concurrents l’imposaient,lemarchél’attendait.Résultat:enmoinsdedeuxans,l’IAestpasséedustatutdefonctionnalitéexpérimentale àceluidecolonnevertébraleinvisibledecesplateformes

Aujourd’hui, ces acteurs vont plus loin encore. Ils déploient des agents IA personnalisables, capables d’interagir avec l’ensemble de l’écosystème métier : comptabilité, ressources humaines, supply chain, relation client, gestion documentaire, pilotage stratégique Ces agents ne se contentent plus d’assister ; ils recommandent, automatisent, anticipent, et parfois décident dans des cadres prédéfinis L’IA devient une couche opérationnelle intégrée, profondémentimbriquéedansles processus quotidiens des entreprises Le débat n’est plus théorique,ilestfonctionnel

Pendant ce temps, au Maroc, la réflexion reste largement suspendue Le pays parle beaucoup d’intelligence artificielle, multiplie les colloques, les annonces, les stratégies en gestation, mais tarde à trancher sur l’usage concret de l’IA générative dans les administrations, les entreprises et les services publics. La prudence est souvent présentée comme une vertu. Elle peut aussi devenir un alibi. Car pendant que l’on réfléchit, d’autres produisent,testent,corrigentetindustrialisent.

Ce décalage installe progressivement un monde à deux vitesses. D’un côté, des économies qui intègrent l’IA générativeaucœurdeleurproductivité,mêmeauprixdezonesgrisesjuridiquestemporairementassumées.De l’autre, des pays et des organisations qui retardent l’adoption par crainte des risques, des dérives ou des controverses.Lesconséquencessontprévisibles.Ellessemesurerontenécartsdecompétitivité,endépendance technologiqueaccrue,enpertedesouveraineténumérique.

Carrefuserouretarderl’appropriationdel’IAgénérativeneprotègepasdurablement Celadéplacesimplement la valeur ajoutée ailleurs Les entreprises qui utilisent des ERP et des plateformes enrichies par l’IA bénéficient déjà d’un avantage structurel : décisions plus rapides, coûts réduits, meilleure exploitation des données, adaptationcontinueauxmarchés Cellesquirestentàl’écartdeviennentdépendantesdesolutionsimportées, sansenmaîtriserleslogiquesinternesnilesdonnéesstratégiques

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre régulation et innovation, ni entre protection des créateurs et adoption technologique Il est de comprendre que le temps de l’IA n’est pas celui des débats interminables L’AI Act européentented’imposeruncadre Lesplateformesmondialesimposentunrythme LeMaroc,commed’autres pays,devrachoisir:êtreacteurdecettetransformation,ouendevenirsimpleutilisateurpassif

Unmondeàdeuxvitessessedessine Ilneseranijuste,nineutre Ilserastructuréparceuxquiaurontsuintégrer l’IAcommeunoutilstratégique,etnoncommeunsujetdepeuroudecommunication L’histoirerécentemontre que,danslenumérique,l’hésitationcoûtetoujoursplusche

Et si on comprenait enfin

l'informatique quantique ensemble ?

Vos virements bancaires, vos données médicales, les communications cryptées de Bank Al-Maghrib, les contratsdel'OCP—toutcelareposesurunchiffrementquedesordinateursquantiquespourraientunjourbriser enquelquessecondes.Pasdemain.MaislaNSAaméricainejugelerisquesuffisammentsérieuxpouravoirdéjà interdit les systèmes de sécurité nationale non résistants au calcul quantique. Et pendant ce temps, des gouvernements du monde entier investissent des milliards pour être les premiers à décrocher cette clé. La questionn'estplusdesavoirsil'informatiquequantiquevachangerlemonde.Laquestion,c'estquand—etqui seraprêt.

L'ordinateur qui n 'existe pas encorepourraitchangervotrevie avant2035

Il faut d'abord tordre le cou à une idée reçue L'ordinateur quantique n 'est pas un ordinateur classique en mieux Ce n 'est pas comme passer d'un iPhone 13 à un iPhone 15 C'est une façon radicalement différente de calculer, qui exploite lesloisdelaphysiquequantique cesrèglesétrangesquirégissentle comportement des particules à l'échelleatomique,làoùlamatière ne se comporte plus du tout commedansnotremondevisible.

Dans un ordinateur classique, chaque information est codée en bits : soit 0, soit 1, comme un interrupteur éteint ou allumé Dans un ordinateur quantique, on utilise desqubits dessystèmessipetits, 10 000 fois plus fins qu ' un cheveu, qu'ils obéissent à d'autres lois Un qubit peut être 0, 1 ou une combinaison des deux à la fois, avec des probabilités variables Et quandoncombineplusieursqubits, ils interagissent comme des vagues certaines se renforcent, d'autres s 'annulent permettant d'explorer simultanément un nombre astronomique de possibilités

Pour saisir pourquoi ça change tout, prenons un exemple concret Créer un nouveau médicament contre une maladie rare nécessite de tester la combinaison correcte de molécules parmi des milliards depossibilités.

Unordinateurclassique,aussipuissantsoit-il,nepeutpasrésoudreceproblème en temps raisonnable les calculs prendraient des millénaires Un ordinateur quantique pourrait simuler directement le comportement des protéines, reproduire la façon dont l'énergie circule à l'intérieur d'une cellule, comprendre pourquoiunemoléculeserepliecorrectementoudisfonctionne Cen'estpasune améliorationmarginaledelarecherchepharmaceutique

C'est une rupture totale Les mêmes logiques s 'appliquent à la découverte de nouveaux matériaux, à l'optimisation des réseaux électriques pour les énergies renouvelables,ouencoreàlalogistiquemaritimemondiale desdomainesoù le Maroc, engagé dans une transition énergétique ambitieuse et un positionnementlogistiquerégional,adirectementquelquechoseàgagnerouà perdre.

Mohamed Ait Bellahcen

Mais l'informatique quantique ouvre aussi des portes moins réjouissantes. L'algorithme capable de casser le chiffrementRSA ceprotocolequiprotègelaquasi-totalitédestransactionsfinancièresmondiales existedéjàsur le papier. Il s 'appelle l'algorithme de Shor, il a été découvert en 1994. Il attend simplement un ordinateur quantique suffisammentpuissantpourl'exécuter.

Quandcejourviendra,touteslesdonnéeschiffréesaujourd'huiselonlesstandardsactuelsdeviendrontlisibles.C'est cequ 'onappelleleproblèmedu«harvestnow,decryptlater»:desacteursmalveillantscollectentdèsmaintenant desdonnéeschiffrées,enattendantd'avoirlapuissancedecalculpourlesdéchiffrerdansdixouquinzeans En2024, leNISTaméricainaadoptélespremiersstandardsdecryptographiepost-quantiquepourpréparercettetransition Lesbanquesmarocaines,lesopérateurstélécomsetlesinstitutionsgouvernementalesdevraientprendrenotedece calendrier

Techniquement,lasituationressembleétrangementàcelledesdébutsdel'informatiquedanslesannées1950 On cherchait alors la bonne manière de construire un ordinateur fiable On est passé par les tubes à vide ces gros composantsencombrantsquipesaientdestonnes avantqueBellLabsnedécouvreletransistor,cettepetitepièce qui allait révolutionner toute l'informatique moderne Aujourd'hui, on cherche l'équivalent du transistor pour l'informatiquequantique

Etlagrandedifférenceaveccequ'onimagine,c'estqu'iln'existepasuneseuleapproche Onendénombreaumoins six, chacune utilisant des matériaux et des phénomènes physiques différents Les supraconducteurs ces circuits refroidisà-273°C,soitprèsduzéroabsolu sontportésparIBMetGoogleetontlongtempseudel'avance

Les atomes froids, manipulés par des lasers Les photons, ces particules de lumière canalisées dans des circuits optiques Lesnanotubesdecarbone Lesionspiégés Etlesqubitstopologiques,surlesquelsMicrosoftaprésentéen 2025sapuceMajorana1

Pourl'instant,aucunedecessixfamillesn'adémontrédesupérioritéabsolue etuneidéenouvelleémerge:peutêtrequel'avenirneserapasunseultyped'ordinateurquantiquedominant,maisplusieurstechnologiescoexistant, coordonnéesparunecouchelogicielleintelligentequirépartitlescalculsselonlesforcesdechacune

Médicaments,énergie,chiffrementbancaire:cequel'ordinateurquantiquevabouleverser

LaFranceadécidédenepasregardercechantierdeloin Consciented'avoirratéleviragedel'intelligenceartificielle,elle alancéleprogrammeProximaavec500millionsd'eurospoursoutenircinqstart-upsnationales Cinqcandidatesàce que certains appellent la Coupe de Feu de la clé quantique Parmi elles, C12 qui développe des puces quantiques à basedenanotubesdecarbonedansunlaboratoirequiressemble,pourl'instant,àunegrandeexpériencedephysique ultra-sophistiquée

OuencorePasqalavecsesatomesfroids,Quandelaavecsesphotons,Alice&Bobavecsescircuitssupraconducteurs En 2028,l'Étatcompteéliminerdeuxdecescinqstart-ups En2032,iln'enresteraquedeux,concentranttouteslesressources C'estunpariindustrielbrutal,maisassumé «Nousavonslacapacitéd'êtrelesmeilleursouparmilestoutmeilleurs Ilya une urgence pour que la France se mette sur ce sujet » , déclarait la députée Paula Forteza chargée de la mission quantiquelorsdupremiermandatdeMacron

Lessignauxd'accélérationse multiplient depuis 2024. Jensen Huang, le patron de Nvidia l'entreprise qui fabrique les puces qui font tourner toute l'intelligence artificielle mondiale déclarait en janvier 2025 au Consumer Electronics Show de Las Vegas qu'il ne voyait pas d'ordinateur quantique commercialement utile avant 2040 Quatre mois plus tard à Paris, il faisait volte-face et signait des partenariats avec des entreprisesdusecteur

AlainAspect,prixNobeldephysique,répondaiten2019qu'unordinateurquantiqueutilearriverait«entredans20ans etjamais» en2023,ilavaitradicalementchangédediscoursfaceauxavancéesdudomaine

Endécembre2024,GoogleaprésentésonprocesseurWillow:105qubitscapablesderésoudreencinqminutesun problèmequiprendraitdixseptillionsd'annéesàunsupercalculateurclassique Cesretournementsdepositionsde personnalités aussi mesurées disent quelque chose d'important sur la vitesse à laquelle la donne est en train de changer Les premiers ordinateurs quantiques commerciaux, limités à des cas d'usage en chimie et simulation moléculaire,sontattendusaudébutdesannées2030 Lesmachinesuniverselles,capablesdetraiterl'ensembledes applicationsenvisagées,pourraientsuivredansladécennied'après.

LeMarocn'apasdeprogrammeProxima.Pasencoredestart-upsquantiquesidentifiées.Maisiladesuniversités,des ingénieursformésàl'étrangerquirentrent,etunestratégienumériquenationalequipourraitintégrercetenjeuavant qu'il ne soit trop tard. La question n 'est pas de construire un ordinateur quantique à Casablanca d'ici 2030 c 'est irréaliste.

Laquestionestdesavoirsilesdécideursmarocains,publicsetprivés,comprennentasseztôtquecettetechnologie varedessinerlesavantagescompétitifsdanslapharmacie,l'énergie,lafinanceetladéfense.Etqueceuxquines'y préparentpasaujourd'huirisquent,dansdixans,d'êtredanslapositiondequelqu'unquidécouvrel'interneten2010

Dark Web.. Comment un simple achat de stéroïdes a révélé un empire criminel mondial..

Ilsuffitparfoisd’ungestebanalpourbasculerdansunemécaniquequidépassetotalementceluiquil’enclenche. Danscetteaffaire,toutcommenceavecunjeuneAméricainpassionnédemusculation,AnthonyCoronadi,sans passécriminel,sansréseau,sansambitionmafieuse.IlcommandedesstéroïdessurInternet,pensecontourner discrètementlesrèglesdusport,etdécouvretroptardqu’ilvientd’ouvrirlaported’unsystèmetentaculairede traficmondialopérantdanslesanglesmortsduDarkWeb.

Un colis, trois pays, zéro cerveau identifié : l’enquête qui expose les faillesdelajusticemondiale

L’histoire pourrait n’être qu’un fait diverssurfonddedopage,depaquets suspectsetdenaïveténumérique Elle estenréalitébeaucoupplusgrave Ce que révèle cette affaire, ce n’est pas seulement la puissance d’un marché noir clandestin. C’est surtout la faiblesse croissante des États face à une criminalité mondialisée, fragmentée, technologiquement fluide etjuridiquementinsaisissable.

LeDarkWebn’estpasunsimple“sousInternet” réservé aux fantasmes cyberpunk C’est un territoire fonctionnel,unezonedecirculationoù les identités sont brouillées, les responsabilités éclatées et les flux financiers cryptés On y achète, on y revend,onysous-traite,onydisparaît Anthony n’y est pas entré comme un criminelstructuré Ilyestentrécomme un consommateur opportuniste C’est précisément ce qui rend ce monde si dangereux : il recrute moins par idéologiequeparcommodité

Le réseau décrit ici fonctionne selon une logique redoutable : chacun ne connaîtqu’unfragmentducircuit L’un reçoit, l’autre renvoie, un troisième paye, un quatrième coordonne Personne, ou presque, n’a la vue d’ensemble Cette dissociation des tâches protège les têtes du réseau et transforme les exécutants en fusibles jetables. Anthony comme Amanda n’étaient pas les cerveaux. Ils étaient les petites mains d’une économie criminelleoùl’ignorancedel’ensemble estuneméthodedesurvie.

Cemodèleditquelquechosedenotreépoque Lecrimeorganiséneressemble plus forcément à une pyramide mafieuse classique Il épouse désormais les logiques du capitalisme numérique : externalisation, décentralisation, anonymisation,optimisationlogistique LeDarkWebn’estpashorsdumonde Il enestuneradicalisationclandestine

Le plus frappant, dans cette affaire, reste pourtant la géographie du dossier États-Unis, Royaume-Uni, Inde : trois démocraties, trois systèmes judiciaires, troisintérêtsnationaux Chacuneavanceavecsespriorités,sesprocédures,ses lenteurs et ses arrière-pensées L’enquête progresse, des intermédiaires tombent, des millions en bitcoins sont saisis, mais la vérité complète, elle, continuedesedérober

Mohamed Ait Bellahcen

Pourquoi?Parcequelasouverainetéjudiciaireresteterritoriale,alorsquelacriminaliténumérique,elle,est transfrontalièreparnature Uneadressemailcrééeàunmomentdenégligence,uncolispostéàCoventry, unewalletcryptoencirculationglobale,unsuspectarrêtéàDelhi:lepuzzleexiste,maisilestéparpilléentre desÉtatsquicoopèrentsansjamaisfusionnerréellementleursmoyensnileursobjectifs

Bitcoins,fauxnoms,vraistrafics:lesÉtatsdépassésparlagéopolitiqueduDarkWe

L’autre grande leçon de cette affaire tient en un mot : cryptoactifs. Le bitcoin n’est pas ici un gadget technophile ni un symbole abstrait de modernité financière. Il est devenu un instrument de puissance, d’évasion,denégociationetdeconflitentreÉtats.Quanddescentainesdemillionsdedollarscirculentdans des portefeuilles numériques difficilement attribuables, la question n’est plus seulement policière. Elle devientdiplomatique.Quisaisit?Quijuge?Quirécupère?Quiprouve?

Etc’estlàquel’affairedevientpresqueplusinquiétantequespectaculaire:malgrélesarrestations,malgré lescoopérationsinternationales,malgrélessaisies,lecentreduréseaudemeureflou “Liston”,l’identité-clé du système, reste une ombre Peut-être un homme, peut-être plusieurs, peut-être une simple façade opérationnelle Danscebrouillard,lesÉtatspeuventarrêter,maisilspeinentencoreàconclure

Aufond,cettehistoireracontemoinslachuted’untraficquelamutationd’unrapportdeforce D’uncôté, des institutions nationales, lentes, cloisonnées, procédurières De l’autre, des réseaux criminels agiles, modularisés,globaux,nourrisparlatechnologieetparlafragmentationdudroitinternational

Anthony Coronadi a cru acheter un raccourci vers la performance physique Il a surtout servi de preuve involontaired’uneréalitéplusvaste:auXXIesiècle,uncolispeutêtrelocal,maislecrimequ’iltransporteest déjàmondial

Claude Dispatch : quand votre

téléphone envoie l’IA travailler à votre place

AnthropicpousseClaudeplusloin:avecDispatch, l’IAtravaillemêmeàdistance

Cowork,c’estquoi?Etpourquoilanouvellefonction Dispatchchangedéjàladonne

L’intelligence artificielle ne se contente plus de répondreàdesquestions.Ellecommenceàtravailler.

C’est exactement la promesse de Cowork, l’une des fonctions les plus ambitieuses de Claude, l’assistant IA d’Anthropic Lancée d’abord comme une préversionderecherchesurdesktop,Coworkpermet à Claude d’agir comme un véritable agent de bureau : accéder à des fichiers locaux, utiliser des intégrations,exécuterdestâchessurordinateurdans un environnement isolé, et enchaîner plusieurs actionssansquel’utilisateurdoivetoutpiloterpasà pas Anthropic décrit d’ailleurs Cowork comme une extension des capacités “agentiques” de Claude au travaildebureau,au-delàdusimplecode

Pour le dire simplement, Cowork transforme Claude en collègue numérique opérationnel Là où un chatbot classique explique comment faire un tableau Excel, Cowork vise autre chose : ouvrir les bons fichiers, chercher les données, les organiser, préparer un document, lancer une action et revenir avec un résultat Le tout sur la machine de l’utilisateur, dans une machine virtuelle isolée, avec accès aux fichiers locaux et à certaines intégrations configurées. Cette architecture a été présentée par Anthropicdèsjanvier2026pourlesabonnésMaxsur desktop, avant une extension progressive aux offres Pro.

Concrètement, à quoi sert Cowork ? À automatiser de petites ou moyennes tâches de bureau répétitives. Par exemple : classer des documents, préparer une synthèse à partir d’un dossier, remplir unfichieràpartird’informationsdispersées,fairedes recherches dans plusieurs sources, ou encore enchaîner des opérations bureautiques sans surveillance constante Anthropic a ensuite enrichi cette brique avec des tâches planifiées, récurrentes ou ponctuelles, ainsi qu’un système de plugins et d’admin controls pour les environnements plus professionnels Cela montre bien la direction prise : Cowork n’est pas un gadget mobile, mais une plateformedetravailautomatiséquicherchedéjàsa placedanslesusagesquotidiensdebureau

Lanouveautéannoncéecettesemainechangetoutefoisla nature de l’outil. Depuis le 17 mars 2026, Anthropic permet aux utilisateurs Pro et Max de piloter Cowork depuis leur téléphonevial’applicationClaudesuriOSetAndroid,grâce à ce qu’Anthropic présente officiellement comme un fil persistant permettant de gérer les tâches à distance La marque “Dispatch” est reprise par plusieurs médias spécialisés pour désigner cette évolution En clair, on ne lance plus seulement Cowork depuis son ordinateur : on peut désormais lui envoyer des consignes depuis son mobile,suivrel’avancement,etrécupérerlesrésultatsdans lemêmefildetravail,mêmeloindesonbureau

Cowork de Claude, mode d’emploi : l’agent de bureau devientmobile

Première étape : comprendre le principe Dispatch ne transforme pas le téléphone en ordinateur autonome Le téléphonedevientplutôtunetélécommandeintelligentede Claude Cowork Le travail continue de s’exécuter sur la machinedesktopconfiguréepourCowork,avecsesfichiers, sesplugins,sesconnecteursetsonenvironnementlocal Le smartphone sert à donner l’instruction, à relancer, à approuver certaines étapes et à consulter le résultat. Autrement dit, on ne déporte pas tout sur mobile ; on commande à distance un agent qui travaille sur le poste principal.C’estunenuanceessentielle,notammentpourles questionsdesécuritéetdeconfidentialité.

Deuxièmeétape:savoirdansquelscasceladevientutile Vousquittezuneréunionetvousvoussouvenezqu’un compte-rendudoitêtrepréparé?VouspouvezdemanderàClaude,depuisvotretéléphone,d’ouvrirlesnotes, d’entirerunesynthèseetdeprépareruneversionpropresurl’ordinateur.Vousêtesdansuntaxi,àl’aéroportou entre deux rendez-vous ? Vous pouvez lui demander de trier un dossier, d’assembler des éléments pour une présentation ou de rechercher une information dans un ensemble de documents déjà accessibles sur votre machine.Legainn’estpasseulementtechnique.Ilestorganisationnel:l’IAcommenceàabsorberlesinterstices dutempsdetravail.

Troisième étape : garder la tête froide. Parce qu’il faut aussi dire ce que cette innovation n’est pas encore. D’abord, Cowork reste en research preview sur plusieurs volets, ce qui signifie que l’outil est prometteur mais encore en phase d’ajustement. Ensuite, les premiers retours évoquent des performances variables selon la naturedestâches:trèsconvaincantsurcertainesactionsstructurées,plusirrégulierquandlecontextedevient flou ou quand l’objectif demande beaucoup d’interprétation humaine Même les médias technologiques qui saluentl’annoncenotentquelesrésultatsrestentcontrastésselonlesusages

Quatrièmeétape:comprendrecequeceladitdumarché AvecCoworketdésormaisDispatch,Anthropictente de sortir l’IA de la case “assistant conversationnel” pour la faire entrer dans celle du travail délégué Le mouvementeststratégique L’enjeun’estplusseulementdemieuxécrireoumieuxrésumer,maisdeconfierune action, puis de la retrouver exécutée C’est une montée en gamme très importante : l’IA passe du conseil à l’exécution surveillée Et c’est probablement là que se jouera la prochaine bataille entre grands acteurs du secteur

Au fond, la vraie question n’est pas “Claude sait-il répondre ?” Cette étape est déjà derrière nous La vraie question devient : Claude peut-il travailler pendant que vous faites autre chose ? Cowork répond oui, prudemment Dispatchajoute:oui,mêmequandvousn’êtesplusdevantvotreécran

Anthropic n’a donc pas seulement annoncé une nouvelle commodité mobile L’entreprise a mis un pied supplémentairedansl’automatisationconcrètedubureau Etcedétailcompte:lefuturdel’IAneserapeut-être pasunemachinequiparlemieuxquenous,maisunemachinequicommence,discrètement,àvidernotretodolist

IA et droit d’auteur : la justice américaine ferme la porte… et ouvre un immense débat mondial

Une révolution technologique qui dépasse le droit : Qui est l’auteur ? L’algorithme?L’utilisateur?Oupersonne?

EtauMaroc?AuMaroc,ledébatresteencorerelativementdiscret,maisil commenceàémergerdanslesmilieuxjuridiquesetculturels.

La révolution de l’intelligence artificielle a déjà transformé la manière de produiredesimages,destextes,desmusiquesoumêmedesfilms Maisune questionfondamentaledemeure:quiestl’auteur?L’algorithme?L’utilisateur ?Oupersonne?AuxÉtats-Unis,lajusticevientd’apporteruneréponseclaire, au moins sur un point précis : une intelligence artificielle ne peut pas être reconnuecommeauteurd’uneœuvreprotégéeparlecopyright

Cetteposition,confirméeparplusieursdécisionsjudiciairesetparleBureau américainducopyright,reposesurunprincipeanciendudroitd’auteur:la créationprotégéedoitêtreleproduitd’unesprithumain Danscettelogique, une machine, aussi sophistiquée soit-elle, ne possède ni personnalité juridiquenicapacitécréativeausensjuridiqueduterme Ellen’estdoncpas reconnuecommeauteur.

Leproblèmeestquelatechnologieavancebeaucoupplusvitequeledroit. Aujourd’hui, des plateformes comme Suno, Udio, Midjourney ou ChatGPT permettent à n’importe quel utilisateur de générer en quelques secondes unechansoncomplète,untableauouunarticle.

Danscertainscas,l’interventionhumaineestminimale:quelqueslignesde prompt suffisent pour produire une œuvre qui, il y a encore dix ans, aurait nécessitédesheuresdetravailartistique.

Laquestiondevientalorsvertigineuse:sil’IAproduitl’œuvre,maisqu’ellene peutpasêtrereconnuecommeauteur,quidétientlesdroits?

La réponse américaine est nuancée Lorsque l’intervention humaine est significative par exemple dans la conception, la sélection, l’édition ou la transformationducontenu l’utilisateurpeutêtrereconnucommeauteur En revanche, si l’œuvre est générée automatiquement par un algorithme sans contribution créative identifiable de l’utilisateur, elle ne peut pas bénéficierdeprotectionparlecopyright

Danscecas,l’œuvrepeuttomberdans unesortedezonegrisejuridique.

Les œuvres IA deviennent-elles « libres dedroit»?

C’est ici que les conséquences deviennentconcrètespourlesindustries créatives.

SiunemusiquegénéréeparIAn’estpas protégée par le copyright, cela pourrait signifier qu’elle entre dans le domaine public En théorie, n’importe qui pourrait doncladiffuser,lacopieroulamodifier librement

Mais dans la pratique, la situation est pluscomplexe.

La plupart des plateformes de génération musicale, comme Suno, imposent leurs propres conditions d’utilisation Ces licences contractuelles définissent ce que les utilisateurs peuvent faire avec les contenus générés

Par exemple, certaines plateformes accordent aux utilisateurs des droits commerciaux sur les œuvres créées, tandis que d’autres limitent leur utilisation ou conservent certains droits surlesproductions.

Autrement dit, même si l’œuvre n’est pasprotégéeparlecopyrightclassique, elle peut être encadrée par un contrat privéentrelaplateformeetl’utilisateur.

Cela signifie que toutes les musiques générées par IA ne sont pas automatiquement«libresdedroit».

Mais une chose est certaine : l’arrivée massive de contenus générés par algorithmes risque de bouleverser profondément l’économie des droits d’auteur

Pour les musiciens, les écrivains et les créateurs visuels, la situation suscite de fortes inquiétudes Si des millions de morceaux peuvent être produits en quelques minutes, l’abondance de contenu pourrait faire chuter la valeur économiquedelacréationartistique

A I M A G

CertainsartistesredoutentégalementquelesIAaientétéentraînéessurleursœuvressansleurconsentement. Plusieurs procès sont actuellement en cours aux États-Unis et en Europe pour déterminer si l’entraînement des modèlesd’IAsurdesœuvresprotégéesconstitueuneviolationdudroitd’auteur.

Derrièrecesbataillesjuridiquessejoueunequestionplusprofonde:l’intelligenceartificielleest-elleunoutilcréatif… ouunconcurrentdirectdesartistes?

Et au Maroc ? Au Maroc, le débat reste encore relativement discret, mais il commence à émerger dans les milieuxjuridiquesetculturels.

Lagestiondesdroitsd’auteurrelèveduBureauMarocainduDroitd’AuteuretdesDroitsVoisins(BMDA),placésous latutelleduministèredelaCulture

Lecadrejuridiquemarocainreposesurlaloirelativeauxdroitsd’auteuretdroitsvoisins,quiprotègelesœuvres originales créées par des auteurs humains Comme dans la plupart des législations internationales, la notion d’auteurestliéeàunepersonnephysique

Autrementdit,enl’étatactueldudroitmarocain,uneintelligenceartificiellenepourraitpasnonplusêtrereconnue commeauteur

La question devient alors similaire à celle posée aux États-Unis : si une œuvre est générée par IA, qui en est juridiquementresponsable?

Pour l’instant, aucune jurisprudence marocaine majeure n’a encore tranché cette question Mais il est probable quelesautoritésculturellesdevronts’ensaisirrapidement,carlesoutilsdegénérationcréativesediffusentàune vitessefulgurante

Pour un pays comme le Maroc, qui cherche à développer ses industries culturelles et créatives, musique, audiovisuel,jeuxvidéo,design, l’enjeueststratégique

Il s’agit de trouver un équilibre délicat entre deux impératifs : protéger les créateurs humains et permettre l’innovationtechnologique.

LedébatdépasselargementlesÉtats-UnisouleMaroc.Partoutdanslemonde,lesgouvernementsetlesjuristes cherchentàadapterlesloisàuneréaliténouvelle.

Certaines propositions envisagent de reconnaître un statut particulier aux œuvres générées par IA. D’autres suggèrent d’attribuer les droits à la personne qui a conçu ou entraîné le modèle. D’autres encore estiment qu’il

Pour l’instant, aucune solution universelle ne s’impose.

Laseulecertitudeestquel’intelligenceartificiellene se contente pas de transformer les outils de création:elleremetenquestionladéfinitionmême del’auteur

Pendantdessiècles,l’artétaitliéàunindividu,àsa sensibilité,àsonexpériencedumonde Avecl’IA,la création devient parfois le produit d’un calcul statistique

Etcelaobligelessociétésàseposerunequestion presque philosophique : si une machine peut produireuneœuvrequinousémeut,l’auteurest-il encoreindispensable?

Ledroit,lui,n’apasencoretrouvélaréponse Mais ledébatnefaitquecommencer

L’IA ne licencie pas encore massivement au Maroc. Mais elle a déjà commencé ailleurs.

C’estainsiquetoutdébuteàbonentendeur...................

Pendantlongtemps,l’intelligenceartificielleaétéperçuecomme un sujet lointain, presque abstrait Un débat de conférences, de laboratoires, de géants de la Silicon Valley Puis sont venues les premièresannoncesdelicenciements D’aborddanslatech Puis dans la finance, l’industrie, les télécoms, la distribution Aujourd’hui, le mouvement s’élargit, se structure, et surtout se normalise L’IA n’est plus une promesse Elle devient un facteur économiquedur,mesurable,etdéjàsocialementvisible

Leschiffresglobauxnelaissentplusdeplaceaudoute Selonle Fonds monétaire international, près de 40 % des emplois mondiaux sont exposés à l’IA, avec un impact direct ou indirect sur leur contenu, leur volume ou leur existence même Dans les économies avancées, cette exposition grimpe à 60 % Le Forum économique mondial va plus loin : d’ici 2030, 22 % des emplois actuels seront profondément transformés, déplacés ou supprimés. Ce n’est pas une vague marginale. C’est une recompositionsystémiquedutravail.

Contrairementàuneidéerépandue,cettetransformationnese limite plus aux développeurs ou aux ingénieurs. Les restructurations liées à l’IA touchent désormais des secteurs considérés jusqu’ici comme “protégés”. En 2026, l’organisme américain Challenger, Gray & Christmas recense plus de 7 600 suppressionsdepostesenunseulmoisexplicitementattribuées àl’IAauxÉtats-Unis Etcechiffrenereflètequeleslicenciements annoncés Il ne comptabilise ni les postes non créés, ni les contratsnonrenouvelés,nilesdépartsnaturelsnonremplacés

LecasdeBlock,lafintechdeJackDorsey,amarquélesesprits 4 000postessupprimés,soitprèsd’unquartdeseffectifs,avecun discours assumé : l’IA permet désormais de faire mieux avec moins de monde Mais ce serait une erreur de réduire ce phénomèneàunepostureidéologiqued’unpatroniconoclaste EnAustralie,WiseTechGlobal,spécialistedeslogicielslogistiques, annonce la suppression de 2 000 emplois, soit un tiers de sa massesalariale,danslecadred’unpivotstratégiqueversl’IA En Belgique,l’opérateurtélécomProximusprévoit1200suppressions depostes,prèsde15%deseseffectifs,eninvoquantlesgainsde productivitépermisparl’automatisationintelligente

Dansl’industrielourde,mêmelogique LegéantchimiqueDowa engagéunplande4500suppressionsd’emplois,enexpliquant vouloir“simplifieretautomatiser”sesprocessusdeboutenbout

Dans la distribution et la logistique, Ocado au Royaume-Uni supprime 1 000 postes, à mesure que ses entrepôts deviennent des usines pilotées par algorithmes. En Australie encore, Commonwealth Bank réduit ses effectifs, notamment dans le back-office, dans un contexte de bascule vers l’IA pour la conformité,lagestiondesrisquesetleserviceclient.

Maislephénomèneleplusstructurantestsansdoute le plus silencieux : le gel de l’embauche Salesforce a publiquement expliqué ne plus recruter de nouveaux ingénieurs logiciels, car l’IA absorbe une partie croissante de la charge de travail Shopify impose désormais à ses managers de démontrer qu’une tâche ne peut pas être réalisée par une IA avant de demander un recrutement Klarna, dans la fintech européenne, a gelé l’embauche pendant plusieurs trimestres en misant massivement sur des agents conversationnelspourlesupportclient

Ce mécanisme est redoutable, car il ne crée pas de choc social immédiat Il ne fait pas la une des journaux Mais il modifie la trajectoire du marché du travail Les jeunes diplômés n’entrent plus Les postes intermédiaires se raréfient. Les pyramides d’âges se déséquilibrent. Et lorsque la tension devient visible, il estsouventtroptardpouragir.

PourquoileMarocserait-ilconcerné?Nonpasparce qu’il serait en avance mais précisément parce qu’il e d s s l’o c m s

A I M A G

Lorsquedesbanqueseuropéennesautomatisentleursfonctionsdeconformité,cesontdesmilliersd’heuresde traitement qui disparaissent Lorsque des assureurs adoptent des systèmes de souscription automatisée, ce sont des équipes entières de back-office qui deviennent redondantes. Lorsque les maisons mères réduisent leursvolumes,lesfilialesetprestatairessuivent.L’IAnetraversepaslesfrontièresseule.Ellelestraverseparles fluxéconomiques.

Ilfautdoncsortird’unmalentendu:l’IAne“vapasarriver”auMaroc.Elleyestdéjà,maissousformeindirecte, diffuse, silencieuse. Elle commence par modifier les arbitrages des employeurs. Puis les stratégies RH. Puis les investissements.Etenfin,leséquilibressociaux.

Pourlesdécideursmarocains,lesujetn’estpasdefreinerl’IA.Ceseraitillusoire.Levraienjeuestd’anticiperses effets macroéconomiques et sociaux. De comprendre que le risque n’est pas seulement le chômage visible, maisladésynchronisationentrecompétencesproduitesetcompétencesdemandées Quelabataillenesejoue passurlenombred’emplois,maissurleurnature,leurvaleurajoutée,leurcapacitéàrésisteràl’automatisation

L’histoireéconomiqueestclaire:lestransitionstechnologiquesmalpréparéescreusentlesinégalités,fragilisent lacohésionsocialeetalimententladéfiance Cellesquisontanticipéespeuvent,aucontraire,créerdenouveaux équilibres L’IA n’est ni une apocalypse ni une baguette magique C’est un accélérateur Et comme tout accélérateur,ilrécompenseceuxquiontdéjàunetrajectoireclaire,etpénaliseceuxquiavancentsanscap

Le Maroc a encore une fenêtre de temps Elle se compte en années, pas en décennies Le signal mondial est désormaissuffisammentclair Leschiffressontlà Lesexempless’accumulent L’illusionlaplusdangereuseserait decroireque,cettefois-ci,lavagues’arrêteraauxfrontières

humanoïdes armés arrivent sur un champ de bataille réel en Ukraine

Ilyaencorepeu,celarelevaitdelascience-fictionmilitaire.Désormais,lesujetentredansleréel,ouaumoinsdansleréel del’expérimentationdeguerre.SelonTime,lastartupaméricaineFoundationaenvoyéenfévrier2026deuxunitésdeson robot humanoïde Phantom MK-1 en Ukraine, d’abord pour des missions d’appui à la reconnaissance en zone de front. L’entreprisepréparedéjàuneversionplusavancée,lePhantomMk-2,annoncéepouravril.Sil’informationseconfirme dans sa portée opérationnelle, il s’agirait d’un basculement symbolique majeur : pour la première fois, des robots humanoïdesconçuspourdesusagesmilitairessonttestésdansunthéâtredeguerrebienréel.

CequisejoueenUkrainedépassel’Ukraine

Lemotimportant,ici,estpeut-êtremoins“armés”que“déployés”.Caràcestade,lesélémentspubliésindiquentsurtoutune présencesurleterrainàdesfinsd’évaluationetderetourd’expérience,pasencorelapreuved’unengagementautonomeen combatdirect.TimeprécisequelesdeuxPhantomsontétéenvoyésenUkraine“initiallyforfrontline-reconnaissancesupport”, autrementditpourunsoutiendereconnaissanceauplusprèsdufront

D’autressourcesspécialiséesontrepriscettelectureenparlantde“battlefieldtesting”oud’“evaluation”,cequiobligeàgarder latêtefroidefaceauxformulationssensationnalistes

Celan’enlèverienàlaportéehistoriquedumoment LePhantomMK-1estprésentéparFoundationcommeunhumanoïde spécifiquement pensé pour des applications de défense Time décrit une machine capable de manier différentes armes légères lors de démonstrations, allant du revolver au fusil de type M-16, tandis que la société affirme travailler avec des branchesdel’arméeaméricainesurplusieurscontratsderecherche Enclair,onneparleplusd’unrobotd’usinevaguement militarisé,maisd’uneplateformedéveloppéedèsl’originedansunelogiquedeguerre

Pourquoil’Ukraine?Parcequelaguerreyestdéjàdevenueungigantesquelaboratoiredel’automatisationmilitaire Drones FPV, systèmes terrestres sans pilote, logiciels d’aide au ciblage, guerre électronique : le front ukrainien accélère tout Time soulignequel’Ukraineestdevenueleprincipalterraind’essaimondialpourlesfabricantsd’armesetlesstartupsquiveulent automatiser une partie de la chaîne de combat Dans ce contexte, l’arrivée de robots humanoïdes n’est pas une rupture absolue;c’estplutôtl’étapesuivanted’unelogiquedéjààl’œuvre

LediscoursdeFoundationreposesurunargumentmoralautantquetechnologique:envoyerdesmachineslàoùl’onenvoie aujourd’hui des soldats Son cofondateur Mike LeBlanc, ancien Marine, défend l’idée qu’il existe un “impératif moral” à substituerdesrobotsauxhumainsdanslesmissionslesplusdangereuses Surlepapier,l’argumentséduit:moinsdemorts, moinsdetraumatismes,plusd’endurance,moinsdefatigue Maisl’autrelectureestnettementplussombre:silecoûthumain directbaissepourl’undesbelligérants,leseuilpolitiqued’entréeenguerrepeutluiaussibaisser.Uneguerreplusrobotisée peutdevenir,paradoxalement,plusfacileàdéclencher.

Lesquestionséthiquessontdoncimmenses.Quidécidedetirer?Quiassumeen cas d’erreur ? Qui contrôle réellement la machine si les communications sont brouillées, piratées ou interrompues ? Time rappelle que les protocoles américains actuels imposent encore un feu vert humain pour l’engagement létal, mais note aussi que, sur le terrain ukrainien, certaines technologies deviennentdéjàplusautonomessouslapressiondubrouillageetdelavitesse du combat C’est là que le sujet cesse d’être futuriste pour devenir politique, juridiqueetcivilisationnel

Leplusfrappant,aufond,estpeut-êtrelavitesse Enfévrier,deuxunités Enavril, une nouvelle génération plus robuste, annoncée comme plus performante, notammentsurl’autonomieetlarésistanceauxconditionsduterrainselondes reprisesspécialisées Enquelquessemaines,onpassedel’effetd’annonceàla logique d’itération militaire La guerre, comme souvent, comprime le temps de l’innovation

Ce qui se joue en Ukraine dépasse donc l’Ukraine Si ces essais ouvrent réellement la voie à des humanoïdes combattants, alors 2026 pourrait rester commeladateoùlaguerreafranchiunseuilmental Pasencoreceluid’armées deTerminator Maispeut-êtreceluid’unehabitudenouvelle:voiruncorpssans hommeentrerdanslabataille

Robots humanoïdes : bientôt à commander comme sur un catalogue…

Il y a quelque chose de presque irréel dans l’époque que nous traversons. Des machines à taille humaine, capablesdemarcher,desaisirdesobjets,d’ouvriruneporteoudedéplacerdescharges,sontentraindequitter les laboratoires pour entrer dans l’économie réelle. Elles ne sont plus seulement des démonstrations technologiques;ellesdeviennentprogressivementdesproduitsindustriels.

Cechoixn’estpasesthétique.Ilestprofondémentéconomique.

Autrement dit, nous entrons dans une phase où certaines entreprises pourraient bientôt choisir leurs robots humanoïdes presque comme on choisit une machine industrielle dans un catalogue. Plusieurs modèles existent déjà, développés par des start-ups spécialisées ou par des géants technologiques Leur morphologie est volontairement proche de celle d’un humain : environ un mètre soixante-dix à un mètre quatre-vingts, un poids comparableàceluid’unadulte,unevitessedemarchesimilaireàlanôtre

Nosusines,nosentrepôts,nosvillesetmêmenosoutilssontconçuspouruncorpshumain Construiredesrobots humanoïdes permet donc de les intégrer directement dans cet environnement sans devoir reconstruire toute l’infrastructureindustrielle Cesmachinespeuventutiliserlesmêmesescaliers,lesmêmesoutils,lesmêmeschaînes logistiques

Leur mission est simple : accomplir des tâches physiques répétitives ou pénibles Porter des colis, déplacer des pièces,manipulerdesobjets,travaillerdansdesenvironnementsdangereuxoumonotones

Etc’estprécisémentàcemomentquesurgissent,commetoujours dansl’histoire,lesprophètesdel’effondrement.

Depuis quelques mois, certains rapports alarmistes affirment que l’intelligence artificielle, combinée aux robots physiques et aux agents numériques capables d’écrire du code ou d’analyser des données, pourrait détruire des pans entiers de l’économie Un rapport publié récemment par le cabinet Citrini Research a même imaginé un scénario extrême où des milliards d’emplois disparaîtraient d’ici quelquesannées

Dans cette vision, les robots produiraient tout Les machines remplaceraientleshumainsdansl’industrie,lesservices,lenumérique Lestravailleursdeviendraientinutiles,condamnésàuneoisivetéforcée dansuneéconomiedominéeparlesalgorithmes

Cette idée spectaculaire repose pourtant sur une erreur que l’histoire économiqueadéjàdémontrée

Chaquerévolutiontechnologiqueasuscitéexactementlamêmepeur Lorsque l’agriculture s’est mécanisée, on annonçait la ruine des paysans et le chômage de masse Les travailleurs agricoles ont effectivementdisparu maisilssontdevenusouvriersdansl’industrie Lorsquel’industries’estautomatisée,onannonçaitlafindesouvriers Ils sont devenus employés dans le tertiaire.Lorsque l’informatique a envahi les bureaux, on annonçait la disparition des employés. Ils sont devenus analystes, développeurs, ingénieurs, créateurs de nouveaux services.

Àchaquefois,untypedetravaildisparaissait.Unautreapparaissait. Larévolutionactuellesuitlamêmelogique.Lesrobotshumanoïdeset l’intelligenceartificielles’attaquentsurtoutàunecatégorietrèsprécise d’activités : le travail répétitif, mesurable et standardisable. Celui qui peut être décrit par des règles, optimisé par des algorithmes ou reproduitmécaniquement

Dans les entrepôts, la logistique, certaines tâches administrativesounumériques,lamachinedevientplus efficace. Elle peut fonctionner sans fatigue, avec une précisionconstante.

Maisl’économieneserésumepasàcestâches.

Chaque vague de progrès technique produit en réalité trois effets simultanés : elle détruit certains emplois existants, elle augmente fortement la productivité globale,etellelibèredesressourcesconsidérables–du capital,dutemps,del’énergiehumaine

Ces ressources ne disparaissent jamais. Elles se déplacent.

Les rapports catastrophistes oublient souvent ce point essentiel : la richesse produite ne disparaît pas lorsque l’emploi qui la générait est automatisé Elle change simplementdedestination

Lorsque les coûts de production baissent, lorsque certaines activités deviennent plus efficaces, d’autres secteursdeviennentsoudainfinançables

La mécanisation agricole a permis de financer l’industrialisation L’industrialisation a permis le développementmassifdel’éducation,delasanté,dela rechercheetdesservices

L’intelligence artificielle pourrait provoquer un déplacement similaire vers ce que l’on pourrait appeler l’économiedelavie

Elle comprend toutes les activités où la présence humainerestecentrale:l’éducation,latransmissiondes savoirs,lesoin,laculture,lacréation,l’accompagnement desparcourshumains,lamédiationsociale,larecherche scientifiqueouencorelaréflexionéthique.

Cesdomainesontunpointcommun:ilsnécessitentune relation humaine réelle. Et, paradoxalement, ils ont longtempsétésous-financés.

La machine peut produire des objets. Elle peut transporter des charges. Elle peut analyser des données. Mais elle ne peut pas remplacer la relation humaine. Unrobotpeutdéplaceruncolisdansunentrepôt.Ilne peut pas accompagner un enfant dans son apprentissage. Une intelligence artificielle peut analyser un dossier médical. Elle ne peut pas remplacerlarelationentreunpatientetunmédecin. Pouruneraisonsimple:unavionpeutvoler,maisilne serajamaisunoiseau Delamêmemanière,unrobot neserajamaisunhumain

Dans ce contexte, la robotisation massive pourrait paradoxalementpermettredefinancercequimanque aujourd’hui le plus : le temps humain consacré aux humains

La démographie mondiale renforce encore cette perspective L’Europe, le Japon, la Corée du Sud et bientôt la Chine vieillissent rapidement Dans ces sociétés, la robotisation n’est pas seulement une innovation technologique ; elle devient une nécessité économique

Dansdenombreuxsecteurs,iln’yadéjàplusassezde travailleurs.

Les robots humanoïdes ne remplacent donc pas toujours des emplois existants Ils compensent parfois l’absence de main-d’œuvre Ils permettent de maintenir la production, de soutenir les services essentielsetdestabiliserleséconomies.

Lavraiequestionn’estdoncpascellequel’onposele plus souvent. Ce n’est pas : « les robots vont-ils supprimerdesemplois?»

La question essentielle est beaucoup plus politique : que ferons-nousdel’abondancequ’ilspourraientrendrepossible ?

Si les gains de productivité sont redistribués, si les ressources libéréesfinancentl’éducation,lasanté,latransitionécologique et la culture, alors l’intelligence artificielle et les robots pourraientouvrirunenouvellephasedeprospéritéhumaine

Si, au contraire, ces gains sont captés par une minorité, si la fiscalitéresteattachéeuniquementautravailhumainalorsque lavaleurmigreverslecapitaltechnologique,alorslestensions socialespourraients’aggraver

Le danger ne vient donc pas des robots Il vient des choix politiquesquenousferonsfaceàeux

Et pendant que ce débat commence à peine, une transformation silencieuse est déjà en cours : des machines humanoïdes sortent des laboratoires et entrent dans l’économie.

LarévolutionindustrielleduXXIᵉsièclenecommencepeut-être pasdansuneusine. Ellecommencedansuncatalogue.

nouvelle révolution

Industriemarocaine:nosusinessavent-ellesvraimentcequisepréparechezleursconcurrents?

Avec l’intégration de l’intelligence artificielle et des simulations ultra-réalistes dans les robots industriels, les usines entrent dansunenouvelleère:productionaccélérée,compétitivitéexacerbée…etunavenirdel’emploideplusenplusincertain.

L’industriemondialeestentraindefranchiruncapdiscretmaisdécisifavecunenouvelleguerredecompétitivité

Ce qui se prépare dans les usines n’est plus seulement une nouvelle vague d’automatisation, mais l’émergence d’une robotique augmentée par l’intelligence artificielle, capable d’apprendre, de s’adapter et d’optimiser la production à une vitesseinédite.

L’annonce du partenariat entre ABB Robotics et NVIDIA illustre parfaitement cette bascule. Les deux géants travaillent désormaisàintégrerlestechnologiesdesimulationavancéedeNVIDIAOmniversedanslelogicielindustrielRobotStudio,afin depermettreauxrobotsd’êtreentraînésdansdesenvironnementsvirtuelsultraréalistesavantmêmed’entrerenusine

Pendantdesdécennies,l’undesobstaclesmajeursdelarobotiqueindustrielleétaitcequelesingénieursappellentle«simto-real gap » : l’écart entre les simulations informatiques et la réalité du terrain Lumière, matériaux, vibrations, imprévus autantdevariablesquirendaientlesrobotsmoinsefficacesunefoisdéployés

Lanouvellegénérationdesimulationentendsupprimercettefrontière Grâceàdesjumeauxnumériquesextrêmementprécis, lesrobotspeuventdésormaiss’entraînerdansdesusinesvirtuelles,générerleurspropresdonnéesd’apprentissageettester desmilliersdescénariosavantmêmed’êtreinstallésphysiquement

Lerésultatestspectaculaire SelonABB,laprécisionentresimulationetréalitépourraitatteindre99%,unniveauquichange radicalementl’économiedelaproductionindustrielle

Uneexplosiondeproductivité:

Lesgainsannoncésdonnentlamesuredelatransformationencours

Les temps d’installation de robots dans les usines pourraient être réduits jusqu’à 80 %, tandis que les coûts de mise en productiondiminueraientd’environ40%

Dans certains secteurs comme l’électronique, où la miniaturisation impose une précision extrême, ces robots nouvelle générationpourraientaccélérerlamisesurlemarchédeproduitscomplexesdeprèsde50%

Autrement dit, l’intelligence artificielle ne se contente plus d’optimiser des logiciels ou des services numériques Elle entre désormaisdanslamatièremêmedel’économieréelle,aucœurdeschaînesdeproduction

Desrobotsquiapprennentcommedesouvriersexpérimentés

L’autrerupturesesituedanslacapacitéd’apprentissage Lesrobotsindustriels traditionnels étaient programmés pour exécuter une tâche précise Les nouveauxsystèmes,eux,peuventapprendreencontinu

Grâce aux données générées dans les simulations, un même modèle d’intelligenceartificiellepeutentraînerdesmilliersderobotsdanslemonde Une expérienceacquisedansuneusineenAsiepeutainsiaméliorerinstantanément lesperformancesd’unrobotinstalléenEuropeouenAmérique

Certaines entreprises vont encore plus loin La société américaine WORKR développe par exemple des robots capables d’apprendre de nouvelles tâches enquelquesminutes,sansprogrammationcomplexe

Pourlesindustrielsconfrontésàdespénuriesdemain-d’œuvre,lapromesseest séduisante : une main-d’œuvre robotisée flexible, capable de s’adapter rapidementàdenouveauxproduitsouàdenouvelleslignesdeproduction

Le premier terrain d’expérimentation de cette robotique augmentée se trouve dansl’électroniquegrandpublic.

Le géant taïwanais Foxconn, principal assembleur de nombreuxproduitstechnologiquesmondiaux,testedéjà ces technologies pour automatiser l’assemblage de composantsextrêmementpetits

Dans ce secteur, chaque variation de produit nécessite normalementdessemainesd’ajustementetdetests En entraînant les robots dans un environnement virtuel avant leur déploiement réel, Foxconn peut désormais optimiserseslignesdeproductionavantmêmequeles machinesn’arriventdansl’usine

Une sorte de répétition générale numérique de l’industrie.

Derrièrecesinnovationsseprofileunebataillemondiale

Les pays capables de déployer rapidement ces technologies disposeront d’un avantage majeur en matièredecompétitivitéindustrielle.

L’intelligenceartificielleappliquéeàlarobotiquepourrait ainsi devenir l’équivalent industriel de la révolution du cloudoudusmartphonedansl’économienumérique.

Lesusinescapablesdeproduireplusvite,moinscheret avec moins d’erreurs redéfiniront les équilibres économiquesinternationaux.

Dans cette course, les alliances entre géants technologiquesetindustriels commecelleentreABBet NVIDIA deviennentstratégiques

Maisderrièrelapromessedeproductivitésecacheune questionquel’histoireindustrielleconnaîtbien:cellede l’emploi

Chaque grande révolution technologique a suscité les mêmes inquiétudes La mécanisation agricole, puis l’automatisation industrielle et enfin la robotique ont profondémenttransformélemarchédutravail

L’IA industrielle pourrait accélérer ce mouvement Si des robots capables d’apprendre rapidement peuvent remplacer certaines tâches humaines, de nombreux métiersmanufacturierspourraientêtrereconfigurés Les partisans de ces technologies rappellent toutefois que l’automatisation crée aussi de nouveaux emplois dans l’ingénierie, la maintenance ou la conception des systèmes

L’histoire économique montre en effet que les gains de productivité peuvent générer de nouvelles activités à conditionquelessociétéss’adaptent.

Une idée fascinante circule désormais dans les milieux technologiques:l’humanitéseraitentraindepasserde l’IAnumériqueàl’IAphysique.

Jusqu’ici, l’intelligence artificielle écrivait des textes, analysaitdesimagesoupilotaitdeslogiciels.Désormais, elle agit dans le monde réel, manipule des objets, assembledesmachinesettransformelesusines.

Dans les prochaines années, cette convergence entre robotique, simulation et intelligence artificielle pourrait redessiner le paysage industriel mondial Les usines deviendront plus autonomes, les chaînes de production plus intelligentes et la frontière entre travail humain et machineplusfloue

Laquestionn’estdoncplusdesavoirsicetterévolution auralieu Elleestdéjàenmarche

Lavraieinterrogationestailleurs:quiencontrôlerala vitesse…etquienpaieraleprixsocial. Industriemarocaine:nosusinessavent-ellesvraiment cequisepréparechezleursconcurrents?

Pendantquelesgéantsindustrielsexpérimententdéjà desrobotscapablesd’apprendre,des’entraînerdans desusinesvirtuellesetd’optimiserseulsleschaînesde production, une question mérite d’être posée au Maroc Les industriels marocains mesurent-ils réellementlavitessedecettemutationtechnologique chezleursconcurrentsinternationaux?

Car ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une simple amélioration de la robotique, mais une nouvelle révolution industrielle pilotée par l’intelligence artificielle physique. Dans certaines usines en Asie, en Europe ou aux États-Unis, les robots sont désormais entraînés dans des simulations ultra-réalistes avant même d’être installés, réduisant drastiquement les coûts,lesdélaisetleserreurs.Laproductivitéexplose, lacompétitivitéaussi.

Dans cette nouvelle course mondiale, l’écart ne se mesure plus seulement en salaires ou en coûts de production, mais en capacité d’intégrer l’IA au cœur même des machines Les pays qui maîtriseront ces technologiesprendrontplusieurslongueursd’avance

Laquestiondevientdoncstratégique:letissuindustriel marocain est-il en train d’anticiper cette transformation ourisque-t-ildeladécouvrirtroptard ? Car dans la nouvelle économie industrielle qui se dessine, les robots ne remplacent pas seulement des bras Ilsredéfinissentlesrèglesdujeu

Intelligence artificielle : la médecine

personnalisée entre dans une nouvelle

ère.

L’intelligenceartificielles’imposeprogressivement comme l’un des moteurs majeurs de transformationdusecteurdelasanté.

Grâceauxprogrèsrapidesdel’analysededonnées et des technologies d’apprentissage automatique, les chercheurs et les entreprises médicales développent désormais des solutions capables d’adapter les traitements aux caractéristiques spécifiquesdechaquepatient

Cette approche, appelée médecine personnalisée ou médecine de précision, pourrait profondément modifier la manière dont les maladies sont diagnostiquées et traitées dans les prochaines années

Aucœurdecetteévolutionsetrouvelacapacitéde l’intelligence artificielle à analyser des volumes gigantesquesd’informationsmédicales.

Lessystèmesd’IApeuventtraitersimultanémentdes données génétiques, des résultats d’examens médicaux, des images radiologiques et même des informationsliéesaumodedeviedespatients.

En croisant ces différentes sources, les algorithmes peuvent identifier des schémas complexes qui échappent souvent à l’analyse humaine traditionnelle. L’objectif est simple mais ambitieux : proposer à chaque patient un traitement parfaitement adapté à son profil biologique et à sa maladie

Dans le domaine de l’oncologie, par exemple, l’IA permet déjà d’analyser les mutations génétiques des tumeurs afin de déterminer quelles thérapies aurontleplusdechancesd’êtreefficaces

Cette approche permet d’éviter les traitements inutiles et d’augmenter les chances de succès thérapeutique

Lesprogrèstechnologiquesontégalementpermis d’améliorer considérablement la précision du diagnosticmédical.

Les outils d’intelligence artificielle sont aujourd’hui capables d’interpréter des images médicales, comme les scanners ou les IRM, avec un niveau de précisionparfoiscomparableàceluidesspécialistes expérimentés

Dans certains cas, ces systèmes peuvent même détecterdesanomaliesinvisiblesàl’œilhumain,ce quipermetd’identifiercertainesmaladiesàunstade plusprécoce.

Le développement d’un nouveau médicament peut prendre plus de dix ans et nécessiter des investissements considérables.

Les technologies d’IA permettent d’accélérer ce processus en analysant des millions de combinaisons moléculaires afin d’identifierplusrapidementlessubstancesprometteuses Cette révolution technologique attire l’attention des investisseurs et desacteursindustriels

Lesanalysesdemarchéindiquentquelestechnologiesliéesàla médecine de précision pourraient générer une croissance économiqueimportanteaucoursdesprochainesannées

Les entreprises spécialisées dans l’analyse de données médicales,lagénomiqueouleslogicielsd’intelligenceartificielle bénéficient déjà d’un intérêt croissant de la part des investisseurs

Les hôpitaux et les centres de recherche commencent également à intégrer ces outils dans leurs pratiques quotidiennes

Lesplateformesd’analysededonnéespermettentauxmédecinsd’obtenirdesrecommandationsthérapeutiques baséessurdesmilliersdecassimilairesanalyséspardesalgorithmes

Cetteassistancetechnologiqueneremplacepasl’expertisemédicale,maisellepeutaiderlesprofessionnelsde santéàprendredesdécisionspluséclairées.

Cependant, l’essor de l’intelligence artificielle dans la médecine soulève également plusieurs questions importantes.

Lagestiondesdonnéesmédicalesconstituel’undesprincipauxdéfis.

Les informations de santé sont extrêmement sensibles et nécessitent des garanties strictes en matière de confidentialitéetdesécurité.

Leschercheursdoiventégalementveilleràéviterlesbiaisdanslesalgorithmes Silesbasesdedonnéesutilisées pour entraîner les systèmes d’IA ne sont pas suffisamment représentatives, les résultats pourraient être moins fiablespourcertainespopulations

Malgré ces défis, la médecine personnalisée soutenue par l’intelligence artificielle ouvre des perspectives considérables

Elle pourrait permettre de passer d’une approche médicale standardisée à une médecine beaucoup plus individualisée, dans laquelle chaque traitement est adapté aux caractéristiques biologiques et génétiques du patient

Àlongterme,cettetransformationpourraitaméliorer significativement l’efficacité des soins et réduire les coûtsliésauxtraitementsinefficaces

Pour les patients comme pour les professionnels de santé, l’intelligence artificielle représente ainsi l’une des innovations les plus prometteuses de la médecinemoderne

Àlasuited’unejournéeentièredetravailintensif,Wald Maâlamdresseunconstatsansdétour.Unconstatissu nonpasdesdiscours,nidestribunes,nidesconférences où l’intelligence artificielle est souvent présentée commeuneruptureabsolue,maisd’unepratiqueréelle, concrète,opérationnelle.

Cette journée a été un test grandeur nature : construire, corriger, itérer, reconstruire Un travail que tout concepteur-programmeurconnaîtbien,oùchaquedétail compte, où chaque erreur coûte du temps, où chaque versiondoitêtremaîtrisée

Etleconstatestclair.

PourWaldMaâlam,cetravail,quianécessitéunejournée entière avec un LLM, aurait été réalisé en moins de deux heuresparunconcepteur-programmeurexpérimentéen HTML et Python, dans un environnement structuré et maîtrisé.

Maisceconstatn’estpasnouveau.

Dès les années 90, Wald Maâlam avait déjà mis en évidence le paradoxe de la productivité : des investissements massifs dans les technologies de l’information,sansgainsproportionnelsdeperformance.

Aujourd’hui, la technologie a évolué vers des solutions d’intelligence artificielle fondées sur les LLM. Pourtant, le paradoxedemeure

Uneillusiondeproductivité

À première vue, tout semble aller vite Les réponses arriventinstantanément Lespropositionss’enchaînent Maiscettevitesseesttrompeuse

Chaquenouvelledemandepeutentraînerunerégression

Chaque correction peut casser un élément précédent Chaqueversionpeuts’éloignerdel’intentioninitiale

Ce que l’on gagne en rapidité apparente, on le perd en cohérenceglobale

Wald Maâlam l’a vécu tout au long de cette journée : revenirenarrière,reconstruire,réexpliquer,revalider Uneproductivitéfragmentée,discontinue,instable

Dudéterministeauprobabiliste

Un programme informatique classique exécute une logiquestableetreproductible LeLLM,lui,propose.Ilinterprète.Ilgénère. Maisilnegarantitpas.

Ce passage du déterministe au probabiliste transforme profondément la production : le concepteur ne programmeplusseulement,ilcorrige,ilsupervise,ilajuste.

L’absencedemémoireopérationnelle

Dans un environnement classique, les versions sont tracées,archivées,maîtrisées

AvecunLLM,lacontinuitédevientfragile

Lesversionssesuccèdentsansvéritablecapitalisation Les structures peuvent être recomposées à chaque interaction

Lamémoiredevientcontextuelle,etnonstructurelle.

Dès lors, une question se pose : comment produire durablementsansmémoirefiable?

Lecoûtinvisibledel’itération

Chaquecorrectionprenddutemps Chaquereformulation mobilise de l’énergie Chaque erreur génère une nouvelle boucle

Cecoûtestabsentdesdémonstrations,maiscentraldans lapratique.

Au final, le temps global peut dépasser celui d’un développementmaîtrisé.

L’écart observé est sans appel : une journée entière avec unLLMcontremoinsdedeuxheurespourundéveloppeur expérimenté.

Lapermanencedelatête

Dansl’atelierduMaâlam,larègleestsimple:latêtepense,lesmainsexécutent Avecl’intelligenceartificielle,cettelogiquenedisparaîtpas Elleserenforce LeLLMneremplacepaslatête Illasollicitedavantage

WaldMaâlamdoitstructurer,corriger,vérifier,reconstruire Autrementdit,ilresteaucentreduprocessus.

Leretourduréel

Cettejournéedetravailramèneledébatàl’essentiel.

La productivité ne se mesure pas à la vitesse de génération, mais à la capacité à produire un résultat fiable, cohérentetdurable.

Trente ans après le paradoxe de la productivité, la leçon reste la même : la technologie seule ne crée pas la performance Elledoitêtrepensée,structurée,intégrée

Sinon,elledéplacelesinefficiencesaulieudelesrésoudre

Aujourd’hui,aveclesLLM,lerisqueestidentiqueàceluidesannées90:confondreinnovationtechnologiqueet productivitéréelle

WaldMaâlamenfaitleconstat,nonpasenthéorie,maisaprèsunejournéeentièredepratique

Dr Az-Eddine Bennani

observatoire marocain de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle est devenue en quelques années l’un des sujets majeurs du débat mondial. États, entreprises, universités et organisations internationales s’interrogent sur son impactéconomique,socialetpolitique.On parle de données, d’algorithmes, de puissance de calcul et de compétitivité technologique.

Mais dans cette course mondiale, une question essentielle reste encore trop souvent marginale : quelle place pour les cultures et les savoir-faire dans l’ère de l’intelligenceartificielle?

Car l’IA ne peut pas être seulement une affaire de technologie Elle est aussi un phénomènesocialetculturelquitransforme nosmanièresdeproduire,d’apprendreetde transmettrelesconnaissances

Pour un pays comme le Maroc, cette question revêt une importance particulière.

Notre pays possède un patrimoine culturel exceptionnel, porté notamment par l’artisanat et les métiers traditionnels qui constituent une part essentielle de notre identité

Dans la culture marocaine, la figure du Maâlam occupe une place centrale. Le Maâlamn’estpassimplementunartisan. Il est le maître du geste, le gardien d’un savoir-faireetceluiquitransmetsonartde générationengénération. Il incarne une intelligence fondée sur l’expérience, la patience, l’observation et la transmission.

Àl’heureoùl’intelligenceartificielles’impose commel’unedestechnologiesstructurantes du XXIᵉ siècle, cette figure du Maâlam peut nous aider à penser autrement la relation entretraditionetmodernité C’est dans cet esprit que j’ai proposé, dans plusieurs de mes écrits et interventions, la notiondeWaldMaâlam,littéralement«lefils du Maâlam » Wald Maâlam symbolise une génération qui hérite d’un savoir ancestral toutenentrantdansl’universdunumérique etdel’intelligenceartificielle

Cetteidéeraconteenréalitéunetransition: Lepassagedel’aiguilleaudigital,del’atelierartisanalauxlaboratoires del’intelligenceartificielle

Elle rappelle que la modernité ne doit pas nécessairement rompre avec les traditions Elle peut au contraire s’appuyer sur elles pour inventerdenouvellesformesd’innovation

Dans un monde où la technologie tend parfois à uniformiser les cultures,ildevientessentieldedéfendreuneapprochedel’intelligence artificiellequirespecteetvaloriselesidentitésculturelles.

LeMarocpeutjouerunrôleoriginaldanscedébat.

Notre pays possède une tradition artisanale riche, une diversité linguistiqueetculturelleremarquableetunejeunessedeplusenplus engagéedanslesmétiersdunumérique.

Ces atouts peuvent constituer les bases d’une réflexion originale sur l’intelligence artificielle, une réflexion qui relie technologie, culture et souveraineténumérique.

C’est dans cette perspective que je souhaite lancer aujourd’hui un appelclair:

Lacréationd’unObservatoireWaldMaâlamdel’intelligenceartificielle Cet observatoire aurait pour vocation de réfléchir aux relations entre l’intelligenceartificielle,lacultureetlessavoir-fairetraditionnels

Il pourrait rassembler chercheurs, ingénieurs, artisans, artistes, étudiantsetentrepreneursafind’explorerlesdifférentesmanièresdont l’IApeutcontribueràpréserver,documenteretvaloriserlespatrimoines culturels

L’objectifn’estpasd’opposerl’artisanetl’ingénieur,nilatraditionetla technologie Au contraire, il s’agit de favoriser le dialogue entre ces univers afin d’imaginer des formes d’innovation respectueuses de notreidentitéculturelle

L’Observatoire Wald Maâlam de l’IA pourrait également contribuer à sensibiliser les jeunes générationsauxenjeuxdel’évolutionnumériquetoutenlesreconnectantaveclessavoir-faire quifontlarichessedenotrepatrimoine.

Dans cette vision, l’intelligence artificielle devient non seulement un outil technologique, mais aussiuninstrumentdetransmissionetdecréation.

L’enjeu est clair : faire en sorte que l’IA ne soit pas seulement importée ou consommée, mais qu’ellesoitégalementpensée,appropriéeetdéveloppéeàpartirdenosréalitésculturelles L’avenirnumériqueduMarocnedoitpasseconstruireenoppositionavecnotrehéritage

Il peut au contraire s’inspirer de la sagesse et de la créativité des Maâlams qui, depuis des siècles,ontsufaireévoluerleursmétierstoutenpréservantl’essencedeleursavoir-faire

À toutes celles et tous ceux qui se sentent attachés à la culture et à l’artisanat marocains, à toutescellesetceuxquicroientqu’ilestpossibledeconciliertraditionetinnovation,jelancecet appel:

Rejoignezl’ObservatoireWaldMaâlamdel’intelligenceartificielle

Car au fond, l’intelligence artificielle n’est pas seulement une évolution technologique Elle est aussiuneinvitationàrepensernotrerapportausavoir,àlacréationetàlatransmission

Et peut-être que l’une des plus belles réponses à cette évolution consiste précisémentà fairedialoguer l’héritage des Maâlams avec l’intelligence artificielle Car dans le Maroc d’aujourd’hui et de demain, nous sommes tous appelés à devenir des WaldMaâlam

Dr Az-Eddine Bennani

par penser pareil

L’appeldeWaldMaâlampourunLLMmarocain.

Danssesarticles,sesconférencesetseslivresconsacrésàl’intelligenceartificielle,WaldMaâlamavaitdéjàattiré l’attention sur un phénomène simple mais souvent ignoré : les grands modèles de langage finissent souvent par produiredesréponsestrèssimilaires.

Non pas parce qu’ils partageraient une mystérieuse intelligence collective, mais parce qu’ils reposent sur des bases logiciellescomparablesetsurdesdonnéeslargementcommunes

Uneétuderécenteintitulée«ArtificialHivemind:TheOpen-EndedHomogeneityofLanguageModels(andBeyond)»vient précisémentconfirmercetteintuition

Publiée sur la plateforme scientifique arXiv par des chercheurs de l’Université de Washington et d’autres universités américaines,cetterecherchemontrequedifférentsmodèlesd’intelligenceartificielleproduisentsouventdesréponses étonnammentprocheslorsqu’ilssontconfrontésàdesquestionsouvertes

Les chercheurs parlent d’un « Artificial Hivemind » , une sorte d’« esprit de ruche artificiel » dans lequel plusieurs intelligencesartificiellesconvergentversdesformulationsetdesraisonnementssimilaires.

Pour Wald Maâlam, cette conclusion n’a rien de surprenant. Dans ses articles, ses conférences et ses livres, il a déjà expliquéquecetteconvergenceétaitpratiquementinévitable.

La raison tient à la nature même des systèmes informatiques. Les modèles d’intelligence artificielle reposent sur des logiciels, c’est-à-dire des suites d’instructions écrites dans des langages informatiques souvent en Python qui organisentletraitementdel’information.

Par Dr Az-Eddine Bennani.

Il est essentiel ici de distinguer clairement deux notions que l’on confond très souvent. Un algorithmen’estpas un programme informatique.

Un algorithme est une manière de penser, une logique de raisonnement permettant de traiter une information et de produireunrésultat.

Le logiciel, lui, est simplement la traduction de cette manière de penser en instructions informatiquesexécutablesparunemachine. Autrementdit,leprogrammeinformatiquenefait quemettreenœuvrel’algorithme,c’est-à-direla logiquedepenséequ’iltraduit.

Lorsque plusieurs systèmes d’intelligence artificielle reposent sur la même manière de penser le même algorithme et sur des logicielsquitraduisentcettelogique,ilestnormal quelesrésultatsproduitssoientproches

Il est d’ailleurs intéressant de rappeler que c’est surcettemêmeplateformescientifiquearXivqu’a été publié l’article fondateur introduisant l’architectureTransformer

Intitulé«AttentionIsAllYouNeed»,cetravaila étémisenlignele12juin2017etaprofondément transformé la recherche en intelligence artificielle.

Depuis cette publication, cette approche algorithmique etleslogicielsquilatraduisent constituent la base de la quasi-totalité des grandsmodèlesdelangage.

Àcelas’ajouteundeuxièmefacteurdéterminant: lesdonnées.

Les modèles de langage sont entraînés sur des volumes gigantesques de textes provenant principalement d’Internet : articles, livres numérisés, encyclopédies, forums et bases de connaissances.

Même si les corpus exacts diffèrent légèrement d’un modèle à l’autre, les sources d’information restentlargementsimilaires

Autrementdit,cessystèmesutilisentdesdonnées proches et des logiques de raisonnement comparables,traduitesensuitedansdeslogiciels quiexécutentcesinstructions

Dans ces conditions, il serait presque étonnant que les systèmes produisent des raisonnements radicalementdifférents

Ce que l’étude récente appelle « Artificial Hivemind » correspond finalement à une réalité bienconnueeninformatique:

Lorsqueplusieurssystèmesreposentsurlamême manière algorithmique de traiter l’information et surdesdonnéessimilaires,leursrésultatstendent naturellementàconverger.

C’est précisément cette observation qui a conduit Wald Maâlam, dès le début de l’année 2023, à plaider pour le développement d’un LLM maroco-marocain, c’est-à-dire ungrandmodèledelangageconçuàpartirdedonnées,de contextes culturels et de réalités linguistiques propres au Maroc.

Dans l’univers de Wald Maâlam, cette situation peut être expliquée par une image simple Si l’on donne à plusieurs artisans les mêmes outils, les mêmes tissus et les mêmes modèles, ils finiront par produire des caftans qui se ressemblent

Cen’estpasunesurprise C’estlaconséquencelogiquedes conditionsdeproduction

Comme le rappelle souvent Wald Maâlam : « L’algorithme est une manière de penser ; le logiciel n’est que la traductiontechniquedecettepensée »

À l’heure où l’intelligence artificielle semble capable de produire toutes les réponses, la question n’est peut-être plusseulementtechnologique

Elle est devenue intellectuelle et civilisationnelle : quelle diversité de pensée voulons-nous préserver dans un monde où les machines participent désormais à la productiondusavoir?

Wald Maâlam : et si le Maroc installait l’intelligence artificielle médicale dans ses rues ?

En Chine, on ne discute plus de l’intelligence artificielle en santé, on l’installe dans le métro et dans les lieux publics. Dans certaines villes, des cabinesmédicalesintelligentespermettentdéjàà un citoyen de mesurer sa tension, décrire ses symptômes, obtenir une première orientation médicale et, si nécessaire, déclencher une téléconsultationavecunmédecin.

L’intelligenceartificielleydevientunserviceconcret, accessibleetintégréauquotidien

Desmilliersdecescabinesfonctionnentdéjà. Elles ne sont ni un gadget technologique ni une simpleexpérimentation Ellessontl’expressiond’une politique industrielle assumée, où l’innovation numérique devient une infrastructure de santé publique

Face à cette réalité, une question mérite d’être posée : et si le Maroc décidait, lui aussi, d’installer l’intelligence artificielle médicale dans ses rues ?

WaldMaâlamproposed’allerplusloinquelasimple imitationtechnologique.

L’idée serait de concevoir un réseau de « cabines Maâlam » , pensé pour les réalités marocaines, capabled’améliorerl’accèsauxsoins,destructurer unmarchépourlesstartupsHealthTechetd’ancrer la souveraineté numérique du Royaume dans un usageconcretdel’intelligenceartificielle

Car la question de l’IA n’est pas seulement technologique.

Elle est industrielle, territoriale et politique Un pays quiveutcompterdansl’économienumériquenese contente pas d’utiliser les technologies conçues ailleurs

Ildoitaussicréersespropresusages,construireses propres infrastructures et penser ses propres algorithmes Les cabines Maâlam pourraient être l’undecesprojetsstructurants:unpontentresanté publique, innovation entrepreneuriale et souveraineténumérique

EnChine,lescabinesmédicalesintelligentesjouent un rôle de première ligne Elles mesurent les constantes, posent quelques questions simples, comparent les réponses à une vaste base de données et proposent une recommandation pour lescasbénins.

Pour les situations plus sensibles, elles déclenchent une téléconsultationavecunmédecin.

Ce dispositif réduit la pression sur les hôpitaux, raccourcit les files d’attente et rapproche la médecine des citoyens du quotidien

La leçon est simple : quand un pays considère la santé numérique comme un enjeu stratégique, il ne se contente pas d’écriredesrapports

Il fabrique des machines, conçoit des algorithmes, installe des cabinesdanslesquartiersetlesrelieàsonsystèmedesanté

PourleMaroc,l’objectifneseraitpasdecopiercemodèle,mais deconcevoirsapropreversion

Imaginonsunprogrammenationalvisantàdéployerunréseau decabinesmédicalesintelligentes«CabinesMaâlam»dansles douzerégionsduRoyaume

Ces cabines pourraient être installées dans les hôpitaux et centres de santé pour faciliter le triage des patients, dans les garesroutièresetleslieuxpublicsfréquentés,danslesmarchés etleszonesindustrielles,maisaussidanslescommunesrurales oùl’accèsaumédecinrestedifficile.

Avec une approche frugale — environ 100 000 dirhams de matériel par cabine — un réseau de 600 à 700 cabines représenterait un investissement global d’environ 60 à 70 millionsdedirhams.

Autrement dit, un ordre de grandeur comparable à ce que l’écosystème des startups marocaines lève certaines années auprèsdesinvestisseurs.

Pour le prix d’une bonne année de levées de fonds, le Maroc pourraitdoncfinancerunmaillagedecabinesMaâlamcapable detoucherdirectementlaviedemillionsdecitoyens

Mais l’enjeu central ne se limite pas à la machine.Lavéritablequestionestcellede la souveraineté algorithmique. Le Maroc réfléchit déjà à la régulation de l’intelligence artificielle et à la gouvernancedesdonnées.

Mais la souveraineté ne peut pas se réduire à l’hébergement des données ou àl’achatdelicenceslogicielles

Elle se joue à trois niveaux : les algorithmes eux-mêmes, le code informatique qui traduit ces choix et la manièredepenserl’algorithme

Utiliser des briques open source ou des infrastructures internationales est possible

Mais les règles médicales, les garde-fous éthiquesetlalogiquededécisiondoivent êtreconçuspardesmédecins,ingénieurs, juristesetchercheursmarocains

Sinon, nous ne faisons que brancher nos citoyens sur l’intelligence d’autrui Au cœurdechaquecabineMaâlampourrait fonctionnerunmoteurd’aideàladécision médicale et un modèle de langage de santéadaptéauMaroc.

Ce système devrait parler naturellement darija, amazigh et français, s’appuyer sur les protocoles médicaux marocains, connaîtrelesparcoursdesoinsréelsentre public et privé et respecter les normes sociales,religieusesetjuridiquesdupays.

L’algorithmeseraitnationalparcequesa logique et ses garde-fous seraient décidés à Rabat, Casablanca, Fès ou Marrakech.

MaisleMarocdesterritoiresestdivers Un même modèle ne peut pas répondre de la même manière aux besoins de Casablanca-Settat et à ceux de DrâaTafilalet

Les cabines Maâlam devraient donc être communes par leur socle technologique et éthique, mais différentes dans leurs déclinaisonsterritoriales

À Laâyoune ou Dakhla, elles devraient intégrerlaquestiondeslonguesdistances et de la médecine du travail dans des contextes spécifiques À Fès ou Meknès, elles devraient répondre aux défis du diabète, de l’hypertension et du vieillissement.

Dans les régions industrielles, elles pourraient intégrer des modules de santé au travail. L’algorithme serait national, mais ses réponses profondément territoriales. Un tel projet pourrait également devenir un levierstructurantpourl’écosystèmeentrepreneurialmarocain. En alignant la commande publique, les programmes de soutien aux startups et une vision claire de souveraineté numérique, le Maroc pourrait créer un marché initial pour les startups HealthTech, IA, IoT et cybersécurité

LescabinesMaâlamdeviendraientunterraind’expérimentationrégulé pour tester et améliorer les algorithmes médicaux, mais aussi un symboleconcretd’uneIAutile,visibledanslaviequotidienne

Untelprojetimposeévidemmentdesgarde-fousclairs.

Les données de santé doivent être protégées par une gouvernance transparente et une anonymisation rigoureuse Leur monétisation ne peutêtreenvisagéesanscontrôledémocratique

L’IA ne doit pas remplacer le médecin Elle doit assister, orienter et dépister,tandisquelesdécisionssensiblesrestentsouslaresponsabilité desprofessionnelsdesanté

Les interfaces doivent également être accessibles aux personnes peu scolariséesetdisponiblesdansleslanguesdupays Aufond,laquestion poséeparlescabinesMaâlamdépasselargementlaseuletechnologie

Le Maroc n’a pas besoin de courir derrière toutes les innovations annoncéesparlesgéantsdunumérique

Il doit plutôt identifier les domaines où l’intelligence artificielle peut réellementaméliorerlaviequotidiennedescitoyens,structurersontissu économiqueetrenforcersasouveraineté.

Lasantéenfaitpartie.

Déployer des cabines médicales intelligentes dans les villes, les quartiers populaires, les gares, les zones industrielles et les communes ruralesneseraitpasseulementuneinnovationtechnologique.

Ceseraitunchoixpolitique:celuidefairedel’intelligenceartificielleun service public concret, visible et utile Ce serait aussi un signal fort envoyéauxstartupsmarocaines:l’Étatnesecontentepasdediscours surl’innovation,ilcréeunmarchéréelpourlestechnologiesnationales

Danslesatelierstraditionnels,leMaâlamapprendàsesapprentisque la matière brute n’a de valeur que si quelqu’un sait la transformer L’intelligenceartificielleestaujourd’huiunenouvellematièrebrute

LavraiequestionpourleMarocn’estdoncpasdesavoirs’ilutiliseral’IA Lavraiequestionestdesavoirs’ilveutsimplementutiliserlesmachines conçuespard’autresouapprendreàfabriquerlessiennes

Par Dr AzEddine Bennani.

UnealertedeWaldMaâlam.

L’intelligence artificielle suscite aujourd’hui unintérêtcroissantdanstouslesdomaines de la société. Elle est mobilisée pour analyserdestextes,produiredescontenus, automatiserdestâchesetaccompagnerla prisededécision.Cettedynamiques’étend désormaisàdessujetssensibles,ycompris àlaspiritualitéetauxtextesreligieux.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos évoquent ainsi l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser des textessacrésetentirerdesinterprétationsou des enseignements Ces contenus rencontrent un large public, souvent attiré par la combinaison entre technologie avancéeetthématiquesspirituelles

Face à ce phénomène, Wald Maâlam adopteuneposturedevigilance. Sadémarcheneconsistepasàcontesterla technologie ni à entrer dans des débats techniques Elle consiste à rappeler une distinction essentielle : celle entre les outils numériquesetledomainedusacré

Pour Wald Maâlam, la religion relève d’une dimension particulière, qui engage le cœur, laconscienceetlaresponsabilité.

Ellenepeutêtreassimiléeàunensemblede données ni à un objet d’analyse technique, quels que soient les progrès des technologies.

Dans cette perspective, l’intelligence artificielle, comme tout outil informatique, peut être utile dans certains contextes organisation de l’information, accès aux connaissances,diffusionpédagogique

Mais elle ne saurait être placée au cœur de l’interprétation, de la transmission ou de la médiationdureligieux

Wald Maâlam attire également l’attention sur la manière dont ces sujets sont parfois abordés dans certains contenus numériques.

Il observe que l’intelligence artificielle y est souvent évoquée de manière répétée, commeunargumentd’autorité,sansquesa natureréelle,ses

limitesetsonfonctionnementsoientréellementexpliqués

Cette utilisation du terme « IA » tend à produire un effet de fascination, sans toujours s’accompagner d’une rigueur suffisante dans l’analyse. Elle s’inscrit souvent dans une logique devisibilité,propreauxréseauxsociaux,oùl’objectifestd’attirer l’attentionetdegénérerunmaximumdevues.

Dans ce contexte, Wald Maâlam invite à distinguer entre la recherchedesensetleslogiquesdediffusionnumérique.

Ilsoulignequenotrereligion,parsaprofondeuretsadimension spirituelle, ne doit pas être associée à des approches qui relèvent davantage du marketing de séduction que d’une démarchedeconnaissance

Le sacré appelle au respect, à la mesure et à la responsabilité Cettevigilancenevisepasàrejeterlestechnologies,maisàen définirleslimitesd’usage

Elleinviteàpréserverunespaceoùlesens,latransmissionetla relation spirituelle ne sont pas soumis à des logiques d’optimisation,deperformanceoudevisibilité

PourWaldMaâlam,ilestimportantderappelerquetouteslesinnovations,mêmelesplusavancées,nesontpas destinéesàs’appliqueràtouslesdomaines

Certains espaces relèvent d’une autre temporalité, d’une autre profondeur, et nécessitent une approche spécifique

Dansunenvironnementmarquéparlarapiditédescontenusetlarecherched’audience,cettepositionconstitue uneinvitationàlaresponsabilitécollective.

Elleappelleàunusageréfléchidestechnologies,respectueuxdeséquilibresculturels,spirituelsethumains.

Ainsi,laquestionposéen’estpascelledescapacitéstechniquesdel’intelligenceartificielle,maiscelleducadre danslequelelleestutilisée.

C’estdanscetteréflexionques’inscritl’alertedeWaldMaâlam:veilleràcequelesoutilsnumériquesrestentàleur place,etqueledomainedusacréconservetoutesasingularité.

Par Dr AzEddine Bennani.

CAN 2025 et dark web : le Maroc

face à une alerte cyber qui dérange

Pendantunmois,laCAN2025aoffertauMarocceque lesgrandescompétitionsoffrenttoujoursauxpayshôtes : une vitrine, une pression, une promesse. Vitrine d’un pays qui se projette vers 2030, pression logistique et sécuritaire de très haut niveau, promesse d’un récit national tourné vers la modernité. Mais à côté des stades,desfanzonesetdesapplicationsofficielles,une autre compétition se jouait en silence : celle de la cybersécurité.

Selon Kaspersky, dans le cadre de sa coopération avec INTERPOL autour du Project Stadia, plus de 2,116 millions d’identifiants compromis associés à des utilisateurs ou à des ressources marocaines ont été repérés sur le dark webdurantl’écosystèmedelaCAN2025

La formule a de quoi frapper les esprits Elle a d’ailleurs commencéàcirculersousuneversionplusbrutaleencore :“2,1millionsdecomptesliésauMarocexposéssurledark webàcausedelaCAN”C’estlàquecommenceletravail journalistique : distinguer l’alerte réelle du raccourci trompeur

Il faut d’abord être rigoureux sur les mots Les sources publiquesdisponiblesnedémontrentpas,àcestade,qu’il y ait eu un piratage massif et centralisé des systèmes officielsdelaCAN.Ellesindiquentautrechose,plusdiffus, maispasmoinsinquiétant:l’événementaservidesurface d’attaque.Fauxportails,usurpationd’identité,lienspiégés, applications trompeuses, vol d’identifiants par logiciels malveillants de type infostealer : le tournoi a attiré des cybercriminelscommeunelumièreattiredesinsectes.

Le fait que la compétition se soit tenue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, avec un dispositif numérique importantpourlesbillets,lesdéplacementsetl’expérience spectateur,amécaniquementélargil’expositionaurisque Ilfautdoncéviterlesensationnalismeparesseux:non,rien ne prouve publiquement que “la CAN a été hackée” au sens spectaculaire du terme Mais oui, tout indique que l’événement a constitué un accélérateur d’opportunités pourlesacteursmalveillants

Mais, le constat est sévère Deux millions d’identifiants compromis, même en tenant compte des doublons possibles, des données anciennes recyclées ou de l’hétérogénéitédessources,celaresteunsignalrougevif

Dans un pays qui prépare la Coupe du monde 2030, ce chiffreagitcommeunrévélateurbrutal:lamodernisation numérique ne vaut pas seulement par les infrastructures visibles,l

es stades rénovés ou les applications élégantes. Elle vaut aussi par la robustesse des arrière-cuisines numériques, cellesquelegrandpublicnevoitjamais.Etc’estsouventlà quelebâtblesse.

Dans les grands événements, les cyberattaques ne visent pas uniquement l’État Elles visent l’écosystème : prestataires, fans, petits sous-traitants, services périphériques, plateformes de réservation, opérateurs logistiques,voiresimplesutilisateurstroppressésdecliquer Le pirate n’entre pas forcément par la grande porte ; il adore la fenêtre mal fermée, le sous-traitant distrait, le téléphone non mis à jour C’est moins hollywoodien, mais terriblementefficace

Ledossierdevientencoreplussérieuxquandonlereplace dans son contexte géopolitique et militant Kaspersky évoqueprèsde300messagespubliésentreseptembreet décembre 2025, revendiquant ou appelant à des actions hostiles contre des infrastructures marocaines, avec des attaquesdetypeDDoSetdefacement

Cela signifie que la menace n’était pas seulement criminelle au sens financier ; elle était aussi politique, symbolique, opportuniste Or le Maroc entre dans une séquence historique très particulière : CAN 2025, puis montée en puissance vers 2030, avec une exposition internationale accrue. Plus un pays devient visible, plus il devient ciblable. Le cyberespace n’a rien d’un nuage poétique ; c’est une zone grise où se croisent fraudeurs, activistes, États, sous-traitants négligents et amateurs de chaos numérique. Pour un pays comme le Maroc, qui investit beaucoup dans sa crédibilité internationale, la cybersécurité n’est plus un dossier technique. C’est une question de souveraineté, d’image et de continuité économique

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Il faut aussi regarder le problème avec lucidité marocaine Chez nous, la culture du risque cyber demeure encore trop souvent compartimentée On protège l’institution, mais moins bien l’écosystème On pense au serveur principal, moins au téléphone du cadre, au mot de passe recyclé, au prestataire sous-doté, à l’agent de terrain qui clique trop vite sur un faux lien “billet urgent”ou“accèsfanID”

Lenumériquemarocainprogressevite,parfoistrès vite,maiscetteaccélérationproduituneillusionde maturité. Avoir des plateformes, des apps et des interfacesnesignifiepasavoirunehygiènecyber homogène. La modernité numérique sans discipline cyber, c’est un peu une belle voiture avec les portières ouvertes au feu rouge. On avance, oui, mais avec une naïveté de riche pressé. La fuite évoquée par Kaspersky doit donc êtreluecommeunavertissementsystémique:le Maroc n’a pas seulement besoin de plus de technologie, il a besoin de plus de résilience numérique

Pourtant, il serait injuste et même intellectuellement paresseux de transformer ce signal en acte d’accusation global contre le Maroc D’abordparcequelefaitmêmequecette alerte remonte à la surface montre qu’il y a eu surveillance, coopération et détection Kaspersky dit avoir travaillé avec INTERPOL dans le cadre du Project Stadia pour accompagner la sécurisation delaCAN2025etpréparerleterrainavant2030

INTERPOL, de son côté, confirme le cadre de coopération autour de ce projet destiné à aider les pays hôtes des grands événements sportifs à mieux prévenir les risques sécuritaires Autrement dit, on n’est pas devant un pays totalementaveugle,maisdevantunpaysquicommence à traiter une menace devenue globale Dans le cyber, il n’existepasdeterritoireinvulnérable LesJO,lesCoupesdu monde,lesgrandssommets,lesplateformesmarchandes mondiales:toutlemondeprenddescoups Lavraieligne de partage n’est pas entre les pays attaqués et les pays épargnés Elleestentreceuxquivoientlamenaceveniret ceux qui s’en rendent compte après l’incendieEnsuite, il fautgarderlatêtefroidesurlamatièrepremièreduchiffre annoncé. “2,116 millions d’identifiants compromis” ne signifie pas automatiquement “2,116 millions de citoyens marocains distincts directement victimes d’un même incident”.

Le chiffre peut agréger plusieurs types de données, plusieurs campagnes, plusieurs temporalités, parfois des répétitions, parfois des comptes professionnels et personnels,parfoisdesressourcessimplement“associées” au Maroc C’est énorme, oui Mais ce n’est pas un recensement nominatif parfaitement purgé, audit public en main Le chiffre doit être pris pour ce qu’il est probablement : un indicateur d’ampleur, pas un verdict statistique définitif Là encore, la nuance ne sert pas à rassurerartificiellement;ellesertàresterjuste

Le pire service à rendre au débat public serait double : minimiserleproblèmed’uncôté,ougonflerl’affairejusqu’à faire croire à un effondrement cyber national de l’autre Danslesdeuxcas,onfabriquedubrouillard

Le véritable enjeu marocain est ailleurs. Cette affaire révèle que la CAN n’a pas seulement été un test d’organisationsportive;elleaétéunstresstestnumériqueavant2030.Etc’estsansdoutelalecturelaplus utile. Le Maroc dispose encore de temps pour corriger, muscler, standardiser et entraîner. Cela suppose plusieursruptures.

D’abord, sortir d’une cybersécurité de façade pour aller vers une cybersécurité d’écosystème : pas seulement les grandes institutions, mais aussi les sous-traitants, les agences, les opérateurs événementiels,lessystèmesdebilletterie,lessolutionsmobiles,leschaînesdesupport.

Ensuite, investir massivement dans la formation comportementale : la majorité des compromissions ne commencepasparungéniedumalenhoodienoirdevantdouzeécrans;ellecommenceparuneerreur humaine banale Enfin, il faut traiter le sujet comme un enjeu de gouvernance nationale Pour 2030, la questionneserapassimplement“leMarocest-ilprêtàaccueillirlemonde?”maisaussi“leMarocpeut-il protégernumériquementcemondeaccueilli?”

Aufond,cetteaffaireracontequelquechosedepluslargesurnotreépoque Lesgrandsévénementsnese gagnentplusseulementsurleterrain,danslestribunesoudanslessallesdecommandementclassiques Ils se gagnent aussi dans les bases de données, dans les journaux de connexion, dans les correctifs logiciels,danslaqualitédesmotsdepasse,danslavitessederéactiond’unecellulecyber

Le prestige moderne a un envers technique Il exige moins de slogans et davantage de protocoles Le Maroc a raison d’ambitionner grand Mais plus l’ambition est haute, plus la discipline doit devenir froide, méthodique, presque obsessionnelle La grandeur, aujourd’hui, passe aussi par cette humilité un peu ingrate qui consiste à vérifier les accès, segmenter les réseaux, traquer les faux domaines et former les équipes jusqu’à l’ennui La gloire des grandes compétitions adore les caméras ; la cybersécurité, elle, prospèredansl’ombre Etc’esttrèsbienainsi

La conclusion tient en une phrase Cette alerte montre que le Maroc reste vulnérable dans un moment d’hyperexposition internationale et qu’il serait dangereux de considérer 2030 comme un simple enjeu d’image et d’infrastructures visibles. Mais, elle montre aussi qu’un travail de coopération et de détection existe déjà, et qu’il est encore temps de transformer une alerte embarrassante en levier de montée en gammestratégique.Toutelaquestionestlà:fairedecetteaffaireunscandaledeplus,ouunélectrochoc utile.Lepremierchoixnourritlescommentaires.Lesecondconstruitunpays.

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IA-MAG N°03 - 21-03-2026 by Pressplus - Issuu