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I-Débats N° 21 - 12 février 2026

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Entrelefloudiplomatiquevouluet

lapresseinformelle-

Entrelefloudiplomatiquevouluet lapresseinformelle-

Chroniqueurs Chroniqueurs

Immigration: l'Espagnegagne, l'Europesetireune balledanslepied...

Immigration: l'Espagnegagne, l'Europesetireune balledanslepied...

Lescompétencesau

Lescompétencesau

cœurdel’inclusion économiqueau

cœurdel’inclusion économiqueau

Marocàl’èredel’IA

Marocàl’èredel’IA

Sansleseaux marocaines,quel avenirpourGhar DjebiletàBéchar?

Sansleseaux marocaines,quel avenirpourGhar DjebiletàBéchar?

Billet Billet

MADRID, OU L’ART DU SILENCE ORGANISÉ

Pas de conférence de presse conjointe Pas de communiqué détaillé Pas même de photos officielles Le mutisme devient unedonnéepolitique

Or, en diplomatie, le silence n’est jamais neutre. Il est souventunestratégie.

Lebruitdescoulisses

Entre le flou diplomatique voulu et la presse informelle /

À Madrid, quelque chose s’est passé. C’est désormais acquis. Ce qui reste flou, volontairement flou, c’est ce qui s’y est réellement joué. Depuis plusieurs jours, le dossier du Sahara marocain vit une séquence diplomatique inhabituelle : intense, feutrée, verrouillée. Les communiqués officiels disent peu. La presse informelle, elle, dit beaucoup. Peut-être trop. Entre les deux, un espace gris s’installe, où l’information circule sans toujourssefixer.

Les États-Unis ont confirmé avoir facilité des consultations multilatérales à Madrid, sous l’égide onusienne Le format, déjà, interpelle : Maroc, Algérie, Mauritanie et Front Polisario réunis dans un même lieu, à l’ambassade américaine, loin des tribunes, loin des micros. Un huis clos assumé. Puis, presqueaussitôt,silenceradio.

Pendant que les chancelleries se taisent,certainespressesparlent Médias espagnols, anglo-saxons, plateformesspécialisées,sources “proches du dossier” : les récits s’additionnent Il paraît que l’Algérieauraitaccepté,aumoins techniquement, que l’initiative marocaine d’autonomie soit le seuldocumentdetravail.Ilparaît qu’un comité technique permanent serait en gestation. Il paraît qu’un calendrier aurait été évoqué Il paraît même que Washingtonsouhaite“allervite”

Maisilfautledireclairement:ces informations ne sont pas confirmées officiellement Elles circulent,serecoupentparfois,se contredisent aussi Elles dessinent une tendance plus qu’un fait. Elles indiquent une direction, pas encore une décision.

C’est là que le malaise informationnel s’installe Le public, les observateurs, les rédactions se retrouvent face à un paradoxe : un dossier stratégique majeur, mais traité dans une opacité quasi totale Comme si la diplomatie avait décidé de priver le débat public de matière, le temps de verrouillersesoptions.

Pourquoitantdediscrétion?

Plusieurshypothèsessedessinent. La première est classique : éviter toute surenchère médiatique, toute exploitation politique prématurée, notamment dans un dossier aussi inflammable. La seconde est plus tactique : laisser les parties parler sans pression de l’opinion, sans obligation de posture. La troisième, plus politique encore, serait que les discussions ont touché des lignes sensibles, nécessitantuncontrôlestrictdurécit

Car ce qui se joue à Madrid n’est pas anodin La résolution 2797 du Conseil de sécurité a changé la grammaire du dossier:elleneparleplusdeprocessus ouvert, mais de solution réaliste, pragmatique et fondée sur le compromis. Autrement dit, le temps des options théoriques se referme. On entredansledur.

Danscecontexte,toutephrasedetrop, tout mot mal calibré, peut devenir un précédent diplomatique D’où le silence

Lapresseinformelle,symptômeetrisque

Reste que ce silence crée un vide. Et un vide, dans l’espace médiatique, se remplit toujours. Par des fuites. Des indiscrétions. Des “off”. La presse informelle joue alors un rôle ambigu : elle éclaire certains angles morts, mais elle peutaussibrouillerlalecture,amplifierdeshypothèses,créerdesattentesirréalistes

Certaines publications vont très loin, parlant déjà de bascule historique, de reconnaissance implicite, de tournant irréversible D’autres,plusprudentes,évoquentsimplementunephasetechnique,sansgarantiederésultat Entreces deuxextrêmes,lecitoyenpeineàdistinguerleprobabledusouhaité.

Ilfauticifairepreuvederigueur:unefuiten’estpasunaccord,uneréunionn’estpasunerésolution,unsilencen’est pasunaveu

Etladiplomatiemarocaine?

C’est sans doute la question centrale. Jusqu’ici, Rabat observe. Pas de démenti. Pas de confirmation. Pas de commentaire de fond. Cette retenue est cohérente avec la tradition diplomatique marocaine : parler peu, mais au momentchoisi.Laisserlesautress’exposer,commenter,spéculer.Puis,lecaséchéant,cadrer.

Ce silence peut être interprété de deux manières : soit les discussions sont encore trop fragiles pour être exposées, soitleMarocestimequelecadreestdésormaissuffisammentsolidepourneplusnécessiterdejustificationpublique immédiate

En attendant, l’espace médiatique reste suspendu. Entre ce que l’on sait officiellement peu et ce que l’on croit savoirofficieusement beaucoup.

Unechoseestcertaine

Madrid marque une étape Pas nécessairement un aboutissement, mais un moment de reconfiguration Les ÉtatsUnis sont plus présents que jamais L’Algérie est autour de la table, sans faux-semblants Le plan d’autonomie marocain est au centre des échanges, au moins comme référence technique. Et l’ONU observe, accompagne, temporise.

Lereste,accords,concessions,calendriers,relèveencoreduconditionnel

La diplomatie, elle, n’aime pas l’instantané Elle avance par séquences, parfois dans le silence En attendant que la diplomatie marocaine parle, une certitude demeure : ce qui se passe à Madrid dépasse la rumeur, mais n’a pas encore atteint le stade de la vérité officielle Et c’est précisément dans cet entre-deux que se joue, aujourd’hui, la batailledurécit.

Synthèserapidedesdernièresnouvellesauconditionel

Madridn’estpasunévénementisolé,maisbienunpivotdiplomatiqueconcretdansl’effortdemiseenœuvrede larésolution2797del’ONU

L’Algérieestengagéeofficiellement,cequimarqueunepremièredansleformatquadripartite.

Le plan d’autonomie marocain est devenu le référentiel principal, avec desavancéestechniques et institutionnelles envisagées.

Des désaccords subsistent, en particulier sur la question de l’autodétermination et du point de départ des discussions

IMMIGRATION : L'ESPAGNE GAGNE, L'EUROPE SE TIRE UNE BALLE DANS LE PIED...

L'Espagne sous Pedro Sánchez a adopté une politiquepro-immigrationennetcontrasteavec le durcissement observé dans la plupart des payseuropéens.

Alors que l'Europe resserre globalement les vis surlesmigrantsetleurcolletoutessesfaiblesses et disfonctionnement, Madrid mise sur leur intégration via le travail, obtenant en contrepartielaplusfortecroissanceéconomique ducontinenten2025.

La plupart des nations européennes catalysent leurs politiques migratoires sur la restriction et l'expulsion.

L'Unioneuropéenneenvisagemêmedeshubsde retourhorsfrontièrespouraccélérerlesrenvoiset sanctionnerplusdurablementlesrefusdedépart, souspressiondesextrêmesdroites

Des pays comme l'Allemagne, la France et l'Italie ontresserrélesquotasetlesprocéduresen2025, percevant certainement à tort les migrants comme source de tensions sociales et économiques N'est ce pas là un véritable suicide économiqueetsocialàterme

Pedro Sánchez lui réaffirme que l'immigration légale est un atout économique et une nécessité démographique, avec les migrants formant déjà 13%delamain-d'œuvredanslepays

En mai 2025, une réforme du règlement des étrangersaélargilescorridorspourl'agriculture,la construction, la technologie et les soins, accélérantlespermispourdiplômésetstartups.

Fin janvier 2026, le gouvernement annonce la régularisation de 500 000 sans-papiers arrivés avantfin2025,viauneprocédureaccéléréesans casierjudiciaire

En 2025, l'Espagne a enregistré +2,8% de croissance du PIB, deux fois supérieure à la zone euro,dopéeparletourisme,laconsommationdes ménagesetunebaisseduchômage

Lesétrangersontporté80%del'augmentationde lapopulationactiveen2022-2024,compensantle déclin des travailleurs nationaux. Un rapport prévoit un impact positif continu d'ici 2026, avec +0,5pointdePIBgrâceàl'affluxmigratoire.

Par AzizDaouda

L'Allemagne,parexemple,prévoitundéficitde7millionsdetravailleursd'ici 2035, tandis que la France voit ses hôpitaux et ses champs en faute de souffrancedupersonnel.

Résultat:unecroissanceanémique,autourde1%enzoneeuroen2025,loin des2,8%espagnols.

Commentinverserlatendance?

Lesoptionsseréduisent:relèvementforcédel'âgedelaretraite,quiheurte lessyndicats;incitationstimidesàlanatalité,inefficacitésàcourtterme;ou encoreautomatisationpartielle,coûteuseetinadaptéeauxmétiersmanuels

Sans afflux migratoire régulé, ces nations vieillissantes risquent une stagnationquinepeutproduirequereculetdéclin.L'Espagnemontredoncla voie à qui veut intégrer via le travail pour transformer une contrainte en moteur

Parcestempstroublés,lespartisansdelathéoriedu«grandremplacement » – cette vision apocalyptique d'une Europe submergée, captent hélas un écho populaire croissant, dopé par les peurs et également par les échecs despolitiquesrestrictives

Pourtant, les faits parlent : c 'est le refus d'immigration géré qui asphyxie les économies,nonl'accueilraisonné

Une nouvelle séquence s’ouvre donc pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), après la décision de son président, Aziz Akhannouch, de ne pas briguer un nouveau mandat.

Un retrait aux répercussions multiples: sur la margedemanœuvreduchefdugouvernementà l’approche des législatives de septembre, sur les équilibres de la majorité, et sur l’avenir immédiat du parti, appelé à élire ce samedi 7 février son successeur le candidat unique Mohamed Chouki

L’agenda électoral et politique de ce début d’année 2026 a été sensiblement bousculé par l’annonce faite, le 11 janvier dernier, par Aziz Akhannouch, président du parti de la Colombe, de sa décision de ne pas briguer un troisième mandatàlatêteduRassemblementnationaldes indépendants (RNI), alors même que le congrès ordinaire du parti était initialement prévu pour avrilprochain.

Choix personnel ou décision contrainte? Toujours est-il que le même jour, le bureau politique a entériné la convocation d’un congrès extraordinaire, fixé au 7 février, afin d’élire un successeur.

Depuis, cette même instance a arrêté son choix suruncandidatunique:MohamedChouki.Député àlaChambredesreprésentants,ancienprésident delaCommissiondesfinancesjusqu’enavril2024, puisprésidentdugroupeparlementairefortde103 membres,leprofildupostulantretientl’attention

Diplômé de l’Université Al Akhawayn, doté d’une formation supérieure spécialisée en gestion, finance et économie, Mohamed Chouki se distingueparunparcoursdavantagefondésurles compétencesquesurl’appareilpartisan Homme d’affaires et investisseur, il incarne une figuresusceptibledeconsoliderl’imaged’unparti perçu comme fiable et crédible, aussi bien aux yeux de l’exécutif et de l’administration que des acteurséconomiques.

Appuyé par Aziz Akhannouch, il devrait être élu sans difficulté à El Jadida ce samedi, malgré les réserves exprimées en interne par certains responsablesduparti

ParMustaphaSehimi.

Plusieurs chantiers structurants restent, en outre, en attente parmi les plus sensibles du moment: révision du code pénaletducodedutravail, réforme de la Moudawana, refonte du régime des retraites, relance du dialogue social, durcissement du dispositif anticorruption, réduction des inégalités sociales et territoriales, sans oublier l’approfondissement de la régionalisationavancée.

Or, il ne reste guère qu’une session parlementaire réellement «opérante» pour faire adopter des textes de cetteampleur

Peut-on, dès lors, miser sur la session de printemps pourenclencherunsursaut législatif et rattraper des retards qui s’accumulent depuisdesannées?

Reste à savoir si le RNI version Mohamed Chouki se distinguera réellement du parti façonné par Aziz Akhannouch au cours de ses deux mandats, entre octobre2016etfévrier2026

La compétition électorale avec les deux partenaires delamajoritéactuelle le PAM et le PI ne s’annonce-t-elle pas plus âpre?

À la différence de 2021, le RNI pourra-t-il encore se prévaloir du statut de parti porteur?

LaperspectivedetranshumancesdecertainsnotablesverslePAM,voirelePI,est-elle réellementàexclure?EtquipeutaffirmeraveccertitudequeleRNIsemaintiendraen têtelorsdeslégislativesdeseptembre2026?

LePAM,poursapart,afficheclairementsesambitions Sacoordinatrice,FatimaZahra Mansouri,entendreprendrelamainsurleprocessusdeparrainagedescandidatures, n’hésitantpasàécarterdesdizainesdeparlementairessortants

Reste que le RNI demeurera, sauf surprise majeure, un acteur central de la future majoritéissuedesprochainesélections

Fort de près de cinq décennies d’existence depuis sa création en octobre 1978, son histoireestlargementcelled’unpartiàvocationgouvernementale

Ils’estconstruitcommeuneformationdestabilité,répondantàunbesoinsystémique: agréger des élites économiques, rurales et administratives; offrir un outil politique soupleaucentredujeuinstitutionnel;incarner,ensomme,unparti-fonctionplusqu’un parti-programme.

Longtemps perçu comme un parti de notables peu structuré, le RNI s’est transformé, sous la présidence Akhannouch, en une formation managériale, caractérisée par la centralisation de la décision, une forte capacité de financement et un maillage territorial renforcé À cela s’ajoute un rôle de pivot, d’interface et d’amortisseur du systèmepolitique

Une logique de stabilité, de continuité et de gestion, qui sera toutefois soumise à l’épreuvedécisiveduverdictdesurnes,enseptembre2026

Reste que le RNI demeurera, sauf surprise majeure, un acteur central de la future majorité issue des prochaines élections. Fort de près de cinq décennies d’existence depuis sa création en octobre 1978, son histoire est largement celle d’un parti à vocationgouvernementale.

Ils’estconstruitcommeuneformationdestabilité,répondantàunbesoinsystémique: agréger des élites économiques, rurales et administratives; offrir un outil politique soupleaucentredujeuinstitutionnel;incarner,ensomme,unparti-fonctionplusqu’un parti-programme

Longtempsperçucommeunparti de notables peu structuré, le RNI s’est transformé, sous la présidence Akhannouch, en une formation managériale, caractérisée par la centralisation de la décision, une forte capacité de financement et un maillage territorialrenforcé.Àcelas’ajoute un rôle de pivot, d’interface et d’amortisseur du système politique.

Une logique de stabilité, de continuité et de gestion, qui sera toutefois soumise à l’épreuve décisive du verdict des urnes, en septembre2026.

Maintenant,c’estofficiel,AzizAkhannouchaquittéla présidence du RNI, ce qui signifie qu’il quittera la politique, du moins officielle et officiellement, en septembre prochain, au soir des élections législatives, que le RNI l’emporte (ce qui serait surprenant) ou pas. C’est Mohamed Chaouki qui le remplace, mais dans le fauteuil de la présidence seulement.

Eneffet,qu’onleveuilleounon,AzizAkhannouchaura marqué à jamais le RNI et Mohamed Chaouki, sa créaturepolitique.

Cela est visible à travers les larmes abondantes versées après la fin du discours du sortant par luimême et ses proches collaborateurs, et en premier Rachid Talbi Alami qui paraissait, et qui était très certainement, sincèrement ému par les propos du désormaisex-présidentduparti

Oui, M Akhannouch aura marqué son parti qu’il a transformé, structuré, mobilisé et mis en ordre de marche

Oui,commeleditAbdallahTourabi,AzizAkhannoucha une pensée politique, qui est globalement la transposition de la méthode du privé au public, à travers le concept de « l’opérationnalisation » , qui consisteà«délivrer»,àconcrétiser;celadiffèresans doute de la conception généralement admise de la politique (éloquence, recherche des équilibres politiques, ) mais cela est en soi une position, une posturepolitique

Bien que l’heure du bilan n’ait pas encore sonné, on peutdirequeceluid’Akhannouchestconsistant,«sur lepapier»

L’expression, généralement péjorative, ne l’est pas dans le cas présent car plusieurs textes ont été adoptés, comme la Charte d’investissement, la réforme du système de la santé, la réforme de l’éducation, la réforme du système judiciaire, l’introduction des peines alternatives et des nouvelles règlessurleschèques

Que l’on en juge : nommer au gouvernement ou lors du remaniement des (très) proches de lui, ex-collaborateurs d’Akwa Group ou ex-actionnaires de ses filiales, enterrer toute législation sur l’enrichissement illicite ou le conflit d’intérêt, avoir agi en coulisses pour le limogeage de plusieurs chefs d’institutions constitutionnelles chargées du contrôle de la bonne gouvernance, s’être tu face et suite aux conflits d’intérêts l’impliquant personnellement, avoir laissé le ministère de la JusticeetAbdellatifOuahbiagirà sa guise pour le Code de procédure pénale, pour la loi sur lesavocats

A l’instar d’autres milliardaires arrivés à la tête des édifices politiques de leurs pays (chacun ayant ses spécificités), M. Akhannouch a écrasé la classe politique de tout son poids, comme Silvio Berlusconi, Donald Trump, Thaksin Shinawatra, Rafic (puis son fils Saad) Hariri, et d’autresencoreenleurtemps Partisans et opposants n’ont plus de marge de manœuvre ni de mouvement depuis 2021, de la mêmemanièrequ’auseinduRNI, la présidence d’Aziz Akhannouch était incontestée. Tellement indiscutable qu’aujourd’hui, avec son successeur au RNI Mohamed Chaouki, le parti plonge dans l’inconnu Etdanslevide Eneffet,comment continuer de faire fonctionner un partisansl’argentetlapuissance del’ancienchefdeceparti?

Et de la même manière que ses pairs capitaines d’industrie à la tête de leurs gouvernements, M. Akhannouch n’avait que peu d’appétence pour la vox populi, pourlacritique,pourl’empathie.

Comme eux, il laissera derrière lui une classe politique boursouflée, à la recherche d’une hypothétique rémission, et une population désabusée, désillusionnée, déçue, comme les jeunes l’ont bruyamment et colériquementmontréenoctobredernier

Il reste encore quelques mois à Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement, car il serait très surprenant qu’il soit reconduit, étant entendu que M Chaouki ne saurait faire ce que son riche et puissant prédécesseuraréaliséetsachantquemêmeencasd’incertainevictoire du RNI aux prochaines législatives, le roi Mohammed VI a installé la tradition de désigner le chef du parti arrivé premier comme chef du gouvernement.

Etdansl’intervalledecesquelquesmois,lesautrespartisdéploieronttout ce qui est en leur pouvoir pour convaincre les électeurs L’opposition commence déjà à ressusciter et à donner de la voix, et les deux autres formationsdelamajoritéseremettentdésormaisàespérer

La grande question est de savoir si, en quinze ans de ministère de l’Agriculture, en neuf ans de présidence du RNI et en cinq ans de présidencedugouvernement,AzizAkhannouchn’apasirrémédiablement abîmélapolitiquedanscepays

Dansl’attentedelaréponseàcettequestion,danslaperspectivedeson retraitdelaviepolitique,etdanslecadredurespectdûauxgensduRNI, Aziz Akhannouch mérite notre respect pour avoir servi, exactement de la même manière que MM. Benkirane ou Elotmani avant lui, toutes choses étantégalesparailleurs

Le jugement politique peut être établi sur sa personne et sa politique, le jugement de l’Histoire attendra un peu, et le jugement de valeur ou des valeurs restera l’affaire de la justice et de la seule justice Si elle l’estime nécessaire

La suspension de l'appel d'offres du terminal GNL de NadorWestMed,éclairéeparlesrécentesinformations sur un arbitrage du ministère de l'Économie et des Finances,nedoitpasêtreluecommeundésaveud'une stratégie, mais comme le fonctionnement normal des garde-fousdel'État.Analysefroided'unedécisionoùla rigueurprocéduralerencontrelaréalitédesmarchés.

La nouvelle est tombée via une dépêche de l'agence

Reuters:

Le gel du projet de terminal gazier à Nador trouverait sa sourcedansunavisdéfavorableémisparladirectiondes Finances

Si l'information a pu surprendre par son timing – à quelques jours de l'ouverture des plis – elle révèle en réalitéunemécaniquedegouvernancequi,loind'êtreun dysfonctionnement, témoigne de la maturité des processusd'investissementpublicauMaroc

Pour l'analyste, cet événement dépasse la simple actualitéadministrative.

Il illustre la nécessaire tension entre deux impératifs régaliens:l'ambitionsectorielle,portéeparleministèrede la Transition Énergétique qui doit sécuriser l'approvisionnement, et la prudence macro-financière, gardiennedeséquilibresbudgétaires

Unefrictioninstitutionnellestructurelle,paspolitique Ilestessentieldedépersonnalisercettedécision Danstout Étatmoderne,lesgrandsprojetsd'infrastructure–afortiori en Partenariat Public-Privé (PPP) – sont soumis à une doublevalidation

Le ministère technique définit le besoin stratégique ("il nousfautdugazpoursécuriserleréseau"),tandisquele ministère financier évalue le risque pour le bilan de l'État ("quipaiesilademanden'estpasaurendez-vous?").

Les documents évoqués par la presse font état de réservessurl'éligibilitéprocéduraleaustatutPPPetsurla répartitiondesrisques

C'estunprincipederéalitééconomiquequis'imposeà tous les acteurs, indépendamment de leurs agendas respectifs.

Lemarchémondialcommejugedepaix

Il serait réducteur de ne voir dans cette pause qu ' une causepurementadministrative

Le contexte de marché valide, a posteriori, la pertinence d'une temporisation. Le marché mondial du GNL entre dansunephasederecompositionavecdesprévisionsde détentedesprixàl'horizon2026-2027.

Dans ce contexte, figer aujourd'hui des conditions contractuellessur15ou20ans,surlabasedeprojections derisqueélevées,neseraitpasoptimal

L'argument des " nouveaux paramètres" avancé par le ministère de l'Énergie reste donc valide : les conditions externes(marchéGNL)etinternes(cadrePPP,loigazière) convergentpourjustifierunreset

Cette synchronisation involontaire entre le veto financier etlaréalitédumarchéoffreuneopportunité:celledene pasverrouillerleMarocdansunactif"tropgrand,troptôt".

L’appartenance est-elle un besoin humain fondamental ou une illusion collective soigneusemententretenue?

Peut-on exister pleinement sans se rattacher à un groupe,uneidée,uneinstitution,unsymbole? Etsurtout,avons-nousbesoindufootball,cetteballe magique,pourressentirl’appartenanceàlanation?

De plus en plus de travaux en psychologie sociale soulignent que l’engouement excessif pour les stades, qu’il soit émotionnel ou discursif, traduit souventunbesoinlatentd’appartenance.L’individu cherche à se fondre dans un collectif, à s’y reconnaître, à s’y projeter. De cette quête naît presque mécaniquement une forme de parti pris, parfois de radicalité : association, parti politique, syndicat, équipe sportive Peu importe l’objet, pourvuqu’iloffreuneidentitédesubstitution

Les victoires du groupe deviennent alors des victoirespersonnelles.

Elles nourrissent l’ego collectif, compensent un déficit de reconnaissance individuelle et procurent un sentiment de fierté par procuration Il ne s’agit plus seulement de soutien, mais bien de l’adoption d’uneidentitéparallèle.

Les raisons de cet attachement sont multiples : exutoire émotionnel, refuge face aux frustrations sociales,stimulationdeshormonesduplaisir,illusion d’uneappartenancestableetvalorisante Fautede nous suffire à nous-mêmes, nous endossons les couleursd’uncamp,d’unmaillot,d’unemblème

Maisqu’enest-ilduﻦﻃﻮﻟا—dupays?

L’appartenance nationale, dans ce schéma, apparaît souvent circonstancielle Car si elle était profonde et constante, le drapeau se lèverait à chaquefoisquelanationesthonorée.

Or,nousbrandissonslescouleursnationaleslorsque les buts sont marqués, nous nous étreignons dans l’euphoriedelavictoire,puisnouslesabaissonsau premier revers La fierté s’évanouit, et ceux qui incarnaient l’espoir deviennent soudain les coupablesàdésigner

Par Fawzia TALOUTMEKNASSI

Reconstruire le pont entre formation et les entreprises

L’inclusion économique est aujourd’hui l’un des enjeuxmajeursdudéveloppementauMaroc.Ellene peutplusêtrepenséeuniquementàtraversl’emploi oulediplôme.Ellerenvoieàuneparticipationréelle àlacréationdevaleur,àl’accèseffectifautravailet au revenu, et à la capacité pour chacun de construire une trajectoire de vie autonome dans uneéconomieentransformationrapide

Ceconstatseheurteàunparadoxedésormaisbien connu Alors que de nombreux jeunes et moins jeunes peinent à s’insérer durablement sur le marché du travail, les entreprises, qui constituent pourtant le cœur de la création d’emplois, rencontrent des difficultés persistantes à recruter Cettetensionn’estpasconjoncturelle.Ellerévèleun désalignement structurel entre formation et économieréelle.

Ce désalignement tient en grande partie à la rupture persistante entre les systèmes de formationetlesentreprises.

Les universités, la formation professionnelle et les centres privés produisent des diplômés, mais trop souvent sans traduction opérationnelle immédiate À l’inverse, les entreprises évoluent sous fortes contraintes de temps, de trésorerie et de performance, et attendent des compétences directementmobilisables.

Entrelesdeux,lelienexiste,maisilrestefragile.C’est ce pont des compétences qu’il faut désormais reconstruire

Danscecontexte,lacompétencedevientunenjeu central d’inclusion Pour celles et ceux qui ne disposent ni de patrimoine ni de réseau, elle constitue souvent le seul capital réel Mais une compétence n’a de valeur que si elle est utile, reconnue,lisibleetmobilisabledansl’entreprise,au contactdesituationsdetravailconcrètes

Celasupposededépasserunelogiquecentréesur le diplôme pour privilégier les compétences techniques, numériques, comportementales et entrepreneurialesréellementactivables

ParDrAz-Eddine Bennani

Cetteapprochen’estpasthéorique.

Dèslafindesannées1990,avecd’autrescollègues,nousavionsanticipécestransformationsencréanten France un programme de formation hybride, à la croisée de l’ingénierie informatique, des systèmes d’informationetdumanagement

L’objectif était déjà de former des profils capables de comprendre les technologies, d’en maîtriser les usagesorganisationnelsetd’enpiloterlesimpactsstratégiquesdanslesentreprises

Aujourd’hui, cette intuition reste pleinement d’actualité et doit être prolongée par des programmes hybrides, co-conçus avec les entreprises et pensés dès l’origine en tenant compte des technologies d’intelligenceartificielle.

Reconstruirelepontdescompétencesentreformationetentreprisesnesedécrètepas.

Celasupposedetraduirelesbesoinsréelsdesentreprisesencompétences,d’organiserlaformationselon des temporalités compatibles avec la réalité économique, et de mettre en place une boucle de retour permanente pour ajuster en continu les parcours C’est à ce prix que la formation pourra redevenir un véritablelevierd’inclusionéconomique

L’inclusionéconomiquenecommencepasavecundiplômedélivréenfindeparcours Ellecommencedès lespremièresannées,lorsquelescompétencesseconstruisenteninteractionréelleaveclesentreprises

Àl’èredel’IA,oùtoutvatrèsvite,retardercetterencontreestunluxequenileMaroc,nisesentreprises,nisa jeunessenepeuventplussepermettre.

DIVERTISSEMENT AUTOUR DU FOOTBALL

Danslesgrandsstadesmodernes,lefootball est devenu le pivot d’une industrie du divertissementàpartentière.Avant,pendant et après la rencontre, le public est sollicité, surpris,embarqué.PourquoipasauMaroc?

Cesoirdudimanche6fevrier2026,auParcdes

Princes, bien avant le coup d’envoi de PSG–Marseille, le football s’efface quelques instants pourlaisserplaceauspectacle.

Musique électro, jeux de lumières millimétrés, animations visuelles synchronisées, artiste microàlamainaucœurdustade

Lepublicestdéjàdebout,conquis,plongédans une expérience qui dépasse largement les quatre-vingt-dixminutesdejeu

Quandlematchdémarre,l’ambianceestàson comble

Quand il s’achève, avec un festival de buts ( 5/0), le sentiment est clair : on n’a pas seulement assisté à un match, mais à un événement.

Cemodèlen’estplusuneexception.

Dans les grands stades modernes, le football est devenu le pivot d’une industrie du divertissementàpartentière

Avant, pendant et après la rencontre, le public estsollicité,surpris,embarqué

Le stade devient une scène, les tribunes un décor vivant, et le spectateur un acteur de l’expérience

Par Anwar CHERKAOUI.

Encorefaut-ilstructurerl’écosystème,professionnaliserlesinterventionsetinscrirelespectacledansune visioncohérenteetdurable.

Laquestioncentraledevientalorscelledelagouvernance.

Qui porte cette ambition ? Les ministères de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, de l’Intérieur, les collectivitéslocales,lesfédérationssportives,lesclubs,lesecteurprivéetletissuassociatifpeuvent-ilspenser ensembleunmodèleéconomiqueviable?

Comment concilier créativité artistique, exigences sécuritaires, rentabilité financière et respect de l’identité culturellenationale?

Développeruneindustrieduspectacleautourdufootball,cen’estpasdétournerleregarddujeu.

C’estaucontraireluidonnerunécrinàlahauteurdesapuissancesymbolique

C’est augmenter l’attractivité des stades, fidéliser le public, diversifier les sources de revenus et inscrire le Marocdanslacourdesgrandesnationscapablesdetransformerunmatchenévénementtotal

Aufond,lavraiequestionestsimple:voulons-nousdesstadesquiseremplissentseulementpourlescore,ou desstadesquivibrentcommedesscènesouvertes,oùlesport,lacultureetlafêteparlentd’unemêmevoix?

Aujourd’hui que le souffle est tombé, la FédérationRoyaleMarocainedeFootball(FRMF) doit restaurer son « soft power » émotionnel auprèsdupublicafricain.

Le Maroc a gagné la bataille de l’organisation ; il doit maintenant gagner celle des cœurs en remplaçant l’image du « bon élève de la classe » parcelledu«grandfrèresolidaire»,déçu Dansun précédent post, j’ai mis l’accent sur le déficit en communicationinstitutionnellequianuiàl’image du Maroc. Je voudrais préciser que ce n’est en aucuncasirréversibleetqu’iln’estjamaistroptard pour combler ce retard par des actions stratégiquesarticuléessurplusieursaxes:

1.Revoirlenarratif

Le constat est clair : le succès et l’éclat des infrastructures, dignes des standards les plus élevés du football international, ont parfois été perçus comme de l’arrogance Alors qu’il est un partenaire de croissance, le Maroc est qualifié, injustementsurlesréseauxsociaux,dedonneurde leçons.

Danscediscoursrénové,ilfautmettrel’accentsur lefaitque:

• Ces infrastructures haut standing ont permis d’attirerdenouveauxsponsorsauprofitdelaCAF etdoncdetouteslesfédérationsafricaines •Ellessontprévues,àl’origineégalement,pourêtre misesauservicedessélectionsnationalesdansle besoinpourleursmatchsofficiels

Parallèlement, il faut communiquer sur un désengagement provisoire, du Maroc sur ce registre.

Unedécisionàprendrequipermettraàchacunde prendre conscience du rôle du pays dans le développement du football africain dans son ensemble et mettra les véritables donneurs de leçons devant leurs responsabilités nouvelles : cellesquiconsistentàpallierceretraitmarocain

Une belle occasion pour mesurer et valider le cheminparcouruparleMaroc

Par BargachLarbi.

Pour la mener, il faut diffuser, audelà des reportages, des vidéos virales à sponsoriser : toutes les scènes relatives à l’accueil chaleureux réservé par les Marocains aux supporters sénégalais et à ceux des autres paysparticipants

Pour effacer les incidents de la finale, il faut faire témoigner des supporters sur la qualité de l’accueil Les bandes vidéo sont disponibles sur toutes les plateformes ; elles ont l’avantage d’être spontanées et inscrites dans lamémoiredesparticipants.

Sur un autre registre, la fédération devrapréparerplusieursvidéossur les polémiques de l’arbitrage Ces actions devront être soumises à l’appréciation et aux explications d’experts internationaux La pédagogie destinée au grand public est un moyen de rectifier le tir Ce sera l’occasion de découvrir que certaines erreurs, nombreuses, ontdésavantagéleMaroc.

Lepublicnelesaitpas.Ilfautlefaire savoir. L’objectif n’est pas d’entrer dansuneguerremédiatiquestérile, maisd’inviteràlatransparenceetà l’amélioration de ce pan important del’évolutiondufootballafricain

Enfin, des vidéos sur les performances récentes du football marocain, toutes catégories confondues, doivent être produites et soutenues pour devenir virales également.Lefootballmarocainn’a pasbesoind’aidesarbitrales;ilfaut suffisamment communiquer dessuspourl’ancrerdansl’espritde larueafricaine

Contrecarrerceuxquimultiplientles discours populistes pour nuire au footballmarocainestuneurgence

3.Gestiondecrise:lecasduSénégal

Des vidéos sur les échecs récents decertainspaysfrères,l’Égyptepar exemple en match de classement des Jeux olympiques, peuvent être égalementenvisagées

Le comportement des joueurs et du staff sénégalais en finale et au cours des joursprécédantlafinaleestimpardonnable. Ilnécessiteuneréponseferme,maispourlacrédibilité,ilfautàlafoisreconnaître les erreurs à l’origine de ces débordements et souligner le manque de communicationquienestàl’origine.

Maroc et Sénégal sont, depuis 4 ans, les meilleures équipes d’Afrique, toutes catégories confondues, avec un net avantage pour le Maroc Mais aucune n’a besoind’arbitragepourgagner

Laisserinfuserl’idéequeleMarocaeubesoindemanipulerlecorpsarbitralàcettefin, c’est trahir le continent et la dynamique de son football Rappeler le palmarès du Maroc des quatre dernières années, toutes catégories confondues, c’est rafraîchir le rôledelocomotivedupayssursoncontinent.

Ilfautaussimettreenavantl’étatd’espritdesLionsdel’Atlas.Enplusderemporterle trophéedufair-play,lesjoueursontfaitpreuved’unehumilitédansladéfaitequiles honore.Ilsontrespectéunadversaireirrespectueuxetonthonoréunvainqueur.

Cette discipline des joueurs marocains n’est pas que protocolaire ; c’est le symbole desvaleurspositivesdufootballmarocain

Les plus hautes autorités du pays l’ont bien compris en organisant une cérémonie, présidée par Son Altesse Royale Moulay Rachid, en l’honneur de l’équipe malgré la défaite,pourcélébrerleurparcoursetleurcomportement

4 Transparenceetpartage

Enfin, il faudrait également rappeler que ce modèle de réussite commerciale est un socle sur lequel le continent africain doit capitaliser À cet effet, et pour confirmer le positionnement de la FRMF en tant que partenaire de croissance, il serait utile de publierun«LivreBlanc»del’organisationetlepartageravecsespairs.

Cette proposition peut être bénéfique pour l’avenir de la compétition. Partager le savoir-fairelogistiqueetlemodèleéconomique,c’estmontrerqueledésengagement proposéparleMarocestprovisoireetsurtoututile Cen’estpasunretraitsec

Les amendes infligées aux fédérations doivent être utilisées, à l’avenir et dès cette édition,aufinancementd’unsymposiumpourl’améliorationdel’arbitrageafricainetà alimenter une cagnotte destinée à la formation du corps arbitral Parce que si le footballafricains’estdéveloppésurtouslesregistres,l’arbitrageafricainresteleparent pauvredecettedynamique

Il lui manque la formation, l’autorité et des indemnités conséquentes qui le mettront au-dessusdetoutsoupçon

Les pluies exceptionnelles qui ont récemment arrosé plusieurs régions du Royaume auraient pu constituer untestdevulnérabilité.Ellessesonttransforméesen un exercice grandeur nature de gouvernance maîtrisée.

Intenses,concentréessurdeslapsdetempsréduits,ces précipitationsontsurtoutmisenlumièrelacapacitédes institutions publiques à anticiper, coordonner et sécuriserunphénomèneclimatiquedevenu,parnature, imprévisible

Loin de toute improvisation, la situation hydrologique des barrages apparaît aujourd’hui stable et sous contrôle.

Ce constat n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un choix stratégique clair : placer la gestion de l’eau au cœur de l’action publique, avec une vigilance permanenteetunelecturefinedesrisques.

Dans un contexte marqué par la raréfaction structurelle de la ressource, chaque épisode pluvieux devient un enjeu de souveraineté, exigeant précision, sang-froidetdécision.

Sous l’impulsion des Hautes Orientations Royales, le ministère de l’Équipement et de l’Eau déploie une gouvernance fondée sur l’anticipation plutôt que sur la réaction

Les opérations de lâchers d’eau, conduites de manière progressiveetrigoureusementencadrée,relèventd’une logique de prévention responsable. Elles traduisent une priorité absolue : protéger les populations, préserver les infrastructures et optimiser la valorisation de la ressourcehydrique

La tenue régulière de la Commission de veille quotidienneillustrecetteméthodedetravailfondéesur lacontinuitéetl’expertise

Réunissant responsables sectoriels et gestionnaires des bassins hydrauliques, cette instance agit comme un centre nerveux de décision, où les données hydrologiques, les prévisions météorologiques et les capacités des ouvrages sont analysées avec une rigueurquasichirurgicale.Ici,lagestiondurisquenese décrètepas,elleseconstruit,heureparheure.

Au-delà de l’actualité immédiate, cet épisode confirme une réalité souvent sous-estimée : le Maroc ne se contente plus de subir les contraintes climatiques, il les intègredansunestratégiedelongterme

Unenécessitéstratégique.

Aujourd’hui plus que jamais, la dynamique des opinionspubliquess’imposecommeunfacteurcentral de la puissance. Dans un monde hyperconnecté, les images,lesrécitsetlesémotionscollectivescirculent plus vite que les décisions politiques elles-mêmes, façonnant des perceptions durables, souvent irréversibles.

Cetteréalitépèseavecuneacuitéparticulièrelorsqu’un État s’engage dans l’organisation de grands événements internationaux, censés projeter une image, consolider une crédibilité et renforcer une influence La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’inscrit pleinement danscettelogique.

Le Maroc a voulu cette CAN comme la meilleure de l’histoire.

Ilnel’apasseulementpenséecommeunecompétition sportive, mais comme une réussite globale, à la fois nationaleetafricaine

Il s’est engagé sans retenue, avec une générosité assumée,convaincuquel’exemplaritéorganisationnelle, l’hospitalité, le respect des traditions et la qualité de l’accueil constitueraient un socle solide de reconnaissance.

Infrastructures, sécurité, mobilisation humaine, atmosphère populaire : tout a été mis en œuvre pour quecetteCANsoituneréussitepartagéeetqu’elleserve autantlefootballafricainquel’imageduRoyaume Etpourtant,l’après-CANarévéléunmalaiseprofond

La décision du comité de discipline de la CAF, perçue comme injuste et incohérente au regard d’autres situations comparables, a produit un choc symbolique durable

Ce choc ne tient pas seulement à la sanction ellemême, mais à ce qu’elle révèle : l’idée que donner le meilleur de soi ne protège pas nécessairement, que la bonnefoinegarantitnil’équiténilareconnaissance. Malgré le discours royal d’apaisement, responsable et soucieux de préserver l’essentiel, la blessure reste vive dans l’opinion publique Les réseaux sociaux, les débats informels et les conversations ordinaires traduisent un même sentiment : celui d’un investissement massif qui n’apastrouvéenretourlerespectattendu

Par Omar Hasnaoui

Lasecondelimite,plusprofondeencore,tientà la question identitaire L’identité, lorsqu’elle se cristallise, n’est pas compatible avec le soft power Elleagitcommeuncontre-softpower Là où le soft power cherche l’adhésion, l’identitéaffirméeorganiselarésistance Ellese construitpardistinction,parfoisparopposition, et apprend à se méfier de toute tentative de séductionvenuedel’extérieur.

Danscecadre,lesoftpowerestsouventperçu non comme une invitation, mais comme une manœuvre. Il est mis en accusation précisémentparceuxqu’ilestcenséatteindre La bataille cesse alors d’être culturelle ou symbolique ; elle devient identitaire Et dans une bataille identitaire, le soft power est largementdésarmé

La CAN 2025 en a donné une illustration frappante.

Malgré une organisation exemplaire, certains récits ont prospéré, nourris de soupçons, d’accusations infondées et de narratifs hostiles. Non pas parce que l’événement était malconçu,maisparcequecertainesidentités refusent d’entrer dans le jeu de la reconnaissance

Mon imaginaire se construit contre le tien, et nonavectoi Dansceschéma,laséductionne fonctionne plus À cela s’ajoute une autre illusion, ancienne mais persistante : celle du messianismeculturel

De Jules Ferry aux formes contemporaines de diplomatie occidentale, l’histoire regorge de cette croyance selon laquelle une culture jugée supérieure finirait par s’imposer naturellement. Hollywood, Coca-Cola ou McDonald’sontlongtempsincarnécettevision d’unmondeconvertiparladiffusionculturelle

Or l’histoire a montré que cette diffusion n’engendre ni adhésion politique ni reconnaissance automatique Elle provoque souvent l’effet inverse : rejet, crispation et repli identitaire

Appliquée au cas marocain, cette illusion conduitàcroirequel’hospitalité,lagénérosité etlabienveillance,jusquedanslesdétailsles plus fins de l’accueil, du lait et dattes, des cornes de gazelle aux gestes du quotidien , suffiraientàgarantirrespectetéquité

Orladiplomatien’estpasuneaffairedesymbolesaimables. Elle est un art complexe de gestion des rapports de force symboliques, institutionnels et narratifs. C’est précisément pour répondre à ces échecs que Joseph Nye, puis Suzanne Nossel, introduisentleconceptdesmartpower

Lesmartpowernaîtduconstatquelesoftpower,livréàlui-même, échouepourdesraisonsstructurelles Ilnes’agitpasderenonceràl’attraction,maisdel’inscriredansune stratégie Lesmartpowercombineséductionetprotection,influence etdéfensedesintérêts,ouvertureetlucidité

Ilposeunequestiondécisive:commenttransformerl’attractionen influence réelle, et l’influence en avantage stratégique durable. Le smart power suppose l’anticipation des réactions identitaires, la maîtrise des récits hostiles, la capacité à poser des limites sans renoncer aux valeurs et, surtout, l’affirmation claire des intérêts nationaux.

Dans cette perspective, certaines décisions récentes ne relèvent ni dureplinidelacolère,maisd’unchoixstratégiqueassumé:refuser quelagénérositédevienneuneasymétriepermanente

CommelerappelleBertrandBadie,nousassistonsaujourd’huiàune renaissance de la diplomatie, entendue non comme domination, maiscommeartdegérerlesséparations,dereconnaîtrel’altéritéet d’accepterquel’autrenenousressemblepas

La diplomatie de l’influence ne consiste plus à séduire naïvement, maisàcomposeravecladifférenceetànégocieravecdesidentités irréductibles.

LeMarocn’apaséchouédansl’organisationdelaCAN2025.Ila réussi.

Maiscetteréussiteobligeàchangerdelogiciel

Lesoftpowermarocainexiste,ilestréeletprécieux Maissanssmart power pour le cadrer, le protéger et l’orienter, il atteint aujourd’hui seslimites Séduireresteuneforce Défendresesintérêtsdevientune nécessité

C’est à cette condition que le Maroc pourra continuer à rayonner sanssefragiliser,àdonnersanss’effaceretàagiravecluciditédans unenvironnementdevenuprofondémentconflictuel.

Le rapport de la Cour des Comptes 2024-2025 vient d’êtrepublié.Ilnepasserapasinaperçueuégardaux donnéesqu’ilcontientsurdesaspectsdiversdelavie dupays.Cetteinstitutionpasseaucribleetexamineà laloupeuncertainnombredesecteursquiintéressent laviedémocratiquedenotrepays,conformémentaux prérogativesquiluisontattribuéesparlaConstitution 2011.

En effet, la Cour des comptes est l'institution supérieure decontrôledesfinancespubliques,chargéedeveillerà la bonne gouvernance, à la transparence et à la redditiondescomptes Sesmissionsprincipalesincluent le contrôle juridictionnel des comptes, l'audit de la performance, la sanction des fautes de gestion, la certification, ainsi que l'assistance au Parlement et au Gouvernement. Le dernier rapport ne déroge pas à la règle.

Auchapitre«Suivideschantiersdesgrandesréformes», ilestquestionenpremierlieudelaprotectionsociale Ce chantiersocialfutlancéparSMLeRoidansSonDiscours de l’ouverture parlementaire du 9 octobre 2020 et dont lecontenuafaitl’objetd’uneloi-cadre09-21

Pourrappel,cetteréforme,seradéployéedansundélai decinqans,selonlecalendriersuivant:lagénéralisation de l’assurance maladie obligatoire de base en 2021 et 2022 ; la généralisation des allocations familiales en permettantauxfamillesquinebénéficientpasdetelles allocations conformément aux textes législatifs et réglementaires en vigueur, de bénéficier, selon le cas, d’indemnités de protection contre les risques liés à l’enfanceoud’allocationsforfaitairesetce,aucoursdes années2023et2024;l’élargissementdel’affiliationaux régimesderetraiteetlagénéralisationdubénéficedes indemnitésdeperted’emploien2025 Oùensommesnousparrapportàcecalendrier?

Lenon-respectducalendrier

Le rapport de la Cour des Comptes nous apporte une réponse cinglante qui s’éloigne du discours lénifiant du gouvernement.

D’abord, le calendrier tracé n’est pas respecté en ce sens que deux volets de la généralisation de la protection sociale sont encore au niveau de l’étude à savoir la généralisation de l’affiliation aux régimes de retraiteetlagénéralisationdubénéficedesindemnités deperted’emploi

Par Abdeslam Seddiki.

Tadamoune Ainsi, cette catégorie compte 14,47 millions de personnes, sur une population cible de 11 millions On peut considérer que 3,5 millions sont des « passagersclandestins»!

Versunemarchandisationdelasanté.

Le deuxième élément qui constitue un obstacleàl’adhésionrésidedansle«resteà payer » par l’assuré. Le montant à payer par le malade s’élève en moyenne à 34% des fraisdesoins

Pourcertainesmaladies,ilapprocheles50%

A cet obstacle s’ajoute les délais longs pour obtenir une prise en charge Autant de difficultés qui menacent la durabilité du système

Et ce sont les hôpitaux publics qui en pâtissent le plus dans la mesure où 91% des dépensesdelasantévontausecteurprivé.

Ce taux grimpe à 97% dans le cas des dépenses des salariés dans le privé. Pour l’AMO tadamoune, ce taux est de 79%. Le systèmetelqu’ilfonctionnen’estplusdurable

La Cour des Comptes a tiré justement la sonnette d’alarme : alors que les dépenses augmentent en flèche, les recettes évoluent auralenti

Pour ce qui est de l’aide sociale directe, les charges ont atteint en 2024 un montant d’environ24,89milliardsDHdont,9,13milliards DHpour1,44millionsdefamillesbénéficiaires des Allocations forfaitaires (2,18 millions de personnes) et 15,04 milliards DH au profit de 2,24 millions de familles (552 millions de personnes) bénéficiant des Aides relatives à la protection contre les risques liés à l’enfance,45millionsDHpour32886familles (120471nouveaunés)autitredesAllocations denaissanceet670millionsDHà1,78millions de familles bénéficiaires (3,1 millions de personnes) au titre de l’Aide supplémentaire pourlarentréescolaire

A signaler que le montant global de l’aide sociale directe, au titre de l’année 2025, a atteint 12,78 milliards DH à fin juin 2025. Ce système ne manquera pas, à son tour, de poser des questions de gouvernance et de durabilité

Substituerlerevenuàl’aide.

LaCourdescomptestirelaconclusionsuivante:

« malgré les avancées notables enregistrées, la réforme de la protectionsocialefaitfaceàplusieursdéfis Ilssontparticulièrement liés au développement du système de ciblage, à la maitrise des effectifs des catégories prises en charge par l’Etat, à l’atteinte de l’ensembledespopulationscibles,àladiversificationdessourcesde financementenvued’allégerlapressionsurlebudgetdel’Etat,au développementetàlamiseàniveaudesétablissementsdesoins publicsetàlaluttecontrelavulnérabilitéàtraverslasubstitutionde l’aideparlerevenu »

Comptetenudecesdéfis,laCourdescomptesarecommandéau Chef du Gouvernement, d’activer l’ensemble des instances intervenant dans la gestion du système de protection sociale, d’actualiser et d’évaluer le système et les mécanismes de ciblage en vigueur, et de mettre en place des évaluations périodiques concernantl'efficacitédesdifférentescomposantesdelaprotection sociale

Elle a recommandé, également, de mobiliser et de diversifier des sources de financement durables pour les composantes de la protection sociale, le développement et la mise à niveau des établissements de soins de santé publics, et d’assurer la coordinationentrelapolitiquedelaprotectionsocialeetlesautres politiqueséconomiquesetsociales.

Uneconclusionpolitiques’impose:legouvernementactuelafailli à ses engagements sur un chantier royal stratégique pour l’améliorationdesconditionsdeviedenotrepeuple.Ildoitrendre des comptes et présenter ses excuses de nous avoir bercé d’illusionspournepasdiredemensonges!

Cequiétaitsenséêtreunegrandemessedel’Afriquea finalementtournéaucauchemar.Au-delàdurésultat sportif, cette édition fut attendue sur les aspects d’organisations et d’infrastructures. Un challenge réussi mais avec des égratignures qui ont entaché le tableaufinal.

Tout au long d’un mois, vingt-quatre sélections africaines,etderrièreeuxdesmilliersdesupporterset de journalistes, étaient au rendez-vous du plus important événement sportif du continent. Une CAN suiviedeparlemondeetuntestgrandeurnaturesur lescapacitésorganisationnellesdetoutuncontinent.

Lacompétitionaétéorganiséesurneufstadesdanssix villes, et un stade d’entraînement pour chaque équipe participante;unepremièreenAfrique,avecunequalité irréprochabledesinfrastructuressportives.

Parailleurs,fortdesonstandingdepremièredestination touristique en Afrique, le Maroc dispose des hôtels de classe mondiale, c’est ainsi que les délégations participantes ont toutes bénéficié d’un hôtel réservé pour usage exclusif, sans parler d’autoroutes et de TGV derangmondial

Restaitàsavoirsil’affluenceallaitsuivre Aceniveau,la proximité à l’Europe et la disposition d’une dizaine d’aéroports a permis à la diaspora africaine en Europe de faire le déplacement au Maroc dans les meilleures conditions.

Résultat : record battu d’affluence à 1,2 millions de spectateurs.

Cet ensemble, et de l’avis de la presse africaine et mondiale,amiscettecompétitionauxstandardsd’une coupe du monde, ce qui est en soi une fierté africaine Sur le plan financier, la CAF a réalisé un jackpot en multipliant ses recettes par deux, par rapport à la CAN 2023àlaCoted’Ivoire,à200millionsdedollars

Le nombre de sponsors officiels est passé de 16 à 23 et les broadcasters de 67 à 111. En d’autres termes cette éditionaprisunedimensionfinancièresansprécédent.

Fêtegâchée

Si sur le plan organisationnel il y a eu une quasiunanimitésurlaqualitéduproduit,maiscetteéditiona curieusementétélaciblededénigrementavantmême dedémarrer

Par Samir CHAOUKI

Lasuitelemondeentierl’asuivieavecstupéfaction:retraitdel’équipe nationale sénégalaise et au même moment des scènes de violence gravesperpétréespardessupporterssénégalais.

Dèslors,iln’yavaitplusdefootball.

Leçonspourl’histoire

Devant ce chaos, l’Afrique a hélas démontré pourquoi son instance dirigeante,laCAF,estlaseuleinstitutioncontinentaleaumondeàêtre misesoustutelledelaFIFA

Lesafricainsontratéuneoccasionpourmontreraumondeentierque notre continent est désormais apte à organiser les manifestations sportivesinternationaleslesplusprestigieuses.

Ons’esttiréplusieursballesauxpiedspourdepetitscalculspoliticiens téléguidés sur lesquels d’aucuns ont malheureusement tombé les deuxpiedsjoints.D’ailleurs,celan’apasprisplusdetroisjoursquele présidentdelafédérationespagnoleestsortipourdéversersonvenin surlecontinentafricain

Iln’yvapasparquatrecheminsenannonçantunilatéralementquevu les incidents qui ont émaillé la finale de la CAN 2025, ce sera en Espagneoùsejoueralafinaledelacoupedumonde2030!

Pourtant,unedécisionduressortexclusifdelaFIFA!Undésaveuàla CAFetàtoutuncontinent.

D’ailleurs l’ancien entraineur Arsène Venger, aujourd’hui conseiller à la FIFA avait laissé glisser une phrase lourde de sens : « l’organisation de la CAF 2025 n’a rien à envier à la dernièrecoupedumondeQatar 2022, mais j’ignore pourquoi les africains tiennent à se tirer vers lebas»!QuantauMaroc,iln’est un secret pour personne que le football, un levier de soft power, faitl’objetd’unprojetàmoyenet long terme, dont la CAN n’est qu’une seule pièce d’un grand puzzle

Unprojetquicommencedéjàà donner ses fruits : champion du monde U20 il y a 3 mois. Champion coupe arabe 2025. Champion CHAN 2025. Médaille debronzeolympique2024 Sans parler des CANs en catégories inférieures et l’émergence du footballféminin

D’ailleurs, ce soir, l’équipe marocaine féminine ASFAR affronteraàLondresArsenalendemi-finaledelacoupedu mondedesclubs,représentantlecontinentafricain!

QUAND LE CIEL ÉCRIVAIT L’HISTOIRE

DU MAROC

BienavantqueleMarocneportecenom,bienavantque les dynasties ne dressent leurs capitales et ne gravent leursfiliationsdanslapierre,leterritoirevivaitdéjàsous uneautoritéplusanciennequetouteslesautres:celledu ciel. Le climat, les intempéries, la terre qui tremble, les fléaux venus du vent ou des insectes ont, siècle après siècle,rythmélaviedeshommes,façonnéleséconomies, déplacé les populations et souvent décidé du sort des pouvoirs.

L’histoire du Maroc est inséparable de cette longue confrontation entre les sociétés et une nature instable, parfoisgénéreuse,souventimpitoyable.

Àl’époquedesroyaumesnumides,entreleIIIᵉetleIersiècle avantnotreère,lesauteursantiquesdécriventunMaghreb occidentalplusverdoyantqu’aujourd’hui,notammentdans sesplainesduNordetseszonesdepiémont

RachidBoufous

Cette relative abondance n’exclut ni les sécheresses ni les crises : elle impose au contraire une organisation rigoureusedelaviepastoraleetagricole

Les Numides structurent leurs territoires selon les saisons, pratiquent la transhumance en fonction des pluies, stockent les céréales dans des greniers collectifs fortifiés pourfairefaceauxannéesmaigres.

Déjà, la famine est redoutée comme un facteur de désordrepolitique,etlamaîtriseducalendrieragricoleest uneconditiondelastabilitédesroyaumes

Avec l’intégration de la Maurétanie tingitane dans l’orbite romaineàpartirduIersiècleavantnotreère,lerapportau climat change de nature Rome apporte une réponse techniqueeturbaineauxaléasnaturels

ÀVolubilis,Banasa,SalaouLixus,lesaqueducscaptentdes sourcesparfoislointaines,lesbassinsrégulentlescrues,les égoutsmaçonnésévacuentlespluiesviolentes,etlesrues sontconçuespouréviterl’accumulationdeseaux.

LesIIᵉetIIIᵉsièclesdenotreèrecorrespondentàunephase de prospérité agricole, soutenue par une ingénierie hydraulique remarquable et par un climat relativement clément Maiscetteprospéritéestfragile

Par Rachid boufous

Les Alaouites, à partir du milieuduXVIIᵉsiècle,tirent les leçons de ce traumatisme.

Moulay Ismaïl, régnant de 1672 à 1727, fonde à Meknès un système étatique reposant sur l’anticipation des crises : greniers monumentaux, bassins d’eau, contrôle strict des routesd’approvisionnement

Le stockage devient une politique publique. Au XVIIIᵉ siècle,sousSidiMohammed ben Abdallah, la fondation d’Essaouira en 1765 et l’ouverture commerciale servent aussi de réponse aux crises alimentaires En 1777, face à une pénurie de céréales, le sultan autorise l’importation de blé, faisant du commerce international un outil de gestion des famines.

Le XIXᵉ siècle est marqué par une succession de sécheresses et de fléaux.

Les années 1867-1869 connaissent une grave criseagricole,suivieen1878 d’une invasion massive de criquets qui ravage les cultures, combinée à une nouvellesécheresse.

Sous Mohammed IV puis Hassan I, l’État lutte pour maintenir un équilibre précaire entre fiscalité et surviedescampagnes.

Lafaminedevientunfacteur politique central, affaiblissant le royaume face aux pressions européennes et aux bouleversements économiques

LeXXᵉsiècle,malgrélamodernisationetlaconstructiondegrandsbarrages, n’échappepasàcettehistoirelongue. Lessécheressesde1945,de1981-1985etde1999-2002marquentprofondément l’agriculture et accélèrent l’exode rural. Les séismes, comme celui d’Agadir en 1960,rappellentbrutalementlavulnérabilitéduterritoire.

Le début du XXIᵉ siècle voit s’installer une nouvelle réalité climatique : une successiond’annéesexceptionnellementchaudesetsèches,culminanten2020 et 2023 avec des records de température et des déficits pluviométriques généralisés Leclimatmarocainnesecontenteplusdevarier;ilbasculeversun régimepluschaud,plusarideetplusextrême De l’époque numide à aujourd’hui, une constante s’impose avec une force presque cruelle : au Maroc, le pouvoir a toujours été jugé à sa capacité à protégerlasociétélorsquelecielsedérobe,lorsquelaterretremble,lorsqueles fléauxs’abattent.Lesroyaumessesontélevésdansl’abondancerelativeetont vacillédanslapénurie.Leclimataprécédélesdynasties,lesamisesàl’épreuve etleursurvivra.

L’oublier, c’est ignorer la leçon la plus ancienne et la plus sévère de notre histoire.

FATIMA BENSLIMANE HASSAR OU

LA RÉFÉRENCE

Ilestdesfemmes,queleMarocaconnues-dansson histoireancienneetrécente-quiontforgéetforcéle destin.FatimaBenslimaneHassar,quivientdenous quitteràl’âgemerveilleuxde97ans,estparmicelles –ci.

Trèsjeune,elles’investitdanslachosepublique,alors que le Maroc subit, depuis le 30 mars 1912, une spoliation totale de sa liberté Au milieu de cette occupation en bonne et due forme, Fatima s’investit dansuntravaildefondetdelonguehaleine,entamé auparavant par d’autres pionnières – dont Malika el Fassi, seule femme signataire du manifeste du 11 janvier1944-,parlequellepartidel’Istiqlalrevendique l’indépendanceduMaroc

Celaconsistaitàtisserlatramedeladivulgationdela prisedeconscience,envued’initieràtous:quelepays a subi la défaite militaire, et pis encore, la défaite morale de se voir occupé et se devant d’être libre, donc debout Une des taches essentielles parmi les prioritaires,étaitalorsdepousseràs’embarquerdans l’enseignement,lepartiayantfaitpropagerlesécoles à grande échelle, malgré les réticences de la résidence générale française, qui clamait haut et fort quelenombred’écoleétaitsuffisant.Pourcela,Fatima avec d’autres, s’investit, dans l’émancipation des femmes (lutte contre l’analphabétisme), et principalement dans cette mission pour persuader et faciliter d’intégrer l’école, pour les jeunes filles également, point d’orgue de l’organisation du Maroc postindépendance

En1956,lepèredelanationMohamedV,reçoit,parmi les nombreux corps constitués, Fatima avec Najat Mrabet,LatifaBenabderazik,CherifaAlaoui,etluipose sur la tête le chapeau de la famille et des affaires sociales.

Fortedecetattribut,qu’elledécriracommeunelourde responsabilité, plus rien n’arrêtera sa flamme pour venirenaideàl’enfanceetàlafamille

Elleasuetpucréerdespasserellesetsynergiesentre les instances du Croissant rouge , de l’Entraide nationale , de la Ligue pour la protection de l’enfance et de la prévention sanitaire , de l’Union des femmes duMaroc,

Auseindel’associationMarocainedesoutienàlaluttePalestiniennecrééeen1968etaniméepar toutes les forces politiques, syndicales et les divers courants de pensée, Fatima y a joué un rôle médianpourdesactionsconcrètes,d’ailleurs,souventconstituantunsocleauniveaunationalet, également,relayéesàl’international

Duranttoutsonparcoursaupartidel’Istiqlal,elleétaitàl’avantgardedetouteslesresponsabilités assumées:cellule,conseilnational,comitécentraletcomitéexécutif

LallaFatimaresteraparminous Sonœuvredemeureraunexemplepourtouslesgénéreuxdecœur et épris de faire partager la prise de conscience, la vertu, l’esprit éclairé, la solidarité, lesquels dénommésserviteursdelacommunauté.Euégardàladéterminantepériodedel’occupationdu Maroc, reste à dire, corollairement, que : à circonstances exceptionnelles, femmes et hommes exceptionnels.Laflammeaudiapasondevantêtremaintenueviveetflamboyante.Aussitôt,après sonretour,MohamedVl’aclaméhautetfort:noussommespassésdelaluttemineureàlalutte firmamente

SAHARA MAROCAIN : LE SOUTIEN EUROPÉEN

AU PLAN D’AUTONOMIE CONSACRE LE TOURNANT DU RÉALISME POLITIQUE, SELON BRAHIM OULED ERRACHID

L’Union européenne a officiellement acté une évolution majeure de sa position concernant le dossierduSaharamarocain,enconsidérantleplan d’autonomie proposé par le Royaume comme la base la plus réaliste pour parvenir à un règlement définitifdudifférendrégional.

Réunis à Bruxelles à l’occasion de la 15ᵉ session du Conseil d’association Maroc-UE, les représentants des deux parties ont adopté un communiqué conjoint marquant une nouvelle étape dans l’approcheeuropéenne

Le document souligne qu’« une autonomie véritable pourrait représenter l’une des solutions les plus réalisables » , dans le cadre des efforts menés sous l’égidedesNationsUniespourparveniràunesolution politiquedurableetmutuellementacceptable.

Signé par le ministre marocain des Affaires étrangères,NasserBourita,etlaHautereprésentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, le texte appelle l’ensemble des parties à participerauxdiscussionssansconditionspréalables, ensefondantsurl’initiativemarocaine

Cette prise de position commune revêt une portée particulière Si plusieurs États membres avaient déjà exprimé individuellement leur soutien à l’initiative du Royaume, il s’agit de la première convergence formalisée à l’échelle des vingt-sept, traduisant un consensus croissant autour d’une approche pragmatiquedudossier.

L’Unioneuropéenneaégalementsaluéladisposition du Maroc à préciser les contours d’une autonomie danslecadredesasouveraineté,reconnaissantainsi lecaractèrestructurantdecetteinitiative,désormais perçuecommeuncadrecrédibledenégociation Ce positionnement s’inscrit dans une dynamique diplomatique plus large, portée par la stratégie internationale du Maroc qui place la question du Sahara marocain au cœur de ses priorités Il reflète aussi la volonté européenne de favoriser la stabilité régionaledansuncontextegéopolitiquemarquépar demultiplesdéfissécuritairesetéconomiques.

Par BrahimOuld Errachid

L’analyste souligne également que ce soutien européen s’inscrit dans une logique stratégique plus large Le Maroc s’est progressivement affirmé comme un acteur régional incontournable, partenaire fiable dans les domainesdelaluttecontreleterrorisme,delagestionmigratoire,delatransitionénergétiqueetdelastabilité duSahel.

Il insiste notamment sur l’importance de ce partenariat pour l’Europe, et en particulier pour l’Espagne, pour laquelleleMarocconstitueunalliéstratégique

Ladensitédelacoopérationbilatéraledansdessecteursclés sécurité,commerce,énergieouconnectivité illustre,selonlui,l’interdépendancecroissanteentrelesdeuxrivesdelaMéditerranée

Destransformationsvisiblessurleterrain

BrahimOuldErrachidmetparailleursenavantlesmutationsprofondesqu’ontconnueslesprovincesduSud, évoquantlesinvestissementsréalisésdanslesinfrastructures,lesénergiesrenouvelables,lesports,l’éducationet lesservicespublics

Ces avancées démontreraient, selon lui, qu’une solution fondée sur l’autonomie peut générer des bénéfices tangiblespourlespopulationslocalestoutencontribuantàlaconsolidationdelapaix.

Pour l’observateur sahraoui, le virage européen traduit aussi une prise de conscience : les approches maximalistesn’ontpaspermisdedégageruneissueviableaprèsdesdécenniesdeblocage

La communauté internationale tendrait désormais à converger vers une solution réaliste, crédible et durable, capabledelibérerlepotentieléconomiqueduMaghreb

Unsignalgéopolitiquefort

D’unpointdevuegéopolitique,lapositioncommunedesvingt-septrenforcel’axeRabat-Bruxellesàunmoment oùl’Europechercheàconsolidersespartenariatsdanssonvoisinageméridional

Elle envoie également un message clair en faveur du développement, de la coopération et de la stabilité régionale.

Endéfinitive,lesoutienconjointdel’Unioneuropéenneaupland’autonomiemarocainapparaîtcommeunjalon diplomatiquemajeur

Plusqu’unsimplepositionnementpolitique,ilillustreuneorientationstratégiqueversleréalismeetlarecherche desolutionsdurables,confirmantlerôlecentralduMarocdansleséquilibresrégionauxetdanslaconstruction d’unavenirpartagéentrel’Europeetl’Afrique

PENSER POLITIQUEMENT LE MAROC : POUR

UNE MODERNITÉ MAROCAINE SYSTÉMIQUE

Dans cette chronique dense, Adnan Debbarh proposeundéplacementsalutaireduregardsur le Maroc contemporain. Loin du commentaire à chaud, des chiffres isolés ou des indignations éphémères,ilappelleà«penserpolitiquement» le pays, c’est-à-dire à interroger les fondations silencieusesquistructurentl’État,lasociétéetle rapportaufutur.

Une invitation à sortir de la dispersion pour redonner sens, cohérence et courage au projet collectif.

Chroniqued’étape(1)

1.Pourquoiilfautdésormais“penserpolitiquement” leMarocetpourquoicelan’allaitpasdesoi?

Ledébatpublicmarocainvitsousunrégimedela dispersion

Il est saturé de diagnostics techniques, de chiffres brandiscommedesarmes,d’indignationsmorales éphémères

On discute la réforme de l’école, la courbe du chômage, le dernier scandale, rarement l’architecture silencieuse qui donne, ou ne donne pas,sensàcesfragments.

L’État,lasociété,l’histoire,laprojectionversl’avenir sonttraitésenvasesclos,commesilalogiquedu pouvoir, la perception de la justice, le poids des mémoires et l’efficacité administrative n’avaient aucunlienentreeux

Prenons la régionalisation avancée Sur le papier, une révolution administrative Dans les faits, une source de tensions et d’inerties Pourquoi ? Parce qu’ellefutpenséeetprésentéecommeuntransfert de compétences, jamais comme un changement degrammairepolitique

On a déplacé des lignes sur un organigramme, sans refonder le pacte entre le centre et ses périphéries, entre l’État et ses citoyens. Sans cette refondation,lameilleuredesréformesseheurteau murdeladéfiance

Le résultat est là, tangible : une accumulation d’actions sans cohérence lisible, un sentiment diffus que "quelque chose ne tient pas " Penser politiquement,cen’estpasfairedelapolitique

Par Adnan Debbarh

1. De la chronique à la méthode : l’émergence d’une approche systémique, sans manifeste, sans école proclamée

LeMarocn’estpasunetablerase.IlestunÉtatancienporteurd’unrécitnationalcomplexe,oùlesacré,lepolitique etlesocialsemêlent.

Pour sortir de la dispersion, une méthode s’est imposée. Elle repose sur un postulat simple : le Maroc ne se comprendqu’àtraverstroisstratesindissociables,quis’éclairentetseconditionnentmutuellement.

Lapremièreestlaconsciencehistoriqueetsymbolique

LeMarocn’estpasunetablerase IlestunÉtatancienporteurd’unrécitnationalcomplexe,oùlesacré,lepolitique etlesocialsemêlent Ignorercettestrate,c’estcondamnertouteréformeàlasuperficialité

Laquestionlinguistique,parexemple,n’estpasundébatpédagogique;c’estuneinterrogationsurcequesignifie "êtremarocain"auXXIesiècle

Lasecondeestcelledesfaillesinstitutionnellesetsociales.

Une gouvernance opaque, une fiscalité perçue comme injuste, une justice méfiante, des corps intermédiaires affaiblis:cesproblèmesnesontpasdesdétails Cesontlessymptômesd’undéficitdeconfiancequicorrodele liennational.

Réformer l’administration sans s’attaquer à ces failles, c’est repeindre la façade d’une maison aux fondations fissurées.

Latroisièmestrateestlaprojectionstratégiqueetpolitique.

Une modernité digne de ce nom ne se décrète pas ; elle se construit par la capacité à se fixer des objectifs communsetàyconsacrersesénergies Or,cetteprojectionfaitcruellementdéfaut

Nousnaviguonsàvue,ballotésentrel’héritageetl’urgence,sansboussoleclaire Cestroisstratesagissentsimultanément Onnepeutparlerdejusticesociale(strate2)sansinterrogerlerécitqui la fonde (strate 1), ni les institutions qui la portent (strate 3) Pour saisir cette interaction, il a fallu adopter une méthodeparticulière:l’archéologieduprésent

Ilnes’agitpasdenostalgie,maisdemiseànu.

Pourquoicetteapproche?ParcequeleMarocestunpaysoùlessédimentationsdutempsstructurentleprésent. Prenezlafiscalité.Laméfiancetenaceenversl’impôtnedatepasd’hier;elleplongesesracinesdansunehistoire oùleMakhzenfutsouventperçucommeunpreneur,noncommeunredistributeur.

Comprendre cette méfiance, ce n’est pas l’excuser ; c’est éclairer les conditions de son dépassement

Cette archéologie se tient à distance égale du culturalisme figé, qui fige l’identité ; de la technocratie hors-sol, qui croit aux modèles universels et de l’idéologie importée, qui plaque des grilles de lecture étrangères sur une réalité qu’elle refuse de voir

1 Les trois piliers normatifs d’une modernité marocaine systémique,nicopiée,nirefusée Decetteméthodeémergenttrois piliers normatifs. Ils ne sont pas des solutions, mais des critères pourévalueretorienterl’action.

L’équitécommeboussoledejustice

L’équité n’est pas un slogan social C’est le principe de légitimité d’un État moderne. Le problème marocain n’est pas le niveau de prélèvement,maissonarbitraireperçu.

Une fiscalité équitable est une fiscalité lisible, qui explique pourquoi elle prélève, comment elleredistribueetquidécide

Prenonslessubventions:leurréformeéchoue si elle est perçue comme un retrait de l’État pour les plus modestes, alors que les avantages opaques des plus aisés demeurent L’équité est ce qui transforme un État perçu comme bureaucratique en garant d’unpacte

La reconnaissance comme condition de cohésion.

Le génie historique du Maroc a été d’intégrer sans toujours reconnaître. Langues, régions, mémoires : tout coexiste, mais peu est pleinement nommé comme constitutive du " nous "national

Pourtant,commel’amontréCharlesTaylor,la reconnaissancen’estpasunefaveurfaiteaux minorités ; c’est le ciment d’une société apaisée La reconnaissance constitutionnelle de l’amazighité en 2011 fut un acte politique majeur

Son application laborieuse la réduit trop souventàunproblèmelogistique,vidantl’acte de son sens : affirmer une identité plurielle et assumée. Une modernité qui reconnaît ne divisepas;ellerendlacohabitationhabitable

Laparoleetlaprocédurecommesources delégitimité

Ledéficitmarocainn’estpasd’abordélectoral ;ilestdialogique Lesinstitutionsquidevraient médierlesconflitsetfaçonnerl’intérêtgénéral: partis,syndicats,médiassontaffaiblies

L’espace public est soit confisqué, soit folklorisé. Or, la légitimité, comme le rappelle Jürgen Habermas, naît aussi de la clarté des règlesetdelaqualitédel’échange. Les consultations publiques pour le nouveau modèle de développement en sont l’illustration:leurcrédibiliténetenaitpasàleur existence, mais à la transparence de leur processus et à leur impact visible sur les décisions

1.Cequecetteapprochen’estpas

Sans cela, elles ne sont pas des moments de délibération,maisdesexercicesdesollicitation sanssuite

Ilestcrucialdepréciserleslimites,pouréviterlesmalentendus

Cecin’estpasunprojetpartisan

Aucune idéologie clé en main : libéralisme, socialisme, islamisme,n’estdéfendueici.Lerefusestprécisémentceluides réponsestoutesfaites,quiméprisentlacomplexitéduréel.

Cette chronique ne dit pas «voici la solution». Elle dit : voici comment«penserleproblème».

Ceci n’est pas un rejet de l’État. L’État marocain n’est ni un ennemi à abattre, ni un fétiche à vénérer Il est un héritage historique,unearchitectureperfectible,unacteurcentralmais nonunique

Lecritiquer,c’estluiaccorderassezd’importancepourvouloirle perfectionner

Cecin’estpasunaboutissement Desanglesmortspersistent Le rôle des élites économiques, la temporalité concrète des réformes, l’énergie du politique organisé : autant de chantiers ouverts Cetteréflexionestunebase,nonunachèvement Elle appelleàêtrecomplétée,contestée,enrichie.

1.Pourquoicettechroniqueestuneétape,etpourquoielledevaitêtreécritemaintenant

Cettechroniqueestunjalon,pasunmanifeste Elleneclôtpasunchemin;ellelerendvisible

Le Maroc a plus besoin de repères que de dogmes. Elle nomme une trajectoire intellectuelle pour éviter qu’ellenesedissolvedansladispersiondesanalysesponctuelles.

La voix qui s’exprime ici, elle en est pleinement consciente, est encore minoritaire, mais elle devient identifiable.

Elle se distingue par son refus catégorique : refus du commentaire à chaud qui privilégie l’émotion à l’analyse ; refus du technicisme qui évacue la question du pouvoir ; refus du ressentiment qui stérilise la pensée Elletente,modestement,deréconcilierl’exigencedeluciditéetlaresponsabilitépolitique

Enconclusion,uneseuleidée:penserpolitiquementleMarocn’estplusunluxed’intellectuel C’estdevenula conditionpréalabledetoutemodernitéauthentique

Laquestiondécisiven’estplus:"Avons-nouslesmoyensdecettemodernité?"nouslesavons Laquestion estdésormais:"Avons-nouslecouragedelapenser,etdoncdelavouloir,jusqu’aubout?"

Cettechroniquen’est qu’une invitation. Sa valeur ne résidera pas dans son élégance, mais dans les débats qu’elle pourra susciter, les remises en cause qu’elle provoquera, les alternatives qu’elleferaémerger. Àvous,gardiensdes secrets et des nondits, à vous qui connaissez les failles etpréférezlesilence, maintenant, d’en faireunoutiloudela laisser rejoindre le cimetièredesbonnes intentions.

JOSEPH ET SES

FRÈRES… DU PUITS À LA CONSTRUCTION ET À LA CONTINUITÉ

Les grands récits ne vieillissent pas... Ils changent simplementdedécor...L’histoiredeJosephetdeses frères, souvent lue comme une parabole morale ou spirituelle, peut aussi être comprise comme une lecture politique de la réussite lorsqu’elle devient visible, durable et difficilement contestable… Joseph n’est pas rejeté pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il révèle… la possibilité d’avancer sans attendre l’effondrementdel’autre…

Dans les relations contemporaines entre États, ce mécanisme reste intact La réussite d’un acteur régional ne produit pas toujours l’émulation espérée Ellepeut,aucontraire,engendrerunecrispation,unrécit hostile, voire une attente fébrile de la chute. La comparaisondevientalorsunproblèmepolitiqueàpart entière…

Joseph,oulapatiencecommeméthode

Joseph ne proclame pas sa singularité Il ne revendique ni exception ni miracle Il avance Il construit Il organise Sa tunique, interprétée par les autrescommeunprivilège,estd’abordleproduitvisible d’un ordre interne maîtrisé, d’un rapport discipliné au tempslong

Ce qui dérange ses frères n’est pas l’arrogance « Josephn’enfaitpaspreuve»maislaconstance Dans toute dynamique régionale, la constance est plus déstabilisante que la rupture... Elle impose une comparaisondurable,sansexutoireimmédiat…

Faceàcela,lesoupçondevientunrefuge Lesrécitsde favoritisme, de manœuvres cachées ou de complots permettent d’éviter une question plus coûteuse pourquoiluiavance-t-ilquandnousstagnons?

Dupuitsaustade:lavisibilitécommeépreuve LaCAN2025,organiséeparleMaroc,s’inscritdanscette trajectoire Elle ne relève pas de l’événementiel spectaculaire, mais de la démonstration méthodique Infrastructures fonctionnelles, logistique maîtrisée, sécurité assurée, temporalité respectée… rien d’exceptionnel en apparence, si ce n’est la répétition d’unenormalitéefficace…

Par Mohammed YassirMouline

Lacontinuitécontrel’instant

Joseph ne répond pas au ressentiment… Il n’en fait pasunrécitpolitique...Ilnetransformenilachuteen complexe,nil’hostilitéenidentité…Ilpoursuit…C’estlà que se joue l’essentiel... Au-delà de l’épisode sportif, l’enjeu réside dans la capacité à se projeter, à se dégagerdubruitpériphériquepourcontinueràbâtir

Plus les contestations se font bruyantes, plus elles confirment, paradoxalement, la solidité du chemin emprunté

Autour de Joseph, les alliances s’élargissent Les cercles de paix se consolident Les routes diplomatiquess’étendentversdespartenairesquine s’intéressentniauxclameursniauxpolémiques,mais à la fiabilité, à la stabilité et à la continuité… Joseph n’est plus seulement celui qui organise… Il devient celuiavecquil’oncompte…

Laconstructioncommeréponse

La Coupe s’achève, comme s’achèvent toujours les saisonsvisibles Lestadesevide Lesrécitss’épuisent Mais Joseph sait que l’essentiel commence après le derniercoupdesifflet Lepuitsappartientaupassé Le stade appartient à l’instant L’avenir, lui, se construit ailleurs Josephneproclamepaslavictoire Ilprépare lasuite

Et pendant que certains restent au bord du récit, occupésàguetterlachutequ’ilsespéraient,Joseph,lui, nerépondpas…Ilorganise…Etpendantquelesregards restent fixés sur le faux pas, il prépare déjà la saison suivante Joseph avance, convaincu d’une chose simple la continuité n’est pas une posture défensive, mais une stratégie C’est elle, finalement, qui fait l’Histoire WaSalamALaYoussef,WaSalamAleykoum waRahmatouAllah

SANS LES EAUX MAROCAINES, QUEL

AVENIR POUR GHAR DJEBILET À BÉCHAR ?

Ressources hydriques Maroc-Algérie : comment l'oued Guir décide de l'avenir de GharJbilet

Depuis début février, Alger célèbre l'inauguration d'une ligne ferroviaire reliant la mine de Gara Djebilet à Béchar Un projet présenté comme stratégique Mais derrière l'effervescence médiatique, une réalité incontournable reste en suspens : sans eau, comment exploiter l'un des plus grands gisements de fer au monde ? Et surtout, d'où viendra cette eau dans une région désertique oùleMaroccontrôledésormaislessources?

Coopération minière Maghreb brisée : pourquoi l'accord 1972 reste incontournable pourGharJbilet

Retour en juin 1972 Feu SM Hassan II et Houari Boumédiène scellent à Rabat un accord de coopérationsurGharJbilet Pasunsimpletraité de façade Un engagement technique et stratégique Les deux pays reconnaissent une évidence : l'exploitation de ce gisement gigantesque – 3,5 milliards de tonnes de réserves selon les estimations – ne peut se concevoirunilatéralement.Tropdecontraintes. Trop de besoins en infrastructures. Trop d'obstaclesnaturels.

Cinquante-quatre ans plus tard, Alger relance seule l'exploitation Sans concertation Sans référence au traité de 1972 Rabat observe Silencieux en apparence Redoutablement stratégiqueencoulisses

Mais comment comprendre cette décision algérienne sans interroger les défis colossaux qui se dressent devant le projet ? Car au-delà du minerai – réel, massif, indéniable – se pose une question technique élémentaire que peu osent formuler publiquement : où trouver l'eau nécessaire pour transformer ce fer en richesse exploitable?

drastiquement diminué Selon plusieurs sources algériennes, le barrage de Djorf Torba affiche des niveaux préoccupants depuis plusieursmois.

Lagéographienementjamais:qui contrôlelasource?

Voilà le cœur du problème. L'eau qui alimente Béchar – et qui devrait théoriquement permettre l'exploitationdeGharJbilet–provient majoritairement de bassins hydriquessituésenamont AuMaroc

Les pluies tombent sur le Haut Atlas oriental Les rivières se forment dans lesmontagnesmarocaines Avantde traverserlafrontière

En construisant le barrage de Kaddoussa puis en priorisant ses propres besoins agricoles et urbains, Rabatexerceuncontrôledefactosur les flux hydriques transfrontaliers Juridiquement,riend'illégal LeMaroc exploite ses ressources souveraines

Aucune convention internationale n 'oblige un pays à garantir un débit minimalverssesvoisinslorsqu'ils'agit d'eauxinternes

Politiquement, c 'est autre chose. En rompant l'accord de 1972 sur Ghar Jbilet, l'Algérie a peut-être sousestimé la capacité de riposte marocaine. Une riposte sans escalade militaire. Sans déclarations enflammées. Juste une gestion souveraine de ses barrages. Froid. Rationnel.Imparable.

Résultat : Béchar manque d'eau Les projets agricoles périclitent Les habitants s'inquiètent Et le complexe sidérurgique prévu pour traiter le minerai de Ghar Jbilet se retrouve face à une équation insoluble : comment faire tourner des usines sansvolumesd'eausuffisants?

g g

Et puis, cette phrase qui tue toute polémique : « Vous avez rompu l'accord de 1972 Pourquoi devrions-nous garantir des ressources pour un projet lancé unilatéralement contre nos intérêts communs?»

Alors,quelavenirpourGharJbilet?

Trois scénarios se dessinent Le premier : l'Algérie parvientàmobiliserdesinvestissementscolossaux pourcontournerleproblèmedel'eau(dessalement massif, transport depuis la côte) Coût prohibitif Délaisincertains Rentabilitécompromise

Deuxième option : Alger rouvre les négociations avec Rabat Retour à l'esprit de 1972 Coopération régionale mutuellement bénéfique Exploitation conjointe ou du moins coordination hydrique et logistique Politiquement délicat dans le contexte actueldetensionsbilatérales

Troisième hypothèse : le projet reste en semisommeil.Uneligneferroviaireinauguréeengrande pompe mais sous-utilisée. Des infrastructures surdimensionnées. Un gisement qui demeure théoriquefautedeconditionséconomiquesviables.

Certains observateurs parlent déjà d'un « projet Potemkine » – une façade impressionnante destinéeàrassurerl'opinionpubliquealgérienneet àprojeteruneimagedepuissancerégionale,mais qui masque des réalités techniques et financières autrementpluscomplexes

Laleçongéopolitique:l'eau,nouvellearmeduXXIe siècle

Au-delàducasGharJbilet,cebrasdefermarocoalgérien illustre une tendance planétaire Dans les régions arides, l'eau devient le levier géopolitique majeur Plus efficace que les armes conventionnelles Plus discret que les sanctions économiques Plus durable que les pressions diplomatiques

LeMarocn'apas«utilisél'eaucommeunearme» ausensclassiqueduterme Ilasimplementrefusé de subventionner indirectement un projet minier lancé en violation d'accords signés C'est froid, calculé,implacable Duréalismegéopolitiquepur

DAVOS 2026 OU LA FIN DES ALLIANCES AUTOMATIQUES..

Le Forum économique mondial de Davos 2026 n’apassimplementétéunrendez-vousdeplus dansl’agendafeutrédesélitesglobales.Ilaagi commeunrévélateurbrutal:celuidelafind’un ordre international vieux de près de huit décennies.Pourlapremièrefoisdepuisl’aprèsSecondeGuerremondiale,lesystèmefondésur la primauté américaine et l’alignement automatique de ses alliés a été publiquement remis en cause, non pas par des puissances rivales, mais par ses propres partenaires historiques.

Par MohamedAitBellahcen

CARTE DU MAROC, ÉMOJI DU POLISARIO : QUAND LA SOUVERAINETÉ SE JOUE AUSSI SUR NOS CLAVIERS

IlsuffitdepublierunecarteduMarocsur les réseaux sociaux pour mesurer à quel point ce symbole est devenu, au fil des années, une ligne rouge absolue. Carte complète, provinces du Sud intégrées, sanstiretsnipointillés:pouruneimmense majoritédeMarocains,cevisueln’estpas un simple outil géographique. Il est une affirmation identitaire, une cause nationale en soi, presque un acte de foi civique.Àl’èrenumérique,cettecarteest scrutée, disséquée, validée ou rejetée en quelques secondes par des internautes devenus, volontairement ou non, des vigilesdelasouveraineté.

C’estlàqueledébatchangedenature Ilnes’agitplusd’émotionoudemilitantismenumériquespontané,maisd deprocédureetdecohérenceinstitutionnelle L’associationdel’émojiduPolisarioau«SaharaOccidental»neresp la réalité juridique internationale, ni le processus onusien en cours, ni l’esprit des dernières résolutions du Con sécurité,notammentlarésolution2797 Ellefige,danslemarbredunumérique,unelecturepolitiquedatéeetconte

LeMarocestdoncparfaitementfondéàcontestercetteanomalie D’autantplusquelecalendrierjoueensafa prochaineversionmajeure,Emoji180,estattenduepourseptembre2026 Lespropositionssontencoreendiscuss fenêtres de recours existent. Les précédents aussi. Des émojis ont déjà été modifiés ou retirés sous la p d’argumentsjuridiquessolidesetd’évolutionsgéopolitiquesreconnues

Cecombatn’estpasanecdotique Àl’heureoùladiplomatiesejoueautantsurlesécransquedansleschanc laisserperdurercetteduperienumériquerevientàaccepterunedissonancepermanenteentrelaréalitépolitiqu traduction digitale Après avoir réussi à bloquer l’octroi du nom de domaine « eh » au Polisario, le Maroc désormaisd’uneopportunitéclairepourcorrigercetteincohérencemondiale

Reste une question centrale : pourquoi cette bataille numérique n’a-t-elle pas encore mobilisé autant que cel carte?Peut-êtreparcequ’elleexigemoinsd’indignationspontanéeetplusdetravaildefond Moinsderéactions plusd’expertisejuridique,techniqueetdiplomatique.Moinsdesymbolesvisibles,plusdenormesinvisibles.

Lasouveraineté,aujourd’hui,nesedéfendplusuniquementsurlescartesmuralesoudanslesdiscoursofficiels joue aussi dans les lignes de code, les tables de standards et les choix apparemment neutres des cons technologiques Le Maroc l’a compris sur le terrain diplomatique Il lui reste à imposer cette lucidité sur le numérique

LacartecomplèteduRoyaumeresteraunsymbolesacré Maisl’émojiduPolisariorappelleunevéritéplusdérang àforcedenégligerlesbataillessilencieuses,onlaisseparfoiss’installerdesfictionsquifinissentparsenormaliser lemondenumérique,cequisenormalisefinitsouventparêtrecru

Labataillecontrecet"émoji"aurabienlieu

Ilappartientdésormaisànoustous,citoyensvigilants,experts,sociétécivileetsurtoutinstitutions,demenercette jusqu’aubout Nonpasdanslacolèreoul’agitation,maisavecméthode,droitetconstance Caràl’èredunum renonceràcorrigeruneanomaliesymbolique,c’estaccepterqu’unmensongetechniquedevienneunevéritéd’u danslescombatsdesouveraineté,lesdéfaiteslesplusdurablessontsouventcellesquel’onn’apasprisesausé temps

LE MAROC TIENT DEBOUT… LA SOUVERAINETÉ NE SE PROCLAME

PAS, ELLE S’EXERCE…

ET DANS LA TEMPÊTE, ELLE SE VOIT

Le Maroc tient debout… Inondations d’une ampleur inédite, évacuations massives, infrastructures sous pression… Le Maroc affronte une séquence climatique exceptionnelle...Loinduchaosannoncé,la crise révèle une société disciplinée et un État en intervention directe... Ni miracle ni récit héroïque, mais l’expression concrète d’unesouverainetéexercéedansl’urgence, et d’une construction politique patiente miseàl’épreuveduréel…

Par MohammedYassirMouline

sécurisation des zones à risque, refonte des dispositifs de prévention l’après-catastrophe constitue un test politique encore plus exigeant Un choix semble néanmoins affirmé, celuidel’assumption L’Étatnesedéfaussepassurlafatalité climatique… Il endosse la responsabilité, avec un sang-froid institutionnelquicontrasteaveclaviolencedelasituation

Quandl’exemplemarocaintraverselesfrontières Cette efficacité n’est pas passée inaperçue à l’échelle internationale La tempête « Leonardo » , qui a touché simultanément plusieurs pays de la façade atlantique, a donné lieu à un débat politique nourri au parlement portugais À São Bento, des députés de l’opposition et des représentants des régions sinistrées ont mis en cause la gestiongouvernementale,notammentenraisondesretards d’évacuation observés dans l’Alentejo et l’Algarve, où les inondationsontcauséplusieursperteshumaines Aucours des échanges, le Maroc a été explicitement cité comme point de comparaison… comment expliquer, ont interrogé certains parlementaires, qu’un État du sud de la Méditerranéeaitpuévacuerpréventivementplusde100000 personnes,alorsquelesautoritésportugaisesontrencontré desdifficultésàgérerunesituationd’ampleurpluslimitée?!!

WASHINGTON DURCIT LE TON EN AFRIQUE DU NORD

SIGNAUX FAIBLES, LIGNES ROUGES ET CALCULS STRATÉGIQUES.

L’auditiondu3février2026devantle sous-comité des Affaires étrangères du Sénat américain, consacrée à la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord, n’a donné lieu à aucune décisionformelle.Pasdevote,pasde sanctions, pas de désignation officielle.

Par AdnaneBenchakroun

CettepositionfaitéchoauprojetdeloiHR4119,introduitàla

Chambre en 2025 par le républicain Joe Wilson, avec un soutienbipartisancroissant

Là encore, rien n’est automatique. La désignation d’une organisation comme terroriste répond à des critères juridiques stricts et suppose un consensus institutionnel large.

Ilseraitdoncexcessifd’yvoirunedécisionimminente. Maisilseraittoutaussinaïfdeminimiserlaportéepolitique decespropos

AuxÉtats-Unis,leCongrèsjouesouventunrôledelaboratoire idéologique Les auditions servent à tester des narratifs, à installer des cadres d’analyse, à préparer l’opinion et l’administrationàdesinflexionsfutures.

Ce qui est dit aujourd’hui comme hypothèse peut devenir demain une option crédible Dans ce contexte, le Maroc apparaîtenfiligranecommelebénéficiaireindirectdecette recompositiondiscursive

Sans être au centre explicite de l’audition, Rabat est régulièrementcitécommepartenairefiable,stableetcentral danslalutteantiterroriste,notammentauSahel

Lesoutienaméricainaupland’autonomiepourleSaharaest renforcé, non par un nouveau geste formel, mais par l’accumulationdesignauxpolitiquesconvergents

RNI : LA FO LE DOUTE S

LeGEZauraitpudevenirunlieud’élaborationcollective,unpontentreleprivé,lepolitiqueetlasoc l’essentiel,undispositifdemobilisationponctuelle,sanstraductioninstitutionnelleforte

absorbéparl’événementielplutôtquecristallisédansunestructureautonome

Plus étonnant encore est l’absence d’un véritable think tank économique de référence, alors m conditionsétaientréunies Réseauxinternationaux,accèsauxdécideurs,moyensfinanciers,crédib des affaires : peu de responsables politiques marocains disposaient d’un capital aussi favorab aurait pu produire de l’expertise indépendante, nourrir le débat public, former des cadres, éc publiquesetinstallerleRNIcommeuneforceintellectuellestructurante.

Au lieu de cela, l’effort s’est concentré sur un service de relations publiques performant et communicationbienhuilée.Efficace,sansdoute.Maisinsuffisantepourprétendreàunetransform enprofondeur

nourrir le débat national Il aurait constitué un puissant levier d’influence intellectuelle et stratégique Là enco l’opportunitéexistait Ellen’apasétésaisie

Ces manques ne relèvent pas de l’anecdote Ils dessinent une tendance lourde : le choix d’une logique communicationcentraliséeplutôtqueceluidelaconstructioninstitutionnelle.Or,transformerunpartienformati managérialenesignifiepasappliquerdesméthodesdemanagementàlacommunicationpolitique Celaimpliq decréerdesécosystèmesautonomes,capablesdeproduiredesidées,descadres,descontre-pouvoirsinternes desinstitutionsquisurviventauxcyclesélectoraux.

Le paradoxe est donc saisissant Avec autant de moyens financiers, relationnels et symboliques, le RNI aurait devenirunvéritableécosystèmepolitique,économiqueetintellectuel,structurantledébatpublicbienau-delàd échéancesélectorales Ilauraitpulaisserunearchitecturedurable,transmissible,évolutive

À la place, le parti apparaît surtout comme une machine électorale efficace, performante dans l’organisati d’événements, maîtrisant les codes de la communication moderne, mais pauvre en institutions autonomes et productionintellectuellestructurée.Ceconstatn’estniunprocèsd’intention,niunenégationdesréussitesélectoral C’estuneinterrogationsurlaprofondeurréelleduprojet

ON A PERDU LE MATCH DES

MÉDIAS ...

ParHafidFassifihri

DE « JE PENSE

« JE SCROLLE, AUTOPSIE DOUC MENTALE

ParAdnaneBenchakroun

Lepassagede«jepense»à«jescrolle»n’estpasunechutemorale

disparu,elles’estdéplacéeversunenvironnementquilateste,lafragmente décidersinousvoulonsêtredesimplessurfacesderéaction…oudesespritsca

QUE GAGNE LE ADHÉSION AU

Il va sans dire que le président Trump, qui ambitionne toujours de se faire octroyer le prix Nobeldelapaix,chercheàtraversceConseilde la paix taillé à sa mesure à marquer la scène internationaledesonempreinte.

Celle d’un homme d’affaires qui sait pertinemment que plus un conflit traîne en longueur,plusilestcoûteuxettendàs’aggraver Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès,ditl’adage

Par AhmedNaji

Echiquiermondialenrecomposition

Ilestcertainqueseprofileainsiuneredistributiongéopolitiquedescartesàl’échellemondiale,unprocessusconfus maisnéanmoinsrapidedanslequelleMarocsedoitdesedonnerunebonne-main

A l’Ouest de la planète, les Etats-Unis tentent de se forger une sphère d’influence exclusive, sous le regard ravi des puissancesdel’Est LaRussien’enapasencorefinidedévorerdesterritoiresenUkraine,richesenressourcesnaturelles et de les digérer, alors que la Chine porte un regard gourmand sur Taïwan et sa florissante industrie des microprocesseurs

AuNordduMaroc,unevielleEurope,démographiquementetéconomiquementendéclin,quipleuresagloireperdue et,auSud,uncontinentafricainenpleinessordémographiqueetéconomique,quiregorged’opportunités

Al’Est,rienàsignaler,sicenesontlesperpétuellesinimitiésetconflits.Al’Ouest,legrandlargeatlantiquequimènevers lesrivesdesAmériques,unhémisphèreoccidentalenpleinerecompositiongéopolitique

SMLeRoiMohammedVIn’hésitepasunseulinstantpourpositionnerleMarocàchaquefoisaumieuxsurl’échiquier duGrandJeuàl’échelleplanétaire.

L’ÉCONOMI

LA CROISSA

INDICATEU

Ce biais produit une erreur de diagnostic : on sous-estime la contribution réelle des jeunes à l’économ surestimeleurcoûtapparent

Cetteéconomiedelajeunesseaunrôlecentralmaisinvisiblecarellereflètel’investissementintergéné oublié

Dans de nombreux pays, la jeunesse tient économiquement grâce à un acteur que l’analyse macroéco traitecommemarginal:lafamille

Logement gratuit ou subventionné, alimentation, frais de transport, abonnements numériques, parfois formation Cesdépensesreprésententuntransfertmassifderevenusversl’économieréelle

Cen’estpasdelacharité C’estunchoixrationneldesménages:investiraujourd’huipoursécuriserdemain cesfluxnesontnicomptabiliséscommeinvestissement,nireconnuscommestabilisateursmacroéconomiq

Enréalité,lafamillejouelerôled’unÉtat-providenceinformel,souventplusréactifquelespolitiquespubliqu totalementinvisibledanslesindicateurs

Maisilfautl’affirmeravecbeaucoupd’insistance:Lesjeunessontleséclaireursdelaconsommation fameuxmoteurdelacroissance

Lesjeunesconsommentdifféremment,nonparidéologie,maisparcontrainte Etc’estprécisémentcequi comportementéconomiquementintéressant

Ilsprivilégientl’usageàlapropriété,l’abonnementàl’achat,lamutualisationàl’accumulation

Colocation flexible,plateformes,secondemain,micro-expériences

Enréalité,cetteéconomiefonctionnecomme un capital-risque diffus, porté par des individusplutôtquepardesfonds.

Chaqueprojetestuneoptionsurl’avenir:ilpeut échouer, se transformer, ou parfois réussir de manière disproportionnée Ce qui compte, ce n’est pas le taux d’échec, mais le processus d’explorationqu’ilpermet

Or, cette exploration est extraordinairement précieusepourl’économienationale Lesjeunes entrepreneurstestentdesusages,desmodèles économiques, des besoins que les acteurs installés ne perçoivent pas encore ou n’osent pas investir. Ils opèrent à faible coût, avec une grande agilité, souvent dans des niches invisiblesauxgrandesentreprises

Même lorsqu’un projet échoue, la valeur n’est pas détruite Elle se transforme Compétences, réseaux,compréhensiondumarché,capacitéà gérer l’incertitude : tout cela alimente le tissu économiqueultérieur L’échecindividueldevient un apprentissage collectif, à condition que le systèmenelesanctionnepasdurablement

Le problème survient lorsque l’environnement institutionnel confond prise de risque et déviance. Lourdeurs administratives, stigmatisation de l’échec, précarité juridique : autant de freins qui transforment l’initiative en pari dangereux plutôt qu’en moteur d’innovation

Reconnaître les primo-entrepreneurs comme un capital-risque humain implique un changement de regard. Il ne s’agit pas de subventionner tous les projets, mais de réduire lecoûtdel’essaietdesécuriserlestrajectoires post-échec.

Un pays qui protège ses jeunes entrepreneurs ne garantit pas leur succès. Il garantit autre chosedeplusprécieux:lacapacitécollectiveà tenter, condition indispensable de toute croissancefuture

Une économie ne commence pas le jour où unindividusignesonpremiercontratàdurée indéterminée.Ellecommencebienavant.Elle commence quand une société décide ce qu’ellefaitdesajeunesse

Aujourd’hui, nous persistons à analyser la croissance comme si elle surgissait toute faite,commesilescompétences,l’innovation, l’esprit d’entreprise apparaissaient spontanément à l’âge adulte Cette illusion nous coûte cher Parce qu’en ignorant la phase de construction, nous fragilisons tout cequivientaprès.

L’économie de la jeunesse n’est pas un supplément d’âme. Ce n’est pas un sujet social que l’on traite à part, à la marge des politiques économiques sérieuses C’est une infrastructure invisible. Une infrastructure humaine, cognitive, culturelle, sur laquelle reposent tous les autres moteurs de croissance dont nous parlons avec sérieux : l’industrie,lasanté,latechnologie,latransition énergétique, l’économie bleue ou la silver economy

Quandunpaysnégligecetteinfrastructure,il ne fait pas des économies Il accumule des dettes différées Dettes de compétences, dettes de confiance, dettes de productivité. Ces dettes n’apparaissent pas dans les budgetsannuels Ellesapparaissentplustard, sous forme de chômage structurel, de décrochagesocial,defuitedestalentsoude colèresilencieuse.

À l’inverse, un pays qui investit tôt, intelligemment, patiemment dans sa jeunesse construit une croissance plus robuste, plus adaptable, plus résiliente Il accepte que tout ne soit pas rentable immédiatement Il accepte que certaines trajectoiressoientsinueuses.Maisilsaitquele rendementestlà,àmoyenetlongterme

Adnane Benchakroun

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