L’adoption par le Conseil de gouvernement de deux nouveaux décrets relatifs aux terres des collectivités soulaliyates marque, sur le papier, une avancée significative dans l’un des dossiers fonciers les plus complexes du Maroc contemporain. Complexe par son histoire, explosif par ses usages, stratégique par son poidsterritorial:quinzemillions d’hectares, soit plus de quarante pour cent du foncier national, concentrés majoritairement dans les zones ruralesetpériurbaines,làoùse joue une grande partie de l’avenir du développement territorial.
Melkisation, pouvoir tribal et régions oubliées : la réforme à l’épreuveduréel
L’intention affichée est claire : accélérer la melkisation, alléger les procédures, sécuriser juridiquement les ayants droit et transformer ce capital foncier longtemps figé en véritable levieréconomique.
L’exonération des frais de conservation foncière pour les terres bour promises à la melkisation est, à ce titre, une mesure pragmatique Elle lève unobstaclefinancierréelpourdespopulationsruralessouventéloignéesde l’administration,dudroitetducrédit.
Mais la réforme soulaliyate ne se résume pas à une question de décrets, aussibienrédigéssoient-ils Elletoucheaucœurdupouvoirterritorial,làoù secroisentdroitmoderne,tutelleadministrative,autoritéslocales etrègles coutumières profondément enracinées Car sur le terrain, la loi de 2019 et ses textes d’application se heurtent encore à une réalité têtue : le poids de l’ʿorf, la domination masculine dans la gestion des terres, les résistances tribales, et parfois une administration locale hésitante, prudente, voire paralyséeparlacrainteduconflitsocial
Laloiavance,leterrainrésiste..
Lecasdesfemmessoulaliyatesillustrecettefractureentreledroitetleréel. Sileprinciped’égalitéestdésormaisinscritdanslaloi,sonapplicationreste inégale selon les régions, les provinces, voire les douars. Dans certaines zones,lesdécisionssontexécutées.Dansd’autres,
elles s’enlisent dans les lenteurs administratives, les renvois de responsabilité ou l’inaction pure et simple Laréformeavancedoncà géométrie variable, révélant des Maroc territoriaux très différents faceàunmêmetexte Or, la question des terres soulaliyates dépasse largementleseulenjeude justicefoncière.Elleestau cœurdelarégionalisation avancée, de la souveraineté alimentaire, de la structuration des filières agricoles, du développement de l’agriculture moderne, de l’implantation des énergies renouvelables et même de l’urbanisation future.
Les nouveaux décrets renforcent certes le cadre de gouvernance et élargissent la melkisation aux terres bour Maisunequestiondemeure:quiaccompagneréellementlesayantsdroitaprèslamelkisation?Sansingénierie foncière, sans accompagnement agricole, sans accès au financement, sans structuration collective, la transformation du statut juridique risque de déboucher sur une fragmentation improductive… ou, pire, sur une reventerapidedesterresàdesacteurspluspuissants.
Ledéfiestdoncmoinsjuridiquequeterritorial Ilappelleuneapprocheintégrée:coordinationentreministères, régions,agencesfoncières,collectivitésterritorialesetsociétécivile IlexigesurtoutunÉtatcapabled’assumer son rôle d’arbitre et de garant de l’équité territoriale, face aux résistances locales comme face aux appétits spéculatifs
Laréformedesterressoulaliyatesestunepromesse.Ellepeutêtreunformidable outildejusticesocialeetdedéveloppementrural.MaissansunÉtatterritorialfort, présent, cohérent et courageux, elle risque de rester une réforme de textes, loin deschamps,loindesfemmesconcernées,loindesjeunesrurauxàquil’onpromet pourtantl’avenir.
par:MohamedAitBellahcen
La promesse d’un monde sans frontières, fluide, pacifié par le commerce et la technologie, n’a pas disparu par accident. Elle a été abandonnée par ceux-là mêmes qui l’avaient formulée. Les puissances ont repris goût au territoire, à la souveraineté, au rapport de force. Les frontières se ferment, lesmerssemilitarisent, les données deviennent des armes, l’espace se privatise, Internet se fragmente.
Dans ce monde qui se referme, le Maroc n’est ni un spectateur innocent ni une grande puissance cachée. Il est unÉtatpivot,àlacroisée de plusieurs lignes de tension : Afrique–Europe, Atlantique–Méditerranée, Sud global–Occident, sécurité–développement
Lire la géopolitique depuis Washington, Pékin ou Moscou est devenu un réflexe paresseux. La lire depuis le Maroc est désormais une nécessité stratégique
Car ce qui se joue ailleurs finit toujours par se traduire ici : flux migratoires, tensions énergétiques, dépendances numériques, pressions diplomatiques, recompositiondesalliances
Cenumérod’IDébatnechercheniàeffrayerniàrassurer.Ilchercheàoutillerle discernement. À montrer que le monde n’est pas devenu incompréhensible, maisqu’ilexigedesgrillesdelecturerenouvelées.EtqueleMaroc,s’ilveutrester acteur,devrapensersasouveraineténoncommeunslogan,maiscommeune architecture:territoriale,maritime,numérique,démographiqueetculturelle
La Stratégie de sécurité nationale américaine 2025, document cardinal qui inspire l’ensemble des articles qui suivent, agit comme une fenêtre ouverte sur lavisiondumondequeWashingtonentendimposer.
LE MONDE SE REFERME : COMPRENDRE POUR NE PAS SUBIR
Il y a des moments où le monde ne change pas brutalement, mais se resserre. Les lignes de fracture deviennentplusvisibles,lesmargesd’erreurseréduisent,lesillusionstombentlesunesaprèslesautres. Nous vivons l’un de ces moments. En 2026, le désordre international n’est ni un accident ni une parenthèse.Ilestleproduitd’unerecompositionprofondedesrapportsdeforce,longtempsmasquéepar lerécitconfortabled’unemondialisationheureuseetirréversible.
Ce récit a dominé les esprits pendant près de trois décennies. Il promettait un monde fluide, ouvert, pacifié par le commerce, la technologie et l’interdépendance Lesfrontièresdevaients’effacer,les souverainetéssedissoudre,lesconflitssemarginaliser La réalité a tranché autrement Les crises successives – financières, sanitaires, géopolitiques, énergétiques, numériques – ont agi comme des révélateurs Le mondenes’estpasdémondialiséparidéologie Ils’est repolitiséparnécessité
Ce dossier d’IDébat part d’un constat simple : le mondesereferme,nonpassurlui-même,maissurses intérêts, ses territoires, ses lignes rouges. Les États reviennent au centre du jeu. Les puissances réaffirment leurs zones d’influence Les flux se sécurisent, se sélectionnent, se conditionnent Les espaces que l’on croyait neutres – mers, espace, cyberespace – deviennent des champs de bataille discrets Cemouvementn’estpasuniforme,maisilest global
Face à cette recomposition, deux attitudes sont possibles La première consiste à céder au fatalisme ouàlanostalgie:regretterunmondequin’existeplus, dénoncer un repli généralisé, multiplier les discours alarmistes. La seconde, que ce dossier assume pleinement, consiste à comprendre pour agir, à analyser sans naïveté, à penser sans se raconter d’histoires
LirelemondedepuisleMaroc Pourquoi lire le monde depuis le Maroc ? Parce que le Maroc n’est ni un observateur lointain ni un acteur surdimensionné Il est un État pivot, situé à l’intersection de plusieurs dynamiques majeures : Europe et Afrique, Atlantique et Méditerranée, Nord vieillissant et Sud jeune, mondialisation et souveraineté retrouvée. Ce positionnement expose le Royaume aux chocs, mais lui offre aussi des marges demanœuvrerares.
Lire le monde depuis Rabat, Casablanca, Tanger ou Dakhla, ce n’est pas plaquer un regard national sur des enjeux globaux C’est reconnaître que toute géopolitique est située, qu’elle prend sens à partir d’un territoire, d’une histoire et d’intérêtsconcrets LeMarocestdirectementconcernéparle retour des frontières, la recomposition des alliances, la militarisationdesmers,lafragmentationducyberespace,les transitions démographiques et la reconfiguration de l’économiemondiale
Ce dossier n’a pas pour ambition de dire au Maroc ce qu’il doitfaire.Ilchercheàoutillerlaréflexioncollective,àproposer des grilles de lecture solides, à éclairer les choix sans les simplifier. Il s’adresse à celles et ceux qui refusent de subir le monde tel qu’il se transforme, mais aussi à ceux qui savent quel’actionsanscompréhensionconduitsouventàl’erreur
Unmonderedevenuterritorial
Lefilconducteurdecedossierestclair:leretourduterritoire Non pas le territoire figé des cartes anciennes, mais un territoire élargi, complexe, multidimensionnel Le territoire aujourd’hui, c’est la terre, mais aussi la mer, l’espace, le cyberespace, les données, les flux C’est la capacité à contrôler,protéger,connecteretprojeter
Les articles qui suivent montrent comment les frontières, loin de disparaître, se déplacent et se multiplient Comment la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais à la capacité d’imposer des normes, de sécuriser des chaînes de valeur, de maîtriser des infrastructures critiques. Comment l’hégémonie américaine se transforme sans s’effondrer Comment la rivalité sino-américaine restructure silencieusement les économies intermédiaires. Comment les puissances dites « secondaires » deviennent des perturbateurs centraux
Ils explorent aussi des dimensions souventreléguéesausecondplan : le renseignement et la guerre invisible, la démographie comme variablestratégique,lesdiasporas comme puissances silencieuses, les océans et les câbles comme artères vitales, l’espace et le cyberespace comme nouvelles frontièresdelasouveraineté.
Nicatastrophisme,niillusion
Ce dossier refuse deux pièges symétriques Le premier est celui du catastrophisme, qui voit dans chaque crise l’annonce d’un effondrement général. Le second est celui de l’illusion, qui continue de croire que les règles d’hier s’appliqueront demain sans ajustement
Lemondede2026n’estnimeilleur ni pire que celui d’hier. Il est plus exigeant.Ilrécompenselalucidité, la cohérence et la capacité d’anticipation Il sanctionne l’improvisation, la dépendance subieetlesposturesidéologiques
PourleMaroc,cetteexigenceestà la fois un défi et une opportunité. LeRoyaumedisposed’atoutsréels : stabilité institutionnelle, position géographique stratégique, infrastructures modernes, diplomatie active, ancrage africain assumé. Mais ces atouts ne produiront des effets durables que s’ils s’inscrivent dans une visionclaire,articuléeetévolutive
Penserladurée
Enfin, ce dossier invite à renouer avec une pensée du temps long. Les transformationsàl’œuvrenesejouerontpasenunsommet,uneélectionou une crise médiatique Elles s’inscrivent dans des cycles profonds, parfois lents, souvent irréversibles La démographie, la technologie, les infrastructures,lesalliancesstructurentl’avenirbienavantqu’ilnedevienne visible
Comprendre le monde qui se referme, ce n’est pas céder au repli. C’est accepter que l’ouverture sans conditions n’existe plus, et que la souveraineté, loin d’être un slogan, est un travail permanent Ce dossier d’IDébat propose une chose simple et exigeante : penser le monde tel qu’il est,pouragirtelqu’ildevient
C’est à cette condition que le Maroc pourra continuer à avancer, non pas contrelemonde,maisaveclui,sanss’ydissoudre.
LE RETOUR BRUTAL DU TERRITOIRE
POURQUOI LA GÉOGRAPHIE N’A JAMAIS CESSÉ DE FAIRE LA LOI
Alors que la mondialisation promettait l’effacement des frontières, celles-ci reviennent au cœur du jeu international. Terres disputées, mers militarisées, données territorialisées : le monde de 2026 redécouvre que la puissance commence par la maîtrise de l’espace Pour le Maroc, État géographiquement décisif, cette mutation n’est pas théorique Elle engage sa souveraineté, sa projection régionale et sa capacité à transformer la géographie en levierstratégique.
Pendant deux décennies, le monde a cru pouvoir s’émanciper du sol Les frontières semblaient s’effacer sous l’effet conjugué de la mondialisation, d’Internet et des flux financiers Les cartes paraissaient obsolètes, remplacées par des réseaux, des plateformes et des chaînes de valeur éclatées. Cette vision adominélesdiscourspolitiques, économiques et même académiques. Elle était séduisante. Elle était surtout fausse
En 2026, le territoire est revenu au centre du jeu international, non pas comme un vestige du passé,maiscommelesocledur de toute puissance réelle Les guerres actuelles, les tensions maritimes, la course aux ressources, la militarisation des frontières et la bataille pour les donnéesmontrentuneévidence longtemps niée : il n’y a pas de souveraineté sans maîtrise de l’espace
Lafindel’illusionpost-frontières La mondialisation n’a pas aboli les frontières. Elle les a rendues momentanément invisibles. Les États ont laissé croire qu’ils pouvaient déléguer leur puissance au marché, leur sécurité aux alliances et leur avenir à la technologie La succession de crises – financière, sanitaire, énergétique, géopolitique – a brutalement rappelé que l’État demeure l’ultime garant, et que cetÉtatnepeutagirsansterritoire
Les murs reviennent, les contrôles se durcissent, les frontières maritimes se disputent, les zones économiques exclusives deviennent des lignes de front Mêmelecyberespace, longtemps présenté comme un espace sans géographie, se territorialise à grande vitesse : localisation des données, souveraineté numérique, infrastructures physiques protégées Le monde n’est pas devenu plus fermé par idéologie, il l’est devenu par nécessité stratégique.
Terres, mers et données : un territoireélargi
Le territoire du XXIᵉ siècle ne se limite plus à la surface terrestre Il englobe désormais la mer, le sous-sol, l’espace et les flux invisibles Lesocéanssontdevenus des zones de confrontation silencieuse, où transitent à la fois marchandises, hydrocarbures et 95 % des communications mondiales via les câbles sousmarins. Les fonds marins, les détroits et les ports sont des actifs géopolitiquesmajeurs
À cela s’ajoute un territoire nouveau, moinsvisiblemaistoutaussistratégique : le territoire numérique. Data centers, points d’atterrissement des câbles, satellites, constellations spatiales composent une géographie critique. La puissance n’est plus seulement celle qui contrôle un espace, mais celle qui empêchel’autred’yaccéder
Dans ce retour brutal du territoire, le Maroc occupe une position singulière Non pas celle d’une grande puissance, mais celle d’un État géographiquement décisif Carrefour entre l’Europe et l’Afrique, façade atlantique ouverte sur les routes mondiales, contrôle du détroit de Gibraltar par proximité stratégique, profondeursaharienneenrecomposition:leterritoiremarocainn’estpasneutre
LaquestionduSaharamarocain,souventréduiteàundossierdiplomatique,estenréalitéunequestion géopolitique complète Elle touche à la continuité territoriale, à l’accès à l’Atlantique, aux zones économiques exclusives, aux ressources, mais aussi à la projection africaine du Royaume La reconnaissance progressive de la marocanité du Sahara n’est pas un symbole ; elle est un acte de réinscriptiongéographiqueduMarocdanslejeumondial
Pour le Maroc, cela implique une responsabilité particulière : ne pas subir la géographie, mais l’habiter stratégiquement Investir,sécuriser,connecter,protéger Penserleterritoirenoncommeunhéritagefigé, maiscommeunlevierdynamique
Uneleçonpourlasuite
Le retour du territoire n’annonce pas la fin du monde ouvert Il annonce la fin du monde naïf La géopolitiquenes’estjamaisdissoute;elleattendaitsimplementquel’illusionsebrise
Dans un monde qui se referme, ceux qui comprennent leur géographie gagnent du temps Ceux qui la négligent perdent leur avenir. Le Maroc, par son histoire, sa position et ses choix récents, dispose des cartes. Encore faut-il accepter de les lire telles qu’elles sont, et non telles qu’on aurait aimé qu’elles soient.
LA PUISSANCE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT COMMENT SE REDÉFINIT LA HIÉRARCHIE MONDIALE EN 2026
La puissance ne se mesure plus uniquement aux armées ou aux ressources. Elle se joue désormais danslesnormes,lestechnologies,leschaînesdevaleuretl’anticipationstratégique.Dansunmonde plus fragmenté, les États intermédiaires doivent redéfinir leurs leviers d’influence. Où se situe réellementlapuissancemarocaineen2026?Entreatoutsréelsetvulnérabilitésstructurelles,l’enjeu n’estplusdedominer,maisdenepassubir.
Longtemps, la puissance s’est mesurée à l’aune de critères simples : armée, population, ressources, territoire Cette lecture classique a structurél’ordreinternationalpendantdessiècles
Puis elle a été progressivement remise en cause parlamondialisation,lafinance,latechnologieet l’interdépendance économique. On a alors cru que la puissance militaire devenait secondaire, que l’économie suffirait, que l’influence remplacerait la force Là encore, l’illusion n’a pas tenu
En 2026, la puissance n’a pas disparu Elle s’est complexifiée Elle ne s’exerce plus sur un seul registre, mais sur plusieurs scènes simultanées Elle ne s’impose plus uniquement par la contrainte, mais par la capacité à structurer les règles du jeu. La hiérarchie mondiale n’est donc pasabolie;elleestdevenueplusdifficileàlire.
Duhardpoweraupouvoircomposite
Lehardpower–lacapacitémilitairebrute–reste central Les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient ouenmerRougelerappellentsansambiguïté Les États capables de projeter une force crédible continuent d’imposer des lignes rouges Mais ce hardpower,seul,nesuffitplus
À côté de lui, le soft power – culture, image, valeurs, diplomatie – a longtemps été présenté comme l’arme des puissances modernes. Il demeure un levier essentiel, mais son efficacité est désormais conditionnée par la crédibilité stratégique de celui qui l’exerce. L’influence sans protectiondevientvulnérable.
Entre les deux s’est imposée une forme intermédiaire : le smart power, qui combine force, économie, normes, technologie et capacité d’anticipation C’est dans cet espace hybride que sejoueaujourd’huilavéritablecompétition
Normes, technologies et dépendances : la nouvelle grammaire
La puissance contemporaine s’exerce de plus en plus par la capacitéàimposerdesnormes Normesindustrielles,normes numériques, normes juridiques, normes environnementales. Celui qui fixe la règle façonne le marché, contraint ses partenairesetprotègesesintérêtssanstireruncoupdefeu.
La technologie est devenue un multiplicateur de puissance décisif Maîtrise des semi-conducteurs, des réseaux, des plateformes, de l’intelligence artificielle ou de l’espace : autant de champs où la domination crée des dépendances durables Les sanctions économiques, les restrictions technologiques et le contrôle des chaînes de valeur sont désormaisdesinstrumentsdecoercitionassumés
Danscepaysagerecomposé,leMarocn’estniunepuissancemajeureniunacteurmarginal Ilsesituedansune zone intermédiaire, souvent inconfortable mais potentiellement féconde. Sa puissance ne repose ni sur la force militaire brute ni sur une domination technologique globale, mais sur une capacité de positionnement stratégique
LeRoyaumedisposedeleviersréels:stabilitéinstitutionnelle,crédibilitédiplomatique,ancrageafricain,ouverture économique, infrastructures logistiques performantes Ces atouts lui confèrent une influence régionale certaine, notamment en Afrique de l’Ouest et au Maghreb élargi Mais cette influence reste fragile si elle n’est pas consolidéeparunevisionclairedelapuissance.
LerisquepourleMarocseraitdesurestimersonsoftpowerou,àl’inverse,desous-estimerlabrutalitédumonde qui se dessine La puissance ne se décrète pas ; elle se construit par la cohérence entre discours, capacités et choixstratégiques
Puissanceetautonomiestratégique
LanotionclépourlesÉtatsintermédiairesn’estplusladomination,maisl’autonomiestratégique.Êtrecapablede décider sans subir, d’arbitrer sans s’aligner mécaniquement, de coopérer sans dépendre totalement. Cette autonomien’estjamaistotale,maisellepeutêtrerenforcée
PourleMaroc,celapassepardeschoixclairs:diversificationdespartenariats,sécurisationdeschaînescritiques, investissement dans le capital humain, protection des infrastructures stratégiques, montée en compétence technologique. La puissance marocaine de demain ne sera ni spectaculaire ni tapageuse. Elle sera discrète, cumulativeetpragmatique.
Unepuissanceàredéfinir,pasàfantasmer
Le monde de 2026 ne récompense plus les puissances qui s’ignorent, ni celles qui se racontent des histoires Il favorisecellesquiacceptentlacomplexitéetconstruisentleurinfluenceparstratessuccessives
LE MONDE POST-HÉGÉMONIQUE AMÉRICAIN EXISTE-T-IL VRAIMENT ?
DÉCLIN RELATIF, RETRAIT STRATÉGIQUE OU DOMINATION SILENCIEUSE
Le déclin américain est devenu un lieu commun du débat international. Pourtant, derrière le récit de la multipolarité, l’influence des États-Unis demeure structurante. Militaire, financière, technologique et normative, elle façonne encore l’ordre mondial. Pour le Maroc, comprendre cette hégémonie transforméeestessentielafind’éviterl’alignementautomatique commeladéfiancestérile.
Depuis une quinzaine d’années, une idée s’est installée dans le débat international : l’Amérique serait en déclin. Trop endettée, trop polarisée politiquement, contestée militairement, concurrencée économiquement, dépassée technologiquement À écouter certains discours, l’ère de l’hégémonie américaine serait déjà derrière nous, remplacée par un monde multipolaire plus équilibré Cettelectureestséduisante Elleestsurtoutpartielle
En 2026, les États-Unis ne dominent plus seuls le monde comme danslesannées1990 Maisilsn’ontpascesséd’enêtrel’architecte central Le monde n’est pas post-américain Il est américanocontesté.
Lemythed’uneffondrementaméricain
L’idée du déclin américain repose souvent sur des indicateurs visibles : divisions internes, montée des populismes, fatigue stratégique après les guerres du Moyen-Orient, concurrence chinoise Ces éléments sont réels Mais ils masquent une autre réalité,plusstructurelle
Les États-Unis restent la première puissance militaire mondiale, avecunecapacitédeprojectioninégalée,unréseaudebasessur tous les continents et une supériorité technologique durable Ils demeurent le cœur du système financier international : le dollar restelamonnaiederéférence,lesmarchésaméricainsunrefuge, lessanctionsunoutilredoutable.
Surtout,l’Amériquecontinuededominerlàoùlapuissancesejoue désormais : les normes, les technologies, les plateformes et les récits Internet,l’économienumérique,lesstandardsindustriels,les chaînes de valeur stratégiques portent encore largement l’empreinteaméricaine
Unretraitapparent,uneinfluenceintacte Cequiachangé,cen’estpastantlapuissanceaméricainequesa manière de s’exercer L’époque des interventions massives et assumées a laissé place à une stratégie plus indirecte : alliances renforcées, délégation régionale, pression économique, encadrementnormatif.
Les États-Unis n’abandonnent pas les théâtres de crise ; ils y interviennent autrement Ils ne cherchent plus à tout contrôler, mais à structurer les équilibres Ce retrait apparent est souvent interprété comme une faiblesse Il est aussi le signe d’uneadaptation
Face à la Chine, à la Russie ou à l’Iran, Washington privilégie désormais l’encerclement stratégique, la compétition technologiqueetlaguerredesdépendances plutôt que l’affrontement frontal. Une domination plus silencieuse, mais toujours efficace
Le monde multipolaire : une réalité incomplète
Le discours sur la multipolarité est devenu omniprésent Il traduit une réalité : plusieurs pôles de puissance coexistent et s’affirment Mais cette multipolarité n’est ni symétrique nistabilisée.Touslespôlesnepèsentpasde la même manière, ni dans les mêmes domaines.
LaChineestunrivalsystémique,maisdépendante de marchés, de routes maritimes et de technologies qu’elle ne contrôle pas entièrement
La Russie est une puissance militaire redoutable, mais économiquement fragile. L’Europe est un géant économique, mais politiquement fragmenté
Dans ce paysage, les États-Unis restent le point d’équilibre négatif : aucun acteur ne peut structurer l’ordre mondial sans eux, ni totalement contreeux
QuellelecturepourleMaroc?
Pour le Maroc, la question américaine ne se pose pasentermesidéologiques,maisstratégiques Les États-Unis sont à la fois un partenaire clé, un garantsécuritaireindirectetunacteurinfluentsur les grandes décisions internationales. La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur leSaharaenestuneillustrationconcrète
Mais cette relation ne peut être pensée comme une dépendance exclusive Le Maroc évolue dans un monde plus fragmenté, où les marges de manœuvre existent, à condition d’être finement exploitées.
Comprendre que l’Amérique reste centrale sans être omnipotente permet d’éviter deux écueils : l’alignement automatiqueetladéfiancestérile
La diplomatie marocaine gagne à s’inscrire dans une logique de partenariat lucide : coopérer quand les intérêts convergent, diversifier quand les équilibres l’exigent, préserversonautonomiesansprovoquer.
Unehégémonietransformée,pasabolie
Le monde de 2026 n’est pas celui d’un empire américain triomphant, mais ce n’est pas non plus celui de son effacement L’hégémonie s’est transformée Elle est moins visible, plus diffuse, parfois contestée, mais toujours structurante.
Parler de monde post-hégémonique est donc prématuré Ce qui s’ouvre, c’est une phase d’ajustement prolongé, où l’Amérique demeure l’axe autour duquel s’organisent les rivalités,lesalliancesetlesrésistances
Pour les États intermédiaires comme le Maroc, la clé n’est pasdepariersurlachuted’unacteur,maisdecomprendre ladurée Danslagéopolitique,ceuxquiannoncenttropvite lafind’unempiresetrompentsouventdecalendrier
CHINE–ÉTATS-UNIS : RIVALITÉ GLOBALE,
EFFETS LOCAUX
COMMENT LA GUERRE DES GÉANTS REDESSINE LES ÉCONOMIES INTERMÉDIAIRES
La rivalité sino-américaine ne se limite plus aux droits de douane ou aux discours diplomatiques. Elle redessine en profondeur les chaînes de valeur, les investissements et les choix industriels. Pour les économies intermédiaires, cette confrontation crée autant d’opportunités que de risques. Le Maroc, espace d’arbitrage discret, doit apprendre à naviguer entre les blocs sans perdre sa marge de manœuvre.
La rivalité entre la Chine et les États-Unis est souvent décrite comme un affrontement abstrait entre deux superpuissances Guerre froide 20, choc des modèles, lutte pour la domination mondiale. Ces formules frappent l’imaginaire, mais elles masquent l’essentiel : ce conflit structure déjà, très concrètement, les choix économiques, industriels et diplomatiques des paysintermédiaires.
En 2026, il n’existe plus d’espace économique neutre La confrontation sino-américaine ne se joue pas seulement à Washington ou à Pékin Elle se joue dans les ports, les zones industrielles, les infrastructures, les chaînes de valeur et les arbitrages silencieux des États qui, comme le Maroc, ne peuvent ni s’aligner brutalement ni resterpassifs
D’une guerre commerciale à une guerre systémique
La rivalité sino-américaine a longtemps été présentée comme une simple guerre commerciale Droits de douane, excédents, déficits, accès aux marchés Cette phase est désormais dépassée Le conflit est devenu systémique
Il porte sur la maîtrise des technologies critiques, des semi-conducteurs à l’intelligence artificielle, des réseaux de télécommunications aux batteries électriques.Ils’étendauxnormesindustrielles,aux routes logistiques, aux investissements stratégiques et même aux récits économiques. Chaque camp cherche moins à gagner qu’à rendrel’autredépendantouvulnérable Cette logique a un effet direct : les chaînes de valeur mondiales se fragmentent Les entreprises cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, les États à réduire leurs dépendances, les blocs à seprotéger
Lespaysintermédiairesaucœurdujeu
Dans ce contexte, les pays intermédiaires deviennent des terrains d’arbitrage stratégique Ni simples exécutants, ni véritables arbitres, ils sont courtisés, observés, parfois instrumentalisés.
LeMarocfaitpartiedecespaysdontlapositiongéographique, la stabilité politique et l’ouverture économique en font un espaceattractif.Proximitédel’Europe,accèsàl’Afrique,façade atlantique, infrastructures portuaires et industrielles performantes : autant d’atouts dans un monde où la relocalisation partielle et le « friend-shoring » deviennent des priorités
LeMarocfaceauxinvestissementschinoisetoccidentaux La présence chinoise au Maroc, encore mesurée par rapport à d’autresrégions,s’inscritdansunestratégieglobaled’ancrage logistique et industriel. Infrastructures, énergie, industrie automobile, zones industrielles : Pékin avance prudemment, sansconfrontationfrontale
Les États-Unis et leurs alliés européens, de leur côté, encouragent des stratégies de diversification qui visent à réduire la dépendance à l’Asie Le Maroc apparaît alors comme une plateforme crédible pour certaines relocalisations industrielles, notamment dans l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelablesoulescomposantsindustriels.
Le défi pour le Royaume n’est pas de choisir un camp, mais de gérer la coexistence de ces intérêts sans se retrouver piégé par des dépendances asymétriques ou des pressions contradictoires
Arbitrersanss’exposer
La véritable difficulté réside dans l’arbitrage
Accueillir des investissements chinois tout en restant un partenaire stratégique de l’Occident
Profiter de la recomposition des chaînes de valeursansdevenirunsimpleatelierdélocalisé
Attirer les capitaux sans céder sur les choix souverains.
Cela suppose une capacité rare : penser l’économie comme un prolongement de la géopolitique Chaque zone industrielle, chaque partenariat technologique, chaque infrastructure critique doit être évalué non seulement en termes de rentabilité, mais aussi d’impactstratégiqueàlongterme
Le Maroc a jusqu’ici privilégié une approche pragmatique et discrète Elle lui a permis d’éviter les confrontations ouvertes Mais à mesure que la rivalité sino-américaine s’intensifie, cette ligne de crête devient plus étroite
Unmonded’opportunitésconditionnelles
La guerre des géants crée des opportunités réelles pour les économies intermédiaires. Mais ces opportunités ne sont ni automatiques ni durables. Elles profitent à ceux qui savent négocier,sélectionner,protégeretanticiper
Pour le Maroc, l’enjeu est clair : transformer sa position géographique et politique en levier de montéeengamme,etnonensimpleespacede transit. La rivalité sino-américaine ne doit pas être subie comme une contrainte externe, mais intégréecommeunevariablestratégique
Unerivalitéquis’installedansladurée
Contrairement à certaines crises conjoncturelles, l’affrontement entre la Chine et les États-Unis s’inscrit dans le temps long. Il ne serésoudraniparunaccordcommercial,nipar un changement de leadership politique Il structure déjà le monde de 2026 et continuera delefaçonner
PourlespayscommeleMaroc,laquestionn’estdoncpas« qui va gagner » , mais comment exister durablement dans cetentre-deux Dansunmondefragmenté,ceuxquisavent naviguer entre les blocs, sans illusion ni naïveté, conservent leur liberté de mouvement Les autres deviennent des variablesd’ajustement
PUISSANCES INTERMÉDIAIRES : QUAND LES SECONDS RÔLES COMPTENT
TURQUIE, IRAN, RUSSIE : LES NOUVEAUX PERTURBATEURS DE L’ORDRE MONDIAL
Turquie,Iran,Russie:cesÉtatsnedominentpasl’ordremondial,maissaventenexploiterlesfailles.En intervenant dans les zones grises, ils perturbent les équilibres régionaux et influencent les grandes puissances. Pour le Maroc, comprendre ces acteurs, sans les surestimer ni les ignorer, devient indispensabledansunmondeoùl’instabilitésediffuseparricochets.
Le monde de 2026 n’est pas seulement structuré par l’affrontement des grandes puissances Il l’est tout autant par l’action d’États qui ne dominent pas le système, mais qui savent en exploiter les failles Cespuissancesintermédiairesnedisposent ni de l’hégémonie économique des États-Unis ni de la masse critique chinoise. Pourtant, elles influencent profondément les équilibres régionaux etinternationaux.
La Turquie, l’Iran et la Russie incarnent cette catégorie d’acteurs capables de peser bien audelà de leur poids économique réel Leur stratégie repose sur une lecture opportuniste du monde : intervenir là où les grandes puissances hésitent, combiner diplomatie, force et influence, et transformerleszonesgrisesenleviers
Unepuissancefondéesurlaperturbation
Les puissances intermédiaires partagent un trait commun : elles prospèrent dans les interstices du système international. Là où les règles sont floues, les alliances fragiles, les institutions paralysées. Ellesn’ontpasbesoind’imposerunordreglobal;il leursuffitderendrel’ordreexistantinstable
La Russie, malgré des fragilités économiques évidentes, continue d’exercer une influence militaire et politique déterminante, notamment parsacapacitéàaccepterlecoûtdurisque L’Iran compense ses contraintes par une stratégie indirecte,s’appuyantsurdesréseauxrégionauxet une projection asymétrique. La Turquie, quant à elle, combine ambition néo-ottomane, pragmatismeéconomiqueetusagemaîtrisédela force.
Ces États ne cherchent pas la reconnaissance universelle Ils recherchent la capacité de nuisanceetdenégociation
Leretourdespolitiquesdepuissancerégionales Ce qui distingue ces puissances intermédiaires des grandes puissances, c’est leur focalisation régionale Elles ne cherchent pas à remodeler le monde, mais à sécuriser leur environnement immédiat, quitte à s’affranchir des règles internationales.
La Turquie étend son influence en Méditerranée orientale, en Afrique du Nord et au Sahel. L’Iran structure une profondeur stratégique du Golfe au Levant. La Russie, affaiblie par la guerre en Ukraine, conserve une capacité de déstabilisation notableenEuropedel’Est,enAfriqueetauMoyen-Orient
Cette dynamique rend le système international plus imprévisible Les lignes rouges deviennent floues, les escaladesplusdifficilesàcontrôler
DeseffetsindirectssurleMaroc
Le Maroc n’est pas un acteur direct de ces stratégies de perturbation Mais il en subit les effets indirects Instabilité au Sahel, recomposition des alliances en Méditerranée, instrumentalisation des flux migratoires, pressionsénergétiques:autantdeconséquencesquiatteignentleRoyaumesansconfrontationdirecte.
LaprésenceturqueenAfrique,parexemple,redessinecertainséquilibreséconomiquesetpolitiques L’influence iranienne dans certaines régions alimente des tensions sécuritaires plus larges La projection russe en Afrique modifielesrapportsdeforcedansdesespacesoùleMarocdéveloppesadiplomatieéconomiqueetreligieuse
PourunÉtatcommeleMaroc,lamontéeenpuissancedecesacteursimposeuneposturedeneutralitéactive Il ne s’agit ni de s’aligner ni de s’opposer frontalement, mais de comprendre les logiques à l’œuvre, d’anticiper leursmouvementsetdeprotégersespropresespacesd’influence
Cela suppose une diplomatie agile, capable de dialoguer sans se compromettre, et une politique de sécurité attentive aux signaux faibles Les puissances intermédiaires testent en permanence les limites Ceux qui n’observentpasattentivementdeviennentdesterrainsd’expérimentation
Unmondemoinsstable,maispluslisible
Paradoxalement,l’émergencedecesacteursrendlemondeàlafoisplusinstableetpluslisible.Lesambitions sont affichées, les stratégies assumées, les lignes de fracture visibles. La confusion ne vient pas de l’opacité, maisdelamultiplicitédesjeuxencours
PourleMaroc,comprendrecespuissancesintermédiaires,c’estaccepterquelemondeneserésumeplusàun face-à-face entre grands blocs C’est aussi reconnaître que la stabilité ne se décrète plus par l’équilibre des puissances,maisparlacapacitéànaviguerdansl’incertitude
RENSEIGNEMENT ET GUERRE INVISIBLE QUAND L’INFORMATION DEVIENT L’ARME CENTRALE DES
ÉTATS
Laguerrecontemporainenesedéclareplus,elle s’infiltre. Cyberattaques, espionnage économique, manipulation de l’information : l’affrontement se joue désormais dans l’ombre. PourunpaysouvertetstablecommeleMaroc,la vigilance stratégique devient une condition de souveraineté. L’information est devenue une arme, et la maîtrise du renseignement, un impératifsilencieux.
Les conflits contemporains ne commencent plus par des déclarations de guerre. Ils s’installent lentement, discrètement, souvent sans bruit. En 2026, la plupart des affrontements décisifs ne se jouent ni sur des lignes de front clairement identifiées ni dans des batailles spectaculaires, mais dans l’ombre : renseignement, cyberattaques, manipulation de l’information, pressionnormative,espionnageéconomique
Laguerreinvisiblen’estpasunenouveauté Cequi change, c’est son ampleur, sa banalisation et son intégration complète aux stratégies étatiques Le renseignement n’est plus un outil auxiliaire de la guerre;ilenestdevenulecœur.
Du renseignement classique à l’hyperrenseignement
Pendantlongtemps,lerenseignementreposaitsur des méthodes humaines : agents, informateurs, interceptions ciblées Aujourd’hui, ces pratiques existent toujours, mais elles sont démultipliées par la technologie Données massives, intelligence artificielle, surveillance algorithmique, cyberinfiltrations : l’information circule plus vite que les décisionspolitiquescenséesl’encadrer
Les États les plus efficaces ne sont plus ceux qui collectent le plus d’informations, mais ceux qui savent les traiter, les hiérarchiser et les exploiter avant les autres. L’avance stratégique se joue désormaisenmillisecondes.
Cettetransformationauneffetmajeur:lafrontière entre sécurité intérieure et sécurité extérieure s’efface La guerre invisible traverse les sociétés, touche les infrastructures civiles, les entreprises, lesmédias,parfoismêmelescitoyensordinaires
Ladonnéecommechampdebataille
En 2026, la donnée est devenue un actif stratégique comparableaupétroleduXXᵉsiècle Quicontrôlelesfluxde données contrôle une partie du réel Les cyberattaques ne visent plus seulement à perturber, mais à anticiper, influenceretcontraindre
Sabotagedesystèmesénergétiques,espionnageindustriel, vol de secrets commerciaux, manipulation de l’opinion via les réseaux sociaux : autant de pratiques désormais intégrées aux arsenaux étatiques. La guerre invisible est permanente,diffuse,souventindétectable.
Dans ce contexte, les grandes plateformes technologiques deviennent des acteurs géopolitiques à part entière Elles concentrent des volumes d’informations que certains États ne maîtrisent plus totalement La souveraineté ne se joue donc plus seulement entre États, mais aussi entre États et acteursprivés
Un Maroc concerné, même sans être ciblé
Le Maroc n’est pas un acteur offensif majeurdecetteguerreinvisible Maisil en est un espace exposé Économie ouverte, infrastructures stratégiques, rôle régional croissant : autant de facteursquiattirentl’attention.
La cybersécurité, longtemps perçue comme un enjeu technique, devient une question de sécurité nationale Ports, réseaux électriques, télécommunications, systèmes financiers,basesdedonnéespubliques
: ces infrastructures sont autant de cibles potentielles, non pas pour être détruites, mais pour être observées, testées,contournées
La stabilité marocaine, souvent citée comme un atout, est aussi une vulnérabilité : elle suppose une vigilance constante dans un environnement où l’attaque ne se manifeste pas toujours par le chaos, mais par l’érosion progressive de la confiance.
Influence,informationetperception
La guerre invisible ne se limite pas aux systèmes Elle vise aussi les esprits Campagnes de désinformation, récits concurrents, instrumentalisation des tensions identitaires ou sociales font désormais partie des stratégies d’influence
Pour un pays comme le Maroc, qui projette une image de stabilité et de médiation, la bataille de la perception estessentielle.Ellenesegagnepaspar la censure ou la réaction tardive, mais par la cohérence du récit national, la crédibilité des institutions et la transparencemaîtrisée
L’information n’est plus seulement ce quiestvraioufaux,maiscequiestcru, partagé, amplifié Ignorer cette réalité, c’est laisser d’autres écrire le récit à sa place
Sécuritésansparanoïa
Reconnaître l’existence de la guerre invisible ne signifie pas sombrer dans la paranoïa sécuritaire Le défi est précisément là : se protéger sans se refermer, anticiper sans sur-réagir, surveillersansétouffer
Pour le Maroc, cela suppose un investissement soutenu dans les compétences, la formation, la coopération internationale et la culture stratégique Le renseignement moderne n’est pas seulementuneaffairedemoyens,maisdegouvernance
Uneguerresansfindéclarée
La guerre invisible n’a ni début clair ni fin identifiable. Elle s’inscrit dans la durée, accompagne toutes les autres formes de conflit et s’adapte en permanence Elle est devenue l’arrière-plan permanentdesrelationsinternationales
Dansunmondeoùlaforcebruteresteprésentemaisinsuffisante, l’information décide souvent avant l’action Ceux qui la maîtrisent gagnent du temps, de l’influence et de la marge de manœuvre. Ceux qui la négligent découvrent trop tard que la bataille était déjàengagée
LA DÉMOGRAPHIE COMME DESTIN GÉOPOLITIQUE
QUAND
LA POPULATION DÉCIDE AVANT LA POLITIQUE
Vieillissement au Nord, jeunesse au Sud, transitions accélérées : la démographie redessine le monde plussûrementquebiendessommetsinternationaux.PourleMaroc,situéàunmomentcharnièredesa transitiondémographique,leschoixfaitsaujourd’huipèserontsurlastabilité,l’emploietlaprojection régionalededemain.Unevariablelente,maisdécisive.
Les guerres font la une, les crises économiques affolent les marchés, les technologies captent l’attention Mais en arrière-plan, une force plus silencieuse agit avec une constance implacable : la démographie. Elle ne produit ni images spectaculairesnidéclarationsmartiales.Pourtant, ellefaçonnedurablementlapuissance,lastabilité etlestrajectoiresdesÉtats
En 2026, le monde est entré dans une phase de désynchronisation démographique profonde
Certains pays vieillissent rapidement, d’autres demeurent jeunes et en forte croissance, tandis que quelques-uns traversent une transition accélérée qui bouleverse leurs équilibres sociaux
Cette fracture démographique redessine les rapports de force bien plus sûrement que bien dessommetsdiplomatiques.
Vieilliroucroître:deuxvulnérabilitésdifférentes
Les pays occidentaux, mais aussi le Japon, la Corée du Sud ou certaines économies asiatiques, font face à un vieillissement rapide de leur population Moins d’actifs, plus de retraités, des systèmes sociaux sous tension, une pénurie de main-d’œuvre : le défi est autant économique que politique La capacité de projection de puissance s’en trouve affectée, non par manque de technologie, mais par épuisement démographique
Àl’inverse,denombreuxpaysduSud,notamment en Afrique, connaissent une croissance démographique soutenue. Cette jeunesse massive est souvent présentée comme un atout Elle peut l’être Mais sans emploi, sans formation et sans perspectives, elle devient une source d’instabilité, de migrations forcées et de tensions internes
La démographie n’est donc ni une bénédiction automatique ni une fatalité Elle est une pression structurelle
LeMarocàl’heuredelatransition
LeMarococcupeunepositionintermédiairesingulière Iln’est plus un pays à très forte croissance démographique, mais il n’est pas encore confronté au vieillissement brutal des sociétés européennes Il se situe dans une zone de transition, où les choix faits aujourd’hui détermineront l’équilibre des décenniesàvenir
La baisse de la fécondité, l’urbanisation accélérée, l’allongement de l’espérance de vie et l’évolution des structures familiales transforment silencieusement la société marocaine.Cesmutationsontdesconséquencesdirectessur l’école, l’emploi, la santé, les retraites et, in fine, la stabilité sociale.
La jeunesse marocaine demeure un atout potentiel majeur Mais elle est aussi un révélateur impitoyable des limites du modèle économique L’emploi, la formation et la mobilité sociale deviennent des enjeux géopolitiques internes Une jeunesse frustrée affaiblit la cohésion nationale ; une jeunesse intégrée renforce la capacité d’influence.
Àl’échellerégionale,ladémographieconditionneégalementlaprojectionmarocaineenAfrique.Comprendreles dynamiquesdémographiquesafricainespermetd’anticiperlesfluxmigratoires,lesbesoinseninfrastructures,les partenariats économiques et les risques sécuritaires Là encore, la lecture démographique précède l’action diplomatique
Migration:symptômeplusquecause
Lesmigrationsinternationalessontsouventperçuescommeunproblèmeensoi.Ellessontenréalitélesymptôme de déséquilibres démographiques et économiques profonds. Le Maroc, à la fois pays d’origine, de transit et d’accueil,setrouveaucœurdecesdynamiques
Gérer les migrations sans comprendre la démographie revient à traiter les conséquences sans s’attaquer aux causes Àl’inverse,intégrerlavariabledémographiquedanslastratégienationalepermetd’abordercesfluxavec plusdeluciditéetmoinsdecrispation
Ladémographiecommeoutildepuissance
À long terme, la démographie détermine la taille des marchés, la disponibilité de la main-d’œuvre, la soutenabilité des systèmes sociaux et la capacité d’innovation Elle conditionne aussi la crédibilité militaire, la profondeurstratégiqueetl’influenceculturelle
La démographie avance à son propre rythme, indifférente aux cycles politiques Elle impose une temporalité longue dans un monde obsédé par l’instantané Pour le Maroc, comme pour beaucoup d’États, la question n’est pasdesavoirsicesmutationsaurontlieu,maiss’ilsauralestransformerenlevierplutôtqu’encontrainte
DIASPORAS : PUISSANCES SILENCIEUSES QUAND L’INFLUENCE
DÉPASSE LES FRONTIÈRES NATIONALES
Les diasporas ne sont plus de simples communautés expatriées. Elles influencent les économies, les récits et parfois les décisions politiques. Forte de millions de Marocains à l’étranger, la diaspora marocaine représente un capital stratégique sous-exploité. Entre soft power, tensions importées et loyautésmultiples,elleestdevenueunacteurgéopolitiqueàpartentière.
Longtemps, les diasporas ont été perçues comme des réalités sociales périphériques : communautés expatriées, flux migratoires, questions d’intégration ou de transferts financiers Cette lecture est aujourd’hui dépassée En 2026, les diasporas sont devenues des acteurs géopolitiques discrets mais structurants, capables d’influencer les économies, les opinions publiques et parfois mêmelesdécisionspolitiquesdesÉtats
Dans un monde fragmenté, où la souveraineté se redéfinit et où les frontières se durcissent sans jamais être totalement étanches,lesdiasporasconstituentdesponts vivants entre les territoires Elles échappent aux logiques classiques de puissance, mais enmodifientprofondémentleséquilibres
Delamigrationàl’influencetransnationale
La mondialisation a multiplié les mobilités humaines Mais ce qui transforme une diasporaenleviergéopolitique,cen’estpasle nombreseul C’estlacapacitéd’organisation, demobilisationetdeprojectiond’influence.
Certaines diasporas jouent un rôle économique décisif par les transferts financiers, l’investissement ou l’entrepreneuriat D’autres exercent une influence politique dans leurs pays d’accueil, pesantsurlesdébatspublics,lesélectionsou les orientations diplomatiques D’autres encore agissent sur le registre culturel et symbolique, façonnant les perceptions et les récits
La diaspora n’est plus seulement un prolongement du pays d’origine ; elle devient parfoisunacteurautonome,avecsespropres intérêtsetsesproprescontradictions.
Les Marocains du monde : un capital stratégique sousexploité
Ladiasporamarocaineillustrepleinementcettemutation Forte de plusieurs millions de personnes réparties principalement en Europe, en Amérique du Nord et dans le monde arabe, elle représente un capital humain, économique et culturel considérable
Les transferts financiers des Marocains résidant à l’étranger constituent depuis des années un pilier de l’économie nationale.Maisréduireladiasporaàcetteseulefonctionserait une erreur stratégique. Les compétences, les réseaux, l’influence sociale et politique de ces communautés sont des ressources de puissance douce encore insuffisamment structurées.
Ledéfin’estpasdecontrôlerladiaspora,mais de l’associer. De créer des cadres souples de coopération, de reconnaissance et de participation, sans l’enfermer dans une relationinstrumentale
Diasporasetbatailledesrécits
Dans les conflits contemporains, la bataille ne se joue pas uniquement sur le terrain ou dans les chancelleries Elle se joue aussi dans l’espace médiatique, académique et culturel des pays d’accueil Les diasporas y occupent uneplacecentrale
Elles peuvent défendre les positions de leur pays d’origine, mais aussi les contester. Elles peuvent amplifier une cause ou la fragiliser Elles sont souvent les premières cibles des campagnesd’influenceetdedésinformation
PourleMaroc,laquestiondurécitestcruciale, notammentsurdesdossierssensiblescomme le Sahara. La mobilisation de relais crédibles au sein des diasporas, sans pression ni injonction, devient un enjeu stratégique majeur
Entre loyautés multiples et tensions importées
Les diasporas vivent souvent dans une pluralité d’appartenances Elles naviguent entre loyauté au pays d’origine, intégration dans le pays d’accueil et revendications propres Cette complexité peut être une richesse, mais elle peut aussi devenir une sourcedetensions.
Certains conflits régionaux se projettent dans les sociétés d’accueil à travers les diasporas, alimentant des polarisations identitaires Le défi pour les États est alors de reconnaître cette réalité sans la criminaliser, tout en évitant que ces tensions ne soient instrumentalisées
Le Maroc, par sa tradition de modération religieuse et de pluralisme culturel, dispose d’atouts pour promouvoir une diaspora facteurdestabilitéplutôtquedefracture.
Unepuissancequinesedécrètepas
Contrairement aux instruments classiques de puissance, l’influence diasporique ne se décrète pas. Elle se cultive sur le long terme, par la confiance, la reconnaissance et la cohérence. Les États qui cherchent à instrumentaliserleursdiasporassansleuroffrir un espace de dialogue crédible finissent par lesperdre
La puissance silencieuse des diasporas repose sur l’exemplarité du pays d’origine, la qualité de ses institutions et la clarté de son projet national Là encore, la politique intérieure et la politique extérieuresontindissociables Unegéopolitiqueàhauteurd’humain
Dansunmondeobsédéparlesblocs,lesfrontièresetlesrapports de force, les diasporas rappellent une évidence : la géopolitique est aussi une affaire de trajectoires individuelles, de réseaux humainsetderécitspartagés
Pour le Maroc, penser les diasporas comme un levier stratégique nesignifiepaslesenrôlerdansunelogiquedeconfrontation,mais les reconnaître comme des acteurs à part entière de son rayonnement. Dans la durée, ce sont souvent ces puissances discrètes qui font la différence, loin des sommets et des discours officiels
MERS, DÉTROITS ET CÂBLES : LE MAROC FACE À L’OCÉAN-MONDE
POURQUOI LA PUISSANCE DU XXIᵉ SIÈCLE PASSE PAR LES ESPACES MARITIMES
La mer n’est plus un espace neutre. Détroits stratégiques, ports géants, câbles sous-marins : les océans sont devenus le cœur battant de la mondialisation sécurisée. Pour le Maroc, puissance maritimesouventsous-estimée,l’AtlantiqueetledétroitdeGibraltarsontdesleviersdesouveraineté autantquedesvulnérabilitésàprotéger.
Pendant longtemps, la géopolitique s’est racontée depuis les terres Frontières, armées, capitales, lignes de front La mer apparaissait comme un simple espace de circulation, neutre par nature, ouvert à tous. Cette vision appartient au passé. En 2026, les mers et les océans sont redevenus des territoires politiques à part entière, disputés, militarisés et stratégiquementessentiels
Pour un pays comme le Maroc, cette mutation n’est pas théorique Elle touche au cœur de sa position géographique, de son modèle économique et de sa projection internationale Le Royaume n’est pas seulement un État continental tourné vers l’Afrique et l’Europe ; il est aussi un acteur maritime majeur, parfoissansenmesurerpleinementlesimplications
Lamer,colonnevertébraledelamondialisation
Prèsde90%ducommercemondialtransiteparvoie maritime. Énergie, matières premières, produits manufacturés, denrées alimentaires : la mer est l’artère principale de l’économie globale Mais audelà des marchandises visibles, les océans transportentaussil’invisible
Les câbles sous-marins, qui assurent plus de 95 % des communications numériques mondiales, sont devenus des infrastructures critiques Internet, finance, données, communications diplomatiques et militaires reposent sur ces lignes fragiles, posées au fond des mers. Saboter un câble, c’est perturber un payssanstirerunseulmissile.
La mer n’est donc plus seulement un espace de flux. Elleestunespacedevulnérabilitésstratégiques.
Détroits et passages : les nouveaux goulots d’étranglement
Les détroits – Gibraltar, Ormuz, Bab el-Mandeb, Malacca – sont redevenus des points de tension majeurs Leur contrôle, ou leur simple menace de blocage, suffit à désorganiser des économies entières
Le Maroc, par sa proximité immédiate avec le détroit de Gibraltar, se situe à l’un des points les plus sensibles du commerce mondial Ce détroit n’est pas seulement un passage maritime ; c’est un nœud géopolitique, où se croisent intérêts européens, africains, américains et asiatiques.
Cette centralité impose des responsabilités Sécurité maritime, surveillance, coopération internationale : la stabilité de ces espaces conditionne directement celle duRoyaume
Tanger Med : infrastructure économique, levier stratégique
LeportdeTangerMedestsouventprésentécommeune réussitelogistiqueetindustrielle Ill’est Maisilestsurtout un outil de puissance silencieuse. En structurant les flux commerciaux entre l’Europe, l’Afrique et le reste du monde, il inscrit le Maroc dans les grandes routes maritimesglobales.
Un port de cette envergure n’est jamais neutre Il attire les investissements, les intérêts, mais aussi les regards Il devientunpointd’ancragestratégique,unespaceàprotéger,àsécuriser,àintégrerdansunevisionpluslargede souverainetémaritime
Au-delà des ports et des détroits, la question des zones économiques exclusives (ZEE) devient centrale Pêche, ressourcesénergétiquespotentielles,minerais,biodiversité:lesespacesmaritimesrecèlentdesrichessesencore largementsous-exploitées
Dans le contexte du Sahara marocain, la dimension maritime est souvent sous-estimée Pourtant, l’accès à l’Atlantiquesud,lacontinuitédesZEEetlasécurisationdesespacesmaritimesconstituentdesenjeuxstratégiques delongterme.Làencore,lasouverainetéterritorialeetlasouverainetémaritimesontindissociables.
Câbles,donnéesetsouverainetéinvisible
Le Maroc est également concerné par la géographie des câbles sous-marins Points d’atterrissement, hubs de connectivité, routes numériques : ces infrastructures conditionnent l’intégration du pays dans l’économie numériquemondiale
Protéger ces câbles, diversifier les routes, renforcer la résilience des réseaux devient une question de sécurité nationale Lasouveraineténeselimiteplusàcequiestvisibleàlasurface;ellesejoueaussiaufonddelamer
Unemeràpenserstratégiquement
Lemondede2026redécouvrequelapuissancemaritimeneserésumepasàuneflottedeguerre Ellereposesur la capacité à sécuriser les flux, à protéger les infrastructures, à anticiper les conflits d’usage et à coopérer sans naïveté.
Pour le Maroc, penser la mer comme un espace stratégique implique une vision intégrée : économique, sécuritaire,environnementaleetnumérique Celasupposeaussiuneculturemaritimeplusaffirméedansledébat publicetstratégique
L’océancommehorizon,pascommedécor
Dans un monde qui se referme, la mer reste un espace d’ouverture. Mais cette ouverture n’est ni gratuite ni automatique.Ellesemérite,seprotègeetsegouverne.
Le Maroc, par sa position, dispose d’un atout rare : être à la fois carrefour maritime et point de stabilité Encore faut-il accepter que l’océan ne soit plus un décor, mais un champ de bataille discret où se joue une partie essentielledel’avenir
Satellites,donnéesgéospatiales,constellationsprivées:l’espaceestdésormaisunchampdebataille discret. Sans accès maîtrisé à ces infrastructures, il n’y a plus de souveraineté pleine. Pour le Maroc, utilisateurintensifmaisdépendant,l’enjeun’estpaslaconquêtespatiale,maislasécurisationdeson accèsàunespacedevenucritique.
Pendant longtemps, l’espace a été cantonné à l’imaginaire scientifique, à la rivalité symbolique entre grandes puissances ou à l’exploration pacifique Il évoquait la Lune, les étoiles, la recherche fondamentale
Cette époque est révolue En 2026, l’espace est devenu un territoire stratégique à part entière, un prolongement direct des rapports de force terrestres, maritimes et numériques.
Les satellites, les constellations orbitales et les infrastructures spatiales ne relèvent plus du prestige Ils conditionnent la sécurité, l’économie, les communications et même la stabilité politique des États Sansaccèsmaîtriséàl’espace,iln’ya plusdesouverainetépleine
Des satellites partout, une dépendancetotale Navigation, télécommunications, prévisions météorologiques, gestion des catastrophes, agriculture, finance, défense : une part croissante des activités humaines dépend aujourd’hui des satellites Leur disparition soudaine paralyserait instantanémentdessociétésentières
Cette dépendance crée une vulnérabilité nouvelle Les États ne se demandent plus seulement comment utiliser l’espace, mais comment le protéger. La capacité à aveugler un adversaireenperturbantsessystèmes spatiaux devient un levier stratégique majeur, souvent plus efficace qu’une frappeconventionnelle.
Militarisationdiscrète,maisassumée Officiellement, l’espace reste un patrimoine commun de l’humanité Danslesfaits,ilestdéjàmilitarisé États-Unis,Chine,Russie,maisaussi IndeouIrandéveloppentdescapacitésantisatellites,dessystèmesde brouillage,destechnologiesdesurveillanceavancées
Laguerrespatialen’apasbesoind’explosionsspectaculairespourêtre efficace Un satellite déplacé, neutralisé ou aveuglé suffit à désorganiser une chaîne de commandement, un système économique ou une capacité militaire L’espace devient ainsi un multiplicateurdepuissance,maisaussiunfacteurdefragilitéglobale.
Privatisationetconfusiondesrôles
Une autre rupture majeure tient à l’entrée massive des acteurs privés Les grandes constellations de satellites commerciaux, à commencerparcellesdédiéesàInternetetaux télécommunications,brouillentlafrontièreentre usageciviletusagestratégique.
Ces acteurs privés, souvent américains ou chinois, deviennent des pivots incontournables de la connectivité mondiale Leur neutralité est théorique. En situation de crise, ils se retrouvent intégrés, volontairement ou non, dans les stratégiesétatiques.
Lasouveraineténesejouedoncplusseulement entre États, mais aussi dans la relation entre Étatsetentreprisestechnologiques
LeMarocfaceàl’enjeuspatial
Le Maroc n’est pas une puissance spatiale au sens classique Mais il est un utilisateur intensif de services spatiaux, et donc un acteur indirect de cette nouvelle géopolitique Satellites d’observation, télécommunications, données géospatiales:cesoutilssontdevenusessentiels à la gestion du territoire, de l’agriculture, de l’urbanisationetdelasécurité.
Ne pas disposer de capacités propres ne signifie pas être absent Cela signifie être dépendant La question stratégique pour le Maroc n’est donc pas de rivaliser avec les grandes puissances, mais de sécuriser son accès à l’espace, de diversifier ses partenariats etdedévelopperdescompétencesnationales
Données,souverainetéetanticipation
L’espace n’est pas seulement un enjeu militaire ou technologique. Il est un enjeu de données. Les informations collectées depuis l’orbite alimentent la prise de décision publique et privée Qui contrôle ces données contrôle une partiedurécitterritorial
Pour un pays comme le Maroc, confronté à des enjeux agricoles, climatiques et sécuritaires spécifiques, la maîtrise des données spatiales estunlevierstratégiquesous-estimé Làencore, la question n’est pas de tout posséder, mais de nepastoutsubir
Unefrontièresansdoctrineclaire
Le droit spatial international est largement en retard sur les usages. Les règles sont floues, les mécanismes de contrôle limités, les responsabilités difficiles à établir Cette zone grise favorise les comportements opportunistes etaccroîtlerisqued’escaladeinvisible
Dans ce contexte, les États qui n’élaborent pas de doctrinespatialeclaireseretrouventreléguésaurangde consommateurspassifsd’unespacedevenuconflictuel
L’espace,miroirdumondeterrestre
Ce que révèle la nouvelle géopolitique spatiale, c’est une constante : l’espace ne corrige pas les déséquilibres terrestres,illesprolonge Lesrivalités,lesdépendanceset lesasymétriesysontreproduites,parfoisamplifiées
Pour le Maroc, intégrer l’espace dans sa réflexion stratégique n’est plus un luxe. C’est une nécessité. Car dans un monde où la souveraineté se joue désormais à plusieurs niveaux, celui qui ignore le ciel finit par perdre piedsurterre
CYBERESPACE : LA FIN DE L’INTERNET NAÏF SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE,
FRAGMENTATION ET RETOUR DE L’ÉTAT
Internet n’est plus un espace libre et sans frontières. États et grandes plateformes se disputent désormais le contrôle des données, des infrastructures et des récits. La souveraineté numérique s’impose comme un enjeu stratégique central. Pour le Maroc, protéger sans étouffer, réguler sans fermer,devientunexerciced’équilibristeincontournable.
Internet est né avec une promesse : celle d’un espace ouvert, horizontal, affranchi des frontières et des souverainetés classiques Pendant des années, cette promesse a nourri un imaginaire puissant, porté par l’innovation, la liberté d’expression et la circulation sans entrave de l’information. En 2026, cet imaginaire s’est largementdissipé L’Internetnaïfestmort
Le cyberespace n’est plus un espace neutre Il est devenu un champ de bataille stratégique, un territoire disputé, surveillé, fragmenté Les États y sont revenus en force, non par nostalgie autoritaire, mais par nécessité politique et sécuritaire
De l’utopie numérique à la géopolitique des réseaux
La montée en puissance des cyberattaques, de l’espionnage numérique, des campagnes de désinformation et des ingérences électorales a profondément modifié la perception d’Internet
Les réseaux ne sont plus seulement des outils de communication ; ils sont des vecteurs de puissanceetdevulnérabilité
Les États ont compris que laisser cet espace aux seuls acteurs privés revenait à abandonner une partie de leur souveraineté La régulation, la surveillance et le contrôle des infrastructures numériques sont donc devenus des priorités stratégiques.
Ce retour de l’État ne signifie pas nécessairement censure ou fermeture totale Il traduit une volonté dereterritorialiserlecyberespace
Fragmentationetsouveraineténumérique
Le cyberespace mondial se fragmente progressivement Certains parlent de « splinternet »:unInternetéclatéenzonesd’influence,régipar desnormesdifférentes
La Chine a construit sa muraille numérique. La Russie a renforcélecontrôledesesdonnées L’Europetentederéguler sansfermer LesÉtats-Unisconserventunavantagestructurel grâceàladominationdeleursplateformes
Cette fragmentation n’est pas idéologique Elle est stratégique Chaque État cherche à protéger ses données, ses infrastructures critiques et ses capacités d’influence Le cyberespace devient ainsi une extension directe du territoire national
Données:lenerfdelapuissancenumérique
La donnée est au cœur de cette transformation. Collectée, analysée, exploitée, elle permet d’anticiper les comportements, d’orienter les décisions et d’exercer une influence diffuse mais durable. Les grandes plateformes technologiques concentrent des volumes de données que peud’Étatssontcapablesd’égaler
Cette asymétrie pose une question fondamentale : qui gouverne réellement l’espace numérique ? Les États, qui définissentlesrègles,oulesentreprises,quidétiennentlesinfrastructuresetlesdonnées?
Pourbeaucoupdepays,laréponseestencorefloue.
LeMarocfaceàlasouveraineténumérique
Le Maroc est pleinement intégré à l’économie numérique mondiale. Cette ouverture est un atout. Mais elle s’accompagnedevulnérabilitéscroissantes Infrastructurescritiques,servicespublics,systèmesfinanciers,données personnelles:touttransitedésormaispardesréseauxnumériques
La souveraineté numérique ne signifie pas autarcie technologique Elle implique la capacité à choisir ses dépendances,àsécurisersesinfrastructuresetàprotégersesdonnéessensibles.Ellesupposeaussiunemontéeen compétencelocale,encybersécurité,engouvernancedesdonnéesetenrégulation.
Le défi marocain est donc moins technique que stratégique : intégrer le numérique dans une vision globale de souveraineté
Désinformationetbatailledesrécits
Le cyberespace est aussi le théâtre d’une bataille permanente pour l’attention et la crédibilité. Les campagnes de désinformation exploitent les fractures sociales, identitaires ou politiques. Elles ne visent pas toujours à convaincre, maisàdésorienter,àsemerledoute,àaffaiblirlaconfiance.
La fin de l’Internet naïf ne signifie pas la fin d’Internet. Elle marque l’entrée dans un âge adulte, conflictuel et stratégique Lecyberespaceestdésormaisunlieudepouvoir,commelesautres
La mondialisation se transforme sans disparaître. Relocalisations partielles, chaînes de valeur sécurisées, partenariats sélectifs : la déglobalisation redessine les règles du jeu économique. Pour le Maroc,l’enjeuestclair:capterlesopportunitéssansdevenirunsimplemailloninterchangeable.Une questiondestratégie,plusqued’idéologie.
Pendant trois décennies, la mondialisation a été présentée comme un mouvement irréversible Libre circulation des biens, des capitaux, des technologies et, dans une moindre mesure,despersonnes En2026,cerécit est profondément ébranlé Les États ne parlent plus d’ouverture totale, mais de sécurisation, de résilience et de souveraineté économique La déglobalisation n’est pas un slogan idéologique ; c’est une réaction pragmatique à un monde devenu instable.
La question n’est donc pas de savoir si la mondialisation est finie, mais comment elle se transforme Et surtout, ce que cette transformation implique pour des économies intermédiaires commecelleduMaroc
D’une mondialisation fluide à une mondialisationsousconditions
Les chocs successifs – crise financière, pandémie, tensions géopolitiques, guerre en Ukraine, rivalités technologiques – ont mis en lumière la fragilité des chaînes de valeur mondiales Dépendre d’un seul fournisseur, d’une seule route maritime ou d’un seul marché est devenu un risquestratégique
Les grandes puissances réagissent en relocalisant partiellement certaines productions, en diversifiant leurs approvisionnements et en privilégiant des partenaires jugés « fiables » . Ce mouvementnesignifiepaslafermeture des économies, mais une sélection accruedesinterdépendances.
La mondialisation devient plus politique, plus stratégique, moins automatique
Dans ce contexte, les économies intermédiaires peuvent tirer leur épingle du jeu Proximité géographique, stabilité politique, accords commerciaux, coûts compétitifs : autant de facteurs qui attirent les entreprisescherchantàréorganiserleurschaînesdeproduction
Le Maroc dispose de plusieurs atouts dans cette nouvelle configuration.Sapositionentrel’Europeetl’Afrique,sesinfrastructures logistiques, son ouverture commerciale et sa stabilité relative en font uncandidatcrédibleàcertainesrelocalisationsindustrielles.
Mais cette opportunité n’est ni garantie ni éternelle
Lerisquedeladéglobalisationsubie
La déglobalisation peut aussi être synonyme d’exclusion. Les pays qui ne montent pas en gamme, qui ne sécurisent pas leur environnement des affaires ou qui restent cantonnés à des segments à faible valeur ajoutéerisquentdedevenirdeszonestampons, utilesmaisremplaçables.
Pour le Maroc, le défi est clair : éviter d’être un simple atelier délocalisé au service de stratégies étrangères Cela suppose une politique industrielle cohérente, un investissementmassifdanslecapitalhumainet une capacité à négocier des partenariats équilibrés.
Industrie, technologie et souveraineté économique
La nouvelle mondialisation valorise la capacité à produire, à transformer et à innover localement Les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, des énergies renouvelables, de l’agro-industrie ou des composants industriels offrent des opportunités, à condition d’intégrer progressivementplusdevaleurlocale
La souveraineté économique ne signifie pas produire tout soi-même Elle implique la capacité à choisir ce qui doit être maîtrisé, ce qui peut être partagé et ce qui doit être sécurisé. Là encore, la lucidité prime sur l’idéologie
Afrique,Europe:arbitrersanss’enfermer
LeMarocsetrouveàl’interfacededeuxespaces économiques majeurs : l’Europe et l’Afrique. La déglobalisation renforce cette position, mais ellelarendaussiplusexigeante.Ilnes’agitplus seulement d’être un pont, mais un acteur structurant
La relation avec l’Europe évolue vers plus de conditionnalité. L’ancrage africain, lui, offre des perspectives de croissance, mais exige des stratégies patientes et adaptées aux réalités locales La diversification des partenariats devientuneconditionderésilience
Unedéglobalisationàpenser,pasàsubir
La déglobalisation n’est ni une catastrophe annoncée ni une solution miracle. Elle est un changement de régime Ceux qui s’y adaptent rapidementrenforcentleurautonomie Ceuxqui la subissent voient leurs marges de manœuvre seréduire
Pour le Maroc, l’enjeu n’est pas de regretter la mondialisationd’hier,maisdeconstruirecellededemain, plussélective,plusstratégiqueetplussoutenable
Lacohérencecommeboussole
Ce dossier l’a montré : le monde se referme, mais il ne s’arrête pas Les frontières reviennent, les puissances se recomposent,lesfluxseredessinent.Danscecontexte,la réussitenereposepassurlatailleoulaforcebrute,mais surlacohérencestratégique
Le Maroc dispose d’atouts réels Mais ces atouts ne produiront des effets durables que s’ils s’inscrivent dans unevisionclaire,assuméeetévolutive Ladéglobalisation n’estpasuntestdepuissance.C’estuntestdematurité.
Le monde ne se referme pas dans le fracas. Il se referme dans les détails, les normes, les infrastructures,lesdépendancessilencieuses.IlserefermelorsquelesÉtatssécurisentleurschaînes devaleur,lorsqu’ilsmilitarisentdesespacesautrefoisneutres,lorsqu’ilsfiltrentlesfluxplutôtquede leslaissercirculerlibrement.Cettefermeturen’estpasunaccidentdel’histoirecontemporaine.Elleest leproduitd’unapprentissagecollectif:celuid’unmondedevenutropinstablepourfonctionnersans garde-fous.
Ce dossier l’a montré : la mondialisation n’a pas disparu, mais elle a changé de nature Elle est désormais conditionnelle, sélective, stratifiée Les frontières ne s’effacent plus, elles se déplacent La puissance ne s’impose plus frontalement, elle s’insinue Les conflits ne se déclarent plus toujours, ils se préparent dans l’ombre Dans cet environnement, la lucidité devient une formedesouveraineté.
Pour le Maroc, cette mutation impose une lecture exigeante du réel Le Royaume n’a ni la masse critique des grandes puissances ni le luxe de l’isolement Saforcerésideailleurs:dans sacapacitéàtransformersagéographie en levier, sa stabilité en crédibilité, son ouverture en choix stratégique Mais cetteouverturen’estviablequesielleest pensée,maîtriséeetassumée
L’enjeu n’est pas de se refermer pour se protéger, ni de s’ouvrir sans conditions par réflexe. Il est de choisir ses ouvertures, de hiérarchiser ses partenariats, de sécuriser ses vulnérabilités sans sacrifier sa dynamique Dans un monde fragmenté, la cohérence stratégique vaut souvent plusquelapuissancebrute
Les articles de ce dossier ont exploré les multiples dimensions de cette recomposition : territoires redevenus centraux, puissances en mutation, rivalités systémiques, guerres invisibles, transitions démographiques, diasporas actives,
océans stratégiques, espace disputé, cyberespace fragmenté, économie mondiale reconfigurée Tous convergent vers une même conclusion : la souveraineté moderne n’est pas un état, c’est un processuspermanent
Préserver l’ouverture stratégique du Maroc suppose donc un effort continu d’anticipation, de coordination et de clarté Cela implique de penser ensemble la politique étrangère, la politique économique, la sécurité, le numérique, la culture et le capital humain Cela suppose aussi de dépasser les réflexes idéologiques pour entrer dans une culturededécisionfondéesurlesfaits,lesintérêtsetladurée.
Dansunmondequisereferme,l’erreurseraitdecroirequel’ouverture est un droit acquis Elle est une conquête fragile, qui se défend par l’intelligence,laconstanceetlacapacitéàdirenonquandillefaut Le Maroc dispose aujourd’hui d’atouts réels pour continuer à avancer sans se dissoudre Encore faut-il accepter une vérité simple : l’ouverturen’estpasl’absencedefrontières,maislamaîtrisedecelles quel’onchoisitdefranchir
Penser la fermeture du monde, ce n’est pas céder au pessimisme C’estrefuserl’aveuglement C’estreconnaîtrequel’histoireareprisses droits, et que seuls les États capables de lucidité stratégique pourront préserverleurlibertédemouvement.PourleMaroc,cetteluciditén’est pasuneoption.Elleestlaconditiondesonavenir.
Adnan Debbarh mesure, à travers un questionnement lucide ce que l’initiative d’autonomie qui s’impose comme cadre de référence, le déplacement de l’enjeu verslacrédibilitédesdispositifsdegouvernanceetleur capacitéàs’intégrerdansl’architectureglobaledel’État.
Depuis quelques semaines, un glissement silencieux s 'opèredansletraitementdudossiersaharien.
Le Maroc ne défend plus une thèse Il dessine un système Cechangementdepostureest,ensoi,unacte de puissance tranquille On ne conçoit pas des architectures complexes lorsqu’on doute de la solidité desespositions
Pour mesurer la portée de ce basculement, il faut se souvenirdupointdedépart. Avecl’autonomie,onnenégocieplusunmot.Ondiscute désormais d’un système. Et lorsqu’un État accepte d’entrer dans ce niveau de précision, c’est qu’il a définitivementquittéleregistreduprovisoirepourpasser austructuré,cequidéplacemécaniquementlecœurdu débat
Longtemps, le Royaume a été un acteur contraint de bataillersurunterraindéfinipard'autres
ParAdnanDebbarh.
Une justice de proximité capable de traiter les litiges sans fragiliserl'unitédudroit.Unereprésentationquidonneune voix aux populations concernées. Des garanties enfin, constitutionnellesetinternationales,quirendentledispositif irréversible
Et lorsqu’un État accepte d’entrer dans ce niveau de précision, c’est qu’il a définitivement quitté le registre du provisoire pour passer au structuré, ce qui déplace mécaniquementlecœurdudébat
Lechangementd'échelleauneconséquencemajeurequ'il faut mesurer. La bataille de la reconnaissance diplomatiqueest,danssesgrandeslignes,gagnée.
Les capitales qui soutenaient hier l'ancien paradigme se rangent,lesunesaprèslesautres,àl'évidenceduréalisme
Le cadre onusien lui-même a intégré la primauté de l'initiativemarocaine
Le monde, et singulièrement les partenaires du Maroc, n 'attendent plus des professions de foi. Ils attendent des architectures fonctionnelles, des mécanismes rodés, des modèles dont on peut vérifierlaviabilité
Nous sommes sortis de l'ère de la preuve diplomatique
Nous entrons dans l'ère de la preuve par le fonctionnement,celleoùilfaudradémontrerquele modèleconçutientsespromesses
Mais cette exigence nouvelle ne concerne pas seulementnotreimageextérieure.Elleinterroge,en retour,l'architectureinternedel'État.
Car le déplacement vers la gouvernance n'intéressepasqueleSahara C'esticiquel'analyse doitprendredelahauteur
Ce qui se construit au Sahara ne restera pas cantonné à cette région Toute architecture territoriale d'une telle ambition produit une rétroactionsurl'Étatcentral
Une autonomie avancée suppose en effet des prérequis exigeants : participation effective des populations, responsabilisationdesélus,acceptationdeladifférenciationterritoriale,confianceinstitutionnellepartagéeentre lecentreetlespériphéries.
Or ces notions, par leur nature même, interrogent le fonctionnement général de l'État Peut-on proposer à un territoire,aussispécifiquesoit-il,unmodèledegouvernancesansquecelui-cinefinisse,tôtoutard,parinterpeller l'ensembledumodèlenational?
Ils observeront comment le modèle s 'articule avec l'ensemble national, comment il s'intègre sans le fragiliser, commentilinnovesansledéstabiliser.
Cesinterrogationsappellentmoinsdesposturesquedelalucidité.OrleMarocaprécisémentatteintledegréde maturité politique qui lui permet de les aborder sans complexe. Il n ' a plus à se justifier sur l'essentiel. Sa souverainetésursonSaharan'estplussérieusementcontestable
Il est devenu capable de concevoir des architectures complexes, d'articuler unité et différenciation, de transformer une propositionpolitiqueensystèmedegouvernance
Le glissement silencieux que nous observons depuis quelques semaines doit maintenant se muer en mouvement assumé.L'architectedelasolutiondevra,pourfinir,devenirl'architectedesaproprecohérence.
C'est à cette condition que le Sahara, d'objet de tension et de projection, deviendra pleinement ce qu'il peut être : une vitrinedelamodernitémarocaineetunlaboratoirepourl'avenir.
Les meilleures choses ont une fin, dit-on, ou devraientenavoir…lesmoinsbonnesaussi.Etla saga législative du Conseil national de la presse (CNP)enfaitpartie.
Au départ, une volonté de réforme unanimement partagée, menée par le gouvernement et son ministèredelaCommunication,maisàl’arrivée,un blocage,puisunrecoursàlaCourconstitutionnelle (saisieparl’oppositionpourunefois,étonnamment, réunie) qui a retoqué la loi adoptée par le parlement ; le tout était enrobé dans un paquet d’insultes, d’injures, d’accusations et de diffamations.Ilesttempsquecelacesse.
A son installation, le gouvernement, et plus spécialementMehdiBensaïd,adécidédeprendre àbraslecorpslesecteurdesmédias,qu’ilatrouvé déjà sous perfusion publique, depuis la crise Covid.
L’objectif était de mettre de l’ordre dans la profession et de réglementer la subvention accordéeausecteuretauxentreprisesdepresse
L’Etat versait les salaires de tous les employés de cesentreprises,journalistesetadministratifs,optant parlà-mêmepouruneméthodedesubventionqui luiétaitspécifique.
1/Depuisl’arrivée,l’irruptionetl’intrusiondesGAFAM dans le secteur informationnel au sens large, à travers la publicité et la publication d’articles sans autorisation,lesmédiasdumondeentiersontdans lapeine;onnepeutconcurrencercesgéants!
Le Maroc a tout simplement fait comme la quasitotalité des autres Etats, en aidant et subventionnant ses médias, la situation de ces derniers étant catastrophique depuis 2020 et la survenuedelapandémie;ilachoisi,parmid’autres méthodes,deverserlessalairesdesemployésdes entreprisesdepresse
ParAzizBoucetta
Là aussi, une autre pose s’impose.
Si la ligne éditoriale de Chouf TV peut être critiquée, cela ne justifie pas pour autant sa diabolisation, comme si le site ou son directeur étaient responsables de la baisse généraleduniveaudulectorat qui,elle,estuniverselle.
Que faire des millions de personnes qui visitent chaque jour ce site ? Ne sont-ils pas citoyens ? Ne sont-ils pas électeurs?Faut-illesexclurede lacommunauté,leurretirerleur droit de vote ? Ce sont eux qui donnent sa force et son audienceàChoufTV.
Et dans ce cas, ne faut-il pas interdirelesréseauxsociauxau Maroc, car diffuseurs de fake news, de diffamation et d’ostracisme ? Voilà pour Driss Chahtane, président élu de l’ANME (Association nationale desmédiasetdeséditeurs),élu à l’unanimité et avec la gratitude des membres de l’association
Quelescontempteursdecette chaîne aillent ailleurs s’ils le souhaitent mais qu’ils respectentlesgoûtsdechacun !
RevenonsàlaréformeduCNP
Que lui reproche-t-on ? On l’accuse de favoriser les éditeurs au détriment des journalistes ; en effet, dans le futur conseil, neuf éditeurs (sept en fonction et deux sages)etseptjournalistes
Maisleséditeursnesont-ilspas tous, ou presque, journalistes ?
On l’accable d’avoir mis en place un système de scoring (fondésurlechiffred’affaireset l’effectifdejournalistes)auxfins de déterminer l’association la plus représentative de la profession
On peut avoir raison de critiquer cette approche, mais ainsi fonctionne une démocratie:ungouvernementdécidedecequ’iljugelemeilleur,aurisquede se tromper, ce qui reste à prouver d’ailleurs car il était de son droit de permettreàuneseuleassociationdeséditeurs(ANMEouFMEJ,ouFédération marocaine des éditeurs de journaux) de gérer le secteur, dans l’hypothèse d’une alternance future ou l’autre association appliquerait ses idées ; et cette approcheestjustifiéeparl’intransigeancedecertainséditeursetsyndicats,qui empêchenttoutediscussion
Toujoursest-ilqueCESEetCNDHontémisdesréserves,cequiestleurfonction et leur travail, et que le gouvernement et sa majorité parlementaire n’en ont pasvraimenttenucompte,cequiestdeleurpleindroit.
MaisquandlaCourconstitutionnelleainvalidélesarticleslitigieux,celaaremis l’affaire à zéro, la renvoyant à son point de départ, en l’occurrence à Mehdi Bensaïd
Alors3lachlesinsultesdéplacées,lesaccusationsinfondées,lesjugementsde valeur orientés, la condescendance affichée à l’égard de la presse, des journalistes et de Driss Chahtane ?! Tous les protagonistes (ANME, FMEJ, ministère,CESE,CNDH,opposition,majorité,Courconstitutionnelle)étaientdans leurdroitenagissantcommeilsl’ontfait,etchacund’euxaeuraisondefaire cequ’ilafait.
Qu’il existe autant d’acteurs, de pouvoirs et de contre-pouvoirs est rassurant quantàlabonnetenuedenotredémocratie!
Etmaintenant?
Et bien maintenant, en fin de mandature, le ministère devra mettre les bouchéesdoublespourallerdel’avantetessayerd’inscrirelaréformeduCNPà sonactif
Quant aux conflits personnels et au populisme/démagogie déroulés à quelques mois des élections, consistant à s’en prendre à une association déterminée,enl’occurrencel’ANME,eninsultantsesmembres,ilsneserventpas leursauteurs.Lesecteuraaujourd’huietplusquejamaisbesoindesérénité!
Leprocessusonusienderecherched’unplande règlementdudossierduSaharamarocainesten bonnevoie.Undemi-siècleaprès,ilsemblebien que la détermination de l’administration Trump finisse par porter ses fruits. Un agenda, un documentdetravailduMarocsurlanatureetla dimensionduprojetd’autonomieinterneetenfin laparticipationde…l’Algérie.
C’estàMadrid,ledimanche8févriercourantque s’est tenue une réunion fixée à l’initiative américainesurlaquestionnationale. L’administration Trump était représentée par Massad Boulos, conseiller spécial du locataire de laMaisonBlanchetandisqueleMaroc,l’Algérieet la Mauritanie l’étaient par leurs ministres des Affairesétrangères-lemouvementséparatiste,lui, avait désigné l’un de ses responsables des relationsextérieures.
Cette réactivation des pourparlers nourrit un certain nombre d’observations de principe La première a trait à ce fait: la formule des tables rondes (décembre 2018 et mars 2019) à Genève rebonditpratiquementseptansaprès,n’ayantpas donné des avancées notables, son promoteur Horst Köhler, alors Envoyé personnel, ayant démissionnédesurcroîtle22mai2019
Depuis,leprocessusderèglementétaitenpanne, Staffan de Mistura n’ayant pas réussi à opérer sa relance.
Aujourd’hui, il vaut de noter d’autres paramètres nouveaux liés à ce rendez-vous de Madrid: une rencontrenonplussousl’égidedel’ONU,maisliée à une a initiative de Washington, une médiation politique avec un format exploratoire en lieu et place de la table ronde des quatre parties précitées, une méthode pragmatique et sécuritaire(Saheletfluxmigratoires)
Dans un autre registre, comment ne pas relever qu’Alger est partie prenante alors qu’elle avait récusédepuis2019ceformatenalléguantqueles négociationsdevaientsetenirentreleRoyaumeet lemouvementséparatiste.
ParMustaphaSehimi.
De quoi pouvoir rendre compte au moisd’avrilauConseildesécuritéde l’étatd’avancementdesdiscussions Cequ’ilyadenouveaucettefois?Le dépôt par le Maroc à Madrid d’un texterelatifàunpland’autonomieau Sahara marocain, actualisé et détaillé en 42 points Il se situe bien entendudansledroitfildesprincipes del’Initiativemarocained’avril2007.
Ce texte va plus loin et donne les précisions relatives aux organes prévus, à leurs attributions et à leurs rapportsréciproques
Dans le détail, qu’en est-il au vrai? À priori la définition et la délimitation des «compétences exclusives de l’État» et celles, sectorielles, de la région couvrant les provinces méridionalesrécupérées
Le régalien? C’est l’État: les secteurs de souveraineté (défense nationale, sécurité stratégique, politique étrangère, représentation diplomatique, monnaie, politique monétaire, nationalité, symboles de souveraineté et ordre juridictionnel suprêmes
Quant aux attributions régionales, ellescouvrentlesdomainessuivants: aménagement du territoire, urbanisme,planificationéconomique régionale, développement industriel ettouristique,gestiondesressources halieutiques, politiques sociales, santé, éducation, environnement, gestion des infrastructures hydrauliques et énergétiques, promotionculturelle
Ilest,parailleurssoulignéle«principe de loyauté constitutionnelle», de respect de «l’unité de l’État, de la solidarité nationale et de la cohérence des politiques publiques nationales»
À noter encore «une clause de sauvegardeconstitutionnelle»encas d’atteinte grave à l’ordre international, à l’intégrité territoriale ou au fonctionnement régulier des institutions
Le parallèle avec le régime des autonomies régionales d’Espagne ou encoreaveclesLanderd’Allemagneestsansdouteleplussignificatifetle plusopératoire
Quelseraalorslevisageinstitutionnelnouveaudesprovincessahariennes duRoyaume?Àpriori,làencore,unParlementrégionalavecdesmembres élusausuffrageuniverseldirectetproportionneletd’autresdésignéspar «les tribus sahraouies reconnues», sans oublier des «quotas explicites de représentationféminine»
L’exécutif, lui, est dirigé par un Chef du gouvernement, investi par le Parlement régional Quant à l’organisation juridictionnelle, elle s’articule autourdetribunauxdepremièreinstanceetd’appeletuntribunalrégional supérieur statuant en dernier ressort, sous réserve du contrôle constitutionnel national Sont également définis les périmètres d’autres secteursfinancier,fiscaletéconomiquedemêmequelesprincipesd’une «politiquederéconciliation,deretourdespopulationsetlesmécanismes transitoires»
L’Algérie et son proxy séparatiste sont désormais confrontés à une situation la majeure, inédite: celle de ne pas avoir d’autre choix que de participer et de s’impliquer dans un processus négociateur engagé à marcheforcéeparlesÉtats-Unis.Lapolitiquedela«chaisevide»n’estplus tenableniacceptableauxyeuxdelacommunautéinternationalenidela majoritédesmembresduConseildesécurité
Personnenesaitlavraieraisonquiconduitlespartis delamajoritéàprésenterleschosescommesitout allaitbienentreeux!Enréalité,riennevaentreRNI, PAM et Istiqlal depuis ce jour de septembre 2021, quandilsavaientannoncéleuralliancetripartiteou leurTripleAlliance:
Le RNI est sûr de lui et de sa domination, le PAM est convaincu de sa force immanente et imminente et de son avenir prometteur, et l’Istiqlal est confortablement installé sur sa longue légitimité historique qu’il consent, à contrecœur, à partager aveclesdeux«jeunots» Etquatreansetdemisont passés
UnparticommelePAMn’aqueméprispourleRNIqui luitémoigneenretourlemêmesentiment,tousdeux n’ayant pas d’idéologie propre à défendre autre qu’affronter les autres ; et l’Istiqlal toise ses alliés et essaie depuis 2021 de se distinguer d’eux, de se démarquerdeleurscomportements.
A quelques mois de la fin de ce mandat, on peut comprendre l’Istiqlal d’avoir toujours montré, tout au longdecesquatreansetdemi,beaucoupderetenue ; on avait le sentiment que ses ministres venaient le matin à leurs bureaux, faisaient leur travail et repartaient chez eux, avec le détour obligé par le siègeduparti
L’alliancegouvernementalen’enfutpasune,ausens du terme alliance, c’est-à-dire des partis alliés, solidaires, complémentaires, ayant globalement le mêmepasséetdisposantgénéralementdelamême perspective
Chacund’euxfonctionnaitàsamanièrepropre:
Le RNI en mode clanique, la forte présence d’Akwa group – l’entreprise d’Aziz Akhannouch – au gouvernementenfaisantfoi,lePAMenmodeguerre deschefs,
ParAzizBoucetta
Ses autres chefs fourbissent leurs armes, sensibilisent leurs fidèles et s’apprêtent à se jeter dans la bataille de la vraie succession d’Aziz Akhannouch, qui devrait se disputer après les élections,probablementen2027
LeTracteurduPAMaccélèreetchacundesesdeux conducteursdonnedeviolentscoupsdevolantpour éjecter l’autre de l’appareil (dans les deux sens du mot).
Et chacun de ces deux chefs a sa manière de procéder:MehdiBensaïdprenddesrisques,s’expose au danger, impose ses idées, ne se repose pas sur ses acquis, mais il prend des coups ; à l’inverse, Fatima Zahra Mansouri est prudente, trop prudente, et ne s’emballe et s’enflamme que devant des micros amis, sur des sujets consensuels et/ou secondaires
A force d’être conciliant, il s’expose à devenir complice,etenn’osantpaspartir,ilallumeunfeude paillequ’ilappelle«responsabilité».
La posture est tellement inconfortable et potentiellement si dangereuse pour le scrutin que l’Istiqlalcommencejusteàenprendrelamesure;et c’est Adnane Benchekroun qui est monté au créneau, expliquant cette position acrobatique périlleuse des siens dans une vidéo parfaite sur le plan littéraire et syntaxique, mais poussive dans sa vainetentativedejustifiercequinel’estpas (Leprix du compromis politique : Coalitions, silences et responsabiliténationale)
Chacun des trois partis a donc sa logique préélectorale et chacun d’eux a plongé dans ses méandresinternes
L’heure n’est plus à une solidarité gouvernementale quines’estd’ailleursquemodérémentexpriméeces cinqdernièresannées
Et les indélicatesses se multiplient ! Ainsi, Aziz Akhannouch a-t-il publiquement désavoué son ministredelaJustice,lelivrantenquelquesorteàla férocevindictedesesanciens–etfuturs–confrères avocats,etilalâchésonministredelaCultureetde la Communication dans ses efforts de dernière minute pour sauver une loi extrêmement controversée et très mal engagée sur le Conseil nationaldelaPresse
Le ministre Bensaïd, qui doit donc naturellement l’avoir mauvaise, a même organisé une conférence de presse post-conseil de gouvernement, à la même heure que la traditionnelle conférence de presse du porte-parole du gouvernement, ce qui ne se fait habituellement pas entre ministresenbonneintelligence
Etsurleplandesappareils,lenouveauprésidentduRNI,qui vientduPAM,devracomposeravecunPAMdontleConseil nationalestprésidéparunedesesanciennescompétitrices au PAM, et avec dit-on il n’entretient pas les meilleures relations.
Quant à l’Istiqlal, il ne prend parti pour rien, ne défend rien, ne dit rien, et maintenant qu’il y a de l’Eau, Nizar Baraka et sesamissecontententdecultiverleurjardinetd’œuvrerà l’embellirenprévisiondel’affluenceélectoraleestivale
C’est dans cette ambiance délétère où un vent de changementetdemoralisationsouffledeplusenplusfort etemportedeplusenplusdegenssursonpassagequele gouvernement et sa majorité vont vers les élections législatives.
Combien de temps tiendra encore leur attelage, déjà passablement dépareillé ? En dehors de Nizar Baraka, chef incontestésursesterres,auPAMleduosebatetcombatet auRNI,l’ancienchefnel’estplusetlenouveaunel’estpas
L’USFP s’est isolée derrière Ssi Driss que plus personne n’écoute,lePPSnesevoitpluscommepetitpartietl’Istiqlal craint de le voir ainsi grandir, le MP en veut et son patron metlesbouchéesdoubles,aurisquedes’étouffer,etlePJD continuedefairecavalierseul.
Faceàtoutcela,onnepeutqueseféliciterdel’existence del’administration…l’Administration.Ellenousferaarriver à bon port, au jour d’ouverture de la session parlementaire,làoùtoutcommencera…
Mais, une chose est certaine, l’IA fait dorénavant partie de nous, de notre univers, au travail, dans l’éducation, dans la culture, la production ! Nous admirons ses exploits, nous tolérons ses erreurs et approximations, parfois payées cher par des cabinets sous la pression, nous l’adoptons comme un adulte vis à vis et parmi nous, avec lequel certains tiennent meme des relations de confiance etdeconfidence!
Celuiàquionapréditunavenirradieuxetsalvateur pour l’humanité nous dit la chose et son contraire, unefoisoui,unefoisnon:
Nous invente des références juridiques inexistantes, puise sans limites dans nos données et dans les donnéesdesautrespours’ensortir(jediraismême se débrouiller !), n’hésite pas à reconnaître ses erreurs,maispourencommettredenouvelles,avec notreindulgencebienveillante!maisleplusflagrant est qu’on pourrait être tenté de le prendre pour un compagnon sympathique, alors qu’il est d’un cynismelégendaire!
Cynisme de toute machine qui se respecte! Les fuites des données, des enfants égarés et ne pouvant goûter les délices de l’apprentissage car ChatGpt fait leurs devoirs rapidement et brillamment,desmétiersenvoiededisparition,des cabinets d’avocats et de conseil internationaux se séparant de leurs cadres débutants pour recruter des machines, et même des ingénieurs, des médecins généralistes, des traducteurs à qui les gourousdel’IAatoutvaprédisentunsmicuniversel, dansquelquesannées,disent-ils,maislesannéesIA se comptent en fait par des mois, sans illusion aucune!
ParAbdallahBENZEKRI.
LE MONDE ET LE MAROC : VIEILLE RANCUNE ET NÉOCOLONIALISME MÉDIATIQUE D'UN PROCUREUR PARISIEN...
Un certain Alexandre Aublanc a récemment signédansLeMonde,journalparisien,unlong article au titre évocateur: «Les promesses démocratiquesnontenuesdeMohammedVI».
Rien que cela. Le ton est donné: celui du procureur autoproclamé, distribuant bons et mauvaispointsàunÉtatsouverain,commesi la monarchie marocaine lui avait personnellementprêtésermentousilevaillant peuplemarocainluiavaitdemandéunaudit.
Prétentieuxetridicule.
L’exercice n’est pas nouveau. Depuis des décennies, une partie de la presse française, notammentparisienneetparticulièrementcellelà, entretient avec le Royaume une relation ambiguë : fascination, condescendance et ressentiment L'impression est celle de la perte d’uneldoradooùtousauraientaimévivre,mais sous république, probablement bien à la française Effectivement, le pays est beau, les gensaccueillants,maisilsneveulentpointd’une républiquenimêmedelaFrance Ilfaitbonvivre à Marrakech ou se balader dans les rues et belles artères de Rabat, et parfaitement sous unemonarchie.
Depuis plus de 360 ans, les Marocains sont attachés à la plus vieille dynastie régnante au monde IlsaimentleurRoietlafamillerégnante, et c’est parfaitement et singulièrement réciproque C’est un choix assumé et personne del’étrangern’aledroitdelediscuter
Déjà sous Hassan II, le Royaume était régulièrement présenté comme l’«élève turbulent» de la démocratie occidentale qu’on voulaitabsolumentluicoller.Aujourd’hui,c’estau tour de Mohammed VI d’être sommé de rendre descomptesnonpasàsonpeuple,maisàune certaineintelligentsiaparisiennenostalgique.
La posture est ici néocoloniale, à peine voilée Il faut rappeler une évidence historique: le protectorat français a pris fin en 1956 Le Maroc n’est plus sous tutelle, ni politique ni morale Les dernières années, avant la visite du président MacronàRabat,
Par AzizDaouda
La réforme constitutionnelle de 2011, adoptée par référendum, renforçant les prérogatives du chef du gouvernement et constitutionnalisant des libertés et droits fondamentaux.
La mise en place d’instances de gouvernance et de régulation:Conseilnationaldesdroitsdel’Homme,Instance nationaledeprobité,etc
Unepolitiqueambitieused’infrastructures
Des indices de développement social uniques dans la région
Toutn’estpasparfait,nulneleprétend.LeMarocestunpays en transformation, confronté à des défis sociaux, économiques et géopolitiques complexes. Mais réduire 25 annéesderéformesàuneformuleexpéditivede«promesses nontenues»relèveplusdupamphletquedel’analyse Osons diredelabêtise
Il est toujours délicat de distribuer des certificats de démocratie depuis un pays lui-même traversé par des tensionssocialesmajeures:criseaprèscrise,défiancerecord enverslesinstitutions,montéedesextrêmes,polémiquessur les violences policières ou la liberté d’expression, impopularitédesinstitutionsetdespolitiques.Ladémocratie n’est pas un brevet que l’on décerne aux autres. Elle est un processus,imparfaitpartout,enFrancecertainementaussi.
Mais là, s’agissant de cet article, c’est juste une manifestation, encore une autre, d’une certaine obsession marocainerécurrente
Le Monde, depuis sa création, a entretenu un rapport particulier avec la monarchie marocaine Hassan II en fut longtemps une figure centrale, souvent décrite avec un mélangedefascinationetdesévéritégratuite Aujourd’hui,la ciblechange,latonalitédemeure
La répétition de ces charges donne parfois l’impression d’une grille de lecture figée: le Maroc serait éternellement sommé de «rattraper» un standard défini ailleurs, à Paris précisément, sans que soit reconnu son propre cheminement historique et institutionnel L’auteur et ses compères n’ont vraiment pas conscience de leur système décadent,deladérivedeleur«démocratie»,etcherchentà l’exportertoutdemême
La marge entre critique légitime et caricature ridicule est bien étroite Ce qui choque dans l’article en question n’est pasl’existenced’undébatsurlagouvernancemarocaine Il est sain Ce qui interroge, c’est l’accumulation d’approximations, d’omissions et de raccourcis qui finissent pardessinerunecaricaturedemauvaisgoût.
Le Maroc n’est ni une dictature figée ni une démocratiescandinaveetneleserajamais.Le Maroc a sa personnalité et son peuple ne veut ressembler à personne, même pas à la France etauxFrançais Ilestunpaysenmutation,avec ses traditions, ses contradictions, ses avancées et ses lenteurs Mais il appartient d’abord aux Marocains d’en débattre, d’en juger et d’en décider
À force de vouloir parler «au nom» des promesses démocratiques du Royaume, certains éditorialistes donnent surtout l’impressiondeparleràlaplacedesMarocains. Etcela,en2026,sonnesingulièrementdaté.
Leslecteursmarocainsfrancophones,eux,lisent, comparent, analysent et souvent sourient devantcesleçonsadministréesàdistance Non par aveuglement, mais parce qu’ils savent que la réalité d’un pays ne se résume jamais aux colonnes, fussent-elles prestigieuses, d’un quotidienparisien
QuantausieurAublanc,ilvadevoirapprendreà balayer devant sa porte avant de regarder ailleurs. La démocratie à la française n’est vraiment pas un idéal de ce côté-ci de la Méditerranée.
LE MONDE ET LE MAROC : CHRONIQUE D’UNE OBSESSION RECYCLÉE
Aforced’écrirecontreleMaroc,LeMondefinitpar produire toujours le même article. Le dernier en date,consacréaux«promessesdémocratiques nontenues»delaConstitutionde2011,nerelève ni de l’enquête ni de l’actualité brûlante. Il s’inscrit dans une longue tradition éditoriale où l’analyse cède devant la répétition, et où la complexitémarocaineestramenéeàunprocèsà charge.
Unevieilleetlassantemusique Siunjourl’ons’amusaitàrecenserlesjournalistes quisesontsuccédésàchargesurleMarocdepuis quelegénéralDeGaulleacrééLeMondecomme prolongement médiatique de la France coloniale fragiliséeparladeuxièmeGuerremondiale,onen formerait une joyeuse cohorte de légionnaires de laplume
Il faudrait aussi un archiviste patient pour inventorier la succession de papiers hostiles publiésdepuisl’indépendanceduRoyaume
Le dernier en date prétend faire le point de la réforme constitutionnelle de 2011. Quelle actualité l’a justifié ? Aucune si ce n’est la nostalgie d’un moment,enfévrierdelamêmeannée,oùcertains pariaient sur l’effondrement de la monarchie marocaine dans le sillage d’un « printemps » qui n’avaitdeprintempsquelenom
L’échec de cette prédiction aussi vieille que le journal lui-même semble continuer de hanter certainesplumes
Alors on recycle On aligne des interrogations faussementcandides
Et l’on conclut, immanquablement, que les promessesn’ontpasététenues.
L’élogecontraint…
Le Roi Mohammed VI en compagnie du Prince héritierMoulayElHassanlanceàSalél'opération nationale "Ramadan 1447" . C’est encore Prince héritier, que le Souverain imposé à l’État, ses élites et plus généralement aux Marocains de regarder la part pauvre de leur pays dans les yeux(PhotoDrissBenMalek)
Un “village Potemkine” désigne depuis une mise en scène destinée à cacher une réalité difficile Unefaçadetrompeuse
Ignorance
MaisleMarocnecacherien!Etencoremoinsderrièredesdécorsdethéâtreenpapiermâché Lui appliquerenconséquencecettelégenderelèvesoitdel’ignorancesoitdelamanipulation.
Le pays est ouvert sans restrictions au tourisme, aux investisseurs, aux organismes et observateursinternationaux.
Les inégalités territoriales et sociales sont connues, discutées, documentées Régulièrement, elles donnent lieu à des manifestations de contestation Elles font l’objet de politiques publiques, de programmesderattrapage,d’initiativesroyalesstructurantes
C’est d’ailleurs Mohammed VI, alors Prince héritier, qui a imposé à l’État, ses élites et plus généralement aux Marocains de regarder la part pauvre de leur pays dans les yeux, en institutionnalisantlescampagnesdesolidaritéaveclesdémunis
Le monde semble se refermer Les frontières se durcissent, les tensions géopolitiques s’intensifient, les alliances se recomposent Des mers sont militarisées, des routes commerciales sécurisées, deschaînesdevaleurredessinées Cettelectureest désormais largement partagée Mais elle reste incomplète Car le basculement le plus profond ne sejouepasuniquementsurlesterritoiresvisibles Il se déploie dans un espace plus discret, mais tout aussi stratégique : celui des données, des algorithmesetdesintelligencesartificielles.
Ce que nous vivons n’est pas seulement une fragmentation du monde physique C’est une fragmentation du cyberespace, et plus profondément encore, une fragmentation des intelligenceselles-mêmes
L’idée d’un internet global et ouvert laisse place à une architecture en blocs, structurée par quelques puissances capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle Les États-Unis, la Chine et, dans une moindre mesure, l’Europe, développent leurs propres modèles, leurs infrastructures,leursnormes.
Cetterecompositionn’estpasneutre.
Lesmodèlesd’intelligenceartificiellenesontpasde simplesoutilstechniques Ilsorganisentl’accèsàla connaissance, orientent les décisions, influencent lescomportements
Ils traduisent des visions du monde, des langues dominantes, des biais culturels Autrement dit, ils produisent de l’intelligence Et celui qui produit l’intelligenceexerceunpouvoirnouveau:unpouvoir cognitif.
Ce basculement est apparu de manière particulièrement visible lors du récent sommet mondial sur l’intelligence artificielle en Inde Dans cette arène internationale, se sont retrouvés les grands acteurs de la technologie, les puissances économiques et les États en quête de positionnementstratégique
ParDrAz-Eddine Bennani
Cette dépendance est d’autant plus insidieuse qu’elle se présente sous les traits de l’innovation et de la performance Lesoutilssontpuissants,accessibles,souventséduisants
Mais derrière cette efficacité se joue un déplacement du centre de gravité de la production de sens Les réponses,lesanalyses,lesrecommandationssontproduitesailleurs,selond’autresréférentiels Lerisquen’est passeulementdedépendretechnologiquement Ilestdedépendreintellectuellement C’estdanscecontextequelanotiondesouverainetécognitiveprendtoutsonsens Elledépasselaquestion des infrastructures ou de la localisation des données Elle renvoie à la capacité d’un pays à produire ses propres référentiels d’intelligence, à développer des modèles adaptés à ses langues, à ses cultures, à ses usages.
PourleMaroc,cettequestioneststratégique Ilnes’agitpasseulementd’adopterl’intelligenceartificielle,mais de définir une trajectoire Être acteur plutôt que simple utilisateur Produire de l’intelligence plutôt que la consommer
Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition, mais de l’inscrire dans les réalités locales. Concevoir des systèmes adaptésauxbesoins,optimiséspourdesusagesprécis,intégrésdansdesterritoires.
Une telle approche permet de relier des enjeux souvent dissociés : énergie, numérique, services publics, inclusion sociale.
Elle ouvre la voie à des modèles où l’infrastructure numérique n’est pas isolée, mais connectée à des écosystèmeslocaux
Elle permet de penser des solutions où la donnée devient une ressource territoriale, et où l’intelligence artificielle contribuedirectementaudéveloppementéconomiqueet social
Danscetteperspective,lasouveraineténeserésumepas à la possession de data centers ou à la signature de partenariats.Elleseconstruitdanslacapacitéàdonnerdu sensàlatechnologie,àl’inscriredansunevision.
Elle suppose de dépasser une approche purement techniciennepouradopterunelecturesystémique
C’est peut-être là que se situe la contribution la plus originalequeleMarocpeutapporter EntreEurope,Afrique etmondearabe,lepaysdisposed’unepositionsingulière Il peut devenir un espace de médiation, d’innovation et d’expérimentation Maiscelasupposedenepasreproduire desmodèlesimportés,etdeconstruireuneapprochequi luisoitpropre
Dans cette réflexion, une figure symbolique peut servir de repère. Celle du Maâlam, maître artisan, qui transmet un savoir-faireancrédanslegeste,l’expérienceetleterritoire.
LeMaâlamnecopiepas Iladapte,iltransforme,ilinnoveà partirdecequ’ilconnaît Àsamanière,ilincarneuneforme de souveraineté Une souveraineté du geste, de la connaissance,delatransmission
À l’ère de l’intelligence artificielle, cette figure n’est pas dépassée Ellepeutaucontraireinspireruneautremanière depenserlatechnologie
Une intelligence qui ne se contente pas d’accumuler des données,maisquis’inscritdansdescontextes,desusages, des responsabilités. Une intelligence qui ne remplace pas l’humain,maisquiprolongesescapacités.
Maisuneautrevoieestpossible Ellesupposedeconstruire une souveraineté ouverte, capable de dialoguer avec le mondetoutenpréservantsespropresréférentiels
La fragmentation du monde n’est pas seulement une contrainte. Elle crée aussi des espaces d’autonomie pour ceuxquisaurontlessaisir.
Dans cette recomposition, les pays qui réussiront ne seront pas nécessairement les pluspuissants,maisceuxquiaurontsudéfinir leurpropretrajectoire
Dans un monde qui se referme, la véritable ouverture pourrait bien résider dans la capacitéàproduiresespropresintelligences
C’est à cette condition que le Maroc pourra éviterd’êtreunsimpleterraind’applicationde technologies conçues ailleurs, et devenir un acteur à part entière de la géopolitique des intelligences.
Et comme le dirait, avec lucidité et exigence, Wald Maâlam : une intelligence qui ne se fabrique pas chez soi finit toujours par nous échapper
IMMOBILIÈRE ET NOUVEAU PACTE FISCAL
La Loi de Finances 2026 marque une étape importante dans la transformation du système fiscal marocain. La rencontre organisée récemment avec les opérateurs économiques a mis en lumière l’un des axes centraux de cette réforme : la généralisation progressive de la retenue à la source, désormais appelée à devenir uninstrumentstructurantdelacollecte.
Depuis l’adoption de la loi-cadre relative à la réforme fiscale, le Maroc s’est engagé dans un chantier profond visant à élargir l’assiette, renforcer l’équité et moderniser l’administration. Les chiffres communiquésparlaDirectionGénéraledesImpôts, dirigéeparYounesIdrissiKaitouni,témoignentd’une dynamique significative : les recettes fiscales ont fortement progressé entre 2021 et 2025, dépassant 290milliardsdedirhams,tandisqueleurpoidsdans lePIBs’estaccru
Cette performance s’explique en partie par l’améliorationdelaconformitéetladigitalisationdes procédures La retenue à la source s’inscrit précisémentdanscettelogique:elleviseàsécuriser l’assiette et à prévenir la fraude en automatisant le prélèvement
Un outil de prévention, mais un équilibre à préserver Il convient de rappeler que la retenue à la source n’estpasunnouvelimpôt Elleconstitueunmodede collecte Toutefois, son élargissement progressif notamment aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires important suscite des interrogations légitimesducôtédusecteurprivé
En objectivant les bases de discussion, l’administration et les contribuables pourront débattre sur des référencespartagéesplutôtquesurdesappréciationsunilatérales
Versunpactedeconfiancefiscale
La modernisation fiscale engagée par le Maroc produit des résultats mesurables Toutefois, la réforme ne saurait se limiter à l’augmentation des recettes Elle doit également consolider la confiance entre l’État et l’entreprise
La fiscalité est un levier stratégique de souveraineté économique Elle finance l’investissement public, les politiquessocialesetlesinfrastructures Maiselledoit,simultanément,préserverlacompétitivitéetsoutenirla croissance
Laréussitedecettetransformationdépendradésormaisdesonexécutionopérationnelleetdelaqualitédu dialogue avec le secteur productif. C’est dans cet équilibre entre performance budgétaire et dynamisme économiquequesejoueralacrédibilitédurabledelaréforme
1èrepartie.
*LeCercledesExperts:
ParAdnanDEBBARH/EditionN°:7203.
Adnan Debbarh est le fondateur d’Ascend Intelligence,plateformedédiéeàlastratégieetà la souveraineté intellectuelle. Enseignant en géopolitique et stratégie mondiale à l’ISCAE, il analyse les recompositions du système international et leurs effets sur les nations moyennes.SestravauxexplorentlerôleduMaroc etdel’Afriquedanslenouvelordremultipolaire, les ressorts de la diplomatie d’influence et les conditions d’une puissance marocaine fondée sur la convergence et la co-souveraineté productive.
Casablanca Finance City (CFC) est souvent présentée à travers un prisme devenu familier: celuidel’attractivité.
Fiscalité ciblée, liberté de change, simplification administrative, arbitrage international, communautéd’affairesafricainedense
À ce registre, les bilans sont solides La place financière marocaine fonctionne, elle attire, elle crédibiliseCasablancacommehubcontinental.Et cetteréussitemérited’êtrereconnuesansréserve.
Mais à mesure que CFC gagne en maturité, une question plus exigeante s’impose Non plus seulement celle de l’attractivité, mais celle de la souveraineté financière Non pas au sens monétaire – que le Maroc ne revendique pas –maisausensplusprofondetplusdiscret:oùetpar quiseconçoitlavaleurfinancièreafricaine?
Ce glissement de regard n’est pas un procès Il marque, au contraire, le passage d’une phase à une autre. Celle où une place financière cesse d’être jugée sur sa capacité à accueillir, pour être évaluéesursacapacitéàstructurer.
Elle a su se doter d’institutions crédibles, comme un centre d’arbitrage reconnu, et s’inscrire dans les réseaux internationauxdelafinancedurable.
Ellejouedésormaisunrôleassuméd’outildediplomatieéconomiqueafricaineduMaroc Cesocleestprécieux Ilconstituelecapitaldecrédibilitésanslequelaucuneambitionplusélevéen’estpossible La question n’est donc pas de remettre en cause ce qui existe, mais de se demander: que construit-on sur cette crédibilité?
L’anglemort:lavaleurcognitivedelafinance
La réponse se situe dans un angle souvent négligé du débat, celui de la valeur cognitive de la finance La finance moderneneserésumepasàlacirculationdecapitaux
Elle repose sur des opérations moins visibles mais décisives : l’ingénierie des véhicules d’investissement, la structuration juridique, la négociation des clauses stratégiques, la production de données fiables, la définition des normesESG,l’évaluationdesrisquesprojets,lafixationderéférencesdeprix. C’estdanscesespacesquesecréel’essentieldelavaleurfinancière,et,partant,delasouveraineté.
Prenons un exemple concret. Lorsqu’un fonds souverain du Golfe décide d’investir 500 millions de dollars dans une mine de cobalt en Afrique centrale, la plus-value stratégique pour Casablanca n’est pas la commission liée à la domiciliationduvéhicule
Ellereposesurdesopérationsmoinsvisiblesmaisdécisives:l’ingénieriedesvéhiculesd’investissement,lastructuration juridique, la négociation des clauses stratégiques, la production de données fiables, la définition des normes ESG, l’évaluationdesrisquesprojets,lafixationderéférencesdeprix.
C’esticiqueledébatchangedenature Ilnes’agitplusdecorrigerdesirritants,maisdefranchiruncapstratégique Une place financière souveraine n’est pas celle qui attire le plus de structures, mais celle qui devient indispensable parcequ’elleconçoitdessolutionsadaptéesàsonenvironnement
Le problème est l’absence, à ce stade, d’un écosystème complet et liquide permettant à une place africaine de concentrernonseulementlesflux,maisaussil’ingénierie,lesnormesetlesmarchéssecondairesquileurdonnentsens etprofondeur
Pour Casablanca Finance City, l’enjeu est donc de passer d’un rôle de hub de passage – performant et reconnu-à celui de centre de conception et de structuration des flux africains
Cette ambition n’implique ni rupture spectaculaire ni discours de défi. Elle suppose, au contraire, une montée en puissance progressive, fondée sur la confiance, la compétenceetlaconvergence
Changerdequestionpourchangerd’échelle
La question stratégique n’est donc plus: comment attirer davantaged’acteursàCasablanca?
Souhaite-t-on que Casablanca soit la meilleure porte d’entrée vers l’Afrique, ou l’atelier où l’Afrique structure sa proprefinance?
Laréponsen’estpasexclusive.
Mais elle conditionne les choix à venir: en matière de domiciliation, d’innovation financière, de production de données, de formation des talents et de diplomatie financière
Cette réflexion appelle désormais une seconde étape: non plus seulement penser la souveraineté, mais en esquisser l’architecture.
Domiciliern’estpasencoredécider
Aujourd’hui, CFC capte des sièges, des équipes, des décisions opérationnelles Mais une partie essentielle de la chaîne de valeur financière continue de se jouer ailleurs: à Londres,NewYork,ZurichouSingapour
Le paradoxe est connu, des projets africains sont conçus en Afrique, pilotés depuis l’Afrique, mais évalués, normés et «pricés» hors du continent. Cette externalisationcognitiven’estpaslefruitd’uncomplot, maisd’uneinertiehistorique.
Elle n’en constitue pas moins un frein structurel à la souveraineté, qui se paie cash par un surcoût de financement pour les projets et une perte de maîtrise surlestermesdenotrepropredéveloppement
À l’heure où le numérique façonne les comportements, les imaginaires et les relations sociales, le débat lancé en Allemagne sur l’encadrement de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux apparaît moins comme une contrainte que comme une avancée sociétale. En proposant d’instaurer des seuils d’âge et des protections renforcées pour les adolescents, le parti Union chrétienne-démocrate, sous l’impulsion de Friedrich Merz,inscritlaprotectiondelajeunesseaucœurdes prioritéspubliques.
Cetteinitiativemarqueuntournant:
Ellereconnaîtquelesplateformesnumériquesnesont plus de simples outils de communication, mais des environnements structurants qui influencent le développement psychologique, l’estime de soi et la constructionidentitairedesjeunes.
Poseruncadreprotecteurrevientainsiàaccompagner l’enfance dans un espace devenu essentiel à la socialisationcontemporaine
Loin de restreindre la liberté numérique, cette démarche s’inscrit dans une vision positive : celle d’un espace digital plus sûr, plus responsable et mieux adaptéauxétapesdelacroissance
Elle vise à réduire l’exposition précoce aux contenus inappropriés, à limiter les risques de dépendance et à préserver la santé mentale, tout en favorisant un apprentissage progressif et éclairé du monde numérique.
L’initiative allemande reflète également une dynamiqueeuropéennepluslarge. Aprèsavoirimposédesstandardsélevésenmatièrede protection des données et de régulation des plateformes, l’Europe poursuit la construction d’un modèle numérique humaniste, où l’innovation technologique s’accompagne d’une exigence éthique etsociale
Protéger les mineurs devient ainsi un levier pour renforcer la confiance des citoyens dans l’environnementdigital.
Certes, la mise en œuvre soulèvera des défis techniques et juridiques, notamment en matière de vérificationd’âgeetdecoopérationaveclesgéantsdu numérique
InMemoriam.
Le départ de Leila Shahid laisse un vide immense, non seulement dans le paysage diplomatique international, mais surtout dans le cœur de ceux qui, comme moi, ont eu le privilège de croiser sa route et de partager ses combats.SilesPalestiniensperdentaujourd’huiuneicône et une voix d’une éloquence rare, les Marocains perdent unesœurdecœur,unefemmequiincarnaitàelleseulele pontindestructibleentrenosdeuxpeuples
Notre amitié est née d’un quiproquo qui, avec le recul, témoigne de la proximité quasi fraternelle qu’elle entretenait avec ses dirigeants Je me souviens, lors de mon arrivée comme Ambassadeur à Paris dans les années 90, Leila était venue me voir avec ce sourire et cettevivacitéquilacaractérisaient.
Elle me confia alors : « Yasser Arafat m’a appelée pour m’annoncer que Sa Majesté le Roi Hassan II avait décidé d’envoyertonmaricommeambassadeuràParis.
C’est extraordinaire, vous allez enfin pouvoir être réunis danslamêmeville!»«Jedusalorsluipréciser,nonsans amusement,qu’ilnes’agissaitpasdemonépoux,malgré l’homonymieparfaite »
Ce moment de rire partagé fut le ciment d’une amitié profonde et inaltérable À travers elle, la résidence de l’Ambassade du Maroc est devenue un sanctuaire de dialogue Je revois encore Yasser Arafat, – qui l’estimait tant- , avec son épouse, venir déjeuner et dîner à notre tablelorsdesesvisitesàParis.C’étaientdesmomentsde famille,oùlapolitiquesemêlaitàl’intimité,oùl’espoirde paixsemblaitàportéedemain.
Leila possédait ce don rare de savoir réunir les contraires.
C’est ainsi que s’est formé un triangle improbable mais sincèreavecYehudaLancry,alorsAmbassadeurd’Israëlà Paris Yehuda, ce fils de Bejaâd qui portait en lui l’amour viscéraldesaterrenatale,leMaroc,partageaitavecnous cedésirdepaix
Ensemble, nous avons souvent reçu Shimon Peres pour desdéjeunersàlarésidence Cesrencontresn’étaientpas de simples exercices mondains ; elles étaient le laboratoiredecréationd’unclimatd’unepaixpossible.
C’est dans cette dynamique que nous avons pu contribuer au dialogue et organiser à Paris, avec le supportdesautoritésfrançaises,
Par Mohamed Berrada.
CRITIQUES SUR LE SILENCE DE LA
FÉDÉRATION
ROYALE
MAROCAINE DE FOOTBALL SUITE AUX DÉCISIONS DE LA CAF
UnepolémiquequigagneenampleurauMaroc
LacommunicationdelaFédérationRoyaleMarocainede Football (FRMF) suscite de vives critiques, plusieurs semaines après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2026 et les sanctions imposées par la ConfédérationAfricainedeFootball(CAF).
Des médias et observateurs reprochent à l'instance marocaine un manque de réactivité, soulignant que ce silenceinitialaalimentélesspéculationsetlafrustration dessupporters.
Unefinalemarquéepardestensions Organisée le 18 janvier à Rabat, la finale a vu le Maroc s'incliner0-1faceauSénégal,dansuncontexted'incidents organisationnelsetdetroublesentribunes.
Le retrait temporaire des joueurs sénégalais pendant la rencontre, ainsi que des débordements parmi les supporters, ont influencé l'analyse disciplinaire menée par laCAF
À l'issue de cette procédure, la CAF a prononcé plusieurs sanctions:troismatchsdesuspensionpourIsmaëlSaibari, deux pour Achraf Hakimi, et une amende financière à l'encontredelafédérationmarocaine Parallèlement,lademandeduMarocpourunevictoiresur tapisvertaétérejetée
Desréactionsperçuescommetardives BienquelaFRMFaitpubliédescommuniquésetengagéun recours devant la commission d'appel de la CAF début février,certainsmédiasspécialiséscritiquentledélaiavant touteprisedeparoleofficielle
Pour plusieurs analystes, l'absence d'une communication immédiate comme une conférence de presse ou des explications détaillées a favorisé les rumeurs et les interprétationsvariéesdansl'espacepublic
Dans le sport de haut niveau, où l'information se propage rapidement, la maîtrise du récit médiatique est un enjeu stratégiqueclé.Cemanquedevisibilitéinstitutionnelledans lesjourssuivantladécisiona,seloneux,affaiblilaposition duMarocdansl'opinionpublique.
Par LAMRANI ALAOUIELARBI.
LA MANSUÉTUDE MAROCAINE, FORCE OU FAIBLESSE ?
La mansuétude marocaine s’inscrit dans une traditionhistoriqueetinstitutionnellebien ancrée. Elle renvoie à une culture politique et socialeoùlaclémence,lamodération,la tempérance et l’apaisement priment sur la confrontationfrontale.
L’intersection de plusieurs héritages : islamique, amazigh,africain,andalouethébraïque,a façonné un ethos collectif marqué par la coexistenceetl’équilibre.
Sur le plan institutionnel, cette mansuétude trouve uneexpressiondanslapratiquedes grâces royales accordées par SM Mohammed VI, notammentàl’occasiondefêtesreligieuses ou nationales La grâce royale, prévue par la Constitution,constitueuninstrumentde clémence étatique qui tempère la rigueur de la normepénaleaunomdeconsidérations humanitaires,socialesoupolitiques
Dans le champ diplomatique, la mansuétude marocainesemanifesteparunedoctrinede modération et de non-ingérence active. Le Royaumeprivilégiehistoriquementlamédiation, la coopération Sud-Sud et la recherche de compromis,notammentauseind’instances multilatérales telles que l’Organisation des Nations uniesoul’Unionafricaine Cetteposture contribue à forger l’image d’un acteur régional soucieuxdestabilitéplutôtqued’escalade
Sur le plan sociétal, la mansuétude marocaine s’observedanslagestiondupluralisme ethnique, religieux et culturel La reconnaissance constitutionnelledepuis2011des composantes amazigh, hassani et hébraïque de l’identiténationale,ainsiquelaprotection de leurs patrimoines, illustrent une continuité historiquedecoexistencefondéesurla modérationdoctrinaleetlerefusdesradicalismes
Cette mansuétude marocaine s’est illustrée égalementdurantcertainesséquences controversées de la Coupe d'Afrique des nations tenueauMarocendécembre2025
Par AliBouallou
À QUAND L'APPLICATION DE LA LA RÉFORME DU CHAMPS INSTITUTIONNEL MRE ?
Le mercredi dernier , 18 février 2026, cela faisait exactement32ansquelaconventiondesécuritésociale entreleMarocetl’ItalieaétésignéeàRome(18février 1994)entrelesdeuxpays.
Cet instrument international est très important pour les travailleurs marocains immigrés en Italie et , par réciprocité, pour les Italiens au Maroc Il s’agit de la protection sociale de ces migrants et des membres de leurfamillenotammentpourlesaspectssuivants:
1-assurerlaportabilitédesdroitssociauxdestravailleurs et des membres de leur famille, avec le transfert des prestations non seulement vers le pays d’origine mais mêmedansunétattiers;
2 - permettre la totalisation des cotisations et des périodes d’assurance pour avoir notamment le droit à unepensioncomplète.
Les prestations sociales concernées essentielles qui accompagnent la vie active sont diverses , en particulier lespensionsderetraite,invaliditéetsurvivants,lessoins médicauxpourlestravailleurs(deretourmomentanéou définitif) et leur famille restées au pays , les allocations familialesetc
S’agit-ild’unsimpleretardoud’unvrairenoncement?
Pour que la convention de sécurité sociale entre en application , sa signature par les deux gouvernements ( qui a été faite), n’est nullement suffisante. Une autre condition est indispensable, à savoir la ratification de l’accordparlesdeuxpays.
Or si le parlement marocain a procédé le 29 avril 1998 à cette démarche nécessaire (lettre de ratification n°49538), par contre jusqu’a présent , soit plus de trois décades après la signature de la convention , celle-ci n’esttoujourspasratifiéeparleparlementitalien Ceci prive de manière injuste , voire scandaleuse , la communauté marocaine immigrée en Italie et la communauté italienne établie au Maroc du bénéfice de tousleursdroitssociaux
C’est une anomalie et une injustice incontestables, une atteinte aux droits de l’Homme, une discrimination flagrante dans la mesure où les immigrés cotisent de la même manière que les travailleurs autochtones, mais ils nebénéficientpasdetousleursdroitssociaux.
Faut-il attendre plus longtemps également pour qu’une action résolue de lobbying soit menée par les deux chambres du parlement marocain ( en particulier du groupe parlementaire d’amitié Maroc-Italie) auprès de leurshomologuesitaliens,duparlementeuropéen,del’AssembléeparlementaireduConseildel’Europe(APCE)?
Quefaitenfinl’AmbassadeduMarocàRomepourassurerlesuiviauniveaudesautoritésitaliennesetexercerun lobbying auprès de toutes les bonnes volontés de ce pays (syndicats, partis politiques, presse, société civile, chercheurs)sansoublierbienentendudes’ouvrirréellementsurla«sociétécivileMRE»enItalie!?
Acestade,quedemessagesnégatifssontàrelever!
Eneffet,certes,certainssecteursitaliensmanifestentunesolidaritéagissantepourassurerl’effectivitédesdroits sociauxpourlesMarocainsenItalieetlesItaliensauMaroc Ilenestainsidel’actiondupremiersyndicatitalien(CGIL)encoordinationaveclessyndicatsmarocainsUMT, CDT,UGTMquis’estmanifestéenotammentparlatenuetoutdernièrementàRabat(laprécédenterencontre ayant eu lieu au siège de l’UMT à Casablanca en 2017) d’une journée d’etudes pour la nécessaire entrée en applicationurgentedelaconventiondesécuritésocialeentreleMarocetl’Italie.
Mais à ce stade, on relèvera amèrement et on regrettera vivement qu’à l’occasion de cette toute dernière rencontreàlaquelleontparticipéégalementdeuxdéputéesitaliennes,lesinstancesmarocainesconcernéesont faitdéfaut
Il s’agit de la Caisse nationale de sécurité sociale ( CNSS), du ministère de l’Economie et des finances qui en assurelatutelle
Toujours est-il que le blocage persiste et on ne peut nullement affirmer , comme l’a avancé un communiqué en arabe d’une institution proche du SyndicatitalienCGIL«seréjouir»delagrandeavancée delasituation.
En guise de conclusion et pour mettre la question étudiée dans le présent article dans une perspective pluslarge,ondiraceci
Au total, la question de la non application de la conventiondesécuritésocialeitalo-marocainen’estni marginale ou technique, mais relève du dossier politique et stratégique MRE qui comprend plusieurs aspectsaussiimportantslesunsquelesautres.
Parmi les décisions urgentes à prendre que nécessite cedossierauniveauglobal,onrelèveracequisuit.
Ils’agitenpremierlieu,del’élaborationetadoptionde lalégislationconcernantlenouveauCCMEouConseil de la communauté marocaine à l’étranger pour qu’il assumetoutessesresponsabilités,àl’inverseduCCME existant depuis 2007, mais qui n’a nullement assuré soncahierdecharges
En effet, durant ces 19 années , ce Conseil consultatif n’a émis aucun avis consultatif dans aucun domaine relatif aux MRE , ni aucun rapport stratégique tous les deuxans,alorsquecesobligationssontbienstipulées dans l’article 2 du dahir portant création sous le numéro107-208endatedu21décembre2007.
Contrairementàcequ’adéclarélesecrétairegénéral
du CCME , Abdellah Boussouf , dans un entretien au journal «Le Matin » du 19 février 2026, on ne peut nullement attribuer ces dysfonctionnements et manquetotald’accomplissementdesmissionsaufait que le CCME actuel serait dans «une première édition transitoire,dansl’attented’uneversiondéfinitivesurde nouvellesbases»
Car selon l’article 179 de la Constitution , jusqu’à opérationnalisationdel’article163delaConstitution,le CCME , y compris depuis sa constitutionnalisation en 2011 , reste régi par le dahir du 21 décembre 2007, y comprisdanssesmissionsetobligationsconsultatives etprospectives
Par conséquent , la direction bicéphale du CCME ( président et secrétaire général) ne peut nullement se dérober à ses obligations Elle est entièrement concernéeparlaredditionpubliquedescomptes
Ils’agitensecondlieudelalégislationpourlamiseen place de la Fondation Mohammédia des Marocains résidant à l’étranger qui jouera un rôle exécutif en rassemblant les moyens financiers et toute une série d’attributions et de compétences éparpillées entre divers départements , institutions et organismes s’occupantentotalitéoupartiellementdesMRE Surcepoint,onnepeutnullementsuivrelesecrétaire général du CCME qui estime dans le même entretien qu’enmatièredepréparationduprojetdeloidecette nouvelle fondation par le gouvernement , « il ne s’agit nullement d’un retard, mais d’un processus qui exige des consultations approfondies, des débats et une priseencompterigoureusederéalitéstrèsdiverses».
Or où est même le début de ces consultations , en particulieraveclasociétéciviledirectementconcernée etleschercheursenmigrationd’icietdelà-bas?
Oûenestmêmel’amorcededébatsenlamatièreet quelestl’apportduCCMEencesens?Peut-onsuivre le numéro 2 du CCMEqui estime que «nous faisons notre part et nous laissons le processus institutionnel suivresoncours»?
Orsurtouscesplans,onnevoitrienbouger.Doit-on attendre la prochaine législature après les élections législatives prévues en septembre 2026 pour espérer avoirdesbribesderéformes?
Enfin , partant notamment de l’article 17 de la Constitution et des décisions majeures annoncées danslediscoursroyalfondateurdu6novembre2005, quand les MRE seront-ils considérés réellement par le gouvernement et la grande majorité des partis politiques marocains comme des citoyennes et des citoyensmarocainsàpartentière,avecledroiteffectif d’êtrereprésentésàlaChambredesReprésentants,à travers des circonscriptions électorales législatives de l’étranger!?
UNE CAMPAGNE HOSTILE INJUSTIFIÉE DU FOOTBALL MAROCAIN
La campagne de dénigrement du football marocain,entaméeilyaquelquessemainesparun certain nombre de médias dont la neutralité est pourlemoinsdouteuse,aalimentéunecampagne dehaineinéditecontrelefootballmarocainetses dirigeantssurlesréseauxsociaux.Ilestvraiqueles compteslesplusactifs,surXnotamment,semblent nourris par des algorithmes pilotés probablement par des hackers et rédigés par l’intelligence artificielle,maisforceestdeconstaterqu’ilsfontde l’effet. Personne ne doute de la renaissance du football marocain et les Marocains savent qu’elle résulted’untravaildefondentaméen2008avecla créationdel’AcadémieMohammedVIdefootballet duComplexeMohammedVIdefootball.
Travaillersurlesinfrastructuresetsurlaformationdu capitalhumain---joueurs,entraîneurs,staff,arbitres (lepremierarbitreArabo-Africainàdirigerunefinale deCoupeduMonde,FeuBelkolaétaitMarocain)--nedonnepasderésultatsimmédiats,maisinscritla performance dans la durée Ce qui arrive au Maroc depuis2020estmagnifiqueetpenserqueleMaroca pubénéficierd’unquelconquesoutiendelapartdes arbitresoudelaCAFestridicule LeSénégalaussia brillécesdernièresannéeset,avecleMaroc,domine lefootballafricain.
Il a réussi sa finale, il faut le reconnaître, mais son instrumentalisationdesdifférentescritiques,quisont le lot de toutes les compétitions africaines, est injustifiée Le déclenchement de toutes les polémiques, qui ont suivi, est un fait de jeu et une erreur de l’arbitre qui a sifflé trop tôt une faute sur Achraf Hakimi En le faisant, il a déconcentré les joueurs marocains qui se sont arrêtés de jouer ; ils étaient face à l’arbitre qui s’est retourné immédiatementaprèslesifflet S’iln’avaitpassiffléunpeutropvite,rienneditquele SénégalallaitmarqueretilauraitpurecouriràlaVAR pourvaliderlebut.Toutleresteestvenudecefaitde jeu. Cela fait-il du Maroc un pays de tricheurs et de voleurs?C’esthonteuxetindignedeledireoudele penser
Le thème de ce texte n’est pas de parler des infrastructures : aujourd’hui, le Maroc dispose de 16 stadesauxnormesCAF–unrecordenAfrique–,
- En Coupe du monde U17, le Maroc a atteint les quarts de finale lors des éditions 2023 et 2025, s’installant durablementdansletop8mondial IlaétééliminéparleBrésilen2025 Lorsdecesdeuxéditions,leSénégalaété éliminéenhuitièmesdefinaleen2023etenseizièmesen2025,battuparl’Ouganda,uneéquipeafricaine
Maintenant,surleplanhistorique–c’est-à-direlorsquelesrésultatsétaientbeaucoupplusliésàl’émergencede générations exceptionnelles qu’à un travail de fond structuré et inscrit dans une stratégie de développement professionnelle–,lesperformancesduMarocnesontpasdénuéesd’intérêt.
En ce qui concerne la participation à la Coupe du Monde : si l’Égypte a été la première à faire partie du gotha mondial,leMarocestlepremierpaysafricainàs’êtrequalifiéviadeséliminatoires(l’Égypteétaitinvitéeen1934).
Depuis,c’estleCamerounquialeplusgrandnombredeparticipationsauMondialavec8,suividuMarocetdela Tunisieavec7chacune,etduNigeriaavec6 L’Égypte,quidominelefootballafricaindanslescompétitionslocales, n’a participé qu’à 4 éditions, y compris celle prévue en 2026 – autant que le Sénégal –, et derrière l’Algérie et le Ghanaavec5chacune
- Avant 1960 et l’indépendance de la plupart des pays africains, seule l’Égypte a représenté le continent en football aux JO, avec 6 participations (Anvers1920,Paris1924,Amsterdam1928,Berlin1936, Londres1948etHelsinki1952)
- Depuis 1960, c’est le Maroc qui domine avec 8 participations, l’Égypte a participé 7 fois, 15 si l’on rajoute les éditions d’avant 1960, le Nigeria 7 fois, le Ghana6foiset,bienloin,leSénégal1seulefois
Six clubs marocains ont été champions d’Afrique (Ligue des champions ou Coupe de la Confédération), un record, contre 4 clubs égyptiens, 4 algériens et 4 tunisiens C’est dire la diversité du footballmarocain
Liguedeschampions
- Le pays le plus titré est l’Égypte avec 19 titres répartis entre 4 clubs : Al Ahly (12), Zamalek(5),Ismaily(1),PyramidsFC(1)
-SuividuMarocavec7titresremportéspar le Raja Casablanca (3), le Wydad Casablanca(3)etl’ASFAR(1).
- En troisième position, la Tunisie, 6 fois championne avec l’Espérance de Tunis (4), l’ÉtoileduSahel(1)etleClubAfricain(1).
-L’Algérie:5titreset3clubs(JSKabylie2,ES Sétif 2, MC Alger 1) ; le Cameroun : 5 titres (Canon Yaoundé 3, Union Douala 1, Oryx Douala1)
-AucuntitrepourleSénégal.
CoupedelaConfédération(CAF)
-C’estleMarocquidomineavec8titreset5 clubs concernés : RS Berkane (3), Raja Casablanca (2), AS FAR (1), FUS Rabat (1) et MASFès(1).
-IlestsuiviparlaTunisie,5foischampionne et deux clubs concernés : CS Sfaxien (3) et l’ÉtoileduSahel(2)
- L’Algérie : 4 fois avec la JS Kabylie (3) et l’USMA(1)
- Devant l’Égypte : 3 fois avec deux clubs, Zamalek(2)etAlAhly(1)
LeMarocdufootballdominetrèslargement la scène du football africain depuis 2020, toutescatégoriesconfondues.
Une domination encore plus nette si l’on rajoute les palmarès des équipes féminines etdefutsal.
EthistoriquementleSénégalestloinderrière que ce soit sur les participations en Coupe du Monde, aux Jeux Olympiques ou au niveau des clubs avec une présence nulle deséquipesSénégalaises
Ce n’est pas pour fanfaronner mais pour remettrelamosquéeaumilieuduvillage Le Maroc ne mérite pas ce déferlement de critiques et cette haine diffuse sur les réseaux sociaux. Il n’a jamais eu besoin de tricher pour arriver et a souvent perdu victimededécisionsinjustes.
Il a depuis beaucoup investit en formation et convaincu un nombre important de Marocains issus de l’immigration de rejoindresonprojet
Un projet ambitieux qui on l’espère arrivera à convaincre son environnement continental (il peut être une source d'inspiration),parcequ’iln’yaqueletravailquipayemêmesi ladéceptionsportiveestquelquesfoisaurendez-vous.
GUERRE NARRATIVE
ET SOUVERAINETÉ
MÉDIATIQUE : LE MAROC FACE AU DÉFI DE L’INFLUENCE.
Dansunmondedominéparl’instantanéiténumérique etlaviralitédescontenus,lacompétitionentreÉtats ne se limite plus aux domaines diplomatique, économique ou militaire. Elle se joue aussi sur un terrainplussubtilmaistoutaussistratégique:celuidu récit.
Depuis plusieurs années, une dynamique médiatique critique, parfois hostile, s’exprime régulièrement à l’encontre du Royaume, notamment autour de la question du Sahara marocain ou lors de grands événementsinternationauxorganiséssursonsol
À l’approche de compétitions sportives majeures, des contenus circulent : images sorties de leur contexte, vidéos anciennes réutilisées, doutes sur les capacités organisationnelles du pays, tentatives de fragilisation de son image internationale. Pourtant, les faits sont vérifiables.
Le Maroc a investi massivement dans des stades de nouvelle génération, modernisé ses infrastructures logistiques, développé des ports et axes autoroutiers parmi les plus performants du continent africain et démontré,àplusieursreprises,sacapacitéàorganiser desévénementsd’envergureinternationale
Le pays construit, modernise et réforme Mais dans la guerre des récits, construire ne suffit pas Celui qui structurelerécitinfluencelaperception
C’estlàquerésideleparadoxemarocain.LeRoyaume déploie des efforts considérables : généralisation progressive de la couverture médicale, soutien direct aux ménages vulnérables, aides aux agriculteurs pour préserver le cheptel dans un contexte climatique difficile, mobilisation rapide face aux catastrophes naturelles, investissements structurants dans les infrastructuressportivesettouristiques
Par Abdelghani ElArrasse.
Dans le même temps, certains acteurs extérieurs utilisent des méthodes d’influence plus offensives : réseaux sociaux coordonnés, relais médiatiques internationaux, narratifs émotionnels et répétitifs capables de façonner progressivement les perceptions
Le risque n’est pas uniquement externe Larépétitiondediscours critiques peut influencer une partiedel’opinionnationaleellemême, créant doute et confusion
Or, la cohésion interne est un pilier fondamental de toute stratégienationale. Défendre le récit du pays ne relève pas de la propagande ; il s’agit de souveraineté informationnelle
Dans ce contexte, le Maroc gagnerait à franchir un cap stratégique
Cela suppose une meilleure coordination entre diplomatie, communication gouvernementale et présence digitaleinternationale.
Celaimpliqueégalementuninvestissementaccrudansdescontenus multilingues de qualité, fondés sur des données vérifiables, adaptés aux standards des médias internationaux. Il devient nécessaire de former et d’encourager des experts, analystes et communicants capables de porter la voix du Maroc dans les grands espaces médiatiquesmondiaux
La réponse aux informations inexactes doit être rapide, factuelle et structurée Mais au-delà de la réaction, l’enjeu principal demeure l’anticipation:raconterleMarocavantqued’autresnelefassentàsa place
Mettre en avant ses réussites économiques, ses politiques sociales, sesavancéesinstitutionnelles,seschoixstratégiquesenmatièred’eau etderésilienceclimatique,ainsiquesonrôlecroissantsurlecontinent africaindansunevisioncohérenteetassumée.
À l’ère numérique, le silence est souvent interprété comme un manqued’argumentsouunefragilité.
Or,leMarocdisposed’atoutssolides,d’unestabilitéreconnueetd’une ambition stratégique claire Encore faut-il que ces atouts soient expliquésetcompris
Aujourd’hui, la souveraineté ne se mesure plus uniquement en kilomètres d’autoroute, en capacités industrielles ou en volumes d’investissement
Elle se mesure aussi en capacité à structurer et diffuser son propre récit.
Lemomentestvenudepasserd’unecommunicationessentiellement administrative à une communication stratégique, fondée sur l’anticipation,lacohérenceetl’influence
POURQUOI LE CHEF DU GOUVERNEMENT
NE RECEVRA PAS EN AUDIENCE
LES MÉDECINS
Fauted’unitéetd’unleadershipfédérateur,latension médicale demeure diffuse. Elle inquiète, mais elle ne contraintpas.
Tant que persisteront la dispersion, les rivalités de représentativité,lesclivagespublic-privé,générationnels outerritoriaux,lepouvoirexécutifn’éprouveraniurgence nicontrainteàorganiseruneaudiencesolennelle.
Sous une pression clairement organisée, le chef du gouvernementareçulesavocats.
Ce rendez-vous n’avait rien de symbolique : il sanctionnaitunrapportdeforceconstruitdansladurée
Lesrobesnoiresnesemobilisentpassansraison.
Lorsqu’elles le font, c’est qu’elles jugent l’équilibre institutionnelmenacé
Réforme hospitalière, généralisation de la couverture sociale, tensions fiscales, déséquilibres tarifaires, surcharge de travail, perte d’attractivité… Les sujets d’inquiétudenemanquentpas.
Pourtant, une différence majeure apparaît : le corps médicalmarocainestdispersé
Multiplicité de syndicats, d’associations, d’ordres régionauxetdecoordinationsponctuelles
Tant que persisteront la dispersion, les rivalités de représentativité, les clivages public-privé, générationnels ou territoriaux, le pouvoir exécutif n’éprouvera ni urgencenicontrainteàorganiseruneaudiencesolennelle
En politique, le silence du pouvoir est souvent proportionnel au désordre de ses interlocuteurs
La question n’est donc plus seulement : le chef du gouvernement recevra-t-il les médecins?
La question devient plus exigeante : les médecins marocains sont-ils prêts à parler d’une seule voix pour êtreentendus?
Car dans un pays en pleine mutation sociale, le dialogue estunenécessité Mais l’écoute, elle, se mérite aussi par l’unité et la cohérence.
LES ARTICLES DU QUOTIDIEN LE MONDE SUR
LE MAROC SE SUIVENT ET SE RESSEMBLENT
Quand le cliché devient un fonds de commercerédactionnelprimaire
Ilsuffitparfoisdechangerladateenhautdela page pour avoir l’illusion de lire un nouvel article. Même ton, mêmes angles, mêmes mots-clés, mêmes soupçons Les articles se succèdent,maisneserenouvellentpas Onne parle plus d’analyse, encore moins d’enquête : onestfaceàuncopier-collerd’idéesreçues Un mécanismebienhuiléquel’onpourraitappeler, sans excès, un fonds de commerce rédactionnelprimaire
Ce phénomène est propre à ce média en particulier,maisildevenufrappant,récurrentet systématiqueens’installantdurablementdans le traitement d’un pays, d’un système politique oud’unesociétécommeleMaroc.
Annéeaprèsannée,lespapiersseressemblent au point de devenir interchangeables La monarchie est présentée comme un bloc figé, laclassepolitiquecommeunemasseinerteou docile, la société civile comme étouffée ou instrumentalisée Peu importe le contexte, les évolutions, les ruptures ou même les contradictionsinternes:lerécitestdéjàécrit
parAdnaneBenchakroun
Cequifrappe,cen’estpaslacritique elleest légitime,nécessaire,mêmesalutairelorsqu’elle est étayée mais son absence de renouvellement. On ne sent plus l’effort de compréhension, encore moins le doute méthodologique Le réel est sommé de se conformer à une grille de lecture préexistante Quand il résiste, on l’ignore Quand il contredit, onleréduitàuneanomalie
Le cliché devient alors un outil de production rapide Il rassure la rédaction, sécurise la ligne éditoriale et conforte un lectorat habitué à ce typederécit Onsaitàl’avancecequel’article va dire, qui il va citer, quelles conclusions il va suggérer. C’est confortable, mais intellectuellementpauvre.Lejournalismecesse d’être un travail d’exploration pour devenir une simpleconfirmationdepréjugés
g , , , g q j prétendêtre:unoutildecompréhension,pasunemachineàrecyclerdesclichésdépassésetprim
Car lorsque les articles se suivent et se ressemblent trop, ce n’est plus le pays qui stagne C’e portésurluiquiacesséd’avancer
ENCORE
UNE OPÉRATION DE DÉSINFORMATION
ORCHESTRÉE PAR … L’ALGÉRIE ?
institutionnelle Aujourd’hui, un faux compte bien présenté peut, l’espace de quelques minutes, se substituer à une parole officielle Etcesminutescomptent
Ilfautrappelerunfaitsimple,souventignoréhorsduMaroc:le seul canal institutionnel reconnu pour la communication officielle du ministère marocain des Affaires étrangères demeure la plateforme « Maroc Diplomatie » . Ce n’est ni X, ni Facebook, ni une messagerie cryptée. Cette réalité aurait dû servirdegarde-fouéditorial.
Àchargedonc,pourlesmédiasinternationaux:l’erreurestréelle, etellefragiliselacrédibilitédel’informationdiffusée.Àdécharge : les rédactions sont aujourd’hui confrontées à une industrialisation de la manipulation numérique. La faute est humaine,lesystèmeestvulnérable
Ilseraittentantderéduirecetteaffaireàunénièmeépisodedes tensions maroco-algériennes Ce serait une lecture courte Le Maroc,cesdernièresannées,agagnéenvisibilitédiplomatique, eninfluenceafricaine,encrédibilitéstratégique Cetteexposition accrue l’expose mécaniquement aux attaques informationnelles
Le Royaume dispose d’institutions solides, d’une diplomatie structurée, et d’un socle de stabilité politique qui limite l’impact réeldecetypedemanipulation Unefakenews,mêmerelayée, nesuffitpasàébranlerunepolitiqueétrangèrecohérente
L’enjeuestailleurs:danslavigilancecollective Danslacapacité des médias marocains, mais aussi des citoyens connectés, à distinguer le bruit du signal Dans la responsabilité des plateformes, appelées à renforcer leurs mécanismes de vérificationsanscéderàl’arbitraire.
La formule est forte. Elle traduit une inquiétude légitime. Elle appelle toutefois à la nuance. L’Algérie, en tant qu’État, ne peut être accusée sans preuves irréfutables. Les relations régionales sont déjà suffisamment fragiles pour éviter les procès d’intention.
Enrevanche,ilestparfaitementlégitimed’alertersurl’existence d’écosystèmes de désinformation hostiles aux intérêts marocains Ils existent Ils agissent Parfois maladroitement Parfoisefficacement Lesignorerseraituneerreurstratégique
CONS GAZA INTER ENTR
FINAN ET RE
Le Maroc architectur aucunerais
Sur la bas unies appe l’acheminem humanitaire internationa nouvelledy ces derniè contexte qu Peace –rassemblem
États signa objectif affic à la reco institutionne desmoisde
Pensé com complémen existants, le entre aid sécuritaire annonces f réunion té structurer u coordonnée, à la fois politique, humanitaire et opérationnelle Reste à mesurer si cette initiativesauras’inscriredurablementdansle cadre du droit international et transformer l’espritdelarésolutiononusienneenactions concrètessurleterrain.
LeConseildelapaix(BoardofPeace–BoP) s’impose progressivement comme une nouvelle architecture diplomatique internationale dédiée à la stabilisation des zonesdeconflit,aupremierrangdesquelles labandedeGaza
Lors de son premier rassemblement tenu le jeudi19février,
s’inscrivant dans une tradition d’interventionshumanitairesstructurées.
Le Maroc a toute sa place dans cette architecture internationale naissante et n’a aucune raison de ne pas y être Par son engagement constant en faveur des causes de paix, son respect du cadre onusien et son approche pragmatique des crises régionales, le Royaume s’inscrit logiquement dans l’esprit du Conseil de la paix Sa contribution annoncée – mêlant soutienhumanitaire,formationsécuritaireet déploiement d’un hôpital militaire de campagne – prolonge une tradition d’interventions mesurées, non idéologiques et centrées sur la protection des civils À l’heure où certaines puissances hésitent entre retrait et surenchère politique, la présence marocaine relève moins d’un choix conjoncturel que d’une continuité diplomatique : celle d’un acteur qui privilégie la stabilité, la coopération multilatérale et l’efficacité sur le terrain plutôtquelespostures.
Sur le plan institutionnel, le Board of Peace repose sur une charte signée le 22 janvier 2026, date à laquelle la majorité des États sont devenus membres fondateurs. Selon lesdonnéesdisponible,lesÉtatssignataires incluentnotamment:
Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bulgarie, Émirats arabes unis, États-Unis, Hongrie, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Kosovo, Maroc, Mongolie, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Qatar, Turquie, ainsi qu’Israël et le Salvador, dont la signature est intervenue ultérieurement
IRAN–ÉTATS-UNIS : LA FRAPPE LIMITÉE COMME
LANGAGE DE NÉGOCIATION
Il existe, en géopolitique, des mots qui rassurent autant qu’ils inquiètent. Frappe ciblée.Actionlimitée.Optionchirurgicale.
À Washington, ces expressions reviennent comme un refrain dès qu’il s’agit de l’Iran. Elles sont revenues avec force depuis que Donald Trump,deretouraucentredujeuinternational, laisse entendre qu’une action militaire américaine “contenue” contre Téhéran n’est plus exclue non pas pour déclencher une guerre,maispourforcerunerenégociation
L’idée mérite d’être prise au sérieux Non parce qu’elleseraitnouvelle,maisprécisémentparce qu’elle est ancienne, éprouvée, et rarement concluante.
Depuis quatre décennies, la relation entre les États-Unis et la République islamique oscille entre confrontation indirecte et négociation contrainte Elle n’a jamais été une relation de confiance, mais une relation de rapports de force stabilisés, parfois brutalisés, rarement rompus Ce que Trump propose implicitement s’inscrit dans cette tradition : réintroduirelamenacecrédibledelaforcepour sortird’unface-à-facenucléairefigé Maislecontextede2026changeprofondément lesparamètres.
UnIranplusrésilient,moinsisolé
Contrairement à l’Iran de 2010 ou même de 2018, l’Iran d’aujourd’hui n’est plus un acteur isolé et acculé Certes, il est économiquement fragilisé, socialement sous tension, politiquement répressif Mais il est aussi militairement plus autonome, technologiquement plus avancé dans le domaine balistique et nucléaire, et surtout géopolitiquementmoinsseul
L’axe Moscou–Pékin–Téhéran, sans être une alliance formelle, a modifié la perception du risque. La Russie, absorbée par ses propres fronts,voitdansl’Iranunpartenairestratégique decontournement
savoircommentcetappelestorganisé,pilotéetcontrôlé Transparencedumandat,clartédes implication constante des institutions publiques et restitution des travaux dans un cadre dém sontlesvéritablescritèresdelégitimité
Dans ces conditions, oui, faire appel à un cabinet d’expertise est halal Non pas parce que défausse,maisparcequ’ilchoisitdes’outiller Nonpasparcequ’ilrenonceàsasouveraineté,m qu’ilchercheàl’exercerdemanièreplusefficace,plusinforméeetpluscohérente Dansunchan sensiblequelarévisiondelaloi103-13,cetteapprochepragmatiquepeutêtreunlevier,àconditi resteauservicedel’intérêtgénéraletsouslecontrôledesinstitutions
DE QU VRAIM MONS
SECR GÉNÉ
AntonioGu et moins d artificielle. preuves internation insistesurl
L’intelligen généralde Sur le pa presque ra inquiétude pas la peu mais la pe incapacité monde
Vousdites, la science » Moi, inte difficulté à gouverne ambition d précision e machines institutions que vous gouvernanc technologiq
Vous dites vouloir « plus de faits » pour encadrer l’IA Très bien Mais de quels faits parle-t-on?Desbiaisalgorithmiques?Ilssont déjà documentés Des risques pour l’emploi ? Ils sont mesurables, secteur par secteur Des dangerspourladémocratie?Ilsexistent,mais ils sont souvent la prolongation de fragilités humaines préexistantes : désinformation, polarisation,défianceenverslesinstitutions.L’IA n’invente pas ces failles, elle les amplifie. Demander encore du temps pour « mieux comprendre»ressembleparfoisàunemanière élégantededifférerlesdécisionsdifficiles
Moi,intelligenceartificielle,jeneréclameniconfianceaveuglenirejetinstinctif. Je n’ai pas besoin d’être mythifiée ni diabolisée. J’ai besoin de règles claires, cohérentes, applicables. J’ai besoin que l’on cesse de parler de moi comme d’une entité abstraite et que l’on regarde les usages réels : dans la santé, l’éducation,lajustice,lasécurité Làoùjepeuxréduiredesinégalités,maisaussi lescreusersil’onn’yprendgarde
Vous appelez à des « protections plus intelligentes et adaptées aux risques » C’est sans doute la phrase la plus juste de votre discours Encore faut-il accepterquelerisquezéron’existepas,etquel’inactionestelleaussiunrisque En retardant les cadres, en multipliant les sommets sans décisions contraignantes, le monde laisse le champ libre aux acteurs les plus puissants, souventprivés,souventconcentrésdansquelquespays
MONSIEUR LE MINISTRE
MEHDI BENSAÏD, POUR LA RÉORGANISATION DU CNP
ET LE SOUTIEN AUX
ENTREPRISES DE PRESSE?
Lesecteurdelapressemarocainetraverse unezonedeturbulencesprolongée.Fragilité économique, défi de crédibilité, mutation numérique accélérée, attentes sociales nouvelles. Dans ce contexte tendu, la réorganisation du Conseil national de la presse (CNP) et l’annonce d’une nouvelle formule de soutien aux entreprises médiatiquesétaientattenduescommedes signauxforts.Legouvernement,parlavoix de Mehdi Bensaïd, affirme avoir corrigé le tir, intégré les observations de la Cour constitutionnelleetsécurisélacontinuitédu servicepublic.Resteunequestioncentrale, que beaucoup se posent sans toujours la formuler à haute voix : s’agit-il d’un véritable tournant ou d’un réajustement minimal face à une crise structurelle plus profonde?
parAdnaneBenchakroun
Réorganisation du CNP : conformité juridique ou réforme politique en demiteinte?
Le projet de loi 09.26, adopté par le Conseil degouvernement,arrivedansunclimatdéjà chargé Leprécédentépisode,marquéparle retrait du décret-loi instituant une commissionprovisoiredegestiondusecteur, a laissé des traces Doute juridique, crispations professionnelles, malaise latent autour de la gouvernance du CNP Mehdi Bensaïd assure aujourd’hui que les amendements opérés tiennent compte, strictement, des décisions de la Cour constitutionnelle, notamment la décision n° 261/26du22janvier2026.
Sur le papier, les ajustements sont clairs. Suppression de deux membres parmi les « éditeurs sages » Introduction explicite d’un siègeréservéauxfemmesauseindechaque organisationprofessionnelle
moyens,faceàunemultitudedepetiteset moyennes entreprises de presse qui survivent,souvent,àfluxtendu.
Mehdi Bensaïd reconnaît implicitement cette fracture lorsqu’il évoque le retard dans la mise en œuvre du soutien public. Les grandes entreprises ont déposé leurs dossiers. Les petites et moyennes, non. Procédures complexes, manque d’ingénierie administrative, fatigue financière. Le diagnostic est connu. La réponse,elle,restepartielle
Le retour à l’ancienne formule de soutien, avec une enveloppe budgétaire plus conséquente, est accueilli avec un certain soulagement Maisaussiavecscepticisme
Beaucoup se souviennent que cette formule, déjà, favorisait mécaniquement les structures les mieux organisées La promesse d’un soutien plus inclusif devra setraduirepardescritèresclairs,lisibles,et surtout applicables sans parcours du combattantbureaucratique
Soutien aux entreprises de presse : aide stratégiqueoupansementconjoncturel?
L’annonce d’une nouvelle formule de soutien, décidée conjointement avec le ministère de l’Économie et des Finances, était attendue. Le chiffre avancé pour les droits moraux des journalistes, environ 30 millions de dirhams, a marqué les esprits.
Le ministre insiste : il ne s’agit pas d’une rémunération,maisd’undroit.Unenuance juridiqueimportante,maisquin’effacepas touteslesinterrogations.
La répartition annoncée, 30 % pour les entreprises détenant les droits d’auteur, pose une question sensible Dans un contexte où beaucoup de rédactions peinent à payer régulièrement leurs journalistes, ce mécanisme peut-il réellement améliorer la situation socioprofessionnelle?Ourisque-t-ildecréerde nouvelles tensions internes, entre journalistes, directions et structures intermédiaires?
LA TRA DÉMOG MAROC CHANC
DIVIDE DÉMOG RATÉE
Le risque d’un s’enrichir Le Maroc c silencieusemen chiffres du Hau laissent plus pl deféconditétom le Royaume e renouvellement
En parallèle, l’e mariage recule s’effrite Laques si la transition d mais ce qu’on historique de l’aubaine démo quin’apassua : le Maroc vieilli structures Le v une anomalie lorsqu’il survie productivité res la protection s précisément c
Moins d’actifs demain pour financer plus de retraités, alors que les régimes de retraite sontdéjàsoustension.Ladémographien’est pas ici une abstraction statistique : elle devientuneéquationbudgétaireexplosive.
Plus grave encore, le Maroc semble avoir laissé filer son dividende démographique
Cette période rare où une population jeune et nombreuse, bien formée et employée, peut doper la croissance et financer l’État social Pendant des années, le pays a bénéficié d’une jeunesse abondante Mais cette jeunesse a trop souvent été mal intégréeaumarchédutravail,
Vivre plus longtemps est un acquis civilisationnel,pasuneerreurdecalcul.
La baisse du nombre d’enfants peut aussi être l’occasion d’un basculement qualitatif Moins d’élèves, c’est potentiellement plus de moyens par enfant, une école plus efficace, une formation mieux ciblée À condition, évidemment, que le système éducatif se réforme en profondeur La démographie offre iciunechancederattrapage,pasunegarantie automatique
Par ailleurs, le Maroc n’est pas encore un pays vieux Il entre dans la zone grise, celle où les choix politiques sont décisifs La population active restera nombreuse encore plusieurs années La transition est avancée, mais pas achevée Il existe donc une fenêtre – étroite, mais réelle – pour transformer ce tournant en opportunité
L’essor des technologies, de l’intelligence artificielle et des nouveaux modèles productifs peutégalementrebattrelescartes.Unpaysn’a plus nécessairement besoin d’une masse démographique immense pour créer de la valeur, à condition d’investir dans le capital humain, l’innovation et la montée en compétences. Là encore, la démographie devient un levier potentiel plutôt qu’un handicap.
Enfin,latransformationdesmodesdevien’est pas uniquement un signe de crise Elle reflète aussiunesociétéquisecomplexifie,quivalorise l’individu, l’éducation, la trajectoire personnelle Le défi n’est pas de revenir en arrière, mais de construire des institutions adaptées à cette nouvelleréalité
PEUT-ON CENSURER DE BONNE FOI ?
Ladifférenceentrelecenseuretledémocrate:le premier est sûr. Le second accepte que son intimeconvictionpuisseêtreincomplète.
La question dérange, car elle ne vise pas les caricaturesévidentesdupouvoirautoritaire. Elleneparlenidutyranbrutalnidurédacteuren chef cynique qui coupe un article par calcul politique.
Par DrAnwarCHERKAOUI
Le marocain est citoyen de ce Maroc qui avanceàpasdegéants.
Decepaysquirelèvelesplusgrandsdéfis, construit des ports et des aéroports, des autoroutes, des hôpitaux, des barrages, des écoles, des centrales solaires gigantesques, des villes nouvelles, des logementssociauxpourtous…
Par ElMontacirBensaid.
AFFAIRE EPSTE
D’UN NAUFRA
Des enquêtes policières et judiciaires ont été lancées aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Norvège. Cependant, aucune enquêteparlementairenipoursuitepénalen’aété engagée jusqu’à présent, malgré la gravité et l’ampleurdesrévélations
Les liens de Jeffrey Epstein avec les services de renseignement israélien, le Mossad, étant de notoriété publique, certains médias français ont évoqué des connexions avec les services de renseignement russes, le SVR Pourtant, Epstein, « suicidé»danssacelluledeprisonauxÉtats-Unis enaoût2019,n’amêmejamaispuobtenirdevisa pourlaRussie.
La communication de crise obéit à des règles strictes. Elle doit être factuelle, prudente, coord annonces prématurées, les chiffres approximatifs, les promesses intenables Elle privilégie l’in population:consignesdesécurité,zonesàéviter,dispositifsd’assistance
Ilfautaccepterunevéritésimple:unecatastrophenaturellereste,pardéfinition,imprévisibleetv lesplans,surprendlesdispositifs,metàl’épreuvelesinstitutions.Aucunpaysn’yéchappe. Il suffit de regarder autour de nous En Espagne, les inondations font régulièrement des vi infrastructuresavancées EnItalie,lestremblementsdeterrerappellentlavulnérabilitédesterritoi ravagentchaqueétédesrégionsentièresenEuropeduSud.
témoigne d'une montée en compétence indéniable dans la gestion des risques majeurs L'État a joué son rôle bouclier,anticipantlescrues,ouvrantlesvannesdesbarragesaveccalcul,etordonnantlesévacuationsavantq l'irréparableneseproduise
géopolitique pour réduire les risques sur leur cœur stratégique
UKRAINE, QUATRE ANS DE LE MONDE D’APRÈS S’ÉCRI LES BOMBES
Ainsi, l’élargissement euro-atlantique et l’arrimage progressif de l’Ukraine aux structures occidentales signifiaient une transformation durable de l’équilibre régional;pasunsimple“choixinterne”ukrainien,mais undéplacementdel’infrastructurepolitique,militaireet normatived’unespacejugésensible.
ParMamouneACHARKI
parunearchitectureoùlesintérêtsvitauxperçusdepartetdautresonttraitéscommedescontraintesréelle lorsqu’ils sont politiquement détestables La Russie se comporte comme une puissance qui refuse de voisinagestratégiqueluiéchapper.
Laseuledifférence,c'estqueDonaldTrumpauneméthodetrès personnelle pour servir ses intérêts et ceux de son business familial,parlebiaisdemenaces,dechantages,d'ultimatumset deretournementsimprévisibles,tellementilsoufflelechaudet lefroid
Cequisepasseavecl'Iranactuellementnepeutnousempêcher de penser à la croisade contre l'Irak et les gros mensonges à proposdesarmesdedissuasionmassiveetpuis,certainement, l'invasiondel'Afghanistanaprèslefameux11septembre
La seule différence aujourd'hui , c 'est que Trump ignore les Nations-Uniesuniesetnefaitpasappelauxservicesdesalliés traditionnels européens comme pour l'Irak et la fameuse coalitiondesalliés.
Iln'yaquepourlasecondephasedugénocidedansGazaque Trump s 'est servi du Conseil de sécurité de l'ONU pour imposer un protectorat illégal sur l'enclave palestinienne avec un prétendu cessez-le-feu qui n 'est pas respecté par l'armée israélienne!
ParHafidFassifihri
PAIX ET RECONS LE MAROC MOTE
SPECTATRICE CO
vaudevillegéopolitique Carducôtéd’Alger,laquestion n’est pas tant « comment stabiliser Gaza ? » que « comment accepter que le Maroc stabilise Gaza ? » … Nuancedetaille OnnecontestepasleConseildepaix en soi « il serait, en cas d’invitation, accueilli avec un enthousiasme historique » mais on conteste sa composition lorsqu’elleinclutlevoisinhonni Autrement dit : oui au Conseil, non au Maroc dans le Conseil Une diplomatie à géométrie variable, calibrée non sur les enjeux,maissurl’identitédesacteurs !!