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À force de regarder l’économie marocaine par le haut, à travers les grands groupes, les mégaprojets et les indicateurs macroéconomiques, on finit par oublier l’évidence la plus massive : le Maroc reposed’abordsursestrès petitesentreprises.
Les premiers résultats de l’étude préparatoire aux Premières Assises des TPE le rappellent avec une brutalité statistique presqueembarrassante.
Sur 4 185 580 entreprises recensées dans le pays, 4 060 000 sont des TPE, soit 97%dutissuentrepreneurial national. C’est donc là, et non à la marge, que se trouve le vrai socle de l’économiemarocaine
Le plus frappant, dans ces chiffres,n’estpasseulement l’écrasante domination numérique des TPE C’est le paradoxe qu’ils révèlent Alors qu’elles constituent l’ossature de l’activité productive, elles restent insuffisamment représentées dans les instances
de décision et peinent toujours à accéder au financement, aux marchés publics et aux dispositifs d’appui institutionnel On peut le dit sans détour : il existe une asymétrie profonde entreleurpoidsréeldans l’économieetlaplacequi leur est accordée dans les politiques publiques. Autrement dit, le Maroc vit largement de ses TPE, mais continue trop souvent à penser sans elles.
Cette situation n’est pas un détail administratif. Elle touche au cœur même du modèle de développement Les TPE emploient 83% de la population active du secteur privé Cela signifie qu’elles sont au centre de la création de revenus, de la circulation de la demande, de la stabilité sociale et du dynamisme territorial Dans les quartiers, les petites villes, les espaces périurbainscommedans le monde rural, ce sont elles qui maintiennent une activité, créent des emplois, assurent des services, tiennent des ateliers, font vivre des familles. Elles sont souvent individuelles, familiales, modestes en capital, mais décisives dans la vie quotidienne desMarocains.
Pourtant, derrière la puissance du nombre se cache une autre réalité,plusinconfortableencore:celledel’informalité Surles4060 000 TPE recensées, 2 360 000 sont formelles, tandis que 1 700 000 évoluent dans l’informel Cette seule donnée résume une grande partie du défi marocain Le pays ne souffre pas d’un manque d’initiative économique Il souffre d’une difficulté persistante à transformer cette énergie entrepreneuriale en activité durable, protégée, financée, traçable et productive à long terme La TPE marocaine existe, travaille, produit, vend, survit souvent Mais une partconsidérabled’entreellelefaitencoreendehorsdescircuitsles plusstructurésdel’économie.
C’estpourquoilesPremièresAssisesdesTPE,prévuesles27et28juin 2026, ne peuvent pas être un simple rendez-vous de communication. Elles arrivent à un moment où le pays a besoin d’arbitragesclairs.
Soit le Maroc continue à considérer les TPE comme une catégorie secondairequ’onévoqueàintervallesréguliersdanslesdiscourssur l’inclusion économique. Soit il admet enfin qu’elles constituent le cœurdel’économieréelleetqu’àcetitreellesméritentunedoctrine publiquecomplète: simplificationadministrative,fiscalitéadaptée, accès au crédit, formation, accompagnement à la formalisation, accès à la commande publique et représentation structurée dans leslieuxoùsedécidentlesrègles

Ledocumentpréparatoire,consultéparlarédaction,aaumoinsleméritedeposerlesbonsmots Ilparled’une prioriténationale Ilinsistesurlanécessitéd’unestratégiecohérente Ilaffirmeaussiquelarelationentrel’Étatet lesTPEdoitsortirdelalogiqued’assistanatpourallerversunpartenariatréel L’intentionestjuste
Encorefaut-ildonneràcetteidéeuncontenuconcret UneTPEn’attendpasqu’onlacélèbresymboliquement; elleattendqu’onluiépargnedesprocéduresinutiles,qu’onnelanoiepassousdesnormesconçuespourd’autres taillesd’entreprise,qu’onluiouvreunaccèspluslisibleaufinancementetqu’onluipermettedegrandirsansêtre punieparlacomplexité
Il faut aussi saluer un autre point important : la volonté d’aboutir à un Livre Blanc des TPE, puis à une Charte nationaledesTPE,etmêmeàlamiseenplaced’unpremierGroupementd’IntérêtÉconomiquenationaldesTPE Sur le plan institutionnel, la démarche est intéressante Elle suggère enfin une tentative de structuration de ce monde fragmenté, dispersé, souvent isolé Mais là encore, le danger est connu Le Maroc sait produire des diagnostics,desfeuillesderouteetdestextesderéférence Ilréussitmoinssouventàtransformercesintentions enmécanismessimples,lisiblesetrapidespourlesacteursdeterrain LaréussitedesAssisessemesureradonc moins à la qualité des discours qu’à la capacité d’en sortir avec quelques mesures opérationnelles immédiatementapplicables
Lemessagecentraldecetteétudeestfinalementlimpide:lesTPEnesontpasunsujetsocialqu’ontraiteraitpar compassion, ni un petit dossier sectoriel destiné à occuper une case dans l’agenda économiqueElles sont le centredegravitédel’économienationale.Lefaitqu’iln’existeque580grandesentreprises,
contre125000PMEetplusde4millionsdeTPE,devraitsuffireàremettredel’ordredanslespriorités.
L’enjeun’estpasd’opposerlesgrandesstructuresauxpetites.Ilestdereconnaîtrequelacroissance marocaine,sielleveutêtreplusinclusive,plusterritorialiséeetplusrésiliente,devracesserdesousestimerceuxquilaportentdéjàauquotidien.
En somme, ce que révèlent ces premiers résultats de cette étude, c’est moins une surprise qu’un aveutardif:leMarocs’appuiedepuislongtempssurungéantéconomiquequ’ilatroppeuécouté. LesTPEsontpartout,emploientmassivement,irriguentlesterritoiresetabsorbentunelargepartdes tensions sociales. Elles demandent aujourd’hui moins de compassion que de considération stratégique.
SilesAssisesdes27et28juin2026parviennentàfairepassercebasculement,ellesaurontétéutiles. Sinon,ellesneserontqu’unexercicedeplusdansunpaysquiconnaîtparfaitementsesfragilités, maistardeencoreàleurdonneruneréponseàlahauteur.

Le monde change. Rapidement. Et la vérité, c’est que nous ne sommes plus dans une économienormale.
Il fut un temps, pas si lointain, où investir était une affaire presque ennuyeuse. On achetait un fonds indiciel américain, on attendait, on encaissait. Dix, quinze pour cent de rendement annuel, tranquillement, comme une rente. Ce tempsestrévolu Cequiremplacecetteépoque doréeestmoinsconfortableàregarderenface: une économie mondiale qui ressemble de plus en plus à une économie de guerre Pas forcément de bombes même si les bombes sont aussi de retour mais une guerre économique, une guerre technologique, une guerredesmonnaiesetdesressources Etdans ce nouveau monde, les vieilles règles ne protègentpluspersonne.
Quand la géopolitique devient la nouvelle bourse:cequetoutinvestisseurmarocaindoit comprendreavantqu'ilnesoittroptard
PourunMarocainquiépargne,quitentedefaire fructifier ses économies, qui regarde avec méfianceledirhametavecespoirlesmarchés étrangers, la question n 'est plus « comment gagnerplus?»Elledevient:«commentnepas tout perdre quand le système risque de basculer?»
Le point de départ de cette mutation, c 'est la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Deux blocs. Deux visions du monde. Deux systèmes quisedécouplentlentement,douloureusement, à coups de tarifs douaniers, de restrictions technologiques et de contrôles d'exportation Depuis des décennies, le système fonctionnait sur un principe simple : les Américains imprimaient des dollars, achetaient des biens chinois,etlaChinerecyclaitcesdollarsenbons du Trésor américains Un circuit quasi parfait, une mondialisation heureuse où tout le monde trouvait son intérêt. Le déficit commercial américainatteignait800milliardsdedollarspar an,maisledollarrestaitfortparcequelemonde entierenavaitbesoinpourcommercer
le pétrole, l'or, les matières premières, tout se libelle en dollars C'est ce que les économistes appellent le « privilège exorbitant » : la capacité d'imprimersapropremonnaieetd'enexporterl'inflationverslesautres
Maisceprivilègecréedesrancœurs.EtlaRussie,excluedusystèmeSwift, sesavoirsgelésen2022,aoffertaurestedumondeunedémonstration grandeurnaturedecequesignifiedépendred'unemonnaiequed'autres contrôlent. Des pays ont pris note. La diversification des réserves s 'accélère. Le dollar reste dominant il le restera longtemps mais sa dominationabsoluesefissure,lentement
Face à cette pression, Washington a engagé quelque chose qu ' on peut comparer, toutes proportions gardées, à ce qui s'était passé avec le Japondanslesannées1980 En1985,l'accordduPlazaavaitforcéTokyoà apprécierleyen,rendantsesexportationsnoncompétitivesetplongeant l'économiejaponaisedansdeuxdécenniesdestagnation LesÉtats-Unis tentent quelque chose d'analogue avec la Chine aujourd'hui pression surlamonnaie,restrictionstechnologiques,guerretarifaire MaislaChine n 'est pas le Japon. Elle ne dépend pas de Washington pour sa sécurité militaire. Le Parti communiste contrôle fermement l'économie, peut résisterauxpressionsextérieures,manipulerlesfluxdecapitauxetsurtout c 'est là que ça devient vraiment sérieux elle domine les ressources critiques que le monde entier va avoir besoin dans les prochaines décennies

LaChineproduitenviron60%desterresrares mondiales, mais en traite 85 à 90 %. Le néodyme, le dysprosium, le terbium des noms qui sonnent comme de la sciencefiction, mais qui sont au cœur des aimants permanents utilisés dans les moteurs électriques,leséoliennesetlesmissilesguidés. Elledominelachaîned'approvisionnementdes batteries au lithium-cobalt. Elle produit 80 % despanneauxsolairesmondiaux.
Découpler de la Chine, comme l'espèrent les Américains, c 'est donc une affaire de décenniesetdemilliersdemilliardsdedollars Enattendant,leschaînesd'approvisionnement se perturbent, les coûts augmentent, l'inflation s'installe C'est le prix du découplage Et c 'est nous, consommateurs et épargnants du mondeentier,quilepayons
Dans ce contexte, les marchés financiers ne réagissent plus comme avant Auparavant, une action montait parce que l'entreprise gagnait de l'argent Aujourd'hui, une action de semi-conducteurs s 'effondre parce que Washingtonapubliédenouvellesrèglessurles exportations vers la Chine Une entreprise énergétique bondit non pas parce que l'offre baisse, mais parce que des missiles ont été tirés près du détroit d'Ormuz. Nvidia n 'est plus simplementunfabricantdepucesgraphiques : c 'est un actif stratégique national américain. Savalorisationestliéeàlagéopolitiqueautant qu'à ses résultats trimestriels. « Vous devez penser comme un analyste géopolitique, pas seulement comme un analyste financier » , résume cette nouvelle réalité avec une brutalité qui devrait faire réfléchir tout gestionnairedepatrimoine.
L'intelligence artificielle est au cœur de cette guerre
Pas comme gadget technologique, mais commeenjeudepuissance Celuiquidomine l'IAcontrôlerademainl'économie,ladéfense,la médecine,lestransports LesÉtats-Unissonten tête OpenAI, Google, Anthropic, Meta, tous américains mais la Chine investit massivement et développe ses propres alternativesauxpucesNvidiaqueWashington lui interdit d'importer C'est une course dont l'issue est incertaine, et les marchés la vivent commetelle:desvalorisationsélevées,parfois déconnectées des bénéfices réels, mais portées par la conviction que l'enjeu dépasse la simple rentabilité Pour un investisseur, allouerentre10et30%desonportefeuilleàce secteur
Selon son appétit pour le risque devient une position stratégique, pas seulement spéculative. Mais les yeux ouverts : la réglementation peut s 'emballer, la concurrence chinoise peut surprendre, et les valorisationsactuellesintègrentdéjàbeaucoupd'optimisme.
Voséconomiesàl'épreuvedelagéopolitique—etpersonnenevous avaitprévenus
Faceàtoutcela,ladiversificationgéographiquen'estplusunconseil de sage c 'est une nécessité de survie. Mettre 100 % de ses économies en actifs d'un seul pays, fût-ce les États-Unis, c 'est s ' exposer à un risque systémique que personne ne peut prévoir ni contrôler L'allocationsuggéréeparlesstratègeslesplussérieux:50à 60 % en actifs américains, 20 à 30 % sur les marchés développés Europe, Japon, Canada et 10 à 15 % sur des marchés émergents sélectifs Le Vietnam, l'Indonésie, le Brésil dans certaines conditions L'Inde, malgré son attrait démographique évident, mérite prudence : elleimporte80à85%desonpétroleetdépendfortementdechaînes d'approvisionnementquelaguerrecommercialepeutperturber Une petiteallocation,pasplusde5%,etdesyeuxgrandouverts
Unementionparticulièremérited'êtrefaitesurlesÉmiratsarabesunis, uncasintéressantpourlesinvestisseursmarocainsquicherchentune expositionauMoyen-Orient DubaïetAbuDhabiontsusepositionner comme des zones neutres dans cette guerre géopolitique : ils commercent avec l'Occident et l'Orient, attirent les capitaux russes fuyantlessanctions,lescapitauxchinoischerchantunediversification, les capitaux européens cherchant une fiscalité plus légère Stables politiquement,richesenrevenuspétroliersréinvestisintelligemment,ils constituentunepochederelativesécuritédansunerégionturbulente.
L'or,lui,revientenforcedanslesconversationssérieuses.Pascomme investissement de croissance l'or ne produit rien, ne verse pas de dividendes maiscommeassurance.En2008,ilestpasséde800à1 900dollarsl'once.En2020,ilafranchiles2000.Aujourd'hui,autourde2 600 à 2 700 dollars, avec des estimations à 3 000 ou 3 500 si les tensions géopolitiques s 'aggravent. La logique est simple : quand les gouvernementsimpriment,quandlesmonnaiessedévaluent,quand le risque systémique monte, les gens achètent ce qu ' on ne peut pas imprimer 5 à 10 % du portefeuille en or physique ou via des fonds cotés c 'est la dose raisonnable Ni plus, car l'or ne croît pas avec l'économie Nimoins,carilprotègequandtoutlerestevacille

Enfin etc'estpeut-êtreleconseillemoinsglamourmaisleplusimportant garderdesliquidités Pasmettre tout en oeuvre pour être « pleinement investi » comme on l'enseignait dans les années 2010 Dans une économiedeguerre,laliquiditén'estpasdel'argentquidort:c'estlacapacitéd'acheterquandlesmarchés s 'effondrent,depivoterquandlasituationchange,desurvivrequandlesbanquestraversentdesturbulences 10à20%duportefeuilleencashouéquivalents bonsduTrésoràcourtterme,comptesrémunérés c 'estle coût de l'optionnalité Et dans un monde aussi incertain, l'optionnalité vaut plus que le rendement marginal qu 'onsacrifie
CequetoutcelasignifieconcrètementpourunMarocain?Quelesrèglesdujeumondialesquifaçonnaient discrètementsonpouvoird'achat,lestauxd'intérêtdesescréditsimmobiliers,lesprixdesmatièrespremières importées, l'attractivité du dirham ces règles sont en train de changer profondément Le Maroc, dont l'économierestesensibleauxprixdel'énergie,auxtransfertsdesMRE,etauxfluxtouristiques,n'estpasàl'abri des chocs que cette recomposition géopolitique peut provoquer. La question qui mérite d'être posée sérieusement,parchaqueépargnantetchaquedécideuréconomique:est-onentraindeseprépareràce monde-là,oud'attendrequelechocarrivepourimproviser?
L'or,lui,revientenforcedanslesconversationssérieuses.Pascommeinvestissementdecroissance l'orne produitrien,neversepasdedividendes maiscommeassurance.En2008,ilestpasséde800à1900dollars l'once.En2020,ilafranchiles2000.Aujourd'hui,autourde2600à2700dollars,avecdesestimationsà3000 ou3500silestensionsgéopolitiquess'aggravent.Lalogiqueestsimple:quandlesgouvernementsimpriment, quandlesmonnaiessedévaluent,quandlerisquesystémiquemonte,lesgensachètentcequ'onnepeutpas imprimer 5à10%duportefeuilleenor physiqueouviadesfondscotés c 'estladoseraisonnable Niplus, carl'ornecroîtpasavecl'économie Nimoins,carilprotègequandtoutlerestevacille



Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance de 4,4 % de l’économiemarocaineen2026,confirmantla résilience du Royaume dans un contexte internationalincertain.
UneéconomiejugéerésilienteparleFMI
Dans ses dernières conclusions issues des consultations au titre de l’article IV, le FMI souligne que l’économie marocaine continue de faire preuve d’une grande résilience, soutenue par les investissements publics et privés dans les infrastructures et des fondamentaux macroéconomiques solides L’institution estime que la dynamique de croissance devrait rester robuste dans les prochainesannées
Des perspectives de croissance stables à moyenterme
SelonlesprojectionsduFMI,leproduitintérieur brut(PIB)réelduMarocdevraitprogresserde 4,4 % en 2026, de 4,5 % en 2027, avant de se stabiliserautourde4%àmoyenterme Cette trajectoire repose notamment sur une normalisation de la production agricole et la poursuite des grands chantiers d’investissement, avec une participation accruedusecteurprivé.
Inflationetéquilibremacroéconomique
Le FMI prévoit une hausse temporaire de l’inflation en 2026, principalement liée à l’augmentationdesprixdel’énergie,avantun retourversunniveauprochede2%àmoyen terme L’institutionsouligneégalementqueles réserves internationales du Maroc devraient rester à un niveau confortable, soutenant la stabilitéfinancièredupays
Une dette sous contrôle et des fondamentauxsolides
Lerapportindiquequelesdéficitsbudgétaires restent compatibles avec une réduction progressive du ratio dette/PIB, qui devrait atteindreenviron60,5%d’ici2031
Le FMI met en avant la solidité des politiques macroéconomiques marocaines ainsi que la robustesse des cadres institutionnels du Royaume.
UnsoutienrenouveléduFMI
Le directeur général adjoint du FMI a réaffirmé que le Maroc continue de remplirlesconditionsd’accèsàlalignedecréditmodulable,confirmantla confiancedel’institutiondanslagestionéconomiquedupays
Le FMI insiste toutefois sur la nécessité de maintenir des politiques prudentes face aux tensions géopolitiques et aux incertitudes économiques mondiales L’accent doit être mis sur les réformes structurelles, l’investissement dans le capital humain et la création d’emplois La capacité du Maroc à maintenir ce rythme de croissance dépendradelastabilitédesprixdel’énergie,deladynamiqueagricoleet delapoursuitedesréformesstructurellesengagées




À Rabat, Bank Al-Maghrib met les bouchées doubles pour traiter un point de tension discret mais lourd : plus de 100 milliards de dirhams de créances en souffrance. En ligne de mire, un marché secondaire capabledelibérerdesmarges demanœuvreauxbanqueset de redonner de l’élan au financementdel’économie.
Les créances en souffrance pèsent À fin 2025, leur taux atteint 8,2% dans le secteur bancaire marocain, pour un encours dépassant les 100 milliards de dirhams. Un niveauqueleWalideBankAlMaghrib, Abdellatif Jouahri, juge élevé au regard des standards internationaux. Derrière ce chiffre, une réalité simple : des ressources immobilisées, et autant de crédits qui tardent à irriguer l’économieréelle
Ce n’est pas la première fois quelesujetrevientsurlatable Mais cette fois, le ton change L’urgence est plus palpable « Tant que ces créances restent danslesbilans,elleslimitentla capacité des banques à financer davantage » , a-t-il insisté lors d’un séminaire organisé avec le ministère de laJustice Dansuncontexteoù les entreprises cherchent de l’oxygène et où l’investissement doit repartir, chaquedirhamcompte
Un marché secondaire pour desserrerl’étau
La réponse s’organise autour d’unlevierencorepeuexploité au Maroc : un marché secondaire des créances en souffrance. L’idée est connue ailleurs. Elle consiste à permettre aux banques de céder ces actifs à des tiers, souvent spécialisés, afin d’assainir leurs bilans et de récupérer rapidement de la liquidité
Lechantieravance Unprojetdeloiestenpréparationpourencadrercesopérations Élaboré avecl’appuidelaSociétéfinancièreinternationale(IFC),ilprévoitdesimplifierlesprocédures de cession, tout en assurant le transfert automatique des garanties associées Un point sensible Car céder une créance, ce n’est pas seulement transférer une dette, c’est aussi transmettreunensemblededroits,parfoiscomplexes
Letexteinsisteégalementsurlaprotectiondesdébiteurs,notammentenmatièrededonnées personnelles Unéquilibredélicatàtrouver,entreefficacitééconomiqueetrespectdesdroits Sur ce point, les autorités semblent vouloir éviter les dérives observées dans d’autres marchés.
Enparallèle,BankAl-Maghribadéjàajustésondispositif.Endécembre2025,lacirculairesur la classification des créances a été revue. Une nouvelle catégorie, dite « sensible » , a été introduite.Lesconditionsderestructurationontétédurcies,etladéfinitiondudéfautélargie. Objectif : renforcer la discipline et améliorer la transparence dans la gestion du risque de crédit

Surleterrainjudiciaire,lesdéfisrestentnombreux LesecrétairegénéralduConseilsupérieurdupouvoirjudiciaire, MounirMountassirBilah,adresséuntableausansfard:difficultésàétablirlemontantexactdesdettes,débats surlavaleurdesrelevésbancaires,complexitédescalculsd’intérêtsetdesgaranties Autantdepointsdefriction quiralentissentlesprocédures
Le numérique pourrait changer la donne Des plateformes de ventes aux enchères en ligne sont à l’étude Des outilsdecalculdesintérêtsdestinésauxjugesetexpertscommencentàémerger Mêmelepaiementdesfrais judiciaires se digitalise progressivement Des avancées techniques, certes, mais qui peuvent faire gagner un tempsprécieux
Versuneculturedurèglementamiable
Autreévolutionnotable:l’adoptiond’uncodedéontologiqueparlesbanques,sousl’égidedeBankAl-Maghrib Il met l’accent sur la transparence dans le recouvrement, avant toute action judiciaire. Et surtout, il privilégie les solutionsamiables.Unchangementdeculture,discretmaissignificatif.
Carderrièreleschiffres,ilyaaussidestrajectoiresd’entreprises,parfoisfragiles,etdesménagessouspression.Le traitement des créances en souffrance ne peut pas être uniquement technique. Il touche à la confiance, ce cimentinvisibledusystèmefinancier.
Lechantierestvaste,etriennegarantitdesrésultatsimmédiats.Maisunechoseestclaire:ens’attaquantàces 100milliardsdedirhamsimmobilisés,BankAl-Maghribnecherchepasseulementàassainirlesbilans.Elletente derouvriruncanalessentielceluiducréditaumomentoùl’économiemarocaineenaleplusbesoin.

Boucléenmoinsd’unan,le fonds Adenia
Entrepreneurial Fund I atteint 180 millions de dollars, au-delà de son objectif initial. Une levée rapidequiconfirmel’intérêt croissant pour les PME africainesetplaceleMaroc, avecMaymana,aucœurde cette nouvelle dynamique d’investissement.
Ilyadeslevéesdefondsqui passentpresqueinaperçues Et puis il y a celles qui racontent quelque chose de plus profond. Celle d’Adenia Partners appartient clairement à la seconde catégorie.
Avec 180 millions de dollars réunispoursonfondsAdenia
Entrepreneurial Fund I (AEF), la société de capitalinvestissement dépasse son objectif initial fixé à 150 millions Le tout en moins d’un an Un tempo soutenu, révélateur d’un climat : les investisseurs ne regardent plusl’Afriqueavechésitation, maisavecméthode
Ce n’est pas un hasard si, danslafoulée,lecapitaltotal levé par Adenia franchit le cap du milliard de dollars Derrière ce seuil symbolique, il y a une montée en puissance progressive, presque silencieuse, d’un modèle d’investissement centrésurlesPMEafricaines.
Car c’est bien là que se joue l’essentiel. Sur le terrain, ces entreprises souvent familiales, parfois peu visibles structurent l’économie réelle. Elles emploient, innovent,s’adaptent.Maisellesrestentencore,dansbiendescas,sous-financées.
Adeniaafaitdecesegmentsonterraind’action.EtlechoixdeMaymanacomme premier investissement du fonds en dit long. Au Maroc, la marque s’est imposée danslesecteurculinaireavecconstance.Pasd’effetdemode,maisuneprogression régulière,portéeparlaqualitéetuneidentitébienancrée.
« Nous constatons un vivier important d’entreprises fondées par leurs créateurs, prêtesàfranchiruncapgrâceàdescapitauxinstitutionnels»,expliqueStéphane Bacquaert,associégérant.Leconstatestpartagépardenombreuxinvestisseurs: l’Afrique ne manque pas d’entrepreneurs, mais de financements adaptés à leur croissance.

Danscetteoptique,lefondsAEFneselimite pas à injecter du capital Il s’inscrit dans une logique plus large Création d’emplois de qualité, modernisation des outils industriels, promotion de l’inclusion notamment en matière de genre et réduction de l’intensité carbone figurent parmilesaxesprioritaires
Ces engagements ne relèvent plus seulementdudiscours.Ilsrépondentàdes exigences concrètes des investisseurs institutionnels, largement présents dans cettelevée.Institutionsdefinancementdu développement, family offices européens, fonds multirégionaux ou encore gestionnaires d’actifs africains : le tour de tableestdiversifié,presquestratégique.
Cemélanged’acteurstraduituneévolution du regard porté sur le continent Moins spéculatif, plus ancré dans l’économie réelle On ne cherche plus seulement des rendements rapides, mais des trajectoires durables
Dans ce contexte, le Maroc apparaît commeunpointd’ancragenaturel
Sastabilité,lastructurationdesontissuéconomiqueetsonouvertureinternationaleenfontunterrainpropice L’investissementdansMaymanas’inscritdanscettelogique:souteniruneentrepriselocalecapable,àterme, derayonnerau-delàdumarchénational
Reste que le défi est réel Transformer ces PME en champions régionaux exige du temps, de l’accompagnement et une lecture fine des marchés Le capital seul ne suffit pas Mais il constitue, sans conteste,ledéclencheur
Aufond,cettelevéede180millionsdedollarsneserésumepasàunmontant Ellemarqueuneétape Celle d’un capital-investissement qui s’ancre davantage dans les réalités africaines, en misant sur ce qui fait souventladifférence:desentrepreneurs,dessavoir-faireetunevisiondelongterme

LegroupeOCPaccélèresoninternationalisationenconsolidantsespositionsenFranceetenInde,deuxmarchés clés pour la nutrition des sols. Entre partenariats industriels, logistique optimisée et solutions agronomiques adaptéesauxcultureslocales,leleadermondialdesphosphateschercheàsoutenirsacroissancedanslesengrais, toutenaccompagnantlatransitionversdespratiquesagricolesplusdurables.
Capsurlavaleur:duphosphateàlaferme
L’extensiondesactivitésd’OCPenFranceetenIndes’inscritdansunestratégieglobaledeproximitécommercialeet technique En France, l’écosystème agricole, diversifié et fortement régulé, privilégie la qualité des intrants et la performance agronomique OCP y renforce ses relations avec les distributeurs et coopératives, développe des formulationsàteneursvariablesenphosphoreetenoligo-éléments,etinvestitdansl’accompagnementagronomique, avec des essais de terrain et des outils d’aide à la décision L’objectif est d’optimiser l’efficacité d’utilisation du phosphore,delimiterlespertesetd’assurerlaconformitéenvironnementale,enjeucentralpourlesbassinsversants
En Inde, où la demande en nutriments reste structurellement élevée, la stratégie combine sécurisation des volumes, adaptationauxpolitiquesdesubventionsetmontéeengammedesproduits OCPintensifiesespartenariatsavecdes acteurspublicsetprivés,diversifiesesgrades(DAP,NPK,SSP)etdéploiedesprogrammesdeformationdesagriculteurs surlebondosagedesengrais Lalogistiquemaritime,adosséeàdescontratslongtermeetàuneplanificationsouple, réduitlescoûtsetaméliorelafiabilitédeslivraisonslorsdessaisonsdesemis L’entreprisemetaussil’accentsurles engraisspécialisésetlessolutionssolublespourl’horticultureetl’irrigation.
Cette stratégie s’accompagne d’un effort R&D visant des produits à plus forte efficacité agronomique (enrobages, inhibiteurs,mélangemicrogranulé)etd’uneempreintecarbonemaîtrisée,grâceauxénergiesrenouvelablesdéployées auMarocetàl’optimisationdeschaînesdevaleur.EnconsolidantsespositionscommercialesettechniquesenFrance et en Inde, OCP espère capter davantage de valeur sur des marchés exigeants, tout en soutenant une fertilisation raisonnée.
In fine, l’enjeu sera de conjuguer volume et durabilité : répondre à la demande croissante en nutriments tout en diminuant l’intensité environnementale par tonne d’engrais appliquée La proximité avec les agriculteurs et les distributeurs,pivotdesdeuxmarchés,seradéterminantepourfidéliseretdifférencierl’offre

Derrièreuneécriturecomptableenapparence anodine,unmouvementstratégiquemajeurse dessine. En isolant les actifs de la BMCI, BNP Paribas envoie un signal clair : la page marocaineestentraindesetourner,auprofit d’unacteurnationaldéjàbieninstallé.
BNP Paribas franchit un cap décisif dans son désengagementduMaroc Legroupeareclassé lesactifsetpassifsdelaBMCIdanssescomptes consolidés, en application de la norme IFRS 5 Une opération technique en apparence, mais qui confirme clairement l’avancement du processusdecession
Dansledétail,7,8milliardsd’eurosd’actifset6,1 milliardsd’eurosdedettesontétéisolésdubilan courantpourêtreprésentéscommedestinésà lacession.Lesprêtsàlaclientèleont,eux,reculé de5,5milliardsd’euros.Quantauxcréancesen souffrance, elles atteignent 811 millions d’euros, couvertesàhauteurde556millions Deschiffres lourds,précis,quitraduisentuneopérationdéjà bienengagée
Cereclassementn’estpasqu’unjeud’écriture Il repose sur une hypothèse forte : la perte de contrôle de la BMCI est désormais jugée « hautementprobable»dansundélaid’unan En langage financier, cela signifie que la transaction pourrait être finalisée d’ici fin 2026, un an après l’ouverture des discussions exclusivesavecHolmarcomendécembre2025.
L’opérationportesur67%ducapitaldelaBMCI Uneparticipationstratégique,quiferaitbasculer l’unedesbanqueshistoriquesduRoyaumesous contrôle majoritairement marocain Car Holmarcomn’estpasunnouveauvenu:présent dans la finance, l’assurance et l’industrie, le groupe est déjà actionnaire de la banque depuisprèsdetroisdécennies
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique pluslarge.Depuisquelquesannées,lepaysage bancaire marocain se recompose en profondeur.
Après le Crédit du Maroc, déjà passé sous pavillon national, la BMCI pourrait suivre le même chemin Une évolution qui reflète, en creux, la montée en puissance des groupes marocains dans des secteurs longtempsdominéspardesacteursétrangers.
Pour BNP Paribas, il ne s’agit pas d’un repli subi. Le groupe, fort de ses performancesfinancièressolidesàl’échelleinternationale,procèdeàune réallocation ciblée de ses ressources Le Maroc, malgré son potentiel, ne figurevisiblementplusparmisesprioritésstratégiques Unchoixassumé, dansuncontexteoùlesgrandesbanqueseuropéennesrationalisentleur présenceàl’international
Etpourtant,leparadoxeestlà Aumomentmêmeoùlasortieseprécise,la BMCIcontinued’afficherdessignauxpositifs DistinctionsRH,initiativesen financeverte,engagementopérationnel labanquen’ariend’unactifen difficulté Au contraire, elle reste un acteur structurant du système bancaire national, héritier d’une longue histoire entamée dès les années 1940.
Côtémarocain,l’enjeudépasselasimplereprise.PourHolmarcom,ils’agit de consolider un pôle financier capable de rivaliser à l’échelle régionale. L’intégration de la BMCI pourrait renforcer cette ambition, à condition de réussir la transition sans rupture un défi autant humain que stratégique Restedésormaisl’étaperéglementaire Commetouteopérationdecette ampleur, la transaction devra obtenir les autorisations nécessaires Mais dans les cercles financiers, peu doutent de son aboutissement Les signauxsonttropconvergentspourlaisserplaceàl’incertitude
Au fond, ce dossier dépasse la seule BMCI Il raconte une mutation plus profonde:celled’uncapitalismemarocainquis’affirme,prendconfiance et,progressivement,reprendlamainsursesactifsstratégiques.Sansbruit. Maisavecméthode.

Entre Rabat et Londres, l’heure n’est plus aux promesses, mais à la mise en mouvement. Le partenariat renforcé signé en 2025 prend corps avec une volonté affichée et désormais plus tangible de faire bouger les lignes du commerce, des investissementsetdesgrandsprojetsstructurants.
Ce qui pouvait passer pour une simple déclaration diplomatique prend un tout autre relief lorsqu’on regarde de près. Le 23 mars, à la Chambre des Communes de Londres, Chris Bryant, ministre d’État britannique chargé du Commerce, a remis sous les projecteurslePartenariatstratégiquerenforcéentreleMarocetleRoyaumeUni,signéen juin2025àRabatlorsd’undialoguestratégiquemarquantunenouvelleétapedansleur coopérationéconomique
Ce qui, de prime abord, peut ressembler à une formule bien rodée prend une nuance différente à l’aune des engagements récents : les deux pays entendent désormais traduire ce partenariat en actions concrètes dans des secteurs clefs comme les infrastructures, l’agriculture, les marchés publics, ainsi que dans la mobilisation d’opportunitésd’investissementdesdeuxcôtésdelaMéditerranée
Lorsdesoninterventiondevantlesdéputésbritanniques,Bryantarappelél’importance de ces domaines prioritaires Mais il a surtout insisté sur l’intention commune d’aller audelà des simples intentions politiques Une quête de résultats mesurables qui s’est déjàmatérialisée,ennovembredernieràLondres,lorsdelatroisièmesessionduConseil d’association RoyaumeUni/Maroc Les deux parties y ont convenu de s’appuyer sur le dialogue stratégique pour concentrer leurs efforts sur des « avancées concrètes » une expression qui, dans le vocabulaire diplomatique, marque souvent une inflexion vers l’opérationnel
stratégique prend forme Pour le Maroc, qui poursuit une agenda ambitieux de développementéconomiqueetd’attractiond’investissementsétrangers,laconsolidation des liens avec le RoyaumeUni apparaît comme un levier pertinent pour soutenir notammentsesprojetsd’infrastructuresetsesfilièresagricoles.

Pour Londres, dans un contexte postBrexit,renforcerlesliensavecdes économies dynamiques du pourtour méditerranéen permet de diversifier ses relations commerciales et de sécuriser de nouvelles chaînes d’approvisionnement.
Sur le terrain, cela pourrait se traduire par une présence accrue des entreprises britanniques dans les appelsd’offrespublicsmarocains,une collaboration plus soutenue dans des projets d’innovation agricole, ou encorepardesfacilitésnouvellespour lesinvestisseursmarocainssouhaitant explorer des opportunités au RoyaumeUni
Ce changement de ton vers plus de concret n’est pas anodin Il traduit, selonplusieursanalystes,uneprisede conscience partagée : le commerce bilatéral ne se construira pas uniquement autour de discours, mais par des partenariats d’entreprise à entreprise, des projets cofinancés, et desengagementsmesurables
Et si le défi reste considérable entre coordination institutionnelle, adaptation réglementaire et concurrenceinternationalel’important aujourd’hui est que le cadre stratégique ne soit plus une fin en soi, mais le point de départ d’une dynamique d’échanges plus riche et pluséquilibrée
Ainsi,plusqu’unsimplesignalpolitique, le partenariat Maroc–RoyaumeUni s’affirme progressivement comme un moteur de coopération économique tangible, appelant à des résultats qui, pour la première fois, semblent à portéedemain



Le31mars,àMaidièresprèsdeNancy,unforum économique France–Maroc mettra en lumière les opportunités d’investissement industriel et leslogiquesdeco-développement.Unrendezvousdiscret,maisstratégique,àl’heureoùles chaînesdevaleurseredessinent.
Le 31 mars à Maidières, le cinquième Forum économique CCE Grand-Est mettra le Maroc au cœurdeséchanges Discret,maisstratégique,ce rendez-vousreflètel’importancecroissantedela coopérationindustrielleentrelesdeuxpays
Organisé par le comité Lorraine des Conseillers du Commerce Extérieur de la France, en partenariat avec le Consulat général du RoyaumeàStrasbourg,cerendez-vousviseclair: rapprocher concrètement entreprises françaises etmarocaines.Pasdanslesdiscours,maisdans les projets. Implantations industrielles, coinvestissement, structuration de filières… le vocabulaire est technique, mais l’enjeu, lui, est trèsconcret:produireensemble,etmieux
Danscegenredeforum,l’essentielnesejouepas toujours à la tribune Entre deux sessions, les échanges s’accélèrent, les cartes de visite circulent, et certaines discussions prennent une tournure plus concrète C’est souvent dans ces moments informels que naissent les collaborations les plus durables. Les organisateurs,visiblement,misentaussisurcette dynamique.
Le programme s’articule autour de deux tables rondes Lapremière,centréesurlescompétences territoriales et les chaînes de valeur, interrogera les complémentarités entre la région française du Grand-Est et le Maroc Une approche pragmatique : qui sait faire quoi, et comment articulercessavoir-fairedansunelogiquedecodéveloppementàl’horizon2030-2040
Les échanges porteront notamment sur des secteurs clés : l’eau, les infrastructures hydrauliques, l’économie circulaire et le développementdurable.
Des domaines où le Maroc, confronté à des défis structurels mais aussi riched’expériencesrécentes,peutjouerunrôledeterraind’innovation Et oùlacoopérationinternationaledevientpresqueunenécessité.
La seconde table ronde adoptera un angle plus opérationnel. Elle s’intéressera aux outils d’accompagnement à l’international : financement, stratégie, appui commercial. Là encore, le discours se veut concret Des entreprises déjà engagées au Maroc partageront leurs retoursd’expérience Succès,maisaussiobstacles Carderrièreleschiffres, ilyatoujoursuneréalitéplusnuancée
Ce forum réunira une palette d’acteurs assez large : responsables institutionnels, décideurs économiques, représentants d’organisations professionnellesetd’institutionsfinancières


Attijari Global Research maintient son avis de conservation sur Maroc Telecom. Derrièrecetteposition,uneréalitéplusnuancée:legrouperestesolide,maisentre dansunephaseoùl’investissement,ladataetlagestiondurendementdeviennent desarbitragesstructurants.
Maroc Telecom avance, oui, mais sur une ligne de crête plus étroite. L’institution maintientsonavisdeconservation.Unchoixqui,enlangagedemarché,traduitmoins unmanqued’intérêtqu’unappelàlamesure.
L’exercice 2025 en est l’illustration la plus concrète Le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 36,68 milliards de dirhams, globalement stable par rapport à 2024 L’EBITDA s’établit à 18,49 milliards, en recul de 3,6%, pour une marge de 50,4%
Quant au résultat net part du groupe récurrent, il atteint 5,65 milliards de dirhams, en baisse de 4,9% Des niveaux encore élevés, mais légèrement en dessous des attentes initialesd’AGR
C’estpeut-êtresurledividendequeledécalagesefaitleplussentir Fixéà4dirhams paraction,ilresteenretraitparrapportaux4,81dirhamsanticipés Dansunmarchéoù le rendement compte, ce type d’ajustement n’est jamais anodin D’ailleurs, le titre a reculé de 14,6% sur douze mois à la mi-mars 2026, à contre-courant d’un MASI en progressionde2,3%

Mais réduire l’analyse à cette contre-performanceseraitpasserà côté de l’essentiel. Car Maroc Telecom est engagé dans un cycle d’investissement structurant. Fibre, 5G, infrastructures data… autant de chantiers indispensables pour accompagner les ambitions du Maroc, notamment à travers la stratégieDigitalMorocco2030etles échéancesinternationalesàvenir
Ce virage se lit déjà dans les comptes L’augmentation des amortissements, conséquence directe des investissements, pèse sur la rentabilité à court terme Le taux de distribution s’établit à 50% sur le résultat publié et à 62% sur une base récurrente, en deçà des 70% précédemment anticipés par AGR Le message est clair : il faut financer la croissance de demain, quitte à modérer la générosité immédiate
Sur le marché domestique, les tensions persistent Les revenus au Maroc reculent de 2,4% à 18,69 milliards de dirhams. Le mobile, en particulier, enregistre une baisse de 4,7%, dans un environnement marqué par une régulation stricte, une concurrence accrue et la transformation des usages. La voix décline,ladatas’impose.
Et c’est précisément là que se dessine une issue La data mobile progressede5,1%,tandisqueladata fixe augmente de 4,4%, portée par unecroissancede35%duparcFTTH Lentement mais sûrement, Maroc Telecom réoriente son modèle Moins dépendant des usages traditionnels, plus ancré dans les servicesnumériques
q
Lesprévisionstablentsurunchiffred’affairesde37,19milliardsdedirhamsen2026,puis38,21milliardsen Le résultat net récurrent remonterait à 6,04 puis 6,11 milliards de dirhams Le dividende, lui, évolu progressivementà4,46dirhamspuis4,60dirhams,soitunrendementmoyenprochede4,8%

Aufond,MarocTelecomnedécrochepas Ilsetransforme Etdanscettephasecharnière,le marchénechercheplusunepromessedecroissancerapide,maisunetrajectoirecrédible C’estsansdoutepourcelaqu’AGRresteàl’équilibre:nieuphorique,niinquiet Simplement lucide
AlorsquelaguerreauMoyen-Orientperturbelanavigationdansledétroitd’Ormuz,leMarocsepositionnecommeun acteur stratégique sur le marché mondial des engrais, en particulier sur le segment des engrais phosphatés. Les tensions internationales relancent les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial en engrais azotés, essentiels à l’agriculture.
Unedépendancemondialeauxengraisazotés
LespaysduGolfeetl’Iranassurentplusd’untiersdesexportationsmondialesd’uréeetenvironunquartducommercede l’ammoniac, deux composants indispensables pour la production agricole Tout blocage dans cette zone pourrait impacterdirectementlesfluxmondiaux,notammentàl’approchedessaisonsdeculturedansl’hémisphèrenord Selon DavidLaborde,économisteàlaFAO,«lesengraisazotéssontlesplussensiblesauxfluctuationsgéopolitiques»,enraison deleurdépendanceaugaznaturel,concentrédansunnombrelimitédepays
LeMaroc,pilierduphosphate
Le Maroc, via le groupe OCP, détient près de 70 % des réserves mondiales de phosphate et produit chaque année 35 millionsdetonnesderochephosphatéeetplusde12millionsdetonnesd’engraisphosphatés,exportésversplusde160 pays Cette position confère au Royaume un rôle central dans la sécurité alimentaire mondiale, en complément des engraisazotésetpotassiques
Versunerecompositiondesfluxcommerciaux
Silestensionsperdurent,leMarocpourraitbénéficierd’unrééquilibragedesfluxmondiaux SelonLaborde,lerisqued’une pénurieimmédiaterestelimité,maisdesperturbationsdeprixetdesmodificationsdessourcesd’approvisionnementsont possibles Lesmarchésrestentégalementcontraintspardespolitiquesnationales,commecellesdelaChine,quilimite sesexportationspoursécurisersonmarchéintérieur
Lescrisessuccessives:Pandémie,guerreenUkraine,conflitauMoyen-Orientontdéjàmissouspressiondenombreuses économiesdépendantesdesimportationsd’engrais,notammentenAsieduSud,auMoyen-OrientetenAfriquedel’Est.

Mercredi 25mars2026 à l’aéroport de Rabat‑Salé, un accord officiel a été signé entre la Fédération royale marocainedefootball(FRMF)etl’Office national des aéroports (ONDA). L’objectif: faire de la mobilité des sélections nationales un atout logistique réel, tout en renforçant la réputation du Royaume comme plateforme sportive continentale reconnue.
Ce partenariat entre la FRMF et l’ONDA, concrétisé par la signature de FouziLekjaa, président de la FRMF, et d’AdelElFakir, directeur général de l’ONDA institution désormais connue souslenomAirportsofMoroccos’inscrit dans un contexte marqué par la forte croissancedutraficaérienduRoyaume. En 2025, les aéroports marocains ont accueilli quelque 36,6millions de passagers,soitunehaussed’environ11% par rapport à l’année précédente, avec une progression particulièrement notable à RabatSalé (+26%); chiffres renduspublicsrécemmentparl’ONDA.
En marge de la signature, dans un hall d’accueil encore animé des préparatifs postCouped’AfriquedesNations(CAN) 2025, plusieurs responsables ont évoqué à demimot ce que cet accord change dans la vie quotidienne des équipes: moins d’attente, plus de fluidité, et surtout une meilleure coordination avec les calendriers sportifs «L’accueil commence bien avant les stades», confiait un membre du staff technique d’une sélection, souriant derrière son café, comme s’il racontait une anecdote désormais banalemaissignificative
L’accord prévoit des dispositifs logistiquesavancésdanslesprincipaux aéroportsmarocains:espacesd’accueil dédiés aux équipes, canaux de transit simplifiés, coordination renforcée entre services douaniers, sécurité et encadrement technique. Cela concerne non seulement les équipes nationales de football, mais aussi les délégationssportivesinternationalesde passage au Maroc pour des compétitions,destoursamicauxoudes stages.
Audelà de la mise en place pratique, ce partenariat prend place dans un paysageenpleinetransformation:leMarocdéveloppesacapacitéaéroportuaire dansunelogique«Airports2030»,quiviseàmoderniserlesplateformesmalgré desbesoinscroissants,notammentenvuedegrandsévénementssportifsàvenir comme la Coupe du Monde de football 2030 Cette stratégie inclut des expansions majeures comme la livraison prochaine d’un nouveau terminal à RabatSalé, capable d’accueillir jusqu’à 4millions de passagers par an, une évolutionprévueavantlafinde2025
Pour l’ONDA, l’inscription dans ce partenariat avec la FRMF s’inscrit dans une volontédefairedesaéroportsunoutilauservicedurayonnementnational,làoù le sport devient vecteur d’attractivité, d’ouverture économique et d’intégration internationale Il ne s’agit plus seulement de transporter des équipes, mais de faire du passage dans les aérogares un moment d’expérience positive, un avantgoûtd’accueilquiprolongel’émotionhumainedusport
Le partenariat entre la FRMF et l’ONDA change concrètement la donne pour les déplacementsdessélectionsnationales.Ilnes’agitplusseulementdegérerdes trajets ou des formalités : chaque passage dans les aéroports devient un processus organisé, fiable et rapide, qui permet aux joueurs et aux staffs de se concentrer pleinement sur leur préparation et leurs performances. Cette coordinationaméliorenonseulementleconfortetl’efficacitédeséquipes,mais elle renforce également la capacité du Maroc à accueillir des compétitions internationales dans des conditions professionnelles. En simplifiant les flux et en anticipantlesbesoinslogistiques,lepaysconsolidesapositiondehubsportifsur le continent, tout en transformant chaque déplacement en un véritable levier pourlaperformanceetl’expériencesportiveglobale.
Enliantlecieletlesport,laFRMFetl’ONDAdéploientunevisioncommune:fairede chaquearrivéeunacted’accueilnational,etdechaquedépartunepromessede performance,consolidantainsilerôleduMarocsurlascènesportiveafricaineet mondiale

Dans une région qui regorge de potentialités naturelles et culturelles, le Centre Régional d’Investissement (CRI) de FèsMeknès a lancé un appelàprojetsambitieuxpourlaréalisationde11 initiatives touristiques sur foncier public. Objectif affiché:renforcerl’attractivitéterritoriale,stimuler l’investissement privé et générer des emplois durables,toutenstructurantuneoffretouristique marocainemoderneetintégrée.
Ce plan d’investissement, loin d’être une simple opération cosmétique, s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des atouts locaux et de création de richesses partagées. Il cherche à répondre à une demande croissante d’hébergements et d’activités innovantes, particulièrementdepuisqueletourismenationalet internationalreprenddelavigueur
L’un des projets phares est prévu dans la province deSefrou:unHôtelClub4étoilesde80chambres Ce complexe n’est pas un simple établissement d’hébergement Ildoitcomprendredesinstallations récréatives et sportives – piscines, Aqua Parc, terrainsmultisports,salledeconférences–ainsique des espaces d’animation variés, selon le communiquéduCRI L’ambitionestclaire:offrirune expérience touristique intégrée, capable de retenir les visiteurs plus longtemps et de créer un impact économique direct sur les artisans, les prestataires locauxetlescommerces
Dans la province de Boulemane, l’appel à projets portesurlacréationd’ungîtedénommé«Tichoukt» surunhectareàEnjil,ainsiqued’unécomuséeetde lodges sur un hectare à El Orjane Ces initiatives visent à valoriser le patrimoine naturel et culturel, tout en attirant un tourisme plus sensible aux expériences authentiques, loin des circuits traditionnels.
La province de Taounate n’est pas en reste : un projetdemaisond’hôtesassociéàunparcdeloisirs à Ourtzagh, ainsi qu’une résidence de tourisme 3 étoilesàAlKissane,sontauprogramme.Cesprojets sont conçus pour compléter l’offre existante et répondre à des segments de clientèle variés –familles,jeunesvoyageurs,tourismedeproximité
LavilledeTazaaccueilleraplusieursprojetsrépartis dansdifférentescommunes
ÀBabBoudir,ungîtetouristiqueetunHôtelClubsontprévus;àSmia,un gîte;àMatmata,unHôtel3étoiles;etenfinàBouchfaa,ungîteassociéà uncentred’interprétationenlienavecleParcNationaldeTazzeka,point d’intérêtnaturelmajeurdelarégion
Quant à la province d’El Hajeb, elle doit voir l’émergence d’un Hôtel 3 étoilesauminimum,consolidantainsil’offrehôtelièrelelongd’uncorridor stratégiqueentreFèsetMeknès.
SelonleCRI,cesprojetss’établirontsurdifférentstypesdefoncierpublic–ycomprisleDomainePrivédel’État,lesterrainscommunaux,collectifset forestiers – offrant un cadre structuré et sécurisé pour les investisseurs Cette approche, qui combine incitations foncières et accompagnement administratif, est saluée par plusieurs observateurs comme un levier efficace pour attirer des capitaux privés sans grever les finances publiques
Enfiligrane,c’estunmessagepluslargequisedessine:letourismen’est plusseulementunsecteursaisonnier,ilestdésormaisenvisagécomme un moteur de développement régional durable. Pour les jeunes générations marocaines, particulièrement celles de 24 à 54 ans qui aspirent à plus d’emplois et de dynamisme économique, ces projets représententuneopportunitéconcrètedecroissancelocale
À l’heure où le Maroc se repositionne sur la scène touristique mondiale, l’initiative du CRI de FèsMeknès montre que l’investissement intelligent, ancré dans les réalités territoriales, peut être une réponse tangible aux défis sociaux et économiques Reste à transformer ces appels en chantiers réels – et à mesurer, dans les années à venir, leur impact réel surl’emploietlaprospéritérégionale


Pournerienmanquer,branchez-voussurYouTube,KicketTwitch. L’informationsevitendirect.Etvousyavezvotreplace. w w w . l o d j . m a

Dans une région souvent citée pour ses grands projets côtiers, l’exécutif régional mise désormais sur l’intérieur. Avec 33 millionsdedirhamsengagéspourdeuxzonesd’activitéséconomiquesàChefchaouenetTarguist,l’objectifestclair:corriger lesdéséquilibresterritoriauxetoffrirenfindufoncierstructuréauxentrepreneurslocaux.
Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a validé une enveloppe de 33 millions de dirhams pour la création et l’aménagement de deux zones d’activités économiques Ces projets seront implantés à Chefchaouen et à Targuist, dans la province d’Al Hoceima, avec en ligne de mire le renforcement de l’investissement localdansdesterritoiresencorepeuéquipés
À Chefchaouen, l’effort est massif : 23 millions de dirhams y sont consacrés La commune prendra en charge le foncier, condition souvent décisive pour débloquer ce type d’investissement Sur le papier, la future zone se veut polyvalente Elle combinera133ateliersde60m²,94ateliersde80m²dédiésàl’artisanat,maisaussi deslotsplusvastes500et1000m²pouraccueillirdesactivitésàplusfortecapacité productive
Ce choix n’est pas anodin Chefchaouen n’est pas seulement une destination touristique C’estaussiunvivierd’artisans,dutextileàlamenuiserie,enpassantparla poterie.Jusqu’ici,beaucouptravaillaientdansdesconditionsprécaires,dispersées.La concentrationdansunespaceaménagépourraitchangerladonne:mutualisation desservices,meilleuresconditionsdeproduction,et,àterme,montéeengamme.
À Targuist, l’approche est plus modeste mais tout aussi stratégique. Sur deux hectares, une enveloppe de 10 millions de dirhams financera une ZAE destinée à comblerunmanquecriantdefoncieréconomique.Ici,ledéfiestencoreplusbasique :créerlesconditionsminimalespourattireretretenirl’investissement.
Sur le papier, ces ZAE ressemblent à des projets techniques Sur le terrain, elles pourraient devenir des leviers concrets de dignité économique À condition, évidemment,qu’ellesnerestentpasdeszones d’attente

Le projet repose sur un partenariat élargi associant notamment le ministère de l’Industrie et du Commerce,lesautoritésterritorialeset les collectivités locales Une gouvernance partagée, souvent déterminante pour éviter que ces zones ne restent sous-exploitées un risque réel dans plusieurs régions du Royaume
Car l’enjeu dépasse largement ces deux sites Il s’agit, au fond, de rééquilibrer une dynamique régionale longtemps tirée par les pôles côtiers Tanger, ses infrastructures portuaires etindustrielles,ontcaptél’essentieldes investissements ces dernières années. À l’intérieur, le sentiment de décalage persiste.
« L’objectif est de garantir l’équilibre territorial et la justice spatiale » , a résumé le président du Conseil régional, Omar Moro Une formule institutionnelle, certes, mais qui traduit uneattentefortesurleterrain
Resteunequestion,pluspragmatique: ces zones seront-elles réellement occupées ? L’histoire récente montre quel’infrastructureseulenesuffitpas Il faudra accompagner les porteurs de projets, simplifier les procédures, assurer un accès au financement Sans cela, même les meilleures intentions peuvent se heurter à la réalité
Les calendriers annoncés 2026-2027 laissent un peu de temps pour affiner cette équation D’ici là, les étapes clés seront l’acquisition du foncier, le lancement des appels d’offres et la mise en place des mécanismes de gestion.
Le groupe Africa Feed & Food franchit un cap stratégique. Avec une levée de 850 millions de dirhams auprès de RMBV et Proparco, il renforce ses capacités industrielles au Maroc et accélère son expansion en Afrique, tout en préservant son ancragefamilial.
Parfois,unchiffresuffitàrévélerunchangementde dimension 850 millions de dirhams : c’est le montantquevientdeleverAfricaFeed&Food(AFF) auprèsdeRMBV,vialefondsRNAFIII,etdeProparco, bras financier de l’Agence française de développement pour le secteur privé Derrière cette opération, plus qu’un simple apport de capitaux, se dessine une étape décisive dans la montée en puissance d’un acteur marocain qui assume désormaissesambitionsàplusgrandeéchelle.
Le montage est précis, presque chirurgical : une augmentation de capital, sans cession d’actions existantes.Résultat,lecontrôlefamilialresteintact.Et dansl’écosystèmemarocain,oùlagouvernanceest souventunmarqueurdestabilité,cedétailcompte.
Au fond, cette opération dit quelque chose de plus large Elletraduitunevolontéd’accélérer,sansrenier les fondamentaux Les fonds mobilisés seront intégralement orientés vers l’investissement productif Avec,enlignedemire,troispriorités

D’abord, consolider le socle marocain AFF prévoit d’augmenter significativement ses capacités de production dans ses filières historiques Un choix stratégiqueàl’heureoùlestensionssurleschaînes alimentaires rappellent l’importance de produire localement
Ensuite, élargir le terrain de jeu Le groupe entend investirdansdenouveauxsegmentsàfortpotentiel, en complément de sa chaîne de valeur agroalimentaire Une diversification réfléchie, plus quedispersée
Enfin,accéléreràl’international.DéjàprésentauMali, en Mauritanie et au Sénégal, AFF veut renforcer ses positions en Afrique subsaharienne et explorer de nouveaux marchés. Une dynamique qui s’inscrit dansl’élancontinentaldesentreprisesmarocaines.
SiRMBVetProparcoontchoisides’engager,cen’est pasunpariaveugle.
C’est la reconnaissance d’un modèle solide : intégration verticale, ancrage territorial et capacité à générer de la valeur sur l’ensemble de la chaîne alimentaire Dans un secteurexposéauxcycles,cettecohérencerassure
La finalisation de l’opération reste conditionnée aux autorisationsréglementaires,notammentcelleduConseil delaconcurrence Mais,déjà,lesignalenvoyéaumarché estlimpide.
Avec 850 MDH en poche, AFF ne change pas de cap. Il accélère. Et confirme, en creux, que l’agro-industrie marocainerestel’undesterrainslesplusstratégiquesde ladécennie.
À Bab Boudir, un gîte touristique et un HôtelClub sont prévus;àSmia,ungîte;àMatmata,unHôtel3étoiles;et enfin à Bouchfaa, un gîte associé à un centre d’interprétation en lien avec le Parc National de Tazzeka, pointd’intérêtnaturelmajeurdelarégion
LeMarocs’imposeentêtedelaRevuebiennaledeMalaboavecunscorede8,15sur 10. Une distinction continentale qui confirme la solidité de sa trajectoire agricole, toutenmettantenlumièrelesdéfisstructurelsquipersistent.
Lechiffrecirculedéjàdanslesmilieuxspécialisés 8,15sur10 Derrièrecettenote,ilya plusqu’unclassement:unereconnaissance Lorsdu5ᵉcycledelaRevuebiennaledu Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), tenu à Windhoek, en Namibie, le Maroc a obtenu le meilleur score global parmi les pays évalués L’annonce, faite par la Commission de l’Union africaine, confirme une dynamiqueinstalléedepuisplusieursannées
Ce résultat n’arrive pas par hasard Le Royaume s’était déjà distingué lors des précédenteséditions,notammentavecunPrixd’Argentau4ᵉcycle Cetterégularité, souvent sous-estimée, dit beaucoup Elle traduit une certaine continuité dans les politiquespubliquesagricoles,dansuncontexteafricainoùlesperformancesrestent parfoisirrégulières.
Au cœur de cette progression, un cadre structurant : la Déclaration de Malabo, adoptéeen2014.Elleengagelespaysafricainsàaccélérerlacroissanceagricoleetà transformer leurs systèmes de production. Le Maroc, visiblement, ne s’est pas contenté d’adhérer à ce cadre. Il l’a intégré dans sa stratégie. Modernisation des filières, amélioration des rendements, efforts en matière de sécurité alimentaire… les indicateurssuivisparlaRevuebiennaletraduisentcesévolutions.

En face, la concurrence reste bien présente L’Égypte se classe avec un scorede7,46sur10,décrochantlePrixde Bronze La Somalie, de son côté, enregistre la plus forte progression avec uneaméliorationde105%desonscore À l’échelle régionale, l’Afrique australe obtient la meilleure performance collective,avecunemoyennede5,77sur 10 Autrement dit, le Maroc se distingue dans un environnement compétitif, et nonisolé
Instaurée en 2014, la Revue biennale de Malabo s’est imposée comme le principaloutild’évaluationdespolitiques agricoles en Afrique. Elle repose sur des critères précis : investissements publics, productivité, résilience face aux chocs climatiques, ou encore sécurité alimentaire. Un dispositif exigeant, qui limiteleslecturessuperficielles.
Mais derrière cette reconnaissance, une réalité plus nuancée subsiste Sur le terrain, les agriculteurs marocains continuent de faire face à des contraintes importantes Le stress hydrique, notamment, reste une donnée centrale Àcelas’ajoutentlesfluctuations des marchés et les inégalités entre grandes exploitations et petits producteurs Leclassement,aussiflatteur soit-il,negommepascesdéfis
LePDDAA,lancéen2003lorsdusommet de Maputo, portait une ambition claire : faire de l’agriculture un moteur de croissance pour les économies africaines Plus de vingt ans plus tard, le Marocsembleenincarnerunetraduction concrète Une trajectoire construite, progressive, mais encore perfectible Ce Prixd’Orconsacreuncap.Ilneleclôtpas. Dans un secteur aussi exposé que l’agriculture, la vraie performance se mesure dans la durée et dans la capacité à transformer l’essai sur le terrain.
La 4ᵉ édition du Forum internationaldesénergies(FIE) a mis en pleine lumière une vérité qui pèse aujourd’hui sur l’économie marocaine: l’énergie n’est plus un simple calcul de coûts, c’est une questiondesouverainetéetde compétitivitéindustrielle.Dans uncontextegéopolitiquetendu et marqué par des ruptures répétées des chaînes d’approvisionnement, les autoritésetacteurscléssesont accordésuneinjonctionferme: transformer les atouts énergétiques en moteurs durablesdecroissance.
Sur scène, Hicham Rahioui Idrissi, président du FIE, a posé les jalons d’un discours stratégique nécessaire: le Maroc a déjà parcouru un chemin conséquent dans les renouvelables mais doit maintenant penser industrie, emploi, intégration et valeur ajoutée Il a rappelé qu’aujourd’hui, la capacité électriquenationaledépasseles 12000MWetqueprèsde45%de cettecapacitéprovientdéjàdes sources renouvelables, en progressionnotableparrapport auxannéesprécédentes
Cette base solide s’inscrit dans un objectif plus ambitieux: atteindre 52% de part des énergies renouvelables d’ici 2030 MaisRahiouiIdrissin’apas masqué la réalité: produire proprenesuffitplus Ilaévoqué la nécessité de faire du Maroc unhubindustrieldelatransition énergétique, capable de produire localement composants, technologies de stockage et systèmes intelligents pour réseaux électriques. Cette montée en gamme passe par des investissements massifs dans les infrastructures, le renforcement du stockage d’énergie et l’alignement des politiques industrielles avec les politiquesénergétiques
À ses côtés, Hanane Belyagou, directrice des industries stratégiques au ministère de l’Industrie et du Commerce, a approfondi ce fil: la compétitivité de demain est carboneconsciente et ne se résume pas à de vagues objectifs climatiques. Pour elle, la décarbonationestunenécessitééconomiqueavantd’êtreenvironnementale C’estdansce cadrequ’elleamisenexerguel’importanceducadreréglementairemarocain,notamment laloi8221relativeàl’autoproductiond’électricité,quifacilitelaproduction,laconsommation et même la revente d’électricité par les entreprises Ce dispositif devrait réduire les coûts énergétiques, stimuler l’investissement privé et encourager l’apparition de filières locales solides
L’événement a aussi été l’occasion de rappeler le rôle clé de la formation, de la recherche appliquéeetdespartenariatspublicprivépouraccélérerledéveloppementdetechnologies propres Lesintervenantsontsoulignéquesansunécosystèmed’innovationrobusteetdes mécanismesdefinancementadaptés,latransitionénergétiquerisqueraitderesterunejolie ambition sur papier Belyagou a également évoqué les initiatives gouvernementales en faveur de l’hydrogène vert, une filière émergente où le Maroc ambitionne une position compétitiveàl’échellerégionale
En filigrane de ces débats, un message s’est imposé: la sécurité énergétique, désormais intimementliéeàl’indépendanceindustrielle,estunlevierdesouveraineténational Pourles entreprisesmarocainesgrandesoupetitescetterévolutionénergétiquen’estpasseulement undéfi,maisunechancedes’inscriredansleschaînesdevaleurmondialesduclimatetdu futurindustriel.
Plus qu’une conférence, ce FIE a été une prise de conscience collective: si le Maroc veut concrétiser ses ambitions, il lui faudra transformer ses atouts renouvelables en capacités industrielles, humaines et financières robustes. Le Royaume est prêt à franchir ce cap à condition d’accélérer, d’anticiper et de consolider pour que l’énergie, demain, soit aussi synonymedelibertéd’entreprendreetdeprospéritédurable.

Grâce à leurs rôles historiques de valeurs refuges, l’or et l’argent sont censés grimper lorsque le monde bascule dans l’incertitude. Pourtant,contretouteattente,leurscoursont subiunecorrectionsévèredepuisledébutdu conflit au Moyen‑Orient, effaçant la majeure partie des gains fulgurants accumulés en début d’année. Une dynamique qui déroute mêmedesinvestisseurschevronnés.
Selon les cours actualisés ce matin, l’once d’or s’échange autour de 4545$, après être tombée à des niveaux proches de 4100$ la semaine passée une chute marquée par une série de pertes historiques sur plusieurs jours Pour sa part, l’argent oscille autour de 73$ l’once,loindesessommetsrécents
Cerefluxmiraculeuxpourraitsemblerparadoxal : après tout, lorsqu’un conflit majeur éclate, surtoutautourdezonesaussistratégiquesque le Golfe persique et le détroit d’Ormuz, on s’attendclassiquementàvoirl’ors’envoler Mais cette fois, le marché joue un scénario différent etinstructif
Ce revirement commence, paradoxalement, par une forte hausse des métaux précieux en février et au début mars, portée par des données record. Au plus fort de la vague acheteuse,l’oravaitflirtéavec5434$l’once,et l’argent avait dépassé les 97$ sur certains marchésComex,signantdesniveauxrarement vus.
Mais ce n’était qu’un sommet technique et ce quiasuivimontrecombienlescomportements des investisseurs peuvent être contraints par des réalités économiques plus terre à terre Faceàl’incertitudeexacerbéeparlaguerreetla volatilitédupétrole,nombreuxsontceuxquiont préféré liquider leurs positions pour renforcer leur trésorerie, au lieu de poursuivre une stratégiede«refuge»pure Cemouvementde«ventepourcash»s’explique parplusieursfacteursimbriqués:
La force persistante du dollar américain, quirendl’oretl’argentpluscoûteuxpourles détenteursdedevisesétrangères
Des anticipations de politiques monétaires plus strictes, avec des marchés qui n’écartent plus la possibilité de hausses de taux par la Réserve fédérale américaine et d’autres grandes banques centrales ce quivaloriselesactifsàrendement,commelesobligations,audétriment desmétauxprécieuxnonproductifs.
La nécessité pour certains acteurs d’augmenter leur liquidité, notammentdansuncontexteoùlesmarchésdesmatièrespremièreset del’énergierestentincertains
L’industrieellemêmen’estpasépargnée:l’argent,quisertaussiàfabriquer des composants pour les panneaux solaires, les batteries de véhicules électriques ou encore les data centers liés à l’intelligence artificielle, est particulièrement sensible à un ralentissement industriel global Si la croissance se tasse, la demande réelle pour ces usages industriels pourrait serefléterdansunepressionbaissièresurlesprix
Parailleurs,lesperturbationslogistiquesnotammentlamiseenpauseoula réduction des transports aériens de métaux précieux via Dubaï, un nœud crucialducommercemondialontcomplexifiélemarchéphysique,restreint certaineschaînesd’approvisionnementetmodifiéladynamiqueduprix
Cettecorrectiondescoursd’oretd’argentn’estpasuneffondrement,mais unrappelbrutaldesloisdumarché:mêmelesvaleursrefugessontsoumises aux flux de liquidité, aux décisions des banques centrales et aux tensions géopolitiques Pour les investisseurs marocains, la leçon est claire: l’or et l’argent protègent sur le long terme, mais leurs prix peuvent tanguer fortementàcourtterme.Comprendrecescycles,resterinforméetdiversifier ses placements reste la meilleure stratégie pour traverser l’incertitude sans perdrelecap.


LEKIOSQUE2.0 LEKIOSQUE2.0 DEL’ODJMÉDIA DEL’ODJMÉDIA



Encinqsemainesaudébutdel'année2026,lesgrandsfondsd'investissementaméricainsontempoché24milliards dedollarsdeprofitsnetsenpariantsurlachutedusecteurdeslogiciels unsecteurquiperdaitsimultanément1 000 milliards de capitalisation boursière sous l'effet de la disruption par l'intelligence artificielle. Ces chiffres provoquent une indignation instinctive. Mais avant de conclure que ces gains sont immoraux, il faut poser une question plus inconfortable : est-ce que ces fonds ont causé la chute ? Ou ont-ils simplement vu, avant tout le monde,cequelesbilansdesentreprisescachaient?
Ils gagnent 24 milliards quand les marchés s 'effondrent — et les marchés ontbesoind'euxpoursurvivre
La vente à découvert le short selling est plus simple à comprendre qu'il n ' y paraît Vous empruntez une action à quelqu'un qui la détient sur le long terme Vouslavendezimmédiatementauprixdu marché Plustard,sivotreanalyses'avère juste et que le cours a chuté, vous rachetez cette même action moins cher, vous la rendez à son propriétaire, et vous empochez la différence moins les frais d'emprunt.L'imagedustyloestéloquente: vousempruntezunstylovendu100eurosà un ami convaincu de sa valeur, vous le revendezàceprix,attendezquelemarché leramèneà20eurospourleracheteretle rendre Vous gagnez 80 euros, moins les intérêtsconvenus Lemécanismeestvieux comme les marchés eux-mêmes dès 1609 à Amsterdam, Isaac le Maire pariant contre la VOC, toute première société par actions, utilisait déjà cette technique Un siècle plus tard, pendant la bulle de la South Sea Company à Londres, les vendeurs à découvert anticipaient déjà l'effondrement pendant qu'Isaac Newton,l'undesespritslesplusbrillantsde l'humanité,yperdaitunepetitefortune
Cequidistingueleshortdetoutautrepari financier, c 'est son asymétrie de risque radicale Quand vous achetez une action, votrepertemaximaleestlimitéeà100% l'action peut tomber à zéro, vous perdez votre mise, pas plus Votre gain, lui, est théoriquement illimité Le short inverse parfaitement cette logique : votre gain maximal est limité à 100% (une entreprise nepeutvaloirmoinsquezéro),maisvotre perte est théoriquement infinie car si l'actionmonteaulieudebaisser,
vousdevezlaracheterquelquesoitleprixpourlarendreàsonpropriétaire.C'est cemécanismequiproduitlesfameuxshortsqueezes spiralesinfernalesoùla hausse forcée des prix oblige tous les vendeurs à découvert à racheter simultanément, amplifiant encore la hausse. En 2008, Porsche révèle discrètement contrôler 74% du capital de Volkswagen. Le flottant disponible s 'effondre. Les vendeurs à découvert panique. En deux jours, l'action passe de 200à1000euros Volkswagendevientbrièvementlasociétélaplusvaloriséeau monde Leshedgefundsperdent30milliardsdedollars «Çapique»,commele formulelaconiquementl'analyse etc'estuneuphémisme
Pourtant,malgrécerisqueasymétriqueconsidérable,lesvendeursàdécouvert continuent de jouer ce rôle ingrat Pourquoi ? Parce que leur profit dépend directement de la vérité celle que le marché ne veut pas voir Une étude de KarpoffetLoupubliéeen2010démontrequelesvendeursàdécouvertidentifient les fraudes comptables en moyenne plusieurs mois avant leur révélation publique En juillet 2025, les outils d'analyse de flux signalent une explosion des positions vendeuses sur WH Smith, la chaîne britannique de librairies présente danslesaéroportsetgares Enaoût2025,lasociétéavoueuneerreurcomptable de30millionsdelivressterling Letitres'effondrede45%enquelquesséances Les shorts n 'ont pas causé l'erreur ils l'ont débusquée Même logique pour le groupeAdanienjanvier2023:lefondsHindenburgResearchpublieunrapport deplusde100pagesdocumentantmanipulationdemarché,fraudecomptable etréseauoffshore
En quelques jours, 150 milliards de dollars de capitalisation s'évaporent Enron, Wirecard,LuckinCoffee danslestroiscas,cenesontpaslesauditeursniles régulateursquiontsonnél'alarme,maisdesvendeursàdécouvertquiavaient faitletravaild'analysequepersonned'autrenevoulaitfaire.

« Dans tout écosystème, vous avez besoin de prédateurs » l'analogie avec les loups retirés d'une forêt est juste Sans eux, les cerfs prolifèrent, surpâturent, et finissent par appauvrir la biodiversité de la forêt entière En finance, les entreprises zombies jouentcerôle:dessociétésquine gagnentpasassezpourpayerles intérêtsdeleurdette,maintenues sous perfusion par une décennie de taux d'intérêt bas, qui pratiquentdesprixartificiellement bas pour survivre et pénalisent ainsi les entreprises réellement performantes.
Etpendantlespaniquesdemarché,quandtoutlemondeveutvendre,lesshortsquirachètentleurspositions pourencaisserleursprofitsdeviennentmécaniquementdesacheteurs fournissantlaliquiditéquiéviteque leschutesnedeviennentdeseffondrementsdésordonnés.
WHSmith,Adani,Enron:commentlesshortsdétectentlesfraudesavantlesrégulateurs
Sicettefonctionestsivertueuse,pourquoil'hostilitéenverslesshortsest-ellesiviscéraleetsiuniverselle?La réponse est dans notre psychologie, pas dans l'économie. L'effet de dotation documenté en économie comportementale poussechaqueinvestisseuràs'attacherémotionnellementàsesactifs Quandunvendeur à découvert parie contre une action que vous détenez, il ne fait pas qu 'exprimer une opinion divergente : il s 'attaque, dans votre perception, à votre propre richesse Et l'aversion aux pertes la douleur de perdre 100 eurosestenvirondeuxfoisplusintensepsychologiquementqueleplaisird'engagnerautant amplifiecette réaction Le vendeur à découvert devient le punching ball idéal Ce biais remonte ensuite toute la chaîne : médias,opinionpublique,politiques Àpresquechaquecrise,lemêmeréflexeréapparaît interdirelesshorts
En2008,laSECainterditlespositionsvendeusessurprèsde1000valeurs
Résultat:laliquidités'estévaporée,lesécartsentreprixd'achatetdeventeontexplosé,etlesmarchéssont devenusencoreplusopaquessurlesvraiesvaleurs En2020,l'AMFfrançaiseetplusieursrégulateurseuropéens ontsuivilamêmelogique aveclesmêmeseffetsdésastreuxsurlatransparencedesprix «Vouloirsupprimer lesshorts,c'estcasserlethermomètrepourfairebaisserlafièvre »
Pourautant,letableaun'estpasuniformémentblanc.Leshortanddistort prendreunepositionvendeuse,puis diffuserdesinformationsfaussespourdéclencherunepaniqueartificielleetencaisserrapidementlesprofits existeetconstitueunefraudecaractérisée.Lecasd'AndrewLeftetCitronResearchenestl'illustration:pendant desannéesfigurerespectéedel'analysecritique,Leftaétéviséen2024pardespoursuitescriminellespourune fraude estimée à 20 millions de dollars. Il publiait des rapports alarmistes sur des actions comme Nvidia ou Shopify,attendaitlachuteprovoquéeparsespublications,puisrachetaitsespositionsenquelquesminutes.«
Cen'estplusl'inspecteurdupontquicherchelesfissures c 'estquelqu'unquicrieaufeudansuncinémabondé pourramasserlesportefeuillesquelesgensfonttomberenfuyant.»Cettedérivejustifielarégulation pas l'interdiction.
Pourunépargnantmarocainquisuitlesmarchés,cettemécaniquemérited'êtrecomprisemêmesilaBoursede Casablanca ne dispose pas encore d'un mécanisme officiel de vente à découvert. L'absence de cette force correctrice n 'est pas un gage de stabilité — c 'est une vulnérabilité. Un marché sans shorts est un marché structurellement optimiste, plus lent à corriger ses erreurs de valorisation, plus favorable à l'accumulation silencieuse d'anomalies que personne n ' a intérêt à signaler. Aujourd'hui, Goldman Sachs signale que si le marchéaméricainrefusedebaissermalgrélerecorddepositionsvendeusesobservédepuis2022,lerachat forcé de ces positions pourrait provoquer un rally mécanique de 2 à 3% sur les indices — soit 25% de la performanceannuellehistoriqueduS&P500enunseulmouvement.Cechiffreditquelquechosed'essentiel:les marchéssontvivants,contradictoires,etleurséquilibreslesplusétrangesémergentsouventlàoùpersonnene lesattendait.


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