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Eco Business du 23-02-2026

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ECO ECO

À ZÉRO % DE DROITS DE DOUANE

À ZÉRO % DE DROITS DE DOUANE

SUR LE MARCHÉ CHINOIS

Inspectiondutravail:HichamSabirymisesurl’arbitragepour apaiserleclimatsocial

Hydrogènevert:laBanquemondialeplaceleMarocausommet mondial

IGOC2026:régimedechangemodernisépourlesTPMEet investisseursétrangers

Maroc–Europe:unhubstratégiquepourlesmatériauxdebatteries

Recettesfiscales:unrecordde291milliardsdedirhamsen2025

Mines:Tafilalet-Figuigouvre361zonespourl’investissement responsableetledéveloppementrégional

Risque-pays:leMarocgardesaplacedeleaderenAfriqueduNord

Coopérationfranco-marocaine:visasprofessionnelset investissementsaucentredesnouveauxaccords 31industrielscertifiéspoursoutenirleurcroissanceetaccéderau financementboursier

TangerMedréécritlesrèglesdel’économiemaritimeen Méditerranéeen2025

Maroc:6emondialpourlacroissancedesimportations

Transmissiondesentreprisesfamiliales:unenjeustratégiqueau Maroc

I T O

LE MADE IN MOROCCO À ZÉRO % DE DROITS DE DOUANE SUR LE MARCHÉ CHINOIS

Àpartirdu1ermai2026, la Chine ouvrira grand ses frontières douanières à 53 pays africains, Maroc compris, en supprimant totalement les droits de douane sur leurs exportations. Sur le papier, l’annonce fait rêver Zéro pour cent Accès préférentiel Marchéde1,4milliardde consommateurs Mais du point de vue d’un exportateur marocain qui connaît les docks, les salons internationaux et les négociations parfois rugueuses avec les importateurs asiatiques, une question s’impose : sommes-nous réellement prêts à transformer cette décision politique en succès économique tangible, ou risquonsnousdelaisserpasserle train,unefoisencore?

?Zérodroitdedouane: ungestefort,maispas uncadeau

La décision chinoise est loin d’être anodine. Elle étend connues. Pour le Maroc, l’entrée dans ce cercledu«zérodroitde douane » est une première à cette

D’un point de vue strictement tarifaire, le signal est clair : les produits marocains deviennent mécaniquement plus compétitifs sur le marché chinois Moins de barrières à l’entrée, moins de coûts, plus de marge potentielle Sur le papier, encore une fois, tout semble aligné.

Mais l’export n’est jamais une équation purement arithmétique La Chine n’est pas un marché naïf C’est une puissance industrielle qui affiche des excédents commerciaux massifs et qui maîtrise, sur de nombreux segments, l’ensemble de la chaînedevaleur,dela matière première au produitfini.Penserque la seule suppression des droits de douane va bouleverser la structure des échanges sinoafricains serait une lecture pour le moins optimiste, voire candide

Face à la machine chinoise,leMarocdoit choisirsesbatailles

sur les produits industriels standardisés, à faible valeur ajoutée, le Maroc n’a aucune chance face à la compétitivité-prix chinoise. Les facteursdeproduction,leséconomiesd’échelle,lalogistiqueintégrée etlarapiditéd’exécutionjouentclairementenfaveurdePékin.

Faut-ilpourautantconclurequecetteouverturedouanièrenesertà rien pour le Maroc, sous prétexte que notre balance commerciale avec la Chine est déficitaire ? Ce serait une erreur d’analyse Une facilitéintellectuelle

L’export n’est pas une guerre frontale, c’est une stratégie de contournement LeMarocnedoitpaschercheràvendreàlaChinece quelaChinesaitdéjàproduiremieuxetmoinscher Ildoitvendrece que la Chine ne peut ni copier, ni industrialiser à grande échelle, ni délocaliser

C’est là que se jouent les vraies opportunités Dans les niches Dans l’identité Danslerécitproduit

Il faut le dire sans détour:

IProduits du terroir marocain : quand l’authenticité devientunavantagecomparatif

Prenons un exemple concret, vécu sur le terrain : l’huile d’argan. Ce produit n’a pas de concurrent réel. Aucun pays ne peut revendiquer la même origine, la même histoire, la même légitimité En Chine,l’huiled’arganneseconsommepascomme une huile alimentaire classique Elle se vend comme un produit premium, souvent offert en cadeau, soigneusement emballé, chargé de symboles

Une petite bouteille peut atteindre 30 à 40 dollars surcertainscircuits Àceniveaudeprix,ledroitde douane devient un facteur déterminant de compétitivité Zéropourcent,ici,changeréellement ladonne Maisàunecondition:queleproduitsoit pensépourlemarchéchinois,danssonpackaging, sonstorytelling,sesnormes,sadistribution

Ilenvademêmepourd’autresproduitsduterroir marocain : huile d’olive de qualité, safran, dattes premium, cosmétiques naturels, artisanat à forte valeur culturelle Ce sont ces segments-là qui peuvent absorber un avantage douanier et le transformerenvaleurajoutéeréelle.

Zérodroitdedouaneneveutpasdirezéroeffort

C’est sans doute le point le plus mal compris par certains opérateurs. La suppression des droits de douane, à elle seule, ne garantit absolument rien. Elle n’ouvre pas des portes toutes seules. Elle ne remplacenilaprospection,nilaprésenceterrain,ni lacompréhensionfineduconsommateurchinois

Aller en Chine, ce n’est pas envoyer un catalogue par e-mail C’est comprendre les circuits de distribution, rencontrer les importateurs, accepter des négociations longues, parfois déroutantes, et surtout s’adapter à des codes culturels très spécifiques Les Chinois n’achètent pas seulement unproduit Ilsachètentunerelation,unerégularité, unecapacitéàlivrerdansletemps

Un grand effort reste à faire pour transformer cet avantage douanier en véritable gain de compétitivité Et cet effort est avant tout humain, organisationnel,stratégique

Salonsinternationaux:letestdelaréalité

Un salon est prévu en juin 2026 à Pékin Sur le papier,c’estuneopportunitéidéalepourcapitaliser surl’avantagedouanier Danslesfaits,l’expérience des dernières années est préoccupante. Peu d’exposants marocains. Très peu, même. À l’inverse, des pays voisins, comme la Tunisie, arriventavecunevingtained’opérateursstructurés, visibles,préparés.

Ceux qui réussissent sont toujours les mêmes : ceux qui s’organisent, mutualisent les efforts, construisent une présencecollective,racontentunehistoirecohérente.L’export estrarementuneaventuresolitairequiréussitparmiracle.

LaChinerespecteceuxquiprennentlemarchéausérieux Elle ignoreceuxquiimprovisent

Diasporamarocaineetdiplomatieéconomique:desleviers àactiverpleinement

Ilseraitinjustedenepasreconnaîtrelesatoutsdontdispose leMaroc Laprésenced’unediasporaactiveenChinefacilite lespremierscontacts Ledynamismedel’ambassadeetdes structures d’accompagnement est réel et s’est renforcé ces dernièresannées Lesconditionsd’accèsaumarchépeuvent êtrefacilitées,oui,àconditionquelesopérateursfassentleur partduchemin

Le gain de compétitivité-prix est réel Mais le véritable bénéfice ne viendra pas tout seul Il dépendra de notre capacité collective à nous positionner intelligemment, à choisir les bons produits, les bons canaux, les bons partenaires

U?nefenêtreouverte,pasunepromesseautomatique Zéropourcentdedroitsdedouanesurlemarchéchinoisn’est ni une illusion totale, ni une baguette magique. C’est une fenêtre. Elle est ouverte. Elle ne le restera pas éternellement. D’autres pays africains sont déjà en mouvement, structurés, présents,offensifs.

Au Maroc, l’inspection du travail s’apprête à franchiruncapdécisif.Laréformeannoncée vise à transformer un dispositif longtemps perçucommeadministratifenunmécanisme rapide de résolution des conflits, capable de sécuriser les relations professionnelles et de renforcerlaconfianceauseindel’entreprise.

Longtemps perçu comme un simple rouage administratif, l’inspecteur du travail pourrait bientôt devenir un véritable régulateur de terrain Le nouveau statut particulier en cours de finalisation répond à l’une des revendications majeures portées par les centralessyndicaleslorsdescyclesrécentsdu dialoguesocial Élaboréauseinduministèrede l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, sous la supervisiondeYounesSekkouri,cetexteviseà libérer la fonction de ses contraintes procédurales pour la rapprocher des standardsinternationaux.

Jusqu’ici, le cadre juridique limitait l’inspecteur à un rôle de médiateur et de constatateur. Dans les faits, nombre de litiges se soldaient par la rédaction de procès-verbaux transmis auxjuridictionscompétentes,enclenchantdes procédures longues et coûteuses « Contrairement aux standards internationaux, nosinspecteursnedisposentpasd’unpouvoir d’intervention suffisant » , déplore Hicham Sabiry La réforme du Code du travail entend donc leur conférer une capacité d’arbitrage effectiveafindetrancherlesdifférendslorsque lasolutionestclairementprévueparlaloi Une évolution qui pourrait réduire l’engorgement des tribunaux et accélérer la résolution des conflits

L’autre pilier de cette réforme concerne la gestion des délais Actuellement, les services de l’inspection saisissent les employeurs dans un délai de 24 à 48 heures après réception d’une plainte, un rythme jugé satisfaisant du côté administratif Le véritable ralentissement intervientsouventauniveaudesréponsesdes parties concernées. Le futur dispositif réglementaire ambitionne de fluidifier ces échanges et de renforcer la réactivité globale, condition indispensable à la continuité de l’activitéproductiveetàlastabilitésociale.

Pour le Secrétaire d’État, l’apaisement durable du climat social repose aussi sur la contractualisation des relations professionnelles Une convention collective rigoureusement appliquée rend, selon lui, l’interventiondel’inspectiondutravailpresqueinutile Àcejour,prèsde50 conventions collectives ont été conclues entre entreprises et représentations syndicales Ce chiffre reste modeste au regard du tissu économique national, mais il traduit une maturité progressive du dialoguesocialdeproximité

Danscecadre,l’inspectiondutravailconservesatriplemission:informer les acteurs économiques, fournir un conseil technique et contrôler la conformitéréglementaire,notammentenmatièredesanté,desécuritéet d’hygiène au travail Autant de fonctions qui participent à la protection desdroitssociauxtoutensécurisantl’environnementdesaffaires

Interrogé par ailleurs sur l’actualité du Parti Authenticité et Modernité (PAM),dontilestmembreduBureaupolitique,HichamSabiryévoqueune dynamique interne soutenue Le parti travaille à la structuration de ses instancesetpréparesastratégieenvuedesélectionslégislativesprévues enseptembre2026,traduisantunevolontéd’anticipationfaceauxenjeux économiquesetsociauxàvenir.

Derrière cette réforme technique se dessine une transformation plus profonde des relations professionnelles au Maroc. En renforçant l’arbitrage, en accélérant les procédures et en encourageant les conventionscollectives,lespouvoirspublicsmisentsurlapréventiondes conflits et la responsabilité partagée. Si sa mise en œuvre tient ses promesses, l’inspection du travail pourrait devenir un véritable pilier de stabilitésocialeetdeconfianceéconomique

LeAlorsqueletransportmaritimemondialentredansunephasedeprofondetransformationénergétique,leMaroc confirme sa place stratégique dans la course à la décarbonation et aux carburants verts. Grâce à ses atouts géographiques, ses ports performants et son potentiel en énergies renouvelables, le Royaume s’impose progressivementcommeunpilierdelatransitionénergétiquemaritimeàl’échellemondiale.

Dans un contexte où plus de 80 % des échanges commerciaux internationaux transitent par la mer et où les impératifs climatiques exigent une réduction drastique des émissions, le transport maritime n’échappe pas à la nécessité de se réinventer C’estprécisémentlàqueleMaroc,avecsesressourcesnaturellesabondantesetsapositiongéographiqueclé aucarrefourdel’AtlantiqueetdelaMéditerranée,aunecarteàjouermajeure

LaBanquemondialeplacedésormaisleMarocparmilespayslesmieuxpositionnéspourdeveniruncentremondialde production,destockage,desoutageetd’exportationd’hydrogènevertuncarburantpropreissud’énergiesrenouvelables àlafoispourletransportmaritimeetd’autressecteursindustriels

Les atouts du Royaume sont nombreux Sur le plan énergétique, ses ressources solaires, éoliennes et hydroélectriques permettentdeproduiredel’électricitépropreindispensableàl’électrolysedel’eau,processusquigénèrel’hydrogènesans émissionsdeCO₂ Enconséquence,lescoûtsdeproductionauMarocpourraientêtretrèscompétitifsàl’échellemondiale

Aucœurdecettestratégie,lesportsmarocainsdeviennentdevéritablesplateformeslogistiquesetindustriellesdepremier plan TangerMed,l’undesplusgrandsterminauxàconteneursdumondedéjàtraitéchaqueannéeenviron1,5millionde tonnesdecarburantsfossiles,estbienplacépourdevenirunhubdesoutagedecarburantsvertsdestinésauxnaviresen escaleouentransitvialedétroitdeGibraltar,l’undescorridorsmaritimeslesplusfréquentésaumonde

notamment vers l’Europe qui envisage d’importer jusqu’à 10millions de tonnes d’hydrogène vert par an à l’horizon2030

Pour la nouvelle génération marocaine, ce tournant énergétique représente plus qu’une opportunité économique:c’estunefenêtreouvertesurl’innovation,lacréationd’emploisdurablesetuneintégrationplus profondedansleschaînesdevaleurindustriellesmondiales

Le Maroc se trouve aujourd’hui à la convergence des ambitions climatiques mondiales et des besoins économiquescroissantsdutransportmaritime

Avecsesports,sesressourcesetsesprojetsstructurants,leRoyaumepourraitbiendevenirun acteurincontournabledel’hydrogènevertimpulsantunetransitionénergétiquedurabletouten renforçantsasouverainetééconomiqueeténergétique.

Présentée au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc, la nouvelleInstructiongénéraledel’Officedes changes pour 2026 marque un assouplissement notable du régime de change. Derrière les ajustements techniques, une ambition se dessine : faciliter l’investissement, sécuriser les opérateursetadapterlaréglementationà une économie marocaine en pleine mutation.

Dans la salle de conférence de la CGEM, l’atmosphère oscillait entre technicité et attentes concrètes Devant entrepreneurs, banquiers et conseillers, le président de la CGEM,ChakibAlj,aremissurlatableunsujet sensible:lalisibilitéjuridique Pourlesjeunes structurescommepourlesTPME,lafrontière entre gestion normale et infraction perçue resteparfoisfloue Ilainsistésurlanécessité d’uncadreprévisiblegarantissantlasécurité juridiquedesinvestisseurs

La version 2026 de l’Instruction générale introduit plusieurs assouplissements ciblés

Ledirecteurgénéraldel’Officedeschanges, Driss Benchikh, a souligné la volonté de simplifier les règles et de soutenir la compétitivité des entreprises. Le relèvement à 10 millions de dirhams du plafond d’investissement à l’international en constituel’undessignauxlesplusforts.Pour les startups marocaines en phase d’expansion ou de partenariat technologique, cette ouverture peut faire la différence.

Autre évolution attendue : les investisseurs étrangers résidents peuvent désormais transférer leurs revenus d’investissement jusqu’à 2 millions de dirhams pour des placementsdétenusdepuisplusdedixans, mêmesansjustificatifdufinancementinitial Cettedispositioncorrigeuneincohérencedu cadre précédent et renforce l’attractivité du Royaumepourlescapitauxétrangers

Lesexportateursdeservicesbénéficienteux aussi d’une simplification : ils peuvent alimenter leurs comptes en devises à hauteurde15%d’unmarchéétrangersans lourdedocumentation

Dans un contexte d’essor des prestations digitales marocaines, cette mesure arriveàpointnommé.

Lesassouplissementss’étendentauxentreprisesétabliesetauxparticuliers.Les dotations voyages sont relevées à 1 million de dirhams pour les sociétés et particuliers, simplifiant ainsi les démarches administratives et renforçant la fluiditédestransactionsàl’international.

LeMarocconfirmesonpositionnementcomme plateforme industrielle incontournable entre l’Europe et l’Afrique, en particulier dans la chaîne de valeur des matériaux destinés aux batteries électriques. Dans un contexte de transition énergétique accélérée et de demande croissante en solutions de stockage d’énergie, le Royaume attire les investissements industriels et consolide son rôle dans l’écosystème des technologies propres.

Unepositiongéographiquedécisive

Situé aux portes de l’Europe et connecté aux grandes routes maritimes internationales, le Maroc bénéficie d’une proximité logistique stratégique avec les marchés européens Des infrastructures majeures, comme le complexe portuaire Tanger Med, facilitent l’exportation rapide de composants industriels vers l’Union européenne

Cette position géographique, combinée à des accordsdelibre-échangeavecl’UEetlesÉtatsUnis, permet aux industriels installés au Maroc d’accéder à des marchés majeurs avec des conditionstarifairesavantageuses.

Unemontéeenpuissanceindustrielle

LeRoyaumedéveloppeunécosystèmeindustriel complet autour des batteries lithium-ion, incluant l’extraction, la transformation des minerais et la production de composants stratégiques

Desprojetsindustrielsstructurantsontvulejour, notamment la production de précurseurs de cathodes et d’électrolytes, indispensables à la fabrication des batteries Cette dynamique s’appuie sur les ressources naturelles du pays, notamment les phosphates, ainsi que sur une politiqueindustrielleorientéeverslasouveraineté énergétiqueetlatransitionverte

Le développement d’unités industrielles dédiées aux matériaux actifs renforce la capacité du Maroc à répondre à la demande européenne croissante en batteries pour véhicules électriquesetsystèmesdestockaged’énergie

Uneopportunitéstratégiquepourl’Europe

Face aux tensions géopolitiques et aux risques de dépendance vis-à-vis de l’Asie pour les matières premières critiques, l’Europe cherche à sécuriserseschaînesd’approvisionnement.

Danscecontexte,leMarocapparaîtcommeunpartenairefiable,capable d’assureruneproductioncompétitive,durableetconformeauxexigences environnementales européennes L’essor d’une filière marocaine des matériaux de batteries contribue ainsi à la relocalisation partielle des chaînesdevaleurindustriellesàproximitédumarchéeuropéen

Transitionénergétiqueetcompétitivitéverte

Le développement de cette filière s’inscrit dans la stratégie nationale de transitionénergétique,fondéesurl’expansiondesénergiesrenouvelables et la décarbonation industrielle Cette orientation permet au Maroc de proposer une production à faible empreinte carbone, un critère devenu déterminantpourlesindustrielseuropéens

Lacombinaisond’énergievertecompétitive,d’infrastructuresmoderneset d’un environnement d’investissement attractif renforce l’attractivité du Royaumeauprèsdesacteursinternationaux

Unrôleclédansl’économievertemondiale

En se positionnant comme hub stratégique pour les matériaux de batteries, le Maroc ne se contente pas d’attirer des investissements : il participe activement à la transformation des chaînes industrielles mondialesliéesàlamobilitéélectriqueetaustockaged’énergie. Cette dynamique confirme l’émergence du Royaume comme acteur majeurdel’économieverte,àl’interfacedesmarchéseuropéens,africains etinternationaux.

En2025,lesrecettesfiscalesduMarocontatteintunniveauinéditde291milliardsdedirhams,affichantunehaussede 74%surcinqansetrenforçantleurpoidsdanslePIBà24,6%.Cebilan,présentéparYounesIdrissiKaitouni,Directeur généraldesimpôts(DGI),devantlaConfédérationgénéraledesentreprisesduMaroc(CGEM),soulignel’impacttangible delaréformefiscaleengagéedepuis2021,touteninterrogeantsurlaredistributionetl’usagedecesressourcespourla sociétéetl’économie.

bEntrelesmursdelaCGEMàCasablanca,le mercredi 18 février 2026, Younes Idrissi Kaitouni a détaillé le parcours de modernisation fiscale du Royaume. «2026 s’affirme comme un moment de confirmation d’un cap», a-t-il souligné, insistantsurlacohérenceetlaconsolidation des réformes entreprises depuis l’adoption delaloi-cadresurlafiscalité

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: entre 2021 et2025,lesrecettesfiscalessontpasséesde 167milliards à 291milliards de dirhams, traduisant une progression de 74% Leur contribution au PIB est passée de 20,3% à 24,6%, un niveau jamais atteint auparavant Pour le patron de la DGI, cette performance dépasselasimpledimensionbudgétaire:elle illustre l’engagement des entreprises et des citoyens dans la construction d’un système fiscalpluséquitableettransparent

Une hausse portée par tous les impôts principaux

Leprincipalmoteurdecettecroissancereste l’Impôt sur les sociétés (IS), qui a plus que doublé: de 47,7milliards à 100,3milliards de dirhams (+110%), reflétant à la fois la vitalité économique et un cadre fiscal plus clair et sécurisant.

La TVA, quant à elle, a généré 71milliards de dirhams (+58%), grâce à la modernisation des mécanismes de collecte et à une meilleure fluidité des remboursements, désormais gérés de manière plus rapide et prévisiblepourlesentreprises

L’Impôtsurlerevenu(IR)aatteint70milliards de dirhams (+47%), illustrant la montée en puissance de la solidarité contributive et l’efficacité de la retenue à la source sur les revenus des actions et parts sociales Entre 2023 et 2025, cette contribution a progressé de80%grâceàunemeilleuredéclarationet collecte

Uneredistributionvisible

La réforme fiscale n’a pas seulement élargi l’assiette: elle a permis d’augmenter la capacité d’intervention de l’État. Sur la période 20212025, les ressources fiscales supplémentaires ont accru le budget général de plusde90milliardsdedirhams.

Revalorisations salariales et dialogue social: près de 40milliards de dirhams(+28%)ontétémobiliséspoursoutenirlepouvoird’achatetla stabilitésociale

Collectivités territoriales: plus de 10milliards de dirhams (+67%), renforçantleursmoyensd’investissementlocal Appui à la trésorerie des entreprises: plus de 11milliards (+85%), un signalfortdesoutienautissuproductifnational

Parailleurs,lesremboursementsetrestitutionsfiscauxontatteinten2025 25milliardsdedirhams,contreunemoyenneannuellede7,3milliardsavant 2022, contribuant à une meilleure confiance entre les entreprises et l’administration.Ledéficitbudgétaire,lui,aétécontenuà3,5%duPIB,sous laprévisioninitialede3,8%

Unefiscalitémoderniséeetéquitable

Laréformedel’ISaintroduitdestauxdifférenciésde20%et35%,alignéssur lesstandardsinternationaux,toutenrationalisantlesrégimesdérogatoires pourorienterlesavantagesfiscauxversl’investissementproductif

LaTVAaétéadaptéepourassurerlaneutralitéfiscale,protégerlepouvoird’achatsurcertainsproduitsde base, et instaurer une taxation des services numériques et transfrontaliers afin d’assurer une concurrence équitable LaretenueàlasourceenmatièredeTVAagénéré6,7milliardsdedirhamsen2025

Pour l’IR, le barème progressif et l’allègement ciblé de la fiscalité salariale et des retraites soutiennent le pouvoir d’achat et favorisent l’emploi Les dispositifs de CPU et auto-entrepreneur facilitent l’intégration du secteurinformeletaméliorentlaconcurrenceloyale

Uneadministrationauserviceducontribuable

Pour Younes Idrissi Kaitouni, la réussite d’un système fiscal ne dépend pas seulement des lois, mais de l’efficacité de son administration La vision stratégique DGI 20242028 vise une administration moderne et agile: digitalisation, registre national intégré des contribuables, profils de conformité, modes alternatifs de règlementdesdifférends,etdéveloppementducapitalhumain

L’objectif: fiabiliser les données, améliorer le ciblage des contrôles, réduire les coûts de conformité et renforcer la sécurité juridique Cette approche transforme le fisc en un service public au service de l’économie,loindesclichésbureaucratiques

Le bilan fiscal 2025 illustre un record historique pour le Maroc, fruit d’une réforme ambitieuse et structurée Mais il rappelle également que la croissance des recettes doit aller de pair avec l’équité, la transparence et la redistribution sociale La réforme fiscale ne se mesure pas seulement en chiffres: elle doit continuer à soutenir l’économie, renforcer la confiance et garantir que chaque dirham collecté bénéficie à l’ensembledelasociétémarocaine

LeMarocaccélèrelastructurationdesonsecteurminier.LeministèredelaTransitionénergétiqueetduDéveloppement durablealancé,lundi,unappelpublicàlaconcurrencepourl’attributionde361zonesd’intérêtdanslarégionminièrede TafilaletetFiguig.Uneopérationd’envergurequiviseàattirerdesinvestissementstoutenimposantdenouvellesexigences environnementalesetsociales.

Lesignalestclair:leRoyaumeentendexploitersesressourcesminièressansreproduireleserreursdupassé L’appelcouvre, pourlapremièrefois,unesuperficieélargied’environ13.000km²,soitprèsde22%decettezonereconnuepoursonpotentiel géologique.Cetteouvertureàlaconcurrencemarqueuneétapeimportantepourlarégion,longtempsconsidéréecommeun réservoirminéralsous-exploité.

Surleterrain,l’annonceasuscitéunintérêtimmédiat.ÀErrachidia,unconsultantrencontréenmarged’unforumlocalconfiait que«l’élargissementdupérimètreetlaclartédescritèresdevraientrassurerlesinvestisseurssérieux».L’enjeudépasseeneffet laseuleextraction:ils’agitd’installerunefilièremoderne,transparenteetcréatricedevaleurlocale.

L’appel introduit une approche multicritère inédite. Les candidatures seront évaluées non seulement sur les capacités techniques et financières, mais aussi sur leur impact socio-économique local et le respect des normes de santé et sécurité Cetteméthodeviseàsélectionnerdesopérateurscapablesd’inscrireleursprojetsdansunedynamiqueterritorialedurable

Autre évolution notable : l’optimisation des ressources foncières, hydriques et énergétiques figure désormais parmi les exigences clés Les projets intégrant les énergies renouvelables, les procédés d’économie circulaire ou des technologies de valorisationinnovantesbénéficierontd’unavantagecompétitif Unbonusspécifiqueestprévupourlesmodèlesintégrésde« minedurable»,alignéssurlesprincipesESGconsacrésparlaDéclarationdeMarrakechadoptéefin2025

LeMarocconfirmesasoliditééconomique.

Selon le dernier baromètre publié par Coface en février 2026, le Royaume conservelameilleurenotederisque-pays en Afrique du Nord. Croissance attendue : 4,4%en2026.

Une note solide dans un monde sous tension

Guerres commerciales, tensions géopolitiques, incertitudes financières L’économie mondiale avance sur un fil Pourtant,leMarocgardelecap

Cofacemaintientlanote«B»duRoyaume, avecunclimatdesaffairesclassé«A4»,ce qui signifie un risque raisonnable pour les entreprises Concrètement ? Le pays est considéré comme stable et fiable pour les échangescommerciaux

Et ce n’est pas tout Après Allianz Trade, qui avait déjà attribué au Maroc la meilleure noteafricainedansson«CountryRiskAtlas 2026 » , la confirmation de Coface vient renforcerlesignal:lemodèlemarocaintient bon

4,4%decroissanceen2026:mieuxquela moyennemondiale

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Coface prévoit une croissance de 4,4% en 2026, après4,6%en2025.Àtitredecomparaison, la croissance mondiale devrait plafonner à 2,6%. Les économies avancées tourneraient autourde1,7%.

LeMarocfaitdoncmieux Nettementmieux

Cette dynamique repose d’abord sur des moteurs internes La consommation des ménages repart Après les années marquées par l’inflation et la perte de pouvoir d’achat, la confiance revient progressivement Les ménages dépensent davantage EtçasevoitdanslePIB

L’investissement aussi redémarre Depuis 2024, les projets structurants se multiplient Infrastructures,industrie,énergie

La préparation de la Coupe du monde 2030 booste le secteur du bâtiment. Cheminsdefer,aéroports,stades:leschantiersavancent.

Tourismerecord,agricultureenreprise Autremoteurclé:letourisme.

En2025,leMarocafrôléles20millionsdevisiteurs.Unrecord.Lesecteurreste l’undespiliersdelacroissance.

L’agriculture, elle, montre des signes de redressement grâce à de meilleures conditionsclimatiquesendeuxièmemoitiéde2025 Unebonnenouvelleaprès plusieurssaisonscompliquées

Côté finances, l’inflation reste faible, autour de 1,5% prévue en 2026 Cela permet à la banque centrale de maintenir une politique monétaire stable, favorableàlaconsommationetàl’investissement

Uneéconomieàdeuxvitesses:ledéfiànepasignorer Mais tout n’est pas rose Derrière ces indicateurs solides, certains signaux restent préoccupants Le chômage des jeunes demeure élevé L’économie informelle pèse toujours lourd Les vulnérabilités sociales et climatiques persistent

Autrepointfaible:lecommerceextérieur Lesexportationsnettescontinuentde freiner la croissance Les importations, notamment énergétiques et en biens d’équipement, restent importantes Résultat : la contrainte extérieure est toujourslà

Enclair,leMarocavance Maispasaumêmerythmepourtoutlemonde

À l’échelle africaine, la croissance devrait atteindre 4,3% en 2026 Une performance solide, portée par la haussedesprixdesminérauxetmétaux

Àl’international,enrevanche,lerythmeralentit LesÉtats-Unissontattendusà2,2% Lazoneeuroautourde1% Lecommercemondialdevraitdécélérer

Danscecontexte,lepositionnementduMarocdevientstratégique Stable,attractif,résilient

LeMarocconfirme,maislevraitestarrive

Lemessageestclair:leMarocrestelalocomotived’AfriqueduNordenmatièrederisque-pays

Mais le plus dur commence. Maintenir la croissance. Réduire le chômage des jeunes. Mieux équilibrerlecommerceextérieur Ettransformerl’élanactuelendéveloppementdurable

La question maintenant : le Royaume réussira-t-il à transformer cette bonne note en opportunitésconcrètespourtous?Lesprochainsmoisserontdécisifs.

La coopération économique entre la France et le Maroc franchit une nouvelleétape.L’AmbassadedeFranceauMarocetlaChambreFrançaise deCommerceetd’IndustrieduMarocontsignéàCasablancaunesériede conventions destinées à faciliter la mobilité professionnelle, renforcer les échangeséconomiquesetsoutenirlesentreprisesdesdeuxpays.

Ces accords s’inscrivent dans une dynamique bilatérale renouvelée visant à lever les obstacles administratifs et à stimuler l’investissement Au cœur des mesures annoncées figure la mise en place de créneaux dédiés aux visas professionnels, conçus pour simplifier les déplacements des entrepreneurs, cadres et experts engagés dans des projets économiques entre les deux rives Cette mesure répond à une demande récurrente des milieux d’affaires, pour qui la rapidité des déplacements constitue souvent un facteur décisif dans la concrétisation des partenariats et des projets d’investissement.

Faciliter la mobilité pour soutenir les affaires

La mobilité des talents constitue un enjeu central pour les entreprises opérant dans un environnement internationalisé Grâce à ces nouvelles dispositions, les professionnels marocains pourront bénéficier d’un traitement plus fluide pour leurs déplacements en France, tandis que les entreprises françaises verront leurs missions et projets au Maroc facilités.

Cette simplification administrative vise à réduire les délais et les incertitudes liés aux démarches consulaires, un frein régulièrement évoquéparlesopérateurséconomiques.L’objectifestclair:fluidifierles échanges humains pour accélérer les partenariats commerciaux et industriels

Investissementetaccompagnementdesentreprises

Au-delàdelaquestiondesvisas,lesconventionssignéesrenforcentles dispositifs d’accompagnement destinés aux entreprises Elles visent notammentàsoutenirlesinvestisseurs,encouragerlescoentrepriseset améliorerl’accèsàl’informationéconomiqueetréglementaire.

Dansuncontextemarquéparlareconfigurationdeschaînesdevaleur mondiales, le Maroc se positionne comme une plateforme stratégique pourlesentreprisesfrançaisessouhaitantdévelopperleursactivitésen Afrique et en Méditerranée. De leur côté, les entreprises marocaines continuent de considérer la France comme un partenaire clé pour l’innovation,laformationetl’accèsaumarchéeuropéen

Éducationetformation:unlevierstratégique

Lesaccordscouvrentégalementlaformationetledéveloppementdes compétences, considérés comme essentiels pour accompagner les mutations économiques La coopération éducative vise à renforcer l’employabilitédesjeunestalentsetàadapterlesprofilsauxbesoinsdes secteursencroissance.

Ce volet reflète une volonté commune de bâtir un écosystème économique durable, reposant surletransfertdecompétencesetl’innovation

Unerelationbilatéraleenpleineconsolidation

Ces nouvelles conventions illustrent la solidité des relations économiques franco-marocaines, fondées sur des intérêts convergents et une coopération historique Elles interviennent dans un contexte de relance des échanges et de diversificationdespartenariatsstratégiques

En facilitant la mobilité, en soutenant l’investissementetenrenforçantlaformation,la France et le Maroc confirment leur ambition commune : construire un espace économique intégré,compétitifettournéversl’avenir.

Pourlesentreprisesdesdeuxpays,cesmesures constituent un signal fort. Elles traduisent une volonté politique et institutionnelle de transformer la proximité historique en avantage économiqueconcret

À Casablanca, la certification de 31 entreprises industrielles dans le cadre du programme national « Croissance » marqueuneétapestructurantepourl’industriemarocaine.L’initiativeviseàaméliorerlagouvernance,faciliterl’accès aufinancementetpréparerl’émergenced’acteurscapablesdechangerd’échelledansuneéconomiedeplusenplus ouverteetcompétitive.

Lacérémonies’esttenuelundiàCasablancaà l’initiative du ministère de l’Industrie et du Commerce et de la Bourse de Casablanca, avecl’appuidelaConfédérationgénéraledes entreprisesduMarocetdel’Autoritémarocaine du marché des capitaux Cette première cohorte regroupe 31 entreprises industrielles à fort potentiel opérant dans des secteurs stratégiques, notamment l’agroalimentaire, le pharmaceutique, la chimie-parachimie, l’électricitéetlamétallurgie

Pendant plusieurs mois, les entreprises participantes ont suivi un accompagnement intensifcombinantsessionscollectives,ateliers pratiques et coaching individualisé Les modules ont porté sur le mindset entrepreneurial et l’ouverture du capital, la stratégie et la gouvernance, le panorama des solutions de financement ainsi que la constructiond’une«equitystory»crédiblepour les investisseurs. Pour certains dirigeants, l’exercice a constitué une véritable introspectionstratégique.L’und’euxconfiait,en marge de la cérémonie, que la formalisation des processus internes avait révélé « des margesd’améliorationinsoupçonnées»

La certification marque une transition importante : elle transforme un potentiel souvent latent en capacité concrète d’atteindredenouveauxpaliersdecroissance Mieux structurées et dotées de bonnes pratiques, ces entreprises sont désormais mieuxarméespourorganiserleurexpansionet envisager un financement via le marché des capitaux

Lancéle3octobre2025,leprogrammes’inscrit dans une dynamique visant à dynamiser le marché financier national et à renforcer la souveraineté industrielle du Royaume, conformément à la vision stratégique portée par Mohammed VI Lors de la cérémonie, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a insisté sur l’impératif d’un changementd’échelle.

Selon lui, les expériences réussies d’entrepreneurs confrontés à la concurrence internationale montrent que les entreprises nationales disposent des compétences et de la résilience nécessaires pour s’imposer L’enjeu dépasse la réussite individuelle : il s’agit de créer durablement de la valeur et de faire émerger des champions nationauxcapablesd’élargirleurenvergure

Le directeur général de la Bourse de Casablanca, Nasser Seddiqi, a souligné que cette première cohorte ouvre une démarche pérenne, aveclelancementimminentdesdeuxièmeettroisièmecohortes Le président du Conseil d’administration de la Bourse, Brahim Benjelloun-Touimi, a rappelé la place centrale de l’entreprise industrielledansl’ambitiondedéveloppementduRoyaume

Dans le même esprit, le président de la CGEM, Chakib Alj, a précisé que l’objectif n’est pas de multiplier les introductions en bourse à court terme ni de pousser les entreprises vers des opérations prématurées. L’ambition consiste plutôt à bâtir un pipeline solide d’entreprises prêtes à accéder au marché des capitaux dans des conditions optimales, en renforçant la gouvernance, la fiabilité de l’informationfinancièreetlavisionàlongterme.

Le directeur par intérim du Trésor et des Finances extérieures, Mohamed Tarik Bchir, a rappelé que le développementéconomiquedurablereposesuruneconvergenceeffectiveentreactionpublique,marché financieretengagementdusecteurprivé Lacroissanceindustriellenepeutêtrepérennesansarticulation cohérenteentresphèreréelleetsphèrefinancière

Lors de la cérémonie, l’appel à manifestation d’intérêt pour les deuxième et troisième cohortes a été officiellement lancé, confirmant la volonté d’inscrire cette initiative dans la durée Au-delà des certificats remis,lemessageestclair:structureruntissuindustrielrobusteetcompétitifdemeureuneprioriténationale

Dansunenvironnementinternationalincertainmaisricheenopportunités,cettepremièrecohorteillustreune mutationprogressivedutissuproductifmarocain

DansDesentreprisesmieux gouvernées, plus transparentes et ouvertes aux marchés financiers constituent un levier essentiel pour bâtir une industrie nationale solide, inclusiveetdurable

En 2025, Tanger Med a atteint une étapehistorique:pourlapremièrefois, il a traité plus de 11,1millions d’EVP (équivalentvingtpieds),cequiplacele hub marocain audessus du volume combiné des ports espagnols de Valence (≈5,66M EVP) et d’Algésiras (≈4,7MEVP)réunis.Cetournantillustre l’ascension sans précédent du Maroc dans la logistique maritime euroméditerranéenne, et porte un signal fort aux acteurs économiques régionaux.

Ce résultat, confirmé par les données officielles de l’autorité portuaire, n’est pas un simple chiffre statistique : c’est l’expression d’un changement profond dans l’équilibre des flux commerciaux entre l’Europe et l’Afrique, dans un contextemarquépardesperturbations internationales (telles que la réaffirmation des routes maritimes après les incidents en mer Rouge) Tanger Med, par son positionnement stratégiquesurledétroitdeGibraltar,se singularise aujourd’hui comme une plateforme logistique incontournable pourlesfluxEstOuestetNordSud

À lui seul, le port marocain a géré 11106164 EVP en 2025, soit une progression de 8,4% par rapport à l’année précédente. Une hausse portée parl’entréeenservicedel’extensiondu terminal TC4, opéré par APMTerminals, laquelle a permis d’absorber des volumes supplémentaires sur un marché de plus en plus exigeant en capacitésdetraitementrapide.

Ceniveaud’activitédépassedésormais la somme des performances de Valence (≈5,66M EVP, croissance de 3,4% en 2025) et d’Algésiras (≈4,7M EVP), pourtant longtemps considérés comme les piliers de la logistique méditerranéenneoccidentale

Leschiffresrévèlentaussil’écartentrele royaume et d’autres plateformes régionales:lePortdeSinesauPortugal, par exemple, a traité environ 1,7million d’EVP en 2025, une fraction significative mais bien inférieure à la puissance d’absorptiondeTangerMed

Audelà des conteneurs, le complexe portuaire a enregistré 161millions de tonnes de marchandises toutes activitésconfondues,

Cettehausseenglobeaussibienlesvracsliquides(+13%)quel’augmentationdu trafic routier TIR (+3,6%) où les exportations industrielles et agroalimentaires affichentundynamismenotable.

Pour les Marocains, ce succès résonne doublement : il illustre non seulement la capacité d’une économie en transition de prendre sa place dans le commerce international, mais il signale aussi une transformation structurelle majeure des chaîneslogistiquesrégionales.LaroutemaritimeparTangerMedestaujourd’hui unaxestratégique,tantpourlesexportationsindustriellesmarocainesquepour ladistributiondefluxentrel’Europeetl’Afriquesubsaharienne.

Unavenirélargi:NadorWestMed,levierdecroissance

Cettedynamiquenes’arrêtepaslà LeprojetNadorWestMed,deuxièmegrand port en eaux profondes planifié sur la rive sud de la Méditerranée, est attendu pourlequatrièmetrimestre2026 Dotéd’unecapacitéd’accueilinitialed’environ 5millionsd’EVP,avecpossibilitéd’extensionà12millions,ceterminalseraunatout stratégiquepourdémultiplierlescapacitésdupays

Dèssonouverture,NadorWestMednereprésenterapasseulementunecapacitélogistiquesupplémentaire mais aussi une nouvelle articulation industrielle. Selon le plan de développement, il inclura un pôle énergétique(notammentunterminalGNL)etenviron700hectaresdédiésàl’activitéindustrielle,attirantdes investissementspublicsetprivésévaluésàplusde20milliardsdedirhams.

Ce projet s’inscrit dans une vision durable et inclusive, qui lie infrastructures maritimes et développement économiqueterritorial.Ils’agitderenforcerleschaînesdevaleurnationales,d’intégrerdavantagelesjeunes compétences marocaines dans les métiers portuaires, logistiques et industriels, et de soutenir les exportateurslocauxdansuneconcurrenceinternationaleexacerbée

Alors que les grandes puissances maritimes européennes réévaluent leurs stratégies face à desperturbationsglobalesetdesredéfinitionsderoutescommerciales,leMarocs’affirmenon seulementcommeunacteurrégional,maiscommeunevéritableplaquetournantelogistique euroafricaine Tanger Med, aujourd’hui au sommet des ports méditerranéens, et Nador West Med, demain moteur de croissance, illustrent une ambition logistique qui fait écho aux aspirations économiques d’un pays ouvert, dynamique et stratégiquement positionné pour dessinerl’avenirducommercemondial

Dans un commerce mondial marqué par un ralentissement des échanges, le Maroc confirmesavitalitééconomique.Lesdernières données publiées par Organisation mondiale du commerce placent le Royaume parmi les économieslesplusdynamiquesen2025,avec une forte progression des importations et une haussesoutenuedesexportations.

Le Maroc se classe au 6ᵉ rang mondial pour la croissance des importations de marchandises, affichantuneprogressionde16%àfinnovembre 2025 Cette performance intervient dans un contexte international caractérisé par un ralentissement des volumes d’échanges au troisièmetrimestre,cequirenforcelasingularité du dynamisme marocain Selon l’OMC, cette hausse reflète à la fois une accélération des investissements productifs et une dépendance persistanteauxproduitsintermédiairesimportés, indispensables au fonctionnement des chaînes industrielles

Seules cinq économies affichent des performances supérieures : la Suisse (+36 %), l’Argentine (+27 %), le Taipei chinois (+23 %), le VietNam(+19%)etHongKong,Chine(+17%).Le Royaume devance ainsi plusieurs grandes puissances commerciales, notamment l’Union européenne (+6 % pour le commerce extra-UE), lesÉtats-Unis(+6%)etleBrésil(+6%).Àl’inverse, certaines économies ont enregistré un recul de leursimportations,àl’imagedelaChine(-1%).

Sur le terrain, la hausse des importations accompagne la montée en puissance des plateformes industrielles et logistiques Dans les zones industrielles de Tanger Med et de Kénitra, l’augmentation des entrées de composants, d’équipementsetdebiensintermédiairesreflète l’expansiondesfilièresautomobile,aéronautique etélectronique Importerdavantagedevientainsi le signe d’un appareil productif en pleine consolidationetd’uneintégrationcroissanteaux chaînesdevaleurmondiales

Parallèlement, les exportations marocaines poursuivent leur progression Entre janvier et novembre 2025, elles ont augmenté de 8 %, dépassantlesperformancesdesÉtats-Unis

(+6%),delaChine(+5%),duJapon(+5%),del’Espagne(+4%)etde l’Union européenne (+6 %). Le Maroc demeure toutefois derrière les économieslesplusdynamiquesàl’export,tellesquelaSuisse(+24%), l’Égypte(+23%)ouencoreleCostaRica,laSlovénieetl’Irlande(+22%).

Cette dynamique s’inscrit dans une tendance continentale plus large. L’Afrique a enregistré une croissance des importations de 12,7 % sur les neufpremiersmoisde2025,l’undesrythmeslesplusélevésaumonde, devantleMoyen-Orient(6,2%),l’Asie(6,0%),l’AmériqueduNord(5,4%) etl’Europe(2,4%) Lesexportationsafricainesontprogresséde6,1%en volume,sesituantderrièrel’Asie(+9,5%)maisdevantl’AmériqueduSud, l’Amérique centrale et les Caraïbes (5,7 %), le Moyen-Orient (5,3 %) et uneEuropeenlégerrecul(-0,3%) LeMarocdépasseainsilamoyenne africaine,tantpourlesimportationsquepourlesexportations

À l’échelle mondiale, le volume du commerce des marchandises a augmenté de 4,5 % sur les neuf premiers mois de 2025, dépassant les prévisionsinitialesde2,5%,tandisquelavaleuraprogresséde6,5% Si la faiblesse du dollar a contribué à cette hausse, d’autres facteurs ont joué un rôle plus déterminant, notamment l’anticipation de hausses tarifairesetl’essorrapidedelademandeliéeàl’intelligenceartificielle

Les produits liés à l’intelligence artificielle puces, semi-conducteurs et équipements de transmission de donnéesontvuleurvaleurcommercialeaugmenterdeprèsde20%surunan.Ilsreprésententenviron15% du commerce mondial des marchandises et ont contribué à 42 % de la croissance totale en valeur. Les produitsnonliésàcestechnologiesontégalementprogressé(+4,4%),soutenusnotammentparlahausse deséchangespharmaceutiquesetlaflambéedesprixdel’or.

Au-delàdeschiffres,cesperformancestraduisentunetransformationprogressivedel’économiemarocaine :industrialisationrenforcée,intégrationaccrueauxchaînesdevaleurmondialesetpositionnementcroissant danslesindustriesd’avenir.Ledéfirestetoutefoisclair:réduireladépendanceauxintrantsimportéstouten renforçantlasouverainetéproductiveetlavaleurajoutéelocale.

Dans un commerce mondial en recomposition rapide, la trajectoire du Maroc confirme un positionnement stratégique en consolidation La capacité à transformer cette dynamique en innovation, en montée en gamme industrielle et en emplois qualifiés sera déterminante pour inscrirecettecroissancedansladurée

ÀCasablanca,laclôtureducertificat«Pérennité&LeadershipIntergénérationnel»aremisaucentredudébatunsujet longtempstraitéàhuisclos:latransmissiondesentreprisesfamiliales.DansunpaysoùlesPMEdominentlepaysage économique,anticiperlasuccessionetstructurerlagouvernancen’estplusuneoptionpatrimoniale,maisunimpératif stratégique.

Dansunesalleoùlesplafondssculptésdialoguaientavecunmobilierrésolumentcontemporain,lesymbolesautaitaux yeux : l’entreprise familiale marocaine vit à la croisée des héritages et des mutations Organisée le 17 février 2026 à Casablanca par SFM Conseil en partenariat avec IÉSEG School of Management, la cérémonie de clôture du certificat exécutifconsacréàlapérennitéintergénérationnelleressemblaitmoinsàunrituelacadémiquequ’àunsignalenvoyéà toutl’écosystèmeéconomique

Leconstatposélorsdeséchangesestsansambiguïté:auMaroc,prèsde95%dutissuproductifestconstituédePME,dont unelargemajoritérelèved’entreprisesfamiliales Autrementdit,l’architectureéconomiquenationalereposelargementsur des structures où capital, management et transmission s’entremêlent au sein d’une même lignée Pourtant, leur contributionpréciseauPIBetàl’emploiresteinsuffisammentdocumentée «Nousavonsuneconvictionintuitivedeleur rôledanslastabilitédupays,maisilmanqueencoreunecartographieprécise»,reconnaîtAbdelkaderBoukhriss,président deSFMConseil

Lacrisesanitaireaserviderévélateur Selonlesintervenants,larésilienceobservéeaprèslapandémietientenpartieau comportementdecesentreprises,nombreusesàavoirrognéleursmargespourpréserverl’emploi Inscritesdansletemps long, elles privilégient la continuité plutôt que la performance trimestrielle, une logique qui les distingue nettement des modèlespurementfinanciers

La succession renvoie inévitablement à un sujet sensible : la répartition de l’héritage Des dossiers restent bloqués durantdesannées,notammentlorsquedesfemmesayantcontribuéaudéveloppementdel’entreprisecontestent unerépartitionjugéeinéquitable Sansentrerdansledébatnormatif,lesintervenantsplaidentpourl’anticipationet le dialogue Le silence, préviennent-ils, demeure le principal facteur de blocage Lorsque les discussions sont repoussées jusqu’au décès du fondateur, les tensions familiales peuvent rapidement se transformer en paralysie économique

Parallèlement, le cadre réglementaire marocain évolue L’introduction d’administrateurs indépendants d’abord dans le secteur bancaire puis dans les sociétés faisant appel public à l’épargne a ouvert la voie à une gouvernanceplusprofessionnelle Mêmelorsquelaloinel’imposepas,l’intégrationd’unregardexterneprogresse Ellepermetdedépasserlestensionsinternesetd’améliorerlaprisededécision

Parmilesoutilsévoquésfigurentlaholdingfamiliale,lepacted’actionnaires,lachartefamilialeouencoreleconseil defamille Laloi19-20,ayantintroduitlasociétéparactionssimplifiée(SAS)auMaroc,offredavantagedesouplesse dans l’organisation juridique des groupes familiaux Mais les intervenants refusent toute standardisation Chaque familleavanceàsonrythme,selonsataille,sesambitionsetsondegréd’ouverture

Lacontinuité,enfin,nepassepassystématiquementparunhéritier «Onnepeutpassedécréterdirigeant»,souligne Boukhriss. Parfois, la pérennité exige un management externe. L’essentiel reste la survie et le développement de l’entreprise.

DansunMarocengagédansunetransformationéconomiqueprofonde,latransmissiondesentreprises familiales apparaît moins comme une question privée que comme un enjeu collectif. Anticiper, dialogueretstructurerlagouvernancenerelèventplusseulementdelaprudencepatrimoniale:c’est uneconditiondestabilité,d’emploietdeconfiancepourlesgénérationsàvenir.

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