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Eco Business du 16-02-2026

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ECO ECO

I T O

Cequeditréellementla finance africaine en 2025

Ilyaceuxquiparlentde l’Afrique comme d’un continent « en devenir » , presque par réflexe idéologique Etpuisilya ceux qui doutent, estimant que les conditions objectives de l’émergencenesontpas encore réunies Le Baromètre 2025 de l’industrie financière africaine apporte un éclairage utile : ni plaidoyer naïf, ni réquisitoire pessimiste, mais le portrait d’un continententrédansune phaseintermédiaire,plus exigeante

Fin de l’illusion de l’hypercroissance

Premier enseignement fort : le secteur financier africain est sorti de la logique d’expansion rapide. Après des années de croissance extensive bancarisation, fintechs, mobile money l’heure est à la consolidation. Le rapport parle explicitement d’un passage à « l’ère de la maturité»,

marqué par un recentrage sur la rentabilité, l’efficacité opérationnelle et la gestion des risques (avant-propos,p4)

Ce basculement donne raison aux sceptiques sur un point : l’émergence ne peut plus être décrétée par la seule démographie ou l’innovation technologique. Les institutions financières africaines reconnaissent désormais que la croissance sans structure atteint ses limites

Desfondamentauxqui sesolidifient

Mais les chiffres contredisent l’idée d’un blocage structurel La confiance des dirigeants progresse nettement:prèsde80 % anticipent des perspectives économiques positives à trois ans, avec un optimisme marqué dans la microfinance, les assurances et les fintechs(p.8)

Surtout, la rentabilité redevient un objectif central : elle figure parmi les trois priorités stratégiques majeures du secteur, au mêmeniveauquel’expérienceclientetlatransformationdigitale (p10)

Autrement dit, l’Afrique financière ne promet plus l’émergence : ellechercheàladémontrer

Gouvernance,cybersécurité,régulation:levraitest Làoùledébatsetranche,c’estsurlesconditions«objectives» Le rapport montre que la cybersécurité est désormais la première préoccupation stratégique, devant l’inflation et l’instabilité politique (p.9). Ce déplacement est révélateur : les institutions africaines affrontent désormais les mêmes risques systémiques quelesmarchésmatures.

La gouvernance progresse également : féminisation accrue des conseils, montée des administrateurs indépendants, professionnalisation de la gestion des risques (p.18). Ce sont des signaux faibles mais structurants,souventabsentsdesdiscourssurl’émergence.

Intégrationafricaine:promesseencoreincomplète

Surl’intégrationcontinentale,lessceptiquesmarquentunpoint LesinitiativescommelePAPSSoulaZLECAf sont perçues positivement, mais leur impact reste inégal et parfois lent à se matérialiser (p14–15)

L’interopérabilité progresse, mais les cadres réglementaires et opérationnels ne suivent pas toujours au mêmerythme

L’émergence africaine n’est donc pas encore un fait continental homogène Elle avance par blocs, par secteurs,parpays

Alors,quiaraison?

Lesoptimistesontraisondedirequel’Afriquen’estplusaustadedelapromesseabstraite Lessceptiquesont raisonderappelerquel’émergencen’estniautomatiquenilinéaire

La vérité économique est plus inconfortable : l’Afrique entre dans l’âge adulte de son développement financier Moinsspectaculaire,plusexigeant,maisaussipluscrédible

Cen’estplusl’èredesslogans.C’estcelledespreuves.

Sourceprincipale:Baromètredel’industriefinancièreafricaine2025–DeloittexAFS

Cesdixindicateursracontentunemêmehistoire:l’Afriquen’estpasencore«émergée»,maiselleaquittél’âgedes promesses.Elleentredansceluidespreuvesmesurables.

1.Indicateurdeconfiancestratégiquedesdirigeants

Laconfiancestratégiquemesurelaperceptionqu’ont les dirigeants financiers africains de l’avenir économiqueàmoyenterme.En2025,cetindicateur connaît une progression nette : près de 80 % des décideurs interrogés anticipent des perspectives positives à trois ans. Ce chiffre marque une rupture avec les années post-Covid, dominées par l’incertitudeetlagestiondecrise.

Cette confiance n’est plus fondée sur l’expansion rapide ou l’effet nouveauté (fintech, mobile money), maissurunestabilisationmacroéconomiquerelative etsurlacapacitéaccruedesinstitutionsàabsorber les chocs Elle est particulièrement élevée dans la microfinance et les assurances, secteurs historiquement plus résilients et mieux adaptés aux cycleslocaux

Son évolution est significative car elle change la nature des décisions stratégiques Une confiance modérée mais solide pousse moins à la prise de risque excessive et davantage à l’investissement ciblé,àl’optimisationdescoûtsetàlaconsolidation desacquis Encesens,cetindicateurnesignalepas un optimisme euphorique, mais une maturité décisionnelle

2.Indicateurderentabilitéopérationnelle

La rentabilité redevient un axe central après une décennie dominée par la croissance extensive En 2025, les institutions financières africaines placent la performancefinancièreparmileurstoutespremières priorités stratégiques. Cela traduit un basculement majeur : la taille n’est plus un objectif en soi, la création de valeur durable devient le critère dominant.

L’évolution de cet indicateur s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la pression accrue des coûts, notamment technologiques et réglementaires. Ensuite,lafinprogressivedesmodèlessubventionnés outolérantdesmargesfaiblesaunomdel’inclusion financière Enfin, une concurrence plus intense entre acteurslocaux,régionauxetinternationaux

Larentabilitéestdésormaispenséeconjointementàl’efficacité opérationnelle Automatisation, rationalisation des réseaux physiques,ciblageplusfindessegmentsclientsdeviennentdes leviers structurants. Cet indicateur montre que l’industrie financièreafricaineentredansunelogiquecomparableàcelle desmarchésmatures:moinsdepromesses,plusdediscipline économique.

3.Indicateurdematuritédigitale

La maturité digitale mesure la capacité des institutions à intégrer les technologies numériques au cœur de leur modèle opérationnel.En2025,plusdelamoitiédesacteurssesituentà un niveau intermédiaire ou avancé, contre une minorité il y a encoretroisans

L’évolution est notable mais non uniforme Les fintechs et certaines banques de premier plan affichent une digitalisation poussée,tandisqued’autresinstitutionsrestententransition Le changementmajeurrésidedanslafinalité:ledigitaln’estplus unoutildedifférenciationmarketing,maisunlevierd’efficacité interneetderéductiondescoûts

Cedéplacementdesensestcrucial Iltraduitlepassaged’une digitalisation visible (applications, interfaces) à une digitalisation structurelle (processus, données, décisions) Cet indicateur montre que la transformation numérique africaine quittel’expérimentationpourentrerdansl’industrialisation

4.Indicateurd’expositionaurisquecyber

En 2025, la cybersécurité devient la première préoccupation stratégiquedusecteurfinancierafricain,dépassantl’inflationet l’instabilité politique Cet indicateur reflète à la fois une augmentation réelle des menaces et une prise de conscience institutionnelleaccrue.

Sonévolutionestrévélatricedelamaturitédu secteur. Les institutions reconnaissent désormais que le risque cyber n’est plus un problème technique mais un risque systémique, susceptible d’affecter la rentabilité, la réputation et la stabilité financière. Les capacités de détection progressent, mais les dispositifs de réponse restentenretard.

Cet indicateur souligne un paradoxe : plus le secteur se digitalise, plus il expose ses vulnérabilités La cybersécurité devient ainsi untestdécisifdecrédibilitépourl’émergence financièreafricaine

5. Indicateur de gouvernance et d’indépendancedesconseils

La gouvernance est mesurée à travers la composition et l’indépendance des conseils d’administration Le baromètre 2025 montre une progression claire : hausse des administrateurs indépendants, féminisation accélérée, professionnalisation des comités spécialisés

Cetteévolutionestlentemaisstructurelle Elle répondàunedoublepression:réglementaire et concurrentielle Les investisseurs, partenaires et régulateurs exigent désormais des standards comparables aux normes internationales.

Cet indicateur est fondamental car il conditionnetouslesautres.Unegouvernance plus robuste améliore la gestion des risques, la qualité des décisions stratégiques et la résilienceàlongterme.C’estunsignaldiscret maisdécisifdematurité.

6. Indicateur d’intégration financière continentale

L’intégration financière mesure l’impact des initiativescommelePAPSSoulaZLECAfsurles activités des institutions En 2025, les perceptions restent contrastées Les bénéfices sont reconnus, mais leur matérialisation demeure inégale selon les paysetlessecteurs

L’évolution est réelle mais progressive Les paiements transfrontaliers s’améliorent, les coûts baissent, mais l’interopérabilité réglementaire reste un frein majeur Cet indicateur montre que l’intégration africaine estunprocessus,nonunacquis Il souligne aussi un point clé : l’émergence africaine sera régionale avant d’être continentale.

7.Indicateurd’inclusionfinancièredurable

L’inclusion financière reste un pilier, mais sa définition évolue. Il ne s’agit plus seulement d’ouvrir des comptes, mais de proposer des services utiles, viables et durables. Le baromètre montre un recentrageversdesmodèleséconomiquementsoutenables.

Cette évolution est essentielle. Elle marque la fin d’une inclusion quantitative au profit d’une inclusion qualitative. Assurance, crédit structuré,éducationfinancièredeviennentdesaxesclés.

Cet indicateur montre que l’inclusion n’est plus un slogan, mais un levieréconomiqueconditionnéparlarentabilité

8.Indicateurd’adoptiondel’intelligenceartificielle L’IAprogressemaisresteciblée Lesprincipauxusagesconcernentla détectiondefraudeetlapersonnalisationdesoffres L’adoptionest pragmatique,loindesdiscoursfuturistes

L’évolutionestprudentemaiscohérenteavecleniveaudematurité global Lesinstitutionsprivilégientlescasd’usageàimpactimmédiat plutôtquelesparistechnologiquesrisqués

Cetindicateurillustreuneapprocheafricainespécifique:l’innovation utileavantl’innovationspectaculaire

9.Indicateurdepressionréglementaire

La pression réglementaire est perçue en hausse, notamment sur la conformité, la cybersécurité et l’ESG L’évolution est perçue à la fois commeunecontrainteetcommeunfacteurdecrédibilité

Cet indicateur montre que la régulation n’est plus vue uniquement comme un frein, mais comme un cadre structurant permettant l’attractiondecapitauxetlastabilitédusystème.

10.Indicateurderésilienceglobaledusecteur

La résilience synthétise la capacité du secteur à absorber chocs économiques, politiques et technologiques. En 2025, elle progresse nettement, portée par la diversification des modèles, l’amélioration delagouvernanceetladisciplinefinancière.

Sonévolutionestlesignalleplusfortdubaromètre Elleindiqueque l’Afrique financière n’est plus en phase d’apprentissage, mais en phasedeconsolidationstratégique

POURQUOI LE BAROMÈTRE DE L’INDUSTRIE FINANCIÈRE

AFRICAINE EST UN OUTIL CLÉ POUR COMPRENDRE

L’ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE DU CONTINENT

Comprendrel’évolutionéconomiquedel’Afriqueresteunexercicedélicat.Tropsouvent,ledébatoscilleentredeux extrêmes : l’enthousiasme incantatoire d’une émergence annoncée et le scepticisme radical d’un continent jugé structurellement empêché. Dans ce paysage saturé de récits, le Baromètre de l’industrie financière africaine 2025, publiéparDeloitteetl’AfricanFinancialServices(AFS),s’imposecommeunoutild’analyseparticulièrementpertinent. Nonpasparcequ’ilprétendprédirel’avenir,maisparcequ’ilobserve,mesureetqualifielestransformationsréellesà l’œuvre.

Lafinancecommemiroirdel’économieréelle

Pourquoi s’intéresser à l’industrie financière pour appréhender l’évolution économiquedel’Afrique?Parcequelafinancen’estjamaisunsecteurisolé Elle agitcommeunmiroirgrossissantdesdynamiqueséconomiques,institutionnelles etsociales Unsystèmefinancierquisestructure,seréguleetseconsoliderévèle nécessairementdesévolutionsprofondesdansl’économiequ’ilsert

Le baromètre 2025 ne se contente pas de dresser un état des lieux sectoriel Il analyse les choix stratégiques, les arbitrages et les contraintes auxquels sont confrontées les institutions financières africaines Or ces choix sont directement conditionnés par la réalité économique : stabilité macroéconomique, pression réglementaire,capacitéd’absorptiondeschocs,profondeurdesmarchés,qualité de la gouvernance En ce sens, lire ce baromètre revient à observer l’économie africainedepuisl’undesespostesd’observationlesplussensibles.

Unchangementdecycleclairementidentifié

L’un des apports majeurs du baromètre est d’identifier sans ambiguïté un changement de cycle. L’Afrique financière sort d’une longue phase d’expansion pourentrerdansunepériodedeconsolidationstratégique.Cebasculementest fondamentalpourcomprendrel’évolutionéconomiqueducontinent.

Pendant plus d’une décennie, la croissance africaine a souvent été analysée à travers des indicateurs quantitatifs : taux de bancarisation, nombre de fintechs, volumes de transactions mobiles Le baromètre montre que ces indicateurs ne suffisent plus Les institutions financières placent désormais la rentabilité, l’efficacité opérationnelle et la gestion des risques au cœur de leurs priorités

Cette évolution reflète un passage d’une économie de rattrapage à une économiedestructuration

Pour l’analyste économique, ce signal est précieux Il indique que l’Afrique ne se situe plus uniquement dans une logique de « catching up » , mais qu’elle entre dans une phase où la qualité des modèles économiques devient déterminante

Des indicateurs qui dépassent la conjoncture

Autre force du baromètre : sa capacité à dépasser la lecture conjoncturelle. En s’appuyant sur des perspectives à trois ans, des priorités stratégiques et des transformations organisationnelles, il permet de distinguer les tendances lourdes des effets de contexte.

La montée de la cybersécurité comme première préoccupation stratégique, par exemple, n’est pas unsimpleeffetdemode Elletraduit une digitalisation avancée, une exposition accrue aux risques systémiquesetuneintégrationplus profondedanslesfluxéconomiques mondiaux De même, l’évolution de la gouvernance indépendance des conseils, féminisation, professionnalisation est un indicateur lent mais structurant, souvent absent des analyses macroéconomiquesclassiques

Cesélémentsfontdubaromètreun outil particulièrement adapté pour appréhender l’évolution économique de l’Afrique dans sa dimension qualitative, et non uniquementquantitative.

Unelecturefinedel’intégrationafricaine

Ledébatsurl’intégrationéconomiqueafricaineestsouventtraitédemanièrebinaire:succèsproclaméouéchec dénoncé Le baromètre propose une lecture plus nuancée, et donc plus utile Il montre que les initiatives continentalescommelePAPSSoulaZLECAfproduisentdeseffetsréels,maisinégaux,progressifsetparfoislimités pardescontraintesopérationnelles

Cette approche pragmatique est essentielle pour l’analyse économique Elle permet de comprendre que l’intégration africaine n’est pas un événement, mais un processus Elle éclaire aussi le fait que l’émergence économiqueducontinentseraprobablementrégionaleavantd’êtrecontinentale,sectorielleavantd’êtreglobale

Inclusionfinancière:unindicateurdematuritésocialeetéconomique

L’inclusion financière, souvent brandie comme un objectif en soi, est abordée dans le baromètre sous un angle plus mature Il ne s’agit plus seulement de mesurer l’accès, mais la durabilité des modèles Cette évolution est révélatriced’unchangementpluslargedanslaconceptiondudéveloppementéconomiqueafricain

Un système qui cherche à concilier inclusion et rentabilité reconnaît implicitement que la croissance sociale ne peut être dissociée de la viabilité économique Cette approche offre aux analystes un cadre plus réaliste pour évaluerl’impactréeldespolitiqueséconomiquesetfinancièressurlespopulations

Unoutilpoursortirdesrécitssimplificateurs

Enfin, la pertinence du baromètre tient à sa capacité à déconstruire les récits simplificateurs. Il ne valide ni le discours euphorique d’une Afrique déjà émergée, ni la thèse d’un continent condamné à l’échec. Il montre une réalité plus complexe : celle d’une économie en transition, confrontée à des contraintes réelles, mais dotée de capacitésd’adaptationcroissantes.

Pourappréhenderl’évolutionéconomiquedel’Afrique,ilnesuffitplusdecompterlespointsdecroissanceoules annoncesd’investissements.Ilfautanalyserlesarbitrages,lespriorités,lesrisquesacceptésetceuxquinelesont plus.C’estprécisémentcequepermetleBaromètredel’industriefinancièreafricaine2025.

Le baromètre n’est ni un oracle ni un manifeste Il est un instrument de lecture

Sa pertinence tient à ce qu’il capte un moment charnière : celui où l’Afrique économique cesse de se raconter et commenceàsestructurer

Pour qui veut comprendre l’évolution économique du continent sans céder ni à l’illusion ni au dénigrement, cet outil constitue aujourd’hui l’un des points d’entrée les plus solides, les plus honnêtes etlesplusinstructifs

L’AFRIQUE FINANCIÈRE FACE À L’ÉPREUVE

DU RÉEL : L’ÉMERGENCE SANS SLOGANS

Il existe deux récits dominants sur l’Afrique. Le premier est volontiers lyrique : un continent jeune, dynamique, porté par la technologie, condamné à émerger. Le second est plus sceptique, parfois cynique:institutionsfragiles,intégrationinachevée, dépendance structurelle. Entre ces deux pôles, la réalitééconomiquesefraierarementunchemin.Le Baromètre de l’industrie financière africaine 2025 offre justement cette voie médiane : un diagnostic froid,chiffré,parfoisinconfortable,maisprécieux.

Ce que révèle ce baromètre n’est ni un miracle africain, ni un échec programmé. Il décrit un continent financier entré dans une phase bien plus exigeante:celledelamaturité.

Lafindel’ivressedelacroissance

Pendantplusd’unedécennie,lerécitdominantaété celui de l’expansion. Bancarisation accélérée, explosiondumobilemoney,proliférationdesfintechs: l’Afriquefinancièreavançaitvite,parfoisplusviteque ses cadres réglementaires, ses capacités de gouvernanceouseséquilibreséconomiques En2025, cecycles’achèveclairement

Le baromètre parle désormais de consolidation stratégique La croissance n’est plus absente, mais elle cesse d’être un objectif en soi Les institutions financières africaines recentrent leurs priorités sur la rentabilité,l’efficacitéopérationnelleetlamaîtrisedes risques Cebasculementestfondamental:ilmarque la sortie d’une adolescence économique où l’innovation servait souvent de paravent à des modèlesfragiles

Pourlessceptiques,ceconstatconfirmeuneintuition ancienne:l’émergencenepeutreposeruniquement surl’expansionquantitative Maispourlesoptimistes, ils’agitplutôtd’unsignedematurité Unsystèmequi acceptederalentirpoursestructurerestunsystème quicommenceàdurer.

Laconfiance,maissanseuphorie

L’un des enseignements les plus intéressants du baromètre réside dans le niveau de confiance des dirigeants. Près de 80 % d’entre eux anticipent des perspectives économiques positives à trois ans. Ce chiffrepourraitnourrirlediscoursoptimiste,s’iln’était accompagné d’un changement profond dans la naturedecetteconfiance

Ilnes’agitplusd’unoptimismeportéparlanouveautéoupar des promesses exogènes. Il s’appuie sur une stabilisation macroéconomique relative, sur des bilans plus solides et sur unemeilleurecapacitéàabsorberleschocs.Autrementdit,la confiancen’estplusidéologique,elledevientopérationnelle.

Cettenuanceestcruciale Elleexpliquepourquoilesdécisions stratégiques évoluent : moins de paris spectaculaires, davantage d’investissements ciblés, de rationalisation des coûts, de sélectivité dans l’innovation L’Afrique financière commence à raisonner comme un système qui cherche à durer,nonàséduire

Rentabilité:leretourd’unmotlongtempssuspect Pendant longtemps, la rentabilité a été un terme presque tabou dans certains discours sur la finance africaine, perçue commeincompatibleavecl’inclusionouledéveloppement En 2025,ellerevientaucentredujeu,sanscomplexe

Le baromètre montre clairement que la performance financière figure désormais parmi les priorités stratégiques majeures du secteur Ce retour n’est pas un reniement, mais un ajustement Les institutions ont compris qu’une inclusion financière non rentable est une inclusion fragile, dépendante desubventions,vulnérableauxcrises

Cette évolution tranche le débat entre les deux camps. Oui, l’Afriquepeutviserunefinanceplusinclusive.Maisnon,ellene peutlefairedurablementsansmodèleséconomiquesviables. L’émergenceneserapasphilanthropique,elleserastructurelle ouneserapas.

Digital:delavitrineàl’infrastructure

La transformation digitale reste un pilier, mais elle change de visage. Le temps des applications vitrines et des effets d’annonce touche à sa fin. En 2025,plusdelamoitiédesinstitutionsatteignentunniveauintermédiaireou avancé de maturité digitale, mais l’enjeu n’est plus la visibilité, c’est l’intégration.

Ledigitaldevientunoutild’efficacitéinterne:automatisationdesprocessus, meilleure exploitation des données, décisions plus rapides et plus fiables Cettemutationestmoinsspectaculaire,maisinfinimentplusstructurante

Elle explique aussi pourquoi certaines fintechs entrent à leur tour dans une phase de consolidation L’innovation seule ne suffit plus Elle doit s’inscrire dansdeschaînesdevaleurrobustes,gouvernéesetsécurisées

Cybersécurité:lerévélateurbrutal

Peut-être le signal le plus fort du baromètre : la cybersécurité devient la première préoccupation stratégique du secteur financier africain, devant l’inflationoul’instabilitépolitique Ceclassementditbeaucoup

Il révèle d’abord une montée réelle des menaces, alimentée par la digitalisation accélérée Mais il révèle surtout une prise de conscience : le risquecyberestdésormaisperçucommesystémique Uneattaquemajeure peutparalyseruneinstitution,détruirelaconfianceetaffecterl’ensembledu système

Les capacités de détection progressent, mais les dispositifs de réponse restentenretard.Cedécalageestcritique.Ilmontrequel’Afriquefinancièrea franchi un seuil : elle est suffisamment intégrée pour devenir une cible crédible,maispasencoresuffisammentarméepoursedéfendrepleinement.

Gouvernance : la lente révolutionsilencieuse

La gouvernance est rarement spectaculaire, mais toujours décisive. Le baromètre 2025 metenlumièreuneprogression continue : plus d’administrateurs indépendants,uneféminisation accrue des conseils, une professionnalisation des comitésderisquesetd’audit

Ces évolutions sont souvent sous-estimées dans le débat public Pourtant, elles constituent l’un des socles les plus solides de la maturité financière Une gouvernance renforcée améliore la qualité des décisions, limite les dérives et accroît la crédibilité auprès desinvestisseursetpartenaires internationaux

C’esticiquel’émergencecesse d’être un slogan pour devenir unearchitecture.

Intégration africaine : promesseencorefragmentée

Sur l’intégration continentale, le baromètre adopte un ton nettement plus nuancé. Les initiatives comme le PAPSS ou la ZLECAf sont reconnues commeutiles,maisleurimpact resteinégaletparfoislentàse concrétiser

Les paiements transfrontaliers progressent, les coûts diminuent, mais les obstacles réglementaires et opérationnels persistent L’Afriquefinancièreavancevers l’intégration,maisàunevitesse hétérogène, souvent régionale avantd’êtrecontinentale

Les sceptiques trouvent ici un argument solide : l’émergence africaineneseraniuniformeni simultanée Elle se construira par blocs, par corridors économiques, par zones de compatibilitéréglementaire.

Inclusionfinancière:duvolumeàlaqualité

L’inclusionfinancièreresteunpilierstratégique,maissadéfinitionévolueprofondément Ilnes’agitplusseulement d’ouvrirdescomptes,maisdeproposerdesservicesutiles,adaptésetéconomiquementsoutenables

Le baromètre montre un recentrage vers des produits plus structurés : assurance, crédit encadré, éducation financière Cette évolution marque la fin d’une inclusion quantitative parfois trompeuse, au profit d’une inclusion qualitativeplusexigeante

Làencore,ledébatseclarifie:l’inclusionn’estpasl’ennemiedelarentabilité,maissaconditiondelongterme

Intelligenceartificielle:pragmatismeavantfascination

Contrairementauxdiscoursmondiauxparfoisexaltés,l’IAestabordéeenAfriquefinancièreavecpragmatisme Les usagesdominantsconcernentladétectiondefraudeetlapersonnalisationdesoffres Peudeprojetsexploratoires, beaucoupdecasd’usageconcrets

Cette prudence est cohérente avec le niveau de maturité global du secteur Elle évite l’écueil de la fascination technologiquesansvaleuréconomiqueréelle L’innovationafricaine,ici,seveututileavantd’êtrespectaculaire

Verdict:nimythe,nimirage

Alors,quiaraison?Ceuxquicroientàl’émergenceafricaineouceuxquidoutentdesesconditionsobjectives?Le baromètretranchesanstrancher.L’Afriquefinancièren’estplusunmytheendevenir,maisellen’estpasencoreun systèmepleinementémergé.

Elleestentréedansunezonegrise,exigeante,moinsglamour:celledelamaturitéenconstruction.C’estsouventla phaselaplusdifficile,carellenesenourritplusdepromesses,maisdepreuves.

Etc’estprécisémentlàquesejouel’avenir.

ÉMERGENCE AFRICAINE : PROMESSE TENUE OU RÉCIT PRÉMATURÉ ?

Ledébatsurl’émergenceafricaineressembledeplus en plus à un dialogue de sourds. D’un côté, les convaincus,pourquil’Afriqueestdéjàentréedansle XXIᵉ siècle économique, portée par la finance digitale, l’innovation et une démographie dynamique. De l’autre, les sceptiques, qui voient surtout un continent encore empêtré dans ses fragilités structurelles. Le Baromètre de l’industrie financière africaine 2025 permet enfin de sortir de l’incantationpourentrerdansl’arbitrage.

Uneémergenceencoreincomplète

Commençons par les faits qui dérangent Le premier est brutal : l’Afrique financière ralentit Non pas par choix stratégique uniquement, mais parce que les limitesdumodèled’expansionrapidesontatteintes Le baromètreconfirmeunpassageàlaconsolidation,ce qui signifie aussi que la phase euphorique est terminée Pour les sceptiques, c’est un aveu : l’émergence promise ne s’est pas matérialisée à l’échellecontinentale.

Deuxième point : la dépendance persistante aux cadres exogènes. Qu’il s’agisse des normes réglementaires, des technologies critiques ou des flux de capitaux, l’industrie financière africaine reste largementadosséeàdesarchitecturesextérieures.La montée en puissance de la cybersécurité comme première préoccupation stratégique en est un symptôme clair Le secteur est devenu suffisamment sophistiqué pour être vulnérable, mais pas encore assez autonome pour maîtriser pleinement ses risques

Troisième élément : l’intégration continentale reste largementthéorique LePAPSS,laZLECAf,lesinitiatives de paiements transfrontaliers avancent, mais lentement, de manière fragmentée, souvent freinées par des obstacles réglementaires et opérationnels Pour les détracteurs de l’émergence africaine, le verdictestsansappel:sansmarchéintérieurintégré,il nepeutyavoirdevéritableémergenceéconomique

Enfin, la question de l’inclusion financière demeure ambiguë Si les taux de bancarisation progressent, la qualité des services et leur durabilité économique restent inégales Une inclusion quantitative, non rentable,exposelesystèmeàdesfragilitésfutures Les sceptiques y voient la preuve que l’Afrique confond encoresouventvolumeetsolidité.

Unematuritéquichangeladonne

Mais s’arrêter à ces constats serait intellectuellement paresseux. Car le baromètre raconte aussi une autre histoire, moinsspectaculaire,maisplusstructurante:celled’unsecteur quigrandit.

Premierargument:leretourassumédelarentabilité Pendant longtemps, l’Afrique financière a été jugée à l’aune de sa capacitéàcroîtrevite En2025,ellecommenceàêtrejugéesur sa capacité à créer de la valeur durable Le fait que la performance financière redevienne une priorité stratégique majeure est un signal fort Les économies émergentes ne deviennent crédibles que lorsqu’elles acceptent cette discipline

Deuxième élément clé : la transformation digitale change de nature On ne parle plus de vitrines technologiques, mais d’infrastructures invisibles Automatisation, data, optimisation des processus deviennent centraux Ce glissement est fondamental : il marque le passage d’une innovation de façadeàuneinnovationstructurelle,souventignoréedugrand publicmaisdécisivepourlaproductivité

Troisième point souvent sous-estimé : la gouvernance progresse Lentement, certes, mais de manière continue Plus d’administrateurs indépendants, plus de femmes dans les conseils, une professionnalisation accrue de la gestion des risques Ces évolutions ne font pas la une, mais elles constituent le socle silencieux de toute émergencecrédible.

Quatrième argument : la confiance des dirigeants. Près de 80 % anticipent des perspectives positives à moyen terme. Cette confiance n’est plus naïve. Elle s’appuie sur une meilleure capacité à absorber les chocs, sur des bilansplussolidesetsurunecompréhensionplusfinedesrisques.Cen’estpasdel’optimismeidéologique,c’est unoptimismeopérationnel.

Levraipointdebascule:lechangementderécit

Lecœurdumalentenduestpeut-êtrelà L’Afriquen’estplusdanslaphaseoùl’émergenceseproclame Elleentre dansunephaseoùellesemesure Cettetransitionestinconfortable,carellepriveledébatdeslogansfaciles

Les sceptiques ont raison de rappeler que les conditions objectives ne sont pas encore pleinement réunies : intégrationincomplète,dépendancesstructurelles,vulnérabilitéscyber Maislesoptimistesontraisondesouligner quelesystèmefinancierafricainfonctionnedésormaisselondeslogiquescomparablesàcellesdeséconomies matures:rentabilité,gouvernance,résilience

L’émergence africaine ne sera ni linéaire ni homogène Elle sera asymétrique, régionale, sectorielle Elle ne ressemblera pas aux trajectoires asiatiques ou européennes Elle inventera la sienne, avec ses lenteurs et ses accélérations

Opposer croyants et sceptiques est devenu un faux débat Le vrai clivage n’est pas entre ceux qui croient à l’Afrique et ceux qui n’y croient pas, mais entre ceux qui acceptent la complexitédesatrajectoireetceuxquis’entiennentauxcaricatures

LeBaromètredel’industriefinancièreafricaine2025neproclamepasl’émergence Ilmontre qu’elle se construit, lentement, techniquement, parfois péniblement Et c’est peut-être le signeleplussérieuxqu’elleestentraindedevenirréelle

Derrière une annonce technique passée presque inaperçue hors des cercles financiers, JP Morgan Chase s’apprête à lancer un indice obligataire inédit consacré à la dette souveraine en monnaie locale des marchés frontières. Un outil qui, s’il tientsespromesses,pourraitmodifier enprofondeurlecoûtdufinancement public en Afrique, et poser une question centrale pour l’Afrique de l’Ouest:commentpasserdustatutde marché périphérique à celui d’acteur crédibledelafinancemondiale?

JP Morgan finalise la création d’un indice dédié à la dette souveraine en monnaie locale des marchés dits « frontières».

À première vue, l’information semble réservée aux spécialistes Pourtant, elle touche un nerf sensible : celui de la capacité des États africains à se financer durablement sans dépendre excessivement de la dette en devises

Selon les éléments communiqués par dessourcesprochesdudossier,l’indice devrait intégrer entre 20 et 25 pays, avec un plafond de pondération compris entre 8 % et 10 % par État. Les obligations retenues devront présenter un encours minimal équivalent à 250 millions de dollars et une maturité résiduelle supérieure à 2,5 ans, afin d’assurerliquiditéetprofondeur.

Le segment ciblé est loin d’être marginal La dette locale négociable des marchés frontières est aujourd’hui estimée à près de 1 000 milliards de dollars, contre environ 300 milliards il y a dix ans Une croissance rapide, mais encore déséquilibrée Ces économies représentent près de 20 % de la population mondiale, tout en captant moinsde3%desfluxinternationauxde capitaux L’ambitiondel’indiceestdonc claire : structurer une classe d’actifs encore jugée opaque afin d’attirer des flux institutionnels plus massifs et surtoutplusstables

En Afrique, certains marchés disposent déjà d’une taille critique suffisante. Le Maroc, l’Égypte ou le Nigeria figurent régulièrement dans les radars des investisseursinternationaux.LasituationestpluscontrastéeenAfriquedel’Ouest francophone,oùlemarchérégionalaniméparUMOA-Titresaréalisédesprogrès notables,maisrestedominépardesinvestisseursdomestiques.En2025,laCôte d’Ivoire a mobilisé 5 149,14 milliards de FCFA sur le marché régional, avec des rendements oscillant entre 5 % et 7,5 % selon les maturités. Des niveaux compétitifs, certes, mais qui peinent encore à susciter une demande internationalesignificative

C’est précisément là que l’effet « indice » peut jouer un rôle déterminant L’intégration dans un benchmark international déclenche mécaniquement des fluxditspassifs:fondsindiciels,ETF,assureursoufondsdepensionachètentles obligationsinclusespourrépliquerl’indice Cettedemandestructurelleaméliore laliquiditéetexerce,àmoyenterme,unepressionàlabaissesurlesrendements Aujourd’hui, les obligations locales des marchés frontières offrent une prime pouvantatteindre400pointsdebaseparrapportauxgrandsindicesémergents en monnaie locale Plus de 60 % de ces titres afficheraient des rendements supérieursà10%,unsignalfortdel’appétitpotentieldesinvestisseurs,maisaussi delaperceptiondurisque

Pour l’Afrique de l’Ouest, les bénéfices potentiels sont clairs : baisse progressive du coût d’emprunt, diversification de la base d’investisseurs, réduction de la dépendance à la dette libellée en devises et atténuation du risque de change Maislecheminresteexigeant Ilsupposedeslignesd’émissionpluslarges,une transparence accrue, un marché secondaire plus actif et une harmonisation réglementairerenforcéeàl’échellerégionale

Au-delàdel’outilfinancier,cetindiceagitcommeunvéritablefiltred’intégration dans la finance mondiale. Dans un univers dominé par les benchmarks, l’indexation conditionne l’allocation des capitaux et, in fine, le coût du financement public. Pour les États ouest-africains, l’enjeu n’est donc pas seulement d’observer le lancement de l’indice JP Morgan, mais de s’y préparer activement.Cardanslafinanceinternationale,êtreindexé,c’estdéjàexister.

Réunie à Casablanca avec une délégation de la Chambre Croate d’Économie, la CGEM veut transformer la complémentarité entre le Maroc et la Croatie en investissement réel et en partenariat durable. Transition énergétique,tourisme,industriepharmaceutiqueetlogistiquefigurentaucœurdecettecoopérationbilatéraleen phased’accélération.

À Casablanca, au siège de la CGEM, l’ambiance était studieuse mais résolument tournée vers l’action. La Confédération générale des entreprises du Maroc a accueilli mercredi une délégation d’entrepreneurs de la Chambre Croate d’Économie avec un objectif assumé : identifier des opportunités d’investissement et bâtir des partenariatsconcretsentreleMarocetlaCroatie.

LemessageportéparMehdiTazi,vice-présidentgénéraldelaCGEM,estsansambiguïté.Lesdeuxéconomiessont complémentaires.Maiscettecomplémentarité,sisouventinvoquéedanslesdiscoursdiplomatiques,doitdésormais se traduire en projets intégrés, créateurs de valeur et d’emplois. « Le défi, mais aussi l’opportunité, consiste à transformer cette complémentarité en investissements concrets et en partenariats durables » , a-t-il souligné, appelantàrenforcerledialogueentrelessecteursprivésdesdeuxpays Unecoopérationbilatéraleenquêtedeprofondeur

Larencontreillustreunevolontépartagéed’insufflerunenouvelledynamiqueàlacoopérationbilatérale LeMaroc, engagédansunestratégied’ouvertureéconomiqueetdediversificationdesespartenaires,voitdanslaCroatieun interlocuteur crédible au sein de l’espace européen De son côté, Zagreb cherche à consolider sa présence en Méditerranéeetàélargirsesdébouchésverslecontinentafricain

TomislavRadoš,vice-présidentdelaChambreCroated’Économie,asaluélaqualitédesrelationsexistanteset exprimé le souhait de franchir une nouvelle étape Il s’est félicité notamment de la hausse du nombre de touristesmarocainsvisitantlaCroatie,signed’unrapprochementprogressifdesdeuxsociétés Maisilainsisté surunpoint:lepotentielcommundépasselargementleseultourisme

Selon lui, les domaines de l’énergie, de la logistique, des technologies modernes et du développement des infrastructures offrent un terrain fertile à des investissements structurants Avec un accent particulier sur la durabilité,devenueuncritèreincontournabledansleséchangesinternationaux

Dessecteursciblés,desentreprisesengagées

Ladélégationcroatecomptaitplusdequinzeentreprises,issuesnotammentdel’industriedubois,del’industrie pharmaceutique, du tourisme et du commerce Un éventail sectoriel qui reflète une volonté de coopération pragmatique,loindeseffetsd’annonce

L’industrie pharmaceutique, en particulier, retient l’attention Le Maroc poursuit le renforcement de son tissu industriel dans ce domaine stratégique, tandis que la Croatie dispose d’un savoir-faire reconnu La transition énergétique constitue un autre axe naturel de convergence, alors que le Royaume consolide son positionnementdanslesénergiesrenouvelablesetquel’Europeaccélèresamutationverte

Lalogistique,enfin,s’imposecommeunlevierclé.LaCroatie,situéeàlacroiséedel’Europecentrale,del’Europe duSud-EstetdelaMéditerranée,joueunrôledepasserellerégionale.

Le Maroc, grâce à son ancrage africain et à ses infrastructures portuaires, offre un accès stratégique au continent.Cettecomplémentaritégéographiquenourritl’ambitiond’unpartenariatéquilibré.

Larencontre,organiséeenprésencedel’ambassadricedeCroatieauMaroc,JasnaMileta,aétémarquéepar des présentations détaillées sur les opportunités d’investissement au Maroc, notamment dans l’énergie et le tourisme,ainsiquesurleclimatdesaffairesenCroatie.

Restedésormaisàtransformerl’intentionenengagement.Leséchangesinstitutionnelsconstituent uneétape.Lescontrats,lesjoint-venturesetlesprojetsindustrielsenserontlavéritablemesure.

PourleMaroc,quis’inscritdansunevisiondedéveloppementdurable,inclusifetouvert,cetypede coopérationillustreunediplomatieéconomiqueresponsable,enphaseaveclesaspirationsd’une nouvelle génération d’entrepreneurs. Si la confiance s’installe et si les investissements suivent, la relationMaroc–Croatiepourraitbiendevenirunexempledecoopérationbilatéralepragmatiqueet mutuellementbénéfique.

L’exécution budgétaire 2025 du Maroc se distingueparunegestionmaîtriséedudéficit toutenopérantunviragestratégiqueversle marché domestique de la dette publique. Alors que les objectifs de la Loi de finances étaient atteints, la manière de financer ces besoins a profondément évolué, renforçant la place du marché intérieur comme levier clédefinancement.Décryptage.

En2025,lescomptespublicsduRoyaumeont connu une évolution marquante : un déficit budgétaire de 60,5 milliards de dirhams, ce qui représente 3,5% du produit intérieur brut (PIB)unchiffreconformeauxprévisionsdela Loi de finances 2025 Cette performance reflète non seulement une maîtrise des équilibres budgétaires dans un contexte externe encore incertain, mais aussi un ajustement stratégique du Trésor marocain dans la manière de mobiliser les financementsnécessaires

Le succès de l’exercice 2025 repose d’abord sur une dynamique favorable des recettes ordinaires, qui ont dépassé les objectifs initiauxavecuntauxderéalisationdeplusde 107%. Ce dépassement s’explique par une progression soutenue des recettes fiscales particulièrementl’impôtsurlessociétés(IS)et l’impôt sur le revenu (IR) ainsi que par une contribution forte de la TVA, qui a généré un excédentnotablecomparéà2024.

Les recettes non fiscales ont, elles aussi, surpris à la hausse, grâce à une activation plus intense de mécanismes innovants de financement, contribuant ainsi à renforcer l’autofinancement de l’État Cette performanceglobaledesrecettesaoffertune assise plus solide, malgré la persistance de défis macroéconomiques liés à l’environnementrégionaletmondial

Ducôtédesdépenses,l’exécutionbudgétaire aétéglobalementmaîtrisée,avecuntauxde réalisation également autour de 107% À y regarder de plus près, cette stabilité globale cache des tendances contrastées : alors que les charges associées aux biens et services ontaugmentéaufildel’année,lepoidsdela compensationasignificativementdiminué,

allégeantainsilespressionssurlesfinancespubliques.Cettecombinaison apermisd’augmenterlesoldeordinaireetdedégagerdesmargespour soutenirl’investissement.

Leniveaudesdépensesd’investissementpublicestunautrepointfortde l’année:iladépasséles125milliardsdedirhams,enprogressionàlafois parrapportauxprévisionsdelaLoidefinancesetàl’exerciceprécédent.

Cette hausse illustre la capacité du Royaume à poursuivre des projets structurantsinfrastructuresénergétiques,mobilité,servicespublicstouten poursuivantsonobjectifdesoutienàl’activitééconomiqueetaupouvoir d’achat

Cependant, le changement le plus significatif vient de la structure du financementdubesoinduTrésor AlorsquelaLoidefinancestablaitsurun financement largement extérieur, l’exécution a montré une mobilisation beaucoupplusfortedumarchédomestiquedeladette LeTrésoraainsi levé37,1milliardsdedirhamssurlemarchéintérieur,contreseulement6,7 milliards prévus initialement, représentant environ 50% des besoins annuelsduTrésorcontreseulement11%anticipésdanslaLF

Àl’inverse,lefinancementextérieurnets’estétabliàenviron37milliardsdedirhams,endessousdes51,5milliards attendus Ce rééquilibrage des sources de financement révèle une capacité accrue du marché intérieur à absorber une offre plus importante de bons du Trésor, réduisant ainsi la dépendance envers les ressources extérieures

Cettepousséeverslemarchéintérieurn’apasétésansincidencesurlestauxobligataires:unehaussedestauxa été observée au cours du quatrième trimestre 2025, atteignant des niveaux que l’on n’avait pas vus depuis plusieurstrimestres.CetteréactionestpartiellementliéeàlapauseprolongéedeBankAlMaghribsursescycles monétaires et au recentrage des portefeuilles des investisseurs institutionnels vers des actifs offrant des rendementsplusattractifs.

Pourautant,surl’ensembledel’année,latendanceglobaledestauxrestebaissière,soutenueparuneinflationqui s’est repliée à environ 0,8% en 2025, contre 1% en 2024, ainsi que par une diversification des sources de financementnotammentviauneémissioninternationaleréussiede2milliardsd’euros,quiacontribuéàallégerla pressionsurl’offrelocalededette.

Malgré l’augmentation du recours au marché domestique, la trajectoire d’endettement public reste jugée soutenable Selonlesestimations,leratiodette/PIBdevraitlégèrementreculerpouratteindre67,2%en2025,contre 67,7%en2024 Lapartdeladetteextérieurenedépasseraitpas27%del’endettementglobal,unniveauconforme auxrepèresinternationaux(entre25%et30%)pourunpaysémergent

Cettearchitecturedefinancementmetenlumièreunenouvelledonne:loind’êtreunsignedefaiblesse,lerecours accruaumarchédomestiquereflèteunematuritéaccruedumarchéobligatairemarocain,capabled’absorber desvolumesimportantsetdejouerunrôlestructurantdanslefinancementpublic Cettecapacitéestessentielle pourunpaysquichercheàconcilierinvestissementsambitieux,stabilitémacroéconomiqueetrésiliencefaceà deschocsexternes

L’année budgétaire 2025 a démontré que le Maroc peut atteindre ses objectifs financiers tout en adaptant ses stratégies de financement à un environnement mouvant. En confiant une place centrale au marché domestique, le Trésor marocain a non seulement renforcé l’autonomie financière du pays, mais aussi consolidé les fondements d’une croissance durable, inclusive et solidementancréedansletissuéconomiquenational.

Lemarchémondialdescosmétiquesmarocainsvitunevéritablemétamorphoseéconomique.Historiquement reconnu pour quelques produits emblématiques, il s’impose désormais comme un segment stratégique de l’industriedelabeauté.Cettetendancen’estpasqu’unsimplephénomèneculturel:elletraduitunedynamique decroissancerobusteportéeparl’intérêtglobalpourlesingrédientsnaturels,lamontéedubienêtreetl’accès facilitévialenumérique.

En 2024, la valeur de ce marché était estimée à 1,82milliard de dollars, selon des données consolidées par plusieurs cabinets d’étude internationaux. Cette basesolidedevraitpresquedoublerd’ici à 2032, pour atteindre près de 3,59milliardsdedollars,grâceàuntaux de croissance annuel composé (TCAC) d’environ7,92%entre2024et2032

Les ingrédients marocains traditionnels – huile d’argan, eau de rose, argile de Ghassoul, extraits de plantes aromatiques – ne sont pas seulement des symboles culturels raffinés: ils sont aujourd’hui recherchés pour leurs effets nourrissants, antiâge et protecteurs de lapeau,cequiaccroîtleurattraitsurles marchésinternationaux

Pour un observateur qui fréquente les souks d’Essaouira ou Casablanca, ce virage est palpable Les comptoirs qui autrefois vendaient en vrac quelques bouteilles d’huile désormais signent des contratsd’exportation,souventsoutenus par des plateformes numériques accédant à des consommateurs aux quatre coins du globe. C’est là que l’innovation rencontre la tradition: un soin développé au Maroc trouve aujourd’huisaclientèleàNewYork,Berlin ou Tokyo, souvent via des canaux digitaux.

Cette révolution est alimentée par plusieurs moteurs concrets D’abord, la demande pour les soins de la peau –crèmes solaires, lotions hydratantes, soins antiâge – ne cesse de croître, reflétantuneconscienceglobaleaccrue de la santé cutanée Ensuite, la popularité des produits naturels et biologiques, souvent issus d’ingrédients locaux, attire un public sensible à la composition et à l’origine des soins qu’il utilise

La montée en puissance des plateformes de commerce électronique est un autrefacteurclé.Elleacasserlesbarrièresgéographiquesetrenducesproduits accessibles même dans les économies émergentes où la demande pour le cosmétique de qualité explose. Les réseaux sociaux et les influenceurs beauté jouent un rôle non négligeable dans ce mouvement: de nombreux produits marocains deviennent viraux, parfois avant même d’être distribués physiquementdanscertainspays

Cependant, cette expansion s’accompagne de défis réels La volatilité des prix desmatièrespremières,notammentl’argan,peutfreinerlesplansdecroissance des fabricants L’argan, surnommé «or liquide», joue un rôle essentiel dans l’industrie – mais sa production est sensible aux conditions climatiques, aux pressions écologiques et aux contraintes d’approvisionnement De plus, les exigencesréglementairesinternationalesstrictesimposentauxexportateursdes normesdequalitéetdetraçabilitésouventcoûteusesàatteindre

Pourlesacteurssurleterrain,cettephasereprésenteàlafoisuneopportunitéet une responsabilité L’innovation, dans les formulations comme dans le packagingdurable,estdevenueunimpératifpourrestercompétitif Etpourles jeunes entrepreneurs marocains, ce secteur est une invitation à imaginer des modèlesd’affairesquiallientcréationdevaleuréconomique,inclusionsocialeet respectdel’environnement

À terme, les projections soulignent que les soins de la peau et les protections solairesdevraientcontinueràdominerlemarché,tandisquelessoinscapillaires, le maquillage et les fragrances contribueront à diversifier l’offre Cette diversificationestpositivepourl’économiemarocaine:ellefavorisel’émergence depetitesetmoyennesentrepriseslocalesetstimulelesexportations.

Derrière ces chiffres, c’est un messagepluslargequiémerge: le Maroc n’est plus seulement un fournisseur de matières premières cosmétiques, il devient un acteur stratégique del’industriemondiale,capable de valoriser son patrimoine naturel dans une économie mondialisée Une transformation qui, si elle est accompagnée par des politiques publiques audacieuses et un soutien accruàl’innovationlocale,peut propulser des secteurs entiers versdenouveauxsommets

La flambée du cours de l’or sur les marchés internationaux, avec une once dépassant les 5.000 dollarsdébut2026,metàrudeépreuvelesartisanset commerçants marocains. Alors que le métal jaune attirelesinvestisseursmondiaux,ilfragiliseunsecteur localessentiel,confrontéàlavolatilitédesprixetàune demandeennetrecul.

Unehaussehistoriquequipèsesurlesprixlocaux

Depuisledébutdel’année2026,lemarchémondialde l’or connaît une tension inédite La combinaison des incertitudesgéopolitiques,delafaiblessedudollaretdu retourmassifdesinvestisseursverslesvaleursrefugesa propulsé l’once audelà de 5000 dollars, avec des pointesà5.282dollarscertainesjournées.PourleMaroc, importateur net d’or, cette envolée se traduit directement sur le prix du gramme, qui atteint 1.460 à 1.470 dirhams, soit près de 70 % de hausse sur un an. Cette progression rapide met sous pression le pouvoir d’achat et fragilise la trésorerie des bijoutiers, en particulier les petits commerçants des souks et des quartiers spécialisés comme la Kissariat Al Manjra à Casablanca.

Entrevolatilitédesmarchésetréalitéslocales

Contrairement à l’idée reçue, une hausse mondiale du cours ne signifie pas automatiquement de meilleurs profits pour les bijoutiers Au contraire, lorsque les prix augmentent rapidement, la demande se contracte, surtout chez les clients sensibles au pouvoir d’achat Beaucoup limitent désormais leurs achats aux pièces indispensables, comme les bijoux de mariage, ou renoncent purement et simplement à acheter de l’or pour l’épargne ou le plaisir Les vitrines longtemps garnies restent parfois vides de transactions en fin de journée

Cette volatilité extrême où le prix peut fluctuer de plusieursdizainesdedirhamsenquelquesjoursexpose particulièrement les commerçants qui pratiquent souvent des ventes à crédit ou des paiements différés

Face à ce risque, plusieurs bijoutiers réduisent leurs commandes ou ferment temporairement en attendant plusdestabilité.

Ce choc met en lumière un déséquilibre entre la dynamique internationale et la réalité économique locale.Sil’orremplitpleinementsonrôledevaleurrefuge àl’échelleglobale,

sa flambée pèse lourdement sur le tissu économique marocain, surtout dans un contexte où le secteur de la bijouterie traditionnelle demeure majoritairement composé de petites entreprises familiales. De plus, l’absence de mécanismes de couverture financière adaptésrendcesacteursparticulièrementvulnérablesà cesfluctuations.

L’or conserve son attrait planétaire en tant que valeur refuge, mais au Maroc, son envolée devient le symbole d’un défi à relever pour préserver un métier ancestral, mainteniruneactivitééconomiqueessentielleetprotéger lesconsommateurs Alorsquelesmarchésinternationaux continuent de dicter le tempo, bijoutiers et artisans se retrouvent à naviguer entre tradition et turbulence, espérant un apaisement durable des prix pour que le savoirfaire marocain ne devienne pas une victime collatéraledecettecrisedumétalprécieux

Le paysage bancaire marocain s’apprête à vivre une année 2026 plus dynamique qu’on ne l’imaginait il y a encore quelques mois. Dans les couloirs feutrés des institutions financières de Rabat à Casablanca, on sent cettefoismoinsd’inquiétudediffuse,plusune prudente confiance. L’analyse que vient de publier l’agence S&P Global Ratings, reprise parplusieursmédiaséconomiques,confirme que le secteur reste résilient mais rappelle, avecnuance,quedesdéfispersistent.

Le paysage bancaire marocain s’apprête à vivreuneannée2026plusdynamiquequ’onne l’imaginaitilyaencorequelquesmois.Dansles cercles financiers de Rabat à Casablanca, l’atmosphère a changé : moins de nervosité, davantagedeprudenceconstructive.L’analyse publiée par S&P Global Ratings confirme cette inflexion positive, tout en rappelant que le secteur reste confronté à des défis persistants, notammentsurleterraindurisquedecrédit

Lecréditportéparlesprojetsstructurants Lecontextemacroéconomiquejoueclairement enfaveurdesbanques L’économiemarocaine devrait maintenir une croissance moyenne autourde4%àl’horizon2026,soutenuepardes programmes d’infrastructures d’envergure, la montée en puissance des partenariats publicprivéetlesinvestissementsliésauxpréparatifs delaCoupedumonde2030 Routes,transports, énergie, santé : ces secteurs génèrent des besoins de financement importants et durables

Dans ce contexte, S&P anticipe une accélération de l’octroi de crédits, avec une progressionattendueentre3,5%et4%en2026, contre environ 3,1 % en 2025 Cette hausse devraitêtreprincipalementtiréeparlescrédits aux entreprises, encouragés par l’assouplissementdesconditionsmonétaireset par les dispositifs publics de soutien à l’investissement. Pour les banques, l’équation repose sur un équilibre délicat : accompagner la reprise sans relâcher les standards de gestiondurisque.

La collecte de dépôts demeure, elle aussi, un socle de stabilité. Le systèmebancairemarocainbénéficied’unebasededépôtslargeet fragmentée,avecunecontributionnotabledesMarocainsrésidantà l’étranger,quireprésentaient16,3%desdépôtsen2024,dont71%non rémunérés. Cette structure confère aux banques une source de financement peu coûteuse et limite leur exposition aux tensions sur les marchés internationaux, le secteur restant globalement net créancieràl’extérieur

Créancesensouffrance:améliorationfragileetincomplète

Sur le plan de la qualité des actifs, les signaux sont plus contrastés S&Pprévoitunebaissemodéréeduratiodescréancesensouffrance, attenduautourde8,5%à8,6%en2026,après8,9%en2025 Cette amélioration s’explique par un environnement économique plus porteur, un redressement partiel des valeurs immobilières et des opérationscibléesderadiationetderecouvrement

Lecoûtdurisquedevraitainsireculerpours’établirentre90et95pointsdebase,contreenviron110pointsde baseauparavant Lahausseprogressivedesrevenusdisponiblesetlesreprisesdeprovisionsaccompagnent cette tendance, sans toutefois effacer un héritage lourd : le stock ancien de prêts non performants reste supérieuràlamoyenneobservéedansd’autreséconomiesémergentes

C’estdanscecontextequelesautoritésétudientlacréationd’unmarchésecondairedescréancesdouteuses, destiné à accélérer l’assainissement des bilans et à libérer des capacités de financement supplémentaires. Uneréformestructurante,encoreconditionnéeàdesévolutionsducadrejudiciaire,maisjugéecrucialeparde nombreuxobservateurs.

Parailleurs,l’expositioninternationaledesgrandesbanquesmarocainesdemeureunsujetdevigilance.Environ un quart de leurs actifs est localisé en Afrique subsaharienne, une région plus risquée mais qui contribue positivementauxrésultatsetpourraitoffrirdemeilleuresperspectivesdecroissanceàpartirde2026.

Larentabilitérestenéanmoinsunpointfortdusecteur.Lesdixprincipalesbanquesaffichaientàmi-2025un rendement moyen des fonds propres de 13,1 %, contre 11 % un an plus tôt S&P anticipe une stabilisation des revenusd’exploitation,lesmargesetlesvolumescompensantlerefluxattendudesgainsdemarché,tandis quelamaîtrisedescoûtsetlabaissegraduelledeschargesdedépréciationsoutiennentlaperformance

Surleplanréglementaire,lerenforcementdesratiosdesolvabilitéconfortelarésiliencedusystème Leratio CET1 des établissements d’importance systémique nationale est fixé à 11 % depuis décembre 2025, soit 200 pointsdebaseau-dessusduminimumrequispourlesautresbanques L’adoptioncomplètedudispositifde revueprudentielled’ici2027devraitencoreaméliorerlacapacitédusecteuràabsorberd’éventuelschocs

Àl’approchede2026,lesbanquesmarocainesavancentdoncsurunelignedecrête:profiterd’un cycle économique plus porteur tout en traitant en profondeur leurs fragilités structurelles. Leur capacitéàfinancerdurablementlesambitionsduRoyaumedépendraautantdelacroissancequede larigueuraveclaquelleellessaurontconsoliderleursfondations.

Réunis au Complexe Mohammed VI de Salé, les représentants du Maroc, de l’Espagne et du Portugal ont lancé le premierForumd’affairesconsacréàlaCoupedumonde2030.Au-delàdusport,l’objectifestclair:transformerce Mondial en levier d’investissements structurants et de coopération économique durable, avec des retombées estiméesàplusde5milliardsd’eurosparpays.

TroissemainesaprèslaCAN2025,leComplexeMohammedVIdefootballaservidecadreàuneséquencestratégique. Ministres,présidentsd’organisationspatronalesetchefsd’entreprisedestroispaysco-organisateurss’ysontretrouvésà l’initiative de la CGEM, de la CEOE espagnole et de la CIP portugaise Le lieu n’est pas neutre Il symbolise l’ancrage du Royaumedanslagouvernancemondialedufootball Maiscettefois,ilétaitmoinsquestiondetactiquesportivequede feuillederouteéconomique

Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget et président de la FRMF, l’a rappelé : cette Coupe du monde sera « exceptionnelle» Ellecoïncideaveclecentenairedel’éditioninauguralede1930 Surtout,elleassociedeuxcontinentsdans une organisation partagée Cent un matchs sont programmés, avec une mobilité totale entre Madrid, Marrakech et Lisbonne Unelogistiqueexigeantequiimposeunecoordinationsansfailleenmatièredetransport,d’infrastructuresetde services

LarécenteCAN2025aservidetestgrandeurnature SelonleschiffresavancéslorsduForumd’affaires,lacompétition auraitgénéréplusde2milliardsd’eurosderetombéeséconomiquesdirectes,prèsd’unmilliardd’eurosd’investissements dans les infrastructures sportives, environ 60000 emplois et la mobilisation de plus de 3000 entreprises marocaines ChakibAlj,présidentdelaCGEM,ainsistésurl’effetd’accélération:«Endeuxans,nousavonsréalisécequiauraitprisune décennie» Au-delàdesmontants,desmilliersdejeunesontétéformésauxmétiersdel’événementiel,del’ingénierieet destechnologies,renforçantleuremployabilité

Lemessageestlimpide:silaCANaproduitcetimpact,laCoupedumonde2030peutendémultiplierleseffets AntonioGaramendi,présidentdelaCEOE,areplacéledébatsurleterraindel’investissement.Lesestimations évoquées font état de retombées directes supérieures à 5 milliards d’euros pour chaque pays. Mais l’enjeu dépasse le chiffre. Il s’agit d’orienter ces flux vers des secteurs structurants : investissements infrastructures, mobilité,tourisme,innovation,cultureetemploi.

LeMarocadéjàengagéplusieursprojetsmajeurs:doublementdelacapacitédesixaéroports,extensiondu réseauautoroutierd’environ30%,ligneàgrandevitessereliantKénitraàMarrakech,déploiementderéseaux expressrégionaux,sansoublierlesportsstratégiquesdeNadorWestMedetDakhlaAtlantique.LefuturGrand StadeHassanIIdeCasablanca,appeléàdevenirl’undesplusvastesaumonde,incarnecetteambition.Mais lesintervenantsontinsisté:ceséquipementsdevrontfonctionnertoutel’année,au-delàduseulfootball

Le Forum d’affaires a également mis l’accent sur l’intégration des TPME De la grande entreprise chargée d’ériger les stades aux structures actives dans la billetterie ou la sécurité, l’ensemble de l’écosystème entrepreneurialestconcerné L’objectifestd’ancrerlesretombéeséconomiquesdansletissuproductifnational etdeconsoliderunecoopérationéconomiquedurableentreleMaroc,l’EspagneetlePortugal

Les partenaires ibériques apportent leur expérience des grands événements L’Espagne évoque l’héritage du Mondial 1982 et des Jeux olympiques de 1992 Le Portugal rappelle l’impact de l’Euro 2004 Les exportations portugaisesversleMarocprogressentenmoyennede10%paranetdépassentdésormaislemilliardd’euros, signed’unerelationbilatéraleconsolidée

Au-delà des stades et des chiffres, le Mondial 2030 se dessine comme un projet économique structurantentrel’Afriqueetl’Europe.PourRabat,MadridetLisbonne,ledéfiestclair:fairedecette Coupe du monde 2030 un pont durable, créateur de valeur, d’emplois et d’opportunités pour une nouvellegénérationmarocainetournéeversl’ouverture,l’initiativeetlaresponsabilité.

Face à la contrainte hydrique et aux défis de la transition énergétique, le HCP Maroc lance une étude prospective sur le Nexus Eau-Énergie-Alimentation à l’horizon 2040. Une démarche structurante pour la sécurité alimentaire, la résilience climatique et la cohérence des politiquespubliques.

Le11février,ausiègeduHCPMaroc,laréunionducomitédepilotagen’avaitriend’ordinaire Autourdelatable:lesministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, de l’Équipement et de l’Eau, de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du DéveloppementruraletdesEauxetForêts,celuidelaTransitionénergétiqueetduDéveloppementdurable,ainsiqueBankAlMaghrib.Uneconfigurationélargie,àlahauteurdesenjeux.

Au cœur des échanges : le lancement officiel d’une étude prospective nationale sur le Nexus Eau-Énergie-Alimentation à l’horizon2040.Lemessageestclair.Faceàlacontraintehydriquepersistante,àl’accélérationdelatransitionénergétiqueet auxtensionssurlasécuritéalimentaire,leMarocnepeutplusraisonnerensilos.

L’initiative s’inscrit dans les hautes orientations royales appelant à renforcer la cohérence des politiques publiques et à dépasser les approches fragmentées. Elle prolonge également l’esprit du Nouveau modèle de développement, qui plaide pouruneactionpubliquesystémique,orientéeverslesrésultatsetfondéesurl’évaluationrigoureusedesimpacts.

L’eau, l’énergie et l’alimentation forment un triptyque vital. Une décision énergétique influence l’usage de l’eau. Un choix agricole modifie la demande énergétique et pèse sur la sécurité alimentaire Dans un contexte de résilience climatique devenueimpérative,pensercesressourcesséparément«n’estplusuneoption»,soulignelecommuniquéduHCPMaroc

L’approche Nexus vise à comprendre, quantifier et anticiper ces interdépendances Il ne s’agit pas d’un simple exercice théorique L’étude combinera intelligence collective multi-acteurs, prospective stratégique et modélisation économique et environnementale L’objectif:éclairerlesarbitragespublicsàlongtermeenmesurantleurseffetssurlacroissance,l’emploi,le pouvoird’achatetleséquilibresterritoriaux

Concrètement, des scénarios contrastés seront élaborés à l’horizon 2040 Chacun sera évalué selon ses impacts socioéconomiquesetterritoriaux Ils’agirad’identifierlestrajectoirespossibles,maisaussilescompromisnécessairespourgarantir unegestiondurabledesressources

Àtraverscettemodélisationéconomique,l’Étatchercheàobjectiverlescoûtsd’opportunité:allocationdesinvestissements, soutenabilité des subventions, priorisation des infrastructures hydrauliques et énergétiques, ciblage territorial Derrière les chiffres, une question centrale : comment concilier sécurité alimentaire, transition énergétique et contrainte hydrique sans fragiliserleséquilibresbudgétaires?

Ladimensionsocialeestpleinementintégrée Lepouvoird’achatetlesinégalitésterritorialesfigurentexplicitementdansle périmètre d’analyse L’enjeu dépasse la planification technique Il touche au quotidien des citoyens : garantir un accès équitableàl’eauetàl’énergie,assurerunesécuritéalimentaireàdesprixsoutenablesetrenforcerlarésilienceclimatique faceauxchocséconomiques

EnplaçantlagestionintégréeduNexusEau-Énergie-Alimentationaucœurdelaprospectivenationale,leHCPMarocaffirme une ambition claire : contribuer à une action publique plus cohérente, plus lisible et plus utile. Celle d’un État stratège qui anticipe,arbitreetagitsurlabasedeladonnéeetdel’impactmesuré.

À l’horizon 2040, les incertitudes resteront nombreuses. Mais choisir d’anticiper, c’est déjà renforcer la souveraineté économiqueetsocialeduRoyaume.Dansunmondeinstable,cetteluciditéstratégiquevautengagement.

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