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100% NEWS TAXIS n°319

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1er avril 2026 - Numéro 319 - Édition imprimée n° 155

100% NEWS TAXIS, journal d’informations spécialisées disponible tous les 1ers et 15 de chaque mois. Edition digitale gratuite. Edition papier sur abonnement - LEMPICKOM sarl.

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édito

La transition au prix fort « Alors là, on frôle l’absurde ! » s’exclame mon chauffeur en passant devant une station-service où le prix du diesel atteint 2,41 € le litre. Intriguée, je lui demande : « Mais votre voiture n’est-elle pas électrique ? » « C’est vrai, mais ma femme et ma fille roulent au diesel et mes collègues hors d’Îlede-France n’ont pas la même facilité que moi pour passer à une autre énergie. En plus, j’habite en maison individuelle, ce qui m’a permis d’installer une borne de recharge pour la nuit. J’aurais même pu opter pour un véhicule à hydrogène, tant le réseau de stations s’est développé. » Alors que les voitures électriques représentent désormais 27 % des immatriculations en France, le nombre de bornes de recharge varie fortement selon les régions, oscillant entre 223 et 382 pour 100 000 habitants. Les pouvoirs publics ont donc décidé de soutenir davantage l’électrification. Depuis le 1er avril, les aides à l’installation de bornes sont passées de 600 à 1000 € pour les particuliers et de 8000 à 12 500 € pour les copropriétés et le Premier ministre a convoqué une réunion d’urgence afin d’identifier, d’ici le 8 avril, les leviers permettant d’accélérer cette transition. « La question ne se limite plus au climat, elle relève désormais de l’intérêt national », a-t-il affirmé, évoquant aussi la possibilité de financer ces mesures grâce au « surplus » fiscal généré par la flambée des prix des carburants.

« Ce qui me met en colère, c’est cette impression de me faire ponctionner de tous les côtés ! On réduit les moyens consacrés au transport des patients alors que la population vieillit et s’isole de plus en plus, le reste à charge des soins hospitaliers vient d’augmenter. Même le coût du certificat d’immatriculation a grimpé, alors que la dématérialisation devait permettre des économies. Ma fille travaille comme aide à domicile : elle passe ses journées sur la route pour aider des personnes dépendantes. Malgré son engagement, elle a du mal tous les mois à joindre les deux bouts. Comment pourrait-elle s’acheter un véhicule électrique ? En 2019, il y a eu les Gilets jaunes. Aujourd’hui, les gens semblent résignés, entre les conflits qui s’intensifient et l’incertitude sur l’avenir. Mais croyez-moi : la colère va finir par s’exprimer et une fois que le dentifrice est sorti du tube, difficile de le remettre ! »

Hélène Manceron

Editeur : Lempickom sarl 11, rue Duvergier - 75019 Paris

Directrice de publication : Hélène Manceron

Administration : Hervé Borruel

Secrétaire de rédaction : Laurent Thelliez

Conception maquette : Stanislas Marçais

Crédit photo (sauf mention) : LNM

Contact : 100pour100newstaxis@gmail.com

Imprimeur : ESAT - Les Ateliers de la coopération 13, rue Georges Auric - 75019 Paris ISSN : 3099-4365

Journal professionnel indépendant diffusé tous les 1ers et 15 de chaque mois.

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1er avril 2026 - numéro 319 - édition imprimée n° 155

actualités

Journal d’informations spécialisées disponible tous les 1ers et 15 de chaque mois

Taxis : Tensions tarifaires et choc pétrolier

Alors que les routiers organisent des opérations escargot malgré les mesures annoncées par le gouvernement, les fédérations de taxis intensifient leurs démarches auprès des pouvoirs publics afin de réduire l’impact de la brutale flambée du prix des carburants sur la profession. Conformément à la convention pour les transports conventionnés par l’Assurance maladie, la première réunion, tant attendue, visant à évaluer les conséquences de la nouvelle grille tarifaire s’est déroulée entre les représentants de la profession et l’Uncam, laissant sans surprise les taxis sur leur faim.

L’Uncam dans le déni

Le 23 mars, le directeur de l’Uncam et ses services ont reçu les 5 fédérations de taxi (FNAT, FNDT, FNTI,

UNIT et UNT) pour le premier comité de suivi de la convention pour le transport conventionné de malades entrée en vigueur le 1er novembre dernier. Si les taxis, dont la quasi-totalité ont renouvelé leur convention, nourrissaient quelques espoirs dans la clause de revoyure des dispositions compte tenu de l’impact de la nouvelle grille tarifaire sur l’économie de leurs entreprises, l’institution semble avoir fait la sourde oreille. « Nous ne nous attendions pas à une révolution mais il ne nous a été présenté que de maigres ajustements possibles qui seront discutés en groupe de travail », regrette Magaly Bazire, présidente de la FNTI. Elle dénonce

également les écarts importants entre les données avancées par l’Uncam et celles collectées sur le terrain par les fédérations. De son côté, la FNDT pointe dans son compte rendu « certains éléments manquants ou devant être complétés en vue d’établir une réelle cartographie de la situation économique de nos entreprises » et souligne l’urgence de la revalorisation à 25 € du forfait minimum de prise en charge actuellement fixé à 13 €.

Géolocalisation et SEFI

Annoncée pour être effective le 1er janvier 2027, la mise en place de la plateforme de géolocalisation pour l’affectation des transports conventionnés affiche déjà du retard. L’Assurance maladie n’estimant pas que le dispositif le. taxi soit pertinent pour satisfaire aux exigences de la certification, la solution d’un boîtier additionnel comme en sont équipés les ambulances a été retenu par l’institution. Quant au système SEFI que les taxis ne peuvent plus utiliser depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention, l’Uncam annonce un retour à la normale en octobre 2026 ! .../...

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Directrice de Publication : Hélène Manceron

« La charrue a été mise avant les bœufs », déplore Magaly Bazire, évoquant un manque d’outils opérationnels afin d’optimiser les prises en charge.

Zonage et forfait « Grande ville » « La fédération a fait part de ses réserves quant aux dispositifs mis en place localement. Elle soulève les points clivants locaux et les dérives et incohérences dues aux interprétations des textes. Certains découpages laissent apparaître des carences pour les assurés. Il est urgent que la caisse nationale réagisse afin que les caisses départementales mettent en place un système équilibré », souligne la FNDT. À partir de ce 1er avril, 9 établissements (consulter la liste) éligibles au forfait « Grande ville » seront ajoutés mais il faudra attendre leur intégration dans les logiciels de facturation pour qu’ils puissent être pris en compte.

Un calendrier à rallonge

Précisant aux représentants des fédérations qu’il lui fallait au moins huit mois de retours chiffrés pour envisager d’éventuelles modifications de la convention, l’Uncam a présenté un calendrier de réunion. Des groupes de travail sur la charte nationale ayant pour objet de s’assurer que les taxis conventionnés prennent en charge majoritairement (+ de 50 %) des patients de leur territoire sous peine de sanction, sur les suppléments exceptionnels, sur les transports partagés ainsi que sur la mise en place de la géolocalisation des taxis conventionnés seront organisés jusqu’à l’automne. Un comité de suivi a été programmé à la mi-mai et un autre en octobre prochain.

Crise du prix des carburants

Déjà fragilisés par les tarifs imposés par l’Assurance maladie, les taxis subissent de plein fouet la flambée des prix des carburants qui sévit depuis le début du mois de mars. Face à

cette situation, les fédérations se sont mobilisées dès les premiers signes de crise, sollicitant le ministère des Transports et participant à plusieurs réunions dont avec l’ensemble des acteurs du transport. Leurs propositions ont certes été entendues, mais le gouvernement a rapidement posé ses limites : seules les mesures sans impact budgétaire seront examinées. Alors que le débat sur l’augmentation des tarifs préfectoraux apparaît comme une fausse bonne idée par la profession car il pénaliserait les particuliers sans concerner les contrats de transport en cours ni la frugalité des tarifs des transports conventionnés par l’Assurance maladie, la suppression de l’écotaxe sur le prix au litre des carburants et la fixation d’un prix plafond pendant la durée de la crise font partie des revendications. Une nouvelle réunion d’urgence doit être organisée ce jeudi 2 avril et une mobilisation de la profession avec les autres corporations impactées est à l’étude. HM

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G7, l’excellence des chauffeurs au cœur de l’expérience client

Alors que les attentes en matière de qualité de service, de sécurité et de responsabilité environnementale ne cessent de croître, les dernières enquêtes de satisfaction clients de G7 démontrent une nouvelle fois sa capacité à anticiper et à s’adapter, sans jamais renoncer à son exigence. Continuant de se démarquer par sa qualité de service et sa capacité à répondre aux attentes des clients, la marque confirme sa position de leader grâce à des résultats de satisfaction exceptionnels et une stratégie tournée vers l’excellence.

Une satisfaction client à des niveaux records Pour mesurer la perception de ses services, G7 mandate chaque année deux instituts reconnus, OpinionWay et Ipsos. En 2026, leurs conclusions sont sans appel : l’image de la marque atteint des sommets, tant auprès des entreprises que du grand public parisien. Du côté des décideurs en entreprise, une clientèle particulièrement exigeante, 96 % recommandent les abonnements G7, saluent la sécurité des trajets, mettent en avant le professionnalisme des chauffeurs et apprécient le standing des véhicules. Voyager avec G7, c’est bénéficier d’un environnement à la fois confortable et rassurant, souvent décrit par les clients comme une véritable « bulle de sérénité ». L’étude Ipsos révèle une progression notable de l’image de marque auprès des Parisiens, avec une hausse de 5 points par rapport à l’année précédente. Plus de 90 % des répondants se déclarent satisfaits, soulignant notamment l’amabilité, l’écoute et l’adaptabilité des chauffeurs.

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©G7
Une mission claire : faciliter le travail des chauffeurs et

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Crise des carburants : les taxis ruraux au bord de la rupture

Interview de Laurent Goguillon, président de la Fédération des Taxis de Champagne

F ace à la flambée des prix du carburant, les professionnels du taxi tirent la sonnette d’alarme. Entre hausse des charges et chute libre des marges, l’équilibre économique de nombreuses entreprises est aujourd’hui fragilisé, en particulier en milieu rural. Laurent Goguillon, président de la Fédération des Taxis de Champagne – FTC10, livre un témoignage sans détour sur les difficultés rencontrées par les taxis du département et fait écho aux solutions urgentes que la profession revendique. Quelles sont les conséquences de la flambée des prix du carburant ?

La situation est très préoccupante. Aujourd’hui, le carburant représente un surcoût d’environ 1500 € par rapport à la normale. C’est le deuxième poste de dépense après les charges sociales dans nos entreprises. Si ce choc pétrolier reste ponctuel, nous pourrons tenter d’en absorber les effets mais s’il s’inscrit dans la durée, cela deviendra très difficile à gérer. D’autant plus que nos tarifs sont strictement encadrés, que ce soit par les arrêtés préfectoraux ou par l’Assurance maladie. Travailler davantage ne résout rien, car cela génère aussi plus de dépenses. Dans mon entreprise, 65 % de l’activité repose sur le transport médical et 35 % sur des contrats institutionnels et des particuliers. La revalorisation tarifaire de cette année a déjà été absorbée par la hausse des assurances et des coûts des consommables automobiles. Ce contexte risque d’avoir des effets en cascade, y compris psychologiques : beaucoup de chefs d’entreprise n’osent pas dire qu’ils sont en difficulté, car cela reste tabou. Nous sommes à bout de souffle et la moindre crise supplémentaire peut faire céder l’équilibre fragile de nos structures. Pourquoi ce choc pétrolier représente-t-il une double peine pour les taxis ruraux ?

La situation en milieu rural est très différente de celle des grandes villes. À la hausse du prix du carburant s’ajoute une baisse des tarifs du transport de malades imposée par l’Uncam. Le litre de carburant est passé de 1,70 € à 2,26 € en seulement quinze jours alors que notre tarif conventionné est de 1,13 € par kilomètre. Dans un département rural sans CHU, les distances sont longues et les transports médicaux indispensables. Les trajets courts deviennent particulièrement problématiques : avec un coût horaire d’environ 40 €, certaines courses à 25 € sont tout simplement réalisées à perte ! Nous avons alerté

les autorités sur ces difficultés, mais certaines solutions, comme la plateforme de gestion des transports conventionnés, ne sont toujours pas opérationnelles. De plus, la sectorisation complique encore notre activité.

Envisagez-vous de changer de type de carburant ?

Nous y réfléchissons tous mais les alternatives sont limitées en milieu rural. Nous avons besoin d’une solution adaptée aux longues distances. Aujourd’hui, j’ai trois véhicules diesel et un hybride. Mais ce dernier nécessite des passages quotidiens à la pompe à cause de son faible réservoir. L’électrique peut être pertinent en ville mais n’est pas adapté à notre réalité. Nous aurions besoin d’une autonomie d’environ 800 km par jour, ce qu’aucun constructeur ne propose actuellement. L’éthanol n’est pas non plus une alternative car les stations sont trop rares en zone rurale. Je dois bientôt renouveler un véhicule et je pense me tourner à nouveau vers le diesel d’autant que l’incertitude reste forte sur l’évolu-

FTC10.

tion des prix des autres énergies.

Quelles solutions proposez-vous ?

La réponse est politique. Certaines mesures comme le report des charges sociales ou les avances de trésorerie ne font que repousser le problème sans le résoudre. En revanche, une aide ponctuelle directe, comme celles accordées à d’autres secteurs, pourrait soulager immédiatement les entreprises. Nous essayons de nous adapter en multipliant les transports partagés, en recherchant le carburant au meilleur prix, mais ces solutions restent limitées. Nous allons probablement devoir ralentir le renouvellement des véhicules, voire minimiser nos salaires. Nos trésoreries s’épuisent et certains collègues envisagent déjà des licenciements. Dans mon cas, ce sont mon épouse et moi-même qui absorbons la surcharge de travail. Mais ce modèle n’est pas tenable sur le long terme. Si rien n’est fait, c’est tout un pan de l’artisanat, premier employeur de France, qui risque d’être fragilisé. Propos recueillis par HM

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Laurent Goguillon, président
©L.Goguillon

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