Vivre avec le bois
Restaurant du lac de Cauma, Flims
Maison du Son Toggenburg, Unterwasser
Bains publics Hof Weissbad, Weissbad Grange dîmière, Dietikon
Colonie pour enfants Sorniot, Fully Rénovation d’un hôtel de montagne, Ferpècle

Un édifice instrument: le bâtiment au bord du lac Schwendisee crée des espaces sonores dans une construction en bois élégante et complexe. Vue depuis la régie vers l’espace centrale avec le paysage environnant.
Architecture: Marcel Meili avec Staufer & Hasler Architekten, Frauenfeld.
Photo: Roland Bernath, Zurich



1 Un édifice instrument: Vue de la salle de résonance de la Klanghaus. Architecture Marcel Meili mit Staufer & Hasler Architekten, Frauenfeld Maître d’ouvrage Canton de St-Gall, département des constructions et de l’environnement, Office des constructions Photo Roland Bernath, Zurich
2 Maison de la musique: Bois omniprésent, façade, foyer, salle de concert. Architecture Adept, Copenhague et Hambourg Maître d’ouvrage Ville de Brunswick Visualisation Adept, Aesthetica Studio
3 Conception et structure porteuse: les structures apparentes de ses six toitures individuelles caractérisent l’atmosphère intérieur du restaurant Schifflände. Architecture Fiechter & Salzmann, Zurich Bauherrschaft Ville d’Uster Photo Kuster Frey, Zurich



Perception des espaces bois
La Klanghaus, littéralement ‹maison du son›, située au bord du lac Schwendisee dans le Toggenburg, n’est ni une salle de concert ni un kiosque à musique, mais un véritable instrument accessible au public. Les qualités acoustiques du lieu ne se contentent ainsi pas d’accueillir le son, elles le génèrent, le modifient et le mettent en scène. Au sein de ce dispositif, le bois occupe une fonction centrale et intervient de multiple façons. Notamment en tant que matériau de construction qui répond aux exigences acoustiques mais également en tant que surface expressive. À l’intérieur, il constitue un revêtement décoratif qui participe à la qualité sonore des différentes salles tandis qu’à l’extérieur, une façade en bardeaux épousant les formes courbes du volume inscrit le bâtiment dans la tradition constructive alpine. La Klanghaus s’affirme alors comme un objet singulier, tant par sa conception que par sa réalisation, aboutissement de réflexions étroites entre architecture, science acoustique et structure. Le bâtiment s’impose ainsi comme une œuvre d’art totale. La Klanghaus fait la démonstration manifeste des nombreuses caractéristiques du bois, qui enrichissent généreusement sa qualité constructive. Par sa dimension tactile, le bois invite naturellement au contact. Selon son traitement, sa surface peut se révéler rugueuse et grossière, ou au contraire lisse et soyeuse. Cette expérimentation physique immédiate, étroitement liée à ses qualités acoustiques, contribue à l’expérience sensible du lieu. Ce n’est pas un hasard si de nombreux instruments sont en bois. La matière vibre et résonne. Lorsque les sons remplissent l’espace, elle leur ajoute une profondeur particulière.
Au-delà de ses propriétés sensitives, sa présence matérielle instaure une ambiance chaleureuse et familière, qui participe à l’identité
globale de l’espace, où l’architecture se déploie comme une expérience sensorielle multiple, visuelle, auditive et tactile. Le bois possède un ancrage culturel dans l’histoire de la construction que peu d’autres matériaux peuvent revendiquer avec autant de vigueur. De nombreuses traditions artisanales se sont développées dans diverses régions du monde. Les assemblages invisibles japonais ou en les églises norvégiennes en bois debout sont deux exemples parmi tant d’autres. Tout en mobilisant des techniques contemporaines, nous nous inscrivons dans la continuité de cet héritage dont la pertinence se confirme aujourd’hui face aux enjeux de sobriété des ressources et de construction respectueuse du climat. Finalement, soulignons également que les structures porteuses peuvent être des objets créatifs caractérisant les lieux, devenant une composante spatiale incontournable. Deux autres projets présentés brièvement ici adoptent également des caractéristiques similaires. D’une part, le projet primé du bureau danois Adept pour la transformation d’un ancien grand magasin à Brunswick, construit en 1978 par Gottfried et Elisabeth Böhm, en ‹maison de la musique›. D’autre part, le restaurant Schifflände réalisé par Fiechter & Salzmann sur les rives du Greifensee à Uster. Si leurs programmes, leurs contextes et leurs échelles diffèrent, les deux réalisations partagent une approche commune: le bois est un composant essentiel et structurant du projet architectural. Sur la façade de la ‹maison de la musique›, des panneaux de bois courbes réinterprètent l’enveloppe extérieure d’origine du bâtiment et dessinent un nouveau langage entre respect de l’existant et une poursuite formelle de la rénovation. À l’intérieur, un escalier en colimaçon s’élève depuis le foyer et traverse plusieurs
étages. Au troisième étage, une impressionnante salle de concert, tapissée d’un lambris bois, peut accueillir jusqu’à 1200 personnes. Le restaurant Schifflände se présente en revanche comme un pavillon de plain-pied, implanté sur l’embarcadère du Greifensee. La structure porteuse en bois des six toitures individuelles, assume plusieurs fonctions. Elle façonne la perception de l’espace, protège les usagers des intempéries et relie le bâtiment à son contexte. Ici, le bois unifie l’ensemble et sert d’interface entre intérieur et extérieur pour s’inscrire dans un ensemble cohérent. Outre la Klanghaus évoquée plus haut, vous trouverez dans cette édition du Bulletin Bois d’autres projets dans lesquels le bois s’exprime comme un élément conceptuel essentiel, influant sur l’expérience spatiale et sensitive des usagers: le restaurant au bord du lac de Cauma à Flims, les bains Hof Weissbad dans la région d’Appenzell, la grange dîmière historique à Dietikon, ainsi que deux projets en Valais, la nouvelle colonie pour enfants à Sorniot et la rénovation d’un hôtel de montagne centenaire à Ferpècle.
Nous vous souhaitons une bonne lecture,
Jutta Glanzmann
Communication technique
Sources:
www.adept.dk/project/haus-der-musik www.german-architects.com/de/architecture-news/ meldungen/kultur-im-kaufhaus
www.fiechtersalzmann.ch/projects/ restaurant-schiffl%C3%A4nde-uster


Restaurant du lac de Cauma, Flims
Au cœur d’un des plus grands domaines forestiers des Grisons, un nouveau restaurant se dresse au bord du lac de Cauma. Conçu pour évoluer au fil des saisons, le bâtiment en bois séduit autant par les spatialités créées que par sa structure porteuse sophistiquée. Sa mise en œuvre écoresponsable, privilégiant des ressources locales, réduit son empreinte environnementale au minimum.
Dès l’essor du tourisme estival dans les Alpes au début du XIXème siècle, le lac de Cauma s’est imposé comme destination prisée des curistes et des plaisanciers. Aujourd’hui, face aux changements climatiques affectant les régions alpines, la commune de Flims diversifie son offre touristique. Le nouveau restaurant, remplaçant l’ancien détruit dans un incendie, s’inscrit dans cette volonté en proposant des alternatives aux activités strictement hivernales.
Le projet s’implante entre la lisière de la forêt et les rives du lac, où des aménagements extérieurs structurent l’espace. Présence inspirante des lieux, la forêt ne constitue pas seulement une composante essentielle du paysage, elle en est également une ressource constructive. Le bois mis en œuvre provient d’une exploitation voisine. Le bardage vertical des façades aux teintes sombres se fond dans la pénombre des sapins, renforçant l’intégration du restaurant dans son contexte. Le volume, développé en hauteur afin de limiter son emprise au sol, superpose les différentes fonctions du programme sous un raide toit à pignon. Revêtue comme d’un fin papier d’aluminium, la toiture à deux pans agit comme une structure plissée porteuse. Les pans se composent de chevrons
surmontés d’un panneau trois plis, ainsi que d’une couche d’isolation intégrant des nervures, elles aussi porteuses. Ces éléments reposent sur des pannes sablières, intermédiaires et faîtière. La panne intermédiaire prend appui sur des jambes de force reliées à un poinçon qui remonte la charge au faîte où la charge est alors transmise aux pignons par l’intermédiaire des diaphragmes de toiture. Les pignons sont composés de parois à ossature recouvertes de panneaux à base de bois vissés sur les deux faces. Les quatre surfaces du toit ont été assemblées pour former une unique structure. Cela permet de soutenir l’ensemble uniquement à l’aide de quatre chevalets. Afin de stabiliser la structure et d’empêcher tout basculement, des tirants ont été installés aux angles du bâtiment. Le plancher de la vaste salle du premier étage est composé de poutres à trois travées en bois lamellécollé couvrant une portée maximale de 5,5 mètres. Au-dessus du rez-de-chaussée, des sections de bois massif de hauteur alternée forment la structure des planchers en poutres simples. Afin de soutenir ces deux planchers ainsi que les chevalets qui ne reposent pas directement sur la construction minérale, cinq voiles à hauteur de pièce ont été disposées dans l’étage intermédiaire. La structure s’adapte en fonction de sa charge et va ainsi des parois en ossature avec sur chaque face des panneaux de bois de différentes épaisseurs à des voiles massifs en panneaux à base de bois collés.
À l’intérieur, les généreuses dimensions du restaurant impressionnent. La structure en bois apparente participe pleinement à l’esthétique du lieu et affirme la cohérence construc-
tive du projet. Une coursive courant sur l’ensemble de la périphérie prolonge l’espace du restaurant à l’extérieur. Une structure en acier en porte-à-faux forme la structure de ce balcon. Des madriers d’épicéa interchangeables portent entre ces éléments. La stabilisation de la structure en bois est assurée par les panneaux de toiture et de plancher qui forment diaphragme. Les diaphragmes de plancher transfèrent les charges horizontales de chaque étage à la structure en béton armé. La toiture transforme les charges horizontales en forces normales dans les chevalets et les tirants. Ceux-ci transmettent les charges soit directement, soit via les voiles ou les planchers à la structure en béton armé.
Le rez, de surface réduite, destiné notamment aux installations techniques et au stockage, accueille en été un kiosque en libre-service. Des éléments rabattables et coulissants en façade permettent au bâtiment de s’adapter aux activités touristiques estivales. Ces dispositifs mobiles créent une strate intermédiaire faisant évoluer la silhouette de l’édifice au fil des saisons. En hiver, les panneaux supportant la terrasse d’été sont relevés. Ces pans inclinés dessinent alors un socle borne, redirigeant les usagers vers le restaurant à l’étage supérieur. A l’inverse, à la belle saison, ces pans basculent au sol et dévoilent alors l’espace vitré du kiosque et une terrasse accueillante.



Coupe longitudinale
RezdeChaussée
Entresol
Étage supérieur
Lieu Via Lag la Cauma 559, 7018 Flims Waldhaus
Maître d’ouvrage Administration communale Flims, Service de l’urbanisme
Architecte Corinna Menn Studio AG, Coire
Paysagiste Müller Illien, Zurich
Directions des travaux Spreiter Architektur und Bauleitung, Flims Dorf
Ingénieur civil Bänziger Partner, Coire
Ingénieur bois et concept incendie Merz Kley Partner AG, Altenrhein
Ingénieur électrique Nay Engineering AG, Coire
Planification chauffage Collenberg Energietechnik AG, Coire
Planification ventilation Caviezel Klima GmbH, Coire
Ingénieur sanitaire Marco Felix AG, Coire
Physique du bâtiment Bernhard Bauexperte, Coire
Entreprises bois Egli Zimmerei AG, Oberhelfenschwil; Lippuner Peter & Co, Sägerei, Gams; Camathias SA, Laax (Façade bois); Gautschi Holz- und Fensterbau AG, St. Margrethen (Fenêtres)
Matériaux Bois de construction C24, 63 m3; Plancher planches empilées, 50 m3; Bois lamellé-collé GL24 (Fichte); BauBuche GL75
Coûts totaux 7,8 Mio. CHF TTC
Coûts CFC 214 760 000.– CHF TTC
Surface de terrain SIA 416 143 800 m2
Surface bâtie SIA 416 240 m2
Surface de plancher SIA 416 800 m2
Volume bâti SIA 416 3800 m3
Durée de construction Avril 2024 – Juillet 2024
Photos Ralph Feiner, Malans; photo historique (anonyme)
Combles
de détail
Composition toiture:
Tôle aluminium brute
avec agrafage angulaire 25 mm
Voligeage 27 mm
Lattage (ventilation) 100 mm
Membrane de soustoiture
Panneau isolant 60 mm
Isolation thermique 200 mm
Couche de séparation
Panneau trois plis épicéa 40 mm
Chevrons épicéa 100 x 280 mm 280 mm
Composition dalle 1er étage:
Panneau trois plis parallèle aux nervures 50 mm
Madriers juxtaposés 80 x 180/260 mm
260 mm
Si extérieur:
Lattage, isolé 80 mm
Lambris épicéa 20 mm
Structure paroi est/ouest de l’étage intermédiaire (comme voile):
Lamibois à plis transversaux 39 mm
Montants/isolation 200 mm
Lamibois à plis transversaux 39 mm
Panneau de fibres isolant 80 mm
Parevent
Lattage vertical (ventilation) 50 mm
Lattage horizontal 40 mm
Bardage vertical épicéa 27 mm
Composition radier:
Parquet massif, mélèze, huilé 21 mm
Colle 2 mm
Chape avec chauffage au sol 67 mm
Couche de séparation, film polyéthylène
Isolation phonique 20 mm
Parevapeur
Béton armé 250 mm
Isolation (résistante à la compression)
160 mm
Béton maigre

Maison du Son Toggenburg, Unterwasser
Véritable instrument de musique au bord du lac de Schwendisee, l’ingénieuse construction bois du bâtiment crée des espaces sonores ouverts à tous. La géométrie complexe des lieux, au service de l’expérimentation musicale, lie le bâtiment aux éléments structurant du paysage.
Dans le paysage préalpin du lac de Schwendisee, au-dessus d’Unterwasser, la Klanghaus, littéralement ‹Maison du Son› déploie une typologie architecturale qui échappe à toute catégorisation conventionnelle. Ni salle de concert, ni pavillon, le bâtiment s’apparente à un amplificateur: une véritable caisse de résonance architecturale dont l’organisation spatiale, la matérialité et la mise en œuvre sont entièrement dédiées à la création musicale. La construction en bois, issue de ressources locales, cristallise plusieurs enjeux contemporains, entre savoir-faire régional et innovation technique. Accessible à tous, le projet ambitionne de rassembler des influences sonores et musicales diverses, dans une approche inclusive et transversale. La Klanghaus s’envisage comme un moteur de tourisme doux, mêlant cultures et expériences sensorielles.
La géométrie complexe du volume s’implante dans le paysage préalpin comme un dispositif trilobé: de l’espace central et circulaire s’étendent trois ailes vers les composants identitaires du paysage: le lac, la montagne et vers l’immensité de la vallée. Cet ancrage topographique traduit les caractéristiques fortes du contexte en perceptions spatiales et acoustiques. Différentes configurations spatiales prolongent ces expériences sonores, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les ailes peuvent s’ouvrir en double orientation et agrandir la
salle centrale. La salle de réverbération agit comme chambre de résonance et en façade d'autres dispositifs, à l'instar de niches en forme de miroirs paraboliques, multiplient également les expérimentations possibles. La perception visuelle et l’expérience acoustique s’associent selon l’ouverture de ces dispositifs ou la position de l’usager dans la pièce. La profondeur de l’espace, le temps de réverbération et le caractère sonore évoluent en permanence. L’architecture développe une grammaire révélatrice des lieux. Les cloches des vaches au loin et les bruits du quotidien s’harmonisent pour composer l’univers sonore du Toggenburg.
Il y a plus de 25 ans, sur l’impulsion d’une idée de Peter Roth, compositeur et conférencier installé dans la région, un concours d’idées international est lancé. La collaboration entre l’architecte Marcel Meili, l’artiste sonore Andres Bosshard et l’acousticien Martin Lachmann ébauchent les premières esquisses de la Klanghaus. A la mort de Marcel Meili en 2019, le bureau d’architecture Staufer & Hasler assure la réalisation du projet et l’inauguration a lieu en 2025. À quelques ajustements près, le projet réalisé est fidèle à celui ébauché par Marcel Meili.
Sur le plan constructif, la Klanghaus se présente comme une construction en bois d’une grande complexité. Les parois à ossature et la charpente de forme libre constituent en quelque sorte la ‹structure porteuse› de l’‹instrument›. Les parois, d’une épaisseur pouvant atteindre 80 cm, avec leurs surfaces, leurs isolations et leurs vides variables, forment l’épine dorsale des chambres de résonance à l’acoustique soigneusement étudiée.
La mise en œuvre des géométries paraboliques des murs a également nécessité une

modularisation précise: les montants définissent les joints des éléments, entre lesquels s’étendent des nervures à géométrie variable en contreplaqué; les segments de paroi forment ainsi un détail reproductible qui traduit la courbure complexe en une construction sérielle. Outre les exigences élevées en matière de protection contre le bruit, d’acoustique des locaux et de physique du bâtiment, notamment l’étanchéité de la construction, l’emplacement à 1159 mètres d’altitude et la construction dans un paysage d’importance nationale ont posé d’autres défis, tout comme la construction et le montage des lucarnes en forme de puit de lumière au centre de la réalisation.
Avec sa façade en tavillons et ses ouvertures, l’apparence extérieure de la Klanghaus reprend les éléments formels des maisons traditionnelles du Toggenbourg. Le projet cite également d’autres références, notamment à travers ses ouvertures ornementales qui évoquent les ‹murs d’Ispahan›, cité iranienne connue pour son architecture perso-musulmane. Curieusement, cette géométrie orientale trouve à son tour un écho dans le hackbrett, un instrument à cordes suisse dont l’origine remonte au 15ème siècle. Par ce jeu de correspondances, la Klanghaus s’inscrit durablement dans son rôle fédérateur aux croisements des influences et des générations. A l’image de cette pluralité, la Klanghaus adopte à la fois une attitude passive et active: simultanément instrument et structure, espace public et support sonore.
Situation



Perspective de la toiture avec puits de lumière

Lieu Vordere Schwendistrasse 61, 9657 Unterwasser
Maître d’ouvrage Canton de St-Gall, département des constructions et de l’envrionnement, Office des constructions
Architectes Marcel Meili, Meili, Peter Architekten, Zürich (2010 concours d’idées), Marcel Meili mit Staufer & Hasler Architekten AG, Frauenfeld (2012–2013 projet d’éxecution), Staufer & Hasler Architekten AG, Frauenfeld (2019–2024 planification et réalisation, direction des travaux Matthias Ruf)
Entreprise générale Bauseits Partner AG, Zurich
Paysagiste Vogt Landschaftsarchitekten AG, Zurich
Génie civil et protection incendie SJB Kempter Fitze AG, Frauenfeld/ Herisau
Ingénieur bois Création Holz AG (Hermann Blumer), Frauenfeld
Physique du bâtiment/Acoustique Mühlebach Partner AG, Winterthour
Art sonore Andres Bosshard, Zurich
Miroire sonore et coussin acoustique Metallatelier GmbH, Deggenhausen
Acousticien Kuster + Partner AG, Münchenstein (ehemals Applied Acoustics GmbH)
Ventilation naturelle Richard Widmer Haustechnikkonzepte GmbH, Wil
Conception des installations techniques EBP Schweiz AG, Zurich
Façadier Fiorio Fassadentechnik GmbH, Zuzwil
Conception lumière Lichtsektor GmbH, Wil
Audiovisuel Tingo GmbH, Rapperswil-Jona
Signalétique Bivgrafik GmbH, Zurich
Entreprises bois ARGE Holzbau Klanghaus: Blumer Lehmann AG (direction de projet Stefan Bischoff), Gossau; Andreas Bischof GmbH, Unterwasser; Abderhalden Holzbau AG, Wattwil; Brändle Bedachungen und Spenglerei AG, Alt St.Johann; Sous-traitant: Metallraum AG, Lütisburg Station
Menuiserie Schreinerei Stolz GmbH, Unterwasser; Schöb AG, Gams; Andreas Bischof GmbH, Unterwasser; Koster AG Holzwelten, Arnegg
Matériaux Poteaux (épicéa), bardeaux (épicéa)
Coûts totaux 23,7 Mio. CHF
Coûts CFC 1–9 19,3 Mio. CHF
Coûts CFC 2 17 Mio. CHF
Surface bâtie SIA 416 812 m2
Surface de plancher SIA 416 1647 m2
Volume bâti SIA 416 9014 m3
Durée de construction Mars 2022 – Décembre 2024, mise en service en 2025
Photos Roland Bernath, Zurich




Situation
Bains publics Hof Weissbad, Weissbad
Dans le parc du complexe hôtelier, un pavillon indépendant d’un blanc immaculé propose aux utilisateurs un espace de détente et de repos. L’enveloppe vitrée en périphérie du bâtiment laisse sourdre la lumière et la nature dans les espaces intérieurs entièrement en bois. La nature et l’architecture dialoguent et se répondent harmonieusement.
Dans le paysage vallonné caractéristique de la campagne d’Appenzell, les bains publics s’intègrent dans le complexe hôtelier de Hof Weissbad, à proximité immédiate de plusieurs infrastructures récentes: le restaurant Flickflauder (2004) reconnaissable à sa structure en cintres préfabriqués et l’atelier floral (2016). Si les premiers prolongent la composition
symétrique de l’hôtel d’origine en s’inscrivant comme une extension directe, les bains publics se présentent comme un pavillon autonome.
La conception architecturale des bains publics s’appuie sur deux principes complémentaires: une réflexion spatiale d’une part, et d’autre part le principe ‹Stilhülse und Kern› (coquille et noyau). Cette métaphore, utilisée par Joseph Bayer dans son essai de 1886, décrit la relation entre la façade et la structure. L’image péjorative de la coquille stylistique utilisée pour décrire la façade est notamment nourrie par le discours moderne sur la superficialité de l’ornement. Par ailleurs, la façade prismatique du pavillon évoque également ‹l’architecture alpine› de Bruno Taut, architecte et urbaniste
allemand. Dans une série de dessins publiée en 1917, celui-ci imagine une utopie assumée, dans laquelle une architecture cristalline, inspirée des paysages alpins, compose un ensemble esthétique destiné à élever l’esprit. Le dessin dynamique de cette façade vitrée se matérialise par des fenêtres en bois-métal peintes en blanc. L’acrotère est conçu comme un anneau en bois également traité en blanc, qui vient couronner l’édifice. Blumer Lehmann, l’entreprise bois qui déjà responsable de la construction du restaurant et de l’atelier floral, a réalisé l’ensemble de la structure bois du pavillon ainsi que les aménagements intérieurs en sapin blanc massif, la façade, la terrasse et le vitrage du sauna. Les planchers sont en bois lamellé-croisé. Dans le cadre d’un

essai pilote, les parois et les plafonds ont été traités avec un écran anti-UV.
Le sous-sol abrite les locaux techniques et les espaces de stockage nécessaires. Les structures en épicéa des niveaux supérieurs reposent sur ces fondations. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont dessinés sur un plan orthogonal et selon le principe ‹la maison dans la maison›. Les volumes rectangulaires abritent des fonctions telles que l’escalier, l’ascenseur, la cuisine du bistrot, les toilettes ou les vestiaires. La position de ces volumes organise les espaces en lien avec la façade qui forment ainsi des lieux bénéficiant des larges baies vitrées et du rapport avec l’extérieur. Le plan du premier étage est d’un diamètre légèrement supérieur. Cette couronne est le
véritable cœur du complexe thermal et accueille le sauna au foin, le sauna finlandais et le hammam. Les deux saunas sont dotés de grandes fenêtres offrant une vue sur le paysage environnant et le massif de l’Alpstein au loin. L’intimité des usagers est préservée des regards par leur positions surélevées. Les chaises longues ont été spécialement dessinées pour les bains publics. Un escalier et un ascenseur mènent en toiture, elle aussi en surplomb, où se trouve une terrasse centrale entourée de végétation.
Au crépuscule, la structure en bois s’illumine et révèle l’intérieur. Il en résulte un jeu entre l’enveloppe extérieure dématérialisée et les qualités sensitives du bois du pavillon propice à la relaxation.


Lieu Im Park 1, 9057 Weissbad
Maître d’ouvrage Hof Weissbad AG, Weissbad; Appert Hanselmann AG, St-Gall (représentant du MO)
Architecte Op-arch AG, Zurich
Architecte paysager Raderschallpartner AG, Meilen
Archiecte d’intérieur Jörg Boner
Productdesign, Zurich
Entreprise générale Blumer Lehmann AG, Gossau
Ingénieur civil SJB Kempter Fitze AG, St-Gall
Ingénieur bois Blumer Lehmann AG, Gossau
Protection incendie Balzer Ingenieure AG, Coire
Ingénieur CVSE Edwin Keller + Partner AG, Gossau
Ingénieur électrique Elektroplanung Huber AG, Herisau
Physique du bâtiment Studer + Strauss AG, St-Gall
Entreprise bois Blumer Lehmann AG, Gossau
Menuiserie Holzin AG, Appenzell
Matériaux Construction modulaire avec plancher composite en bois (318 éléments), bois lamellé-collé (cage d’ascenseur, plafonds, toiture) 1021 m2, bois de charpente (CH/A, épicéa/sapin) 57 m3, surface de façade en bois env. 300 m2
Coûts CFC 1–9 CHF 8,511 Mio, HT
Coûts de construction (structure en bois) environ CHF 1,6 Mio, HT
Surface de plancher SIA 416 1180 m2
Volume du bâtiment SIA 416 5087 m3
Durée de construction Août 2021 – Juin 2023
Photos Peter Tillessen, Zurich
Composition toiture:
Végétalisation 460–500 mm
Natte drainante 120 mm
Géotextile polyester
Lé antiracines
Couche de nivellement 0–70 mm
Étanchéité bitumineuse bicouche 10 mm
Isolation avec forme de pente 120–240 mm
Nontissé de séparation
Isolation 100 mm
Parevapeur
Lamellécroisé 280 mm
Vide technique 280 mm
Lattage / isolation 40 mm
Feutre acoustique noir
Panneau acoustique perforé
Composition dalle 1er étage:
Faux plancher lames sapin 40 mm
Complexe de support 100 mm
Vide technique 300 mm/
Trame de support 625 mm/1250 mm
Sur béton 140 mm
Lamellécroisé avec poches fraisées de liaison 240 mm
Vide technique 180 mm
Lattage avec panneau isolant 60 mm
Feutre acoustique noir
Panneau acoustique perforé
Composition dalle RDC:
Faux plancher lames sapin 40 mm
Complexe de support 100 mm
Vide technique 400 mm/
Trame de support 625 mm/1250 mm
Béton armé 280 mm
Composition acrotère:
Tôle de protection
Remontée étanchéité 5 mm
Panneau troisplis 19 mm
Bois lamellécollé cintré 2 x 200 x 240 mm/
isolation 200 mm
Panneau troisplis 19 mm
Sousconstruction 40 mm
Lattage vertical 20 mm
Lattage horizontal 30 mm
Bardage façade, peint 26 mm
Vide descente végétation 679 mm
Bardage façade, peint 26 mm
Composition façade (vitrage):
Parevapeur 5 mm
Isolation intérieure fenêtre 55 mm
Elargissement cadre de fenêtre 86 mm
Isolation extérieure fenêtre 60 mm
Film parevapeur
Lattage vertical 20 mm
Lattage horizontal 30 mm
Bardage façade, peint 26 mm
Grange dîmière, Dietikon
Grâce à une rénovation hautement qualitative, la grange dîmière datant de 1600 a pu s’assurer une nouvelle place dans le tissu culturel de la ville après des années d’inoccupation. L’extension s’intègre naturellement à la charpente historique qui caractérise la salle de réception, destinée à accueillir jusqu’à 120 personnes.
À l’intersection entre histoire, artisanat et typologie, la beauté de cette imposante grange dîmière réside dans son architecture d’une clarté rare. Restée pratiquement inaltérée depuis sa construction au XVIIe siècle, la grange a été utilisée jusqu’en 1841 par le monastère de Wettingen comme entrepôt pour la dîme. Aux côtés de la taverne voisine ‹Zur Krone› et d’autres bâtiments agricoles, elle constituait autrefois le centre économique du village. Dès 1970, la grange a ponctuellement accueilli des manifestations culturelles avant de connaître une longue période d’inoccupation. En 2016, le conseil municipal de Dietikon adopte le concept de ‹Kulturraum Dietikon›, espace culturel de Dietikon, afin d’engager la recon-
version de cet ensemble historique. Le projet dialogue avec l’existant et transforme le bâtiment en un lieu accessible et social. Inscrite dans un nouveau cycle d’usage, la grange devient un espace public au sens noble du terme en s’ouvrant aux associations, organisations et particuliers souhaitant y organiser des événements culturels et des expositions. En 2017, la ville a lancé un concours ouvert avec préqualification. Avec le projet ‹Kronjuwel›, joyau de la couronne, le bureau bâlois Buol & Zünd convainc le jury en répondant aux exigences avec une grande précision artisanale et une fine compréhension de la logique architectonique de l’édifice. Leur approche pragmatique envisage le bâtiment existant comme une ressource, non une contrainte. La typologie originelle devient alors la base du concept de rénovation. Les architectes réinterprètent la configuration spatiale d’antan, l’étable, l’aire de battage et le grenier à foin, sans en altérer la structure fondamentale. En face de la taverne, une nouvelle entrée est aménagée derrière la porte monumentale qui s’élève jusqu’au toit. La composition de cet élément
contemporain, inséré avec retenue, évoque discrètement la verticalité et la pluralité des niveaux à l’intérieur de la grange.
À l’étage supérieur se trouve la grande salle, capable d’accueillir jusqu’à 120 personnes. Dominée par la charpente historique, cette dernière caractérise l’atmosphère des lieux et contribue autant à l’ambiance qu’à la structure. La salle est divisée par une cloison où une large ouverture incurvée qui fait le lien visuel entre la pièce principale et les espaces de circulations et d’où une galerie dans l’ancienne grange à foin mène au grenier. L’entrelacement des niveaux poursuit la stratification d’origine et met en valeur la profondeur spatiale du volume.
L’approche constructive prolonge ce dialogue respectueux de l’existant. Convaincus que le potentiel de transformation réside dans la structure elle-même, les architectes privilégient les interventions d’entretien et de réparation. Des moises dans la charpente, des renforcements statiques dans les parois en madriers ou des assemblages en bois sont mis en œuvre ponctuellement en fonction des besoins. Ces

multiples actions sont autant de témoignages visibles qui rendent hommage à la longue tradition architecturale et artisanale. Avec le temps et l’usage, ces interventions contemporaines se patineront et s’intégreront au récit architectural de la grange.
En toiture la structure des panneaux acoustiques rappelle celle d’un lattis à tuiles, tandis que la paroi intérieure arrondie de la façade évoque un décor qui sépare la galerie de la salle. Au rez-de-chaussée, la composition du plan de l’ancienne étable a été reprise et complétée par des pièces de service: foyer, pièces annexes et locaux techniques. L’entrée, avec bar et billetteries, met en scène la paroi en planches apparentes, témoin de la grange historique.
À l’extérieur, la cour de ferme d'alors devient un espace de détente accessible au public. Ainsi, la grange dîmière s’ouvre sur la ville et s’intègre dans l’animation du centre historique.

Lieu Kronenplatz 11, 8953 Dietikon Maître d’ouvrage Ville de Dietikon
Architectes Buol & Zünd Architekten BSA GmbH, Bâle
Direction de travaux Litag AG, Zurich
Ingénieur bois Holztage GmbH, Basel; ZPF Ingenieure AG, Bâle
Protection incendie BDS Security Design AG, Berne
Physique du bâtiment et acoustique Gartenmann Engineering AG, Bâle Planning Electrique Edeco AG, Aesch Conception CVC Waldhauser + Hermann AG, Münchenstein
Ingénieur sanitaire Schmutz + Partner AG, Bâle Construction bois Schäfer Holzbautechnik AG, Dottikon
Menuiserie Walter Bochsler AG, Urdorf; Schreinerei Bleuler AG, Dietikon (portes extérieures); Antikhaus Historische Fenster AG, Rümlang (Fenêtres), Parkett Maier AG, Zurich (parquet)
Coûts CFC 1–9 5,93 Mio. CHF
Coûts CFC 2 5,27 Mio. CHF TTC Prix m3 CFC 2 1842.– CHF
Surface de terrain SIA 416 553 m2
Surface de plancher SIA 416 545 m2
Volume bâti SIA 416 2860 m3
Durée de construction
Octobre 2022 – Décembre 2024
Photos Federico Farinatti, Zurich


Composition toiture:
Tuiles plates, réutilisées
Liteaux 30 x 50 mm
Contrelattage 60 x 60 mm
Soustoiture, ouverte à la diffusion 52 mm
Doublage de chevron 80 x 160 mm/ cellulose insufflée
Panneau de particules liée au ciment 2 x 20 mm, joints à battue, collés Vide d’installation 50 mm/ isolation acoustique
Panneau acoustique coloré 33 mm
Lattes de revêtement épicéa brut 18 x 48 mm, entraxe env. 16 cm
Composition dalle galerie:
Parquer massif, poncé et huilé 25 mm
Panneau de particules 25 mm
Isolation phonique 8 mm
Granulats/installation 42 mm
Bois lamellécroisé 80 mm
Poutres secondaires en bois massif
60 x 120 mm
Poutres primaires en bois massif
100 x 200 mm
Panneau acoustique 33 mm
Composition dalle étage:
Parquer massif, poncé et huilé 25 mm
Panneau de particules 25 mm
Isolation phonique 8 mm
Granulats/installation 72 mm
Bois lamellécroisé 80 mm
Panneau acoustique 33 mm
Poutres secondaires en bois massif
60 x 120 mm
Poutres primaires en bois massif
100 x 200 mm

Colonie pour enfants Sorniot, Fully
Depuis bientôt une centaine d’années, les enfants de Fully passent une partie des vacances d’été sur le plateau de Sorniot, accessible uniquement à pied après une heure et demi de marche. Les installations devenant vétustes et compromettant la sécurité des enfants, un comité composé d’anciens colons, aidé par la paroisse et la commune, s’est mobilisé afin d’assurer la continuité de cette tradition.
Située à plus de 2000 mètres d’altitude, la colonie de Sorniot est une véritable institution, accueillant les enfants de la commune depuis 1932. À l’origine, ces anciens baraquements militaires, auxquelles diverses extensions ont été ajoutées au cours des décennies, étaient placés sous la responsabilité des sœurs ursulines. Après leur départ, la fréquentation des camps d’été est demeurée constante, malgré un confort rudimentaire et l’insalubrité croissante des locaux: problèmes d’humidité récurrents nécessitant de lourdes interventions, ainsi qu’une toiture vieillissante présentant progressivement des signes de faiblesse préoccupants. Afin de garantir le confort et la sécurité de ses jeunes usagers, une étude est lancée en 2009 pour la construction d’un nouveau bâtiment. Dix années s’écoulent avant que cette initiative aboutisse sur un projet qui sera présenté publiquement et il faudra attendre le printemps 2022 pour que le chantier débute.
Le site ne bénéficie d’aucune route d’accès rendant le recours à l’hélicoptère indispensable tant pour l’évacuation des déchets issus de la démolition que pour l’acheminement des matériaux. Dans une volonté de limiter les impacts écologiques et économiques, les cabanes de montagne voisines, Sorniot, Demècre
et Fenestral, ont collaboré afin d’optimiser les transports dans le cadre des rotations de ravitaillement déjà planifiées. Les nombreux donateurs, l’appui de la commune et l’octroi d’un prêt sans intérêts, ont permis d’assurer le financement des travaux qui s’est élevé à environ 1,9 million de francs. Des bénévoles ont également participé activement aux travaux de démolition des anciens bâtiments. La nouvelle colonie s’implante discrètement dans le cirque naturel de Sorniot, en amont du lac inférieur de Fully, à l’emplacement de l’ancien bâtiment des dortoirs. Le projet regroupe au sein d’un volume compact un programme auparavant dispersé dans plusieurs constructions. Les deux anciens bâtiments, les dortoirs d’une part, le réfectoire, la cuisine et la buanderie d’autre part, sont ainsi démolis. L’enveloppe de la nouvelle construction, une peau métallique ventilée de teinte foncée, s’intègre avec sobriété dans ce contexte alpin fait de rochers et de végétation rase, tout en répondant efficacement aux contraintes climatiques liées à l’altitude. La façade est rythmée par un bardage de lames et de fenêtres verticales. Ce calepinage est interrompu par de larges baies vitrées qui courent sur la totalité de la façade Est du rez-de-chaussée, orientant la colonie vers le lac et le versant du Grand Chavalard. Cette ouverture structure le concept de circulation intérieure, privilégiant la fluidité des parcours et le rapport direct au paysage. La sobriété affirmée à l’extérieur se prolonge à l’intérieur: les espaces intérieurs, habillés de sapin brut omniprésent, contrastent avec l’enveloppe métallique et offrent un refuge lumineux et chaleureux.
L’organisation du programme intérieur repose sur une distinction claire entre les espaces de jour et de nuit. Le rez-de-chaussée accueille
le réfectoire, la cuisine et la buanderie. Cette dernière, associée à un WC et à un sas d’entrée, forme un noyau technique structurant qui isole la cuisine de l’espace ouvert du réfectoire, un dispositif appréciable puisque la colonie accueille jusqu’à 150 enfants durant l’été. À l’étage, dédié aux espaces nocturnes, se répartissent dortoirs, chambres de moniteurs et sanitaires. Afin de répondre à une demande des utilisateurs, les trente places en dortoirs ont été divisées en trois pièces distinctes de dix lits chacunes, permettant d’accueillir des plus petits groupes, et distribuées le long d’un couloir latéral. Les trois petites chambres supplémentaires réservées aux moniteurs complètent le programme. Les espaces nuits bénéficient de nombreux rangements intégrés favorisant une utilisation rationnelle et compacte de la surface bâtie.
Le concept énergétique du bâtiment s’inscrit dans une démarche de développement durable. Le chauffage est assuré par l’énergie solaire, grâce à des panneaux thermiques (30 m2) et photovoltaïques (80 m2) intégrés en toiture et en façade, garantissant une large autonomie énergétique tout en limitant l’impact écologique du bâtiment. Le stockage d’eau chaude (3000 l) couvre les besoins sanitaires ainsi que le chauffage au sol. Les eaux grises, des eaux domestiques faiblement polluées issues des douches, lavabos et de la cuisine, sont traitées par un décanteur situé en aval de la colonie avant leur infiltration dans le sol.
Par une approche respectueuse du site et des ressources, la nouvelle colonie prolonge les valeurs fondatrices portées par les sœurs ursulines: partage, solidarité et respect de la nature. Ses matériaux, finitions et volumétrie privilégient la simplicité et place le paysage alpin au centre de cette composition architecturale.


Lieu Sorniot, 1926 Fully
Maître d’ouvrage Association des Amis de la Colonie de Sorniot, Fully
Architecte projet et D.T GAME-VS Sàrl, Martigny
Ingénieur civil Huber & Torrent SA, Martigny
Conception incendie Vizen, Saillon
Entreprises bois Gauye & Dayer SA, Sion
Bois mis en œuvre Épicéa
Provenance du bois Europe (⅔), Valais (⅓)
Coûts CFC 1–9 1 910 000 CHF
Coûts CFC 2 1 785 000 CHF
Coûts CFC 214 365 000 CHF
Surface de terrain SIA 416 5970 m2
Surface de plancher SIA 416 346 m2
Volume bâti SIA 1200 m3
Prix/m3 1485 CHF
Durée de construction Juin 2023 – Juillet 2024
Photographe Christophe Voisin, Monthey
Étage

Composition de toiture:
Panneau photovoltaïques intégrés 6,5 mm
Lattage 100 x 40 mm
Contrelattage 60 x 60 mm
Souscouverture
Voligeage 15 mm
Charpente bois/vide technique isolation laine de verre entre charpente 200 mm
Parevapeur
Panneau 3 plis 19 mm
Façade étage:
Tôle aluminium 3 mm
Voligeage 27 mm
Lambourdage 40 x 40 mm/ vide de ventilation
Lé coupe vent
Ossature 200 mm/ isolation laine de verre
Panneau OSB 15 mm/
joints étanches
Lattage technique 53 x 53 mm
Panneau 3 plis sapin 19 mm
Composition dalle étage:
Linoléum 2 mm
Plaques de plâtres fibrés 2 x 12,5 mm
Isolation acoustique 10 mm
Panneaux trois plis 27 mm
Solivage bois 100 x 320 mm/
isolation laine de verre
Voile noir
Panneau trois plis perforé 19 mm
Composition dalle sol:
Linoléum 2 mm
Radier 240 mm
Béton maigre 50 mm
Feutre géotextile
Isolation verre

Lieu Route de Saleu 1, 1985 Ferpècle
Maître d’ouvrage Anakoarchitecture Sàrl, Sion
Architecte projet, réalisation et D.T Cheseauxrey associés SA, Sion
Ingénieur civil IDEALP, Sion
Conception incendie Alain Blanc, Ayent
Ingénieurs chauffage Michellod Clausen SA, Martigny
Entreprises bois Fournier bois, Ardon, A. Fournier et Cie, Sion, Samedi S.N.C, Pizy, Anku, Walcwhil
Bois mis en œuvre (m3) 55 m3
Provenance du bois Valais / Suisse
Coûts CFC 1–9 2 200 000.--
Coûts CFC 2 1 800 000.--
Coûts CFC 214 560 000.--
Surface de terrain SIA 416 2795 m2
Surface de plancher SIA 416 392,5 m2
Volume bâti SIA 1150 m3
Prix/m3 1240.--
Durée de construction Mai 2023 – Mai 2025
Photographe Gianluca Colla, Martigny

Rénovation d’un hôtel de montagne, Ferpècle
Dans le haut Val d’Hérens, un vieil hôtel à l’abandon a fait l’objet d’importants travaux de rénovation. Bien que les façades ne laissent rien transparaître de l’envergure des interventions, l’intérieur de cette bâtisse centenaire a été entièrement remodelé. Les conditions exceptionnelles du projet ont nécessité de faire appel à des artisans capables de conjuguer savoirfaire traditionnel et solutions atypiques.
Au pied des glaciers de Ferpècle et du MontMiné, l’hôtel du col d’Hérens a accueilli les touristes alpins dès 1887. En 2023 cependant, après plusieurs années de fermeture, le bâtiment menaçait de tomber en ruine avant son rachat par l’architecte Olivier Cheseaux. En contact étroit avec l’ancienne famille de propriétaires, qui a fait vivre l’hôtel pendant près de 140 ans, le projet s’est élaboré dans un dialogue constant, enrichi par les récits et les découvertes au cours du chantier. Cette démarche a permis de préserver l’atmosphère du lieu tout en réaménageant le bâtiment afin qu’il puisse s’adapter à une demande d’hôtellerie contemporaine. En plus du dortoir partagé, l’établissement propose désormais 9 chambres spacieuses et confortables et un espace de détente.
Le chantier s’est distingué par des contraintes à la fois logistiques et conceptuelles hors normes. Soucieux d’inscrire la rénovation dans une construction vertueuse, le réemploi et les circuits courts ont été privilégiés. Dans un premier temps, les travaux ont débuté par une importante réhabilitation de la structure. Tous les éléments n’appartenant pas à l’enveloppe du bâtiment ont été déposés. Les nombreuses planches et parois intérieures, en grande partie constituées de madriers, ont été soigneusement numérotées et stockées. Cet exceptionnel travail de répertoriage s’est révélé indispensable, l’emboîtement des madriers lors de la reconstruction étant tributaire d’un agencement précis. Une nouvelle structure
consolide l’ensemble: les nouvelles dalles en bois, du bois massif valaisan à double languette, s’appuient sur un système de poteaux et de traverses. Des éléments d’origine retrouvent leur emplacement d’origine tandis d’autres éléments ont été réemployés pour la fabrication du mobilier: tables, chaises et pièces sur mesure issues directement des composants originels. L’escalier historique a été conservée, une dérogation concernant sa largeur fut accordée, tout comme le corridor. Les fenêtres existantes ont été conservées autant que possible afin de préserver l’aspect extérieur. Le réemploi a également permis de s’adapter aux contraintes qu’impose un chantier dans un village de montagne isolé. Le hameau de Salay à Ferpècle, situé à 1800 mètres d’altitude, n’est accessible que par un étroit tunnel qui limite drastiquement la circulation de véhicules de chantier. Des solutions atypiques ont été retenues, à l’instar de la livraison de béton qui a dû ensuite mis en œuvre à la pelle. Cette solution a nécessité la mobilisation de l’ensemble des ouvriers de l’entreprise de maçonnerie. Dans ces conditions particulières, le réemploi des composants bois correspond également à une réponse pragmatique, à l’instar des constructions vernaculaires qui ponctuent les vallées alpines. Les façades en bois de l’hôtel ne dévoilent rien de l’ampleur des travaux. Les interventions contemporaines en façades sont ponctuelles et limitées au socle, afin d’apporter davantage de lumière et d’offrir davantage de perspective sur l’extérieur depuis la salle à manger. La cuisine professionnelle s’ouvre désormais sur un lumineux réfectoire de bois clair. L’ensemble des lamages intérieurs en sapin a été réalisé avec du bois d’Evolène. Dans les étages supérieurs, les espaces de circulations ainsi que la cage d’escalier sont restés identiques. Il faut donc entrer dans les chambres pour côtoyer les nouvelles parois qui dessinent la typologie des lieux. Les parois existantes ont fait quant à elles l’objet d’un doublage en bois clair, qui

d’améliore le confort acoustique des clients en plus de garantir le compartimentage coupefeu. Les fenêtres profitent également d’un doublage pour augmenter leur efficacité thermique. Ces travaux de charpente et de menuiserie ont été réalisés en bois suisse, valaisan dans la mesure du possible. Sapin et mélèze habillent les nouveaux intérieurs et font dialoguer patrimoine et architecture contemporaine. Tous les panneaux trois-plis en sapin sont de fourniture suisse.
Le concept énergétique du bâtiment se veut exemplaire: l’électricité est produite par des panneaux photovoltaïques, tandis que l’eau, issue d’une source naturelle traitée par phytoinfiltration, est chauffée au feu de bois dans la cuisine. Elle alimente le chauffage, les douches et les usages domestiques, tout en respectant les normes sanitaires et les écosystèmes environnants. Rebaptisé Cabanotel, le bâtiment produit aujourd’hui davantage d’énergie qu’il n’en consomme, l’excédent étant réinjecté dans le réseau.

Rezdechaussée

Composition de façade:
Madrier existant en mélèze 180 mm
Isolation laine de verre 100 mm
Vide technique/isolation 40 mm
Lames sapin d’Evolène 15 mm
Composition dalle 2ème étage:
Plancher sapin du Valais 18 mm
Chape sèche/chauffage au sol 35 mm
Isolation fibres de bois 10 mm
Nid d’abeille 30 mm
Plancher massif en bois du Valais, rainécrêté double 140 mm
Composition dalle rez:
Plancher existant 18 mm
Chape sèche avec chauffage 35 mm
Isolation fibres de bois 10 mm
Nid d'abeilles 30 mm
Plancher massif en bois du Valais, rainécrêté double 140 mm
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Lignum
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Bulletin bois, mars 2026
Editeur Lignum, Economie suisse du bois, Zurich
Rédaction
Jutta Glanzmann, Lignum et Christine Demierre, Lignum-Cedotec
Conception graphique
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Impression
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Le Bulletin bois paraît quatre fois par année, en allemand et en français. Abonnement annuel CHF 48.–Publications isolées CHF 20.–Classeur (10 numéros) CHF 140.–Classeur vide CHF 10.–Prix sous réserve de modifications.
Les membres de Lignum reçoivent le Bulletin bois et le Lignatec gratuitement. Les droits pour la publication des différents objets présentés restent réservés aux architectes respectifs. Les informations publiées ont été recueillies auprès des concepteurs.
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ISSN 1420-0252