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LM magazine 221_octobre 2026

Page 1

N°221 / OCTOBRE 2026 / GRATUIT

ART & CULTURE

Hauts-de-France / Belgique


Le monde merveilleux de Miyazaki, Quatuor Debussy © Gilles Pautigny

UNE SAISON TROP MIGNONNE AU LOUVRE-LENS ! Samedi 10 octobre à 18h Concert

LE MONDE MERVEILLEUX DE MIYAZAKI

D’après les musiques originales de Joe Hisaishi Par le Quatuor Debussy

Vendredi 13 novembre à 19h Théâtre

L’arrière-pays © Kalimba

L’ARRIÈRE-PAYS

Par la compagnie Les 3 points de suspension En partenariat avec Culture Commune – Scène nationale du Bassin minier Dimanche 22 novembre à 18h Ciné-concert

Panique !! © Simon Gosselin

PANIQUE !!

D’après Panique Tous Courts de Vincent Patar et Stéphane Aubier Mis en musique par le duo Temps Calme Samedi 16 et dimanche 17 janvier Jeux vidéo, jeux de société, tournois

GAMEDAYS : 100% CUTE-CULTURE La programmation complète d’activités, spectacles, conférences et grands rendez-vous est à retrouver sur louvrelens.fr


Sommaire —— 4 © Elisabeth Blanchet Burgot

08 – News 10 – Style The House of Dreams Faites de beaux rêves ! Morphorium SFX À fleur de peau

20 – Portfolio Berta Vallo Le Sens du détail

50 – Rencontre Garance Jeanne Herry, Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau

28 – Musique Tourcoing Jazz Festival, Apparat, Le Monde merveilleux de Miyazaki, Le Sacre du printemps, Philippe Katerine Symphonique, Jalen Ngonda, Alex Cameron, Born Bad Records, Mykki Blanco, Alela Diane,

Catastrophe + Forever Pavot, Kelela, Kid Francescoli, Arlo Parks, Dream Nation, Crossroads Festival

46 – Disques & livres 50 – Écrans Garance, Notre Salut, Le Corset, Her Private Hell, Leviticus, La Gravida

62 – Exposition Éclats du rire !, Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy, Marc Chagall – Matières, Jean-Marie Périer – Salut les Copains, Fernand Léger, Panorama 28, Agenda…

84 – Théâtre & danse Panayotis Pascot, XXL, Silence du Chœur, Histoire d’un Cid, Alcina, Le Prato St-So, Moyette, Rentrée au Grand Bleu, Agenda…

98 – Le Mot de la fin


COLISÉE THÉÂTRE DE ROUBAIX / PLATESV-R-2022-001382, PLATESV-R-2022-001385 et PLATESV-R-2022-001386

ROUBAIX•LE COLISÉE

7 REPRÉSENTATIONS !

coliseeroubaix.com


MAGAZINE

LM magazine – France & Belgique 28 rue François de Badts 59110 La Madeleine - F tél : +33 (0)3 62 64 80 09

Direction de la publication Direction artistique Rédaction en chef Graphisme Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com

Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

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Berta Vallo, Portrait c @bertavallo_illustration bertavallo.com

Réseaux sociaux Cécile Fauré

Impression

Tanghe Printing (Comines)

Diffusion

C*RED (France / Belgique) Sophie (Lille) BHS.media (Bruxelles / Hainaut)

Administration

Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com

Ont collaboré à ce numéro : Thibaut Allemand, Elisabeth Blanchet Burgot, Rémi Boiteux, Mathieu Dauchy, Camille Lombardo, Grégory Marouzé, Raphaël Nieuwjaer, Arnaud Stoerkler et plus si affinités.

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PLAYLIST LM

La bande son de la rédaction

LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L’astrolab* - info@lastrolab.com L’astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. LM magazine est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

Papier issu de forêts gérées durablement


mA SATCHIE NORO | CIE FURINKAI

ME 14.10 18:00

UNE SAISON A ROUBAIX

moyette CIE TOUT VA BIEN ET LA MUE DU LOTUS ATELIERS INDIGO / TANZSZENE

VE 23.10 20:00 SA 24.10 18:00

balletdunord.fr Centre Chorégraphique National Roubaix Hauts-de-France photo 1© Hélène Guillard | photo 2 © Régis Bourguignon | Licences 2-012035 & 3-012157


Style —— 11

reportage

THE HOUSE OF DREAMS Faites de beaux rêves !

À East Dulwich, au sud de Londres, Stephen Wright ouvre la porte de sa maison et c’est tout un monde qui vous tombe dessus. Poupées cabossées, mosaïques, souvenirs, objets improbables, sculptures et présences mystérieuses s’y côtoient dans un joyeux chaos en technicolor. Mais derrière ce foisonnement se cache bien plus qu’une collection : la mémoire d’une vie, avec ses amours, ses deuils, ses obsessions et les traces de ceux qui l’ont traversée. Welcome to The House of Dreams. Texte et photo : Elisabeth Blanchet Burgot


À 71 ans, Stephen ne fait pas son âge. « Je m’occupe de moimême », lance-t-il, comme s’il avait trouvé la recette anti-vieillissement. Ancien styliste et directeur artistique pour Elle Decoration et i-D, il a aussi dirigé une entreprise de papeterie. Le succès finit pourtant par l’ennuyer : « J’en avais marre de créer des carnets, des cartes, des objets éphémères qu'on jetait après usage ». Il vend son entreprise et, en 1998, découvre Journeys into the Outside, la série de Jarvis Cocker sur l’art brut. Coup de foudre ! Il visite alors des lieux hors normes, de la Maison Picassiette (Chartres, Eure-

et-Loir) au Facteur Cheval (Hauterives, Drôme). Déclic : lui aussi créera la maison de ses rêves. Accumulateur compulsif ? Dès lors, Stephen achète, collectionne, récupère… tout est destiné à The House of Dreams. Il ne collectionne pas pour accumuler : il nourrit son œuvre.

« J’aime les imperfections » Des milliers d’objets occupent le rez-de-chaussée du 45 Melbourne Grove : souvenirs des puces de Paris, du Mexique ou d’Inde, objets glanés sur les bords


de la Tamise à marée basse, vêtements, photos, mosaïques, poupées, dentiers… Impossible de les compter. Leur dénominateur commun : la couleur, qu’il considère comme son langage. Deuil et renaissance Ce patchwork chromatique raconte des histoires intimes. Fin 2004, Stephen perd son compagnon, Donald Jones, emporté par la maladie ; ses parents disparaissent à leur tour dans les dixhuit mois qui suivent. Il s'exile un temps au Mexique et met le projet entre parenthèses, avant de rencontrer Michael Vaughan, aujourd'hui son mari, qui l'encourage

à le reprendre. Depuis, la maison évolue au gré de ses rêves et de son journal intime. « C’est grâce à Michael que je continue », reconnaît Stephen. Celui-ci l’épaule au quotidien. « Ce n’est pas le Stephen Show, c’est un projet commun ! ». Un musée participatif L’artiste se présente comme un « commissaire d’exposition de choses », qu’il collectionne, assemble ou que des visiteurs lui confient (lettres, poèmes, lunettes, cendres, premières dents de lait…). Dans le jardin, les poupées ont colonisé chaque recoin. Beaucoup viennent de Paris, rapportées en Eurostar.


Style —— 14

Bras cassés, jambes manquantes, visages défraîchis, elles semblent avoir vécu plusieurs vies. « J’aime les imperfections, ma poupée préférée a le visage écrasé par une voiture… ». Une visiteuse résume bien l’atmosphère comme « une maison où les poupées viennent mourir ». Esprits, êtes-vous là ? À l’intérieur, les « sculptures de réconfort », dont l’une porte les vêtements de sa mère, sont conçues pour être serrées dans les bras ou prises par la main. « Ce ne sont pas des fantômes mais des esprits, des présences amicales », explique Stephen. Sur les murs, photos, collages et « memory boxes » évoquent ses parents, son enfance, la mort et la perte. Une façon de déposer la douleur sur

les murs pour s'en libérer. Entre bazar fantasque, cabinet de curiosités et mausolée mélancolique, la visite déroute. « Je ne veux pas que les gens passent un moment facile ici ». Une photo rappelle un père, un texte arrache une larme, un objet évoque un rêve oublié. Chacun repart avec une image,

« Ce sont des présences amicales » une émotion, un souvenir qui n’était peut-être pas le sien. The House of Dreams ne raconte pas seulement les rêves de Stephen : elle réveille les nôtres. THE HOUSE OF DREAMS Londres, 45 Melbourne Grove Le dernier samedi de chaque mois (sur réservation) , visite environ 1h15, £12 / £7 (étudiant) À visiter / stephenwrightartist.com


MORPHORIUM SFX


Style —— 17

■ À fleur de peau

photo © Morphorium SFX

visite suffit à sceller une vocation. « En découvrant les ateliers, on voyait toutes ces sculptures, ces transformations réalisées à partir de visages humains pour créer des choses extraordinaires », se souvient-elle. Dix ans plus tard, en 2024, elle retrouve les mêmes ateliers, cette fois comme élève. Diplômée d’Acte Académie en juin 2025, elle lance Morphorium SFX. Secrets de fabrication

Avant les créatures, les cicatrices ou les visages métamorphosés, il y a une obsession pour la matière et le geste. À Lille, Sarah Evennou fait de Morphorium SFX un laboratoire où sculpture, maquillage et perruquerie donnent corps aux illusions. Rencontre avec une maquilleuse qui préfère le réel au numérique. À 14 ans, Sarah Evennou pousse la porte d’une école lilloise de maquillage et d'effets spéciaux. Elle n’a pas encore l’âge requis, mais la

Son terrain de jeu ? Le corps, mais pas uniquement pour le malmener. Vieillissements, blessures, créatures, transformations fantastiques, mais aussi maquillage beauté, perruques et postiches : Sarah revendique une pratique large, avec une prédilection pour les effets spéciaux. « Ma spécialité concerne surtout le travail d’atelier : la prise d’empreinte, le moulage, la sculpture, le sur-mesure ».

« L'essentiel se joue dans l'atelier » Car une métamorphose convaincante ne tient pas à un simple coup de pinceau. Chaque détail compte, de la texture d'une peau vieillie au raccord d'une prothèse


L'envers du décor Tournages, clips, shootings, événements... Morphorium multiplie les terrains de jeu et propose aussi des ateliers de maquillage. L’activité se développe : « Cela va faire un an que j’ai lancé Morphorium, et je commence à avoir des contrats presque tous les mois ». Pour les projets ambitieux, elle peut réunir une équipe, tout en restant l’interlocutrice unique.

Cette passion du fait main prend une résonance particulière à l’heure de l’intelligence artificielle.

« L'IA ne pourra pas toujours égaler le geste manuel » Sarah croit à la résistance du tangible : « Il y aura toujours un moment où l’IA ne pourra pas égaler le geste manuel ». Son rêve, lui, ne se calcule pas : participer à Thrill the World, ce rendez-vous né à Toronto en 2006, où des danseurs reproduisent la chorégraphie de Thriller simultanément à travers le monde. Quarante-trois ans après, le silicone a toujours le dernier mot. Nicolas Pattou À visiter / morphorium.fr c @morphorium_sfx

Style —— 18

— et jusqu'aux cheveux : « On obtient les looks les plus intéressants en combinant la transformation du corps humain avec les postiches et perruques », confirme-telle. Vient alors le moment de vérité, devant le miroir : « Les gens ne s'attendent jamais à ce que cela aille aussi loin ».


Editorial illustration for ELLE Beauty, titled In the Eye of the Beholder.


Portfolio —— 21

BERTA VALLO Le sens du détail

Née à Budapest, Berta Vallo s'installe à Londres à 18 ans pour étudier à Central Saint Martins. Depuis, l'illustratrice et graphiste partage son temps entre les deux villes, puisant dans leurs rues la matière de ses images. Du quotidien à la société de consommation, son regard s'est affirmé sans jamais perdre son goût du détail. Le métro, les bains, les commerces, les pigeons, les vieilles dames : à Budapest, tout devient sujet d'observation pour cette adolescente plutôt réservée, qui regarde les autres en retrait et transforme peu à peu cette distance en méthode. « Je jouais un peu les caméras de surveillance », résume-t-elle. Arrivée à Londres, elle enrichit ce regard à l'école avec une large palette de techniques : animation, gravure, graphisme. Ses premiers projets restent liés à sa ville natale. Dans Hungarian Etudes, elle croque des scènes de la vie quotidienne avec humour, tandis que Summers in Buda mêle souvenirs d'enfance et vision dystopique de la capitale. Son style se densifie « Le plus important ensuite. Les compositions actuelles pour moi, c’est que les fourmillent de personnages et d'obgens se reconnaissent jets. Elles se lisent comme des plans de film où chaque recoin cache un dans mes personnages » détail. All Nighter pousse cette logique jusqu'à la saturation ; Lunch, à l'acrylique et au collage, montre une femme engloutie sous une accumulation de motifs. Derrière cette profusion, Berta interroge toujours nos façons de vivre. Consommation excessive, assignation à un genre, identité féminine, vie urbaine... Elle préfère montrer plutôt qu'expliquer, laissant l'humour parler de lui-même. « Le plus important pour moi, c’est que les gens se reconnaissent dans mes personnages ». Chez elle, le banal n’a jamais dit son dernier mot. Nicolas Pattou À suivre / c @bertavallo_illustration ; bertavallo.com


Editorial illustration for Rolling Stone’s review of Tori Amos’ new album, In Times of Dragons.


Editorial illustration for Rolling Stone’s review of Alice Cooper’s album, The Revenge Of Alice Cooper.


Lunch


All Nighter


Leman

jeu. 01 oct. | La Lune Des Pirates - Grd Salle - Amiens ven. 06 nov. | L'Escale-L'Embarcadère-Boulogne-/s-Mer ven. 12 mars | Le Splendid - Lille

Zed

ven. 02 oct. |

Le Flow - Lille

Médine

Enfants du Destin Tournée Acoustique sam. 03 oct. |

Théâtre Sébastopol - Lille

Nes

sam. 03 oct. |

Linh

mar. 06 oct. |

Le Splendid - Lille Théâtre Sébastopol - Lille

Youngblood Brassband mar. 06 oct. |

Cocoon mer. 07 oct. |

Le Flow - Lille

Théâtre Sébastopol - Lille

PLK

jeu. 8 oct. | DER. PLACES ven. 9 oct. | CPLT sam. 10 oct. |DER. PLACES

Zénith - Lille Zénith - Lille Zénith - Lille

Kuleeangee jeu. 8 oct. |

Verino

ven. 9 oct. | DER. PLACES

Apparat dim. 11 oct. |

Obsimo mar. 13 oct. |

Dinaa

jeu. 15 oct. |

Meryl

jeu. 15 oct. | COMPLET

Le Bulle Café - Lille Le Casino - Arras Le Nouveau Siècle - Lille Le Bulle Café - Lille Le Splendid - Lille La Cond. Publique - Rbx


Zinée

ven. 16 oct. |

Le Flow - Lille

Still Fresh ven. 16 oct. |

La Cond. Publique - Rbx

Ebony

sam. 17 oct. |

Le Splendid - Lille

Julien Lieb sam. 17 oct. | jeu. 12 nov. | lun. 23 nov. | mar. 08 déc. |

Le Splendid - St-Quentin Salle Ravel - Le Touquet Théâtre Sébastopol - Lille Casino d'Arras - Arras

Fredz

mar. 20 oct. | DER. PLACES

L'Aéronef - Lille

Flowers For The Dead mar. 20 oct. |

Le Bulle Café - Lille

So La Lune ven. 23 oct. |

La Condition Publique - Roubaix

Lara Fabian

dim.25 oct. | DER. PLACES

Zénith - Lille

Carpenter Brut dim. 25 oct. |

La Condition Publique - Roubaix

The Watch Plays Genesis mar. 27 oct. |

The Black Lab - Wasquehal

Goodbye Karelle mar. 27 oct. |

Myla

mer. 28 oct. |

Bianca Costa jeu. 29 oct. |

Josman jeu. 29 oct. | agauchedelalune.tickandyou.com RÉ A: S et dans les points de vente officiels habituels graphisme : hypothese-studio.com

Jeanneto jeu. 29 oct. |

Le Bulle Café - Lille Le Bulle Café - Lille Le Flow - Lille Le Zénith - Lille Le Bulle Café - Lille


Kenny Garrett © Hollis King


Musique —— 29

TOURCOING JAZZ FESTIVAL 40 nuances de rythmes

Quarante ans, ça se fête. Alors, le Tourcoing Jazz Festival a vu les choses en grand. Comme toujours, l'événement cultive deux maîtres mots particulièrement bien taillés pour cette édition : fidélité et diversité. En 1986, l’ambition première de ce festival était d’offrir à Tourcoing un programme exigeant, curieux, surtout pas figé. La première décennie vit défiler, entre autres, Herbie Hancock, Art Blakey, McCoy Tyner, Dizzy Gillespie, Michel Portal, James Brown, Dr Feelgood. Le ton était donné et la barre, placée haut. Le festival a toujours conservé cet esprit, et ce n’est pas un hasard si cette année, les artistes habitués, voire familiers de l’événement répondent une nouvelle fois présents : citons Kenny Garrett, légende du saxophone passée par l'orchestre de Duke Ellington puis les Jazz Messengers d'Art Blakey avant de rejoindre Miles Davis. Sans oublier l’éclectique Yael Naim en ouverture, le faux-dilettante Thomas Dutronc ou Chassol et ses harmonisations du réel. En toutes notes Diversité des sons et des genres, mais aussi des générations. On ne manquerait pour rien au monde les fers de lance de la scène jazz actuelle tel Émile Parisien, qui présente son nouveau projet Floating (mêlant son saxophone au piano de Yaron Herman et des tablas de Prabhu Edouard), juste avant le set de l’accordéoniste Vincent Peirani. Ce ne sont là que quelques-uns des incontournables d’une affiche riche en découvertes et retrouvailles. Accueillant une centaine d’artistes dans toute la ville durant une semaine, le TJF fête dignement ses 40 ans – on n’ose pas imaginer ce qu’il nous réserve pour le centenaire. Thibaut Allemand Tourcoing, 10 > 17.10, Divers lieux, 1 concert : 42€ > gratuit, tourcoing-jazz-festival.com Sélection / 10.10 : Yael Naim, Sophie Alour Sextet... • 11.10 : Chassol... • 12.10 : Jérémie Ternoy... 13.10 : Erik Truffaz & Antonio Lizana, Amaro Freitas Trio... • 14.10 : Vincent Peirani Quintet, Emile Parisien Quartet... • 15.10 : Kenny Garrett, Orchestre Baobab... • 16.10 : Thomas Dutronc, BCUC, Franck Tortiller et Misja Fitzgerald-Michel • 17.10 : Lea Maria Fries, Selah Sue and The Gallands…


Musique —— 30 © Max Zerrahn

APPARAT

Un héros très discret C’est un come-back étrange : celui d’un artiste qui n'est jamais vraiment parti. Membre de Moderat, Sascha Ring s’est aussi consacré ces dernières années aux bandes originales pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Avec A Hum Of Maybe, il revient à ses propres compositions. Figure majeure de l’électronique berlinoise, Ring s’est toujours tenu un peu en retrait. L’occasion, pour les étourdis, de rappeler qu’en allemand, Apparat renvoie à l’idée d’un appareil ou d’un dispositif. Discrètement, donc, il a façonné ce sixième album studio, sorti chez Mute. Électronique, mais pas seulement, A Hum Of Maybe mêle synthés, guitares, cordes, trombone et voix autour d’un disque intime, inspiré notamment par l’amour de Ring pour sa femme et sa fille. Le dancefloor semble loin ? Pas si vite. On peut faire confiance à son expérience pour transfigurer ses compositions sur scène. Reste que le Cirque Royal de Bruxelles et le Nouveau Siècle lillois semblent davantage inviter à l’écoute qu’au déhanchement. Et ce n’est pas un mal : ces productions rêveuses et mélancoliques gagnent peut-être à être savourées… assis. Thibaut Allemand Bruxelles, 05.10, Cirque royal, 20h, 44,35/40,33€, cirque-royal-bruxelles.be Lille, 11.10, Nouveau Siècle, 19h, 59 > 32€, lenouveausiecle.fr


Quatuor Debussy © Gilles Pautigny

Après Hitchcock et Herrmann, ou Leone et Morricone, place à Miyazaki et Hisaishi, le tandem derrière les musiques des grands animes du studio Ghibli. Des partitions nippones aux influences européennes : on y entend notamment Debussy dans Le Château Ambulant, Wagner dans Ponyo sur la Falaise et la fameuse Sarabande de Haendel dans Nausicaä (clin d’œil possible à Barry Lyndon, de Kubrick ?). Ces références n’enlèvent rien à la force légère de ces mélodies finement arrangées. Accompagné d’un chœur d’enfants, le Quatuor Debussy, trente ans de scène par-delà genres et répertoires, donne pleine mesure à une œuvre qui le mérite amplement. T.A Lens, 10.10, Louvre-Lens 18h, 14 > 5€ (-18 ans), louvrelens.fr

LE SACRE DU PRINTEMPS Attention, monument. À sa création, en 1913, Le Sacre fait scandale au Théâtre des Champs-Élysées ! Réfugié en coulisses, Stravinsky entend l’assistance s'agiter, s’esclaffer et hurler à l’entourloupe. Aujourd’hui, Le Sacre est un classique maintes fois copié (le fameux mi-fa des Dents de la Mer). L’ONL devrait rendre justice, dans le calme et l’admiration, à cette œuvre fondatrice de notre modernité, où rythme et dissonance prennent le pouvoir. T.A. Lille, 08 & 09.10, Nouveau Siècle 20h, 49 > 8 €, onlille.com

© Ugo ponte, ONL

LE MONDE MERVEILLEUX DE MIYAZAKI


Musique —— 32 © Ronan Thenadey

PHILIPPE KATERINE SYMPHONIQUE En mode majeur

Philippe Katerine version symphonique ? La bonne blague ! Or, si on y réfléchit, ça fait sens. Au mitan des années 1990, Miossec, Dominique A et Katerine incarnent chacun à leur manière un renouveau de la chanson française : des mousquetaires pour de rire, avec une façon d’appréhender la musique en dedans, en retrait, en sous-main. Or, Miossec en 2003, puis Dominique A, en 2024, se sont tous les deux frottés au grand orchestre – pour le meilleur. Ne restait que le troisième larron. Oui, mais… Katerine, c’est quoi ? À ses débuts, une chanson post-rive gauche mâtinée de bossa, puis la désertion vers l’inconnu, l’électronique, le rap, avec une candeur digne d’un Charles Trénet. Et c’est là que c’est intéressant : comme chez le Fou chantant, les morceaux de Philippe Katerine révèlent parfois, sous la rigolade de façade, une profondeur noire. C’est – peut-être – ce que s’est dit le contrebassiste et arrangeur Lucas Henri en les réorchestrant : ainsi, le tube Louxor, j'adore prend des reflets de péplum. On retrouve des mélodies entêtantes et on y découvre mille et un détails, tandis que le chant de Katerine, souvent fragile, mais toujours juste (ou l’inverse) fait gentiment dérailler l’ensemble. Ou comment conserver son charme brinquebalant. Thibaut Allemand Charleroi, 06.10, Palais des beaux-arts, 20h, 70 > 30€, pba.be


Piche Le Théâtr e La Louvière

28.01

Médine

Enfants du destin

Le Théâtre La Louvière

infos-tickets

central-lalouviere.be

14.11

SAIS N 10


Musique —— 34 © Rosie Cohe

JALEN NGONDA

ALEX CAMERON

Trois ans après un premier album ébouriffant de soul millésimée, Jalen Ngonda revient avec Doctrine of Love. Il ne peut plus miser sur la surprise pour conquérir les foules. Alors, il approfondit ce qu’il maîtrise le mieux : des mélodies imparables, une voix haut-perchée – on pense à Marvin Gaye, à Curtis Mayfield, à Stevie Wonder aussi. Si l’on décelait, çà et là, des influences de pop anglaise, elles ont disparu pour laisser place à une soul made in USA, mariant basses girondes, averses de cordes et reflets cuivrés. Tirée à quatre épingles, cette soul smart n’oublie pas l’essentiel : toucher en plein cœur. Mission accomplie. T.A

Cet Australien n’est pas à un paradoxe près : depuis plus de dix ans, il conjugue détachement ironique et véritable foi en ses mélodies pour nous conter ses affres de loser (magnifique, ça va de soi). En juillet dernier, il signait Late To Set, cinquième album qui confirmait sa place à part dans la pop moderne. On pense souvent au Bowie de Young Americans (1975), mais aussi à Springsteen – car l’homme possède une sacrée plume, et ses textes teintés d’ironie douce-amère valent le détour. T.A. Lille, 08.10, L'Aéronef, 20h, 21/14 €, aeronef.fr

Bruxelles, 06.10, Ancienne Belgique 19h, complet !, abconcerts.be

© DR

Lille, 09.10, L'Aéronef, 20h, 30/23€ aeronef.fr


ON RALLUME LA LUMIÈRE NP

+ DE 90 CONCERTS PAR AN

ABONNEZ-VOUS CONCERTS ² LA GRANDE SALLE

Mosimann + Juste Shani + Naje Miki + M.A.O. Cormontreuil + Weekend Affair bAlllAd Pirate · Mercure Nitro Goodnight Moon Albin de la Simone et l’Orchestre de Picardie In Da Club Astéréotypie + Heavy Lungs + Bathing Suits Clôture en musiques électroniques Léman Alma Rechtman + Joni Île Bound By Endogamy + Monika Beluga Black Market Karma Camille Yembe + Sahëlie Kau Puppetmastaz + DJ Mat Digga Ravi Johannes + Thinking Too Much Alela Diane + Two Runner Youngblood Brass Band + Première partie Flora Fishbach + No Sex Last Night La Sécurité + Schlagsahne DJ Set Zentone + Melkior Girls In Hawaii + Goodbye Karelle Kabeaushé Ana Popović Band + Masstø NP

10/09 12/09 13/09 15/09 16/09 17/09 18/09 19/09 01/10 02/10 03/10 07/10 08/10 09/10 10/10 14/10 15/10 16/10 17/10 23/10 29/10 30/10 31/10 04/11

CONCERTS ² LE CLUB

05/11 06/11 07/11 10/11 12/11 13/11 14/11 18/11 19/11 20/11 25/11 26/11 27/11 28/11 04/12 05/12 09/12 10/12 11/12 12/12 15/12 16/12 17/12

CONCERT ² HORS LES MURS

Joysad + 3 finalistes Creek Cypher Moreish Idols + Joie de Décevoir DJ Set Ibeyi + Première partie Zoh Amba + Zoe Heselton Violent Sadie Mode Ebony + Première partie Joe Yorke + The Trinities Clueless + Burning Ashes Zaoui + Blowsom Club C1 Aziz Konkrite + Roshâni + Meryem Aboulouafa Leroy Se Meurt + Mario.D Sycomore + Bluerailroads Jonaskay + Xôlårio + Josya Maje Le Rouge + Marcus + Guests Edgär + Pink Teeth Buée + 4Clides Maxwell Farrington & Le SuperHomard Romsii Sofie Royer + Jessica Winter + Pierre et la Rose BD concert L’Homme Montagne Tété Nono La Grinta + Trappturner


En toute indépendance

Monter un label, au xxie siècle, c’est toute une histoire, une aventure, une épopée – une odyssée, si vous y tenez. Il faut donc pas mal d’abnégation, voire une certaine inconscience pour s’y coller. Or, depuis vingt ans, une structure française relève le pari avec brio. Son nom ? Born Bad. Born Bad, c’est d'abord l’histoire de Jean-Baptiste Guillot, élevé en banlieue et biberonné à Lavilliers, Higelin et Ferré comme aux Sex Pistols et aux Ramones. Fasciné par le folklore rock’n’roll (les bandes, les bécanes et la baston), il fait néanmoins son droit, intègre la major EMI avant de se faire virer – excellente nouvelle ! Grâce au pactole obtenu, il monte Born Bad en 2006, et le reste appartient à l’Histoire. À la manière de Rough Trade ou New Rose, ce label s’adosse au disquaire parisien du même nom et défend, les premiers temps, une certaine idée du rock’n’roll et du (post) punk, via les disques de Frustration ou de Magnetix. Peu à peu, la maison s’ouvre à d’autres esthétiques (Cheveu, La Femme, Forever Pavot, Julien Gasc…) et fouille le passé pour en exhumer des trésors oubliés : des fameuses compilations Wizzz à Francis Bebey, de Pierre Vassiliu aux archives électropunk de Stephan Eicher. Pour cette soirée anniversaire, les tauliers Frustration, les mélodies kraut façon Carpenter de Zombie Zombie, la shlag wave de Gwendoline et l’electro noise de Leroy Se Meurt démontrent, chacun à sa façon, l’importance de ce label farouchement indépendant.Thibaut Allemand Bruxelles, 11.10, Botanique, 17h, 38,50 > 35,50€, botanique.be

Zombie Zombie © Pauline Gouablin

BORN BAD RECORDS (20 ANS)


Festival de découvertes musicales 3 ― 5 novembre 2026 Adahy • Alsimi • ARTICLE15 • AutoFocus • Bertox • Caprice • Caos.808 Politi • Graphy-T • Jahz Armando • Mansion’s Cellar • Mega Surf La Condition Publique Emma Mercure Nitro • Mugger Hugger • Naked Soft Men • Nemode • Nsangu 11 édition Radical Cute • Send Me Love Letters • Stella Plage • Zoe Heselton & Roubaix Sister Outsider (trio) e

crossroads partenaire majeur

Licences d’entrepreneur de spectacles : 2-024905 et 3-024897

Identité visuelle . Illustration : Manon Sauzara


Musique —— 38 © DR

MYKKI BLANCO Trouble-fête

On se souvient encore du MIDI Festival 2013. Sous l’accablante chaleur varoise, Mykki Blanco avait tombé le tee-shirt pour apparaître en short et… porte-jarretelles. À l’époque, c’était une sensation montante, son premier album n’était pas encore sorti, mais le New-Yorkais d’adoption jetait, déjà, un trouble dans le genre. Genre assigné d’abord (il se revendique queer), genres musicaux, aussi : rap flippé, electro sombre, noise stoogienne parsèment les morceaux de ce possible rejeton de Dean Blunt et compagnon de route d’Yves Tumor et Angel Haze. S’il fallait, sous la menace, résumer Mykki en une phrase, on évoquerait la rencontre entre le rap outlaw et déphasé du regretté Ol’ Dirty Bastard, et la finesse de Beverly Glenn-Copeland, autre figure de la communauté queer. Cependant, ne voyez pas en Blanco, capable d’envolées angéliques comme de phrasés gutturaux, un quelconque porte-étendard de la cause LGBTQ+. En bon Américain, il se voit avant tout en simple entertainer. Mais l’un n’empêche pas l’autre.Thibaut Allemand Bruxelles, 28.10, Beursschouwburg, 20h30, 21/18€, beursschouwburg.be


ALELA DIANE Vingt-deux ans après The Pirate’s Gospel, les chansons d’Alela Diane n'ont pas pris une ride. La Californienne a même affiné son écriture boisée. Toujours aussi doux, les arrangements acoustiques – guitare, banjo, batterie feutrée – servent d’écrin à une voix angélique et hors du temps. Ce qui n’empêche pas des coups de semonce – en témoigne Piss, Coffee, Blood or Wine ?, jolie country song revêche. Foncièrement américaines, ces chansons traversent remarquablement bien l’Atlantique et prennent leur ampleur sur scène, accompagnées de quelques confidences de leur autrice. T.A. © Christine Power

Amiens, 15.10, La Lune des Pirates, 20h, 25/21 € lalune.net Anvers, 30.10, De Roma, 20h, 26/24 €, deroma.be

Catastrophe © Alix Menoret

CATASTROPHE + FOREVER PAVOT D’un côté Catastrophe, collectif polymorphe et pluridisciplinaire né en 2016 et adepte d’une pop lettrée, ouverte aux quatre vents – on y croise des Michel (Berger, Legrand), Childish Gambino ou Abba. De l’autre, le trio Forever Pavot, vocoder, pop psyché, prog rock et BO du cinéma français des seventies. Deux univers, mais une même envie de faire dérailler joliment la pop. T.A. Marcq-en-Baroeul, 14.10, Théâtre Charcot 20h, 17 > 11€, marcq-en-baroeul.org


Melting hot

"Définitivement intersectionnelle". C’est ainsi qu’Oscar Scheller définit l’artiste Kelela Mizanekristos, plus connue sous son seul prénom. Principal producteur de son troisième album studio, Scheller ne saurait mieux dire : son R&B s'affranchit des carcans pour mieux embrasser sa nature syncrétique. Nul doute que sa tournée mondiale (avec cette halte à Bruxelles) en sera l'éclatante démonstration. Sur le bien-nommé New Avatar, l’Américaine d’origine éthiopienne opère une nouvelle mue et signe l’un des albums les plus stimulants de l’année en même temps qu’un manifeste physique et politique sur le métissage. Moins éthéré que l’ensorcelant Raven (2023), le disque retrouve certains élans rythmiques de l’inaugural Take Me Apart (2017), tout en bifurquant vers les guitares et les clubs 90s – sans jamais se départir d’une singulière sensualité. En sus de quelques ingrédients UK garage, le nouveau son de Kelela doit autant à la Janet Jackson de The Velvet Rope qu’au Kurt Cobain de Something in the Way. À la fin de ce New Avatar rempli de splendeurs cachées prêtes à se déployer sur scène, elle se demande ce qu’il adviendra « si nous nous retrouvons »… réponse à Bruxelles ? Rémi Boiteux

Bruxelles, 02.11, La Madeleine, 20h, 35€, la-madeleine.be

© Neva Wireko

KELELA


KID FRANCESCOLI

© Samantha Grenouiller

Derrière cet alias devenu projet collectif, Mathieu Houcine cultive les mélopées aériennes et synthétiques – vous les avez forcément entendues au détour d’une pub pour parfum ou d’une série TV. Mais ce serait injuste de réduire cette signature marseillaise à du simple habillage sonore. Depuis 2002 et six albums, Kid Francescoli a signé et poli des morceaux entêtants, portés par un groove élégant et des voix (souvent) féminines et (toujours) sensuelles. Planent les ombres de DJ Shadow, Phoenix, Chromatics ou Sébastien Tellier – un autre amateur de ritournelles. T.A. Bruxelles, 17.10, La Madeleine, 20h, 37€, la-madeleine.be Lille, 12.11, L'Aéronef, 20h, 27/20€, aeronef.fr

© Alistair McVeigh

ARLO PARKS Révélée avec le mirifique Collapsed in Sunbeams (premier album, auréolé du Mercury Prize), Arlo Parks jouait l’intimité feutrée que My Soft Machine avait quelque peu dissipée. La Britannique revient avec Ambiguous Desire, qui plonge dans la moiteur des clubs contemporains. Le tout sans rien perdre de sa mélancolie : écoutez Senses, en duo avec Sampha, pour le comprendre. De quoi verser une larme sans jamais quitter la piste. T.A. Bruxelles, 03.11, Cirque royal, 20h 37,06/32,70€, cirque-royal-bruxelles.be


Rave à part

Depuis 2014, Dream Nation cultive une idée simple : réunir sous un même toit les différentes tribus des musiques électroniques. Le rendez-vous Halloween le plus débridé de l’électro remet le couvert à Villepinte, transformant le Parc des Expositions en un très grand cabinet de curiosités sonores, entre légendes du dancefloor et pépites décalées. Dream Nation n’a jamais vraiment choisi son camp. Techno, trance, hardcore, drum & bass ou bass music : il préfère les passerelles aux chapelles. Une philosophie qui explique une affiche capable de regrouper Pendulum, monument de la drum & bass, Infected Mushroom, pionniers de la psytrance qui fêtent leurs 30 ans, et Angerfist, figure masquée du hardcore. Mais la vraie surprise se niche peut-être du côté de Perceval : flûtes celtiques, mélodies médiévales et kicks galopants, soit la bandeson d’un improbable bal des chevaliers sous BPM. À l’arrivée, pas question de simplement changer de scène : on change d’univers. Le vaste parc des expositions se mue en rave XXL, avec lasers, mapping, installations et créatures fantastiques. Et surtout, il y a le public — costumé dès le RER, dansant sans relâche, curieux de son voisin de dancefloor. Ici, les communautés se mélangent volontiers et l’accueil est chaleureux. Dream Nation a quelque chose du grand carnaval électronique : généreux, joyeusement excessif et suffisamment ouvert pour que chacun y trouve sa tribu. C.L. Villepinte, 30 & 31.10, Parc des expositions Paris-Nord, 20h30 1 jour : 61,90 > 43,90€ • 2 jours : 103,90 > 73,90€, dreamnation.fr Sélection / 30.10 : Novah, Angerfist, Alignment, Da Tweekaz, TNT, Rebelion, Dr. Peacock, Slaughterhouse, Warface, Vortek’s... • 31.10 : Vini Vici, Pendulum, Netsky, Infected Mushroom, Flux Pavilion, Don Diablo, Perceval, The Bloody Beetroots, DJ Schnake, Mandragora...

© DR

DREAM NATION


.COM CAVEAUXPOETES LA JUNGLE - MELINA BLOWSOM - ANAYSA HORSKH - BABE HAVEN ULYSSE - MADAM BANDIT BANDIT LE TALU - NÛR DOPE SAINT JUDE ET BIEN D’AUTRES...

AutOmnE 2026

01/10

SCÈNE DE MUSIQUES ACTUELLES TOURCOING

BRIGITTE CALLS ME BABY

+ PINK TEETH

02/10 19H - "MALOU"

DE KAWATARŌ

03/10 THE SPITFIRES + LE ROYAL CLUB 07/10 16H - LE GOÛTER CONCERT DE

MAXWELL FARRINGTON & LE SUPERHOMARD 07/10 MAXWELL FARRINGTON & LE SUPERHOMARD + MAXIME MOUQUET

08/10 AFTERWORK GRATUIT

BLACK MARKET KARMA 09/10 SYD MATTERS + SAMJO

11/10

TOURCOING JAZZ FESTIVAL

CHASSOL MAQUINA. + BOTHLANE 15/10 MARTA + CARMEN SEA 17/10 ULRIKA SPACEK 14/10

+ PREMIÈRE PARTIE

21/10

BIG SPECIAL + PREMIÈRE PARTIE

22/10 FESTIVAL LES FEMMES S'EN MÊLENT #27

DEATH VALLEY GIRLS

+ BELLA & THE BIZARRE

23/10 ZED YUN PAVAROTTI + PREMIÈRE PARTIE 25/10 TOURCOING JAZZ CLUB

THE MESSTHETICS AND JAMES BRANDON LEWIS 28/10 SPORTS + POOL KIDS

design_les produits de l’épicerie L-R-22-4685 / L-R-22-4687 / L-R-22-4689

PAs bESOin de CrAmer lA plAnète POUr METtrE le fEu

Oct. 2026


Pari sur l'avenir

Monter un festival d’artistes émergents ? Facile : on aligne des musiciens inconnus ou débutants, et vogue la galère ! Dans les faits, il faut avoir le nez creux, dénicher les talents de demain et bâtir une affiche cohérente. Ah, c'est tout de suite moins simple. Pari pourtant tenu par Crossroads, qui fête ses dix ans à Roubaix avec une 11e édition. S’il fallait trouver un modèle à Crossroads, ce serait sans doute les Trans Musicales de Rennes. À l’instar de l’institution bretonne, le festival roubaisien déploie une affiche où les noms sont encore largement inconnus… mais dont on se souvient quelques mois plus tard. Yolande Bashing, Demain Rapides, Nord//Noir, Chaton Laveur ou Ada Oda sont passés par là. Alors, qui pourra-t-on se targuer d'avoir découvert ici cette année ? On a l'embarras du choix : les Anversois de Mugger Hugger, adeptes d'un « postpostpostpunk » tendu entre PJ Harvey et Sonic Youth ? Naked Soft Men, trio lillois et anglophone clairement biberonné à Fat White Family ? L'hyperpop de Graphy-T et de Nemode ? Le trio réunionnais Alsimi, qui branche le maloya sur des machines ? Ou les inclassables de Caos.808, duo franco-péruvien né à Lima et amateur de turboperreo ? Vingt-et-un projets en trois soirs, deux scènes à la Condition Publique et près de 480 professionnels à l'affût – programmateurs, labels, tourneurs. Reste à souhaiter que ces artistes puissent rapidement tourner et enregistrer dans de bonnes conditions, ce qui, par les temps qui courent, n'a rien d'évident. Disons qu'eux aussi se trouvent… à la croisée des chemins. T.A. Roubaix, 03 > 05.11, La Condition Publique, 1 j. : 12 > 8€ • 3 j. : 25 > 12€, crossroadsfestival.org Sélection / 03.11 : Caos.808, Alsimi, Mercure Nitro, AutoFocus… // 04.11 : Mugger Hugger, Naked Soft Men, Nemode, Nsangu... // 05.11 : Graphy-T, Caprice, Emma Politi, Bertox, Adahy...

Alsimi © Cedric Demaison

CROSSROADS FESTIVAL


Cinéma Permanent

ALA.NI & ADRIAN YOUNGE Proud of Me

DISQUES

(Linear Labs)

Retour du prolifique Adrian Younge, qu’on pourrait (mal) résumer en petit frère de RZA. À ceci près qu’il a troqué la fameuse MPC chère au Wu-Tang pour un matériel analogique certifié des années 1968-1973. Oui, Monsieur est précis. Comme l’est ce condensé de soul psychédélique et de spiritual jazz nimbant cet album réalisé à quatre mains avec Ala.ni. Pas exactement une inconnue, puisqu’on la suit à la trace depuis quelques années. Ici, on songe tour à tour à Beth Gibbons (Portishead) ou à un autre duo mythique – Lee Hazlewood et Nancy Sinatra. Des références par-delà les années et les genres, pour une œuvre singulière, qui doit à l’approche hip-hop comme à la tradition jazz et se concrétise en sommet de soul moderne. Sortie 06.10. T.A.

EELS

DISQUES

(Vietnam / Wagram)

En février parut Adieu, morceau rempli de regrets et d’acrimonie envers un groupe, Mustang, qui aura plusieurs fois sorti son album de la dernière chance. En vain. Le groupe s’est sabordé cette année dans une indifférence aussi générale que criminelle. Son leader charismatique, ci-devant meilleur parolier depuis… un sacré moment, livre un deuxième album solo après le synthétique Chord Memory (2023). Dans cet essai intimiste et acoustique, aux sonorités inhabituelles (flûte traversière, orgue de verre…), Felzine évoque, sans fard, l’agonie de son père, notre France policière ou son amour du cinéma. Pas si accrocheuse, cette œuvre révèle tous ses charmes après quelques écoutes. Un disque long en bouche. Thibaut Allemand

Cookie Happened

(E works / PIAS)

Ce qui est particulièrement émouvant, quand on suit la carrière de Mark Oliver Everett, c'est sa capacité à nous surprendre avec les mêmes vieux tours, ou presque. Et à pouvoir ainsi, même loin des heures les plus fastes d’Eels, livrer des disques dont le charme n'appartient qu'à lui. Son précédent album Eels Time ! (2024) alignait même quelques-unes de ses meilleures chansons des quinze dernières années. C'est de cette même source que semble couler le plus arrangé Cookie Happened autour de son artisanat pop-folk. Si certains titres accusent une pointe de pilotage automatique, les accrocheurs Clobbered ou Lost and Barking témoignent, aux côtés de splendeurs comme Taking Pictures, d’une inspiration intacte : ce Cookie peu sucré recèle de généreuses pépites. Sortie 16.10. Rémi Boiteux

Disques —— 46

DISQUES DISQUES DISQUES DISQUES

JEAN FELZINE


LICENCES : R-2021-012664 / R-2021-012665 - CRÉATION GRAPHIQUE : L'ASTROLAB* - INFO@LASTROLAB.COM

E Q TUMETONNESPRODUCTIONS

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LIVRES LIVRES LIVRES LIVRES

JOHANN CHAPOUTOT La Bascule

(Gallimard, NRF Essais)

Professeur à la Sorbonne, Johann Chapoutot est, avec Christian Ingrao et Nicolas Patin, l’un des plus éminents historiens de l’Allemagne contemporaine. On leur doit Le monde nazi. 1919-1945 (2024) indispensable somme sur la question. Parallèlement, et fidèle à l’idée selon laquelle le nazisme est « de notre temps et de notre lieu », Chapoutot a étudié les origines nazies du management moderne (Libre d’Obéir, 2020) et battu en brèche le mythe de la prise du pouvoir par Hitler et ses sbires – la droite et l’extrême-centre de l’époque leur ont tout simplement donné, ainsi qu’il le démontrait dans Les Irresponsables (2025). La Bascule relate les six premiers mois d’Adolf Hitler à la Chancellerie (du 30 janvier au 14 juillet 1933). Haletant, il démontre comment, en quelques mois, les « élites » (patronat, armée, clergé, propriétaires agricoles, magistrature, médias…) ont basculé dans l’extrême-droite, pour diverses raisons et intérêts personnels. Comme toujours, la plume est vive et les thèses, solidement étayées. Si l’on ne peut s’empêcher d’y voir un triste écho à notre époque, Chapoutot rappelle aussi que des poches de résistance existaient au sein du peuple allemand. L’avenir n’est jamais écrit. 416 p., 23,80 €. Thibaut Allemand

SÉBASTIEN BOURDON

LIVRES

LIVRES

Tintin au pays des fascistes

(Éditions Divergences)

Sur son lit de mort, Léon Degrelle, nationaliste belge engagé dans l'armée nazie, laisse un manuscrit intitulé Tintin mon copain. Il y affirme avoir été l'inspiration du reporter à la houppette. Sébastien Bourdon en fait le point de départ d'une enquête revenant sur le contexte de création de Tintin (la presse catho-anticommuniste) et les positions pour le moins discutables de Hergé, avant, pendant et après la guerre. Les pièces du dossier ne sont pas toutes neuves (l'auteur s'appuie largement sur les bios signées Pierre Assouline et Benoît Peeters), mais il les examine d'un œil peut-être moins complaisant. L'essai éclaire surtout les récupérations contemporaines de l'icône par l'extrême droite, laissant apparaître sa "compatibilité fasciste". 180 p., 16 €. Raphaël Nieuwjaer


Livres —— 49

YOUSSEF DAOUDI

URSS 89

(Dargaud)

On connaît Youssef Daoudi pour ses BD consacrées notamment aux sports automobiles (la collection Plein gaz de Glénat, des albums sur les 24 Heures du Mans…). On se souvient aussi de sa Trilogie Noire, adaptée de Léo Malet. On découvre ici une facette autobiographique du dessinateur : au printemps 1989, il débarque à Moscou en tant qu'étudiant. Il se souvient de ces années décisives (pour lui, comme pour le pays) avec un humour qui n’exclut pas la gravité et un trait évoquant, dans les décors comme dans le mouvement, la patte d’un Janry. Loin des caricatures, se dresse le portrait d’un régime à bout de souffle, entre files d'attente et effervescence culturelle, dans une société où la jeunesse rêve d’un autre avenir. Fut-il meilleur ? 152 p., 23,50€. Sortie 09.10. Thibaut Allemand

PIERRE-HENRY GOMONT Montefiore

(Dargaud)

En quelques années et plusieurs albums remarqués – Pereira prétend, Malaterre, La Fuite du cerveau – Pierre-Henry Gomont s’est imposé comme l’un des grands bédéastes de notre époque. Après avoir arpenté la Russie dans la trilogie Slava, il met le cap sur l’Italie et le Palio de Sienne, à travers le regard d'Andrea et Angelo, deux frères fascinés par ces courses de chevaux lancées dans les rues de la ville. Leur oncle, cavalier émérite, les invite dans l’élevage familial. Là, ils découvrent une galerie de personnages hauts en couleur et le monde dont leur père les avait tenus éloignés. Gomont, dont la vivacité du trait dynamise chaque page, se penche ici sur l’enfance, sur la famille, avec une sensibilité lucide. 192 p., 27 €. Thibaut Allemand

NICHOLAS BOGGS

Baldwin. L'amour et la révolution

(Seuil)

Le documentaire I Am Not Your Negro de Raoul Peck avait contribué, il y a près d'une décennie, à faire redécouvrir en France la trajectoire et l'œuvre de James Baldwin. La copieuse biographie de Nicholas Boggs précise le portrait, s'attachant plus particulièrement à la façon dont les relations amoureuses, contrariées ou non, ont permis à l'écrivain de se découvrir et de s'affirmer. Homme, Noir, Américain, homosexuel : autant de qualificatifs que celui-ci aura interrogé et déplacé, que ce soit à travers ses essais (Chronique d'un pays natal) ou ses fictions (La Chambre de Giovanni). Comme toutes les bonnes biographies, Baldwin. L'amour et la révolution restitue aussi la trame historique, dont la lutte pour les droits civiques. Une traversée passionnante. 752 p., 34,90€. Raphaël Nieuwjaer


© Marie-Camille Orlando

interview

GARANCE

Jeanne Herry, Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau Après Elle l’adore, Pupille et Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry signe avec Garance le portrait sensible d'une jeune actrice aux prises avec l'alcool. Adèle Exarchopoulos incarne le rôle-titre ; Sara Giraudeau, celui de Pauline, la femme qui va bouleverser sa trajectoire. Rencontre à trois voix, entre travail d'écriture, pudeur et refus du pathos. Propos recueillis par Grégory Marouzé


Écrans —— 51

Pour Garance, êtes-vous partie de l'envie de retravailler avec Adèle Exarchopoulos ? Jeanne Herry : C’est toujours un mélange de déclencheurs et d'envies. Nous avions pris beaucoup de plaisir sur Je verrai toujours vos visages, et j'avais aimé filmer un personnage jeune. Je me suis dit que le prochain le serait aussi. Ce n'était donc pas : « Je vais écrire un film pour Adèle ». C'est plus mouvant, plus multiple que ça. Mais le fait est qu'elle m'a accompagnée : dans ma tête, les traits de Garance empruntaient souvent les siens. Incarner cette comédienne hypersensible, qui sombre dans l'alcoolisme, représentait-il un danger ? Adèle Exarchopoulos : Les personnages de Jeanne sont très écrits, jusqu'à la moindre virgule. Aucun risque, donc, de composer avec les tréfonds de l'âme ou une forme de manipulation, pour obtenir un résultat. Il y a là, au contraire, un vrai travail de respiration.

J.H. : Exactement. Quand nous tournons ensemble, nous ne nous faisons pas de mal. Il n'y a pas de danger de manipulation entre nous. C'est une collaboration solide, même si Adèle va chercher des émotions en elle.

« Sur le plateau, tout est aussi question de sensations » Sara Giraudeau : Et puis je ne crois pas qu'il y ait ce réflexe façon Actors Studio, qui pousse à s'identifier au personnage au point de se dire : « Et si ça m'arrivait à moi ? ». A.E. : Ça fait du bien de s'autoriser des choses en se cachant derrière un rôle. Je ne "cérébralise" pas tout ça. Ce qui se passe sur le plateau est aussi une histoire de sensations. Il est vrai que certaines larmes viennent de la vraie vie, débordent par endroits. L'exercice de la promo est en réalité plus vertigineux : être soi-même, partager ses impressions, sans se cacher


derrière un personnage... Jouer, c'est là où je me sens bien, je suis dans ma zone de confort. S.G. : C'est pourquoi les comédiens ont parfois l'air d'animaux étranges pour qui n'est pas du métier. On va chercher des sentiments pour nourrir nos personnages. Et en même temps, on peut se cacher derrière eux. À l'inverse, se retrouver devant vous, en interview, c'est la chute libre. C’est une tout autre partie du métier qu'il faut faire, mais qui n'a rien à voir. L’amour que Pauline et Garance se portent est au cœur du film. Nous sauve-t-il de tout ? S.G. : Je ne crois pas. D'ailleurs, quand Garance rencontre Pauline, elle rechute encore plus fort. J.H. : Non, l'amour ne peut pas sauver les alcooliques de l'addiction. C'est un mécanisme trop puissant pour être vaincu parce qu'on aime, ou qu'on est aimé. Hélas, ça ne marche pas comme ça et heureusement on peut se le

dire. Je connais des enfants dont la mère, restée alcoolique jusqu'à la fin de sa vie, les aimait pourtant. Ce n'est pas une question d'amour mais d'alignement de circonstances. L'histoire d'amour en fait partie, mais il y a aussi le rôle de l'addictologue, celui de la sœur de Garance. Il y a aussi le fait que ce soit le bon moment.

« L'amour ne suffit pas face à l'addiction » S.G. : Leur amour n'est pas plus déterminant que le reste. J.H. : Pour moi, Pauline est un idéal amoureux. Elle incarne la véritable façon d’aimer, celle qui donne sans intention de transformer l'autre, sans volonté de contrôle, sans réflexe de propriétaire. Prendre soin d'elle, lui donner de la douceur : c'est ça aimer ! Ce n'est pas facile. C’est une quête. Garance, de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau...


Écrans —— 54

NOTRE SALUT

Un passé qui ne passe pas Inspiré par l’histoire de son arrière-grand-père, Emmanuel Marre plonge dans les rouages ordinaires de la France de Vichy. Récompensé du prix du scénario à Cannes, Notre Salut brouille les frontières entre passé et présent, avec un Swann Arlaud saisissant dans la peau d’un fonctionnaire en quête de reconnaissance. Pour son premier long métrage en solo après Rien à foutre, Emmanuel Marre puise dans la correspondance de ses arrière-grands-parents pour raconter Henri Marre, ingénieur devenu fonctionnaire à Vichy. Son traité politique Notre Salut sous le bras, celui-ci voit dans le nouveau régime l’occasion de prendre enfin la place qu’il estime mériter. Mais, si Swann Arlaud porte ici le nom d’Henri Marre, dans ce qui est sans doute son plus grand rôle, Notre Salut n’est pas un biopic. Le cinéaste s’éloigne de la figure réelle de son aïeul pour composer un personnage quasi fictif, à la portée universelle. Le cinéma comme avertissement Ce qui frappe ici, c’est la modernité de la mise en scène. La caméra mobile et le refus du champ-contrechamp donnent au spectateur le sentiment d’être au cœur de l’action. Nous voilà face à un petit chef médiocre et opportuniste, dépourvu de tout sens moral, qui accomplit consciencieusement son travail pour prendre sa revanche sur une existence étriquée. Son entourage est à l’avenant. Et quand Popcorn ou Live Is Life, tubes des décennies suivantes, accompagnent les images de l’Occupation, l’anachronisme est pleinement assumé. Une manière pour Marre de souligner que l’antisémitisme et le racisme, ces poisons, traversent les époques. Il n’est donc pas interdit de voir dans le film une forme d’avertissement. Grégory Marouzé D'Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Jean-Baptiste Marre…


© Kidam & Michigan Films


Écrans —— 56 © Eddy Cinema, Beside Productions, Regular Production, France 3 Cinema, Auvergne Rhône-Alpes Cinema, RTBF

LE CORSET Une aquarelle vivante

Après avoir coréalisé les deux derniers Astérix animés, Louis Clichy troque la Gaule pour la Beauce des années 1980 et livre un film intime, inspiré de sa propre enfance. Triplement primé au Festival d'Annecy, Le Corset bouleverse par sa délicatesse et sa grâce visuelle. Christophe a onze ans et grandit dans la ferme familiale, alors que les difficultés économiques s’accumulent. Lorsque son dos se met à pencher dangereusement, il doit porter un corset. À l’école, les moqueries ne tardent pas, mais il y a aussi Clara, les premiers émois amoureux et la découverte de la musique auprès de l’organiste du village. Pour ce récit personnel, Louis Clichy délaisse la 3D des Astérix et opte pour des techniques d'animation traditionnelles : décors peints à la main sur papier, aquarelle et encre colorée, personnages tracés à l'encre de Chine. Cette palette pastel et joyeuse épouse à merveille les joies et les aspérités de l'enfance et du monde rural, sur fond de tubes des années 1980 (Comme un ouragan de Steph' de Monac') et du Requiem de Gabriel Fauré. Couronné du Prix du Public, du Prix du Jury et du Prix de la Fondation Gan pour le cinéma à Annecy, Le Corset séduit par sa délicatesse et sa beauté graphique, dépassant largement le cadre du simple récit d'initiation. Voici l'un des plus beaux films de l'année, tous genres confondus. On l'avoue, chez LM, on a versé notre petite larme. Grégory Marouzé

De Louis Clichy, avec les voix de Gary Clichy, Rod Paradot, Alexandre Astier, Jean-Pascal Zadi... Sortie 14.10


HER PRIVATE HELL

© Neon

Film de la résurrection d'après Nicolas Winding Refn lui-même, victime d'un grave accident cardiaque, Her Private Hell pousse à son paroxysme la veine abstraite et clinquante du cinéaste, amorcée avec The Neon Demon (2016) et prolongée avec Copenhagen Cowboy (2023). De la brume bleutée, une silhouette se détache. C'est Elle (Sophie Thatcher). Dans l'hôtel de luxe où vivent son père incestueux et sa jeune belle-mère pullulent des mannequins occupées à susurrer des répliques imbitables. NWR aimerait retrouver les mannes de Stanley Kubrick (la mise en scène comme maîtrise) et de David Lynch (les forces occultes sous la surface glamour), mais parvient surtout à raviver des rêveries exotiques peu ragoûtantes. Plutôt qu'une renaissance, Her Private Hell pourrait marquer le stade terminal d'un style toujours plus ampoulé.

LEVITICUS Au sein d’un petit village australien où vit une communauté chrétienne rigoriste, deux ados, Naim et Ryan, vivent leur amourette en secret – de polichinelle. L’un et l’autre vont subir une thérapie de conversion aux faux-airs d’exorcisme. Le rituel déclenche une malédiction d’autant plus terrifiante que seules les victimes la voient prendre forme. Le désir et la mort constituent des motifs classiques de la fiction. C’était également le moteur d’It Follows (2014) dont les protagonistes étaient poursuivis par une entité qu'eux seuls pouvaient voir. On retrouve cette même peur diffuse et ce goût pour une horreur plus anxiogène que démonstrative dans ce premier long-métrage d’Adrian Chiarella, qui confirme un intérêt certain pour le genre. À suivre, donc.

Raphaël Nieuwjaer

© Mubi / Neon

De Nicolas Winding Refn. Avec Sophie Thatcher, Charles Melton...

Thibaut Allemand

D’Adrian Chiarella, avec Joe Bird, Stacy Clausen, Mia Wasikowska... Sortie 07.10


© Films du poisson, Bibi Film TV, Arte France Cinema

LA GRADIVA Voir Naples et mourir

Un voyage scolaire en Italie, des désirs qui s’éveillent, une mémoire familiale qui affleure sous la cendre du Vésuve – et, en embuscade, le couperet de Parcoursup. Premier long métrage de Marine Atlan, La Gradiva fait surgir de la chronique adolescente une émotion aussi brûlante que la lave. Directrice de la photographie de Jessica Forever ou de L’Engloutie, Marine Atlan a l'œil pour les lumières naturelles et les cadres animés. Avec cette première réalisation, elle cherche à tenir les deux bouts du cinéma d’auteur français. D’un côté, le naturel et la fougue de la jeunesse. De l’autre, la gravité et la quête d’une profondeur mythologique. Dès son titre, La Gradiva convoque toute une généalogie littéraire et psychanalytique. Le bas-relief antique de la "femme qui marche" est cette figure qui inspira la nouvelle de Wilhelm Jensen, puis l’analyse de Freud. Cet ancrage n'écrase en rien les personnages, parmi lesquels se distinguent Toni le cancre (Colas Quignard), James le charmeur (Mitia Capellier-Audat) et Suzanne l’intello (Suzanne Gerin). Sans renoncer aux archétypes du teen movie, le film accorde à chacun une attention qui le rend à la fois plus familier et plus opaque, et révèle la sensibilité des trois interprètes. En profondeur, des forces s'activent – liées à la géologie, à l'histoire, mais aussi au désir. Entre les lycéens, un débat sur la méritocratie et l'avenir de la France rappelle le rôle de l'école dans la reproduction sociale. Ce que montre sans naïveté Marine Atlan, ce sont aussi les derniers feux d’une apparente mixité, et la force des déterminismes. Raphaël Nieuwjaer

De Marine Atlan. Avec Mitia Capellier-Audat, Colas Quignard, Suzanne Gerin... Sortie 21.10


10 oct. 2026 — 14 fév. 2027 Marc Chagall, La Bastille, 1953, huile, encre de couleur et encre de Chine sur toile, 81x 100 cm, collection particulière © Archives Marc et Ida Chagall, Paris © SABAM Belgium 2026


CAP / Musée des Beaux-Arts de Mons

cap.mons.be


Erik Dietman, Au sommet après en avoir tant chié, 1991 - Frac des Pays de la Loire © Adagp, Paris - photo : Stéphane Bellanger


Exposition —— 63

ÉCLATS DU RIRE ! Quand l’art se marre

Vous trouvez que l’art contemporain se moque du monde ? Vous avez raison. En tout cas, c’est l’humour qui a dicté la sélection des 150 œuvres exposées au Tripostal de Lille pour Éclats du rire !. Un beau feu de joie peuplé d’artistes qui s’amusent de tout, surtout d’euxmêmes. Ce qui ne les empêche pas de passer des messages très sérieux. Quand même. Non, l’humour n’est pas le terme qui vient immédiatement à l’esprit pour définir l’art contemporain. La faute, peut-être, à cette idée que « le rire rabaisserait une œuvre », alors qu’il peut aussi « rendre son message à la fois plus accessible

« L'humour rend certains messages plus accessibles » et plus fort » selon Caroline David, commissaire d'Éclats du rire !. Pour en avoir le cœur net, le plus simple est de pousser les portes du Tripostal : sa nouvelle grande exposition d’art contemporain propose plus de 150 œuvres dé-

capantes, avec l’humour pour seul fil rouge. Exemple ? La sculpture d’un pigeon plus vrai que nature juché sur une montagne de ses propres déjections, intitulée Au sommet après en avoir tant chié par son créateur, le Suédois Erik Dietman. Un autre ? Deux rectangles blancs entrecroisés par le spécialiste de l’abstraction géométrique François Morellet, dont le titre La brouette, renvoie malicieusement à une position du Kamasutra. Variations du rire Il est fort probable que certains ne riront pas devant l’œuvre conceptuelle de Robert Filliou réunissant un seau, une serpillère et un


Exposition —— 64 François Morellet, La brouette, 1986 - Frac Grand Large - Hauts-de-France © Adagp, Paris - photo : Andre Morin

balai surmonté de l’écriteau « La Joconde est dans les escaliers ». Mais « leur voisin rigolera peutêtre », souligne Caroline David. « Le rire reste la clef d’une énigme un peu personnelle, relevant de mécanismes intimes dans lesquels une foule d’éléments, comme notre vécu, jouent un rôle », rappelle la commissaire. Voilà pourquoi le Tripostal en offre pour tous les goûts. Du rire aux éclats français, belge ou américain, confortable ou dérangeant, le tout bien rangé dans les trois étages du centre

d’art. Le rez-de-chaussée s’intéresse à des artistes se moquant d’eux-mêmes, le deuxième étage à des œuvres qui s’attaquent à l’art et aux institutions en détournant leurs codes et langages, le

« L’idée, c’est de surprendre » troisième à des créations plus cinglantes où se frottent dénonciations politiques et critiques sociales.


Paul Mccarthy, Spaghetti Man, 1993 - Frac Occitanie Montpellier © Paul McCarthy P.Schwartz, Adagp - photo : P. Schwartz


Exposition —— 66 Bruno Peinado, The Big One World, 2000 - Frac PoitouCharentes - Peter Saul © Malik Benkahla - collective works

Bibendum afro « L’idée, c’est de surprendre », résume Caroline David. Un désir concrétisé grâce aux collections des 22 fonds régionaux d’art contemporain (Frac) de France, dont sont issues toutes les œuvres. L’une d’elles, Spaghetti Man du « provocateur un peu trash » Paul McCarthy, montre une figure humaine à tête de lapin affublée d’un sexe démesuré, qui brouille la frontière entre l’enfance et le monde adulte. Il côtoie le célèbre bibendum Michelin, que le plasticien Bruno Peinado représente tout noir et levant le poing

comme les athlètes des JO de 1968 en lutte pour les droits civiques. Ce n’est pas tout : il y a aussi « une salle un peu coquine » et des œuvres invisibles (qui ne ressemblent pas à des créations) disséminées dans tout le musée, un programme de stand-up et une Fun Zone où les visiteurs pourront méditer, s’amuser, voire les deux en pratiquant le yoga du rire. L’art contemporain, cette vaste blague. Arnaud Stoerkler Éclats du rire !, humour, ironie, fantaisie dans les collections des Frac Lille, 09.10 > 03.01 2027, Le Tripostal mer > dim : 11h-18h, 12/8 € (gratuit -18ans) lille3000.com


ROUBAIX LA PISCINE 10 OCT. 2026 — 24 JAN. 2027

ARTS ET ANARCHIE DE COURBET À BANKSY

Roubaix

La Piscine

Exposition conçue et organisée avec le musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon – Ville de Besançon

roubaix-lapiscine.com

PRÉFET DE LA RÉGION HAUTS-DE-FRANCE

Paul Signac, Le Démolisseur, entre 1897 et 1899. Huile sur toile. Don Françoise Cachin-Signac, 1947 © GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Stéphane Maréchalle Design graphique : Les produits de l’épicerie


Gustave Henri Jossot, Mort aux vaches, Dessin pour l'album Les Rats d’Heinrich Heine, 1899, Collection Michel Dixmier © Alain Leprince, Roubaix, La Piscine

NI DIEU NI MAÎTRE !


Exposition —— 69

■ À l’art libre Il fut un temps – au xixe siècle – où l’anarchisme constituait l'une des grandes pensées révolutionnaires. Ce n’est plus le cas, mais il n’est pas mort pour autant : la liberté individuelle et le refus de toute domination continuent d’infuser l’art et la société, jusqu’aux pochoirs illégaux et anonymes de Banksy. Une histoire sans Dieu ni maître, mais avec un début et de multiples fins, que La Piscine remet en lumière. On vit une époque étrange. Le street art, mouvement urbain et anticonformiste par essence, a gagné l’intérieur des musées. Et La Piscine de Roubaix consacre son écrin Art déco à une exposition sur l’anarchisme, une idéologie allergique à toute forme d'autorité. Voilà pour la théorie. Dans les faits, l’approche de l’établissement roubaisien a été parfaitement accueillie par les spécialistes, collectionneurs et artistes qui ont participé à Ni Dieu ni maître. Conçu comme un équipement public mêlant bassin olympique de 50 mètres et bainsdouches, le bâtiment incarnait déjà une certaine idée de la mixité sociale. Aujourd’hui transformé en musée, « il conserve dans son ADN l’engagement social, ce lien entre l’art et la politique », souligne Adèle Taillefait, conservatrice chargée des collections Beaux-Arts. Chat noir et anti-dogmatisme En reconstituant dès 2018 l’atelier du sculpteur collaborationniste Henri Bouchard, La Piscine montrait déjà qu’elle n’avait pas peur de s’emparer de sujets politiques, voire polémiques. Celui de

Couverture d'Anarchy, Comics, n°3, 2014 © Peter Pontiac, Adagp, Paris, 2026 / Alain Leprince, Roubaix, La Piscine

l’anarchisme l’est peut-être moins aujourd’hui qu’à son émergence, en 1840, lorsque Pierre-Joseph Proudhon (on retrouve son portrait exécuté par Gustave Courbet dans l'exposition) lançait avec fracas que « la propriété, c’est le vol ! ». Les symboles de ce courant profondément libertaire et individualiste sont depuis passés dans


Exposition —— 70 Gilles Caron, Rue Saint-Jacques, Paris, 10 juin 1968, 1968 © Gilles Caron Indivision / Fondation

la culture populaire : le chat noir, notamment visible dans une illustration de Théophile Alexandre Steinlen ; la fameuse devise « Ni Dieu ni maître ! », brodée sur une bannière anarchiste roubaisienne ; le célèbre “A” noir cerclé, dessiné par le bédéiste néerlandais Peter Pontiac sur une couverture de comics underground. Art mouvant Mais au fait, c’est quoi un artiste anarchiste ? Pas forcément ce que l’on croit. « Certains d’entre eux ne revendiquaient pas un art particulièrement social, car l’affirmation de leur liberté individuelle totale en tant qu’artiste illustrait à elle seule l’idéologie anarchiste », constate Adèle Taillefait. Le courant constitue une « histoire de l’art » en mouvement, puisqu’il s’est

longtemps « diffusé sous le manteau » pour éviter la répression. L’exposition réhabilite ces « tracts infimes, brochures illustrées et papiers anodins », sans oublier les héritiers modernes de l’anarchie (Banksy et A2) et d’autres formes artistiques (de Léo Ferré aux pochettes punk des Clash ou des Sex Pistols). Une certitude : certaines œuvres vieilles de plusieurs décennies n’ont pas pris une ride. Le célèbre dessin anonyme d’un CRS brandissant son gourdin derrière un bouclier, créé à l’époque de Mai 68, n’a jamais paru si actuel depuis la répression violente du mouvement des Gilets jaunes. Arnaud Stoerkler

Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy Roubaix, 10.10 > 24.01.2027, La Piscine, mar > jeu : 11h-18h, ven : 11h-20h, sam & dim : 13h-18h 11/9€ (gratuit -18ans), roubaix-lapiscine.com


The Clash, Pennie Smith (photographe), Ray Lowry (design), Pochette London Calling, 1979 © Eleven Management, Londres, 2026 / Alain Leprince, Roubaix, La Piscine – Musée d’art et d’Industrie André Diligent

Atelier de l'École, nationale des Arts décoratifs, CRS, 13 juin 1968, Collection Michel Dixmier 1879 © Alain Leprince, Roubaix, La Piscine

Anonyme, Ni Dieu Ni Maîtres, bannière de La Libre Pensée Roubaisienne, 1879 © Alain Leprince, Roubaix, La Piscine


Marc Chagall, David et Bethsabée 0/1, Tapisserie 1973 © Fabrice Gousset © SABAM 2026

MARC CHAGALL. MATIERES Un monde en relief

Peintre des amoureux qui volent, des coqs, des ânes et des bouquets en apesanteur, Marc Chagall est aussi un touche-à-tout. Né à Vitebsk, il puise dans les images populaires russes, les icônes et la culture du shtetl avant de croiser, en France puis aux États-Unis, d’autres paysages. Du Mexique au Midi français, ses voyages élargissent son imaginaire. C’est cette curiosité pour les matières et les savoir-faire que l’exposition explore à travers plus de 200 œuvres, objets et documents. Peintures, gravures, céramiques, sculptures, tapisseries, vitraux, costumes ou décors de théâtre racontent un même désir : faire sortir l’image du cadre. À Vallauris, Chagall expérimente la terre avec l'atelier Madoura ; pour ses sculptures, il collabore avec Lanfranco Lisarelli et, pour ses vitraux, avec Charles Marq et Brigitte Simon. Le parcours fait dialoguer ces expériences avec des pièces des collections de la Ville de Mons et des créations contemporaines de BeCraft. Une tapisserie de David et Bethsabée transforme la peinture en trame textile ; La Bastille fait vibrer la couleur sur la toile ; Visage double profil joue sur la rencontre de deux visages. Une autre façon de regarder Chagall : comme un artiste qui mettait les mains dans son imaginaire. Nicolas Pattou Mons, 10.10 > 14.02.2027, CAP, mar > dim : 10h-18h, 17/2€, musees-expos.mons.be


PROLO

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28 avril - 30 août 2026


Marcq-en-Baroeul, jusqu'au 08.11, Galerie du Minorelle, mar > ven : 11h-18h • sam & dim : 10h-18h gratuit, marcq-en-baroeul.org

FERNAND LÉGER Entrez dans la ronde. Au musée Matisse, cyclistes, acrobates et danseurs s'emballent sous les couleurs franches de Fernand Léger. Fasciné par la ville moderne et ses enseignes lumineuses, l'artiste y dialogue avec Brassaï et Walker Evans, avant de filer vers une Arcadie de grand air et de loisirs. Point d'orgue : la complicité picturale avec Nadia Léger, sa compagne d'atelier, au fil d'un parcours en quatre temps qui célèbre la modernité en fête. C.L. Le Cateau-Cambrésis, 17.10 > 01.02.2027 Musée départemental Henri Matisse lun, mer > ven : 10h-12h30 & 14h-18h • sam & dim : 10h-18h, 8/6€ (gratuit -18 ans), museematisse.fr

Fernand Léger, La ville, La Tour Eiffel , Paris, Tériade, 1959 Album de 30 lithographies en couleur © Philip Bernard - Musée départemental Henri Matisse

Au Minorelle, les sixties reprennent des couleurs sous l’objectif de Jean-Marie Périer. Photographe attitré de Salut les Copains, il ne se contente jamais de faire poser des vedettes : il les met en scène, avec un goût prononcé pour le jeu : « Je faisais du faux vrai », confirme-t-il. Françoise Hardy, sculpturale en Paco Rabanne, Johnny Hallyday guitare à l'épaule ou les 46 idoles réunies dans la fameuse « Photo du siècle » : ses images ont fabriqué bien plus que des souvenirs. Elles ont donné un visage à toute une génération. Une galerie de stars, certes, mais surtout une formidable machine à remonter le temps. C.L.

© Jean-Marie Perier

JEAN-MARIE PÉRIER


De la série NOUS, la réserve, 2025 © Charles Paulicevich

[LA résérvé] charlés paulicévich MUSÉE DE LA PHOTOGRAPHIE 3.10.2026-24.1.2027 Un projet de la Centrale Générale FGTB / Algemene Centrale ABVV (ACCG)

Agnès Varda école

Arts visuels et Communication

MUSEEPHOTO.BE

Avec la participation de l’École Agnès Varda


Mélia Roger Sous mes doigts, la forêt - Installation - 2026 © Nicolas Pattou

Emma Huang In a Century or Two - Film - 14min - 2026 © Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing

Étienne Kawczak-Wirz Eumull Moder Mor - Installation - 2026 © Nicolas Pattou


Exposition —— 77

PANORAMA 28

Aux frontières du visible On croit tout voir. Nos vies s'affichent, se scrollent, se documentent sans relâche, et pourtant quelque chose échappe encore. Pour sa 28e édition, intitulée Invisibles ?,­Panorama invite à déplacer notre attention vers ce qui se dérobe au regard. Une cinquantaine d’œuvres explorent ces zones où le monde devient difficile à saisir, mais pas moins présent. À force de tout voir, que regardons-nous ? La question, posée par Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens et commissaire invitée, traverse tout le parcours. Elle prend d'abord la forme d'un son. Devant une coquille de bulime craquelée par les flammes, Sous mes doigts, la forêt de Mélia Roger se laisse ausculter comme un corps. Casque sur les oreilles, on entend les fourmis recoloniser les sols et une rivière reprendre son lit, tout ce qu'une forêt de l'Aude, brûlée l'été 2025, continue de murmurer sous la cendre. Un peu plus loin, c'est le passé qui refait surface. In a Century or Two, d'Emma Huang, suit en animation 3D un bloc de pierre de Portland qui devient pierre tombale, et redonne un visage aux 140 000 travailleurs chinois de la Première Guerre mondiale, restés sans images faute d'avoir été regardés en leur temps. Sous la surface D'autres pièces creusent les archives familiales ou officielles avec la même patience. Ailleurs enfin, parmi celles consacrées à l'habitat et au vivant, le retable profane et transmédia Eumull Moder Mor d'Étienne Kawczak-Wirz interroge la fragilité de ce qu'on croit éternel, à partir des cycles de régénération des sols observés pendant deux ans au bord d'un lac. « C'est une expérience à la fois très collective et très intime », résume Annabelle Ténèze. Une invitation à considérer autrement ce qui nous entoure, entre traces enfouies, présences ténues et mondes en devenir. Nicolas Pattou Tourcoing, jusqu'au 03.01.2027, Le Fresnoy, mer > dim : 14h-19h 4/3 € (gratuit -18 ans), lefresnoy.net


Haute couture, design et art — ces créateurs n'ont jamais choisi entre les trois, et c'est tant mieux. Magiciens des matières, ils investissent Calais avec une œuvre aussi précieuse qu'espiègle, déployée dans deux musées complices. Un même projet, riche de 160 pièces : robes, meubles et objets d'art ou de design. Leur univers foisonnant croise les disciplines avec une liberté rare. Bienvenue dans un fascinant cabinet de curiosités contemporain. Calais, jusqu'au 03.01.2027, Cité de la dentelle et de la mode + Musée des Beaux-arts mer > lun : 10h-18h (Cité de la dentelle et de la mode) • mar > ven : 9h30-18h sam & dim : 12h30-18h (Musée des Beaux-arts), 7/4€, cite-dentelle.fr & mba.calais.fr

CHARLES PAULICEVICH Avec NOUS, la réserve, Charles Paulicevich braque son objectif sur celles et ceux qui font tourner la Belgique ouvrière. Usines, chantiers, carrières, mais aussi mariages, fêtes ou manifestations : 130 photographies révèlent les mêmes visages d’un monde à l’autre. Sans folklore ni grand discours, le photographe compose un portrait collectif, où l’invisible gagne des traits, des histoires et une présence. Une salutaire réflexion sur ce qui nous relie. Charleroi, 03.10 > 24.01.2027, Musée de la photographie, mar > ven : 9h-17h • sam & dim : 10h-18h, 8 > 4€ (grat. -12 ans), museephoto.be

DAMIEN GERNAY MIMESIS Verre ondulé comme une mer, cuir tendu sur du plâtre, métal brûlé aux motifs minéraux, à première vue on croit reconnaître. Puis le doute s'installe. C'est précisément là que commence le travail de Damien Gernay. Le designer belge, installé à Bruxelles, présente à Hornu un parcours couvrant deux décennies de création, entre nature, matière et perception troublée. Un univers où chaque pièce cherche moins à tromper le regard qu’à le déplacer. Hornu, jusqu'au 15.11, CID mar > dim : 10h-18h, 10 > 2€ (gratuit -6 ans) cid-grand-hornu.be

LES ÉNERGIES DE LA TERRE À Keramis, la céramique ne se résume ni aux formes ni aux couleurs. Elle raconte le feu, les mouvements de la Terre et l’énergie nécessaire pour transformer la matière. Conçue par le Musée national Adrien Dubouché de Limoges et adaptée à La Louvière, l’exposition croise arts et sciences en trois temps : forces géologiques, histoire des techniques et énergies invisibles (ou spirituelles). Œuvres des cinq continents, dispositifs multimédias, regards croisés de scientifiques et d'artistes, la céramique se révèle ici une force en action. La Louvière, jusqu’au 01.11, Keramis, mar : 9h-17h • mer > dim : 10h-18h, 9 > 3€ (gratuit -18 ans)

© Jean-Louis Coulombel

MAURIZIO GALANTE & TAL LANCMAN


Singulières

Artistes, autodidactes, affranchies 03.10.26 � 14.02.27

Un musée de la

Partenaires médias

Lille Métropole Musée d'art moderne d'art contemporain d'art brut

1 allée du musée, Villeneuve d’Ascq musee-lam.fr Baya (Fatma Haddad, dite), Femme en robe orange et cheval bleu, vers 1947. Gouache, crayon sur papier ; 74,7 x 91,6 cm. Donation de L’Aracine en 1999. Collection du LaM. © Baya, 2026. Courtesy Estate Baya and Mennour, Paris. Photo : A. Lauras Anna Zemánková, Sans titre, vers 1980. Pastel, craie grasse, crayon de couleur, peinture et stylo bille sur papier ; 62,4 x 45,2 cm. Donation de L’Aracine en 1999. Collection du LaM. © Estate Anna Zemánková. Photo : N. Dewitte / LaM Conception : Zoo, designers graphiques


À République, il se passe toujours quelque chose, même quand il ne se passe rien. Depuis 2023, Bérangère Fromont observe la célèbre place parisienne et ceux qui l’habitent, loin des grands rassemblements. Skateurs, passants, silhouettes saisies au vol : ses images en noir et blanc révèlent une jeunesse qui compose avec son époque et invente ses propres façons d’occuper l’espace. Un portrait fragmenté, entre tension et douceur, où la résistance se joue parfois à bas bruit. Lille, jusqu'au 16.01.27, Théâtre du Nord (Institut pour la photographie), mar > ven : 12h30-19h • sam : 14h-19h, gratuit, institut-photo.com

TROP MIGNON ! L'ART DU BONHEUR

LA MINE EN LUMIÈRE

Et si le mignon était une affaire beaucoup plus sérieuse qu’il n’y paraît ? Au Louvre-Lens, près de 300 œuvres remontent le fil de cette notion, de l’Antiquité au kawaii, pour comprendre ce qui nous attendrit — et pourquoi. Entre art, histoire des sensibilités et neurosciences, Renoir côtoie Jeff Koons, des putti croisent le "mignonisme" de Philippe Katerine. Une exposition joyeuse, sensorielle, mais pas si innocente : la douceur peut aussi devenir une façon de résister.

Les photographies de Gustave Marissiaux réveillent un monde englouti sous la poussière du charbon. Pour ce pionnier du pictorialisme belge, la mine n’est jamais un simple décor industriel. Elle devient un territoire assez irréel, peuplé de silhouettes et de lumières diffuses. Le Musée de la Vie wallonne replonge dans La Houillère, série photographique réalisée entre 1904 et 1905 au cœur des charbonnages liégeois. Plus d’un siècle après leur création, ces images conservent une puissance intacte.

Lens, jusqu'au 18.01.27, Louvre-Lens mer > lun : 10h-18h, 7 / 3,50 € (gratuit -18 ans) louvrelens.fr

Liège, jusqu’au 03.01.2027, Musée de la vie wallonne, mar > dim : 9h30-18h, 7/5€ (gratuit -3 ans), viewallonne.be

SHEILA HICKS Avec Sheila Hicks, le fil prend des airs de sculpture. Pour sa carte blanche au Palais des Beaux-Arts de Lille, l’artiste américaine déploie ses compositions textiles dans l’atrium et au cœur des collections. Couleurs, fibres et volumes bousculent joyeusement les frontières entre art, artisanat et design. Une rencontre particulièrement bien choisie dans une région où l’histoire textile est partout, jusque dans les murs du musée. Lille, 09.10 > 08.03.2027, Palais des beaux-arts de Lille, mer > dim : 10h-18h • lun : 14h-18h 7/4 €, pba.lille.fr

République, 2025 © Courtesy Galerie Bacqueville © Bérangère Fromont

BÉRANGÈRE FROMONT


Cinquante ans d’affiches politiques, ça laisse quelques traces ! Près de 200 images racontent ici les combats qui traversent les époques, de la liberté d’expression aux migrations, de l’environnement aux droits humains. Plutôt qu’une chronologie sage, le parcours fait dialoguer les générations : une affiche d’hier donne l'impression d'avoir été dessinée aujourd’hui. Et l’image, décidément, n’a pas dit son dernier mot face aux réseaux sociaux. Mons, jusqu’au 02.05.2027, Mons Memorial Museum, mar > dim : 10h-18h 10/7€ (gratuit -3 ans et chaque premier dimanche du mois), monsmemorialmuseum.mons.be

TÊTE À TÊTE Voici une exposition qui porte bien son nom. Ici, chaque œuvre semble vous regarder. Dans la galerie, Rembrandt croise Jean-BaptisteCamille Corot, tandis que les noirs profonds de Pierre Soulages résonnent avec les strates d'Eugène Leroy. À l'étage, le dessin mural de Sol LeWitt structure l’espace. D’un siècle à l’autre, peintures, estampes et sculptures dialoguent ainsi librement. On déambule sans mode d’emploi, happé par cette collection née vers 1860, foisonnante et vivante, qui préfère la conversation aux certitudes. Tourcoing, jusqu'en 2028, Muba tous les jours (sauf mardi) : 13h-18h 6/4€ (gratuit -18 ans), muba-tourcoing.fr

LE MAGASIN DE PORCELAINE Oubliez la porcelaine en vitrine, sage et immaculée. Ici, elle raconte une tout autre histoire : celle d’une manufacture bruxelloise qui a accompagné près de deux siècles de modes et de mutations. À travers plus de 1 700 pièces, on passe du magasin aux ateliers, à la rencontre de celles et ceux qui ont façonné cette aventure industrielle autant qu’humaine. Et quelques créations contemporaines prouvent que l’artisanat est loin d’appartenir au passé. Morlanwelz, 26.09 > 29.05.2027 Musée royal de Mariemont, mar > dim : 10h-17h, 9/4€ (gratuit -18 ans) musee-mariemont.be

SINGULIÈRES Elles ont créé à l’écart des académies, des galeries et parfois même de leur époque. Avec Singulières, le LaM braque les projecteurs sur 70 artistes femmes, anonymes, autodidactes ou associées à l’art brut. Plus de 300 œuvres de Baya, Séraphine Louis, Madge Gill ou Anna Zemánková composent un parcours foisonnant, où la création devient une manière de s’affranchir, d’inventer et de prendre sa place. Villeneuve d'Ascq, 03.10 > 04.02.2027, LaM, mar > dim : 11h-19h, 11/9€, musee-lam.fr

Désarmement - XIII- 2016-Mingliang LI La guerre et l'homme -CHINA

TRIENNALE DE L'AFFICHE POLITIQUE


© Alice Moitié


Théâtre & danse —— 85

PANAYOTIS PASCOT Adulte, mode d’emploi

Sorti de l'enfance mais pas encore père, Panayotis Pascot arpente cette drôle de zone grise où l'on doute autant qu'on avance, seul face à la vie. Avec Entre les deux, l'humoriste transforme ses angoisses de jeune trentenaire en un stand-up aussi mordant que bouleversant. À 28 ans, Panayotis Pascot n'a plus grand-chose du chroniqueur espiègle révélé ado dans Le Petit Journal puis Quotidien aux côtés de Yann Barthès. Depuis, l'enfant de Bondoufle, dernier d'une fratrie de six, a écrit un premier stand-up remarqué, Presque, puis un récit à succès, La prochaine fois que tu mordras la poussière (Stock), adapté au théâtre et couronné d'un Molière pour son interprète Vassili Schneider. Avec Entre les deux, il pousse plus loin l'exploration de sa fragilité et affiche complet un peu partout en France. Le doute en héritage Sur scène, il dissèque cette période suspendue où l'on n'est plus un enfant, sans avoir encore soi-même d'enfant : le temps du doute, des insomnies existentielles et des semi-marathons pour se sentir vivant. « C'est le moment où tu vas au front tout seul, sans tes parents ni tes frères et sœurs », résume-t-il. Dépression, homosexualité, désir de paternité, relation compliquée avec un père haut en couleur, Panayotis ausculte ses failles avec lucidité, sans jamais lâcher le rire. « La vie, c'est pas ouf », lance-t-il d'entrée, avant de démontrer, durant une heure et demie, que l'humour reste la meilleure arme contre le vertige d'exister. Une revue collective, prolongement naturel du spectacle, accompagne la tournée : entretiens, reportages et cartes blanches sur ce même entre-deux générationnel. Nicolas Pattou Bruxelles, 02.11, Cirque royal, 20h, 55 > 39€, cirque-royal-bruxelles.be Roubaix, 03.11, Le Colisée, 20h, 49/35 €, coliseeroubaix.com


Théâtre & danse —— 86

Corps commun Né à Maubeuge dans une famille de danseurs, Sofiane Chalal a grandi avec le hip-hop, les battles et une furieuse envie de faire mentir les apparences. Vice-champion du monde, interprète pour plusieurs chorégraphes de la scène contemporaine, il a fait de son corps « hors normes » une signature. Après Ma part d'ombre, solo où il racontait avec malice le décalage entre le danseur virtuose et l'homme confronté aux regards, il élargit la focale avec XXL. Sur scène, quatre interprètes dits en surpoids bousculent les idées reçues. Leurs corps puissants, précis, parfois empêchés par les contraintes du quotidien, deviennent matière à une danse aussi physique que joyeuse. Pas question de dissimuler ce qui dépasse : Chalal préfère le mettre en mouvement et le célébrer. Gestes ordinaires, hip-hop, popping, et waacking s'imbriquent dans une chorégraphie où la force flirte avec la légèreté. « Je souhaite défier le péjoratif avec délicatesse », résume le chorégraphe. Une philosophie qui fait de XXL bien plus qu'un spectacle sur les corps. Ici, l’humour désarme la grossophobie, le rire reprend ses droits et le stigmate se transforme en énergie collective. Camille Lombardo Maubeuge, 06 > 08.10, Atelier Renaissance, mar : complet ! • mer & jeu : 20h, 10/7€, lemanege.com Valenciennes, 15 & 16.10, Le Phénix, jeu : 19h • ven : 14h30, 26/18€, lephenix.fr Lille, 26.01, Flow (dans le cadre du Festival Hip Open Dance 2027) Villeneuve d'Ascq, 02 & 03.02.2027, La Rose des vents, mar : 19h • mer : 20h, 22 > 8€, larose.fr

© Monia Pavoni

XXL


tandem-arrasdouai.eu 09 71 00 5678

Salma, Mon Amour Ahmed El Attar Théâtre - Dès 15 ans

9 & 10 novembre Douai Hippodrome


Après Mawda, ça veut dire tendresse, Marie-Aurore d'Awans adapte Silence du chœur, roman de Mohamed Mbougar Sarr lauréat en 2018 du prix de la Porte Dorée (l'auteur recevra le Goncourt en 2021, pour un autre livre). Soixante-douze hommes d'Afrique de l'Ouest débarquent au pied de l'Etna, accueillis par une association locale. L'attente des papiers use les solidarités, les certitudes tournent à la frustration : la tragédie couve, comme le volcan. Une distribution multiculturelle mêle français, italien, bambara et sérère dans une fresque chorale digne de la tragédie grecque. Que sommes-nous prêts à partager avec celles et ceux qui arrivent ? C.L. Mons, 07 & 08.10, Théâtre le Manège mer : 18h • jeu : 20h, 18/15€, surmars.be

© Caio Rosa Sembene

Liège, 14 > 17.10, Théâtre de Liège, mer > ven : 19h • sam : 18h, 25 > 10€, theatredeliege.be

© Christophe Raynaud de Lage

SILENCE DU CHŒUR

HISTOIRE D'UN CID Sous un château gonflable, Jean Bellorini réinvente Corneille. Rodrigue et Chimène s'aiment, mais l'honneur des pères se dresse entre eux. Quatre comédien·nes et deux musiciens endossent tous les rôles, dansent l'alexandrin, chantent « Ô rage, ô désespoir » sur des percussions jouées en direct. Le directeur du TNP souffle un vent d'enfance sur ce monument classique, sans trahir sa musicalité. Que faisons-nous des héritages imposés ? Un Cid facétieux, populaire et terriblement vivant. C.L. Lille, 30.09 > 03.10, Théâtre du Nord complet !, theatredunord.fr Valenciennes, 07 & 09.10, Le Phénix, mer & ven : 20h • jeu : 19h, 32 > 5€, lephenix.fr


Théâtre Royal des Galeries Directeur : David Michels

Laetitia Colombani

Mathilde Bourguet - Jeremy Bruyninckx Christel Pedrinelli - Pierre Pigeolet

Mise en scène : David Michels Assistante : Catherine Laury Scénographie : Renata Gorka Costumes : Sophie Malacord Musique : Laurent Beumier Lumières : Laurent Comiant

Du 28 OCTOBRE au 22 NOVEMBRE 2026

En coproduction avec La Coop asbl et Shelter Prod avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge


La loi du désir Sur son île enchantée, Alcina change ses amants en rochers ou en bêtes, dit-on. Mais si une femme de pouvoir ensorcelle si bien les hommes, c'est peut-être qu'elle a surtout peur d'être quittée. L'Opéra de Lille réinvente ce sortilège haendélien sous un jour résolument féministe. Composé en 1735 pour le Covent Garden de Londres, Alcina est le dernier volet d'une trilogie que Haendel tire du poème de l'Arioste. Sur son île, la magicienne du titre retient captifs les hommes qu'elle a séduits puis délaissés, les changeant à sa guise en pierre ou en créature sauvage. Ruggiero, dernier en date, y a oublié sa fiancée Bradamante, qui débarque déguisée en chevalier pour l'arracher aux sortilèges, déclenchant une cascade de quiproquos amoureux. L'Opéra de Lille en propose une nouvelle lecture, au cœur de sa "Constellation d'automne". La metteuse en scène polonaise Ewelina Marciniak, remarquée pour son regard neuf sur les rôles féminins du répertoire classique, ne voit pas dans cette île une prison ensorcelée, mais un espace d'émancipation où « le désir s'épanouit au-delà des normes admises et des logiques de possession ». À la baguette, Emmanuelle Haïm, flamboyante ambassadrice du répertoire händélien, retrouve son Concert d'Astrée. Karine Deshayes prête sa voix à une Alcina moins toute-puissante que meurtrie, entourée d'Adèle Charvet en Ruggiero et de Jasmin White en Bradamante. Vertige baroque garanti. Camille Lombardo Lille, 06 > 17.10, Opéra, mar & jeu : 19h30 • dim : 16h • sam : 18h, 77 > 6€, opera-lille.fr

Karine Deshayes © Aymeric Giraudel

Emmanuelle Haim © Marianne Rosenstiehl

Ewelina Marciniak © Natalia Kabanow

ALCINA


Méduse et Merveille TEXTE LISA GUEZ ALEXANDRE TRAN

10 14 AU

MISE EN SCÈNE LISA GUEZ (ARTISTE ASSOCIÉE)

NOVEMBRE 202 6

TOUT PUBLIC DÈS 8 ANS

Centre Dramatique National Hauts-de-France

Comédie de Béthune DIRECTION CÉDRIC G OURMELO N

comediedebethune.org


Le Prato quitte ponctuellement ses quartiers de Moulins pour investir la Gare Saint-Sauveur et le Cours St-So. Un week-end où le cirque contemporain se découvre dans l’espace public comme sous chapiteau, avec des spectacles gratuits et un rendez-vous payant. En 2026, Ignis place un clown face au feu, entre fascination, maladresse et poésie. Dehors, Kontact réunit six acrobates qui défient la gravité sans agrès ni filet, tandis que Sous l’chantier, la plage mêle main à main, objets et acrobaties dans un duo drôle et décalé. Une manière de faire sortir le cirque de ses murs et d’aller à la rencontre de tous les publics. C.L. Lille, 09 > 11.10, Gare Saint-Sauveur, ven : 20h • sam : 16h • dim : 14h30, grat. (sauf Ignis : 15/10€), leprato.fr Sélection / 09 > 11.10 : Collectif Sismique - Ignis 10 & 11.10 : Cie Puéril Péril – Kontact, Cie En corps En l'air – Sous l'chantier, la plage

Kontact © Julie Cherki

LE PRATO À ST-SO

Huit interprètes venu·es de France, de Belgique et d'Allemagne se retrouvent sur un plateau mouvant, mis en jeu par Virginie Marouzé avec le chorégraphe Günther Grollitsch et la musicienne Mika Baudoux. Inspirée par L'Autre Nom de Jon Fosse, prix Nobel de littérature 2023, Moyette tisse mots, danse et sons pour interroger la vie, la mort, la solitude. Chaque représentation se réinvente au contact du lieu qui l'accueille : une aventure transfrontalière, sensible et jamais tout à fait la même. C.L. Roubaix, 23 & 24.10, Ballet du Nord ven : 20h • sam : 18h, 10/8 €, balletdunord.fr

Cie Tout va bien et la Mue du lotus © Régis Bourguignon

MOYETTE


LA NUIT DU 14 CHEZ LÉONIE Dès 14 ans

LES FOURBERIES DE SCAPIN Dès 7 ans

Sam. 10 oct.

Ven. 6 nov. THÉÂTRE CHARCOT - 20H Billetterie : www.marcq-en-baroeul.org

O U T O F H O M E C O M M U N I C AT I O N Urban Posting, Display Racks, Visitor Information, Cultural Spots, Hotels, Bars and Restaurants, Universities, Libraries, Bicycle parkings, Bus Stops, Indoor Posting (bars & restaurants), Banners on Street Lamps, Amusement Parks, ...


Out of Hands © Illias Teirlinck

LE GRAND BLEU Place aux jeunes

Aux Bois-Blancs, Le Grand Bleu ouvre une saison qui mise sur la création, l'échange et l'adresse aux nouvelles générations. Ici, l'enfance et l'adolescence n'ont droit ni aux formes au rabais ni aux spectacles sous cloche : place à l'excellence et au partage. Depuis plus de quarante ans, ce théâtre de 220 à 250 places creuse le même sillon : offrir aux plus jeunes la même exigence artistique qu'aux adultes. « Petit spectateur, petite ambition, petits moyens » : c'est justement cet adage que combat son directeur, Grégory Vandaële, convaincu que les enfants « méritent aussi le meilleur ». Une conviction payante puisque la saison passée, la salle affichait 95 % de remplissage — la preuve, glisse-t-il, que « le projet rencontre son public ». Ce début de saison ne déroge pas à la règle et joue avec les imaginaires. Sur une île menacée par les vagues de plastique, Lucienne Eden embarque petits et grands dans une fable écologique et fantastique. Puis vient l'heure des frissons : pour Halloween, la Nuit de l'horreur transforme le théâtre en machine à frayeurs, avec une caravane où seize spectateurs viennent affronter leurs peurs, avant un ciné-concert qui réenchante le King Kong de 1933. En novembre, le regard se tourne vers l'adolescence. Entre danse, théâtre et musique noise, Out of Hands écoute une jeunesse électrique et sans filtre. Puis huit jeunes danseurs prennent le plateau dans [Les 2010], portrait chorégraphique d'une génération qui cherche encore ses repères. Et la saison ne fait que commencer ! Nicolas Pattou Le Grand Bleu, 36 Av. Marx Dormoy, Lille Sélection / 13 > 17.10 : Cie Hautblique - Lucienne Eden ou L'Île perdue // 31.10 : La Nuit de l'horreur (Cie Bakélite - La Caravane de l'horreur + Joachim Latarjet - King Kong) // 12 > 14.11 : Cie Lichka - Cosmonaute // 26.11 : Cie fABULEUS - Out of Hands // 28.11 : Sylvain Groud & Ballet du Nord – [Les 2010]...


avec le soutien de

Le Prato à St-So WEEK-END DU 9 AU 11 OCTOBRE à la Gare Saint Sauveur

1 spectacle sous chapiteau (payant sur réservation)

2 spectacles en extérieur (gratuits)

gérard-philipe gRAND THéâtre © Pierre-Yves Chouin

3 octobre

Cachemire

et Ravage Club

Le récap' du week-end

© Ville d’Argenteuil

ven 9

Gérard-Philipe - 20h30 - Rock 8 octobre

20h Ignis

CALOGERO

sam 10

Grand Théâtre - 20h30 - Chanson

16h Sous l’chantier, la plage 17h30 Kontact 19h Ignis

dim 11

14h30 Kontact 16h Sous l’chantier, la plage 17h30 Ignis

Un soir dans les théâtres

10 octobre

Les Innocents

et Alex Toucourt

Gérard-Philipe - 20h30 - Chanson 7 novembre

CAR/MEN

Grand Théâtre – 20h30 – Danse

RETROUVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX DE LA VILLE.

Retrouvez le programme ici :

© Julie Cherki

GÉRARD-PHILIPE - CCGP GRAND THÉATRE DE CALAIS - OFFICIEL

INFOS BILLETTERIE : WWW.BILLETTERIE.CALAIS.FR

www.leprato.fr · 03 20 52 71 24 · info@leprato.fr licences 1-009791, 2-009794, 3-009823

WWW.SPECTACLE-GTGP.CALAIS.FR


© Théâtre des Galeries

C'EST PAS FACILE D'ÊTRE HEUREUX QUAND ON VA MAL (Rudy Milstein / S. Raco) Peut-on être heureux dans un monde où s'entrechoquent ruptures et angoisses existentielles ? C'est la question, aussi tautologique que redoutable, posée ici par Rudy Milstein. Sur scène, cinq quadras parisiens se débattent avec leurs petites lâchetés et leurs névroses, entre punchlines assassines et tendresse inattendue. La pièce a raflé deux Molières en 2024 et conquis un public croissant au fil des reprises. Un humour mordant qui transforme le mal-être en un feu d'artifice de répliques. Bruxelles, jusqu'au 11.10, Théâtre Royal des Galeries, mar > sam : 20h15 • 01.10 : 19h • dim : 15h 32/12€, trg.be

J'ATTENDS PEU, J'ASPIRE À BEAUCOUP

L'ART D'AVOIR TOUJOURS RAISON (Sébastien Valignat)

(Hugues Duchêne)

Une méthode simple et infaillible pour remporter n’importe quelle élection. Telle est la promesse de Sébastien Valignat. Avec la compagnie Cassandre, le metteur en scène orchestre une conférence aussi drôle que troublante, dans laquelle deux chercheurs nous apprennent comment accéder au pouvoir dans un État démocratique... exemples à l’appui. Devant un grand écran, le duo décortique en effet les techniques de manipulation du langage politique.

Et si l’avenir politique français était encore plus mouvementé qu'à notre époque ? De 2027 à 2077, Hugues Duchêne suit Arthur Cagniot-Duchêne, de l’enfance à la soixantaine, dans une France où république, royauté et crises climatiques se succèdent. Entre récit, farce et politique-fiction, cette fresque futuriste ausculte nos peurs et nos espoirs avec une réjouissante irrévérence. La Rose des vents, 06 > 08.10, Villeneuve d'Ascq, mar & jeu : 19h • mer : 20h, 22 > 6€ larose.fr

Dunkerque, 05 > 08.10, Le Bateau Feu, 19h sauf mar : 20h, 10€, lebateaufeu.com

TOUT EST CALME DANS LES HAUTEURS – MAÎTRE (T. Bernhard / J.-F. Sivadier) Dans leur villa cossue des Préalpes bavaroises, Moritz Meister, écrivain adulé, et son épouse Anne reçoivent quelques visiteurs. Sous les apparences policées, la suffisance et les idées nauséabondes ne tardent pas à affleurer. Jean-François Sivadier orchestre avec jubilation l’ironie féroce de Thomas Bernhard, portée par Nicolas Bouchaud, Norah Krief et une belle bande de clowns tragiques. Drôle, grinçant et terriblement actuel. Béthune, 07 > 09.10, Le Palace, 20h sauf jeu : 18h30, 10 > 6€, comediedebethune.org


© G. Niemetzky

LA VIE EN VRAI (AVEC ANNE SYLVESTRE) (Marie Fortuit) Anne Sylvestre reprend vie sur scène grâce à ce spectacle ! Marie Fortuit et Lucie Sansen ont redécouvert ses textes et mélodies. Ses indignations et engagements, aussi. Que ce soit contre la guerre d’Algérie, pour la condition féminine et la dénonciation des violences sexuelles... De là est née la nécessité, de « reprendre le flambeau ». Plus qu'un simple hommage, ce concert théâtral dessine le portrait d'une artiste humaniste, dont les combats résonnent avec ceux des femmes d'aujourd'hui. Arras, 13.10, Théâtre d'Arras (Tandem), 20h30, 25/15€, tandem-arrasdouai.eu

ENTRE-TEMPS

LE MARGHERITE (E. Zueneli)

(Philippe Decouflé)

Et si résister, c’était simplement refuser d’aller trop vite vers la fin? Erika Zueneli imagine une pièce en équilibre, où cinq interprètes cherchent à prolonger l’instant, quitte à déjouer les attentes. À leurs côtés, le musicien et acteur Sébastien Jacobs accompagne la scène en direct, donnant à cette quête une allure tantôt drôle, tantôt troublante. Une façon de célébrer l’éphémère et de considérer le recommencement comme un geste vital.

Et si l’on pouvait se glisser entre les mailles du temps ? Sur scène, neuf interprètes de tous âges, un pianiste et une vingtaine d’amateur·rices jouent avec les boucles, les répétitions et les variations. Ballet, cabaret, danses traditionnelles et contemporaines se croisent dans un joyeux défilé, où chaque geste porte la mémoire d’un autre. Entre nostalgie et présent, une traversée sensible et facétieuse du temps qui passe. Dunkerque, 15 & 16.10, Le Bateau Feu, 20h 10€, lebateaufeu.com

La Louvière, 17.10, Théâtre de La Louvière 20h, 19 > 10€, central-lalouviere.be Bruxelles, 05.12, Le Jacques Franck, 18h 18 > 5,50€, charleroi-danse.be

LES PETITES FILLES MODERNES… (Joël Pommerat) Il suffit d'une amitié pour ébranler le monde des adultes. Jade harcèle Marjorie au collège — puis tout bascule : un secret partagé, un pacte scellé loin des parents. Avec ce nouveau conte, Joël Pommerat prend le contrepied de Cendrillon, il n'y démonte plus le merveilleux, il l'embrasse sans réserve. Trois interprètes glissent entre rêve et cauchemar sur un plateau quasi vide, traversé de lasers et de vidéos hypnotiques. Un conte fantastique où la magie répond à un réel trop lourd à porter. Douai, 14 > 16.10, Salle Malraux, mar & ven : 19h30 • jeu : 20h30, 25/15€, tandem-arrasdouai.eu


MUSÉE HENRI MATISSE | LE CATEAU-CAMBRÉSIS

E X P O S IT I O N

CORPS EN FÊTE, MONDE EN COULEURS

17.10.2026 > 29.01.2027


Éclats du

rire ! → Exposition Tripostal, Lille

Daniel Firman, Gravité, 2000 © Adagp, Paris © photographe Freddy Le Saux - Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine

09 oct.26 → 03 jan.27

Humour, ironie, fantaisie dans les collections des Frac

www.lille3000.com


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