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LM magazine 118 - France & Belgique

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N째 118

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MA I 2 016

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GRATUIT

NORD & BELGIQUE Cultures et tendances urbaines


Sommaire LM magazine n°118 - Mai 2016

06

News 10

Reportage Texas City : Il était une fois en Belgique

30

60

Musique

Exposition

Max Romeo, Dope D.O.D., Lee Fields, Les Nuits Botanique, Hans Zimmer, Acid Arab, Low Jack… Sélection concerts

À la découverte du MIMA, rencontre avec LEM, RC Louvre, Jérémie Lenoir, Braïtou-Sala, Anne Valérie Hash, Parcours d’artistes, Haute-à-Porter... Agenda

18

Portfolio Tyler Spangler : Psychédélire

90

50

Disques Jessy Lanza, Chevalrex, Guts, Benjamin Dean Wilson, Rebotini et Zanési

52

Livres 26

Rencontre

Irvine Welsh, Joyce Carol Oates, Nancy Huston…

Quoi de neuf, Doc ?

Théâtre & Danse Kunstenfestivaldesarts, Joël Pommerat, Les Extravagants, Kroll en scène, By Heart, L’Orfeo, Dom Juan… Agenda

106

Le mot de la fin Steelberg : Soyez sympas, rembobinez

54

Écrans John From, L’Ange blessé, Dalton Trumbo, Horace & Pete Texas City © Nicolas Pattou / A Million Times © Tyler Spangler / Doc Gyneco © Hidiro / Les Nuits Botanique, Little Simz © DR / Momo © The Pickles and mimamuseum.eu / © Steelberg


LM magazine France & Belgique

28 rue François de Badts 59110 LA MADELEINE - F tél : +33 362 64 80 09 - fax : +33 3 62 64 80 07

www.lm-magazine.com

Direction de la publication / Rédaction en chef Nicolas Pattou nicolas.pattou@lastrolab.com

Direction artistique / Graphisme Cécile Fauré cecile.faure@lastrolab.com

Rédaction Julien Damien redaction@lm-magazine.com

Couverture Tyler Spangler Terrified of Ghosts tylerspangler.com

Sonia Abassi info@lm-magazine.com Anne Demange communication@lastrolab.com

Publicité pub@lm-magazine.com

Administration Laurent Desplat laurent.desplat@lastrolab.com Réseaux sociaux Sophie Desplat Impression Imprimerie Ménard 31682 Labège Diffusion C*RED (France/Belgique) ; Zoom On Art (Bruxelles)

Ont collaboré à ce n° : Thibaut Allemand, Rémi Boiteux, Julien Collinet, Mathieu Dauchy, Marine Durand, Benjamin Leclerc, Hélène Molinari, Raphaël Nieuwjaer, Marie Pons, Tyler Spangler et plus si affinités.

LM magazine France & Belgique est édité par la Sarl L'astrolab* - info@lastrolab.com L'astrolab* Sarl au capital de 5 000 euros - RCS Lille 538 422 973 Dépôt légal à parution - ISSN : en cours L’éditeur décline toute responsabilité quant aux visuels, photos, libellé des annonces, fournis par ses annonceurs, omissions ou erreurs figurant dans cette publication. Tous droits d’auteur réservés pour tous pays. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, ainsi que l’enregistrement d’informations par système de traitement de données à des fins professionnelles, sont interdites et donnent lieu à des sanctions pénales. LM / Let'smotiv est imprimé sur du papier certifié PEFC. Cette certification assure la chaîne de traçabilité de l’origine du papier et garantit qu'il provient de forêts gérées durablement. Ne pas jeter sur la voie publique.

PAPIER ISSU DE FORÊTS GÉRÉES DURABLEMENT


À bout de souffle Sacrilège à Londres ! Au petit matin du 18 avril, les statues de Winston Churchill, de l’Amiral Nelson ou de la Reine Victoria se sont réveillées affublées d’un masque à gaz. Ils ne manquent par d’air ces activistes de Greenpeace… contrairement aux Londoniens. À quelques jours des élections municipales (le 5 mai), l’opération vise à sensibiliser l’opinion sur la pollution atmosphérique, qui serait responsable chaque année du décès de 40 000 Britanniques. www.greenpeace.org

© qhuit.com

La Snoop aux choux « Si on peut plus péter sous les étoiles sans faire tomber un martien, il va nous en arriver des pleines brouettes ». T’as raison le Glaude. D’ailleurs, vise un peu qui barbote dans ta soupe aux choux : Snoop Dogg ! Remarque, vous devriez vous entendre sur l’amour des plantes vertes. Ça méritait bien un tee-shirt, non ? store.qhuit.com, 36 €

© GreenPeace UK

News


Borderlife © Biancoshock

Vivant et enterré Biancoshock a aménagé des petites pièces dans l’étroitesse de quelques égouts milanais. Une cuisine, une chambre, une douche … Un fan des Tortues Ninja ? Pas vraiment. À travers ce projet intitulé Borderlife, l’artiste italien dénonce les conditions de vie de centaines de personnes, notamment à Bucarest, condamnées à vivre en marge de la société, sous terre. Ou quand la réalité dépasse la fiction, hélas. www.biancoshock.com

Bière à tartiner

© Innis & Gunn

Les space cakes ne passent plus ? Eh bien voici la première bière à tartiner. Ce remarquable aliment ne manque pas de pot en Ecosse. Les p’tit génies d’Innis & Gunn, une brasserie de Dundee, préparent cette « Marm & Ale » en mélangeant une gueuze très chargée en houblon et en alcool avec de la confiture à l’orange. Le voilà, le véritable ami du petit déjeuner (avec modération, quand même) ! innisandgunn.com

Double face C’est l’une des discothèques les plus riches de l’Hexagone. Le 19 juin, Radio France vend aux enchères 4 500 de ses 450 000 vinyles. Les bénéfices serviront à financer la numérisation de ses 1,5 million de disques. Le groupe libère ainsi des « pépites » jazz, classique, electro ou rock, tel ce 45 tours de Syd Barrett, Octopus, tiré à 30 exemplaires. Prix de départ ? 7 000 euros… Pourvu qu’il ne termine pas accroché au mur. À en croire une récente étude commandée par la BBC, la moitié des acheteurs de galettes ne les écouteraient pas...


8

La photo du mo

© Photo Thomas Vandendriessche

MUSIQUE

is

Remember Me En investissant les 50 000 m de l’ancien siège de la firme Solvay, à Bruxelles, Denis Meyers s’est trouvé LE terrain d’expression rêvé du street-artiste. Il en a tapissé les murs ou les plafonds de kilomètres de dessins et de mots. Ce titanesque projet a nécessité 1 500 bombes de peinture et huit mois de travail pour une exposition visible… trois petites semaines, le bâtiment étant voué à la démolition mi-mai. On n’est pas près d’oublier cette œuvre baptisée Remember Souvenir. Jusqu’au 15.05, Bruxelles, Bâtiment Solvay - 44 rue du Prince Albert, 2

© DR

© Hyo Taek Kim

visite guidée sur réservation, 9 €, www.arkadia.be

Miyazaki sauce Warhol

Moumoutegate

Hyo Taek Kim détourne les grandes figures de la pop-culture. Après les Simpson ou E.T., cet illustrateur et designer sudcoréen s’attaque cette fois à Miyazaki, dont il plonge les films dans la sauce Warhol. Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro ou Le Château dans le ciel sont représentés à la façon des fameuses boîtes de soupe Campbell du pape du pop-art. Pour un résultat alléchant. hyotaek.wix.com

Voilà le scoop qui risque d’ébranler les prochaines élections américaines. Alors que Donald Trump a toujours nié porter une perruque, un site d’info norvégien vient de dénicher, images à l’appui, sa réserve de moumoutes ! Preuve qu’il est un fieffé menteur... Évidemment, il s’agit d’un gag. Ces cheveux factices sont en fait d’étranges végétaux qui poussent sur une plage de l’île de Kvaløya. Quoiqu’en y regardant bien...


10 RENCONTRE

Texas City Nouveau western Texte Hélène Molinari / Photo Nicolas Pattou


Des Indiens et des cowboys près de Bruxelles ? Un endroit hors du temps où l’on mange du foie de bison cru avant de dormir dans des tipis ? Assistons-nous au tournage de la suite de The Revenant ? Non… nous sommes à Texas City, le premier village western belge, fondé après l’Exposition universelle de 1958. Une histoire où l’on croise le descendant de Sitting Bull, le (vrai !) cheval de Zorro et une légende du rodéo !


12 REPORTAGE

Carol et le juge Snapie Joe


13 REPORTAGE

itué à Tremelo, au nord de Bruxelles, le coin est en pleine effervescence pour le rassemblement du printemps, malgré les bâtiments qui menacent de s’effondrer. Sur un terrain qui accueillait autrefois un hôtel, une église (la réplique de celle de La petite maison dans la prairie) et une écurie, le saloon tient encore debout. À l’intérieur, on plonge dans l’ambiance des films de John Wayne : des bottes pendues au plafond, des fers à cheval et autres reliques. Surtout, à droite du bar, une photo. On y voit le Belge Marcel Kesteman et le chef indien Dave Bald Eagle posant au milieu d’un ranch, aux États-Unis. Carol, propriétaire du lieu, nous explique que Dave faisait partie des fameux Indiens abandonnés par les USA après l’Exposition universelle de Bruxelles, en 1958. Certains n’ayant pas eu les moyens de rentrer chez eux fondèrent ici Texas City avec Marcel ! >>> Ci-contre : Marcel Kesteman et le chef indien Dave Bald Eagle, 1976. Affiche de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Lucien De Roeck (1915-2002) a dessiné cette étoile à 5 pointes représentant les 5 continents, un message humaniste envoyé aux quatre coins du globe.

© Hélène Molinari

S


14 REPORTAGE

« C’est du sérieux, on ne

Cette rocambolesque histoire démarre il y a un demi-siècle, lorsque 52 nations et 42 miljoue pas aux cowboys et lions de visiteurs célèbrent à aux Indiens » Bruxelles l’avènement du monde moderne. Chacun cherche à tirer Carol, propriétaire des lieux son épingle du jeu à l’aube de l’ère nucléaire… En pleine période des Trente Glorieuses (1946-75), les États-Unis brandissent leur American way of life tandis que la Belgique dévoile son Atomium. Profitant de cet engouement, Verne Elliot, un promoteur américain, organise un show western spectaculaire. Il convie 76 authentiques cowboys et cowgirls, 55 Sioux, 50 chevaux, 15 buffles et 40 bœufs dans la capitale belge. Le Wild West Show promet aux Belges des champions de rodéo tel Casey Tibbs, le « cowboy chéri de l’Amérique » ! Au programme, plus de 18 actes avec des attaques de calèches et du lasso à gogo. Les plus petits détails garantissent la véracité de la reconstitution. Les Indiens doivent vivre dans des tipis et parcourir les rues en costume tout en lançant des « How ! » ; les cowboys se baladent en blue-jeans ou frontier pants (pantalon de pionnier) en s’écriant


Trois hommes de loi au saloon

« Ma’am » ou « Howdy ». Mais la Belgique n’est pas le Texas : l’immense tente montée pour l’occasion ne résiste pas au vent et une pluie diluvienne rend le terrain impraticable. Le show est en faillite. Les promoteurs se sauvent avec la caisse (2 millions de dollars) en laissant derrière eux cowboys et Sioux complètement fauchés. Tornado – Tandis que l’exposition ferme ses portes le 19 octobre 1958 sous les feux d’artifice, les cowboys tentent de vendre bottes et chapeaux pour manger. Casey Tibbs est même contraint de céder son cheval. Pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Midnight, l’interprète de Tornado, fidèle destrier de Zorro ! Rapidement, l’ambassade américaine n’en peut plus des cowboys installés dans son hall d’entrée qui chopent les femmes au lasso. Après des semaines de galère, la majorité d’entre eux parvient enfin à reprendre l’avion contre remboursement des frais à l’État américain. Mais Dave Bald Eagle, arrière petit-neveu de Sitting Bull, ne rentre pas tout de suite. Car au détour d’une représentation bruxelloise, il est tombé amoureux de Josée, la fille de Marcel Kesteman. Ce dernier, fasciné par le show, en a profité pour racheter tout ce qu’il pouvait : six chevaux, deux wagons, une diligence et tous les bâtiments annexes. >>>


16 REPORTAGE

Lors d’une séance d’intronisation


17 REPORTAGE

« Texas City marque le début de l’indianisme en Belgique » Par chance, il loue un terrain dans le Brabant flamand qu’il n’utilise pas. L’emplacement idéal pour le premier village western de Belgique : Texas City est né ! Il marque le début de l’indianisme en Belgique, un « hobby » consistant à étudier le mode de vie des Indiens d’Amérique et rejouer des scènes historiques. Tout est reproduit dans les règles de l’art : tipis, mocassins, revolvers, nourriture... Carol, alors âgée de 15 ans, se passionne pour l’endroit. Au point de s’y installer, en 1979. Elle y a élevé sa famille avant de le racheter. La hache de guerre – Aujourd’hui, elle perpétue les gestes des ancêtres d’Amérique lors de trois rendez-vous annuels ouverts au public : on intronise un Indien, s’échange des conseils couture (des os en guise d’aiguille ou des nerfs pour le fil). Carol insiste : « C’est du sérieux, on ne joue pas aux cowboys et aux Indiens ». Entre temps, Marcel a rejoint sa fille partie vivre avec Dave* dans un ranch du Dakota du Sud (celui de la photo). Il est mort depuis plusieurs années. Longtemps menacé, Texas City s’accorde un peu de répit. La Région flamande exige sa destruction sous prétexte qu’il se trouve en zone verte. Carol et les siens résistent depuis des années, défendant ce qu’ils considèrent, à raison, comme un bout de l’histoire du pays. En attendant, la fête se poursuit au bar du saloon où Indiens et cowboys noient la hache de guerre dans une bonne bière belge ! * Il est devenu chef de la tribu Minnicoujou et le Premier Chef des Nations Unies Indigènes.

Texas City, Basdongenstraat 3, Tremelo Historia mundi, De Ruiterij, Glabbeek, 25 & 26.06, 10 > 18 h, 10 / 5 € / gratuit, www.historia-mundi.be Ferme des Bisons et Musée de la vie indienne, Recogne 81, Bastogne, 09, 10, 24, 31.07, 02 > 21.08, (Indian festival, 09 & 10.07), www.fermedesbisons.be Atomium, Bruxelles, tlj, 10 > 18 h, 12 € > gratuit, www.atomium.be


19 PORTFOLIO

Tyler Spangler California Dreamin’ Texte Julien Damien Photo Unhappy Business Man

W

ow ! Voilà un sacré trip visuel. On est moins surpris d’apprendre que l’auteur de ces images vit en Californie, berceau du psychédélisme. Une esthétique flagrante dans le choix des couleurs vives et les compositions pop et dada de ces collages digitaux. Comment Tyler Spangler décrit-il son travail ? Comme « une glace au raisin trempée dans l’océan, fondant sur un rocher ». Bon, contrairement à ce que pourrait suggérer cette métaphore, notre homme ne carbure pas aux substances hallucinogènes. Plutôt à la musique, aux bonbons (de préférence acidulés…) et au surf. Installé en bordure du Pacifique, à San Clemente, ce diplômé en psychologie a longtemps vécu à Pacific Palisades, spot de glisse approuvé par les Beach Boys dans Surfin’ USA. Un fait qui n’a rien d’anodin. « J’ai passé mon enfance à la plage, à surfer, et j’ai toujours voulu personnaliser mes planches ». Ainsi naquit sa vocation artistique. Très prolifique, ce trentenaire travaille aujourd’hui pour de nombreuses marques et groupes comme Outkast ou Little Dragon. Passé par une école d’art, il a pourtant choisi de s’en affranchir dès la première année (pour causes « d’opinions contradictoires »). Tyler revendique une pratique essentiellement numérique. « J’ai appris à me servir de Photoshop en 2003 et j’en suis tombé amoureux, je me sentais limité dans le collage manuel ». Plus de problèmes de ce genre désormais : « je peux utiliser plus de 50 images pour une création, ou juste une seule sur laquelle j’ajoute une tache colorée ». Avec un résultat toujours hallucinant. À visiter / tylerspangler.com


Aye Okay


Sonia


Burning Hands


Instilled in Fuschia


Eternal Eye


A Bugs Life


26 MUSIQUE

Retour sur les planches


27 MUSIQUE

Doc Gynéco Deuxième consultation Propos recueillis par Sonia Abassi Photo Hidiro

Le 15 avril 1996 sortait Première consultation, fruit d’un certain Doc Gynéco. 20 ans plus tard, le disque est un classique du rap hexagonal. Mais son auteur en a vu des vertes et des pas mûres. Entre une implication politique hasardeuse et des albums de qualité discutable, Bruno Beausir a disparu de la scène en 2008. Le revoici avec son premier album (!) sous le bras et une tournée-anniversaire en forme de résurrection. Mais au fond, quoi de (vraiment) neuf Doc ?

Où étiez-vous passé ? Je suis resté chez moi pendant plusieurs mois. Il fallait que je me reconstruise, que je pense à ma famille pour mieux reprendre la route. Et voir qui étaient mes amis et mes vraies copines… J’ai tout remis à plat. J’ai aussi travaillé en attendant, pour me reconnecter à la vraie vie. Repartir à zéro, comme Samy Naceri (rires). Comment avez-vous fait ? « Si ça ne tenait qu’à Un proche m’a dit : « puisque tu ne fais rien l’artiste, tu vas moi je serais revenu nous aider au bureau ». Il s’agissait en fait d’un bureau de avec un nouvel album » tabac, imaginez la désillusion (rires). À l’époque j’étais tiraillé entre la vie réelle et celle de l’artiste, veillant à ne plus commettre les erreurs du passé. >>>


28 MUSIQUE

Justement, qu’avez-vous retenu de votre expérience en politique ? C’est un milieu très particulier et qui me fascinait. Surtout l’évolution du concept de communication politique. Un domaine semblable au monde du spectacle, avec ses propres show-men. J’en retiens les codes empruntés au milieu artistique, les politiques sont devenus les nouvelles rock stars. Il n’y a qu’à s’attarder sur les règles vestimentaires ou communicationnelles pour s’en rendre compte. Ils nous ont beaucoup copiés pour en arriver là, entourés par leurs staffs et leurs managers ! Parlons musique, comment l’idée de ce retour sur scène est-elle née ? Elle vient du public. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la rue, on me demandait sans cesse quand je comptais revenir sur scène ou ressortir un album. Mais pourquoi revenir avec le tout premier ? Il est comme une franchise, une marque. Si ça ne tenait qu’à moi je serais revenu avec un nouvel album ! Mais la demande est si importante pour ce disque... Alors ainsi soit-il ! Dans quelles conditions est-il né ? J’approchais la vingtaine et je sérieux sans jamais me vivais encore chez mes parents, plus précisément dans ma prendre au sérieux » chambre, que l’on peut voir sur la pochette, d’ailleurs. J’ai procédé par étapes, sinon toutes mes idées se seraient emmêlées. J’aurais pu accoucher de tellement plus de chansons, cinquante sûrement ! Mais j’ai pris mon temps, pesé chaque mot, chaque phrase, en y plaçant même intentionnellement quelques fautes ou incorrections.

« J’aborde des sujets


Comment Première consultation fut-il perçu à sa sortie ? Les thèmes des chansons étaient inhabituels, le rap devait répondre à certaines règles, une manière de parler, de s’habiller… J’étais vraiment différent. Mais heureusement c’est le public qui décide. Vous parliez aussi de sexe, de façon décontractée... Oui. C’était tabou et pas forcément évident ! D’autres l’avaient déjà fait comme Gainsbourg. Quand on abordait le sujet il fallait savoir comment le tourner, l’enrober, s’amuser un peu ! Aujourd’hui j’ai l’impression que le sexe a tendance à se vulgariser. Avez-vous conscience de l’impact de cet album sur le rap français ? Oui, avec le temps. J’entends même des jeunes rappeurs qui s’en inspirent ! Ça reste assez gênant d’en parler, car je suis pudique. J’ai pris tellement de temps à le réaliser, à le soigner. C’est pourquoi il est probablement devenu intemporel. Comment qualifieriez-vous votre rap ? La capacité de traiter de sujets sérieux sans se prendre au sérieux, justement. À l’inverse de certains MCs... Proposez-vous de nouveaux titres durant cette tournée ? Non, car je ne souhaite pas gâcher la fête avec de la publicité. Pourtant je prépare bien un nouvel album. L’aventure continue ! Un des morceaux s’intitulera Peur de manquer.

À réécouter / Première consultation (Parlophone / Warner Music), Édition Deluxe (2 CD), sortie le 15.04 // Coffret tiré à 1 000 exemplaires (3 CD + 2 vinyles), sortie 13.05

Et que proposez-vous sur scène ? Je débarque avec plein de danseurs, un show à l’américaine…Non, je rigole, nous n’en avons pas vraiment les moyens (rires). Tout reposera sur le son, c’est le plus important. Quatre musiciens m’accompagnent : basse, batterie, guitare, voix. Je vais moi-même jouer d’un instrument. Lequel ? Du pipeau (rires) !

10.05, Lille, l’Aéronef, 20h, Complet !


30

Max Romeo

Sur les chapeaux de roots Tour à tour crooner et rastafari, Max Romeo a traversé tous les âges du reggae. Avec plus ou moins de réussite. N'empêche, applaudir cette légende discrète des musiques caribéennes ne se refuse pas. Oui, même à Babylone. War Ina Babylon, Wet Dream, Chase The Devil… Voici, à peu de choses près, les tubes que la mémoire collective retient de Max Romeo. Et voici pourquoi on s'étonne, en 2016, de retrouver le vénérable Jamaïcain (71 printemps) en tête d'affiche. La prime à l'ancienneté ? Sans doute. Après tout, Bob Marley, Peter Tosh, Junior Murvin ou Lloyd Charmers ne sont plus. Difficile de durer, donc. Max Romeo est cependant loin d'être un second couteau. En 1969, année de l'apogée du skinhead reggae, Maxwell Livingston Smith (pour l'état civil) signe Dream With, un standard du genre. Et se convertit au rastafarisme peu après – War Ina Babylon (1976), produit par Lee Perry, constitue une pierre de touche du style roots. Ce disque aurait pu être le point de départ d'un succès international. Mais la suite demeurera bien plus confidentielle. Invité par les Stones sur leur album Emotional Rescue (comme Peter Tosh avant lui), le chanteur traverse les eighties en faisant profil bas – l'heure n'est plus au reggae certifié conforme. C'est pourquoi ces deux soirées, à Lille et à Dunkerque, s'avèrent prometteuses : réunissant un glorieux pionnier et de jeunes pousses dub ou ska, 13.05, Lille, L'Aéronef, 21 h, 26 > 14 €, elles tissent des liens entre les générations, www.aeronef-spectacles.com les hymnes de Romeo résistant largement à 15.05, Dunkerque, Zoom Festival (Entrepôt Fructôse), 18 h, 18 €, pass : l'épreuve du temps. Thibaut Allemand 20 €, ville-dunkerque.fr, 4ecluses.com

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MUSIQUE


32

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MUSIQUE

Dope D.O.D. Ces types aux tronches de serial killer nous viennent de Groningen, une bourgade sise au nord du pays de (feu) Johan Cruyff. Mais point de tulipes ni de fromages ici. Plutôt des gros joints, des flingues et des "nigga" à tout bout de champ. Une resucée du rap East Coast des années 1990 ? Pas tout à fait. Dope D.O.D., c’est du hardcore en barre(ttes), mais mâtiné de dubstep, tel que cristallisé dans What Happened. Une sorte de chaînon manquant entre le Wu-Tang et The Prodigy, et une énergie punk rappelant Limp Bizkit (dont ils ont déjà assuré la première partie). Nos lascars n’ont certes pas inventé la poudre, mais ils savent la faire parler. J.D. 06.05, Amiens, La Lune des Pirates, 20 h 30, 15 / 10 €, www.lalune.net // 16.07, Dour, Festival de Dour, Plaine de la machine à Feu, 60 > 19,20 €, www.dourfestival.eu

Lee Fields and The Expressions

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Devenu musicien en 1960 pour « l’argent et les femmes », Lee Fields ne pensait pas durer. Et pourtant, celui que l'on surnomme "Little JB" (pour sa ressemblance tant physique que vocale avec James Brown) est devenu l'une des dernières voix soul du siècle. Le showman symbolise une époque où l’amour ne se chantait pas, mais s’incarnait. Avec The Expressions depuis 2012, il ravive via des titres comme Faithful man une flamme qu’on croyait éteinte. S.A. 10.05, Courtrai, De Kreun, 20 h, 23 / 20 €, www.dekreun.be 11.05, Tourcoing, Le Grand Mix, 20 h, 16 / 19 / 5 €, www.legrandmix.com 13.05, Liège, Reflektor, Liège, 21 h, 20 €, www.reflektor.be


34 MUSIQUE

Les Nuits Botanique

Garden

party

Le Botanique, ses serres, sa verdure, ses salles atypiques... Le décor à lui seul vaut déjà le détour. Le soir tombé, c'est encore mieux ! Surtout si on aime la musique. Les « Nuits Bota » affichent plus d'une soixantaine de concerts dans tous les styles durant plus d'un mois ! Oui : à Bruxelles, en mai, nos nuits sont définitivement plus belles que nos jours. La preuve par six.

Little Simz

LITTLE SIMZ + TINIE TEMPAH + WOODIE SMALLS : 20.05, Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 23 / 20 / 17 €, 19 h // 07.07, Liège, Parc Astrid, Les Ardentes, la journée : 55 €

© DR

« Je pourrais vendre mon âme, de toute façon je ne me sens déjà plus de ce monde ». Sombre et d’une sophistication rare, le single Dead Body aura permis au grand public de découvrir le premier album de Little Simz, A Curious Tale of Trials + Persons. Sorti en septembre dernier sur son propre label, il sublime le talent tout en maturité de la Londonienne. Celle-ci avait au préalable ensorcelé la planète rap avec le puissant EP Black Canvas (2013), remarqué par… Jay-Z ! Le flow indomptable de cette touche-à-tout prend toute sa dimension sur scène. Sur des instrus de type grime, les textes percutants de la jeune prodige portent déjà la marque des plus grands. S.A.


La Femme

© Harcourt

LA FEMME + FÙGÙ MANGO + BON VOYAGE ORGANISATION + JOY AS A TOY : 13.05, Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19 h 30, 23 / 20 / 17 €

© DR

Le son moderne et rétro, novö et yéyé de La Femme est un mètre-étalon de la pop française. Aussi agité sur scène que méticuleux en studio, le sextet a mis la charrue avant les bœufs, bouclant sa tournée en pensant que son deuxième album serait achevé. Il n'en est rien, mais les engagements sont tenus et, après un Olympia complet où fut joué le second LP en intégralité, La Femme poursuit sa route. On attend évidemment – et fébrilement – une grosse poignée d'inédits… T.A.

Kaytranada Bien que discret, Kaytranada est un DJ et producteur des plus prolifiques. Branchant ses platines sur des courants tant électroniques que rap old-school, on le retrouve derrière certains des meilleurs beats de cette décennie. Citons le badass My Block, de Mobb Deep (2014), ou le tubesque Girl de The Internet (2015). Increvable, le Canadien aux mains d’argent pave sa route de projets léchés, du prometteur EP The Weather Report (2010) à son premier album, 99,9 %, qui déchaîne déjà les passions. On sait pourquoi ! S.A. 14.05, Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19 h, Complet !

Katerine

© Eric Garault

Katerine se fait un Film, titre d'un 10e album (concept) qu'il défend lors d'une tournée intimiste. Ces chansons content l'histoire d'un serial-killer incapable de tuer autre-chose qu'un hérisson. Philippe nous apprend que « les objets vivent plus longtemps que les gens » ou nous rappelle qu'au début, nous étions une goutte de sperme – « ça fait réfléchiiir ». Sur scène, il retient la formule piano-voix dépouillée (qui a dit "comme lui" ?) plus proche de la performance dadaïste que du concert pop. J.D. KATERINE + ALEX BEAUPAIN + BLONDY BROWNIE : 21.05, Bruxelles, Cirque Royal, 19 h, 23 / 20 / 17 €

>>>


Les

© Tom Oxley

© Laurent Gudin

nbu niquse otait

Fakear

DBFC

À l'instar de Superpoze ou Fulgeance, Fakear est une figure de la nouvelle scène électronique caennaise. Conjuguant cordes (violons orientaux, guitares acoustiques), nappes enchanteresses et voix joliment découpées, ses pièces rêveuses dessinent les contours d'horizons incertains et vaporeux. Bien sûr, se cale un pied pour donner le rythme et inviter à la danse, mais Fakear est avant tout un artiste contemplatif, dont la poignée de maxis s'adresse à des dancefloors méditatifs. Eh bien, songez maintenant ! T.A.

On s'en souvient comme si c'était hier. En décembre 2014, DBFC, quatuor unissant entre autres Dombrance et David Shaw, avait signé LE concert des Trans Musicales… avant d'être coiffé au poteau par Shamir. La vie est injuste mais c'est ainsi. En attendant un hypothétique album, les hymnes noctambules de ces fins connaisseurs du dancefloor revisitent une certaine idée – et un certain idéal – du Manchester 80's. Toutes guitares dehors, avec à l'esprit des héros nommés Stone Roses ou Happy Mondays, DBFC rebâtit l'Haçienda. T.A.

FAKEAR + CLÉMENT BAZIN : 21.05, Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19 h, Complet ! + 04.05, Lille, L'Aéronef, 20 h, 26 > 14 €

DBFC + JEANNE ADDED + LOUISE ROAM : 22.05, Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19 h, 23 / 20 / 17 €

Sélection 05.05 > 07.06, Bruxelles, Le Botanique, Cirque Royal, 37 > 10 €, botanique.be 05.05 : Yann Tiersen (Complet !) 06.05 : The Avener + Synapson… 08.05 : Andrew Bird… 12.05 : La Tête : création Vincent Glowinski (expo)… 13.05 : Dionysos + Françoiz Breut… / La Femme + Bon

Voyage Organisation / Alice on the roof (Complet !) // 14.05 : Kaytranada… / Anna Meredith… 15.05 : / Ala.ni // 16.05 : Nuit Belge : La Muerte + Baloji + Robbing Millions… // 17.05 : Jain + Blick Bassy / Georgio… 18.05 : CocoRosie… / Salut C'est Cool + Kenji Minogue + Jacques… 19.05 : Feu! Chatterton + Nicolas Michaux + Radio Elvis…

20.05 : Mogwai / Little Simz… / Flavien Berger + Bagarre + Insecte / Naive New Beaters // 21.05 : Katerine + Alex Beaupain… / Thylacine + La Fine Equipe live… / Fakear (Complet !)… / Monika + Emily Jane White… / Bachar Mar-Khalifé // 22.05 : Acid Arab + Balkan Beat Box… / Jeanne Added + DBFC… / Suuns… / Spain… // 01.06 : Ty Segall…


38

Hans Zimmer

MUSIQUE

Bandes à part

Texte Mathieu Dauchy Photo Hans Zimmer © DR Rain Man © Metro-Goldwyn-Mayer Studios / Le roi Lion © Disney Enterprises / Thelma et Louise © MGM-Photofest / Kung Fu Panda, Madagascar © DreamWorks Animation / The Amazing Spider-Man © Sony Pictures

Années

1980

Années

1990

Passé par le jingle, Hans réserve

Parfaitement à l'aise dans l’industrie

ses premières partitions à des films

cinématographique, Zimmer officie

d’auteur européens. Son travail

tous azimuts, pour des œuvres

sur MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE de

majeures (LA LIGNE ROUGE, Terrence

Stephen Frears lui ouvre les portes

Malick) et des pochades (RASTA

d’Hollywood où il s’imposera ensuite

ROCKETT, John Turteltaub), pour Tony

grâce à RAIN MAN.

Scott (TRUE ROMANCE) comme pour son frère Ridley (THELMA & LOUISE).

…ET CE N'EST PAS FINI ! Zimmer peaufine, entre autres, la musique de Dunkirk, le film que Nolan consacre à la Bataille de Dunkerque. Mets ton beste clet'che, Hans !

Il reçoit son unique Oscar pour LE ROI LION en 1994 (mais décroche une palanquée de Golden Globes et de Grammy Awards).


Après Ennio Morricone en 2015, Hans Zimmer entame une tournée européenne avec 70 musiciens*. Ce compositeur allemand est une sorte de Walt Disney de la partition. Soit un artisan qui a créé son propre studio à Hollywood et truste le générique des blockbusters depuis quatre décennies. On lui doit la BO de près de 130 films ! * dont l'ex-The Smiths Johnny Marr dans cinq villes

Années

2000

Plus aucun blockbuster n’échappe au

Années

2010

Entre les films d’animation (MOI

studio Remote Control Productions

MOCHE ET MÉCHANT, LE PETIT

que l'insatiable Teuton fonde

PRINCE), les super-héros (MAN OF

en 2003 (anciennement Media

STEEL, THE AMAZING SPIDER-MAN,

Ventures, créé avec un associé en

BATMAN VS SUPERMAN) et les œuvres

1989). Il assure le générique de

futuristes de Nolan (INCEPTION,

juteuses franchises (PIRATES DES

INTERSTELLAR), Hans trouve le temps

CARAÏBES, MADAGASCAR, KUNG FU

de plancher sur des longs-métrages

PANDA) et entame une collaboration

sans effets spéciaux (TWELVE YEARS

durable avec Christopher Nolan qui

A SLAVE, LA FEMME AU TABLEAU).

lui confie l’habillage (sonore) de son DARK KNIGHT.

31.05, Lille, Zénith Arena, 20 h, 128 > 67,50 €, www.zenithdelille.com


40

© Flavien Prioreau

MUSIQUE

Acid Arab Quel rapport entre l’acid house et la musique orientale ? Guido Minisky et Hervé Carvalho vous diront que c'est la même chose. Soit deux bons moyens d'entrer en transe. Ces « Muezzins de la techno » (ils abhorrent cette appellation) ont eu la bonne idée de mêler synthétiseurs TB-303 et pungi (la clarinette des charmeurs de serpents), chaâbi, youyous… Bref, tout ce qui fait vibrer l'Orient et le Moyen-Orient depuis une paye. Un melting-pot qui dépote ? On peut le dire. J.D. 20.05, Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20 h 30, 10 / 7 €, 4ecluses.com // 22.05, Bruxelles, Cirque Royal, [Les Nuits Botanique], 19 h, 25 > 19 € // 17.07, Dour festival, 60 €, 22.07, Anvers, Borgerwood Festival, 19 h, 20 €

Low Jack

© DR

En quelques années et une myriade de sorties sur divers labels de qualité (L.I.E.S., In Paradisum…), Low Jack, moitié de Darabi, s'est taillé une solide réputation. Lorsqu'il ne couple pas des partitions électroniques aux musiques populaires du Honduras, le Nantais cultive la tension et le boucan sans jamais tout sacrifier sur l'autel du sacrosaint BPM. Pas loin de l'école power electronics (Whitehouse, ce genre) ou, plus près de nous, des avancées soniques du précieux Perc, cette musique abrasive se place à rebours d'une certaine electro nette et sans bavure, pour des sets analogiques et hauts en couleur. T.A. 20.05, Lille, La Péniche, 21 h, 12 / 11 €, www.lapeniche-lille.com


42 MUSIQUE

© Steve Gullick

Mark Lanegan Tiens, un monument ! Retracer toute l’histoire de Mark Lanegan nous ramènerait du côté de Seattle, du label Sub Pop et des Screaming Trees. On mentionnerait ses accointances étonnantes (connaissez-vous d’autres musiciens ayant joué avec Queen Of The Stone Age, Greg Dulli, Isobel Campbell, Kurt Cobain et Gérard Manset ?). Bien sûr, cette image de Johnny Cash-bis, solitaire à la voix rauque peut lasser. Mais lorsque résonnent ces folk songs intemporelles, rien à faire : on tombe sous le charme. T.A. 04.05, Lille, La Péniche, 20 h, Complet ! 11 & 12.05, Gand, Vooruit, 40 / 35 € (Complet le 11.05) 30.07, Louvain, Festival M-Idzomer, 17 h 30, www.m-idzomer.be

certs CSoÉn LECTION Dim 01.05 CISCO HERZHAFT & ROCKIN' SQUAT + HEYMOONSHAKER + NO MONEY KIDS Calais, Centre Culturel Gérard Philipe, 18h, 7e PAPIER TIGRE + HYPERCULTE Roubaix, La Cave aux Poètes, 18h, 12/10/8e MANIC STREET PREACHERS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 31e

Lun 02.05 IS TROPICAL Anvers, Trix, 19h30, 13/11,50e

Mar 03.05 HEAVY TRASH + BOB LOG III Lille, L'Aéronef, 20h, 18>5e TRIXIE WHITLEY Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13/5e

Mer 04.05 NOCTURNES RÉCITAL : FAURÉ, DUPARC, SCHUBERT, BRAHMS,

BRITTEN… Lille, Opéra, 18h, 10/8e

Sam 07.05

MAC MILLER Bruxelles, Ancienne Belgique, 19h, 28e

KEVIN MORBY… Bruxelles, Atelier 210, 20h, 15/12e

FAKEAR + DOUCHKA + CLÉMENT BAZIN + AFTER LIVE DE CHARLY NINE Lille, L'Aéronef, 20h, 26>14e

FLASHFORWARD: EROL ALKAN Charleroi, Rockerill, 22h, 15/10e

PELICAN + FALL OF MESSIAH Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13/5e PAPIER TIGRE + MARGARET CATCHER Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 9/6e

Ven 06.05 THE AVENER + SYNAPSON + GREG JUNE Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 26/23/20e DOPE D.O.D. Amiens, La Lune des Pirates, 20h30, 15/10e

Dim 08.05 UB40 FEAT. ALI + ASTRO & MICKEY Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 41/40e SIMPLE PLAN Gand, Vooruit, 19h30, 21,75e

Lun 09.05 BIRDY Roubaix, Le Colisée, 20h, 38,50>27,50e

Mar 10.05

THROES & THE SHINE Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 5e / Gratuit

DOC GYNECO Lille, L'Aéronef, 20h, Complet !

ZUCO 103 Anvers, De Roma, 20h30, 18>14 e

LEE FIELDS & THE EXPRESSIONS Courtrai, De Kreun, 20h, 23/20/17e


44 MUSIQUE

Mer 11.05 BERTRAND CHAMAYOU INTERPRÈTE LISZT Lille, Nouveau Siècle, 20h, 50>5e COMPACT DISK DUMMIES Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 20/19e LEE FIELDS & THE EXPRESSIONS Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 19/16/5e HA'FEST : CHASSOL + KONONO N°1 Gand, Handelsbeurs, 20h15, 20/17e

RONNIE SPECTOR (THE RONETTES) Anvers, De Roma, 20h30, 30>26e

Jeu 12.05 THE EXPLOITED + BLACK BOMB A Bruxelles, Magasin 4, 19h, 10e BERTRAND CHAMAYOU INTERPRÈTE LISZT Lille, Nouveau Siècle, 20h, 50>5e CHRISTIAN OLIVIER + MAISSIAT Lille, L'Aéronef, 20h, 22>11e

NAIVE NEW BEATERS Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 18/15/5e

OXMO PUCCINO Beauvais, L'Ouvre-Boîte, 20h30, 20/18/15e

ANDREAS ET NICOLAS Lille, L'Antre-2, 20h30, 10>2e

LEE FIELDS & THE EXPRESSIONS + NAOMI SHELTON & THE GOSPEL QUEENS Liège, Reflektor, 21h, 20e

Ven 13.05 HIPPOCAMPE FOU Mons, Alhambra, 18h, Gratuit DIONYSOS Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 29/26/23e LA FEMME + FÙGÙ MANGO + BON VOYAGE ORGANISATION + JOY AS A TOY Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19h, 23/20/17e MAX ROMEO & FAMILY + DUB INVADERS + O.B.F SOUND SYSTEM Lille, L'Aéronef, 21h, 26>14e SAINT GERMAIN Liège, Forum de Liège, 20h, 45,50>35,50€ TROY VON BALTHAZAR Lille, La Péniche, 20h, 16/15e GABLÉ + SHIKO SHIKO Lille, L'Antre-2, 20h30, 10>2e

Sam 14.05 ANNA MEREDITH Bruxelles, Botanique, 19h30, 19/16/13e BRAD MEHLDAU Liège, Forum de Liège, 20h, 37,50>22,50e YES Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 41/40e ALEX BEAUPAIN Lens, Scène du Louvre-Lens, 20h30, 25>12,50e BIGFLO & OLI Bruxelles, Forest National, 20h30, 30,40e

Dim 15.05 MAX ROMEO + THE UPSESSIONS + RAS DIGBY VS THE MIGHTY JAH OBSERVER + TWO TONE

07.05, Louvain, Het Depot, 20 h, 27 > 21 €, www.hetdepot.be // 08.05, Sint-Niklaas, De Casino, 20 h, 25 > 19 € // 18.05, Lille, L’Aéronef, 20 h, 26 > 14 €, www.aeronef-spectacles.com

www.lm-magazine.com

© Scott Green

The Dandy Warhols Les poseurs de Portland naviguent depuis 20 ans du sublime au dispensable avec une inconstance lassante. Leur nouvel album, Distorland, ne déroge pas à la règle : quelques grands morceaux pop, beaucoup de déchets. Mais rien n’est perdu, on tirera sans doute un excellent best-of de leur discographie surcotée. Ou un grand concert ? Espérons. Sur scène les stars alternent les hauts et les bas. Perso, on garde nos sous pour la venue de The Brian Jonestown Massacre aussi en tournée (le 25 juin à Lille). Plus rock’n’roll. J.D.


46 MUSIQUE

ALA.NI

© Ira Rokka

Auteure-compositrice, créatrice de mode, photographe… ALA.NI touche à tout. Parmi cette ribambelle de métiers, celui de choriste (pour Mary J. Blige, Nitin Sawhney ou encore Blur) fut primordial. C’est d’ailleurs Damon Albarn qui a produit son premier album, le très jazzy You & I. Elle y raconte dans une esthétique proche du music-hall (Billie Holiday n’est pas loin) une histoire d’amour fictive : de sa naissance au printemps jusqu’à son terme en hiver. Le tout soutenu par un ensemble très épuré : piano et guitare. Moment de grâce assuré. A.D. 15.05, Bruxelles, Botanique, [Les Nuits Botanique], 19 h 30, 18 / 15 / 12 € // 07.08, Floreffe, Abbaye de Floreffe, [Festival

Esperanzah!],12 h, 36 €

CLUB + THE GROOVIN' JAILERS + SMAID & THE ROOTSERZ… Dunkerque, Port, 18h, 20>10e ROD STEWART Anvers, Antwerp Sportpaleis, 18h30, 104>60e KONONO N°1 Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 19e

Mar 17.05 SANSEVERINO "PAPILLON" Arras, Casino, 20h, 14/10e

Mer 18.05 G-EAZY + ILOVEMAKONNEN Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 22/21e CHLOÉ MONS + LIEUTENANT COBB Villeneuve d'Ascq, La Ferme d'en Haut, 21h, 7/4/2e

Jeu 19.05 FEU! CHATTERTON + RADIO ELVIS

Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 25/22/19e

DOUDOU 2016 : DJ PIERRE Mons, Alhambra, 20h, Gratuit

MHD Liège, Reflektor, 19h30, 16e

PONY PONY RUN RUN Lille, Le Splendid, 20h, 26e

MICHEL POLNAREFF Lille, Le Zénith, 20h30, 95>52e

ACID ARAB + ALO WALA + MAAKEDA Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 10/7e

REDOUANNE HARJANE Lille, Le Spotlight, 21h30, 29/26/22e

Ven 20.05 IGUANA SOUNDSYSTEM + KING SULLI + GALATIC +TRY LOVE SOUND OULDA & LITTLE R + DUB SQUAD + RAS DIVARIUS + MOA AMBESSA + MURRAY MAN/ MELLOW VIBES STUDIO Lille, maison Folie Wazemmes, 18h, 10€/gratuit TINIE TEMPAH + LITTLE SIMZ + WOODIE SMALLS Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19h, 23/20/17e MOGWAI "ATOMIC" Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 32/29/26e www.lm-magazine.com

ELECTRO DELUXE Oignies, Métaphone, 20h30, 17/14/11e IMANY + KURT AVEC 1 CAS Calais, C.C. Gérard Philipe, 20h30, 15e LOW JACK Lille, La Péniche, 21h, 12/11e

Sam 21.05 PETER PAN Lille, Nouveau Siècle, 16h, 12/10/5e IGUANA SOUNDSYSTEM + UHRO SOUND + GIDEON SOUND + SOUND SYSTEM MEETING (CHALICE & ENTEBBE) Lille, maison Folie Wazemmes, 18h, 10€/gratuit


48 MUSIQUE

KATERINE + ALEX BEAUPAIN + BLONDY BROWNIE Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 23/20/17e

Mar 24.05 BLEACHED + TOYBLOÏD Lille, L'Aéronef, 20h, 15>5e

BACHAR MAR-KHALIFÉ Bruxelles, Botanique/Grand Salon, 19h30, 19/16/13e LA FOUINE Lille, Le Splendid, 20h, 29e SUUNS Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 16/13/5e CLOSING NIGHT OWLS : THYLACINE + LA FINE EQUIPE LIVE + LAWRENCE LE DOUX + TAV EXOTIC + SAGAT - MILAN W. + MATHIEU SERRUYS + THE ORGONAUTS Bruxelles, Botanique, 23h30, 15/12e

Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e

Mer 25.05 YWILL (LA JONCTION) Lille, maison Folie Wazemmes, 21h, 5,50>2€

Jeu 26.05

STANLEY BRINKS + FRESCHARD Roubaix, La Cave aux Poètes, 20h, 12/10/8e PABLO MOSES + YELLAM Dunkerque, Les 4 Ecluses, 20h30, 10/7e

EMILY JANE WHITE Lille, La Péniche, 18h, 15/14e

CHRISTOPHE Reims, La cartonnerie, 20h, 39>30e

Ven 27.05

LES WAMPAS + ZOÉ Calais, C.C. Gérard Philipe, 20h30, 15e

CAVERN OF ANTI-MATTER Lille, L’Aéronef, 20h, 15>5€

Mar 31.05 GENERAL ELECTRIKS Arras, Théâtre, 20h, Gratuit HANS ZIMMER Lille, Le Zénith, 20h, 128>67,5e BERTRAND BELIN Lens, Médiathèque Robert Cousin, 20h30, 10/7/5e

Ven 03.06

EAGULLS Bruxelles, VK*, 19h30, 15/12e FRANÇOIZ BREUT + CHAMOTS

JOEYSTARR & NATHY CARIBBEAN DANDEE + UNNO Maubeuge, La Luna, 19h, 30/20/15e

The Heavy

© Francesca Allen

SUUNS + DUANE SERAH Bruxelles, Botanique, 19h30, 20 / 17 / 14e

DAVID ZINCKE Lille, L’Antre 2, 20h30, 10>2€

Lun 30.05

DAPTONE RECORDS PRESENTS THE MYSTERY LIGHTS Bruxelles, Ancienne Belgique, 20h, 15e

Dim 22.05

JEANNE ADDED + DBFC + LOUISE ROAM Bruxelles, Botanique (Chapiteau), 19h, 23/20/17e

LES INNOCENTS Tourcoing, Le Grand Mix, 20h, 21/18/5e

Kelvin Swaby n’a plus rien de l’enfant de chœur qui chantait à la messe où le traînait sa mère. Les filles et l’alcool sont depuis passés par là. Puis le guitariste Dan Taylor. Ces deux lascars ont concocté un mélange de rock 70’s, de funk et de soul. Cradingue et sexy à souhait, un peu comme la BO d’un film de Tarantino (c’est d’ailleurs The Heavy qui signe la musique de la bande-annonce des Huit salopards), il se déguste de préférence sur scène où le quartet de Bath paraît possédé. J.D. 20.05, Anvers, Trix, 19h30, 18 / 16,50 €, www.trixonline.be

www.lm-magazine.com


50

Disques

Jessy Lanza OH NO (Hyperdub)

Dans notre monde idéal, Jessy Lanza deviendrait l’idole des jeunes. Son nouveau disque, Oh No, est un essai réussi d’electro-pop « joyeuse », comme le revendique cette Canadienne poussée sur le devant de la scène par Jeremy Greenspan, moitié de Junior Boys (cf LM 116). Son premier album, Pull My Hair Back (2013) dévoilait une relecture du funk et du r’n’b qui fut beaucoup imitée par la suite. Ici, cette ancienne prof de piano reprend une longueur d’avance en élargissant son spectre à la juke (house accélérée issue des ghettos de Chicago) ou même au kuduro (electro africaine) comme entendu sur It Means I love You. Formée au conservatoire, signée sur le label londonien Hyperdub (légende des musiques underground qui a engendré des bijoux de dubstep ou de footwork), elle bâtit un improbable (et solide) pont reliant l’underground au mainstream. Un peu à la manière de la chanteuse Grime. Comme elle, Jessy Lanza synthétise les différentes expérimentations avant-gardistes avec une pop propice à toutes formes de déhanchement. Le tout servi par une voix douce et un sens du tube instantané, entêtant, à l’image de VV Violence ou Never Enough. Oh Yes ! Benjamin Leclerc

Chevalrex FUTURISME (Vietnam / Because Music)

Ce troisième album de Chevalrex pourrait ouvrir à Rémy Poncet – qu'on a croisé au sein des Frères Nubuck et sous le nom de Rémy Chante – les portes d'un succès qui dépasserait enfin le petit cercle des connaisseurs de ce musicien et graphiste (il est la moitié de Brest Brest Brest, voir LM 112). Le Valentinois évoque quelques figures de la chanson française : on songe à Zézé Mago sur le Stand de tir, à Superflu durant Avec mon frère, à Biolay avec Aussi loin. Faussement neurasthénique, le timbre sied parfaitement à ces états d'âmes dont l'ampleur instrumentale (guitares, batteries, claviers, cuivres…) foudroie et surprend à chaque écoute. Enfin, on ne passera pas sous silence Orléans, sommet de cette œuvre et classique instantané de mélancolie. Du grand art. Thibaut Allemand


Guts

Benjamin Dean Wilson

ETERNAL (Puravida Music / Heavenly Sweetness)

Orphelins du groove de Guts depuis Hip Hop After All (2014), on attendait ce come-back avec impatience. Les productions de l’ancien membre d’Alliance Ethnik sont-elles toujours irrésistibles ? Eh bien oui, le plus ricain des beatmakers français revient gonflé à bloc avec Eternal. Résultat d’un travail d’équipe où la basse exaltée de Kenny Ruby et la batterie échauffée de Tibo Brandalise côtoient la trompette d’un Leron Thomas en grande forme. Une squad de rêve donc pour une œuvre alliant sonorités nippones (Rest of My Life, aux côtés de Lorine Chia), beats afro (Incomplete), funk incandescent (Give You Up) et, bien sûr, rap old-school (All or Nothing). Retour gagnant. Sonia Abassi

SMALL TALK (Tapete Records / Differ-Ant)

Il y a des disques qu'on offre à nos meilleurs amis pour leur signifier à quel point ils comptent. Small Talk en fait partie, et plus encore si l’ami en question est fan d’Adam Green. Comme lui, Benjamin Dean Wilson s'amuse avec le classicisme pour confectionner de vrais joyaux. Comme Green encore, ses arrangements élégants et la rondeur – légèrement surannée – de sa voix servent des textes acides ou graveleux. En sept morceaux dont certains explosent les formats pour accoucher de véritables petits opéras pop, Wilson rassemble et dépasse le meilleur de l’école antifolk. Le résultat procure un immense plaisir. On espère recevoir longtemps d’aussi bonnes nouvelles de ce petit génie. Rémi Boiteux

Arnaud Rebotini et Christian Zanési FRONTIÈRES (Blackstrobe Records / La Baleine)

On ne présente plus Arnaud Rebotini. L'ex-Zend Avesta et Black Strobe en chef a souvent évoqué les travaux du GRM (Groupe de Recherches Musicales) qui compta dans ses rangs des p'tits bricoleurs nommés J-M Jarre, Luc Ferrari, Pierre Schaeffer, Iannis Xenakis… Tant qu'à faire, le géant moustachu s'est adjoint les services du directeur de l'institut en la personne de Christian Zanési. Exceptées la martiale 12345678 et la perle acid Acidmonium, pas de techno à proprement parler ici. Rebotini donne de la voix (virile) par-ci par-là, mais le cœur de l'affaire se situe dans le travail minutieux sur le son synthétique, les nappes, la profondeur de champ, les dissonances, les sinusoïdales… Une œuvre à écouter à la maison – histoire de la domestiquer tout à fait. Thibaut Allemand


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Livres

Skagboys IRVINE WELSH (Au Diable Vauvert)

Ce n’est pas la première fois que ce bon vieux Welsh renoue avec ses antihéros de Trainspotting. Skagboys est toutefois d’un autre tonneau que Porno, suite qui n’avait pas convaincu tous les fans. En s’attachant à la jeunesse de ses personnages, le romancier déploie une impressionnante fresque. Celle-ci traverse les quartiers et couches sociales d’Edimbourg, brossant un portrait protéiforme de l’Écosse au moment où la poigne de fer de Thatcher se referme sur ce qui restait d’aspirations progressistes, et où le sida entame son œuvre macabre. Distribuant la parole entre protagonistes au phrasé fleuri et narration à la troisième personne, l’auteur écossais décrit de façon à la fois poignante, virtuose et comique la descente aux enfers d’une jeunesse sacrifiée et droguée. Sur le fil entre absurdité de l’existence et charge politique, Skagboys frappe au ventre et donne une épaisseur nouvelle aux cartoonesques Spud et Begbie, au monstrueux et glaçant Sick Boy et au pivot du récit, Mark Renton. À travers le journal intime de ce dernier, il trouve même le moyen de moquer l’embourgeoisement de sa propre plume. Les quelques redondances n’enlèvent rien à la force de cette somme, pièce maîtresse dans la polyphonie écossaise de Welsh. 787 p., 25 €. Rémi Boiteux

Un maillot pour L’Algérie KRIS / B. GALIC / J. REY (Dupuis)

Avril 1958. Douze footballeurs professionnels algériens (donc français, à l’époque) quittent clandestinement l’Hexagone. Le but ? Créer la première équipe nationale algérienne – un symbole durant les « événements ». Parmi eux, Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni renoncent à porter les couleurs des Bleus pour défendre leur terre. Au fil de 80 matches amicaux (Asie, Europe de l’Est, MoyenOrient), ce Onze vert et blanc rappelle que le sport est également vecteur de politique. Scénarisée par Kris et Bertrand Galic, cette œuvre ambitieuse dessinée par Javier Rey doit pas mal au cinéma – les cadres, les plans… Digne d’un polar, cette aventure méconnue résonne avec l’actualité – l’instrumentalisation politicienne des binationaux, par exemple. 136 p., 24 €. Thibaut Allemand


Fight Club 2

Daddy Love

CHUCK PALAHNIUK & CAMERON STEWART (Super8 éd.)

JOYCE CAROL OATES

Fight Club est à l’origine un roman de Chuck Palahniuk, mais c’est son adaptation cinématographique par David Fincher qui en fit une œuvre-culte. Cette suite narre le retour de Tyler Durden, dix ans après. Sous quelle forme ce second opus est-il livré ? Réponse : en BD. Une troisième voie et un choix malin, qui devient même un sujet de jeu avec le lecteur au sein de l’ouvrage. Lequel se gausse de tout, théorise beaucoup, et c’est bien là sa limite. Si on s’amuse des inventions formelles, des interventions du romancier dans l’intrigue et de sa thèse « les idées sont des virus », on regrette de ne pouvoir accéder à une histoire trop floue, par ailleurs peu avare de scènes-choc. Dommage, car bien que le ton cynique soit déjà daté, Tyler frappe toujours assez fort. 264 p., 25 €. Rémi Boiteux

(Philippe Rey)

Parents angoissés, s’abstenir. Ce roman noir s’ouvre sur l’enlèvement d’un enfant de cinq ans, arraché à sa mère par un prédateur sexuel sur le parking d’un centre commercial. Le jeune Robbie est alors séquestré, violé et dressé durant de longues années par son nouveau « papa » (par ailleurs pasteur), dans une ferme isolée, tandis que ses parents se morfondent dans l’espoir et la culpabilité. Comme souvent, Joyce Carol Oates s’empare de la mythologie du fait divers pour mieux disséquer le Mal qui se terre dans la nature humaine. Point d’enquête policière ici, le récit se focalise avec une écriture aiguisée sur la personnalité de cet ogre qui se repaît de la chair fraîche de petits garçons… C’est dérangeant, parfois insoutenable, mais terriblement obsédant. 272 p., 18 €. Julien Damien

Le Club des miracles relatifs NANCY HUSTON (Actes Sud)

Varian MacLeod est en décalage depuis sa naissance. Enfant précoce de parents déjà vieux, végétarien chétif dans une famille de pêcheurs, il s’isole à l’adolescence, colonisé par ses démons intérieurs. Lorsque le chômage touche la paisible Île grise, obligeant le père à rejoindre les exploitations pétrolières de Terrebrute, l’équilibre familial vacille. Varian, déterminé à le retrouver dans l’enfer de l’or noir, commet l’erreur de se lier d’amitié avec deux militants écologistes... Il y a un peu de magie sous la plume de Nancy Huston, usant dans ce dernier opus d’une novlangue coulante et lumineuse. Frappée par le désastre environnemental en cours dans la province canadienne de l’Alberta, l’auteure en tire un terrifiant roman d’anticipation. 304 p., 21 €. Marine Durand


54 ÉCRANS

John From

Des Papous dans la tête Texte Raphaël Nieuwjaer Photo Shellac Distribution

Et si le cinéma portugais était devenu le plus audacieux d'Europe ? Les bonheurs sont variés, mais de Pedro Costa à João Pedro Rodrigues, et de Miguel Gomes à Gabriel Abrantes, l'inventivité est constante. Teen movie exubérant, John From, le deuxième long-métrage de João Nicolau, en offre encore la preuve.

R

ita, 15 ans, passe son été entre leçons de musique et séances de bronzage, les pieds dans l’eau d’une plage improvisée sur le balcon de son HLM, à Lisbonne. Après avoir congédié son petit ami, elle tombe peu à peu amoureuse d'un voisin photographe qui a l’âge de son père. Sur cette trame élémentaire, le réalisateur de L'Épée et la rose (2011) réinvente les coordonnées du film d'adolescence. La beauté de John From tient peut-être d'abord à la manière dont Nicolau saisit ce corps de jeune


55 ÉCRANS

fille oscillant entre indolence et détermination. Offerte au regard pieux du cinéaste lorsqu’elle est sur son transat, Rita traverse le cadre comme elle parcourt son quartier : avec vigueur. Amour impossible ­– Cette tension évite au film de transformer son actrice, Júlia Palha, en un simple objet de contemplation. Rita est aussi une force qui va. Pour affirmer un amour impossible, elle ne changera rien moins que le monde autour d’elle. L’idée est forte : à la recherche d’un terrain commun avec le photographe, elle se prend de passion pour l’histoire et la culture des Papous qui apparaissent sur ses clichés. Ce qui était chez l’homme un motif d’intérêt devient chez la jeune fille un mode de vie. Le désir, tout-puissant, n'incite pas à imiter l'être aimé, mais à le fantasmer. John From est en cela un film joyeux et lucide : De João Nicolau, avec Júlia Palha, la passion est une utopie et un vampirisme.

Clara Riedenstein, Filipe Vargas… Sortie le 04.05


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L’Ange blessé

Tombés du ciel Quatre enfances meurtries, autant de contes moraux. Avec L’Ange blessé, Émir Baygazin dresse l’âpre portrait de son pays, le Kazakhstan, au début des années 1990. Après l’URSS, et avant le « miracle » économique lié au pétrole, apparaît une terre abandonnée où le mal guette. Autonomes, les histoires qui composent le second long-métrage de Baygazin n’en demeurent pas moins liées. Par une même précision dans la mise en scène, d’abord, habile à jouer avec le hors-champ et le surcadrage (cadre dans le cadre). Par des motifs discrets ensuite, tels l’œuf, le miroir et la flamme. Ceux-ci symbolisent l’essentiel des récits : affaires de transmission et de projection, d’espoir et de désespoir. Le film ne cache pas sa dimension morale, en donnant à chaque partie un titre aux accents bibliques. Contraints par la nécessité ou confrontés à la tentation, Zharas, Balapan, Zhaba et Aslan essaient de s’arracher à la pétrification de leur village, en chantant ou vendant du métal récupéré. S’éloignant d’une topographie a priori réaliste, le troisième conte construit un labyrinthe dans des ruines où semble s’accumuler toute la ferraille du défunt empire soviétique. C’est là que l’allégorie se révèle la plus forte. L’effondrement du monde des adultes et des espérances socialistes a transformé une poignée d’enfants en créatures débiles et droguées, errant dans les égouts. Mais ce lieu sordide tient encore du royaume, de l’univers merveilleux... Après Leçons d’harmonie (2013), Baygazin confirme son talent pour filmer la grâce D’Émir Baygazin, avec Nurlybek aussi bien que la chute. Raphaël Nieuwjaer Saktaganov, Madiyar Aripbay, Madiyar Nazarov... Sortie le 11.05

© Capricci Films

ÉCRANS


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© Louis C. K.

© Hilary Bronwyn Gayle

ÉCRANS

Série

Dalton Trumbo

Horace and Pete

Fin des années 1940, le maccarthysme gronde. Le scénariste Dalton Trumbo n'échappe pas à cette chasse aux sorcières visant les « agents » communistes. Placé sur la liste noire des « Dix d’Hollywood », il est incarcéré. À sa sortie, il écrit des scénarios sous une fausse identité pour continuer à exercer son art. Couleurs chaudes, plans rappelant des images d’archives, ce biopic restitue fidèlement cette vie de paria et dix ans de succès anonymes (il reçut l'Oscar du meilleur scénario pour Vacances romaines). Bryan Cranston interprète avec brio cette légende, accompagné du surprenant Louis C.K. Adapté d'un documentaire lui-même tiré d'une pièce écrite par le fils du scénariste (Red, White and Blacklisted), le film revient sur une période historique trouble et réhabilite un personnage méconnu outreAtlantique. Anne Demange

En février, Louis C.K. surprenait tout le monde en proposant au téléchargement le pilote de Horace and Pete. Depuis, dix épisodes ont été diffusés. Passant outre les intermédiaires, le comique expérimente une nouvelle façon de produire et de distribuer les séries. Est-ce encore de la télé ? Sans doute pas. Mais le New-Yorkais en réinvente un des genres canoniques : la sitcom. Comme dans Friends, tout se passe entre un appartement et un bar dont Horace (C.K.) et Pete (Steve Buscemi) sont les héritiers. Sauf que la logique est poussée à bout, dévoilant la nature dépressive de ce petit monde replié sur lui. Comme il l'écrit : « le comique se développe mieux dans son habitat naturel, au milieu de l'affreux, du triste, du dérangeant et du rien ». Né du malaise, le rire n'en est que plus éclatant.

De Jay Roach, avec Bryan Cranston, Diane Lane, Helen Mirren… En salle

Raphaël Nieuwjaer Disponible sur le site de Louis C.K. : louisck.net


60 EXPOSITION

Mima

Molenbeek 2.0 Texte Julien Collinet Photo The Pickles and mimamuseum.eu

›➤ Momo

Désormais tristement célèbre, Molenbeek accueille le premier musée européen consacré à la culture 2.0. Installé dans les anciennes brasseries BelleVue, le Millennium Iconoclast Museum of Art ouvre ses portes avec une exposition de street-art. Il porte un autre regard sur la création contemporaine, et sur une commune plus riche qu’on ne le pense.


61 EXPOSITION

M

olenbeek a beau cristalliser l’attention des médias du monde, rien ne semble avoir changé dans la populaire commune bruxelloise. Sur la place principale, des gamins jouent au ballon pendant que des étudiants profitent du soleil. Certes, les vitrines de diverses échoppes abritent des mannequins vêtus de niqabs, rappelant au badaud l’une des particularités locales, mais Molenbeek n’a rien d’un coupegorge. Elle est en revanche extrêmement défavorisée. Le chômage flirte ici avec les 30 %. Entre le centre-ville et ces quartiers déshérités, le canal a longtemps été considéré comme une barrière. Toutefois, ses quais subissent depuis quelques années un lifting

spectaculaire. Des complexes immobiliers s’y érigent pour accueillir une population plus aisée. Parmi les projets phares de ce renouveau, les anciennes brasseries Belle-Vue hébergent depuis 2013 un hôtel design. Et maintenant, le Millennium Iconoclast Museum of Art. Réseau ­– Dans un bâtiment tout en briques, le MIMA s’étend sur 1 300 m2 et quatre étages. Il est dédié à la culture 2.0, soit une forme artistique qui a évolué avec les nouveaux moyens de communication, telle que revendiquée par Banksy : « Aujourd’hui nul besoin d’aller à l’université, de se balader avec son portfolio, de faire de la lèche aux galeries et leurs nuées >>>


62 EXPOSITION

›➤ Faile

« Il faut ménager des espaces de communion, favoriser la cohésion » Alice Van den Abeele

de prétentieux. Pas besoin non plus de coucher avec quelqu’un d’influent. Tout ce qu’il vous faut, c’est quelques idées et une connexion haut débit. Pour la première fois, le monde bourgeois de l’art appartient au peuple. Il s’agit d’en faire quelque chose ». Derrière cette formule iconoclaste, il s’agit donc de s’affranchir du carcan muséal classique où l’on décide d’en haut de ce qui est beau, à travers une pratique

horizontale (propre à Internet et aux réseaux sociaux), mais aussi transversale. Le musée souhaite en effet mettre en avant des créateurs issus de tous horizons : musicaux (electro, hip-hop...), graphiques (illustration, design), sportifs ou « urbains » comme le montre cette première exposition temporaire, City Lights. Tous originaires de Brooklyn, les artistes invités pour l’occasion dévoilent des œuvres qui ont vocation… à disparaître. Le duo Faile a par exemple installé un kiosque monumental orné de gravures inspirées du mouvement pop des années 1960. La salle qui servait autrefois à la fabrication de la gueuze abrite la fresque psychédélique >>> de Maya Hayuk.


›➤ Maya Hayuk


64 EXPOSITION

De son côté, la street-artiste Swoon, dont le travail se rapproche de celui de Banksy, trouvait les pièces du bâtiment trop propres et a décidé d’installer ses collages dans la cave ! Communion – Au-delà des expositions, l’équipe du MIMA soutient la dynamique associative du quartier, en (re) connectant les populations entre elles. Des contacts ont déjà été établis avec le VK, illustre salle de concerts molenbeekoise, mais aussi avec des écoles ou un club de boxe. « Il faut ménager des espaces de communion, favoriser la cohésion, selon Alice Van den Abeele, l’une des co-fondatrices. Ce lieu va attirer du public et on espère que les habitants vont aussi se l’approprier. On parle de gentrification,

›➤ Swoon

mais je n’aime pas ce terme. Il n’y a pas ici une culture qui prend le pas sur une autre. Il en existe des centaines ». L’inauguration était prévue un mois plus tôt. Mais les attentats du 22 mars ont bousculé l’agenda. « Depuis, les choses ne sont plus les mêmes, mais cela confirme notre raison d’être, explique Raphaël Cruyt, l’un des quatre initiateurs du projet. On doit faire face aux extrémismes et défendre la liberté de création. Pas pour diluer toutes les cultures dans la nôtre, mais pour s’en enrichir ».

City Lights, jusqu’au 28.08 MIMA, Bruxelles, 39-41 Quai du Hainaut, mer > dim : 10 h > 18 h, 9,50 / 7,50 / 5 € (scolaires) / gratuit (-12 ans), +32 472 61 03 51, www.mimamuseum.eu


67 EXPOSITION

LEM

Bonhomme de chemin Texte Anne Demange Photo LEM © Laurent Ghesquière

Aborder la ville comme un terrain de jeu en réalisant un maximum de graffitis pour la ré-enchanter, voilà le défi du Roubaisien LEM. Simples et colorés, ses personnages aux contours noirs ne passent pas inaperçus. Rencontre avec un artiste généreux.

A

ntoine Leman, de son vrai nom, se considère comme un « peintre muraliste ». Son petit bonhomme rond en forme de Barbapapa, aux yeux allongés et au nez en tire-bouchon, peuple Roubaix et voyage en Europe depuis plus de dix ans. Il réalise cette figure « à l’ancienne », avec rouleaux et pinceaux. « Je cherchais une forme simple, rapide à exécuter, percutante et facilement reconnaissable », dit-il. En extérieur, ses pièces s’étalent sur des murs en briques (tels ceux de la Cave aux Poètes) mais ce sont les friches qu’il préfère « lemiser ». Certains habitants lui ont même demandé s’il était employé par la ville pour y mettre de la couleur ! Ce n’est pas le cas, mais le choix du lieu participe à la réussite de ses œuvres. Par exemple : ce personnage qui trône sur une grille d’école, mains tendues au-dessus de la tête, semblant veiller sur l’entrée pendant que les gamins étudient. Partage – Dans son atelier roubaisien, LEM varie les techniques, s’attaque à la toile et à la sculpture. Si le trentenaire reconnaît être un solitaire, il aime toutefois partager son art. Son dada ? Accompagner des publics qui n’ont pas forcément l’habitude de manier les pinceaux : enfants, personnes âgées ou souffrant de handicaps. Le centre culturel Daniel Balavoine d’Arques accueille ainsi ses créations réalisées avec les écoles et centres de loisirs locaux. « Plus que le résultat, c’est la façon dont se conçoit l’œuvre qui m’intéresse », Jusqu’au 03.06, Arques, Centre culturel Daniel Balavoine, lun > ven : 10 h > 12 h & 14 h > 18 h, confie-t-il. Non sans une certaine gratuit, www.centreculturelbalavoine.fr bonhomie, évidemment.


68 EXPOSITION

RC Louvre

La belle équipe Texte Julien Damien Photo Elsa D. et son coffret de Unes du journal L’Équipe © Musée du Louvre-Lens / DR

Fondé en 1906 par des notables, le RC Lens fut vite racheté par la Compagnie des Mines (qui l’abandonnera dans les années 1970…). Les Sang et Or demeurent néanmoins associés aux gueules noires, formant un public considéré comme le meilleur de France. Pour honorer cette aventure humaine et sportive, Le Louvre a donc remonté le terrain avec les supporters. Cette action collective va-t-elle droit au but ?

T

out commence l’été dernier. Le musée lance une vaste collecte et réunit quelque 70 témoignages et objets de fans et d’anciennes gloires du club. Des trésors qui nourrissent aujourd’hui RC Louvre, dont le but « n’est pas de retracer l’histoire du RCL, mais de rendre hommage à ses supporters et à un phénomène culturel », prévient Luc Piralla, commissaire de l’exposition. Celle-ci


69 EXPOSITION

Supporters dans le stade Bollaert-Delelis © Racing Club de Lens

s’articule autour de trois salles, pour autant de thématiques. La première dessine « une mémoire collective ». Dans un décor évoquant une chambre d’adolescent (avec ses écharpes ou vignettes Panini), on (re)découvre des matches et figures mythiques : les frères Lech, Tony Vairelles ou le « druide » Daniel Leclercq. Ce dernier qui mena Lens vers son seul titre de champion de France (1998), a cédé son classeur d’entraînement ! Cabinet de curiosités – La seconde salle révèle le rapport intime qui lie le supporter à son club via de jolies histoires (telle cette rencontre dans une tribune qui se finit en mariage !) et de surprenantes pièces : mascotte en bois, tabouret bricolé pour un petit-fils, drapeau cousu par une grand-mère. « C’est une particularité du “supportérisme” à la lensoise : peu d’objets sont issus du merchandising, mais faits-main, dans un cadre familial ». L’ultime salle nous plonge grâce à des photos et vidéos dans la ferveur du stade Bollaert-Delelis. Certes, le RC Louvre - Mémoires Sang & Or foot a bien changé en 110 ans, mais Jusqu’au 07.11, Lens, Louvre, tlj sauf mar : l’amour du Racing reste intact. 10 h > 18 h, gratuit, www.louvrelens.fr


70 EXPOSITION

Plate-forme, Valenciennes, 2014

Jérémie Lenoir Là-haut Texte Julien Damien

V

ertigineux. Pour une fois, le terme n'est pas galvaudé. Ces images aux allures de peintures abstraites sont en fait des photographies aériennes. Prises à 450 mètres d'altitude, elles nous dévoilent des paysages contemporains plus énigmatiques qu'on ne le pensait. Vus du ciel,


Stockage, Harnes, 2014

ces parkings, mines, carrières ou toitures évoquent Soulages ou Malevitch – des influences avouées de Jérémie Lenoir. Cet ancien élève des BeauxArts d'Orléans arpente le monde, toujours en avion, depuis 2007, à la recherche de cadrages se jouant des échelles. Ces clichés-ci ont été capturés de juin 2014 à octobre 2015, entre Anvers et Arras. Rassemblés dans l'ouvrage Nord, ils sont exposés en grand format à la galerie lilloise Lasécu. « Je souhaitais travailler sur le thème de la reconversion industrielle et de l’agrandissement de l'Eurométropole, explique l'artiste. J’ai ainsi sélectionné une quarantaine de lieux en chantier, de construction ou de destruction ». Ces zones commerciales, industrielles ou pavillonnaires ont été survolées à midi, « car à cette heure-là le soleil écrase les ombres, >>>


72 EXPOSITION

Friche, Tournai, 2015

À lire / Nord (Light Motiv éditions) photographies de Jérémie Lenoir, texte de Bruce Bégout, 80 p., 26 €

le relief et les couleurs, offrant un rendu très plat ». Autre conséquence (involontaire) de ce choix horaire : l'absence d'êtres humains (partis déjeuner ou travailler) de ces décors pourtant bâtis par et pour eux. Toutefois, le trentenaire refuse d’imposer un quelconque message. « J'essaie de créer des photographies pensives, pour citer Barthes, laissant le spectateur libre d'interpréter ces paysages très concrets, en compensant 07.05 > 09.07, Lille, Galerie l'excès de réel par l'imagiLasécu, mer & jeu : 14 h > 18 h, nation ». Alors prenons de ven & sam : 14 h > 19 h, gratuit, lasecu.org, jeremielenoir.com la hauteur !


75 EXPOSITION

Braïtou-Sala

Victimes de la mode Texte Julien Damien Photo Braïtou-Sala (1885-1972), Portrait d’Éléna Olmazu, 1931, Tempera sur toile, Collection particulière // Autoportrait aux binocles, 1916, Crayon noir et huile sur toile marouflée sur isorel, Collection Sala, Photo : Alain Leprince

Tombé dans l’oubli, Albert Sala connut la gloire durant les Années folles*. De 1919 à 1939, il signa des centaines de portraits mondains, croquant les célébrités parisiennes et les figures aristocratiques. La Piscine réhabilite ce peintre et nous restitue l’ambiance de cette époque, entre légèreté et tragédie.


76 EXPOSITION

D

emandé par le Tout-Paris de l’entre-deux-guerres, Albert Sala grandit pourtant loin des paillettes. Né à La Goulette en 1885, issu d’une famille juive modeste, ce fils d’épicier quitte sa Tunisie natale au début du xxe siècle pour se former à la prestigieuse académie Julian, à Paris. Il y remporte en 1916 le prix du portrait, pour lequel il se spécialise. « C’était un genre très rémunérateur, en vogue durant les Années folles où les mondanités Vue d’exposition, Portrait de Marthe Chenal, 1921, Huile sur toile, H. 2016 ; L. 120 cm, S.b.d. : Braïtou Sala, Paris, Bibliothèque nationale de France Musée de l’Opéra

reprenaient, où cette belle société s’étourdissait de plaisir et se mirait dans ces toiles », explique l’une des commissaires de l’exposition, Alice Massé. Le Tunisien, qui a pris le pseudo de Braïtou-Sala, est introduit en 1919 dans le milieu du spectacle par son ami Alexandre Joannidès, archiviste au sein de la ComédieFrançaise. Chanteuses, comédiennes, danseuses… Il croque alors les grandes célébrités de l’époque. Telle Marthe Chenal, l’une des cantatrices stars de l’Opéra de Paris, immortalisée ici en manteau bleu-nuit de velours et satin. On retrouve dans ce tableau cet « illusionnisme photographique » qui marque le style de l’artiste, lequel « excellait dans l’attention portée au rendu des matières, des textures, des parures ». Il n’est certes pas le plus doué, mais devient l’un des plus célèbres peintres de son temps… Garçonnes – Braïtou-Sala conquiert ensuite la bourgeoisie et l’aristocratie parisienne. Ces toiles offrent un formidable témoignage des modes de l’époque. On découvre ces fameuses coiffures à la garçonne popularisées par Colette, ce chapeau-cloche symbolique... Et puis ces robes, audacieuses et lumineuses dont certaines (sans doute) dessinées par des couturiers tels que Paul Poiret ou Madeleine Vionnet, parmi les premiers à libérer les silhouettes féminines des corsets.


Portrait de Marie-Jeanne à l’hermine, 1935, Huile sur bois, H. 35 ; L. 36,7 cm, Collection Sala, Photographie : Alain Leprince

Yoyo, 1927, Tempera sur toile, H. 118 ; L. 84 cm, Ville de Boulogne-Billancourt, MA-30 /Musée des Années Trente © Musées de la Ville de BoulogneBillancourt – Photo : Philippe Fuzeau

Un peuple raffiné certes, mais pas toujours fréquentable. « Dans cette société, les gens se croisent puis se tuent dans une même impression de légèreté », rappelle Bruno Gaudichon, conservateur de La Piscine. Car l’histoire révélée ici est aussi celle d’un drame : celui d’une famille juive confrontée au nazisme. Il s’incarne dans la rafle du neveu de Braïtou-Sala, José Moses, déporté à Auschwitz en 1943 où il périt. Le parcours s’achève sur l’ultime lettre dudit « Yoyo », écrite à ses parents depuis le camp de Drancy. Elle nous renvoie au portrait peint par Sala, accroché dans la première salle :

on y voit le regard étonnamment grave d’un enfant, semblant porter déjà le poids de son funeste destin. Celui d’un monde, aussi, qui s’apprête à sombrer… * De 1919 à 1929, période marquée par une grande effervescence culturelle et intellectuelle, mais aussi par une remise en cause des valeurs d’avant-guerre.

Braïtou-Sala (1885 – 1972). L’élégance d’un monde en péril Jusqu’au 05.06, Roubaix, La Piscine, mar > jeu : 11 h > 18 h, ven : 11 h > 20 h, sam & dim : 13 h > 18 h, 9 / 6 € / gratuit (-18 ans), www.roubaix-lapiscine.com À visiter / Retrouvez les œuvres commentées par Alice Massé sur www.lm-magazine.fr


78 EXPOSITION

Anne Valérie Hash

La mode

en liberté Texte Marine Durand Photo Fred Collier, Ville de Calais Fabrice Laroche

Labellisés « Haute couture » en 2008, les vêtements d’Anne Valérie Hash passent pour la première fois des podiums au musée et se donnent à voir à la Cité de la dentelle et de la mode. Loin d’être un simple retour sur 13 ans de carrière, le parcours dévoile un processus de création unique.


80 EXPOSITION

V

oit-on ici une robe ou un pantalon ? Une pièce masculine ou féminine ? Où est l’endroit, où est l’envers ? « Dès mes premières années, je démontais des vêtements et les remontais dans une autre direction », raconte Anne Valérie Hash, reconnaissant un « questionnement permanent » dans sa façon de créer. Démonter, donc, mais aussi déconstruire, décaler, dévier… Au fil des discussions, c’est finalement le poétique « décrayonner » – le dé de la couturière, la craie du tailleur – qui donne son titre à l’exposition, évoquant un travail au plus près de la matière plutôt qu’une méthode reposant sur le croquis. « Après tout, mes modèles ne sont pas répertoriés dans le dictionnaire de la mode », note la styliste. Circuit chromatique – À la fois virtuoses et mystérieuses, 88 pièces, mélange de jersey de soie et de laine sèche, de dentelle et de coton, s’égrènent au fil d’un parcours pensé par Sylvie Marot. « Nous sommes parties du noir pour aller vers la lumière, en jouant avec le vocabulaire stylistique ». Dans chacune des 13 « boîtes » thématiques, dépourvues de vitres pour réduire la distance entre le public et les étoffes, la commissaire a fait figurer deux définitions, l’une classique et l’autre plus personnelle, d’une même technique. On y retrouve aussi les photos de Fabrice Laroche, compilées dans le catalogue de l’accrochage, soit le premier ouvrage de référence sur la maison Anne Valérie Hash. Qui le méritait bien. Anne Valérie Hash - Décrayonner Jusqu’au 13.11, Calais, Cité de la dentelle et de la mode, tlj sf mar, 10 h > 18 h, 7 / 5 / 4 / 3 € / gratuit, www.cite-dentelle.fr


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© Leila Foulon

EXPOSITION

Parcours d’artistes Prêts à percer les mystères de la création ? 360 artistes vous ouvrent les portes de leur atelier. Initiée en 1988 par la commune de Saint-Gilles, cette biennale invite le public à une balade culturelle au cœur de Bruxelles. Une manifestation hors norme à laquelle s’est associée Forest en 2014. Voilà deux villes transformées, et reliées pour l’occasion par les rubans colorés de Kadanja, qui serpentent à travers les rues, les balcons… Le thème de cette édition ? L’art dans l’espace public. Citons Fred Martin, qui vous convie à réaliser une tête géante dans le parc de Forest, tandis que Saint-Gilles se pare des tricots-tags signés par le gang de mamies de Leïla Foulon. J.D. 28 & 29.05 + 04 & 05.06, Saint-Gilles, Forest, divers lieux, 14 h > 19h, gratuit, parcoursdartistes.be (+ nocturnes : 27. 05, Saint-Gilles, 20 h > 00 h // 03.06, Forest, 20 h > 00 h)

Vivienne Westwood A/W 15-16 © Photo René Habermacher, Modemuseum Hasselt

Haute-à-Porter Des podiums à la vie de tous les jours... le grand écart ? Pas forcément. S’appuyant sur des pièces prêtées par de grands couturiers (Vivienne Westwood, Dries Van Noten, Jean Paul Gaultier...) mais aussi des films ou des photographies, cette exposition dévoile les liens entre haute-couture et prêt-à-porter. Pensé par le rédacteur et designer Filep Motwary, le parcours embrasse plusieurs thèmes (la crinoline, le corset…) et offre un regard décalé sur la mode de ces trente dernières années. J.D. Jusqu’au 11.09, Hasselt, Modemuseum, mar > dim : 10 h > 17 h, 8 > 2 € / gratuit (-12 ans), www.modemuseumhasselt.be


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Agenda

THÉÂTRE EXPOSITION & DANSE

Andres Serrano C’est à lui qu’on doit le fameux Piss Christ, soit ce cliché d’un crucifix immergé dans un bain d’urine qui avait déclenché l’ire de catholiques intégristes en 2011. Voici l’une des plus importantes rétrospectives consacrées au photographe américain Andres Serrano. L’occasion de découvrir une œuvre sulfureuse, marquée par la religion, le sexe ou la violence. En parallèle sera dévoilée dans différents lieux de la capitale sa série Denizens of Brussels, constituée de portraits de SDF. Ahmed Osoble, Denizens Of Brussels Series, 2015 © Andres Serrano, Royal Museums of Fine Arts of Belgium

Bruxelles, jusqu’ au 21.08, Musées Royaux des Beaux-Arts, mar > ven : 10 h > 17 h, sam & dim : 11 h > 18 h, 14,50 > 8 € / gratuit (-6 ans)

Francis Cape Bancs d’utopie

Jacques Charlier Peintures pour tous !

Superbe édifice élevé au xixe siècle, classé monument historique, le Familistère de Guise fut un système d’habitation sociale utopique, avant de devenir un musée. Il accueille aujourd’hui l’artiste britannique Francis Cape et sa sculpture composée de 20 bancs différents. Pourquoi ce meuble ? Parce que c’est un formidable symbole : un siège que l’on partage et qui met tout le monde au même niveau ! Une réflexion tout sauf passive sur l’individualisme et la hiérarchie.

C’est l’un des plus grands artistes belges contemporains. L’un des plus décalés, aussi. Jacques Charlier n’a cessé depuis les années 1960 de revisiter l’histoire de l’art tout en raillant cette institution. Personnage flamboyant, avant-gardiste, il s’illustre à travers tous les médias : de la peinture à la chanson en passant par la photographie, la BD… Cette exposition donne à voir une cinquantaine de ses toiles récentes, des caricatures ainsi qu’une installation inédite produite par le MAC’s.

Guise, jusqu’au 18.09, Familistère, tlj : 10 h > 18 h, 9 / 6 €, www.familistere.com

Hornu, jusqu’au 22.05, MAC’s, mar > dim : 10 h > 18 h, 8 / 5 / 2 / 1,25 € / gratuit (-6 ans), www.mac-s.be

Aldo Bakker - Pause Voici la première rétrospective d’envergure consacrée au designer néerlandais Aldo Bakker. Celle-ci dévoile des objets ou pièces de mobilier (carafes, bancs...) aux formes épurées et qui s’affirment au-delà de leur simple utilité fonctionnelle. Uniques, poétiques, ses créations nous invitent à repenser une gestuelle qui nous paraissait évidente (boire, manger, s’asseoir...). Elles changent définitivement notre perception de l’ordinaire. Hornu, 01.05 > 14.08, C.I.D., mar > dim : 10 h > 18 h, 8 / 5 / 2 € / gratuit (-6 ans), www.cid-grand-hornu.be


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Agenda

THÉÂTRE EXPOSITION & DANSE

Duo - Cynthia Godart & Helga Dejaegher

Mes passagers noirs © DR

Bâti au début du xxe siècle, le Château Gilson accueille un cycle d’expositions surprenantes. Duo conjugue en effet le regard de deux artistes sur un même thème, en l’occurrence celui de « la perception de soi ». Aux silhouettes noires de Cynthia Godart, qui sont autant des doubles d’elle-même que des sentiments matérialisés, répondent les installations et vidéos d’Helga Dejaegher, confrontant la réalité à l’abstrait. Deux formes d’art certes différentes, mais complémentaires. La Louvière, jusqu’au 12.06, Château Gilson, mar, jeu, ven : 14 h > 17 h, we : 14 h > 18 h, gratuit, www.ccrc.be

Charles Le Brun Le peintre du Roi Soleil Charles Le Brun fut durant près de 30 ans le premier peintre de Louis XIV. Dans une scénographie restituant la splendeur de l’époque du Roi Soleil, voici dévoilées 235 de ses créations. On découvre une œuvre extrêmement diversifiée : peintures aux sujets historiques, mythologiques ou religieux, mais aussi grandes sculptures du parc du château de Versailles, dessins, tapisseries, mobilier précieux et éléments de décor provenant de résidences aristocratiques ! Lens, 18.05 > 29.08, Louvre, tlj sf mar : 10 h > 18 h, 10 / 5 € / gratuit (-18 ans), www.louvrelens.fr

Open Museum # 3 : Zep Initié en 2014, l’Open Museum renouvelle la visite muséale en proposant à des artistes de s’emparer des œuvres du Palais des beaux-arts de Lille. Après Air et Donald (Duck, pas l’autre), c’est le bédéaste suisse Zep qui se prête à l’exercice. A travers une série de dessins inédits, accrochés sur les murs ou projetés sur les toiles ou sculptures, le papa de Titeuf offre une lecture drôle, impertinente et sacrément instructive de l’histoire de l’art. Pô pour les pôv’ naz ! Lille, jusqu’au 31.10, Palais des beaux-arts, lun : 14 h > 18 h, mer > dim : 10 h > 18 h, 7 / 4 € (tarif réduit pour tous dès 16 h 30 en semaine) / gratuit (-18 ans), www.pba-lille.fr

Home Cinema Jusqu’à quel point se fait-on des films ? Armés de nos téléphones portables, ne sommes-nous pas devenus des « hyper-spectateurs-producteurs-diffuseurs » ? Ces « mini-studios » transportables ont en tout cas modifié notre façon de consommer et de produire les images. Un phénomène qui a bouleversé notre société, et qu’interroge ce parcours d’œuvres d’artistes internationaux, entre installations et réalité virtuelle. Lille, jusqu’au 04.09, Gare Saint-Sauveur, mer > dim : 12 h > 19 h, gratuit, www.lille3000.eu


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Agenda

THÉÂTRE EXPOSITION & DANSE

Ceci n’est pas l’Europe !

© Marec, Cartooning for Peace

Coproduite par le Mons Memorial Museum et l’association Cartooning for Peace (créée par Plantu et Kofi Annan) cette exposition rassemble 120 caricatures. Teintées d’ironie, d’humour ou d’émotion, ces œuvres d’auteurs européens (Pierre Kroll, Nicolas Vadot ou Plantu), russes ou américains suscitent le débat. Ces petits dessins invitent notamment à réfléchir sur les grands desseins qui agitent une Europe en pleine crise identitaire. Mons, jusqu’au 26.06, Mons Memorial Museum, mar > dim : 10 h > 18 h, 6 / 4 €, www.monsmemorialmuseum.mons.be

Eugène Leroy en miroir

Drôles de trames !

Comment présenter Eugène Leroy sous un jour nouveau ? Sous-titrée Histoires d’ondes, histoires d’eau, cette exposition focalise sur l’importance du reflet, du contre-jour et du miroir dans l’œuvre du peintre nordiste. S’appuyant sur des tableaux issus du riche fonds du MUba, mais aussi de prêts, le parcours est construit comme une déambulation sensorielle. Il débute avec la mer, traverse des paysages humides jusqu’à la fameuse vitre grâce à laquelle l’artiste dessina son autoportrait, à l’âge de 17 ans.

La trame renvoie bien-sûr à l’histoire textile du Nord de la France. Mais en tirant sur ce fil, un récit apparaît. On observe à travers le temps une permanence de ce motif, qu’il soit conceptuel ou artisanal. Celui-ci constitue la toile, qui signifie à la fois le web, un tableau, un film… S’appuyant sur les créations d’artistes internationaux, ce parcours poétique tisse un pont entre les âges où se mêlent matières, arts et technologies.

Tourcoing, jusqu’au 18.09, MUba, tlj sf mar : 13 h > 18 h, 5 / 3 € / gratuit (-18 ans), www.muba-tourcoing.fr

Tourcoing, jusqu’au 08.05, Le Fresnoy, mar, jeu, dim : 14 h > 19 h // ven & sam : 14 h > 20 h, 4 / 3€ / gratuit (-18 ans)

Amedeo Modigliani, l’œil intérieur C’est l’un des rendez-vous phares du premier semestre 2016 dans l’Eurorégion. Le musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq expose plus d’une centaine de peintures et dessins de Modigliani. Issus du monde entier, ceux-ci sont accompagnés de la vingtaine d’œuvres – dont une sculpture rare – que possède le LaM, qui jouit de l’une des plus belles collections françaises de l’artiste italien. Evénement rare, donc immanquable. Villeneuve d’Ascq, jusqu’au 05.06, LaM, mar > ven : 11 h > 18 h, sam & dim : 10 h > 18 h, 10 / 7 €, www.musee-lam.fr


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Aurora

Totale éclipse Texte Marie Pons Photo Alessandro Sciarroni

Après avoir associé le « schuhplattler », célèbre danse tyrolienne, à de la musique électronique (Folk-s) et usé du jonglage jusqu’à épuisement (Untitled), Alessandro Sciarroni s’intéresse à un sport quasi inconnu : le goalball. Le chorégraphe italien transforme cette discipline pratiquée par des malvoyants en matière très sensible.

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rogrammée durant le bouillonnant Kunstenfestivaldesarts de Bruxelles, Aurora sonde l’aveuglement et l’obscurité qui pèsent sur notre époque. Le point de départ de la pièce est une discipline paralympique pratiquée par des athlètes malvoyants ou aveugles. La règle ? Deux équipes de trois joueurs s’affrontent avec une balle contenant des grelots. Leur objectif ? Marquer le plus de buts possible en visant la cage adverse, comme au football. Dans la version de Sciarroni, on assiste à un vrai match, assuré par des joueurs professionnels sous l’œil de deux arbitres performeurs complices. 03 & 04.05, Villeneuve d’Ascq, La Rose des vents (Festival L’Entorse), 20 h, 21 > 13 €, www.larose.fr Dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts : 11 > 13.05, Bruxelles, Halles de Schaerbeek, 20 h 30, 16 / 13 €, www.kfda.be KUNSTENFESTIVALDESARTS 06 > 28.05, Bruxelles, divers lieux, pass : 170 €, 1 spectacle : 20 > 6 €, www.kfda.be Sélection : 06.05, Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch (Léa Drouet) // 06 > 15.05, Web of Trust (Edit Kaldor) // 06 > 12.05, Time’s Journey Through a Room (Toshiki Okada / chelfitsch) // 07 > 09.05, Climax of the Next Scene (Jisun Kim) // 07.05, Vorrei tanto tornare a casa ancora una volta (Anna Rispoli) // 07 > 16.05, Oblivion (Sarah Vanhee / CAMPO) // 13 > 14.05, Natten (Mårten Spångberg) // 14 > 19.05, About Kazuo Ohno (Takao Kawaguchi) // 15 > 18.05, Ottof (Bouchra Ouizguen) // 19 > 22.05, Fruits of Labor (Miet Warlop) // 20 > 22.05, SIMPLEXITY, la beauté du geste (Thierry De Mey) // 24 > 28.05, While I Was Waiting (Omar Abusaada) // 25 > 28.05, Donna Haraway : Story Telling for Earthly Survival (Fabrizio Terranova) // 25 > 28.05, inaudible (ZOO / Thomas Hauert)…

Blackout – Ce spectacle s’appréhende comme « une expérience commune », un détournement de notre perception. « Le fait de regarder les joueurs sans qu’ils ne nous voient, place le public dans une situation inédite, suscitant une certaine émotion ». Le chorégraphe bouscule encore nos repères et certitudes lorsque la pièce s’enfonce dans le noir. La partie se poursuit sur le terrain tandis que nous partageons une totale cécité. S’installe alors une dramaturgie réclamant toute notre attention, un intérêt accru pour le son. À travers cette plongée progressive dans la nuit, Aurora pose la question de l’altérité, et promet un moment intense.

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La nuit des taupes + Welcome to Caveland ! Des taupes géantes nous accueillent dans un espace souterrain. Entre mythes et récits d’anticipation, ce spectacle invite à une réflexion poétique sur une humanité se repliant sur elle-même. Il s’inscrit dans un projet plus vaste, Welcome to Caveland !, conçu comme un cirque itinérant. Ainsi, entre performances, concerts ou lectures, la grotte devient un labo d’idées propice à l’ « utaupie ». La nuits des taupes : 06 > 09.05, Bruxelles, Kaaitheater, 20 h 30 (sf dim : 15 h 30), 20 / 16 € // Welcome to Caveland ! : 19 > 28.05, Bruxelles, Les Brigittines, divers horaires, 16 > 3€ / gratuit

Fruits of Labor

[ Miet Warlop ]

Miet Warlop aime croiser les disciplines. Dans Mystery Magnet (2012), elle mêlait objets hétéroclites, matières et personnages. Dans sa nouvelle création, l’artiste flamande marie sculpture et musique dans un même tumulte à la fois créatif et destructeur. Sur scène, performers et instrumentistes se transforment au rythme de percussions semblant battre le pouls de notre monde enfiévré. 19 > 22.05, Bruxelles, Zinnema, jeu : 20 h, ven & sam : 20 h 30, dim : 18 h, 16 / 13 €

Fever Room [ Apichatpong Weerasethakul ] Le programme consacré au cinéaste thaïlandais dévoile une première expérience scénique (l’ensemble comprend une projection de Tropical Malady, une exposition rétrospective : Memorandum). Fever Room invite le 7e art au théâtre en immergeant le spectateur au milieu des images, dans un maelström de lumière, de fumée et de sons. Dans un espace rappelant une caverne, films et performances se croisent, entre rêve et réalité. Fever Room : 21 > 25.05, Bruxelles, KVS, 13 h, 16 h, 18 h, 20 h, 20 h 30, 22 h, 16 / 13€ // Tropical Malady : 16.05, Bruxelles, Forêt de Soignes, 21 h, 4 € // Memorandum : 06 > 28.05, Bruxelles, Cinéma Galeries, 12 h > 20 h, 5 / 3€ (gratuit avec un ticket pour Fever Room)

© Kick the Machine Films

© Martin Argyroglo

[ Philippe Quesne ]


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Ça ira (1) fin de Louis

Joël Pommerat ravive la Révolution Texte Marine Durand Photo E. Carecchio

Il a sondé les rapports familiaux ou l’aliénation par le travail, navigué des contes au cabaret revisité. Mais jamais il ne s’était emparé d’un épisode historique de façon frontale. Dans sa dernière pièce, Joël Pommerat explore un moment fondateur de notre mémoire politique : la Révolution française.

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Terreur, en 1792. Les points de vue alternent entre le cœur du pouvoir (Louis XVI et son entourage) et celui de l’Assemblée constituante, où les députés font le difficile apprentissage de la démocratie. Pommerat s’autorise d’ailleurs quelques libertés avec l’Histoire, tel ce selfie raté avec le roi, mais aucun Robespierre, Marat ou Danton ne sera nommé, « Je ne cherche pas à créer « pour que l’on s’attache non pas aux personnes mais aux un lien avec l’actualité. idées ». Pour mieux mettre Plutôt à obliger le spectateur l’accent sur des valeurs républicaines aujourd’hui remises à s’interroger » en cause ? L’homme de théâtre nuance : « Je ne cherche pas à créer un lien avec l’actualité. PluD’où cet énigmatique Ça ira (1) fin de tôt à mettre le spectateur dans une Louis, renvoyant aux « aristocrates à situation de contrainte, en l’obligeant la lanterne » de la chanson, et laisà s’interroger ». sant présager une possible suite… C’est pourtant bien de la Révolution dont il s’agit dans cette succession 10 > 14.05, Lille, Théâtre du Nord, 19 h, 27 > 7 €, de scènes qui s’étalent des balbutiewww.theatredunord.fr ments de 1786 aux prémices de la uatre heures et demie de spectacle, 14 comédiens, et un thème hautement romanesque. « J’avais e n v i e de travailler sur une grande épopée », explique Joël Pommerat, qui savait aussi ce qu’il ne voulait pas : « Un titre simpliste, qui en dise trop sur son sujet ».


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Cri © Philippe Laurençon

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Les Extravagants Extravagant : déraisonnable et bizarre. Merci Petit Robert. On comprend mieux pourquoi rien ne tourne rond dans ce festival (et heureusement). Tenez, ce somnambule qui s’assoupit sur sa chaise, vit endormi et rêve éveillé au gré de ses acrobaties – bluffantes, il faut dire (Pesadilla, de Piergiorgio Milano). Tout aussi détonants, ces voltigeurs sautant sur trois trampolines (Cri, de la Compagnie Kiaï). Sans parler de cette armée de clowns à l’assaut de la Gare Saint-Sauveur. Nos zygomatiques vont en prendre pour leur grade ! J.D. 17 > 22.05, Lille, Le Prato, Gare St-Sauveur, www.leprato.fr Pesadilla : 17 & 18.05, Lille, Le Prato, mar : 20 h, mer : 21 h, 17 > 5€ // Cri : 18.05, Comines, Parc Philippe de Comines, 15 h & 20 h, gratuit // Gare aux clowns : 19 > 22.05, Lille, Gare St-Sauveur, gratuit

Pierre Kroll en scène

© DR

Poussé sur scène par son ami Bruno Coppens, le caricaturiste donne vie à son trait mordant qui réjouit les lecteurs du Soir ou de Moustique. Forcément, il sera question de dessins de presse. Le Liégeois parle de son job derrière un pupitre et devant un écran géant, régalant le public de son coup de crayon en live. Kroll se livre aussi beaucoup, évoque son père athée et sa mère catho, mais pour mieux dézinguer la religion. Sa lecture de l’Évangile est ainsi un sommet de l’absurde (cet épisode où Jésus rend la parole à un muet, avant de lui sommer de garder le silence...). Une révélation. J.D. 01.05, Soumagne, 20 h, 25 € // 05.05, Rochefort, 20 h, 34 > 24 € 19.05, Louvain-la Neuve, 20 h, 25 > 15 € // 29.05, Virton, 20 h... 01.07, Abbaye de Stavelot (Festival du Théâtre), 20 h…


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By Heart

Le cœur à l’ouvrage Dans By Heart, Tiago Rodrigues invite dix personnes à retenir un poème de Shakespeare. À travers cette pièce, le directeur artistique du Théâtre national de Lisbonne livre une déclaration d’amour aux mots, et un acte de résistance contre tous les fascismes. Que signifie « apprendre par cœur » ? Voilà la question posée par Tiago Rodrigues. Celle-ci lui a été inspiré par sa grand-mère. « Elle a travaillé tôt, fut cuisinière toute sa vie, mais nourrissait une passion pour la littérature. À l’âge de 93 ans, elle a su qu’elle deviendrait aveugle, elle m’a alors demandé de lui choisir un livre qu’elle pourrait apprendre par cœur… ». C’est cette histoire que le metteur en scène portugais partage. Au sens littéral du terme. Dans By Heart, il convie dix spectateurs sur scène. Assis sur des chaises disposées à ses côtés, ils s’imprègnent du sonnet 30 de Shakespeare, qui a pour thème la mémoire. En filigrane, Tiago Rodrigues évoque des écrivains tels que Ray Bradbury ou Ossip Mandelstam, poète russe emprisonné sous le régime stalinien et dont l’œuvre fut détruite. « Sa femme invitait chaque jour dix personnes dans sa cuisine pour leur réciter ses vers, afin de les sauver… c’est ce qui m’a inspiré ce dispositif ». On assiste ici à une célébration de la littérature autant qu’à un acte de résistance artistique « contre tous les totalitarismes : économiques, politiques ou biologiques. Apprendre par cœur, c’est aussi 18 & 19.05, Armentières, Le Vivat, lutter contre la décadence du corps, la mort, 20 h, 21 / 14 / 7 €, www.levivat.net le temps ». Une leçon inoubliable. Julien Damien

© Magda Bizarro

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© Monika Rittershaus

THÉÂTRE & DANSE

L’Orfeo Narrant le périple d’Orphée, parti délivrer Eurydice des Enfers, L’Orfeo de Monterverdi fut salué voilà 400 ans pour son équilibre entre les chants et les parties instrumentales. La chorégraphe allemande Sasha Waltz restitue cette harmonie à travers un spectacle situé entre le ballet et l’opéra. Ici, chanteurs, danseurs et musiciens se croisent dans le même espace scénique. La musique mêle ainsi les morts et les vivants, mais aussi l’amour, le chagrin et l’espoir. Une œuvre totale mais sans démesure. J.D. 20 > 24.05, Lille, Opéra, 20 h, 69 > 5 €, www.opera-lille.fr

© Brigitte Enguérand

Dom Juan Héraut d’un théâtre populaire, Jean-François Sivadier ranime le plus célèbre des libertins. Comment ? En lui insufflant cette modernité « rock » déjà saluée dans son Misanthrope. Dandy clownesque et mélancolique, épaulé par un Sganarelle punk, ce Dom Juan-là (Nicolas Bouchaud) chante Sexual Healing de Marvin Gaye, blasphème sous un ciel d’astres mobiles, pourfend l’intégrisme religieux (thème ô combien d’actualité)… Et séduit, évidemment. En premier lieu le public. Comme un symbole, il entre en scène en surgissant de la salle, faisant la cour aux spectatrices ! Le texte, ainsi joué, n’en est que plus vivant. Il devient une fête. J.D. 24 > 27.05, Villeneuve d’Ascq, La Rose des Vents, 20 h (sauf jeu : 19 h), 21 > 13 €, larose.fr


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Agenda

Potiche

© Fabrice Gardin

Barillet et Grédy / Nathalie Uffner

Suzanne Pujol est une potiche. Soumise à son riche industriel de mari, elle occupe ses journées avec ses rosiers, son jogging… Jusqu’au jour où elle se retrouve propulsée à la tête de l’entreprise de son époux, qui a été chassé par le personnel. Elle révèle alors un visage inattendu… Auteurs d’une trentaine de comédies depuis les années 1950, Barillet et Grédy s’amusent de l’actualité économique et politique avec un sens certain du burlesque et beaucoup d’à propos. Jusqu’au 15.05, Bruxelles, Théâtre royal des Galeries, mar > sam : 20 h 15, dim : 15 h, 25 > 12 €, www.trg.be

Éloge du mauvais geste Ollivier Pourriol / Valérie Cordy / Denis Laujol

Othello, variation pour trois acteurs

Ollivier Pourriol porte sur le terrain de la réflexion six gestes qui ont marqué l’histoire du foot. Le coup de boule de Zidane, la « main de Dieu » de Maradona ou la prise de karaté de Cantona illustrent la pensée grecque, de Sartre ou de Spinoza. Amené sur scène par Valérie Cordy et interprété par Denis Laujol, qui décortique ces (mé)faits de match sur écran géant, cet Éloge du mauvais geste est une conférencespectacle certes hors-jeu, mais hilarante.

Raccourcie à 1 h 30, cette adaptation se concentre sur trois personnages : Iago, Desdémone et Othello. Le Maure de Venise est ici réduit à sa condition d’étranger et devient « l’Arabe », à la fois héros puis victime du capitalisme et, surtout, du racisme. La pièce cristallise ainsi ce climat d’inquiétude contemporain de notre Europe, en s’appuyant sur celui qui secoua l’Angleterre du xviie siècle, et le verbe éternel de Shakespeare.

03.05, La Louvière, Le Palace, 20 h, 15 > 12 €, www.ccrc.be // 04.05, Comines, Centre Culturel, 20 h, 12 > 6 €, www.cccw.be

Shakespeare / Nathalie Garraud & Olivier Saccomano

10 > 13.05, Béthune, La Comédie, 20 h, 20 > 6 €, www.comediedebethune.org // 25.05, Vieille Chapelle, Espace Avenir // 26.05, Béthune, Salle Olof Palme // 27.05, Marles-les-Mines, Salle Pignon…

Orlando Guy Cassiers / Virginia Woolf / Katelijne Damen

Orlando ? Un personnage fascinant, qui vécut trois siècles et changea de sexe ! Né homme sous le règne d’Elisabeth Iere (avec qui il aura une liaison) ce poète devint ensuite l’amant d’une princesse russe, puis une femme… Coutumier des adaptations de sommets littéraires, Guy Cassiers tire du roman de Virginia Woolf une ode à la vie et à la création. Sur scène, Katelijne Damen est magnifiée par les effets visuels que chérit le flamand : images et vidéos projetées sur grand écran. 11 > 14.05, Bruxelles, Théâtre National, 20 h 15, 19 €, www.theatrenational.be


104 THÉÂTRE & DANSE

Agenda

Les Nuits polaires Cie Les Anges au plafond / D’après Jørn Riel

© Vincent Muteau

Inspirées des Racontars arctiques de l’écrivain danois Jørn Riel, ce spectacle de marionnettes décrit les dures et longues nuits polaires. Au centre d’un igloo, Brice Berthoud manipule de vieux trappeurs aux bouilles improbables. Ceux-ci content de brèves histoires, émouvantes et drôles, sur le fameux vertigo qui saisit les hommes jusqu’à le rendre marteau. Dépaysement garanti. 11 & 14.05, Dunkerque, Le Bateau-Feu, mer : 15 h, sam : 17 h, 5 €, www.lebateaufeu.com

Animal(s) Eugène Labiche / Jean Boillot

Voici deux formes brèves parmi les 174 pièces écrites par Eugène Labiche (1815-1888). Leur thème commun ? Le parasite. Dans La Dame au petit chien, un jeune homme endetté s’offre en gage à son créancier, gagnant ainsi une maison sans avoir à verser de loyer. Dans Un mouton à l’entresol, un pseudo-domestique se fait engager chez un maître pour se servir de sa demeure comme laboratoire vétérinaire. Deux satires étranges et jubilatoires. 12 & 13.05, Valenciennes, Le Phénix, 20 h, 22 > 9 €, www.lephenix.fr // 19 & 20.05, Dunkerque, Le BateauFeu, jeu : 19 h, ven : 20 h, 8 €, www.lebateaufeu.com

Pour le meilleur et pour le pire Cirque Aïtal / Kati Pikkarainen and Victor Cathala

Une Simca 1000 débarque sous le chapiteau. En sort un drôle de couple. Lui est un colosse un peu macho, elle est fluette et hystérique. Le moteur d’un duo comique, et le point de départ de numéros de hautes voltiges. Tandis qu’ils se disputent ou s’étreignent, la petite auto diffuse sa musique et sert à toutes sortes d’acrobaties, prêtant par exemple ses pots d’échappement pour fabriquer un mât chinois ! Balaise, et touchant. 20 > 22.05, Calais, Le Channel, ven : 20 h, sam : 19 h 30, dim : 17 h, 10 / 5 €, lechannel.fr

Magic Délirium Eric Antoine / Etienne de Balasy

Troisième spectacle pour le prestidigitateur le plus tordant de la planète. Ce grand chevelu aux allures de savant fou se penche cette fois sur… les croyances. De la petite souris à la télévision, d’Internet à la vie extra-terrestre, Eric Antoine se joue de notre crédulité, alternant tours (vraiment) impressionnants, rires hystériques et blagues à tout-va. Un sacré dépoussiérage de la magie. 27.05, Roubaix, le Colisée, 20 h 30, 45 > 15 €, www.coliseeroubaix.com // 06.11, Bruxelles, Cirque Royal, 17 h, 49,50 > 39,50 €, cirque-royal.org


106 LE MOT DE LA FIN

Magnéto ! – Ces jaquettes de cassettes VHS n’auraient pas dépareillé dans le bon vieux vidéoclub de papa. Nostalgique du film qui se rembobine, l’artiste anglais Steelberg a (fort bien) imaginé à quoi ressembleraient nos blockbusters contemporains s’ils étaient sortis il y a 30 ans. Drive, Les Huit salopards, Seul sur Mars, The Revenant… Avouez que ça donne envie de ressortir le magnétoscope. www.facebook.com/steelbergofficial


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