LE SUJET DANS LA CITE DE L'ORGANISATION
N°130 - 8 juin 2016
La Revue n°7 en préparation
La Revue n°6 est parue
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Agenda des événements
Nuit debout : Une clairière à Paris « Etat d’alerte » de Gérard Gromer
L
a réforme des retraites programmée par Sarkozy en 2011 avait, elle aussi, on s'en souvient, suscité des manifestations de grande ampleur. Des observateurs avaient alors remarqué que toute cette foule n'était pas seulement dans la rue pour sauver son régime de retraite. Dans un monde où le passé, qui était en train de s'effacer, pesait de moins en moins sur le présent, et devant un futur de résignation et de frustration, ce que cette vague populaire manifestait pardessus tout, c'était son désarroi, sa vulnérabilité et même, pour qui voulait bien voir et entendre vraiment, un appel au secours. Je me souviens d'un édito de Philippe Sollers évoquant des visages de lycéens criant qu'ils voudraient vivre plutôt que survivre. Ce qui, du fond de cette France moisie et déprimée, n'exprimait pas précisément une volonté insurrectionnelle. Si tous ces gens qui vivaient mal et n'ont rien obtenu étaient cependant disposés à tout supporter, c'est qu'on leur avait dit d'attendre, de ne pas abandonner la partie, et que le changement espéré allait peut-être, sait-on jamais, arriver avec l'élection présidentielle toute proche. Assez vite, cependant, les Français ont pu réaliser que Hollande mentait, qu'une escroquerie sans précédent était en train de se mettre en place, et que le mot d'ordre de campagne « le changement, c'est maintenant » n'était qu'un slogan de marketing, aussi inconséquent que le bla-bla publicitaire, que c'était une bulle de savon qui allait éclater au moment de la plus grande euphorie, le soir même de la victoire.... [La suite]