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Hannah Darabi _ Les Glorieuses

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« Je suis fière de dire que je suis une femme iranienne », entretien avec la photographe Hannah Darabi par Rebecca Amsellem (Instagram, Linkedin, Twitter) Hannah Darabi est photographe, elle a étudié à la Faculté des Beaux-Arts de Téhéran, puis à l’Université Paris VIII-Saint-Denis. Elle vit aujourd’hui en France et propose à travers son travail de mettre en lumière la réalité spécifique de son pays d’origine, l’Iran. Elle a reçu plusieurs prix, dont le prix Bernd und Hilla Becher décerné par la ville de Düsseldorf pour l’ensemble de sa pratique artistique en 2022, et, plus récemment, le prix Madame Figaro pour le projet de Soleil of Persian Square en 2023. Son exposition, Soleil of Persian Square, visible aux Rencontres d’Arles jusqu’à fin septembre 2023. Elle y explore la notion d’identité au sein de la diaspora iranienne aux Etats-Uni grâce à un documentaire-fiction autour d’une ville qui n’existe pas, Tehrangeles – contraction de Téhéran et Los Angeles. Tehrangeles n’existe pas que dans l’imaginaire de l’artiste puisque c’est un quartier bien réel de la ville. Il ne ressemble en rien à Téhéran mais pourtant ses habitants y trouvent une similarité déconcertante avec leur pays d’origine. Cet entretien a eu lieu à Arles, le 6 juillet dernier 2023. Rebecca Amsellem – L’exposition Soleil of Persian Square est un voyage dans une ville imaginaire mais pourtant bien réelle. Qu’est-ce que l’imaginaire vous permettait de faire que la réalité ne vous permettait pas de faire Hannah Darabi – Cette ville fictive s’appelle Tehrangeles. Il s’agit d’un nom inventé par la communauté iranienne qui vit là-bas, un mélange de Téhéran et Los Angeles. Je l’ai connu dans mon adolescente car elle était représentée dans les clips que je regardais. Après la révolution de 1979, lorsque le régime politique a changé vers un régime théocratique, certaines choses n’étaient plus acceptées, comme la musique populaire, jugée trop proche de la culture américaine. Cette musique était également jugée non conforme aux lois islamiques. C’est alors que les chanteurs et chanteuses sont allé·e·s vivre à Los Angeles. Et donc lorsqu’il fallait produire des clips musicaux, ils se sont rendus à Tehrangeles. Et nous, on recevait ces objets, ces sons, ces images via cassettes VHS piratées – des copies de copies déjà de mauvaise qualité. Dans ces clips, on voyait l’imaginaire construit à partir de cet endroit. Ils filmaient l’océan par exemple, d’une manière nostalgique de la mer Caspienne – qui joue un rôle très important dans la culture intime iranienne. Ces images étaient à la fois pour eux, pour leur nostalgie et pour nous dire aussi qu’ils sont toujours en lien avec nous. Je connais Tehrangeles


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Hannah Darabi _ Les Glorieuses by Les Rencontres de la photographie, Arles - Issuu