En juin, je lis autochtone! 2025

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DÉCOUVREZ

LES LITTÉRATURES

AUTOCHTONES DANS

TOUTE LEUR DIVERSITÉ

Les littératures autochtones se donnent du genre !

Les enquĂȘtes de Thumps

DreadfulWater

Enjeux politiques et environnementaux sur fond d’intrigues policiùres et de truculents personnages.

Les aventures de Leo Desroches

Des histoires qui collent Ă  l’actualitĂ© en s’intĂ©ressant au sort des Autochtones Ă  Edmonton.

Traßtres et Déshonneur au Camp 133

Huis clos dans un camp de prisonniers Ă  Lethbridge, en Alberta, durant la Seconde Guerre mondiale.

Nous voulons voir votre chef !

Les caractéristiques traditionnelles de la science-fiction filtrées à travers une conscience autochtone.

MOT DU PORTE-PAROLE

J’aime la dĂ©finition selon laquelle les littĂ©ratures autochtones sont dĂ©crites comme l’ensemble des Ɠuvres Ă©crites par des personnes issues des PremiĂšres Nations, des MĂ©tis et des Inuit. Celle-ci ouvre la porte sur une si grande variĂ©tĂ© de voix.

Chaque auteur·ice a son style. Chaque auteur·ice aborde les sujets qu’iel prĂ©fĂšre Ă  travers son mĂ©dium de prĂ©dilection. Il y en a pour tous les goĂ»ts.

Pendant le mois de juin, je vous invite Ă  vous procurer un livre d’un·e auteur·ice autochtone Ă  votre librairie favorite. Laissez les mots de ces Ă©crivain·e·s vous prendre la main et vous guider Ă  l’intĂ©rieur de leur univers. Si vous ne savez pas par oĂč commencer, le prĂ©sent carnet vous guidera assurĂ©ment. J’espĂšre que vous serez tenté·e de dĂ©couvrir les auteur·ice·s prĂ©senté·e·s Ă  travers les entrevues, les recommandations ou les magnifiques couvertures de livres que vous trouverez Ă  travers ces pages.

Cette annĂ©e, une place toute particuliĂšre est accordĂ©e au théùtre. Sur scĂšne, les mots s’animent et prennent vie. À travers les pages de ce carnet, vous trouverez des recommandations théùtrales qui permettront d’ouvrir les rideaux sur le théùtre autochtone et sur les diffĂ©rents titres qu’il a Ă  offrir.

Bonne lecture et, surtout, bonne découverte!

MOÏRA-UASHTESKUN BACON

Mes suggestions théùtrales :

‱ Mashinikan : le livre, Marco Collin - Dramaturges Ă©diteurs

‱ Manikanetish, mise en scĂšne par Jean-Simon Traversy (d’aprĂšs le roman de Naomi Fontaine publiĂ© aux Ă©ditions MĂ©moire d’encrier, )

‱ L’enclos de Wabush, mise en scĂšne par Daniel BriĂšre et Dave Jenniss (d’aprĂšs le livre Chroniques de Kitchike: La grande dĂ©bĂącle de Louis-Karl Picard Sioui publiĂ© aux Éditions Hannenorak)

Pekuakamiulnu de Mashteuiatsh, MoĂŻra-Uashteskun Bacon s’inspire de sa propre jeunesse, en communautĂ© et en milieu urbain, pour Ă©crire. Lorsque sa tĂȘte n’est pas hantĂ©e par les personnages de ses histoires, MoĂŻra partage sa passion en animant des ateliers d’écriture pour les enfants Ă  MontrĂ©al. En 2023, son premier roman, Envole-toi, Mikun, est paru aux Éditions Hannenorak. L’amie de mon pĂšre est son deuxiĂšme roman.

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Responsable de la publication :

Elizabeth Dubé

Illustration de la couverture et autres illustrations :

Meky Ottawa

Comité de rédaction :

MoĂŻra-Uashteskun Bacon

Elizabeth Dubé

Collaborateur·ice·s :

Marie-Josée Bastien

Sophie Bellefeuille

Catherine Couillard

Isabelle Dion

Jérémy Lévesque

Émilie Monnet

Diane Obomsawin alias Obom

Myriam Paul-Ouellet

Louis-Karl Picard-Sioui

Audrey-Lise Rock-Hervieux

Yves Sioui-Durand

2025-04-02 12:21 PM

Révision linguistique : Isabelle Pauzé

Correction d’épreuves :

Sophie Bellefeuille Elizabeth Dubé

Graphisme :

KX3 Communication inc.

Imprimé au Québec par : Marquis imprimeur

Nous remercions nos partenaires ci-dessous qui nous permettent de mener à bien le projet de diffusion des arts littéraires autochtones.

© 2025. Toute reproduction de cette publication, en partie ou en totalitĂ©, est interdite sans l’autorisation Ă©crite par un·e reprĂ©sentant·e de l’organisme Je lis autochtone!. Ce carnet est interdit Ă  la vente.

© Risa Hugo, 2024, pour les illustrations tirées de Nous sommes Métis

WAB KINEW

LA ROUTE SANS FIN

Dans cette passionnante suite du roman fantastique Un pied dans chaque monde, les frontiĂšres entre le monde virtuel et le monde rĂ©el deviennent dangereusement floues. Et s’il y avait lĂ  un prĂ©sage de ce qui nous attend avec les avancĂ©es de l’IA ?

« Soyez fiers de chaque  pas que vous faites, dans  ce monde ou ailleurs.

Ando-bawaajigek –Poursuivez vos rĂȘves ! »

– WAB KINEW –

FICTION

BAD CREE

Jessica Johns (trad. Éric Fontaine) - Alto

Mackenzie a quittĂ© sa communautĂ© pour vivre Ă  Vancouver. Cependant, depuis quelque temps, elle fait des rĂȘves Ă©tranges et de plus en plus rĂ©alistes allant jusqu’à se rĂ©veiller avec une tĂȘte de corneille ensanglantĂ©e Ă  la main. Quand sa sƓur dĂ©cĂ©dĂ©e lui apparaĂźt en songe, elle comprend qu’elle doit retourner aux sources afin de faire la lumiĂšre sur certains Ă©vĂ©nements de son passĂ©. Un entremĂȘlement d’onirisme et de crĂ©atures millĂ©naires Ă  vous glacer le sang.

CHOEUR INFIME

Billy-Ray Belcourt (trad. Mishka Lavigne) - Triptyque

DĂ©laissant sa thĂšse pour Ă©crire le roman dont il rĂȘve depuis toujours, le personnage principal se sert de la narration pour se questionner sur la famille, l’amour et le bonheur. Un rĂ©el plaisir de retrouver l’écriture poĂ©tique et authentique de Billy-Ray dans une nouvelle formule.

COMME DES PAS DANS LA NEIGE

Louise Erdrich (trad. Michel Lederer) - Albin Michel

À travers la narration de Nanapush, un AĂźnĂ©, et la jeune Pauline, dĂ©couvrez l’histoire de vengeance de Fleur Pillager. Les membres de sa communautĂ© se meurent de froid et de faim pendant que leurs territoires leur sont arrachĂ©s tour Ă  tour, elle doit agir. Au-delĂ  de la vengeance, son pĂ©riple l’amĂšnera surtout Ă  se reconstruire.

DIEU N’EST PAS LÀ AUJOURD’HUI

Francine Cunningham (trad. Sylvie Nicolas) - Éditions Hannenorak

Entre roman et recueil de nouvelles, ce livre vous entraßnera dans des recoins sombres et drÎles à la fois. Naviguez entre la vie et la mort avec des personnages hauts en couleur. Un univers complÚtement éclaté, difficile à oublier et à définir.

LA DÉRIVE DU TRICKSTER

Eden Robinson (trad. Marie Frankland) - VLB éditeur

La suite tant attendue du roman Le fils du Trickster ! Jared vit maintenant Ă  Vancouver avec sa grand-mĂšre pensant ĂȘtre suffisamment loin des dĂ©bauches de sa mĂšre et des lubies de son ex pour reprendre une vie plus normale. Mais qu’est-ce que la normalitĂ© quand on est le fils du Trickster ?

L’AMANT DU LAC (FORMAT POCHE)

Virginia Pesemapeo Bordeleau - MĂ©moire d’encrier

Plongez vous dans ce récit mettant en scÚne un lac fougueux et deux amants damnés. Une histoire empreinte de sensualité et de désir, une reprise de possession du corps féminin. La prose de Virginia Pesemapeo Bordeleau saura certainement vous émouvoir et vous faire réfléchir.

LA SƒUR DISPARUE

Amanda Peters (trad. Felicia Mihali) - Hashtag

Le rĂ©cit touchant de deux familles bouleversĂ©es par la disparition d’une fillette mi’kmaq, Ruthie, dans les annĂ©es 60. La double narration permet de suivre la vie de Joe, le frĂšre de la disparue, et Norma, une jeune fille adoptĂ©e par une famille stricte et triste. Tous deux profondĂ©ment marquĂ©s par les Ă©vĂ©nements, ils tenteront de comprendre ce qui s’est rĂ©ellement passĂ© ce jour d’étĂ© et d’affronter les traumatismes engendrĂ©s.

LE CERCLE

Katherena Vermette (trad. Mélissa Verreault) - Québec Amérique

La finale de cette trilogie est maintenant disponible ! Phoenix sort finalement de prison, ce qui entraĂźne plusieurs consĂ©quences sur tous les personnages tant apprĂ©ciĂ©s de la sĂ©rie. D’une main de maĂźtre, Katherena Vermette montre toute la rĂ©silience dont font preuve les femmes MĂ©tis qui habitent cette histoire.

FICTION

MANIKANETISH (RÉÉDITION)

Naomi Fontaine - MĂ©moire d’encrier

Une jeune enseignante de français retourne dans sa communauté pour y enseigner. Elle rencontrera des élÚves incroyables qui portent en eux un lourd bagage de vie. Un récit sensible et profondément humain. Le roman a également été adapté au théùtre.

NAUETAKUAN, UN SILENCE POUR UN BRUIT (RÉÉDITION)

Natasha Kanapé Fontaine - BibliothÚque québécoise

C’est au MusĂ©e d’art contemporain que Monica fait la connaissance de Katherine, jeune femme anishinaabe Ă©panouie. À la suite de cette rencontre, Monica prendra conscience de son isolement et de la perte de son identitĂ© innue. Plusieurs Ă©vĂ©nements en dĂ©couleront et lui permettront de se rĂ©approprier sa culture et ses souvenirs, trop longtemps enfouis.

NÎTISÂNAK

Jas. M. Morgan (trad. MichĂšle Plomer) - Marchand de feuilles

Ce petit livre inclassable ne vous laissera certainement pas indiffĂ©rent·e. L’auteurice revendique ses opinions sur le KKKanada de maniĂšre claire et touchante. À la fois personnel et historique, ce rĂ©cit punk vous fera repenser les relations interpersonnelles. L’amour cĂŽtoie le drame dans ces rĂ©flexions nouvelles et essentielles.

TIENS TA LANGUE

Matthew Tétreault (trad. Luba Markovskaia) - La Peuplade

Que restera-t-il de l’histoire des Premiers Peuples lorsque les dernier·Úre·s AĂźné·e·s, nous aurons quitté·e·s ? En voyant son oncle au seuil de la mort, un jeune homme revisite l’histoire de sa famille et son identitĂ©. Un roman d’une grande richesse sur la prĂ©servation de la culture et la transmission.

BQ, JE LIS

EN LIBRAIRIE LE 25 SEPTEMBRE

NOUVELLE FICHE PÉDAGOGIQUE DISPONIBLE

ÉMILIE MONNET OKINUM

Émilie est d’origine anishinaabe et son pĂšre est français. Elle vit actuellement entre l’Outaouais et TiohtiĂ :ke/ Mooniyaang (MontrĂ©al).

À la croisĂ©e du théùtre, de la performance et des arts mĂ©diatiques, le travail d’Émilie Monnet est le plus souvent prĂ©sentĂ© sous forme de théùtre interdisciplinaire ou d’installations performatives. Sa dĂ©marche artistique privilĂ©gie les processus crĂ©atifs collaboratifs et multilingues oĂč elle explore les thĂšmes de la mĂ©moire, de l’histoire, de la transformation et de l’amour. En 2011, elle a fondĂ© Onishka Productions afin de crĂ©er des ponts et de nourrir les relations entre les artistes et les communautĂ©s autochtones du monde entier. Émilie collabore souvent avec d’autres artistes autochtones pour porter leur vision sur scĂšne, notamment en rĂ©alisant Uvattini, la performance multimĂ©dia du dernier album d’Elisapie, et en rĂ©alisant une adaptation théùtrale du roman Ă  succĂšs Kukum de Michel Jean.

La version revue et augmentĂ©e d’Okinum a Ă©tĂ© publiĂ©e cet hiver aux Ă©ditions Les Herbes rouges. En quoi varie-t-elle de la prĂ©cĂ©dente ? Okinum est le premier texte que j’ai Ă©crit. Je l’ai tout de suite mis en scĂšne et jouĂ©. Ensuite, j’ai Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  le prĂ©senter, puis Ă  le traduire en anglais. Cela a Ă©tĂ© l’occasion de continuer Ă  peaufiner un peu la structure et la dramaturgie. Il y avait une scĂšne que je voulais ajouter; celle d’un rĂȘve rĂ©current que j’ai fait trois fois dans ma vie. Je voulais donc qu’il soit prĂ©sent trois fois dans le texte. La nouvelle version permet de l’avoir en français, en anglais et en anishinaabemowin. J’ai ainsi pu le reprĂ©senter en français Ă  Espace Go en 2023. Cela a Ă©tĂ© l’occasion de traduire la version anglaise et d’intĂ©grer les changements Ă  la nouvelle version française. J’avais envie de laisser une trace de ce travail. Il y a Ă©galement plus de textes de ma part qui abordent davantage le processus d’écriture. On a aussi inclus un article sur ma relation Ă  l’apprentissage de l’anishinaabemowin.

Plusieurs voix sont entendues dans Okinum. La piĂšce devient un dialogue, entre voix animales et voix humaines, qui s’expriment en trois langues diffĂ©rentes. Qu’avez-vous personnellement appris de ce dialogue que vous avez orchestrĂ© ?

Je pense que c’est, d’une façon plus profonde, mon lien avec le castor, Amik en anishinaabemowin. Je voulais dĂ©chiffrer ce rĂȘve mystĂ©rieux. Le fait de l’avoir rĂȘvĂ© trois fois me faisait penser que c’était quelque chose d’important, qu’il fallait que j’y prĂȘte attention et que je dĂ©chiffre les paroles que le castor m’avait dites. C’est donc vraiment parti de cette quĂȘte afin d’approfondir mon rapport Ă  Amik et Ă  sa mĂ©decine. Pour moi, Amik, c’est comme mon parent. Je trouve que les liens entre le monde animal et le monde humain sont poreux. J’avais envie de l’exprimer dans ce spectacle.

C’était aussi important pour moi de faire entendre la voix de VĂ©ronique Thusky, artiste interdisciplinaire qui est dĂ©cĂ©dĂ©e en 2023 et qui m’a enseignĂ© l’anishinaabemowin. Pour moi, c’est une image de toutes les heures que j’ai passĂ©es avec elle et de tout ce qu’elle m’a appris au fil des annĂ©es, que ce soit sur le plan de la langue, de la sĂ©mantique ou des histoires. Elle est vraiment une personne importante dans mon parcours. Une amie aussi. Elle m’aide Ă  dĂ©chiffrer les paroles, les paroles du castor, en fait.

Vous portez le chapeau d’autrice et celui de metteuse en scĂšne. Vous avez mis en scĂšne Okinum, de mĂȘme que l’adaptation du livre Kukum, qui a Ă©tĂ© jouĂ©e sur scĂšne l’automne dernier. Mettre en scĂšne un roman semble ĂȘtre beaucoup de travail. Comment avez-vous vĂ©cu ce processus ?

Ça dĂ©pend des projets. Okinum Ă©tait mon premier projet, une co-mise en scĂšne. Il a Ă©tĂ© mon Ă©cole pour apprendre Ă  faire de la mise en scĂšne, Ă  jouer sur scĂšne et Ă  Ă©crire. Pour mon plus rĂ©cent projet, Kukum, c’était la premiĂšre fois que je mettais en scĂšne un texte qui n’était pas de moi. Je pense qu’il faut adapter le rĂ©cit de façon Ă  rendre service Ă  l’histoire, puis aux personnages qui vont ĂȘtre sur scĂšne. Pour Kukum, comme je ne suis pas Innue, c’était vraiment important pour moi de m’entourer de personnes innues pour pouvoir bien livrer ce spectacle. Je pense qu’avant tout, faire de la mise en scĂšne, c’est un travail d’équipe. C’est comme si c’était toi qui Ă©tais Ă  l’arriĂšre du canot : c’est toi qui diriges, qui guides, qui dĂ©cides oĂč l’on va. C’est comme ça que je le vois. L’important, c’est de prendre soin des relations, d’activer et de garder le feu sacrĂ© de la crĂ©ation chez tout le monde.

POLARS / NOUVELLES

L’AUTOMNE DE LA DISGRÂCE (FORMAT POCHE)

Wayne Arthurson (trad. Pascal Raud) - Alire

Plongez dans la premiĂšre enquĂȘte du journaliste cri, Leo Desroches. Obtenant exceptionnellement l’autorisation d’entrer dans la tente d’enquĂȘte pour observer la victime d’un meurtre, Desroches dĂ©couvre qu’il s’agit d’une femme autochtone. Il dĂ©cide, dĂšs lors, de lui donner un visage, d’humaniser son histoire et de faire la lumiĂšre sur ce qui lui est arrivĂ©.

LE CHESTERFIELD ROUGE

Wayne Arthurson (trad. Pascal Raud) - Héliotrope

M est un employĂ© municipal des plus ordinaires. Sa vie prend cependant une drĂŽle de tournure le jour oĂč il tombe sur un sofa Chesterfield rouge contenant un pied. Des chapitres courts et rythmĂ©s qui vous tiendront en haleine.

UNE ENQUÊTE DE DREADFULWATER T. 6 LE CADAVRE DU CANYON

Thomas King (trad. Paul Gagné et François Vaillancourt) - Alire

On retrouve l’attachant et, disons-le, assez dĂ©passĂ©, enquĂȘteur DreadfulWater dans ce rĂ©cit qui met en scĂšne une portĂ©e de chatons, un canyon, des panneaux gĂ©ants et un cafĂ© de quartier ! L’humour de Thomas King et son sens de l’intrigue sauront vous garder captivé·e jusqu’à la fin.

LE TERRE-PLEIN DE LA DESTINÉE

Louis-Karl Picard-Sioui - Éditions Hannenorak

Retrouvez le personnage unique de Jean-Paul Paul Jean-Pierre, vedette de l’univers de Kitchike, dans ce court rĂ©cit. CoincĂ© Ă  inviter la belle Denise Ă  souper et n’ayant rien Ă  manger, Jean-Paul s’initiera Ă  la chasse pour rĂ©aliser le repas tant espĂ©rĂ©. Nul doute que cette nouvelle expĂ©rience ne se dĂ©roulera pas tout Ă  fait comme prĂ©vu.

La roue de médecine

Un nouveau récit pour guérir la planÚte

Le rĂ©cit d’une chercheuse autochtone qui aspire Ă  rĂ©concilier sa tĂȘte (science occidentale) et son cƓur (vision du monde autochtone) pour cheminer vers une guĂ©rison Ă©cologique.

Un bestseller, enfin traduit, qui jette les bases d’une Ă©cologie autochtone.

En librairie le 27 mai

Sans titre-1 1 2025-03-24 13:53:23

Dans la collection Wabanaki : un essai et des albums jeunesse contemporains par des auteurices et illustrateurices mi'kmaw.

Vérité et réconciliation 978-2-89750-227-0

Essai fondateur 978-2-89750-197-6 Femmes autochtones disparues et assassinées978-2-89750-348-2

LOUIS-KARL PICARD-SIOUI

LE TERREPLEIN DE LA DESTINÉE

Originaire de Wendake, Louis-Karl Picard-Sioui est Ă©crivain, poĂšte, historien, anthropologue, commissaire en arts visuels et porteur de traditions wendat. Il travaille depuis une vingtaine d’annĂ©es dans le domaine de la diffusion de la culture et de l’art autochtone. Il est Ă©galement cofondateur et directeur de Kwahiatonhk!, un organisme Ă  but non lucratif (OBNL) entiĂšrement dĂ©diĂ© au dĂ©veloppement et Ă  la promotion de la littĂ©rature des PremiĂšres Nations.

Pourquoi avoir choisi de ramener Jean-Paul Paul Jean-Pierre, personnage de l’univers de Kitchike, dans ce nouveau livre ? Est-ce qu’il y avait des aspects de celui-ci que vous souhaitiez explorer en particulier dans Le terre-plein de la destinĂ©e ?

Jean-Paul, c’est un ĂȘtre humain Ă  qui il arrive beaucoup de choses, mais les choses qui lui arrivent ne sont pas toujours celles que lui voit rĂ©ellement. Ce que je trouve extraordinaire avec ce personnage-lĂ , c’est de me perdre avec lui dans ses dĂ©lires. Il a une vision extrĂȘmement naĂŻve de la rĂ©alitĂ©, mais tout finit toujours bien pour lui, mĂȘme s’il semble n’avoir aucunement conscience de ce qui se passe ou de ce qui se trame rĂ©ellement. J’adore Jean-Paul Paul Jean-Pierre pour la libertĂ© qu’il me donne en tant qu’auteur. Il me permet de jouer avec le style, d’inventer toutes sortes d’expressions qui n’ont ni queue ni tĂȘte. Le lecteur va parfois se dire « Ben voyons, me semble c’est pas ça, l’expression! », mais il comprendra quand mĂȘme. Je me suis dit « Allons-y all in » avec Jean-Paul, avec son imaginaire, avec sa façon de concevoir, avec le rythme qui est propre Ă  son narrateur qui rappelle souvent le conte. Quand j’écris Jean-Paul, ce que j’aime beaucoup, c’est vraiment que je l’écris un peu comme une comptine : il a un rythme particulier, des rimes, des expressions qui reviennent et des tics du narrateur. Je souhaitais aussi me lancer un dĂ©fi personnel. J’adore la collection

© Helene Bouffard

« Solstice », particuliĂšrement Bienvenue, Alyson de J.D. Kurtness. Je suis tombĂ© en amour avec le format et avec ce qu’il nous permet de faire. J’aurais pu le faire avec des nouveaux personnages ou encore avec d’autres de mes personnages Ă©tablis. Je trouvais aussi cela trĂšs intĂ©ressant comme dĂ©fi d’écrire un livre trĂšs court, mais avec de longues phrases comme le narrateur sait si bien en pondre.

Vos Ă©crits nous transportent souvent dans un univers singulier qui nous Ă©claire et nous amĂšne Ă  percevoir le monde d’une façon diffĂ©rente. À quoi peut-on s’attendre en lisant Le terre-plein de la destinĂ©e ?

Avec Jean-Paul, on dĂ©couvre sa façon originale de voir le monde et on apprend des trucs sur les PremiĂšres Nations en gĂ©nĂ©ral, mais par sa vision. Il y a un chapitre qui s’intĂ©resse, par exemple, aux pensionnats et au fait que certaines personnes ont quittĂ© leurs communautĂ©s. Ensuite, ces personnes ne voulaient plus rien savoir, et elles se sont perdues dans la population dominante Ă  cause des rĂ©alitĂ©s vĂ©cues dans les externats autochtones. J’ai aussi un chapitre qui parle de l’histoire du Canada et de la façon dont les PremiĂšres Nations ont perdu leurs terres. Ce n’est pas tout Ă  fait ce qu’on apprend dans les livres d’histoire ou Ă  l’école. Il y a donc quand mĂȘme des Ă©lĂ©ments historiques, mais racontĂ©s de façon tout Ă  fait absurde.

Dans votre Ɠuvre, en gĂ©nĂ©ral, on retrouve beaucoup de rĂ©fĂ©rences Ă  la culture et aux lĂ©gendes wendat. Donc, que ce soit dans Le terre-plein de la destinĂ©e ou dans vos autres Ɠuvres, qu’est-ce que vous souhaitez transmettre Ă  votre lectorat ?

Il y a certains projets oĂč je dĂ©cide d’incarner ou de revitaliser la culture en mettant Ă  jour les mythes, les lĂ©gendes, etc. Il y a d’autres projets oĂč j’aborde certains traits de caractĂšre ou des valeurs. Puis parfois, j’y vais vraiment comme un exutoire, oĂč je refuse de me censurer. Parce que quelquefois, ça fait tellement du bien de cracher sur le papier toutes sortes d’angoisses ou de frustrations ! Évidemment, il faut que l’histoire soit bonne. J’essaie aussi d’ĂȘtre le plus juste possible. Surtout dans l’univers de Kitchike oĂč les personnages se permettent de s’attaquer beaucoup les uns les autres par rapport Ă  diffĂ©rentes visions du monde; Ă  la religion, au statut social, sur le plan des genres, des conflits ou mĂȘme des appartenances de genre. Je pense que dans une bonne satire, tout le monde doit passer au cash. AprĂšs ça, quand tu te rassois et que tu rĂ©flĂ©chis, tu peux ĂȘtre un peu submergĂ© par l’intensitĂ© de la chose, mais tu te dis qu’il doit y avoir des valeurs qui transcendent au-delĂ  de l’humour, au-delĂ  de l’histoire.

POÉSIE

ISKOUDE

OUTABAN / LA VOITURE DE FEU

Virginia Pesemapeo Bordeleau - Éditions du Quartz

Laissez-vous porter par ce long voyage en train, le retour de l’autrice vers son territoire. Un voyage introspectif, un retour aux sources, oĂč elle admirera le territoire, ses significations et toutes les relations qu’elle entretient avec lui. Un texte empreint de beautĂ© comme les paysages qu’elle traversera.

MANIFESTE ASSI (RÉÉDITION)

Natasha Kanapé Fontaine - Prise de Parole

La voix unique de Natasha KanapĂ© Fontaine nous offre une ĂŽde au territoire et aux ĂȘtres qui l’habitent. Esprits, animaux et forĂȘt se rassemblent ainsi sous le cri de rĂ©volte de la poĂ©tesse innue. Un ouvrage puissant et revendicateur qui met de l’avant l’importance et la beautĂ© du Nitassinan.

POÉSIE EN MARCHE POUR SINDY - JE TE VEUX VIVANT

(RÉÉDITION)

Virginia Pesemapeo Bordeleau - Éditions du Quartz

Dans un premier temps, l’autrice revient sur la disparition, au printemps 2014, de Sindy Ruperthouse, femme de la PremiĂšre Nation Abitibiwinni de Pikogan. On y aborde ainsi les jeunes filles et les femmes autochtones disparues ou assassinĂ©es. Le recueil exprime la peur, le profilage racial, la solidaritĂ© et l’indignation.

Je te veux vivant est tout aussi douloureux et aborde d’autres types de disparitions : le dĂ©cĂšs tragique de son fils et la longue maladie suivie de la mort de son conjoint.

UASHTENAMU | ALLUMER QUELQUE CHOSE

Marie-Andrée Gill - La Peuplade

Avec son franc-parler, Marie-AndrĂ©e Gill appelle Ă  accepter notre Ă©poque comme elle se prĂ©sente, en questionnant les frontiĂšres qui se dressent entre soi et quelque chose d’infiniment plus grand qui n’a pas besoin de nom.

de Jas M. Morgan rend un hommage Ă  la famille, qu ’elle soit biologique ou choisie. Ce rĂ©cit audacieux traverse des nations diverses, nous plonge dans l ’intimitĂ© de l ’ amour, nous fait vivre la scĂšne musicale punk des Prairies et nous fait ressentir la douleur qu ’ on Ă©prouve lorsqu ’on perd sa mĂšre.

OBOM LE PASSEMURAILLE

Diane Obomsawin, alias Obom, bĂ©dĂ©iste et cinĂ©aste d’animation vivant Ă  MontrĂ©al, a rĂ©alisĂ© plusieurs films Ă  titre de cinĂ©aste indĂ©pendante et six Ɠuvres d’auteure, en collaboration avec l’Office national du film du Canada (ONF). Elle publie ses bandes dessinĂ©es Ă  la maison de poĂ©sie L’Oie de Cravan et en anglais chez Drawn & Quarterly. Au fil des ans, elle a créé un type de rĂ©cit bien Ă  elle, teintĂ© de naĂŻvetĂ© et de rĂ©serve, empreint d’humour et de grande humanitĂ©, qui intĂšgre frĂ©quemment des dĂ©tails autobiographiques. Toutes ses Ɠuvres sont imprĂ©gnĂ©es de gravitĂ© et de candeur, tant par leur propos que par la simplicitĂ© du dessin. Cet Ă©tonnant Ă©quilibre leur procure une qualitĂ© de fable urbaine, poĂ©tique et bien ancrĂ©e dans le rĂ©el. Cette annĂ©e, nous avons droit Ă  la réédition de la bande dessinĂ©e J’aime les filles, adaptĂ©e Ă©galement en court-mĂ©trage sur le site de l’ONF, ainsi qu’à la traduction française de sa BD Le passe-muraille aux Éditions Hannenorak.

Votre bande dessinĂ©e Le passe-muraille est inspirĂ©e d’une nouvelle de Marcel AymĂ©. D’oĂč vous vient cet intĂ©rĂȘt pour cette nouvelle en particulier ?

Mon intĂ©rĂȘt commence avec un petit journal qui s’appelait le 48HBD. Pendant 48 heures, plusieurs bĂ©dĂ©istes se trouvaient ensemble dans un lieu commun pour faire une planche, car le magazine est grand. Le thĂšme, cette annĂ©e-lĂ , Ă©tait le mur. Moi, tout de suite, j’ai pensĂ© Ă  la nouvelle Le passe-muraille, parce qu’elle m’avait marquĂ©e durant mon enfance. Je trouvais ça le fun que le personnage puisse passer Ă  travers les murs. Si j’avais un vƓu Ă  faire dans le domaine du fantastique, ce serait d’avoir ce pouvoir pour prendre des viennoiseries, des bonbons et toutes sortes de choses dans les pĂątisseries françaises. À la fin de l’histoire, le passe-muraille reste coincĂ© dans le mur, et je pensais que c’était de sa faute. En fait, maintenant que je suis adulte, je trouve qu’il est plutĂŽt sympathique et qu’il est davantage victime de la situation. C’est donc ainsi que j’ai commencĂ© Ă  concevoir plein de petites cases qui sont devenues une BD.

© Diane Dauphinais

Dans votre adaptation graphique de l’Ɠuvre, vous reprĂ©sentez le personnage de Dutilleul dans votre style. Que pouvez-vous nous dire sur votre version de l’homme qui acquiert la capacitĂ© de traverser les murs ? Comment avez-vous fait pour vous l’imaginer, pour vous le reprĂ©senter ?

J’assume un style trĂšs, trĂšs naĂŻf. Je ne veux pas essayer quelque chose d’autre parce que moi, j’aime bien ce style. Mes personnages sont tous un peu pareils : ils sont tous ronds, ils ont tous le mĂȘme nez et ils ont tous les mĂȘmes pantalons. J’aime la simplicitĂ©. Ce sont des petites libertĂ©s que j’apprĂ©cie.

Pour Dutilleul, je lui ai mis un petit chapeau et une barbichette puisqu’il est dĂ©crit comme ça dans l’Ɠuvre originale. Monsieur Dutilleul est appelĂ© ainsi, car du tilleul, c’est une plante utilisĂ©e pour aider Ă  s’endormir. Il est quelqu’un qui, au dĂ©part, est un peu ennuyant, mais qui devient tout le contraire. ll n’est jamais mĂ©chant ni vengeur. C’est un ĂȘtre romantique. Tout ce qu’il veut, c’est l’approbation et l’admiration des autres.

Vous racontez l’histoire en deux langues : en français et en abĂ©naki. Comment avez-vous procĂ©dĂ© pour la traduction ?

J’ai demandĂ© Ă  Philippe Charland, professeur de langue abĂ©nakise, de traduire le texte dans la langue de ma nation, et il a acceptĂ©. Cela m’a tellement fait plaisir !

C’est le fun de pouvoir comparer les deux langues pour ceux qui veulent apprendre l’abĂ©naki. Philippe n’a d’ailleurs pas hĂ©sitĂ© Ă  traduire la bande dessinĂ©e, car il trouvait que ce serait un bon outil pour les Ă©tudiants. Lorsqu’il a travaillĂ© le texte, il a mis la traduction littĂ©rale en dessous, aprĂšs l’abĂ©naki. Dans les langues autochtones, c’est trĂšs imagĂ©. C’est ce qui donne la poĂ©sie de la langue. On peut comprendre Ă  quel point cette langue est drĂŽle et poĂ©tique.

Nous avons parlĂ© un peu de ton style d’art qui tend vers le naĂŻf. Est-ce que c’est un choix conscient de parfois aborder des thĂšmes plus sĂ©rieux par le biais de ton style ?

L’art naĂŻf, j’y tiens. Je souhaite que ce soit ce que c’est, comme ça vient. Je prĂ©fĂšre approfondir le sujet, l’histoire et l’écriture. Je prends d’ailleurs des cours pour perfectionner mon style d’écriture et ma grammaire. Je n’étais pas trĂšs bonne en français Ă  l’école et je voulais apprendre Ă  Ă©crire comme les Ă©crivain·e·s. J’ai entendu, un jour, AmĂ©lie Nothomb rĂ©pondre Ă  la question « Comment fait-on pour Ă©crire ? » par « Bien, Ă©cris. Écris, c’est tout ». Alors, non, ce n’est pas un choix conscient d’aborder des thĂšmes sĂ©rieux par l’art naĂŻf, c’est mon style tout simplement.

ESSAIS

CHORÉGRAPHIES POUR LE VIVANT

Leanne Betasamosake Simpson et Robyn Maynard (trad. Ariane Des Rochers et ChloĂ© Savoie-Bernard) - MĂ©moire d’encrier

Un essai Ă©pistolaire entre une Ă©crivaine membre des PremiĂšres Nations et une chercheuse de la communautĂ© noire du Canada. Elles ont profitĂ© du confinement pour Ă©changer sur plusieurs sujets d’actualitĂ© ainsi que sur leur façon de voir les choses, de vivre et sur leurs espoirs pour le futur. AssurĂ©ment, un texte qui fait rĂ©flĂ©chir.

CONTRE LE COLONIALISME DOPÉ AUX STÉROÏDES

(FORMAT COMPACT)

Zebedee Nungak (trad. Juliana Léveillé-Trudel) - Boréal

Un essai essentiel Ă  lire ! Vous en apprendrez sur cette infĂąme Convention de la BaieJames et du Nord quĂ©bĂ©cois depuis le point de vue d’un de ses signataires inuit :

Zedebee Nungak. Les chapitres s’enchaĂźnent facilement, rendant l’apprentissage efficace et agrĂ©able. DĂ©couvrez le QuĂ©bec et le Nunavik comme vous ne les avez jamais vus.

MOCASSINS ET BOTTES À CAP

Mélanie Paul et Marc Dutil - Carte blanche

Une rencontre interculturelle entre une entrepreneure ilnue et un homme d’affaires beauceron. Ensemble, ils abordent leur trajectoire, la spiritualitĂ©, la guĂ©rison, la rĂ©conciliation et surtout l’avenir. Un rĂ©cit de transformation inspirant pour mieux vivre ensemble.

RIRE AVEC LE TRICKSTER

Tomson Highway (trad. Jonathan Lamy) - Prise de Parole

Avec l’humour que nous lui connaissons, Tomson Highway aborde plusieurs sujets depuis un point de vue autochtone : la mort, le sexe, la langue et la spiritualitĂ©. Les cinq textes prĂ©sentĂ©s proviennent de confĂ©rences donnĂ©es par l’auteur. Cet Ă©rudit saura vous surprendre de plusieurs façons !

Un roman Ă  glacer le sang qui possĂšde, en son centre, un cƓur battant et brĂ»lant.

Quill & Quire

BILLY-RAY BELCOURT

ChƓur infime

« Magnifiquement traduit par Mishka Lavigne, le livre s’appuie sur un astucieux mĂ©lange d’autofiction et d’essai, une prose riche qui embrasse à la fois le politique et l’intime, la thĂ©orie et la vie, les concepts et les Ă©motions, l’exploitation et la libertĂ©. »

Christian Saint-Pierre, Le Devoir

Photographie de l’auteur
© Jaye Simpson
ƒuvre en couverture
© Michelle Sound
Traduit de l’anglais par Éric Fontaine
Illustration
: Vorja SĂĄnchez

RECOMMANDATIONS

MARIE-JOSÉE BASTIEN

Marie-JosĂ©e Bastien est comĂ©dienne, metteuse en scĂšne et autrice. TrĂšs impliquĂ©e dans son milieu, cette artiste wendat enseigne Ă©galement au Conservatoire d’art dramatique de QuĂ©bec et assume la direction artistique du Théùtre Niveau Parking.

ALTERINDIENS

Drew Hayden Taylor (trad. Charles Bender)Productions Menuentakuan

Un couple contemporain trĂšs libĂ©ral organise un dĂźner. Les invitĂ©s sont des couples qui reprĂ©sentent ce qui est maintenant devenu le clichĂ© des extrĂȘmes des deux sociĂ©tĂ©s.

Drew Hayden Taylor aborde frontalement les thÚmes délicats entourant les rapports entre les peuples autochtones et non autochtones, et les expose avec un humour acerbe.

La piĂšce n’aborde pas seulement des questions culturelles. Elle remet en question les valeurs simplistes que certaines formes de culture populaire mettent de l’avant : la sincĂ©ritĂ©, la bonne volontĂ©, l’attitude positive. Taylor ose affirmer que, mĂȘme si ces qualitĂ©s sont admirables, elles ne suffisent pas pour rĂ©gler les conflits profonds entre les peuples.

MONONK JULES

Jocelyn Sioui - Éditions Hannenorak

L’écrivain s’est enracinĂ© dans l’histoire de son grand-oncle pour mieux rĂ©flĂ©chir sur l’Histoire, celle avec un grand « H ». « J’ai rĂ©alisĂ© que je pouvais raconter une partie de l’histoire du XXe siĂšcle, l’histoire autochtone, Ă  travers le prisme de Mononk Jules. » Avec sa plume vive, touchante et intime, Jocelyn Sioui entame une conversation captivante entre l’Histoire, la famille, le passĂ© et le prĂ©sent, avec une touche d’humour. L’écriture claire, le style engageant et unique, ainsi que la forme originale en font une Ɠuvre indispensable.

THE UNNATURAL AND ACCIDENTAL WOMEN

Marie Clements - Talonbooks

BasĂ©e sur les meurtres bien rĂ©els de dix femmes autochtones par Gilbert Paul Jordan, qui a Ă©chappĂ© Ă  une condamnation pour ces crimes, la piĂšce fait revivre les victimes pour leur permettre de partager leurs rĂȘves interrompus brutalement. C’est une dĂ©nonciation puissante d’un systĂšme qui a permis Ă  un homme de commettre des meurtres en toute impunitĂ©, en exploitant le racisme systĂ©mique, et un hommage vibrant Ă  celles que la sociĂ©tĂ© a oubliĂ©es.

© Eva-Maude TC

THÉÂTRALES

YVES SIOUI DURAND

Yves Sioui Durand cofonde Ondinnok, compagnie pionniĂšre du théùtre autochtone francophone au QuĂ©bec, en 1985. Artiste senior, dramaturge, metteur en scĂšne et pĂ©dagogue, il publiera, en septembre, un livre sur les 40 ans d’Ondinnok aux Éditions du passage.

OKINUM

Émilie Monnet - Productions Onishka

Éditions Les Herbes rouges

Le spectacle Okinum de l’artiste pluridisciplinaire anishinaabe Émilie Monnet, créé par sa compagnie Onishka, m’interpelle tout particuliĂšrement. Dans une théùtralitĂ© circulaire appuyĂ©e par une scĂ©nographie complexe, Okinum nous propose une histoire sensible de guĂ©rison qui dĂ©noue les barrages intĂ©rieurs qui nourrissent la maladie. Une mĂ©taphore théùtrale oĂč la mythologie du castor gĂ©ant exprime les luttes et les pertes des peuples autochtones dans le contexte de la colonisation. Émilie se rĂ©approprie ici les mots puissants de sa langue anishinaabemowin. Si vous n’avez pas pu vivre ce spectacle, le livre est publiĂ© aux Éditions Les Herbes rouges.

TUPQAN/NOS TERRITOIRES INTÉRIEURS

Dave Jenniss et Xavier Huard - Productions Auen, Ondinnok et Menuentakuan

Tupqan/Nos territoires intĂ©rieurs est le fruit d’une collaboration inĂ©dite. Cette fresque dramatique raconte le dĂ©chirement de deux clans qui s’affrontent au moment oĂč les promoteurs de la mine voisine cherchent Ă  s’accaparer une partie du territoire. Soleil LauniĂšre, artiste multidisciplinaire ilnue, en assume la mise en scĂšne. Voyez ce spectacle sur la scĂšne du Centre national des Arts Ă  Ottawa en novembre 2025 et au Théùtre Duceppe, Ă  MontrĂ©al, en mars 2026.

ROSA

Carlos Rivera Martinez - Productions Ondinnok

ROSA est un spectacle théùtral et chorĂ©graphique en devenir conçu par l’artiste nahua

Carlos Rivera Martinez. Autochtone mexicain, il nous plonge dans une exploration théùtrale oĂč de puissantes images chorĂ©graphiques Ă©voquent le voyage Ă  pied de sa grand-mĂšre, obligĂ©e de quitter son village natal pour la ville de Mexico. L’interprĂšte fĂ©minine donne chair Ă  des apparitions qui sourdent d’une mythologie rĂ©inventĂ©e. À surveiller Ă  MontrĂ©al, en 2027 !

© Laurent Theillet

Winifred a seize ans et vit une vie Ă  peu prĂšs normale, si on exclut le fait qu’elle habite dans une maison en bordure d’un cimetiĂšre gĂ©rĂ© par son pĂšre. C’est lors d’une de ses promenades dans sa courcimetiĂšre qu’elle fait la rencontre de Phil, qui chamboulera tout ce qu’elle croyait savoir sur l’amitiĂ©, l’amour, la vie et la mort...

Traduit de l’anglais (Canada) par Daniel Grenier

Jeune adulte

Une nouvelle enquĂȘte des Rats musclĂ©s !

Cette sĂ©rie primĂ©e au Canada anglais reprend la formule aguerrie des romans d’enquĂȘte pour la jeunesse en mettant en scĂšne quatre apprentis dĂ©tectives qui n’ont pas froid aux yeux. Sous un couvert ludique, elle rĂ©vĂšle aux jeunes lecteurs tout un pan de la rĂ©alitĂ© des PremiĂšres Nations du Canada en abordant des sujets sensibles tels que la colonisation et l’effacement des cultures autochtones.

Traduit de l’anglais (Canada) par Catherine Ego

Collection « Boréal Inter » (12 ans et plus)

En librairie le 3 juin

En librairie le 27 mai

Anahareo fut la compagne d’Archibald Belaney, alias Grey Owl, sans doute le plus connu des « fautochtones » du Canada. Si ce cas d’usurpation d’identitĂ© est en grande partie rachetĂ©, aux yeux de la postĂ©ritĂ©, par l’importance capitale de l’Ɠuvre d’environnementaliste de Belaney, on connaĂźt moins bien Anahareo, nĂ©e Gertrude Bernard, et le rĂŽle crucial que cette Autochtone d’ascendance mohawk a jouĂ© dans la conversion de ce trappeur en protecteur des espaces et des espĂšces sauvages. AprĂšs la mort de Belaney et le dĂ©voilement public de la supercherie de ses origines, Anahareo prit la plume Ă  son tour, afin de se rĂ©approprier une histoire qui est aussi la sienne.

Traduit de l’anglais (Canada) par Catherine Ego

Collection « L’ƒil amĂ©ricain »

Pour les QuĂ©bĂ©cois, le projet hydroĂ©lectrique de la Baie-James, lancĂ© en 1971, a marquĂ© le point culminant de la RĂ©volution tranquille. C’était la prise de possession, physique et symbolique, de l’ensemble du territoire sur lequel le peuple du QuĂ©bec Ă©tait destinĂ© Ă  connaĂźtre enfin son plein Ă©panouissement.

Et si ce grand projet avait un cĂŽtĂ© sombre ? Et si, en affirmant notre langue, notre culture et notre emprise sur le territoire, nous avions Ă©tĂ© sourds et aveugles Ă  l’attachement d’un autre peuple Ă  sa langue, Ă  sa culture et au territoire que ses ancĂȘtres occupaient depuis des millĂ©naires ?

Traduit de l’anglais (Canada) par Juliana LĂ©veillĂ©-Trudel

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CUISINE/ DOCUMENT PÉDAGOGIQUE

CUISINE AUTOCHTONE

Lysanne O’Bomsawin - Les Éditions de l’Homme

Savourez les dĂ©licieuses recettes traditionnelles ou contemporaines des PremiĂšres Nations. DĂ©couvrez des mĂ©thodes ancestrales et dĂ©gustez des saveurs mĂ©connues grĂące Ă  ce livre d’une grande richesse avec des photos des plus allĂ©chantes.

LES JEUNESSES AUTOCHTONES AU QUÉBEC: DÉCOLONISATION, FIERTÉ ET ENGAGEMENT

sous la direction de VĂ©ronique Picard et Natasha Blanchet-Cohen - Presses de l’UniversitĂ© Laval

Nous vous conseillons fortement ce travail collectif puissant et novateur. Les jeunes chercheurs parlent avec beaucoup de fiertĂ© de plusieurs initiatives autochtones qui ont un rĂ©el impact sur les vies de plusieurs. Un travail d’envergure qui donne espoir pour un futur plus inclusif !

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LES AUTEURS ET AUTRICES

DES PREMIÈRES NATIONS, INUIT ET MÉTIS

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TEXTE INÉDIT

MOÏRA-UASHTESKUN BACON

SEMAINE DE CHASSE, SANS CHASSE

Assis en bordure du terrain sur lequel le reste de ma classe s’affronte dans une partie de ballon-chasseur, j’ai la vue parfaite pour m’amuser de mes camarades qui reçoivent le ballon rouge en plein visage.

Aujourd’hui, toutefois, mĂȘme ce spectacle ne parvient pas Ă  me tirer un sourire comme Ă  l’habitude. De ma position, j’entends les confidences de filles qui, aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©liminĂ©es de la partie, se sont rĂ©unies sous l’unique arbre de la cour pour y flĂąner jusqu’au son de la cloche. Elles prĂ©parent leurs manigances pour la semaine prochaine. Pendant le congĂ© de la semaine de chasse, une grande partie de la communautĂ© se retrouvera en territoire.

Je devais y ĂȘtre aussi. Je devais mettre le pied sur le sol qui commence dĂ©jĂ  Ă  geler, humer le parfum des conifĂšres qui gardent le territoire et qui veillent sur moi depuis que je suis nĂ©.

Je marcherais entre les arbres, dans les pas de mon pĂšre, ma carabine Ă  plomb accrochĂ©e Ă  l’épaule.

Mais je n’y serai pas. En raison de la large botte grise qui couvre mon pied et d’un rendez-vous chez l’orthopĂ©diste prĂ©vu en plein milieu de la semaine de chasse, mes parents prĂ©fĂšrent que je reste Ă  la maison avec LĂ©anne, ma grande sƓur. Pendant que tous mes amis vont chasser et jouer ensemble en forĂȘt, je devrai me rĂ©signer Ă  pourrir dans mon lit jusqu’à la fin du congĂ©.

La distance n’effacera pas seulement ma prĂ©sence. Dans l’esprit de ma famille et de mes amis, qui seront concentrĂ©s Ă  traquer le gibier, je deviendrai une figure floue. Ils se crĂ©eront des souvenirs sans moi. Ce n’est que lorsqu’ils verront, Ă  leur retour, mon visage Ă©crabouillĂ© Ă  la fenĂȘtre de ma maison, qu’ils se souviendront de moi, le garçon exclu de leurs nouvelles aventures.

Je lĂąche un Ă©niĂšme soupir, Ă©crasĂ© contre la clĂŽture mĂ©tallique derriĂšre moi, lorsque Sasha se laisse choir Ă  mes cĂŽtĂ©s. C’est le seul garçon de ma classe que je ne connais pas : originaire de Manawan, il vient tout juste d’arriver Ă  Mashteuiatsh. Dans ma bande d’amis, il y a d’autres Atikamekw qui viennent de Manawan ou

de Wemotaci, mais ils ont grandi ici, avec les natifs de la communautĂ©. À notre Ăąge, lorsqu’un nouveau gars arrive Ă  l’école, nous ne savons jamais comment bien l’intĂ©grer Ă  notre groupe. Ce n’est plus aussi facile que lorsque nous Ă©tions hauts comme trois pommes. Sasha, visiblement de nature discrĂšte, ne nous aide pas en ne faisant aucun effort pour se rapprocher de nous.

La partie de ballon-chasseur s’éternise. Pour m’aider Ă  endurer la rĂ©crĂ©ation la plus longue de toute ma vie, je me mets Ă  converser avec mon nouveau camarade de classe : — Est-ce que tu retournes dans ton coin pendant la semaine de chasse ?

— Non, mes parents travaillent. Ils vont m’inscrire au service de garde pour toute la semaine.

J’aime frĂ©quenter la garderie scolaire, mĂȘme si je commence Ă  ĂȘtre un peu vieux pour y aller. Pendant la semaine de relĂąche, les enfants reçoivent la permission d’y apporter leurs consoles de jeux vidĂ©o et ils peuvent passer la journĂ©e entiĂšre Ă  jouer, agglutinĂ©s devant la grosse tĂ©lĂ©vision hissĂ©e sur des roulettes. Avant que LĂ©anne ait l’ñge de me servir de gardienne, je m’y rendais et je pouvais profiter de la richesse des autres. Je marmonne sur un ton assez audible pour que Sasha puisse m’entendre :

— Chanceux.

Sasha se rembrunit. Il recroqueville son corps dĂ©jĂ  petit et courbĂ© encore plus. Je comprends alors qu’il ne se considĂšre pas aussi privilĂ©giĂ©, qu’il ne veut vraiment pas passer la semaine au service de garde. Pourquoi ? Aucune idĂ©e. Une impulsion m’anime. Des mots jaillissent de ma bouche comme d’un geyser, avant que je ne puisse les arrĂȘter :

— Tu veux venir chez moi, à la place ?

Les yeux sombres de Sasha s’illuminent et il acquiesce d’un hochement de tĂȘte. Le lundi suivant, les parents de Sasha le dĂ©posent chez moi avec un sac Ă  dos et une console Nintendo. LĂ©anne et moi dĂ©plaçons le matelas de mon lit pour l’installer au sous-sol, collĂ© Ă  celui rĂ©servĂ© aux invitĂ©s. Ma sƓur dĂ©pose des couvertures en pile sur le dessus, sans prendre la peine de les Ă©tendre. Du LĂ©anne tout crachĂ©. Pendant que Sasha connecte la console Ă  la tĂ©lĂ©vision, je dispose les couvertures de façon Ă  couvrir les taches d’origine inconnue qui constellent les matelas. Nous attaquons les jeux de Sasha. Nos rires surplombent les « Let’s a-go ! » enjouĂ©s du cĂ©lĂšbre personnage rouge moustachu qui court dans l’écran. Puis, nous changeons de jeu et, cette fois, nous retenons notre souffle lorsque nous guidons le hĂ©ros entiĂšrement vĂȘtu de vert Ă  travers les aventures qui marquent sa destinĂ©e. La fraĂźcheur automnale s’infiltre dans le sous-sol et m’arrache un frisson. J’ai de plus en plus de mal Ă  ignorer la colonie d’araignĂ©es qui a Ă©lu domicile dans un coin du plafond. Sans parler de la fenĂȘtre qui ouvre sous la galerie oĂč des jeux entreposĂ©s tracent des ombres menaçantes. Je propose donc Ă  Sasha que nous sortions prendre l’air un peu.

Dehors, sans voisins pour briser le calme inhabituel de la communautĂ©, seul le souffle du vent parvient Ă  mes oreilles. J’essaie de ne pas penser Ă  toutes les aventures que vivent mes amis partis en territoire et me laisse tomber sur l’une des chaises longues placĂ©es sur la galerie. Sasha, lui, reste debout Ă  mes cĂŽtĂ©s. Mon silence semble le rendre mal Ă  l’aise. Je lui proposerais bien que nous nous lancions le ballon ou que nous fassions la course autour de la cour, mais mon pied blessĂ© ne me le permet pas. Me rappeler toutes les activitĂ©s qui me sont interdites efface toute la joie que je ressens depuis l’arrivĂ©e de Sasha chez moi. Mon nouvel ami se met Ă  arpenter la galerie. Il longe la rambarde, contemple les pots de fleurs de ma mĂšre et monte la marche qui mĂšne Ă  la plateforme surĂ©levĂ©e du balcon. Sasha se positionne au centre de ce qui ressemble soudainement Ă  une estrade. Un souvenir Ă©merge : celui de LĂ©anne qui danse sur la plateforme et moi qui rigole. Un bon souvenir.

— Tu veux me faire un spectacle ?

Sasha se retourne vers moi pour me sonder du regard. Comme pour vĂ©rifier si ma demande est sĂ©rieuse ou s’il s’agit d’une blague.

— Un spectacle de quoi ?

— De n’importe quoi.

Sasha rĂ©flĂ©chit un moment. DerriĂšre les mĂšches de cheveux que la brise souffle sur ses yeux, il arbore une mine songeuse. Que va-t-il me prĂ©senter ? L’anticipation me retient de lui avouer que ma demande n’avait rien de sĂ©rieux.

Au bout d’un moment qui me semble interminable, Sasha s’agenouille au sol et se recroqueville sur lui-mĂȘme. Comme pour imiter une roche. Il maintient sa position quelques secondes avant de s’ouvrir, de se rĂ©veiller. Il dĂ©roule son dos courbĂ©. Il dĂ©plie doucement les bras. Je reconnais Ă  ce moment l’éveil de la forĂȘt. Ce n’est pas une roche. C’est un arbre qui s’étire.

Une fois la forĂȘt tirĂ©e de son assoupissement, les animaux arrivent pour l’habiter. Sasha tend les bras de chaque cĂŽtĂ© et bat des ailes pour jouer une perdrix. Pour rire, je positionne mes mains comme si je tenais une carabine invisible et j’imite le bruit de dĂ©tonation du canon avec ma bouche. En bon comĂ©dien, Sasha s’effondre au sol de façon dramatique, mais se redresse aussitĂŽt pour imiter un caribou qui renifle la carcasse de l’oiseau touchĂ© par balle. Nous rions de plus belle.

Je suis toujours coincĂ© Ă  Mashteuiatsh. Ma famille et mes amis se retrouvent, eux, sous le couvert du plafond vert de la forĂȘt et profitent du congĂ©, loin de moi et de ma botte grise limitante.

Mais en ouvrant les rideaux sur son spectacle, Sasha a amenĂ© la forĂȘt Ă  moi le temps de quelques minutes. GrĂące Ă  lui, je peux aussi profiter de ma semaine de chasse. Une semaine de chasse, sans chasser. Avec mon nouvel ami.

Et un peu d’imagination.

Un passionnant livre d’entretiens avec l’historien Sean Carleton oĂč elle raconte pour la premiĂšre fois la rĂ©sistance aux siĂšges de Kanesatake et de Kahnawake, communĂ©ment appelĂ©s la « crise d’Oka », comme elle l’a vĂ©cue.

RIMA ELKOURI, La Presse editions-rm.ca

POÉSIE

L’INFINIMENT PETIT ET

L’INFINIMENT

GRAND SOUS L’ÉGIDE DE MARIE-ANDRÉE GILL

NOUVEAUTÉ
Photo : Alan Lissner

RÉCITS / THÉÂTRE

ATCAKOC, LE PARDON

Marcel Pitikwew - Prise de Parole

À l’intersection du conte et du tĂ©moignage, ce livre saura intĂ©resser les personnes dĂ©sirant mieux connaĂźtre les pratiques spirituelles et les traditions autochtones. Il montre comment le pardon peut aider Ă  surmonter les Ă©preuves personnelles et il constitue un plaidoyer en faveur de la force transformatrice de l’amour.

LA TRAVERSÉE DES QUATRE CERCLES

Konrad Sioui - Les Éditions de l’Homme

L’ancien Grand Chef de Wendake propose une biographie en quatre parties qui correspondent aux quatre grandes pĂ©riodes de sa vie. Avec sincĂ©ritĂ© et prĂ©cision, il revisite les luttes qu’il a menĂ©es et rend hommage aux rencontres qui ont marquĂ© son parcours unique.

LA ROUE DE MÉDECINE : UN NOUVEAU RÉCIT

POUR GUÉRIR LA PLANÈTE

Jennifer Grenz (trad. GeneviĂšve Boulanger) - ÉcosociĂ©tĂ©

Le rĂ©cit inspirant d’une chercheuse et Ă©cologiste nÉŹeʔkĂ©pmx qui aspire Ă  rĂ©concilier sa tĂȘte (science occidentale) et son cƓur (vision du monde autochtone) pour cheminer vers une guĂ©rison Ă©cologique. Un livre Ă  succĂšs, enfin traduit, qui jette les bases d’une Ă©cologie autochtone.

OKINUM (ÉDITION REVUE ET AUGMENTÉE)

Émilie Monnet - Les Herbes rouges

Un texte théùtral passionnant et touchant qui aborde la maladie, les relations et la transmission. Le tout relayĂ© par la figure Ă©nigmatique du castor. Cette nouvelle Ă©dition comprend mĂȘme une postface qui explique comment la rĂ©surgence autochtone habite le texte et l’imaginaire d’Émilie Monnet.

QUAND TOMBENT LES AIGUILLES DE PIN

Katsi’tsakwas Ellen Gabriel et Sean Carleton (trad. Marie C Scholl-Dimanche)les Ă©ditions du remue-mĂ©nage

Dans cet ouvrage, vous trouverez un point de vue longtemps effacĂ© du discours mĂ©diatique concernant le siĂšge de KanehsatĂ :ke et de KahnawĂ :ke : celui des Kanien’kehĂĄ:ka. Katsi’tsakwas Ellen Gabriel prend le temps d’aborder la rĂ©sistance autochtone dans son sens le plus large. Elle montre ainsi les diffĂ©rents visages d’une rĂ©volution !

UN DIABLE EN MOCASSINS : MA VIE AVEC GREY OWL

Anahareo (trad. Catherine Ego) - Boréal

L’un des premiers rĂ©cits autochtones publiĂ©s au Canada est enfin traduit en français! Ce livre donne la voix Ă  Anahareo, la femme du cĂ©lĂšbre militant Ă©cologiste et «fauxtochtone » nommĂ© Grey Owl. Ce rĂ©cit raconte sa vie, son histoire d’amour et son rĂŽle crucial pour l’environnement.

YAHNDAWA’:

CE QUE NOUS SOMMES

Marie-JosĂ©e Bastien - Éditions Hannenorak

AprÚs avoir foulé les planches de plusieurs scÚnes au Québec, la piÚce de théùtre de Marie-Josée Bastien fait son entrée dans nos bibliothÚques. Suivez le parcours de personnages authentiques et touchants à travers les époques. Vous y verrez la résilience et le courage de plusieurs générations.

BANDES DESSINÉES

GUIDES W8BANAKIAK DE CHASSE ET PÊCHE : FRAGMENTS DE MÉMOIRE

Collectif abĂ©nakis - Éditions Hannenorak

NĂ©e d’un projet collaboratif, cette BD illustre le travail et les anecdotes de plusieurs guides w8banakiak qui ont sillonnĂ© le Ndakina, leur territoire ancestral, pour faire vivre une expĂ©rience de chasse et pĂȘche aux gens aisĂ©s. DĂ©couvrez par le fait mĂȘme tout un pan de l’histoire de la Mauricie, le mode de vie et la culture de cette nation.

J’AIME LES FILLES (RÉÉDITION)

Obom - L’Oie de Cravan

Avec son style naĂŻf et marquant, Obom partage diffĂ©rentes rencontres amoureuses entre filles. Dix histoires qui racontent les premiers Ă©mois, les premiers baisers, les premiĂšres expĂ©riences de dix amies de la bĂ©dĂ©iste. C’est doux et nostalgique comme les premiĂšres Ă©tincelles amoureuses.

LE PASSE-MURAILLE: D’APRÈS UNE NOUVELLE DE MARCEL AYMÉ

Obom (trad. en abĂ©naki Philippe Charland) - Éditions Hannenorak

Pendant sa jeunesse, Obom a Ă©tĂ© marquĂ©e par la nouvelle de Marcel AymĂ© et a dĂ©cidĂ© de l’adapter dans son style. Une courte BD bilingue, français-abĂ©naki, qui raconte la vie de M. Dutilleul qui a l’étrange capacitĂ© de traverser les murs.

SUGGESTIONS LITTÉRAIRES

AUDREY-LISE ROCK-HERVIEUX ALIAS @MAMANAUTOCHTONE

Audrey-Lise Rock-Hervieux est une autrice, confĂ©renciĂšre et blogueuse innue originaire de Pessamit. Elle travaille dans les milieux culturels, Ă©ducatifs et mĂ©diatiques pour faire rayonner les voix autochtones, l’innu-aimun et le Nitassinan. Elle termine prĂ©sentement l’écriture d’un conte pour enfants inspirĂ© de rĂȘves et d’histoires de son peuple.

Je vous propose trois livres Ă©crits par des auteur·ices autochtones Ă  lire absolument. D’abord, Nutshimit de Melissa Mollen-Dupuis et Élise Gravel, un livre jeunesse qui explique simplement la vie en territoire. Ensuite, 500 ans de rĂ©sistance autochtone de Gord Hill, une bande dessinĂ©e forte et touchante qui raconte l’histoire des luttes autochtones depuis la colonisation. Enfin, Écrits autochtones : Comprendre les enjeux des PremiĂšres Nations, des MĂ©tis et des Inuit au Canada de Chelsea Vowel, un recueil de textes clairs et percutants sur l’identitĂ©, la langue, le colonialisme et la rĂ©conciliation. Trois livres diffĂ©rents, mais essentiels.

MYRIAM PAUL-OUELLET ALIAS @MAUDITE_INNUSHKUEU

Myriam Paul-Ouellet, Ilnue de Mashteuiatsh, crée, en juin 2024, le compte Instagram Maudite Innushkueu afin de répondre à son propre besoin de retrouver davantage de littérature autochtone francophone sur les réseaux sociaux. Avec ce compte, elle désire promouvoir et faire rayonner cette littérature essentielle, et inciter les allochtones et les Autochtones à la consommer.

Une dose de rage m’a d’abord sĂ©duite par sa couverture et m’a ensuite captivĂ©e par son histoire. Angeline Boulley offre une perspective authentique des enjeux autochtones contemporains. Ces enjeux sont bien ficelĂ©s autour de Danis, jeune femme ojibwĂ©e, qui devra devenir informatrice pour le FBI afin d’enquĂȘter sur un trafic de drogue aux consĂ©quences importantes pour sa communautĂ©.

Dans Mikuniss, ma petite sƓur, Lora profite du retour Ă  la maison en autobus pour raconter Ă  sa petite sƓur l’origine de son prĂ©nom. Ce premier album s’inscrit dans une sĂ©rie de trois tomes sur les prĂ©noms dĂ©colonisĂ©s. Joannie Gill (texte) et AmĂ©lie Courtois (illustrations) nous offrent une histoire empreinte de douceur et de sincĂ©ritĂ©.

La septiĂšme sorciĂšre de Cherie Dimaline est un livre oĂč se mĂȘlent rencontres, sororitĂ©, inclusivitĂ© et fĂ©minisme sur fond de pouvoirs magiques et de sorcellerie. Si, comme moi, vous attendez encore votre lettre d’acceptation pour Poudlard, cette histoire saura vous rĂ©concilier avec le fait que vous ne l’avez toujours pas reçue.

ROMANS ADOS / JEUNES ADULTES

CHANTS FUNÈBRES POUR FILLES À L’AGONIE

Cherie Dimaline (trad. Daniel Grenier) - Boréal

Winifred vit avec son pĂšre Ă  l’arriĂšre d’un cimetiĂšre. Vivant dans l’ombre de la mort, elle y fera la connaissance de Phil, le fantĂŽme d’une adolescente de son Ăąge. Tout en tentant de prĂ©server le lieu et ses occupants, Winifred en apprendra davantage sur elle-mĂȘme et ses origines dans une grande quĂȘte identitaire.

L’AMIE DE MON PÈRE

Moïra-Uashteskun Bacon - Éditions Hannenorak

La jeune Maria se voit donner une mission assez exigeante : revenir dans le passĂ© pour empĂȘcher la tragĂ©die de 1982 survenue dans la communautĂ© de Pimitshuan. Ce qu’elle dĂ©couvre durant cette enquĂȘte ne laissera aucun·e·s lecteur·ice·s de marbre. Ce deuxiĂšme roman de MoĂŻra-Uashteskun Bacon saura plaire Ă  tous·tes!

LA ROUTE SANS FIN

Wab Kinew (trad. Eva Lavergne) - Éditions David

La suite de cette sĂ©rie jeunesse fantastique qui allie jeu vidĂ©o et culture autochtone est arrivĂ©e. Bugz est de retour dans le Floraverse aprĂšs une annĂ©e difficile. Cette fois-ci, elle est accompagnĂ©e d’un robot de sa crĂ©ation qui, l’espĂšre-t-elle, sera un prĂ©cieux alliĂ© pour accroĂźtre sa supĂ©rioritĂ© dans le jeu. Une histoire de deuil et de perte avec une touche de romance.

LA SAGA MISEWA T.2 LE GRAND OURS

David A. Robertson (trad. Kateri Aubin Dubois) - Scholastic

Pris dans des enjeux personnels difficiles, Eli et Morgan se tournent vers les sages conseils de leurs amis de Misewa. Ils découvriront cependant que la communauté est de nouveau confrontée à de terribles obstacles. Seront-ils en mesure de les surmonter de nouveau ? Un univers magique et traditionnel qui vous rappellera la célÚbre série Narnia.

COUSINE KONISSA

Joannie Gill et AmĂ©lie Courtois - Éditions Hannenorak

JEUNESSE

DeuxiĂšme album de cette sĂ©rie jeunesse sur les prĂ©noms dĂ©colonisĂ©s. Se retrouvant les fins de semaine d’hiver avec leur famille, Lora et Konissa, deux jeunes cousines, se pencheront sur la signification du prĂ©nom de Konissa.

MIKUNISS, MA PETITE SOEUR

Joannie Gill et AmĂ©lie Courtois - Éditions Hannenorak

Lors d’une journĂ©e d’école, Lora explique Ă  sa petite sƓur la provenance de son prĂ©nom. Une douce histoire qui plonge le jeune lectorat dans une aventure des mots ! Retrouvez la culture ilnue Ă  travers ce bel album jeunesse.

NIBI A SOIF, TRÈS SOIF (VERSION BILINGUE)

Sunshine Quem Tenasco et Chief Lady Bird (trad. française HélÚne Rioux, trad. anishinaabemowin Tina Nottaway) - Scholastic

Saviez-vous que certaines communautĂ©s autochtones n’ont toujours pas accĂšs Ă  de l’eau potable ? Nibi, elle, le sait bien. Elle fera donc tout en son pouvoir pour que toute sa communautĂ© puisse en bĂ©nĂ©ficier. Une quĂȘte remplie d’obstacles, une dĂ©termination sans faille, un album inspirant.

NICHEMIS, PETIT FRÈRE

ValĂ©rie Richer O’Bomsawin et ValĂ©rie Laforce - Éditions Hannenorak

Plongez dans la culture w8banakise comme vous ne l’avez jamais lue. Une grande sƓur explique Ă  son frĂšre la richesse de leur culture. Elle le met Ă©galement en garde contre l’appropriation culturelle, sujet trop peu abordĂ© en littĂ©rature autochtone. Un livre qui plaira Ă  toute la famille!

JEUNESSE

NOUS SOMMES MÉTIS

Tasha Hilderman et Risa Hugo (trad. Kateri Aubin Dubois) - Scholastic

DĂ©couvrez la culture et les traditions mĂ©tisses Ă  travers les yeux d’enfants. Certains ont vĂ©cu en communautĂ©, d’autres non. Toutefois, il n’est jamais trop tard pour dĂ©couvrir son identitĂ©. Un album de toute beautĂ© avec un message inspirant.

NUTSHIMIT, LE CAHIER D’ACTIVITÉS

Melissa Mollen Dupuis et Élise Gravel - Scholastic

AprĂšs avoir lu Nutshimit, un bain de forĂȘt, il est temps de mettre nos nouveaux apprentissages en action ! Les enfants sont ainsi invitĂ©s Ă  cultiver leur imagination en crĂ©ant des recettes, des animaux ou des personnages, Ă  colorier, Ă  dessiner et Ă  Ă©crire. Un outil pĂ©dagogique fort intĂ©ressant rempli d’apprentissages ludiques et amusants !

ON Y VA !

Julie Flett (trad. Fanny Britt), La PastĂšque

Un petit garçon voit souvent des jeunes passer Ă  toute vitesse sur leur planche Ă  roulettes. Une nouvelle passion est nĂ©e ; il veut tout de suite apprendre ce nouveau loisir exaltant. Il comprendra cependant que cela demande beaucoup de travail et d’effort. Un merveilleux album sur la persĂ©vĂ©rance et la confiance en soi.

POUR MA FILLE CHÉRIE - MA PANIK

Nadia Sammurtok et Pelin Turgut (trad. Catherine Girard-Audet) - Les Malins

«Anaana, est-ce que tu m’aimes ? » La douce question d’une petite fille Ă  sa mĂšre, voilĂ  le dĂ©but d’une magnifique ĂŽde Ă  son enfant. Au passage, les jeunes dĂ©couvriront les paysages nordiques et le mode de vie inuit.

UNE ENQUÊTE DES RATS MUSCLÉS T.3 LE TRAITÉ ENVOLÉ

Michael Hutchinson (trad. Catherine Ego) - Boréal

Dans ce nouveau volet, la joyeuse bande de cousins enquĂȘte sur la disparition d’un traitĂ© essentiel pour la nation crie de la communautĂ© de Lac-aux-Vents, lors d’un grand rassemblement. Les apprentis dĂ©tectives permettront d’en apprendre davantage sur les PremiĂšres Nations, leurs relations avec le territoire, la colonisation et les cultures autochtones.

POW-WOW : JE COMPTE EN CRI

Penny M. Thomas (trad. Melinda Josie) - Scholastic

PrĂ©parez-vous pour le pow-wow, ces grandes fĂȘtes traditionnelles autochtones, tout en apprenant les chiffres de 1 Ă  10 en français et en cri des plaines. Les illustrations tout en douceur et en dĂ©licatesse charmeront petit·e·s et grand·e·s pour le plaisir de tous·tes.

TROUVER LA MAISON

OcĂ©ane Kitura BohĂ©mier-Tootoo - Éditions Hannenorak

Luisa a perdu sa maman. Un jour, en s’approchant d’un inukshuk, elle est transportĂ©e dans un monde mythique. Elle fera alors la rencontre de personnages tirĂ©s de lĂ©gendes inuit qui l’aideront Ă  retrouver sa maison. Un roman jeunesse puissant sur le chemin Ă  parcourir pour vivre son deuil.

UN OURS N’ATTEND PAS L’AUTRE

Tanya Tagaq et Cee Pootoogook (trad. Christiane Duchesne) - La PastĂšque

Un album pour apprendre Ă  compter de 1 Ă  10 en français et en inuktitut. Du mĂȘme coup, les enfants approfondiront leurs connaissances sur les ours polaires et joueront avec les mots et les consonances.

Une référence en littérature jeunesse depuis plus de 50 ans

Lire, un plaisir Ă  partager !

Communication-Jeunesse (CJ) inspire le plaisir de lire chez les 0 à 17 ans en mettant en lumiÚre la littérature jeunesse québécoise et francocanadienne à travers des projets engageants.

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À la croisĂ©e du conte et du tĂ©moignage Atcakoc, le pardon

Disponible en librairie

montre comment le pardon peut aider à surmonter les épreuves. Il saura intéresser les personnes souhaitant en apprendre davantage sur les pratiques spirituelles et les traditions mises en lumiÚre dans le récit.

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