Skip to main content

Jace | World Wide Gouzou from Jace 2006-2008

Page 1

WORLDWIDE « GOUZOUS » FROM JACE 2006-2008


L’Île de la Réunion, au large de la côte africaine, semble être un endroit improbable pour héberger une scène street art de renommée mondiale. Et pourtant, au détour des routes, de bâtiments abandonnés, des épaves… les Gouzous de Jace prennent vie. Que ce soit un tuyau rouillé, une infime fissure dans le béton ou un banal panneau de signalisation, Jace intègre à merveille l’environnement pour faire parler son malicieux personnage. Au quotidien et à travers toute la Réunion, le Gouzou peut être surpris en train de faire la fête, de jouer ou bien encore dans des situations plus précaires… Le côté mi-ange mi-démon des Gouzous de Jace est une des raisons pour laquelle nous les aimons tellement. Ils paraissent être pourvus de sept vies car ils renaissent toujours de leurs cendres. En 2006, alors que nous étions en pleine préparation d’une grosse expo sur Manhattan, nous avons réuni une liste de nos artistes préférés que nous souhaitions faire venir ici. Jace dominait la liste. Malgré les trente heures de voyage, il n’hésita pas une seconde à dire oui. Deux semaines plus tard, dormant à même le parquet en bois et malade comme un chien, Jace importa son Gouzou sur Manhattan. Nous ne pouvions pas être plus heureux. Les habitants de New York pouvaient enfin apprécier l’humour et la bonne humeur qu’apporte Jace à la Réunion. Continue à voyager, à t’amuser et à garder le sourire ! Wooster Collective Marc and Sara Schiller, NYC, octobre 2008


Reunion Island off the coast of Africa would seem an unlikely place to be a world-renowned port-of-call for the global street art movement. However, on highways, sides of abandoned buildings, and shipwrecks on the beach, Jace’s colorful Gouzou’s spring to life - seemingly from around every corner. Whether it’s a rusted waterpipe, a tiny crack in the concrete, or a routine street sign, Jace masterfully incorporates the the ordinary environment into all of Gouzou’s mischievous antics. Each and every day, all across Reunion Island, Gouzou can be seen partying, playing, and always caught in a precarious situation. Jace’s Gouzou’s are both angels and devils, and this is one of the reasons why we love them so much. Seemingly having nine lives, the Gouzou’s always emerge to play another day. In 2006, as we prepared for a massive group art exhibition in New York City, we put together a list of our favorite artists from around the world who we wanted to bring to New York City. Jace topped that list. With over thirty hours of flights ahead of him, Jace didn’t hesitate to say yes. Two weeks later, sleeping on our wooden floor and ill with a virus, Jace finally brought Gouzou to Manhattan. We couldn’t have been happier. Finally, New Yorkers could experience the joy and humor that Jace has injected into Reunion Island. Keep traveling, keep playing and keep smiling ! Wooster Collective Marc and Sara Schiller, October 2008, NYC


Trappeur d’Gouzou Lavé in foi in Gouzou, en créole les histoires commencent toujours par cette formule heureuse qu’on traduirait en français par « il y avait une fois un Gouzou », comme pour bien signifier qu’il a existé. Qu’il est vivant ! Et les histoires de Gouzou que nous pourrions raconter, sont innombrables sinon aussi nombreuses que les parties de chasse aux Gouzous. Pour dire vrai, chaque expédition devient une histoire ou contient une anecdote due au Gouzou lui-même. Il en est ainsi à chaque folle équipée ! KRIKÉ ! KRAKÉ ! koton mayi i koul, galé i flote ! l’épi de maïs coule, le galet flotte ! Lavé in foi in Gouzou la mèt fantézi dan nout vi, il y avait une fois un Gouzou qui a apporté un supplément d’âme à notre existence. Un beau brin de folie. La première fois que nous avons rencontré Gouzou, Lizzie et moi étions un jeune couple d’amoureux de la quarantaine rugissante, et nous avions tout de suite admis que notre premier enfant était né. C’était l’avènement du Gouzou ! Et comme dit le poète* : « Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris. » Aussi, depuis cette venue, nous ne cessons d’applaudir le Gouzou, certains que nous n’allions plus nous en passer ! Et notre passion pour lui, notre inclination même : plus que l’aimer, le faire aimer par notre entourage quitte à être abusif. L’amitié tout comme l’amour est parfois abusif, n’est-ce pas ? De fait, de plus en plus, nos amis sont devenus nos plus sûrs alliés, nos meilleurs informateurs dans notre (en)quête, nos rabatteurs en quelque sorte, dans notre chasse aux Gouzous ! Car notre petit personnage s’affichant en plus grand nombre dans le sud sauvage et en attendant la Route des Tamarins voire le Tram-train, il est plus que nécessaire pour nous habitant la capitale, d’avoir ces correspondants précieux dans la région australe de la Republic of Gouzouland. Et ce d’autant plus qu’il faut agir de plus en

* Victor Hugo


vite pour aller trapper le Gouzou car un danger plus grand que Cyclone Dina et autres colleurs d’affiches de tout poil menace l’existence de notre idole : ce sont les élus des communes et d’autres espèces de censeurs qui ordonnent une sorte de nettoyage « ethnique » urbi et orbi ! Et notre déception est immense lorsqu’arrivant sur place, on se retrouve couillonnés devant derrière - Gros Jean comme devant - ! KRIKÉ ! KRAKÉ ! la klé dan out posh, la tay dan mon sak ! la clé dans ta poche, la taille dans mon sac ! Vous comprenez alors l’importance de nos petits reporters express – notre grand dalon Sulliman commis d’office - même si cela ne vaut en rien notre partie de chasse car l’émotion que la découverte d’un Gouzou nous procure nous appartient pleinement, plus intense aussi : jubilatoire. On adôôôre le Gouzou. Et puis il y a la satisfaction du trappeur quand nous savons les difficultés rencontrées parfois pour le localiser (malgré l’information !) et le capturer grâce à notre appareil photographique. Aussi, il nous arrive à chaque fois de penser à Jace en pleine performance au milieu d’un tas d’autres difficultés dont la plus grande est certainement l’interdiction ! Eh oui, il faut toujours avoir en mémoire que le Gouzou comme tout autre graff n’a pas droit de cité : il est persona non grata ! Mais comme dit le proverbe cher aux chasseurs : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Une chasse aux Gouzous demande un peu d’intuition mais aussi de hasard, tant et si bien qu’on s’est souvent demandé si notre héros ne nous attendait pas quelque part ! Le Gouzou crée le lien. Nous ne pouvons plus, Lizzie et moi, concevoir notre existence sans le Gouzou, pour les raisons jusqu’ici évoquées mais plus sûrement à cause des liens qu’il est capable de créer et par conséquent d’un certain sens qu’il donne à notre existence.


Trappeurs de Gouzou de tout le pays-maloya : unissez-vous ! Le Gouzou est fait pour être chassé mais surtout adopté et demeure vivant tant il suscite de délicates attentions dans les conversations de ladite tribu ! Ainsi le Gouzou vit en harmonie avec les chasseurs : quel curieux paradoxe tout de même. Le secret de sa longévité. Oté Jace, nana malèz dann Malézi nana foutan dann Fantézi / y’a un malaise en Malaisie y’a de l’humour en Fantaisie / Patrice Treuthardt 16 septembre 2008


FRANKYRUN 54 ans, Major dans l’armée 40 000 km parcourus à la recherche des Gouzous extrait de son blog http://frankyrun.over-blog.com

Le gibier est un Gouzou monté sur ressort un peu style « inspecteur gadget » peint sur une paroi rocheuse en octobre-novembre 2004. Sur la photo de cette fresque on observait la présence d’une fillette de plus ou moins trois ans donc, j’en déduisais que cela devait se trouver sur une aire de pique-nique. Pendant plus d’une année j’ai écumé tous les « kiosques » de l’île (ils sont légion) sans résultat :=( Alors, je me suis dirigé vers les ravines où les familles équipées de 4x4 se baladent le week-end… Équipé de mon « pédibus-jambus » me voilà à pied d’œuvre. Mon exploration découverte ne va pas être de toute simplicité. Lorsque j’aperçois le fond de la ravine et le lit de la rivière, je me dis que ce n’est pas encore gagné… La descente est assez abrupte et le sentier parsemé d’embûches naturelles qu’il faut franchir par des échelles (cinq ou six au total, je ne me souviens plus très bien). Trente à quarante minutes plus tard je me retrouve dans la rocaille et le sable avec une chaleur pas possible… et je vais marcher sur ce que l’on a peine à appeler piste… Je scrute, à gauche, à droite, tous les mouvements de terrains, le relief et me donne un maximum de deux heures avant de faire demi-tour. Je marche, je marche, ne croise personne si ce n’est que des cailloux, des galets, il fait de plus en plus chaud et mon sac s’allège de plus en plus ce qui n’est pas bon signe (c’est ce que pense également ma réserve d’eau !).


Cela fait depuis le départ deux heures trente que je crapahute lorsque j’aperçois dans un virage une petite ligne de crête composée de gros galets charriés par les pluies torrentielles qui séparent la rivière en deux et toujours pas de trace de mon Gouzou… ma première idée est de prendre au plus court, je ne sais pratiquement plus où j’habite la vue brouillée par les gouttes de sueur… je m’arrête, je souffle, j’essaie de réfléchir et je me dis que c’est con de prendre au plus court, que je ne suis plus à cela près… Grand bien m’en a pris… j’ai failli en pleurer (mais me restait-il encore du liquide lacrymal ???) Sac à terre, extraction de l’APN et sans être équipé à l’identique de notre Gouzou je saute partout et je mitraille, je mitraille… Assis à l’ombre à côté de mon pote je me sustente et me délecte de victuailles réparatrices et énergisantes amplement méritées… Il ne faut pas que je cogite trop longtemps car il me reste maintenant à refaire le chemin à l’envers… après avoir vérifié l’état de mon GSM me voilà reparti… Mêmes éléments, même paysage, même chaleur, il n’y a que le physique qui est différent !!! Il n’y a qu’une seule possibilité pour remonter au parking et sur le parcours tout se ressemble, comme le petit poucet j’ai semé des cailloux mais dans ce contexte dur dur… Je pense avoir trouvé l’ouverture du sentier, en fait j’en suis sûr… et je me dis dernière pause, une barre de céréale et mon restant d’eau… Et, c’est le début de la galère… Je vais mettre une heure trente pour remonter (à vol d’oiseau entre deux à trois kilomètres), chaque lacet fait à peu près vingt mètres tellement c’est escarpé et je fais pratiquement une halte à chaque virage et ces maudites échelles je n’en vois jamais la fin… à certains endroits un petit filet d’eau sort de la roche et j’ai l’impression que je vais le tarir tellement je m’en abreuve… et puis, pratiquement sept heures plus tard je retrouve ma limousine qui me tend ses portes et surtout son haillon arrière avec une glacière dont la première offre sera une excellente DODO… ;=)) Un truc de ouf que je me dis que je ne recommencerais jamais (un peu plus de sept heures de balade…) ; tu parles, quelques mois plus tard c’était ailleurs et pratiquement dans les mêmes conditions…


GOUZOUS STORIES

Il m’arrive de tomber sur des situations où la moitié du travail est déjà fait ! Île de la Réunion.

Bobine peinte après discussion avec le proprio des lieux, présent 24/24. Il veut un poulet qui présente son stand de fruits et légumes… C’était pas vraiment ce que j’avais prévu initialement, il aura une cible… !

Improvisation dans un hangar portuaire ayant servi d’atelier d’artistes au Havre (France).

Peinture sur la « case » à José. Icarai di Amontada (Brésil).

Top chrono… 2 h 30 montre en main ! Île de la Réunion.

Réveil matinal pour ce gouzou dionysien. Île de la Réunion / Peinture avec Tozmerev (artiste local) dans un château abandonné le long du Danube (Hongrie)

Les jambes trempées par le passage dans une mare boueuse, je me rends compte qu’il suffisait de passer sur le côté grâce à mon échelle… Île de la Réunion.

Installation dans les rues de Manhattan en référence à une peinture effectuée dans le building de l’exposition « 11 spring street ». New York (États-Unis).

Cliché pris par un copain (ou une copine ?). Mais je sais plus qui c’est, désolé ! Mayotte / 10 heures du mat’… Une bande de jeunes riverains sympathiques restera le temps de l’exécution. Le bourbognac (alcool fort local) tourne de main en main…

Arche sur la partie extérieure du building d’« 11 spring street ». Manhattan. NY.

Mayotte.

Interpellé par le proprio de ce restant de mur durant la réalisation. J’explique ma démarche et la personne compréhensive me demande de lui faire « quelque chose de bien »… La tôle sera volée un peu plus tard. Île de la Réunion.

Île de la Réunion.

À deux pas d’un endroit où est organisée annuellement une fête foraine. Île de la Réunion.


primaire de mon enfance. Île de la Réunion.

Un jour, je reçois un mail « on vient de construire un pont provisoire, si vous voulez vous faire plaisir… » !!!!! Île de la Réunion.

Île de la Réunion.

Réveil à 3 heures du matin pour être tranquille… Sortie en vélo par 0°C. Budapest (Hongrie) Détournement d’une affiche publicitaire « 4X3 ». Île de la Réunion.

Les chiens n’arrêtent pas d’aboyer en pleine nuit, un mec sort… Je lui dis : « Vous inquiétez pas tout va bien ! » et je Négociation pour finis tranquille. Île de expliquer aux la Réunion. occupants des lieux qu’il ne s’agit pas d’une peinture publicitaire. Une fois la démarche comprise, de nombreux marmailles viendront m’entourer pendant la Pendant les élections réalisation. Mayotte. présidentielles. Île de la Réunion.

Île de la Réunion.

Panneau peint pour la deuxième fois, en pleine crise du chikungunya, restera quelques mois.

Pendant la fête des mères. Île de la Réunion.

Icône religieuse de la Réunion, les SaintExpedit jalonnent les routes. Celui-ci Détournement de représente le Saint4x3. Île de la Réunion. Gouzou dans sa petite chapelle rouge repeinte pour l’occasion. Île de la Réunion.

Île de la Réunion. En bas à gauche : Budapest (Hongrie). Collage sur une façade de charcuterie (fermée) située juste en face de l’école

Le proprio du mur est d’accord pour que je peigne son mur : « entre patriote, pas de souci » (sig !). Mayotte.

Peintures sur porte de garage avant que le bâtiment ne soit détruit. Deux mois après, elles sont recouvertes d’inscriptions. J’apprends également que la porte gauche a été récupérée.


Retrouvez également les Gouzous chez votre libraire HORS DU TEMPS Colors zoo (Espagne 2005) NYC-BCN Collins design (Espagne 2006) OUTLINERS Blue print (France 2002) STREET ART STICKERS Monsa (Espagne 2007) LANGAGES DE RUE 2 Graff it productions (France 2003) THE ART OF REBELLION Gingko press (Allemagne 2003) GRAFFITIS Île de la Réunion Pardon ! (France 2005) GUIDE DU ROUTARD 2003 Hachette (France 2003) SUPER X MEDIA COMBINE First point production inc. (États-Unis 2003) STREET ART CHARACTERS ! Monsa (Espagne 2007) PARIS GRAFFITI La Martinière (France 2008) STREET ART Collins design (Espagne 2005) GRAFFITI Fitway publishing (France 2005) GRAFFITI WORLD Thames and Hudson (Royaume-Uni 2004) COLORS ZOO Colors zoo (France 2004) MYRTIL FAUVETTE, les aveux complets Charrette (France 2005) LA REUNION de A à Z éd. du Boucan (France 2007) X FUNS Johnson Publication co. (Taiwan 2005) IZASTIKUP Drago arts & communication (Italy 2005) UNE NUIT Kitchen 93 (France 2007)…


« L’originalité du dessin s’appréhende également au regard des situations dans lesquelles le personnage est placé et des supports sur lesquels il est représenté, à savoir les tags, les affiches, panneaux d’information qu’il parasite pour en détourner le sens : sous cet aspect, le “gouzou” apparaît comme une création des arts de la rue participant de la catégorie des œuvres de l’esprit et susceptible d’être protégé à ce titre. » Tribunal de commerce de Saint-Denis / 2007

De peur d’en oublier, tellement la liste est longue, je vais remercier plus largement mes proches : la famille, les amis, tous ceux qui m’ont aidé directement ou indirectement dans mes différentes actions, mes acolytes de voyage, Eko, Sarah et Marc Schiller, Frankyrun, Pimpin, Patrice et Lizzie, Fanny et Jean, Tof et Gaële, Xavier, Edgar, Birdy, Toch, Bidi, Pierrot pour leur participation à ce livre… Et bien sûr, à ma Cerise chérie ! CONTACT : gouzous@wanadoo.fr mise en page : www.latelierdecommunication.com

ISBN : 978-2-9520934-6-0


COMITÉ DE PROTECTION DES GOUZOUS JE M’ENGAGE À : – Ne jamais arracher une affiche, un autocollant comportant l’effigie du Gouzou. – Ne jamais repeindre, graffer, cracher, pisser, vomir… Sur un mur ou toute autre surface comportant un Gouzou. – Estropier le premier venu qui cherche à porter atteinte à la vie d’un Gouzou. – Vénérer les Gouzous pour le restant de mes jours. – Embrasser avec ferveur tout nouveau Gouzou découvert dans la rue…


Nom : Prénom : Pays :

lu et approuvé


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Jace | World Wide Gouzou from Jace 2006-2008 by Xavier Grandguillot - Issuu